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TH T1413 Xwang

Cette thèse présente une étude sur le comportement à l'écrasement de structures tubulaires en multi-matériaux, réalisée au Laboratoire des Chocs et de Biomécanique de l'INRETS. Elle aborde les mécanismes d'absorption d'énergie, les influences géométriques et matérielles, ainsi que des analyses expérimentales et théoriques. Le travail a été soutenu le 18 novembre 1991 devant une commission d'examen composée de plusieurs experts dans le domaine.

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TH T1413 Xwang

Cette thèse présente une étude sur le comportement à l'écrasement de structures tubulaires en multi-matériaux, réalisée au Laboratoire des Chocs et de Biomécanique de l'INRETS. Elle aborde les mécanismes d'absorption d'énergie, les influences géométriques et matérielles, ainsi que des analyses expérimentales et théoriques. Le travail a été soutenu le 18 novembre 1991 devant une commission d'examen composée de plusieurs experts dans le domaine.

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Ç\t5 jou-

O
d'Ordre : ECL 9 1-37 Année 1991

THESE
présentée devant

L'ECOLE CENTRALE DE LYON


pour obtenir

le titre de DOCTEUR
Spécialité : Mécanique

par M. WANG Xuguang

COMPORTEMENT A L'ECRASEMENT
DE STRUCTURES TUBULAIRES
EN MULTI-MATERIAUX

Travaux réalisés au Laboratoire des Chocs et de Biomécanique de 1'INRETS


Soutenue le 18 Novembre 1991 devant la Commission d'Examen

Jury MM. M. BOIVIN (Président)


D. CESARI (Directeur du Laboratoire)
V. GIAVOTFO (Examinateur)
J.-F. JULLIEN (Rapporteur)
Y. RAVALARD (Rapporteur)
F. SIDOROFF (Directeur de Thèse)
N° d'Ordre : ECL 9 1-37 Année 1991

THESE
présentée devant

L'ECOLE CENTRALE DE LYON


pour obtenir

le titre de DOCTEUR
Spécialité : Mécanique

par M. WANG Xuguang

COMPORTEMENT A L'ECRASEMENT
DE STRUCTURES TUBULAIRES
EN MULTI-MATERIAUX

Travaux réalisés au Laboratoire des Chocs et de Biomécanique de 1'INRETS


Soutenue le 18 Novembre 1991 devant la Commission d'Examen

Jury MM. M. BOJ VIN (Président)


D. CESA1U (Directeur du Laboratoire)
V. GIAVOTFO (Examinateur)
J.-F. JULLIEN (Rapporteur)
Y. RAVALARD (Rapporteur)
F. SIDOROFF (Directeur de Thèse)
SII
portement à 1"Ecrasement de
tructures ubu1aires en
. . ulti -!h'!atériaux
C.-,
C.-,
ECOLE CENTRALE DE LYON

Directeur : J. BORDET
Directeur Adjoint : E. PASCAUD
Directeur des Etudes : F. SIDOROFF

LISTE DES PERSONNES HABILITEES A ENCADRER DES THESES A L'E.C.L.


(Docoz'ar d'Etat ou Habilitation au sens de l'Arrét du 5 Juillet 1984,
modifié par l'Arrété du 21 'Iars 1988)

Mathématiques -Informatique-Systèmes
B. DAVID Professeur
M. MARION (Mlle) Professeur
J.F. MAITRE Professeur
J. ROZINOER Maitre de Conférences
G. THOMAS Maitre de Conférences
MUSY Maitre de Conférences
Physico-Chimie des Interfaces
P. CLECHET Professeur
J. JOSEPH Professeur
J.R. MARTIN Professeur
L. PORTE Professeur
ESCHALIER Maitre de Conférences
A. GAGNAIRE Maitre de Conférences
C. MARTELET Maitre de Conférences
R. OLlER Maitre de Conférences
Y. ROBACH Maître de Conférences
P. PICHAT Directeur de Recherche au CNRS
J.M. HERRMANN Directeur de Recherche au CNRS
N. JAFFREZIC (Mme) Directeur de Recherche au CNRS

Matériaux : Mécanique Physique


P. GUIRALDENQ Professeur
D. TREHEUX Professeur
B. VANNES Professeur
L. VINCENT Professeur
J. BLANC-BENON Professeur - Lyon I
J. BRUGIRARD Professeur - Lyon I
B. COQUILLET Maitre de Conférences
D. NGUYEN Maitre de Conférences
S. FAYEULLE Chargé de Recherche au CNRS
D. JUVE (Mme) Ingénieur d'Etudes

E! ectronique

R. BLANCHET Professeur
M. LE HELLEY Professeur
Y. HELLOUIN Maître de Conférences
P. VIKTOROVITCH Directeur de Recherche au CRS
G. HOLLINGER Directeur de Recherche au CNRS
Nl. GENDRY Chargé de Recherche au CNRS
S. KRAWCZYK Chargé de Recherche au CNRS
J. TARDY Chargé de Recherche au CNRS
Electrotechnique
P. AURIOL Professeur
A. NICO LAS Professeur
G. ROJAT Maitre de Conférences
Mécanique des Solides
CAMBOU Professeur
F. S IDOROFF Professeur
L. JEZEQUEL Professeur
A. DO GU I Maitre de Conférences
StJRRY Professeur - E.N.I.S.E.
Technologie des Surfaces
J.M. GEORGES Professeur
J. SABOT Professeur
J.M. MARTIN Professeur
N. ALBEROLA (Mme) Maitre de Conférences
H. MONTES Maitre de Conférences
T. MATHIA Directeur de Recherche au CNRS
P. KAPSA Chargé de Recherche au CNRS
J.L. LOUBET Chargé de Recherche au CNRS
Mécanique des Fluides
J. MATHIEU Professeur
ALCARAZ Professeur
D. JEANDEL Professeur
r. LEBOEUF Profcsseur
J. DATAI LLE Professeur - Lyon
3. GAY Professeur - Lyon
J. GENCE Professeur - Lyon
M. LANCE Professeur - Lyon
R. MOREL Professeur - INSA
CAMBON Chargé de Recherche au CNRS
J.P. BERTOGLIO Chargé de Recnerche au CNRS
P. FERRAND Chargé de Recherche au CNRS
HENRY Chargé de Recherche au CNRS
Acoustique
G. COMTE-BELLOT (Mlle) Professeur
D. JUVE Professeur
M. SUNYACH Professeur - Lyon I (lUT)
:4. ROGER Maître de Conférences
P. BLANC-BENON Chargé de Rechercne au CNRS
M achines Thermiques

M. BRUN Professeur
P. ARQUES Professeur
J.C. CHAMPOUSSIN Professeur - Lyon i
- mes pare nts
Avant-propos

Je tiens à remercier Monsieur le professeur F. SIDOROFF, Directeur des


Etudes de l'Ecole Centrale de Lyon, qui m'a accueilli au Laboratoire de Mécanique des
Solides de l'ECL et a accepté dès le départ de guider ce travail.

Je tiens à remercier également Monsieur le professeur M. BOIVIN du


Laboratoire de Mécanique des Solides de l'INSA de Lyon, qui a bien voulu accepter de
présider cette thèse.

Je suis particulièrement reconnaissant envers Messieurs J.F. JULLIEN,


professeur du Laboratoire des Bétons et Structures de l'INSA de Lyon, et
Y. RAVALARD, professeur du L.G.M. de l'Université de Valenciennes et du
Hainaut, pour le temps qu'ils ont consacré à l'examen de ce travail et les remarques
constructives qu'ils m'ont faites.

Je suis très sensible à la faveur que m'accorde Monsieur le professeur


V. GIAVOTTO de Politecnico di Milano, en acceptant d'être membre du jury.

Mes remerciements vont également à Monsieur D. CESARI, Directeur du


Laboratoire des Chocs et de Biomécanique de l'INRETS au sein duquel je conduis mes
recherches.

Ce document n'aurait jamais pu être réalisé si je n'avais pas bénéficié de l'aide


et de conseils durant quatre ans de Monsieur J. A. BLOCH, Chargé de Recherche de
1'INRETS ; qu'il reçoive mes sincères remerciements.

Mes remerciements vont également à toutes les personnes du LOB de


l'INRETS, en particulier, à l'équipe des mesures.

J'ai apprécié la qualité du service de la Documentation du Centre Lyon Rhône-


Alpes de l'INRETS et le talent artistique de Monsieur Y. CONUS concepteur de la
couverture.

* * *
Table des Matières

Résumé i
Abstract ï
Introduction iii

Chapitre 1- Revue Sur la Capacité d'Absorption dThergie


des Structures Tubulaires
1.1 - Généralités i
1.1.1 - Mode d'Ecrasement i
1.1.2 - Stabilité de lEcrasement 2
1.1.3 - Effets Dynamiques 4
1.1.4 - Mécanismes d'Absorption d'Energie 6
1.1.4.1 - matériaux métalliques 6
1.1.4.2 - matériaux composites 6
1.1.5 - Paramètres dEvaluation
de l'Absorption d'Energie 9

1.2 - Influence de la Géométrie de Section, 10


1.2.1 - Structures en Matériaux Métalliques 10
1.2.2 - Sructures en Matériaux Composites 12

1.3 - Influence du Matériau 13


1.3.1 - Matériaux Métalliques 13
1.3.2 - Matériaux Composites 13
1.3.2.1-fibres 14
1.3.2.2 - résines 14
1.3.2.3 - laminates 15

1.4 - Sructures Renforcées Par de la Mousse 16


1.4.1 - Influence Sur le Mode d'Ecrasement 16
1.4.2 - Gain Apporté Par la Mousse 18
1.5 - Mesures Spécifiques Pour Améliorer le
Comportement à l'Ecrasement 18

1.6 - Comparaison Entre des Structures


Composites et Métalliques 19

1.7 - Condusion. 20

Chapitre 2- Etude Expérimentale des Thbes en Multi-


Matériaux (Acier + Composite)
2.1 - Introduction. 22

2.2 - Préparation des Epmuvettes et Caractéristiques


Mécaniques des Matériaux 22
2.2.1 - Procédure de Fabrication Z2
2.2.2 - Eprouvettes de la Première Série d'Essais 23
2.2.3 - Eprouvettes de la Deuxième Série d'Essais 23
2.2.4 - Conditions d'Essais
2.2.5 - Caractéristiques Mécaniques des Matériaux
2.2.5.1-acier
2.2.5.2-composite

2.3 - Résultats Expérimentaux 27


2.3.1 - Mode d'Ecrasement 27
2.3.1.1 - tubes à section circulaire 27
2.3.1.2 - tubes à section carrée 31
2.3.2 - Principaux Résultats Obtenus
2.3.2.1 - résultats de la 1ère série d'essais
2.3.2.2 - résultats de la 2ème série d'essais 33
2.3.3 - Influence du Renfort 34
2.3.3.1 - angle d'enroulement 34
2.3.3.2 - épaisseur du renfort 35
2.3.4 - Influence de l'Epaisseur du Tube en Acier 37
2.3.4.1 - tubes à section circulaire 37
2.3.4.2 - tubes à section carrée 38

2.4 - Analyse et Discussion


2.4.1 - Rôle du Renfort Extérieur 39
2.4.2 - Comparaison avec des Tubes Moussés 40

2.5 - Conclusion 41
Chapitre 3- Modélisation de l'Absorption dThergie Par
des Structures Tubulaires
3.1 - Introduction.
3.2 - Fondation Théorique
3.2.1 - Analyse des Lignes de Discontinuité 43
3.2.2 - Déformation Inextensible et Extensible 45
3.2.3 - Formulation Générale de la Dissipation d'Energie 46
3.2.4 - Equation d'Equilibre 48

3.3 - Tubes Circulaires 4)


3.3.1 - Mode Axisymétrique 49
3.3.1.1 - analyse du mode d'écrasement
axisymétrique 50
3.3.1.2 - mode en flexion externe 53
3.3.1.3 - mode en flexion interne 57
3.3.1.4-modemixtel 58
3.3.1.5 - mode mixte 2 59
3.3.1.6 - comparaison et discussion 60
3.3.2 - Mode Non Axisymétrique 66
3.3.2.1 - solution avec charnières plastiques
stationnaires 65
3.3.2.2 - approche par une équivalence d'un tube
prismatique 67
3.3.2.3 - modèle avec charnières plastiques mobiles
68
3.3.2.4 - comparaison avec les résultats
expérimentaux 74

3.4 - Conclusion

Chapitre 4-Analyse du Renforcement Externe Sur le


Mode de Déformation d'un Tube Circulaire
4.1 - Introduction. 77
4.1.1 - Phénomène du Fambage des Structures Minces 78
4.1.2 - Différents Types de Flambage 78

4.2 - Equations Elémentaires de Coque 89

4.3- Lois de Comportement


4.3.1 - Théorie de Déformation Totale 83
Iv
4.4 - Analyse de Bifurcation 86

4.5 - Analyses Numériques 88


4.5.1 - Solutions Axisymétriques Fondamentales avant
Bifurcation 89
4.5.1.1 - détermination de la matrice tangente d'un
élément 90
4.5.1.2 - détermination du vecteur résidu d'un
élément 92
4.5.2 - Analyse Numérique de Bifurcation 93

4.6 - Résultats Numériques 95


4.6.1 - Coques Cylindriques sans Renforcement à
l'Extérieur 96
4.6.1.1 - influence d'imperfections 96
4.6.1.2 - influence de la longueur d'onde 99
4.6.2 - Coques Cylindriques avec Renforcement Externe 100
4.6.2.1 - influence du renfort externe sur la
bifurcation plastique 101

4.7- Conclusion 103

Annexe A - Relation Explicite Déformation-Déplacement dans le Cas


d'Une Coque Cylindrique 105

Annexe B - Charge du Flambage d'Une Coque Cylindrique Circulaire


Parfaite Avec et Sans Renforcement à l'Extérieur 108

Annexe C - Résistance à l'Ecrasement d'Un Tube Prismatique de


Section Constante 113
i

Résumé

Le but des études présentées dans ce travail est de contribuer à l'amélioration


du comportement à l'écrasement des structures tubulaires, ce qui devrait permettre
de trouver une structure optimisant l'absorption de l'énergie de choc.

Après une revue générale de la capacité d'absorption d'énergie des structures


tubulaires, nous avons étudié, tant sur le plan expérimental que sur le plan
analytique, l'influence du renforcement externe par un matériau composite sur le
comportement à l'écrasement des tubes métalliques. Nous avons mis en évidence
qu'un tel renforcement augmente la capacité d'absorption d'énergie d'un tube
métallique. Cette augmentation résulte non seulement d'une simple participation à
l'absorption d'énergie de la part des composites, mais aussi d'une forte interaction
entre le renforcement par des composites et le tube métallique. Cette interaction se
caractérise par la réduction de la longueur d'onde d'écrasement et par le changement
du type d'écrasement du mode stable au mode instable. Le rôle principal du
renforcement par des composites à l'extérieur d'un tube consiste à forcer le tube à se
déformer d'une manière favorable à la dissipation d'énergie.

En utilisant la théorie générale de la plasticité parfaite, le problème


d'écrasement d'un tube circulaire est réexaminé. Pour le mode axisymétrique, on a
étudié un modèle plus réaliste, qui permet de prendre en compte l'extensibilité axiale,
l'extensibilité circonférentielle et la flexion interne de la paroi du tube. Pour le mode
non axisymétrique, un modèle cinématiquement admissible est proposé. Nous avons
mis en évidence que le principe minimum peut donner une estimation assez correcte
de la résistance à l'écrasement d'une structure. Ceci reste vrai même si l'on se limite
à des hypothèses relativement grossières comme l'inextensibiité axiale et la non prise
en compte de la variation de l'épaisseur dans la zone déformée d'une façon continue.
Mais, dans certains cas, l'évaluation théorique des paramètres géométriques qui
décrivent le processus d'écrasement est mauvaise.

Dans le présent travail, seul le comportement à l'écrasement quasi-statique des


structures en multi-matériaux est étudié. Le comportement au choc de ces structures
pourrait faire l'objet d'études ultérieures.

* * *
11

Abstract

The present research work is aimed at improving the crushing behaviour of


tubular structures, in order to optimize a structure intended to absorb the impact
energy.

Following a general review of the energy absorption capacity of tubular


structures, the influence of external reinforcement by a composite material on the
crushing behaviour of metallic tubular structures is studied experimentally and
analytically. We have shown that external reinforcement improves their crush
strength not only because of its own strength but also through a strong interaction
with the enveloped tube sheet. This interaction reduces the folding wave length and
changes the collapse mode from an unstable to a stable one. The major role of
composite reinforcement is to guide and to constrain the metal tubes to deform in a
manner favorable for dissipating energy.

By using general perfectly-rigid plasticity theory, the problem of plastic


deformation of circular tubes subjected to axial compressive loads is re-examined. For
axisymmetric mode, a more realistic model is proposed, which takes into account the
extensibility of the shell in both axial and circumferential directions, and also the
internal flexion of the wall. For non-axisymmetric mode, a model with moving hinges
is studied. We have shown that the "minimum principle" can generally result in good
estimates of mean crushing force, which remains true even under some simplifing
assumptions, such as axial inextensibility and non-variation of the thickness in
continuously deformed zones. However in some cases it can result in poor estimation
of the geometrical parameters which describe the deformation process.

In this study, only the quasi-static crushing behaviour of multi-material


tubular structures is examined. The dynamic crushing behaviour should be studied
in the future.

* * *
111

Introduction

Une des principales fonctions des structures avant d'une automobile, comme
des longerons (figure I), est d'absorber l'énergie d'un choc éventuel pour avoir une
meilleure protection des occupants du véhicule. Dans le cadre des recherches en
sécurité passive automobile, les industriels cherchent à améliorer la performance en
matière d'absorption d'énergie de ces structures en utilisant de nouveaux matériaux,
comme par exemple, des matériaux composites, des alliages d'aluminium et des
aciers à haute résistance. Ils cherchent aussi à mettre au point une structure
optimale pour stabiliser les zones soumises au flambage global, par exemple, un
meilleur type d'assemblage, une meilleure géométrie, etc... Le problème posé ainsi est
un problème très complexe, dans lequel interviennent le phénomène de chocs et de
flambage, la rupture des structures et la non-linéarité structurale et de matériau,
etc... Durant les dix dernières années, de nombreux articles à la fois théoriques et
expérimentaux, concernant le comportement à l'écrasement des structures
tubulaires, ont été publiés. Nous ne connaissons pas encore très bien les causes
d'instabilité d'écrasement, la localisation du mode de déformation, l'effet dynamique,
etc... Le but de ces recherches est de donner une évaluation correcte de la résistance à
l'écrasement de ces structures en cas de crash. C'est dans ce contexte industriel et
scientifique que se situe la présente étude.

Longeron Avant

Figure I. partie structurale avant d'une automobile


iv

Le chapitre 1, une étude bibliographique, donne une revue générale sur la


capacité d'absorption d'énergié par écrasement des structures tubulaires, en fonction
de différents matériaux (notamment métaux et matériaux composites) et de la
géométrie de section des tubes. Les mécanismes intrinsèques à la dissipation
d'énergie par des métaux et par des matériaux composites sont analysés. Diverses
mesures spécifiques visant à améliorer le comportement à l'écrasement de ces
structures tubulaires, comme par exemple, l'utilisation de mousses et de défauts
structuraux volontaires, sont critiquées.

A la suite du premier chapitre, nous introduisons le concept d'une structure


nouvelle en multi-matériaux. Il s'agit d'une structure associant deux matériaux
différents : l'acier et un matériau composite. Plus précisément, la structure en multi-
matériaux étudiée est un tube cylindrique circulaire en acier, enrobé par un matériau
composite de fibres de verre/résine époxide. L'originalité de cette étude réside dans le
fait que le renforcement du tube est externe, contrairement au remplissage du tube
par de la mousse qui a déjà été largement étudié dans la littérature. L'influence du
renforcement externe d'un tube métallique sur son comportement à l'écrasement fait
l'objet du chapitre 2. Ce chapitre expose les résultats expérimentaux sur des tubes
ayant un rapport Dext/h (diamètre extérieur/épaisseur) variant de 30 à 120, renforcés
par des composites dont nous avons fait varier épaisseurs et angles d'enroulement.
Ces éprouvettes sont testées sous une compression axiale quasi-statique. Pour élargir
notre étude, des tubes à section carrée sont également testés.

Pour mieux comprendre le rôle du renforcement extérieur d'un tube


cylindrique sur le mode d'écrasement en compression, une analyse sur le flambage
élasto-plastique d'une coque cylindrique circulaire avec un support latéral élastique
est entreprise dans le dernier chapitre.

Dans le chapitre 3, une méthode générale sur l'évaluation de la résistance à


l'écrasement d'une structure rigide parfaitement plastique est présentée. En
appliquant cette méthode générale, les hypothèses qui sont habituellement adoptées
sont réexaminées à travers une comparaison de quatre modèles pour le mode
axisymétrique d'un tube circulaire. Pour le mode non axisymétrique (dit en diamant),
un modèle cinématiquement admissible est proposé pour la première fois.

* * *
1

i
Revue Sur la Capacité d'Absorption
d'Energie des Structures Tubulaires

1.1 - Généralités

Une revue relativement complète du comportement à l'écrasement des


structures tubulaires en matériaux composites est exposée dans notre rapport
précédent (WANG, 1988). Sur le système de la dissipation d'énergie des structures
métalliques, JONHSON et REID (1978) ont présenté une revue générale sur leur
capacité d'absorption d'énergie en fonction de différents modes de déformation, par
exemple, mode de flexion, de flambage localisé, mode d'inversion etc... Ici,
conformément au but de notre recherche, nous nous limiterons au comportement à
l'écrasement en compression axiale des structures tubulaires, notamment
métalliques.

1.1.1 - Mode dEcrasement

Deux types de mode d'écrasement en compression axiale peuvent se produire


suivant la dimension géométrique et la propriété mécanique du matériau: le mode
d'écrasement stable et le mode d'écrasement instable. La figure 1.1 illustre la courbe
caractéristique force-déplacement de ces deux types d'écrasement. Il est évident que
l'énergie dissipée (l'aire de la courbe force-déplacement) est beaucoup plus petite lors
de l'écrasement en mode instable que lors de l'écrasement en mode stable. Le mode
d'écrasement stable se caractérise par la formation de plis progressifs pour des
structures en métal, et par la formation et la propagation de fissures pour des
structures en matériaux composites. Contrairement au mode d'écrasement stable,
peu d'énergie peut être dissipée en mode d'écrasement instable. Du point de vue de
l'absorption d'énergie, il est très important d'avoir un mode d'écrasement stable.
2

<I

Figure 1.1. mode d'écrasement (a) stable (b) instable

1.1.2 - Stabifité de lEcrasement

Le problème de la stabilité d'une structure consiste dans la plupart des cas à


déterminer la charge maximale que la structure peut supporter avant la perte de la
capacité de résistance. Mais la détermination de la charge maximale a peu
d'importance pour une structure destinée à absorber de l'énergie d'impact. Ce qui est
important du point de vue de l'absorption d'énergie, c'est d'avoir un processus
d'écrasement stable progressif. L'instabilité entrame un écrasement en mode de
flexion et représente un mauvais comportement d'absorption d'énergie. La stabilité
d'écrasement reste encore un problème mal compris jusqu'à présent.

