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Module Sécurité Sociale

La Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) du Niger, créée par la loi de 2003, gère les branches de sécurité sociale pour les travailleurs, incluant les prestations familiales, les risques professionnels et les pensions. Le financement de la CNSS provient principalement des cotisations des employeurs et des travailleurs, avec des taux et des plafonds qui ont évolué au fil des ans. Les employeurs ont des obligations telles que l'affiliation, l'immatriculation des travailleurs et le paiement des cotisations, qui sont calculées sur la base des salaires et autres avantages.

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La Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) du Niger, créée par la loi de 2003, gère les branches de sécurité sociale pour les travailleurs, incluant les prestations familiales, les risques professionnels et les pensions. Le financement de la CNSS provient principalement des cotisations des employeurs et des travailleurs, avec des taux et des plafonds qui ont évolué au fil des ans. Les employeurs ont des obligations telles que l'affiliation, l'immatriculation des travailleurs et le paiement des cotisations, qui sont calculées sur la base des salaires et autres avantages.

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MODULE : SECURITE SOCIALE

1
INTRODUCTION GENERALE

Placée sous la tutelle du Ministre chargé du Travail, la CNSS, Etablissement Public à


caractère social, dotée de la personnalité morale et jouissant de l’autonomie
financière a été créée par la Loi N° 2003-034 du 5 août 2003.

Elle a pour mission de gérer les différentes branches de sécurité sociale instituées en
faveur des travailleurs salariés visés à l’article 2 de la Loi 2012-045 du 25
septembre 2012, portant code du Travail du Territoire de la République du
Niger à savoir :

 La branche des prestations familiales destinée à alléger aux assurés


sociaux les charges inhérentes à la naissance, l’entretien et l’éducation de l’enfant ;

 La branche des risques professionnels qui vise à prévenir les


accidents du travail et les maladies professionnelles et le cas échéant à atténuer les
conséquences pouvant résulter de la survenance de ces risques (incapacité
temporaire ou partielle et décès) ;

 La branche des pensions de vieillesse, d’invalidité et de survivants


qui est destinée à garantir un revenu au travailleur salarié admis à la retraite et en
cas de décès de celui-ci à ses ayants droit.

En outre, la CNSS gère un fonds d’action sanitaire et sociale dont le but est
le service des prestations en nature en faveur des salariés et de leurs familles.

2
CHAPITRE 1 : LE FINANCEMENT DE LA SECURITE SOCIALE AU NIGER

C’est l’article 5 de la loi n° 2003-033 du 05 août 2003 portant création d’un


établissement public à caractère social dénommé Caisse Nationale de Sécurité
Sociale en abrégé CNSS, qui détermine les ressources de la CNSS.

Ainsi, au terme de l’article précité, les ressources de la CNSS sont constituées par :

• Les cotisations mises à la charge des employeurs et des travailleurs


;

• Les contributions, avances, ristournes et subvention de l’Etat ;

• Les revenus des immeubles de rapport ;

• Les emprunts ;

• Les dons et legs ;

• Les revenus de placements.

Plus précisément, les ressources de la CNSS sont constituées des cotisations des
employeurs (16,40%) du salaire de chaque travailleur et qui représente la part
patronale, des cotisations des travailleurs (5,25 %) du salaire qui constitue la
contribution du travailleur à son assurance sociale.

Pour financer les charges afférentes à ces branches, la CNSS dispose


principalement de ressources constituées de cotisations patronales et ouvrières
assises sur les salaires actuellement plafonnés à 6 000 000 FCFA par an et par
salarié au taux global de 21,65% réparti comme suit :

 4,90% pour les prestations familiales ;


 1,75% pour les accidents du travail et maladies professionnelles ;
 15% pour les pensions dont 9,75% à la charge de l’employeur et 5,25%
à la charge du travailleur.

Il est à noter qu’une taxe de 1% supportée par l’employeur au bénéfice de l’Agence


Nationale pour la Promotion de l’Emploi (ANPE) est recouvrée dans les mêmes
conditions que les cotisations de la CNSS.

1.1. Les obligations de l’employeur


3
Plusieurs obligations découlent de l’employeur à savoir :
 L’affiliation de l’employeur;
 L’immatriculation des travailleurs;
 Le paiement des cotisations;
 La déclaration trimestrielle des salaries.

1.1.1. L’affiliation de l’employeur

C’est une situation de droit qui consacre le rattachement de l’employeur à la CNSS.


Elle est matérialisée par l’attribution d’un numéro.

Ce numéro constitue les références du compte de l’employeur où tous les paiements


des cotisations ainsi que leurs débits correspondants sont enregistrés.

L’affiliation est rendue obligatoire par l'article 3 de la Loi N°2003-34 du 5 août 2003
portant création de la CNSS qui stipule que : « doit obligatoirement s’affilier à la
CNSS tout employeur, public ou privé, qui utilise les services d’un ou plusieurs
travailleurs au sens de l’article 3 du code du travail, exerçant ses activités sur le
territoire de la République du Niger ».

1.1.2. L’immatriculation des travailleurs

C’est l’opération administrative qui consiste à inscrire officiellement un travailleur à la


CNSS. Elle se traduit par l’attribution d’un numéro qui est individuel et unique.

Il est en même temps le numéro du compte individuel assuré où sont enregistrées


toutes les périodes déclarées par l’employeur (périodes d’assurances) et les
rémunérations correspondantes payées aux travailleurs.

Conformément aux textes en vigueur, l’immatriculation d’un travailleur nouvellement


engagé doit intervenir dans les 8 jours qui suivent cet engagement.

Après l’avoir immatriculé, il est tenu de le déclarer à la CNSS à la fin de chaque


trimestre et s’acquitter des cotisations sociales.

1.1.3. La détermination des cotisations sociales

Conformément aux textes en vigueur, les cotisations sont assises sur l'ensemble des
salaires et gains y compris les indemnités, les primes et gratifications et tous autres
avantages en espèces ou en nature versés par l'employeur à son personnel salarié,
à l'exclusion des frais professionnels et des indemnités représentatives de
remboursement de frais.

Les éléments constitutifs de l'assiette des cotisations ont été fixés dans les détails
par l'arrêté N°0687/MFP/T/E du 11 juin 1997.

a. Les éléments soumis à l’assiette

4
Les éléments constitutifs de l’assiette sont :

Les avantages en espèces :

- Le salaire de base ;

- Le rappel de salaire ;

- L'indemnité de congés ;

- La prime de bilan ;

- Les heures supplémentaires ;

- Les pourboires ;

- Les gratifications prévues au contrat ou versées de façon régulière ;

- La prime d'ancienneté ;

- La prime de responsabilité, de direction ou de fonction ;

- La prime de productivité ;

- La prime d'assiduité ; - Les commissions.

- L'indemnité de risque ;

- La prime de recherche ;

- La prime de technicité ;

- La prime d'astreinte ;

- La prime de kilométrage ;

- La prime de fidélité ;

- Le sursalaire ;

- La prime de pénibilité ;

- Les indemnités de caisse.

