Programme EC
Programme EC
ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE
PROGRAMME DU 3e CYCLE
(7e à 9e AF)
EDUCATION À LA
CITOYENNETÉ
Version définitive
Mai 2024
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PRÉAMBULE | Mots du Ministre
C’est avec une profonde conviction que je vous adresse ces mots à l’occasion de la finalisation des nouveaux programmes du
troisième cycle de l’école fondamentale. Ces référentiels ont été élaborés dans le cadre du projet NECTAR, avec l’appui de l’Agence
Française de Développement (AFD), du Consortium et de l’ensemble de nos partenaires institutionnels et techniques, sous la
coordination de la Coordination Générale du Pôle Enseignement et Qualité.
Ces programmes marquent une étape décisive dans l’effort collectif de réforme de notre système éducatif. Fruit d’une démarche
rigoureuse, participative et contextualisée, leur élaboration a été guidée par une volonté commune : répondre aux besoins con crets
des apprenants, soutenir les enseignants et offrir des outils pertinents à l’ensemble de la communauté éducative.
Conscient de l’urgence d’améliorer la qualité des apprentissages, j’ai pris la décision d’introduire des évaluations obligato ires dans
les quatre disciplines principales concernées par ces nouveaux référentiels. Cette mesure vise à consolider les fondations d’un
enseignement plus cohérent, plus équitable, et résolument orienté vers le développement de compétences essentielles. Elle
permettra également un suivi rigoureux de la mise en œuvre, au service de l’efficience pédagogique.
J’ai veillé à ce que l’introduction de ces programmes se fasse de manière graduelle et progressive, en tenant compte des réal ités du
terrain. Cette approche vise à en faciliter l’appropriation par les enseignants et à en maximiser l’impact auprès des élè[Link]
programmes visent à rendre les apprentissages plus accessibles, pertinents et inclusifs, tout en favorisant l’autonomie intellectuelle
des élèves, leur esprit critique, et leur capacité à s’engager en tant que citoyens actifs.
Je tiens à saluer ici le travail remarquable de toutes celles et ceux qui ont contribué à cette avancée majeure : les experts haïtiens et
étrangers, la Coordination Générale du Pôle Enseignement et Qualité, les directions techniques du Ministère, les enseignants, ainsi
que les institutions partenaires engagées à nos côtés. Leur contribution a été précieuse et déterminante.
Je vous invite, chers enseignants, parents, directeurs et responsables éducatifs, à accueillir ces nouveaux référentiels comme des
leviers puissants pour bâtir une école plus vivante, plus juste, et plus fidèle aux aspirations profondes de notre jeunesse et de notre
[Link] le redis:la question la plus importante n’est pas de savoir quelle Haïti nous allons laisser aux prochaines générat ions, mais
quelles générations allons-nous laisser à Haïti ?
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SOMMAIRE
Partie commune 4
L’enseignement fondamental 5
Éducation à la Citoyenneté 23
3
Partie commune
Pourquoi ces programmes ?
Le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a entrepris depuis plusieurs années une
vaste rénovation du système éducatif afin d’assurer la pleine réussite de tous les jeunes Haïtiens et de toutes les jeunes
Haïtiennes, de répondre aux défis du XXI e siècle et de contribuer au progrès de notre pays. Dans le prolongement de la
réforme initiée par le ministre Joseph C. Bernard dès 1982, une évolution profonde de l’Ecole Haïtienne a été engagée
avec la volonté d’abandonner la conception d’une scolarité limitée au primaire pour instaurer un enseignement
fondamental de 9 années ouvert à tous, de favoriser une pédagogie mobilisatrice, centrée sur les activités de l’élève et de
valoriser la place de la langue créole dans l’éducation.
Dans cette perspective, le Ministère conduit une révision de l’ensemble des programmes officiels. Les programmes du
« Nouveau Secondaire » et un curriculum du préscolaire ont déjà été réalisés. Il s’agit aujourd’hui d’étendre
progressivement cette révision à l’enseignement fondamental.
Afin d’assurer la continuité et la cohérence des programmes, un texte d’orientation a été élaboré : le « Cadre d’orientation
curriculaire pour le système éducatif haïtien ». Ce document rassemble les grandes orientations du système éducatif à
partir de quelques questions fondamentales : quelle formation ? Pour quel citoyen ? Pour quelle société ? Quelles
valeurs ? Il définit les lignes directrices qui permettront d’écrire les programmes au service des finalités communes et, à
travers ceux-ci, les apprentissages qui seront conduits par les élèves. Le « Cadre d’Orientation curriculaire » ne détermine
pas seulement le contenu et la forme des programmes, mais il précise aussi les modalités de leur mise en œuvre et de
l’évaluation des élèves, et plus largement, ce qui est attendu des enseignants et de ceux qui ont pour mission de les
former. Tous les enseignants et les autres acteurs du système éducatif sont invités à prendre connaissance de ce
document.
Les nouveaux programmes du 3 e cycle de l’enseignement fondamental s’inscrivent dans ce cadre. Il s’agit aujourd’hui de
rénover ces programmes pour les mettre en cohérence avec les ambitions de notre système éducatif tout en prenant en
compte l’évolution scientifique et technologique. Ils visent aussi à consolider la continuité de l’enseignement dispensé
dans les écoles fondamentales.
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L’enseignement fondamental
« L’éducation fondamentale vise à apporter à tous les jeunes Haïtiens et à toutes les jeunes Haïtiennes les
compétences de base qui leur seront nécessaires pour s’intégrer dans la société et dans le monde du travail. »1
A sa sortie de l’école fondamentale, chaque élève doit être en mesure de répondre avec succès à toutes les situations
auxquelles il sera confronté dans sa vie d’homme ou de femme et d’assumer ses responsabilités dans la collectivité. Il doit
aussi être préparé à faire les choix qui vont orienter sa formation et son parcours vers un métier. Ouverte à tous, sans
discrimination, l’école fondamentale favorise l’accès à la citoyenneté et le partage d’une culture commune.
L’enseignement fondamental est réparti sur neuf années regroupées en trois cycles : un premier cycle de quatre années,
un second cycle de deux ans et un troisième cycle de trois [Link] compétences acquises à la fin du troisième cycle sont
validées par un diplôme de fin d’études fondamentales.
Au terme de ce parcours, les élèves peuvent poursuivre leur scolarité dans l’enseignement secondaire général ou
technologique. Ils ont également la possibilité de s’orienter vers un emploi ou de s’engager dans une formation
professionnelle. Une option est mise en place pour aider les élèves à se préparer à cette orientation.
1
Extrait du Cadre d’orientation curriculaire pour le système éducatif haïtien.
2
Une réflexion a été engagée par le Ministère pour répartir, de manière plus équilibrée, l’enseignement fondamental sur trois cycles de trois ans.
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Le troisième cycle de l’enseignement fondamental
Le troisième cycle regroupe les 7 e, 8e et 9e années d’études. Il constitue la dernière étape de la scolarité où tous les
élèves, quels que soient leur milieu de vie ou l’école fréquentée, poursuivent le même cursus de formation et construisent
une culture commune à partir des mêmes programmes.
Les enseignants de ce cycle ont une triple responsabilité :
– Amener tous les élèves à maîtriser l’ensemble des compétences attendues à l’issue de l’enseignement
fondamental et validées par l’examen terminal ;
– Les préparer et les aider dans les choix essentiels qui vont orienter leur formation et leur vie professionnelle ;
– Faire qu’ils soient en mesure de réussir dans leur parcours ultérieur, soit à travers la poursuite de leurs études
dans l’enseignement secondaire général ou technologique, soit en se dirigeant vers une formation professionnelle
ou l’accès à un métier.
Cette responsabilité impose de prendre en compte la diversité des situations, des besoins et des aspirations des élèves
réunis dans les mêmes classes. L’École fondamentale haïtienne est inclusive. Elle ne laisse aucun élève au bord du
chemin. Elle a l’ambition de conduire chacun à la réussite. C’est dans cet esprit qu’ont été conçus les présents
programmes.
Dans certaines écoles, une option sera mise en place pour apporter aux élèves qui souhaitent s’orienter vers une voie
professionnelle une meilleure connaissance des métiers et des situations de travail. Cette option constitue un
enseignement complémentaire qui ne modifie pas les compétences attendues à la fin du cycle.
