Introduction
Depuis les origines de l’humanité, la question du sens de l’existence et de la relation entre
l’homme et Dieu a toujours occupé une place centrale dans la réflexion spirituelle. La Bible,
Parole vivante de Dieu, offre une vision cohérente et progressive de cette relation à travers
quatre grands mouvements fondamentaux : la création, la chute, la rédemption et la
réconciliation. Selon le récit biblique, Dieu a créé l’homme à son image, pour vivre en
communion avec Lui, dans la justice, la paix, la sainteté et la vérité. Cette création,
empreinte de beauté et d’harmonie, témoignait de la bonté de Dieu et de Sa volonté
d’habiter avec l’homme dans une relation d’amour libre et pur.
Mais cette création parfaite a été tragiquement brisée par le péché de l’homme. Par un acte
de désobéissance, l’humanité s’est détournée de son Créateur, provoquant une rupture
profonde, spirituelle et existentielle. La chute a introduit dans le monde la mort, la
souffrance, le chaos moral et le désordre spirituel. Elle a défiguré l’image de Dieu en
l’homme, obscurci son intelligence, et l’a rendu esclave du péché, incapable de revenir par
ses propres forces vers la lumière.
Cependant, l’histoire du salut révèle non seulement la profondeur insondable de l’amour de
Dieu, mais aussi l’ampleur de Sa justice, de Sa sainteté et de Sa sagesse dans la manière
dont Il traite le péché. La gravité de la chute n’a pas seulement désorganisé le monde
visible, elle a radicalement altéré la nature humaine. L’homme, spirituellement mort, est
resté éloigné de Dieu, incapable de se racheter lui-même. Mais c’est dans ce contexte
d’obscurité que resplendit la lumière éclatante de la grâce. En Jésus-Christ, Dieu n’offre pas
simplement un pardon passager ; Il propose une transformation radicale, une récréation. Il
restaure l’image perdue, adopte l’homme dans sa famille, l’unit à Son Fils ressuscité et lui
réserve une place dans Son royaume éternel.
Cette œuvre de rédemption n’est pas un simple retour à l’état originel. Elle est une
élévation. Ce que le péché a détruit, Dieu le relève pour le rendre plus glorieux encore.
L’homme justifié devient héritier, participant de la nature divine, cohéritier avec Christ. Ainsi,
la réconciliation avec Dieu est bien plus qu’une restauration : c’est une nouvelle naissance,
une vie nouvelle animée par l’Esprit, appelée à persévérer dans la sanctification jusqu’à la
gloire.
Comprendre ces vérités ne relève pas d’un exercice abstrait. C’est une rencontre réelle avec
le Dieu vivant. Étudier la création, la chute, la sotériologie et la réconciliation, c’est entrer
dans le cœur même du dessein éternel de Dieu pour l’humanité. C’est découvrir que
derrière chaque page de l’Écriture, Dieu trace un chemin de retour vers Lui — un chemin de
grâce, de vérité, de justice et de vie. Ce parcours, loin d’être théorique, appelle chacun à
répondre, à croire, à se soumettre à l’appel de l’amour divin. Car Dieu, dans sa bonté
souveraine, a tout accompli pour que l’homme soit sauvé, transformé et réconcilié avec Lui
pour l’éternité.
*Voici un résumé exhaustif et compréhensif de l'Anthropologie biblique en partant de la
création de l'homme ,en passant par sa chute.*
Selon l’anthropologie biblique chez R. C. Sproul le péché est entré dans le monde par
Adam. Ce péché d’Adam est transmis à toute l’humanité. Cette transmission ne se limite pas
à une mauvaise influence ou à un mauvais exemple, mais constitue une imputation réelle.
L’humanité entière est considérée comme coupable en Adam parce qu’il était le
représentant de l’humanité dans l’alliance originelle. Cela soulève des questions sur la
justice divine, mais Sproul soutient que Dieu, dans sa souveraineté, a le droit de désigner un
représentant pour l’humanité, de la même manière qu’il en désignera un autre en la
personne de Christ. Ce parallèle entre Adam et Christ est fondamental pour comprendre la
manière dont la rédemption vient réparer les effets de la chute.
L’homme, en état de péché, est incapable par lui-même de revenir à Dieu. Cette incapacité
n’est pas physique mais morale. L’homme ne veut pas se tourner vers Dieu, car sa volonté
est en esclavage au péché. Ce concept de dépravation totale implique que, sans la grâce de
Dieu, aucun être humain ne chercherait naturellement la vérité divine ou le salut. Sproul
insiste sur le fait que cela ne nie pas la responsabilité humaine, mais montre au contraire le
besoin désespéré d’un sauveur.
