CONSTRUCTION BOIS
GCI 2
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SOMMAIRE
GENERALITES SUR LES MATERIAUX BOIS
LES MODES D’ASSEMBLAGES
TYPOLOGIE DES CHARPENTES
CALCUL DES STRUCTURES A L’ETAT LIMITES
LE BOIS LAMELLE-COLLE
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Chapitre 1 : Généralités sur les matériaux bois
[Link] du matériau bois.
1.1.2. Un matériau d’origine naturelle.
Divers matériaux font l’objet d’utilisations variées pour l’humanité notamment dans le
domaine de l’industrie et particulièrement le domaine de la construction. Parmi ces matériaux,
le bois occupe sans doute une place de choix.
L’origine naturelle du bois est marquée par son organisation et sa structure, ce qui
conditionne fortement ses caractéristiques mécaniques. En effet, le bois est un matériau
fortement anisotropique, non homogène, sensible à l’humidité et présente une résistance
mécanique limitée contrairement aux matériaux tels que l’acier ou le béton. Ceux-ci sont
issus des alliages ou de la synthèse de divers éléments constitutifs et dont les propriétés
peuvent être orientées en fonction des caractéristiques recherchées en service.
1.1.3. Constitution anatomique du bois.
[Link].Constitution anatomique du point de vue macroscopique.
Le bois est un ensemble de tissus d’origine secondaire dont les parois des cellules sont
lignifiées. Pour connaitre la structure anatomique du bois, on l’observe sur trois coupes
réalisées dans trois plans perpendiculaires : coupe transversale perpendiculaire à l’axe de la
tige, coupe radiale dans un plan passant par la moelle et la coupe tangentielle dans un plan
excentré et parallèle à l’axe de la tige. Il est à relever que les propriétés physiques,
mécaniques et technologiques du bois dépendent essentiellement de ces trois directions
(transversale, radiale et tangentielle). Ainsi, le tronc de l’arbre comprend plusieurs parties, de
l’extérieur vers l’intérieur, on distingue conformément à la figure 1.2 :
✓ L’écorce, qui comporte une partie interne et une partie externe ;
✓ Le liber, tissu percé de canaux dans lequel circule la sève élaborée ou descendante ;
✓ L’aubier, bois tendre situé entre l’écorce et le bois dur ; il sert à véhiculer l’eau et les
nutriments minéraux du sol jusqu’aux feuilles.
✓ Le duramen ou bois dur est le cœur du tronc d’arbre, du point de vue du matériau,
c’est la partie la plus exploitable dans le bois compte tenu de sa résistance par rapport aux
autres parties. Le cœur est formé d’une série de couches concentriques encore appelées
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couches annuelles et permettant de déterminer l’âge du bois dans le cas des bois européen par
exemple.
✓ La moelle, qui se situe au centre du tronc et est formée d’un tissu léger et peu
résistant ; la forme de la moelle est caractéristique de l’espèce ; triangle dans l’Aulne (Alnus
glutinosa), quadrilatère dans le Frêne (Fraxinus Excelsior.), pentagone dans le peuplier
(populus spp), étoile dans le Chêne (Quercus pedunculata.).
Figure 1.2 : Coupe transversale d’un tronc d’arbre
Figure 1.3 : Schéma d'un arbre
4
[Link].Constitutions anatomiques du point de vue microscopique.
Le bois est une matière naturelle, vivante et directement exploitable en tant que matériau.
Il a pour origine l’arbre mais la partie la plus convoitée dans l’industrie particulièrement est le
tronc, partie située entre les racines et les branches maitresses. À l’échelle microscopique, Le
bois est composé de cellules allongées, de nature différentes, réunies par une matière
intercellulaire. Parmi ces cellules, on peut distinguer :
✓ les fibres, qui sont des cellules résistantes disposées dans le sens axial et qui
constituent l’ossature de l’arbre ;
✓ les vaisseaux, ce sont des cellules creuses dont le rôle est de conduire la sève destinée
à la vie et la croissance de l’arbre ; l’ensemble des vaisseaux forment le tissu vasculaire ;
✓ les cellules de parenchyme ou de réserve qui accompagnent le tissu vasculaire et
assurent en particulier la fonction de soutien. Ces cellules présentent des parois épaissies et
lignifiées.