Le cadre d’orientation curriculaire décrit très précisément ce qui doit être acquis par tous les jeunes Haïtiens et par toute s
les jeunes Haïtiennes à la fin du 3e cycle. Il présente les compétences de base qui leur seront nécessaires tout au long de
leur vie et qui composent le profil de l’élève à la sortie de l’enseignement fondamental (ce qu’on appelle le « profil de
sortie »).
Ces compétences sont au nombre de sept :
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A. Communiquer avec aisance dans toutes les situations du quotidien et de ses activités d’élève
- Il dispose d’une compétence linguistique en créole et en français qui lui permet de communiquer avec
aisance, à l’oral comme à l’écrit, en assumant un bilinguisme équilibré : dans l’une et l’autre langue, il
comprend les propos de tous ses interlocuteurs et s’exprime de façon claire et bien structurée, y compris sur
des sujets complexes, sans hésitation ni confusion. Il rédige sans difficulté, pour raconter, décrire, expliquer
et argumenter. Il pratique avec plaisir la lecture et comprend des textes longs à caractère littéraire ou
documentaire.
- Il s’adapte aux situations courantes rencontrées dans sa vie personnelle, sociale et scolaire, en choisissant
les modes de communication appropriés. En fonction du contexte, il utilise la langue la plus favorable à la
compréhension mutuelle. Il écoute et prend en compte le point de vue de ses interlocuteurs. Il a conscience
de l’importance de la communication non verbale.
- Il dispose des ressources linguistiques nécessaires pour poursuivre son parcours d’apprentissage dans
l’enseignement secondaire ou professionnel. Dans toutes les disciplines, il comprend sans effort les
consignes et les informations apportées par son enseignant. Il a acquis le vocabulaire spécifique et les
structures grammaticales indispensables pour accéder aux méthodes et modes de raisonnement propres à
chaque discipline.
- Il a engagé l’apprentissage des deux autres langues de la région, l’anglais et l’espagnol, en s’appuyant sur
les acquis construits en français et en créole. Dans chacune des deux langues, il comprend et produit des
messages simples en utilisant le vocabulaire courant. Il peut participer à une conversation de la vie
quotidienne sur des sujets concrets.
- Il utilise, de manière pertinente, les outils numériques pour communiquer. Il est informé des limites et des
règles de leur usage. Il est initié aux principes de l’informatique et du codage.
B. Utiliser les modes de raisonnement, les méthodes et les outils appropriés pour traiter efficacement les
problèmes posés dans la vie courante et dans les situations d’apprentissage auxquelles l’élève est
confronté
- Dans les situations de la vie courante, Il sait identifier et formuler un problème, engager une démarche de
résolution, mobiliser les ressources nécessaires, concevoir des solutions, les mettre à l’essai, les valider. Il
exploite ses ressources linguistiques pour décrire, analyser, expliquer, formuler des hypothèses, argumenter
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et exposer ses conclusions. Il utilise les outils propres aux mathématiques et aux disciplines scientifiques,
entre autres, pour effectuer des calculs, représenter des objets, des faits ou des expériences ou pour
modéliser des situations.
- Il réinvestit ces techniques et méthodes dans toutes les disciplines, y compris pour traiter des situations
imaginées ou représentées.
- Il planifie et organise son travail personnel. Il se constitue ses propres outils : prise de notes, brouillons,
fiches, lexiques, schémas, tableaux. Il les utilise pour s’entraîner, réviser et mémoriser. Il accède à une
certaine autonomie.
- Il cherche les informations qui lui sont nécessaires, les sélectionne en faisant preuve d’esprit critique et les
exploite dans son activité scolaire et personnelle. Il lit et interprète sans difficulté les cartes, les plans, les
schémas, les diagrammes et les tableaux de données.
- Il sait utiliser les applications numériques dans ses activités pour accéder à l’information, produire des textes
et des images, regrouper et traiter des données, travailler en coopération avec les autres élèves. Il est initié à
l’algorithmique.
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- Il est prêtà exercer pleinement sa responsabilité de citoyen dans le respect de la démocratie et avec la
distance critique nécessaire. Il participe activement à la vie de la communauté.
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F. Développer harmonieusement toutes les dimensions de sa personnalité
- Il est conscient de la nécessité d’un bon équilibre de sa vie personnelle et de la nécessité d’exploiter
pleinement ses facultés intellectuelles, physiques et affectives, en ayant confiance en sa capacité à
progresser. Il dispose des ressources nécessaires pour conduire une réflexion sur ses choix de vie.
- Il est attentif à sa vie physique et il pratique régulièrement un sport. Il s’investit dans les activités sportives. Il
a le sens de l’effort et la volonté de progresser dans ses gestes ou ses performances.
- Il a acquis des habitudes d’hygiène et connaît les principes de base d’une bonne santé. Il est conscient des
enjeux d’un mode de vie équilibré. Il est informé des risques sanitaires et il adapte son comportement à la
prévention des épidémies.
- Il développe sa sensibilité et son sens esthétique à travers la fréquentation des œuvres artistiques et la
pratique de la lecture. Il évoque ses sentiments et ses émotions en utilisant un vocabulaire précis et adapté. Il
exprime ses goûts et peut les expliquer ou les justifier.
- Il est attentif aux relations humaines et à l’enjeu de cette dimension dans sa vie personnelle.
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Pour cela, il doit aussi prendre en compte les acquis de ses élèves à l’entrée du cycle par rapport à ces mêmes
compétences. Afin d’aider l’enseignant dans cette démarche, on peut rappeler ce qui est attendu des élèves à la fin du
second cycle, donc au début de la 7 e année :
A. Il s’exprime avec aisance en français et en créole. Dans l’une et l’autre langue, il peut prendre part à des
discussions de manière constructive, et produire des textes narratifs ou descriptifs rédigés dans une langue claire et
correcte. Il lit sans difficulté tous les textes rencontrés dans la classe ou dans sa vie quotidienne.
Dans toutes les disciplines, il(elle) dispose des ressources linguistiques en français pour comprendre les consignes,
participer activement à la classe, coopérer avec les autres élèves et prendre connaissance des documents utilisés.
B. Il dispose de méthodes acquises dans tous les domaines et de ressources mathématiques (numération,
techniques opératoires, usage des instruments de mesure, représentation géométrique…) qu’il utilise pour traiter
des problèmes posés dans des situations de la vie quotidienne, dans la découverte de son environnement ou dans la
conception et la réalisation d’un objet.
Il sait chercher des informations dans une documentation accessible, dans un dictionnaire, dans des journaux ou des
livres, classer ces informations et les exploiter.
Il connaît les principes de l’usage des objets numériques qu’il rencontre autour de lui.
C. Il dispose de repères dans l’histoire et la géographie de son pays. Il le situe dans le monde. Il observe et analyse
des paysages, utilise des cartes et sait s’orienter. Il s’approprie la culture et le patrimoine d’Haïti.
Il est attentif aux autres ; il connaît les valeurs fondamentales de la société. Il les met en œuvre en s’impliquant dans la
vie de l’école et en participant au fonctionnement démocratique de celle-ci.
D. Il explore son environnement, décrit ses observations et cherche des réponses aux interrogations qu’elles
soulèvent ; il expérimente et rapporte ses conclusions ; à travers ces activités, il étend ses connaissances sur le vivant,
la matière et la Terre et les met en relation avec les activités humaines.
Il adopte un comportement responsable vis-à-vis de son environnement ; il est préparé aux situations résultant des
risques naturels.
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E. Il prend des initiatives, conçoit et réalise des projets individuellement ou collectivement. Il sait travailler en
équipe.
Il a acquis les techniques et outils nécessaires pour pratiquer diverses formes d’expression artistique. Il est initié à la
démarche technologique et il la met en pratique à travers la conception et la réalisation d’objets ou de systèmes simples.
F. Il est attentif à sa santé et à son hygiène. Il comprend l’importance d’une activité physique régulière et s’initie
à la pratique des sports individuels et collectifs.
Il acquiert le sens esthétique et développe sa culture artistique. Il a découvert le plaisir de lire.
Il exprime ses sentiments et ses émotions ; il attache de l’importance à la qualité des relations établies avec les autres.
G. Il est initié à la démarche technologique et réalise des projets liés aux activités productives pratiquées dans
son environnement (agriculture, artisanat, etc.).
Il comprend les notions de base des relations économiques et de la gestion financière.