Pour des tubes rectangulaires, les expériences de ABRAMOVICZ et JONES


(1986) ont montré qu'il existe deux types d'écrasement pour un élément (figure 1.2).
Un tube rectangulaire peut s'écraser soit en mode symétrique, qui implique que les 4
éléments ont le même type soit le type I ou II, soit en mode asymétrique, qui consiste
en une combinaison de ces deux types élémentaires.
3

type I type II

Figure 1.2. mode élémentaire pour un élément (a) type I (b) type II

Par une analyse qualitative, WIERZBICKI et BHAT(1986b) ont pu donner


certaines explications sur les causes de l'instabilité d'écrasement. En raison de la
différence de la longueur d'onde d'écrasement de ces deux types d'écrasement, le
mode asymétrique est composé du type I d'un coté du tube et du type II de l'autre coté,
ce qui peut causer un angle d'inclinaison (figure 1.3).

T
H1

L III VANI H1

Figure 1.3. mode asymétrique entraînant un angle d'inclinaison

A cause de cette inclinaison de la section droite, une force de cisaillement


transversal V peut être créée par le frottement entre l'éprouvette et la presse. Ceci
entraîne un déplacement transversal. Par accumulation de ce déplacement
transversal, le moment agissant sur une section droite, créé par la force extérieure F,
augmente. Le mode en flexion peut se produire à l'instant où ce moment externe ne
peut plus être équilibré par le moment créé par le cisaillement. La figure suivante
montre l'apparition du cisaillement et son effet.
4

F F

r' W2

F
V/2

Figure.1.4. apparition et effet du cisaillement

Nous pouvons dire que la cause principale de l'instabilité d'écrasement est


l'apparition du mode asymétrique. Le processus d'écrasement est difficile à contrôler
pour éviter l'apparition du mode asymétrique. Les paramètres de contrôle pour un
tube prismatique sont les suivants(WIERZBICKI et BHAT, 1986b):
rapport de la largeur sur l'épaisseur
type de matériau
conditions de chargement
stabilisation par le remplissage des mousses
contrôle des imperfections structurales (volontaires)

Nous allons étudier ces deux derniers points en détail plus loin. Par nos
expériences, nous avons découvert que le processus d'écrasement peut être également
stabilisé par un renforcement externe à l'aide de matériaux composites (voir le
chapitre 2).

1.1.3 - Effets Dynamiques

Généralement la capacité d'absorption d'énergie des structures métalliques


augmente avec la vitesse d'impact. La figure 1.5 montre cette tendance pour des tubes
circulaires en différents types d'acier (Rapport RENAULT, Marché N°78071)

Les études expérimentales et théoriques sur les tubes circulaires et


rectangulaires de ABRAMOVICZ et JONES (1986) confirment cette tendance.
5

90

80

._. 70
z
>1

ho
-U- Aci XE
-- R-1.4%SP+vie
5° U- R-4%SP+vie
R-8%SP+vie

40
o 20 40 60 80
V(KmIh)

Figure 1.5. influence de la vitesse d'impact


(Rapport RENAULT, Marché N°78071)

Quant aux tubes en matériaux composites, les expériences de THORNTON


(1979) sur des tubes en fibres de verre/époxy et en fibres de carbone/époxy montrent
qu'il y a peu de dépendance entre l'énergie spécifique et la vitesse d'impact (figure 1.6)

rn/s
la2 Io
r

Carbooe b/D .035 150


° Carbone b/D .068
a Vene b/D .070

Carbone loo
- o
O
. kJ/kq
-
g
:- .

Verre

o
102 ici i iO 102 o3 I0
Vitesse de compression (IN/MIN)

Figure 1.6. influence de la vitesse d'impact sur Es (THORNTON, 1979)

Puisque l'effet dynamique améliore le comportement d'écrasement des


structures métalliques et les structures composites sont généralement insensibles à la
6

vitesse d'impact, nous limiterons notre revue au comportement à l'écrasement quasi-


statique des structures.

1.1.4 - Mécanismes d'Absorption d'Energie

1.1.4.1 - matériaux métalliques

Le processus principal d'absorption d'énergie d'un tube métallique est la


formation des plis, dans lesquels le métal subit une grande déformation irréversible.
Du point de vue microscopique, cette grande déformation résulte du glissement
cristallin et du mouvement des dislocations. La ductilité des métaux comme l'acier
doux et des alliages d'aluminium est entièrement due à leur capacité à supporter le
glissement extensif sans nucléation ni apparition de fissures. Le processus de
glissement extensif devient difficile lorsque la déformation augmente. L'apparition de
fissures est possible dans ce cas. La figure 1.7 montre la forme fmale des tubes écrasés
en acier et en alliage d'aluminium.

1.1.4.2 - matériaux composites

Par comparaison, les matériaux composites sont extrêmement fragiles, car ils
ne présentent presque pas de déformation plastique. Par exemple, les résines époxides
et polyester utilisés pour des structures composites ont une déformation à la rupture
en traction située entre 1 % et 3% d'allongement. Les fibres à haute résistance, comme
la fibre de verre et la fibre de carbone, ont aussi une déformation de même grandeur.
Donc le mécanisme intrinsèque d'absorption d'énergie par la grande déformation
plastique qui est observé dans la plupart des métaux n'est plus valable pour les
matériaux composites. Cependant, certains composites sont très résistants à la
propagation de fissures, car ils peuvent créer une grande zone d'endommagement
autour d'une fissure. Cette zone présente une haute densité de micro-fissures. C'est la
formation et la propagation de ces micro-fissures qui absorbent l'énergie. Dans ce
processus d'absorption d'énergie, différents types de mécanismes peuvent intervenir,
comme le micro-flambage des fibres, le délaminage-cisaillement des couches, la
micro-fragmentation, etc...

Quand un tube de plastique renforcé par des fibres de verre ou de carbone est
soumis à une compression axiale, le tube s'écrase normalement d'une manière
brutale. Par exemple, en mode de rupture au centre, la charge axiale atteint la
résistance de compression du matériau. Dans ce cas, peu d'énergie est absorbée. Mais
si un chanfrein est utilisé sur une extrémité du tube pour initier le processus
d'écrasement, il est possible de créer une zone d'endommagement localisée,
comportant une multitude de micro-fissures qu se propagent le long du tube. Donc,
une large quantité d'énergie est absorbée (HULL, 1982). La figure 1.8 montre le rôle du
chanfrein dans le processus d'écrasement d'un tube en matériaux composites (fibres
de verre/polyester, DMC).
7

= iL .)

(a)

(b)

Figure 1.7. forme finale après écrasement (a) en acier (Dext=6Omm, ép=1.5mm)
(b) en alliage d'aluminium (Dext=6Omm, ép=2.5mm)
8

chanfrein à 45°

(al (b)

déplacement (mm)

Figure 1.8. rôle du chanfrein (HULL, 1982)


(a) sans chanfrein (b) avec chanfrein
9

1.1.5 - Paramètres dEvaluafion de l'Absorption dEnergie

A partir de la courbe force-déplacement d'une structure soumise à une


compression axiale F, et ayant un déplacement 3 dans la direction de cette force,
certains paramètres sont utilisés pour évaluer la performance en matière
d'absorption d'énergie de cette structure. La figure 1.9 illustre la définition de ces
paramètres.

énergie absorbée Eth=JFdö

A,Am Fdö
i Jo
force moyenne 'moy -
A
Lr
énergie spécifique s Am -
E Eab
Fmoy
P

Am la masse de la partie déformée

P1 : le poids par unité de la longueur

2H : la longueur d'onde d'écrasement

Figure 1.9. défmition des paramètres caractérisant la performance


d'absorption d'énergie

L'énergie d'absorption spécifique de masse ou simplement l'énergie spécifique,


est un paramètre important qui permet de comparer la capacité d'absorption
d'énergie de différents matériaux pour une structure donnée. Elle permet aussi de
comparer la capacité d'absorption d'énergie de différentes structures pour un
matériau donné. Ce paramètre indique grossièrement le rapport entre l'énergie
absorbée par écrasement d'une structure et le poids de cette structure. Pour un mode
d'écrasement instable, par exemple du type Euler, ce paramètre perd sa signification.
lo

Dans ce cas, il peut avoir la même grandeur que pour un mode d'écrasement stable,
bien que la capacité d'absorption d'énergie en mode instable soit plus petite qu'en
mode stable. C'est la raison pour laquelle LAMPINEN et JERYAN (1982) utilisent
l'énergie spécifique modifiée E définie par

E =EsÌ

où /X est la distance d'écrasement avant l'apparition du mode instable, L0 est la


longueur initiale.

12-Influence de la Géométrie de Section

1.2.1 - Structures en Matériaux Métalliques

Dans le but de trouver une géométrie optimale de la section d'une structure vis-
à-vis de l'absorption d'énergie, une hiérarchie suivant l'énergie spécifique est trouvée
(RAUSER, 1986) pour les sections suivantes (figure 1.10)

Alliage d'aluminium
Acier doux 60 - 80

w largeur

h ¿paiueur

FOOL CNsh Bh.vioix

Figure 1.10. énergie spécifique pour des sections différentes (RAUSER, 1986)

Si nous comparons le processus d'écrasement d'un tube circulaire avec celui


d'un tube rectangulaire (ou carré) dont les deux aires de section sont égales, nous
comprenons pourquoi le profil optimal de la section est circulaire, ce qui peut être
constaté sur la figure 1.10. Prenons un mode non axisymétrique avec un nombre
d'ondes circonférentielles m égal à 3 pour la section circulaire. Le nombre de coins
u
formés à la fin de la formation d'un pli pour la section circulaire est 3, tandis que le
nombre de coins formés pour la section rectangulaire est toujours 2. En général,
l'énergie dissipée est proportionnelle au nombre de coins formés à la fin de
l'écrasement d'une structure tubulaire. De plus, le nombre de coins formés est
généralement proportionnel au nombre de coins de la section. Donc plus le nombre de
coins de la section d'une structure est grand, plus la capacité d'absorption d'énergie
de cette structure est grande. La figure 1.11 montre cette tendance (voir l'annexe C).

Ct la longueur de la tôle, nC
_a('
Fmoy
M0 - hJ
h: l'épaisseur de la tôle
Moe le moment plastique, Y0h2

a= 11.34 a=26.8 a=29.59


b = 0.38 b = 0.38 b = 0.45

n=1 n=4 n=6

ioo- -

n=6

500-
n-4

200- n=1

loo-
o I I

100 200 300 400 500 100 lOO lOO lOCO

CIh

Figure 1.11. illustration de la force moyenne en fonction de nombre de coins


a

Des résultats expérimentaux (RENAULT GIEPR, Marché N°73044) confirment


également cette remarque (figure 1.12).
12

Es=14.6 J/g Es=13,7 Es=12,8 Es=9,2 Es=7,4

n fl-flll.JL
A=505 mrr A=420 A=561 A=356 A=590

Figure 1.12. énergie spécifique en fonction de différentes sections


(RAPPORT GIEPR, Marché N°73044)

1.2.2 - Sfructures en Matériaux Composites

L'énergie spécifique des tubes en composite fabriqués à partir de tissus (O/9O) et


(45/4S) augmente dans l'ordre de la section rectangulaire < carrée < circulaire
(THRONTON et al, 1985).

FAIRFULL et HULL(1987) ont étudié l'influence des paramètres géométriques


comme h/D (épaisseur/diamètre) sur la capacité d'absorption d'énergie des tubes
cylindriques circulaires en composite avec un tissu équilibré verre/époxy. Avec un
chanfrein à une extrémité du tube, l'écrasement progressif à été obtenu. Les résultats
expérimentaux ont montré que l'énergie spécifique augmente avec la diminution du
diamètre. Quand le diamètre est relativement grand D>33.1 mm, à partir de la valeur
hJD=0.05, Es devient indépendante de la valeur hID. Mais quand D est petit, ce n'est
plus le cas. Le rapport h/D égal à 0.3 est considéré comme une valeur limite (figure
1.13).

,1 /
I
II.
,1
'I,
,.'_I 0210MM

t
i U 02-I64nvn
O D2=241nm. moyenne de plusieurs rsulta1s
A ß-33Imi. L
O D42&iw
D2

003 010 041 0'IO OIS 030 035 040


h/D

Figure 1.13. E3 en fonction de h/D (FAIRFULL et HULL, 1987)


13

1.3 - Influence du Matériau

1.3.1 - Matériaux Métalliques

Pour des tubes métalliques circulaires ou rectangulaires, plusieurs chercheurs


(THORNTON et MAGEE, 1977; VANKUREN et SCOI1', 1977) ont trouvé que la force
moyenne d'écrasement est proportionnelle à la résistance à la traction du matériau.
Pour des métaux ductiles, la corrélation entre l'énergie spécifique E8 et la résistance
spécifique à la rupture cdp (contrainte de rupture / densité spécifique), est linéaire
pour un tube à section circulaire (figure 1.14).

kJ/k
0 50 lOO 150

75
25

20
50
'5

'o
25
hID 6061 2024 lOIS 4130
5 .028 A O

.050 A y

O I 2 3 4 5 6 7 8

Résistance spécifique de nipture en traction (in.Ibs/Ib x 10-5)

Figure 1.14. corrélation entre Es et au/p (THORNTON et al, 1977)

Du fait que l'énergie absorbée dépende plutôt de la résistance à la rupture, que


de la contrainte d'écrouissage, cela montre que le matériau subit une grande
déformation durant le processus d'écrasement.

1.3.2 - Matériaux Composites

Le mécanisme intrinsèque de l'absorption d'énergie par des matériaux


composites se caractérise par la formation et la propagation de microfissures. Ce
mécanisme dépend beaucoup de variables que l'on peut dasser grossièrement en deux
catégories: les variables du matériau et les variables architecturales. Les variables qui
dépendent du matériau sont les paramètres intrinsèques du matériau, comme les
propriétés élémentaires des constituants. Les variables architecturales sont celles que
l'on peut contrôler d'après le besoin, comme l'orientation du renfort, la séquence
d'empilement des couches, la géométrie de l'éprouvette testée, età... Notre rapport
14

précédent (WANG, 1988) fait une revue assez générale sur l'influence de ces variables
sur la capacité d'absorption d'énergie des structures en matériaux composites. En
voici les principales conclusions.

1.3.2.1 - fibres

Les fibres utilisées dans la littérature concernant l'absorption d'énergie


d'impact par des structures composites, sont principalement des fibres de verre, de
carbone ou de Kevlar. A cause de la ductilité de la fibre de Kevlar, le mode
d'écrasement d'un tube composite renforcé par les fibres de Kevlar, quelque soient les
matériaux constituant la matrice est semblable au mode d'écrasement d'un tube
métallique. Il présente une bonne propriété de post-intégrité (THORNTON et al, 1982).
Quant aux tubes composites renforcés par des fibres de verre et de carbone, ils
s'écrasent en faisant apparaître des microfissures interlaminaires et une
fragmentation fragile des fibres. Pour avoir un mode de rupture progressif et stable,
un chanfrein sur une extrémité du tube est nécessaire (voir la figure 1.8). Au niveau
de la capacité d'absorption d'énergie, l'énergie spécifique est meilleure pour les tubes
renforcés par des fibres de carbone, que pour les tubes renforcés par des fibres de
kevlar, eux mêmes meilleurs que les tubes renforcés par des fibres de verre. Une des
raisons est qu'ils ont différentes densités spécifiques. La densité de fibres de verre,
Kevlar et carbone sont respectivement 2.54, 1.45 et 1.78 à 2.0 (g/cni3). FARLEY(1987) a
trouvé que l'énergie spécifique pour des fibres de carbone décroît avec l'augmentation
de la rigidité de fibre. Il a suggéré que la capacité d'absorption d'énergie était liée à la
déformation maximale de fibre. THORNTON et JERYAN(1988) révèlent également
que l'énergie spécifique diminue quand le pourcentage des fibres baisse, ainsi que le
diamètre de fibre.

Dans l'optique d'une application automobile, les fibres de verre sont les plus
favorables à utiliser en raison de leur bon rapport qualité/prix, et le pourcentage des
fibres continues doit être grand pour assurer la rigidité nécessaire de la structure.

1.3.2.2 - résines

Conme le rôle principal de la matrice est de renforcer le fonctionnement des


fibres, et de donner un support latéral aux fibres, surtout quand elles sont en
compression et en cisaillement, l'énergie spécifique dépend d'une manière linéaire de
la rigidité et de la résistance en traction de la matrice, mais pas de sa résilience
(THORNTON et JERYAN, 1988). Quant à l'effet de la déformation maximale en
traction de la résine sur l'énergie spécifique, FARLEY(1986) a trouvé que pour les
fibres de carbone de faible déformation de rupture, l'énergie spécifique augmente
quand la déformation de rupture de la résine augmente. L'effet inverse se produit
pour des fibres de carbone de haute déformation de rupture. Pour les fibres de Kevlar,
l'énergie spécifique diminue quand la déformation de rupture de la résine augmente.
15

1.3.2.3 - laminates

L'énergie spécifique varie en fonction de l'angle d'orientation du renfort. Par


des essais quasi-statiques sur des tubes circulaires (01±9)4(0 par rapport à la direction
axiale du tube), FARLEY(1983) a trouvé que l'énergie spécifique maximale se situe
vers 700 pour les fibres de verre et de Kevlar, et pour les fibres de carbone, l'énergie
spécifique maximale se trouve vers 15°. Par contre, SCHMUESER et al(1987) ont testé
des éprouvettes (O2/±O)g en dynamique avec une vitesse d'impact de 5.5 ni/s. Ils ont
trouvé que l'absorption d'énergie maximale est obtenue avec un angle de 60° pour les
fibres de carbone et de kevlar, et avec un angle de 90° pour les fibres de verre. La figure
1.15 montre cette différence.

Le symbole solide représente E

V.5
les tests dynamiques
*0 Cbons.Epoxy,
Carbone/E

ca
i o
Kevlar/E

A Vene/E
ni
20.0

iii
A' - ---
AflIas daluuioium
u -

75 o 6061 Aluminium
3.
/Aci&doux , KCYIX.EPDXY.
u -t
.

o.
50 ca- /' ¡

j25 :: /...-'l......I
t t t t i
15 45 60 75 co *0 0.0

Angle O pour (01±9)4 tubes Angle O pour (O2/±9)s tubes

(a) (b)

Figure 1.15. effet d'orientation du renfort sur l'énergie spécifique


(a) quasi-statique(FARLEY,1983) (b) dynamique(SCHMUESER et al,1987)

La séquence d'empilement de couches influence également l'énergie


spécifique. Pour des tubes avec des couches 0°190°, il semble qu'il soit nécessaire
d'avoir une ou deux couches à 90° pour renforcer les fibres axiales 0° (THORNTON et
al, 1982). Les tubes avec le même pourcentage de fibres à 0° et à 90°, mais qui n'ont pas
la même séquence d'empilement, ont des valeurs différentes de E8. L'énergie
spécifique la plus grande est atteinte lorsque les couches de fibres à 90° sont
distribuées vers l'extérieur du tube, ou lorsque les couches de fibres à 0° ne sont pas
séparées par des couches de fibres à 90° (THORNTON et al, 1982).
16

Cbone Vene

g
n
o o
g g o
o o
j50 r
g
o
o'
o

Figure 1.16. influence de la séquence d'empilement sur Es

1.4 - Structures Renforcées Par de la Mousse

Dans des applications concernant l'absorption d'énergie et l'atténuation d'un


choc par des structures tubulaires, l'utilisation de la mousse est très fréquente. La
mousse est un matériau qui présente une bonne capacité d'absorption d'énergie. La
résistance à la compression de la mousse, par exemple à 10% de compression dans un
espace fermé, augmente exponentiellement avec sa densité spécifique initiale. Des
structures renforcées par de la mousse font l'objet d'études intensives, tant théoriques
qu'expérimentales (THORNTON, 1980; REID et al, 1986; REDDY et WALL, 1988;
ABRAMOWICZ et WIERZBICKI, 1988, etc...). Mais la mousse remplissant une
structure creuse est souvent non-homogène, soit dès l'origine, soit en raison de la
déformation du tube en cours d'écrasement. Ceci peut perturber le rôle souhaité de la
mousse.

1.4.1 - Influence Sur le Mode dEcrasement

Quand un tube rempli de mousse est soumis à une compression axiale, une
pression sur la paroi interne du tube peut être créée par la compression de la mousse.
Cette pression change le mode d'écrasement. Prenons un tube cylindrique circulaire
pour analyser le rôle de la mousse. Grâce à cette pression interne, la mousse empêche
la paroi de fléchir vers l'intérieur. Cette résistance augmente le nombre de lobes pour
le mode en diamant, et favorise le mode axisymétrique. Les tubes moussés s'écrasent
généralement en mode axisymétrique (LAMINEN et JERYAN, 1982, D/h de 63 à 213),
même pour des tubes à paroi très mince (REDDY et WALL, 1988, Dfh>600). La
longueur d'onde d'écrasement H diminue avec l'augmentation de la densité de la
mousse. Ce même phénomène à été observé également pour des tubes rectangulaires
par REID et al (1986). L'analyse théorique de ABRAMOVICZ et WIERZBICKI (1988)
confirme ce rôle de la mousse (figure 1.17). La diminution de la longueur d'onde
d'écrasement stabilise le processus d'écrasement.
17

A
20

A
'5 A A

50 loo ISO 200


p(kq/m3]

Figure 1.17. influence de la mousse sur la longueur d'onde d'écrasement H


(ABRAMOVICZ et WIERZBICKI, 1988)

Mais le plus souvent, la répartition de la mousse est non homogène. La figure


1.18 illustre deux situations:
la répartition de la mousse est homogène
la répartition de la mousse est non-homogène

I
a b
U
Figure 1.18. rôle de la mousse
(a) répartition homogène (b) répartition non homogène

Le support créé par la mousse à l'endroit où la densité est faible, est


certainement inférieur à celui où la densité est grande. La flexion de la paroi peut se
produire d'abord à l'endroit où le support est faible. Ceci peut provoquer le mode
d'écrasement en flexion, surtout pour dea tubes relativement élancés. Dans ce cas, la
mousse a tendance à déstabiliser le processus d'écrasement, en changeant le mode
d'écrasement stable à un mode instable. Les résultats expérimentaux de LAMPINEN
et al (1982) sur des tubes à section circulaire, carrée et de la forme "Z", confirment
notre analyse. Ces éprouvettes ont un rapport LID de 5.43 à 8.0. La distance
18

d'écrasement avant l'apparition du mode en flexion diminue avec le renforcement de


la mousse.