La plus grande partie des cellules est orientée dans le sens du tronc, il ressort donc de
cela que le bois est un matériau typiquement fibreux ; le sens des fibres est appelé fil du bois.
Les bois d’une même espèce présentent généralement des caractéristiques semblables,
particulièrement la disposition des tissus ainsi que la forme et la grandeur des cellules.
Dans son état naturel, il existe deux différentes classes de bois :
✓ les résineux, ils se caractérisent par l’imperfection de leurs vaisseaux.
✓ Les feuillus, dans lesquels les vaisseaux sont parfaits et formées de grandes cellules
creuses.
La figure 1.3 présente l’orientation cellulaire au sens microscopique du matériau bois.
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(a) (b)
Figure 1.3 : Orientation cellulaire des bois a)résineux b) feuillus
[Link].Composition chimique du bois.
Du point de vue de la composition chimique, le bois se caractérise par un certain nombre
de substances appelés extractibles. Ce sont des polymères naturels et ils confèrent au bois
toutes les propriétés qu’on lui prête. Parmi ces substances, on peut citer :
✓ La cellulose.
✓ Les hémicelluloses
✓ La lignine, substance qui imprègne les parois du bois et confère à celui-ci sa dureté et
son imperméabilité.
✓ D’autres extractibles.
1.1.4. Comportement mécanique du matériau bois.
En observant un tronc coupé transversalement, le bois présente trois principales
directions qui sont : la direction radiale, la direction tangentielle et la direction longitudinale
(figure 1.4).
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Figure 1.4 : orientation des directions principales sur une grume.
Le comportement mécanique du bois, compte tenu du fait qu’il est un matériau
orthotrope peut être caractérisé par une matrice de complaisance pouvant se réduire à 9 termes
indépendants. Cette matrice de complaisance en notation condensée
{𝜀𝑖𝑗 } = [𝑆𝑖𝑗 ]{𝜎𝑗 } s’écrit alors pour les plans du repère (0, L, R, T) ainsi qu’il suit.
1 𝜈𝑅𝐿 𝜈𝑇𝐿
− −
𝜀𝐿 𝐸𝐿 𝐸𝑅 𝐸𝑇 0 0 0 𝜎𝐿
𝜈𝐿𝑅 1 𝜈𝑇𝑅
𝜀𝑅 −𝐸 𝐸 −𝐸 0 0 0 𝜎𝑅
𝑇 0 0 0
𝜀𝑇 𝐿 𝑅
𝜈𝐿𝑇 𝜈𝑅𝑇 1
𝜎𝑇
1
𝛾𝐿𝑅 = − 𝐸𝐿 − 𝐸𝑅 𝐸𝑇 𝐺 0 0 𝜏𝑅𝑇
𝑅𝑇 1 0
𝛾𝑅𝑇 0 0 0 0 𝐺𝑇𝐿 1 𝜏 𝑇𝐿
[𝛾𝑇𝐿 ] 0 0 0 0 0 𝐺𝐿𝑅 [𝜏𝐿𝑅 ]
[ 0 0 0 ]
𝜀 L,𝜀 R,𝜀 T sont les déformations selon les directions longitudinale, radiale et tangentielle.
𝛾𝐿𝑅 𝛾𝑅𝑇 𝛾𝑇𝐿 sont les distorsions selon les trois plans.
EL , ER , ET sont des modules d’Young selon les trois axes.
GLR , GRT , GTL sont les modules de cisaillement selon les trois plans.
σL , σR , σT sont des contraintes normales selon les trois axes.
𝛕LR , 𝛕RT , 𝛕TLsont des contraintes de cisaillement selon les trois plans.
νLR , νRT , νTLsont les coefficient de poisson suivant les trois plans.