La première tâche de l’enseignant de 7 e année est donc de situer chacun de ses élèves par rapport à ces attentes et de
prendre le temps de renforcer ses compétences avant d’engager les apprentissages propres au troisième cycle.
LEUR FONCTION
Les programmes établissent ce qui doit être acquis par les élèves au cours de chaque cycle d’études.
Ils sont publiés et diffusés dans tout le pays. Ils constituent une norme qui s’impose dans toutes les écoles, publiques et
non publiques du pays. Les enseignants ont l’obligation de les connaître et de les appliquer. Ils sont une référence
commune et officielle pour tous les acteurs, pour les concepteurs de manuels, pour les évaluateurs, pour les cadres de
l’éducation et pour les instituts de formation des enseignants.
UNE NOTION IMPORTANTE : CELLE DE COMPETENCE
Le Cadre d’orientation curriculaire et l’ensemble des réformes récentes expriment la volonté de centrer l’enseignement sur
l’élève, sur ce qu’il apprend réellement et sur les progrès qu’il accomplit tout au long de sa scolarité. Le choix est fait de
concevoir les programmes en fonction des compétences que doit acquérir l’élève plutôt que sur les contenus que doit
transmettre l’enseignant.
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Il faut rappeler qu’une compétence peut être définie comme la capacité à exploiter des connaissances, mais aussi des
savoir-faire et des attitudes, pour apporter des réponses efficaces aux problèmes posés dans un ensemble de situations 3.
À travers ce choix, il s’agit d’amener l’élève à être capable d’assumer efficacement toutes les situations auxquelles il sera
confronté dans sa vie d’homme ou de femme, dans l’exercice de sa citoyenneté et dans son travail.
La première conséquence est le lien indispensable entre le contenu du programme de chaque discipline avec les grandes
compétences que vise l’école fondamentale. Les disciplines sont au service du développement de ces compétences et les
connaissances ou les savoir-faire que fixent les programmes sont avant tout des ressources qui permettent d’exercer ces
compétences avec la plus grande efficacité.
De même, les enseignants doivent désormais confronter leurs élèves à des situations qui leur permettent de progresser
dans ces compétences. Cela impose une conception de la classe qui privilégie l’activité des élèves et le lien entre les
tâches proposées et la compétence précisément ciblée. Une telle conception induit une autre manière de préparer, de
conduire et d’évaluer le travail des élèves.
COMMENT SONT CONÇUS LES PROGRAMMES ?
Le point de départ des programmes est le profil de sortie de l’enseignement fondamental, qui regroupe les compétences
que tout jeune Haïtien doit avoir acquises à la fin de la 9 e année. Le programme de chaque discipline est conçu en
fonction de ce profil.
– Il est d’abord précisé pourquoi la discipline est enseignée et comment elle contribue à la maîtrise des compétences
attendues.
– En un second temps, sont présentées les compétences spécifiques visées dans la discipline. Pour chacune, est
défini ce qui est attendu de l’élève à la fin du cycle, la stratégie mise en œuvre pour cela et les modalités
d’évaluation.
– Puis, sont détaillées, dans un ensemble de tableaux, les étapes (« unités d’apprentissage ») qui vont permettre à
l’élève de progresser dans la maîtrise de ces compétences. Pour chaque étape, sont indiquées les connaissances,
3
Dans le Cadre d’orientation curriculaire, une compétence est définie comme « la capacité à mobiliser et à exploiter des ressources internes telles que les
connaissances, les aptitudes et les attitudes, ainsi que des ressources externes afin de répondre efficacement aux problèmes posés dans un ensemble de
situations. »
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aptitudes et attitudes que l’élève doit acquérir, les situations auxquelles il doit être confronté ainsi que les modalités
d’évaluation à mettre en place.
– Enfin, la répartition des unités d’apprentissage au cours des trois années du cycle est récapitulée dans un dernier
tableau.
Les programmes sont élaborés de manière à aider les enseignants à construire et à préparer les activités de leur classe
en centrant leur attention sur les apprentissages effectivement accomplis par tous les élèves : quelles sont les
compétences que chaque élève doit développer ? Que doit-il apprendre pour cela ? Quelles situations mettre en place ?
Comment évaluer sa progression ?
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deux langues qu’il construira une culture riche du patrimoine de son pays et ouverte au monde. Le créole et le français
doivent donc être enseignés, tout au long de la scolarité, jusqu’à la fin du secondaire. Au cours du troisième cycle, l’élève
s’appuiera sur cette compétence linguistique pour engager l’apprentissage des principales langues de la région, l’anglais
et l’espagnol.
L’innovation
Pour répondre aux défis de l’avenir de notre pays, les programmes accordent une place importante à l’innovation et à la
création. Qu’il s’agisse des sciences, des disciplines linguistiques, de la technologie, du domaine des arts, de l’éducation
physique et sportive ou de la découverte de l’environnement, les élèves doivent pouvoir exercer leur créativité et être mis
en situation d’imaginer, d’inventer, de concevoir des solutions nouvelles en réponse à des problèmes complexes. Ils
doivent être préparés à transférer cette capacité à toutes les situations, imprévisibles aujourd’hui, qu’ils rencontreront
dans leur vie future.
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Les sciences sociales,
La technologie et les activités productives.
Le rapprochement des disciplines d’un même domaine permet de mettre en cohérence le vocabulaire et les notions
utilisées, d’harmoniser les progressions et les modalités d’évaluation et de répartir l’apprentissage de certains contenus
communs. Chaque domaine fait l’objet d’une présentation.
L’horaire total est de 28 heures par semaine pour tous les élèves du troisième cycle de l’enseignement fondamental. La
répartition des horaires officiels est précisée dans le tableau ci-dessous. Elle peut être comparée à celles des deux
premiers cycles.
ENSEIGNEMENT FONDAMENTAL VOLUME HEBDOMADAIRE
CYCLE 1 CYCLE 2 CYCLE 3
Année 1 Année 2 Année 3 Année 4 Année 5 Année 6 Années 7,8 , 9
FRANÇAIS 4 4 4 4 5 5 5
CREOLE 7 7 5 5 4 4 2
MATHEMATIQUES 5 5 5 5 6 6 5
SCIENCES SOCIALES 2 3 3 3 3 3 3
EDUCATION A LA CITOYENNETE
SCIENCES EXPERIMENTALES 2 3 3 3 3 2 3
ÉDUCATION ESTHETIQUE ET 2 2 2 2 2 2 2
ARTISTIQUE
ETAP 1 1 1 2 2 3 3
ÉDUCATION PHYSIQUE ET SPORTIVE 1 2 2 2 2 2 1
ANGLAIS – ESPAGNOL - - - - - - 2+2
TOTAL 24 25 26 26 27 27 28
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Les liens entre les disciplines
Toutes les disciplines contribuent au développement des grandes compétences qui composent le profil de sortie. De plus,
certaines d’entre elles, tels que les mathématiques, fournissent des outils aux autres. Les programmes prennent en
compte cette nécessaire articulation entre les disciplines. Ils proposent une répartition cohérente des contenus, ils
soulignent les complémentarités entre les parcours d’apprentissage et s’attachent à harmoniser le vocabulaire utilisé, les
choix pédagogiques et les modalités d’évaluation.
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cycle. Il convient donc qu’un temps soit réservé à des activités interdisciplinaires préparées, conduites et évaluées par
plusieurs enseignants.
Ces activités peuvent prendre la forme de projets interdisciplinaires répondant à des situations susceptibles d’être vécues
dans la vie sociale, culturelle ou professionnelle de chacun.
Il faut rappeler que l’aptitude à « concevoir et réaliser un projet en mobilisant sa créativité et son sens de l’innovation » est
l’une des sept compétences visées par l’enseignement fondamental :
« Il prend des initiatives, entreprend et met en œuvre des projets. Il en planifie les tâches, en fixe les étapes et
évalue les résultats obtenus. Il est aussi en mesure d’assumer une responsabilité dans un projet collectif. Il travaille
en équipe et coopère de manière constructive »
Le directeur et tous les enseignants doivent s’impliquer pour faire de l’école un espace éducatif et aider chaque élève à
progresser à travers la vie collective. Son comportement et son implication doivent être encouragés et évalués. La plupart
des « savoir-être » attendus de l’élève ne peuvent être considérés comme acquis que s’ils sont mis en œuvre dans la cour
de récréation et aux portes de l’école.
