REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA
RECHERCHE SCIENTIFIQUE
Université de Bouira
Faculté des Sciences et des Sciences Appliquées
Département de Génie électrique
Filière : Génie électrique
Spécialité : Master 1 Energies renouvelables
TP 04
La machine asynchrone
Réaliser par:
Tamssaout Yamina Nadir Cheikh Yassine Ghemari Ismail
Labdaoui Yassine Bengherabui Abderhmen
Année
universitaire 2024/2025
1- Introduction:
Les machines asynchrones, également appelées machines à induction, sont largement
utilisées dans les systèmes électromécaniques en raison de leur robustesse, leur
simplicité de conception et leur faible coût d'entretien. Elles sont couramment utilisées
comme moteurs dans des applications industrielles et domestiques.
Le fonctionnement d'une machine: asynchrone repose sur le principe de
l'induction électromagnétique. Contrairement aux machines synchrones, leur rotor
ne tourne pas à la même vitesse que le champ magnétique du stator, d'où le
terme "asynchrone". Ce décalage de vitesse, appelé glissement, est essentiel pour
générer un couple électromagnétique.
Les principaux composants d'une machine asynchrone sont :
1. Le stator : constitué d'un ensemble de bobines alimentées par une source
triphasée, créant un champ magnétique tournant.
2. Le rotor : peut être à cage d'écureuil (la plus courante) ou à bagues. Le courant
induit dans le rotor génère un champ magnétique qui interagit avec celui du stator
pour produire le mouvement.
3. La carcasse : structure mécanique protégeant l'ensemble.
2-But de la manipulation:
Ce travail pratique (TP) vise à déterminer,par deux essais à vide et à rotor bloqué,le
point de fonctionnement nominal d’une machine asynchrone via la construction du
diagramme de cercle.
2-Matériels utilisés:
. Sources de tension alternatif.
. Appareils de mesure
(voltmètres,ampèrmètre,multimètres,wattmètres,tachymètre...).
. Frein Moteur.
3-Manipulation:
a.Relever les informations essentielles de la machine:
Montage etoile:
V=400 In=3.4 𝐶𝑜𝑠(𝜑) = 0.77/ 𝑆𝑖𝑛(𝜑) =0.64 F=50Hz
N=1440 tr/min P=1.5KW
Montage triangle:
V=230 In=5.9 𝐶𝑜𝑠(𝜑) = 0.77/ 𝑆𝑖𝑛(𝜑) =0.64 F=50Hz
N=1440tr/min P=1.5KW
b.Essai à Vide (g=0)
L’alimentation de la MAS à l’aide de l’autotransformateur triphasé.Remplissez le tableau
suivant:
𝑃𝑇 = √3 ∗ 𝑉 ∗ 𝐼 ∗ 𝐶𝑜𝑠(𝜑) or Pt=p1+p2 / 𝑄𝑇 = √3 ∗ 𝑉 ∗ 𝐼 ∗ 𝑆𝑖𝑛(𝜑)
V(v) 60 100 150 200 250 300 350 400
I(A) 0.95 0.64 0.66 0.83 1.06 1.32 1.62 2.07
P1(W) 31.6 23.3 9.3 -15.3 -52.3 -96.9 -157.8 -266
P2(W) 57 61.6 83.5 119 168.3 233.5 317.4 460
Pt(W) 88.6 84.9 92.8 103.7 116 136.6 159.6 194
Qt 63.2 70.9 109.7 184 393.8 439 628.5 917.8
V²(v²) 360 1000 22500 40000 62500 90000 12250 16000
0 0 0 0
c.Essai à rotor bloqué (g=1):
Cet essai a pour objectif de mesurer les pertes mécaniques du moteur. Pendant
l'expérience, le rotor est immobilisé, ce qui entraîne un courant très élevé dans les
enroulements du rotor, celui-ci étant limité uniquement par la résistance des
enroulements. En effet, comme le rotor ne peut pas tourner, sa vitesse est nulle. Le
glissement (g) est défini comme la différence entre la vitesse synchrone (celle du champ
magnétique tournant) et la vitesse du rotor, rapport:
Ns−Nr
g=
Ns
Où :
- 𝑁s:est la vitesse synchrone,
- 𝑁𝑟 :est la vitesse du rotor.
