Chapitre 1
Espaces métriques complets
1.1 Définition et propriétés
Soit (E, d) un espace métrique.
Définition 1.1.1
Définition 1.1.2 (Suite de cauchy)
(xp )p est dite suite de cauchy de (E, d) si ∀ > 0, ∃N > 0 /p, q ≥ N =⇒ d(xp , xq ) <
Définition 1.1.3 Un espace métrique (E, d) est dit complet si toute suite de Cauchy
de E est convergente dans E.
Théorème 1.1.4 IRn est un espace complet.
On a équivalence entre
1. (xp )p∈IN∗ suite de Cauchy de IRn avec (xp ) = (xp1 , xp2 , · · · , xpn )
2. (xpi ) suite de Cauchy de IR, ∀i ∈ IN∗
3. (xpi ) suite convergente de IR, ∀i ∈ IN∗
4. (xp )p∈IN∗ suite convergente de IRn
Preuve: On pose dans IRn
d(x, y) = N∞ (x − y) = sup {|xi − yi |}
1≤i≤n
et on montre facilement que 1) ⇒ 2) ⇒ 3) ⇒ 4) ⇒ 1) 2
1
2 1. ESPACES MÉTRIQUES COMPLETS
Proposition 1.1.5 Toute suite de Cauchy est bornée.
Preuve: Soit (xn )n une suite de Cauchy.
Pour = 1, ∃N1 > 0 /p, q ≥ N1 =⇒ d(xp , xq ) < 1.
q ≥ N1 =⇒ d(xN1 +1 , xq ) < 1
R
On pose = sup {1, d(xN1 +1 , xi )}, ona alors,
2 i=1,N
∀n, xn ∈ B(xN1 +1 , R)
Proposition 1.1.6 Si une suite de Cauchy admet un point adhérent alors elle con-
verge vers ce point.
Preuve: Soit (xn )n une suite de Cauchy admet a comme point adhérent.
alors on a:
∀ > 0, ∃N > 0 /p, q ≥ N =⇒ d(xp , xq ) <
2
et
∃m > N /d(xm , a) <
2
et par suite
∀n > m /d(xn , a) ≤ d(xn , xm ) + d(xm , a) <
Proposition 1.1.7 Si les boules fermés d’un espace métrique sont compacts alors
l’espace est complet.
Preuve: Soit (xn )n une suite de Cauchy dans E. il existe alors une boule fermé F
tel que xn ∈ F, ∀n.
F est compact et d’après B-W , xn admet un point adhérent.
Ce point est dans E et par suite xn converge vers ce point adhérent.
Théorème 1.1.8 Tout sous-espace complet d’un espace métrique est fermé.
Preuve: Soit F ⊂ E un sous espace complet de E. Soit a ∈ F . Montrons que ce
point est dans F ?
1.1. DÉFINITION ET PROPRIÉTÉS 3
Soit xn une suite de F qui converge vers a.
xn est alors une suite de Cauchy dans E et donc une suite de Cauchy dans F qui
est complet.
On note alors b ∈ F la limite de xn dans F . Elle est aussi limite dans E et donc
a = b et par suite a ∈ F .
F = F =⇒ F est fermé.
Théorème 1.1.9 Tout sous-espace fermé d’un espace métrique complet est complet.
Preuve: Soit F ⊂ E un sous espace fermé d’un espace métrique complet E.
Soit xn une suite de Cauchy dans F , elle est aussi de Cauchy dans E et donc elle
converge vers un point a ∈ E (car E complet).
=⇒ a ∈ F = F donc a ∈ F .
xn converge dans F et par conséquent F ⊂ E un sous espace complet.
Proposition 1.1.10 L’image uniformément continue d’une suite de Cauchy est de
Cauchy.
Preuve: Soient f : (E, d) −→ (F, δ) uniformément continue et xn une suite de
Cauchy dans (E, d). Montrons alors que yn = f (xn ) est une suite de Cauchy dans
(F, δ)?
i.e. ∀ > 0, ∃?N > 0 /p, q ≥ N =⇒ δ(yp , yq ) <
Pour ce puisque f est uniformément continue
∃η > 0 /d(x, y) < η =⇒ δ(f (x), f (y)) <
et puisque xn une suite de Cauchy
∃N > 0 /p, q ≥ N =⇒ d(xp , xq ) < η
=⇒ (∃N > 0 /p, q ≥ N =⇒ d(xp , xq ) < η ⇒ δ(f (xp ), f (xq )) < )
=⇒ δ(yp , yq ) <
Proposition 1.1.11 Soit f : (E, d) −→ (F, δ) une bijection continue telle que f −1
soit uniformément continue. Alors
4 1. ESPACES MÉTRIQUES COMPLETS
E est complet =⇒ F l’est aussi.
