Droit Pénal International: Cours et Documents
Droit Pénal International: Cours et Documents
Cours de M. le Professeur Stphane Doumb-Bill Travaux dirigs de Mlles Migazzi, Smolinska, Mme Tkatova et M. Ntwari SEANCE 3 : LE DROIT INTERNATIONAL PENAL I. Documents
1re srie : les juridictions pnales internationales Doc. 1 : Statut du Tribunal pnal international pour lex-Yougoslavie, annex la rsolution 827 du 25 mai 1993 du Conseil de scurit des Nations Unies (extraits) Doc. 2 : Statut de Rome de la Cour pnale internationale, adopt le 17 juillet 1998, entr en vigueur le 1er juillet 2002 (extraits) Doc. 3 : Statut du Tribunal spcial sur le Liban, annex la rsolution 1757 du Conseil de scurit des Nations Unies, adopte le 30 mai 2007(extraits) 2me srie : La responsabilit pnale internationale Doc. 4 : Commission du droit international des Nations Unies (CDI), Principes du droit international consacrs par le Statut du Tribunal de Nuremberg et dans le jugement de ce tribunal (1950) Doc.5 : Statut du Tribunal pnal international pour lex-Yougoslavie, annex la rsolution 827 du 25 mai 1993 du Conseil de scurit des Nations Unies (extraits); Doc.6 : TPIY, chambre dappel, Arrt relatif lappel de la Dfense concernant lexception prjudicielle dincomptence, Le Procureur c/ Dusko Tadic, nIT-94-1-AR72, 2 octobre 1995 (extraits) Doc. 7 : Statut de la Cour pnale internationale, adopt Rome le 17 juillet 1998, entr en vigueur le 1er juillet 2002 (extraits) II. Exercice obligatoire
Dissertation : Le Conseil de scurit des Nations unies et la justice pnale internationale III. Bibliographie indicative
1. KOLB (R.), Le droit pnal international, Helbing & Lichtenhahn, 2007 2. BASSIOUNI, Introduction au droit pnal international, Bruxelles, Bruylant, 2002 3. VAURS CHAUMETTE, Les sujets du droit international pnal : vers une nouvelle dfinition de la personnalit juridique internationale?, Paris, Pdone, 2009
4. CASSESE (A.) et al., Les grands arrts de droit international pnal, Paris, Dalloz, 2010 5. CASSESE (A.) et DELMAS-MARTY (M.) (sous la direction), Juridictions internationales et crimes internationaux, Paris, PUF, 2002 6. DAVID (E.) et HEIRMAN (P.), Code de droit international pnal, Bruxelles, Bruylant, 2me d., 2009 7. LATTANZI (F.), Comptence de la Cour pnale internationale et consentement des Etats , RGDIP, 1999-2, p. 426-444. 8. NERI (K.), Larrt de la CIJ du 26 fvrier 2007 ou la dlicate intgration de la matire pnale dans le droit international de la responsabilit , in Les petits cahiers du CDI, pp.5-24, consultable http://cdi.lyon3.free.fr/cdi.lyon3/petits_cahiers.html 9. Le N7 du Journal du Centre de droit international de l'universit Jean Moulin Lyon3, consultable http://cdi.lyon3.free.fr/cdi.lyon3/Le_Journal.html
[Cr par le Conseil de scurit agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le Tribunal international pour juger les personnes prsumes responsables de violations graves du droit international humanitaire commises sur le territoire de lex-Yougoslavie depuis 1991 (ci-aprs dnomm le Tribunal international) fonctionnera conformment aux dispositions du prsent statut].
