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Xar

Une femme noire, révélée comme une fée, punit les sœurs du narrateur pour leur trahison en les transformant en chiennes et en ordonnant au narrateur de les fouetter chaque nuit. Amine, une autre protagoniste, raconte comment elle a été mariée à un homme riche, mais a subi une agression d'un marchand, entraînant des complications dans son mariage. Son mari, en colère pour sa blessure, menace de punir les innocents, mais Amine tente de protéger ceux qu'elle considère comme non coupables.

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Une femme noire, révélée comme une fée, punit les sœurs du narrateur pour leur trahison en les transformant en chiennes et en ordonnant au narrateur de les fouetter chaque nuit. Amine, une autre protagoniste, raconte comment elle a été mariée à un homme riche, mais a subi une agression d'un marchand, entraînant des complications dans son mariage. Son mari, en colère pour sa blessure, menace de punir les innocents, mais Amine tente de protéger ceux qu'elle considère comme non coupables.

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A mon réveil, imaginez-vous quelle fut ma surprise de voir près de moi une

femme noire, qui avait des traits vifs et agréables, et qui tenait à l’attache deux
chiennes de la même couleur. Je me mis sur mon séant, et lui demandai qui elle
était. Je suis, me répondit-elle, le serpent que vous avez délivré de son cruel
ennemi, il n’y a pas longtemps. J’ai cru ne pouvoir mieux reconnaître le service
important que vous m’avez rendu qu’en faisant l’action que je viens de faire. J’ai
su la trahison de vos sœurs; et pour vous en venger, d’abord que j’ai été libre
par vos généreux secours, j’ai appelé plusieurs de mes compagnes, qui sont fées
comme moi; nous avons transporté toute la charge de votre vaisseau dans vos
magasins à Bagdad, après quoi nous l’avons submergé. Ces deux chiennes noires
sont vos deux sœurs, à qui j’ai donné cette forme. Ce châtiment ne suffit pas, et
je veux que vous les traitiez encore de la manière que je vous dirai.
A ces mots, la fée m’embrassa étroitement d’un de ses bras, et les deux chiennes
de l’autre, et nous transporta chez moi à Bagdad, où je vis dans mon magasin
toutes les richesses dont mon vaisseau avait été chargé. Avant que de me quitter,
elle me livra les deux chiennes, et me dit: Sous peine d’être changée comme elles
en chienne, je vous ordonne, de la part de celui qui confond les mers, de donner
toutes les nuits cent coups de fouet à chacune de vos sœurs, pour les punir du
crime qu’elles ont commis contre votre personne et contre le jeune prince qu’elles
ont noyé. Je fus obligée de lui promettre que j’exécuterais son ordre.
Depuis ce temps-là je les ai traitées chaque nuit, à regret, de la même manière
dont Votre Majesté a été témoin. Je leur témoigne par mes pleurs avec combien
de douleur et de répugnance je m’acquitte d’un si cruel devoir.
Après avoir écouté Zobéide avec admiration, le calife fit prier, par son grand
vizir, l’agréable Amine de vouloir bien lui expliquer pourquoi elle était marquée
de cicatrices. . .
LVIIIˆ{E} NUIT
HISTOIRE D’AMINE
Commandeur des croyants, dit Amine, pour ne pas répéter des choses dont Votre
Majesté a déjà été instruite par l’histoire de ma sœur, je vous dirai que ma mère,
ayant pris une maison pour passer son veuvage en particulier, me donna en
mariage, avec le bien que mon père m’avait laissé, à un des plus riches héritiers
de cette ville.
La première année de notre mariage n’était pas écoulée, que je demeurai veuve,
et en possession de tout le bien de mon mari, qui montait à quatre-vingt-dix
mille sequins. Le revenu seul de cette somme suffisait de reste pour me faire
passer ma vie fort honnêtement. Cependant, dès que les premiers six mois de
mon deuil furent passés, je me fis faire dix habits différents, d’une si grande
magnificence, qu’ils revenaient à mille sequins chacun, et je commençai au bout
de l’année à les porter.
Un jour que j’étais seule occupée à mes affaires domestiques, on me vint dire
qu’une dame demandait à me parler. J’ordonnai qu’on la fît entrer. C’était une

