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Cours de Topométrie 1

Le document présente un cours de topométrie pour une Licence Professionnelle en Génie Civil, détaillant les compétences requises et les contenus abordés. Il explique les concepts fondamentaux de la topométrie, la topographie, la géodésie et d'autres disciplines connexes, ainsi que leur importance dans la construction et l'aménagement du territoire. Enfin, il aborde la forme et les dimensions de la Terre, en introduisant des notions comme le géoïde et l'ellipsoïde de révolution.

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Cours de Topométrie 1

Le document présente un cours de topométrie pour une Licence Professionnelle en Génie Civil, détaillant les compétences requises et les contenus abordés. Il explique les concepts fondamentaux de la topométrie, la topographie, la géodésie et d'autres disciplines connexes, ainsi que leur importance dans la construction et l'aménagement du territoire. Enfin, il aborde la forme et les dimensions de la Terre, en introduisant des notions comme le géoïde et l'ellipsoïde de révolution.

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POLYTECH LE GENIE ADA

Cours de Topométrie 1
Licence Professionnelle de Génie Civil

Géomètre Expert de SOUZA Médard


23/05/2021
Corpus
Objectifs
Le titulaire du diplôme de la Licence Professionnelle Génie Civil option Bâtiment
Travaux Publics et Infrastructure doit avoir pour capacités et compétences
techniques de :
 collecter et gérer les informations de la topométrie de construction;
 effectuer les mesures sur le terrain et exploiter les résultats ;
 implanter ;
 interpréter les courbes de niveau afin d’identifier le sens d’écoulement des
eaux ;

Contenu
1. Généralités
2. Notions préliminaires
3. Carnet de notes
4. Instruments principaux de topométrie et leurs accessoires
5. Orientation et angles
6. Polygonation
7. Mesure linéaire
8. Nivellement
9. Représentation du relief

1
Chapitre 1 : Les généralités

Avant de procéder à l’exécution de projets de génie civil ou de travaux publics,


et d’aménagement du territoire, il est nécessaire de connaître le relief de la région
de l’implantation des projets. A cet effet, on a recours à la mise en œuvre de
cartes topographiques restituant le relief de la région en se basant sur des
mesures de terrain par levé en utilisant des appareils et instruments adéquats.
La discipline qui permet de faire les opérations de levé afin de mettre en œuvre
les cartes est la topographie.
La topométrie est une division importante de la géomatique qui, encore appelée
sciences géodésiques ou géométronique, est la discipline englobant toutes les
méthodes d’acquisition et de traitement des dimensions physiques de la terre.
Elle joue un rôle très important dans plusieurs domaines:
 la cartographie ;
 l’établissement des cartes de navigation, des satellites ;
 la création des banques de données foncières ;
 la détermination de la forme et des dimensions de la terre ;
 la construction des ouvrages (l’implantation, les altitudes et les alignements).
 l’étude de la gravité et du champ magnétique.
Elle est la plus vieille discipline pratiquée par l’homme, parce que, de tout temps,
les hommes délimitent et divisent les terres. Nous avons par exemple connu, le
plus ancien plan topographique vers l’an 4000 avant Jésus Christ qui représentait
une partie de la ville de Dunghi, en Mésopotamie.
Elle subdivisée en six (06) disciplines à savoir : la topométrie, la topographie, la
géodésie, la photogrammétrie, l’astronomie géodésique et la télédétection.

1. Vocabulaire de base

11. La topométrie
La topométrie qui vient des mots grecs topo signifiant lieu et metron signifiant
mesure, est l’ensemble des techniques de mesurage permettant la détermination
de la forme et des dimensions d’objets et de lieux, sans tenir compte de la
courbure de la terre et de la réfraction atmosphérique. Elle est subdivisée en six
branches à savoir :
 La topométrie de construction consiste à donner des alignements et des
altitudes servant à la construction de bâtisses (tout ce qui concerne la
construction d’un bâtiment), de réseaux d’égouts (conduits par où s’écoulent
les eaux usées) et d’aqueducs (canal pour conduire l’eau), de rues ...
 La topométrie routière qui joue un rôle essentiel dans la réalisation de tout
projet de système de transport (route, chemin de fer, canaux, lignes de
transmission ...).
 La topométrie cadastrale encore appelée arpentage légal consiste à
déterminer la délimitation et le morcellement des propriétés foncières.

2
 La topométrie souterraine est l’ensemble des opérations donnant l’orientation
et les dimensions des tunnels et galeries de mines. Elle permet aussi le calcul
des volumes, etc.
 La topométrie hydrographique ou l’hydrographie permet de représenter le
littoral, les lacs et rivières, les fonds marins, etc.
 La topométrie industrielle permet l’aménagement des installations
industrielles au moyen d’instruments optiques.
Enfin, la topométrie permet de suivre dans le temps l’évolution d’éléments
naturels ou non par comparaison entre des levés tachéométriques effectués
périodiquement. En particulier, la vérification de la bonne tenue des barrages fait
appel à la topographie.

12. La topographie
Etymologiquement, la topographie vient de l’association des mots grecs topos et
graphein signifiant décrire. Elle est alors l’art de représenter graphiquement un
lieu sous forme de plans ou de cartes. C’est donc la science qui donne les
moyens de représentation graphique ou numérique d’une surface terrestre. La
nuance entre la topométrie et la topographie réside dans le fait qu’en topographie
le terrain est représenté in situ alors qu’en topométrie les calculs et reports sont
des phases ultérieures à la réalisation d’un plan à grande échelle ou à très grande
échelle (plan de levé).
Le plan ou la carte topographique est une représentation à une échelle réduite
de l’ensemble des détails du terrain projetés verticalement sur la surface
horizontale de référence qui est le niveau moyen des mers.
En effet la topographie a pour but de mettre en œuvre des cartes topographiques
en considérant la terre comme une surface plane. On distingue deux catégories :
 Surface topographique qui consiste à dessiner les cartes topographiques en
mettant en évidence les éléments naturels et artificiels, et ce en se basant sur
deux opérations :
 levé planimétrique à partir des mesures de distances et des angles pour
déterminer les coordonnées (𝑋 ; 𝑌).
 levé altimétrique à partir des mesures de distances et des angles pour
déterminer des dénivelées et des altitudes pour obtenir la cote 𝑍.
 Surface détaillée : Mise en œuvre de cartes détaillées des repères et des
éléments existants sur les cartes topographiques comme la délimitation de
terrains agricoles, de constructions, …
La confection proprement dite de ces cartes ou de ces plans relève de la
cartographie qui est l’ensemble des études et opérations scientifiques, artistiques
et techniques intervenant à partir d’observations directes ou de l’exploitation d’un
document en vue d’élaborer des cartes, plans et autres moyens d’expression.
Une carte ou un plan est la représentation graphique, à une certaine échelle, de
la projection orthogonale des détails de la surface de la terre, qu’ils soient
naturels, artificiels ou conventionnels.

3
Le plan est représenté à grande échelle (échelle comprise entre 1/10.000 et 1/1)
et quant à la carte à petite échelle (échelle comprise entre 1/∞et 1/10.000) et ses
détails par des signes conventionnels.
Le tableau suivant donne une classification des cartes en fonction de leur échelle
et de leur finalité :

13. La géodésie
La géodésie est la science qui a pour objet l’étude quantitative et qualitative de
la forme de la terre et de ses propriétés physiques (la gravité, le champ
magnétique etc.). Elle permet de localiser, avec une grande précision, les points
géodésiques servant d’ossature aux levés topométriques.
Elle est une des sciences de base nécessaire au topomètre. Sa maîtrise n’est
pas indispensable : elle relève du domaine du spécialiste mais un aperçu centré
sur les incidences de la forme et des caractéristiques de la terre sur la topométrie
est indispensable. Ceci permet d’introduire et de justifier les problèmes de
projection plane et leurs incidences sur la carte de base, les choix de points et
de surfaces de référence pour un système de coordonnées général, etc.

14. La photogrammétrie
La photogrammétrie est la science qui permet d’obtenir des informations
quantitatives et qualitatives au moyen de photos. Elle est subdivisée en deux
branches à savoir : la photogrammétrie métrique et la photogrammétrie
interprétative.
La photogrammétrie métrique consiste à prendre directement ou indirectement,
des mesures sur des photos aériennes ou terrestres en vue de déterminer la
forme et les dimensions d’objets.
La photogrammétrie interprétative consiste à déduire certains renseignements
par l’examen d’images obtenues au moyen de capteurs optiques ou non
optiques.

4
Les photos sont prises de telle sorte qu’une photo recouvre environ 60% sur la
longueur et 23% sur la largeur de la précédente.

15. L’astronomie géodésique


L’astronomie géodésique permet à partir d’observations relatives aux astres de
déterminer la position absolue de points et la direction absolue de lignes sur la
surface de la terre. La position absolue est en fait donnée par la latitude et la
longitude par rapport à l’équateur et à la méridienne origine de Greenwich. La
direction absolue provient de l’angle formé par la ligne et le méridien du lieu.

16. La télédétection
La télédétection est la science et l’art qui permettent d’obtenir de l’information au
moyen de connaissances et de techniques appropriées. Elle sert à recueillir de
l’information à distance, sans contact direct avec l’objet détecté, qu’il s’agisse de
surface ou même de phénomènes naturels.

2. Forme et dimensions de la terre


De tout temps l’homme cherche à connaître et à déterminer la forme et les
dimensions de la terre. En apparence la terre à la forme d’une sphère. En fait,
elle est légèrement déformée par la force centrifuge induite par sa rotation autour
de l’axe des pôles : la terre n’est pas un corps rigide. Cette déformation est
relativement faible. En effet, il y a un tassement de 11 km au niveau des pôles
par rapport à un rayon moyen de 6.367 km et un renflement de 11 km au niveau
de l’équateur. Ainsi, la forme de la terre n’est pas sphérique mais elle présente
la forme d’un éllipsoïde de révolution dont le petit axe est l’axe de rotation, l’axe
des pôles. L’étude de la surface du niveau moyen des mers et des océans au
repos n’a pourtant pas une forme régulière et ne coÏncide ainsi pas avec un
éllipsoïde de révolution : elle n’est pas régulière mais ondulée, présente des
creux et des bosses. Par exemple la surface de la mer se bombe au-dessus d’un
volcan et se creuse au-dessus des grandes fosses océaniques parce que les
relièfs créent des excès ou des déficits de matière produisant ainsi des variations
locales du champ de pesanteur. Ce phénomène s’observe aussi à la surface de
la terre. Or la surface d’un fluide en équilibre est en tout point normale aux forces
de pesanteur : on dit qu’elle est équipotentielle du champ de pesanteur. La terre,
non rigide, peut être considérée comme un fluide : la direction des forces de
pesanteur varie d’un endroit à un autre en raison de la répartition hétérogène de
la matière composant la terre ; sa surface n’est donc pas régulière.

5
Forme de la terre
En résumé, la terre n’est pas rigide ; elle tourne autour de l’axe des pôles et
présente un aplatissement au niveau des pôles et un renflement au niveau de
l’équateur. Ainsi, la terre ne présente pas une forme ellipsoïdale de révolution.
Mais la surface moyenne des mers et océans recouvrant toute terre est appelé
le géoïde.

21. Le géoïde

En observant l’image ci-dessus, nous pouvons dire que la forme la plus proche
de celle de la terre est le géoïde.
Le géoïde est la surface de niveau, correspondant au niveau moyen de la mer,
qui est normale par rapport à la direction de la force due à la pesanteur, et ceci
en tous ses points.
C’est en réalité le niveau moyen des mers plongé sous les continents. C’est le
niveau zéro pris comme surface de référence pour la détermination des altitudes.
Cette nouvelle forme donnée à la terre ne permet pas l’application des relations
mathématiques de transformation. Donc, on doit se donner une surface
rigoureusement définie, sur laquelle on s’appuiera pour effectuer les calculs
6
relatifs à la détermination de la position des points situés à la surface du géoïde.
Pour les calculs de précision, on a recours à l’ellipsoïde de révolution. Puisque
l’observation de la figure précédente nous révèle que la forme la plus proche du
géoïde est l’ellipsoïde de révolution.

22. L’ellipsoïde de révolution

Ellipsoïde de révolution
221. Définitions
 Un ellipsoïde de révolution est un volume engendré par la rotation d’une
ellipse autour d’un de ses deux axes. La terre tournant autour de l’axe des pôles
de demi-longueur b, cette rotation engendre un cercle équatoriale de rayon a.
Les dimensions de l’ellipsoïde sont déterminées en comparant la distance par
mesures géodésiques et la différence de l’altitude par mesures astronomiques
entre deux points d’un même méridien.
 Un méridien est l’intersection de la surface de l’ellipsoïde avec un plan
contenant l’axe des pôles : c’est une ellipse.
 Un parallèle est l’intersection de la surface de l’ellipsoïde avec un plan
perpendiculaire à l’axe des pôles : c’est un cercle.
Tous les méridiens sont égaux entre eux à quelques écarts près. Leur rayon de
courbure diminue des pôles vers l’équateur, donc leur courbure inverse du rayon
augmente.
Il n’existe pas un ellipsoïde global unique mais plusieurs ellipsoïdes locaux définis
pour chaque pays, chacun adoptant un ellipsoïde le plus proche possible du
géoïde local. Ceci explique que les ellipsoïdes diffèrent d’un pays à un autre.
Pour la géodésie française, on utilise l’ellipsoïde défini en 1880 par Clarke et dont
les caractéristiques, très légèrement modifiées par l’IGN France par rapport à
l’ellipsoïde initial, sont :
 Demi-grand axe : a =6.378.249,20 m.
 Demi-petit axe : b = 6.356.515,00 m.
7
𝑎−𝑏 1
 Aplatissement 𝑓 (Flattening en anglais) : 𝑓 = = .
𝑎 293,4660213
𝑎2 −𝑏2
 Excentricité 𝑒 : 𝑒 2 =
𝑎2
1
 Courbure Γ est l’inverse du rayon : Γ =
R
𝑎(1−𝑒 2 )
 Rayon de courbure 𝜌 = avec 𝑤 = √1 − 𝑒 2 𝑠𝑖𝑛2 𝜑.
𝑤3
𝑎 √1− 𝑒 2
 Rayon de la sphère le plus proche de l’ellipsoïde est 𝑅𝑁 =
1− 𝑒 2 .𝑠𝑖𝑛2 𝜑
C’est l’ellipsoïde de référence actuellement utilisé comme surface de projection
pour l’établissement de cartes et plans assez étendus au Bénin.
Le système WGS 84 (World General System 1984) sert de base au géocentrique
de référence utilisé en GPS (Global Positionning System). Son ellipsoïde IAGRS
80 est très proche de GRS 80 (Geodesic Reference System 1980).
Le système European Datum 1950 utilise la projection Universal Transverse
Mercator.
Les ellipsoïdes courants jusqu’en 1967 sont classés dans le tableau suivant :
Nom Date Demi-grand axe : a Demi-petit axe : b 1/f
Everest 1830 6.377.276 6.356.075 300,80
Bessel 1841 6.377.397 6.356.079 299,15
Clarke 1866 6.378.206,4 6.356.583,8 294,98
Clarke 1878 6.378.199 6.356.439 293,15
Clarke 1880 6.378.301 6.356.566 293,47
Hayford 1909 6.378.388 6.356.912 297,00
Heiskanen 1929 6.378.400 6.357.010 298,20
Jeffreys 1948 6.378.099 6.356.631 297,10
Krassovsky 1948 6.378.245 6.356.863 298,30
Hough 1959 6.378.270 6.356.794 297,00
Oxford 1959 6.378.201 6.356.772 297,65
Fischer 1960 6.378.155 6.356.773 298,30
International 1967 6.378.160 6.356.774,5 298,247
En observant la figure du géoïde, il existe évidemment des ondulations ou écarts
entre le géoïde et un éllipsoïde donné, mais ils sont relativement petits,soit de
l’ordre de quelques centaines de mètres ou moins. Ainsi, les mesures obtenues
à partir de l’ellipsoïde de révolution ne sont pas très exactes et de plus, avec
l’ellipsoïde de révolution, l’on n’arrive pas à résoudre certains problèmes ; par
exemple, la résolution des triangles n’existe pas avec l’ellipsoïde de révolution,
mais c’est possible avec la sphère.
Afin de simplifier les calculs et lorsque les exigences le permettent, il faut
considérer la terre comme une sphère de rayon 6371 km. Dans le cas d’étendues
plus restreintes, ce qu’on observe en topométrie, il faut considérer la terre comme
une surface plane.

8
Chapitre 2 : Notions préliminaires

Toutes les opérations effectuées en topométrie se ramènent, de façon générale,


aux mesures de distances et d’angles. Les mesures de distances s’effectuent
horizontalement ou verticalement. Quant aux mesures angulaires, elles
s’effectuent soit dans le plan horizontal, soit dans le plan vertical.
Afin de prendre des mesures précises et exactes, il faut posséder des notions
mathématiques d’ordre général constituant la base de sa pratique.

1. Les unités de mesures


Les unités de mesure qui sont plus utilisées en topométrie sont : le mètre (m)
pour exprimer les distances, le mètre carré (m2) et l’hectare (ha) pour les
superficies, le mètre cube (m3) pour les volumes et le grade (gr) ou le gon et
degré pour les angles.
10.000 m2 = 1 ha ; toute superficie supérieure ou égale à 10.000 m2 doit être
donnée en ha.1ha = 100a, 1a = 100ca, 1a = 100 m2, 1ca = 1m.
1° = 60’ = 3600’’.
𝑥° 𝑦 𝑧
Si un angle mesure x°, y gr et z radian alors on a : = = .
180° 200 𝜋
Aucun instrument topométrique n’est en degré décimal ; mais en degré minute
seconde (° ‘ ‘’).

2. Les nombres approximatifs


On appelle nombre approximatif toute représentation décimale qui n’est pas
exacte.
Exemple : 3,14159.... est un nombre approximatif de π.

3. Les chiffres significatifs


Les chiffres employés dans un dénombrement et ceux utilisés dans un mesurage
n’ont pas la même signification. En effet, lorsqu’on compte le nombre de classes
de l’école, il n’y aura pas d’équivoque mais lorsqu’on mesure une distance par
exemple il faut donner la valeur mesurée avec la précision de mesure. Cette
précision est donnée par les chiffres significatifs.
Le nombre de chiffres significatifs, qu’il ne faut pas confondre avec le nombre de
décimales, est le nombre de chiffres qui ont un sens, c'est-à-dire dont on la
certitude de leur exactitude. Par exemple, si on nous dit qu’une distance est de
274,3 m, nous devons conclure qu’elle se situe entre 274,25 et 274,34 m. Dans
ce cas, il y a 4 chiffres significatifs, c'est-à-dire que les trois premier chiffres sont
sûrs et que le quatrième est une approximation à une demi-unité près. Plus de
chiffre donneraient une fausse indication de la précision et entraineraient une
perte de temps dans les calculs. Les zéros qui sont à l’extrême gauche ou à
l’extrême droite d’un nombre ne sont pas de chiffres significatifs. Toutefois, les
zéros placés à droite du nombre et droite de la marque décimale sont toujours
significatifs. Cependant, les zéros à droite d’un nombre entier peuvent porter à

9
confusion. On peut lever la confusion en rendant tous les chiffres significatifs en
ajoutant la marque décimale.

4. Les nombres arrondis


Pour des raisons pratiques évidentes ou lorsqu’un nombre comporte des chiffres
au-delà de la précision, on peut vouloir ne conserver qu’un nombre déterminé de
chiffres significatifs d‘un nombre approximatif. Ainsi pour représenter 2 / 7 =
0,285714, on peut utiliser 0,29 ou 0,286 ou 0,2857 en laissant tomber les chiffes
les moins significatifs. Ce procédé s’appelle l’arrondissement.
L’arrondissement d’un nombre à n chiffres significatifs se fait par l’élimination de
tous les chiffres placés à droite de la nème place. Si le chiffre occupant la (n+ 1)ème
place est inférieur à cinq (5) alors le chiffre de la nème place est conservé. Mais,
si le chiffre occupant la (n+ 1)ème place est supérieur ou égal à cinq (5) alors il
faut ajouter un (1) au chiffre de la nème place.
Pour les résultats intermédiaire, il faut conserver plus de décimales que
nécessaire, mais il faut toujours respecter le nombre de chiffres significatifs pour
exprimer le résultat final.

5. La nature des mesures


En topométrie, nous avons en général deux types de mesures à savoir : les
mesures angulaires et de distances. Chacune d’elles peut être : dépendante,
conditionnée, indépendantes, répétée ou multiple.

51. Mesures dépendante


Les mesures sont dites dépendantes lorsque l’opérateur est influencé par une
valeur déjà connue.

52. Mesures conditionnée


Les mesures peuvent être conditionnées lorsqu’il existe une relation théorique
entre elles.

53. Mesures indépendantes


Les mesures qui ne sont ni dépendantes, ni conditionnée sont indépendantes.

54. Mesures répétées


Lorsque l’opérateur reprend des mesures avec le même instrument et dans les
mêmes conditions, afin de vérifier une quantité, ces mesures sont dites répétées.

55. Mesures multiples


Les mesure multiples sont celles que l’opérateur prend de façon cumulative et
dans les mêmes conditions, dans le but d’augmenter la précision.