Article premier Comptence du Tribunal international Le Tribunal international est habilit juger les personnes prsumes responsables de violations graves du droit international humanitaire commises sur le territoire de lexYougoslavie depuis 1991, conformment aux dispositions du prsent statut. Article 6 Comptence ratione personae Le Tribunal international a comptence lgard des personnes physiques conformment aux dispositions du prsent statut. Article 8 Comptence ratione loci et comptence ratione temporis La comptence ratione loci du Tribunal international stend au territoire de lancienne Rpublique fdrative socialiste de Yougoslavie, y compris son espace terrestre, son espace arien et ses eaux territoriales. La comptence ratione temporis du Tribunal international stend la priode commenant le 1er janvier 1991. Article 9 Comptences concurrentes 1. Le Tribunal international et les juridictions nationales sont concurremment comptents pour juger les personnes prsumes responsables de violations graves du droit international humanitaire commises sur le territoire de lex-Yougoslavie depuis le 1er janvier 1991. 2. Le Tribunal international a la primaut sur les juridictions nationales. A tout stade de la procdure, il peut demander officiellement aux juridictions nationales de se dessaisir en sa faveur conformment au prsent statut et son rglement. Document n2 : Statut de Rome de la Cour pnale internationale, adopt le 17 juillet 1998, entr en vigueur le 1er juillet 2002 (extraits) Prambule Les tats Parties au prsent Statut, ()
Soulignant que la Cour pnale internationale dont le prsent Statut porte cration est complmentaire des juridictions pnales nationales, () Article premier La Cour Il est cr une Cour pnale internationale ( la Cour ) en tant quinstitution permanente, qui peut exercer sa comptence lgard des personnes pour les crimes les plus graves ayant une porte internationale, au sens du prsent Statut. Elle est complmentaire des juridictions pnales nationales. Sa comptence et son fonctionnement sont rgis par les dispositions du prsent Statut. Article 11 Comptence ratione temporis 1. La Cour na comptence qu lgard des crimes relevant de sa comptence commis aprs lentre en vigueur du prsent Statut. 2. Si un tat devient Partie au prsent Statut aprs lentre en vigueur de celui-ci, la Cour ne peut exercer sa comptence qu lgard des crimes commis aprs lentre en vigueur du Statut pour cet tat, sauf si ledit tat fait la dclaration prvue larticle 12, paragraphe 3. Article 12 Conditions pralables lexercice de la comptence 1. Un tat qui devient Partie au Statut accepte par l mme la comptence de la Cour lgard des crimes viss larticle 5. 2. Dans les cas viss larticle 13, paragraphes a) ou c), la Cour peut exercer sa comptence si lun des tats suivants ou les deux sont Parties au prsent Statut ou ont accept la comptence de la Cour conformment au paragraphe 3 : a) Ltat sur le territoire duquel le comportement en cause a eu lieu ou, si le crime a t commis bord dun navire ou dun aronef, ltat du pavillon ou ltat dimmatriculation ; b) Ltat dont la personne accuse du crime est un ressortissant. 3. Si lacceptation de la comptence de la Cour par un tat qui nest pas Partie au prsent Statut est ncessaire aux fins du paragraphe 2, cet tat peut, par dclaration dpose auprs du Greffier, consentir ce que la Cour exerce sa comptence lgard du crime dont il sagit. Ltat ayant accept la comptence de la Cour coopre avec celle-ci sans retard et sans exception conformment au chapitre IX. Article 13 Exercice de la comptence La Cour peut exercer sa comptence lgard dun crime vis larticle 5, conformment aux dispositions du prsent Statut : a) Si une situation dans laquelle un ou plusieurs de ces crimes paraissent avoir t commis est dfre au Procureur par un tat Partie, comme prvu larticle 14 ; b) Si une situation dans laquelle un ou plusieurs de ces crimes paraissent avoir t commis est dfre au Procureur par le Conseil de scurit agissant en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies ; ou c) Si le Procureur a ouvert une enqute sur le crime en question en vertu de larticle 15. Article 14 Renvoi dune situation par un Etat partie 1. Tout tat Partie peut dfrer au Procureur une situation dans laquelle un ou plusieurs des crimes relevant de la comptence de la Cour paraissent avoir t commis, et prier le Procureur denquter sur cette situation en vue de dterminer si une ou plusieurs personnes identifies devraient tre accuses de ces crimes. 2. Ltat qui procde au renvoi indique autant que possible les circonstances pertinentes de laffaire et produit les pices lappui dont il dispose. Article 16 Sursis enquter ou poursuivre Aucune enqute ni aucune poursuite ne peuvent tre engages ni menes en vertu du prsent Statut pendant les douze mois qui suivent la date laquelle le Conseil de scurit a fait une demande en ce sens la Cour dans une rsolution adopte en vertu du Chapitre VII de la