Les avantages en nature prévus au contrat

- Le logement ; 20.000 francs par pièce et par mois

- L’eau et l’électricité ; 50.000 francs par mois

- L’ameublement 1/3 de la valeur du logement déterminée

5
- La nourriture ; 25.000 francs par personne et par mois

- Le véhicule automobile ; 20.000 francs par véhicule et par mois

- La domesticité ; selon les tarifs de l'Inspection du Travail

b. Les éléments non soumis à l’assiette

Conformément au même texte, les éléments suivants ne sont pas soumis à


cotisations :

- Les allocations familiales ;

- Les rentes et pensions ;

- La prime de panier ;

- Les indemnités de transport, de roulage ou moyen de déplacement lié au


contrat de service ;

- Les indemnités de déplacement ;

- La prime de salissure ;

- La prime de détérioration des vêtements ;

- La prime d'outillage ;

- Les indemnités de licenciement ;

- Le complément temporaire de salaire ;

- Les indemnités de zone désertique ;

- Les indemnités de dépaysement ;

- Les indemnités de départ à la retraite ;

- Les indemnités de décès ;

- Les frais de représentation ;

- La prime de lait ;

- Les frais médicaux ;

- Les indemnités de départ volontaire.

1.3. Les évolutions enregistrées par rapport aux textes Ces

évolutions ont porté sur les aspects suivants :

6
 Le montant du plafond des cotisations ;

 Le taux des cotisations ;

 La revalorisation du taux de remplacement entrant en compte pour le calcul de la


pension ; ainsi, le taux est de 20% pour la première tranche des 180 mois
d’assurance antérieure au 1er janvier 2012 et de 30% pour la première tranche de
180 mois postérieure au 31 décembre 2011.

Le taux est majoré de 1,33% pour chaque période de douze mois d’assurance
supplémentaire antérieure au 1er janvier 2012 et de 2% pour la période postérieure
au 31 décembre 2011.

 L’extension du bénéfice de la pension de survivant au veuf, à condition d’avoir au


moins un enfant à charge, issu d’un mariage contracté avec le conjoint décédé.

1.3.1. Jusqu’au 31-12-2009

 LE MONTANT DE L’ASSIETTE

Le montant de l'assiette ne doit en aucun cas être inférieure au salaire minimum


interprofessionnel garanti (SMIG) qui était à 28 347 francs ;

Le montant du plafond de l’assiette des cotisations était fixé à 3.000.000 francs cfa
par an, soit 750.000 francs CFA par trimestre et 250.000 francs cfa par mois.

 LE TAUX DES COTISATIONS

Avant les réformes, le taux global des cotisations était de 17% dont 15,40% à la
charge de l’employeur et 1,60% à la charge du salarié.

Il se décompose comme suit en fonction des trois branches financées par le régime
de sécurité sociale :

- Branche des prestations familiales : 11% à la charge exclusive de


l'employeur ;

- Branche des accidents du Travail et des maladies professionnelles


(AT/MP) : 2% à la charge exclusive de l'employeur ;

- Branche des retraites : 4% dont 2,40% à la charge de l'employeur et 1,60%


à la charge du salarié.

1.3.2. Du 1er janvier 2010 au 31-12-2013

 LE MONTANT DE L’ASSIETTE
7
Le montant de l'assiette ne doit en aucun cas être inférieur au salaire minimum
interprofessionnel garanti (SMIG) qui est de 30 047 francs à partir de janvier 2012 ;

Le montant du plafond de l’assiette des cotisations a été fixé à 5 100.000 francs cfa
par An, soit 1 275 000 francs cfa par trimestre et 425 000 francs cfa par mois.

 LE TAUX DES COTISATIONS

Le taux global des cotisations sociales est ramené à 20,65% dont 15,40% à la
charge de l’employeur et 5,25% à la charge du salarié. Il se décompose comme suit
en fonction des trois (3) branches gérées.

- Branche des prestations familiales : 8,40% à la charge exclusive


de l'employeur ;

- Branche des accidents du Travail et des maladies


professionnelles (AT/MP)
: 1,75% à la charge exclusive de l'employeur ;

- Branche des retraites 10,50% dont 5,25% à la charge de


l'employeur et 5,25% à la charge du salarié.

1.3.3. A partir du 1er janvier 2014

 LE MONTANT DE L’ASSIETTE

Le montant de l'assiette ne doit en aucun cas être inférieure au Salaire Minimum


Interprofessionnel Garanti (SMIG) qui est 30 047 francs.

Le montant du plafond de l’assiette des cotisations a été ramené à 6 000 000 francs
CFA par An, soit 1 500 000 francs CFA par trimestre et 500 000 francs CFA par
mois.

 LE TAUX DES COTISATIONS

Le taux global des cotisations sociales en vigueur est de 21,65% dont 16,40% à la
charge de l’employeur et 5,25% à la charge du salarié. Il se décompose comme suit :

- Branche des prestations familiales, 8,40% à la charge exclusive


de l'employeur ;

- Branche des accidents du Travail et des maladies


professionnelles (AT/MP), 1,75% à la charge exclusive de l’employeur ;

- Branche des retraites, 11,50% dont 6,25% à la charge de


l'employeur et 5,25% à la charge du salarié.

8
NB : Il convient de préciser qu’à ce taux s’ajoute le taux de 0,5% de la cotisation de
l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi instituée par le décret
N°2002277/PRN/MFP/T du 29 novembre 2002 recouvrée dans les mêmes conditions
que les cotisations de la CNSS.

1.4. Les cas particuliers

- Les fonctionnaires détachés : 10,15% à la charge exclusive de


l’employeur, dont 8,40% au titre des prestations familiales et 1,75% au titre
des accidents du travail et maladies professionnelles.

- Les apprentis et stagiaires : 13,25% dont 1,75% au titre des accidents


du travail et maladies professionnelles à la charge de l’employeur et 11,50%
au titre des pensions dont 6,25% à la charge de l’employeur et 5,25% à la
charge de l’assuré.

- Les assurés volontaires : 12,90% au titre des deux (2) branches, à


savoir 11,50% au titre des pensions et 1,40% au titre des accidents du travail
et maladies professionnelle (en matière d’AT/MP, l’assuré volontaire n’a pas
droit aux indemnités journalières ; ce qui entraine un abattement de 20% sur
le taux de 1,75%). Tout est entièrement à la charge du demandeur.

1.3.3. A partir du 1er juillet 2023

 LE MONTANT DE L’ASSIETTE

Le montant de l'assiette ne doit en aucun cas être inférieure au Salaire Minimum


Interprofessionnel Garanti (SMIG) qui est 30 047 francs.

Le montant du plafond de l’assiette des cotisations a été ramené à 6 000 000 francs
CFA par An, soit 1 500 000 francs CFA par trimestre et 500 000 francs CFA par
mois.