6. La précision et l’exactitude
L’exactitude indique dans quelle mesure une valeur estimée ou une mesure se
rapproche de la valeur réelle mais inconnue, tandis que la précision indique dans
10
quelle mesure une valeur estimée se rapproche de la valeur estimée moyenne.
L’exactitude peut être grande, mais la précision, faible et vice-versa, comme on
le constater à la figure suivante :

L’exactitude et la précision
La précision présuppose le raffinement dans le mesurage et l’étroite concordance
des mesures répétées, tandis que l’exactitude concerne la fidélité avec la valeur
vraie.
Une valeur peut être très précise tout en étant inexacte.
Les erreurs qui limitent l’exactitude d’une mesure peuvent être classifiées en
erreurs grossières, erreurs systématiques et erreurs fortuites ou accidentelles.

7. La Théorie des erreurs


Aucune mesure, aucun graphique ou calcul appuyé sur des mesures ne fournit
un résultat rigoureusement exact. Nos sens sont imparfaits, les meilleures
méthodes d’usinage laissent parfois subsister une incertitude et la matérialisation
exacte de concepts théoriques est impossible.
Faute de mieux, on cherche à connaître les limites d’incertitudes des mesures
isolées pour un type d’instrument et une méthode d’observation donnée puis leur
composition au cours des calculs ou des tracés, et leur influence sur le résultat
final.
En général et en topométrie en particulier, les mesures sont susceptibles d’être
entachées d’incertitudes que l’on classe en faute ou en erreur.
Il est donc important que le technicien géomètre sache identifier les erreurs, à
les déterminer avec une bonne précision afin qu’il ait une mesure très proche de
la valeur exacte. Le degré de précision dépend à la fois de l’opérateur, des
instruments et de la méthode utilisés et des conditions de mesurage. Est-ce que
ce degré de précision permet d’avoir une bonne approximation de la mesure ?
C’est pour répondre à cette question qu’il y a souvent un cahier des charges qui
fixe la précision admise sur le résultat. Cette précision admise est appelée la
tolérance. Donc il faut que les instruments et les méthodes de travail utilisés
fournissent, de la manière la plus économique et la plus simple possible, une
incertitude sur le résultat inférieur ou égal à la tolérance.
L’obtention de cette incertitude dépend des différentes valeurs de mesure
obtenues. Le bon traitement de ces valeurs est lié à une maîtrise de certaines
notions mathématiques.

71. Rappels de certaines notions mathématiques


711. Fonction – Dérivée en un point – Fonction dérivée
11
- Considérons deux réels x et y. Ils sont fonctions l’un de l’autre lorsqu’à toute
valeur de l’une on peut faire correspondre une valeur ou un ensemble de valeur
de l’autre. Si y est obtenu en fonction de x et que la relation de correspondance
est donnée par 𝑓 alors on écrit : 𝑦 = 𝑓(𝑥) et 𝑥 est l’antécédent de y par f puis 𝑦
est l’image de 𝑥 par 𝑓.
L’écriture 𝑦 = 𝑓(𝑥) est aussi l’équation de la courbe représentative de la fonction
f. Cette courbe est l’ensemble des points M(x ; y) d’un plan tel que 𝑦 = 𝑓(𝑥).
Dans la suite nous utiliserons que des fonctions continues admettant une courbe
de représentation régulière.
- La dérivée d’une fonction en un point 𝑀(𝑥 ; 𝑦) de la courbe d’équation
∆𝑦
𝑦 = 𝑓(𝑥) est la limite du taux d’accroissement quand la variable x tend vers
∆𝑥
∆𝑦
zéro. On note lim .
∆𝑥→0 ∆𝑥
La dérivée d’une fonction en un point est la pente de la tangente au graphe
(courbe) de la fonction en ce point.
- La fonction dérivée de la fonction f est égale, pour chaque valeur de x, à la
𝑑𝑦
dérivée de la fonction. On écrit 𝑦’ = 𝑓’(𝑥) = .
𝑑𝑥
Pour une valeur donnée de 𝑥, si y’ est positif, la fonction est croissante ; si 𝑦’ est
négatif, la fonction est décroissante et si 𝑦’ = 0, la fonction 𝑓(𝑥) présente une
tangente parallèle à l’axe des abscisses.
Dans ce dernier cas, si la dérivée s’annule en changeant de signe, la fonction
présente un extrémum. Cet extrémum est un maximum lorsque, le signe de la
dérivée passe du signe positif au signe négatif. Dans le cas contraire, l’extrémum
est un minimum. Mais si la dérivée s’annule sans changer de signe, la fonction
présente un point d’inflexion
- Dérivées successives : La dérivée seconde d’une fonction est la fonction
dérivée de la fonction dérivée qui est la dérivée première de la fonction. On écrit :
𝑑2𝑦
𝑦’’ = 𝑓’[𝑓’(𝑥)] = 𝑓’’(𝑥) = . La dérivée première est la dérivée d’ordre 1 et
𝑑𝑥 2
la dérivée seconde est la dérivée d’ordre 2. Donc la dérivée d’ordre n est la
dérivée de la fonction dérivée d’ordre 𝑛 – 1 et on note :
𝑑𝑛𝑦
𝑓(𝑛)( 𝑥) = 𝑓’(𝑛 − 1)( 𝑥) = .
𝑑𝑥 𝑛

712. Différentielle
La différentielle d’une fonction 𝑦 = 𝑓(𝑥) est le produit de la dérivée de la fonction
par un accroissement arbitraire donné à la variable. Cette définition n’est
intéressante que si l’accroissement donné à la variable est un infiniment petit d𝑥
au lieu de ∆𝑥, une infiniment petit dont le carré peut être négligé. Nous avons
alors : 𝑑𝑦 = 𝑦 ′ 𝑑𝑥. En fait, la quantité exacte de 𝑑𝑦 s’exprime par le
développement en série :
′ (𝑥)
𝑑𝑥 2 ′′ 𝑑𝑥 3 ′′′
𝑑𝑦 = 𝑑𝑥𝑓 + 𝑓 (𝑥) + 𝑓 (𝑥) + …
2! 3!

12
713. Fonction composée
Considérons 𝑦 = 𝑓(𝑢), une fonction de la variable u qui est aussi une fonction
d’un autre variable 𝑥. Alors 𝑦 est une fonction composée de 𝑢 par 𝑓 et on note :
𝑦 = 𝑓𝑜𝑢(𝑥) = 𝑓[𝑢(𝑥)].
La dérivée de y par rapport à x s’obtient en multipliant la dérivée de 𝑦 par rapport
à u, par la dérivée de u par rapport à x :𝑓 ′ (𝑥) = 𝑓 ′ (𝑢)𝑢′ (𝑥).

714. Fonction à plusieurs variables


Soit f une fonction, f est une fonction à plusieurs variables si l’antécédent est un
ensemble de valeurs et l’image peut être une valeur ou un ensemble de valeurs.
On note par exemple : 𝑦 = 𝑓(𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 ).
- La dérivée de f par rapport à une variable est appelée dérivée partielle par
rapport à cette variable. On a ainsi la dérivée partielle de f par rapport à x1est
𝜕𝑓
𝑓 ′ (𝑥1 , … , 𝑥𝑛 ) = . Cette dérivée est calculée en prenant les autres variables
𝜕𝑥1
comme des constantes.
- La différentielle d’une fonction à plusieurs variables 𝑓(𝑥, 𝑦, 𝑧) est appelée
∂f ∂f ∂f
différentielle totale et s’écrit : 𝑑𝑓 = dx + dy + dz.
∂x ∂y ∂z

72. Mesures topographiques


La mesure d’une donnée est sa comparaison avec sa donnée homogène. Cette
comparaison s’effectue avec une certaines opérations à savoir :
- Etalonnement de l’instrument de mesure.
- Effectuer l’opération de mesure.
- Effectuer la lecture.
Pour identifier les ratés et augmenter la précision des mesures, il faut choisir le
procédé adéquat de mesurage.

721. Mesurage
Le mesurage est l’ensemble des opérations expérimentales ayant pour but de
déterminer la valeur d’une grandeur. Il existe deux méthodes de mesurage :
mesurages directe et indirecte. En géomatique, on utilise souvent le thème
mesure.
- Une mesure directe est effectuée par comparaison de la grandeur à
mesurer avec un étalon.
- Une mesure est dite indirecte lorsque le résultat est issu de mesures
directes par l’intermédiaire de calcul ou d’un graphique.
- La mesure est le résultat d’un mesurage exprimé suivant une unité donnée.
Ce nombre obtenu est la valeur numérique de la mesure. Nous distinguons
plusieurs types de valeur d’une grandeur.
- La valeur vraie d’une grandeur est la valeur qui caractérise une grandeur
parfaitement définie. Malheureusement il est impossible de la connaître.
- La valeur conventionnellement vraie d’une grandeur est la valeur
approchée de la valeur vraie. Normalement la différence entre cette valeur et la
valeur vraie doit être négligeable.
13
En matière de précision de mesure, en géomatique, on distingue :
- Les mesures à précision égale c'est-à-dire de même nature obtenue à partir
d’un même instrument ou instrument à égale précision, d’une même méthode et
dans les mêmes conditions.
- Les mesures à différentes précision c'est-à-dire que les conditions pour une
précision égale ne sont pas respectées.
Les mesures multiples ne donnent jamais des valeurs identiques. En effet les
causes sont :
- Les observations sont effectuées par des personnes qui font des gestes et
des manipulations qui ne sont pas absolument identiques.
- Les conditions des observations changent à cause peut être d’une variation
de température qui peut modifier la longueur d’une chaîne en acier.
- Les instruments aussi précis soient-ils de conception et de fabrication
humaine sont forcément entachés d’erreurs.
L’analyse de ces erreurs permet de se rendre compte que :
- certaines de ces erreurs sont systématiques. En fait on peut les connaître
et les éliminer par des procédés de mesurage ou tout simplement en les
excluant ;
- d’autres en revanche sont aléatoires. Dans ce cas on dit qu’elles sont
accidentelles.
En science géodésique, on doit tenir compte de ces erreurs dans le résultat
définitif de la grandeur mesurée et de définir jusqu’à quelle grandeur ces valeurs
seront admissibles.
D’une manière générale les mesures sont susceptibles d’être entachées
d’incertitudes appelées selon le cas faute ou erreur.

73. Faute ou erreur grossière


La faute est l’inexactitude qui résulte d’une maladresse, d’un oubli ou d’une
méprise. La faute implique l’incompétence de l’opérateur et de leurs aides. Elle
est en général facilement décelable. Pour éviter les fautes, il faut prévoir les
moyens de vérification. Pour cela, il faut prendre par des différents chemins
plusieurs mesures afin de faire des contrôles. Par exemple, une longueur doit
être mesurée au moins deux fois, à l’aller puis au retour ; des réitérations sur la
mesure des angles seront effectuées, etc. On admet qu’il y a faute lorsque la
tolérance donnée par le cahier des prescriptions techniques pour les mesures
est dépassée.

74. Erreurs
L’erreur est l’inexactitude qui découle de l’imperfection inévitable des instruments
et de nos sens. Les erreurs sont généralement petites, mais leur accumulation
peut devenir importante. Dans le mesurage, les erreurs sont de deux types :
systématique et fortuite.

14
741. Erreur systématique
L’erreur systématique dépend des méthodes et des instruments utilisés. Elle
provient de trois sources distinctes :
 La nature : les mesures peuvent être affectées par des phénomènes naturels
comme le vent, la dilatation des matériaux due à la variation de la
température, la réfraction de l’air, l’influence de la pression, l’humidité de
l’air...
 L’instrument : l’imperfection dans la construction et le réglage des instruments
affectent la précision des mesures.
 L’opérateur : les erreurs personnelles dépendent des limites et des habitudes
propres à l’opérateur.
L’erreur systématique suit des lois mathématiques et physiques, donc on peut
l’éliminer en appliquant des correctifs appropriés.

742. Erreur fortuite


Elle découle uniquement du hasard et, par conséquent, elle échappe à tout
contrôle de l’opérateur et est sujette aux lois de probabilité.
D’une manière générale, si le nombre de mesures tend vers l’infini alors on peut
déduire les propriétés suivantes :
 La moyenne arithmétique des observations est la valeur la plus probable.
 Les erreurs les plus petites sont les plus nombreuses.
 Le nombre d’erreurs positives est égal au nombre d’erreurs négatives de
même grandeur.
 La probabilité de grosses erreurs est très faible.
 La somme algébrique de toutes les erreurs tend vers zéro.

743. Etude des erreurs accidentelles des mesures directe


L’étude des erreurs accidentelles de mesures suppose que :
 les mesures sont répétées dans les mêmes conditions un très grand nombre
de fois ;
 les fautes et les erreurs systématiques ont été éliminées ;
 les erreurs accidentelles étudiées sont suffisamment petites pour que leurs
carrés soient négligeables.
L’étude des erreurs accidentelles se propose de nous faire connaître :
 la valeur la plus probable à adopter pour une quantité mesurée directement
ou indirectement ;
 l’incertitude sur les mesures effectuées au départ
 l’incertitude sur le résultat adopté.
Le calcul des probabilités permet d’estimer la valeur vraie par une valeur dite
conventionnellement vraie et permet également d’évaluer l’incertitude sur cette
valeur conventionnellement vraie.

15
7431. Modèle mathématique
Une mesure directe étant répétée un très grand nombre n de fois dans des
conditions identiques, et en cherchant toujours la précision maximale, nous allons
considérer l’ensemble des n mesures comme une population.

7432. Expérimentation
Reprenons, dans les mêmes conditions, un très grand nombre de fois la même
mesure et reportons sur un axe orienté les résultats. Nous allons constater que
toutes les valeurs sont dispersées entre deux extrêmes et qu’entre ces deux
bornes leur répartition n’est pas uniforme : la densité de ces mesures va en
croissant d’un terme extrême inférieur jusque vers le milieu de l’intervalle
complet, puis décroît jusqu’à une autre valeur extrême maximale en passant
sensiblement par les mêmes valeurs. Si l’on indique sous chacune des valeurs
le nombre de répétitions nous notons une accumulation vers le milieu de
l’intervalle de répartition.
Calculons les indices de dispersion d’une série de 50 mesurages directs de
longueur. Après les opérations de chaînage on a noté les valeurs suivantes :
2 mesures à 74,54 m 3 mesures à 74,55 m 5mesures à 74,56 m
8mesures à 74,57 m 10mesures à 74,58 m 9mesures à 74,59 m
6mesures à 74,60 m 4mesures à 74,61 m 2mesures à 74,62 m
1mesure à 74,63 m.
Représentons graphiquement les résultats obtenus : on utilise un histogramme
des mesures effectuées en portant sur un axe horizontal les mesures et au droit
de chaque intervalle ainsi défini on peut construire des rectangles dont la
superficie est égale au nombre de mesures. Si l’on trace la courbe en laissant
des aires sensiblement égales à l’intérieur et à l’extérieur de chaque rectangle,
on obtient la courbe suivante :

Résultat de l’expérimentation
Cette courbe est très proche d’une courbe qui est symétrique par rapport à la
droite d’abscisse 74,582 m, valeur la plus probable ou moyenne arithmétique,
et qui a la forme d’une cloche.
Cette expérience a été faite bien souvent et les résultats sont constants : la
courbe de répartition a toujours la même allure que celle de la courbe en cloche
précédente. Les courbes obtenues dans l’étude de différents cas sont
16
superposables par un simple changement d’échelle des abscisses et des
ordonnées ; ainsi on peut représenter par la même courbe par exemple :
 les erreurs de fermeture des triangles d’une triangulation ;
 les écarts de tir à l’arc, au pistolet, etc.
Ces courbes dites courbes de Gauss ont la même équation :
1
1 − (𝑥−𝜇)2
𝑦= 𝑒 2𝜎2 où 𝜎 𝑒𝑡 𝜇 sont des paramètres et 𝑥 représente les valeurs
𝜎×√2𝜋
possibles de la mesure.
En reprenant l’exercice avec la considération des paramètres de la courbe de
Gauss et en construisant la courbe de Gauss dans le repère précédent on obtient
la figure suivante :

Les courbes de l’expérimentation et de Gauss

7433. Hypothèse de travail


Nous admettons qu’une mesure topométrique X est une variable aléatoire dont
la loi de distribution est une loi normale de paramètres 𝜇 (valeur vraie) et 𝜎
(incertitude moyenne quadratique ou écart type) et de densité de probabilité la
1
1 − (𝑥−𝜇)2
fonction 𝑦 = 𝑒 2𝜎2 . Ainsi la probabilité pour que la mesure 𝑋 prenne
𝜎×√2𝜋
une valeur comprise entre deux valeurs a et b, est l’aire comprise entre les droites
d’équation X = a et X = b, l’axe des abscisses et la courbe, soit :

Cette aire est égale à la superficie de la partie hachurée de la figure suivante :

17
La probabilité pour que x prenne une valeur comprise entre a et b
La courbe de Gauss qui est une courbe théorique est symétrique par rapport à
la droite : 𝑥 = 𝜇. Elle présente deux points d’inflexion Q et P d’abscisses
respectives 𝜇 + 𝜎 et 𝜇 − 𝜎.La probabilité que la mesure X soit dans l’intervalle de
centre 𝜇 et de rayon 𝜎 est égale à l’aire hachurée de la partie hachurée de la
figure suivante. Le calcul donne environ 0,68 = 68% soit 2/3.

La probabilité pour que x soit dans un intervalle de centre 𝜇 et de rayon 𝜎


Cela revient à dire que si l’on effectue une mesure, nous avons deux chances sur trois
de trouver une erreur absolue inférieure à cette limite qu’est l’écart type.

7434. Ecart équiprobable d’une mesure


C’est l’écart qui a une probabilité de 50% de ne pas être dépassé en valeur
absolue. En nous référant à la courbe de Gauss nous avons :
2
𝜀𝑝 = 0,68𝜎 ≅ 𝜎
3

18
Ecart équiprobable d’une mesure

7435. Ecart maximale ou tolérance d’une mesure


L’axe des abscisses étant asymptote à la courbe de Gauss, l’écart maximal est
infini puisque ce serait celui qui aurait une probabilité de 100% de ne pas être
dépassé en valeur absolue. Mais il est évident qu’il n’existe pas, en réalité, de si
grands écarts. En fait, il est impossible de savoir avec précision où se situe leur
limite. On fixe toutefois arbitrairement sa probabilité en convenant que l’écart
maximal tolérable est celui qui a une probabilité de 99% de ne pas être dépassé.

Ecart maximal en tolérance


Le calcul montre que : 𝜀𝑚 = 4𝜀𝑝 = 2,66𝜎, soit 3 𝜎 Cette valeur conventionnelle
définit la limite au-delà de la quelle on n’a plus affaire à des erreurs mais a priori
à des fautes.

7436. Distribution statistiques normales


Si l’on considère la distribution des erreurs en pourcentage, on peut répartir les
erreurs positives ou négatives, en cinq classes à savoir :
 la première contient toutes les mesures supérieures à 0 et inférieures à
l’erreur probable 𝜀𝑝 : elle contient 25% des erreurs ;
 la deuxième contient toutes les erreurs comprises entre un et deux écarts
probables : elle contient 16,1% ;
 la troisième contient toutes les erreurs comprises entre deux et trois 𝜀𝑝 : elle
en contient 6,7% ;
 la quatrième contient toutes les erreurs comprises entre trois et quatre 𝜀𝑝 :
elle en contient 1,8% ;
19
 la cinquième au-delà de 0,4%.
En d’autres termes, les ordonnées de l’histogramme des fréquences sont
proportionnelles aux nombres 25 ; 16,1 ; 6,7 ; 1,8.

Distribution statistique
En général, les cahiers des charges des travaux de géomètre indiquent la
tolérance autorisée. On peut leur reprocher de ne pas préciser le pourcentage
maximal des erreurs ayant un ordre de grandeur voisin de la tolérance : on peut
ainsi aboutir à de véritables contradictions. Un travail où 20% des résultats
avoisinent les limites est juridiquement correct, alors que la distribution normale
indique 3% seulement des erreurs doivent être comprises entre trois et quatre
écarts probables.

744. Calcul des erreurs


7441. Valeur la plus probable
On appelle valeur la plus probable de la valeur vraie, la valeur
conventionnellement vraie mais elle n’est égale à la valeur exacte que l’on ne
peut jamais connaître. Après plusieurs essais la meilleure estimation de 𝜇 est la
moyenne arithmétique des mesures effectuées. On l’obtient par la formule :
∑𝑛 𝑥
𝑥̅ = 1 𝑖,où n est le nombre de mesures effectuées.
𝑛
Si la valeur la plus probable recherchée est celle de plusieurs mesures de
précisions différentes alors plutôt que de calculer une simple moyenne
arithmétique il est souhaitable, pour obtenir la valeur la plus probable de la
quantité mesurée, de calculer une moyenne pondérée en affectant un poids à
chaque mesure en fonction de son écart-type et on obtient : 𝑥̅𝑝 =
𝑝1 𝑥1 +𝑝2 𝑥2 +𝑝3 𝑥3 +⋯+𝑝𝑛 𝑥𝑛
. Où le poids 𝑝𝑖 est inversement proportionnel au carré de
𝑝1 +𝑝2 +𝑝3 +⋯+𝑝𝑛
l’écart-type des mesures.