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personne fort avancée en âge. Elle me salua en baisant la terre, et me dit en
demeurant sur ses genoux: Ma bonne dame, je vous supplie d’excuser la liberté
que je prends de vous venir importuner: la confiance que j’ai en votre charité
me donne cette hardiesse. Je vous dirai, mon honorable dame, que j’ai une fille
orpheline qui doit se marier aujourd’hui; qu’elle et moi sommes étrangères, et
que nous n’avons pas la moindre connaissance en cette ville. Cela nous donne
de la confusion; car nous voudrions faire connaître à la famille nombreuse avec
laquelle nous allons faire alliance, que nous ne sommes pas des inconnues, et que
nous avons quelque crédit. C’est pourquoi, ma charitable dame, si vous avez
pour agréable d’honorer ces noces de votre présence, nous vous aurons d’autant
plus d’obligation, que les dames de notre pays connaîtront que nous ne sommes
pas regardées ici comme des misérables.
Ce discours, que la pauvre dame entremêla de larmes, me toucha de compassion.
Ma bonne mère, lui dis-je, ne vous affligez pas; je veux bien vous faire le plaisir
que vous me demandez; dites-moi où il faut que j’aille, je ne veux que le temps
de m’habiller un peu proprement. La vieille dame, transportée de joie à cette
réponse, fut plus prompte à me baiser les pieds que je ne le fus à l’en empêcher.
Ma charitable dame, reprit-elle en se relevant, Dieu vous récompensera de la
bonté que vous avez pour vos servantes. Il n’est pas encore besoin que vous
preniez cette peine; il suffira que vous veniez avec moi sur le soir, à l’heure que
je viendrai vous prendre. Adieu, madame, ajouta-t-elle, jusqu’à l’honneur de
vous voir.
Aussitôt qu’elle m’eut quittée, je pris celui de mes habits qui me plaisait davantage,
avec un collier de grosses perles, des bracelets, des bagues et des pendants
d’oreilles de diamants les plus fins et les plus brillants. J’eus un pressentiment
de ce qui me devait arriver.
La nuit commençait à paraître, lorsque la vieille dame arriva chez moi, d’un
air qui marquait beaucoup de joie. Elle me baisa la main, et me dit: Ma chère
dame, les parentes de mon gendre, qui sont les premières dames de la ville, sont
assemblées; vous viendrez quand il vous plaira: me voilà prête à vous servir
de guide. Nous partîmes aussitôt; elle marcha devant moi, et je la suivis avec
un grand nombre de mes femmes esclaves proprement habillées. Nous nous
arrêtâmes dans une rue fort large, nouvellement balayée et arrosée, à une grande
porte éclairée par un fanal, dont la lumière me fit lire cette inscription qui était
au-dessus de la porte en lettres d’or: C’est ici la demeure éternelle des plaisirs
et de la joie. La vieille dame frappa, et l’on ouvrit à l’instant.
On me conduisit au fond de la cour, dans une grande salle, où je fus reçue par
une jeune dame d’une beauté sans pareille. Elle vint au-devant de moi; et après
m’avoir embrassée et fait asseoir près d’elle dans un sofa, où il y avait un trône
d’un bois précieux, rehaussé de diamants: Madame, me dit-elle, on vous a fait
venir ici pour assister à des noces; mais j’espère que ces noces seront autres
que celles que vous vous imaginez. J’ai un frère, qui est le mieux fait et le plus
accompli de tous les hommes; il est si charmé du portrait qu’il a entendu faire de
votre beauté, que son sort dépend de vous, et qu’il sera très-malheureux si vous

