0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
49 vues100 pages

Cours Analyse 1

Ce document présente un cours sur les nombres réels, abordant leur définition axiomatique et les propriétés fondamentales des ensembles de nombres. Il explique les relations d'ordre, les concepts de minorants et majorants, ainsi que les notions de borne supérieure et inférieure. Des propositions illustrent l'absence de solutions rationnelles pour certaines équations, soulignant la nécessité des nombres réels.

Transféré par

i.elagri9793
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
49 vues100 pages

Cours Analyse 1

Ce document présente un cours sur les nombres réels, abordant leur définition axiomatique et les propriétés fondamentales des ensembles de nombres. Il explique les relations d'ordre, les concepts de minorants et majorants, ainsi que les notions de borne supérieure et inférieure. Des propositions illustrent l'absence de solutions rationnelles pour certaines équations, soulignant la nécessité des nombres réels.

Transféré par

i.elagri9793
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Université Cadi Ayyad Année univérsitaire : 2020/2021

Faculté Des Sciences Semlalia Département de Mathématiques


Marrakech Analyse 1-Filière SMIA-S1

???

Chapitre 1 : Les nombres réels


Cours du 02/11/2020 au 07/11/2020

???

Le résultat essentiel qui fait l’objet de ce chapitre est donné comme (dans le théorème) suivant :

L’ensemble des nombres réels, noté R, est un corps commutatif, totalement ordonné, Archi-
médien et, satisfait à l’axiome de la borne supérieure.

La suite du cours consiste à expliquer chaque notion voire les propriétés fondamentales de
l’ensemble R introduite dans ce théorème.

1 Introduction
1.1 Les ensembles de nombres usuels
On rappelle les ensembles usuelles de nombres et leurs notations :
•L’ensemble des entiers naturels
Il est noté N = {0, 1, 2, ...}. Il contient en particulier les entiers pairs et impairs ainsi que les
nombres premiers. La somme de deux entiers naturels est un entier naturel de même que leur
produit. Par contre la diffèrence de deux entiers naturels n’est pas nécessairement un entier
naturel.
On notera N∗ l’ensemble N\{0}.
•L’ensemble des entiers relatifs
Il est noté Z = {. . . , −2, −1, 0, 1, 2, . . .}. La somme de deux entiers relatifs est un entier relatif de
même que leur produit et leur différence. Tout entier naturel est un entier relatif, i.e. Z ⊂ Z. On
notera Z∗ = Z\{0}.
• L’ensemble des nombres rationnels
Il est noté Q et est défini par Q = { pq |p ∈ Z, q ∈ N∗ } . Q vérifie un certain nombre de propriétés
algébriques, qui font qu’on appelle Q un corps :
— 0 ∈ Q;
— Si x ∈ Q, alors −x ∈ Q
— Si x, y ∈ Q, alors x + y ∈ Q ;
— Si x, y ∈ Q, alors xy ∈ Q ;
— Si x ∈ Q et x 6= 0, alors x1 ∈ Q.

1
•L’ensemble des nombres décimaux
Un exemple de sous-ensemble de Q est l’ensemble des nombres décimaux :

p
D={ |p ∈ Z, k ∈ N}.
10k

Comme précédemment, on notera Q∗ = Q \ {0} et D∗ = D \ {0}.

Proposition 1.1

Un nombre est rationnel si et seulement s’il admet une écriture décimale finie ou infinie
périodique.

Exemple :
3 1
= 0, 6 = 0, 3333 . . . 1, 179 ←
325
→ 325 ←→ . . .
←→ 325
5 3
La démonstration du sens direct repose sur la division euclidienne. On peut montrer sur un
exemple, réciproquement, que tout nombre dont l’écriture décimale comporte une partie décimale
finie peut s’écrire comme une fraction (0,125=125/1000) et que, dans le cas où la partie décimale
est périodique, il existe une méthode pour mettre le nombre en fraction.
Soit x = 56, 34 ←
2021 ←−→ . . ., ona :
−→ 2021

100x = 5634, 2021 ←−→ . . .


←−→ 2021 (1)

et
10 000 × 100x = 5634 2021, 2021
←−→ . . . (2)

Donc si on les soustrait en faisant (2)-(1) alors les parties décimales s’annulent :

10 000 × 100x − 100x = 56 342 021 − 1234

donc 999 900x = 56 340 787 donc


56 340 787
x= .
999 900
Et donc bien sûr x ∈ Q.

Il est clair que N ⊂ Z ⊂ D ⊂ Q.

Exercice :

Soit M = 0, 2021 2021 2021 . . . . . . Donner le rationnel dont l’écriture décimale est M .
Solution : Remarquons que 10 000 × M = 2021, 2021 2021 . . . Alors 10 000 × M − M = 2021 ; donc
9999 × M = 2021 d’où M = 2021
9999 .
Proposition 1.2

Il n’existe aucun nombre rationnel x tel que x2 = 2.

2
Preuve : (TD)
Supposons qu’il existe x = pq ∈ Q tel que p2 = 2q 2 avec p et q sont premiers entre eux. Cela
impliquerait que 2 divise p2 et par conséquent p aussi (puisque 2 est premier). On peut donc écrire
p = 2m et on aurait ainsi 4m2 = 2q, soit q 2 = 2m2 . On refait le même raisonnement pour q, pour
aboutir au fait que 2 divise q. Ce qui contredit le fait que p et q sont premiers entre eux.

Pourtant, cet x solution de x2 = 2 est un nombre "réel" que l’on peu dessiner : c’est la longueur
de la diagonale d’un carré de côté 1 ! Il manque quelque chose à Q et ce quelque chose, c’est
l’ensemble des nombres réels qui contient l’ensemble des nombres rationnels Q et d’autres réels
qui sont dit irrationnels.

Dans ce qui suit on va définir l’ensemble des nombres réels de façon axiomatique. C’est-à- dire
que l’on appellera ensemble des nombres réels, tout ensemble qui verifiera certaines propriétés
qu’on nommera axiomes. Comme on le verra plus tard, on definit R partir de quinze axiomes.
Parmi les quinze axiomes, Q en vérifie quatorze. L’ensemble des rationnels Q ne vérifie pas
le 15ème axiome. Ce dernier axiome introduit la notion de Minorants, Majorants, Sup, inf et
relations d’ordre. C’est ce que nous allons définir dans la suite.

2 Définition axiomatique des nombres réels


2.1 Relations d’ordre.
Définition 2.1

Soit E un ensemble.
1. Une relation R sur E est un sous-ensemble de l’ensemble produit E × E. Pour
(x, y) ∈ E × E, on dit que x est en relation avec y et on note xRy pour dire que
(x, y) ∈ R.
2. Une relation R est une relation d’ordre si
— R est réflexive : pour tout x ∈ E, xRx,
— R est antisymétrique : pour tout x, y ∈ E, (xRy et yRx) =⇒ x = y,
— R est transitive : pour tout x, y, z ∈ E, (xRy et yRz) =⇒ xRz.

