Cours Opt02 Prof
Cours Opt02 Prof
Chapitre 2
Interférences
PC⋆ , Fabert (Metz)
Interférences
Après le chapitre préparatoire ayant introduit quelques notions fondamentales dans l’étude de
l’optique ondulatoire, nous allons commencer par nous intéresser au phénomène des interférences.
Comme nous le verrons, ces interférences ne sont qu’une « simple » conséquence quasi-immédiate
de l’aspect ondulatoire de la lumière associé au caractère linéaire du milieu de propagation. Le
caractère faussement étrange voire magique qui est souvent associé aux interférences ne provient que
des ordres de grandeurs temporels mis en jeu. Rappelons d’ores et déjà que la lumière est une onde
de fréquence d’environ 1015 Hz ce qui va bien au delà de l’humainement imaginable.
Pour apréhender les interférences, nous commencerons par nous pencher sur le cas le plus simple,
celui des interférences à deux ondes. Cela nous mènera, au passage, à parler d’un système interféro-
métrique bien connu, l’interféromètre de Michelson.
Dans une deuxième partie, nous étudierons un peu plus précisément ce qui se passe lorsque les
conditions sont presque mais pas totalement réunies pour qu’il y ait observation du phénomène
d’interférence. Il s’agira alors de s’intéresser à ce que nous appelerons la cohérence des sources.
I·3·vi utilisation en coin d’air éclairée par une onde plane en incidence quasi normale 33
situation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
figure d’interférence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
I·4 Bilan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
I·4·i type d’interféromètre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
I·4·ii interféromètre à deux ondes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
I·4·iii à quoi servent les interférences ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
II Problèmes de cohérence 37
II·1 Origine des incohérences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
II·2 Cohérence spatiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
II·2·i idoinoton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
situation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
approche qualitative . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
éclairement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
interprétation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
II·2·ii le miroir de Lloyd éclairé par une fente large – fonction sinus cardinal . . . 41
agrandir la source dans le sens des franges . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
agrandir la source dans le sens orthogonal aux franges . . . . . . . . . . . . . 41
II·2·iii le constraste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
II·2·iv le michelson en lame d’air . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
II·2·v le michelson en coin d’air . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
simulation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
retrouver la différence de marche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
interfrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
II·3 Cohérence temporelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
II·3·i le problème, l’idée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
II·3·ii le michelson en lame d’air . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
expression de l’éclairement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
mesurer ∆λ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
II·3·iii miroir de Lloyd . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
spectre carré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
éclairement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
interprétation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
II·3·iv l’interféromètre de Michelson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
des conclusions identiques en coin d’air . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
spectre cannelé en lame d’air . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
II·4 Bilan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
II·4·i éclairement et cohérence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
II·4·ii localisation des interférences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
II·4·iii l’interféromètre de Michelson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
II·4·iv à quoi ça sert ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
Fiche de révision 58
Biographies succintes
Augustin Fresnel
(1788 Broglie (France) – 1827 Paris)
Humphrey Lloyd
(1800 Dublin – 1881)
Nous parlons d’interférence lorsque l’éclairement de deux ondes n’est pas égale à la
somme des éclairements de ces deux ondes.
✧ Il s’agit d’une définition pour des interférences à deux ondes facilement généralisable à N ondes.
~k2
~k1
~k2
~k1
✧ Insistons : les deux situations sont parfaitement identiques mais vues sous deux angles différents.
Y amplitudes scalaires
✧ Intéressons-nous à l’onde ①.
✧ Chaque train d’onde peut s’écrire sous la forme
~ −−→
s1 (M,t) = a1 (M) cos ω1 t − k1 · OM−?1
✧ Cette fois ?1 (t) est une fonction du temps dont les valeurs varient sans cesse (sur une durée de l’ordre
de la durée de cohérence) et sont totalement aléatoires.
✧ De même l’amplitude scalaire de la 2e onde s’écrit
~ −−→
s2 (M,t) = a2 (M) cos ω2 t − k2 · OM−?2 (t)
−−→ −−→
2 s1 (M,t) × s2 (M,t) = 2 a1 (M) cos ω1 t − ~k1 · OM −?1 (t) × a2 (M) cos ω2 t − ~k2 · OM−?2 (t)
cos(a + b) + cos(a − b)
avec la formule trigonométrique cos a × cos b =
2
"
−−→
= a1 (M) a2 (M) cos (ω1 + ω2 ) t − (~k1 + ~k2 ) · OM−?1 (t)−?2 (t) + · · ·
#
−−→
· · · + cos (ω1 − ω2 ) t − (~k1 − ~k2 ) · OM−?1 (t)+?2 (t)
✧ En prenant la valeur moyenne temporelle, le premier terme est obligatoirement de valeur moyenne
nulle puisque du type hcos(ω t)i et il reste ainsi
* +
−−→
2 s1(M,t) × s2 (M,t) = a1 (M) a2 (M) cos (ω1 − ω2 ) t − (~k1 − ~k2 ) · OM−?1 (t)+?2 (t)
I·1·iii – interférences
✧ Rappelons que même pour un détecteur rapide (temps de réponse en 10−9 s), les fréquences optiques
sont telles (1015 Hz) qu’il « voit » au moins 106 oscillations, i.e. il n’en perçoit que la moyenne.
✧ Ici pour que le terme interférentiel soit non nul, il faut que la moyenne d’un cosinus soit non nulle.
✧ Or pour qu’un cos (ω t + ϕ) soit de moyenne non nulle il est nécessaire que son argument soit indépen-
dant du temps.
✧ Ici l’argument du cosinus se décompose en trois termes.
➜ « (ω1 − ω2 ) t » ne peut être indépendant du temps que si ω1 = ω2 . Nous retrouvons là la
condition de synchronisme.
−−→
➜ « (~k1 − ~k2 ) · OM » ne dépend que de la géométrie et de l’espace. C’est indépendant du temps,
ce terme ne pose donc pas de problème.
➜ « −?1 (t)+?2 (t) » ne peut être indépendant du temps que si ?1 (t) =?2 (t) car les fonctions ?1 (t) et
?2 (t) non seulement sont totalement aléatoires mais en plus sont complètement indépendantes
l’une de l’autre. Or la condition ?1 (t) =?2 (t) implique que les ondes viennent du même train
d’onde, c’est la condition de cohérence.