Notons que les constantes ci-dessus sont nécessaires pour décrire le comportement mécanique
du bois.
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1.1.5. Sciage des Débits
Le sciage des débits représente la phase préliminaire de la transformation des essences
forestières, il regroupe toutes les actions permettant au forestier de réaliser un prélèvement
des divers produits utiles dans les multiples filières de transformation et de valorisation du
bois. D’après Dalois (1993) le sciage est une action qui contribue de façon optimale à
l’utilisation des bois. Le cycle de transformation de la grume au sein d’une scierie se fait
conformément à une suite d’opérations réalisées de manières graduelle et dépendante les unes
par rapport aux autres (figure 1) présente le cycle de transformation du bois en scierie. Dans le
souci de d’avoir des pièces nécessaires à la réalisation de certains travaux spécifiques et de
l’obtention des sciages aux dimensions commerciales conformes, il est généralement
nécessaire d’opter pour un mode de débit pouvant contribuer à l’atteinte de cet objectif.
GRUMES
Reception , tri,
Cubage Mise à la longueur Ecorcage
stockage
DEBITAGE
Mise à longueur (tri , Valorisation (rabottage
Sciage de tête Sciage de reprise
classement , cubage) , déchets)
PARC À DEBITS
Traitement des bois :
Stockage des debits Expedition
preservation , sechage
Fig1. Cycle de transformation du bois en scierie
A l’issue d’une opération de sciage, on dénombre généralement deux types de produits à
savoir :
━ Les débits : Ce sont des pièces obtenus par sciage de la grume et dont la particularité
est de présenter les formes et les dimensions commerciales (avivés, frises, charpentes ….)
━ Les produits connexes : initialement considérés comme des déchets, ce sont des sous-
produits à faibles valeur commerciales compte tenu de leurs caractéristiques médiocres en
premier ressort, mais qui constituent dans certains cas, une matière d’œuvre importante dans
les processus de valorisation par exemple (chutes, dosses, delignures…).
1.1.6. Différents types de sciages
a) Sciage en plot
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Le sciage en plot consiste à débiter une grume par une série de traits parallèles.
Considéré comme le débit le plus traditionnel, il permet d’obtenir des planches dont les
utilisations sont beaucoup plus orientées vers la menuiserie et l’ébénisterie. Le débit en plot
est défini par les normes AFN0R B 53-001 à 53-014. Dans Ce mode de sciage,
l’inconvénient réside sur la présence des nœuds provenant des branches situées vers
l’extérieur de la grume, ce qui diminue considérablement la valeur marchande du débit. En
outre, les sciages aux deux extrémités constituent des dosses, qui également n’ont pas
d’intérêts directs dans l’ingénierie compte tenu des déformations qu’elles engendrent au
séchage.
b) Sciage sur dosses
Le débit sur dosse est essentiellement utilisé pour les bois résineux ou les bois ayant
beaucoup d’aubier. Pour ce type de débit, les traits de scies ont une même direction. Ce mode
de débit permet d’obtenir des avivés de toutes largeurs et d’une épaisseur fixe. Il est
définit par les mêmes normes que le débit en plot. Par ailleurs, il occasionne des
déformations importantes lors du séchage.
c) Sciage sur quartier et faux quartier
Le sciage des bois tropicaux, pour la plupart des cas, s’effectue sur dosses ou en plot.
Les phénomènes de retrait et gonflement que connaissent les sciages s’accompagnent parfois
de défauts. Selon Dalois (1993) le mode de prélèvement sur dosse et en plot engendre les
défauts tels que le voilement transversal, les gerces et fentes radiales et le gauchissement lié
au contrefil. Pour l’auteur le débit sur quartier permet d’obtenir des sciages plus stables et
homogènes que les sciages classiques. Le quartier est la partie qui comporte le plus de
duramen. Elle est le plus au centre et subit la moindre déformation. C’est la partie la plus
valable à travailler. Définit par la norme AFNOR B 50 - 003, les débits sur quartiers et faux
quartiers consistent à découper la bille en quatre parties perpendiculaires qui se croisent au
cœur, il existe deux méthodes pour débiter les quartiers.