Remarque : le calcul de la moyenne pondérée par cette formule, est souvent


compliqué, on peut la simplifier en utilisant des poids qui soient des nombres
entiers. Ces poids peuvent être obtenus en remarquant que la valeur de la
moyenne pondérée ne change pas si l’on multiplie tous les poids par un même
coefficient. Prendre pour ce coefficient le plus petit commun multiple du carré des

20
écart-types, après avoir les multiplié par 10n. La valeur de n permet de rendre
tous les carrés en un nombre entier.
Il existe aussi d’autres moyennes de mesures :
 moyenne géométrique : 𝑥̅𝑔 = 𝑛√∏𝑛1 𝑥𝑖 ;
𝑛
 moyenne harmonique :𝑥̅ℎ = 𝑛 1 ;
∑1
𝑥𝑖

2 ∑𝑛
1 𝑥𝑖
2
 moyenne quadratique : 𝑥̅𝑞 = √ ;
𝑛
3 ∑𝑛
1 𝑥𝑖
3
 moyenne cubique : 𝑥̅𝑐 = √ .
𝑛
𝑒𝑖
L’erreur relative sur la ième mesure est .
𝑥̅

7442. Erreur résiduelle


Soit n mesures effectuées dont les résultats sont les suivants : x1, x2 ; .. ; xn.
L’erreur notée ei est l’erreur résiduelle obtenue sur la mesure xi si eu seulement
si ei = xi –𝑥̅ où 𝑥̅ est la moyenne arithmétique des n mesures.

7443. Ecart type


L’écart type, 𝜎, encore appelé erreur quadratique, est l’erreur qui correspond au
point d’inflexion de la courbe de distribution normale. On le calcule par la formule
∑𝑛
1 (𝑥𝑖 −𝑥̅ )
2
suivante : 𝜎 = √ .
𝑛−1
L’écart type expérimental est conventionnellement noté s et par abus de notation
il est souvent noté 𝜎.
L’écart type est souvent utilisé lorsqu’on veut comparer la précision des
différentes séries de mesures d’une même quantité.
𝜎
L’incertitude sur la valeur probable est égale à : .. Lorsque n devient très grand,
√𝑛
cette incertitude diminue, ce qui signifie que la valeur conventionnellement vraie
𝑥̅ se rapproche de la valeur vraie 𝜇, d’où l’intérêt de faire un grand nombre de
mesures.

7444. Ecart type de la moyenne


L’écart type calculé à partir d’une série d’observations s’applique à une seule
observation et est quelquefois appelé écart type d’une observation. Si on
considère la valeur moyenne d’une série d’observations, on calcule l’écart type
𝜎
de la moyenne 𝜎𝑚𝑜𝑦 , comme suit : 𝜎𝑚𝑜𝑦 = ± .
√𝑛

75. Théorie des erreurs accidentelles des mesures indirectes


En topométrie, il est fréquent d’effectuer plusieurs mesures directes pour
connaître une distance, un angle. Ces mesures sont additionnées comme la
somme de dénivelées par exemple ou font l’objet de produits comme la distance
horizontale et la dénivelée à partir de la distance inclinée et de l’angle vertical.

21
Les erreurs sont suffisamment petites pour être considérées comme des
infiniment petits du premier ordre et permettre de négliger leurs carrés ou leurs
produits, c'est-à-dire les infiniment petits du deuxième ordre.

76. Propagation des erreurs


Lorsqu’une mesure x est obtenue à partir de plusieurs autres mesures alors
l’erreur commise sur chacune des mesures affecte la mesure x.
Toute quantité calculée à partir de plusieurs mesures affectées d’erreurs, doit
être calculée avec son erreur. Cette erreur est calculée en fonction des précisions
prises individuellement.
Par exemple, connaissant des écarts types des mesures individuelles𝑥, 𝑦 et 𝑧,
calculons l’écart type de la mesure 𝑤, fonction de ces mesures individuelles.
𝜕𝑤 𝜕𝑤 𝜕𝑤
Alors, on a : 𝜎𝑤 = ±√( 𝜎𝑥 )2 + ( 𝜎𝑦 )2 + ( 𝜎𝑧 )2 .
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧

77. Erreur relative


L’erreur relative est le rapport entre l’erreur calculée et la quantité mesurée. Cette
erreur est représentée par une fraction de numérateur 1. Alors, l’erreur relative
1
est l’inverse du rapport entre la quantité mesurée et l’erreur calculée : 𝑥𝑚 . Avec
𝜎
𝑥𝑚 la quantité mesurée.

8. Tolérance
La tolérance est l’erreur maximale admise. Elle est une valeur limite qui ne doit
pas être dépassée par cumule des erreurs commises et constituées des erreurs
liées à l’opérateur, à l’instrument et autres erreurs systématiques (sphéricité et
réfraction).
Le travail est acceptable si la valeur absolue des erreurs est inférieure ou égale
à la tolérance. Dans le cas contraire le travail doit être repris. C’est pourquoi ce
contrôle doit être fait sur le terrain afin de s’assurer de la qualité du travail fait.

81. Tolérance angulaire


La tolérance angulaire est fonction de l’écart type 𝜎 de l’instrument. Elle est
8
exprimée par la formule : 𝑇𝑎 = 𝜎√𝑛 avec n le nombre de côtés de la polygonale
3
8
fermée et 𝑇𝑎 = 𝜎√𝑛 + 1 pour un cheminement encadré.
3
Les écarts types des théodolites optico-mécaniques donnés par les constructions
sont :
 Pour les modèles T06 et T05 on a : ±3 mgr.
 Pour les modèles T1 et T16 on a : ±1 mgr.
 Pour les modèles T2 on a : ±0,25 mgr.

811. Détermination de l’écart d’orientation en une station


Pour une visée d’orientation donnée, l’écart d’orientation est l’écart angulaire
entre le gisement observé et le gisement définitif calculé d’une direction.
22
Cet écart doit être comparé aux tolérances suivantes :
Type de canevas Canevas de précision Canevas ordinaire
Nombre de paires de séquences 4 2
6,5 𝑛 − 1 162 𝑛 − 1
Tolérance en mgr √(0,3 + ) √(1 + )
𝐷𝑚2 𝑛 𝐷𝑚2 𝑛
𝐷𝑚 = 3𝑘𝑚
𝑛−1
Formules approchées 𝐷𝑚 = 1,5𝑘𝑚 ⇒ 1,8√
𝑛 𝑛−1
⇒ 4,3√
𝑛
Où, n est le nombre total de visées d’orientation sur les points anciens pour le
calcul du 𝐺0 moyen et 𝐷𝑚 est la longueur moyenne des visées.

812. Détermination de l’écart moyen quadratique d’orientation


L’écart moyen quadratique d’orientation est calculé pour un ensemble de
mesures, il peut être aussi calculé pour une seule station. Il correspond à une
∑ 𝑒𝑖2
moyenne statistique sur plusieurs manipulations et est défini par : 𝐸𝑚𝑞 = √
𝑛−1
où 𝑒𝑖 représente tous les écarts d’orientations et n, le nombre total des écarts
d’orientation.
Cet écart moyen quadratique est soumis aux tolérances suivantes :

Type de canevas Canevas de précision Canevas ordinaire


Nombre de paires de séquences 4 2
√2𝑛 − 3 + 2,58 √2𝑛 − 3 + 2,58
Tolérance en mgr 0,7 1,7
√2𝑛 √2𝑛

82. Tolérance altimétrique


En altimétrie la tolérance est fonction du nombre de dénivelées ou nombre de
stations ou de la longueur du cheminement selon que le terrain est accidenté ou
non.
𝑛
Selon le nombre de dénivelées (stations) au kilomètre 𝑁 = , le terrain est dit
𝐿
accidenté ou non et la tolérance est donnée par l’une des formules ci-après :
 Terrain non accidenté ⇒ 𝑁 ≤ 16 et ainsi on a : 𝑇 = 4√36𝐿 + 𝐿2 .
𝑛2
 Terrain accidenté ⇒ 𝑁 > 16 et ainsi on a : 𝑇 = 4√36𝑛 + . Où n est le nombre
16
de stations ou de dénivelées et L la longueur totale du cheminement en km.
Les formules ci-dessus sont des formules expérimentales. A défaut de ces
formules on peut estimer la tolérance à partir de l’écart type, du niveau utilisé,
fourni en général par le constructeur. Cet écart type correspond en réalité à
l’erreur maximale qui peut être commise pour 1 km de nivellement. La tolérance
8
est calculée par la formule suivante : 𝑇 = 𝜎√𝐿. On peut aussi la calculer par la
3
8 √𝑛
formule T= 𝜎 .
3 16

23
Remarque
La tolérance altimétrique calculée est en mm et ne concerne que le nivellement
direct. Pour un nivellement indirect on a :
 Pour une distance inférieure ou égale à 500 m on adoptera T= 3cm.
 Pour un cheminement on a 𝑇(𝑐𝑚) = √∑ 𝑇𝑖2 . Où Ti est la tolérance relative à
chaque couple de visée.
 Pour un point nodal, il faut adopter la démarche de la combinaison de
cheminement.

83. Tolérance sur mesure de longueur


 Mesurage à la chaîne : 𝑇(𝑐𝑚) = 0,69√𝐿𝑐𝑚 + 0,084𝐿𝑚 .
 Mesurage à l’IMEL : 𝑇(𝑐𝑚) = 3 + 𝐿𝑘𝑚 .

9. La compensation et la pondération
Tout projet de mesure génère des erreurs. Il est capital d’identifier, quantifier et
réduire les erreurs systématiques, mais les erreurs accidentelles doivent être
réparties sur l’ensemble. Plusieurs méthodes sont possibles pour compenser ces
erreurs, mais partent toutes globalement de l’hypothèse de l’équiprobabilité de
chaque source d’erreur accidentelle lors de chaque mesure. Par exemple, sur un
cheminement altimétrique, la probabilité de faire une erreur de lecture sur mire
est identique qu’il s’agisse de la première ou de la nième dénivelée :
compensation proportionnelle, compensation pondérée et la compensation par
les moindres carrés.
La compensation est une méthode de calcul permettant de répartir l’erreur sur
toutes les mesures individuelles. La compensation se fait de telle sorte que la
somme des erreurs résiduelles soit minimale. Il est évident que certaines
quantités obtenues sont plus faibles que d’autres, à cause des instruments
utilisés, de la technique choisie et des conditions plus favorables. Lors d’une
compensation, il est recommandé d’attribuer des poids différents à chaque
observation.
On peut définir le poids d’une observation comme la valeur de confiance, de
mérite, de reproduction ou encore de la quantité de travail attribuée à une mesure
relativement à une autre. Donc la compensation peut se faire par pondération.
Le poids doit être inversement proportionnel à l’erreur standard ou l’écart type.
L’écart type ou l’erreur standard de la moyenne pondérée vérifie la formule
∑𝑛
1 𝑝𝑖 𝑒2
suivante : 𝜎𝑚𝑜𝑦 = ±√ 𝑖
(𝑛−1) ∑𝑛
1 𝑝𝑖

10. L’homogénéité des mesures


Lorsqu’on détermine une quantité à partir de mesures linéaire et angulaire, il faut
que la précision de ces mesures soit compatible, c'est-à-dire : ∆𝑙 = 𝑙∆𝛼.

24
Remarques générales
Avant d’entreprendre la réalisation d’un projet, le topomètre doit se préoccuper
des points suivants :
 Connaître le but du projet.
 Savoir quel degré de précision est requis pour sa réalisation.
 Déterminer la précision relative de chacune des mesures.
 Identifier les sources d’erreurs.
 Trouver les moyens adéquats pour éliminer ou tout au moins réduire les
erreurs.
 Se ménager des moyens de vérification indépendants, c'est-à-dire calculer
une même quantité en empruntant des chemins différents.

25
Chapitre 3 : Carnet de notes
Au regard des difficultés rencontrées lors des travaux topométriques et des
investissements, les renseignements observés sur le terrain doivent être
enregistrés et conservés dans un carnet de notes officiel et permanent.

1. Définitions
On appelle notes l’ensemble des renseignements qu’on obtient sur un chantier.
Le carnet de notes est le document dans lequel on enregistre et conserve les
renseignements obtenus sur le terrain. C’est le seul document officiel et
permanent du travail sur le terrain.
Le secrétaire est celui qui prend notes lors des travaux sur le terrain. Il a une
fonction très importante et quelquefois difficile parce qu’il doit faire preuve de
vigilance, de jugement et d’intelligence. Il est le chef de la brigade topométrique.
Cette brigade est constituée d’un secrétaire, d’au moins un opérateur, des aides
opérateurs, des manœuvres pour le layon et la sécurité du lieu de travail.

2. La nature de notes
La prise de notes sur le terrain peut s’effectuer de différentes façons par :
description, tabulation, croquis, photo ou enregistrement automatique.
Pour avoir les renseignements de qualités, il est possible de combiner différents
types de notes. Il est très commode de prendre des photos avec un appareil à
développement instantané.

3. Les renseignements de base


Au début de chaque travail et au fur et à mesure que le besoin se fait sentir, il y
a certains renseignements statutaires qu’il faut donner :
 La date sans laquelle les notes prises n’auront aucune valeur juridique. Il faut
également mentionner l’heure.
 Le titre qui permet d’identifier le projet et d’indiquer l’emplacement du travail.
 Les membres de la brigade : l’identité et la fonction des membres de la
brigade constituent parfois des indications permettant d’attribuer une valeur
au travail fait.
 Les instruments utilisés, types d’instruments permettent d’évaluer dans
certain cas la précision.
 Les conditions atmosphériques qui ont souvent une certaine influence sur la
précision des mesures (température ambiante, ensoleillement, temps
nuageux, vent, neige, ...).
 La table des matières qui doit être établie au début du carnet nécessairement
paginée facilite les références ultérieures.

4. La qualité des notes


Les notes prises sur le terrain ne sont jugées bonnes que si elles sont :
 Originales : les notes sont prises directement sur le terrain sans d’autres
formes de transcription.
26
 Exactes : les notes doivent être exactes à cause de l’exactitude des résultats
qui est une qualité primordiale dans tous les travaux de topométrie
 Complètes sans omission car un seul oubli peut – être très coûteux surtout si
le lieu de travail est très éloigné du bureau. Il est recommandé de prendre
plus de mesures que nécessaires pour pouvoir faire des vérifications.
 Lisibles : les notes illisibles sont inutiles parce que ce n’est pas celui qui prend
les notes qui les exploite au bureau d’étude.
 Claires : Les notes doivent être claires parce qu’elles facilitent la
compréhension et la mise en plan tout en permettant de déceler plus
facilement les omissions et les erreurs.
 Intelligibles : les notes prises doivent être dans un ordre logique pour faciliter
la compréhension, l’interprétation et éviter toute équivoque.

5. La nature des carnets


Le carnet de notes contient les renseignements importants qui doivent être
permanents. Ainsi, il faut utiliser le meilleur pouvant supporter les températures
humides sur le terrain. Généralement les feuilles d’un carnet de notes sont
quadrillées mais il est possible de se composer des modèles personnels de
feuilles de notes. On peut aussi utiliser un carnet de notes électrique qu’on relie
aux instruments de mesures afin de récupérer les données par le biais d’un
logiciel incorporé dans un ordinateur.

6. Recommandations générales
 Dans un carnet de notes, il est conseillé d’inscrire l’adresse complète du
maître d’ouvrage.
 Il faut pouvoir établir la concordance entre le croquis, la tabulation ou la
description.
 Il faut toujours conserver les carnets de notes en un lieu sûr.
 Utiliser toujours des signes conventionnels pour sauver l’espace.
 Indiquer toujours la direction du nord du méridien utilisé sur le croquis.
 Répéter toujours à haute voix une valeur donnée avant de l’inscrire.
 Placer toujours un zéro devant les notes inférieures à l’unité.
 Respecter toujours la règle des chiffres significatifs.
 Ne jamais supposer un nombre à la place d’un autre et ne jamais essayer de
changer un chiffre en un autre.
 Ne jamais perdre de vue le but du travail de façon à recueillir tous les détails
pertinents.
 Faire toujours un plan de travail avant d’aller sur le terrain.
Le carnet de notes d’un topomètre doit être le meilleur possible pouvant résister
devant les aléas du terrain et le secrétaire doit être capable de surmonter toutes
les difficultés du terrain en utilisant des instruments et des procédés adéquats.

27
Chapitre 4 : Les instruments principaux de topométrie et leurs
accessoires
Les différentes mesures topométriques exigent l’utilisation d’un certain nombre
d’instruments, dont principalement le théodolite, le niveau...

I. Les principaux instruments


Pour simplifier la présentation de ces principaux instruments, nous allons décrire les
organes communs rencontrés dans la plupart des instruments.

1. Les organes communs


11. La lunette d’un instrument topométrique
La lunette d’un instrument topométrique est une lunette astronomique constituée
principalement d’un objectif, d’un oculaire, d’un dispositif de mise au point et d’un
réticule.

111. L’objectif
L’objectif est la partie de la lunette qui est du côté de l’objet. C’est un système optique
convergent constitué de plusieurs lentilles accolées qui permettent l’élimination des
défauts de lentilles tels que l’aberration de sphéricité, d’astigmatisme et de
chromatisme. Il donne, à grande distance focale, dans le plan du réticule, une image
intermédiaire qui est réelle et renversée de l’objet.

112. L’oculaire
Loculaire est la partie de la lunette située près de l’œil de l’observateur. Il est constitué
d’un système complexe de lentilles convergentes. Il agit comme une loupe. L’oculaire
donne de l’image intermédiaire et des fils du réticule une image finale, virtuelle et
agrandie qui est soit droite soit renversée.

113. La monture et le réticule


La monture est un support cylindrique permettant l’assemblage des éléments tels que
l’oculaire, l’objectif…
Le réticule est une monture placée perpendiculairement à l’axe de la lunette et située
dans le plan focal de l’objectif, du côté où se forme l’image. Il porte un système de fils
ou de lignes dont l’intersection avec le centre optique de l’objectif donne la ligne de
visée. Il existe des réticules : croisée simple, croisée simple et fils stadimétriques et fils
d’encadrement.

114. Le dispositif de mise au point


Il existe deux types de dispositifs de mise au point : interne et externe.

1141. Le dispositif de mise au point externe


A l’intérieur de la monture de la lunette, l’objectif doit pouvoir se déplacer
longitudinalement pour qu’on puisse observer des objets plus ou moins proches dont
l’image ne serait pas exactement dans le plan focal de l’objectif. Ce déplacement
longitudinal est possible grâce à un mécanisme à crémaillère : c’est le dispositif de mise
au point externe.

28
1142. Le dispositif de mise au point interne
Dans les lunettes modernes, on utilise une lentille divergente entre l’objectif et le foyer
de celui-ci. On effectue la mise au point avec la lentille divergente interne.
On obtient la mise au point en faisant coulisser l’oculaire et le tube porte-objectif ou la
lentille divergente jusqu’à ce que ce l’image finaleet les fils du réticule apparaissent
aussi nets que possible. La mise au point se fait en deux étapes :
 Réglage de l’oculaire, l’opérateur règle l’oculaire en faisant coulisser ou
en vissant et dévissant le tube porte-oculaire jusqu’au moment où les fils du
réticule apparaissent très nets.
 Réglage de l’objectif, ce réglage donne une distance fixe entre l’oculaire et
le réticule. Il s’agit maintenant d’amener l’image dans le plan de l’observation,
c’est–à-dire dans le plan du réticule, à l’aide du dispositif de mise au point, jusqu’à
ce que l’image soit très nette. Après cette dernière opération, il est possible que
les fils du réticule aient perdu un peu de leur netteté. Dans un tel cas, il faut
recommencer les deux étapes.
Afin de s’assurer que la mise au point est correcte, l’opérateur pourra vérifier s’il n’y a
pas de parallaxe en hochant la tête de gauche à droite. Si les fils semblent se déplacer
par rapport à l’image, il y a parallaxe. Une mise au point parfaite se caractérise par
l’absence de parallaxe et se manifeste lorsque le plan de l’observation de l’oculaire
coïncide avec le plan de l’image intermédiaire de l’objectif, et ce dans le plan du réticule.
Il suffit, en présence de parallaxe, de raffiner la mise au point.

12. La nivelle
La nivelle est un accessoire servant à vérifier l’horizontalité d’une ligne ou d’un plan.
Elle permet aussi de s’assurer de la verticalité de l’axe d’un instrument, qui, par
construction, doit être rigoureusement perpendiculaire au plan déterminé par la nivelle.
D’une manière générale, elle est constituée d’une fiole qui a peu près la forme d’un
tonneau ou d’un tore de révolution légèrement cintré et qui est presque entièrement
remplie d’alcool ou d’éther. Le tube, dont face extérieure porte généralement une
graduation uniforme de deux (02) mm, est protégé par une gaine métallique et y est
fixé avec une substance plastique.
La bulle de gaz ou de vapeur, couramment appelée bulle, prend la position du point le
plus haut. La directrice de la nivelle est la tangente qui passe en son centre. Il existe
six différents types de nivelles : la nivelle tubulaire, la nivelle réversible, la nivelle
sphérique, la nivelle cavalière, la nivelle à bulle coupée et la nivelle électronique.

121. Les différentes nivelles


1211. La nivelle tubulaire
C’est une nivelle dont la fiole est en forme de tore de révolution. Son rayon de courbure,
plus ou moins grand, est fonction de la sensibilité désirée.

1212. La nivelle réversible


C’est une nivelle dont la fiole a la forme d’un tonneau et ayant des graduations sur deux
faces opposées.

1213. La nivelle sphérique


Elle est constituée d’une fiole dont la partie supérieure en forme de calotte sphérique,
comporte un repère circulaire. On l’utilise pour le calage grossier de l’instrument.
29
1214. La nivelle cavalière
C’est la nivelle qu’on dépose sur les tourillons d’une lunette pour en assurer
l’horizontalité. Elle est libre de tourner bout pour bout. Elle est généralement très
sensible.

1215. La nivelle à bulle coupée


Elle est une nivelle tubulaire munie d’un système optique d’observation à prismes qui
permet de voir simultanément les deux extrémités de la bulle. Il s’agit de faire coïncider
les deux demi-bulles ainsi obtenues. Elle est très précise et est communément appelée
nivelle à haricot.