 LE TAUX DES COTISATIONS

Le taux global des cotisations sociales en vigueur est de 21,65% dont 16,40% à la
charge de l’employeur et 5,25% à la charge du salarié. Il se décompose comme suit :

- Branche des prestations familiales, 4,90% à la charge exclusive


de l'employeur ;

- Branche des accidents du Travail et des maladies


professionnelles (AT/MP), 1,75% à la charge exclusive de l’employeur ;

- Branche des retraites, 15% dont 9,75% à la charge de


l'employeur et 5,25% à la charge du salarié.

9
NB : Il convient de préciser qu’à ce taux s’ajoute le taux de 1% de la cotisation de
l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi à compter du 01 janvier 2024.

1.4. Les cas particuliers

- Les fonctionnaires détachés : 6,65% à la charge exclusive de


l’employeur, dont 4,90% au titre des prestations familiales et 1,75% au titre
des accidents du travail et maladies professionnelles.

- Les apprentis et stagiaires : 16,75% dont 1,75% au titre des accidents


du travail et maladies professionnelles à la charge de l’employeur et 15% au
titre des pensions dont 9,75% à la charge de l’employeur et 5,25% à la charge
de l’assuré.

- Les assurés volontaires : 15% au titre des pensions et 1,40% au titre


des accidents du travail et maladies professionnelle à la charge du
demandeur

1.5. Le paiement des cotisations sociales

En matière de cotisations, l'employeur est l'unique débiteur de l'ensemble des


cotisations dues (patronales et ouvrières).

En effet, les textes dispensent le travailleur de procéder directement au paiement de


sa part de cotisations à la CNSS.

A cet effet, l'employeur doit nécessairement précompter sur le salaire du travailleur la


part de ce dernier et la reverser en même temps que la part patronale.

Les cotisations doivent être payées :

 Mensuellement par les employeurs qui occupent 20 salariés ou plus ;

 Trimestriellement par les employeurs qui occupent moins de 20 salariés.

1.5.1. La déclaration et le relevé nominatif des salaires

Tous les employeurs sont tenus d’adresser à la CNSS dans les trente premiers jours
de chaque trimestre, une déclaration qui fait ressortir pour chacun des salariés qu’ils
ont occupés au cours du trimestre écoulé, le montant total, jusqu'à concurrence du
plafond des rémunérations perçues par les intéressés, ainsi que la durée du travail
effectué.

La déclaration a pour but de permettre :

 la mise à jour du fichier des salariés en activité;

 le suivi de la carrière des travailleurs;

10
 la tenue régulière des comptes cotisants employeurs;  la détermination des droits

à prestations des salariés.

1.5.2. Les sanctions à l’endroit de l’employeur

Conformément à l’article 33 du décret 2005-64/PRN/MFPT du 11 mars 2005 :« les


cotisations qui ne sont pas acquittées dans les délais prévus sont majorés de 5%.
Une nouvelle majoration de 2% est applicable à l’expiration d’un délai de trois mois à
compter de la date d’échéance des cotisations.
A ces pénalités s’ajoute une majoration forfaitaire de 200 francs par salarié et par
mois en cas de retard dans la production de la déclaration ».

CHAPITRE 2 : LE REGIME DES PRESTATIONS FAMILIALES

Ce régime est Institué par le Décret 65-116 du 18 Août 1965, la branche des
Prestations Familiales est la première des trois (03) branches gérées par la Caisse
Nationale de Sécurité Sociale du Niger. Elle est financée par les cotisations à la
charge exclusive de l’employeur, soit 8,40% de la masse salariale.
Sont bénéficiaires des Prestations Familiales selon l’article 05 du Décret 65-116 du
18 Août 1965 :

-les travailleurs visés à l’article 02 du Code du Travail exerçant leur activité sur le
territoire de la République du Niger et ayant à leur charge un ou plusieurs enfants
résidant au Niger ;

-les travailleurs déplacés pour les besoins de leur travail hors du territoire de la
République du Niger et qui ne perçoivent pas de prestations familiales au titre de la
législation du pays de résidence ;

-les travailleurs dont les enfants résident hors du territoire de la République du


Niger et qui ne perçoivent pas de prestations au titre de la législation du lieu de
résidence des enfants.

Bénéficient également des prestations familiales selon les dispositions des


articles 11 et 12 du décret 65-116 du 18 Août 1965 :

-les allocataires retraités de plus de 55 ans d’âge et justifiant de 20 ans de service


dans une ou plusieurs entreprises ;

-les accidentés du travail atteints d’une incapacité définitive d’un taux supérieur à
66% et les bénéficiaires de rentes d’ayants droit ;

-les veuves non remariées d’allocataires, n’exerçant pas d’activité salariale ou


dont le temps de travail est inférieur au minimum réglementaire, lorsqu’elles assurent
la garde et l’entretien des enfants qui étaient à la charge de l’allocataire décédé ;

11
-les travailleurs appelés sous les drapeaux pour accomplir leur service militaire ou
une période de réserve sur justification et présentation d’un certificat de présence au
corps délivré par le chef de corps ;

-les travailleurs en chômage dans la limite de six (06) mois ; la cause du chômage
doit être dûment constatée par l’inspecteur du travail.

2.1. Les conditions d’ouverture des droits Trois


conditions sont exigées :

 L’exercice d’une activité professionnelle

Prévue à l’article 05 du décret 65-116 du 18Août 1965, l’activité professionnelle dans


le mois doit être au moins égale à 18 jours de travail ou 120 heures de travail effectif
et assurer à l’allocataire une rémunération mensuelle au moins égale au Salaire
Interprofessionnel Garanti(SMIG).

Sont comptés également comme temps de service ouvrant droit aux prestations
familiales conformément aux dispositions de l’article 10 du Décret susvisé :

-les absences pour congé régulier et pour accidents du travail ou maladies


professionnelles ;

-les absences pour maladies dûment constatées par un médecin agréé dans la
limite de six (06) mois ;

-les périodes de repos des femmes en couches prévues à l’article 103 du Code
du Travail ;

-les périodes de chômage en cas de force majeure dans la limite de six (06)
mois ;

-le temps passé sous les drapeaux au titre du service militaire légal.

 La période de stage

Selon les dispositions de l’article 08 du Décret 65-116, l’activité de service prévue à


l’article 05 doit s’exercer chez un ou plusieurs employeurs depuis au moins six (06)
mois consécutifs au Niger ou dans tout autre pays accordant par convention
internationale aux ressortissants nigériens des avantages réciproques en matière de
législation de sécurité sociale.

 Les enfants à charge


Sont considérés comme enfants à charge du travailleur au sens de l’article 12 du
Décret 65-116 du 18 Août 1965 :

12
-les enfants issus du mariage de l’allocataire à condition que ce mariage soit
inscrit à l’état civil ;

-les enfants que la femme de l’allocataire a eu d’un précédent mariage lorsqu’il y


a eu décès régulièrement déclaré ou divorce judiciairement prononcé et sauf lorsque
les enfants sont restés à la charge du premier mari ou que ce dernier contribue à leur
entretien ;

-les enfants ayant fait l’objet d’adoption par le travailleur marié en conformité avec
les dispositions du droit civil ou d’une légitimation adoptive conformément aux règles
du droit civil ;

-les orphelins dont la charge a été confiée à l’allocataire ou son conjoint par
décision judiciaire ;

-les enfants naturels dont la filiation avec l’allocataire ou son épouse a été
légalement constatée.