Le débit hollandais
Il est rarement utilisé car très onéreux. Les planches obtenues sont composées pour la
plupart de bois de quartier très solides et quelques planches en faux quartiers.
Le débit moreau
Ce débit est beaucoup moins courant car il nécessite une manutention importante. Une
série de sciages perpendiculaires permet l'obtention d'une part importante de bois de quartier.
Ce débit donne le meilleur rendement matière et devrait être largement utilisé. Il peut être
recommandé pour les gros bois tropicaux.
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Figure 1. Différents modes de débits
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1.1.7. Les filières d’usages du bois
1.1.8. Données physiques sur le matériau bois
Le comportement mécanique du matériau bois est très largement conditionné par l'état
physique du matériau. Pour un bois de densité(ou masse volumique) donnée, l'indication d'une
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rigidité, d'une contrainte limite d'élasticité ou d'une charge de rupture, n'aura de sens que si
l'on précise le taux d'humidité et la température des conditions d'utilisation.
[Link]. L'eau dans le bois: taux d'humidité
Le bois sur pied contient une importante quantité d'eau qui pour partie circule dans les
couches externes de l'aubier; elle est nécessaire à son fonctionnement physiologique. La
quantité d'eau est variable suivant les saisons, mais reste en général suffisante pour se trouver
stockée à l'état liquide, à l'intérieur des lumens. Sous certaines situations extrêmes de
sécheresse, le taux d'humidité à l'intérieur de l'arbre peut tomber à un niveau très faible et
avoir des conséquences mécaniques très graves telles que des fentes de sécheresse; on parlera
de stress hydriques.
Le bois extrait de la grume, après abattage et transformation, retient une certaine quantité
d'eau qui correspond à un état d'équilibre avec les conditions climatiques ambiantes de
température et d'humidité relative de l'air. Le bois est comme de nombreux milieux poreux un
matériau hygroscopique.
Définition et mesure du taux d'humidité d'un bois
Le taux d'humidité d'un bois s'exprime par le pourcentage de la masse d'eau titrable présente
dans une éprouvette par rapport à la masse anhydre de l'échantillon.
H : taux d'humidité de l'éprouvette
MH : masse de l'éprouvette à l'humidité H
M0 : masse de l'éprouvette anhydre (séchage à 105°C jusqu'à masse constante) Par convention
et suivant les prescriptions normalisées (Normes NF: NB 51-004), la masse anhydre est
obtenue par un séchage progressif de l'éprouvette jusqu'à 100-105°C, et ceci jusqu'à
stabilisation de la masse.
L'eau libre
Le taux d'humidité d'un bois vert peut atteindre des valeurs supérieures à 100%. Pour
une large part, l'eau dite libre assure le remplissage total ou partiel des vides que présentent
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les canaux ou vaisseaux, ainsi que les lumens des fibres et des trachéides. Ceci en concurrence
avec des matières stockées, la résine par exemple.
La grume ou des avivés de bois vert stockés pendant une longue période dans une
atmosphère donnée (température et humidité) vont subir un séchage naturel. Dans une
première étape, les cavités de la matière ligneuse perdent une partie de l'eau en phase liquide.
On parlera du ressuyage.
L'eau liée ou Hygroscopique
L'eau liée est celle contenue dans le bois au-dessous du point de saturation des fibres.
H<HPSF.
Etant donné le séchage naturel évoqué ci-dessus, au bout d'un temps très long la pièce de bois
atteint un taux d'humidité d'équilibre avec les conditions atmosphériques ambiantes de
température et de pression.
[Link]. Retrait et gonflement du bois
Pour des taux d'humidité inférieurs au HPSF au cours d'une désorption (séchage) ou d'une
sorption (reprise), une éprouvette de bois subit des variations dimensionnelles, respectivement
un retrait ou un gonflement. Les essais normalisés définissent certains paramètres
caractéristiques (NF: B51-005).
