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Xas

Zobéide, ayant appelé une fée, obtient la transformation de ses sœurs, punies pour leur perfidie, en chiennes, et le calife Haroun-al-Raschid découvre que son fils Amin est l'époux de l'une d'elles. La fée restaure la beauté d'Amine et révèle l'identité de son mari, entraînant des réjouissances au palais. L'histoire se poursuit avec Sindbad le marin, qui raconte ses aventures après avoir été interpellé par un porteur nommé Hindbad.

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Xas

Zobéide, ayant appelé une fée, obtient la transformation de ses sœurs, punies pour leur perfidie, en chiennes, et le calife Haroun-al-Raschid découvre que son fils Amin est l'époux de l'une d'elles. La fée restaure la beauté d'Amine et révèle l'identité de son mari, entraînant des réjouissances au palais. L'histoire se poursuit avec Sindbad le marin, qui raconte ses aventures après avoir été interpellé par un porteur nommé Hindbad.

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Zobéide y ayant consenti, on apporta du feu, et Zobéide mit dessus tout le

paquet de cheveux. A l’instant même le palais s’ébranla, et la fée parut devant le


calife, sous la figure d’une dame habillée très-magnifiquement. Commandeur des
croyants, dit-elle à ce prince, vous me voyez prête à recevoir vos commandements.
La dame qui vient de m’appeler par votre ordre m’a rendu un service important.
Pour lui en marquer ma reconnaissance, je l’ai vengée de la perfidie de ses sœurs,
en les changeant en chiennes; mais si Votre Majesté le désire, je vais leur rendre
leur figure naturelle.
Belle fée, lui répondit le calife, vous ne pouvez me faire un plus grand plaisir:
faites-leur cette grâce: après cela, je chercherai les moyens de les consoler d’une
si rude pénitence; mais auparavant, j’ai encore une prière à vous faire en faveur
de la dame qui a été si cruellement maltraitée par un mari inconnu. Comme
vous savez une infinité de choses, il est à croire que vous n’ignorez pas celle-ci:
obligez-moi de me nommer le barbare qui ne s’est pas contenté d’exercer sur elle
une si grande cruauté, mais qui lui a même enlevé très-injustement tout le bien
qui lui appartenait. Je m’étonne qu’une action si injuste, si inhumaine, et qui
fait tort à mon autorité, ne soit pas venue jusqu’à moi.
Pour faire plaisir à Votre Majesté, répliqua la fée, je remettrai les deux chiennes
en leur premier état; je guérirai la dame de ses cicatrices, de manière qu’il ne
paraîtra pas que jamais elle ait été frappée; et ensuite je vous nommerai celui
qui l’a fait maltraiter ainsi.
Le calife envoya chercher les deux chiennes chez Zobéide; et lorsqu’on les eut
amenées, on présenta une tasse pleine d’eau à la fée, qui l’avait demandée. Elle
prononça dessus des paroles que personne n’entendit, et elle en jeta sur Amine
et sur les deux chiennes. Elles furent changées en deux dames d’une beauté
surprenante, et les cicatrices d’Amine disparurent. Alors la fée dit au calife:
Commandeur des croyants, il faut vous découvrir présentement qui est l’époux
inconnu que vous cherchez. Il vous appartient de fort près, puisque c’est le
prince Amin, votre fils aîné, frère du prince Mamoun, son cadet. Étant devenu
passionnément amoureux de cette dame, sur le récit qu’on lui avait fait de sa
beauté, il trouva un prétexte pour l’attirer chez lui, où il l’épousa. C’est tout
ce que je puis dire pour satisfaire votre curiosité. En achevant ces paroles, elle
salua le calife et disparut.
Ce prince, rempli d’admiration et content des changements qui venaient d’arriver
par son moyen, fit des actions dont il sera parlé éternellement. Il fit premièrement
appeler le prince Amin, son fils, lui dit qu’il savait son mariage secret, et lui
apprit la cause de la blessure d’Amine. Le prince n’attendit pas que son père lui
parlât de la reprendre, il la reprit à l’heure même.
Le calife déclara ensuite qu’il donnait son cœur et sa main à Zobéide, et proposa
les trois autres sœurs aux trois Calenders, fils de rois, qui les acceptèrent pour
femmes avec beaucoup de reconnaissance. Le calife leur assigna à chacun un
palais magnifique dans la ville de Bagdad; il les éleva aux premières charges de
son empire, et les admit dans ses conseils.