2.2. La constitution des dossiers de prestations familiales


Les dispositions de l’article 13 précisent que l’ouverture du droit aux différentes
prestations est subordonnée à l’établissement d’une demande sur imprimé spécial,
délivré par la CNSS, signé par l’assuré et son employeur.

Cet imprimé doit comporter la profession du ou des conjoints et indiquer lorsque le


conjoint est fonctionnaire s’il est en activité, détaché ou retraité.

Le dossier des prestations outre la demande est constitué des pièces ci-après :

- la photocopie des deux premières pages du livret d’assurance ;

- une copie certifiée conforme de l’acte de naissance du travailleur ;

- une copie conforme de l’acte de mariage ; en cas de polygamie, le


demandeur doit joindre autant d’actes de mariage que d’épouses ;

- les copies conformes des actes de naissance des enfants âgés de


moins de 21 ans ;

- le(s) certificat de reconnaissance des enfants nés hors mariage ;

- l’acte de divorce ou de répudiation des épouses ;

- une copie conforme de l’acte de décès de la conjointe (en cas de


décès) ;

- éventuellement, la décision de révocation du fonctionnaire, ou, de


licenciement du travailleur ;

13
- deux (02) photos d’identité du bénéficiaire.

Enfin, si le mari est en chômage et que la femme désire transférer les enfants à son
compte, elle doit fournir l’attestation de chômage du mari ; au cas où la charge n’est
pas précisée, joindre un certificat de charge délivré par la justice. Le transfert des
enfants au compte de la femme n’est pas irréversible.

S’agissant du dossier d’indemnités journalières, il concerne les femmes salariées en


couches. Il est constitué des pièces ci-après :

- une copie conforme de l’acte de naissance de la femme ; - un certificat


de grossesse des trois premiers mois ;
- une décision de congé de maternité délivrée par l’employeur ;
- un certificat de cessation de service ;
- le bulletin de salaire du mois précédant les congés de maternité ;
- le certificat d’accouchement délivré par la formation sanitaire où a lieu
l’accouchement ;
- et le certificat de reprise de service délivré par l’employeur.
La période de congés de maternité s’étale sur quatorze (14) semaines dont six (06)
avant et huit (08) après l’accouchement. Toutefois, l’article 50 du décret susvisé
précise qu’en cas de repos supplémentaire justifié par la maladie résultant de la
grossesse ou des couches, le congé de maternité peut être prolongé jusqu’à
concurrence de trois (03) semaines.

L’indemnité journalière continue à être due pendant cette période sous réserve d’une
demande adressée à la CNSS accompagnée :

-d’un certificat médical constatant l’inaptitude à reprendre le travail à l’expiration


de la période de huit (8) semaines suivant les couches et établissant que l’inaptitude
résulte de maladie consécutive à la grossesse ou aux couches ;

-d’une attestation de son employeur qui prouve que le travail n’a pas été repris à
l’expiration de la période de huit (8) semaines.

2.3. Les prestations servies

Les prestations servies par le régime des prestations familiales comprennent :

2.3.1. Les Allocations Prénatales (AP)

La femme salariée ou la conjointe d’un travailleur salarié en état de grossesse doit


subir trois (03) examens médicaux aux époques et dans les conditions définies ci-
après, pour avoir droit aux allocations prénatales qui sont d’un montant de13
500FCFA payables en trois (03) tranches :

14
-le premier examen prénatal a lieu avant la fin du 3ème mois de grossesse et le
montant est de 3 000F.

-le deuxième examen prénatal a lieu vers le 6 ème mois de grossesse et le montant
est de 6 000F ;

-le troisième examen prénatal a lieu vers le 8 ème mois de grossesse et le montant
est de 4 500F.

Ces différents examens obligatoires sont certifiés sur des feuillets ad hoc du carnet
de grossesse et de maternité délivré par la CNSS et tout examen non subi fait perdre
le bénéfice de la tranche correspondante.

2.3.2. Les Allocations de maternité

Elles sont attribuées à toute femme salariée ou conjointe d’un travailleur salarié qui
donne naissance sous contrôle médical à un enfant né viable et régulièrement inscrit
à l’état civil. Le montant de l’allocation de maternité est de 15 000F payables en trois
tranches :

- la moitié d’un montant de 7 500F est payée à la naissance sur


production du certificat d’accouchement du carnet de grossesse et de maternité ;

- le ¼ d’un montant de 3 750F lorsque l’enfant atteint six (06) mois ;

- le dernier ¼ d’un montant de 3 750F lorsque l’enfant atteint un an.

2.3.3. Les Allocations au foyer du travailleur

Elles sont versées au travailleur à l’occasion de la naissance de chacun des trois


premiers enfants issus de son premier mariage contracté par devant l’officier d’état
civil ou d’un mariage subséquent lorsqu’il a eu décès régulièrement déclaré. D’un
montant de 15 000F, elles sont payées dans les mêmes conditions et les mêmes
modalités et au vu de la présentation des mêmes documents que l’allocation de
maternité.

2.3.4. Les Allocations Familiales

Conformément à l’article 38(nouveau) du Décret N° 2015 – 546/PRN/MET/SS du 14


octobre 2015, elles sont attribuées au travailleur salarié pour chacun des enfants à
charge, dans les conditions prévues à l’article 12, âgés de plus d’un (01) an et de
moins de seize (16) ans. Cette limite d’âge est portée à dix-huit (18) ans pour l’enfant
placé en apprentissage et (21) ans pour l’enfant qui poursuit des études ou si par
suite d’infirmité ou de maladie incurable, il est dans l’impossibilité de se livrer à un
travail salarié.

15
Les allocations familiales sont maintenues pendant les périodes de vacances
scolaires, y compris les vacances qui suivent la fin de scolarité, et l’interruption
d’études ou d’apprentissage pour cause de maladie, dans la limite d’une année à
partir de l’interruption.

L’attribution des bourses d’enseignement ou d’apprentissage ne fait pas obstacle à


l’attribution de l’allocation, sauf lorsque le boursier bénéficie d’une bourse entière
d’entretien et que l’apprenti perçoit une rémunération au moins égale à la moitié du
SMIG.

Les enfants qui perçoivent des salaires ou gains supérieurs au SMIG ne sont pas
considérés comme enfants à charge.

Le montant de cette allocation est actuellement de 1 500F par mois et par enfant à
charge (article 62 nouveau du décret précité). Selon l’article 41 du Décret 65-116 du
18 Août 1965, les allocations familiales sont liquidées par mois et payables à terme
échu et à intervalles réguliers de trois mois. Elles sont payées à partir du 1 er jour du
mois qui suit celui du premier anniversaire de l’enfant ; en cas de décès, elles sont
dues pour le mois entier du décès.