1.4.2 - Gain Apporté Par la Mousse

Pour des tubes moussés à section carrée et rectangulaire ayant un mode


d'écrasement progressif, l'énergie spécifique peut être doublée par rapport aux tubes
non-moussés (REID et al, 1986). En général, l'énergie spécifique n'augmente pas
autant si l'on prend en compte l'effet "déstabilisant" de la non homogénéité de la
mousse. Le gain de masse apporté par la mousse n'est pas significatif. Le même gain
de masse peut être obtenu en redéfinissant la structure, par exemple en augmentant
l'épaisseur du tube (THORNTON et aI, 1983). Le renforcement par la mousse n'est pas
bénéficiaire vis-à-vis de l'augmentation de la capacité d'absorption d'énergie de
structures tubulaires.

1.5 - Mesures Spécifiques Pour Améliorer


le Comportement à lEcrasement

Le pic d'effort fourni par la charge de flambag (le premier pic) ne joue qu'un
rôle très faible dans le bilan global de l'énergie absorbée en fin d'écrasement. De plus,
le fait que la charge doivent atteindre ce niveau pour que le mode d'écrasement
progressif s'établisse, peut faire basculer le phénomène de déformation du mode
stable au mode instable. Nous avons vu qu'un chanfrein sur une extrémité d'un tube
en composite est nécessaire pour qu'il s'écrase en mode stable (figure 1.8). Les
mesures spécifiques comme des imperfections structurales volontaires peuvent
supprimer ce pic d'effort et contrôler le processus d'écrasement. Il y a très peu de
littérature publiée dans ce domaine.

A titre d'exemple, nous allons étudier quatre types de marquage illustrés par la
figure 1.20 pour une éprouvette à section oméga. Les expériences ont montré que le
premier pli s'amorce toujours au marquage, et certains types de marquage favorisent
l'apparition du flambage généralisé. C'est le cas, en particulier, des marquages en V
dans les angles et des marquages en nervure transversale dans la face supérieure de
l'oméga. Le type de marquage le plus intéressant est le type 4 soit la nervure
transversale courant autour de la section. Ce type de marquage diminue beaucoup la
charge critique de flambage (de 30%). De plus, le flambage localisé ultérieur fournit
des plis réguliers et bien empilés à partir du premier pli.
L9

type i type 2 type 3 type 4

Figure 1.20. différents types de marquage étudiés


(RAPPORT GIEPR, Marché N°73044)

A partir de cet exemple, nous pouvons remarquer que le choix approprié d'un
type d'imperfection peut améliorer le comportement d'écrasement d'une structure.
Mais, un mauvais choix du type d'imperfection structurale peut également
déstabiliser le processus d'écrasement.

Pour des tubes en composites, les différents types d'initiateur de contraintes


utilisés sont illustrés par la figure 1.21 (THRONTON et JERYAN, 1988)

Figure 1.21. différents types d'initiateur de contrainte utilisés


pour des tubes en composite

1.6 - Comparaison Entre des Structures Compostes et Métalliques

Quelques valeurs typiques pour l'énergie spécifique E8 de différents matériaux


sont montrées par la figure 1.22 (HULL, 1986). Toutes les éjrouvettes testées sont des
tubes cylindriques ayant un diamètre de 50mm, et une épaisseur comprise entre 1.0 et
2.0mm. ils sont écrasés d'une manière contrôlée progressive sans l'apparition du
mode en flexion. Ces résultats montrent que les tubes composites ont une capacité
d'absorption d'énergie beaucoup plus grande que les tubes en acier et en alliage
d'aluminium. La valeur maximale de l'énergie spécifique Es, 125J/g, était obtenue
pour les composites des fibres de carbone en résine époxy. Ceci montre que le potentiel
d'absorption d'énergie peut être comparable, et même meilleur que celui des
structures métalliques.

125

75.
C.
4
t 50

u
-u
25-

I i
i jJj
00
¿j
C

i. I

Figure 1.22. valeur maximale de l'énergie spécifique des tubes circulaires


en différents matériaux (HULL, 1986)

En comparant les prototypes de longeron avant en acier doux avec ceux en


composites de fibres de Kevlar/époxy, SCHMUESER et al (1988) ont trouvé que, si l'on
ne prend en compte que les charges normales de service, le gain de masse obtenu par
des structures composites peut être important. Par contre, ce gain est réduit
sensiblement quand ces structures doivent répondre à la même capacité d'absorption
d'énergie que des structures en acier. Ceci est dû à la faible capacité d'absorption
d'énergie par des structures composites en mode de flexion. En augmentant
l'épaisseur de la section des structures composites, leur capacité d'absorption
d'énergie peut être comparable à celle des structures en acier. Dans ce cas le gain de
masse n'est que de 11%.

1.7 - Conclusion

A travers cette étude bibliographique, nous pouvons voir que deux directions de
recherche sont menées dans le but d'accroître la sécurité passive des véhicules, tout
en ayant une contrainte de diminuer le poids des structures automobiles:
1. amélioration du comportement à l'écrasement des structures métalliques
- en optimisant ses dimensions géométriques
- en prenant des mesures spécifiques, comme par exemple, des imperfections
structurales volontaires
- en utilisant de la mousse pour stabiliser le processus d'écrasement
21

2. étude des matériaux nouveaux qui pourraient éventuellement remplacer l'acier


doux utilisé actuellement pour la partie structurale automobile, comme des
matériaux composites, des alliages d'aluminium, des aciers à haute résistance
etc...

Les résultats expérimentaux en laboratoire montrent que les matériaux


composites ont un grand potentiel d'absorption d'énergie. Il est cependant nécessaire
d'introduire un mécanisme d'initiateur de fissures approprié, qui permet un
processus continu de "microcracking" tout le long de la structure. Ce n'est pas un
travail facile, car il faut que cet initiateur de fissures résiste à un petit choc sans faire
apparaître de fissures. A cause de nombreux paramètres intervenus et de la
complexité du processus d'écrasement, ce phénomène est loin d'être maîtrisé.

Dans le même contexte, nous proposons un assemblage original de matériaux


de natures différentes. Il s'agit d'une structure métallique renforcée par un matériau
composite dans le but de stabiliser le processus d'écrasement de la structure
métallique. De plus, la déformation de cette structure métallique pourrait guider le
processus de fissuration des matériaux composites.

* * *

s
2
Etude Expérimentale des Tubes en
Multi-Matériaux (Acier + Composite)

2.1 - Introduction

Dans ce chapitre, nous allons présenter les résultats expérimentaux de nos


deux campagnes d'essais sur les tubes en acier renforcés par un matériau composite
fibres de verre/époxy. Les principaux paramètres étudiés sont les suivants:
l'angle d'enroulement des fibres
l'épaisseur du composite
la géométrie du tube - section circulaire et carrée
l'épaisseur du tube acier

2.2 - Préparation des Eprouvettes et Caractéristiques


Mécaniques des Matériaux

2.2.1 - Procédure de Fabrication

Des tubes en acier ont été enrobés avec du composite par enroulement
filamentaire à partir d'un fil spécifique époxy 5139 de diamètre 17 microns et titre
1200g au km et d'une résine époxide DGEBA (cy205) avec un durcisseur Amine DDM
(HT 972). La tension du fil a été maintenue constante à environ 300 g pour tous les
enroulements. La proportion de verre dans ces conditions est de 57% en terme de
masse et de 38% en volume. Pour les éprouvettes de la première série, trois angles
d'enroulement sont utilisés 0°, ±20° et ±45° suivant la direction circonférentielle du
tube. Pour les éprouvettes de la deuxième série, seulement l'angle d'enroulement 0°
est utilisé. L'enroulement en couches croisées à ±20° et ±45° impose la réalisation de
deux couches simultanément, ce qui correspond aux balayages aller et retour du
chariot devant le tube. Ces deux couches sont indissociables. L'épaisseur de ces deux
couches suivant l'angle d'enroulement varie de 0.65 à 0.83 mm.
23

En raison de la grande différence entre les coefficients de dilatation thermique


du stratifié et de l'acier, certains tubes présentaient un délaminage entre l'acier et le
stratifié, en particulier les tubes enrobés avec 6 couches. A cause de ce décollement,
les tubes de la première série avec un enroulement (±200) avec 6 couches sont
inutilisables.

2.2.2 - Eprouvettes de la Première Série d'Essais

Des tubes en acier sans soudure de deux épaisseurs (1.5 et 2.0 mm) à section
circulaire sont utilisés dans la première série d'essai. Le diamètre extérieur de ces
tubes est de 60 mm.

Acier
épaisseur 1.5 et 2.0 mm
diamètre extérieur 60 mm

Composite
nombre de couches 2, 4 et 6
angle d'enroulement 0, +-20° et +-45°

Figure 2.1. les éprouvettes de la première série

Chaque tube a initialement une longueur de 600 mm. En raison de la non-


uniformité de l'enroulement aux deux extrémités du tube, seulement 3 échantillons
identiques de 150 mm de long ont pu être coupés. Un chanfrein de 450 est réalisé sur
une extrémité de chaque tube échantillon pour amorcer l'écrasement. Deux essais
identiques sont systématiquement réalisés pour chaque configuration. Il s'avère que
la dispersion entre ces deux essais reste toujours faible.

2.2.3 - Eprouvettes de la Deuxième Série d'Essais

La première série d'essais ayant montré que les meilleures performances sont
obtenues avec un enroulement des fibres de 00, les tubes testés au cours de cette
deuxième série étaient renforcés selon cette orientation. Les paramètres variant
étaient:
- la section des tubes métalliques (circulaire et carrée)
- l'épaisseur du tube métallique (0.5, 0.8 et 1.0 mm)
- l'épaisseur du renfort en matériau composite (2, 4 et 6 couches
d'enroulement)

Les tubes circulaires ont un diamètre extérieur Doit de 60 mm et une longueur


L de 170 mm. Pour les tubes carrés, la longueur du coté extérieur Cext est de 60 mm, et
la longueur L de 250 mm.

Acier
épaisseur 0.5, 0.8 et 1.0 mm
diamètre extérieur 60 mm

Composite
nombre de couches 2, 4 et 6
angle d'enroulement 00

Figure 2.2. éprouvettes de section circulaire de la 2ème série

Acier
épaisseur 0.5, 0.8 et 1.0 mm
coté extérieur 60 mm

j Composite
nombre de couches 2,4 et 6
angle d'enroulement 00

Figure 2.3. éprouvettes de section carrée


Les tubes métalliques de la deuxième série d'essais sont des tubes soudés.

22.4 - Conditions d'Essais

Tous les essais sont effectués sur une presse de compression. La vitesse de
compression est de 2 à 3 cm/mn. Le processus d'écrasement peut être considéré donc
comme étant quasi-statique.

22.5 - Caractéristiques Mécaniques des Matériaux

2.2.5.1 - acier

Pour avoir des caractéristiques mécaniques plus précises de l'acier, des


échantillons de traction ont été prélevés sur chaque type de tube de la première série
d'essais. Les résultats expérimentaux de traction figurent dans le tableau 2.1 et par la
figure 2.4.

800
1ère série

C
o
o

2 4 6 8 lo
deformation (0.1%)

Figure 2.4. relation contrainte-déformation de l'acier pour les tubes


de la 1ère série d'essais

Tableau 2.1. caractéristiques mécaniques de l'acier de la 1ère série d'essais

E (GPa) - a02(MPa)
ép=1.5mm 2M 600
ép=2.Omm 194 550
Pour la deuxième série d'essais, des échantillons de traction ont été fabriqués
directement à partir de chaque type de tôle utilisé pour la fabrication des éprouvettes
tubulaires. Voici les résultats de traction.

300 2ème série

200
o.

100
o
u

o 2 4 6 8 10
dóformation (0.1%)

Figure 2.5. relation contrainte-déformation de l'acier


pour les tubes de la 2ème série d'essais

La différence entre les résultats de ces trois types de tôle est faible. La courbe
montrée par la figure 2.5 est la moyenne lissée de ces trois courbes. Le module
d'Young de l'acier pour les tubes de la 2ème série d'essais E est de 210 GPa et la
contrainte correspondant à la déformation permanente 0.2% de 240 MPa.

2.2.5.2 - composite

Indépendamment de l'épaisseur, les performances mécaniques dans la


direction longitudinale et circonférentielle du tube sont indiquées ci-après
(caractéristiques fournies par le fabricant des éprouvettes).

Tableau 2.2. Caractéristiques mécaniques dans la direction longitudinale du tube.

Angle Résist en trac Module E - Coeff de


d'enroul Poisson
(MPa) (MPa) ji.

00 60 9000 0.1
±200 70 9000 0.2
±45° 125 10000 0.6
27

Tableau 2.3. Caractéristiques mécaniques dans la direction circonférentielle du tube.

Angle Résist en trac - Module E Coeff de


d'enroul poisson
(MPa) (MPa)
0° 1000 29000 0.30
±200 330 22500 055
±45° 125 10000 0.60

2,3 - Résultats Expérimentaux

2.3.1 - Mode d'Ecrasement

2.3.1.1 - tubes à section circulaire

Pour les tubes à section circulaire, l'influence du renfort extérieur sur le mode
d'écrasement peut se résumer en deux points:
pour les tubes relativement épais, ce renfort extérieur change le mode
d'écrasement du type axisymétrique (en accordéon) au type non axisymétrique
(en diamant). C'est le cas des tubes d'épaisseur 2.0 mm et 1.5 mm (voir la
figure 2.6).

pour les tubes minces d'épaisseur inférieure à 1.0 mm, le renfort


augmente le nombre de facettes lors de l'écrasement en mode diamant. Par
exemple, le nombre de facettes pour le tube non-renforcé d'épaisseur 0.5 mm
est de 4. Les tubes renforcés par 2, 4 et 6 couches de composite ont
respectivement 5, 5.5 et 6 facettes en mode diamant (voir la figure 2.7).
section circulaire, éaisseur méta=2.O

o io 20 .30 40 50 60 70 90 100
Déplacement (mm)

2-

(1) ép=2.O mm

Figure 2.6.(a). changement du mode d'écrasement du type axisymétrique


au type non axisymétrique
section circulaire, épaisseur métal= 1.5
200 -

z
N=6
a)
u
o
u-

N=o

20 -
4 4 4 4 4 4 4

10 20 70 80 90
Déplacement (mm

(2) ép=1.5 mm

Figure 2.6.(b). changement du mode décrasement du type axisymétrique


au type non axisymétrique
;x)

70 section circt.Jcre, épaisseur métal=Q.5

N=4

0 20 40 60 ao 100 120
ement (mm

0.5

Figure 2.7. augmentation du nombre de facettes en mode diamant


grâce au renfort externe (ép=O.5 mm)
31

23,L2 - tubes à. section carrée

Pour les tubes à section carrée, le renfort externe change le mode décrisement
non-compact en mode compact pour les tubes minces. La figure 28 ïllustre ce
changemenL

section carrée, épaisseur métol=O.5

L)
o

o 20 40 50 50 100 20 140

Dép'acement (mm

Figure 2,8. changement du mode non-compact au mode compact


grâce au renfort externe (ép=O.5 mm)
Il faut signaler également que la soudure sur des tubes minces, par exemple
d'épaisseur 0.8 mm, crée une zone fortement non-homogène. Cette non-homogénéité
peut déstabiliser le processus de la formation des plis réguliers. Le renforcement
extérieur par le composite minimise l'effet de ce facteur de déstabilisateur et favorise
la formation des plis régulierr (f2trc' 2.9).

Figure 2.9. correction de l'effet de la non-homogénéité causée par la soudure


grâce au renforcement extérieur

2.3.2 - Principa Résultats Obtenus

21 - résultats de la 1ère série d'essais

Les résultats de la première série d'essais pour les tubes non rcu2rrs et
renforcés sont présentés par les tableaux 2.4 et 2.5 respectivement. Al et A2 cH3ignent
les tubes en acier non-renforcés d'épaisseur 1.5mm et 2.0mm.

Tableau 2.4. résultats expérimentaux des tubes non-renforcés.

Dext h Fmax Fmoy Es 2H


(mm) (mm) (KN) (KN) (J/q) (mm)
Al 60.0 1.5 15410 68,12 31.8 16.3
A2 60.0 2.0 189.39 101.56 35.5 16.7
Tableau 2.5. résultats expérimentaux des tubes enrobés de composite

00 ±20° ± 45°

Fmax Fmoy Es 2H Fmax Fmoy Es 2H Fmax Fmoy Es


N

Al-2 156.4 67.7 30.4 15.2 148.3 66.8 29.9 16.5 142.3 66.2 29.0 16.8
Al-4 173.4 76.1 32.2 13.7 166.2 79.9 33.0 14.5 155.4 80.1 32.0 16.0
Al-6 199.4 102.8 38.1 11.9 188.9 94.9 35.5 12.9 163.9 86.7 32.5 15.7
A2-2 206.3 105.8 35.3 17.5 191.9 98.9 32.5 18.9 185.7 104.3 34.3 20.5
A2-4 231.6 120.6 37.6 16.4 212.4 111.8 34.7 17.7 203.7 116.4 35.4 17.9
A2-6 251.0 136.4 40.1 14.2 218.5 131.6 37.7 21.2

2.3.2.2 - résultats de la 2ème série d'essais

Les résultats de la 2ème série d'essais sont présentés par le tableau suivant. Le
symbole cy-n désigne le tube cylindrique à section circulaire renforcé par n couches de
composites et le symbole ca-n est pour le tube à section carrée.

Tableau 2.6. résultats expérimentaux de la 2ème série d'essais

h 0.5 0.8 1

Fmax Fmoy Es 2H Fmax Frnoy Es 2H Fmax Fmoy Es 2H


cy-0 22.6 6,6 9.1 23.5 41.0 13.1 11.4 25.3 45.7 20.6 14.6 24.0
cy-2 32.8 13.4 14.3 13.6 51.0 21.1 15.4 24.5 71.4 29.9 18.3 22.1
cy-4 54.6 26.5 23.4 10.9 60.9 32.2 20.6 19.3 96.0 42.3 23.0 20.9
cy-6 65.4 37.7 28.3 11.0 93.3 45.9 25.9 15.5 109.9 54.5 26.5 19.2

ca-O 9.2 3.9 4.3 47.3 23.0 7.4 5.1 51.0 50.8 14.1 7.7 49.1
ca-2 19.6 6.4 5.2 31.6 346 11.8 6.6 35.7 68.4 17.1 7.8 41.1
ca-4 27 3 12.4 8.1 20.7 44.4 15.2 7.4 29.2 81.6 21.8 9.0 38.6
ca-6 36.4 18.7 10.5 22.4 58.8 22.1 9.6 26.6 90.1 26.1 9.7 35.6

Il faut signaler que la valeur de la longueur d'onde d'écrasement 2H est


obtenue par (Lo - Lr)/n, où L0 et Lr sont la longueur initiale d'un tube et la longueur de
ce tube écrasé, et n est le nombre de plis formés. Dans le cas où les plis ne sont pas
réguliers, le nombre de plis est très difficile à évaluer. Dans ce cas là, H ne peut pas
être mesurée correctement. Dans les tableaux précédents, seule la valeur H
correspondant aux plis réguliers est prise en compte.
2.3.3 - a uen dr. 1enfort
2.3.3.1 - angle d'enroulement

Dans notre première série d'essais, trois angles d'enroulement de fibres 0°,
±200 et ±45° étaient utilisés. La fi: e 2.10 et la figure 2.11 montrent l'influence de
l'angle d'enroulement sur la longueur d'onde d'écrasement et l'énergie spécifique
pour différents nombres de couches.

Dext=60 et ép=1.5 mm

1,0 -

o -
U n=2
-. n=4
0,8 - O- n=6

0,7
10 20 30 40 50
anglo

Figure 2.10. influence de l'angle d'enroulement sur la longueur d'onde H

I I I

o 10 20 30 40 50
angle d'enrouhr'nt

Figure 2.11. influence de l'angle d'enroulement sur l'énergie spécifique Es


Ici, H/H° est le rapport de la longueur d'onde d'un tube renforcé à celle du
même tube non renforcé. Es/Es° est le rapport de l'énergie spécifique d'un tube
renforcé à celle du même tube non renforcé. Nous pouvons constater que la longueur
d'onde augmente avec l'angle d'enroulement et que l'énergie spécifique diminue avec
cet angle. Les meilleurs résultats sont obtenus avec un enroulement des fibres selon la
direction circonférentielle du tube. C'est la raison pour laquelle seul l'enroulement à
Ø0
est utilisé pour les éprouvettes de la 2ème série d'essais.

2.3.3.2 - épaisseur du renfort

tubes à section circulaire

Seuls les résultats des éprouvettes avec un angle d'enroulement de 00 de la 1ère


série d'essais sont comparés avec ceux de la 2ème série. Les figures 2.12 et 2.13
illustrent l'influence de l'épaisseur du renfort sur la longueur d'onde d'écrasement et
sur l'énergie spécifique pour une grande variété du rapport du diamètre à l'épaisseur.

Nous constatons que H diminue avec l'épaisseur du renfort et que l'énergie


spécifique augmente avec l'épaisseur du renfort.

section circulai
Dfh=30

D/h=40

D/h=60

D/h=75

D/h=1 20

o 2 4 8

Figure 2.12. influence de l'épaisseur du renfort sur la longueur d'onde H


section circulaire
-W- D/h=30
-.- D/h=40
D/h=60
D/h=75
D/h=120

0 2 4 6
n

Figure 2.13. influence de l'épaisseur du renfort sur l'énergie spécifique Es

tu n calTée

L'influence de l'épaisseur du renfort sur H et Es pour les tubes carrés est la


même que pour les tubes circulaires (figures 2.14 et 2.15).

section carrée

l'o

0,9 -

0,8 -

I 0,7 -

0,6 -

0,5 -

0,4
o

Fi e 2.14. influence de l'épaisseur du renfort sur H


ction carr.
-0- C/h=60
.4- Clh=75
u C/h=120

t , I
2 4 6 8
n

Figure 2.15. influence de l'épaisseur du renfort sur Es

2.3.4- .Iue. del'Epaïs.seurduTulr'nAcier


2,3.4.1 - tubes à section circulaire

Les figures 2.16 et 2.17 montrent l'influence de l'épaisseur de l'acier sur la


longueur d'onde d'écrasement et sur l'énergie spécifique pour différents nombres de
couches d'enroulement.

section circulaire

20 40 60 80 100 120 140


0/h

Figure 2.16. longueur d'onde relative en fonction de D/h


4 section circulaire

o I I I
20 40 60 80 100 120 140
DTh

Figure 2.17. énergie spécifique relative en fonction de D/h

Nous pouvons remarquer que plus l'épaisseur de l'acier est petite, plus
l'influence du renfort sur la capacité d'absorption d'énergie des tubes renforcés est
grande. Cette capacité d'absorption d'énergie se caractérise par la diminution de la
longueur d'onde d'écrasement et l'augmentation de l'énergie spécifique.

2.3.4.2 - tubes à section carrée

Le même phénomène peut être observé pour les tubes carrés.