1
Il n’était pas jour encore lorsque Scheherazade acheva cette histoire, qui avait
été tant de fois interrompue et continuée. Cela lui donna lieu d’en commencer
une autre. Ainsi, adressant la parole au sultan, elle lui dit:
HISTOIRE DE SINDBAD LE MARIN
Sire, sous le règne de ce même calife Haroun-al-Raschid, dont je viens de parler,
il y avait à Bagdad un pauvre porteur qui se nommait Hindbad. Un jour qu’il
faisait une chaleur excessive, il portait une charge très-pesante d’une extrémité
de la ville à une autre. Comme il était fort fatigué du chemin qu’il avait déjà
fait, et qu’il lui en restait encore beaucoup à faire, il arriva dans une rue où
régnait un doux zéphyr, et dont le pavé était arrosé d’eau de rose. Ne pouvant
désirer un vent plus favorable pour se reposer et reprendre de nouvelles forces, il
posa sa charge à terre, et s’assit dessus, auprès d’une grande maison.
Il se sut bientôt très-bon gré de s’être arrêté en cet endroit; car son odorat
fut agréablement frappé d’un parfum exquis de bois d’aloès et de pastilles, qui
sortait par les fenêtres de cet hôtel, et qui, se mêlant avec l’odeur de l’eau de
rose, achevait d’embaumer l’air. Outre cela, il ouït en dedans un concert de
divers instruments, accompagnés du ramage harmonieux d’un grand nombre de
rossignols et d’autres oiseaux particuliers au climat de Bagdad. Cette gracieuse
mélodie, et la fumée de plusieurs sortes de viandes qui se faisaient sentir, lui
firent juger qu’il y avait là quelque festin, et qu’on s’y réjouissait. Il voulut savoir
qui demeurait en cette maison qu’il ne connaissait pas bien, parce qu’il n’avait
pas eu occasion de passer souvent par cette rue. Pour satisfaire sa curiosité, il
s’approcha de quelques domestiques qu’il vit à la porte, magnifiquement habillés,
et demanda à l’un d’entre eux comment s’appelait le maître de cet hôtel. Hé
quoi! lui répondit le domestique, vous demeurez à Bagdad, et vous ignorez
que c’est ici la demeure du seigneur Sindbad le marin, de ce fameux voyageur
qui a parcouru toutes les mers que le soleil éclaire? Le porteur, qui avait ouï
parler des richesses de Sindbad, ne put s’empêcher de porter envie à un homme
dont la condition lui paraissait aussi heureuse qu’il trouvait la sienne déplorable.
L’esprit aigri par ses réflexions, il leva les yeux au ciel, et dit, assez haut pour
être entendu: Puissant créateur de toutes choses, considérez la différence qu’il y
a entre Sindbad et moi; je souffre tous les jours mille fatigues et mille maux; et
j’ai bien de la peine à me nourrir, moi et ma famille, de mauvais pain d’orge,
pendant que l’heureux Sindbad dépense avec profusion d’immenses richesses, et
mène une vie pleine de délices. Qu’a-t-il fait pour obtenir de vous une destinée
si agréable? Qu’ai-je fait pour en mériter une si rigoureuse? En achevant ces
paroles, il frappa du pied contre terre, comme un homme entièrement possédé
de sa douleur et de son désespoir.
Il était encore occupé de ses tristes pensées, lorsqu’il vit sortir de l’hôtel un
valet qui vint à lui, et qui, le prenant par le bras, lui dit: Venez, suivez-moi; le
seigneur Sindbad, mon maître, veut vous parler.
LXIˆ{E} NUIT
Sire, Votre Majesté peut aisément s’imaginer qu’Hindbad ne fut pas peu surpris