Exemple 1
1. Dans l’ensemble Q des nombres rationnels, la relation définie par

xRy ⇐⇒ x ≤ y

est une relation d’ordre car :


— ≤ est réflexive : pour tout x ∈ Q, x ≤ x,
— ≤ est antisymétrique : pour tout x, y ∈ Q, (x ≤ y et y ≤ x) =⇒ x = y,
— ≤ est transitive : pour tout x, y, z ∈ Q, (x ≤ y et y ≤ z) =⇒ x ≤ z.
2. De même 6 sur N, Z est l’ordre naturel.

3
3. Sur E = N∗ , on définit R par ∀m ∈ N∗ , mRn ⇔ m | n . R est une relation d’ordre car :
— m | m;
— (m | n) et (n | m) ⇒ m = n ;
— (m | n) et (n | p) ⇒ m | p.
4. Soit X un ensemble non vide et E ∈ P (X). Alors R défini par ARB ⇔ A ⊂ B sur E est une
relation d’ordre sur E.
5. Soit X un ensemble non vide et E = F (X, R) 1 . Pour f, g ∈ E on pose f 4 g ⇔ ∀x ∈
X, f (x) 6 g (x). Alors 4 est une relation d’ordre dans F (X, R).

Définition 2.2

Une relation d’ordre R sur un ensemble E est totale si pour tout x, y ∈ E on a xRy ou yRx.
On dit aussi que (E, R) est un ensemble totalement ordonné.

Exemple 2
— (Q, 6) est un ensemble totalement ordonné. En effet : si x et y sont deux rationnels, alors ou
bien x ≤ y ou bien y ≤ x
— Il y a des ordres qui ne sont pas totaux :
— (N∗ , |) car 2 et 3 ne sont pas comparables.

Remarque 1
Dans toute la suite, on note xRy par x ≤ y et par x < y si (x ≤ y et x 6= y)

2.2 Minorants, Majorants, Sup, inf, Max, Min

Définition 2.3

Soit (E, 6) un ensemble ordonné, A ⊂ E tel que A 6= ∅ et x ∈ E.


1. On dit que :
— M majore A si ∀x ∈ A, M > x : M est un majorant de A.
— m minore A si ∀x ∈ A, m 6 x : m est un minorant de A.
2. On note les propriétés suivantes :
— A est majorée si elle admet au moins un majorant.
— A est minorée si elle admet au moins un minorant.
— A est bornée s’il est majorée et minorée.
3. — Un élément a ∈ A est le plus grand élément de A si, pour tout x ∈ A, x ≤ a.
Lorsqu’il existe, on note le plus grand élément a = max A.
— De même, b ∈ A est le plus petit élément de A si, pour tout x ∈ A, x ≤ b. Lorsqu’il
existe, on note le plus petit élément b = min A.

1. E est l’ensemble des fonctions de X dans R.

4
Proposition 2.1

Si une partie A admet un plus grand (respectivement plus petit) élément, alors il est unique

Démonstration :
Si a2 et a1 sont deux plus grands éléments, alors a1 6 a2 et a1 > a2 donc a1 = a2 .

Exemple 3
— Toute partie bornéé de N ou de Z admet un plus petit et un plus grand élément.
— L’ensemble N muni de ≤ admet zéro comme plus petit élément. L’ensemble Z muni de ≤
n’admet pas de plus petit élément, ni de plus grand élément.

2.3 Borne supérieure, borne inférieure

Définition 2.4

Soit E un ensemble muni d’une relation d’ordre notée ≤. Soit A ⊂ E. Un élément M ∈ E


est appelé borne supérieure de A, noté M = sup A, si
— M est un majorant de A.
— M est le plus petit des majorants de A.
De même, on dit que m ∈ E est la borne inférieure de A, noté m = inf A, si
— m est un minorant de A.
— m est le plus grand des minorants de A.

Clairement, si la borne supérieure de A existe, elle est unique.

Piège ! Il peut exister des parties non vides, majorées mais sans borne supérieure.
La proposition suivante nous fournit l’exemple qui prouve celà
Proposition 2.2

Soit A = {x ∈ Q : x2 < 2}. Alors sup(A) et inf(A) n’existent pas dans Q.

Preuve : (TD)
On a
∀x ∈ A : −2 < x < 2

L’ensemble A est donc majoré et minoré. Supposons maintenant que sup(A) existe et que

p
sup(A) = ∈Q
q

sup(A) est un majorant et par définition de l’ensemble A, on a :

∀x ∈ A : x2 < 2 et x2 < (sup(A))2

Comme l’équation x2 = 2 n’a pas de solutions dans Q (voir Proposition 1.2), il en résulte deux

5
possibilités pour sup(A) :

p2 p2
(sup(A))2 = < 2 ou bien (sup(A))2
= >2
q2 q2

Supposons par exemple que


p2
< 2.
q2
Montrons d’abord que pour tout n ∈ N vérifiant

( 2p
q + 1)
n> p2
2− q2

On a :
p 1
( + )2 < 2.
q n
En effet :
p 1 p2 2p 1 p2 2p 1
( + )2 = 2 + + 2 < 2+ + (∗)
q n q qn n q qn n
La relation (*) implique que ( pq + n1 ) ∈ A. D’autre part, puisque on a toujours

p p 1
< + ,
q q n

on a
p p 1
sup(A) = < + ∈A
q q n
2
Notre hypothèse pq2 < 2 nous a permis de trouver un élément de l’ensemble A qui dépasserait
strictement le sup de A. Ceci est en contradiction avec la définition du sup(A) qui est un majorant
de A ; donc vérifierait normalemant :

∀x ∈ A : sup(A) ≥ x

p2
Conclusion l’hypothèse q2
< 2 est impossible. On démontre de la même manière que l’hypothèse
p2
q2
> 2 est impossible aussi (en considérant l’inéquation ( pq − 1 2
n) ) > 2. Puisque, d’après la
p2
proposition (1.2) q2 = 2 est impossible, on conclut que l’ensemble A ne peut avoir de sup rationnel.
Comme A est symétrique par rapport à x = 0, on peut également affirmer que inf(A) n’existe pas.

6
Université Cadi Ayyad Année univérsitaire : 2020/2021
Faculté Des Sciences Semlalia Département de Mathématiques
Marrakech Analyse 1-Filière SMIA-S1

???

Chapitre 1 : Les nombres réels


Cours du 09/11/2020 au 14/11/2020

???

1 Introduction
1.1 Les ensembles de nombres usuels

2 Définition axiomatique des nombres réels


2.1 Relations d’ordre.

2.2 Minorants, Majorants, Sup, inf, Max, Min

Proposition 2.1

Si une partie A admet un plus grand (respectivement plus petit) élément, alors il est unique

2.3 Borne supérieure, borne inférieure

Proposition 2.2

Soit A = {x ∈ Q : x2 < 2}. Alors sup(A) et inf(A) n’existent pas dans Q.