Conformément à l’article 42 du décret susvisé, les allocations familiales sont versées


à la mère sauf dans les cas ci-après :

- en cas de décès de la mère, de divorce prononcé judiciairement et ne laissant


pas l’enfant à sa garde ; les allocations sont versées à la personne qui a la garde et
la charge de l’enfant ;

- lorsque la mère attributaire se trouve dans l’impossibilité matérielle d’assumer


la charge et la garde de l’enfant ; les allocations sont payées à la personne désignée
par l’allocataire qui a la charge et la garde permanente de l’enfant ;

- lorsqu’un tuteur aux allocations a été désigné par la juridiction compétente


dans les conditions déterminées par les articles 76 et suivants de la loi N°65-23 du
15 Mai 1965 portant règles de gestion du contentieux relatif à la sécurité sociale.

2.3.5. Les indemnités journalières

L’article 48 du décret 65-116 du 18 Août 1965 prévoit le versement d’une indemnité


journalière (appelée aussi demi traitement) à la femme salariée pour la durée de
l’arrêt du travail dans la limite de six (06) semaines avant et de huit (08) semaines
après l’accouchement.

L’article 49 du même décret précise que le bénéfice de cette indemnité est accordé à
condition que la femme salariée :

16
-justifie de sa qualité de salarié dans les conditions définies aux articles 08 et 09
du décret 65-116 du 18 Août 1965 ;

-fasse constater son état par un médecin ou une sage-femme et transmettre à la


CNSS le certificat d’examen médical délivré ;

-suspendre effectivement l’exercice de sa profession ; la preuve de cette


suspension étant produite par l’attestation de son employeur ;

-justifie du salaire effectif perçu lors de la cessation du travail en produisant à la


CNSS le dernier bulletin de paie.

Si l’employeur maintient à la femme salariée pendant la période de repos légal de


couches tout ou partie de son salaire il est subrogé de plein droit à l’intéressée dans
les droits de celle-ci aux indemnités journalières qui lui sont dues sous les conditions
suivantes :

-l’employeur doit être en règle au regard de ses obligations vis-à-vis de la CNSS ;

-La partie du salaire payée par l’employeur doit être au moins égale à l’indemnité
due par la CNSS.

2.3.6. Le remboursement des frais d’accouchement

Conformément à l’article 54 du décret 65-116 du 18 Août 1965, la femme salariée qui


remplit les conditions fixées au titre II du décret susvisé, a droit au remboursement,
sur justification, des frais d’accouchement réellement supportés et le cas échéant
des soins médicaux, dans les limites des tarifs des formations sanitaires
administratives. Les soins médicaux sont ceux qui auront pu être occasionnés par la
maladie résultant de la grossesse ou des couches.

La demande de remboursement doit être appuyée de la facture délivrée par


l’organisme hospitalier où a eu lieu l’accouchement ou par le médecin ou la sage-
femme ayant procédé à l’accouchement.

En cas de grossesse interrompue avant terme, les frais médicaux sont également
remboursés à condition que l’allocataire ait déposé à la CNSS le premier certificat
exigé à l’article 22.

En conclusion, pour bénéficier de toutes ces prestations, l’assuré dispose d’un délai
de deux (02) ans à compter de la date à laquelle il a satisfait à la période de stage de
six (06) mois de travail consécutif chez ou plusieurs employeurs. Passé ce délai, il ne
peut prétendre qu’au paiement des allocations pour une période antérieure de six
(06) mois à partir de la date de réclamation, sauf décision contraire de la commission
de recours gracieux du conseil d’administration saisie sur simple requête dans un
délai de deux mois pour compter de la notification du rejet du dossier.

17
Les enfants nés après la retraite ne seront pris en charge que lorsque la grossesse a
été contractée avant la cessation d’activité salariée.

Le dossier des prestations familiales ne peut être accepté après le licenciement ou la


démission du travailleur.

CHAPITRE 3 : LE REGIME DES ACCIDENTS DU TRAVAIL ET DES MALADIES


PROFESSIONNELLES

Cette branche gérée par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale a été instituée par
le décret 65-117 du 18 Août 1965 portant détermination des règles de gestion par la
Caisse Nationale de Sécurité Sociale du régime des accidents du travail et des
maladies professionnelles.

Au sens de l’article 6 du décret 65-117 sont couverts par cette branche :

 le travailleur salarié tel que défini à l’art. 2 du code du travail ;


 l’assuré volontaire ;
 les fonctionnaires détachés et les fonctionnaires retraités employés
comme travailleurs salariés ;
 Les détenus exécutant un travail pénal ;
 Les élèves des établissements d’enseignement technique et les
personnes placées dans des centres de formation, de réadaptation
fonctionnelle et de rééducation professionnelle ;
 Les apprentis et les stagiaires ;
 Les PDG et DG des sociétés Anonymes ;
 Les gérants des SARL sous certaines conditions ;
 Les membres des sociétés coopératives et leurs préposés.
Contrairement aux autres branches gérées par la CNSS, il n’est pas exigé que le
travailleur ait accompli un temps de travail avant l’accident, c’est-à-dire qu’il peut y
avoir droit dès son embauche : qu’il soit à l’essai ou payé à l’heure.

3.1. La définition de l’accident du travail, de la maladie professionnelle et de la


maladie à caractère professionnel

3.1.1. L’accident du travail (art.5 du décret 65-117 du 18 Août 1965)

18
« Est considéré comme accident du travail, quelle qu’en soit la cause, l’accident
survenu par le fait ou à l’occasion du travail à tout travailleur soumis aux
dispositions du Code du travail ».

Dans la pratique, trois conditions doivent être réunies :

 l’accident doit survenir du fait ou à l’occasion du travail ;

 l’action ayant provoqué l’accident doit être soudaine, inattendue,


imprévisible et résulter d’une cause extérieure ;
 qu’il y ait un lien de cause à effet entre les lésions subies et l’accident.
Est également considéré comme accident du travail, lorsque la victime
ou ses ayants droit apportent la preuve que l’ensemble des conditions
ci-après sont remplies ou lorsque l’enquête permet à la CNSS de
disposer de présomptions suffisantes :

 L’accident qui survient au travailleur sur le trajet d’aller et de retour


entre sa résidence principale, une résidence secondaire présentant un
caractère de stabilité ou tout lieu où le travailleur se rend de façon
habituelle pour des motifs d’ordre familial et le lieu de travail ; à
condition que le parcours ne soit pas interrompu, ni détourné pour un
motif dicté par l’intérêt personnel ou indépendant de l’emploi.
 L’accident qui survient au travailleur pendant les voyages dont les frais
sont mis à la charge de l’employeur (mission, affectations …) par le
Code du travail.
La présomption d’imputabilité n’existe pas en matière d’accidents de trajet qui sont,
en principe, des accidents de la circulation ; la charge de la preuve incombant à la
victime.

3.1.2. La maladie professionnelle

La maladie professionnelle se définit comme ‘’toute affection résultant de l’action


continue de l’emploi et du milieu dans lequel l’assuré est tenu de travailler à
condition qu’elle figure sur la liste des maladies annexée au décret 65-117 du
18 août 1965 ».