L’anthropologie biblique selon R.C. Sproul repose sur une compréhension profondément
théologique de la nature humaine, de sa création, de sa chute et de sa destinée en lien avec
le plan rédempteur de Dieu. Sproul commence par affirmer que l’homme a été créé à
l’image de Dieu. Cela signifie que l’être humain n’est pas un produit du hasard ou une
créature sans valeur, mais un être façonné intentionnellement par Dieu pour refléter certains
attributs divins. Cette image n’est pas physique, mais spirituelle, morale et rationnelle.
L’homme est doué de raison, de conscience morale, d’émotions, de volonté et de capacités
créatives qui témoignent de cette image divine. Dès l’origine, il est destiné à la relation avec
Dieu, à la domination responsable sur la création, et à la communion avec son prochain.
Cependant, cette dignité initiale a été profondément marquée par la chute. Lorsque Adam
et Ève ont péché dans le jardin d’Éden, ils ont non seulement transgressé un
commandement divin, mais ont aussi brisé l’ordre moral que Dieu avait établi. La chute a
entraîné une corruption totale de la nature humaine. Selon Sproul, cette corruption ne
signifie pas que l’homme est aussi mauvais qu’il pourrait l’être, mais que le péché affecte
chaque partie de son être : son intelligence, ses affections, sa volonté. L’homme déchu reste
porteur de l’image de Dieu, mais cette image est déformée, affaiblie, incapable d’être
pleinement manifestée sans l’intervention divine.
Dans cette perspective, la grâce devient centrale. Dieu n’abandonne pas l’homme dans sa
perdition, mais met en œuvre un plan de salut par lequel l’homme peut être restauré. La
provision de Dieu pour le salut inclut l’envoi de son Fils, Jésus-Christ, qui vit une vie parfaite,
meurt à la croix pour les péchés de son peuple, et ressuscite pour leur justification. Ce salut
est appliqué par le Saint-Esprit, qui régénère les cœurs, éclaire l’intelligence, attire l’homme
vers Christ et le sanctifie progressivement.
Ce processus de
restauration conduit à la réhabilitation de l’image de Dieu dans l’homme. Le croyant, uni à
Christ, est transformé jour après jour à l’image de son Sauveur. La sanctification n’est pas
une œuvre parfaite ici-bas, mais elle est réelle et progressive. Sproul voit en cela la preuve
que l’homme n’est pas seulement sauvé de la culpabilité du péché, mais aussi de sa
puissance.
Ainsi, l’anthropologie biblique selon R.C. Sproul ne se limite pas à une étude abstraite de
l’homme. Elle est intimement liée à la sotériologie et à l’œuvre de la grâce divine.
Comprendre qui est l’homme, c’est comprendre son besoin du salut, et comprendre la
manière dont Dieu, dans sa justice et sa miséricorde, pourvoit à ce salut. C’est aussi
retrouver le sens de la vocation humaine : glorifier Dieu et jouir de lui pour toujours.
Dans la grâce commune et la grâce spéciale S.C. Sproul présente
la grâce commune est l’expression de la bonté de Dieu envers *toute* l’humanité,
indépendamment du salut. C’est cette grâce qui :
- Permet à la vie de continuer malgré la chute (Genèse 3),
- Maintient l’ordre, la moralité, la culture, les arts, les sciences,
- Permet à des non-croyants de faire le bien apparent (aimer, aider, créer),
- Ralentit les effets destructeurs du péché sur la société.
Sproul affirme que sans cette grâce, le monde sombrerait dans un chaos total. Elle est
appelée « commune » parce qu’elle est universelle, offerte à tous, mais elle ne sauve pas.
La grâce spéciale, en revanche, est celle qui *sauve*. Elle est :
- Destinée uniquement aux élus,
- Liée à l’œuvre du Saint-Esprit qui régénère le cœur,
- Ce qui rend la foi possible, car l’homme déchu ne peut croire par ses propres forces
(Éphésiens 2:8),
- Manifestée pleinement dans l’appel efficace, la justification, la sanctification et la
glorification.
C’est cette grâce spéciale qui fait passer une personne de la mort spirituelle à la vie en
Christ. Elle n’est pas méritée, mais offerte souverainement par Dieu selon Sa volonté.