De même la participation à la vie communautaire ou associative doit être suscitée et valorisée. Les situations qu’elle
favorise peuvent être exploitées en classe et asseoir les apprentissages.
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Une exigence : l’évaluation
« L’évaluation fait partie intégrante du processus d’apprentissage. Elle est intimement liée au programme d’études
et elle est au cœur de sa mise en œuvre »5.
L’évaluation a comme premier objectif de vérifier, étape par étape, que chaque élève a accompli les apprentissages
définis par les programmes afin, si nécessaire, de remédier aux difficultés rencontrées et de lui permettre d’accéder aux
acquis visés. Il n’y a pas d’apprentissage sans évaluation. Quelles que soient la discipline, l’approche ou la méthode
utilisée, l’enseignant doit définir clairement ce qui est attendu, s’assurer de son acquisition effective par tous, comprendre,
si ce n’est pas le cas, pourquoi certains n’ont pas réussi et les aider à surmonter les obstacles.
L’évaluation est une nécessité tout au long des apprentissages :
– Au début de chaque étape (séquence)6, il faut d’une part, se demander où en est l’élève par rapport à
l’apprentissage visé, d’autre part, vérifier s’il dispose des connaissances et des savoir-faire nécessaires (les
« prérequis »). C’est ce qu’on appelle généralement « l’évaluation diagnostique ». Elle est indispensable pour que
l’élève apprenne et progresse.
– Au cours des activités, on doit vérifier la compréhension des consignes et des situations, l’accomplissement
effectif des tâches et, surtout, la pertinence et la qualité des réponses apportées aux situations auxquelles chaque
élève est confronté. Cette évaluation est « formative » parce qu’elle permet à l’élève comme à l’enseignant de
réagir et de surmonter les obstacles et les difficultés rencontrées.
– À la fin de l’étape, il s’agit d’évaluer le résultat : qu’ont appris les élèves ? Ont-ils appris ce qui était prévu ? Ont-ils
progressé par rapport aux compétences visées ? Sinon pourquoi ? Ce troisième temps est celui de l’évaluation dite
« sommative ». Il permet à la fois de « valider » l’étape que l’élève a franchie, voire de certifier ses acquis, et
5
Cadre d’Orientation curriculaire (chapitre 2.4).
6
On peut définir une séquence comme un ensemble cohérent et continu de séances destiné à mettre en œuvre une partie du programme.
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d’engager les remédiations nécessaires en aidant l’élève à comprendre ses réussites et ses manques et en lui
apportant les aides nécessaires.
Pour que l’apprentissage soit efficace, l’élève lui-même doit être impliqué dans son évaluation : il doit connaître l’objet et
l’objectif de la séance (ou de la séquence), savoir ce qu’on attend de lui. Il doit être en mesure d’évaluer ses réponses et
ses productions en fonction de critères clairs posés au départ, de situer ses progrès, d’identifier les connaissances et les
savoir-faire nouveaux. Il doit aussi pouvoir repérer ses erreurs et en connaître la cause, chercher des solutions et
améliorer ses productions. L’évaluation est un levier pour apprendre. Ce n’est pas du temps perdu, mais, au contraire, un
moment essentiel du processus d’apprentissage. L’élève qui comprend ce qui est attendu, qui organise son activité et en
évalue lui-même les résultats en fonction de cette attente est un élève qui apprend et qui progresse.
Cela conduit inévitablement à redéfinir les modalités actuelles d’évaluation sommative de fin de période. Il faut, en
particulier, considérer que les bilans périodiques sont d’abord un moyen de fournir aux élèves des informations sur leurs
progrès et sur les points qui doivent faire l’objet d’une attention et de régulations au cours de la période suivante. Plutôt
qu’un constat global du « niveau » de l’élève, le bilan de fin de période devrait être conçu comme une évaluation
encourageante destinée à aider les élèves à avancer dans leurs apprentissages et à adapter les activités à leurs acquis et
à leurs besoins.
Le bilan peut reposer sur les évaluations ponctuelles réalisées à la fin de chaque séquence et/ou sur l’observation
continue de situations rencontrées au cours des apprentissages. Pour réaliser ces bilans, il convient que l’élève soit
confronté à des situations qui permettent d’apprécier son degré de maîtrise de la (ou des) compétence(s) concernée(s).
Dans tous les cas, les situations proposées et les critères choisis pour situer les productions de l’élève, doivent aider à
déterminer si l’élève a progressé et s’il réinvestit les connaissances, savoir-faire et comportements acquis au cours de la
période dans l’exercice de cette compétence. L’évaluation sommative ne peut se limiter à l’attribution d’une note. Elle doit
permettre de positionner l’élève par rapport aux compétences visées (par exemple, à l’aide d’une grille simple) et de
préciser les acquis, les progrès réalisés et les difficultés (au moins par une appréciation littérale). Si une note finale est
attribuée, elle doit reposer sur des critères clairement explicités pour l’élève et ses parents.
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Comment utiliser les programmes ?
Chaque enseignant doit lire l’intégralité des programmes de sa discipline sans se limiter au niveau où il exerce. Les
programmes forment un tout et on ne peut isoler une étape d’un parcours d’apprentissage continu et cohérent. De même,
il est souhaitable qu’il prenne connaissance des programmes des autres disciplines pour coopérer efficacement avec les
autres enseignants.
Il s’agit d’abord de lire les programmes de manière à pouvoir répondre clairement à cinq questions :
– Quelle est l’utilité de la discipline au service de ce qui est attendu des élèves à la sortie de l’enseignement
fondamental ?
– Quelles sont les compétences que tous les élèves doivent maîtriser à la fin de la 9e année ?
– Pour chaque compétence, qu’est-ce qui est attendu précisément et que doit-on faire pour cela ? Quelle stratégie
mettre en place ?
– Comment évaluer que chaque élève progresse dans la maîtrise de ces compétences ?
– Quelles sont les étapes fixées par le programme ? Quels sont les connaissances, les savoir-faire et les attitudes
que l’élève doit acquérir à chaque étape et dont il faut vérifier l’acquisition ?
C’est à partir des réponses à ces questions que l’enseignant va construire et préparer son travail, en planifiant la
réalisation de la progression proposée en une succession de séquences 7, en fixant précisément les résultats attendus de
chaque séquence, en déterminant les modalités de leur évaluation et en prévoyant les situations à mettre en place et les
supports nécessaires.
Ces programmes imposent une conception de la classe centrée sur l’élève.
7
On rappellera qu’une séquence est un ensemble cohérent et continu de séances destiné à mettre en œuvre une partie du programme.
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– « Ce qui importe, ce n’est pas ce que l’enseignant enseigne, mais ce que l’élève apprend. » Le rôle de
l’enseignant est d’organiser les situations d’apprentissage en fonction de la compétence visée, de fournir les
supports, les outils et les aides nécessaires, de susciter l’activité des élèves et de suivre sa progression. Son
attention est centrée sur les besoins d’apprentissage de chaque élève : que sait-il déjà ? Qu’a-t-il à apprendre ?
Progresse-t-il pendant la séance ? Que puis-je faire pour l’aider ?
– L’élève doit être constamment actif. Il doit être mobilisé sur des tâches mettant en jeu les compétences
concernées et susceptibles de le faire avancer dans les apprentissages : traiter des problèmes, créer, s’exprimer,
analyser, échanger, observer, expérimenter, etc. Si des exposés de l’enseignant restent nécessaires, ils doivent
être considérés comme une ressource au service des apprentissages et faire l’objet d’une « écoute active ». Ils ne
sont plus l’essentiel de l’enseignement, mais un moment d’une séquence dont l’acteur principal est l’élève. Le rôle
de l’enseignant est d’aider l’élève à agir et à apprendre.
– L’élève est le premier responsable de ses apprentissages : il doit savoir clairement ce qu’il apprend, pourquoi il
l’apprend et ce dont il a besoin pour cela. Il réussira d’autant mieux qu’il comprendra ce qu’on attend de lui et le
sens de son activité. Il doit être en mesure d’évaluer ses connaissances et ses savoir-faire, de suivre ses progrès
ou encore d’identifier les difficultés rencontrées pour mieux les surmonter. Cela impose à l’enseignant de mettre les
élèves en situation pour qu’ils assument effectivement la responsabilité de leurs apprentissages, de leur expliquer
ce qui justifie l’activité et ce qu’on attend de leur travail ou encore de leur donner les moyens d’évaluer par eux-
mêmes la qualité et l’efficacité de ce travail.