0,9 3CtiOfl carrée

0,8 -

0,7 -

0,6 -

0,5 -

0,4
40 60 80 1 00 120 140
C/h

Figure 2.18. longueur d'onde relative en fonction de C/h


39

section carrée
a- n=2
-.- n=4
-u- n=6

40 60 80 loo 120 140


C/h

Figure 2.19. énergie spécifique relative en fonction de C/h

2.4 - L&mìlyse et Discussion

2.4.1- Rôle du Renfort Extérieur

Premièrement, le renfort externe par des matériaux composites donne un


support latéral à la paroi du tube métallique, localise la zone déformée et favorise une
formation de plis progressifs. Ce rôle de support diminue quand l'angle
d'enroulement des fibres augmente. Ceci provient d'une part de la diminution de la
résistance du composite dans la direction circonférentielle, et d'autre part de
l'endommagement du composite dans la zone non déformée causé par la propagation
de micro-fissures, quand l'angle d'enroulement n'est pas égal à 0. Prenons l'exemple
d'un tube cylindrique à section circulaire enrobé par des fibres suivant deux angles
d'enroulement différents, l'un 00 et l'autre ±. Supposons que le premier pli
commence à se former sur une extrémité du tube dans ces deux cas (figure 2.20).

Figure 2.20. influence de l'angle d'enroulement


40

Les essais sur des tubes circulaires non enrobés montrent qu'ils s'écrasent soit
progressivement en mode axisymétrique (pour les tubes relativement épais, ép=1.5 et
2.0 mm), soit d'abord en mode axisymétrique et ensuite en mode diamant ( pour les
tubes relativement minces). L'écrasement en mode axisymétrique entraîne une forte
extension circonférentielle. Le renfort dans la direction circonférentielle empêche
cette extension. Par conséquent, il y une résistance à la flexion externe de la paroi, et
la force membrane en compression dans la direction circonférentielle du tube
augmente. L'augmentation de la compression de membrane favorise le mode
d'écrasement en diamant (voir chapitre 3 - 3.3.1.1). Ceci explique pourquoi presque
tous les tubes circulaires renforcés ont un mode d'écrasement en diamant. Seuls les
tubes enrobés avec un angle d'enroulement des fibres égal à ±45° ont un ou deux
premiers plis axisymétriques en raison du faible renforcement circonférentiel du
stratifié (±45)n. Dans cet exemple, pour l'angle d'enroulement égal à 00, les fibres se
cassent d'abord à l'endroit où l'extension circonférentielle est la plus grande. Du fait
de l'affaiblissement du renfort, le premier pli se développe à cet endroit. Au fur et à
mesure du processus de déformation, les fibres se cassent successivement dans cette
zone déformée. Dans le cas où l'angle d'enroulement des fibres n'est pas égal à 0°, les
fissures peuvent se propager dans la zone non déformée. Cet endommagement avancé
du composite diminue son rôle de renfort. Ceci peut expliquer pourquoi la capacité
d'absorption d'énergie des tubes renforcés avec un angle d'enroulement égal à 0° est
plus grande que celle des tubes renforcés avec un angle d'enroulement différent de 0°.

Deuxièmement, le renforcement externe par un matériau composite diminue


la longueur d'onde d'écrasement. Cette diminution améliore la stabilité du processus
d'écrasement. Le renfort externe joue un rôle de support vis-à-vis de la paroi du tube.
Pour des tubes à section carrée à paroi très mince, cette diminution peut changer le
mode non compact en mode compact, et ce dernier est stable. C'est le cas du tube à
section carrée avec une épaisseur de 0.5 mm (voir la figure 2.8).

2.4.2 - Comparaison avec des Tubes Moussés

Contrairement à un tube enrobé par un matériau composite, un tube rempli de


mousse a un renfort interne. Ce renfort interne empêche la paroi du tube de fléchir
vers l'intérieur. Cela favorise le mode d'écrasement axisymétrique pour le tube
circulaire. Comme ce renfort interne joue également un rôle de support, celui-ci
diminue la longueur d'onde d'écrasement. Cette diminution stabilise le processus
d'écrasement. Dans le premier chapitre, nous avons évoqué que la mousse dans le
tube est souvent non homogène, soit dès l'origine, soit en raison de la déformation du
tube en cours de l'écrasement. Cette non homogénéité peut déstabiliser le processus
d'écrasement. Un des avantages des tubes enrobés par un composite est que le renfort
externe localise la zone déformée et guide un processus d'écrasement progressif. Le
renforcement externe par un composite rend également le processus d'écrasement
insensible aux défauts, comme par exemple, la soudure, pour des tubes très minces
(voir la figure 2.9).
41

2.5 - Conclusion

Les tubes testés ont une grande variété de paramètres géométriques (le rapport
diamètre/épaisseur métal Dfh variant de 30 à 120 pour les tubes circulaires et le
rapport côté/épaisseur métal variant de 60 à 120 pour les tubes carrés). A partir de ces
résultats expérimentaux sur ces tubes en acier renforcés par un composite de fibres
de verre/époxy , nous pouvons conclure que le renforcement externe par un matériau
composite augmente la capacité d'absorption d'énergie d'un tube métallique. Cette
augmentation résulte non seulement d'une simple participation à l'absorption
d'énergie de la part du composite, mais aussi d'une forte interaction entre le renfort
du composite et le tube métallique. Cette interaction se caractérise principalement par
la réduction de la longueur d'onde d'écrasement et par le changement de mode
d'écrasement. Elle est d'autant plus grande que les tubes en acier sont minces. Cet
écrasement passe, pour des tubes circulaires, du mode axisymétrique (en accordéon)
au mode non axisymétrique (en diamant) et le renfort augmente le nombre de facettes
en mode de diamant. Pour des tubes carrés, on constate un passage du mode non
compact au mode compact. La réduction de la longueur d'onde d'écrasement améliore
la stabilité du processus d'écrasement. Les meilleurs résultats sont obtenus pour les
tubes les plus minces. L'énergie spécifique du tube circulaire et du tube carré avec
une épaisseur de 0.5mm renforcé par 6 couches de composite s'élèvent jusqu'à 28.3 et
10.5 JIg. Ces valeurs sont respectivement 3.11 et 2.44 fois plus grandes que celles du
même tube non renforcé.

* * *
42

3
Modélisation de l'Absorption
d'Energie Par des Structures
Tubulaires

3.1 - Introduction

D'après le premier chapitre, nous pouvons constater que le problème


d'écrasement des structures tubulaires notamment des structures métalliques a
largement été étudié durant les dix dernières années. C'est un problème qui a été posé
dans l'industrie automobile pour évaluer la capacité d'absorption d'énergie par des
structures tubulaires. Ce problème présente non seulement cette application pratique,
mais également un aspect théorique. Le processus d'écrasement d'une structure
tubulaire est un processus complexe dans lequel interviennent différents mécanismes
d'absorption d'énergie. Un tube ayant une section de forme simple, par exemple une
section circulaire ou prismatique, est une structure prototype pour laquelle les
différents aspects liés au processus d'écrasement peuvent être étudiés
convenablement. Nous allons étudier en détail dans ce chapitre les tubes à section
circulaire. Pour que notre étude soit complète, les analyses de l'écrasement des tubes
prismatiques notamment à section rectangulaire développées par WIERZBICKI et
ABRAMOVICZ (1983), et ABRAMOVICZ et WIERZBICKI (1989) seront présentées
avec quelques modifications dans l'annexe C.

Lors du processus d'écrasement d'une structure métallique, l'énergie est


dissipée par la formation de plis dans lesquels le métal subit une grande déformation
irréversible. L'effet de l'élasticité du matériau peut être négligé pour évaluer la
résistance d'une structure au-delà du seuil critique jusqu'à son état limite fmal. La loi
de comportement du matériau étudié dans ce chapitre est simplifiée comme une loi
parfaitement plastique caractérisée par la contrainte du seuil plastique o.
43

Nous allons présenter d'abord la formulation générale développée par


WIERZBICKI et ABRAMOVICZ (1989). Nous introduirons une analyse des lignes de
discontinuités. Ceci permet de définir les règles de choix d'un champ de déplacement
cinématiquement admissible. Les mécanismes élémentaires d'absorption d'énergie
seront également analysés dans cette partie.

Ensuite, nous appliquerons cette base théorique pour réexaminer le


comportement à l'écrasement des tubes circulaires. Certaines hypothèses adoptées
dans le passé seront réexaminées pour le mode axisymétrique. Un modèle
cinématiquement admissible original sera présenté pour le mode en diamant.

32- Fondation Théorique

3.2.1 - Analyse des Lignes de Discontinuité

Soit un champ de déplacement u = u(t,x) d'une surface quelconque (S)


possédant une charnière plastique T. Cette ligne divise (S) en deux partie (S) et (S-).
Elle peut se propager avec une vitesse V ou peut être stationnaire avec V = O. La
continuité du matériau impose

[u1] +[u,] .Vj = 0 (3.1)

avec i, j et k = 1,2,3. Ici, la convention de sommation est adoptée pour des indices
répétés. [f] désigne la discontinuité de f au passage de r

[f] = ft - f'

Quand la ligne r est stationnaire V = O, l'équation (3.1) montre alors que [tu] = o,
et que le changement de pente [uj,jI peut être non nul. Pour une charnière T mobile,
[uij] s'annule quand [ii1] = O. De même, [iij] s'annule quand [ui,j] = O. Nous verrons
plus loin que le changement de pente doit être nul pour une charnière mobile, parce
que la dissipation d'énergie par le mouvement de la charnière plastique devient
infinie si [uij] ne s'annule pas (voir (3.6)). C'est une règle importante pour choisir un
champ cinématiquement admissible. Par exemple, le mode de la figure 3.1(a) est
cinématiquement inadmissible, puisque la ligne de pliage OB se déplace dans la
matière tout en engendrant une discontinuité dans la pente. Un mécanisme
cinématiquement admissible serait formé de deux éléments plans trapézoïdaux reliés
entre eux par une surface conique. OB1 et OB2 se déplacent sans engendrer la
discontinuité dans la pente (figure 3.1(b)).
44

A
LI B1

(a) (b)

Figure 3.1. mécanisme cinématiquement inadmissible (a) et admissible (b)

Puisque la condition de la continuité cinématique impose que le changement de


pente [uij] doit être nul à travers une charnière plastique mobile, (3.1) montre que [lid
= O dans cette condition. En appliquant la théorie de Maxwell, nous avons

[û,] +[u,] Vk = O (3.2)

Les équations (3.2) donnent la vitesse de rotation relative de la ligue de charnière


plastique. Prenons un exemple de l'inversion d'un tube cylindrique (figure 3.2).

Figure 3.2. inversion d'un tube cylindrique

Dans ce cas, les équations (3.2) deviennent

[w,] [w,] V = O (3.3)

où z est la coordonnée suivant l'axe de symétrie. La ligue F est un cercle; en aval de r',
les vitesses de courbure et de rotation sont nulles; en amont et juste au voisinage de T,
nous supposons la courbure constante:

[w,]

Comme [*,] = O , nous avons fmalement

(3.4)
45

3.2.2 - Déforniation Inextensible et Extensible

Si une charnière plastique se déplace dans une matière parfaitement plastique,


une zone déformée peut être créée sans provoquer une déformation extensible dans le
plan. Mais la condition de la continuité cinématique impose une déformation
extensible au voisinage de la ligne (figure 3.3 (b)). C'est le mode quasi-extensible étudié
par WIERZBICKI et ABRAMOVICZ (1983). Si la ligne est fixée dans la matière (figure
3.3 (c)), deux plans initialement rectangulaires transforment en deux éléments
trapézoïdaux. Dans ce cas là, il y a une forte extension dans le plan. C'est le mode
extensible.

/
B EIZ1
(a) chemin d'une déformation inextensible

(b) chemin d'une déformation quasi-inextensible

B
LIIILct\ B B

(c) chemin d'une déformation extensible

Figure 3.3. illustration des chemins de déformation extensible et inextensible


(WIERZBICKJ, 1983)
46

3.2.3 - Formulation Générale de la Dissipation d'Energie

Pour une coque rigide parfaitement plastique (S), la vitesse de dissipation


d'énergie peut s'écrire sous une forme générale (WIERZBICKI et ABRAMOVIOZ,
1989)

J (Maa + NaÊa) dS + I M1IO] dl (3.5)


= s i=1J11

où T1 est la ème charnière plastique, n est le nombre total des lignes de charnières
plastiques, M0 = 1/4 ao h2 est le moment plastique. Dans la zone déformée d'une
manière continue, les moments et les forces de membrane sont définis par
rapport à la configuration actuelle
b'2

az dz , N a dz
= L =)
Les tenseurs de vitesse de déformation généralisés sont les tenseurs de vitesses de
courbure Xa et de vitesse d'extension

cas d'une plaque

1. mécanisme du pilage avec une ligne de charnière plastique fixée

Figure 3.4. pliage avec une ligne de charnière plastique fixée

Dans ce cas, la vitesse de la dissipation d'énergie s'écrit

Ê=M0la
L'énergie dissipée E(a) est égale à
ru
E(a)= M0lda=M0lcc
Jo
47

2. mécanisme du pliage et dépliage

Figure 3.5. pliage et dépliage

Prenons ds1 = ds3 = y dt. A l'instant t,

x =O pour ds1; X pour ds2


=3-

A l'instant t+dt,
x =3- pour dsi; X=O pour ds2

Pour la ligne mobile AB et CD, d'après (3.4) la vitesse de rotation s'écrit O = v/r. La
vitesse de dissipation d'énergie par le pliage ds1 et dépliage ds2 est

É1 =2M0l

Dans la zone déformée d'une manière continue ABCD, la vitesse de dissipation


d'énergie s'écrit

É2 JMo1Ui
k r21

Nous avons la vitesse de dissipation d'énergie totale

E = Mol[2±l1" k r21]

Si le rayon de courbure r est constant et égal à b, l'énergie est dissipée uniquement par
pliage et dépliage. Dans ce cas, l'énergie dissipée totale à l'instant t devient

E=2Moljdt=2Mo1j=2Mo (3.6)
48

où A est la surface balayée par la portion cylindrique au cours du mécanisme de


pliage. On constate que la dissipation d'énergie tend vers l'infinie quand le rayon b
s'approche à O.

3. mécanisme d'extension

Dans le cas d'une déformation d'extension dans le plan, la vitesse de


déformation s'écrit

et la vitesse de dissipation d'énergie E est

E = a0êdV=a0èhlb=a0êV
V

où h, 1, b et V sont l'épaisseur, la longueur, la largeur et le volume de la plaque


correspondant à la configuration actuelle. Dans ce cas, on peut prendre en compte
l'écrouissage en définissant la contrainte plastique ao comme une contrainte
énergétiquement équivalente

a0 =1 aa(e) = 1
a1(e) de (3.7)
ln(l+e)
Cf
Ç
GaC et (N1-e sont les relations contrainte - déformation par rapport à la configuration
actuelle et initiale, où Ga est la contrainte de Cauchy, et e = (1 - lo)/lo, Gj = F/A0. 10 et A0
sont la longueur initiale et l'aire de la section droite initiale. Dans le cas où la
dissipation d'énergie par le mécanisme d'extension est très grande (par exemple:
l'inversion d'un tube cylindrique et l'écrasement d'un tube circulaire en mode
axisymétrique), la détermination d'une contrainte équivalente réaliste est importante.

3.2.4 - Equation dEquilibre

L'équation d'équilibre est obtenue par un bilan énergétique global

Eext = (3.8)

où Eext est la vitesse du travail fournie par les forces externes. A partir de cette
équation, l'histoire de l'écrasement (relation force-déplacement) peut être obtenue.

Les différentes étapes de cette démarche proposée principalement par


WIERZBICKI et ABRAMOVICZ (1989) sont donc les suivantes:
49

- Tout d'abord, il faut choisir un champ cinématiquement admissible


caractérisé par quelques paramètres géométriques (longueur d'onde, rayon de
courbure ...) pour décrire le processus d'écrasement. La réussite dépend
essentiellement de cette description mathématique du processus, qui doit être la plus
proche possible de l'observation expérimentale.
- Ensuite, il faut minimiser la dissipation totale d'énergie (ou la force moyenne)
par rapport à ces mêmes paramètres, a priori inconnus (principe minimum).

Une fois ces paramètres déterminés, l'équation (3.8) donne la courbe charge-
déplacement. Par conséquent, la charge moyenne peut être obtenue à partir de cette
courbe.

3.3 - Tubes Circulaires

Nos expériences et bien d'autres (HORTON et al 1965; ANDREWS et al, 1983)


ont montré qu'il existe deux modes d'écrasement progressif pour des tubes à section
circulaire: mode axisymétrique (en accordéon) et mode non axisymétrique (en
diamant). Le mode d'écrasement dépend principalement du rapport du rayon du tube
à l'épaisseur H/h. Le rapport de la longueur sur le diamètre liD ne peut influencer le
mode d'écrasement que quand liD est petit (L4/D<3). Le nombre des lobes
circonférentiels pour le mode non axisymétrique dépend aussi du rapport H/h (voir la
figure 4.6).

3.3.1 - Mode Axisymétrique

ALEXANDER (1960) a été le premier à présenter une formulation


mathématique pour évaluer la résistance à l'écrasement d'une structure tubulaire. Il
a développé une procédure approximative pour calculer la force moyenne
d'écrasement d'un tube cylindrique en mode axisymétnque. Les hypothèses explicites
ou implicites les plus importantes sont:
matériau rigide-parfaitement plastique
inextensibilité dans la direction méridienne (axiale)
non prise en compte de la variátion de l'épaisseur dans la zone déformée
flexion du pli vers l'extérieur
non variation de la longueur du pli tout au long du processus d'écrasement
détermination de la longueur du pli par minimisation de la force moyenne
d'écrasement (principe minimum)

Des études plus récentes ont adopté des hypothèses voisines. ABRAMOWIOZ et
JONES (1984a et 1986) ont amélioré la solution en ajoutant une correction, qui est
d'introduire le concept de la distance d'écrasement effective (voir également
ABRAMOVICZ, 1983). En utilisant des charnières mobiles, WIERZBICKI et BHAT
(1986a) ont pu expliquer le phénomène de "radoucissement (softening)" ou de
"durcissement (stiffening)" dans la relation force-déplacement.
50

Mais certaines hypothèses sont discutables. Pour le mode d'écrasement


axisymétrique, il y une grande déformation d'extension circonférentielle.
L'allongement de la circonférence peut atteindre 20%. ALEXANDER(1960) et
ABRAMOWICZ et JONES (1984a,1986) ont supposé implicitement que la variation de
l'épaisseur dans la zone déformée est négligeable, ce qui surestime la dissipation
d'énergie par les charnières plastiques (puisque elle est proportionnelle à h2, h étant
l'épaisseur du tube). L'hypothèse de l'inextensibilité dans la direction méridienne du
tube est une première approximation. Par ailleurs nous ne pouvons pas expliquer
certaines caractéristiques de la courbe force-déplacement sans prise en compte de la
flexion du pli vers l'intérieur.

Pour mieux comprendre ce qui se passe réellement pendant la formation des


plis axisymétriques, nous allons d'abord analyser le processus d'écrasement en mode
axisymétrique.

3.3.11 - analyse du mode d'écrasement axisymétrique

Il est surprenant qu'il n'y ait pas dans la littérature une description détaillée de
la formation des plis axisymétriques en fonction de la relation force - déplacement.
Une courbe typique de la force d'écrasement en fonction du déplacement est présentée
par la figure 3.6(a). La force augmente jusqu'au moment où le premier flambage
apparaît (1). Ensuite, la paroi commence à fléchir vers l'extérieur, la force F chute
brutalement jusqu'à la formation complète du premier pli. La force atteint sa valeur
minimale (A). Du fait de l'écrouissage dans cette zone fortement déformée, la force
recommence à augmenter. La paroi au voisinage de cette zone déjà déformée a
tendance à fléchir vers l'intérieur. La force augmente jusqu'au moment de
l'apparition du flambage en mode de flexion interne (2'). Puis, la force commence à
baisser en accompagnant une flexion interne de la paroi. Après une légère flexion
interne de la paroi (B), la force recommence à augmenter en accompagnant une
flexion externe jusqu'au moment du 2ème flambage (2). Ensuite, la force chute à
nouveau jusqu'au point (C) ... ainsi de suite.
51

200- 1
Dext6O, h-'2mm
180 -
180 -
140- 2
z
Q)
120 - -I k'
eo
LL

o B

2 C 3' D 3

Figure 3.6.(a). courbe typique de force - déplacement d'un tube circulaire en mode
d'écrasement axisymétrique (b). analyse du mode de déformation axisymétrique
On constate que ion ne peut pas expliquer l'existence de ces petits p:.::
entre deux grane:- flics sans prise en compte de la formation des plis e flexion
interne. On vo: ':..Lment que le deuxième grand pic ( nt plus bas que le prenuer
pIC (i), et qu pics suivants (2), (3).., ont le Th: iveau. Ceci résulte des
imperfections géométriques axisymétriques déjà formée. au cours de la formation du
1er pii. On cite encore certaines caractéristiques: la force correspondant au moment
où le premier pli externe est formé (A) a le niveau le plus bas; la force correspondant
au moment où un pli interne est formé (B), (D)...est toujours supérieure à celle
correspondant au moment où un pli externe est formé (A), (C)..

La figure 3.6(c) montre la forme finale du tube partiellement écrasé qui


correspond à la figure 3.6(a). Si le tube a initialement un diamètre moyen D0, une
épaisseur h0 et une longueur L0, après écrasement, le diamètre externe du pii
circonférentìel augmente jusqu'à D'ext, tandis que le diamètre interne réduit jusqu'à
Nous constatons que le rapport e ( (D' -D0)! (D0 -D0) ) qui représente le
rapport entre la longueur d'un pli externe et celle d'un pli interne n'est pas
suffisamment grand pour que la formation du pli interne puisse être négligée (tableau
3.1).

Figure 3.6(c). forme finale d'un tube partiellement écrasé en mode axisymétrique
correspondant à la figure 3.6.(a)

Tableau 3.1. paramètres mesurés avant et après d'écrasement

114) D0 D'ext e 26* 2H 3/1 FI/R0


(mm) (mm) (mm) (mm)
1.5 58.5 '$ 53 1.91 14.0 17.2 0.81 0.29
2.0 58.0 72 52 2.33 16,9 22.6 0.75 0.39
2H* longueur dun pli, 2e* : longueur d'une onde d'écrasement sur la courbe force-déplacement

L'existence de ces plis de flexion interne permet d'expliquer qualitativement


pourquoi il y a une transition du mode d'écrasement axisymétrique au mode non
axisymétrique pour une certaine catégorie de tubes. Une structure mince soumise à
53

une compression a toujours tendance de se fléchir, car la flexion est moins


consommatrice d'énergie que la déformation en compression. C'est le phénomène du
flambage d'Euler d'une poutre mince soumise à une compression axiale. La flexion
interne de la paroi entraîne une compression circonférentielle. Dans cette zone
déformée, la paroi du tube est soumise à une compression axiale et circonférentielle.
La compression axiale produit une flexion axiale externe ou interne. La compression
circonférentielle peut entraîner une flexion circonférentielle de la paroi et donc
conduire à un mode non axisymétrique. Le mode de déformation dépend de la
conséquence de cette compression circonférentielle. Quand l'épaisseur de la paroi est
relativement grande (D/h petit), la flexion de la paroi dans la direction
circonférentielle ne peut pas se produire car la rigidité de flexion est grande. C'est le
mode axisymétrique qui domine le processus d'écrasement. Sinon c'est le mode en
diamant qui le domine pour les tubes relativement minces CD/h grand).