Séance 2 : Cours du 09/11/2020 au 14/11/2020


D’après la proposition précédente (2.2), l’ensemble Q ne possède pas la propriété de la borne
sup car on peut trouver dans Q un ensemble majoré ne possédant pas de sup.
Nous allons donc plonger Q dans un ensemble plus vaste nommé ensemble des nombres réels et
noté R ; dans lequel les défauts rencontrés dans les propositions (1.2) et (2.2) disparaitront. En
d’autres termes, dans R ; on aura toujours les deux faits caractéristiques suivants :

a) L’équation x2 = 2 a toujours une solution


b) Tout sous ensemble non vide et majoré de R, admet un sup appartenant à R

Définissons donc l’ensemble des nombres réels R, de façon axiomatique de sorte que le point b)
soit vérifié.

1
2.4 R est un corps commutatif

Proposition 2.3

(R, +, ×) est un corps commutatif.

L’ensemble R muni de deux lois de composition interne + et ×, qui lui donnent une structure
de corps, c’est-à-dire qui vérifie les axiomes :
? (R, +) est un groupe commutatif :
— Axiome (A1 ) Associativité : pour tous x, y, z dans R, (x + y) + z = x + (y + z)
— Axiome (A2 ) Élément neutre : ∀x ∈ R, x + 0 = 0 + x = x
— Axiome (A3 ) Opposé : ∀x ∈ R, x − x = x − x = 0
— Axiome (A4 ) Commutativité : ∀x, y ∈ R, x + y = y + x
? (R, .) vérifie :
— Axiome (A5 ) : Associativité : pour tous x, y, z dans R, (x.y).z = x.(y.z)
— Axiome (A6 ) : Élément neutre, noté 1 : ∀x ∈ R, x.1 = 1.x = x
— Axiome (A7 ) : Existence d’un inverse pour tous les réels non nuls : ∀x ∈ R∗ , x. x1 = x1 .x = 1
— Axiome (A8 ) : Distributivité par rapport à l’addition : pour tous x, y, z dans R, x.y + x.z =
x.(y + z)
— Axiome (A9 ) : Commutativité : ∀x, y ∈ R, x.y = y.x
L’ensemble Q est un sous-corps de R car les opérations + et . de R restreintes à Q sont des
opérations internes à Q. Ceci veut dire que l’addition et la multiplication de nombres rationnels
sont des nombres rationnels.

2.5 R est un Corps totalement ordonné

Proposition 2.4

La relation ≤ sur R est une relation d’ordre, et de plus, elle est totale.

Nous avons donc :


— Axiome (A10) :pour deux éléments quelconques x; y appartenant R, on a : x ≤ y ou bien
y ≤ x ; (Ordre total),
— Axiome (A11) : pour tout x, y ∈ R, si x ≤ y et y ≤ x alors x = y,
— Axiome (A12) : pour tout x, y, z ∈ R si x ≤ y et y ≤ z alors x ≤ z.
Remarque 1
Pour (x, y) ∈ R2 on a par définition :

x ≤ y ⇐⇒ y − x ≥ 0
x < y ⇐⇒ (x ≤ y et x 6= y) .

Les opérations de R sont compatibles avec la relation d’ordre ≤ au sens suivant, pour des réels

2
x, y, z, t :

Axiome (A13) : (x ≤ y et z ≤ t) =⇒ x + z ≤ y + t
Axiome (A14) : (x ≤ y et z ≥ 0) =⇒ x × z ≤ y × z
(x ≤ y et z ≤ 0) =⇒ x × z ≥ y × z.

Observons que ces deux groupes d’axiomes sont également vérifiés par l’ensemble Q qui ne se
dustingue de R que par l’axiome suivant :

2.6 Axiome de la borne supérieure

Théorème 2.1

Axiome (A15) : Toute partie non vide majorée de R admet une borne supérieure.

Corollaire 2.1

Toute partie non vide minorée de R admet une borne inférieure.

Preuve :
Soit A une partie non vide minorée de R et B l’ensemble des minorants de A. Alors B 6= ∅ et
∀ (a, b) ∈ A × B, b 6 a donc B est non vide et majorée. Soit β = sup B. Montrons que β minore A.
Soit a ∈ A, alors a majore B. β est le plus petit majorant de B donc β 6 a donc β est un
minorant de A.
Si x est un minorant de A, x ∈ B donc x 6 sup B donc β est bien le plus grand minorant de A.

Remarque 2
La question naturelle qui se pose est la suivante. Peut on construire un ensemble muni de deux
lois de composition internes + et × ; vérifiant les axiomes A1 ...A15 : La réponse est affirmative. En
fait l’ensemble Q muni de l’addition et de la multiplication classique, vérifie les axiomes A1 ...A14 :
Ce qui caractérise R de Q c’est l’axiome de la borne supérieure (A15 ). Les mathématiciens ont
fait beaucoup de constructions de R. Citons deux très célèbres, celle de Dedekind qui utilisa les
coupures de Dedekind et celle de Cauchy qui utilisa les limites de suites dites de cauchy. Nous
n’aborderons pas ces questions dans ce cours.

2.7 Caractérisation des bornes inférieures et supérieures


Théorème 2.2

Soit A ⊂ R tel que A 6= ∅ et m, M ∈ R. Alors :


1. A est majorée et

∀x ∈ A, x 6 M
sup A = M ⇔
∀ε > 0, ∃x ∈ A/M − ε < x

3
2. A est minorée et

∀x ∈ A, x > m
inf A = m ⇔
∀ε > 0, ∃x ∈ A/m + ε > x

Preuve :
du (1)
⇒ — sup A majore A donc ∀x ∈ A, x 6 M .
— Soit ε > 0, alors M − ε < M donc ∃x ∈ A/x > M − ε.
⇐ — M est un majorant de A alors A est majorée.
— Soit α un majorant de A. Alors on ne peut avoir α < M car si α < M , alors en posant
ε = M − α, ε > 0 on a ∃x ∈ A/M − ε < x donc α ne serait pas un majorant de A. Ainsi,
α > M.

Exemple 1
Les ensembles suivants sont-ils majorés ? minorés ? Si oui, déterminer leur borne inférieure, leur
borne supérieure. n o
A = {x ∈ R; x2 < 2} B = n1 ; n ∈ N∗

Corrigé :
√ √ √ √
• On a x2 < 2 ⇐⇒ − 2 < x < 2 et A n’est rien d’autre que l’intervalle ] − 2, 2[. C’est un
√ √
intervalle borné, dont la borne inférieure est − 2 et dont la borne supérieure est 2.
• Pour tout n ∈ N∗ , on a 0 ≤ n1 ≤ 1.
Ainsi, B est minoré par 0 et majoré par 1. De plus, 1 ∈ B, dont 1 est un majorant de B qui est
élément de B. C’est donc sa borne supérieure. Enfin, prouvons que 0 est la borne inférieure de A.
Pour cela, on remarque que, pour tout  > 0, on peut trouver n ∈ N∗ tel que n1 <  + 0.
Comme 0 est un minorant de B, ceci prouve que 0 est la borne inférieure de B.