✧ C’est la raison pour laquelle dans la vie courante il est rare de voir des interférences car il faut un
montage particulier ou au moins une situation particulière pour éviter que la lumière ne se mélange
© Matthieu Rigaut 8 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) I·1 – Condition d’existence : cas de deux OPPM
de trop. Les manifestations les plus fréquentes d’interférences dans la vie courante sont les irisations
des bulles de savon (ou de flaque d’huile).
I·1·iv – éclairement
✬ réécriture
✧ Supposons désormais que les conditions d’interférences soient remplies, i.e. que nous avons
✧ Comme le cosinus est constant (nous avons tout fait pour !), sa valeur moyenne est égale à lui-même
−−→
E (M) = E1 (M) + E2 (M) + a1 (M) a2 (M) cos (~k1 − ~k2 ) · OM
* +
−−→ a1 2 (M) p
E1 (M) = a1 2 (M) ω1 t − ~k1 · OM−?1 (t) E1 (M) = a1 (M) = 2 E1(M)
2
Formule de Fresnel
Pour deux ondes qui interfèrent, quelles que soient leurs natures, l’éclairement s’écrit
p
E (M) = E1 (M) + E2 (M) + 2 E1 (M) E2 (M) × cos(∆ϕ) où :
∆ϕ est la différence de phase entre les ondes ondes au point M.
Pour deux ondes de même amplitude qui interfèrent, quelles que soient leurs natures,
l’éclairement s’écrit
Emax
E (M) = 1 + cos(∆ϕ) où :
2
∆ϕ est la différence de phase entre les ondes ondes au point M.
E (M) = E0 + E0 + 2 E0 cos(∆ϕ)
✧ D’où le résultat avec Emax = 4 E0 .
© Matthieu Rigaut 9 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) I·1 – Condition d’existence : cas de deux OPPM
✧ L’intérêt de la notation Emax est de normaliser la fonction « éclairement » par sa valeur maximale.
✧ Insistons : cette loi n’est valable que pour l’interférence de deux ondes.
✧ À partir de trois ondes, il faut (presque) tout recommencer : partir des amplitudes complexes, les
sommer et calculer |s(M)|2 . La seule chose qu’il ne soit pas nécessaire de refaire c’est de retrouver les
conditions d’interférence à savoir la condition de synchronisme et la condition de cohérence.
✬ interprétation
L’interférence est dite constructive (resp. destructive) lorsque l’éclairement obtenu est
supérieur (resp. inférieur) à la somme des éclairements des deux ondes.
L’interférence de deux ondes est dite constructive lorsque l’éclairement est maximale et
elle est dite destructive lorsque l’éclairement est nul.
✧ Cette dernière interprétation est fondamentale puisque c’est celle quei sera à la base de l’exploitation
des figures d’interférence.
✬ résultat
L’interférence de deux OPPM faisant un angle ε ≪ 1 entre elles forme des plans de
λ
lumière parallèles entre eux, dans la direction moyenne des deux OPPM et distants de
ε
λ
ε
plans de lumière
~k1
ε
~k2
~k1
~k
~k2
✧ Il faut bien imaginer que les points où il y a interférence « bougent » extrêmement vite. Si vite que
nous ne voyons plus un point mais une ligne de lumière.
plans de lumière
~k
~k2
✧ Nous pouvons alors interposer un écran sur ces lignes de lumière, nous verrions alors des bandes
lumineuses espacées différemment suivant l’inclinaison de l’écran.
© Matthieu Rigaut 12 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) I·1 – Condition d’existence : cas de deux OPPM
écran ① écran ②
plans de lumière
i ℓ
~k1
~k2
écran ① écran ②
✬ distance
✧ Regardons de près deux bandes lumineuses sans oublier que les plans représentés sont des plans où
la phase des ondes sont maximales donc sont séparés de λ.
plans d’onde ①
~k1
ε
~k2
i
λ
H
ε/2
A B
plans d’onde ②
✧ Nous avons
λ ε AB/2
HB = λ AB = et tan =
cos(ε/2) 2 i
✧ Cela nous conduit à
AB λ
i= i=
2 tan 2ε 2 cos 2ε tan 2ε
© Matthieu Rigaut 13 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) I·2 – Interférences de deux ondes sphériques
λ λ
i= ε i=
2×1× 2
ε
écran
source
✧ La source, ponctuelle et monochromatique, est réalisée grâce à un laser traversant une lentille conver-
gente.
laser
✬ analyse
✧ Comme nous pouvons le constater sur le schéma ci-dessous, en prenant un point M quelconque de
l’écran, nous voyons que deux chemins de lumière y conduisent :
➜ celui qui va directement de S à M ;
➜ celui qui se réfléchit en I sur le miroir conformément aux lois de Snell-Descartes.
✬ interférences
✧ En considérant que les deux ondes qui parviennent en un point de l’écran sont de même amplitude,
nous pouvons utiliser la version simplifiée de la formule de Fresnel
Emax
E (M) = 1 + cos(∆ϕ)
2
✧ Reste à déterminer ∆ϕ . . .
2π 2π
∆ϕ = ϕ2 − ϕ1 où ϕ1 = k0 (SM)1 = (SM)1 et ϕ2 = (SM)2
λ0 λ0
2π 2πδ
∆ϕ = (SM)2 − (SM)1 ∆ϕ =
λ0 λ0
✧ Rappelons que l’énorme avantage de la différence de marche par rapport à la différence de phase est
que la première est une notion géométrique mesurable avec une règle sur un schéma dessiné alors
que la seconde est une notion temporelle mesurable avec un chronomètre lors de la projection d’une
vidéo.
λ0
(SM)2 − (SM)1 = nair SM − nair (SI + IM) +
2
✧ Commençons par déplier le miroir plan de manière à faire apparaître une source fictive S ′ .
© Matthieu Rigaut 15 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) I·2 – Interférences de deux ondes sphériques
α I α
S′
SI + IM = S ′ I + IM SI + IM = S ′ M
✧ Finalement avec nair = 1,000
λ0
δ = SM − S ′ M +
2
✧ Redessinons le schéma avec uniquement les points intéressants (n’oublions pas le miroir avec son
déphasage exceptionnel) et profitons-en pour poser un repérage.