La rétractabilité B ou retrait volumique
La rétractabilité caractérise la variation relative totale de volume d'un échantillon entre des
taux d'humidité extrêmes pour le mécanisme, à savoir entre l'état saturé (H>HPSF) et l'état
anhydre.
VS: volume de l'échantillon saturé d'eau
V0: volume de l'échantillon à l'état anhydre.
Pour caractériser les variations de volume au voisinage d'une humidité H, on introduit
généralement le coefficient de rétractabilité ou coefficient de retrait volumique αV:
VH: Volume à l'humidité H.
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[Link].Masse volumique et densité
La densité ou plus judicieusement la masse volumique est un paramètre physique qui
vise à préciser la quantité de matière ligneuse contenue dans un volume de bois. Sachant la
présence inévitable d'une certaine quantité d'eau dans le bois (hygroscopicité) et la variabilité
dimensionnelle du matériau (retrait et gonflement) dans des conditions classiques d'utilisation,
des ambiguïtés de définition sont à éviter. Nous limiterons les définitions à l'essentiel.
Masse volumique à l'humidité H, notée ρH ou ρ, d'une éprouvette à l'humidité H actuelle.
MH: masse de l'éprouvette à l'humidité H
VH: volume de l'éprouvette à l'humidité H.
Masse volumique sèche ou anhydre, notée ρ0
M0: masse anhydre
V0: volume anhydre
Porosité du bois.
Si, en accord avec de nombreux auteurs, on admet que la masse volumique de la
matière ligneuse (ρ* = 1,50 g/cm3) est sensiblement constante pour toutes les essences,
compte tenu d'une composition chimique relativement stable, il est possible d'estimer la
fraction volumique des vides inter ou intra cellulaires, la porosité.
V : volume des vides inter ou intra cellulaires
A titre d'exemple, notons que dans un volume anhydre V0, d'un bois de masse volumique
ρ0= 0,5 g/cm3, 33% du volume est occupé par la matière ligneuse et 67% de ce volume est
constitué de vides. A contrario, une mesure de la porosité du matériau (porosimétrie à
mercure) permet d’évaluer ρ*
14
1.1.9. Données mécaniques du bois
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Chapitre 2 : Les modes d’assemblages
Les assemblages jouent un rôle essentiel dans le comportement des charpentes en bois.
L’expérience lors d’importants séismes ou de forts ouragans a démontré leur importance.
D’une part, les assemblages peuvent être la cause de ruptures structurales en raison d’une
conception inadéquate ou d’une erreur de fabrication. D’autre part, la ductilité des
assemblages assure le bon comportement des structures en bois soumises à de fortes charges
sismiques. La performance d’un assemblage est tout d’abord caractérisée par sa résistance
mécanique, sa rigidité et sa ductilité qui assurent un comportement adéquat sous les charges
statiques ou dynamiques. De plus, la stabilité dimensionnelle et la résistance à la dégradation
des assemblages garantissent la pérennité des constructions en bois. Le comportement au feu
est aussi un attribut important qui influence la stabilité de l’ouvrage en cas d’incendie.
D’autres critères de conception comme la facilité de mise en œuvre, la simplicité, l’esthétisme
et le coût peuvent également guider le choix d’un assemblage.
[Link] traditionnels
Ce sont des assemblages bois sur bois sans pièce métallique (sauf comme renforcement
d'efficacité) et par suite capables de ne supporter en général que des efforts de compression.
Les principaux assemblages traditionnels sont
1° L'enture;
2° L'assemblage par tenon et mortaise;
3° L'assemblage à embrèvement.
Nous devons également ajouter :
− Les assemblages à mi-bois;
− Les assemblages par entailles ou assemblages à épaulements;
− Les assemblages à clés ou assemblages par clavettes;
− Les assemblages par chevilles.