Charte des Nations Unies ; la demande peut tre renouvele par le Conseil dans les mmes conditions. Article 17 Questions relatives la recevabilit 1. Eu gard au dixime alina du prambule et larticle premier, une affaire est juge irrecevable par la Cour lorsque : a) Laffaire fait lobjet dune enqute ou de poursuites de la part dun tat ayant comptence en lespce, moins que cet tat nait pas la volont ou soit dans lincapacit de mener vritablement bien lenqute ou les poursuites ; b) Laffaire a fait lobjet dune enqute de la part dun tat ayant comptence en lespce et que cet tat a dcid de ne pas poursuivre la personne concerne, moins que cette dcision ne soit leffet du manque de volont ou de lincapacit de ltat de mener vritablement bien des poursuites ; c) La personne concerne a dj t juge pour le comportement faisant lobjet de la plainte, et quelle ne peut tre juge par la Cour en vertu de larticle 20, paragraphe 3 ; d) Laffaire nest pas suffisamment grave pour que la Cour y donne suite. 2. Pour dterminer sil y a manque de volont de ltat dans un cas despce, la Cour considre lexistence, eu gard aux garanties dun procs quitable reconnues par le droit international, de lune ou de plusieurs des circonstances suivantes : a) La procdure a t ou est engage ou la dcision de ltat a t prise dans le dessein de soustraire la personne concerne sa responsabilit pnale pour les crimes relevant de la comptence de la Cour viss larticle 5 ; b) La procdure a subi un retard injustifi qui, dans les circonstances, est incompatible avec lintention de traduire en justice la personne concerne ; c) La procdure na pas t ou nest pas mene de manire indpendante ou impartiale mais dune manire qui, dans les circonstances, est incompatible avec lintention de traduire en justice la personne concerne. 3. Pour dterminer sil y a incapacit de ltat dans un cas despce, la Cour considre si ltat est incapable, en raison de leffondrement de la totalit ou dune partie substantielle de son propre appareil judiciaire ou de lindisponibilit de celui-ci, de se saisir de laccus, de runir les lments de preuve et les tmoignages ncessaires ou de mener autrement bien la procdure. Document n8 : Statut du Tribunal spcial sur le Liban, annex la rsolution 1757 du Conseil de scurit des Nations Unies, adopte le 30 mai 2007 (extraits) Article premier Comptence du Tribunal Le Tribunal spcial a comptence lgard des personnes responsables de lattentat du 14 fvrier 2005 qui a entran la mort de lancien Premier Ministre libanais Rafic Hariri et dautres personnes, et caus des blessures dautres personnes. Sil estime que dautres attentats terroristes survenus au Liban entre le 1er octobre 2004 et le 12 dcembre 2005 ou toute autre date ultrieure dcide par les parties avec lassentiment du Conseil de scurit ont, conformment aux principes de la justice pnale, un lien de connexit avec lattentat du 14 fvrier 2005 et sont de nature et de gravit similaires, le Tribunal aura galement comptence lgard des personnes qui en sont responsables. Ce lien de connexit peut, sans sy limiter, tre constitu des lments suivants : lintention criminelle (le mobile), le but recherch, la qualit des personnes vises, le mode opratoire et les auteurs. Article 2 Droit pnal applicable Sont applicables la poursuite et la rpression des infractions vises larticle premier, sous rserve des dispositions du prsent Statut :