S x
a
O π
~ux
S′ ~uz
~uy
Y action
−−→2
✧ Pour exprimer SM commençons par exprimer SM 2 = SM .
! 2
−−→ x − a/2 −−→2 2 a
SM = D SM = D + x − + y2
y 2
✧ De même pour S ′ M
! 2
−− → x + a/2 −− →2 2 a
S ′M = D ′
S M = D + x+ + y2
y 2
✧ Comme D est très grand devant x, y et a, nous pouvons faire un développement limité
1/2
1/2 2
a
2 x − a2 + y 2
2
+ y 2
SM = D + x − = D 1 + 2
2 D
2
DL
x − a2 + y 2
= D × 1 + 2
2D
✧ De même pour S ′ M
1/2
2 2
x + a2 + y 2
DL
x + a2 + y 2
′
S M = D 1 + = D × 1 +
D2 2 D2
2
2
x + a2 + y 2 x − a2 + y 2
′
S M − SM = D × 1✁ + 2
− 1✁ − 2
2D 2D
2 2
a
x+ 2
+ y✓✓2 − x − a2 − y✓✓2
=
2D
a a a a
x + ✁2✁ + x − ✁2✁ ✚ x + 2 −✚x+ 2
=
2D
ax
=
D
Y conclusion
ax
Dans la situation suivante où S et S ′ interfèrent nous avons S ′ M − SM =
D
M
S x
a
O
S′
D
✧ Nous pouvons remarquer que ce résultat est indépendant de y, chose qui n’a rien d’évident a priori.
K Remarque. Ce calcul est à savoir refaire !
✬ ordre d’interférence
✧ Nous voyons un motif se dessiner sur l’écran, un motif régulier.
Une frange brillante est une bande de lumière sur un écran où il y a des interférences.
Une frange sombre est une bande où il n’y a pas de lumière.
Une frange brillante (resp. sombre) correspond à une interférence constructive (resp.
destructive).
✧ Pour déterminer l’emplacement de ces franges, nous allons utiliser la notion d’ordre d’interférence.
✧ Concrètement, l’ordre d’interférence représente le décalage δ entre deux ondes, décalage compté en
« unité de longueur d’onde ».
départ λ arrivée
différents chemins
S M
S M
δ
! Rappelons que le vocable « demi-entier » est très mal choisi car trompeur. Un nombre demi-entier
n’est pas un nombre moitié d’un entier mais un nombre entier ajouté d’un demi comme 5,5 ou 27,5.
✬ interfrange
✧ Lors d’expérience d’interférence, le résultat est la figure d’interférence qu’il faut alors interpréter.
✧ Pour cela nous allons nous intéresser à sa structure (ici sa périodicité) et la relier aux sources.
✧ Il arrive parfois que l’interfrange est constante comme c’est le cas ici. Ce résultat n’a rien d’universel.
✧ Pour chercher l’interfrange, nous allons chercher l’abscisse xk correspondant à la frange d’ordre k.
δ (xk ) a xk 1 λ0 D λ0 D
=k + =k xk = ×k+
λ0 λ0 D 2 a 2a
✧ L’interfrange noté en général i vaut donc
λ0 D λ0 D λ0 D λ0 D λ0 D
i = xk+1 − xk i= × (k + 1) + − ×k− i=
a 2a a 2a a
✬ loi phénoménologique
✧ Nous pouvons constater que l’interfrange est directement fonction de a, c’est-à-dire des sources.
✧ C’est là tout l’intérêt des interférences : permettre de remonter à certaines caractéristiques géomé-
triques des sources à partir de mesures macroscopiques.
✧ Nous pouvons aussi constater un phénomène important.
Plus les causes sont petites, plus les conséquences sont grandes.
✧ Cela se voit dans le fait que plus a est petit, plus i est grand.
✧ Prenons un exemple. D = 3,0 m, λ0 = 632,8 nm et i = 0,20 mm alors
λ0 D
a= a = 9,5 mm
i
S1
S2
✧ Nous voyons qu’il est possible d’envisager l’existence de deux points sources distincts mais pouvant
interférer. Cela nécessite, certes, un montage, mais c’est tout à fait possible.
✧ Dans la suite nous allons donc considérer ces deux points sans nous soucier de la manière dont ils
ont été créés.
✬ figure d’interférence
M
S1
S2
Emax 2πδ
E (M) = 1 + cos ∆ϕ où ∆ϕ = avec δ = (S1 M) − (S2 M)
2 λ0
✧ Pour trouver la figure d’interférence, nous allons chercher les zones d’« isoéclairement ».
✧ Les zones isoE correspondent donc à des zones isoδ soit à des zones telles que (avec n = 1)
✬ représentation
✧ Voici la représentation des hyperboloïdes par Maple. La première c’est une vue de haut, la seconde
c’est une vue dans le plan un plan de coupe contenant les deux points sources.
✧ Initialement l’interféromètre de Michelson a été inventé pour mesurer de manière précise la diffé-
rence de vitesse de la lumière dans deux directions différentes.
✧ Le résultat négatif de l’expérience a été une des bases de la relativité restreinte.
✧ Comme le montre le schéma ci-dessous 2 , l’interféromètre était complexe avec ses 16 miroirs à régler,
nous utiliserons, pour notre part, une version plus simple.
✧ Nous nous utiliserons une version avec seulement deux miroirs et qui tient sur une paillasse de TP
M2
chariotable
S M1
source
M2
S M1
②’ ①’
source 0
①
②
✧ Le rayon lumineux :
➜ est d’abord séparé par la lame semi-réfléchissante semi-transparente en deux rayons, l’un se
dirigeant vers M1 et l’autre vers M2 ;
➜ le rayon se dirigeant vers M1 s’y réfléchit puis retourne vers la lame semi-réfléchissante semi-
transparente où il est séparé en deux rayons ① et ①’ ;
➜ de même le rayon se dirigeant vers M2 s’y réfléchit puis est séparé en deux rayons ② et ②’
par la lame semi-réfléchissante semi-transparente ;
➜ les rayons ①’ et ②’ retournent vers la source et sont perdus pour l’observateur ;
➜ les rayons ① et ② vont interférer.