2
du compliment qu’on lui faisait. Après le discours qu’il venait de tenir, il avait
sujet de craindre que Sindbad ne l’envoyât querir pour lui faire quelque mauvais
traitement; c’est pourquoi il voulut s’excuser sur ce qu’il ne pouvait abandonner
sa charge au milieu de la rue: mais le valet de Sindbad l’assura qu’on y prendrait
garde, et le pressa tellement sur l’ordre dont il était chargé, que le porteur fut
obligé de se rendre à ses instances.
Le valet l’introduisit dans une grande salle, où il y avait un bon nombre de
personnes autour d’une table couverte de toutes sortes de mets délicats. On
voyait à la place d’honneur un personnage grave, bien fait, et vénérable par
une longue barbe blanche; et derrière lui était debout une foule d’officiers et de
domestiques fort empressés à le servir. Ce personnage était Sindbad. Le porteur,
dont le trouble s’augmenta à la vue de tant de monde et d’un festin si superbe,
salua la compagnie en tremblant. Sindbad lui dit de s’approcher; et, après l’avoir
fait asseoir à sa droite, lui servit à manger lui-même, et lui fit donner à boire
d’un excellent vin, dont le buffet était abondamment garni.
Sur la fin du repas, Sindbad, remarquant que ses convives ne mangeaient plus,
prit la parole; et s’adressant à Hindbad, qu’il traita de frère, selon la coutume des
Arabes lorsqu’ils se parlent familièrement, lui demanda comment il se nommait
et quelle était sa profession. Seigneur, lui répondit-il, je m’appelle Hindbad et je
suis porteur de mon métier. Je suis bien aise de vous voir, reprit Sindbad, et je
vous réponds que la compagnie vous voit aussi avec plaisir; mais je souhaiterais
apprendre de vous-même ce que vous disiez tantôt dans la rue. Sindbad, avant
de se mettre à table, avait entendu tout son discours par la fenêtre; et c’était ce
qui l’avait obligé à le faire appeler.
A cette demande, Hindbad, plein de confusion, baissa la tête, et repartit: Seigneur,
je vous avoue que ma lassitude m’avait mis en mauvaise humeur, et il m’est
échappé quelques paroles indiscrètes que je vous supplie de me pardonner.
Oh! ne croyez pas, reprit Sindbad, que je sois assez injuste pour en conserver
du ressentiment. J’entre dans votre situation; au lieu de vous reprocher vos
murmures, je vous plains; mais il faut que je vous tire d’une erreur où vous
me paraissez être à mon égard. Vous vous imaginez sans doute que j’ai acquis
sans peine et sans travail toutes les commodités et le repos dont vous me voyez
jouir; désabusez-vous. Je ne suis parvenu à un état si heureux qu’après avoir
souffert durant plusieurs années tous les travaux du corps et de l’esprit que
l’imagination peut concevoir. Oui, mes seigneurs, ajouta-t-il en s’adressant à
toute la compagnie, je puis vous assurer que ces travaux sont si extraordinaires,
qu’ils sont capables d’ôter aux hommes les plus avides de richesses l’envie fatale
de traverser les mers pour en acquérir. Vous n’avez peut-être entendu parler
que confusément de mes étranges aventures, et des dangers que j’ai courus sur
mer dans les sept voyages que j’ai faits; et puisque l’occasion s’en présente, je
vais vous en faire un rapport fidèle: je crois que vous ne serez pas fâchés de
l’entendre.
Comme Sindbad voulait raconter son histoire particulièrement à cause du porteur,
avant que de la commencer, il ordonna qu’on fît porter la charge qu’il avait