a) Les dispositions du Code pnal libanais relatives la poursuite et la rpression des actes de terrorisme, des crimes et dlits contre la vie et lintgrit physique des personnes, des associations illicites et de la non-rvlation de crimes et dlits, y compris les rgles relatives llment matriel de linfraction, la participation criminelle et la qualification de complot; et b) Les articles 6 et 7 de la loi libanaise du 11 janvier 1958 renforant les peines relatives la sdition, la guerre civile et la lutte confessionnelle. Article 4 Comptences concurrentes 1. Le Tribunal spcial et les juridictions libanaises sont concurremment comptents, le Tribunal spcial ayant, dans les limites de sa comptence, la primaut sur les juridictions libanaises. 2. Ds lentre en fonction du Procureur nomm par le Secrtaire gnral, et deux mois au plus tard aprs celle-ci, le Tribunal spcial demande la juridiction libanaise saisie de laffaire de lattentat contre le Premier Ministre Rafic Hariri et dautres personnes de se dessaisir en sa faveur. La juridiction libanaise transmet au Tribunal les lments de lenqute et copie du dossier, le cas chant. Les personnes arrtes dans le cadre de lenqute sont dfres au Tribunal. 3. a) la requte du Tribunal spcial, la juridiction nationale saisie de tout autre crime commis entre le 1er octobre 2004 et le 12 dcembre 2005, ou une date ultrieure dcide en application de larticle premier, transmet au Tribunal, pour examen par le Procureur, les lments de lenqute et copie du dossier, le cas chant. b) la requte du Tribunal, la juridiction nationale en question se dessaisit en faveur du Tribunal. Elle transmet au Tribunal les lments de lenqute et copie du dossier, le cas chant, et dfre au Tribunal toute personne arrte dans le cadre de laffaire. c) Les juridictions nationales informent rgulirement le Tribunal de lvolution de lenqute. tout stade de la procdure, le Tribunal peut demander officiellement aux juridictions nationales de se dessaisir en sa faveur. Section II Organisation du Tribunal Article 7 Organes du Tribunal Le Tribunal spcial comprend les organes suivants : a) Les Chambres, comprenant un juge de la mise en tat, une Chambre de premire instance et une Chambre dappel; b) Le Procureur; c) Le Greffe; et d) Le Bureau de la dfense. Article 8 Composition des Chambres 1. Les Chambres sont composes comme suit : a) Un juge international de la mise en tat; b) Trois juges sigeant la Chambre de premire instance, dont un juge libanais et deux juges internationaux; c) Cinq juges sigeant la Chambre dappel, dont deux juges libanais et trois juges internationaux; d) Deux juges supplants, dont un juge libanais et un juge international. 2. Les juges de la Chambre dappel et les juges de la Chambre de premire instance lisent un prsident qui conduit les dbats de la Chambre laquelle il a t lu. Le Prsident de la Chambre dappel est Prsident du Tribunal spcial. 3. la demande du Prsident de la Chambre de premire instance, le Prsident du Tribunal spcial peut, si lintrt de la justice le commande, dsigner les juges supplants qui seraient prsents tous les stades de la procdure et sigeraient en remplacement de tout juge qui se trouverait dans limpossibilit de siger. Article 11 Procureur 1. Le Procureur dirige les enqutes et exerce les poursuites contre les personnes responsables des crimes relevant de la comptence du Tribunal spcial. Dans lintrt dune bonne administration de la justice, il peut dcider de mettre en accusation ensemble des personnes
accuses dune mme infraction ou dinfractions diffrentes commises loccasion de la mme entreprise criminelle. 2. Le Procureur est un organe distinct au sein du Tribunal. Il ne sollicite ni ne reoit dinstructions daucun gouvernement ni daucune autre source. 3. Conformment larticle 3 de lAccord, le Procureur est nomm par le Secrtaire gnral pour un mandat de trois ans renouvelable pour une dure dterminer par le Secrtaire gnral en consultation avec le Gouvernement. Il doit jouir dune haute considration morale et justifier de solides comptences et dune grande exprience des enqutes et poursuites pnales. 4. Le Procureur est assist dun procureur adjoint libanais et de tous autres fonctionnaires internationaux et libanais ncessaires pour lui permettre de sacquitter efficacement des fonctions lui assignes. 5. Le Bureau du Procureur peut interroger des suspects, des victimes et des tmoins, recueillir des lments de preuve et se transporter sur les lieux. Lorsquil accomplit ces tches, le Procureur est assist, selon que de besoin, des autorits libanaises concernes. Document n4 : Commission du Droit international des Nations Unies, Principes du droit international consacrs par le Statut du Tribunal de Nuremberg et dans le jugement de ce tribunal (1950)
[Texte adopt par la Commission sa deuxime session, en 1950, et soumis lAssemble gnrale dans le cadre de son rapport sur les travaux de ladite session. Le rapport, qui contient galement des commentaires sur les principes, est reproduit dans lAnnuaire de la Commission du droit international, 1950, vol. II.]