A partir de ces réflexions, nous allons comparer 4 modèles différents pour


clarifier certaines hypothèses citées précédemment dans l'évaluation de la résistance
à l'écrasement d'un tube cylindrique circulaire.

3.3.1.2 - mode en flexion externe

Le modèle fait introduire trois rotules plastiques stationnaires A, Be et C (figure


3.7:
P
j,

I,

Ro

R
LA
Be

Figure 3.7. mode en flexion externe


L'énergie est dissipée par la flexion de ces trois rotules plastiques et par
l'extension circonférentielle. Ce modèle est une première approximation qui a été
utilisée par ALEXANDER (1961) et ABRAMOVICZ et JONES (1984a et 1986).

elmmp de vitesses de déformation

Ok1
i (3.9)
R
Ch-(1-k) f
où z et O sont la direction axiale et circonférentielle du tube. h est l'épaisseur du tube.
Les équations (3.9) vérifient l'hypothèse de l'incompressibilité plastique.

Ce mécanisme de déformation dépend de deux paramètres: le coefficient k qui


intervient dans (3.9) et la demi longueur du pli H montrée par la figure 3.7.

Dans la zone ABeC, nous avons

(ß\(1k) iL = i. (3.10)
R0J h0

Quand k=0, l'équation (3.9) donne c =0. C'est l'hypothèse de l'inextensibilité axiale.
Quand k=1, l'équation donne h =0 et h=h0, c'est le cas de la non prise en compte de la
variation d'épaisseur de la paroi dans la zone déformée.

dissipation d'énergie dans la zone ABeC

La vitesse de dissipation d'énergie dans cette zone par unité de volume s'écrit
sous une forme générale

(3.11)

Sj est le déviateur du tenseur de contrainte, Sj = (T - 1/3 (Nd 8j. Nous supposons que
le matériau obéit au critère de Von-Misès

f() = o(i) -
(3.12)
2
55

avec SuSo

Les équations (3.11) et (3.12) donnent

ô=S = a0
Par (3.9), nous avons

3 R

Remarquons que = = pour k=1/2.

La vitesse de dissipation d'énergie dans cette zone ABeC est donnée par

Ee=JdV=2 aoh2Rds=4J4(12) a0 f R h ds
V
I
#0

En utilisant la relation (3.10) et R = R + s sin, nous avons ensuite,

4(1-k+k2) -k j
Èe = 4it '' a0 h0 COS (X (X (3.13)
avec

i=I S
ds
Jo (R0 + s sin a)(1)
)k(i
= °
k(1+k)sin2czL
Íi(i+-H_sin
R0
k1-.sina)]

H/E0 ne peut pas être supérieur à 1. Dans la plupart des cas, H/E0 est inférieur à 0.5.
Nous poserons désormais x = H/E0. En développant en série de Taylor jusqu'au 4ème
ordre par rapport à x, I s'écrit approximativement

+k {i(x)2 l'-(x)sin a+ (1-k)(2-k) ()4 sin2 (X]


8

Cette approximation conduit à une erreur relative inférieure à 5%.

La dissipation d'énergie par extension pendant la formation d'un pli complet


dans la zone ABeC est donnée par
56

13= dEe avec


f
Jo (3.14)
4(1-k+k2) (1-k)(2-k)
2H 4 M1 [i 2]
V 3 12

où M0 est le moment plastique initial, lI4y0h. MS qui sera utilisé plus tard est le
moment plastique actuel 1/4aoh2.

dissipation d'énergie par les rotules plastiques

La vitesse de dissipation d'énergie par la rotule A est donnée par

EA=EC=2IrROMO (3.15)
et celle par la rotule Be par

EB0 =2ic(Ro+Hsina)M2a
(3.16)
= 4it M0 RO (i + Sin

Pendant la formation d'un pli complet, la dissipation d'énergie par la rotule A est

EA=EC=1c2 M0R0 (3.17)

et pour la rotule Be, en utilisant également la série de Taylor jusqu'au 4ème ordre

E = 4 it Mo H fa + (1 - 2k)[1 + (1-k)1 x 2(1-kX3-2k) x2+ (131«21 it x3]} (3.18)


12 4 9 32

travail fourni par l'effort extérieur

Eext=P6P 2Hsinaà (3.19)


avec=2H(1 -cosa)
bilan énergétique - détermination de H et k

Par l'équation (3.8), nous avons

Eext = EA +E + EBe + Ee (3.20)

Par (3.13), (3.15), (3.16) et (3.19), nous avons la relation charge - temps (cx)

L_8../«1k2) [i -(i +xsina)k(1 -kxsina)]


Mo V 3 X
k(1k)sin a (3.21)
+2itl-_i
X sin a
{1+(1+xsina?h] avecø<ar
57

La charge moyenne Pm est définie par

IEext dt
Pm J =At=i(Ee+EA+El3e+EC) (3.22)
2H 2H

Par (3.14), (3.17) et (3.18), nous avons

M0
2it1X + 4 V4(1k2)
3 h0
[i. uc
3
(1-k)(2-k) x2]
(3.23)
2(1-kX3-2k) (1-k)(3-2k)(2-k)
+ 2ic (1-2k)[1 + (1-k)-x x3]
32

Nous supposons que les valeurs les plus probables de H et k sont celles qui
minimisent la charge moyenne

(3.24)
axMoJ akO1
H et k peuvent être obtenus numériquement par l'équation (3.24). Il faut signaler
aussi que H et k sont supposés rester constants tout au long du processus de
déformation.

3,3.1.3 - mode en flexion interne

C'est un mode de déformation qui n'est expérimentalement jamais observé


seul. Toutefois, il interviendra plus tard combiné au mode externe. Nous allons donc
l'analyser.

Figure 3.8. mode de flexion interne


58

Suivant la même procédure, nous obtenons la vitesse de dissipation d'énergie


par la déformation plastique dans la zone ABiC

É1 = 4it /4(1k+k2) ao ho R COS (Z Í


k
-(i - .11 sin a) (i k Sfl CL'l à (3.25)
3 k(1+k)sin2a L Ro + Ro ji

et la dissipation d'énergie pendant la formation d'un pli complet dans cette zone

E1= 2H4ir V4(lk2) [i +1k+'-2


12
x2'
j
(3.26)

avec x = H/R0.

La vitesse de dissipation d'énergie par la rotule Bi est

EB, =4MoRO(1--sinr' (3.27)

et la dissipation d'énergie par cette rotule pendant la formation d'un pli est donnée
par

E = 41v Mo H {i. + (1 - 2k)[1 + (1-k)ax + 2(1-kX3-2k) x2+ (1-kX3-2kX2-k) ir x3]) (3.28)


4 9 32

La vitesse de dissipation d'énergie et la dissipation d'énergie pendant la


formation d'un pli complet par la rotule A et C restent les mêmes qu'au cas du mode
en flexion externe.

La charge moyenne Pm est donnée par

Pm(EA+EC+EB,+ E1) (3.29)

Par (3.24), H et k peuvent être déterminés.

3.3.1.4 - mode mixte 1.

C'est un mode qui combine le mode de flexion externe et celui de flexion


interne. Ce mode de déformation est plus proche de l'observation expérimentale. Il y a
un nouveau paramètre b à déterminer. Ce paramètre caractérise la longueur du pli
interne, qui est égale à bH.
59

A bI-1

Be
C

(1) (2) (3)

Figure 3.9. mode mixte i

La dissipation d'énergie interne pendant la formation de n plis avec deux


extrémités libres s'écrit sous la forme suivante

Emt(4fl3)EA+flEBe+(fl 1)EBt+flEe+(fl 1)Ej (3.30)

E0, EA et EBe sont données par (3.14), (3.17) et (3.18) respectivement. EBI et E1 sont
données par (3.26) et (3.28) en remplaçant H par bH et x par bx.

L'énergie fourme par la force extérieure s'écrit

EextPm2H[1 +(n 1)(1 +b)] (3.31)


Par Eext = nous avons

= f(b,k,H)

De même, les équations (3.32) nous donne b, k et H

/ (3.32)
axkMoJ akMOJ abkMol

3.3.1.5 - mode mixte 2

Les trois modèles que nous avons étudiés sont choisis de façon que les plis se
forment l'un après l'autre successivement. Le modèle suivant (figure 3.10) peut avoir
une forme finale d'écrasement identique que le mode mixte 1. Mais ce modèle ne
60

respecte pas le processus expérimental d'écrasement: les plis se forment en même


temps.

Figure 3.10. mode de flexion mixte 2

Dans ce cas, nous avons

E= EA+flEB.+(fl 1)EBj+flEe+(fl 1)E (3.33)

Ce modèle sous estime la dissipation d'énergie interne par rapport au mode mixte 1.

3.3.1.6 - comparaison et dìscussior,

Le mode axisymétrique a été observé pour les tubes ayant le rapport Dext/h0 égal
à 30 et 40 dans nos expériences. Nous allons comparer ces quatres modèles avec les
résultats expérimentaux. Les valeurs H, k et b sont cherchées numériquement de
façon à minimiser la charge moyenne m

Dans notre calcul, nous avons utilisé la relation

()1I2
= Ce = 0.86 - 0.568

proposée par ABRAMOVICZ et JONES (1986) pour prendre en compte la distance


d'écrasement effective. Les charges moyennes calculées d'après les 4 modèles sont
divisée par Ce.

La figure 3.11 montre l'influence du paramètre k sur la charge moyenne Pm/MO pour
D/h=30 et 40.
61

mods so flsxloo sztsrn mods sa 8sxio 1ntars


260 260

150-
- D/h.'30 - D/b-30
E
o + D/h.40 + D/h..4o
100-

50 -

o s t t s t i t o i I 4 I $

0 0.2 0.4 0.6 0.8 0 0.2 0.4 0.8 0.8


k k
(a) (b)

nods mixtsl mod. mlzt.2


250- 250

200 200

- 150- 160-
- D/h-3JJ
E
o -4- D/h-40 100-
100 -
- D/h-30
50 50- + D/h-40

Øi
0
t i

0.2
t s

0.4
s s

0.6
t t

0.8
s 0
0
ililililli
0.2 0.4 0.6 0.8
k k
(C) (d)

Figure 3.11. influence du paramètre k sur la charge moyenne Pn/Mo


Nous constatons que la charge moyenne minimale se situe à k=O.3 pour le mode
en flexion externe et à k=O.7 pour celui en mode interne. Tandis que la charge
moyenne maximale se situe à k=1 (non prise en compte de la variation de l'épaisseur
du tube dans la zone déformée, h=h0) pour le premier mode et à k=O (au cas où
l'inextensibilité axiale est adoptée) pour le deuxième mode. Pour le mode en flexion
externe, l'épaisseur de la paroi dans la zone déformée diminue. La contribution de la
dissipation d'énergie par les rotules plastiques, qui est proportionnelle à h2, est
maximale quand l'épaisseur est supposée invariante au cours de déformation. Le
contraire se produit pour le mode en flexion interne. Les modes mixtes 1 et 2 sont les 2
types de combinaison du mode en flexion externe et interne. Le processus de
minimisation de la charge moyenne conduit k=0.5.

Nous constatons également que l'hypothèse de l'inextensibilité axiale (k=O)


donne une bonne approximation par rapport à la valeur minimale pour le mode en
flexion externe (figure 3.11(a)).

Le tableau ci-dessous compare les résultats calculés par les 4 modèles étudiés
précédemment avec ceux calculés d'après les formules proposés par ABRAMOVICZ
et JONES (1986) et par WIERZBICKI et BHAT (1986a).

20.79 ¡D)1'2 + 11.9


Pm
M0
h0
'
Ji
R
= 1.76 (h -
)1/2
(ABRAMOVICZ et JONES) (3.34)
(ho)112
0.86 - 0.568

= 30.5
(1))hl'2
= 2.67
(!)1'2 (WIERZBICKI et BHAT) (3.35)

Tableau 3.2 comparaison entre les différents modèles

Dfho - model mode2 - mode3 mode4 ABRA WIER - exp


(3.34) k=0 (3.35)
*HtfO 0.29 0.27 0.56 0.40 0.278 0.49 0.42 0.29
(b=0.87) (b=0.91) (b=0.52)
40 Pm/MO 176.8 184.4 182.8 129.6 186.2 176.7 192.9 201.5

30 Ht/RO 0.34 0.31 0.64 0.46 0.32 0.58 0.49 0.39


(b=O.84) (b= 0.89) (b=0.43)
Pm/MO 154.9 162.4 161.2 114.3 166.1 151.3 167.1 184.7
*Ht = (1+b)H

La formule (3.35) est une solution simplifiée, qui néglige la variation de


l'épaisseur sous l'hypothèse de l'inextensibilité axiale. La solution dite "exacte"
donnée par WIERZBICKI et BHAT (1986a) dans la 8ème colonne correspond au cas où
63

k=O, c'est à dire au cas où l'épaisseur de la paroi du tube dans la zone déformée est
considérée variable tout en supposant l'inextensibilité axiale.

Le modèle du mode en flexion externe (mode 1) donne un résultat assez


satisfaisant tant au niveau de la charge moyenne qu'au niveau de la longueur d'onde
d'écrasement. Le mode en flexion interne conduit à une charge moyenne qui est la
plus grande parmi ces 4 modèles comparés. Ce mode en flexion interné consomme
beaucoup d'énergie. Ceci explique pourquoi il ne se réalise pas seul.

Bien que le mode mixte i (mode 3) et mixte 2 (mode 4) peuvent aboutir à une
forme finale identique, leur chemins ne sont pas les mêmes. La charge moyenne
calculée d'après le mode 3 est beaucoup plus proche des résultats expérimentaux que
celle calculée par le mode 4. Ceci montre que le choix du processus d'écrasement est
très important. Plus le processus choisi est proche de la réalité, meilleur est le
résultat théorique.

Si nous comparons le mode 3 avec le mode 1, la prise en compte de la formation


des plis internes donne un meilleur résultat au niveau de la charge moyenne. Mais la
prédiction de la longueur d'un pli par le mode 3 est relativement mauvaise par
rapport à celle du mode 1, qui est un mode en flexion externe. El est intéressant
également de comparer le mode en flexion externe proposé dans notre étude avec celui
de WIERZBICKI et BHAT (1986a), dans lequel les charnières plastiques sont mobiles
(figure 3.12). Les figures 3.13(a) et 3.13(b) montrent la différence entre les deux
modèles sous l'hypothèse de l'inextensibilité axiale (k=O).

f --
.-...
.'.

(a) (Ç)

Figure 3.12. mode en flexion externe avec charnières plastiques mobiles


(WIERZBICKI et BHAT, 1986a).
64

400-

300 -
flexion externe (b=0, k=0)

200

100-
WIERZIBICKI et BHAT

o I I I I I I
o 20 40 60 80 100 120
DI h o

\\\
0
=
0,6
r1 II.
0,4 -

0,2 -
flexion externe (b=0, k=0)
0,0 . g

0 20 40 60 80 100 120
DIho

Figure 3.13. comparaison entre le mode en flexion externè avec charnières


stationnaires étudié dans notre étude et celui de WIERZBICKI et BHAT avec
charnières plastiques mobiles

Nous remarquons que les forces moyennes d'écrasement prédites par ces deux
modèles sont très proches, mais les longueurs d'un pli sont très différentes. Tout cela
nous laisse demander si la détermination des paramètres comme H, b et k par la
minimisation de la force moyenne d'écrasement (principe minimum) peut
uniquement garantir la balance globale d'énergie.

La simplification du processus d'écrasement entrame généralement une sous-


estimation de la force moyenne d'écrasement. L'adoption des hypothèses de
l'inextensibilité axiale et la non prise en compte de la variation de l'épaisseur de la
65

paroi compensent cette sous-estimation. Ceci explique pourquoi les résultats


théoriques donnés par (3.34) et (3.35) sont relativement satisfaisants par rapport aux
résultats expérimentaux bien qu'il y ait certaines simplifications irréalistes.

Faute de moyens d'essais, nous n'avons pas obtenu l'histoire complète de la


relation a-e. Nous sommes forcés de choisir les valeurs de a0 comme étant les
contraintes du seuil plastique a02, qui sont 600 MPa et 550 MPa pour les tubes ayant
D/h0 égal à 40 et 30 respectivement (voir la figure 2.4). Si nous calculons la déformation
circonférentielle moyenne approximativement par Cm=l/2 H/R0, l'extension moyenne
pour le tube D/h0=40 et 30 est 15% et 20% respectivement. Dans notre contexte
théorique, a0 doit être définie comme la contrainte énergétiquement équivalente
donnée par (3.5). Dans ce cas, la contrainte énergétiquement équivalente est plus
grande que la contrainte du seuil plastique a02. Les valeurs de PJM0 données dans la
9ème colonne surestiment donc la réalité. Ceci nous permet d'expliquer partiellement
pourquoi les forces moyennes prédites analytiquement sont toutes inférieures à celles
données expérimentalement. Nous comprenons mieux aussi pourquoi l'énergie
dissipée par écrasement axial des tubes métalliques circulaires est plutôt
proportionnelle à la contrainte de rupture en traction qu'à la contrainte du seuil
élastique (voir chapitre 1, figure 1.14).

3.3.2 - Mode Non Axisymétrique

Contrairement au mode axisymétrique qui est nécessairement un mode


extensible, le mode non-axisymétrique peut dans certains cas être inextensible. C'est
ce qui explique son apparition fréquente. A cause de la complexité du processus
d'écrasement en mode non axisymétrique, il n'existe pas encore de modèle
cinématiquement admissible dans la littérature. A titre de comparaison avec le
modèle développé plus loin, nous allons présenter tout d'abord le modèle proposé par
JOHNSON et al (1977) et celui de ABRAMOVICZ et JONES (1986).

3.3.2.1 - solution avec charnières plastiques stationnaires

En identifiant les lignes de pliage à partir de la forme finale d'écrasement en


mode diamant (figure 3.14), l'énergie est supposée être dissipée par:
aplatissement de chaque triangle curviligne (changement du rayon de
courbure de R0 à l'infini)
pliage le long de lignes stationnaires plastiques (charnières plastiques)

La dissipation d'énergie par un mode diamant avec N lobes circonférentiels peut


facilement s'écrire

N2
irR ir\+M01tfl2ir
Ejnt=Mo2N(21+ cos )
66

s' y
't'.'
/

_L_
/

a b C

A 8 C D

A' 8' C' D'

Figure 3.14. modèle avec des charnières plastiques stationnaires

Le travail extérieur s'écrit sous la forme

Eext= Pm1tanCe

Où Ce est le coefficient de la distance d'écrasement effective. Pour le mode non


axisymétrique, ABRAMOVICZ et JONES (1984ä)utilise la 'valeur 0.73. Par Ee, =
nous obtenons la charge moyenne d'écrasement théorique

f1L =21JN2Nl (3.36)


M0 Ce sink
Puisque cette analyse sous estime beaucoup la charge moyenne, JOHNSON et
al (1977) ont tenté d'améliorer leur résultats en ajoutant une charnière horizontale
mobile qui a un rayon de courbure constant r (figure 3.15)

Figure 3.15. insertion d'une charnière plastique horizontale mobile


67

La charge moyenne devient après cette modification

2-4-A
?m21L
M0 Ce
B
2ILB r=i+A_an_z_
22N 2N
i) (3.37)
1tthn
avec
A=1+N N ,
sln_zc__ 22N 2N
2N 2N

Voici les valeurs de Pm/Mo calculées par (3.36) et (3.37)

N 2 3 4 5 6
(3.36) 50.1 104.9 181.6 280.3 400.0
(3.37) 116.9 257.9 453.7 705.1 1012.2

Par comparaison avec des résultats expérimentaux, les prédictions théoriques


par les formules (3.36) et (3.37) ne sont pas satisfaisantes. La première est basée sur
un processus de déformation trop simplifié, l'autre sur un mécanisme de dissipation
d'énergie irréaliste.

Une approche analoque est utilisée par PUSLEZ (1979) en ajoutant l'effet
d'écrouissage du matériau pour corriger la sous-estimation de la formule (3.36). Ceci
conduit à une formule semi-empirique

2a0irRh
m =9.O97()i ou = 198 p. (3.38)

où p. est un coefficient choisi pour prendre en compte l'écrouissage du matériau.

3.3,2.2 - approche par une équivalence d'un tube prismatique

Les mécanismes de dissipation d'énergie par écrasement d'un tube circulaire


en mode diamant sont semblables à ceux d'un tube prismatique de section constante.
Or le processus d'écrasement d'un tube prismatique est relativement plus facile à
modéliser mathématiquement. ABRAMOVICZ et JONES (1986) ont utilisé un modèle
de tube prismatique pour calculer la charge moyenne d'écrasement d'un tube
circulaire en mode diamant par une simple équivalence géométrique.

Par exemple, pour le mode diamant à deux lobes circonférentiels (2-D),


géométriquement il est raisonnable de choisir un tube à section carrée équivalent
(figure 3.16(a)). Et pour le mode 3-D, c'est le tube à section hexagonale qui correspond
le mieux au mode d'un tube circulaire en 3-D (figure 3.16(b)).
68

C=1/42it R C=1/62E R

F
a b

Figure 3.16.(a). tube à section carrée équivalent pour 2-D


(b). tube à section hexagonale pour 3-D

Pour un tube prismatique, la force moyenne peut s'écrire sous la forme


générale (WIERZBICKI et ABRAMOVICZ, 1983; ABRAMOVICZ et WIERZBICKI,
1989) (voir également l'annexe C)

=A1-+A2-+A3*

où Al, A2 et A3 sont des constantes et b est le petit rayon de la surface toroldale. Dans
ces deux cas, H = C/2. L'équation précédente devient

M0 h301t
En minimisant la charge moyenne par rapport à b, la solution est finalement

=213 +const (3.39)

En prenant en compte la distance d'écrasement effective, d'après (3.39), on trouve la


formule suivante

M0
= L (A1N
Ce v1 + A) (3.40)
avec
A1N = 22.64, 21.07, 20.61, 20.40, 20.30 pour N =2,3, 4, 5, 6 respectivement
A1N = 4ir, 32.66, 60.7, 96.72, 140.74

3.3.2.3 - modèle avec charnières plastiq es mobiles

Nous allons maintenant proposer un modèle plus réaliste que les deux
précédents et complètement cinématiquement admissible. Nous supposons que le
mode de déformation non axisymétrique est inextensible (inextensibilité
circonférentielle et axiale). D'après l'observation expérimentale, nous proposons le
modèle suivant:
ol

2H

Figure 3.17.(a). un modèle avec charnières plastiques mobiles

Un élément (ic/N) consiste en quatre triangles (1) qui se propagent et deux


surfaces (2) liées entre ces quatre triangles. Ce modèle entraîne implicitement que les
plis se forment en même temps, ce qui n'est pas réaliste. Pour une coque cylindrique
circulaire sans épaisseur, la demi longueur d'un pli H est égale à où N est le
nombre de lobes circonférentiels. En réalité, du fait de l'écrouissage du matériau et de
l'épaisseur, un rayon de courbure r existe dans chaque pli. Le rapport de r à
l'épaisseur h doit être supérieur à 0.5.