✧ Finalement, comme les rayons ①’ et ②’ ne nous intéressent pas, nous représenterons la situation de
la manière suivante
© Matthieu Rigaut 25 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) I·3 – Interféromètre de Michelson
M2
S M1
source 0
①
②
M1 image de M1 par S
M2
lieu de la désormais oubliée
lame séparatrice S
vers l’écran
ce
la sour
vers éelle
r
✧ Il faut bien comprendre que ce schéma est un schéma équivalent et qu’aucun rayon ne traverse en
réalité M2 dans la zone entourée de rouge.
✧ Dans la suite nous ne représenterons plus la position de la séparatrice.
© Matthieu Rigaut 26 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) I·3 – Interféromètre de Michelson
I·3·iv – réglages
✧ Pour parler des réglages, nous regarderons uniquement les deux miroirs équivalents M1 et M2 .
✬ lame d’air
Lors d’un réglage en lame d’air, l’interféromètre est éclairé par une onde sphérique.
✧ Pourquoi ? Nous allons l’expliquer dans la suite mais il vaut mieux dès à présent commencer à
l’apprendre.
✬ coin d’air
Lors d’un réglage en lame d’air, l’interféromètre est éclairé par une onde plane.
S ′′ S ′′ S ′′
M1 M1 M1
M2 M2 M2
S S S
✧ Nous nous retrouvons alors dans le cas précédent, celui de l’interférence de deux ondes sphériques
avec observation dans un plan orthogonal aux sources.
Dans le cas d’un réglage en lame d’air, la figure d’interférence observée est un ensemble
de franges circulaires concentriques.
✧ Comme nous le justifierons dans la 2e partie de ce chapitre, l’observation expérimentale des interfé-
rences se fait à l’infini.
✧ L’infini optique est très facilement réalisé par la projection dans le plan focal d’une lentille conver-
gente.
M1
i
M2
i
②
①
L
S écran
M
✬ figure d’interférence
Y éclairement
✧ Comme nous avons affaire ici à l’interférence de deux ondes de même amplitude donc l’éclairement
s’écrit
Emax
E (M) = 1 + cos ∆ϕ
2
✧ Ici, la différence de phase s’écrit
© Matthieu Rigaut 28 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) I·3 – Interféromètre de Michelson
2πδ
∆ϕ = avec δ = (SM)1 − (SM2 )
λ0
✧ Reste à calculer la différence de marche.
Y différence de marche
Dans le cas d’un réglage en lame d’air d’épaisseur e la différence de marche s’écrit
δ = 2 e cos i où
i est l’angle d’incidence du rayon issu de la source.
I M1
i
A B
M2
S écran
M
δ = (SM)1 − (SM2 )
✟✟ + (AM) − ✟
(SA)
=✟ ✟✟ + (AI) + (IB) + (BM)
(SA)
= (AM) − AI + IB + (BM)
✧ Remarquons que les chemins optiques (AM) et (BM) ne sont pas égaux à AM et BM à cause de la
lentille.
✧ Pour continuer à simplifier, utilisons le raisonnement suivant
➜ d’après le principe de retour inverse de la lumière, M peut être considérée comme une source
engendrant les chemins de lumière (MA) et (MB) ;
➜ en voyant M comme une source, le théorème de Malus nous assure que (MK) = (MB) car
K et B serait sur un plan d’onde ;
➜ par conséquent nous pouvons dire que (KM) = (BM).
✧ Il s’en suit que
✘✘✘ − AI + IB + (BM)
✘✘
(AM) = (AK) + (KM) δ = (AK) + ✘
(KM) ✘✘
✧ Et finalement
δ = AK − AI + IB
! Erreur fréquente. K et B ne sont pas sur un plan de phase ou, ce qui revient au même, les ondes
réfléchies sur les miroirs M1 et M2 n’engendrent pas une onde plane ! Ce n’est pas parce que nous
considérons uniquement deux chemins de lumière qu’il s’agit d’une onde plane. Nous disons juste que
si M était une source, alors B et K seraient sur un plan d’onde.
✧ Désormais c’est de la géométrie. Faisons le schéma en plus gros.
i
i
A H B
i
i
K
✧ Nous avons
2e
AI + IB = 2 AI =
cos i
✧ De plus
sin2 i
AK = 2 AH × sin i = 2 e tan i × sin i = 2 e
cos i
✧ En regroupant
sin2 i 2e 1 − sin2 i
δ = AK − AI + IB = 2 e − = 2e× = 2 e cos i
cos i cos i cos i
Y interprétation
✧ Comme nous pouvons le constater, la différence de marche ne dépend que de i c’est-à-dire de l’angle
d’incidence du rayon.
✧ De plus la nature de l’interférence ne dépendant que de i, la figure obtenue sera symétrique par
rotation autour de l’axe optique et nous verrons des cercles.
Les franges observées suite aux interférences créées par l’interféromètre de Michelson
réglé en lame d’air sont appelées franges d’égale inclinaison.
✧ Voici des simulations réalistes d’interférences pour des épaisseurs décroissantes de lames d’air.
© Matthieu Rigaut 30 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) I·3 – Interféromètre de Michelson
✧ L’angle d’incidence se voit aussi sur l’écran car il correspond à l’angle ci-dessous, facilement accessible
expérimentalement.
Y ordre au centre
✧ Regardons la différence de marche au centre (i = 0) et déterminons l’ordre d’interférence p0 associé
2e
δ (i = 0) = 2 e p0 =
λ0
✧ Numériquement, pour e = 0,50 mm avec λ0 = 589 nm nous obtenons
p0 = 1,6.103
✧ Remarquons qu’aux chiffres significatifs près il n’est pas possible de donner la valeur suffisamment
exacte de l’ordre d’interférence permettant d’interpréter la frange au centre comme étant sombre ou
brillante.
© Matthieu Rigaut 31 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) I·3 – Interféromètre de Michelson
δ (ik ) 2e
= p0 − k et p0 = 2 e cos ik = 2 e − k λ0
λ0 λ0
✧ Ce qui mène à, compte-tenu de l’approximation des petits angles
r
ik 2 k λ0 k λ0
1− =1− ik =
2 2e e
✧ Comme le montre la figure ci-dessous et compte-tenu de l’approximation de Gauss, le rayon rk du
k-ième anneau brillant s’écrit
r
′ ′ k λ0
rk = f ik rk = f
e
rk
ik
écran
f′
Y contact optique
✧ Pour une lame d’air d’épaisseur nulle la différence de marche vaut δ = 0 partout !