Principe premier Tout auteur dun acte qui constitue un crime de droit international est responsable de ce chef et passible de chtiment. Principe II Le fait que le droit interne ne punit pas un acte qui constitue un crime de droit international ne dgage pas la responsabilit en droit international de celui qui la commis. Principe III Le fait que lauteur dun acte qui constitue un crime de droit international a agi en qualit de chef dEtat ou de gouvernement ne dgage pas sa responsabilit en droit international. Principe IV Le fait davoir agi sur lordre de son gouvernement ou celui dun suprieur hirarchique ne dgage pas la responsabilit de lauteur en droit international sil a eu moralement la facult de choisir. Principe V Toute personne accuse dun crime de droit international a droit un procs quitable, tant en ce qui concerne les faits quen ce qui concerne le droit. Principe VI Les crimes numrs ci-aprs sont punis en tant que crime de droit international : a) Crimes contre la paix : i) Projeter, prparer, dclencher ou poursuivre une guerre dagression ou une guerre faite en violation de traits, accords et engagements internationaux; ii) Participer un plan concert ou un complot pour laccomplissement de lun quelconque des actes mentionns lalina i; b) Crimes de guerre : Les violations des lois et coutumes de la guerre, qui comprennent, sans y tre limites, les assassinats, les mauvais traitements ou la dportation pour les travaux forcs, ou pour tout autre but, des populations civiles dans les territoires occups, lassassinat ou les mauvais traitements des prisonniers de guerre ou des personnes en mer, lexcution des otages, le
pillage des biens publics ou privs, la destruction perverse des villes ou villages ou la dvastation que ne justifient pas les exigences militaires; c) Crimes contre lhumanit : Lassassinat, lextermination, la rduction en esclavage, la dportation ou tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles, ou bien les perscutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou perscutions sont commis la suite dune crime contre la paix ou dun crime de guerre, ou en liaison avec ces crimes. Principe VII La complicit dun crime contre la paix, dun crime de guerre ou dun crime contre lhumanit, tels quils sont dfinis dans le principe VI, est un crime de droit international. Document n5 : Article 7 du Statut du Tribunal pnal international pour lexYougoslavie, annex la rsolution 827 du 25 mai 1993 du Conseil de scurit des Nations Unies (extraits) Article 7 Responsabilit pnale individuelle 1. Quiconque a planifi, incit commettre, ordonn, commis ou de toute autre manire aid et encourag planifier, prparer ou excuter un crime vis aux articles 2 5 du prsent statut est individuellement responsable dudit crime. 2. La qualit officielle dun accus, soit comme chef dEtat ou de gouvernement, soit comme haut fonctionnaire, ne lexonre pas de sa responsabilit pnale et nest pas un motif de diminution de la peine. 3. Le fait que lun quelconque des actes viss aux articles 2 5 du prsent statut a t commis par un subordonn ne dgage pas son suprieur de sa responsabilit pnale sil savait ou avait des raisons de savoir que le subordonn sapprtait commettre cet acte ou lavait fait et que le suprieur na pas pris les mesures ncessaires et raisonnables pour empcher que ledit acte ne soit commis ou en punir les auteurs. 