– Aucun élève ne doit être en échec : la mise en œuvre d’un enseignement centré sur l’élève conduit à adapter les
interventions de l’enseignant, donc à différencier les activités, les rythmes d’apprentissage, les aides et les
compléments apportés en fonction des situations et des besoins spécifiques des élèves. L’évaluation joue, sur ce
point, un rôle essentiel. Elle permet de s’assurer de la progression de chacun et d’adapter, au jour le jour, les
parcours d’apprentissage.
Des ressources seront mises à la disposition des enseignants pour faciliter la mise en œuvre de ces programmes. Un
« guide de l’enseignant » sera élaboré pour expliquer les changements attendus et fournir des aides pour la conception et
la réalisation des activités. Des exemples de séquences seront, par ailleurs, produits et diffusés, accompagnés des
supports nécessaires pour les élèves. Ils pourront être utilisés directement par les enseignants mais permettront aussi à
chacun de concevoir ses propres séquences.
22
Éducation à la citoyenneté
LA DISCIPLINE EDUCATION A LA CITOYENNETE
L’approche par compétences en éducation à la citoyenneté, développée en interaction avec les compétences
transversales du Cadre d’orientation curriculaire du système éducatif haïtien, privilégie une approche pragmatique basée
sur le vécu des élèves, les situations réelles et les études de cas concrets en lien avec le quotidien des élèves, leur
environnement et le contexte haïtien dans son rapport au monde.
L’éducation à la citoyenneté est une discipline scolaire. Elle est construite sur les apports de différentes disciplines
(histoire, géographie, droit, économie, psychologie, sociologie, philosophie…), qui, par leurs recherches sur ce qui fait
société, contribuent à la formation de la personnalité individuelle et sociale et à la définition des valeurs et des principes,
des droits et des devoirs qui fondent le vivre ensemble et le bien commun.
23
– L’identité nationale dans une citoyenneté mondiale : avant même la naissance de l’État haïtien, La Révolution et
l’indépendance se sont fondées sur un intérêt commun, la lutte pour la libération, dont le symbole est le drapeau et
qui, aujourd’hui, est représenté par la constitution démocratique, l’espace territorial, la culture commune, le
patrimoine culturel et par deux langues à égalité, le français et le créole, une place dans l’histoire et la communauté
mondiales. L’éducation à la citoyenneté contribue à responsabiliser les élèves, citoyennes et citoyens haïtiens,
citoyennes et citoyens du monde, pour la défense et la préservation de leur patrimoine culturel et historique, pour la
valorisation de leur identité.
– La sécurité : l’État, par sa Constitution, ses lois et ses institutions (ministères, Office de la Protection du Citoyen,
police, Bureau de la Protection civile, armée…) est le garant de la sécurité intérieure et extérieure des citoyennes
et des citoyens. L’éducation à la citoyenneté contribue à la responsabilisation des élèves pour que chacune d’entre
elles et chacun d’entre eux soient les garants de la sécurité de toutes et de tous au quotidien, par la parole et par
l’action.
– La justice : le fondement de l’État démocratique est la séparation des pouvoirs et l’indépendance des institutions
chargées de la justice. L’exercice de la justice relève non seulement du criminel et du civil (ministère de la Justice),
mais aussi du social (ministère des Affaires sociales, ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes).
L’éducation à la citoyenneté engage les élèves, en tant que futurs citoyennes et citoyens, à lutter contre toutes les
discriminations liées au sexe, aux ressources, aux origines, aux croyances.
– Les droits et les devoirs : les droits et les devoirs sont définis par un certain nombre de textes nationaux
(Constitution) et internationaux (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, Convention Internationale des
Droits de l’Enfant, Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement…). L’éducation à la
citoyenneté a pour objectif de faire connaître ces textes aux élèves et de les engager, en paroles et en actes, à
veiller à leur respect en s’investissant dans leur communauté.
– L’égalité : La devise inscrite sur le drapeau haïtien est « L’Union fait la Force », l’article 4 de la Constitution précise
« La devise nationale est : Liberté - Égalité - Fraternité ». L’éducation à la citoyenneté, prenant acte des inégalités
économiques, sociales et culturelles, engage les élèves à réfléchir et à participer à la rédaction des inégalités et à
la solidarité.
24
– La démocratie : l’article premier de la Constitution précise « Haïti est une République, indivisible, souveraine,
indépendante, libre, démocratique et solidaire ». La loi y définit les droits et l’organisation des pouvoirs. L’éducation
à la citoyenneté a pour objectif de faire connaître les principes et les lois qui régissent la démocratie haïtienne et
d’engager les élèves, à leur niveau, à la défense de la vie démocratique et la participation à celle-ci dans la classe
(comité de classe, élection de représentants de classe) et dans le quotidien (défense des droits de l’enfant).
Par vocation, l’éducation à la citoyenneté est liée à l’enseignement de l’histoire et de la géographie. Elle prend tout son
sens dans la complémentarité et la collaboration avec les enseignements des autres disciplines, dans un jeu d’échanges
de points de vue et de focalisations : analyse textuelle et iconique, pratiques linguistiques orale et écrite, respect de
l’altérité et communication, entre autres numérique, attention à l’environnement et action pour la protection de celui-ci,
engagement dans le développement durable avec les sciences de la vie et de la Terre.
QUELQUES PRINCIPES DE LA DIDACTIQUE DE L’EDUCATION A LA CITOYENNETE AU CYCLE 3
Les élèves haïtiens, comme tous les élèves du monde, vivent dans un territoire, dans une société et un État, au sein d’une
nation, qui forment un vivre ensemble construit sur des valeurs et des références communes. L’enseignement et l’étude
de l’éducation à la citoyenneté, dans sa dimension interdisciplinaire, s’inscrit d’abord dans une approche pragmatique
basée sur le vécu et l’environnement des élèves. À partir de situations réelles et de cas pratiques, dans l’environnement
local, puis dans le cadre national et face au monde, les élèves construisent, exercent et développent leur citoyenneté.
L’éducation à la citoyenneté s’articule directement et en permanence avec l’enseignement de l’histoire et de la
géographie. Elle participe, avec ces disciplines et dans des situations d’apprentissage réflexives spécifiques, à la
formation de l’esprit critique et de la capacité à raisonner ; par la réflexion sur l’identité individuelle et collective, elle ouvre
l’esprit à l’altérité et à la tolérance ; comme support de l’insertion sociale, des sentiments d’appartenance, et de la
mobilisation pour les droits et les devoirs, elle est la base du positionnement citoyen et de l’action civique des élèves dans
le présent et dans le futur.
L’opérationnalité en classe de la formation à la citoyenneté suppose alors quelques attentions spécifiques aux opérations
cognitives :
– Compétences linguistiques générales et spécifiques, notamment sur le sens possiblement discriminatoire des
termes et expressions du vocabulaire courant ainsi que sur le vocabulaire, national et international, du droit ;
– Attention spécifique à l’altérité ;
25
– Attention aux prises de position, aux attitudes et aux gestes, aux engagements et à l’action ;
– Sens et pratique du débat argumenté.
Si les contenus sont adaptés à une année plus qu’à une autre dans le cycle, pratiquer l’éducation à la citoyenneté en
classe suppose une cohérence de cycle. Dans les propositions de programme, il est ainsi proposé, chaque fois que
cela est possible, des approfondissements, des extensions, des échos de chaque question dans les trois années du
cycle, à travers notamment une réflexion sur l’interdépendance des droits et des devoirs.