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laissée dans la rue au lieu où Hindbad marqua qu’il souhaitait qu’elle fût portée.
Après cela, il parla dans ces termes:
PREMIER VOYAGE DE SINDBAD LE MARIN
J’avais hérité de ma famille des biens considérables, j’en dissipai la meilleure
partie dans les débauches de ma jeunesse; mais je revins de mon aveuglement,
et, rentrant en moi-même, je reconnus que les richesses étaient périssables, et
qu’on en voyait bientôt la fin quand on les ménageait aussi mal que je faisais.
Frappé de toutes ces réflexions, je ramassai les débris de mon patrimoine. Je
vendis à l’encan en plein marché tout ce que j’avais de meubles. Je me liai
ensuite avec quelques marchands qui négociaient par mer. Je consultai ceux qui
me parurent capables de me donner de bons conseils. Enfin, je résolus de faire
profiter le peu d’argent qui me restait; et dès que j’eus pris cette résolution, je
ne tardai guère à l’exécuter. Je me rendis à Balsora, où je m’embarquai sur un
vaisseau que nous avions équipé à frais communs.
Nous mîmes à la voile, et prîmes la route des Indes orientales par le golfe Persique,
qui est formé par les côtes de l’Arabie Heureuse à la droite, et par celles de Perse
à la gauche.
Dans le cours de notre navigation, nous abordâmes à plusieurs îles, et nous
vendîmes et échangeâmes nos marchandises. Un jour que nous étions à la voile,
le calme nous prit vis-à-vis une petite île presque à fleur d’eau, qui ressemblait à
une prairie par sa verdure. Le capitaine fit plier les voiles, et permit de prendre
terre aux personnes de l’équipage qui voulurent y descendre. Je fus du nombre
de ceux qui y débarquèrent.
Mais dans le temps que nous nous divertissions à boire et à manger, et à nous
délasser de la fatigue de la mer, l’île trembla tout à coup, et nous donna une
rude secousse. . .
LXIIˆ{E} NUIT
Sire, Sindbad poursuivant son histoire: On s’aperçut, dit-il, du tremblement de
l’île dans le vaisseau, d’où l’on nous cria de nous rembarquer promptement; que
nous allions tous périr; que ce que nous prenions pour une île était le dos d’une
baleine. Les plus diligents se sauvèrent dans la chaloupe, d’autres se jetèrent à
la nage. Pour moi, j’étais encore sur l’île, ou plutôt sur la baleine, lorsqu’elle
se plongea dans la mer, et je n’eus que le temps de me prendre à une pièce de
bois qu’on avait apportée du vaisseau pour faire du feu. Cependant le capitaine,
après avoir reçu sur son bord les gens qui étaient dans la chaloupe, et recueilli
quelques-uns de ceux qui nageaient, voulut profiter d’un vent frais et favorable
qui s’était levé; il fit hisser les voiles, et m’ôta par là l’espérance de gagner le
vaisseau.
Je demeurai donc à la merci des flots, poussé tantôt d’un côté, et tantôt d’un
autre, je disputai contre eux ma vie tout le reste du jour et de la nuit suivante. Je
n’avais plus de force le lendemain, et je désespérais d’éviter la mort, lorsqu’une