Trois rayons de pliage suflisent pour caractériser la forme finale d'écrasement:


le rayon rl pour les plis inclinés, r2 pour les plis horizontaux et r3 entre deux plis
horizontaux voisins (figure 3.17(b)).

icr3 ir (R - r3)
N N
O4
- t/N -

r2
i
Figure 3.17.(b). forme finale de l'élément
70

Avec l'hypothèse d'inextensibiité, la relation géométrique suivante doit être vérifiée

H=1tan(1 R R)
(3.41)
=kC
avec
C=tan1_
.N 2N' k=l-+_N
R
i2.

Le processus de déformation est divisé en deux phases: les deux charnières


inclinées AE et GF de ces deux triangles ANE et GFB (figure 3.18) se propagent
jusqu'au moment où ces deux lignes se fusionnent quand (X atteint une valeur critique
i. Approximativement, nous avons NE = Hltany = H sina /tan(ir/2N) (voir (3.42)) par
la figure 3.18,

E=1(i) = cx=czi=sin( i -r3IR\


k

Quand cz> (xl, le mécanisme de balayage décrit par (3.6) intervient.

relations géométriques

Figure 3.18. relations géométriques globales


71

Par la figure 3.18, nous avons

NE=B'E= H B'F=Hsina=FO'B'PPO'=Ø"Ø'(lcØs1L) , "


= BE
tandy Sfl:

Les relations géométriques suivantes peuvent être obtenues facilement

tany=.1 I_i i '.... i (3.42)


sin a (,sü tan iL) sin a

La normale du triangle AEN i et celle du triangle BFG fl2 sont

n1 = (cos a, O, sin a), n1 = (cosTcos a, sin cos a, - sin a)

L'angle entre le plan AEN et BFG s'écrit alors

cos13=nin2=cos1.(1+cos.)sin2a (3.43)

dissipation d'énergie interne

dissination d'énergie nar une charnière horizontale Ej

È1= 2M0BGcc

avec
H sin a a < a1
BG= tafl

(R-r3) aa1
et

E1=JdE1
o

tan1FkVk2(1)2 +(1r.)(afal)]
=M0C 2

où CXf est l'angle correspondant au moment où un pli complet est formé.

dissipation d'énergie par deux charnières inclinées

Pour évaluer la dissipation d'énergie par le mouvement des charnières


inclinées AE et GF, la courbure de la surface AEFG qui relie les deux triangles ANE
et GBF peut être approximativement caractérisée par un rayon r sans perdre la
continuité cinématique (figure 3.19):
où s=1rR H =C(lksincx)
Ntanya
avec a = tan(ir/2N)

A s____ B

Figure 3.19. mécanisme de dissipation d'énergie par les charnières inclinées

En utilisant la relation (3.42), r s'écrit

r= C(l -ksina)
a2 + sin2 cx

La vitesse de courbure dans cette zone s'écrit

(a2 + sin2 a)(l - ksin a)+ c cos a(ka2 + sin a)


I a a1
r=--t-= \ C (1 - k sin a)2 a2 + sin2 a
r2 a> a1

Quand cx < cxi, les vitesses de rotation de ces deux charnières inclinées s'écrivent

=vlsinY
é
r

avec
LHcosa ¿v O y Yi
v1= Yi a
(H - y - COS & Yi Y

et
V2 =y Oy'
La vitesse de dissipation d'énergie par le mouvement de ces deux charnières
inclinées et par le changement de la courbure de la zone AEFG peut s'écrire
73

E2 MdA+ Moeldll+í M092d12


¿GP

=MoSHMo2j -(v1+v2)dy

y2)a

Quand a > cxi, Les deux charnières inclinées fusionnent en une seule charnière
mobile. La vitesse de changement de l'aire balayée par cette charnière mobile s'écrit

4N
a
k Risjn2a

D'après (3.6), la vitesse de dissipation d'énergie par ce mécanisme de balayage est


donc

iLR111)2 cosa
E2=21O=MOC2Nrk R sin2a
Finalement, nous avons

E2 = MØC (Ai(a) + A2(a))


avec

cos a (ka2 + 2k sin2 a - sin a)(ka2 + sin a)


a a1
A1(a) = a (1 - k sin a) (a2 + sin2 a)312
lziRl1 r32 a > a1
{ 2 N r1 i a
et

f3(a2sin2a)(1k sina)+Icosa(ka2+sina) aa1


k
A2(a) = a(1 - k sin a) (a2 + sin2 a)2
O a>a1
La dissipation d'énergie E2 s'écrit
aj

E2 J (Ai(a) + A2(a)) da + B 11 t) (k - i + t3)


= o
2Nrlk - R

bilan global énergétique

Par le bilan énergétique global, l'énergie fournie par la force extérieure est
égale à l'énergie dissipée
74

Eext = Pm6e=2N(Ei+E2) (3.44)

où la distance d'écrasement effective est égale à

6e1(2r2+h)1 _-(-iLR
H H irakR

3.3.2,4 - comparaison avec les résultats expérimentaux

Dans notre modèle, il reste trois paramètres à déterminer rl, r2 et r3. Par
observation de la forme finale des tubes circulaires écrasés, nous avons pu localiser
l'ordre de grandeur de ces trois paramètres. Dans notre calcul, nous avons pris les
valeurs suivantes

rl=r3=C1h=O.7h et r2=C2h=l.5h
Voici les résultats calculés par notre modèle en comparant avec la formule
empirique (3.45) de THORNTON (1983) et la formule (3.40) de ABRAMOVICZ et
JONES (1986) avec le coefficient de la distance effective d'écrasement Ce = 0.73.

a = 66.33
(.)O.3
, avec ao = a (THORNTON) (3.45)

où O est la contrainte de rupture en traction du matériau. Faute de moyens


expérimentaux adaptés, nous n'avons pas pu obtenir la contrainte de rupture. Donc,
la valeur de ao est prise comme étant la contrainte correspondant à une déformation
plastique de 0.2%. Par conséquent, la valeur expérimentale Pm/MO sera surévaluée.

Tableau 3.3. comparaison entre différents modèles du mode diamant


et les résultats expérimentaux

Dfh ao mode - PmIMØ


(MPa)
exp (3.36) (3.40) (3.44) (3.45)
40 600 *sD(3) 201.8 104.9 227.3 186.3 200.6
60 240 S-D(3) 343.4 104.9 268.3 212.3 226.5
75 240 S-D(3) 341.2 104.9 . 294.7 226.3 242.2
120 240 S-D(4) 440.0 181.6 392.4 402.0 278.9
*
S: mode axisymétrique; D(n): mode en diamant avec n lobes circonférentiels

Il faut signaler que les tubes minces testés dans la 2ème série d'essais (Dfh
égale à 60, 75 et 120) sont des tubes soudés. La soudure a beaucoup perturbé le mode
d'écrasement. Les plis ne se sont pas formé régulièrement. Cela rend difficile la
75

comparaison entre les prédictions théoriques et les résultats expérimentaux. Ceci


peut être une des raisons pour lesquelles il existe un écart important entre les
résultats expérimentaux et les prédictions théoriques. Par contre, le tube ayant D/h
égal à 40 est un tube sans soudure, et présente un mode d'écrasement régulier. Les
prédictions de notre modèle (3.44) et de la relation empirique (3.45) sont proches des
résultats expérimentaux.

La figure 3.20 donne la comparaison entre le modèle présent, celui proposé par
ABRAMOVICZ et JONES (3.40) et la relation empirique de THORNTON (3.45).

450 - + (3.44) N-4


(3.40) N-4
400 -

- - -- - -------
--
(3.40) N-3
350 -
(3.40) N-I - (3.46)
300 - .-
o 250 -
(3.44) N-3
E 200 -
o.'
150 -

loo - e (3.«) N-2

50 -
o
lO
iii 30 50 70 90 110
D/h

Figure 3.20. comparaison entre les différents modèles

Les résultats calculés par notre modèle pour un nombre de lobes


circonférentiels N=3 sont très proches des résultats empiriques de THORNTON. La
relation empirique (3.45) provient de nombreux résultats expérimentaux de différents
auteurs sur les tubes circulaires dont le rapport D/h se situe principalement de 20 à 80
(THORNTON et al, 1983). Les tubes circulaires de cette configuration s'écrasent d'une
manière prédominante en mode de diamant N=3 (voir la figure 4.6). Pour le mode de
diamant N=4, les résultats du présent modèle sont proches de ceux du modèle (3.40)
proposé par ABRAMOVICZ et JONES.

Par cette comparaison, nous pouvons conclure que les prédictions théoriques
par le modèle proposé avec des ligues de pliage mobiles, coincident bien avec les
résultats empiriques dans la littérature. Ceci montre encore une fois que le choix d'un
modèle cinématique admissible plus proche de la réalité peut donner un résultat assez
satisfaisant vis-à-vis du bilan énergétique.
76

3.4 - Conclusion

Dans ce chapitre, à partir de l'approche développée principalement par


WIERZBICKI et ABRAMOVICZ nous avons étudié en détail le comportement à
l'écrasement d'un tube circulaire parfaitement plastique.

Par l'étude du mode d'écrasement axisymétrique, certaines hypothèses


habituellement utilisées dans l'évaluation théorique de la résistance à l'écrasement
des structures minces sont réexaminées. Plusieurs modèles sont comparés avec les
résultats expérimentaux. Nous pouvons tirer les conclusions suivantes:
La prédiction de la résistance à l'écrasement d'une structure parfaitement
plastique par cette approche théorique dépend essentiellement d'une correcte
description du processus réel d'écrasement.
En raison de la nature approximative de cette approche théorique, les
hypothèses comme l'inextensibilité axiale et la non prise en compte de la variation de
l'épaisseur dans des zones déformées d'une façon continue peuvent être adoptées pour
évaluer la résistance à l'écrasement d'une structure dans une application réelle,
Le principe minimum donne généralement une bonne estimation de la
résistance à l'écrasement. Mais l'évaluation théorique des paramètres géométriques
qui décrivent le processus d'écrasement, est mauvaise dans certains cas.

Par rapport au mode axisymétrique, le processus d'écrasement en mode non-


axisymétrique est beaucoup plus complexe à modéliser. Ici, nous avons proposé un
modèle cinématiquement admissible avec des lignes de pliage mobiles. Par l'étude de
ce mode de déformation, nous pouvons voir la limite de cette approche, qui dépend
fortement de la description du processus d'écrasement. La comparaison quantitative
avec les résultats expérimentaux n'est pas très concluante.

* * *
77

4
Analyse du Renforcement Externe
Sur le Mode de Déformation d'un
Tube Circulaire

4.1 - Introduction

Nos résultats expérimentaux sur l'écrasement axial des tubes circulaires


renforcés circonférentiellement par un matériau composite montrent que
l'effort maximum augmente avec l'augmentation du renforcement
circonférentiel
le renfort circonférentiel favorise le mode de déformation non-axisymétrique
(figures 2.6 et 2.7)
ce renfort externe augmente le nombre de lobes circonférentiels (figure 2.8)
la longueur d'onde d'écrasement H diminue avec l'augmentation du
renforcement circonférentiel (figure 2.12)

Dans ce chapitre, nous allons clarifier ces points en effectuant une analyse sur
le flambage plastique des tubes circulaires renforcés à l'extérieur. Nous mettons
l'accent sur l'influence du renforcement externe sur le mode de déformation.

Tout d'abord, nous allons faire un bref rappel sur les phénomènes et les
différents types du flambage des structures minces. Ensuite, nous allons introduire
les équations élémentaires de coque : les relations déformation-déplacement et les
équations d'équilibre. Enfin, nous utiliserons l'approche analytique de bifurcation
plastique développée principalement par HUTCHINSON (1974), NEEDLEMAN et
TVERGAARD (1982) et TVERGAARD (1983a et 1983b, 1985, 1987) pour étudier
l'influence du renforcement externe sur le mode de déformation d'un tube circulaire
sous compression axiale.
78

4.1.1 - Phénomène du flambage des Structures Minces

Une coque mince peut absorber beaucoup d'énergie de membrane sans se


déformer beaucoup. Par contre, elle doit se déformer beaucoup pour absorber autant
d'énergie en flexion, car la raideur de flexion est beaucoup plus faible que la raideur
de membrane. Si la structure est chargée de telle manière que la plupart de l'énergie
de déformation est sous forme de compression de membrane, elle perd sa capacité de
résistance d'une manière brutale au moment où l'énergie de membrane
emmagasinée se transforme en l'énergie de flexion. Le processus de flambage se
caractérise par l'échange de l'énergie de membrane à l'énergie de flexion
(BUSHNELL, 1985). Cet échange exige une flexion très grande de membrane. La
valeur de la sollicitation à partir de laquelle un accroissement de charge infiniment
petite se traduit par cet important changement de forme de la structure, est définie
comme étant la charge critique de la structure. Nous parlons de flambage élastique
lorsque la charge critique conduit à des contraintes inférieures à la limite d'élasticité
du matériau. Dans le cas contraire, il sera question de flambage plastique. Lorsque le
chargement s'effectue à une vitesse non négligeable, obligeant à prendre en compte
les forces d'inertie, le flambage est de type dynamique. Par contre, le flambage est dit
statique, si le processus de chargement est suffisamment lent pour que la structure
puisse être considérée à tout instant en état d'équilibre quasi-statique, en négligeant la
vitesse et ses effets. Nous nous situerons dans ce dernier cadre.

412 - Différents Types de Flambage

Lorsque une structure élancée est soumise à une compression axiale, le


flambage global ou de type Euler peut avoir lieu. Ce type de flambage se caractérise
par la perte totale de sa capacité de résistance. Par conséquent, peu d'énergie peut être
absorbée après le flambage. Dans le contexte de notre étude, ce type de flambage est
exclu. Contrairement au flambage global, le flambage localisé se caractérise par la
stabilisation du processus du post-flambage par formation de plis réguliers (voir la
figure 2.6). La capacité de résistance n'est pas perdue après le flambage. Nous
distinguons encore deux types de flambage localisé : instabilité par point limite et
instabilité par bifurcation. Ces deux types d'instabilité sont illustrés dans le cas d'un
tube circulaire sous compression axiale par les figures 4.1.(a) et (b) (BUSHNELL,
1985).

Un tube cylindrique sous compression axiale se déforme suivant le chemin


d'équilibre OAB en mode axisymétrique. Si le tube est suffisamment épais, le
processus de déformation peut poursuivre le même chemin ABC. Dans le cas
contraire, il est possible que le tube s'écrase suivant un autre chemin ABD en mode de
déformation non axisymétrique. Dans le premier cas, il s'agit de l'instabilité par point
limite. Quant au deuxième cas, il s'agit de l'instabilité par bifurcation, car le
deuxième chemin est différent du premier. Dans cet exemple, le point de bifurcation
se situe après le point de la charge maximale A. Dans ce cas, le point de bifurcation a

'
moms de signification pratique que la charge limite (maximum).

charge
maximale point de bifurcation

chemin d'&iuilibre
fondamental
' ,-
post-bifurcation

o
Enfoncement Axial

Figure 4.1.(a). types d'instabilité : 1. par point limite OABC; 2. par bifurcation OABD
(bifurcation après le point maximum)

Si le point A représente le point de la charge maximale suivant le chemin


fondamental en mode axisymétrique, le point de bifurcation B vers le mode non
axisymétrique se situe souvent entre O et A (figure 4.1.(b)). Dans ce cas précis, le point
de bifurcation est plus important que la charge maximale suivant le chemin
axisymétrique, du point de vue de l'évaluation de la capacité de résistance d'une
structure. Pour une structure avec imperfections (dite une structure réelle), le
chemin charge-déplacement va suivre OEF.

Figure 4.1.(b). types d'instabilité : 1. par point limite OBAC; 2. par bifurcation OBD
(bifurcation avant le point rniinum)
80

Par cette analyse de bifurcation, TVERGAARD (1983a, 1983b) a pu étudier le


phénomène de transition de mode de déformation d'une coque cylindrique sous
compression axiale en fonction de différents paramètres de matériau et de géométrie.

42- Equations Elémentaires de Coque

Un point quelconque sur la surface moyenne d'une coque est identifié par les
coordonnées xa (=1,2), et x3. x3 est la coordonnée le long de la normale à la surface
moyenne. Sous les hypothèses habituelles de la théorie de coque du premier ordre:
- hypothèse de petites déformations
- hypothèse de KIRCHOFF : la normale à la surface moyenne reste normale
après déformation

Les composantes du tenseur de déformation dans le plan peuvent s'écrire


approximativement par

= Ea + X3X (4.1)

où et Xu13 représentent les tenseurs de déformation de membrane et de flexion. Les


indices grecs (, 3, ...) varient de i à 2, et les indices latins (i, , k, ...) de i à 3. La
convention de sommation est adoptée pour des indices répétés.

La forme générale d'une loi élasto-plastique sous forme incrémentale s'écrit

àii = Luid k1 (4.2)

où &J est le tenseur de contrainte, Ç) indique la quantité incrémentale, et Liju les


modules tangents qui varient en fonction de l'histoire de contrainte en chaque point.
L'hypothèse de contrainte plane donne:

= L33'
833
L3333

En utilisant cette relation, (4.2) peut s'écrire sous une autre forme

= EPY8 j18 (4.3)


avec

EfrY& = L4'Y L33L33?8


L3333

Le tenseur des efforts résultants de membrane NI et le tenseur des efforts résultants


de flexion M pour une coque avec une épaisseur h sont définis par
81

N a« dx3 MU a1 x3 dx3 (4.4)


= -WI
= .1-hf2

Les équations d'équilibre peuvent être identifiées en terme du principe de travail


virtuel

(N öE + M ö13) dA = öWext (4.5)


IA

où A est l'aire de la surface moyenne, et öWe, désigne le travail virtuel externe.

Par (4.1) et (4.3), la forme incrémentale de (4.4) nous donne

=
+ Hr6 , = HÉ.18 + (4.6)


WI

IEfrY6 (x3' dx3 , i = 1, 2, 3 (4.7)


= -WI

Les déplacements sont désignés par ua sur les vecteurs de base aa, et w dans la
direction de la normale à la surface moyenne. Les expressions de la théorie de coque
du premier ordre données par KOITER (1966) sont les suivantes

= (Ua, + - bw + aY8 (u - bw) (u8, - b8w) + (4.8)

Xcc3 = - [(w,a + b Uy), + (w, + b Uy),a - b - u) - - b (Ua,y - Uy,a)] (4.9)

= W, + ba&U8 (4.10)

où a« et bp respectivement sont le tenseur métrique et le tenseur de courbures de la


surface moyenne non déformée. ( ),a désigne la dérivée covariante par rapport aux
coordonnées x. représente la rotation de la surface moyenne. Remarquons que la
non-linéarité intervient uniquement dans l'expression du tenseur de déformation de
membrane EaD.

Avec les mesures de (4.8) et (4.9), la version incrémentale du principe de travail


virtuel prend la forme suivante

{ Ñ &ç + + ìiaI [a (y,a - - b6w) + (s',a + b7 û7) (&w +b 4]) dA = *ext


IA
* (4.11)
Les solutions incrémentales des problèmes de flambage plastique sont souvent basées
sur (4.11).

Dans le cas où la non-linéarité en terme de ua est moins importante que celle


en terme de la flexion de membrane w, la théorie de coque de Donnell-Mustitari-
Vlasov (DMV) donne

=-(u + u,)- bw + (4.12)

XaD = - (4.13)

Avec ces mesures de déformation, le principe de travail virtuel sous forme


incrémentale devient

+M + NÍ *,cz öW) dA = Wext (4.14)


IA Ñ

Les relations simples de la théorie DMV donnent assez de précision dans le cas où la
longueur d'onde du mode de déformation est petite par rapport au rayon de courbure
de la surface moyenne.

4.3 - Lois de Comportement

Dans la littérature sur l'analyse de flambage élasto-plastique, la loi


incrémentale ("J2 flow theory") et la loi en déformation totale ("J2 déformation theory")
sont souvent utilisées. La loi en déformation totale est généralement inacceptable
théoriquement puisque elle viole les lois fondamentales d'écoulement plastique des
métaux. Elle est valable uniquement pour les charges proportionnelles ou quasi-
proportionnelles monotones ("total loading" au sens de BUDIANSKY, 1959). Toutefois
sous cette condition, l'estimation de la charge critique de flambage basée sur la loi en
déformation totale semble être en meilleur accord avec les résultats expérimentaux.
Une discussion profonde sur l'application de ces deux lois dans l'analyse de flambage
plastique est donnée par HUTCHINSON (section C, 1974). Ii est maintenant
largement admis que la charge critique calculée par la loi incrémentale pour des
coques et des plaques surestime la capacité de résistance de ces structures. Par
contre, la loi en déformation totale donne généralement une estimation beaucoup plus
réaliste de la charge critique que la loi incrémentale. Les études récentes de AFLAK
(1988) sur le flambage plastique de coque cylindrique sous compression axiale
confirment cette remarque. C'est la raison pour laquelle nous allons appliquer la loi
de déformation totale pour étudier notre problème.

Nous supposons que la réponse axisymétrique dans la phase de pré-bifurcation


correspond aux charges quasi-proportionnelles (GELLIN, 1979). Et nous supposons
83

également que la possibilité de décharge élastique avant bifurcation est écartée. Ceci
nous autorise à utiliser la loi en déformation totale.

Il est à noter que l'hypothèse de la quasi-proportionnalité des charges n'a


aucune raison d'être vérifiée dans l'analyse du flambage plastique, surtout dans la
phase de post-flambage. Pour surmonter ces deux limites de la loi en déformation
totale, CHRISTOFERSON et HUTCHINSON (1979) proposent une théorie
phénoménologique dénommée "J2 corner theory", qui constitue une sorte de
compromis entre les deux théories citées précédemment. Dans cette théorie, les
modules tangents pour les chargements quasi-proportionnels sont choisis égaux à
ceux de la loi en déformation totale. NEEDLEMAN et TVERGAARD (1982) et
TVERGAARD (1983a et 1983b) ont appliqué cette théorie pour étudier le flambage de
colonne cruciforme et de coque cylindrique sous compression axiale. Leurs résultats
montrent que la théorie de "J2 corner" prédit une charge de flambage supérieure à
celle de la théorie de déformation totale, mais inférieure à celle de la théorie
incrémentale. Il faut dire aussi que la théorie de "J2 corner" reste très compliquée à
mettre en pratique. C'est pour cette raison que HUGHES et SHAKID (1986) proposent
une autre théorie dénommée "pseudo-corner theory", qui prend en compte à la fois la
simplicité de la théorie incrémentale et la capacité de répondre aux charges non-
proportionnelles comme "J2 corner theory".