Preuve: Soit yn = f (xn ) une suite de Cauchy dans (F, δ).
La suite xn = f −1 (yn ) est de Cauchy dans (E, d).Comme E est complet, la suite
(xn )n converge vers un poinr a ∈ E.
Donc yn = f (xn ) −→ f (a) (f continue). Ce qui nous montre que yn converge dans
F et par suite F est complet.
Définition 1.1.12 Deux distances d et δ sont dites uniformément équivalentes si
et seulement si l’application 1E : (E, d) −→ (F, δ) est uniformément continue ainsi
que son inverse.
Exemple 1.1.13 1. Soient d et δ = inf {1, d} sont deux distances uniformément
é[Link]
l’application 1E : (E, d) −→ (F, δ) est uniformément continue. Découle facile-
ment de δ ≤ d.
l’application 1E : (F, δ) −→ (E, d) est uniformément continue. Découle du fait
que ∀ > 0; ∃η > 0; 0 < η < 1 et η < .
δ(x, y) = inf {1, d} < η =⇒ d(x, y) < η <
x y
2. d(x, y) = |x − y| et δ(x, y) = − sont deux distances équivalentes
1 + |x| 1 + |y|
mais non uniformément équivalentes. En effet si on pose xn = n dans IR.
xn = n est de Cauchy pour δ dans IR
xn = n est de Cauchy pour δ dans IR
xn = n n’est pas de Cauchy pour d dans IR (car elle ne converge pas et IR est
complet)
Théorème 1.1.14 Soit (Ei )i=1,n une famille fini d’espaces métriques.
Y
Ei est complet ⇐⇒ Ei est complet, ∀i = 1, n.
i=1,n
Preuve:
1.2. ESPACES COMPLETS ET COMPACTS 5
⇒) Soient ai ∈ Ei des points de Ei pour i = 1, n, on pose
fi : a1 × a2 · · · × Ei × · · · × an −→ Ei
cette application est continue bijective et sa bijection réciproque fi−1 est uni-
Y
formément continue. Donc a1 × a2 · · · × Ei × · · · × an est fermé dans Ei
i=1,n
donc complet et par suite Ei est complet.
⇐) Il suffit de montrer pour E1 × E2
On pose zn = (z1,n , z2,n ) une suite de Cauchy de E1 × E2 .
=⇒ z1,n et z2,n sont de Cauchy (si on prend la distance sup), et par suite
convergent vers z1 et z2 .
Donc zn = (z1,n , z2,n ) −→ (z1 , z2 ). d’où le résulatat.
1.2 Espaces complets et compacts
Soit (E, d) un espace métrique.
Définition 1.2.1 Un un espace métrique (E, d) est précomact si et seulement si
(∀ > 0), il existe au moins une famille de boules {B(xi , ri )/ri ≤ } telle que
[
E= B(xi , ri )
i=1,n
Théorème 1.2.2 On a équivalence
1. E comapct.
2. Toute suite admet une valeur d’adhérence.
3. E précomact et complet.
Preuve:
1. ⇒ 2. Soit (xn )n une suite de E.
E comapct =⇒ (xn )n admet une valeur d’adhérence.
6 1. ESPACES MÉTRIQUES COMPLETS
2. ⇒ 3. – E complet. En effet
Soit (xn )n une suite de Cauchy de E, elle admet alors une valeur d’adhérence
Si une suite de Cauchy de E a une valeur d’adhérence alors elle converge
vers cette valeur.
Donc (xn )n converge et par suite E complet.
– E pré[Link] l’absurde supposons qu’il existe > 0) et E n’est re-
couvert par aucune famille de boule de rayon .
∗ Soit x0 ∈ E
E − B(x0 , ) 6= ∅ =⇒ ∃x1 ∈ E − B(x0 , )
On suppose que xk défini, on alors
E − B(x0 , ) ∪ · · · ∪ B(xk , ) 6= ∅
On choisit xk+1 un élément quelconque de cette ensemble.
On construit ainsi une suite (xn )n de E.
∗ Soient r, s ∈ IN tel que r > s.
r−1
[
xr ∈ E − B(xi , ) =⇒ d(xi , xr ) ≥ , ∀i = 0, · · · , r − 1
i=0
Comme 0 ≤ s ≤ (r − 1) alors d(xs , xr ) ≥ .