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vague me jeta heureusement contre une île. Le rivage en était haut et escarpé,
et j’aurais eu beaucoup de peine à y monter, si quelques racines d’arbres, que la
fortune semblait avoir conservées en cet endroit pour mon salut, ne m’en eussent
donné le moyen.
Alors, quoique je fusse très-faible à cause du travail de la mer, et parce que je
n’avais pris aucune nourriture depuis le jour précédent, je ne laissai pas de me
traîner en cherchant des herbes bonnes à manger. J’en trouvai quelques-unes, et
j’eus le bonheur de rencontrer une source d’eau excellente, qui ne contribua pas
peu à me rétablir. Les forces m’étant revenues, je m’avançai dans l’île, marchant
sans tenir de route assurée. J’entrai dans une belle plaine, où j’aperçus de loin
un cheval qui paissait. Je portai mes pas de ce côté-là, flottant entre la crainte et
la joie, car j’ignorais si je n’allais pas chercher ma perte plutôt qu’une occasion
de mettre ma vie en sûreté. Je remarquai, en approchant, que c’était une cavale
attachée à un piquet. Sa beauté attira mon attention; mais, pendant que je
la regardais, j’entendis la voix d’un homme qui parlait sous terre. Un moment
ensuite cet homme parut, vint à moi, et me demanda qui j’étais. Je lui racontai
mon aventure; après quoi, me prenant par la main, il me fit entrer dans une
grotte, où il y avait d’autres personnes qui ne furent pas moins étonnées de me
voir que je ne l’étais de les trouver là.
Je mangeai de quelques mets qu’ils me présentèrent; puis, leur ayant demandé ce
qu’ils faisaient dans un lieu qui me paraissait si désert, ils me répondirent qu’ils
étaient palefreniers du roi Mihrage, souverain de cette île; que chaque année,
dans la même saison, ils avaient coutume d’y amener les cavales du roi, pour
leur faire manger d’une sorte d’herbe toute particulière qui croissait dans cet
endroit; qu’ensuite ils les ramenaient et que les chevaux qui naissaient de ces
cavales étaient, par la vertu de cette herbe, plus beaux et plus forts que tous les
autres, et destinés aux écuries du roi.
Le lendemain, ils reprirent le chemin de la capitale de l’île avec les cavales, et
je les accompagnai. A notre arrivée, le roi Mihrage, à qui je fus présenté, me
demanda qui j’étais, et par quelle aventure je me trouvais dans ses États. Dès
que j’eus pleinement satisfait sa curiosité, il me témoigna qu’il prenait beaucoup
de part à mon malheur. En même temps il ordonna qu’on eût soin de moi, et
que l’on me fournît toutes les choses dont j’aurais besoin. Cela fut exécuté d’une
manière que j’eus sujet de me louer de sa générosité et de l’exactitude de ses
officiers.
Comme j’étais marchand, je fréquentai les gens de ma profession. Je recherchais
particulièrement ceux qui étaient étrangers, tant pour apprendre d’eux des
nouvelles de Bagdad que pour en trouver quelqu’un avec qui je pusse y retourner;
car la capitale du roi Mihrage est située sur le bord de la mer, et a un beau
port où il aborde tous les jours des vaisseaux de différents endroits du monde.
Comme j’étais un jour sur le port, un navire y vint aborder. Dès qu’il fut à
l’ancre, on commença de décharger les marchandises; et les marchands à qui elles
appartenaient les faisaient transporter dans les magasins. En jetant les yeux
sur quelques ballots et sur l’écriture qui marquait à qui ils étaient, je vis mon

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nom dessus. Et après les avoir attentivement examinés, je ne doutai pas que ce
ne fussent ceux que j’avais fait charger sur le vaisseau où je m’étais embarqué
à Balsora. Je reconnus même le capitaine; mais comme j’étais persuadé qu’il
me croyait mort, je l’abordai, et lui demandai à qui appartenaient les ballots
que je voyais. J’avais sur mon bord, me répondit-il, un marchand de Bagdad,
qui se nommait Sindbad. Un jour que nous étions près d’une île, à ce qu’il nous
paraissait, il mit pied à terre avec plusieurs passagers dans cette île prétendue,
qui n’était autre chose qu’une baleine d’une grosseur énorme, qui s’était endormie
à fleur d’eau. Elle ne se sentit pas plutôt échauffée par le feu qu’on avait allumé
sur son dos pour faire la cuisine, qu’elle commença de se mouvoir et de s’enfoncer
dans la mer. La plupart des personnes qui étaient dessus se noyèrent, et le
malheureux Sindbad fut de ce nombre. Ces ballots étaient à lui, et j’ai résolu de
les négocier jusqu’à ce que je rencontre quelqu’un de sa famille à qui je puisse
rendre le profit que j’aurai fait avec le principal.

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