Le but de notre étude ici est d'étudier l'influence du renforcement


circonférentiel sur le mode de déformation d'une coque cylindrique sous compression
axiale. Il s'agit d'une analyse de bifurcation. Nous pensons que la théorie de
déformation totale donne une bonne estimation.

4.3.1 - Théorie de Déformation Totale

En petite déformation, la loi de comportement sous la théorie de déformation


totale s'écrit sous la forme

cii = +

= , W =W(e) énergie élastique emmagasinée (4.15)

= ? -- ?O si f(a1) = O; X=O si f(a) <O



tenseur de déformation élastique
tenseur de déformation plastique
et f étant une fonction définissant un domaine élastique convexe dans l'espace
des contraintes:

cx) O , a décrivant l'écrouissage


Dans le cas présent, est la déformation plastique effective C définie plus loin.
Remarquons que les équations (4.15) définissent Oij en fonction de Eij d'une manière
unique. C'est une loi élastique non linéaire. Le module tangent peut être défini:

(4.16)

Pour le critère de Von-Misès avec un écrouissage isotrope, la fonction de seuil


plastique f s'écrit

f=S11-R(a)=0 (4.17)
avec

S11 = (SS)"2 , Sjj = ij - 0kk ij

Par les relations (4.17) et (4.15), nous avons

e?. = ? --- = A, = A. SL (4.18)


ii

Pour déterminer A., la contrainte effective et la déformation plastique effective C


sont introduites:

(4.19)
Ge=
V!SII=1/ SiSi
Parles relations (4.18) et (4.19), nous avons

(P8P)l/2
(4.20)
(S S"2
'J,
'J
2 ae

En cas d'une traction simple, (4.20) devient

2a
A l'aide de la courbe uni-axiale expérimentale a-e (figure 4.2), nous obtenons

kE E ' 2E E)
Les définitions du module sécant E3, module tangent E et module d'Young E sont
illustrées par la figure 4.2.
85

Figure 4.2. courbe uni-axiale a-c

Compte tenu des relations (4.15)-(4.20), la forme générale de la loi de déformation


totale sous le critère de Von-Misès s'écrit donc

= [(i+ y) a -y + h(J2) S] (4.21)


avec
h(J2) - i) , avec j2 = - S1 S
=

La relation incrémentale de (4.21) prend la forme suivante

= 1[1-2v + (1+v+h$ + h' ESmnmn ,s1 (4.22)


i +v+h+2J2h
avec
h' =dJ2
--
En utilisant la relation suivante

s1è = (i+v+h2J2h')s1
nous pouvons obtenir

¿ =L (4.23)

avec
h'SjJSkl
Lk1 = 1++h [(oo +
3v+h
+ 3(12v) '
ki
1+v+h+2J2h j
C'est l'expression donnée par H1JTCHINSON (1974).

Dans le cas où l'état de contraintes est plan, par (4.3), la relation (4.23) sous la forme
matricielle peut s'écrire
86

¡ail \
rE1111E1122
/ ii
O
iJ
22 [E22llE2222 O k C22 (4.24)
O O E1212j
k12 J k 212

1\ _1_ il_L.. j13j1_i_\SllS22


E 4 J2 - E 1E E) 4kE EJ i2
E1111 E1122 =E2211=
D D
l\
E2222 E 4 J2 E1212 = 1{liI 3(L..1\1
D 2 kE E)]

avec

L E2E E) 4kE EJ J2 E 4 J2 E EJ E
L.k(1L
4 J2 kE. E

4.4 - £&rnìlyse de Bifurcation

L'état de contraintes dans la phase du pré-flambage d'une coque cylindrique


parfaite sous compression axiale est une compression pure. Le chemin d'équilibre
fondamental en compression pure peut bifurquer vers un autre chemin axisymétnque
ou non-axisymétrique. Il est bien connu qu'une coque cylindrique sous compression
axiale a seulement un mode de flambage axisymétrique dans le domaine plastique et
que dans le domaine élastique il peut exister deux modes simultanés du flambage:
mode axisymétrique et non axisymétrique (GELLIN, 1979). Dans la présente analyse,
la solution avant bifurcation est supposée axisymétrique. Des imperfections
axisymétriques initiales sont imposées pour amorcer la déformation axisymétrique. A
chaque étape de la solution axisymétrique fondamentale, la possibilité de la
bifurcation vers une forme non-axisymétrique sera examinée.

Au moment de bifurcation, il existe au minimum deux solutions incrémentales


différentes correspondant à un incrément de la quantité imposée (ici, le déplacement
axial). Le principe de travail virtuel sous forme incrémentale (4.11) donne les
équations qui déterminent le point de bifurcation,

{4 8E + + [at - - b&W) + (;, + b7 t)(& +b c =ø

JA
(4.25)

où (1 désigne la différence de ces deux solutions.

Dans le contexte de la théorie de coque DVM, (4.25) peut être simplifiée sous la
forme suivante
87

Ñ1 öE + + NÍ dA =0 (4.26)
IA

NOEI3 sont les forces de membrane pour la solution fondamentale avant bifurcation.

Le mode de bifurcation est supposé de la forme suivante en coordonnées


cylindriques (x',x2) = (z, RO) (voir Annexe A)

U1 = U1 COS , U2 = U2 Sfl , = W cos (4.27)

Le nombre d'ondes circonférentielles m est un nombre entier et les fonctions


d'amplitude [j U2 et W dépendent uniquement de la coordonnée x1 dans la direction
axiale du tube. Le nombre d'ondes m est rechérché pour donner le premier point de
bifurcation. La signification de (4.27) est illustrée par la figure 4.3.

après bifurcation

avant bifurcation m=3

Figure 4.3. mode de déformation

Dans le contexte de la théorie DVM, nous avons

= (uaj3 + iì,) - + + w,a) (4.28)


Xc43 = W,czI3

En choisissant dans l'équation (4.26) S( )=( ), nous avons la fonctionnelle

MOEI3 dA (4.29)
'= IEOEf3 + aI3 + NOEI3
A

La condition de bifurcation est 1=0. Si nous utilisons les relations (4.6), I peut s'écrire
i
= AJ
{H3 yj 2H í3 + Hays + NÍ a dA

I est une fonctionnelle quadratique. Le critère de bifurcation I (4.25) est identique à la


forme variationnelle &=0. Explicitement, M=O donne

{ H1 E3 ÖE'y6 + H6 (öLx y6 + 6y6) + H'aJ38y8 + N«1 ,a dA =


JA
(4.30)

4.5 - Amulyses Numériques

Dans la suite, nous allons illustrer les procédures numériques dans le contexte
de la théorie de coque DVM. L'extension à la théorie de coque plus complexe (4.8) et
(4.9) est directe.

La déformation fondamentale axisymétrique est initiée par une imperfection


géométrique ayant la forme suivante (GELLIN, 1979 et TVERGAARD, 1983a)

W =hcosAfi- (4.31)

est l'amplitude de l'imperfection axisymétrique périodique, i est la demi-longueur


d'onde axiale. Pour simplifier les écritures, le système de coordonnées orthogonales
(x, y, z) sera utilisé dans la suite, en remplaçant le système (x', x2, x3) défini
précédemment (voir annexe A). Les déplacements (u1, u2 et w) dans la direction x1, x2
et x3 seront remplacés par (u, y, w).

La solution fondamentale est supposée périodique dans la direction axiale avec


les conditions symétriques

u=A
enx=0 , enx=21 (4.32)
w,x=0 w,x=0

Pour la solution numérique, seule la moitié de l'intervalle (4.32) est prise en


considération,

u=L u=0
enx=0 enx=L=1 (4.32')
w, = 0 w,x = O

avec un déplacement axial ¿ imposé sur une extrémité.


89

Le mode de bifurcation est caractérisé principalement par l'onde


circonférentielle dans la zone où l'effort résultant dans la direction circonférentielle
N22 est en compression, c'est à dire que N22<0. Les conditions aux limites sur le mode
de bifurcation sont

U=0 W,, =0 en x = 0 (4.33)

Sur l'autre extrémité x=l, où N22>0, les amplitudes du mode de bifurcation sont
supposées disparaître (voir la figure 4.3)

=0 W =0 en x =1 (4.34)

Compte tenu de la complexité du problème, nous avons simplifié la


modélisation du comportement réel du composite. Le rôle du composite enrobé sur la
coque cylindrique est considéré tout simplement comme un support élastique externe
exercé sur la zone où l'extension circonférentielle est positive. Dans la phase de pré-
flambage où le mode de déformation est axisymétrique, l'extension circonférentielle
est positive quand la flexion w est positive (vers l'extérieur). Le mode de déformation
non axisymétrique est considéré comme étant un mode inextensible. Donc, l'influence
du composite comme un renfort externe au moment de l'apparition de la bifurcation et
dans la phase de post-bifurcation est considérée comme nulle. Le critère de
déformation maximum est utilisé comme le critère de rupture du composite. Sous ces
considérations, nous avons la pression externe dans la phase de pré-flambage

-
i <Ccr
(w() - w(x)) R
P(x) - C .E avec C= (4.35)
- R O ailleurs

où Ec est le module équivalent du composite dans la direction circonférentielle, C la


déformation critique du composite dans cette direction et h l'épaisseur du composite.

4.5.1 - Solutions Axisyméfriques Font1imenta1es avant Bifurcation

Les solutions non-linéaires avant bifurcation sont obtenues par une méthode
incrémentale. Compte tenu de la symétrie axiale des solutions, les équations
d'équilibre peuvent être obtenues à partir de (4.5) et (4.14):
aL

(N 6E +M dx p(x) w= öup (4.36)


2irR
J + J

(4.36) peut s'écrire sous la forme incrémentale


90
L

Ñ48E + + N1*,8w + (x) Ow) dx = 2irR


"' (4.37)

La condition de l'axisymétrie impose que w et u sont uniquement des fonctions de x, et


que v=O. Nous pouvons résoudre l'équation (4.37) approximativement par la méthode
des éléments finis. Soit le vecteur de variables nodales d'un élément e

W1,x, Ui, W2, W2,x, U2) (4.38)

Les fonctions d'interpolation du type Hermitien du 4ème ordre sont utilisées pour la
flexion w(x), et les fonctions d'interpolation linéaire sont utilisées pour u(x):

w =(Ni, N2, N3, N4)(w) u=(Pi,P2)(u)



(w)=(wi, W1,, W2, W2,x. et (u)=(u1,u2)
avec
N1=(1-(2+) N2=1(1 2)(i
-)
N3=(1(2-) N4=1.(1 2)(
+)
p2=(i +)

où <1 et le est la longueur d'un élément e.

4.5.1.1 - détermination de la matrice tangente d'un élément

Pour les solutions axisymétriques, E12, X22 et X12 sont nulles. La première
variation de l'énergie interne s'écrit d'après (4.36)

ou = Ç(r. öE + MU 8a) dx + p(x) Ow dx


o Io
JL(
0E11N11 + 8E22N22 + OXiiMii + p(x) Ow) dx (4.39)
o

avec

U,x +
E11
(c)= w w,, (4.40)
E22 = = ([Bd + [Bed)
R
Xii {wU }
- w,xx
91

et
(a) = (N11, N22, M11)T (4.41)

- o o o o
dx
[Bd= O O , [BjI= 000
-
o --a-
dx - 000
A partir de (4.39), nous pouvons obtenir la deuxième variation d'énergie interne

o2u Ç(owxow.xNil +(Oc)(Oa)+ C - E 8w 8w) dx (4.42)


o

Ici, nous avons utilisé

8 u = 8 u, =8 w = O par definition

<Oc> et <&y> sont reliés par (4.43)

(8e) =[D] (8e) (4.43)

A partir de (4.7) sous la forme matricielle, nous avons

Ñ11 E11

Ñ22
Ñ12 [H'l [H2)J 2E12
(4.44)
M11 - [H21 [H1 ii
M22 X22
M12 212
avec

[HO)] J [E z0-1) dz i = 1,2,3


= -b12

L'intégration dans l'épaisseur s'effectue numériquement par une division de


l'épaisseur en 20 couches

i-1)
{H] [E]1 1

i

[E]i: : modules tangente de la couche 1
92

z : coordonnée z de la couche i par rapport à la surface moyenne


ti épaisseur de la couche 1
[E] est la matrice de modules tangents défmie par (4.24), nous pouvons identifier
[D] facilement
-
(1) (2) -
H(1)
11 12 11
[D] = (1) (2)
H(1)
12 22 21
(2) TT(3)
H(2)
11 2l "ii -

Finalement, l'expression de la deuxième variation de l'énergie interne s'écrit

52U (&pe) [K] (&pe) (4.45)


=

où [J est la matrice tangente définie par


[K] f (1 (N') (N) + [Bkj1fD [Bk] + C ECN) N) dx (4.46)
= $

avec
(N) = (N1, N2, 0, N3, N4, 0) , [Bk] = [Bd + 2 [B1]

e 0= dx
4.5.1.2 - détermination du vecte r résidu d'un élément,

Le vecteur résidu (Re) est défini tel que

ou = (e)(Re) (4.47)
e

A partir de (4.39), le vecteur résidu peut être identifié par

çX2e

(Re) = I (Nu ()+ Niiw,f N) - Mii(N) + N21(N) + (w-)(N) )dx


R R2

avec
(P)0, 0, Pi, 0,0, P2)

Une fois que la matrice tangente [Kr] et le vecteur résidu (Re) sont déterminés,
l'équation (4.37) peut être résolue d'une manière incrémentale (méthode de Newton-
Raphson).
93

4.5.2 - Analyse Numérique de Bifurcation

Puisque le mode de bifurcation est un mode de déformation inextensible,


l'influence du renfort externe est considérée comme étant nulle. A partir de l'équation
(4.30), nous avons l'équation de bifurcation

+ MI r,3 + N1 8 ) dA = O (4.49)
IA

Avec le mode de bifurcation défini par (4.27),

- my . my my
v=Vsin
-

u=Ucosr ,
-r w=Wcosr
et en utilisant les relations (4.28), nous obtenons

(tY, + cos
-eu cos my
E11
(m4)cos. - my
(4.50)
E22 = = e22cos_r
2E12 (-m-+V,x-4.w,x)sin !! - . my
R
e12 sin
-r
et
- my - my
- k11 cos
Xii
- my
X22 = mWcos = k22cos-1 (4.51)
R2 R
12 2mW .my -k12 sin my
.

R R

Compte-tenu des relations suivantes

a(i) Hj23 - H'31 - H'32 -


"13

Par la relation (4.44), nous pouvons écrire


my
nil cos---
N11 -1122 cos my
N22
---
my
N12
1112 Sifl
-r (4.52)
- my
M11 m11 cos
-
M22 my
M12
m22
--
- .my
m12sm -ç;-
94

A partir de (4.50), (4.51) et (4.52), l'équation (4.49) devient

((oe) (IT) + (fii) + Ni1W,W, + (.rN22oWW) dx = (4.53)


i:
Ici, nous avons utilisé
2c

me dO cos 2 me dO = ir , m un entier quelconque


Jsin2
o = Jo
Par (4.50) et (4.51), nous avons
-
j;1. _d o d2 o o
Wxd dx w dx2 w
()= I
R
o lu
R ti ni2
R2
o o U

Wx mniR dx
V 2 --
Rdx
O O V

(4.54)

Soit le vecteur des variables nodales d'un élément e

(e)(W1 w1,, U1, V1, W2, W2,x, U2, v2 (4.55)

Par les fonctions d'interpolation, nous avons

W
fi =
N1N2
o o
O
P1
O

0
N3N4
0 0
00
P2 0 (4.56)
o o i1 o o O P2
V

Avec (4.55) et (4.56), les relations (4.54) deviennent

(4.57)

avec

wN wN P O w,Ns P O

O luPi N O ffl.P
R R R R R R
w1Ni W,fflN2 UI-Pi P1 WUlN3 W,xfl1N4 - P2 P2

et
95

-N -N; O O -N -N O O

[] = (flLN1 (flLN2
RJ RJ
O O (a2N3 (flLN4
RJ R
O O

2aN 21N
-R2ffl-N
R
O O
R R
O O

Nous pouvons écrire l'équation de bifurcation (4.53) sous la forme suivante

(e)[e] {e} =0 (4.58)

[ge]
= ([]TH(1)1 [] + [H()j [f1)+{Bf1H(2)1 [] + [H(s)] {) + [o1) dx
f4
(4.59)
avec
[] = (')() + R2
où le vecteur de fonctions d'interpolation est

(Ñ)=(N1, N2, 0,0, N3, N4, 0,0)

Pour que la bifurcation soit possible, la condition nécessaire est

dét [] =0 (4.60)

[R] est la matrice assemblée de [Re]

Le nombre d'ondes criconférentielles m est recherché numériquement pour donner le


premier point de bifurcation.

4.6 - Résultats Numériques

La courbe uni-axiale de contrainte-déformation est représentée par une loi de


puissance

Q- pour a
E
(4.61)
L pour a >
E flka,J n
96

En se référant aux données utilisées par TVERGAARD (1983a, 1983b), les valeurs
suivantes sont utilisées dans nos calculs numériques

E=21OGPa , ?=0.O025 , V =0.3 , n=l0

Pour le renforcement à l'extérieur, le module équivalent dans la direction


circonférentielle E est choisi égale à 30 MPa, correspondant au module élastique du
composite de fibres de verre dans le sens des fibres, que nous avons utilisé dans nos
expériences. La déformation critique de rupture du composite Ccr est choisi égale à
0.03.

Pour une coque cylindrique circulaire parfaite (sans la présence


d'imperfections), le premier mode de bifurcation dans le domaine plastique est
axisymétrique. La charge critique P et la demi longueur d'onde critique 1cr sont
données dans l'annexe B,
1-1I4
21112 2irRh E2222
2
E1122 II
' r= .ir_ 12 (4.62)
6 ={R2h2[E1111 E111jJ

où Eay sont défmis par (4.24).

4.6.1 - Coques Cylindriques sans Renforcement à FExtérieur

Nous allons étudier ici l'influence de l'amplitude d'imperfections et de la


longueur d'onde d'imperfections sur la charge de bifurcation et l'apparition de la
bifurcation pour une coque cylindrique circulaire sans renforcement externe sous
compression axiale.

4.6.1.1 - influence d'imperfections

Les trois amplitudes d'imperfection = 0.01 , 0.1 et 0.4 sont choisies pour
étudier l'influence d'imperfections sur le flambage d'une coque cylindrique sous
compression axiale. La demi longueur d'onde d'imperfections 1 est choisie égale à la
demi longueur d'onde critique 1cr La théorie de coque de Koiter est utilisée.

Par les figures 4.4 (a), (b) et (c), nous remarquons que plus les coques sont
minces, plus ces structures sont sensibles à l'imperfection et que l'imperfection
axisymétrique retarde et même évite l'apparition du mode de bifurcation quand
l'amplitude de l'imperfection est grande. Le nombre d'ondes circonférentielles m
augmente avec le rapport R/h. L'imperfection a tendance à diminuer le nombre
d'ondes circonférentielles m.
97
P/Pc

Figure 4.4. la charge de compression axiale en fonction de la déformation axiale


moyenne pour des coques cylindriques avec des imperfections axisymétriques
(a) R/h=60 (b) Rfh=40 (c) R/h=20
98

La prédiction théorique du nombre d'ondes circonférentielles entre dans le


domaine de variation expérimentale trouvé par HORTON et al (1965) (figure 4.5). Nos
résultats numériques concordent bien aux analyses de TVERGAARD (1983a et 1983b)
et de GELLIN (1979).

domaine de variations

O IO
Rapport du rayon sur l'épaisseur, RA

Figure 4.5. variation du nombre d'ondes circonférentielles en fonction de R/h


(HORTON et al, 1965)

La théorie de coque DVM sera utilisée dans les simulations numériques


suivantes. En effet, la théorie de DVM donne assez de précision par rapport à la
théorie de Koiter quand l'amplitude d'imperfection reste petite, par exemple quand
O.1(figure4.6)

P/Pc

2 2.5
d.lta/L 1o..

Figure 4.4. comparaison entre les relations de Koiter et celles de DVM pour RIh=20
99

4.6.1.2 - influence de la longueur d'onde

Les expériences ont montré que la longueur d'onde d'écrasement H diminue


avec l'augmentation du renfort circonférentiel (voir la figure 2.12). L'influence de la
longueur d'onde d'imperfections sur la bifurcation plastique des coques cylindriques
est illustrée par la figure 4.7. L'amplitude d'imperfection est fixée à 0.1.

P/Pc
1.2

R/h=60 = 0.1 m = 6, Wmax/lcr = 0.0306 (J/lci=0.6)

m=6,7
Wmix/lcr 0.0302 Wmaißcr 0.0290
0. (1/kr=1) (I/Icr=0.8)

m = 6.7 = 0.6
0.4 Wmax/lcr 0.0335 = 0.8
0/lcr=1 .2)
111cr = 1.0

0.2
"Cr = 1.2 s

0 1.4
o 0.2 0.4 0. 0.$
d.1tA.

P/Pc
1.2

R/h=20 0.1
m =4, Wmax/lcr = 0.0417 (1/Icr=0.6)
s

0.I

m=3(1/lcr=1.2)
m=4 (1/lcr=1)
0. Winaxjlcr =0.0719
Wmax/Icr = 0.0548
m =4(I/lCr=0.8)
o.' - wlCr=o.6 Wmaxflcy = 0.0470
s

0.2

0.5 1.5 2.5


dlta/L

Figure 4.7. la charge de compression axiale en fonction de la déformation axiale


moyenne pour des coques cylindriques avec de différentes longueurs d'onde
d'imperfection (a) R/h=60 (b) R/h=20
loo

Ces figures montrent que la diminution de la longueur d'onde d'imperfections


augmente la charge axiale et que le nombre d'ondes circonférentielles ne dépendent
pas de la longueur de la coque.

4.62 - Coques Cylintiriques avec Renfonement Externe

Dans l'annexe B, les développements analytiques conduisent la contrainte et la


longueur d'onde critique d'une coque cylindrique circulaire avec le renforcement
externe

11/2
[E1111 (E2222 + Eci) E122] (4.63)
= h = 1R
et

íE2222+E!. E122
12 (4.64)
mer E1111
IR2h2L E111

On constate que tout se passe comme si le seul effet du renforcement externe


était contribué à l'élasticité circonférentielle. Ce renforcement peut d'ailleurs être pris
en considération comme une simple loi de mélange.

Les figures 4.8 et 4.9 illustrent ces deux relations. Les mêmes données
précédentes sont utilisées ici.