K Remarque. Suivant le traitement des lames séparatrice et compensatrice, il peut arriver que la lame
d’épaisseur nulle corresponde à un éclairement nul partout suite à un déphasage de π lors d’une
réflexion.
I·3·vi – utilisation en coin d’air éclairée par une onde plane en incidence
quasi normale
✬ situation
✧ Regardons ce qui se passe au niveau des miroirs.
M1
α
M2 ~k2
~ki ~k1
2α
2α
✧ Chaque miroir renvoie une OPPM, nous avons donc ici affaire à l’interférence de deux OPPM.
✧ De plus comme le miroir M1 peut être vu comme le miroir M2 tourné de α, l’onde réfléchie a tourné,
elle, de 2 α.
À onde incidente fixée, lorsqu’un miroir plan tourne d’un angle θ, l’onde réfléchie tourne
d’un angle 2 θ.
α
2α
L’interféromètre de Michelson réglé en coin d’air d’angle α et éclairé par une onde
λ
plane crée une figure d’interférence constituée de franges parallèles distantes de .
2α
✬ figure d’interférence
I·4 – Bilan
✧ C’est le cas de l’interféromètre de Michelson pour lequel 50 % de l’énergie est réfléchie et 50 % est
transmise.
© Matthieu Rigaut 34 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) I·4 – Bilan
incidence transmission
✧ Ce n’est pas la seule manière de séparer l’énergie. Un simple morceau de verre permet aussi de séparer
l’énergie.
air verre
incidence transmission
Rénergie = 4 % Ténergie = 96 %
réflexion ramplitude = 0,2 tamplitude = 0,98
✧ Finalement peu importe le type d’interféromètre pour les calculs, l’avantage des interféromètres à
division d’amplitude c’est qu’ils sont en général plus lumineux.
✧ Notons enfin qu’il est nécessaire de connaître l’interféromètre en entier pour pouvoir l’associer à un
certain type.
II – Problèmes de cohérence
II·1 – Origine des incohérences
✧ Dans la première partie nous avons considéré des dispositifs éclairés par une source ponctuelle et
monochromatique.
✧ Les deux conditions nécessaires aux interférences étant dès lors obligatoirement vérifiées, il ne pouvait
qu’y avoir intérférence.
✧ En pratique les choses sont un peu plus complexe parce que les sources peuvent être soit non ponc-
tuelles (donc étendues) soit non monochromatiques soit . . . étendues et non monochromatiques.
✧ Nous allons regarder un peu plus précisément ce qui se passe dans ces conditions.
✧ Utilisons cette source étendue dans le montage du miroir de Lloyd et cherchons les chemins de
lumière qui peuvent arriver jusqu’en M.
M
S2
S1
Lorsque deux (ou plusieurs) sources n’interfèrent pas, l’éclairement résultant est la
somme des éclairements séparés.
✧ En d’autres termes nous allons exprimer l’éclairement E1 (M) créé par la source S1 comme si elle était
seule, puis nous ferons de même en exprimant l’éclairement E2 (M) créé par la source S2 comme si
elle était seule aussi et nous sommerons les deux pour avoir l’éclairement total.
✬ approche qualitative
✧ Comme nous pouvons le voir a priori les deux points sources ne vont pas engendrer le même système
de franges : l’un des deux étant plus loin de l’axe de référence que l’autre, ses franges vont être plus
ressérées.
✧ Juxtaposons les deux systèmes de franges obtenus.
✧ Nous voyons alors que, parfois, l’un éclaire dans une zone sombre de l’autre et réciproquement alors
qu’ailleurs les zones éclairées et sombres se superposent.
✧ Dans ces conditions nous allons voir des zones parfois complètement éclairées et parfois présentant
un système de franges.
✬ éclairement
Y expression (presque) générale
✧ Ici, comme l’éclairement du à la source S1 n’est autre que des interférences à deux ondes de même
amplitude, nous pouvons écrire directement
Emax1
E1 (M) = 1 + cos ∆ϕ1
2
✧ De même
Emax2
E2 (M) = 1 + cos ∆ϕ2
2
not
✧ En prenant le cas fréquent Emax1 = Emax2 = Emax
Emax
E (M) = 1 + cos ∆ϕ1 + 1 + cos ∆ϕ2
2
! !
Emax ∆ϕ1 + ∆ϕ2 ∆ϕ1 − ∆ϕ2
= 2 + 2 cos cos
2 2 2
Y expression particulière
✧ Représentons uniquement les points intéressants, à savoir M, S1 , S2 et leurs sources fictives associées
(respectivement S1′ et S2′ ).
M
S2
∆X ~ux
2 S1
x
~uz
a ~uy
O
D
a + ∆X
S1′
S2′
a x λ0
S1 S1′ = a δ1 = +
D 2
✧ De même pour S2
© Matthieu Rigaut 39 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) II·2 – Cohérence spatiale
(a + ∆X) x λ0
S2 S2′ = a + ∆X δ1 = +
D 2
✧ En remplaçant dans l’expression de l’éclairement nous obtenons
! !
π 2 a x + x ∆X π x ∆X
E (M) = Emax 1 + cos × +π cos
λ0 D λ0 D
✬ interprétation
✧ L’éclairement peut se réécrire sous la forme
! !
2πx 2πx λ0 D 2 λ0 D
E (M) = Emax 1 − cos cos où i= et ℓ=
i ℓ a ∆X
✧ Nous voyons que la présence d’un deuxième point source brouille les franges obtenues ; les interférences
sont moins visibles.
© Matthieu Rigaut 40 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) II·2 – Cohérence spatiale
II·2·ii – le miroir de Lloyd éclairé par une fente large – fonction sinus
cardinal
✬ agrandir la source dans le sens des franges
✧ Comme nous pouvons le voir dans le terme de constraste, la « cause » du brouillage est le décalage
∆X entre les deux sources.
✧ Comme la figure d’interférence ne dépend pas de y, si les deux sources sont décalées sur cet axe de
∆Y , cela engendrera deux systèmes de franges qui se superposeront exactement.
✧ Il n’y aura donc pas de véritable brouillage puisque la figure observée restera la même.
✧ Dans ces conditions la luminosité sera augmentée ce qui est très appréciable.
Dans le cas d’interférences donnant des bandes parallèle, prendre une fente source dans
la direction des bandes permet d’augmenter la luminosité dans créer de brouillage.