1216. La nivelle électronique


Elle se compose d’un mécanisme capable de détecter une certaine inclinaison
longitudinale et transversale du plateau horizontal ; le tout est affiché à l’écran.

122. La sensibilité d’une nivelle


La sensibilité d’une nivelle est l’angle de basculement de la nivelle pour que la bulle se
déplace d’une division ou d’une distance unitaire. Elle s’exprime en secondes d’arc par
division.
Elle est obtenue par la formule :
𝑆
𝛼 = 2𝐴𝑟𝑐𝑡( ).Avec α, la sensibilité de la nivelle ; n, le nombre de divisions ; d, la
2𝑛𝑑
distance en mètre de l’instrument à la mire ; S, la distance verticale en mètre balayée
sur la mire.
On peut retrouver la sensibilité en degré d’une nivelle à partir de son rayon de courbure
r en mètre et de la valeur en mètre d’une division qui est généralement égale à 2mm.
0,36
Ainsi, on a : si 𝛼 est en degré décimal,𝛼 = ( ). Mais si la sensibilité est en seconde
𝑟𝜋
1296
on a : 𝛼 = ( ).
𝑟𝜋

13. Le trépied
Le trépied est un matériel constitué d’un plateau et de trois jambes au bout desquelles
on observe des ergots. Il existe des trépieds à jambes fixes et des trépieds à jambes
télescopiques.
Le plateau d’un trépied, percé en son centre, laisse passer une vis d’ancrage
permettant de rendre solidaire l’instrument, reposant sur le plateau, au trépied. Dans
certains cas, l’ouverture est plus grande et permet la translation du théodolite sur le
trépied. Ceci facilite la mise en station du théodolite.
La mise en station d’un instrument consiste à placer l’instrument à la verticale et le
caler. On installe l’instrument au-dessus de la station sur le trépied, en ayant soin de
placer son plateau le plus horizontalement possible. En terrain plus ou moins
horizontal, les trois jambes forment sensiblement un triangle équilatéral. Mais, en
terrain incliné, deux des jambes devront se trouver approximativement sur une même
horizontale et la troisième sera fortement inclinée dans la partie haute du terrain.
Il faut éviter qu’une des jambes ne soit dans la direction de l’alignement, afin de gêner
l’opérateur durant le mesurage.

30
14. Les vis calantes
Le calage se fait à l’aide de trois petite pattes appelées vis calantes. Ces pattes sont
munies d’un boulon moleté et sont situées sur l’embase d’un instrument. Elles
permettent de régler la verticalité de la station.

15. L’embase
L’embase est la partie inférieure d’un instrument qui le relie au trépied lorsqu’on le
stationne.

16. La vis de blocage


Elle permet d’immobiliser provisoirement la lunette dans le plan vertical ou dans le plan
horizontal.

17. La vis de rappel


C’est un mécanisme qui sert à compléter un déplacement des fils du réticule. La vis de
rappel permet de faire des mise à zéro et des pointés plus précis.

2. Le théodolite
21. Définition
Un théodolite est un appareil permettant de mesurer essentiellement des angles
horizontaux et des angles verticaux, et de servir de niveau à l’occasion. Ceci est
possible lorsque sa lunette est bloquée à l’horizontale, donc l’anle vertical est à 0 ou
100grades, selon la position de l’origine des angles verticaux. Il est l’instrument le plus
utilisé en topométrie. Bien que sa fonction première soit de mesurer des angles, le
théodolite sert à bien d’autres opérations. Le terme théodolite « optico-mécanique »
regroupe l’ensemble des appareils à lecture mécanique par opposition aux appareils «
optico-électriques » couramment appelé appareils électroniques.
On peut grouper les théodolites en trois grandes catégories : le théodolite cumulateur
(modèle Wild T1), le théodolite directionnel (modèle Wild T2), le théodolite électronique
et le gyrothéodolite.

211. Le théodolite cumulateur


C’est un instrument qui sert à mesurer les angles par accumulation. Pour ce faire, il est
muni d’une vis de blocage qui fixe les deux plateaux ensemble et permet de mesurer
des angles multiples.

212. Le théodolite directionnel


C‘est un instrument qui ne possède pas de vis de blocage rendant solidaires les deux
plateaux et il ne permet donc pas de prendre des angles multiples. La lecture sur
l’instrument correspond tout simplement à une direction. Ainsi pour obtenir un angle, il
faut calculer la différence entre les deux valeurs obtenues par chacune des directions.

213. Le théodolite électronique


C’est un théodolite optico-électronique qui affiche directement à l’écran la lecture
effectuée. Il est soit conçu selon le mode par accumulation ou selon le mode des
directions. Certains modèles sont conçus selon les deux modes qui fonctionnent en
tandem. Ainsi, il y a un mécanisme permettant à l’opérateur de travailler dans un mode

31
de son choix. De plus certains d’entre eux peuvent être branchés au carnet de notes
électronique et ainsi transférer automatiquement les informations.

214. Le gyrothéodolite
C’est un théodolite muni d’un gyroscope qui permet de déterminer directement la
direction du nord géographique. L’orientation à l’aide du gyroscope est plus précise que
l’orientation magnétique.

22. Les différentes parties d’un théodolite

Théodolite WILD T1
13

32
Théodolite WILD T2

Théodolite WILD T16


23. Le principe de fonctionnement d’un théodolite
Le mesurage de l’angle repose sur un ensemble de trois axes qui sont :

33
 (P) : axe principal, il doit être vertical après la mise en station du théodolite
et doit passer par le centre de la graduation horizontale (et le point stationné).
 (T) : axe secondaire (ou axe des tourillons), il est perpendiculaire à (P)
et doit passer au centre de la graduation verticale.
 (O) : axe optique (ou axe de visée), il doit toujours être perpendiculaire
à (T), les trois axes (P), (T) et (O) devant être concourants.
Signalons que la lecture ne peut pas s’effectuer sans l’alidade et le cercle horizontal.
 L'alidade : c’est un ensemble mobile autour de l’axe principal (P)
comprenant le cercle vertical, la lunette, la nivelle torique d’alidade et les
dispositifs de lecture.
 Le cercle vertical (graduation verticale). Il est solidaire de la lunette et
pivote autour de l’axe des tourillons (T).
 Le cercle horizontal ou limbe (graduation horizontale). Il est le plus
souvent fixe par rapport à l’embase mais il peut être solidarisé à l’alidade par un
système d’embrayage (T1, T16, ...) : on parle alors de mouvement général de
l’alidade et du cercle autour de (P) ; c’est le mouvement utilisé lors du
positionnement du zéro du cercle sur un point donné. Lorsqu’il est fixe par
rapport au socle, on parle de mouvement azimutal ou particulier : c’est le
mouvement utilisé lors des lectures angulaires. Sur le T2, un système de vis
sans fin permet d’entraîner le cercle et de positionner.
Le théodolite comprend une lunette donnant la ligne de visée ainsi que des cercles
gradués qui portent des index permettant de faire la lecture des angles.

24. Mise en station d’un théodolite


241. Définitions
La mise en station d’un théodolite au-dessus d'un point consiste à réaliser
simultanément:
 le centrage: c'est à dire centrer l’axe principal sur le point de station en centrant
le repère du plomb optique sur le point à stationner. Le plomb optique matérialise l'axe
vertical du théodolite qu'il s'agit de mettre en coïncidence avec la verticale passant par
le point.
 le calage: c'est à dire rendre l’axe principal vertical en calant la nivelle
électronique ou la nivelle d’alidade encore appelée nivelle torique, nivelle tubulaire ou
tout simplement bulle

242. Mode opératoire


Pour la mise en station d’un théodolite, on peut suivre les étapes suivantes :
 ETAPE 1 : Fixation de l’appareil.
 Ouvrir le trépied à une hauteur convenable ;
 Enlever la coiffe en desserrant la vis de fixation ;
 Placer l’appareil sur le trépied et tout en le tenant d’une main serrer la vis
d’ancrage avec l’autre main ;
 Placer les vis calantes à mi- parcourt.

34
Illustration de l’étape 1
 ETAPE 2 : Placer l’appareil au - dessus du point.
Tout en tenant les deux jambes du trépied, placer le trépied de sorte que le plomb
optique soit sur le point à stationner. Placer le trépied de manière à avoir sa stabilité.
Pour éviter de perdre beaucoup de temps dans cette étape on peut se contenter de
placer le plomb optique dans un rayon de moins de deux (2) cm autour du point à
stationner.
 ETAPE 3 : Enfoncer les jambes du trépied.
Enfoncer à refus les trois jambes du trépied pour assurer une bonne stabilité au trépied.
 ETAPE 4 : Caler la nivelle sphérique.
 Choisir la jambe qui se trouve le mieux en alignement avec la nivelle et le point
de station.
 Placer le pied sur l’ergot de cette jambe du trépied pour éviter qu’elle sorte de
son enfoncement au cours de la manipulation.
 Desserrer la vis de fixation de la jambe de manière à pouvoir la faire coulisser.
 Coulisser la jambe du trépied pour centrer la nivelle dans son cercle repère
dans le cas contraire amené la nivelle en alignement avec une autre jambe et
le point de station.
 Resserrer la vis de fixation
 Répéter ces opérations sur la jambe qui se trouve le mieux en alignement avec
la nivelle et le point de station.
 Répéter au besoin jusqu’à centrer la nivelle sphérique dans son cercle repère.

Une nivelle sphérique dans son repère

 ETAPE 5 : Correction du centrage.


 Vérifier le centrage à nouveau en regardant le plomb optique et en cas de défaut
de centrage.
 Desserrer légèrement la vis de fixation ou d’ancrage (pas démonter).
 Faire glisser l’appareil sur le plateau du trépied par la plaque de base pourréaliser
à nouveau le centrage du plomb optique. Cette translation doit se faire sans toucher
à aucune vis calante.

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 ETAPE 6 : Réglage de la nivelle tubulaire
 Placer la bulle cylindrique ou nivelle tubulaire parallèlement à deux vis calantes.
 Tourner les deux vis calantes simultanément, en sens contraires et d’une même
valeur rotative pour centrer la bulle par rapport aux graduations qu’elle porte.
 Tourner l’appareil de 100gr ou 90° par rapport à sa position précédente.
 Tourner cette troisième vis pour centrer à nouveau la bulle.
 Revenir à la position précédente pour vérifier le centrage de la bulle et corriger
au besoin (Attention il faut revenir en tournant en sens inverse par rapport à la rotation
précédente).
 Répéter les vérifications sur les deux positions jusqu’à assurer un centrage de la
bulle.
Si après plusieurs essais on n’arrive pas à centrer la bulle il se pourrait qu’elle ait un
défaut de réglage. Dans cette situation, il faut faire recours aux spécialistes pour son
réglage.
NB : Il existe d’autres modes opératoires pour stationner un théodolite.

25. Le dispositif de lecture


Pour mesurer les angles avec précision, il faut doter les instruments topométriques de
l’un des dispositifs suivants : vernier, microscope de lecture ou affichage numérique.

251. Le vernier
Pierre VERNIER a conçu en 1631, un dispositif permettant d’évaluer directement les
fractions de divisions sans qu’il soit nécessaire de surcharger la graduation principale.
Ce dispositif appelé vernier, consiste en une petite règle coulissant le long de la règle
principale. Cette réglette comporte une division de plus que la règle principale et elle
est graduée en fonction de cette dernière. Elle permet d’améliorer le degré
d’appréciation d’un instrument de mesure. Le fonctionnement du vernier est
rigoureusement le même, qu’il s’agisse d’une graduation rectiligne ou circulaire.
Le degré d’appréciation d’un vernier est égal à une division de l’échelle principale
divisée par le nombre de divisions de la réglette.
Les verniers peuvent être gradués dans les deux sens, c'est-à-dire dans le sens des
aiguilles d’une montre et dans le sens contraire. En topométrie, on utilise trois types de
verniers circulaires : simple, double et double replié.
La précision des verniers est limitée parce qu’elle nécessite une lecture sur deux
verniers. Ce qui nécessite un temps assez long et les fautes de lecture peuvent être
assez fréquentes. Pour remédier à ces inconvénients en utilisant des dispositifs
optiques (microscopes de lecture) ou un affichage numérique.

252. Le microscope de lecture


C’est un dispositif optique dont la graduation est gravée sur des plaques de verre
donnant des traits fins. Les lectures du limbe et de l’appoint sont faites directement, ce
qui réduit les possibilités de fautes. Il en existe plusieurs : le microscope à index, le
microscope à échelle, le micromètre optique, le micromètre à coïncidence et le
micromètre à lame à faces parallèles.

253. L’affichage numérique


Dans certains instruments modernes tels que les instruments électroniques, il y a un
dispositif qui transforme le déplacement angulaire mécanique en une lecture numérique
36
directe. Ce dispositif est constitué d’une plaque et d’un lecteur. Sur la plaque de verre,
on observe des codes binaires imprimés de façon circulaire qui sont lus par le lecteur
magnétique ou photoélectrique. Les signaux sont analysés électroniquement et les
déplacements angulaires sont automatiquement affichés.

26. La mesure des angles


Pour mesurer un angle avec un théodolite, on peut procéder de différentes façons selon
qu’il s’agit d’un angle horizontal ou vertical.

261. L’angle horizontal


Il existe quatre différentes façons de mesurage d’un angle horizontal : mesure directe,
mesure des directions, mesure par double retournement et mesure par accumulation.

2611. Mesure directe


La mesure directe des angles est le procédé élémentaire de mesure qu’on utilise avec
le théodolite cumulateur et qui consiste à lire l’angle directement sans calcul.
Pour une telle mesure, il faut suivre la démarche suivante :
 On place l’index du vernier en coïncidence avec le début de la graduation du
limbe et on bloque le plateau supérieur en place. Pour améliorer la coïncidence, on
utilise la vis de rappel.
 On libère le plateau inférieur s’il est bloqué et on dirige la lunette vers le premier
point, ce qui entraine les deux plateaux.
 On bloque le plateau inférieur et on complète le pointé à l’aide de la vis de rappel
inférieure.
 On libère le plateau supérieur et on dirige la lunette vers le second point.
 Après avoir bloqué le plateau supérieur, on complète le pointé à l’aide la vis de
rappel supérieure.
 Le dispositif de lecture donne l’angle entre les deux alignements.

2612. Mesure des directions


Avec un théodolite directionnel, on procède principalement par la mesure des directions
et on obtient l’angle par différence de la façon suivante :
 On libère le plateau supérieur et on dirige la lunette vers le premier point.
 Après avoir bloqué le plateau supérieur, on complète la visée à l’aide de la vis de
rappel.
 On fait la lecture dans cette première direction après avoir réalisé la coïncidence
ou l’encadrement des divisions.
 Il en va de même pour l’autre point.
 La différence entre ces deux lectures donne l’angle recherché.

2613. Mesure par double retournement


La mesure par double retournement se fait pour améliorer la précision et surtout pour
éliminer certaines erreurs dues à l’instrument et on obtient l’angle par moyenne de la
façon suivante :
 Après avoir observé en lunette droite (cercle gauche), on fait pivoter l’appareil de
180° autour de son axe principal : 1er retournement.

37
 On fait pivoter la lunette autour de son axe secondaire (2ème retournement), soit
en lunette renversée, de façon à viser de nouveau le même point.
Ce procédé a la propriété d’annuler la plupart des erreurs dues à l’instrument, quel que
soit le théodolite utilisé. Il est donc très important de procéder par double retournement
pour mesurer les angles horizontaux. Le carnet de notes de cette méthode se présente
comme suit :
Points Points visés Lectures CG Lectures CD Angle
stationnés
A Lg en A Ld en A
P1 𝛽𝑔 𝛽𝑑 𝛽
B Lg en B Ld en B
𝛽𝑔+ 𝛽𝑑
𝛽𝑔 = 𝐿𝑔𝑒𝑛𝐵 − 𝐿𝑔𝑒𝑛𝐴 et 𝛽𝑑 = 𝐿𝑑𝑒𝑛𝐵 − 𝐿𝑑𝑒𝑛𝐴 donc : 𝛽 =
2
Remarque : Si par exemple 𝐿𝑔𝑒𝑛𝐵 − 𝐿𝑔𝑒𝑛𝐴 < 0 alors 𝛽𝑔 = 400 + 𝐿𝑔𝑒𝑛𝐵 − 𝐿𝑔𝑒𝑛𝐴

2614. Mesure par accumulation


La mesure par accumulation consiste à prendre des angles multiples afin d’en améliorer
la précision. Cette technique n’est utilisable qu’avec un théodolite cumulateur. Il faut
procéder comme si on effectuait une mesure directe, mais au lieu de faire la lecture à
la dernière étape de mesure directe, il faut reprendre le procédé à l’étape où on bloque
le plateau inférieur et ainsi de suite, autant de fois que cela est nécessaire. Chaque
fois, on se trouve à ajouter la valeur de l’angle, il suffit ensuite de diviser la lecture
finale par le nombre n qu’on a mesuré l’angle. Puisque la même erreur de lecture se
fait pour l’angle accumulé que pour une seule mesure directe alors on doit diviser
l’erreur par n.

262. L’angle vertical


L’angle vertical se lit directement. Mais, il faut toujours vérifier la graduation au
préalable parce que dans certains instruments, l’origine est à l’horizontale, tandis que
pour d’autres, elle est à la verticale. Nous avons ainsi trois types d’angles verticaux :
angle vertical de nadir, angle vertical de site et angle vertical de zénith.
 L’angle de zénith ou angle zénithal Vz, est un angle lu dans le plan vertical dont
l’origine est vers le zénith qui est un point directeur de la sphère céleste, représentant
la verticale ascendante en un lieu donné. Il varie de 0 à 200grades.
 L’angle vertical de nadir Vn, encore appelé angle nadiral est un angle lu dans le
plan vertical dont l’origine est vers le nadir qui est un point de la sphère céleste situé
directement à la verticale descendante de l'observateur. Il est diamétralement opposé
au zénith. Il varie de 0 à 200grades.
 L’angle vertical de site Vs, est un angle lu dans le plan vertical dont l’origine est
prise à l’horizontale. Il varie de -100grades à +100grades.
Si nous désignons respectivement par Vz, Vn et Vs les angles verticaux observés pour
la même visée alors on a quelle que soit la visée :
Vz+ Vs = 100grades et Vn - Vs = 100grades et Vz + Vn = 200grades.

263. Les fautes et les erreurs dans la mesure angulaire


Les fautes qui sont dues à un oubli ou à une maladresse de l’opérateur représentent
généralement des écarts appréciables. On doit donc tenter de les éviter par une
attention de tous les instants. Les fautes possibles sont les suivantes :
38
 le choix de la mauvaise graduation lorsqu’on utilise des instruments gradués
dans les deux sens ;
 une mauvaise lecture du vernier ou du microscope de lecture.
 une mauvaise identification de la station ou du point visé.
Les erreurs systématiques dans la mesure des angles sont essentiellement les erreurs
dues à l’instrument. Les erreurs systématiques possibles sont les suivantes :
 le fil vertical du réticule n’est pas dans un plan perpendiculaire à l’axe secondaire ;
 l’axe principal n’est pas perpendiculaire aux directrices des nivelles du plateau
horizontal ;
 la ligne de visée n’est pas perpendiculaire à l’axe secondaire ;
 l’axe secondaire n’est pas perpendiculaire à l’axe principal ;
 la nivelle de la lunette n’est pas parallèle à la ligne de visée ;
 l’angle vertical n’est pas à zéro ou à cent grades lorsque la ligne de la visée est
à l’horizontale.
Pour le moment, le mode d’opération correctif des erreurs systématiques est le double
retournement.

3. L’équerre optique
L’équerre est un instrument topométrique servant à construire sur un terrain un angle
droit. Elle ne sert pas à mesurer un angle. Il existe trois types d’équerre : l’équerre
d’arpenteur, l’équerre à miroir et l’équerre à prismes.

4. Le sextant
C’est un instrument portatif qui sert principalement à mesurer des angles verticaux et
horizontaux. Sa principale propriété est de pouvoir donner simultanément deux
directions. Il porte ce nom parce que le limbe, bien qu’il soit gradué en 120°, est la
sixième partie du cercle.

5. Le goniographe
C’est un appareil qui permet de représenter graphiquement des angles.

6. La boussole
La boussole consiste en une aiguille aimantée supportée par un pivot au centre d’un
cercle gradué. Généralement, l’aiguille suit la direction du champ magnétique. Elle
permet de déterminer le gisement d’une direction (ce terme sera développé dans le
prochain chapitre).

7. Le niveau
C’est un instrument topométrique permettant : d’établir un plan horizontal de référence,
de mesurer la distance verticale (dénivelée) entre chacun des points et le plan de
référence, pour ensuite en calculer les altitudes.
Le niveau est constitué principalement d’une lunette, qui placée horizontalement, donne
un plan horizontal et tournant autour de son axe principal. L’horizontalité de la lunette
est généralement réglée au moyen d’une nivelle fixée sur la lunette dont l’axe est
parallèle à la direction de cette nivelle. Il y a plusieurs types de niveaux : les niveaux
optico-mécaniques (le niveau à colliers, le niveau à lunette fixe, le niveau à bascule ou
articulé, le niveau articulé à lunette réversible, le niveau automatique, le niveau de

39
précision ou géodésique) et les niveaux numériques (le niveau électronique et le niveau
à laser). Pour utiliser un niveau il faut d’abord le stationner.