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n’avez pitié de lui. Il sait le rang que vous tenez dans le monde, et je puis vous
assurer que le sien n’est pas indigne de votre alliance. Si mes prières, madame,
peuvent quelque chose sur vous, je les joins aux siennes, et vous supplie de ne
pas rejeter l’offre qu’il vous fait de vous recevoir pour femme.
Depuis la mort de mon mari, je n’avais pas encore en la pensée de me remarier;
mais je n’eus pas la force de refuser une si belle personne. Dès que j’eus consenti
à la chose par un silence accompagné d’une rougeur qui parut sur mon visage,
la jeune dame frappa des mains: un cabinet s’ouvrit aussitôt, et il en sortit un
jeune homme d’un air majestueux, et d’une fort belle figure. Il prit place auprès
de moi; et je connus, par l’entretien que nous eûmes, que son mérite était encore
au-dessus de ce que sa sœur m’en avait dit.
Lorsqu’elle vit que nous étions contents l’un de l’autre, elle frappa des mains
une seconde fois, et un cadi entra, qui dressa notre contrat de mariage, le signa,
et le fit signer aussi par quatre témoins qu’il avait amenés avec lui. La seule
chose que mon nouvel époux exigea de moi fut que je ne me ferais point voir
ni ne parlerais à aucun homme qu’à lui. Notre mariage fut conclu et achevé de
cette manière; ainsi je fus la principale actrice des noces auxquelles j’avais été
invitée seulement.
Un mois après notre mariage, ayant besoin de quelque étoffe, je demandai à mon
mari la permission de sortir pour aller faire cette emplette. Il me l’accorda, et
je pris pour m’accompagner la vieille dame dont j’ai déjà parlé, qui était de la
maison, et deux de mes femmes esclaves.
Quand nous fûmes dans la rue des marchands, la vieille dame me dit: Ma bonne
maîtresse, puisque vous cherchez une étoffe de soie, il faut que je vous mène
chez un jeune marchand que je connais ici; il en a de toutes sortes; et, sans
vous fatiguer à courir de boutique en boutique, je puis vous assurer que vous
trouverez chez lui ce que vous ne trouveriez pas ailleurs. Je me laissai conduire,
et nous entrâmes dans la boutique d’un jeune marchand. Je m’assis, et lui fis
dire par la vieille dame de me montrer les plus belles étoffes de soie qu’il eût.
Le marchand me montra plusieurs étoffes, dont l’une, m’ayant agréé plus que les
autres, je lui fis demander combien il l’estimait. Il répondit à la vieille: Je ne la
lui vendrai ni pour or ni pour argent; mais je lui en ferai un présent, si elle veut
bien me permettre de lui dire un mot à l’oreille. J’ordonnai à la vieille de lui
dire qu’il était bien hardi de me faire cette proposition. Mais au lieu de m’obéir,
elle me représenta que ce que le marchand demandait n’était pas une chose fort
importante; qu’il ne s’agissait point de parler, mais seulement de se laisser dire
un mot. J’avais tant d’envie d’avoir l’étoffe, que je fus assez simple pour suivre
ce conseil, la vieille dame et mes femmes se mirent devant, afin qu’on ne me
vît pas, et je me dévoilai; mais au lieu de me parler, le marchand me mordit
jusqu’au sang.
La douleur et la surprise furent telles que j’en tombai évanouie, et je demeurai
assez longtemps en cet état pour donner au marchand celui de fermer sa boutique
et de prendre la fuite. Lorsque je fus revenue à moi, je me sentis la joue tout