~ux
ℓ ~uy
~uz
L
✧ Sur le schéma ci-dessous ne ne nous préoccupons pas de la longueur L de la source sur ~uy dont nous
venons vu juste de voir qu’elle n’intervenait pas sur la figure d’interférence.
M
fente source
ℓ
✧ Pour traiter ce problème, nous allons simplement décomposer la source en une multitude de points
sources créant chacun une figure d’interférence.
✧ Nous allons décomposer la source de la manière suivante.
© Matthieu Rigaut 41 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) II·2 – Cohérence spatiale
ℓ
dX
P
a
2
X
a ℓ a ℓ
✧ Chaque point source sera repéré par son abscisse X telle que − 6X 6 + .
2 2 2 2
✧ Comme aucun des points sources n’interfère avec son voisin, nous allons sommer les éclairements
créés par chacun de ses points sources
X
E (M) = dE (M)
Z
✧ Techniquement, la somme s’écrit E (M) = dE (M), mais ce n’est qu’un détail de calcul.
✧ Cherchons dE (M).
✧ En ce qui concerne dEmax , en considérant la source uniforme en intensité, nous pouvons dire que si
la largeur ℓ éclaire à Emax alors la largeur dX éclaire à
dX
dEmax = Emax ×
ℓ
✧ Pour la différence de marche, nous pouvons reprendre les résultats de la première partie.
✧ Comme la source fictive qui interfère avec le point source considéré est à une distance 2 X de celle-ci,
la différence de marche s’écrit
(2 X) x λ0
δ (X,x) = +
D 2
✧ Finalement, un point source de largeur dX crée l’éclairement
! !
Emax 2π2X x Emax 2π2X x
dE (M) = 1 + cos + π dX dE (M) = 1 − cos dX
2ℓ D λ0 2ℓ D λ0
Y éclairement total
✧ Maintenant, ce n’est que du calcul, il suffit de sommer en faisant attention aux bornes
Z a/2+ℓ/2
E (M) = dE (M)
a/2−ℓ/2
Z !
a/2+ℓ/2
Emax 2π2X x
= 1 − cos dX
a/2−ℓ/2 2ℓ D λ0
Z a/2+ℓ/2 Z a/2+ℓ/2
Emax 2π2X x
= 1 dX − cos dX
2ℓ a/2−ℓ/2 a/2−ℓ/2 D λ0
" #a/2+ℓ/2
2π2X x
sin
Emax D λ0
a/2−ℓ/2
= ℓ −
2ℓ 2π2x
D λ0
2 π x (a + ℓ) 2 π x (a − ℓ)
sin − sin
Emax
D λ0 D λ0
= ℓ −
2ℓ 2π2x
D λ0
! !
a+b a−b
✧ Et avec sin a − sin b = 2 cos sin nous obtenons
2 2
2πxℓ
ℓ sin
Emax
ℓ − 2✁ × D λ 0 2 π x a
E (M) = × cos
2ℓ
2✁ π 2 x ℓ D λ0
D λ0
sin θ
✧ Nous voyons apparaître une fonction que nous rencontrons souvent : sinc(θ) = .
θ
!
Emax 2πxℓ 2 π x a
E (M) = 1 − sinc × cos
2 D λ0 D λ0
K Remarque. Comme ce n’est pas une « vraie » fonction mathématique, il est possible de rencontrer
d’autres définition du sinus cardinal.
© Matthieu Rigaut 43 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) II·2 – Cohérence spatiale
sinc
−4 π −2 π 2π 4π θ
−5 π −3 π −π π 3π 5π
La fonction sinc(x) est nulle pour les x qui annulent sin x sauf pour x = 0 pour laquelle
sinc(0) = 1.
✧ Peu importe les positions et les valeurs « exactes » des maximas secondaires : nous ne les mesurons
jamais.
1
✧ En revanche, il faut bien se rappeler que sinc(x) a une décroissance en qui est « lente ».
x
Y interprétation
✧ Revenons à l’éclairement obtenu avec une fente large pour le miroir de Lloyd.
✧ Comme précédemment, nous pouvons écrire le terme d’éclairement sous la forme
terme de variation rapide de frange en cos × terme de variation lente de constraste en sinc
E E
enveloppe caractérisant le
constraste
x x
II·2·iii – le constraste
✧ Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, lorsque les sources ne sont plus ponctuelles il peut y
avoir brouillage au sens où les franges obtenues ne sont plus parfaitement contrastée.
!
2πδ
E (M) = Emax 1 + cos
λ0
✧ Il s’agit là en fait d’une des principales raisons qui font que cet interféromètre est très pratique, il
est très lumineux et c’est plus qu’utile en TP.
✧ Il s’agit là d’un cas exceptionnel, n’en doutons pas !
K Remarque. En revanche quand l’infini optique n’est pas rigoureux, il peut y avoir brouillage, c’est
normal. L’auteur ne doute pas un seul instant avoir l’occasion de le répéter en TP.
✧ Les plans verts sont les plans d’éclairement maximal retrouvés géométriquement.
✧ Si une onde plane arrive avec un angle légérement différent, les plans d’éclairement maximal n’auront
pas la même direction.
© Matthieu Rigaut 46 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) II·2 – Cohérence spatiale
✧ Si maintenant nous superposons « beaucoup » d’ondes planes incidentes avec des angles d’indicence
différents, nous voyons que l’espace tout entier est éclairé.
✧ Tout entier ? Non. Près des miroir il reste une zone épargnée par les plans de lumière, il reste des
zones d’ombre autrement dit il reste des franges.
Dans le cas de l’interféromètre de Michelson réglé en coin d’air et éclairé par une
source large en incidence quasi-normale, il y a brouillage partout sauf au niveau des
miroirs.
✧ Ceci explique pourquoi lorsque nous avions présenté une simulation d’interférence en coin d’air il n’y
avait d’interférences que dans un cercle : c’est parce que nous avions simulé l’image des miroirs.
α ① e(x)
✧ La différence de marche est immédiate : il s’agit du chemin optique parcouru par l’onde ② « à
l’intérieur » du coin.
✧ Géométriquement, comme α est petit nous avons
δ = 2 e(x) δ = 2αx
✧ L’interfrange se retrouve alors rapidement en commençant par chercher la position xk de la frange
d’ordre k.