Il convient de remarquer que ce n'est pas tant par la forme des assemblages que la charpente
dite « traditionnelle » se distingue de la « charpente moderne »
Dans la charpente traditionnelle, les formes et les dimensions sont choisies d'après
l'expérience. ·
Dans la construction moderne, les dimensions des éléments et des assemblages sont
déterminées par le calcul.
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Certains assemblages bois sur bois ont une place tout aussi justifiée dans les constructions
modernes que les nouveaux organes d'assemblage, aussi devons-nous les utiliser les uns et
les autres d'une manière rationnelle avec calculs à l'appui.
Sans nier la valeur constructive des assemblages traditionnels, nous devons reconnaître qu'ils
présentent les inconvénients suivants :
a) Conçus pour résister à des efforts de compression, ils obligent à rechercher des dispositifs
de fermes ne faisant appel qu'à des efforts de ce genre (fermes à poinçons et à contrefiches,
assemblages à tenons et mortaises et à embrèvements).
b) Pour résister aux efforts mis en jeu, ils doivent présenter des équarrissages supérieurs à
ceux que nécessite chacun des efforts élémentaires.
c) Ils ne peuvent être réalisés convenablement que par des spécialistes formés à l'école du trait
de charpente.
2.1.1. Enture
On appelle enture l'assemblage des pièces bout à bout. On distingue les entures de
compression et les entures de traction. On a constitué des entures de différente façons : à
l'aide de goujons de fer introduits dans l'axe des pièces, au moyen de clameaux placés sur les
faces latérales des pièces, par plates-bandes boulonnées, etc (fig. l, 2, 3).
a) Entures de compression.
Nous indiquons pour mémoire, car on les retrouve dans les anciens ouvrages :
− L'enture par quartier à mi-bois (fig. 4);
− L'enture à tenailles en croix (fig. 5);
− L'enture à tenons biais (fig. 6);
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− L'enture à tenons chevronnés. Cet assemblage est très employé pour les poteaux
d'angle (fig. 7).
Il est conseillé d’utiliser l'enture droite à mi-bois boulonnée (à épaulement droit) (fig.
8) et l'enture oblique exécutée de la même façon (en fausse coupe) (à épaulement oblique);
cette dernière est plus résistante; mais elle doit être convenablement boulonnée (fig. 9).
b) enture de traction.
Ce sont les seules qui permettent de résister à des efforts de traction. Leur emploi n’est pu à
recommander au charpentier car elles utilisent mal les actions.
Pour le travail en plan horizontal et pour la toiture on exécute :
− L'enture à queue d’aronde ou d’hironde (fig. 10).
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− L'enture à trait Jupiter : c'est un assemblage à mi-bois. On distingue :
a) L'assemblage à trait de Jupiter oblique simple.
On ajoute une clef : pièce de bois enfoncée au marteau qui empêche la séparation des pièces,
le tout cerclé (fig. 11).
b) L'assemblage à Irait de Jupiter droit (fig. 12).
c) L'assemblage à trait de Jupiter oblique avec bout à coupe brisée (fig. 13).
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2.1.2. Assemblage à tenon et mortaise
C'est le plu simple. L'une des deux pièces comporte une mortaise, partie creuse ou femelle
destinée à recevoir le
tenon de l'autre pièce ou partie mâle ou saillante (fig. 19).
Les abouts du tenon et de la pièce autour du tenon sont les arasements (1). Les joues (2) sont
constituées par le bois entourant la mortaise. L'épaulement (3) désigne la portion de bois entre
la mortaise et l'extrémité de la pièce.
Lorsqu'il n'y a pas d'épaulement on a un enfourchement.
On distingue :
− L'assemblage d'équerre à tenon et mortaise (fig. 19);
− L'assemblage oblique à tenon et mortaise (fig. 20).
Les deux pièces assemblées se présentent d'équerre ou obliquement l'une par rapport à l'autre.
Si pour l'une l'effort est axial, pour l'autre il est oblique ou
transversal, et c'est par suite la résistance de cette dernière
qui dé- termine la résistance de l'assemblage. On peut assurer
l'assemblage à tenon et mortaise par une cheville, mais il ne
faut pas compter sur la cheville pour la résistance de la
charpente
Voici quelques cas particuliers de cet assemblage.
