Chapitre 1
LUMIERE - MILIEUX DE
PROPAGATION
1.1 Onde électromagnétique
On appelle onde électromagnétique (OEM) le phénomène résultant de la pro-
et le champ
pagation de deux grandeurs vibratoires : le champ électrique E
magnétique B.
On représente cette onde en tout point M de l’espace qu’elle atteint, à l’instant
t, par le couple (E(M,
t) ; B(M, t)).
1.2 Onde lumineuse - Source de lumière
La lumière peut être considérée comme étant l’agent physique indispensable à
la vision. Elle a un double aspect :
a- Un aspect ondulatoire : c’est une perturbation de l’espace associée à la
présence d’un champ électromagnétique qui varie dans l’espace et dans le
temps, la lumière fait donc partie des ondes électromagnétiques.
b- Un aspect corpusculaire : c’est un flux de particules nommées photons.
En optique géométrique, aucun aspect n’est considéré. En optique physique,
c’est l’aspect ondulatoire qui est pris en compte.
La lumière est émise par une source dite :
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• Primaire
C’est un corps qui produit la lumière qu’il émet. Comme exemple, on
peut citer le soleil ou une bougie allumée.
• Secondaire
C’est un objet qui ne produit pas de lumière, mais qui renvoie la lumière
qu’il reçoit. On dit que c’est un corps diffusant. C’est le cas de la lune
éclairée par le soleil.
En optique, on distingue trois types de sources de lumière :
• Lampe à décharge ou lampe spectrale : la lumière est produite
lorsqu’on excite un gaz ou une vapeur métallique, sous haute ou basse
pression, par une décharge électrique. Les atomes du gaz ne restent pas
indéfiniment dans les états excités, mais se désexcitent spontanément en
émettant de la lumière à des fréquences caractéristiques du gaz contenu
dans la lampe. On observe un spectre discontinu, dit spectre de raies (on
obtient un spectre de bandes dans le cas de molécules).
Comme exemple, on peut citer la lampe spectrale au mercure. Elle pro-
duit une lumière qui s’approche du bleu-vert. Lorsque cette lumière tra-
verse un milieu dispersif, un réseau par exemple, on obtient un spectre
discontinu constitué de raies colorées : doublet jaune à 0,5791 μm et
0,5770 μm, vert à 0,5461 μm, bleu à 0,4916 μm, indigo à 0,4358 μm et
violet à 0,4047 μm.
• Lampe à incandescence : la lumière est émise lorsqu’un filament mé-
tallique est porté à une température élevée. Le spectre dans ce cas est
continu, il est conforme au spectre d’émission d’un corps noir. C’est le cas
de la lampe à incandescence classique qui produit une lumière blanche
en portant à incandescence un filament en tungstène.
• Laser (Light amplification by stimulated emission of radiation) : c’est
un milieu amplificateur de lumière placé dans une cavité optique (dite
cavité résonante) et dont le rôle est de fournir une lumière cohérente et
quasi-monochromatique par émission stimulée (ou émission induite). On
peut citer le laser He-Ne (Fig. 1.1).
C’est une source qui émet une lumière rouge à 0,6328 μm (puissance :
0,5 mW ). Le milieu amplificateur est un mélange de gaz Hélium et Néon.
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1.3. Milieu de propagation 17
Fig. 1.1 – Schéma de principe d’un Laser Hélium-Néon
On l’utilise dans de nombreux laboratoires scientifiques, en particulier
en travaux pratiques d’optique, en raison de sa cohérence, sa monochro-
macité et de sa faible ouverture (diamètre : 0,6 mm).
1.3 Milieu de propagation
L’onde lumineuse peut se propager dans les milieux suivants :
• Milieu homogène : c’est un milieu dont les propriétés physiques sont les
mêmes en tout point de ce milieu.
• Milieu transparent : il laisse passer la lumière et au travers duquel les
objets sont nettement visibles (eau pure, verre, . . . ).
• Milieu translucide : il laisse passer la lumière et au travers duquel les
objets ne sont pas nettement visibles (papier calque, verre dépoli, . . . ).
• Milieu isotrope : les propriétés physiques de ce milieu ne dépendent pas
des directions de propagation de la lumière.
Un MHTI est un milieu homogène, transparent et isotrope.
1.4 Equations de Maxwell
Ce sont quatre équations, aux dérivées partielles, du premier ordre, qui ex-
priment des relations entre les variations spatiales et temporelles des champs
et B.
E Elles s’écrivent dans le vide parfait (en l’absence de toute charge et
de tout courant) :
=0
div E
(1.1)
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=0
div B
(1.2)
−→
rotE = − ∂∂tB
(1.3)
−→ 1 ∂E
rotB = c2 ∂t
(1.4)
c est la célérité de la lumière ; c = 2,99792458 x 108 m/s.
1.5 Equation de propagation d’une OEM
seul, on élimine B
Pour établir l’équation vérifiée par le champ E en calculant :
−→−→ −−→ − ΔE. On obtient l’équation de propagation du champ
rotrotE = div(gradE)
électrique :
− 1 ∂2E
ΔE c2 ∂t2
=0
(1.5)
Δ étant le Laplacien.
−→−→
De la même façon, le calcul de rotrotB conduit à l’équation de propagation
du champ magnétique :
− 1 ∂2B
ΔB 2 2
=0 (1.6)
c ∂t
Si, à l’instant t et au point M(x, y, z) d’un trièdre direct (O, i, j, k), s(M, t)
désigne l’une des composantes du champ électromagnétique, on montre que :
1 ∂ 2 s(M, t)
Δs(M, t) − =0 (1.7)
c2 ∂t2
B
On remarque que E, et s(M, t) vérifient la même équation dite équation
de propagation des ondes électromagnétiques ou tout simplement : équation
d’onde.