Lorsque le rotor est bloqué (𝑁𝑟 = 0)), le glissement devient égal à 1 (g=1), car la
vitesse du rotor est égale à la vitesse synchrone. Cela signifie que la machine est en
mode de glissement maximal,
Vcc(v) Icc(A) P1cc P2cc Pcc Qcc
totale(W) totale(W)
70.3 3.35 27.8 214.8 314.1 261.1
𝑃𝑐𝑐 = √3 ∗ 𝑉𝑐𝑐 ∗ 𝐼𝑐𝑐 ∗ 𝐶𝑜𝑠(𝜑) 𝑆𝑐𝑐 = √3 ∗ 𝑉𝑐𝑐 ∗ 𝐼𝑐𝑐 = 407.9 𝑉𝐴
𝑄𝑐𝑐 = √3 ∗ 𝑉𝑐𝑐 ∗ 𝐼𝑐𝑐 ∗ 𝑆𝑖𝑛( 𝜑)
d.Mesure de la résistance:
On a : R=
V
I
, ω=2 πf , L=
√
1 v2
ω I 2
−R 2
Montage amont:
V(CC) 4 8 12 V(CA) 8 16 24
I 1.081 2.17 3.25 I 0.695 1.379 2.06
Rs 3.7 3.686 3.69 Rs 11.51 11.60 11.65
Ls 0.0001 0.0002 0.0004 Ls 0.0004 0.0007 0.0003
Montage aval:
V(CC) 4 8 12 V(CA) 8 16 24
I 1.112 2.25 3.33 I 0.696 1.388 2.07
R 3.597 3.556 3.604 R 11.494 11.527 11.594
L 0.00009 0.00018 0.0002 L 0.00024 0.0003 0.00022
e. Exploitation des résultats expérimentaux :
1- La caractéristique P=f(𝑽 ² ) :
2-D'après la courbe P=f(V2): la puissance absorbée à vide est de 85,4 W
lorsqueV²=0. Cette valeur correspond à peu près aux pertes mécaniques du moteur,
car les pertes fer sont proportionnellement au carré de la tension d'alimentation ( V²) et
deviennent négligeables lorsqueV²→0.
Par conséquent, nous pouvons estimer les pertes mécaniques du moteur asynchrone
comme suit :
Pmet=Pvoir(V²=0)≈85,4 W .
Ainsi, les pertes mécaniques du moteur asynchrone sont d'environ 85,4 W .
Cependant, cette estimation est approximative, car elle ne tient pas compte des pertes
mécaniques supplémentaires pouvant apparaître en charge. Ces pertes supplémentaires
incluent notamment le frottement des roulements et la ventilation.
3- Déduire les pertes fer :
Lors de l'essai à rotor bloqué, le rotor est physiquement bloqué, ce qui signifie qu'il ne
peut pas tourner. En conséquence, le courant induit dans les enroulements du rotor est
très élevé, car il est limité uniquement par la résistance des enroulements.
Le glissement (g) est défini comme la différence entre la vitesse synchrone (la vitesse
du champ magnétique tournant) et la vitesse du rotor, divisée par la vitesse synchrone :
Ns−Nr
g=
Ns
Où :
- (𝑁𝑆):est la vitesse synchrone,
- 𝑁𝑟 :est la vitesse du rotor.
Lorsque le rotor est bloqué (𝑁𝑟 = 0), le glissement devient égal à 1 (g = 1). Cela signifie
que la machine est en mode de glissement maximal, car la vitesse du rotor est égale à la
vitesse synchrone.
Les pertes mécaniques sont dues au frottement des roulements, à la ventilation et aux
pertes mécaniques internes. Elles sont généralement faibles et peuvent être négligées.