En effet, bien que tous profitent de la grâce commune, seuls ceux qui reçoivent la grâce
spéciale peuvent être sauvés. Cela montre à la fois la justice, la miséricorde et la
souveraineté de Dieu dans son plande rédemption
La souveraineté de Dieu, R.C. Sproul aborde l’élection et la prédestination comme des
doctrines bibliques fondamentales qui révèlent la souveraineté totale de Dieu dans le salut. Il
insiste sur le fait que l’élection est un choix souverain, éternel et inconditionnel que Dieu fait
avant la fondation du monde, en faveur de certains individus qu’Il décide de sauver. Ce
choix ne repose ni sur une prévision de la foi ni sur les œuvres de la personne élue, mais
uniquement sur la volonté et le bon plaisir de Dieu.
Sproul explique que tous les êtres humains méritent la condamnation à cause du péché.
Mais dans sa miséricorde, Dieu choisit d’en sauver quelques-uns : c’est cela l’élection. Il
souligne que Dieu n’est redevable de rien envers aucun homme. Par conséquent, le fait qu’il
sauve certains est une démonstration de sa grâce, et non d’une injustice envers les autres.
La prédestination est alors l’acte par lequel Dieu détermine à l’avance non seulement ceux
qu’il sauvera, mais aussi les moyens par lesquels ils seront appelés, justifiés et sanctifiés.
Cela comprend l’envoi du Christ, la prédication de l’Évangile, la régénération par le Saint-
Esprit et la persévérance des saints jusqu’à la gloire.
R.C. Sproul combat fermement la notion d’un Dieu passif qui attend que l’homme décide de
croire. Il montre que, sans l’initiative divine, personne ne choisirait librement Dieu, car la
volonté humaine est esclave du péché. Par conséquent, l’élection n’est pas seulement un
choix divin, elle est aussi une nécessité à cause de l’incapacité de l’homme à se sauver lui-
même. C’est pourquoi il soutient la doctrine de la grâce irrésistible : quand Dieu appelle un
élu à la vie éternelle, ce dernier répondra inévitablement par la foi, parce que Dieu opère en
lui une transformation intérieure réelle et efficace.
Pour Sproul, l’élection et la prédestination ne sont pas des doctrines à craindre, mais à
chérir, car elles assurent que le salut ne dépend pas des efforts humains, mais de la fidélité
d’un Dieu souverain et miséricordieux. Elles donnent une base solide à l’assurance du
croyant et invitent à l’humilité, à l’adoration et à la reconnaissance.
--L'appel efficace
L’appel efficace, selon R.C. Sproul, est une étape essentielle dans la doctrine du salut où
Dieu, par sa souveraineté, attire intérieurement les élus vers Lui. Contrairement à l’appel
général, qui est la proclamation de l’Évangile à tous, l’appel efficace produit une réponse
certaine, un changement intérieur irréversible qui conduit à la foi. Sproul explique que cet
appel est une œuvre du Saint-Esprit, qui régénère le cœur humain, brise la résistance
naturelle au salut, et permet au pécheur de croire en Jésus-Christ. C’est donc un acte divin
souverain, irrésistible, qui garantit que ceux que Dieu appelle effectivement seront sauvés.
L’appel efficace confirme que le salut est entièrement l’œuvre de Dieu, en accord avec la
doctrine de la prédestination. Sproul insiste aussi sur le fait que cet appel ne dépend pas
des mérites humains mais uniquement de la grâce souveraine de Dieu. Enfin, l’appel
efficace assure la persévérance des saints, car ceux qui sont appelés efficacement ne
peuvent pas tomber définitivement du salut.
--La justification par la foi
La justification par la foi seule signifie que Dieu déclare une personne juste uniquement
parce qu’elle croit en Jésus-Christ. Ce n’est pas en faisant de bonnes œuvres ou en étant
parfait que quelqu’un est accepté par Dieu, mais seulement par la foi en ce que Jésus a fait
pour nous.
R.C. Sproul explique que Dieu nous donne sa justice parfaite, même si nous ne la méritons
pas. Cette justice vient de Jésus, qui a pris nos péchés sur lui. Quand on croit en lui, Dieu
nous considère comme justes, comme si on n’avait jamais péché.
La foi n’est pas une action ou un travail que nous faisons, c’est simplement faire confiance à
Dieu et à son amour. La justification est un cadeau gratuit de Dieu, un acte d’amour et de
grâce.
Ce concept a été très important lors de la Réforme protestante, surtout pour Martin Luther,
qui voulait montrer que nous ne sommes sauvés que par la foi, pas par nos efforts.
Cette doctrine donne une grande assurance, car notre salut dépend de Dieu et non de
nous-mêmes. C’est une manière pour Dieu de montrer qu’il est juste et miséricordieux en
même temps.