19
Au regard de cette liste, les conditions essentielles suivantes déterminent cette
présomption :

• être atteint de l’une des affections inscrites à un tableau ;


• avoir été exposé au risque défini au même tableau ;
• ce qui implique que la preuve de cette exposition doit être rapportée ;
cette preuve incombe à la victime ou ses ayants droit.

3.1.3. La maladie à caractère professionnel

Elle constitue un cadre très particulier, malheureusement souvent méconnu. Il s’agit


d’affections non inscrites au tableau des maladies professionnelles indemnisables,
mais susceptibles d’être en relation avec les conditions de travail. La déclaration de
ces maladies est obligatoire.

Ces déclarations revêtent une importance capitale. C’est en effet à partir d’elles que
sont établis les nouveaux tableaux de maladies réparées. La reconnaissance du
caractère professionnel de certaines pathologies n’est acquise que lorsque de
nombreuses déclarations ont ainsi été réalisées.

3.2. Les formalités à remplir en cas d’accidents du travail ou de maladies


professionnelles

Ces formalités de caractère obligatoire concernent essentiellement l’employeur et la


victime ; mais d’autres personnes ont aussi un rôle important à jouer.

3.2.1. Les obligations de la victime ou des ayants droit

La victime d’un accident du travail doit, dans la journée où l’accident s’est produit ou
au plus tard dans les 24Heures, sauf cas de force majeure, d’impossibilité absolue
ou de motifs légitimes, informer ou en faire informer l’employeur ou ses préposés. En
cas d’impossibilité (blessure graves ou décès) ce rôle est dévolu aux ayants droit,
aux délégués du personnel ou aux délégués syndicaux.

3.2.2. Les obligations de l’employeur

20
Il est tenu :

• d’assurer à la victime les soins de première urgence (le 1 er jour de


traitement intégralement à sa charge) et prévenir s’il en existe, le
médecin d’entreprise ;
• d’évacuer la victime vers la structure sanitaire la plus proche et la mieux
appropriée ;
• de déclarer dans les 48 heures, l’accident, à la Caisse Nationale de
Sécurité Sociale et à l’inspection du travail du lieu de l’accident ;

• de délivrer un carnet d’accident à la victime (dans lequel seront


consignés les différents actes médicaux et frais honoraires) nécessaire à
l’indemnisation gratuite des soins ;
• d’adresser à la CNSS une attestation d’arrêt de travail pour l’éventualité
du calcul des indemnités journalières.
3.2.3. Les prestations servies par la branche des accidents du travail et
maladies professionnelles

Deux types de prestations sont servis par la branche à savoir les prestations en
nature et les prestations en espèces.

 Les prestations en nature

Elles sont de deux ordres : Les soins médicaux et les mesures d’insertion
sociale.

Les soins médicaux : ce sont les frais médicaux proprement dits mais aussi les frais
pharmaceutiques, d’hospitalisation et chirurgicaux occasionnés par l’état de la
victime. Ces différents frais ont pour objectif d’accélérer l’établissement de la victime
en vue de sa réintégration dans la vie active.

Les mesures d’insertion sociale : Les séquelles ayant pour conséquence de


diminuer physiquement la victime de l’accident, il est important de penser à lui
restituer sa capacité de travail et de la réintégrer dans la vie active et sociale ; c’est
dans ce sens qu’il est prévu, en plus des soins médicaux et accessoires, de :

21
• lui fournir les appareils de prothèse et d’orthopédie et de veiller à leur
entretien ;
• lui assurer une rééducation professionnelle dans un centre de formation
pour lui apprendre un nouveau métier ;
• lui assurer une réadaptation fonctionnelle lui permettant d’accomplir les
actes de la vie courante en dépit de son nouvel état.

Enfin, les frais funéraires et les frais de transport de la dépouille jusqu’au lieu de la
sépulture sont pris en charge par la CNSS, sur présentation de pièces justificatives.

 Les prestations en espèces

Ce sont les indemnités journalières et les rentes d’incapacité de travail.

Les indemnités journalières : Lorsque l’accident du travail ou la maladie


professionnelle indemnisable est suivi d’arrêt de travail temporaire, la Caisse accorde
le paiement d’indemnités journalières. Cette indemnité, égale au demi salaire
journalier, est réglée du premier jour qui suit l’accident (le jour de l’accident doit être
payé intégralement par l’employeur) jusqu’au 29ème jour ; elle est portée aux 2/3 à
compter du 30ème jour de l’accident. Le salaire journalier s’obtient en divisant le
salaire du mois précédant l’accident par le nombre de jours ouvrables du dit mois. De
même, le salaire servant de base de calcul de l’indemnité journalière du travailleur
âgé d’au moins 18 ans ne peut être inférieur au salaire visé à l’art. 77 ni dépasser 1%
du maximum de la rémunération annuelle visée à l’art.21 alinéa 2 du Décret 65-115
soit 30 000 frs. Ces indemnités sont servies sans limitation de durée jusqu’à la
guérison ou la consolidation de la blessure.

La rente visant à compenser la perte de la capacité de travail résultant des séquelles


de l’accident ou la perte de salaire en cas de décès elles sont versées soit à la
victime, soit à ses ayants droit. Elles sont calculées à partir :

- D’un taux utile (déterminé à partir du taux d’incapacité fixé par le


contrôle médical de la Caisse) ;

22
- Et du salaire brut perçu par la victime au cours des 12 mois précédant
l’arrêt de travail qui subit également une correction.

3.2.4. La détermination du taux utile ou taux d’incapacité pondéré(TIP)

Le taux utile est le taux utilisé pour le calcul de la rente. Ce taux est calculé à partir
du taux attribué à la victime par le médecin conseil de la Caisse Nationale de
Sécurité Sociale.

Ce taux est ainsi égal à la moitié du taux d’incapacité fixé par le médecin conseil si le
taux est inférieur ou égal à 50% ; il est augmenté de moitié pour la partie excédant
les 50%. Exemple : le taux utile d ‘une victime ayant un taux d’incapacité de 80%
sera de : (50 :2) + 30 + (30 :2) = 25 +30+15= 70 soit en définitive 70 % pour le calcul
de la rente.

La détermination du salaire annuel utile(SU)

Ce salaire se détermine en tenant compte des paramètres suivants :

- aucune rente ne peut être calculée sur un salaire annuel inférieur au


SMIG annuel indexé (qui correspond à 30.047 F x 1,4 x12 = 504.789 F arrondi à
505.000F) si le taux d’incapacité fixé est supérieur ou égal à 10%. Si le taux est
inférieur à 10%, le SMIG annuel, applicable pour le calcul de la rente, n’est pas
indexé. Dans ce cas, le SMIG annuel est de 30.047 x 12 = 360.564 F

- lorsque le salaire annuel dépasse 6 fois le SMIG indexé, le


supplément n’est pris en compte que pour le tiers. Ainsi la partie excédant
3.030.000F (505.000FX 6) n’est prise en compte que pour le tiers.