71. Différentes parties d’un niveau


On peut classer les différents types de niveaux optico-mécaniques en deux classes :
les niveaux non automatiques et les niveaux automatiques.Leur différence se situe
seulement au niveau du dispositif qui rendl’axe optique horizontal.
Ils sont équipés d'un réticule qui
permet d'effectuer la lecture sur une
mire placée verticalement. Quel que
soit le type de niveau, nous
observons généralement les
différentes parties suivantes :
1.Plaque de base ; 2.Cercle
(Rapporteur) ; 3. Contrôle de
fonctionnement ou Compensateur ;
4. Oculaire ;
5. Anneau amovible (réglage de
collimat.) ; 6. Nivelle circulaire ou
sphérique ; 7. Point de centrage ; 8.
Viseur ; 9. Objectif ; 10. Mise au
point ; 11. Fin mouvement et 12. Vis
calantes.
Mais l’axe optique des niveaux non automatiques est rendu horizontal à l'aide d'une vis
de basculement qui permet de caler la bulle encore appelée nivelle torique. Souvent le
calage est réalisé par la mise en coïncidence des extrémités des demi-paraboles, qui
représentent l'image de la bulle, observées dans un oculaire.

Niveau non automatique


40
Niveaux numériques
Ce sont les dernières générations de niveaux. Ces niveaux utilisent des mires à code
barre pour la lecture. La lecture sur la mire est faite par comparaison, de la portion de
mire visée avec l’image de la mire numérisée dans l’appareil. L’appareil détecte la
position de l’axe de visée à partir de l’image enregistrée et fournit la lecture et la
distance horizontale entre l’appareil et la mire. Toujours s’assurer que la mire utilisée
correspond à la mire numérisée dans l‘appareil.
Les mires ne sont pas toujours identiques d’un fabricant à l’autre.
Ces niveaux sont utilisés de la même manière que les niveaux automatiques (mise en
station, réglage etc.), seule la gestion de la lecture est différente.

La mise numérisée Niveau numérique Sokkia SDL30


Les niveaux numériques peuvent être utilisés aussi comme un niveau automatique
avec la lecture des 3 fils stadimétriques sur une mire droite.

72. La mise en station d’un niveau


La mise en station consiste à rendre le plan de visée du niveau horizontal. Ils’agit de
mettre le niveau prêt à la lecture sur une mire. Pour cela:
 Ouverture du trépied
 Desserrer les pieds du trépied pour permettre leur coulissement.
 Faire coulisser ses jambes afin que son plateau vient jusqu’à la hauteur du
menton.
 Resserrer ses jambes.
 Ecarter suffisamment les jambes du trépied de manière à assurer à la fois la
stabilité, l’horizontalité à vue d’œil du plateau à la hauteur convenable permettant
l’opérateur d’opérer sans trop se courber ou se tenir sur la pointe des pieds.
Pour cela poser un pied par terre et tirer les deux autres vers l’arrière pour les poser.
Sur un terrain plat construire un triangle équilatéral avec les trois pieds
 Retirer la coiffe de protection du plateau du trépied le cas échéant en desserrant la
vis de fixation de cette coiffe.
 Fixation du niveau sur le trépied.
 Retirer le niveau de son étui.
 prendre le soin de regarder sa position dans l’étui pour pouvoir l’y remettre à la
fin des opérations.
 Fixer le niveau sur le trépied.
41
 Centrer le niveau sur le plateau, le maintenir d’une mainet le fixer immédiatement
de l’autre main avec la vis de serrage du trépied (serrer modérément).
 Refermer l’étui pour éviter de salir l’intérieur.
 Régler les vis calantes sensiblement à mi-course.
 Enfoncer les jambes du trépied à refus.
Pour enfoncer une jambe garder le genou contre celle-ci
 Le calage
 Placer la lunette parallèle à deux vis calantes choisies soient A et B.
 Tourner les vis calantes A et B simultanément et en sens contraire pour amener
la bulle circulaire dans la direction parallèle à la direction axe du pivot-3ème vis
calante C
 Tourner la 3ème vis calante C pour entrer la bulle dans son cercle repère; dans
le cas contraire ne dépasser la direction parallèle à
AB passant par le centre du cercle repère. Si nécessaire répéter ces deux opération
jusqu’à centre la bulle circulaire dans son cercle repère

NB : Changer de sens de rotation lorsqu’on s’aperçoit que la bulle circulaire s’éloigne


du cercle repère. La bulle suit le sens du pouce gauche ou le sens contraire du pouce
droit.
 Réglage du réticule.
 Diriger la lunette vers un fond clair et uniforme ou tenir une feuille de papier blanc
devant l’objectif.
 Regarder dans la lunette.
 Tourner l’oculaire jusqu’à ce que les fils du réticule apparaissent nets et bien
noirs.
Ce réglage peut être ajusté pendant les opérations en fonction de la mise au point de
l’image de la mire. Pour passer d’une station à une autre l’appareil peut être transporté
sur le trépied. Durant ce déplacement essayer autant que possible de garder le niveau
sensiblement horizontal.
A la fin des travaux ouvrir l’étui avant de démonter le niveau. Pour le démonter, le
maintenir d’une main et desserrer avec l’autre main la vis de fixation et le ranger
immédiatement dans son étui puis fermer l’étui.

73. La lecture sur mire


Pour lire sur mire, il faut d’abord effectuer les réglages de mise au point et toutes les
fois qu’il y a changement de visée avec le niveau non automatique, il faut reprendre le
calage de la nivelle torique. Ensuite, lorsqu’on dirige la lunette sur une mire tenue sur
un point, la lecture sur le fil horizontal du réticule sur la graduation donne la différence
de hauteur entre le point et le plan horizontal passant par la lunette. Cette lecture est
acceptable lorsqu’elle représente la moyenne arithmétique des lectures sur les fils
supérieur et inférieur.

II. Les instruments accessoires


En topométrie, les instruments principaux sont souvent utilisés avec des certains
instruments appelés accessoires. Ces instruments accessoires servent à faciliter et à
compléter les mesurages effectués à l’aide des principaux instruments.

42
1. Le jalon
C’est une tige en bois, en métal ou en plastique, peintes en blanc et rouge de façon
successive, parfaitement rectiligne et dont la longueur varie entre 1,50 et 3,00 m. Les
jalons en bois ont une section généralement octogonale de 3 à 4 cm de diamètre. Ils
sont munis à leur extrémité inférieure d’une pointe métallique. Quant aux jalons en
métal ou en plastique, les tiges sont généralement creuses et la section circulaire à un
diamètre de 1,5 à 2 cm. Certains de ces jalons sont offerts en 1 m de long et peuvent
s’ajouter les uns aux autres pour former la longueur requise. D’une manière générale,
les jalons sont utilisés pour matérialiser aussi clairement que possible, lespoints à
relever et de faciliter l’observation. Ainsi, il faut tenir verticalement les jalons. Les jalons
servent alors à transférer un point d’une certaine altitude à une autre.

2. Le fil à plomb
Il est constitué d’un fil lourd tendu par un poids généralement en laiton et de forme
conique qui donne la verticalité. Le poids varie de 300 à 1000 g environ. Les fils à plomb
servent alors à transférer un point d’une certaine altitude à une autre ou à fixer un
théodolite sur un point donné.

3. La mire
Une mire est une règle graduée faite en bois, en métal ou fibre de verre. Elle est
généralement pliante ou coulissante qui a une longueur de 3 à 5 m. Elle doit être tenue
verticalement sur chaque point à niveler. Il existe plusieurs types de mires :
coulissantes, pliantes, articulées, télescopiques, aboutantes, rigides… Par rapport aux
graduations, on a des mires à voyant, parlantes et codées.

4. Les piquets, repères et bornes


Les piquets, les repères et les bornes ne sont pas des instruments mais ils sont
indispensables lorsqu’on doit marquer sur le terrain l’emplacement d’un point
permanent ou temporaire.
 Piquet : Le piquet est une petite tige généralement en bois qui a une extrémité
pointue. Il est destiné à être enfoncé dans le sol pour matérialiser un point qui sera
localisé temporairement.
 Repère : C’est une marque matérielle, ordinairement en métal, servant à localiser
sur le terrain un point, un alignement ou une altitude.
 Borne : Elle est aussi une marque matérielle, définie par règlement, que l’on fiche
en terre pour délimiter de façon officielle et permanente des propriétés contigües. Cette
borne aura un caractère juridique lorsque les propriétaires concernés et / ou le juge
d’une cour homologues son existence.

43
Chapitre 5 : Les angles et l’orientation
1. Les angles
11. Définition
Un angle est l’espace géométrique formée par deux demi-droites issues du même point
appelé sommet de l’angle. Alors lorsqu’on mesure un angle, il y a quatre éléments de
base à considérer :
 une demi-droite de référence appelée origine ;
 le sens de rotation ;
 une demi-droite appelée extrémité
 la valeur angulaire.
Un angle se caractérise suivant sa situation ou son sens. Ainsi, il existe plusieurs sortes
d’angles.

12. Les différentes sortes d’angles


121. Angle intérieur ou angle extérieur
Un angle est dit angle intérieur lorsqu’il se trouve dans un polygone et son sommet est
un point du polygone.
Un angle est dit angle extérieur, lorsqu’il se trouve à l’extérieur d’un polygone et ayant
son sommet sur le polygone.

122. Angle à droite ou angle gauche


Un angle horizontal mesuré dans le sens des aiguilles d’une montre se nomme angle
à droite, tandis qu’un angle horizontal mesuré dans le sens contraire porte le nom d’un
angle à gauche.

123. Angle de déflexion


Soit [OA) et [OB) deux demi-droites. Un angle horizontal qu’on mesure vers la droite ou
la gauche en partant du prolongement de l’une des deux demi-droites du côté du point
d’intersection vers la demi-droite suivante.
Remarque : Un angle extérieur ou intérieur peut être un angle de gauche ou un angle
de droite.

13. Les méthodes de mesurage des angles


Les angles sont mesurés à l’aide d’un théodolite, d’un sextant, d’un goniomètre, d’une
boussole etc. Compte tenu de l’instrument utilisé et de la précision désirée, on mesure
les angles par la méthode appropriée. On peut aussi obtenir la valeur d’un angle au
moyen d’une chaine seulement.
Ce procédé est peu pratique mais, permet d’obtenir la valeur d’un angle ou de
l’implanter en utilisant la chaîne et la résolution d’un triangle.
 Méthode du triangle isocèle
Pour déterminer un angle avec cette méthode, on
prend d’abord la même longueur sur les deux côtés
de l’angle. On a par exemple : AB = AC et ainsi
𝐵𝐶
𝛼 = 2𝐴𝑟𝑐𝑠𝑖𝑛
2𝐴𝐵

44
 Méthode du triangle rectangle
Pour cette méthode, il suffit de prendre une distance
quelconque sur l’un des côtés de l’angle et de
rechercher la perpendiculaire à ce côté en ce point.
Mesurer ensuite cette perpendiculaire. Par exemple
on a : ABC triangle rectangle en B et ainsi
𝐵𝐶
𝛼 = 𝐴𝑟𝑐𝑡𝑎𝑛 (
𝐴𝐵

14. Les erreurs de mesurage des angles


Les fautes, qui sont dues à un oubli ou à une maladresse de l’opérateur,
représentent généralement des écarts appréciables. On doit tenter de les éviter
par une attention de tous les instants.
Les fautes possibles sont :
- Le choix de la mauvaise graduation lorsqu’on utilise des instruments
gradués dans les deux sens.
- Une mauvaise lecture du vernier ou du microscope de lecture.
- Une mauvaise identification de la station ou de point visé.
Les erreurs liées à l’instrument sont :
- Le non perpendicularité du fil vertical de réticule à l’axe secondaire de
l’instrument.
- Le non perpendicularité des directrices des nivelles du plateau horizontal à
l’axe principal de l’instrument.
- Le non perpendicularité de la ligne de visée à l’axe secondaire de
l’instrument.
- Le non perpendicularité de l’axe secondaire à l’axe principal.
- Le non parallèle de la nivelle de la lunette à la ligne de visée.
- L’angle vertical n’est pas à zéro ou cent ou 300 grades lorsque la visée est
à l’horizontale.

2. L’orientation d’une ligne


21. Définition
Orienter une ligne c’est la positionner par rapport à une ligne de référence appelée
méridien. Ce positionnement correspond à préciser l’angle qu’elle fait par rapport à la
direction de ce méridien.
Il existe trois (03) types de méridien : méridien géographique, méridien magnétique et
le méridien conventionnel.
 Le méridien géographique encore appelé méridien astronomique du lieu est le
grand cercle de la sphère terrestre passant par les pôles.
 Le méridien magnétique d’un lieu est le plan vertical défini par la verticale du lieu
et la direction du champ magnétique du lieu, donné par la position de l’aiguille
aimantée.
 Le méridien conventionnel d’un lieu est le plan vertical du lieu dont la direction
est choisie arbitrairement pour remplacer les deux autres et pour faciliter les
calculs.

45
La direction d’un méridien provient de sa méridienne, qui est l’intersection du plan
méridien du lieu avec l’horizon. Ainsi, les directions de référence sont les suivantes :
 Nord de projection ou du quadrillage Y : c’est la direction de l’axe des Y du
système de projection choisi ;
 Nord géographique ou Astronomique YA ou YG: C’est la direction du méridien
du point vers le pôle nord ;
 Nord magnétique YM: c’est la direction indiquée par l’aiguille aimantée d’une
boussole en un point.
Les différentes directions de référence, n’étant pas parallèles forment entre elles des
angles appelés déclinaison et convergence.

22. La déclinaison et la convergence


 Déclinaison magnétique(DM) : c’est l’angle entre le
nord magnétique et le nord géographique ;
 Convergence c : C’est l’angle entre le nord de la
projection et le nord géographique.
La déclinaison est une grandeur qui varie dans l’espace et
dans le temps.
Variation dans le temps: cette variation est
généralement indiquée sur les cartes éditées par les
services géographiques ou équivalents.
Variation dans l’espace: elle varie de l’ordre de 2,4’
dans le sens Est-Ouest et de l’ordre de 1,2’ dans le sens
Nord-Sud pour un déplacement de 10km
Dans le cadre des travaux topographiques on a souvent
besoin de déterminer la déclinaison à une date en un lieu.
La variation dans le temps se calcule pour la durée qui
s’est écoulée et la variation dans l’espace se calculer pour
la distance du lieu par rapport au centre de la feuille (en X
et Y). Donc, il faut calculer la variation dans le sens E-W et
dans le sens N-S. La déclinaison actualisée du lieu est la
somme de la déclinaison initiale et les différentes variations
positives et négatives.
En topométrie, on ne tient pas compte de la convergence des méridiens à cause du fait
que les distances sont relativement courtes. De même, une direction est définie par
rapport au Nord ou au Nord-Est ou Nord-Ouest ou au Sud-Est ou au Sud-Ouest. Ainsi,
selon le cas, on parlera de la course ou du gisement ou de l’azimut de la direction.

23. La course d’une direction


La course d’une direction est l’angle aigu mesuré à partir de la direction Nord ou Sud
du méridien local vers l’Est ou vers l’Ouest jusqu'à la direction considérée. Par
convention, la course est représentée par la lettre N ou S suivi de la valeur angulaire et
par la lettre E ou W. Par exemple on a :
La course de (OA) = N𝛼1 W, la course de (OB) = N𝛼2 E, la course de (OC) = S𝛼3 Eet la
course (OD) = S𝛼4 W.
La course de la direction (OA), par exemple, n’est pas égale à la course de la direction
(AO). La course de la direction (AO) est appelée la course inverse ou arrière de celle
de la direction (OA). Puisque OA et AO sont dans un sens opposé alors la course
46
inverse garde la valeur angulaire
de la course et les lettres qui
l’encadrent sont remplacées par
leurs opposée. Donc, la course
de (OA) est N𝛼1 W et sa course
inverse est S𝛼1 E± C. En
topométrie la convergence C du
lieu est négligeable ainsi la
course inverse de la direction
(OA) est S𝛼1 E.

24. L’azimut
L’azimut d’une direction est
l’angle mesuré dans le sens des
aiguilles d’une montre, à partir de
la direction Nord du méridien
local jusqu'à la direction
considérée. Notons que le
méridien de référence est celui
qui passe par l’origine de la
direction considérée. En topométrie l’on ne parle pas de l’azimut car la détermination
de l’azimut nécessite l’observation des astres qui relève du domaine de la géodésie.

25. Le gisement d’une direction


Le gisement G ou V d’une direction
est l’angle mesuré dans le sens des
aiguilles d’une montre, à partir de la
direction Nord du méridien local
jusqu'à la direction considérée.
Notons que le méridien de référence
est autre que celui qui passe par
l’origine de la direction considérée.
Ce méridien peut être astronomique
ou magnétique ou conventionnel.
Le gisement inverse ou arrière de la
direction AB est le gisement de la
droite BA.
Si GOA< 200gr alorsGAO = GOA +
200gr et si GOA> 200gr alors GAO =
GOA - 200gr.

251. Les relations entre le


gisement et la course
Un cercle trigonométrique est
constitué de quatre quadrants
numéroté de 1 à 4. Or un point est
dans l’un de ces quadrants donc
pour tout point :
47
- B du premier quadrant, (∆XOB> 0, ∆YOB> 0 et GOB= 𝛼2 ) donc GOB∈ ]0; 100[.
- C du deuxième quadrant, (∆XOB> 0, ∆YOB< 0 et GOB = 200gr - 𝛼3 ) donc GOC∈ ]100; 200[.
- D du troisième quadrant, (∆XOB< 0, ∆YOB< 0 et GOB = 200 + 𝛼4 ) donc GOD∈ ]200; 300[.
- A du quatrième quadrant, (∆XOB< 0, ∆YOB> 0 et GOB = 400 - 𝛼2 ) donc GOA∈ ]300; 400[..

252. Les relations entre les départs (∆Xi), les latitudes(∆Yi) et le gisement
∆X
Si (∆X > 0 et ∆Y > 0) alors G = Arctan( ).
∆Y
∆X
Si (∆𝑋 > 0 et∆Y < 0) alors G = 200 –Arctan(| |).
∆Y
∆X
Si (∆X < 0 et∆Y < 0) alors G = 200 + Arctan(| |).
∆Y
∆X
Si (∆X < 0, ∆Y > 0) alors G = 400 –Arctan(| |).
∆Y
En observant ces formules nous pouvons en déduire que la valeur angulaire de la
∆X
course d’une direction est obtenue par l’expression Arctan (| |). Donc si nous
∆Y
désignons par 𝛼𝑖 la valeur angulaire de la course d’une direction quelconque alors
∆X
on a : 𝛼𝑖 = Arctan(| |).
∆Y

253. La détermination d’un départ et d’une latitude d’une direction


∆𝑋 = 𝑑. 𝑠𝑖𝑛(𝐺) et ∆𝑌 = 𝑑. 𝑐𝑜𝑠(𝐺)
avec d = √(∆X)2 + (∆ y)2 .
Dans le triangle ABC rectangle en C
𝐴𝐶 ∆Y
on a : tan (100 – G) = = donc
𝐵𝐶 ∆X
∆Y ∆X
cotanG = | | et ainsi tanG = | |.
∆X ∆Y
En posant d = AB, on a :
∆𝑋 = d. sin(G) et
∆𝑌 = 𝑑. 𝑐𝑜𝑠(𝐺).

254. Transmission de gisement

2541. Par les angles intérieurs


Prenons la polygonale ABCDEA
suivant et essayons de déterminer le
gisement de ses côtés à partir du
gisement de départ VAB.
Après avoir identifié le gisement de
départ, il faut translater la direction
du méridien à tous les autres sommets de la polygonale et matérialiser les gisements
de la ligne précédente et de la ligne considérée. Nous avons alors pour une polygonale
à n sommets P1, P2, ..... , Pn :

𝑉𝑃𝑖𝑃𝑖+1 = 𝑉𝑃𝑖−1𝑃𝑖 + 200 − 𝑃̂𝑖


48
On peut déduire les différents cas restants à partir de cette formule.

2542. Par les angles extérieurs


Nous savons bien que la somme des angles intérieur et extérieur en un sommet est
400gr. Donc si nous désignons par 𝑃̆𝑖 un angle extérieur au sommet Pi nous
aurons :

𝑉𝑃𝑖𝑃𝑖+1 = 𝑉𝑃𝑖−1𝑃𝑖 − 200 + 𝑃̆𝑖


2543. Par les angles de déflexion
̂𝑖 l’angle de déflexion au sommet 𝑃𝑖 alors nous aurons :
Si nous désignons par < 𝑃

𝑉𝑃𝑖𝑃𝑖+1 = 𝑉𝑃𝑖−1 𝑃𝑖 + < 𝑃̂𝑖


̂𝑖 est un angle orienté qui peut être positif ou négatif selon son sens de parcours.
<𝑃

2544. Par les angles de topo


On appelle angle topo tout angle observé dans un cheminement ouvert. Il est dit de
gauche lorsqu’il est à gauche de l’opérateur parcourant le cheminement dans un sens
donné. Dans cas contraire, il est appelé angle topo de droite.