1.6 Surface d’onde
On appelle surface d’onde Σt l’ensemble des points de l’espace représentant le
même état physique à un instant t donné, le champ électromagnétique étant
le même sur cette surface.
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1.7. Onde plane progressive 19
1.7 Onde Plane Progressive (OPP)
Une onde électromagnétique est qualifiée de plane lorsque ses surfaces d’onde
sont à tout instant t des plans. C’est le cas lorsque les coordonnées spatiales
du champ électromagnétique ne dépendent que d’un seul paramètre, z par
exemple : l’onde se propage alors selon l’axe des z. Appliquée à une onde
plane se propageant selon cet axe, l’équation de propagation devient :
∂ 2 s(z, t) 1 ∂ 2 s(z, t)
− =0 (1.8)
∂z 2 c2 ∂t2
Cherchons la solution générale de cette équation différentielle. On pose :
α = z − ct; β = z + ct (1.9)
Exprimons les dérivées partielles en fonction des nouvelles variables en écri-
vant :
∂ ∂ ∂α ∂ ∂β
= +
∂z ∂α ∂z ∂β ∂z
et
∂ ∂ ∂α ∂ ∂β
= +
∂t ∂α ∂t ∂β ∂t
L’équation différentielle devient :
∂ 2 s(α, β)
=0 (1.10)
∂α∂β
La solution générale s’obtient aisément en intégrant successivement par rap-
port aux nouvelles variables :
s(z, t) = f (z − ct) + g(z + ct)
(1.11)
f et g étant deux fonctions arbitraires.
La fonction f (z − ct) représente une onde plane dite progressive, c’est-à-dire
se propageant sans déformation dans un sens donné qui est dans notre cas le
sens des z croissants.
La fonction g(z + ct) correspond à une onde plane progressive dans le sens des
z décroissants. La solution générale de l’équation d’onde à une dimension est
donc une superposition de deux ondes planes progressives en sens inverses.
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Fig. 1.2 – Surface d’onde plane
Si la direction de propagation est définie par le vecteur u (Fig. 1.2) et si la
vitesse de propagation est v, la solution générale s’écrit :
s(M, t) = f (r.u − vt) + g(r.u + vt) (1.12)
−−→
r = OM .
Σt est définie par l’équation :
OH = r.u = Cste. (1.13)
1.8 Onde Sphérique Progressive (OSP)
Dans ce cas, l’ensemble des points de l’espace représentant le même état
physique, à l’instant t, se trouve sur une surface sphérique de rayon r
(Fig. 1.3).
Fig. 1.3 – Surface d’onde sphérique
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1.9. Structure d’une onde plane progressive 21
Les solutions de l’équation d’onde sont de la forme :
s(M, t) = 1r [f (r − vt) + g(r + vt)]
(1.14)
Le résultat est une combinaison de deux ondes sphériques : la première re-
présente une onde sphérique qui diverge à partir de l’origine O, la seconde
représente une onde sphérique qui converge vers O.
1.9 Structure d’une onde plane progressive
Les équations de Maxwell, qui imposent des relations linéaires entre le champ
électrique et le champ magnétique, montrent que pour une onde plane progres-
sive se propageant dans le vide dans la direction du vecteur unitaire u et à
tout instant t :
et B
• les champs E sont contenus dans le plan d’onde et constamment
B
perpendiculaires : E. = 0;
et B
• leurs modules sont constamment proportionnels : E = cB ; E sont
donc en phase ;
B,
• le trièdre (E, u) est direct (Fig. 1.4).
On dit alors que l’onde lumineuse est une onde transversale.
B,
Fig. 1.4 – Trièdre (E, u) direct
1.10 Onde Plane Progressive Monochromatique
(OPPM)
Définition
C’est une onde (dite aussi harmonique) caractérisée par une pulsation unique
ou une fréquence unique. Un cas particulier d’une OPPM se propageant à
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la vitesse v dans la direction du vecteur unitaire u (Fig. 1.5) est une onde
sinusoïdale de la forme :
s(z, t) = E0 cos(K(vt − z) − ϕS ) (1.15)
s(z, t) : l’amplitude instantanée de l’onde ;
E0 : l’amplitude de l’onde ;
K : une constante introduite pour que l’argument du cosinus soit sans unité ;
ϕS : le retard de phase constant dû à la source de lumière.
Fig. 1.5 – Propagation d’une OPPM
En prenant l’origine des phases à l’origine des coordonnées, la fonction d’onde
s’écrit en faisant une analogie avec une onde mécanique :
s(z, t) = E0 cosK(vt − z) = E0 cos(ωt − ϕ)
(1.16)
ωt − ϕ : la phase de l’onde à l’instant t ;
ω : la pulsation de l’onde ;
ϕ : la phase ou déphasage à t = 0 ; ou c’est la différence entre la valeur de la
phase en un point atteint par la lumière et sa valeur à la source de lumière au
même instant.
Pour simplifier les calculs, il est souvent plus commode d’utiliser la notation
complexe : on représente s(M, t) par la fonction :
z(M, t) = E0 ej(ωt−ϕ) = E0 e−jϕ ejωt
A = E0 e−jϕ est l’amplitude complexe de l’onde.
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