− L'assemblage à tenon et mortaise avec encastrement.
Si la pièce à mortaiser est d'équarrissage supérieur à celui de
la pièce qui doit porter le tenon, on peut noyer celle-ci, c'est-
à-dire l'encastrer dans la pièce
inférieure.
− L'assemblage droit à tenon
et enfourchement : sert à réunir
deux pièces à leur extrémité (fig.
22 et 23). Plus fréquemment on
laisse un épaulement à la mortaise
et on diminue la largeur du tenon
d'une quantité égale (fig. 24).
20
2.1.3. Assemblage à embrèvement
− Assemblage oblique à tenon et mortaise avec embrèvement.
On appelle embrèvement (fig. 28) un assemblage à mi-bois constitué par la rencontre de deux
pièces de bois [A] et [B] obliques l'une par rapport à l'autre, dont la première [A) est entaillée
sur sa face d'assemblage de façon à recevoir l'extrémité de la deuxième pièce [B), cette
extrémité étant elle-même découpée suivant un profil qui s'adapte parfaitement dans l'entaille
pratiquée sur LA). L'assemblage peut comporter en outre un tenon en bout de la pièce [B] et
une mortaise sur la pièce [A); il ne diffère alors de l'assemblage oblique à tenon et mortaise
que nous avons vu précédemment que par l'entaille A B C D E F faite dans la pièce [A] et que
l'on nomme embrèvement.
Dans le cas d'assemblage de pièces de même épaisseur, l'embrèvement peut être soit apparent
(fig. 29), soit invisible (fig.30) dans ce cas, le tenon est parfois supprimé afin d'éviter
d'affaiblir la pièce entaillée).
Lorsque les pièces sont d'inégale épaisseur, celle qui comporte le tenon est en général
la plus mince; dans ce cas l'embrèvement est à l'intérieur de la pièce femelle : on a un
embrèvement encastré (fig. 31). Cet assemblage est très utilisé en charpente. Il convient
notamment pour assurer la liaison de pièces [B] travaillant à la compression (arbalétriers ou
contrefiches par exemple) sur des pièces [A] soumises à des efforts de traction (entrait ou
poinçon) (fig. 32).
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A noter que l'about du tenon ne porte pas sur le fond de la mortaise; il y a un jeu entre les
deux. Avec cet assemblage les efforts admissibles ne sont qu'une fraction de ceux qui
correspondent aux équarrissages utilisée; ainsi les équarrissages mis en œuvre ne travaillent
pas au maximum possible (1).
Ces systèmes présentent encore l'inconvénient de ne pouvoir faire appel qu'à des
dispositifs de charpentes ne produisant que des efforts de compression aux liaisons sur les
pièces [B). En outre, leur bonne exécution ne peut être réalisée que par des spécialistes de
plus en plus rares parmi les ouvriers en bois. L'assemblage à tenon et mortaise avec
embrèvement a été simplifié et modernisé pour donner l'assemblage à simple embrèvement
sans tenon (fig. 35).
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Cet assemblage travaille au cisaillement et en
compression oblique. Il présente l'avantage de laisser intacte
toute la section de la pièce inférieure - située au-dessous du
point A que l'on peut faire entrer en ligne de compte si cette
pièce est soumise à un effort de traction, tandis que dans le
cas de l'embrèvement avec tenon et mortaise cette section
nette se trouvait réduite du fait de la mortaise. Cet assemblage
peut être consolidé par l'adjonction d'un boulon qui
maintiendra le contact entre les deux pièces assemblées (fig.
36 et 37). A cet effet, au moment du perçage, l'entaille pour le
repos de l'écrou est facilement réalisée par papillonnage sur
les deux pièces assemblées; ce genre d'opération doit être
évité autant que possible (car alors la section nette à prendre
en compte dans le calcul est inférieure à la section nette
théorique, en raison des solutions de continuité provoquées
dans les fibres).
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