Lors de l'essai à rotor bloqué, la puissance absorbée par le moteur est égale à la somme
des pertes mécaniques et des pertes fer.
Par conséquent, la puissance absorbée lors de l'essai à rotor bloqué est
approximativement égale aux pertes fer qui est 314.1W.
4- Pour la tension nominale calculer le facteur de puissance ( 𝐶𝑜𝑠( 𝜑)). Pourquoi
on trouve une si faible valeur ?
S=√3 ∗ 𝑉𝑛 ∗ 𝐼𝑛 = √3* 400∗ 2.07 = 1434.138 VA.
𝐶𝑜𝑠(𝜑) =
P
=( 505.7 /1434.138) = 0.35
S
• Le facteur de puissance d'un moteur asynchrone est faible parce qu'il consomme de
l'énergie réactive pour magnétiser l'entrefer.
Cette énergie réactive est proportionnelle à la fréquence du courant. La fréquence du
courant dans un moteur asynchrone est égale à la fréquence du réseau électrique, et
dans notre pays qui est 50 Hz. L'énergie réactive est une composante du courant qui ne
produit pas de travail mécanique.
Elle est consommée par le moteur pour créer un champ magnétique tournant. Ce
champ magnétique est nécessaire pour entraîner le rotor du moteur.
5-Résultats des essais expérimentaux d’un moteur asynchrone (cas exemple):
Les essais expérimentaux effectués sur un moteur triphasé, couplé en étoile,
Ucomposée=440V, fs=60Hz, 2p=8pôles, PuN = 60 kW, la résistance entre deux phases
Rs= 0.2Ω ont donné les relevés suivants :
Tableau 2
Essai à charge nulle(à Essai à rotor bloqué
vide)
U0(V) I0(A) P0(W) Ub(V) Ib(A) Pb(W)
440 30 2100 110= 100 9000
U0/4
A partir de ces deux essais, on procède à la construction du digramme de cercle de ce
moteur.
a. Construction du digramme de cercle d’un moteur asynchrone:
La construction du digramme se fait avec les valeurs par phase à tension nominale
constante.
a) Essai à charge nulle (à vide)
V0 = VN = 440/√ ❑3= 254 V, I0= 30 A, P0p = 2100 / 3 = 700W/phase
cos φ 0= P0p / (V0 I0 ) = 0.092 d’où φ 0 = 84.7°
Sur le diagramme des courants actifs en vertical et réactifs en horizontal, on place le
point A (g≈ 0) avec l’échelle 1cm pour 40A.
C'est-à-dire, OA= 30A x 1cm/40A = 0.75cm avec un angle φ 0 = 84.7°.
b) Essai à rotor bloqué sous tension réduite
Vb = 110 /√ ❑3= 63.5 V = 25% de VN Ib= 100 A Pb = 9000 / 3 =
3000W/phase
cosφ b= Pb / (Vb Ib ) = 0.472 d’où φ b =61.8°
Le courant à rotor bloqué à tension nominale serait : IbN= Ib x VN / Vb = 100 x 254
/63.5 = 400A
Sur le diagramme des courants, on place le point E (g=1) avec la même échelle. C'est-à-
dire,
OE= 400A x 1cm/40A = 10 cm avec un angle de φ b =61.8°.
On trace la droite de la puissance électromagnétique AE.
On trace le cercle passant par A et E, dont le centre C est sur l’horizontal menée du point
A.
Pour placer le point F, on mène par E une perpendiculaire à AC qui coupe AC en G.
On place le point F de telle sorte que FG représente les pertes Joules dans le stator, par
phase, lorsque le courant à la valeur IbN (rotor bloqué à tension nominale).
PjStatot = Rs x I ²bN = Rs x (Ib x VN / Vb ) ² = (1/2) x 0.2 x 400² = 16000 W/phase
Cette puissance correspond à un courant actif suivant :
IaJStatot = PjStatot / VN = 16000 /254 = 63 A ; (P/phase=V. Iactif= V. (I. cos))
On place FG = 63 x 1/40 = 1.57 cm et on trace la droite du couple électromagnétique
AF.