4. Le fait quun accus a agi en excution dun ordre dun gouvernement ou dun suprieur ne lexonre pas de sa responsabilit pnale mais peut tre considr comme un motif de diminution de la peine si le Tribunal international lestime conforme la justice. Document n6 : TPIY, chambre dappel, Arrt relatif lappel de la Dfense concernant lexception prjudicielle dincomptence, Le Procureur c/ Dusko Tadic, nIT-94-1AR72, 2 octobre 1995 () 128. Mme si le droit international coutumier comprend certains principes fondamentaux applicables aux conflits arms tant internes quinternationaux, lAppelant soutient que ces interdictions nentranent pas la responsabilit pnale individuelle quand les violations sont commises dans des conflits arms internes ; ces dispositions ne peuvent pas, par consquent, relever de la comptence du Tribunal international. Il est vrai que, par exemple, larticle 3 commun aux Conventions de Genve ne renferme aucune rfrence explicite la responsabilit pnale pour violation de ses dispositions. Confront des arguments semblables concernant les divers accords et conventions qui constituaient le fondement de sa comptence, le Tribunal militaire international de Nuremberg a conclu que labsence de dispositions sur la rpression des violations dans le trait en cause ne soppose pas la constatation dune responsabilit pnale individuelle (voir The Trial Of Major War Criminals : Proceedings Of The International Military Tribunal Sitting At Nuremberg Germany, Partie 22, p. 445, 467 (1950)).
Le Tribunal de Nuremberg a examin un certain nombre darguments pertinents pour conclure que les auteurs de violations particulires encourent une responsabilit individuelle : la reconnaissance claire et sans quivoque des rgles de la guerre dans le droit international et la pratique des Etats indiquant une intention de criminaliser la violation, y compris les dclarations de responsables gouvernementaux et dorganisations internationales ainsi que la rpression de violations par les juridictions nationales et les tribunaux militaires (id., p. 44547, 467). Quand ces conditions sont remplies, les individus doivent tre tenus pnalement responsables parce que, comme concluait le Tribunal de Nuremberg : les crimes contre le droit international sont commis par des hommes et non par des entits abstraites et cest seulement en punissant les hommes qui commettent ces crimes que les dispositions du droit international peuvent tre respectes (id., p. 447). 129. Si lon applique les critres prcdents aux violations en cause dans la prsente affaire, nous ne doutons pas quils emportent la responsabilit pnale individuelle, quils aient t commis dans des conflits arms internes ou internationaux. Les principes et rgles du droit humanitaire refltent les considrations lmentaires dhumanit largement reconnues comme le minimum obligatoire pour la conduite des conflits arms de toute sorte. Personne ne peut contester la gravit des actes en cause ni douter de lintrt de la communaut internationale les interdire. Document n7 : Statut de la Cour pnale internationale, adopt Rome le 17 juillet 1998, entr en vigueur le 1er juillet 2002 (extraits) Article 5 Crimes relevant de la comptence de la Cour 1. La comptence de la Cour est limite aux crimes les plus graves qui touchent lensemble de la communaut internationale. En vertu du prsent Statut, la Cour a comptence lgard des crimes suivants : a) Le crime de gnocide ; b) Les crimes contre lhumanit ; c) Les crimes de guerre ; d) Le crime dagression. 2. La Cour exercera sa comptence lgard du crime dagression quand une disposition aura t adopte, conformment aux articles 121 et 123, qui dfinira ce crime et fixera les conditions de lexercice de la comptence de la Cour son gard. Cette disposition devra tre compatible avec les dispositions pertinentes de la Charte des Nations Unies.