4
Université Cadi Ayyad Année univérsitaire : 2020/2021
Faculté Des Sciences Semlalia Département de Mathématiques
Marrakech Analyse 1-Filière SMIA-S1

???

Chapitre 1 : Les nombres réels


Cours du 16/11/2020 au 21/11/2020

???

Séance 1 : Cours du 02/11/2020 au 7/11/2020. Voir plateformes ecampus de l’UCA

1 Introduction
1.1 Les ensembles de nombres usuels

2 Définition axiomatique des nombres réels


2.1 Relations d’ordre.

2.2 Minorants, Majorants, Sup, inf, Max, Min


Séance 2 : Cours du 09/11/2020 au 14/11/2020. Voir plateformes ecampus de l’UCA

2.3 Borne supérieure, borne inférieure

2.4 R est un corps commutatif

2.5 R est un Corps totalement ordonné

2.6 Axiome de la borne supérieure

2.7 Caractérisation des bornes inférieures et supérieures


Séance 3 : Cours du 20/11/2020

3 Propriétés des nombres réels


3.1 Valeur absolue d’un nombre réel
Définition 3.1

Pour (un nombre réel x, on définit la valeur absolue de x par :


x, x≥0
|x| =
−x, x < 0

1
Propriétés 3.1

∀x ∈ R, on a :
1. |x| ≥ 0 ; | − x| = |x| ; |x| > 0 ⇐⇒ x 6= 0

2. x2 = |x|
3. |xy| = |x||y|
4. |x| < r ⇐⇒ −r < x < r ⇐⇒ x ∈]r, r[.
5. Inégalité triangulaire |x + y| ≤ |x| + |y|
6. Seconde inégalité triangulaire |x| − |y| ≤ |x − y|

Preuve : (Démonstration des inégalités triangulaires)

— 4) −|x| ≤ x ≤ |x| et −|y| ≤ y ≤ |y|. En additionnant − (|x| + |y|) ≤ x + y ≤ |x| + |y|, donc
|x + y| ≤ |x| + |y|.
— 5) Puisque x = (x − y) + y, on a d’après la première inégalité : |x| = (x − y) + y ≤ |x − y| + |y|.
Donc |x| − |y| ≤ |x − y|, et en intervertissant les réeles de x et y, on a aussi |y| − |x| ≤ |y − x|.
Comme |y − x| = |x − y| on a donc |x| − |y| ≤ |x − y|.

3.2 Propriété d’Archimède

Théorème 3.1 (R est un corps archimèdien)

L’ensemble R vérifie la propriété suivante, dite d’Archimède

∀x ∈ R∗+ , ∀y ∈ R, ∃n ∈ N : nx > y

Preuve :
Supposons que la propriété d’Archimède ne soit pas vraie. Celle ci sera prouvée si on aboutit à
une contradiction. Alors il existe x ∈ R∗+ et y ∈ R tels que ∀n ∈ N, nx < y. Définissons la partie
de R suivante : A = {nx|n ∈ N}. Elle est non vide et majorée par y. D’après l’axiome de la borne
supérieure, A possède une borne supérieure b ∈ R. En particulier : ∀n ∈ N, nx ≤ b ce qui s’écrit
aussi ∀n ∈ N, (n + 1)x ≤ b. On en déduit que ∀n ∈ N, nx ≤ b − x. Mais alors b − x est un majorant
de A et comme x > 0, b − x < b. Le réel b n’est donc pas le plus petit des majorants de A ce qui est
en contradiction avec le fait que ce soit la borne supérieure de A

3.3 Partie entière


Proposition 3.1

Soit x ∈ R. Il existe un unique entier relatif n tel que n 6 x < n + 1. n est alors la partie
entière de x et se note E (x) ou [x].

2
Preuve :
• Unicité. Soient n1 et n2 deux entiers relatifs vérifiant :

n1 6 x < n1 + 1 et n2 6 x < n2 + 1.

On a alors
x − 1 < n1 6 x et x − 1 < n2 6 x.

Ou encore
x − 1 < n1 6 x et − x 6 −n2 < 1 − x.

En sommant ces deux encadrement, on obtient :

−1 6 n1 − n2 < 1.

Comme n1 et n2 deux entiers relatifs, cela donne n1 − n2 = 0, c’est-à-dire n1 = n2 . D’où l’unicité


d’un n ∈ Z tel que n 6 x < n + 1.
• Existence. Prouvons l’existence d’un tel entier relatif.
— Si x ∈ Z, alors x 6 x < x + 1.
— Si x ∈ /Z:
— Considérons l’ensemble A = {k ∈ Z|k 6 x} . Il est clair que A est une partie de Z non vide
et majorée (d’après la propriété d’Archimède 3.2 , il existe N ∈ N tel que N > x donc
∀k ∈ Z| k ≤ x < N.) et donc admet un maximum n. On a n 6 x et n + 1 > n = max A
donc n + 1 ∈/ A et n + 1 > x. Autrement dit, n vérifie la condition souhaitée.

3.4 Intervalles de R
Définition 3.2

Soit I une partie non vide de R, on dit que I est un intervalle lorsque : tout réel compris entre
deux éléments de I est lui-même élément de I, c’est à dire :

∀x, y ∈ I ∀z ∈ R (x ≤ z ≤ y =⇒ z ∈ I)

Par convention, ∅ est un intervalle de R.

Proposition 3.2

Les intervalles de R sont de la forme :

1. [a, b] = {x ∈ R|a 6 x 6 b} 6. ]a, +∞[ = {x ∈ R|a < x}


2. [a, b[ = {x ∈ R|a 6 x < b}
7. ]−∞, a] = {x ∈ R|a > x}
3. ]a, b] = {x ∈ R|a < x 6 b}
8. ]−∞, a[ = {x ∈ R|a > x}
4. ]a, b[ = {x ∈ R|a < x < b}
5. [a, +∞[ = {x ∈ R|a 6 x} 9. R = ]−∞, +∞[

3
i) (1) , (2) , (3) , (4) sont des intervalles bornés et (5) , (6) , (7) , (8) , (9) des intervalles non bornés.
ii) 1 dit intervalle fermé borné
iii) 4 dit intervalle ouvert borné
iv) 5 et 7 dits intervalles fermés non bornés
v) 6 et 8 dits intervalles ouverts non bornés
vi) 2 et 3 dits intervalles semi ouverts
Les définitions des paragraphes (2.2) et (2.3) impliquent immédiatement la proposition suivante :
Proposition 3.3

Soient a et b deux nombres donnés tels que a < b.


i) sup[a, b] = max[a, b] = b , inf[a; b] = min[a, b] = a.
ii) sup]a, b[= b , inf]a, b[= a et l’intervalle ]a, b[ n’a pas de plus grand élément, ni de plus petit
élément
iii) sup[a, b[= b , inf[a, b[= min[a, b[= a et l’intervalle [a, b[ a pour plus petit élément a et n’a
pas de plus grand élément.
iv) sup]a, b] = max]a, b] = b , inf]a, b] = a et l’intervalle [a, b[ n’a pas de plus grand élément.
v)inf]a, +∞[= a et l’intervalle ]a, +∞[ n’admet pas de borne supérieure, ni de plus petit
élément.
vi) inf[a, +∞[= min[a, +∞[= a et l’intervalle ]a, +∞[ n’admet pas de borne supérieure.
vii) sup] − ∞, b[= b et l’intervalle ] − ∞, b[ n’admet pas de borne inférieure, ni de plus grand
élément.
viii) sup] − ∞, b] = max] − ∞, b] = b et l’intervalle ] − ∞, b] n’admet pas de borne inférieure.