λ0
δ = 2 α xk = k λ0 xk = k ×
2α
✧ Puis l’interfrange est obtenue par
λ0
i = xk+1 − xk i=
2α
✬ interfrange
Pour un interféromètre de Michelson réglé en coin d’air, l’interfrange sur les miroirs
λ0
vaut .
2α
✧ Insistons sur le fait qu’il s’agit là d’interfrange au niveau des miroirs, car, en TP, ces franges seront
toujours observées à l’aide d’une projection réalisée par une lentille convergente.
✧ Pour mesurer l’angle α il faudra alors tenir compte du grandissement de la lentille, grandissement
qu’il faudra mesurer.
τ × ∆ν ∼ 1
✧ Même si les lasers ne sont pas parfaitement monochromatiques, il s’en rapprochent beaucoup.
✧ Ainsi si nous considérons un point source émettant plusieurs radiations, nous n’aurons « qu’» à
sommer les éclairement obtenus.
© Matthieu Rigaut 48 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) II·3 – Cohérence temporelle
✧ Comme cela ne se voit pas très bien sur le schéma ci-dessus, il y a 4 ondes qui arrivent en M :
➜ deux ondes de longueur d’onde λ1 qui interfèrent en M ;
➜ deux ondes de longueur d’onde λ2 qui interfèrent en M ;
➜ mais les ondes de longueur d’onde λ1 n’interfèrent pas avec celle de longueur d’onde λ2 .
✧ L’énorme avantage par rapport à la cohérence spatiale c’est que, cette fois, la différence de marche
est la même quelles que soient les radiations envisagées.
✧ En considérant que les deux éclairements sont les mêmes 3 nous obtenons
!
Emax 2πδ 2πδ
E (M) = 2 + cos + cos
2 λ1 λ1
! !
Emax 1 1 1 1
= 2 + 2 cos π δ × + × cos π δ × −
2 λ1 λ2 λ1 λ2
✧ Rappelons, et ce n’est pas anodin, que la différence de marche δ est la même quelle que soit la
radiation envisagée et pas seulement parce qu’il s’agit de l’interféromètre de Michelson.
3. Cece n’est pas tout à fait vrai pour le doublet du sodium.
Y simplification
✧ Étant donné les ordres de grandeurs mis en jeu, nous pouvons écrire
λ2 = λ1 + ∆λ avec ∆λ ≪ λ1
1
✧ Dans ces conditions nous pouvons simplifier les expressions en λ
au premier ordre non nul.
✧ Cela donne d’abord l’ordre 0 pour
1 1 2
+ =
λ1 λ2 λ1
✧ En revanche, pour l’autre terme il faut aller jusqu’à l’ordre 1
!
1 1 1 1 1 1 ∆λ
+ = 1− + = 2
λ1 λ2 λ1 1 + ∆λ/λ1 λ1 λ2 λ1
✧ En remplaçant ces expressions dans l’éclairement nous obtenons.
! !
2πδ π δ ∆λ
E (M) = Emax 1 + cos × cos
λ1 λ1 2
Y interprétation
✧ Une fois de plus ( !) nous voyons apparaître un éclairement sous la forme
✧ Remarquons que le repérage des brouillages successifs en fonction de e permet de remonter à ∆λ.
© Matthieu Rigaut 50 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) II·3 – Cohérence temporelle
✬ mesurer ∆λ
✧ Pour simplifier, et parce que l’expérience montre que le contraste est à peu près uniforme, raisonnons
sur i = 0.
2∆e + λ1 + ∆λ
2∆e + λ1 + ∆λ = k (λ1 + ∆λ) = k (λ1 + ∆λ)k λ1
2∆e
✧ Nous en déduisons
λ1 + ∆λ ∆λ
1+ =1+
2 ∆e λ1
✧ Et comme ∆λ ≪ λ1 nous obtenons
λ1 2
∆λ =
2 ∆e
✧ Ce qui donne
π 2 ek ∆λ π λ1 2 λ1 2
2 = +kπ ek = +k
λ1 2 4 ∆λ 2 ∆λ
λ1 2 λ1 2
∆e = ∆λ =
2 ∆λ 2 ∆e
✧ Ce qui est bien évidemment le même résultat que précédemment.
© Matthieu Rigaut 51 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) II·3 – Cohérence temporelle
✧ Représentons le spectre de la source non pas fréquentiellement mais en fonction du nombre d’onde.
I ∆σ
σ0 σ
✧ Comme réprésenté ci-dessus, nous pouvons décomposer cette source polychromatique en source quasi-
monochromatique de nombre d’onde σ et de largeur dσ.
✧ Avec une intensité totale Emax émise par la bande ∆X, nous pouvons dire que la petite portion
« quasi-monochromatique » de largeur dσ possède une intensité
dσ
dEmax = Emax ×
∆σ
✬ éclairement
✧ Comme pour les problèmes de cohérence spatiale, nous allons simplement sommer les éclairements
produits par chaque source quasi-monochromatique.
✧ Comme chacune de ces sources engendre des interférences à deux ondes de même amplitude nous
avons
Z
E (M) dE (M)
Z σ0 +∆σ/2
Emax
= 1 + cos(2 π δ σ) dσ
σ0 −∆σ/2 ∆σ
✧ Rappelons ici que la différence de marche δ ne dépend pas de la radiation puisqu’il n’y a qu’un seul
point source.
✧ Remarquons aussi l’intérêt de représenter la source en terme de nombre d’onde : l’intégration n’en
δ
est que plus facile car primitiver cos par rapport à x pose quelques soucis.
x
✧ Nous obtenons ainsi
© Matthieu Rigaut 52 / 59 Version du 1 sept. 2012
PC⋆ , Fabert (Metz) II·3 – Cohérence temporelle
Z σ0 +∆σ/2 Z σ0 +∆σ/2
Emax
E (M) = × 1 dσ + cos(2 π δ σ) dσ
2 ∆σ σ0 −∆σ/2 σ0 −∆σ/2
σ0 +∆σ/2
Emax sin(2 π δ σ) σ0 −∆σ/2
= ×∆σ +
2 ∆σ 2πδ
Emax sin (2 π δ (σ0 + ∆σ/2) − sin (2 π δ (σ0 − ∆σ/2)
= × ∆σ +
2 ∆σ 2πδ
!