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Article 25 Responsabilit pnale individuelle 1. La Cour est comptente l'gard des personnes physiques en vertu du prsent Statut. 2. Quiconque commet un crime relevant de la comptence de la Cour est individuellement responsable et peut tre puni conformment au prsent Statut. 3. Aux termes du prsent Statut, une personne est pnalement responsable et peut tre punie pour un crime relevant de la comptence de la Cour si : a) Elle commet un tel crime, que ce soit individuellement, conjointement avec une autre personne ou par l'intermdiaire d'une autre personne, que cette autre personne soit ou non pnalement responsable ; b) Elle ordonne, sollicite ou encourage la commission d'un tel crime, ds lors qu'il y a commission ou tentative de commission de ce crime ; c) En vue de faciliter la commission d'un tel crime, elle apporte son aide, son concours ou toute autre forme d'assistance la commission ou la tentative de commission de ce crime, y compris en fournissant les moyens de cette commission ;
d) Elle contribue de toute autre manire la commission ou la tentative de commission d'un tel crime par un groupe de personnes agissant de concert. Cette contribution doit tre intentionnelle et, selon le cas : i) Viser faciliter l'activit criminelle ou le dessein criminel du groupe, si cette activit ou ce dessein comporte l'excution d'un crime relevant de la comptence de la Cour ; ou ii) tre faite en pleine connaissance de l'intention du groupe de commettre ce crime ; e) S'agissant du crime de gnocide, elle incite directement et publiquement autrui le commettre ; f) Elle tente de commettre un tel crime par des actes qui, par leur caractre substantiel, constituent un commencement d'excution mais sans que le crime soit accompli en raison de circonstances indpendantes de sa volont. Toutefois, la personne qui abandonne l'effort tendant commettre le crime ou en empche de quelque autre faon l'achvement ne peut tre punie en vertu du prsent Statut pour sa tentative si elle a compltement et volontairement renonc au dessein criminel. 4. Aucune disposition du prsent Statut relative la responsabilit pnale des individus n'affecte la responsabilit des tats en droit international. Article 27 Dfaut de pertinence de la qualit officielle 1. Le prsent Statut s'applique tous de manire gale, sans aucune distinction fonde sur la qualit officielle. En particulier, la qualit officielle de chef d'tat ou de gouvernement, de membre d'un gouvernement ou d'un parlement, de reprsentant lu ou d'agent d'un tat, n'exonre en aucun cas de la responsabilit pnale au regard du prsent Statut, pas plus qu'elle ne constitue en tant que telle un motif de rduction de la peine. 2. Les immunits ou rgles de procdure spciales qui peuvent s'attacher la qualit officielle d'une personne, en vertu du droit interne ou du droit international, n'empchent pas la Cour d'exercer sa comptence l'gard de cette personne. Article 28 Responsabilit des chefs militaires et autres suprieurs hirarchiques Outre les autres motifs de responsabilit pnale au regard du prsent Statut pour des crimes relevant de la comptence de la Cour : a) Un chef militaire ou une personne faisant effectivement fonction de chef militaire est pnalement responsable des crimes relevant de la comptence de la Cour commis par des forces places sous son commandement et son contrle effectifs, ou sous son autorit et son contrle effectifs, selon le cas, lorsqu'il ou elle n'a pas exerc le contrle qui convenait sur ces forces dans les cas o : i) Ce chef militaire ou cette personne savait, ou, en raison des circonstances, aurait d savoir, que ces forces commettaient ou allaient commettre ces crimes ; et ii) Ce chef militaire ou cette personne n'a pas pris toutes les mesures ncessaires et raisonnables qui taient en son pouvoir pour en empcher ou en rprimer l'excution ou pour en rfrer aux autorits comptentes aux fins d'enqute et de poursuites ; b) En ce qui concerne les relations entre suprieur