LES COMPETENCES VISEES EN EDUCATION A LA CITOYENNETE
Par l’acquisition de savoir-être et de savoir-faire, appuyés sur la connaissance et la pratique des valeurs et des principes
partagés par la société haïtienne, les élèves respectent la diversité ; ils s’engagent dans la préservation et le
développement des biens communs pour un vivre ensemble pacifié. Au sein du domaine des sciences sociales, l’apport
spécifique de l’éducation à la citoyenneté, en lien étroit avec l’histoire et la géographie, est ainsi structuré autour de trois
compétences (schéma et tableaux ci-dessous) :
– Se situer en tant que citoyenne et citoyen d’une société démocratique, respectueuse et respectueux des valeurs
universelles
– Penser et agir au quotidien en citoyenne et citoyen responsables
– S’impliquer en citoyenne et citoyen actifs dans le vivre ensemble
26
Schéma SHS6. Les compétences en éducation à la citoyenneté
- Présentation de la compétence
Les élèves futurs citoyennes et citoyens garants d’une nation libre et démocratique et d’une société égalitaire et solidaire
partagent une histoire et une volonté de vivre ensemble qui repose sur la notion de bien commun appuyé sur des textes
qui régissent ce vivre ensemble démocratique. Pour faire leur cette volonté en toute conscience les élèves apprennent à
connaître les textes qui régissent l’état de droit haïtien et ceux qui définissent au niveau international les droits de
l’individu, de la personne et des collectivités. Ils se les approprient et deviennent ainsi capables de se situer par rapport à
ces textes, de s’interroger en quoi ces textes les engagent, eux et leur communauté, dans leurs paroles et leurs actes au
quotidien, pour le présent et pour l’avenir. Ils comprennent que les textes en question sont un recours en cas de non-
respect de ces droits. Les élèves comprennent et acceptent en toute conscience l’idée et la pratique que tout droit
correspond aussi à un devoir envers soi-même et les autres, considérés individuellement et collectivement. Tous les
27
droits, garantis par la Constitution et les institutions destinées à les promouvoir, les faire appliquer et les faire respecter
(gouvernement, administration, justice, police, fiscalité) sont aussi, pour toute citoyenne et pour tout citoyen, pour toute
communauté, un devoir pour leur respect et un engagement contre leur violation.
- Ses composantes
La compétence vise, par la conciliation permanente des intérêts individuels, et collectifs, par une formation à la résolution
des conflits, à construire une culture de la paix et de la solidarité, dans une acceptation et une perception des différences
et de l’altérité comme richesse. La nation repose sur un vouloir vivre ensemble caractérisé par la paix, la cohésion sociale
et l’unité. En se référant au drapeau national, symbole de l’alliance pour la liberté, il s’agit pour les élèves de construire et
de valoriser leur identité en référence à la constitution, aux droits et devoirs auxquels elle engage, à l’espace national, au
patrimoine culturel, historique et linguistique. Citoyennes et citoyens d’un État démocratique, les élèves en connaissent et
font leur les valeurs, la Constitution, les lois qui fondent l’État de droit, ils connaissent les institutions chargées de la
justice, de la police et de la solidarité nationale et s’engagent au respect de celles-ci au quotidien.
28
- Stratégie mise en œuvre pour que chaque élève développe la compétence
Le développement de cette compétence en éducation à la citoyenneté doit moins être conçu en termes de cours avec un
horaire hebdomadaire défini, que comme l’étude et la pratique quotidiennes dans toutes les disciplines de l’école des
droits et des devoirs, comme l’implication éthique et l’engagement actif de toutes et de tous dans les collectivités scolaire
et locale. Le développement de la compétence est aussi directement lié avec l’étude des textes en cours d’histoire et de
géographie.
La citoyenneté est un engagement du quotidien. Elle suppose une attention permanente aux paroles, aux attitudes et aux
actes dans le développement harmonieux de toutes les dimensions de sa personnalité. Les élèves comprennent et
acceptent l’altérité comme une richesse.
Ses composantes
L’État de droit et la construction d’une société haïtienne juste et égalitaire est l’affaire de toutes et de tous. Par leurs
paroles, leurs attitudes, leurs gestes, leurs actions, les élèves s’engagent au quotidien dans la lutte contre les
discriminations (sociales, sexuelles, culturelles, liées aux handicaps, aux choix individuels et sociaux), dans l’entraide,
dans le respect des lieux et des biens publics et de leur propreté. En lien avec la compétence 1, les élèves se forment à la
résolution des conflits. Ils connaissent les institutions chargées de la justice et de la protection des personnes et de la
sécurité et s’engagent dans la lutte contre toutes les formes d’insécurité individuelle et collective.
Attentes de fin de cycle
29
- Respecter les règles, dans le sport comme dans la conduite quotidienne.
- S’être forgé une personnalité de citoyenne et de citoyen responsables.
Modalités et critères d’évaluation
Le développement de cette compétence en éducation à la citoyenneté est moins conçu en termes de cours avec un
horaire hebdomadaire défini, que comme un engagement éthique et actif à la coopération et à l’entraide, en lien avec les
autres disciplines (comportement, coopération dans l’acquisition des connaissances et collaboration dans les exercices
scolaires…), comme une réflexion sur la solidarité, une implication et une action quotidiennes dans les collectivités
scolaire et locale.
- Présentation de la compétence
La citoyenneté repose sur un engagement actif de toutes et de tous. Cet engagement est à la fois intellectuel et pratique.
Il repose sur la connaissance des biens communs et des besoins de la communauté. À la base se trouve la coopération et
le partage qui font de la diversité et des différences une richesse et une dynamique de création.
- Ses composantes
En lien avec les deux autres compétences, celle-ci met l’accent sur l’implication individuelle et collective et sur
l’engagement et l’action dans :
- la construction d’un vivre ensemble reposant sur les valeurs démocratiques d’une culture de la paix et de la solidarité
- la résolution des conflits, qu’ils soient négatifs ou positifs
- la cohésion sociale et la culture commune
- la lutte pour l’égalité, la sécurité et la justice, et contre toute forme d’injustice et de discrimination
- la lutte pour la préservation de l’environnement dans une perspective de développement durable
30
- la participation au niveau de l’école et de la communauté aux instances démocratiques (comité et représentant de
classe, associations…).
31
LES PROGRAMMES « DETAILLES » PAR UNITES D’APPRENTISSAGE
Schéma SHS7. Compétences et unités d’apprentissage en éducation à la
citoyenneté
32
- Connaître et respecter les éléments constitutifs de de français et de créole, les élèves effectuent des recherches sur
l’Identité haïtienne. les monuments et les lieux historiques et patrimoniaux, sur les
- Connaître les symboles de la nation et de l’État objets de mémoire. Ils questionnent l’héritage historique commun
haïtiens. des Haïtiens, deux langues, un patrimoine culturel, un drapeau
- Connaître l’organisation territoriale d’Haïti. symbole de l’unité, un territoire, une nation.
Les élèves, dans une démarche collaborative qui sera poursuivie
tout au long du cycle, rédigent un glossaire illustré des termes et
notions, de préférence sur écran et constituent un répertoire de
textes sur les droits et les devoirs de la citoyenne et du citoyen.
MODALITES ET CRITERES D’EVALUATION :
À partir du questionnement, de l’analyse critique de représentations (dessin, gravure, photographie, film, vidéo…) et de
l’interprétation de symboles, de monuments historiques, de lieux d’histoire et de mémoire, expliquer en quoi ceux-ci
symbolisent l’identité et l’unité nationales.
UNITE D’APPRENTISSAGE 2 : LA CITOYENNE, LE CITOYEN, LA CITOYENNETE ET L’ÉTAT, DES DROITS ET DES DEVOIRS
COMPETENCE(S) CIBLEE(S) :
- Se situer en tant que citoyenne et citoyen d’une société démocratique, respectueux des valeurs universelles
- Penser et agir au quotidien en citoyenne et citoyen responsables
- S’impliquer en citoyenne et citoyen actifs et coopérer au vivre ensemble
SAVOIRS, SAVOIR-FAIRE ET ATTITUDES A PROPOSITIONS D’ACTIVITES D’APPRENTISSAGE
MOBILISER Selon les besoins, les séquences sont initiées par une réflexion
- Maîtriser le vocabulaire (notions, concepts) et la collective sur les prérequis (vocabulaire, notions et concepts,
syntaxe du texte constitutionnel et des textes pratiques et connaissances), les attitudes et les implications ou un
internationaux (déclaration des droits, conventions). relevé des représentations notamment sous forme d’étude de cas.