Emax 2✁ × cos(2 π δ σ0 ) × sin(π δ ∆σ)
E (M) = × ∆σ +
2 ∆σ 2✁ π δ
!
Emax sin(π δ ∆σ)
= × ∆σ + ∆ σ × × cos(2 π δ σ0 )
2 ∆σ π δ ∆σ
✧ Nous voyons apparaître à nouveau la fonction sinus cardinal (ce n’est pas la dernière fois !)
Emax
E (M) = × 1 + sinc(π δ ∆σ) × cos(2 π δ σ0 )
2
✬ interprétation
✧ Nous avons une fois de plus un système de frange dont la visibilité est non uniforme : il y a des zones
de brouillage.
✧ Qualitativement la fonction éclairement est la suivante
E E
enveloppe caractérisant le
constraste
x x
✧ Nous pouvons tout d’abord remarque que nous obtenons strictement la même chose que lorsque le
brouillage était du à une incohérence spatiale.
✧ Faisons l’approximation que le contraste est nul dès lors que sinc(x) est faible soit dès que x > 5π.
✧ Cette approximation implique que |sinc(x)| < 51π ∼ 7 % ce qui est une approximation raisonnable.
✧ Nous avons alors
5
π δ ∆σ > 5 π δ>
∆σ
✧ Or nous avons
1 ν ∆ν
σ= σ= ∆σ =
λ c c
✧ De plus, en notant τc la durée d’émission d’un train d’onde, nous savons déjà que
c
τc × ∆ν ∼ 1 et ℓc = c τc ∆ν ∼
ℓc
✧ en remplaçant le tout nous obtenons qu’il y a brouillage pour
δ > 5 ℓc
✧ En repensant doucement aux différentes notions que cela implique, un résultat contraire aurait été
surprenant !
ℓc
α<
2d
2.10−3
αmax ∼ ∼ 10−2 rad ou αmax ∼ 1 ◦
8.10 −2
✧ 1 ◦ en optique, c’est énorme ! Nous verrons donc toujours des franges avec un interféromètre de Mi-
chelson réglé en coin d’air et éclairé par une lampe à vapeur de sodium . . . pourvu que l’observation
soit suffisamment proche de l’arrête.
✧ Pour la lumière blanche, ℓc ∼ 1 µm ce qui conduit à
1.10−6
αmax ∼ ∼ 10−5 rad ou αmax ∼ 1 ′′
8.10 −2
✧ Cette valeur étant très faible nous n’observerons jamais des interférence sur toute la surface des
miroirs à moins d’avoir réalisé un réglage exprès pour.
✧ En pratique l’angle du coin d’air sera supérieur et nous verrons des interférence sur une portion de
la surface seulement pourvu là aussi d’être assez proche de l’arrête.
2e 1 2e 1
− <p< −
800 nm 2 400 nm 2
! Le spectre cannelé est dû à des interférences mais ce n’est pas une figure d’interférence. En particu-
lier :
II·4 – Bilan
II·4·i – éclairement et cohérence
✧ Lorsqu’il y a interférence à deux ondes de même amplitude l’éclairement s’écrit
!
Emax 2πδ
E (M) = 1 + cos
2 λ0
δ
✧ Le terme de frange fait intervenir le rapport :
λ0
➜ si à un point M donné δ varie, nous sommes confronté à des problèmes de cohérence spatiale ;
➜ si à un point M donné λ varie, nous sommes confronté à des problèmes de cohérence tempo-
relle ;
✧ Même si, physiquement, les problèmes de cohérence ont des causes de nature très différentes, les
conséquences sont similaires puisqu’elles impliquent le même terme, le terme de frange.
Les interférences sont dites localisées quand, à cause de problèmes de cohérence, elles ne
sont visibles que dans une portion restreinte de la zone d’interférence.
ponctuelle pas
non localisée
à l’infini
lame d’air
large pas à localisée à
l’infini l’infini
ponctuelle à
non localisée
l’infini
coin d’air
localisée sur les
large à l’infini
miroirs
Interférences
Au niveau du cours
✬ Programme concerné
✧ Programme de 2e année :
➜ I.D.2. Interférences.
✬ Les définitions
✧ Sont à savoir :
➜ synchronisme ;
➜ zone d’interférence ;
➜ dispositif à division de front d’onde, à division d’amplitude ;
➜ déphasage, différence de marche, ordre d’interférence ;
➜ franges, interfrange ;
➜ interféromètre de Michelson, séparatrice ;
➜ coin d’air, lame à faces parallèles, lame d’air ;
➜ franges d’égale inclinaison, franges d’égale épaisseur ;
➜ contact optique ;
➜ cohérence spatiale, cohérence temporelle.
✬ Les grandeurs
✧ Connaître les petites relations suivantes ainsi que leur interprétation :
2π δ
➜ ϕ= .
λ0
✧ Connaître les valeurs de :
➜ longueurs d’onde du laser He-Ne, longueur d’onde du doublet du sodium.
✬ Les lois
✧ Sont à connaître :
➜ expression de l’éclairement de l’interférence entre deux ondes de même amplitude ;
➜ expression de la différence de marche entre deux rayons issus de deux sources ponctuelles ;
➜ expression de la différence de marche pour un coin d’air.
✬ la phénoménologie
✧ Savoir :
➜ décrire le dispositif interférentiel du miroir de Lloyd ;
➜ interpréter l’éclairement en termes de franges sombres et claires ;
➜ interpréter les franges claires et sombres en terme d’ordre d’interférence ;
➜ décrire l’interféromètre de Michelson ;
➜ interpréter le brouillage lors d’un élargissement spatial de la source ;
➜ interpréter le brouillage lors d’un élargissement fréquentiel de la source.
Au niveau de l’analyse
✬ Analyse physique
✧ Savoir :
➜ savoir reconnaître un dispositif interférentiel à division du front d’onde d’un dispositif inter-
férentiel à division d’amplitude.
✬ exercices classiques
✧ Savoir :
➜ retrouver la différence de marche entre deux rayons pour une lame d’air à faces parallèle ;
➜ retrouver les rayons des anneaux d’égale inclinaison pour le Michelson réglé en lame d’air ;
➜ retrouver la figure d’interférence pour le Michelson réglé en lame d’air avec une source non
monochromatique.