hirarchique et subordonns non dcrites au paragraphe a), le suprieur hirarchique est pnalement responsable des crimes relevant de la comptence de la Cour commis par des subordonns placs sous son autorit et son contrle effectifs, lorsqu'il ou elle n'a pas exerc le contrle qui convenait sur ces subordonns dans les cas o : i) Le suprieur hirarchique savait que ces subordonns commettaient ou allaient commettre ces crimes ou a dlibrment nglig de tenir compte d'informations qui l'indiquaient clairement ; ii) Ces crimes taient lis des activits relevant de sa responsabilit et de son contrle effectifs ; et
iii) Le suprieur hirarchique n'a pas pris toutes les mesures ncessaires et raisonnables qui taient en son pouvoir pour en empcher ou en rprimer l'excution ou pour en rfrer aux autorits comptentes aux fins d'enqute et de poursuites. Article 31 Motifs dexonration de la responsabilit pnale 1. Outre les autres motifs d'exonration de la responsabilit pnale prvus par le prsent Statut, une personne n'est pas responsable pnalement si, au moment du comportement en cause : a) Elle souffrait d'une maladie ou d'une dficience mentale qui la privait de la facult de comprendre le caractre dlictueux ou la nature de son comportement, ou de matriser celui-ci pour le conformer aux exigences de la loi ; b) Elle tait dans un tat d'intoxication qui la privait de la facult de comprendre le caractre dlictueux ou la nature de son comportement, ou de matriser celui-ci pour le conformer aux exigences de la loi, moins qu'elle ne se soit volontairement intoxique dans des circonstances telles qu'elle savait que, du fait de son intoxication, elle risquait d'adopter un comportement constituant un crime relevant de la comptence de la Cour, ou qu'elle n'ait tenu aucun compte de ce risque ; c) Elle a agi raisonnablement pour se dfendre, pour dfendre autrui ou, dans le cas des crimes de guerre, pour dfendre des biens essentiels sa survie ou celle d'autrui ou essentiels l'accomplissement d'une mission militaire, contre un recours imminent et illicite la force, d'une manire proportionne l'ampleur du danger qu'elle courait ou que couraient l'autre personne ou les biens protgs. Le fait qu'une personne ait particip une opration dfensive mene par des forces armes ne constitue pas en soi un motif d'exonration de la responsabilit pnale au titre du prsent alina ; d) Le comportement dont il est allgu qu'il constitue un crime relevant de la comptence de la Cour a t adopt sous la contrainte rsultant d'une menace de mort imminente ou d'une atteinte grave, continue ou imminente sa propre intgrit physique ou celle d'autrui, et si elle a agi par ncessit et de faon raisonnable pour carter cette menace, condition qu'elle n'ait pas eu l'intention de causer un dommage plus grand que celui qu'elle cherchait viter. Cette menace peut tre : i) Soit exerce par d'autres personnes ; ii) Soit constitue par d'autres circonstances indpendantes de sa volont. 2. La Cour se prononce sur la question de savoir si les motifs d'exonration de la responsabilit pnale prvus dans le prsent Statut sont applicables au cas dont elle est saisie. 3. Lors du procs, la Cour peut prendre en considration un motif d'exonration autre que ceux qui sont prvus au paragraphe 1, si ce motif dcoule du droit applicable indiqu l'article 21. La procdure d'examen de ce motif d'exonration est fixe dans le Rglement de procdure et de preuve. Article 33 Ordre hirarchique et ordre de la loi 1. Le fait qu'un crime relevant de la comptence de la Cour a t commis sur ordre d'un gouvernement ou d'un suprieur, militaire ou civil, n'exonre pas la personne qui l'a commis de sa responsabilit pnale, moins que : a) Cette personne n'ait eu l'obligation lgale d'obir aux ordres du gouvernement ou du suprieur en question ; b) Cette personne n'ait pas su que l'ordre tait illgal ; et c) L'ordre n'ait pas t manifestement illgal. 2. Aux fins du prsent article, l'ordre de commettre un gnocide ou un crime contre l'humanit est manifestement illgal.