5.1 Réponses :
Pour placer le point P (fonctionnement nominal), le courant actif nominal IaN ( 𝑃𝑄 ) à PuN
= 60kW vaut :
IaN= PuN / (3 x VN ) = 60000/(3x254) = 78.8 A, soit 78.8/40= 1.97 cm
On place le point P sur une parallèle à AE, à une distance verticale de 1.97cm, de telle
sorte que PQ=1.97cm représente le courant correspondant à la puissance utile délivrée
par le moteur.
1) Le courant consommé par phase IN
Il est représenté par le vecteur OP=2.6 cm soit IN = 2.6 x 40A/cm =104 A. (Echelle du
courant: 40A/cm)
2) Le couple électromagnétique CelecN
Il est représenté, à l’échelle des courants, par PR=2.15cm, soit un courant actif de 2.15
x 40 = 86A. La puissance électromagnétique vaut donc : PelecN = 3 x 254 x 86 =
65532W (Echelle de puissance: 3 x254V x 40A/cm = 30480 W/cm).
CelecN = PelecN / Ω s = PelecN / (2 π fs/p) = 65532 / (2 π 60/4) = 695 Nm = 695 J/rd,
(Echelle du couple= Echelle de puissance / Ω s = 30480 W/cm / (2 π 60/4) = 323.4124
Nm/cm)
3) Le glissement gN
Il est donné par : gN = ∆ Pjr / PelecN = QR / PR = (4.3 - 3.94) cm / 4.3 cm= 0.084, soit gN
= 8.4%
4) Le facteur de puissance cosφ N
Il est donné par : cosφ N = IaN / IN = PT / OP = 4.6 cm / 5.2 cm = 0.885, soit φ N = 27.8°
5) Le rendement η N. Il est donné par: η N = PuN/PabsN = PQ/PT = 3.24 cm/4.6cm =
0.856,
soit η N =85.6%
6 Conclusion :
Ce TP sur le moteur asynchrone a permis d'explorer les caractéristiques de
fonctionnement de ce type de moteur largement utilisé dans diverses applications
industrielles.
Les essais à vide et à rotor bloqué ont fourni des données précieuses pour comprendre
le comportement du moteur dans des conditions spécifiques.
L'essai à vide a permis de déterminer le point de fonctionnement nominal du moteur en
construisant le diagramme de cercle.
Les résultats ont mis en évidence des aspects importants tels que le glissement, le
facteur de puissance et les pertes mécaniques. L'estimation des pertes mécaniques à
partir de la puissance absorbée à vide a été réalisée, mettant en lumière la nécessité de
considérer d'autres pertes potentielles en fonctionnement à charge.
L'essai à rotor bloqué a été crucial pour évaluer les pertes fer du moteur. En bloquant le
rotor, les pertes mécaniques ont été négligées, permettant ainsi de mesurer les pertes
fer spécifiques.
Ces résultats ont contribué à une meilleure compréhension des pertes internes du
moteur asynchrone. L'analyse du facteur de puissance a révélé une valeur relativement
faible, expliquée par la consommation d'énergie réactive nécessaire à la magnétisation
de l'entrefer. Cette caractéristique inhérente aux moteurs asynchrones est cruciale pour
comprendre leur comportement énergétique.
La construction du diagramme de cercle a fourni une représentation graphique des
caractéristiques électromagnétiques du moteur, mettant en évidence le point de
fonctionnement nominal, le courant nominal, le couple électromagnétique et le
rendement.
Ces informations sont essentielles pour concevoir, exploiter et optimiser l'utilisation des
moteurs asynchrones dans diverses applications industrielles.
En fin, ce TP a permis d'approfondir les connaissances sur le fonctionnement du moteur
asynchrone, mettant en évidence ses avantages, ses limites et les paramètres clés à
prendre en compte pour une utilisation efficace et fiable dans divers contextes
industriels.