- Maîtriser les bases du vocabulaire politique Les élèves définissent les notions d’individu et de personne à
(démocratie, république, constitution, loi, liberté, État, partir de la lecture des textes nationaux et internationaux, listent
gouvernement, institutions, suffrage universel), les droits et les devoirs qui y sont attachés.
questionner et interpréter la démocratie comme une Les élèves définissent la démocratie comme une lutte collective
conquête permanente qui engage au quotidien toutes de tous les jours, une conquête à mener en permanence qui
les citoyennes et tous les citoyens. engage au quotidien toutes les citoyennes et tous les citoyens
33
- Définir les notions de citoyen et de nationalité. À partir du constat (par exemple à partir d’articles de presse ou
- Connaître les principaux droits définis dans les d’extraits de reportages) que la majorité des citoyens haïtiens sont
textes nationaux et internationaux et expliquer ce qui marginalisés (conditions de logement, emploi, accès à l’eau
distingue les principes du droit (liberté, égalité…) et potable…) et ne jouissent pas des droits sociaux élémentaires, les
l’exercice historique et effectif des droits. élèves sensibilisent leur entourage et participent avec leurs
proches à des actions visant l’accès satisfaisant de tous à ces
besoins sociaux.
Dans une démarche collaborative, les élèves poursuivent la
rédaction du glossaire illustré et du répertoire des textes.
MODALITES ET CRITERES D’EVALUATION :
- Rédiger une étude sur la violation des droits sociaux des citoyens de Cité Soleil (l’un des bidonvilles de Port-au-Prince),
et un argumentaire, accompagné de recommandations à destination des autorités, pour améliorer le sort des populations.
UNITE D’APPRENTISSAGE 3 : SAVOIR ETRE ET AGIR EN CITOYENNE ET CITOYEN D’UN ÉTAT DEMOCRATIQUE
COMPETENCE(S) CIBLEE(S) :
- Se situer en tant que citoyenne et citoyen d’une société démocratique, respectueux des valeurs universelles
- Penser et agir au quotidien en citoyenne et citoyen responsables
- S’impliquer en citoyenne et citoyen actifs et coopérer au vivre ensemble
SAVOIRS, SAVOIR-FAIRE ET ATTITUDES A PROPOSITIONS D’ACTIVITES D’APPRENTISSAGE
MOBILISER Selon les besoins, les séquences sont initiées par une réflexion
- Questionner les notions d’individu et de personne et collective sur les pré-requis (vocabulaire, notions et concepts,
les droits et devoirs qui y sont attachés (respect, dignité, pratiques et connaissances), les attitudes et les implications ou
tolérance, liberté de circulation, liberté de pensée, de un relevé des représentations notamment sous forme d’étude
conscience et de religion, liberté d’opinion et de cas.
d’expression). Les élèves mettent en place une coopérative de classe ou
- Expliquer en quoi les textes nationaux et universels d’école destinée à permettre à toutes et à tous d’accéder aux
engagent toutes les citoyennes et tous les citoyens. meilleures conditions possibles d’apprentissage.
- Connaître les droits relatifs à l’éducation et à la Les élèves participent à un débat sur la nécessité d’une
34
scolarité, les accepter librement et participer à la vie bibliothèque municipale dans la communauté et de leur
démocratique dans la classe (comité de classe, participation à la réalisation de ce projet, notamment pour son
élection, coopérative) et dans la cité financement. Ils mettent en place ce projet et organisent des
- Savoir ce que signifie le droit à l’information et la séances de lecture publique.
liberté d’exprimer ses opinions, la liberté de la presse. Ils apprennent où chercher l’information, l’analyser, émettre leur
point de vue critique dans les débats. Ainsi, ils apprennent à
accepter objectivement le point de vue des autres, différent des
leurs, en citoyens libres et autonomes.
Dans une démarche collaborative, les élèves poursuivent la
rédaction du glossaire illustré et du répertoire des textes.
MODALITES ET CRITERES D’EVALUATION :
- Décrire le rôle et la place de l’élève dans sa communauté, le rôle, la place et la participation de la citoyenne et du citoyen
dans des élections municipales démocratiques.
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- Expliquer la notion de respect de soi et de l’autre, la portfolio de textes et d’images d’enfants victimes de traitements
notion de tolérance et agir en conséquence. non conformes au respect de la Convention internationale des
- Faire la différence entre le principe d’égalité défini par Droits de l’enfant et à la Déclaration universelle des Droits de
la loi et par les textes universels et l’égalité effective de l’Homme (domesticité et travail des enfants, traitements
toutes et de tous, dans la dignité, dans l’accès aux contraires au développement harmonieux de l’enfant…). Si
biens de première nécessité (logement, ressources possible, un débat est organisé après la projection d’un film ou
vitales), à la santé, à l’éducation, à la culture. d’extraits d’actualités. Les élèves organisent une pétition
- Être capable de prendre la parole et de réagir dans demandant l’application des lois haïtiennes et des textes
des situations de non-respect des droits fondamentaux internationaux. En lien avec les arts plastiques et la musique, ils
de la personne, en particulier de l’enfant. réalisent d’une part une campagne d’affiches, d’autre part une
- Lutter contre les discriminations. chanson avec accompagnement ou création musicaux sur le
- Avoir un comportement éthique. sujet.
- Maîtriser les notions de sécurité et de protection Les élèves relèvent toutes les manifestations d’inégalité entre
sociales, de prélèvement et de redistribution (rôle, les citoyennes et les citoyens, et plus particulièrement les faits
fonction, forme de l’impôt), de solidarité nationale et de discrimination (physique, sexuelle, sociale, intellectuelle,
internationale. culturelle). Par l’étude des textes nationaux et universels
(Constitution haïtienne, Déclarations des Droits, Conventions
internationales), les élèves tentent d’expliquer la différence
entre les principes, la loi et la réalité. Les élèves réalisent un
cahier des charges destiné à l’éthique et à l’action,
individuelles, collectives et étatiques, en vue de réduire les
inégalités dans le pays et de permette à toutes et à tous
d’accéder aux conditions et aux biens nécessaires au
développement harmonieux de la personne.
Dans une démarche collaborative, les élèves poursuivent la
rédaction du glossaire illustré et du répertoire des textes.
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Convention internationale des Droits de l’enfant, proposer deux actions citoyennes à exercer pour réduire les inégalités
afin d’arriver à une société haïtienne plus juste et plus égalitaire.
37
UNITE D’APPRENTISSAGE 6 : LA PAIX, LA PROTECTION ET LA SECURITE
COMPETENCE(S) CIBLEE(S) :
- Se situer en tant que citoyenne et citoyen d’une société démocratique, respectueux des valeurs universelles
- Penser et agir au quotidien en citoyenne et citoyen responsables
- S’impliquer en citoyenne et citoyen actifs et coopérer au vivre ensemble
SAVOIRS, SAVOIR-FAIRE ET ATTITUDES A PROPOSITIONS D’ACTIVITES D’APPRENTISSAGE
MOBILISER Selon les besoins, les séquences sont initiées par une réflexion
- Savoir ce qu’implique le droit à la sûreté et à la collective sur les prérequis (vocabulaire, notions et concepts,
protection de la personne. pratiques et connaissances), les attitudes et les implications ou un
- Être capable d’évaluer des risques humains et relevé des représentations notamment sous forme d’étude de cas.
naturels et prendre conscience des responsabilités Les élèves forment une association dans le quartier afin de
individuelles et collectives vis-à-vis des risques, discuter des questions de violence et d’insécurité sur le plan local
notamment pour la santé individuelle et collective, et dans le pays. Ils mènent une action auprès des Institutions
dans l’environnement quotidien. chargées d’assurer la paix et protection des citoyens pour créer
- Entendre, lire et interpréter une consigne et un les conditions de vie d’une société démocratique pour les
avertissement de sécurité et respecter les mesures citoyennes et les citoyens.
nécessaires dans le calme et la responsabilité. Étude de cas et au besoin intervention. Un patron décide de
- Connaître l’organisation, les missions, les fonctions renvoyer une ouvrière sans préavis. Les élèves étudient la
et les principaux types d’interventions des forces de législation du travail. Ils interviennent pour le respect de cette
l’ordre et des institutions de protection et de sécurité. législation et la défense des droits (signification des droits à la
- Connaître les droits et la législation du travail. personne lésée, dépôt de plainte auprès des institutions telles que
- Connaître les institutions judiciaires et leur le ministère des Affaires sociales et le ministère à la Condition
fonctionnement, accepter la présomption féminine…).
d’innocence. Les élèves effectuent des recherches sur les notions de sécurité
- Connaître le but et le fonctionnement des et de protection sociale. Ils dégagent le rôle de l’État dans la
institutions internationales et des Organisations Non redistribution des richesses. En futurs citoyennes et citoyens
Gouvernementales. responsables, les élèves débattent sur la nécessité de payer les
impôts afin de fournir à l’État les moyens financiers pour assurer la
sécurité et la protection des citoyens dans un régime
38
démocratique.
