LE SYSTEME NERVEUX
Les algies cranio-faciales
Les algies cranio-faciales comprennent les algies crâniennes localisées au niveau de la boîte
crânienne encore appelées céphalées qui sont les plus fréquentes et les algies faciales
localisées au niveau de la face.
1- Les algies cranio-faciales vasculaires
Elles ont pour point commun d'évoluer par crise paroxystique, elles comprennent les algies
crâniennes vasculaires ou migraines et les algies faciales vasculaires.
Les migraines Définition : les migraines sont définies comme : une affection familiale,
caractérisée par des accès répétitifs de céphalées très variables dans leur intensité, leur
fréquence et leur durée; ces accès sont habituellement unilatéraux et généralement associés à
des vomissements ou des nausées; parfois, ils succèdent ou s'associent à des troubles de
l'humeur ou à des perturbations neurologiques.
2. Névralgie essentielle du trijumeau ou tic douloureux de Trousseau
Elle se voit surtout chez la femme entre 50 et 55 ans. Il s'agit d'une douleur discontinue
évoluant par paroxysme ou accès ou éclairs
3. Les algies cranio-faciales symptomatiques
3.1. Les algies faciales symptomatiques : peuvent être, soit de cause locale en rapport
avec une anomalie des structures sensibles de la face, soit symptomatiques d'une lésion du
trijumeau.
3.2. Les céphalées symptomatiques : peuvent être en rapport avec une douleur projetée ou
bien avoir une cause neurologique, vasculaire ou générale.
4- Les céphalées psychogènes
Elles sont de loin les plus fréquentes des algies cranio-faciales.
L’examen neurologique
L'INTERROGATOIRE
Va s'attacher à rechercher des signes fonctionnels; il va permettre d'apprécier l'état mental du
malade et enfin il recherchera des troubles du langage.
Les signes fonctionnels suivants sont systématiquement recherchés
Les algies cranio-faciales
Les troubles sensitifs subjectifs : à type de douleur ou de paresthésies
Les troubles sphinctériens : retard à la miction ou miction impérieuse.
Les troubles génitaux : impuissance.
L'état mental
L'interrogatoire du malade s'attache à préciser l'état de conscience, l'orientation, l'humeur, le
comportement, la mémoire ; il recherche des troubles du contenu de la pensée et enfin il teste
les performances intellectuelles.
L'état de conscience : les perturbations de la conscience peuvent aller de la simple
obnubilation au coma.
L'obnubilation : est un état de somnolence avec torpeur intellectuelle : le sujet répond aux
questions posées mais avec un certain retard.
La confusion mentale : est un état de torpeur intellectuelle avec impossibilité de coordonner
les idées et les sensations perçues.
Le délire : est un état de confusion mentale accompagné d'excitation et d'hallucinations.
Le coma : est une perte de conscience durable avec trouble des fonctions de relation et
conservation relative des fonctions végétatives (voir Chapitre IV).
2.2. L'orientation
Dans le temps : est appréciée en demandant au sujet le jour, la date, le mois et année.
Dans l'espace : est jugée sur la possibilité du sujet à situer le lieu où il se trouve et la ville où
il habite.
2.2.3. Vis-à-vis des personnes : est recherchée en demandant au sujet l'identité et la fonction
des personnes qui l'entourent.
2.3. Les troubles de l'humeur et du comportement
2.3.1. Les troubles de l'humeur peuvent être à type :
— D'instabilité : qui réalise des changements rapides d'humeur qui passe de la tristes^ au
rire.
— D'euphorie : qui est une sensation de bien-être, s'accompagnant d'indifférence pour les
événements graves.
2.3.2. Les modifications du comportement peuvent se manifester par l'apparition
d'agressivité ou de violence.
2.4. Les troubles de la mémoire
La mémoire récente : est la mémoire de plusieurs notions apprises quelques minutes
auparavant, elle est la première atteinte au cours des anomalies du système nerveux
central.
La mémoire éloignée : est celle qui persiste le plus longtemps ; elle tend à survivre
aux maladies.
2.5. Les troubles du contenu de la pensée : peuvent être à type d'idée préoccupante,
d'obsession, de phobie, d'hallucinations.
2.6. Les performances intellectuelles :
— Les connaissances générales : possibilité de nommer quatre grandes villes, plusieurs pays
et leurs capitales... ; ces connaissances ne sont perdues qu'en cas de démence avancée.
— L'incapacité de calculer est un signe de lésion pariétale.
3. Les troubles du langage
Le langage est une des fonctions principales de l'hémisphère gauche qui est l'hémisphère
dominant pour tous les droitiers et pour 50 % des gauchers donc environ 95 % des sujets.
L'aphasie est un trouble du langage dû le plus souvent à une lésion de l'hémisphère gauche;
l'aphasie est presque toujours associée à une hémiplégie droite.