A D
F

2 1 2 1

B C E
Les angles A2 et D2 sont des angles topo de gauche et C1 et E1 sont des angles topo
de droite.
La transmission de gisement par les angles topo de gauche se fait par la formule :

𝑉𝑃𝑖𝑃𝑖+1 = 𝑉𝑃𝑖−1𝑃𝑖 − 200 + 𝑃̂𝑖


La transmission de gisement par les angles topo de droite se fait par la formule :

𝑉𝑃𝑖𝑃𝑖+1 = 𝑉𝑃𝑖−1𝑃𝑖 + 200 − 𝑃̂𝑖

49
Chapitre 6 : Polygonation
1. Définitions
 On appelle polygonation l’ensemble des opérations permettant de mesurer les
angles et les distances d’une polygonale afin de la calculer.
 Une polygonale est une figure géométrique composée d’une succession d’angles
et de segments de droites.
 Calculer une polygonale revient à calculer les coordonnées de ses sommets.
Lorsqu’on connait les coordonnées du point de départ, on peut calculer à l’aide
du gisement et de la distance de chaque côté, les coordonnées de tous les autres
sommets de la polygonale.
 Une polygonale est dite fermée lorsque les points de départ et d’arrivée de cette
polygonale sont confondus.
 Une polygonale est dite ouverte lorsque le point d’arrivée de la polygonale n’est
pas confondu à son point de départ.
 Une polygonale est dite encadrée lorsqu’elle est une polygonale ouverte dont on
connaît les points de départ et d’arrivée.
 Une polygonale est dite antenne lorsqu’elle est une polygonale ouverte dont on
connaît que le point de
départ.
 Une polygonale
est dite rattachée
lorsqu’elle relie deux
points connus.
En observant le dessin
précédent, nous dirons
que :
 la polygonale ABCDEA est fermée ;
 la polygonale CFGH est ouverte :
 elle sera dite encadrée si les points C et I sont connus ;
 elle prendra le nom d’antenne si seul le point C est connu.
 la polygonale AJKLD est dite rattachée à la polygonale ABCDEA par les points
A et D.

2. Calcul d’une polygonale


21. Polygonale fermée
Une polygonale fermée vérifie à la fois chacune des propriétés suivantes :
 la fermeture angulaire : ∑ 𝛽𝑝𝑟𝑎𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒 = ∑ 𝛽𝑡ℎé𝑜𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒 , avec :
 ∑ 𝛽𝑝𝑟𝑎𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒 = somme des angles mesurés sur le terrain.
 ∑ 𝛽𝑡ℎé𝑜𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒 = somme des angles théoriques.
200(𝑛 − 2) 𝑠𝑖 𝑙𝑒𝑠 𝑎𝑛𝑔𝑙𝑒𝑠 𝑚𝑒𝑠𝑢𝑟é𝑠 𝑠𝑜𝑛𝑡 𝑑𝑒𝑠 𝑎𝑛𝑔𝑙𝑒𝑠 𝑖𝑛𝑡é𝑟𝑖𝑒𝑢𝑟𝑠
∑ 𝛽𝑡ℎé𝑜𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒 = { où n est le
200(𝑛 + 2) 𝑠𝑖 𝑙𝑒𝑠 𝑎𝑛𝑔𝑙𝑒𝑠 𝑚𝑒𝑠𝑢𝑟é𝑠 𝑠𝑜𝑛𝑡 𝑑𝑒𝑠 𝑎𝑛𝑔𝑙𝑒𝑠 𝑒𝑥𝑡é𝑟𝑖𝑒𝑢𝑟𝑠
nombre de sommets.
L’erreur de fermeture angulaire ea est ea = ∑ 𝛽𝑝𝑟𝑎𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒 - ∑ 𝛽𝑡ℎé𝑜𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒 ,
 la fermeture linéaire doit être vérifiée. Ainsi l’erreur de fermeture linéaire relative
aux abscisses ex est nulle et celle relative aux ordonnées l’est également.
Dans une polygonale fermée ex = ∑ ∆𝑋𝑖 = 0 et ey= ∑ ∆𝑌𝑖 = 0.
50
Ainsi, pour calculer une polygonale fermée il faut procéder comme suit :
 Vérifier la fermeture angulaire en calculant ea = ∑ 𝛽𝑝𝑟𝑎𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒 - ∑ 𝛽𝑡ℎé𝑜𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒 . Si ea≠
0 alors les angles seront compensés à partir des gisements corrigés.
 Vérifier la fermeture linéaire en calculant ex et ey. Si ces erreurs sont nulles alors
il faut compensés les départs et les latitudes en utilisant l’une des formule de
compensation par :
 la répartition par parallèles proportions ou compass rule. On obtient dans ce
cas :
e ey
∆𝑋𝑖𝑐 = ∆𝑋𝑖 – ∑ x 𝑑𝑖 et ∆𝑌𝑖𝑐 = ∆𝑌𝑖 – ∑ 𝑑𝑖 .
𝑑𝑖 𝑑𝑖
 la répartition par projections proportionnelles ou transit rule. Dans ce cas on a :
ex e
∆𝑋𝑖𝑐 = ∆𝑋𝑖 – ∑|∆𝑋 |∆𝑋𝑖 | et ∆𝑌𝑖𝑐 = ∆𝑌𝑖 – y |∆𝑌𝑖 |.
|
𝑖 ∑|∆𝑌 |
𝑖
 Calculer les coordonnées des points du cheminement fermé à partir des
coordonnées de l’un de ses points par :
𝑋𝑃𝑖+1 = 𝑋𝑃𝑖 + ∆𝑋𝑖𝑐 et𝑌𝑃𝑖+1 = 𝑌𝑃𝑖 + ∆𝑌𝑖𝑐
Après avoir calculé les coordonnées des sommets et si les angles et les distances
seront exploités dans la suite alors il faut les compensés. Ainsi, pour les distances
corrigées on a :
𝑑𝑖𝑐 = √∆𝑋𝑖𝑐 2 + ∆𝑌𝑖𝑐 2 .
Pour la correction des gisements, il faut utiliser les départs et les latitudes corrigés afin
de calculer les courses et d’en déduire les gisements corrigés.
Les angles corrigés sont obtenus à partir des gisements corrigés de leurs côtés.

22. Polygonale encadrée


Pour le calcul d’une polygonale encadrée, il faut procéder comme suit :
 Vérifier la fermeture angulaire en calculant l’erreur de fermeture ea qui est
la différence 𝑉𝑎𝑟 𝑐𝑎𝑙 − 𝑉𝑎𝑟 𝑑𝑜𝑛 .Le gisement d’arrivée calculé𝑉𝑎𝑟 𝑐𝑎𝑙 est obtenu en
fonction du gisement de départ et des angles pratiques. Pour les angles topo de
gauche on a :𝑉𝑎𝑟 𝑐𝑎𝑙 = 𝑉𝑑 + ∑ 𝛽𝑝𝑟𝑎𝑡 − 200𝑛 et pour les angles topo de droite on
a : 𝑉𝑎𝑟 𝑐𝑎𝑙 = 𝑉𝑑 − ∑ 𝛽𝑝𝑟𝑎𝑡 + 200𝑛. Où n est le nombre d’angles topo pratiques. Si
ea est nulle alors la fermeture angulaire est vérifier et il n’y a pas de compensation
angulaire. Mais si ea est non nulle alors la fermeture angulaire n’est pas vérifier
et donc il y a compensation angulaire. La correction angulaire se fera par la
formule suivante :
𝑒𝑎 × 𝑃
𝛽𝑝𝑟𝑎𝑡 𝑐𝑜𝑟 = 𝛽𝑖 𝑝𝑟𝑎𝑡 − ∑ 𝑖 où 𝑃𝑖 est le poids relatif à l’angle 𝛽𝑖 𝑝𝑟𝑎𝑡 . Il est calculé par la
𝑃𝑖
1 1
formule suivante : 𝑃𝑖 = +
𝑑𝑖−1 𝑑𝑖+1
avec 𝑑𝑖−1 et 𝑑𝑖+1 sont les distances
respectives en km des côtés de
l’angle. Mais si l’une des distances
n’est pas donnée il faut la
considérer comme une grande
distance et ainsi son inverse sera nulle.
 Vérifier la fermeture linéaire en calculant les erreurs de fermeture linéaires
𝑒𝑥 et 𝑒𝑦 qui sont respectivement obtenues par :

51
𝑒𝑥 = 𝑋𝑃𝑜𝑖𝑛𝑡 𝑎𝑟𝑟𝑖𝑣é 𝑐𝑎𝑙𝑐𝑢𝑙é − 𝑋𝑃𝑜𝑖𝑛𝑡 𝑎𝑟𝑟𝑖𝑣é et 𝑒𝑦 = 𝑌𝑃𝑜𝑖𝑛𝑡 𝑎𝑟𝑟𝑖𝑣é 𝑐𝑎𝑙𝑐𝑢𝑙é − 𝑌𝑃𝑜𝑖𝑛𝑡 𝑎𝑟𝑟𝑖𝑣é
𝑋𝑃𝑜𝑖𝑛𝑡 𝑎𝑟𝑟𝑖𝑣é 𝑐𝑎𝑙𝑐𝑢𝑙é = 𝑋𝑃𝑜𝑖𝑛𝑡 𝑑é𝑝𝑎𝑟𝑡 + ∑ ∆𝑋𝑖 et 𝑋𝑃𝑜𝑖𝑛𝑡 𝑎𝑟𝑟𝑖𝑣é 𝑐𝑎𝑙𝑐𝑢𝑙é = 𝑋𝑃𝑜𝑖𝑛𝑡 𝑑é𝑝𝑎𝑟𝑡 + ∑ ∆𝑋𝑖 Si
𝑒𝑥 et 𝑒𝑦 sont toutes nulles alors il y a la fermeture linéaire ; mais si l’une d’entre elles au
moins est nulle, les départs et les latitudes seront corrigés.
 Calculer les coordonnées des points intermédiaires.
Dans ce cheminement
encadré B123C, les
gisements de départ et
d’arrivée sont
respectivement GAB et
GCD et, les points B et C sont respectivement le départ et l’arrivée.

23. Polygonale à antenne


Le calcul de la polygonale à antenne n’a aucun intérêt car il n’y a aucun moyen de
vérification. En effet, il suffit de calculer les gisements, les départs et les latitudes puis
en déduire les coordonnées.

24. Détermination de la superficie de la polygonale


Il existe plusieurs méthodes de détermination de la superficie d’une polygonale. Nous
allons utiliser la méthode de décomposition de la polygonale en triangles. Ainsi la
somme des superficies des triangles obtenus est la superficie de la polygonale.

3. Quelques applications
31. Détermination des coordonnées du point intersection de deux droites
Soit (AC) et (BD) deux droites obtenues à partir d’une
polygonale ABCDEA. Posons I, le point d’intersection
des deux droites. Déterminons les coordonnées de I.
Pour résoudre ce problème il faut procéder comme suit :
 corriger les gisements à partir des départs et des
latitudes correspondants, en tenant compte de leurs
signes (VAC et VBD) ;
 calculer les gisements VAC et VBD à partir des coordonnées des points ;
 corriger la longueur AB à partir des départs et des latitudes correspondants ;
 calculer les angles du triangle ABK à partir des gisements VAB, VAC et VBD ;
 calculer les longueurs BK et AK à partir de la loi des sinus ;
 en déduire les coordonnées du point K à partir des coordonnées du point A et
vérifier les résultats en recalant ces coordonnées à partir de celles du point B.

32. Détermination des coordonnées d’un point J appartenant à une droite


passant par un point D de la polygonale sachant que DJ = d
Pour déterminer les coordonnées du point J, il faut déterminer en fonction des
gisements et angles corrigés de la polygonale le gisement de la direction DJ et en
déduire les coordonnées du point J à partir de celles du point D :
𝑋𝐽 = 𝑋𝐷 + 𝑑𝑠𝑖𝑛𝑉𝐷𝐽
{
𝑌𝐽 = 𝑌𝐷 + 𝑑𝑐𝑜𝑠𝑉𝐷𝐽

52
Chapitre 7 : Mesure linéaire
Le mesurage linéaire, généralement appelé chaînage, est la base de toute opération
topométrique. Il sert, d’une part, à déterminer la distance entre deux points à la surface
de la terre et, d’autre part, à implanter ou à piqueter sur le terrain deux points entre
lesquels la grandeur linéaire est préétablie. En topométrie, l’expression « distance entre
deux points» signifie toujours la distance horizontale entre ces deux points. Si les points
sont situés chacun à une altitude différente, la distance horizontale cherchée est la
projection orthogonale entre ces deux points. Par conséquent, la mesure linéaire est
toujours ramenée à l’horizontale, soit par calculs, soit par la technique de chaînage
employée lors du mesurage. La détermination de la grandeur linéaire s’effectue de trois
façons : par la mesure directe, par la mesure indirecte ou par la mesure électronique.
Dans ce chapitre, nous étudierons les principales techniques de mesure de distance
utilisables par le topomètre utilisant les deux premières façons.

1. Mesure directe
11. Définition
Une mesure linéaire est dite mesure directe lorsqu’on parcourt dans son entier la ligne
à mesurer, en appliquant bout à bout un certain nombre de fois qu’il est nécessaire
l’instrument de mesure.

12. Les différents instruments de mesure directe


Les différents instruments de mesure linéaire sont :
121. Le podomètre
Le podomètre est un instrument de mesure directe de
distance en forme de montre servant à compter les
pas quand on veut évaluer une distance. Cet
instrument que l’opérateur porte habituellement à la
ceinture, compte la longueur moyenne des pas de ce
dernier. Pour évaluer cette dernière, il suffit de
compter ses pas en franchissant plusieurs fois une
distance connue et en marchant d’un pas naturel.
Cette méthode est peu précise ; elle donne juste une
valeur approximative de la distance mesurée. Mais,
elle permet de contrôler le travail des vigiles.
Un podomètre

122. L’odomètre
L’odomètre consiste en une roue
étalonnée que l’on pousse à l’aide
d’un manche.
Le nombre de tours recueilli par un
compte-tours relié à la roue est
converti en mesure linéaire et
donne la distance conformément au
plan de roulement de l’instrument.
L’odomètre et son affichage numérique

53
Cet instrument est très utile notamment pour l’évacuation des travaux de pavage, de
réfection de rues et de routes de même que pour l’évaluation, à des fins de
soumissions, des avants-métrés de conduites (gaz, électricité, aqueducs, égouts, voies
ferrées, etc.). En somme, on a recours à l’odomètre pour déterminer de manière rapide
et efficace des distances sur toute surface appropriée au fonctionnement de cet
appareil. Le degré d’appréciation des différents modèles est de l’ordre de 0,10m.

123. La perche télescopique


Elle consiste en une tige de section circulaire, rectangulaire
ou autre, composée de plusieurs éléments qui s’emboîtent et
coulissent les uns sur des autres. Au fur et à mesure de
l’étirement d’un ou plusieurs éléments, un mécanisme
interne, relié à un ruban d’acier gradué, entraîne ce dernier
et donne ainsi la longueur de la distance correspondant à la
partie utilisée de la perche, c'est-à-dire la distance entre le
pied et la tête de celle-ci.
Le degré d’appréciation de cet instrument correspond au
millimètre.
La perche télescopique peut être utilisée à déterminer la
hauteur de tunnels, de ponts, de viaducs et de véhicules ainsi
qu’à calculer les dimensions linéaires de bâtiments. Celle qui
est en fibre de verre est utilisée pour déterminer la hauteur
de fils électrique et distance entre deux objets dont la
température est élevée.

124. La chaîne de ceinture


La chaîne de ceinture est un instrument de mesure linéaire
qui permet à un opérateur de déterminer la grandeur d’une
distance tout en ayant les
mains libres. Un fil qui se
déroule d’une bobine
placée dans l’instrument
enregistre sur un
compteur la distance
parcourue.

La chaîne de ceinture, portée à la taille et le mécanisme interne


Son mode opératoire consiste simplement à attacher un fil à un objet fixe, à mettre le
compteur à zéro et à commencer la mesure en avançant dans la direction de la ligne à
mesurer. Une fois que l’opérateur a obtenu et noté la grandeur, il sélectionne le fil
biodégradable et l’abandonne sur place. La précision de cette méthode de mesurage
est de l’ordre de 0,2%. La chaîne de ceinture sert dans divers domaines, dont la voirie,
la prospection minière, l’agriculture et la foresterie.

125. La chaîne
La chaîne est l’un des plus anciens instruments de mesure de distance. Au début, elle
était munie de médailles attachées à différents maillons qui servaient à mesurer les

54
distances. Par la suite, on a remplacé les chaînons rectilignes, ce qui a donné la chaîne
d’arpenteur ou chaîne Gunter. Mesurant 66pi, elle est divisée en 100 chaînons. Plus

tard est apparue la chaîne d’ingénieur qui a 100 pi de longueur, soit 100 chaînons de 1
pi chacun.
Les chaînes de Gunter, d’ingénieur et les métalliques
Ces chaînes ont cédé la place à des rubans d’acier, gradués sur toute leur longueur et
enroulés sur des moulinets, qu’on continue à nommer chaînes. Depuis la mise en place
du système SI, la plupart d’entre elles sont graduées en mètres plutôt qu’en pieds. Elles
sont offertes en longueurs de 30, 50 et 100 m. On trouve aujourd’hui des chaînes en
fibre de verre dont la précision est légèrement inférieure à celle du ruban d’acier, mais
qui sont moins fragiles et moins dangereuses lorsqu’on travaille près d’installations
électriques.
Pour effectuer les mesurages de haute précision, il faut se servir de chaînes en acier
invar.

126. Le galon
Le galon se compose d’un ruban
d’acier relativement mince, de toile
métallisée ou de fibres plastifiées.
Il s’enroule dans un boîtier léger,
en cuir ou en métal, que l’on peut
mettre facilement dans sa poche. Il
est commode pour mesurer de
courtes distances et pour lever les
détails. Il est offert en longueurs de
10, 20 et 30 m.

13. Le chaînage

131. Définition
Le chaînage est la mesure directe d’une distance à l’aide d’une chaîne ou d’un ruban
d’acier.
On appelle chaînage d’un point P, par exemple, la distance à partir d’une origine à ce
point. On le note 𝐶ℎ𝑃. Si cette distance est, par exemple, 6358,615m, on doit écrire :
𝐶ℎ𝑃 = 6 + 358,615. Ainsi, la valeur de la gauche indique le kilomètre et celle de droite
le mètre. La différence du chaînage de deux points donne la distance entre ceux-ci
dans un même alignement.

55
Le mesurage direct de distance peut s’appliquer lorsqu’on mesure une distance entre
deux points ou qu’on implante un point à une distance donnée d’un autre. Le procédé
est analogue dans les deux cas.
Pour une distance supérieure à 50 m, il est préférable de faire un jalonnement du
segment à mesurer.
Avant toute opération de chaînage, il faut vérifier la graduation.

132. Le jalonnement
Le jalonnement est l’opération qui à aligner un certain nombre d’objets qui permettent
la décomposition d’une distance en des distances partielles. Ainsi, il facilite la mesure
d’une longue distance. Il peut se faire à vue ou à l’aide d’un instrument, généralement
un théodolite.

133. La graduation
Pour les chaînes et les galons, il existe divers types de graduations. La position de
l’origine varie d’un ruban
à l’autre ; elle est à
l’extrémité de l’anneau ;
sur d’autres, elle est à
l’extrémité du ruban ou
consiste en une marque
placée à une courte
distance de l’extrémité du
ruban.

Les différentes positions de l’origine d’une chaîne

134. Les principales étapes de mesurages à la chaîne


Les étapes à suivre pour faire une bonne opération de chaînage sont les suivantes :
 Le jalonnement de la ligne à mesurer et la matérialisation des extrémités des
cette ligne.
 L’installation du chaîneur arrière sur le 1er point extrême et du chaîneur avant sur
un point intermédiaire de l’alignement ou sur le 2ème point extrême.
 La vérification de non formation de boucle sur la longueur étendue de la chaîne.
 L’application et la vérification de la tension nécessaire.
 La projection verticale de chaque point extrême au sol au cas où le terrain n’est
pas horizontal.
 La lecture de la chaîne à l’avant et à l’arrière.
 L’inscription immédiate de la lecture dans le carnet de notes.
 Le calcul de la distance séparant les points intermédiaires considérés pour en
déduire la distance totale.

56
135. Le mode de chaînage
Le mode de chaînage dépend de la nature du terrain. On distingue deux modes :
supporté et suspendu.

1351. Le mode supporté


La chaîne peut se faire par le mode supporté lorsque le terrain est plat et horizontal.
Dans ce cas, la chaîne est supportée sur toute sa longueur. Mais si le terrain est plat
et incliné, on peut également appliquer cette technique. Toutefois, il est nécessaire de
ramener la distance mesurée dans le plan horizontal.

1352. Le mode suspendu


Ce mode de chaînage est utilisé lorsqu’il y a un obstacle ou bien un relief accidenté. Il
est à noter que, suivant la section de la chaîne, une tension trop grande peut l’allonger
et fausser la mesure. Pour le mode suspendu, on peut utiliser la méthode par
cultellation (ressauts horizontaux) ou la méthode suivant la pente du chaînage.
 Par cultellation : En terrain très accidenté, il est souvent impossible de tendre la
chaîne horizontalement sur toute sa longueur. On peut alors fractionner le
chaînage en autant d’éléments horizontaux que l’opération le permet et l’exige :
c’est ce qu’on appelle cultellation. On chaîne et on note individuellement ces
éléments puis on les cumule pour avoir la distance à mesurer.
𝐷ℎ = 𝐷ℎ1 + 𝐷ℎ2 + 𝐷ℎ3 + ⋯
 Suivant la pente : Dans ce cas on mesure l’angle vertical 𝛽 et la distance DP
suivant la pente. Alors la distance d est obtenue par la formule :
1
𝐷ℎ = 𝐷𝑝 × cos 𝛽. Si relief est uniforme de pente p alors on a :cos 𝛽 = 2
et 𝐷ℎ =
√1+ 𝑝
1 𝐷𝑝
𝐷𝑝 × ; soit 𝐷ℎ = .
√1+ 𝑝2 √1+ 𝑝2

136. Les fautes relatives au chaînage


Au cours d’une opération de chaînage toutes les précautions doivent être prises pour
éviter les fautes suivantes qui sont les plus courantes :
 La mauvaise identification de l’origine.
 L’oubli de l’opérateur d’inscrire une distance.
 La transposition des chiffres lorsque la chaîne est lue à l’envers.
 La mauvaise interprétation du chaîneur avant des nombres décimaux
 La confusion née d’une lecture à proximité d’une division entière.
 La non application de tension sur la chaîne.