*L’adoption* et *l’union avec Christ*
*L’adoption* est le fait que Dieu nous accueille dans sa famille comme ses enfants. Par la foi
en Jésus-Christ, nous ne sommes plus des étrangers ou des orphelins spirituels, mais nous
devenons des fils et des filles de Dieu. Cela signifie que nous avons un accès direct à Lui,
que nous recevons son amour, sa protection et ses bénédictions comme un parent le fait
pour ses enfants. L’adoption nous donne aussi une nouvelle identité : nous sommes héritiers
des promesses de Dieu.
*L’union avec Christ* est la relation intime et spirituelle que le croyant entretient avec Jésus.
Cette union est essentielle car elle fait de Christ la source de notre vie nouvelle. Par cette
union, nous participons à sa mort et à sa résurrection, ce qui nous libère du péché et nous
donne une vie nouvelle en Dieu. C’est aussi par cette union que nous recevons la grâce, la
puissance et la transformation nécessaires pour vivre selon la volonté divine.
Ces deux doctrines sont liées car l’adoption découle de notre union avec Christ. C’est en
étant unis à Lui que nous sommes rendus enfants de Dieu. Ensemble, elles montrent la
profondeur de la relation que Dieu désire avoir avec nous : non pas simplement comme
créateur et créature, mais comme Père et enfants, unis dans l'amour.
--La sanctification
La sanctification est le processus par lequel Dieu transforme progressivement la vie du
croyant pour le rendre de plus en plus conforme à l’image de Jésus-Christ. Ce n’est pas
quelque chose que l’on peut faire par ses propres forces, mais c’est l’œuvre du Saint-Esprit
qui agit dans le cœur pour purifier, corriger et renouveler.
La sanctification commence dès le moment où une personne croit en Christ, mais elle
continue tout au long de la vie. C’est un cheminement, avec des progrès, des luttes et des
victoires spirituelles. Elle implique de rejeter le péché et de grandir dans la vertu, la justice,
l’amour et l’obéissance à Dieu.
Selon Sproul, la sanctification est à la fois un acte positionnel — car en Christ nous sommes
déjà saints devant Dieu — et un processus pratique qui se manifeste dans notre manière de
vivre. Elle est la preuve que la foi est vivante et réelle.
La sanctification est la transformation continue du croyant, par la puissance de Dieu, pour
qu’il vive une vie sainte et agréable à Lui.
--La persévérance des saints
La persévérance des saints signifie que ceux que Dieu a réellement appelés et sauvés
continueront jusqu’à la fin dans la foi. C’est une assurance que les véritables croyants ne
perdront pas leur salut, car Dieu les garde par sa puissance.
Sproul explique que cette persévérance n’est pas simplement basée sur la volonté ou la
force humaine, mais sur la fidélité de Dieu. Même si le croyant peut traverser des doutes,
des épreuves ou des moments de faiblesse, Dieu veille à ce qu’il ne soit jamais abandonné.
Cela ne signifie pas que les croyants ne pèchent pas ou ne tombent pas, mais que Dieu les
relève toujours et les conduit vers la sanctification complète. La persévérance des saints est
donc un signe certain de la grâce durable de Dieu.
Cette doctrine rassure le croyant sur la sécurité de son salut et sur le fait que Dieu
l’accompagne fidèlement jusqu’à la vie éternelle.
Conclusion
L'étude de la création, de la chute, de la sotériologie et de la réconciliation révèle le fil
conducteur de l’amour rédempteur de Dieu envers l’humanité. L’homme, créé à l’image de
Dieu, est tombé dans le péché, brisant sa relation avec son Créateur. Mais Dieu, dans sa
miséricorde infinie, a pourvu au salut à travers Jésus-Christ, son Fils, offrant non seulement
le pardon, mais une transformation profonde, une adoption spirituelle, et une restauration
complète.
Cette provision n’est pas le fruit du mérite humain, mais une grâce imméritée, un appel à
revenir à Dieu avec un cœur repentant. La réconciliation avec Dieu n’est pas simplement un
retour à l’état originel, mais une élévation à une vie nouvelle en Christ. Cela nous invite à
vivre dans l’obéissance, la foi et la reconnaissance, en témoignant de la puissance de
l’Évangile.
Ainsi, cette compréhension de l’œuvre de Dieu nous pousse à l’adoration, à la sanctification
personnelle et à une espérance ferme, en attendant l’accomplissement final de son
royaume. C’est là l’essence de la foi chrétienne : un Dieu qui crée, sauve et restaure, pour
sa gloire et notre joie éternelle.