3.5 Densité dans R


Définition 3.3

Soit A une partie de R. On dit que A est dense dans R si :


1. ∀ε > 0, ∀x ∈ R, ∃a ∈ A tel que |x − a| 6 ε.
2. ∀x, y ∈ R avec x < y, alors A ∩ ]x, y[ 6= ∅.
3. Pour tous réels x et y avec x < y, il existe r ∈ A tel que x < r < y (c’est-à-dire r ∈]x, y[).

Ces trois conditions sont équivalentes : il suffit d’en avoir une pour prouver la densité.

Propriété Si A est dense dans R et a < b, alors A ∩ ]a, b[ 6= ∅ et est infini.


En effet, si A ∩ ]a, b[ est fini alors on peut noter ses éléments {x1 , x2 , . . . , xn } avec a < x1 < · · · <
xn < b or A ∩ ]a, x1 [ 6= ∅, donc il n’existe aucun élément de A compris entre a et x1 . Ce qui contredit
le fait que A est dense dans R.
Théorème 3.2

L’ensemble Q des nombres rationnels est dense dans R.

4
Preuve :
On veut montrer qu’il existe r ∈ Q tel que x < r < y, c’est-à-dire qu’il existe deux entiers p ∈ Z et
q ∈ N∗ tels que x < p/q < y, ce qui s’écrit qx < p < qy. Par la propriété d’Archimède on sait qu’on
peut choisir un entier q tel que q(y − x) > 1, c’est-à-dire qy > 1 + qx. Prenons p = E(1 + qx). On a
qy > p et par définition de la partie entière, p > 1 + qx − 1 = qx, ce qui donne le résultat.

Théorème 3.3

L’ensemble R\Q formé des nombres irrationnels est dense dans R.

Preuve :
√ √ √
D’après la densité de Q dans R, il existe un rationnel r ∈]x − 2; y − 2[, ce qui donne r + 2 ∈]a; b[,

et on montre par l’absurde que r + 2 est irrationnel.

Remarque 1
Entre deux réels x et y distincts, il existe une infinité de rationnels et une infinité d’irrationnels
compris entre x et y.

5
CHAPITRE 1. NOMBRES RÉELS

Séance 3 : Cours du 20/11/2020 Voir plateformes ecampus de l’UCA

1.3 Propriétés des nombres réels


1.3.1 Valeur absolue d’un nombre réel

1.3.2 Propriété d’Archimède

1.3.3 Partie entière

1.3.4 Intervalles de R

1.3.5 Densité dans R


Séance 4 : Cours du 27/11/2020

1.3.6 Approximation décimale d’un nombre réel.


Parmi les rationnels, les décimaux ont un rôle pratique important, leur intérêt est d’approcher
les réels d’aussi près que l’on veut, ce qui permet les calculs sur les réels.
k
On note D l’ensemble des nombres décimaux de la forme n avec k ∈ Z et n ∈ N.( Voir (1.1)-
10
Les ensembles de nombres usuels)

D est dense dans R


k
On note D l’ensemble des nombres décimaux de la forme n avec k ∈ Z et n ∈ N.
10
Pour x ∈ R, on pose pour n ∈ N :

1
ωn (x) = E (10n x)
10n

ωn (x) est appelé approximation décimale par défaut de x à la précision 10−n et ωn (x) ∈ D. On
définit de plus
1
ηn (x) = ωn (x) + n
10
ηn (x) est appelé approximation décimale par excès de x à la précision 10−n et ηn (x) ∈ D. Soit
n ∈ N, on sait que

E (10n x) E (10n x) 1
E (10n x) 6 10n x < E (10n x) + 1 ⇔ n
6x< + n
10 10n 10
⇔ ωn (x) 6 x < ηn (x)

Ainsi,
1
0 6 x − ωn (x) < ηn (x) − ωn (x) =
10n
1
Soit ε > 0. On sait que 10 > 1 donc on peut trouver n ∈ N tel que n < ε, on a alors
10
1
|x − ωn (x)| = x − ωn (x) < <ε
10n

3 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 1. NOMBRES RÉELS

 
Ainsi, D est dense dans R. A fortiori, puisque D ⊂ Q, Q est dense dans R.
 

1.4 La droite numérique achevée


On ajoute à l’ensemble R deux éléments non réels, l’un de ces deux éléments est noté −∞ et
l’autre +∞.
Définition 1.4.1

L’ensemble R ∪ {−∞, +∞} est noté R et appelé droite numérique achevée.

On prolonge la relation d’ordre de R à R en posant pour tout réel x : −∞ < x < +∞. L’ensemble
R devient ainsi un ensemble totalement ordonné, de plus il possède un maximum (+∞) et un
minimum (−∞). Pour tout réel x on pose :
— (+∞) + x = x + (+∞) = +∞
— (−∞) + x = x + (−∞) = −∞.
— (+∞) + (+∞) = +∞.
— (−∞) + (−∞) = −∞.
— Si x > 0 : x(+∞) = (+∞)x = +∞ et (−∞)x = x(−∞) = −∞
— si x < 0 : x(+∞) = (+∞) = −∞ et (−∞)x = x(−∞) = +∞.
— (+∞)(+∞) = +∞, (−∞)(−∞) = +∞ et (−∞)(+∞) = (+∞)(−∞) = −∞.
Remarque 1
On prendra garde au fait que nous n’avons pas défini de loi de composition interne dans R puisque
nous n’avons pas défini0 × (±∞) ni (−∞) + (+∞). Les règles de calculs définies ci-dessus auront
leur utilité dans le chapitre sur les limites.

Théorème 1.4.1

Soit A une partie non vide de R, alors A admet une borne supérieure et une borne inférieure
dans R.

Preuve :
Soit A une partie non vide de R. Si A est majorée dans R alors admet une borne supérieure
réelle (propriété fondamentale de R). Si A n’est pas majorée dans R, alors dans R l’ensemble des
majorants est {+∞}, donc il y a une borne supérieure dans R qui est +∞ (le plus petit majorant).
Le raisonnement est le même pour la borne inférieure.