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ensanglantée. La vieille dame et mes femmes avaient eu soin de la couvrir d’abord
de mon voile, afin que le monde qui accourut ne s’aperçût de rien, et crût que ce
n’était qu’une faiblesse qui m’avait prise. . .
LIXˆ{E} NUIT
Voici, dit la sultane, comment Amine reprit son histoire:
La vieille qui m’accompagnait, poursuivit-elle, extrêmement mortifiée de
l’accident qui m’était arrivé, tâcha de me rassurer. Ma bonne maîtresse, me
dit-elle, je vous demande pardon: je suis cause de ce malheur. Je vous ai amenée
chez ce marchand, parce qu’il est de mon pays; et je ne l’aurais jamais cru
capable d’une si grande méchanceté; mais ne vous affligez pas: ne perdons point
de temps, retournons au logis; je vous donnerai un remède qui vous guérira en
trois jours si parfaitement, qu’il n’y paraîtra pas la moindre marque.
La nuit venue, mon mari arriva; il s’aperçut que j’avais la tête enveloppée; il me
demanda ce que j’avais. Je répondis que c’était un mal de tête; et j’espérais qu’il
en demeurerait là; mais il prit une bougie, et voyant que j’étais blessée à la joue:
D’où vient cette blessure? me dit-il. Quoique je ne fusse pas fort criminelle,
je ne pouvais me résoudre à lui avouer la chose: Je lui dis que, comme j’allais
acheter une étoffe de soie, avec la permission qu’il m’en avait donnée, un porteur
chargé de bois avait passé si près de moi dans une rue fort étroite, qu’un bâton
m’avait fait une égratignure au visage, mais que c’était peu de chose.
Cette raison mit mon mari en colère. Cette action, me dit-il, ne demeurera pas
impunie. Je donnerai demain ordre au lieutenant de police d’arrêter tous ces
brutaux de porteurs, et de les faire tous pendre. Dans la crainte que j’eus d’être
cause de la mort de tant d’innocents, je lui dis: Seigneur, je serais fâchée qu’on
fît une si grande injustice; gardez-vous bien de la commettre: je me croirais
indigne de pardon, si j’avais causé ce malheur. Dites-moi donc sincèrement,
reprit-il, ce que je dois penser de votre blessure.
Je lui repartis qu’elle m’avait été faite par l’inadvertance d’un vendeur de balais
monté sur un âne; qu’il venait derrière moi la tête tournée d’un autre côté; que
son âne m’avait poussée si rudement, que j’étais tombée, et que j’avais donné
de la joue contre du verre. Cela étant, dit alors mon mari, le soleil ne se lèvera
pas demain que le grand vizir Giafar ne soit averti de cette insolence. Il fera
mourir tous ces marchands de balais. Au nom de Dieu, seigneur, interrompis-je,
je vous supplie de leur pardonner; ils ne sont pas coupables. Comment donc,
madame! dit-il; que faut-il que je croie? Parlez, je veux absolument entendre de
votre bouche la vérité. Seigneur, lui répondis-je, il m’a pris un étourdissement et
je suis tombée; voilà le fait.
A ces dernières paroles, mon époux perdit patience. Ah! s’écria-t-il, c’est trop
longtemps écouter des mensonges. En disant cela, il frappa des mains, et trois
esclaves entrèrent. Tirez-la hors du lit, leur dit-il, étendez-la au milieu de la
chambre. Les esclaves exécutèrent son ordre; et comme l’un me tenait par la
tête et l’autre par les pieds, il commanda au troisième d’aller prendre un sabre;