137. Les erreurs liées au chaînage


Toute opération de chaînage comporte des erreurs systématiques susceptibles d’être
corrigées et des erreurs fortuites inhérentes aux mesures.
1371. Les erreurs systématiques du chaînage
 Erreur d’étalonnage
La longueur d’une chaîne est rarement celle qui est indiquée par sa longueur nominale.
On doit étalonner assez régulièrement sa chaîne. La correction de l’erreur d’étalonnage
𝑁 −𝑁
𝐶𝑒 est la suivante : 𝐶𝑒 = 𝑙 ( 0 ), avec 𝑙 la longueur mesurée en mètre, N0 longueur en
𝑁
mètre de la chaîne comparée à l’étalon et N la longueur nominale de la chaîne en
mètre.
 Erreur due au mauvais alignement
57
Au cours du jalonnement, l’opérateur peut ne pas bien aligner les jalons ou les objets.
Ainsi, il obtient en réalité tout le long du segment à mesurer, des triangles. Or la somme
des longueurs de deux côtés d’un triangle est toujours supérieure à la longueur du
troisième côté. Donc le cumule de ces distances serait supérieur à la distance à
mesurer. Ce qui explique la présence de l’erreur due au mauvais alignement Ca. Cette
erreur est corrigée par la formule suivante :
𝑒2
𝐶𝑎 = où 𝑒 est l’écart d’alignement et 𝑙 la longueur mesurée.
2𝑙
Pour ce cas on a :
𝑒2 𝑒2
𝐶𝑎 = + est l’erreur due au mauvais alignement dans le jalonnement du segment
2𝑙1 2𝑙2
AB.
 Erreur due à la dilatation de la chaîne
Sous l’effet d’une variation de température, la chaîne se dilate ou se contracte. Ainsi,
la mesure d’une distance sera entachée d’erreur de dilatation Cd qui peut être corrigée
par la formule suivante :
𝐶𝑑 = 𝑙 𝑘 (𝑡 − 200 ) où 𝑙 la longueur mesurée, k, le coefficient de dilatation de la chaîne
et t, la température ambiante.
 Erreur due à la pente
La pente qui s’exprime en pourcentage, est le rapport entre la dénivelée d et la distance
horizontale correspondante h. Or en topométrie, c’est la distance horizontale qu’on
utilise donc dès qu’un opérateur utilise la distance suivant la pente à place de la
distance horizontale, il commet une erreur égale à h - Lp. Or h, Lp et d déterminent un
𝑑
triangle rectangle d’hypoténuse Lp, donc nous aurons ℎ = √𝐿2𝑝 − 𝑑 2 = √𝐿2𝑝 (1 − ( )2 )
Lp
1
𝑑 2
et par suite, on a h = Lp⟦1 − ( )2 ⟧ . Après avoir donné le développement limité de
Lp
1
𝑑 2
l’expression ⟦1 − ( )2 ⟧ au voisinage de zéro et en ne conservant que les trois premiers
Lp
𝑑2 𝑑4
termes on a : ℎ = 𝐿𝑝 − − 3. Ainsi, la correction de l’erreur due à la pente est
Lp 8Lp
𝑑2 𝑑4
obtenue par la formule 𝐶𝑝 = + pour une pente p >8% et lorsque p<8% on
2Lp 8Lp3
𝑑2
obtient 𝐶𝑝 = .
2Lp
 Défaut de l’horizontalité de la chaîne
Le défaut de l’horizontalité est de même nature que le défaut d’alignement et leur calcul
respectif s’effectue au moyen de la même expression. Toutefois, il faut apporter plus
d’attention à l’horizontalité de la chaîne qu’à son alignement parce que c’est une
opération plus difficile à réaliser. Il ne faut pas confondre l’erreur de l’horizontalité avec
le chaînage suivant la pente.
 Erreur due à l’application de la tension à la chaîne
Lorsqu’on applique une tension à une chaîne, elle s’étire. Si la tension est trop forte,
elle peut y avoir déformation permanente ou même la rupture. La limite d’élasticité de
la chaîne est donnée par son module d’élasticité, E, qui est le rapport entre la charge
𝑇 𝑎 𝑇𝐿
unitaire et la déformation unitaire . Donc, on a : 𝐸 = où T est la tension en daN ;
𝑆 𝐿 𝑆𝑎
L, la longueur mesurée en mètre ; S, la section de la chaîne en mm2 et a, l’allongement
de la chaîne en mètre. Or, au cours de l’étalonnage de la chaîne, sous l’effet de la

58
𝑇0 𝐿
tension T0, il y a un allongement a0 tel que : 𝐸 = . Ainsi, l’erreur commise est a0 – a
𝑆𝑎0
𝑇−𝑇0
et la correction est CT = a − a 0 = 𝐿.
𝑆𝐸

 Erreur due à la chaînette :


Lorsque l’opérateur opère en mode suspendu, la chaîne prend la forme d’une courbe,
appelée chaînette dont l’équation est voisine de celle d’une parabole. On observe une
flèche entre la courbe créée par la chaîne et la droite horizontale passant par les deux
extrémités soutenues. On peut réduire cette flèche en augmentant la tension mais on
ne peut jamais l’éliminer à 100%. La différence entre la longueur horizontale et celle en
courbe doit être corrigée. Cette correction est calculée par la formule suivante :
𝑷𝟐 𝒅𝟑
𝑪𝒄 = −𝒏 avec :
𝟐𝟒𝑻𝟐
𝑪𝒄 : Correction pour la chaînette en mètre ;
𝑛 : Nombre d’intervalles ayant le même espace entre les supports ;
𝑃 : Poids unitaire de la chaîne en daN/m ;
𝑑 : Espacement entre les supports en mètre ;
𝑇 : Tension appliquée à la chaîne lors du mesurage en daN.
Pour une chaîne de longueur 𝑙 supportée qu’aux extrémités, la correction pour la
𝑷𝟐 𝒍
chaînette est 𝑪𝒄 = − .
𝟐𝟒𝑻𝟐

1372. Les erreurs fortuites relatives au chaînage


Les erreurs fortuites au chaînage sont principalement des erreurs d’appréciation ou
d’évaluation de coïncidence. Voici les principales :
Erreur de la verticalité du jalon.
Erreur de mise en place du jalon à l’extrémité de la chaîne.
Erreur d’appréciation de la lecture de la part de l’opérateur.
Erreur dans la détermination de la température de la chaîne.
Défaut d’appréciation de la bonne tension.
Déplacement du fil à plomb par le vent.

2. Mesure indirecte ou trigonométrique


21. Définition
On appelle mesurage indirect de distance, un mesurage qui consiste à l’obtenir sans
avoir à parcourir la longueur à mesurer à partir des relations mathématiques en utilisant
des instruments topométriques tels que Niveau, Théodolite, Station totale, Stadia,
IMEL.
On dit qu’une mesure de distance est indirecte lorsque l’on doit établir une relation entre
la longueur cherchée et des paramètres instrumentaux (optique ou électroniques). La
distance cherchée est donc déduite de mesures et de la résolution des triangles.

22. Principaux types de mesurage indirect


Comme type de mesurage indirect, on distingue : Le mesurage avec la barre
stadimétrique, le mesurage stadimétrique, le mesurage des longueurs à partir des
éléments d’un triangle et enfin le mesurage électronique.
La plupart de ces types de mesures de distance est basée sur les propriétés des
triangles semblables d’une part et les relations trigonométriques d’autre part.
59
Dans la suite nous n’allons pas développement le mesurage électronique.

221. Mesurage avec la barre stadimétrique


2211. Principe :
On dispose en B, une stadia (mire
horizontale en métal invar). La stadia
est munie de deux voyants
triangulaires ou circulaires V1 et V2
symétriques par rapport à son
embase M et écartés exactement de
deux (2) mètres. Cette mire est
stationnée en B sur un trépied.
L’opérateur en station en A, mesure
l’angle horizontal ou parallactique S entre les visés (A V1) et (A V2) à l’aide d’un
théodolite. Ce procédé n’est utilisé qu’exceptionnellement puisqu’il nécessite l’emploi
d’un trépied supplémentaire et une mise en station de mire, un peu longue mais il a
l’avantage de donner directement la distance Dh (distance horizontale).

2212. Calcul
Le calcul donne la distance horizontale Dh avec V1V2 = 2m;
𝑆 𝑉2′ 𝐵 𝑉2′ 𝐵
D’après la relation suivante on a :𝑡𝑎𝑛 = ⇔ 𝐴𝐵 = 𝑆 , or
2 𝐴𝐵 :𝑡𝑎𝑛
2
1 𝑆
𝑉2′ 𝐵 = 𝑉1′ 𝐵 = 1𝑚 d’où 𝐴𝐵 = 𝑆 et ainsi 𝐴𝐵 = 𝑐𝑜𝑡𝑎𝑛 .
:𝑡𝑎𝑛 :2
2

222. Mesurage stadimétrique


C’est un mesurage fait à l’aide des fils stadimétriques de la
lunette d’un niveau ou d’un théodolite.

2221. Principe
La mise au point sur une mire verticale est effectuée dans une lunette topographique
dont le tableau focal porte 2 traits horizontaux parallèles (fils stadimétriques)
symétriques par rapport au fil niveleur, appelée lunette stadimétrique qui peut être à
l’horizontale ou à l’inclinaison. On parle ainsi de la ligne de visée horizontale ou ligne
de visée inclinée.
Ligne de visée horizontale
Pour ce mode l’opérateur doit utiliser un niveau et une mire. Il stationne le niveau
presque au milieu du segment [A B] et effectue les trois lectures des fils stadimétriques
𝐿𝑆 , 𝐿𝐼 et 𝐿𝑁 sur la mire placée respectivement en A et en B. Il doit vérifier pour les
𝐿 +𝐿
lectures effectuées en tout point si 𝐿𝑁 = 𝑆 𝐼 ± 0,003𝑚.
2
 Ligne de visée inclinée
Pour ce mode l’opérateur doit utiliser un théodolite et une mire. Il stationne le théodolite
en A par exemple et effectue les trois
lectures précédentes sur la mire
placée en B et lit l’angle vertical z de
site.

60
23. Détermination de distance d’un segment inaccessible
231. Les points sont inaccessibles
Pour trouver la distance entre deux points inaccessibles A et B, qui sont ou non visibles
l’un de l’autre, l’opérateur doit mesurer vers ces points les angles 𝛼, 𝛽, 𝛾 et 𝛿 des
extrémités C et D.

Avec : CD = b, une base auxiliaire ; AB = d ; AC = r ; DB = p ; AD = m ; CB = n


̂ = 𝛼 ; 𝐵𝐶𝐷
𝐴𝐶𝐵 ̂ = 𝛽 ; 𝐶𝐷𝐴 ̂ = 𝛾 ; 𝐴𝐷𝐵
̂ = 𝛿 ; 𝐶𝐵𝐷
̂ = 𝜃 et 𝐶𝐴𝐷 ̂ = 𝜔.
Considérons le triangle ACD, d’après la relation des sinus on a :
𝐴𝐷 𝐶𝐷 𝐴𝐶
= ̂ = ̂ . Or 𝐴𝐶𝐷 ̂ = 𝐴𝐶𝐵 ̂ + 𝐵𝐶𝐷̂ = 𝛼 + 𝛽 et
̂
𝑠𝑖𝑛𝐴𝐶𝐷 𝑠𝑖𝑛𝐶𝐴𝐷 𝑠𝑖𝑛𝐶𝐷𝐴
𝑏𝑠𝑖𝑛𝛾
̂ = 𝜔 = 200 − (𝛼 + 𝛽 + 𝛾). Donc, 𝐴𝐶 = 𝑟 =
𝐶𝐴𝐷 . (1)
𝑠𝑖𝑛(𝛼 +𝛽+𝛾)
Considérons le triangle BCD, d’après la relation des sinus on a :
𝐵𝐷 𝐶𝐷 𝐵𝐶
= ̂ = ̂ . Or 𝐶𝐷𝐵 ̂ = 𝐶𝐷𝐴̂ + 𝐴𝐷𝐵 ̂ = 𝛾 + 𝛿 et
̂
𝑠𝑖𝑛𝐵𝐶𝐷 𝑠𝑖𝑛𝐶𝐵𝐷 𝑠𝑖𝑛𝐶𝐷𝐵
𝑏𝑠𝑖𝑛(𝛾+𝛿)
̂ = 𝜃 = 200 − (𝛽 + 𝛾 + 𝛿 ) . Donc, 𝐶𝐵 = 𝑛 =
𝐶𝐵𝐷 . (2) Or en considérant le
sin(𝛽+𝛾+𝛿 )
triangle ABC, on a : 𝐴𝐵 = √𝐴𝐶 2 + 𝐶𝐵2 − 2𝐴𝐶 × 𝐶𝐵𝑐𝑜𝑠𝛼 (3). D’après les relations (1),
𝑠𝑖𝑛𝛾 𝑠𝑖𝑛(𝛾+𝛿) 𝑠𝑖𝑛𝛾 𝑠𝑖𝑛(𝛾+𝛿)
(2) et (3) on a : 𝐴𝐵 = 𝑏 × √[ ]2 + [ ]2 − 2 𝑐𝑜𝑠𝛼. Le
sin(𝛼 +𝛽+𝛾) sin(𝛿 +𝛽+𝛾) sin(𝛼 +𝛽+𝛾) sin(𝛿 +𝛽+𝛾)

résultat ne peut être contrôlé par la relation 𝐴𝐵 = √𝐴𝐷 2 + 𝐷𝐵2 − 2𝐴𝐷 × 𝐷𝐵𝑐𝑜𝑠𝛿 . Avec
𝑏𝑠𝑖𝑛(𝛼 +𝛽) 𝑏𝑠𝑖𝑛𝛽
𝐴𝐷 = 𝑚 = et 𝐷𝐵 = 𝑝 = . Donc, après avoir remplacé AD et DB, on
𝑠𝑖𝑛(𝛼 +𝛽+𝛾) sin(𝛽+𝛾+𝛿 )
obtient :
𝑏𝑠𝑖𝑛(𝛼 +𝛽) 2 𝑏𝑠𝑖𝑛𝛽 𝑏𝑠𝑖𝑛𝛽 𝑏𝑠𝑖𝑛(𝛼 +𝛽)
𝐴𝐵 = 𝑏 × √[ ] +[ ]2 − 2 𝑐𝑜𝑠𝛼.
𝑠𝑖𝑛(𝛼 +𝛽+𝛾) sin(𝛽+𝛾+𝛿 ) sin(𝛽+𝛾+𝛿 ) 𝑠𝑖𝑛(𝛼 +𝛽+𝛾)

232. Un point est inaccessible


Soit à déterminer la hauteur d’une tour à base accessible.
L’opérateur installe l’instrument en un point P de telle sorte que son plan horizontal soit
légèrement plus haut que la base A de la tour. Pour mieux comprendre, nous allons
schématiser la tour par un segment de droite verticale [A ; B]. Posons H1 la distance de
la base A au plan horizontal de l’instrument et H2 la distance du sommet B au plan
horizontal de l’instrument. Donc, on a :
H = H1 + H 2 .

61
Or 𝐻2 = 𝑑 × 𝑡𝑎𝑛𝛼 . et 𝐻 = 𝐻1 + 𝑑 × 𝑡𝑎𝑛𝛼.
On pouvait calculer 𝐻1 par la formule 𝐻1 = −𝑑 × 𝑡𝑎𝑛𝛽. Avec 𝛽, l’angle vertical de site
qu’on obtient lorsqu’on vise le point A. Ainsi, 𝐻 = 𝑑 × (𝑡𝑎𝑛𝛼 − 𝑡𝑎𝑛𝛽).

62
Chapitre 8 : Nivellement
Le nivellement ou l’altimétrie est l’ensemble des opérations permettant de
déterminer la hauteur des points au-dessus d’une surface de référence, la
différence d’altitude entre les points et ainsi à déduire l’altitude des points
connaissant celle de la référence. Il permet de :
 compléter la mise en plan des détails,
 planifier la construction de routes, de chemin de fer, de canaux, etc.,
 calculer des volumes d’excavation…
Le nivellement a pour but de déterminer les valeurs des dénivelées (différence
d’altitude) entre points et par transmission des altitudes, d’obtenir des altitudes
absolues au-dessus du niveau moyen des mers (pris comme surface de
référence). En un mot le nivellement sert à déterminer le relief d’une région c’est-
à-dire les altitudes de points caractéristiques du sol.
Il existe au moins trois types de nivellement : direct ou différentiel ou géométrique,
trigonométrique ou indirect et barométrique.

1. Nivellement direct
11. Définition et principe
Le nivellement direct consiste à déterminer les altitudes au moyen des distances
verticales par rapport à un plan
horizontal de référence donné par
le niveau stationné à mi-parcours
entre les deux points A et B par
exemple sur lesquels on place
successivement la mire.
Les méthodes de détermination
des altitudes ont connu un grand
essor pendant les grandes périodes d’urbanisation et de viabilisation des espaces
habités.
L’objectif de ces mesures est de connaître précisément l’altitude de points,
généralement pour assurer les écoulements. Par conséquent, la surface de
référence la plus souvent considérée est le géoïde, niveau moyen des mers
(NMM), par la connaissance de la verticale du lieu. Or nous ne pouvons pas
rapporter ce NMM à tout lieu ainsi, il suffit d’avoir un point dont on connait son
altitude. Le plan horizontal de référence dans ce cas est le plan horizontal qui se
matérialise lorsqu’on fait tourner la lunette autour de son axe principal. Son
altitude est appelée altitude du plan de nivellement ou altitude du plan de visé.
L’altitude du plan de visé est la somme de l’altitude du point connu, appelé repère
de référence (RN) et la lecture effectuée sur la mire placée en ce point. Cette
lecture est appelée lecture arrière notée 𝐿AR . Elle correspond à la lecture du fil
niveleur 𝐿N sur ce point. Si nous désignons par AN l’altitude du plan de visé
alors on a : 𝐴𝑁 = 𝑍𝑅𝑁 + 𝐿𝐴𝑅 . Pour avoir l’altitude du point B il suffit de soustraire de
l’altitude du plan de nivellement la lecture du fil niveleur effectuée en B. Cette lecture
est appelée lecture avant (𝐿𝐴𝑉 ). Ainsi on a : 𝑍𝐵 = 𝐴𝑁 − 𝐿𝐴𝑉 . A partir de cette formule
nous pouvons déterminer la dénivelée entre les deux points A et B qui notée∆𝑍 est la
différence des altitudes : ∆𝑍 = 𝑍𝐵 − 𝑍𝐴 . Or 𝑍𝐴 = 𝑍𝑅𝑁 et 𝐴𝑁 = 𝑍𝑅𝑁 + 𝐿𝐴𝑅 donc on a :
∆𝑍 = 𝑍𝑅𝑁 + 𝐿𝐴𝑅 − 𝐿𝐴𝑉 − 𝑍𝐴 . D’où ∆𝑍 = 𝐿𝐴𝑅 − 𝐿𝐴𝑉 et ainsi on a : 𝑍𝐵 = 𝑍𝐴 + 𝐿𝐴𝑅 − 𝐿𝐴𝑉 .

63
Ce type de nivellement est le plus précis et le plus courant. D’une manière générale on
exécute le nivellement différentiel selon l’un des modes suivants : par rayonnement ou
par cheminement ou le plus souvent par la combinaison des deux appelé nivellement
direct mixte.

12. Différents modes de nivellement direct


121. Nivellement par rayonnement
C’est le nivellement direct dans lequel la première mesure est effectuée sur un
point d’altitude connue, de façon à déterminer l’altitude du plan de visée. A partir
de là, toutes les altitudes sont déterminées par différence par rapport à ce plan.
Cette méthode permet de lever rapidement un semis de points matérialisés (sondages,
points de berges, de fonds…). Elle présente néanmoins l’inconvénient de n’offrir aucun
contrôle sur les déterminations : toute erreur de lecture est indétectable et fatale.
Ce mode de nivellement direct est possible lorsque d’une seule station du niveau
on peut viser presque tous les points. Ainsi avec le seul plan de nivellement nous
allons déterminer l’altitude de tous les autres points inconnus en altitude. D’une
manière générale on a : 𝐴𝑙𝑡𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒 (𝑃𝑖 ) = 𝐴𝑁 − 𝐿𝐴𝑉 (𝑃𝑖 ) où 𝐴𝑁 = 𝐴𝑙𝑡𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒(𝑅𝑁) + 𝐿𝑅𝑁 .

122. Nivellement par cheminement


Le nivellement par cheminement, est une suite de nivellements directs simples (C’est
le nivellement direct opéré entre deux points). C’est un enchainement
alternatif de stations et de points de changement entre deux points qui sont trop
éloignés (maximum 200 m ou qui ont une trop grande dénivelée. Un point de
changement ou point de retournement est un point intermédiaire temporaire
qui est utilisé lorsqu’on veut déplacer l’instrument. Une visée avant est d’abord
effectuée sur ce point, et après avoir déplacé l’appareil (niveau) une visée arrière
est prise sur ce même point afin de trouver l’altitude du nouveau plan de nivellement.

D’une manière générale nous allons déterminer l’altitude d’un point quelconque 𝑃𝑖+1
par la relation : 𝐴𝑙𝑡𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒 (𝑃𝑖+1 ) = 𝐴𝑙𝑡𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒(𝑃𝑖 ) + 𝐿𝐴𝑅 (𝑃𝑖 ) − 𝐿𝐴𝑉 (𝑃𝑖+1 )
Il existe plusieurs procédés de nivellement direct par cheminement : à antenne,
encadré, fermé.