4 Pr. EL ACHAB A.
Chapitre 2

SUITES NUMÉRIQUES

Dans ce chapitre, nous définissons la notion de suite numérique. Nous étudions les suites
convergentes et la structure de l’ensemble de ces suites. En suite nous introduisons les notions
de suites adjacentes, de suites récurentes et de suites de Cauchy et nous les caractérisons. Des
critères de convergence ont été utilisés pour étudier ces suites et calculer leurs limites lorsqu’ elle
sont convergentes.

2.1 GENERALITES
2.1.1 Définition d’une suite
Définition 2.1.1

On appelle suite d’éléments de R toute application u de N dans R. Plus généralement, si I


est une partie infinie de N, u : I −→ R est toujours une suite.

Si u : I −→ R est une suite d’éléments de R, alors on note, pour n ∈ I, un au lieu de u (n)


l’image de n par u. La suite elle-même se note (un ) ou (un )n∈I .
Pour n ∈ I, un est le terme d’indice n de la suite (un ).On note RN l’ensemble des suites
d’éléments de R.
Remarque 2
Une suite peut être définie à partir d’un entier n0 plutôt que sur N, les énoncés du cours peuvent
être adaptés pour de telles suites (remplacer n ∈ N par n ≥ n0 ).

Exemple 1
Il y a plusieurs façons de définir une suite :
• par une formule Explicite : chaque terme de la suite est donné directement en fonction de n,
soit un = f (n). Par exemple,

1
∀n ∈ N, un = f (n) =
n2 +1

• par une formule de récurrence : un est exprimé en fonction de n et des termes précédents :

5
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

un−1 , ... u0 . Par exemple,



u0 = 1 et ∀n ∈ N, un+1 = un + 4 (relation de récurrence d’ordre 1)

(Fn )n≥0 définie par F0 = 1, F1 = 1 et la relation Fn+2 = Fn+1 + Fn pour n ∈ N (relation de


récurrence d’ordre 2). La suite (Fn ) est la suite de Fibonacci.
• par une formule implicite : le terme général un de la suite est solution d’une équation
dépendant de n. Par exemple,

(xn )n∈N la suite des solutions positives de l’équation x3 + 2x2 + x = n.

2.1.2 Opérations sur les suites


On peut définir des opérations (+ et ×) sur RN .
— Pour (un ), (vn ) ∈ RN , (un ) + (vn ) est la suite (wn ) définie par ∀n ∈ N,

wn = un + vn

— Pour (un ), (vn ) ∈ RN , (un ) × (vn ) est la suite (wn ) définie par ∀n ∈ N,

wn = un vn

1
— Pour (un ) ∈ RN ne s’annulant pas sur N, ( ) est la suite (wn ) définie par ∀n ∈ N,
un

1
wn =
un

— Pour (un ) ∈ RN et α ∈ R, α(un ) est la suite wn définie par ∀n ∈ N,

wn = αun

— Pour (un ) ∈ RN , (|un |) est la suite w définie par ∀n ∈ N,

wn = |un |

Cette notation désigne la valeur absolue.


— RN muni de l’addition et de la multiplication précédemment définies a une structure
d’anneau commutatif
— RN muni de l’addition et de la multiplication par un scalaire précédemment définies a une
structure d’espace vectoriel.

6 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

2.1.3 Suite majorée, minorée, bornée

Définition 2.1.2

Soit (un )n∈N une suite.


— (un ) est majorée si ∃M ∈ R ∀n ∈ N un ≤ M . (M est alors un majorant de la
suite)
— (un ) est minorée si ∃m ∈ R ∀n ∈ N un ≥ m. (m est alors un minorant de la suite)
— (un ) est bornée si elle est majorée et minorée, ce qui revient à dire :

∃M ∈ R ∀n ∈ N |un | ≤ M.

Exemple 2
• ∀n ∈ N, un = 1 + (−1)n , 0 ≤ un ≤ 2.
1+n

• ∀n ∈ N, vn = 2+n , |vn | ≤ 2.

2.1.4 Suite croissante, décroissante

Définition 2.1.3

Soit (un ) ∈ RN , on dit que :


— (un ) est croissante si ∀n ∈ N, un+1 > un .
— (un ) est strictement croissante si ∀n ∈ N, un+1 > un .
— (un ) est décroissante si ∀n ∈ N, un+1 6 un .
— (un ) est strictement décroissante si ∀n ∈ N, un+1 < un .
— (un ) est monotone si u est croissante ou décroissante.
— (un ) est strictement monotone si est strictement croissante ou strictement décrois-
sante.

Exemple 3 n

X 1
• n ∈ N , un = . On a pour tout n ∈ N∗ , un+1 − un = 1
(2n+1)(2n+2) . Donc (un )n≥1 est
k=1
n + k
strictement croissante.

Piège ! Il y a des suites non monotones. Par exemple, la suite (un ) définie sur N par un = (−1)n
n’est ni croissante ni décroissante caru0 > u1 et u1 < u2 .
Remarque 3
— (un )n∈N est croissante si et seulement si ∀n ∈ N un+1 − un ≥ 0.
— Si (un )n∈N est une suite à termes strictement positifs, elle est croissante si et seulement si
∀n ∈ N uun+1n
≥ 1.

7 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

2.2 Suites convergentes, divergences

Définition 2.2.1

Soit (un ) une suite d’éléments de R.


1. Soit l ∈ R, (un ) converge vers l si ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N tel que ∀n > n0 , |un − l| 6 ε. On
écrit alors ceci :
un −→ l ou lim un = l
n→+∞ n→+∞

2. On dit que (un )n∈N converge s’il existe l ∈ R tel que (un ) converge vers l. Dans le cas
contraire, on dit que (un ) est divergente.

Remarques

— Si (un ) ∈ RN et l ∈ R, (un ) converge vers l si et seulement si ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N/∀n > n0 ,


un ∈ [l − ε, l + ε]. Ceci signifie que pour n assez grand, les termes de (un ) approchent l à ε
près.
— Si (un ) ∈ RN et l ∈ R, alors (un ) converge vers l si et seulement si la suite positive
(|un − l|)n∈N converge vers 0.
— Soit (vn ) une suite réelle positive qui converge vers 0 et (un ) ∈ RN , l ∈ R. Si ∃n1 ∈ N/∀n > n1 ,
|un − l| < vn , alors u converge vers l.

Exemples de suites convergentes

— Toute suite constante est convergente.