- Aucune rente ne peut être calculée sur le supplément dépassant 25 fois


le SMIG indexé soient 12.625.000.

Ainsi la rente d’une victime ayant 13 500 000 F de salaire annuel sera calculée sur le
salaire indexé suivant :

3.030.000F + (12.625.000 –3.030.000) = 6.228.333F

23
Ainsi aucun salaire supérieur à 6.22.333 F ne peut être pris en compte dans le
calcul de la rente.

Le montant de la rente

R = S.U X T.I.P (SU= Salaire corrigé et TIP= Taux d’Incapacité Pondéré)

Le paiement de la rente

La périodicité de paiement de la rente est fonction du taux fixé par le médecin conseil
:

- elle est annuelle quand le taux est inférieur ou égal à 10%,

- trimestrielle lorsque ce taux est supérieur à 10% mais inférieur à


75 %

- elle est mensuelle si ce taux dépasse 75%.

En cas d’accident du travail ayant entraîné la mort de la victime, des rentes


survivants sont versées aux ayants droit à raison de :

- 30 % pour la veuve ou les veuves (répartis à parts égales en cas


de pluralité de veuves).

-15 % pour chacun des 2 premiers enfants et 10% pour les autres orphelins de
père ou de mère.

- 20% pour l’orphelin de père et de mère.

3.3. Le rachat de rente

La victime d’un accident du travail bénéficiaire d’une rente peut en demander le


rachat dans les limites suivantes :

- rachat total s’il s’agit d’une rente d’un taux inférieur ou égal à 10 % après
perception d’au moins une échéance annuelle ;

- au quart et dans un délai de 5 ans après consolidation si le taux de la rente est


au plus égal à 50 % ;

24
- dans la limite du quart du capital correspondant à un taux de 50 % pour une
rente d’un taux supérieur à 50%.
En conclusion, la victime d’un accident de travail, ainsi que les ayants droit en cas de
décès disposent d’un délai de 2 ans à compter de la date de l’accident ou de la
maladie pour réclamer leurs droits ; dans le cas contraire, ces droits sont prescrits ;
sauf recours introduit auprès de la Commission de Recours Gracieux (CRG).

CHAPITRE 4 : LE REGIME DES RETRAITES A LA CNSS

Relevant initialement de l’Institut de Prévoyance de Retraites de l’Afrique


Occidentale(IPRAO), la gestion de la branche des pensions a été confiée à la CNSS
par Décret 67-025 du 2 Février 1967 portant détermination des règles de gestion du
régime des retraites.

La présente communication qui a comme thème le régime des retraites géré par la
CNSS s’articulera autour des 4 principaux points suivants :

• Champ d’application et éventualités couvertes par le régime


• Conditions d’ouverture des droits
• Détermination et service des prestations
• Constitution des différents types de dossiers
Ce régime s’adresse aux travailleurs salariés visés à l’article 2 du code du travail
ainsi qu’à leurs ayants droit.

Pour bénéficier des avantages de ce régime les travailleurs doivent être immatriculés
à la CNSS et régulièrement déclarés par leurs différents employeurs. Leurs ayants
droit sont :

 La veuve ou le veuf (invalide à la charge de l’assurée décédée) à condition


que le mariage ait été contracté un an au moins avant la cessation de l’activité
salariée ;
 Les enfants tels qu’ils sont définis par la réglementation des prestations
familiales (enfants naturels reconnus, légitimes ou adoptés âgés de 1 à 21 ans
au plus sous certaines conditions).

Ce régime couvre les 3 éventualités suivantes :

- La vieillesse normale ou anticipée pour le travailleur âgé de 60 ans ou 55 ans


atteint d’une usure prématurée de ses facultés physiques ou mentales ;

25
- L’invalidité du travailleur, qui par suite de maladie ou d’accident d’origine non
professionnelle subit une diminution permanente de ses facultés ;
- Et le décès du travailleur à la suite duquel des prestations sont servies à ses
ayants droits.

4.1. Les conditions d’ouverture des droits et constitution des dossiers

Il existe deux types de conditions ; celles dites générales propres à la plupart des
prestations de la branche et les conditions particulières à chaque type de prestation.

Pour en bénéficier des dossiers doivent être constitués et déposés dans un délai à la
CNSS.

4.1.1. Les conditions générales à remplir

Elles sont relatives à l’âge requis, l’accomplissement d’une période


d’immatriculation, la justification d’une durée minimale d’assurance et à la cessation
de l’activité salariée.

a. L’âge requis

Cette condition est exigée pour les avantages vieillesse et n’est pas applicable aux
avantages invalidité et de survivant. L’âge requis est ainsi de :

 60 ans en matière de pension vieillesse normale avec une option pour les
femmes qui peuvent en bénéficier dès qu’elles ont 55 ans ;  55 ans en matière
de pension de vieillesse anticipée.

b. La durée d’immatriculation

Cette condition est exigée en vieillesse et en invalidité ; elle est de :

 15 ans pour les pensions de vieillesse et de 5 ans en matière d’invalidité sauf


lorsque celle-ci découle d’un accident où l’invalide doit cependant prouver qu’il
est immatriculé à la Caisse ou qu’il occupe un emploi assujetti à l’assurance
avant l’accident.
 Elle n’est nulle part exigée en matière de pensions de survivant.

c. La durée d’assurance

Cette durée varie suivant la catégorie de prestation. Ainsi :

- 180 mois d’assurance pour les pensions de vieillesse ;


- 6 mois d’assurance au cours des 12 mois précédant le début la maladie
conduisant à l’invalidité matière d’invalidité ;

26
- Et 12 mois d’assurance minimale pour bénéficier d’une allocation de
vieillesse ou de survivant.

d. La cessation de l’activité salariée

Seule en matière d’invalidité, cette condition n’est pas exigée à l’assuré.

Ainsi, en matière de pension de vieillesse, la reprise de l’activité salariée amène la


Caisse à suspendre la pension.

4.1.2. Les conditions particulières

a. En matière de pension de vieillesse

Une seule existe en matière de vieillesse anticipée où il est exigé une usure
prématurée des facultés physiques ou mentales de l’assuré, constatée par un
médecin.

b. En matière d’invalidité

Cette condition ressort de la définition de l’invalidité qui est la diminution permanente


des capacités physiques ou mentales de l’assuré, dûment constatée par un Médecin
agrée, le rendant incapable de gagner plus d’un tiers de la rémunération qu’un
travailleur de la même formation peut se procurer par son travail.

c. En matière de pension de survivant

Les conditions particulières sont de 2 ordres :

- Pour le veuf, il doit être invalide à la charge de l’assurée décédée, leur


mariage doit avoir été contracté au moins un an avant la cessation
d’activité,
- Pour la veuve, le mariage doit avoir été contracté au moins 1 an avant la
cessation de l’activité salariée ou avant la transformation de la pension
d’invalidité en pension de vieillesse normale.