On distingue deux types d'aphasie :
3.1. L'aphasie motrice ou aphasie de Broca : qui réalise une réduction du langage qui est
quantitativement diminué avec hésitation et lenteur d'élocution : il s'agit d'une difficulté
d'expression de la pensée par les mots : le malade parle peu, il emploie un petit nombre de
mots. Il n'existe pas de trouble majeur de la compréhension du langage parlé et écrit.
3.2. L'aphasie sensitive ou aphasie de Wernicke : l'expression orale est facile et abondante,
mais le sujet emploie des mots inappropriés, ce qui réalise la paraphasie ou même des sons
sans signification réalisant la jargonophasie. Il existe des troubles de la compréhension du
langage parlé et écrit.
IIL L’EXAMEN PHYSIQUE
L'examen clinique étudie la posture et la marche; il teste les différents nerfs crâniens; il
apprécie la motricité; il recherche les différents réflexes; il teste la sensibilité et enfin il
recherche une anomalie des enveloppes méningées.
Les différents nerfs crâniens : on dénombre 12 paires de nerfs crâniens numérotés de I à XII
en chiffres romains : I : olfactif, II : optique, III : moteur oculaire commun, IV : pathétique, V:
trijumeau, VI : moteur oculaire externe, VII : facial, VIII : auditif, IX : glosso-pharyngien, X:
pneumogastrique, XI : spinal, XII : grand hypoglosse.
Les principales investigations
complémentaires
I. LES EXAMENS DE PRATIQUE COURANTE
-Le fond d'œil,
-la ponction lombaire,
-la radiographie du crâne
-l’Electroencéphalogramme
-TDM (Tomodensitométrie ou Scanner)
Les troubles de la conscience
LES PERTES DE CONNAISSANCE BRÈVES
Les syncopes : la syncope est une perte complète de la conscience brusque et passagère, liée à
une anoxie cérébrale.
Les lipothymies : la lipothymie est une perte incomplète de la conscience : il s'agit d'une
simple obnubilation en rapport avec une hypoxie cérébrale (terme populaire :
«évanouissement»).
L'épilepsie ou perte de connaissance épileptique. L’épilepsie est une crise cérébrale en
rapport avec une décharge paroxystique, hypersynchrone d'une population neuronale. Elle
peut revêtir deux tableaux cliniques distincts : la crise de grand mal et la crise de petit mal.
II. LES COMAS
1. Définition
Le coma se définit comme une perte durable de la conscience, avec altération de la vie de
relation, c'est-à-dire baisse de la vigilance et conservation relative des fonctions végétatives.
Les troubles de la fonction motrice
Les paralysies
Définition
La paralysie est une diminution ou une abolition de la motricité volontaire.
Les tremblements
Définition : Déjerine les a définis comme : « des oscillations rythmiques involontaires que
décrit tout ou partie du corps autour de sa position d'équilibre ».
Les myoclonies
Définition : les myoclonies sont des contractions musculaires brèves et involontaires
génératrices ou non d'un déplacement segmentaire.
Les tics : Ce sont des mouvements involontaires qui se répètent à intervalle variable,
sans motivation extérieure, habituellement selon le même type chez un sujet donné,
mais variable d'un sujet à l'autre. Ils ne s'accompagnent ni de troubles du tonus, ni de
troubles de la motricité.
Les troubles de la sensibilité
Les troubles sensitifs subjectifs
Ils peuvent être de deux types : les douleurs et les paresthésies.
Les douleurs : comme pour toute douleur, il faudra préciser le type, le siège, les
circonstances d'apparition et l'évolution.
Les paresthésies : sont des sensations anormales habituellement non douloureuses et non
motivées par un stimulus extérieur, de types divers : fourmillements, picotements, sensations
de ruissellement, de courant d'air chaud ou froid, de courant électrique.
Les troubles de la coordination et de
l'équilibration
I. LES TROUBLES DE LA COORDINATION
Le syndrome cérébelleux va comporter deux ordres de troubles : les troubles de la
coordination ou incoordination cérébelleuse, des troubles du tonus à type d'hypotonie
musculaire et un tremblement.
II. LES TROUBLES DE L'ÉQUILIBRATION
Le vertige : est un signe fonctionnel qui sera analysé par l'interrogatoire, le malade
ressent une sensation de déplacement des objets environnants par rapport à son corps
ou l'inverse, il s'agit d'un déplacement illusoire le plus souvent de type rotatoire avec
impression de manège.
Les signes accompagnateurs : ressemblent à ceux retrouvés au cours du mal de mer : pâleur,
nausées, sueurs, tachycardie. Si le vertige est intense, il peut s'accompagner de chute et
confiner le malade au lit.
Les troubles de l’équilibration : apparaissent au maintien des attitudes et lors des
mouvements, ils vont être exagérés par la suppression du contrôle visuel.