Dans une démarche collaborative, les élèves poursuivent la
rédaction du glossaire illustré et du répertoire des textes.
MODALITES ET CRITERES D’EVALUATION :
- Réaliser un portfolio d’extraits de presse sur les conditions de respect de la paix, la protection et la sécurité des
personnes et des collectivités.
- En relation avec le cours de mathématiques, réaliser une étude chiffrée sur un projet d’aménagement local financé par la
redistribution.
39
équitable des ressources renouvelables. scolaires et s’engagent sur la propreté et l’entretien des lieux
publics.
Étude de cas. Dans une petite communauté la mairie s’est
engagée à construire un parc public dont les arbres ont été
abattus. Il s’agit de sélectionner, planter et entretenir les
plantules. Le maire soumet le projet aux écoles qui en font part
aux élèves. Les élèves participent à la réalisation du projet.
Guidés par le professeur, un groupe d’élèves effectue des
recherches sur Internet sur les lois concernant la protection de
l’environnement. Il fournit des images à un autre groupe
d’élèves : coupe des arbres, exposition de sacs de charbon. Un
débat entre les groupes d’élèves permet la prise de conscience
sur la question de l’application de la loi dans une société
démocratique et sur les problèmes liés au déboisement dans le
pays. Si possible, en lien avec le cours de géographie, les élèves
analysent des photos aériennes ou des images satellite mettant
en évidence le déboisement et ses conséquences en Haïti. En
lien avec les cours de sciences de la vie et de la Terre, d’histoire
(maintien d’un système d’exploitation agricole, commerce des
bois précieux au XIXe siècle pour rembourser la dette), de
français et d’arts plastiques, les élèves analysent quelques
extraits d’œuvres littéraires (Jacques Roumain, Jacques-
Stephen Alexis…), quelques œuvres d’art (Philton Latortue,
Sénèque Obin…) et de textes de spécialistes (Alex Bellande,
Haïti déforestée, paysages remodelés…) évoquant la question
du déboisement, sa réalité, ses causes historiques et présentes,
ses conséquences, les interventions des gouvernements et des
organismes internationaux (contrôle policier de la frontière avec
la République dominicaine, interdiction de la production et de la
40
vente de charbon de bois, absence de propositions de sources
de revenus alternatifs dans les régions rurales et de sources
d’énergie alternatives dans les zones urbaines…). Les élèves en
tirent quelques règles qu’ils illustrent par un dessin ou une
chanson : 1. Nécessité pour un citoyen et pour l’État de
respecter et de faire respecter les lois de l’environnement. 2.
Nécessité de reboiser le pays pour un développement durable. 3.
Nécessité d’une prise de conscience citoyenne face au problème
de la dégradation de l’environnement.
Dans une démarche collaborative, les élèves poursuivent la
rédaction du glossaire illustré et du répertoire des textes.
MODALITES ET CRITERES D’EVALUATION :
- Présenter et mettre en place un projet de reboisement, de sauvegarde et d’entretien d’une parcelle boisée.
UNITÉ 7E AF 8E AF 9E AF
D’APPRENTISSAGE
1. LA NATION - La nation haïtienne : - Les fondements de la - La citoyenneté du monde :
HAÏTIENNE ET valeurs, symboles, nation haïtienne (une respect et engagement pour les
L’IDENTITE HAÏTIENNE patrimoine historique et histoire, un territoire, une valeurs universelles.
culturel, textes de mémoire et un patrimoine - La responsabilité citoyenne
référence. partagés, le désir de vivre dans la sauvegarde du
- L’organisation territoriale ensemble), les valeurs, les patrimoine historique et culturel
d’Haïti. symboles et les textes de du pays.
- La responsabilité référence.
41
citoyenne dans la - Les autres nations
sauvegarde du patrimoine caribéennes : valeurs,
historique et culturel du symboles, patrimoine
pays. historique et culturel, textes
de référence.
- Les valeurs universelles.
- La responsabilité
citoyenne dans la
sauvegarde du patrimoine
historique et culturel du
pays.
2. LA CITOYENNE, LE - Les droits et les devoirs - Les droits et les devoirs - Définition des concepts de
CITOYEN, LA fondamentaux de la fondamentaux de la citoyen et citoyenneté au niveau
CITOYENNETE ET citoyenne et du citoyen citoyenne et du citoyen national et mondial. L’éthique
L’ÉTAT, DES DROITS ET définis dans la constitution définis dans la constitution citoyenne.
DES DEVOIRS haïtienne et dans la haïtienne et dans la - Les droits fondamentaux de la
Déclaration universelle des Déclaration universelle des citoyenne et du citoyen définis
droits de l’Homme. droits de l’Homme. dans la constitution haïtienne et
- L’éthique citoyenne. - Les droits et devoirs de dans la Déclaration universelle
- Les droits et devoirs de l’État, les droits et devoirs des droits de l’Homme
l’État, les droits et devoirs du citoyen. - La participation active à la vie
du citoyen. - La participation active à la de la cité
- La participation active à vie de la cité.
la vie de la cité.
3. SAVOIR ETRE ET - Le fonctionnement d’un - Le fonctionnement d’un - La loi comme principe d’un État
AGIR EN CITOYENNE ET État démocratique. La État démocratique : la démocratique. La démocratie
CITOYEN D’UN ÉTAT démocratie comme séparation des pouvoirs. comme conquête au quotidien.
42
DEMOCRATIQUE conquête au quotidien. - La participation aux - L’engagement éthique en tant
- La participation aux activités de renforcement que citoyenne et citoyen.
activités de renforcement de la démocratie dans la - Prélèvement et redistribution
de la démocratie dans la communauté. (rôle, fonction, forme de l’impôt),
communauté. solidarité nationale et
internationale.
4. PENSER L’AUTRE - La notion de respect de - La notion de respect de - La notion de respect de soi et
COMME SOI-MEME : LE soi et de l’autre, la notion soi et de l’autre, la notion de l’autre, la notion de tolérance.
PRINCIPE D’EGALITE de tolérance. L’éthique de tolérance L’éthique L’éthique individuelle et
individuelle et collective. individuelle et collective. collective.
- La notion de personne et - L’engagement citoyen - L’engagement pour une école
les droits qui y sont dans des actions visant à et une société inclusive.
attachés (respect, dignité, promouvoir le respect des L’entr’aide.
tolérance, liberté de principes d’égalité. - Les droits relatifs à l’éducation
circulation, liberté de L’entr’aide. et à la scolarité, les accepter
pensée, de conscience et - Les droits relatifs à librement et participer à la vie
de religion, liberté l’éducation et à la scolarité, démocratique dans la classe
d’opinion et d’expression). les accepter librement et (comité de classe, élection,
- Les droits relatifs à participer à la vie coopérative) et dans la cité.
l’éducation et à la scolarité, démocratique dans la - La protection sociale.
les accepter librement et classe (comité de classe, - L’engagement citoyen dans des
participer à la vie élection, coopérative) et actions visant à promouvoir le
démocratique dans la dans la cité. respect des principes d’égalité.
classe (comité de classe, L’entr’aide.
élection, coopérative) et
dans la cité
- L’égalité dans la société
- La participation
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personnelle dans des
actions visant à
promouvoir le respect des
principes d’égalité.
L’entr’aide.
5. LA RESOLUTION DE - La négociation dans la - La démarche critique et - La démarche critique et
CONFLIT ET LE VIVRE résolution des conflits. l’argumentation, le débat. l’argumentation, le débat.
ENSEMBLE - La paix sociale dans le - Les formes et les - Les institutions judiciaires et les
cadre de l’école et de la institutions de justice. institutions chargées de faire
communauté. - La résolution des conflits. respecter la loi.
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L’ENVIRONNEMENT ET historique) et d’intérêt équitable des ressources ressources renouvelables.
POUR UN collectif. renouvelables. - Les institutions internationales
DEVELOPPEMENT - Les biens collectifs, les et les Organisation Non
DURABLE respecter et en assurer la Gouvernementales pour la
préservation. protection de l’environnement et
le développement durable.
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