Il faut rappeler que le renfort externe est considéré comme un support latéral
élastique dans notre modèle, et que le renforcement axial est négligé. Cette
simplification du renforcement par des composites est plus ou moins vraie pour des
tubes relativement épais. Les figures 4.8 et 4.9 montrent les influences du renfort
externe sur la charge et la longueur d'onde critique. Qualitativement, ces courbes
montrent que la charge critique augmente avec l'augmentation du renfort externe et
que la longueur d'onde axiale critique diminue avec l'augmentation du renfort. Ceci
conforme aux résultats expérimentaux. Le rôle du renfort externe est plus grand pour
un tube plus épais (H/h petit) que pour un tube plus mince (H/h grand). Les résultats
expérimentaux sur des tubes renforcés par des composites de fibres de verre montrent
le phénomène contraire : l'influence du renfort externe par des composite est plus
grande quand le tube renforcé est plus mince. Nous pensons que cette incohérence
provient de l'effet de la négligence du renforcement axial par le composite dans le
modèle.
101

t'a _.. R/h=15


1.16

1.14
- -e- -e__ R/h=20
-e
1.12

1.1

i toe
1.06

1.04

o 0.5 1 1.5 2 2.5 3


hc/h

Figure 4.8. influence du renfort externe sur la charge critique

0.9
o.a-
k
0.7-
0.6

0.5

0.4 i e i 4

0 0.5 1 1.5 2 2.5 3


hc/h

Figure 4.9. influence du renfort externe sur la longueur d'onde critique

4.6.2.1 - influence du renfort externe sur la bifurcation plastique

Les figures 4.10 (a), (b) et Cc) montrent l'influence du renfort externe sur la
courbe de la force de compression et la déformation moyenne pour de différents
rapports R/h.
P/Pc

RJh =20 = 0.1


..;_ -
m-3,4
Wmax
00377
I.'
m=4 m=4
I.' Wmax/jcr = 0.0297 Wmax/I = 0.0548

I. hc/h=0
hc/h = i
o. hc/h=2

o.' hO 2 2.0
d.ltaJX.

P/Pc

Figure 4.10. la charge de compression axiale en fonction de la déformation axiale


moyenne pour des coques cylindriques avec différentes épaisseurs du renfort
(a) R/h=60 (b) RIh=20 (c) R/h= 15
i
Si nous considérons la valeur Wmaxllcr (l'amplitude maximale de flexion de la
paroi au moment de la bifurcation) comme un indicateur de la possibilité de la
bifurcation, nous remarquons que le renforcement externe avance le point de
bifurcation, puisque Wmax/lcr diminue avec le renfort externe (figure 4.11). La
diminution de Wmaxflcr est autant plus grande que la paroi de coque est épaisse. Par
exemple, pour le tube très épais R/h=15 avec hcfh=2.5, la valeur de Wmax/lcr au
moment de bifurcation atteint presque le même niveau que pour le tube très mince
sans renforcement. Ceci explique pourquoi même des tubes très épais renforcés
(Rext/h=15) dans nos expériences sont écrasés en mode diamant (voir la figure 2.6-1(b)).
On constate par la figure 4.10 que le point de bifurcation se situe après le point de la
charge maximale pour des tubes non renforcés, tandis que pour les tubes renforcés le
point de bifurcation se situe après le point de la charge maximale.

0,07

0,06

0,05

I 0,04

0,03

0,02
o i hcih 2 3

Figure 4.11. Wjl en fonction du renfort externe

Mais le nombre d'ondes circonférentielles semble indépendant du


renforcement à l'extérieur, ce qui n'est pas le cas expérimental.

4,7 - Conclusion

Dans ce chapitre, par une analyse de bifurcation plastique d'une coque


cylindrique circulaire avec un support latéral élastique, nous avons mise en évidence
analytiquement que:

1. le renfort externe avance le point de bifurcation, ce qui explique la totalité du


mode d'écrasement non axisymétrique observé dans nos expériences pour des tubes
circulaires renforcés.
104

2. la longueur d'onde critique diminue avec l'augmentation du renfort externe,


ce qui peut aider à comprendre pourquoi la longueur d'un pli d'écrasement d'un tube
renforcé a diminué par rapport au même tube non renforcé.

Le fait que nous ayons négligé en écriture (4.35) le renfort axial par le composite
nous empêche de comparer directement les résultats analytiques avec les résultats
expérimentaux. Nous nous contentons ici d'expliquer qualitativement certains
phénomènes observés dans les expériences à l'aide de ce modèle simpliste vis-à-vis du
rôle du renforcement par composites.

Nous avons bien observé que le nombre d'ondes circonférentielles augmente


avec le renfort externe, surtout pour des tubes minces. Mais le modèle présent n'a pas
pu expliquer ce phénomène intéressant. L'apparition du mode de bifurcation (mode
non axisymétrique) dépend du niveau de la compression circonférentielle N22 (voir
l'analyse du mode de déformation axisymétrique du chapitre 3). La compression
circonférentielle se produit dans la zone où la paroi du tube se fléchit à l'intérieur du
tube. Dans notre modèle, la pression externe par le renfort externe s'annule dans cette
zone (voir (4.35)).

Pour mieux comprendre le rôle du renforcement par composites sur le mode de


déformation des tubes circulaires, une modélisation plus raffinée du composite doit
être prise en compte.

* * *
105

Annexe A
Relation Explicite Déformation-Déplacement dans le Cas dtUne
Coque Cylindrique

Dans le cas d'une coque cylindrique, les expressions (4.8) et (4.9) peuvent être
beaucoup simplifiées. Considérons le système de coordonnées orthogonales x=z,
x2=RO et x3 illustré par la figure suivante.

Figure A.1. système de coordonnées

Par la figure A.1, nous avons la relation géométrique suivante

r = R cos O i + R sin OJ + z k
(A.l)
= Rcos1+Rsinj-x'k
106

Les vecteurs de base sont définis par

= r,
et le tenseur de courbure par

= -a«a3 = a3a3

Par définition, le tenseur métrique s'écrit

a = a«a

Dans le cas d'une coque cylindrique, le tenseur métrique et le tenseur de courbure


s'écrivent respectivement

a a13 =aa1=[l O
b =b =
00 (A.5)
101 0

Dans ce cas là, la dérivée covariante et la dérivée contravariante sont égales.

Puisque le tenseur métrique est un tenseur d'unité, les tenseurs et vecteurs


covariants sont les mêmes que les tenseurs et vecteurs contravariants. Dans la suite,
nous ne distinguons plus les écritures covariantes et contravariantes. Si nous
utilisons la notation habituelle du système de coordonnées orthogonales (x, y, z) pour
remplacer (x', x2, x3), les relations de KOITER (4.8) et (4.9) deviennent dans le cas
d'une coque cylindrique circulaire

E11=---
au1 i
ax 2
I +I +-
òu\2
axj
au2\2
axj
aw
ax

E22=2H-.
R 2 R ay) I, a R) ay R)]
E12=1(.I12 U1 au 112 au2WLaw(aw 112
2y ax 2 ay ay ax ay RJ axay R
(A.6)
a2w
Xii
ax2

X22
=
ay2 R ay)
(a2w
X12-( +_i_@_ au2\\
axay 2R ay
107

Il est à noter que les relations déformation-déplacement pour une coque


cylindrique proposées par DONNELL (1975) sont presque les mêmes que (À-6), sauf
une petite différence pour X22. Dans les formules de DONNELL, X22 s'écrit

X22 (Ç+) (A.7)

Dans le contexte de la théorie de coque DVM, la formule (A.6) peut être


simplifiée sous la forme suivante

E11 =-- --
au1 i au12

E _aU2W +1 aw\2
22ay R 2 ay)
E2_1J..Iau2 jaWaW
1
2 ay ax 2 ax ay
(A.8)
a2w
Xii
ax2

a2w
X22
ay2

a2w
X12 =
axay

* * *
108

Annexe B
Charge du flambage dVne Coque Cylindrique Circulaire Parfaite
Avec et Sans Renforcement à l'Extérieur

Sans renforcement

L'état de contraintes dans la phase du pré-flambage d'une coque cylindrique


circulaire parfaite sous compression axiale est un état de compression pure. Le
chemin d'équilibre fondamental en compression pure peut bifurquer vers un autre
chemin axisymétrique ou non-axisymétrique. Il est bien connu qu'une coque
cylindrique sous compression axiale a seulement un mode de flambage axisymétrique
dans le domaine du flambage plastique. Tandis que dans le domaine élastique, il peut
exister deux modes simultanés: mode axisymétrique et non axisymétrique (GELLIN,
1979).

La coque est supposée suffisamment longue pour que l'influence des conditions
aux limites puisse être négligée. Le mode de bifurcation peut être supposé sous la
forme suivante dans le système de coordonnées défini dans l'annexe A,

iii = Ui cos (mx)


=0
= W sin (mx)

Par (4.28), nous avons

aï1 aaw
-E11=+ --U1msin(mx)
ax axax

= +
R
=1sin (mx)
ayay R
2.-..
- aw = W m2 sin (mx)
Xii =
ax2

E12 = X12 = X22 = O


109

L'équation (4.29) s'écrit dans ce cas

i =[N11 E11 + N22 E22 + + N11 dA = O (B.3)


A

Les forces incrémentales et moments incrémentaux de la membrane sont liés aux


déformations de la membrane par la loi de comportement

Ñ11 (p11
¡
Ñ22
\ C12 C22 O li E22 (B.4)

k M111
L o o c33i1XiiJi
La matrice tangente [C] est la même que la matrice [D] définie par (4.43). Dans ce cas
présent, nous avons
b2

Ci1 E1111 dz = E1111 h


=
J4'f2

t2

C12 = C12 = E1 122 dz = E1122 h


.W2
(B.5)
b2

C22 E222 dz = E2222 h


=
J.&2

=1 E1111z2 dz = E1111

où Ea.y& sont définis par (4.24). L'intégration est directe dans l'épaisseur, puisque
Eaya sont uniformes dans l'épaisseur au cours de la phase du pré-flambage. Dans
cette phase, l'état de contraintes est une compression pure.

Par 61= 0, nous avons les équations suivantes

if1
[K]{ } (B.6)
w

avec

C11 m2 2m
[K] =
Çìim .Z1+C33m4+Niim2
R R2
110

La condition de bifurcation est donc

d&[K] =0 (B.7)

Cette condition donne ensuite

N11= i ci2. C22)m2C33 (B.8)


R2m2

La charge minimale N'1 correspond à un nombre d'ondes critique mcr.

=0 m= iitkc33 c2 )1/4
i1ç, ciici3 (B.9)
am

En remplaçant m par mer, la relation (B.8) donne

)]112
NÎri={C33(2 C22 (B. 10)

En utilisant les relations (B.5), m et NÎ'Ì peuvent s'écrire en fonction de E7&,

2 1/4
12 [E2222 E1122]}
m1=' (B.11)
RhE1111 E111

NC1 h [E1111 E2222-E122]"2 (B.12)

La demi longueur d'onde critique du flambage est définie par

2 "-1/4
1cr =ir'_ 12 [E2222 E1122I (B.13)
\R2h2[E1111 Eiii]1
La contrainte critique a s'écrit

Cr = - [E1111 E2222
- E122]"2 (B. 14)
= 13R

Ici, la compression est considérée comme étant positive. a peut s'écrire encore sous
la forme suivante

a= (B.15)
111

Remarquons que les formules (B.13) et (B.15) ont été proposées par TVERGAARD
(1976).

Dans le domaine élastique, nous avons

E1111= E , E1122= Ev E2222= E


1-v2 1-v2 ' 1-v2

Nous pouvons vérifier que la formule (B.14) donne la contrainte critique classique
d'une coque cylindrique élastique

acr
E
/3(lv2JR
h (B.16)

Avec renforcement

Le renforcement à l'extérieur est considéré comme un support latéral élastique


avec la densité de pression p(x)

(B.17)

où E et h sont le module équivalent du composite dans la direction circonférentielle


et l'épaisseur du composite respectivement.

Dans ce cas, l'expression de I s'écrit

i= [ E + N22 E22 + +N +W] dA = O (B.18)


A

De même que précédemment, nous obtenons équations suivantes en écrivant que 61=0,

[lç]=o
w
(B.19)

avec

Cu m2 Qiim
R
-i2.m C22+Eçh+C33m4+Niim2
R

La condition de bifurcation donne

¡ i2 (C22 + Eh)) - m2C33


d&[K.] = O = N11 = (B .20)
R2m2 Cii
112

Et la minimisation de N11 par rapport à m donne le nombre d'ondes critique

)1/4
=0 m + EChC c2 (B.21)
am C33 C11C13

Finalement, nous avons la demi longueur d'onde critique

[E2222 +
= E122l\
'Cr =
{ R2h2[ E1111
E111]1

et la contrainte critique

11/2
=- [E (E222 + Ec E 122j
h = R
113

Aimexe C
Résistance à FEcrasement dVn Tube Prismatique de Section
Constante

Dans cette annexe, nous allons réexaminer le modèle proposé par


ABRAMOVICZ et WIERZBICKI (1989). Ce modèle nous paraît intéressant. Mais
l'article original contient certaines fautes de frappe et peut-être des erreurs. Nous
allons ici donner une nouvelle formulation du problème.

C.1 - Mode cFEcrasement Généralisé

C.1.1 - Description Mathénrntique du Modèle

Par observation de la forme finale des tubes écrasés, deux modes d'écrasement
élémentaires sont identifiés : mode quasi-inextensible et mode extensible, illustrés par
la figure C.1. Ces deux modes ont été déjà étudiés dans la littérature par
WIERZBICKI et ABRAMOVICZ (1983), HAYDUK et WIERZBICKI (1984), et
ABRAMOVICZ et JONES (1984b).

(4)

(3)

(b)

Figure C.1. mécanisme d'écrasement quasi-inextensible (a) et extensible (b)

Le mode quasi-inextensible (figure C.1(a)) consiste en quatre éléments


trapézoïdaux (1) se déplaçant comme un corps rigide, une section d'une surface
toroïdale (2) qui dissipe l'énergie par la déformation d'extension, deux sections d'une
surface cylindrique avec quatre charnières horizontales mobiles (3) et deux sections
d'une surface cylindrique avec quatre charnières inclinées mobiles (4).

Le mode extensible (figure C.1(b)) se caractérise par la déformation d'extension.


114

A l'aide de la figure C.2, les relations géométriques suivantes peuvent être


obtenues facilement:
K

Ot
Figure 0.2. modèle simplifié (relations géométriques)

H
DL Hsina/tan(po sina
Hsina/sinqo tana
LE Hcosa sinqo

L'angle 2O entre les pians ir1 et ir2 peut être déterminé de la manière suivante

n1 = (cos a, O, sin a) , n2 = (cos a cos 2(po, cos a sin 2Po. -sin a)

cos 2O = 111 2 = 2 cos2 a cos2 (po - i (C.3)

Plus récemment, un nouveau modèle généralisé qui combine ces deux modes
élémentaires a été proposé par ABRAMOVICZ et WIERZBICKI (1989), illustré par la
figure 0.3

Dans ce nouveau modèle, le processus d'écrasement est divisé en deux phases:


phase quasi-inextensible a et phase extensible cx < a af . Dans la première
phase, le mécanisme d'écrasement quasi-inextensible (figure 0.1 (a)) domine le
processus. Durant la deuxième phase, LB et OB deviennent stationnaires et se fixent
dans la matière. La dissipation d'énergie par la déformation d'extension domine cette
deuxième phase.
115

(Z>
Figure C.3. mécanisme d'écrasement généralisé

C.1.2 - Champs de Vitesse de Déplacement

La vitesse de déplacement horizontal du point A (figure C.2) est

V =(H sin a) =H cos a c (C.4)

Une coupe par la symétrie de l'élément le long ABC donne une forme instantanée qui
consiste en deux lignes AD et EC et un arc DBE avec un rayon b (petit rayon de la
surface toroïdale) (figure C.4(a)).

(a) (b)

Figure C.4. champs de vitesse de déplacement dans le système global (a)


et dans le système relatif (b)

Comme les 4 éléments trapézoïdaux se déplacent comme un corps rigide, un


centre de rotation instantané 5 peut être identifié. La vitesse du point O est donc

b = V b = V (C.5)
cosqo banqocosqo sin(po
116

Le mouvement relatif par rapport au point O est illustré par la figure C.4(b). On
voit que la vitesse tangente par rapport au point O est

l-v
Vt -
tan
(C.6)

Dans ce système relatif par rapport au point O, le champ de vitesse peut être
considéré comme un mouvement tangentiel le long d'un arc circulaire (figure 0.5).
La déformation dans cette zone toroïdale est extensible.

ptan x-y

Figure C.5. mouvement tangentiel d'une tôle métallique le long


d'une surface toroldale

C2 - Dissipation dEnergie Interne

C.2.1 - Phase Quasi-Inextensible

ar le mécanisme d'extension dans la zone toroldale E1.

Par la figure C.5, nous avons

=L V sin O r=a+bcosO et N0=0h


E1= 1NoA avec
r r
JA

La surface toroldale est localisée par

irI2 -ç O R/2 + ç

O: la direction méridianale
: la direction circonfrentielle
117

( varie en fonction de 4). Par les relations (0.3) et (C.2), nous obtenons

tan (Po
sin O (C.7)
= cos2 +tan 2(P

La relation entre ( et 4' est donc

tan (p0
sm(p= (C.8)
4) +tan 2p

En utilisant ces relations, Ê1 s'écrit

El=2jj NoVtOrbded4'

d4)
=4N0bHcoscx ( cos2 4) + 2
(po

La dissipation d'énergie par ce mécanisme d'extension s'écrit

E1= 16M0k11I1 (C.9)

d4)
avec Ii = COS dcx
tan2 (po + COS2 (1)
o
o(a)

=sinj' d4)
sin cpo - arctai
fcos ()
-
(Po + C0S2 4 [L- tan(Po

oar le uliage des charnière plastiques stationnaires horizontales_

Ê2 =4 M0 C oc
et
E2=4M0C (C.lO)

où C est la longueur circonférentielle de l'élément


118

par le pliage et le dépliage des charnières plastiques inclinées Ea

É3=2x2M0BL avec BL=_H


Sm Y
et
E3=4M0- 13((PO,f) (C.11)
avec

CS dcx=ctg2(PoJ cosaVtan2q,o+sin2a da
3=ctgoJ o o

C.22 - Phase Extensible

Dar le mécanisme d'extension E

Pendant cette phase, les lignes inclinées BL et BO deviennent fixes dans la


matière. Le mécanisme d'extension intervient.
H(sincz- sin)

C 2qo

(1)

, 'I
/ , X

/ / I

/ H

B B2 Bi
(3)

Figure C.6. mécanisme d'extension


119

Au moment où a = par la figure C.6, nous avons

LK=--1-_H _1..Hsin AB=+1_H =1(c+HSin


2 2tan? 2 2 2tany 2 tan(po
et
s = L( (x + y)) _ LK H
AB-Lk

La vitesse de déformation est donc

e=&= 'Y
S x(x+y)

La vitesse de dissipation d'énergie s'écrit

E4=2jcTohedS , avec dS=sdy=I(x+y)dy


=4Moi(--)LK

La dissipation d'énergie est donc

E4 =4 M0 LK [(i) - (1)
h Xf X(Z(l -]

Par la figure C.6, nous avons

LK H=LKs!?
sina
sin (po
LK sin cx
(X)a_af(ABlLK)+2Hcos(pO(sinfsin) H=LK Sin (po
1+2 COS(pØ(Sinf-Sin)
sina
Finalement, la dissipation d'énergie par ce mécanisme d'extension s'écrit

E4=8M$14 avec 14 = cos cpo (sin OEf - sin ) (C.12)

oar le Dliae des charnières horizontales stationnaires E

E5 =4 M0 C ( cxf - (C.13)

oar le pliage des charnières stationnaires inclinées Efi

E6=2M0BL-(2Oi)jJ (C.14)
=2 M0 H 16
avec '6 = ctg(p0 Jtn2 (po + sin2 a [ir - arc cos (2 cos2 cos2 p0 - i)]

C.3 - Résistance à lEcrasement d'Un Tube à Section Constante Avec Un


Nombre de Coins Quelconque

Pour un tube prismatique à section constante avec un nombre de coins


quelconque n (figure C.7), nous avons

n=6 n=4

Figure 0.7. section hexagonale et section carrée

La dissipation totale d'énergie interne pendant la formation d'un pli s'écrit


généralement

E1=n(Ei E2-i-E3 +E4+E5 +E6)


=n[l6MohhI1 +4M0Cf+4M0'I3 +8Mo1»4+2MoHI6]5

Le travail fourni par la force extérieure

Eext = m 2H Ce (C.16)

où Pm est la force moyenne d'écrasement, 0e est le coefficient de la distance


d'écrasement effective.
121

Par l'équilibre de l'énergie Eext = nous avons

(H, b, = A+ A31+ A5) (C.17)

Les coefficients A, qui dépendent de et (po, peuvent être identifiés à partir de (C.15) et
(0.16).

La minimisation de la force moyenne permet d'obtenir ces trois paramètres


H, b et

J Pm -
JPm \ _J Pm - -- (C.18)
ÒHIM0J - bkM0J -

C.3.1 - Résultats Numériques

La minimisation de la force moyenne s'éffectue numériquement. Dans le calcul


numérique, les paramètres suivants sont utilisés

Ce0.73 , OEf=-+0.279 (ABRAMOVICZ et WIERZBICKI, 1989)

Par la régression numérique de ces résultats, nous obtenons

pour n=3
(-)0.38
= 45.38 pour n=4
()O.43
(C.19)
= 55.40 pour n=5
)O.45
= 66.27 pour n=6

Il faut signaler que les résultats théoriques (C.19) donnés par notre formulation
sont très proches de ceux de ABRAMOVICZ et WIERZBICKI (1989), bien qu'il existait
de nombreuses différences dans le détail des formulations. Pour n=4 et 6,
ABRAMOVICZ et WIERZBICKI ont trouvé les formules suivantes

= 48.64 (-37 pour n=4


(C.20)
= 80.92 pour n=6

La figure C.8 et 0.9 montrent la résistance à l'écrasement et en fonction de


C/h pour différents nombres de coins
1Z2

n=6

o i I I I t I I I

0 20 40 60 60 lOO 120 140 ISO ISO


CJh

Figure C.8. résistance à l'écrasement en fonction du nombre de corns n

ii=3
0-
60-
70-
60
50-
a
40-

20
lo -
o 4 I I 4 I I I I
o 20 40 60 60 100 120 140150 160200
cYh

Figure C.9. ix en fonction du nombre de coins n

* * *
123

Bibliographie

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dernière page de la thèse

AUTORISATION DE SOUTENANCE

Vu les dispositions de l'arrêté du 5 Juillet 1984, modifié par


l'arrêté du 21 Mars 1988 et l'arrêté du 23 Novembre 1988,

Vu la demande du Directeur de Thèse

Mr F. SIDOROFF Professeur - Lab. Mécanique des Solides - ECL,

et les rapports de

Mr J. F. JULLIEN Professeur - INSA de Lyon - Département Béton et


Structure,

Mr Y. RAVALARD Professeur Université VALENCIENNES - Laboratoire


Génie Mécanique,

Monsieur WANG XLiux1


est autorisé à soutenir une thèse pour l'obtention
du titre de DOCTEUR

Spécialité : MECANIQUE

Fait à Ecully, le 12 novembre 1991

P/Le Directeur de l'E.C.L.


Le Directeur
de l'Administration de la
Reche. he

F OEUF

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