4.2. La détermination des prestations

Les prestations de la branche des pensions sont déterminées à partir de trois (3)
éléments essentiels à savoir la rémunération mensuelle moyenne ; la période
d’assurance accomplie et la date de dépôt du dossier.

4.2.1. La rémunération mensuelle moyenne

Elle se définit comme la moyenne des 36 ou 60 rémunérations de l’assuré soumises


à cotisation lors des 3 ou 5 dernières années précédant sa date d’admissibilité à
pension, le montant retenu étant celui le plus avantageux pour l’assuré. Elle s’obtient
ainsi en divisant par 36 ou 60 le total des salaires (tirés du compte individuel ou du
27
certificat d’emploi et de salaires) des 3 ou 5 dernières années d’activité du salarié.
Elle ne peut être inférieure au Smig en vigueur ni supérieure au plafond des
cotisations.

4.2.2. La période d’assurance accomplie

C’est la période totalisée par l’assuré et résultant de l’exploitation du relevé de son


compte individuel ou de son livret d’assurance (auxiliaires) c’est à dire en fait toute la
période au cours de laquelle il a exercé une activité assujettie à l’assurance : activité
salariée de 13 jours par mois au cours de laquelle les cotisations sociales ont été
payées.

Il existe aussi des périodes assimilées d’assurance qui sont des périodes pendant
lesquelles l’assuré n’a pas exercé mais que l’on valide comme des périodes
d’assurance.

4.2.3. Le montant de la pension

Une fois que la R.M.M a été déterminée, il ne restera plus qu’à calculer le montant de
la prestation qui s’obtient ainsi en multipliant la R.M.M. par le taux déterminé.

Pour les survivants il est procédé à la répartition de la pension qu’il touchait où à


celle qu’il aurait perçue à raison de :

 50 % pour la veuve repartis à parts égales


 25 % pour chaque orphelin de père ou de mère et 40 % pour l’orphelin de père
et de mère.

L’allocation de vieillesse sous forme d’un versement unique se calcule en multipliant


la rémunération mensuelle moyenne de l’assuré par le nombre de période de 12
mois d’assurance qu’il a accomplis.

L’allocation de survivant, versement unique accordé aux ayants droit d’un assuré qui
ne remplit pas les conditions pour bénéficier d’une pension de vieillesse ou
d’invalidité et comptant moins de 15 années s’obtient en multipliant le montant
théorique de l’assuré décédé par le nombre de périodes de 6 mois qu’il totalise.

4.2.3.1. La date de dépôt du dossier


La date de dépôt du dossier à la CNSS permet de déterminer la date d’effet de la
pension. Ainsi :

 Lorsque le dossier est déposé dans les 6 mois de la cessation d’activité, la


date d’effet correspond au 1er jour du mois civil suivant la date à laquelle
toutes les conditions requises sont remplies.

28
 Lorsque le dossier est déposé à l’expiration du délai de 6 mois, les droits
courent à partir du 1er jour du mois civil suivant la date de son dépôt.
Exemple : pour un travailleur qui cesse son activité salariée le 31.12.2007 il y
a 2 cas de figure :
o S’il dépose le dossier entre le 1 er Janvier et le 30 Juin 2008, la date d’effet de
ses droits sera le 1er Janvier 2008.
o Si le dossier est introduit le 15 Juillet les droits prendront effet pour compter du
1er Août 2008.

Il convient de souligner qu’il y a aussi une période dite de prescription (2 ans au-delà
desquels si le dossier est introduit, les droits sont prescrits) ; sauf décision contraire
de la Commission de Recours Gracieux ou des Tribunaux.

4.2.3.2. Les formalités à accomplir


Pour bénéficier du paiement régulier des pensions les bénéficiaires sont astreints
à l’accomplissement des formalités suivantes :
o Fournir au 1er Janvier de l’année un certificat de vie pour les bénéficiaires de
pensions de vieillesse ou d’invalidité et un certificat de non remariage pour les
bénéficiaires de pensions de survivant veuve.

o Fournir un certificat de consultation médicale trimestriellement pour les


orphelins de moins de deux (2) ans et semestriellement pour ceux âgés de
deux (2) à six(6) ans et un certificat de scolarité en début d’année scolaire
pour les enfants admis à l’école.

4.2.3.3. La suspension et l’extinction des droits

Les prestations de pensions peuvent être suspendues pour les raisons suivantes :

o non production des pièces périodiques requises (certificats de vie, de non


remariage, de consultation médicale, de scolarité) ;
o Résidence hors du territoire national en l’absence d’une convention en matière
de sécurité sociale entre le Niger et le pays de résidence ;
o Condamnation à une peine privative de liberté.

Les prestations de pensions sont supprimées dans les cas suivants :

o Remariage de la veuve ; o Limite d’âge de l’orphelin.

4.2.4. La constitution des différents types de dossiers

La constitution des dossiers varie selon qu’il s’agisse d’un dossier, de vieillesse,
d’invalidité ou de survivant.

29
a. Les dossiers de vieillesse et d’invalidité Ils

sont constitués de :

o Une demande sur imprimé CNSS devant comporter le numéro SS, les nom et
prénom de l’assuré, la date et le lieu de naissance ainsi que ceux de ses
épouses et enfants à charge ;
o Le livret d’assurance dûment signé ;
o Les pièces d’état civil de l’assuré des épouses et des enfants mineurs à
charge.
o La décision de mise à la retraite et le certificat d’emploi et des salaires pour les
auxiliaires de l’Etat ;
o Quatre (4) photos d’identité de l’assuré ;
o Les numéros de compte bancaire et de téléphone et l’adresse à laquelle il
souhaiterait percevoir sa pension.

Les dossiers de pensions de vieillesse et d’invalidité doivent comprendre en plus : o

Un certificat médical dûment signé du Médecin traitant ;

o Et une attestation d’inaptitude de l’employeur certifiant que l’assuré a cessé


son activité par suite d’inaptitude.

b. Les dossiers de pensions de survivant

Ces dossiers se composent de :

o Une demande sur imprimé CNSS ;


o Le livret d’assurance dûment signé ;
o La carte d’inscription de pensionné lorsqu’il s’agit d’un bénéficiaire de
pension ;
o Les pièces d’état civil du défunt, des épouses et des enfants à charge ; o Le
certificat d’emploi et de salaires (auxiliaire) ;
o L’acte de décès ;
o Le P.V. de conseil de famille et le certificat d’hérédité ;
o Les certificats de non remariage, de consultation médicale et de scolarité des
orphelins.

c. Les dossiers de remboursement de cotisations

Ces dossiers comprennent une demande manuscrite ; le livret d’assurance ; le relevé


des cotisations du service solde ; la décision d’engagement ; la décision d’intégration
dans le corps des cadres ; deux (2) photos d’identité.

30
De par leur essence, les pensions sont un revenu de remplacement car intervenant
soit à la fin de la carrière du travailleur ou au décès du soutien de famille. C’est donc
pour ces raisons qu’il est important que le délai de traitement de tels dossiers soit
réduit pour éviter de plonger des familles entières dans la précarité.

31

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