Soit (un ) ∈ RN constante : ∃λ ∈ R/∀n ∈ N, un = λ. Alors (un ) converge vers λ : ∀ε > 0,
∀n ∈ N, |un −λ| = 0 6 ε.
1
— La suite converge vers 0.
n n∈N
1
Soit ε > 0, on peut trouver du fait de l’archimédisme de R n0 ∈ N/n0 > (N n’est pas
ε
1 1 1
majorée dans R). Ainsi, pour n > n0 , n > donc = − 0 6 ε.
ε n n
1
 
— Soit a ∈ R, a > 1. Alors converge vers 0.
an n∈N
1 1 1
Soit ε > 0, ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , an > > 0 donc n = n − 0 6 ε.
ε a a
— La suite (ωn (x))n∈N 1 converge vers x.
Définition 2.2.2

1. Soit(un ) ∈ RN , (un ) tend vers +∞ si :

∀A ∈ R, ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , un > A

1. Voir chapitre 1 : D est dense dans R.

8 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

2. (un ) tend vers −∞ si :

∀A ∈ R, ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , un 6 A

Remarque 4
Il y a deux cas pour qu’une suite soit divergente : soit elle n’a pas de limite (par exemple (−1)n ),
soit sa limite est infinie.
On remarque aisément que (un ) tend vers +∞ si et seulement si −(un ) tend vers −∞.

Exemple 4
Soit (un ) définie par : un = n2 . On a lim un = +∞.
n→+∞

En effet, soit A > 0. Prenons N = E( A) + 1. Alors N 2 > A. Pour tout n > N , un = n2 > N 2 > A
donc un ∈ [A ; +∞[.
D’après la définition, lim un = +∞
n→+∞
un = −n3 : de même, lim un = −∞
n→+∞

Théorème 2.2.1

Soit (un ) ∈ RN une suite convergente. Alors il existe un unique l ∈ R tel que (un ) converge
vers l.

Preuve :
Soient l1 , l2 ∈ R.
Supposons que (un ) converge vers l1 et l2 , et montrons que l1 = l2 . Soit ε > 0 :
— ∃n1 ∈ N/∀n > n1 , |un − l1 | 6 ε ;
— ∃n2 ∈ N/∀n > n2 , |un − l2 | 6 ε.
Pour n > max (n1 , n2 ),

|l1 − l2 | = |l1 − un + un − l2 |
= |l1 − un + (un − l2 )|
6 |l1 − un | + |un − l2 |
6 ε+ε
6 2ε

Ainsi, ∀ε > 0, |l1 − l2 | 6 2ε donc ∀ε > 0, |l1 − l2 | 6 ε.

Petit lemme (Voir T.D 1 : exercice 4)


Soit x ∈ R, ∀ε > 0, x < ε ⇔ x 6 0. En effet :
⇐ « Obvious ! »
x
⇒ Si x > 0, alors 0 < < x, ce qui contredit l’assertion.
2

9 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

Ici, |l1 − l2 | 6 0 ⇒ l1 − l2 = 0 ⇒ l1 = l2 .

Remarque 5
— Soit (un ) ∈ RN , convergente et de limite l ∈ R et α, β ∈ R tels que α < l < β. Alors,
∃n0 ∈ N/∀n > n0 , un ∈ [α, β].
En effet, on choisit ε tel que l − ε > α et l + ε < β. Alors, ε = min (β − l, l − α) donc
∃n0 ∈ N/∀n > n0 , un ∈ [l − ε, l + ε] ⊂ [α, β].
l
— Si l > 0, en choisissant α = > 0, on a un > α > 0 pour n assez grand.
2
l
— Si l < 0, en choisissant β = > l, on voit que un 6 β < 0 pour n assez grand.
2
— Soit (un ) ∈ RN , l ∈ R, M > 0 et supposons que ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , |un − l| < M ε. Alors
(un ) converge vers l.
ε0
En effet, soit ε0 > 0 tel que ε = donc ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , |un − l| 6 M ε = ε0 donc ∀ε0 > 0,
M
∃n0 ∈ N/∀n > n0 , |un − l| 6 ε0 .

Théorème 2.2.2

Toute suite convergente est bornée.

Preuve :
Soit (un ) ∈ RN convergente de limite l ∈ R. Prenons ε = 1 2 . Alors ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , |un − l| 6 1.
D’où pour n > n0 ,

|un | = |un − l + l|
6 |un − l| + |l|
6 1 + |l|

Soit par ailleurs M = max (|u0 | , |u1 | , . . . , |un0 −1 |). Alors ∀n ∈ N, |un | 6 max (M, 1 + |l|).

Remarque 6
La réciproque du théorème n’est vraie en général, il existe des suites bornées non convergentes, par
exemple : un = (−1)n .

2.2.1 Propriétés des suites réelles convergentes


Borne supérieure et suites

Proposition 2.2.1 (borne supérieure et suites)

Si A admet une borne supérieure (resp. inférieure), il existe alors une suite (un )n∈N de
points de A qui converge vers M = sup A. (resp. m = inf A ).

2. On peut ici prendre n’importe quel nombre positif.

10 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

Preuve :
Supposons que A admette une borne supérieure M . Pour tout entier naturel n, on peut trouver un
élément un ∈ A tel que
1
M− < un ≤ M.
n+1
De cet encadrement on déduit alors que lim un = M
n→+∞

Théorème de convergence des suites monotones

Théorème 2.2.3

Soit (un ) ∈ RN .
1. Si (un ) est croissante et majorée, alors (un ) converge vers l = sup {un |n ∈ N}. Si (un )
n’est pas majorée, alors (un ) tend vers +∞.
2. Si (un ) est décroissante et minorée, alors (un ) converge vers l = inf {un |n ∈ N}. Si
(un ) n’est pas minorée, alors (un ) tend vers −∞.

Preuve :
1. Supposons que (un ) est majorée et croissante et soit l = sup {un |n ∈ N}. Soit ε > 0, l − ε < l
donc l−ε ne majore pas {un |n ∈ N} donc ∃n0 ∈ N/l−ε < un0 . Pour n > n0 , l−ε 6 un0 6 un 6 l
car (un ) est croissante et l majore tous les termes. Ainsi, ∀n > n0 ,

un ∈ [l − ε, l + ε]

Si (un ) n’est pas majorée, soit M ∈ R, alors ∃n0 ∈ N/un0 > M . Pour n > n0 , un > un0 > M .
2. Démonstration analogue

Exemple 5 k=n
X 1 n
n ≥ 1, un = . On a (un )n≥1 est strictement croissante et un ≤ < 1, donc (un )n≥1
k=0
n+k n+1
converge.

2.2.2 Opérations sur les limites

Proposition 2.2.2

Soient (un ), (vn ) ∈ RN des suites convergentes respectivement vers l, l0 ∈ R, et α ∈ R. Alors :


1. α(un ) + (vn ) converge vers αl + l0 .
2. un vn converge vers ll0 .
3. |un | converge vers |l|.
1 1 vn l0
4. Si ∀n ∈ N, un 6= 0 et l 6= 0, alors converge vers et converge vers .
un l un l

11 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

Preuve :
1. Soit ε > 0, observons que pour n ∈ N ,

αun + vn − αl + l0 α (un − l) + vn − l0
 
=
6 |α| |un − l| + vn − l0
6 (|α| + 1) ε

On sait que ∃n1 ∈ N/∀n > n1 , |un − l 6 ε| et ∃n2 ∈ N/∀n > n2 , |vn − l0 | 6 ε donc pour
n > max (n1 , n2 ),

αun + vn − αl + l0 6 |α| |un − l| + vn − l0




6 (|α| + 1) ε

Donc ∀ε0 = αε + ε > 0, ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , |αun + vn − (αl + l0 )| 6 ε0 .