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et quand il l’eut apporté: Frappe, lui dit-il, coupe-lui le corps en deux, et va
le jeter dans le Tigre; qu’il serve de pâture aux poissons. C’est le châtiment
que je fais aux personnes à qui j’ai donné mon cœur et qui me manquent de foi.
Comme il vit que l’esclave ne se hâtait pas d’obéir: Frappe donc! continua-t-il.
Qui t’arrête? qu’attends-tu? Madame, me dit alors l’esclave, vous touchez au
dernier moment de votre vie: voyez si vous avez quelque chose dont vous vouliez
disposer avant votre mort.
Je demandai la liberté de dire un mot. Elle me fut accordée. Je soulevai la tête,
et regardant mon époux bien tendrement: Hélas! lui dis-je, en quel état me voilà
réduite! il faut donc que je meure dans mes plus beaux jours! En ce moment, la
vieille dame, qui avait été nourrice de mon époux, entra; et se jetant à ses pieds
pour tâcher de l’apaiser: Mon fils, lui dit-elle, pour prix de vous avoir nourri
et élevé, je vous conjure de m’accorder sa grâce. Considérez que l’on tue celui
qui tue. Elle prononça ces paroles d’un air si touchant, et elle les accompagna
de tant de larmes, qu’elles firent une forte impression sur mon époux. Hé bien!
dit-il à sa nourrice, pour l’amour de vous, je lui donne la vie. Mais je veux qu’elle
porte des marques qui la fassent souvenir de son crime.
A ces mots, un esclave, par son ordre, me donna de toute sa force, sur les côtes
et sur la poitrine, tant de coups d’une petite canne pliante qui enlevait la peau et
la chair, que j’en perdis connaissance. Après cela, il me fit porter par les mêmes
esclaves, ministres de sa fureur, dans une maison où la vieille eut grand soin de
moi. Je gardai le lit quatre mois. Enfin je guéris; mais les cicatrices que vous
vîtes hier, contre mon intention, me sont restées depuis.
Dès que je fus en état de marcher et de sortir, je voulus retourner à la maison que
j’avais eue de mon premier mari; mais je n’y trouvai que la place. Mon second
époux, dans l’excès de sa colère, ne s’était pas contenté de la faire abattre, il
avait fait même raser toute la rue où elle était située. Cette violence était sans
doute inouïe; mais contre qui aurais-je fait ma plainte?
Désolée, dépourvue de toutes choses, j’eus recours à ma chère sœur Zobéide, qui
vient de raconter son histoire à Votre Majesté, et je lui fis le récit de ma disgrâce.
Elle me reçut avec sa bonté ordinaire, et m’exhorta à la supporter patiemment.
Enfin, après m’avoir donné mille marques d’amitié, elle me présenta ma cadette,
qui s’était retirée chez elle après la mort de notre mère.
Ainsi, remerciant Dieu de nous avoir toutes trois rassemblées, nous résolûmes
de vivre libres sans nous séparer jamais. Il y a longtemps que nous menons
cette vie tranquille; et comme je suis chargée de la dépense de la maison, je
me fais un plaisir d’aller moi-même faire les provisions dont nous avons besoin.
J’en allai acheter hier, et les fis apporter par un porteur, homme d’esprit et
d’humeur agréable, que nous retînmes pour nous divertir. Votre Majesté sait le
reste. Le calife Haroun-al-Raschid fut très-content d’avoir appris ce qu’il voulait
savoir, et témoigna publiquement l’admiration que lui causait tout ce qu’il venait
d’entendre.
LXˆ{E} NUIT

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Sire, continua Scheherazade, le calife, ayant satisfait sa curiosité, voulut donner
des marques de sa grandeur et de sa générosité aux Calenders princes, et faire
sentir aussi aux trois dames des effets de sa bonté. Sans se servir du ministère
de son grand vizir, il dit lui-même à Zobéide: Madame, cette fée qui se fit voir
d’abord à vous en serpent, et qui vous a imposé une si rigoureuse loi, ne vous
a-t-elle point parlé de sa demeure, ou plutôt ne vous promit-elle pas de vous
revoir et de rétablir les deux chiennes en leur premier état?
Commandeur des croyants, répondit Zobéide, j’ai oublié de dire à Votre Majesté
que la fée me mit entre les mains un petit paquet de cheveux, en me disant qu’un
jour j’aurais besoin de sa présence, et qu’alors si je voulais seulement brûler deux
brins de ces cheveux, elle serait à moi dans le moment, quand elle serait au delà
du mont Caucase. Hé bien! répliqua le calife, faisons venir la fée; vous ne sauriez
l’appeler plus à propos, puisque je le souhaite.

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