1221. Nivellement direct par cheminement à antenne ou ouvert


C’est le mode de nivellement direct par cheminement dans lequel on le connait
que le point de départ qui représente le repère de nivellement. Ce mode de
nivellement ne permet pas de faire une vérification et ainsi toute erreur est fatale.
Mais si l’opérateur tient à se contrôler il sera obligé de faire le cheminement retour afin
d’avoir un moyen de vérification.

1222. Nivellement direct par cheminement encadré


C’est un nivellement par cheminement dont les points de départ et d’arrivée sont
différents et connus en altitude. Ce mode permet le contrôle des lectures.
64
En effet, Si nous désignons respectivement par A et B les points de départ et
d’arrivée du cheminement alors on a :
 𝐴𝑙𝑡𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒 (𝐵′ ) = 𝐴𝑙𝑡𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒 (𝐴) + ∑ ∆𝑍𝑖 et ∑ ∆𝑍𝑖 = ∑ 𝐿𝐴𝑅 − ∑ 𝐿𝐴𝑉 .
 𝑒𝑧 = 𝐴𝑙𝑡𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒(𝐴) + ∑ ∆𝑍𝑖 − 𝐴𝑙𝑡𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒(𝐵). Avec 𝑒𝑧 , l’écart de fermeture. Si 𝑒𝑧 = 0
alors 𝐵′ = 𝐵 et ainsi il n’y a pas d’erreur, mais si 𝑒𝑧 ≠ 0 alors il y a erreur et on
doit compenser les dénivelées ∆𝑍𝑖 lorsque 𝑒𝑧 ≤ 𝑇 où 𝑇 est la tolérance du travail.
Dans le cas contraire, il faut reprendre les travaux sur le terrain.
NB : Au cours d’une évaluation lorsque 𝑒𝑧 ≠ 0 il faut systématiquement corriger les
dénivelées ∆𝑍𝑖 .
La tolérance est l’erreur maximale tolérée. C’est une valeur limite qui ne doit pas être
dépassée par le cumule des erreurs commises et constituées des erreurs liées à
l’opérateur (lecture, verticalité mire etc.), à l’instrument (collimation verticale) et autres
erreurs systématiques (sphéricité, réfraction). Le travail est correct si la valeur absolue
de cet écart de fermeture est inférieure ou égale à la tolérance du cheminement.
Si la valeur absolue de l'écart est supérieure à la tolérance le travail doit être repris.
C'est pourquoi ce contrôle doit être réalisé sur le terrain afin de s'assurer de la qualité
du cheminement pour décider de sa reprise ou non avant de quitter le chantier.
La tolérance est fonction du nombre de dénivelée (nombre de station) ou de la longueur
du cheminement selon que le terrain est accidenté ou non.
La compensation des ∆𝑍𝑖 se fait par la formule :
𝑒 𝑒𝑧
∆𝑍𝑖𝑐 = ∆𝑍𝑖 − ∑ 𝑧 𝑑𝑖 ou bien ∆𝑍𝑖𝑐 = ∆𝑍𝑖 − ∑|∆𝑍 |
|∆𝑍𝑖 | où 𝑑𝑖 est la distance entre les points
𝑑𝑖 𝑖
de dénivelée ∆𝑍𝑖 . La première formule est utilisée lorsque les distances entre les points
du cheminement sont relevées et données.

1223. Nivellement direct par cheminement fermé


Le nivellement direct par cheminement est dit fermé lorsque les points de départ et
d’arrivée sont confondus. Ainsi l’écart de fermeture 𝑒𝑧 devient : ∑∆𝑍𝑖 .Si ∑∆𝑍𝑖 = 0 alors
pas de compensation dans le cas contraire il faut compenser les ∆𝑍𝑖 par l’une des
formules de la partie 1222.
NB : En altimétrie, on appelle circuit de nivellement direct, tout nivellement direct par
cheminement fermé.

1224. Nivellement direct mixte


Le nivellement direct est dit mixte lorsqu’au cours du cheminement l’opérateur
rayonne sur certains points de détails. Dans ce type de nivellement les dénivelées
du rayonnement ne sont pas compensées. Il faut compenser seulement les
dénivelées du cheminement. Il existe nivellement direct mixte encadré, fermé ou à
antenne. Ces qualificatifs sont liés au type de cheminement et ainsi les compensations
qui devraient avoir lieu se feront relativement au type de cheminement.

1225. Réseau de nivellement direct


On appelle réseau de nivellement direct, tout nivellement direct constitué de plusieurs
circuits de nivellement contigus. La méthode des moindres carrés qui est la meilleure
façon de compenser un tel réseau mais nous ne sommes pas outillés
mathématiquement pour l’aborder. Alors, nous allons utiliser la méthode par
approximations successives. Pour cela, il suffit de répartir dans chaque circuit l’erreur
de fermeture entre chaque ligne proportionnellement à sa longueur. Il est conseillé de
commencer par le circuit ayant la plus grande erreur.
65
Ce type de nivellement est plus utilisé dans la mise en place des conduites dans un
aménagement d’adduction d’eau potable, d’irrigation, etc.

2. Nivellement indirect
Le nivellement indirect trigonométrique permet de déterminer la dénivelée ∆𝐻 entre la
station T d’un théodolite et un point P visé. Ceci est fait
par la mesure de la distance inclinée suivant la ligne de
visée Di et de l’angle zénithal (noté V). À partir du
schéma, on peut écrire que :∆𝐻 = ℎ𝑡 + 𝐷𝑖 × 𝑐𝑜𝑠𝑉 + ℎ𝑣
où ∆𝐻 est la dénivelée de T vers P ; ℎ𝑡 est la hauteur
de station (ou hauteur des tourillons), ℎ𝑣 est la hauteur
de voyant ou plus généralement la hauteur visée au-
dessus du point cherché (on peut aussi poser une mire
en P). On en déduit la distance horizontale 𝐷ℎ et la distance suivant la pente 𝐷𝑝 par
les formules respectives : 𝐷ℎ = 𝐷𝑖 × 𝑠𝑖𝑛𝑉 et 𝐷𝑝 = √∆𝐻2 + 𝐷ℎ2.
 Le terme 𝐷𝑖. 𝑐𝑜𝑠𝑉 est appelé « dénivelée instrumentale ». Il est noté ∆ℎ𝑖.
C’est la dénivelée entre l’axe des tourillons (t) du théodolite et le point p visé.
 𝐷ℎ ne dépend pas de ℎ𝑣 et ℎ𝑡 : elle n’est fonction que de 𝐷𝑖 et de 𝑉.
 L’appellation «trigonométrique»
vient des calculs de trigonométrie
simples donnant ∆𝐻 et 𝐷ℎ.
A la différence du nivellement direct, le
nivellement trigonométrique est réalisé par
calcul de la dénivelée à partir de la
distance oblique entre les points, et l’angle vertical de site. Le principe général est
explicité par la figure ci-dessous. Selon ce schéma, l’altitude du point B peut être reliée
à celle du point A par la relation :𝑍𝐵 = 𝑍𝐴 + ℎ𝑖 + 𝑑𝑠𝑖𝑛𝑧 − 𝐻𝑝 où 𝑑 est la distance suivant
la pente.
Avec un théodolite stationné en S, l’opérateur vise
la mire placée en A, en interceptant la graduation
correspondante à la hauteur des tourillons ℎ𝑡 de
sorte que la visée soit parallèle à la droite SA dont
l’opérateur a mesuré la longueur 𝐷𝑝. Il lit l’angle 𝑉
correspondant, il mesure 𝐷𝑝 et en déduit que :
𝐷ℎ = 𝐷𝑝 × 𝑠𝑖𝑛𝑉 , ∆𝐻 = 𝐷𝑝 × 𝑐𝑜𝑠𝑉 et 𝑍𝐴 = 𝑍𝑆 + ∆𝐻 .
Lorsque le relief est irrégulier et l’on ne peut pas
mesurer la distance suivant la pente, il faut calculer la distance horizontale 𝐷ℎ de la
station 𝑆 à partir des lectures sur une mire posée en A. La dénivelée ∆𝐻 est ensuite
déterminée par : ∆𝐻 = ℎ𝑡 + 𝐷ℎ × 𝑐𝑜𝑡𝑎𝑛𝑉 − 𝐿𝑛. Avec ℎ𝑡, hauteur de l’instrument ; Ln,
lecture du fil stadimétrique niveleur sur la mire placée en A. On détermine 𝐷ℎ par la
formule 𝐷ℎ = 𝐾 (𝐿𝑠 − 𝐿𝑖 )𝑐𝑜𝑠 2 𝑧 + 𝐶𝑐𝑜𝑠𝑧. (Voir mesure indirecte de distance).
Nous avons précédemment affirmé que la méthode du nivellement direct ou
géométrique était beaucoup plus précise que celle-ci. Cela vient essentiellement
du mode de détermination des différentes variables : hi est mesuré au ruban (au
centimètre, voire au demi-centimètre près) comme la hauteur de prisme HP
puis, interviennent les précisions de mesure sur la distance oblique et l’angle
vertical.

66
Chapitre 9 : Représentation du relief : Les courbes de niveau
Une carte topographique doit indiquer, en plus des détails naturels et artificiels, le
relief du terrain naturel. Cette représentation peut être quantitative ou qualitative.
La représentation qualitative peut se faire à l’aide de hachures, d’estompages, de
couleurs ou de saillies. Quant à la représentation quantitative, elle s’effectue par
points cotés ou plus généralement par courbes de niveau.

1. Définitions
La meilleure manière de représenter quantitativement la forme du terrain consiste
en utilisation des courbes de niveau. Une courbe de niveau, étant le lieu
géométrique des points ayant la même altitude, est l’intersection du relief réel
avec un plan horizontal d’altitude donnée en cote ronde (généralement un nombre
entier). Les courbes de niveau, appelées isophyses, sont destinées à donner sur
une carte un aperçu du relief réel.
Les courbes sont équidistantes en altitude ; leur espacement horizontal dépend de
la déclivité du terrain à représenter et de l’échelle du plan ou de la carte. Sur une
carte IGN au 1/100 000, les plans horizontaux sont distants de 20 m en altitude et
les courbes principales y sont repérées tous les 100 m.
L’équidistance est alors la distance verticale entre deux courbes consécutives et
l’intervalle est la distance horizontale entre deux courbes consécutives. Le rapport
entre l’équidistance et l’intervalle correspond à la pente pour une direction
donnée. Le choix de l’équidistance dépend de la nature de la carte, de son échelle et
du relief du terrain. Pour faire plus facilement le décompte des altitudes, on
trace en trait plus foncé une courbe de niveau, appelée courbe maîtresse, en
général à toutes les cinq lignes et on inscrit sa cote. Donc, il existe quatre
courbes ordinaires entre deux courbes maîtresses. Les courbes ordinaires sont en
trait continu moyen, les courbes intercalaires (c’est la courbe dont l’équidistance
est la moitié de l’équidistance réelle), en trait interrompu fin.

2. Caractéristiques des courbes de niveau


Les principales caractéristiques des courbes de niveau sont :
 Tous les points d’une même courbe sont à la même altitude.
 Les courbes de niveau sont des lignes fermées, à moins qu’elles ne soient
interrompues par la limite de la carte.
 L’intervalle entre les courbes indique la nature de la pente : les courbes de
niveau sont rapprochées pour une pente abrupte, distancées dans le cas
d’une pente douce et également distancées pour une pente uniforme.
 Une courbe de niveau ne peut pas en croiser une autre d’altitude différente,
excepté s’il s’agit d’une caverne, dans ce cas, elle la croise deux fois.
 Plusieurs courbes qui se fusionnent en une seule témoignent de la présence
d’une falaise, et dans ce cas sur une courte distance seulement.
 Deux courbes de même altitude ne peuvent se fusionner en une seule. Il est
excessivement rare qu’une crête de montagne ou qu’un thalweg soit
parfaitement horizontal.
 Une courbe d’altitude supérieure ou inférieure ne peut pas être seule entre deux
courbes de même altitude.

67
 Lorsqu’une courbe traverse une route ou un cours d’eau, elle le fait
perpendiculairement à leur axe.

3. Méthodes de levé des courbes de niveau


On peut localiser les courbes de niveau soit par des méthodes conventionnelles
(directe, indirecte...), dans lesquelles les observations tant altimétriques que
planimétriques se font directement sur le terrain, soit par des méthodes plus
modernes de captage à distance du relief du terrain, qui font appel aux techniques
d’infographie. Dans la suite, nous ne pouvons développer que la méthode
indirecte.

68
Cette méthode consiste à déterminer d’abord l’altitude d’un ensemble de points
localisés par quadrillage, par polaire ou par tout autre système. On trace ensuite les
courbes de niveau par interpolation qui permet de choisir judicieusement le nombre et
la position des points à lever.
L’interpolation implique de collecter sur le terrain un point à chaque changement de
pente. En pratique, on lève les lignes de changement de pente, les crêtes et pieds de
talus et on densifie le nombre de points dans les zones de forte déclivité. Dans tous les
cas, il faut collecter un nombre suffisant de points pour que les interpolations faites
soient proches de la réalité.
La densité à l’hectare des points nécessaires pour obtenir une représentation fiable du
terrain est fonction des changements de déclivité du terrain et de l’échelle du plan. Le
tableau ci-après donne quelques ordres de grandeur.

Il existe différentes méthodes de levé de courbes, à savoir :


 le lever des lignes caractéristiques (crêtes, talwegs, ruptures de pente),
dont on déduit les courbes de niveau. Ce type de lever doit être complété
par des semis de points dans les versants entre les lignes caractéristiques.
C’est une méthode qui donne des résultats satisfaisants et qui est adaptée
aux stations totales ;
 le quadrillage du terrain : lorsque le terrain est peu accidenté, on peut construire
un quadrillage régulier constitué de mailles carrées (par exemple 6 m × 6 m pour
un plan au 1/100) dont une direction correspond à la ligne de plus grande pente
du terrain. Le quadrillage peut être implanté au moyen d’une simple équerre
optique et le lever altimétrique peut être réalisé au niveau, ce qui fait de cette
méthode une alternative intéressante lorsque l’on ne dispose pas de station ;
 le filage de courbes : il consiste à suivre la courbe de niveau avec une mire
pour marquer puis lever tous les points d’une courbe : c’est un procédé long.
Il faut ajouter à ces méthodes le lever par photographies aériennes et restitution
photogrammétrique qui permettent d’obtenir
rapidement les courbes de niveau pour une zone de
très grande étendue et avec une précision
homogène à la modélisation du terrain et l’échelle
de représentation choisie.
L’altitude au point M situé entre les courbes de
niveau 530 et 540 est déterminée en considérant le
terrain en pente constante entre A et B. Les points
A et B sont les points les plus proches de M sur les
courbes de niveau 530 et 540 ; ici ∆H = 10 𝑚. La
∆𝐻
pente au point M vaut : 𝑝 = .
𝑎𝑏

69
La distance ab est la distance réelle, c’est-à-dire la distance mesurée sur le plan
et divisée par l’échelle du plan. L’altitude de
∆𝐻
M est : 𝐻𝑀 = 𝐻𝐴 + 𝑎𝑚 .
𝑎𝑏
On peut appliquer cette dernière formule
avec les distances mesurées sur le plan ; le
facteur d’échelle se simplifie.

4. Applications relatives aux courbes


de niveau
On peut utiliser les courbes de niveau pour :
construire les profils en long et en travers ;
déterminer le sens de l’écoulement de
l’eau de ruissellement dans un bassin ;
calculer le terrassement (remblai, déblai).

41. Profil en long


Le profil en long est la courbe représentative de la variation des altitudes des points de
l’axe central en fonction de la distance qui les sépare. Il résulte de la reproduction à
l’échelle réduite d’une projection de l’axe de la chaussée sur le plan vertical. Un certain
nombre de points réguliers doivent être mis en exergues. Il s’agit d’abord des points
hauts, points bas, points de changement de pentes… Le profil en long est donc un
graphique sur lequel les points du terrain naturel et ceux du projet de l’axe du tracé de
l’ouvrage à construire sont reportés :
 en abscisse par leur distance horizontale ;
 en ordonnée par leur dénivelée depuis une ligne horizontale de référence.
Bref, le profil en long d’un itinéraire est une succession de pentes, de rampe et
rarement de paliers. Il est constitué par élévation verticale de l’ensemble des points
constituant l’axe de l’itinéraire de la canalisation.
Dans le cadre de la réalisation des ouvrages d’assainissement le profil en long de
l’axe de l’ouvrage est réalisé et permet de définir un projet dont la pente favorisera
l’écoulement de l’eau. Il permet de déterminer à partir des cotes fond de fouille, les
cotes radiers.
Pour le levé du profil en long, trois principales méthodes sont possibles. On distingue :
 le nivellement direct si les pentes sont inférieures à 10% ;
 le nivellement indirect si les pentes sont supérieures ;
 la tachéométrie, effectuée à partir de la polygonale de base.

411. Etablissement du profil en long


Le report sur papier du profil en long consiste à l’aide d’un repère orthogonal, à tracer
en-dessous d’une ligne horizontale, figurative d’une altitude convenablement choisie
en chiffres ronds, une suite d’ordonnées correspondant aux altitudes des points à
présenter, séparées par les distances horizontales entre deux points consécutifs.
Pour mieux montrer le relief par le profil en long, on adopte des échelles
différentes pour les axes du repère : l’échelle de l’axe des abscisses est 5, 10 ou
20 fois plus petite que celle de l’axe des ordonnées. L’axe des abscisses est celui des
distances entre profils et l’axe des ordonnées est celui des dénivelés entre
profils. L’axe des abscisses correspond à un plan horizontal de référence situé à

70
une cote ronde. Sous cet axe, on dispose les indications relatives aux distances et
aux altitudes :
 Numéros de profils.
 Distances partielles : distances entre deux profils consécutifs.
 Distances cumulées : distances des profils considérés à l’origine.
 Altitudes des profils du terrain naturel : cotes des profils du niveau du terrain.
 Altitudes des profils du projet : cotes des profils du projet.
 Déclivités du projet : valeurs en pourcentage des pentes et ou rampes.
 Alignements et courbes : longueurs des alignements droits et pour les virages le
développement de courbe verticale et l’angle de déflexion.
NB : Le profil en long projet est profondément marqué par la valeur très faible des
pentes qu'on peut donner à la route pour assurer des vitesses de circulation
convenables et par les problèmes de visibilité nécessaire à une conduite non
dangereuse.
Le profil en long est ainsi constitué d'une succession de segments de droites (ou
pentes) et d'arcs de cercles (aussi appelés raccordements paraboliques) permettant de
raccorder entre eux les segments de droites.

412. Calculs
Les calculs relatifs au profil en long sont ceux relatifs
aux points de passage encore appelés points fictifs.
Ces points correspondent à l’intersection des lignes
terrain naturel et projet. On suppose qu’en ces points
visite une surface nulle. En effet un point fictif est un
point à partir duquel commence un remblai et fini un
déblai et vice versa. Sa position se calcule alors par
ℎ1 ×𝐷
les formules suivantes : 𝑥 = et 𝑥 + 𝑦 = 𝐷 ; avec 𝐷, la distance partielle entre deux
ℎ1 +ℎ2
(02) profils consécutifs ; 𝑥, la distance entre le 1er profil et le profil fictif et 𝑦 est celle du
profil fictif au 2ème profil ; ℎ1 et ℎ2 sont respectivement les dénivelés entre le terrain
naturel et projet aux profils considérés. L’altitude de PF s’obtient à partir de la
pente du profil en long terrain naturel ou projet et de la valeur de 𝑥 ou 𝑦.
71
42. Profils en travers
421. Principe
Les profils en travers sont des coupes transversales menées selon des plans
verticaux perpendiculaires à l’axe de la voie. Il est habituellement d’usage de
rabattre les profils en travers vers l’origine du projet, amenant ainsi à droite de la
figure le côté gauche de la voie. On adopte le plus souvent la même échelle en
hauteur et en longueur. Comme pour le profil en long on trouve les indications
relatives aux ordonnées et aux distances. Certains aménagements sont
spécifiques aux profils en travers : les fossés, ils sont destinés à recevoir les eaux
de ruissellement ou d’infiltration venant du terrain supérieur ; les banquettes, elles
correspondent à des levées de terres placées en haut de talus de remblai pour assurer
la sécurité de l’usager. Ils permettent de calculer les paramètres suivants :
 La position des points théoriques d’entrées en terre des terrassements.
 L’assiette du projet et son emprise sur le terrain naturel.
 Les cubatures (volumes de déblais et de remblais).
Le profil en travers est représenté en vue de face pour une personne qui se déplacerait
sur l’axe du projet de l’origine à l’extrémité
du projet. La voie de gauche doit donc se
situer sur la partie gauche du profil.

422. Calculs
Comme pour le profil en long on calculera
les cotes intermédiaires, les différences
d’ordonnées, les déclivités, la position des
points d’intersection. Aux extrémités du
profil, on utilisera les formules des pentes
suivantes :
Posons m la dénivelé entre les points du même profil TN et Projet.
𝑚
 Pentes p et p’ de même signe : 𝑥 = 𝑝−𝑝′ .

𝑚
 Pentes p et p’ de signes contraires : 𝑥 = 𝑝+𝑝′ .
L’altitude de PF s’obtient à partir de la pente du profil en travers terrain naturel
ou projet et de la valeur de x.
Tous ces calculs permettent ensuite de déterminer les superficies de remblai et
de déblai.

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