∗ Contradiction :
(xn )n est une suite de [Link]̀se implique que (xn )n admet une
valeur d’adhérence qu’on note a, et donc pour > 0
2
N = 0; ∃s > 0 / d(a, xs ) <
2
N = s; ∃r > s / d(a, xr ) <
2
Et donc d(xs , xr ) ≤ d(a, xs ) + d(a, xr ) < + =
2 2
=⇒ d(xs , xr ) < , contradiction
Donc E précomact.
1.2. ESPACES COMPLETS ET COMPACTS 7
3. ⇒ 1. Par l’absurde, on suppose que si R = (Oi )i∈I est un recouvrement de E, on ne
peut pas extraire un sous recouvrement fini de E. Pour ça, on construit une
suite de boule (Bn )n de la façon suivante:
1
1. Bn = Bn (xn , )
2n
2. Bn ∩ Bn+1 6= ∅
3. ∀n, aucune boule Bn n’est recouvertes par une sous famille fini de R.
[
Or E précomact =⇒ E = B(zi , 1).
i=1,k
Il existe au moins une boule B(zi0 , 1) qui ne soit pas recouverte par une
sous famille finie de RSinon E serait recouvert par une sous famille finie
de R.
On pose B0 = B0 (x0 , 1) := B(zi0 , 1)
1
Supposons que Bn = Bn (xn , n ) est définie.
2
1
Définissons alors Bn+1 = Bn+1 (xn+1 , n+1 ), pour ça:
2
[ 1
E précompact =⇒ E = B(ti , ).
i=1,h
2i+1
1
Soient U1 , · · · , Us les boules B(ti , ) qui rencontre Bn .
2i+1
[
=⇒ Bn ⊂ Uj
j=1,s
Or Bn n’est recouverte par aucune sous famille finie de R,
donc il existe au moins une boule Uj qui ne soit pas recouverte par une
sous famille finie de R.
1
Notons Bn+1 = Bn+1 (xn+1 , ) cette boule Uj .
2n+1
Et en plus Bn ∩ Bn+1 6= ∅, car Uj ∩ Bn 6= ∅.
La suite (xn )n ainsi construite est une suite de Cauchy, en effet, ∀n
8 1. ESPACES MÉTRIQUES COMPLETS
d(xn , xn+1 ) ≤ d(xn , z) + d(z, xn+1 ), z ∈ Bn ∩ Bn+1
1 1 3
< n
+ n+1 = n+1
2 2 2
4 1
< = n−1
2n+1 2
∀n, p ∈ IN
d(xn , xn+p ) ≤ d(xn , xn+1 ) + · · · + d(xn+p−1 , xn+p )
1 1 1 1
< + ··· + = 1 + ··· +
2n−1 2n−1 2n−1 2p−1
1 1 = 1
<
2n−1 1 2n−2
1−
2
Or
1
(∀ > 0); (∃N > 0) / ∀n ≥ N ⇒ <
2n−2
Donc
∀p, n ≥ N ⇒ d(xn , xn+p ) <
Elle est alors de Cauchy.
1.3 Théorème de point fixe
Soient (E, d), (F, δ) deux espaces métriques.
Définition 1.3.1 Une application f : (E, d) −→ (F, δ) est dite contractante ssi
(∃k ∈]0, 1[); (∀x, y ∈ E), d(f (x), f (y)) ≤ kd(x, y)
Théorème 1.3.2 Toute application contractante d’un espace métrique complet dans
lui même admet un point fixe.
Preuve: Soient f : (E, d) −→ (E, d) l’application où (E, d) est complet et soit
x0 ∈ E.
1.3. THÉORÈME DE POINT FIXE 9
On pose alors la suite réccurente xn+1 = f (xn ). Montrons qu’elle est de Cauchy ?
d(xn+1 , xn ) = d(f (xn ), f (xn−1 ))
≤ kd(xn , xn−1 )
≤ k n d(x1 , x0 )
Donc pour tout p et n
d(xn+p , xn ) ≤ d(xn+p , xn+p−1 ) + · · · + d(xn+1 , xn )
k n+p−1 + k n+p−2 + · · · + k n d(x1 , x0 )
≤
≤ k n 1 + · · · + k p−1 d(x1 , x0 )
kn
< d(x1 , x0 )
1−k
donc quand n −→ 0 la suite k n −→ 0 et par suite la suite (xn )n est de Cauchy et
donc convergente puisque E est complet. Soit ` sa limite.
f etant contractante donc continue et on peut déduire que f (`) = ` un point fixe.
0
` est un point fixe unique car sinon, s’il exite deux points fixe ` et ` , on a lors
0 0
d(`, ` ) = d(f (`), f (` ))
0
≤ kd(`, ` )
0 0
` 6= ` =⇒ 1 ≤ k ceci est faux. donc ` = `