2. Pour n ∈ N, on effectue le calcul préliminairesuivant :

un vn − ll0 = un vn − lvn + lvn − ll0


6 |un − l| |vn | + |l| vn − l0

vn est convergente donc bornée : ∃M ∈ R+ /∀n ∈ N, |vn | 6 M . Soit ε > 0, on peut trouver
n1 , n2 ∈ N tels que ∀n ∈ N,

n > n1 ⇒ |un − l| 6 ε et n > n2 ⇒ vn − l0 6 ε

Donc ∀n > max (n1 , n2 ), |un vn − ll0 | 6 (M + |l|) ε.


3. ∀n ∈ N, ||un | − |l|| 6 |un − l|. Cette dernière expression tend en effet vers 0 lorsque n tend
vers +∞.
4. ∀n ∈ N,
1 1 |un − l|
− =
un l |l| |un |
D’après (3), |un | converge vers une limite strictement positive donc ∃n1 ∈ N/∀n > n1 ,
|l| |l|
|vn | > > 0 car < |l|. Par ailleurs, soit ε > 0, ∃n2 ∈ N/∀n > n2 , |un − l| 6 ε donc pour
2 2
n > max (n1 , n2 ),
1 1 ε 2 2ε
− 6 · = 2
un l |l| |l| |l|

12 Pr. EL ACHAB A.
Chapitre 2

SUITES NUMÉRIQUES

2.1 GENERALITES
2.1.1 Définition d’une suite

2.1.2 Opérations sur les suites

2.1.3 Suite majorée, minorée, bornée

2.1.4 Suite croissante, décroissante

2.2 Suites convergentes, divergences


Remarques

Exemples de suites convergentes

Séance 4 : Cours du 4/12/2020

2.2.1 Propriétés des suites réelles convergentes


Borne supérieure et suites

Proposition 2.2.1 (borne supérieure et suites)

Si A admet une borne supérieure (resp. inférieure), il existe alors une suite (un )n∈N de
points de A qui converge vers M = sup A. (resp. m = inf A ).

Preuve :
Supposons que A admette une borne supérieure M . Pour tout entier naturel n, on peut trouver un
élément un ∈ A tel que
1
M− < un ≤ M.
n+1
De cet encadrement on déduit alors que lim un = M
n→+∞

4
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

Théorème de convergence des suites monotones

Théorème 2.2.1

Soit (un ) ∈ RN .
1. Si (un ) est croissante et majorée, alors (un ) converge vers l = sup {un |n ∈ N}. Si (un )
n’est pas majorée, alors (un ) tend vers +∞.
2. Si (un ) est décroissante et minorée, alors (un ) converge vers l = inf {un |n ∈ N}. Si
(un ) n’est pas minorée, alors (un ) tend vers −∞.

Preuve :
1. Supposons que (un ) est majorée et croissante et soit l = sup {un |n ∈ N}. Soit ε > 0, l − ε < l
donc l−ε ne majore pas {un |n ∈ N} donc ∃n0 ∈ N/l−ε < un0 . Pour n > n0 , l−ε 6 un0 6 un 6 l
car (un ) est croissante et l majore tous les termes. Ainsi, ∀n > n0 ,

un ∈ [l − ε, l + ε]

Si (un ) n’est pas majorée, soit M ∈ R, alors ∃n0 ∈ N/un0 > M . Pour n > n0 , un > un0 > M .
2. Démonstration analogue

Exemple 1 k=n
X 1 n
n ≥ 1, un = . On a (un )n≥1 est strictement croissante et un ≤ < 1, donc (un )n≥1
k=0
n+k n+1
converge.

2.2.2 Opérations sur les limites

Proposition 2.2.2

Soient (un ), (vn ) ∈ RN des suites convergentes respectivement vers l, l0 ∈ R, et α ∈ R. Alors :


1. α(un ) + (vn ) converge vers αl + l0 .
2. un vn converge vers ll0 .
3. |un | converge vers |l|.
1 1 vn l0
4. Si ∀n ∈ N, un 6= 0 et l 6= 0, alors converge vers et converge vers .
un l un l

Preuve :
1. Soit ε > 0, observons que pour n ∈ N ,

αun + vn − αl + l0 α (un − l) + vn − l0
 
=
6 |α| |un − l| + vn − l0
6 (|α| + 1) ε

On sait que ∃n1 ∈ N/∀n > n1 , |un − l 6 ε| et ∃n2 ∈ N/∀n > n2 , |vn − l0 | 6 ε donc pour

5 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

n > max (n1 , n2 ),

αun + vn − αl + l0 6 |α| |un − l| + vn − l0




6 (|α| + 1) ε

Donc ∀ε0 = αε + ε > 0, ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , |αun + vn − (αl + l0 )| 6 ε0 .


2. Pour n ∈ N, on effectue le calcul préliminairesuivant :

un vn − ll0 = un vn − lvn + lvn − ll0


6 |un − l| |vn | + |l| vn − l0

vn est convergente donc bornée : ∃M ∈ R+ /∀n ∈ N, |vn | 6 M . Soit ε > 0, on peut trouver
n1 , n2 ∈ N tels que ∀n ∈ N,

n > n1 ⇒ |un − l| 6 ε et n > n2 ⇒ vn − l0 6 ε

Donc ∀n > max (n1 , n2 ), |un vn − ll0 | 6 (M + |l|) ε.


3. ∀n ∈ N, ||un | − |l|| 6 |un − l|. Cette dernière expression tend en effet vers 0 lorsque n tend
vers +∞.
4. ∀n ∈ N,
1 1 |un − l|
− =
un l |l| |un |
D’après (3), |un | converge vers une limite strictement positive donc ∃n1 ∈ N/∀n > n1 ,
|l| |l|
|vn | > > 0 car < |l|. Par ailleurs, soit ε > 0, ∃n2 ∈ N/∀n > n2 , |un − l| 6 ε donc pour
2 2
n > max (n1 , n2 ),
1 1 ε 2 2ε
− 6 · = 2
un l |l| |l| |l|

2.2.3 Ordre et limites


Conservation des inégalités larges par passage à la limite

Proposition 2.2.3

Soient (un , (vn ) deux suites réelles convergentes. On suppose que ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , un 6 vn .
Alors,
lim un 6 lim vn
n7→+∞ n7→+∞

Preuve :
Soit λ = lim un et µ = lim vn , supposons que µ < λ.
Soit γ ∈ ]µ, λ[, γ > µ et v converge vers µ donc ∃n1 ∈ N/∀n > n1 , vn 6 γ. De même, γ < λ et u
converge vers λ donc ∃n2 ∈ N/∀n > n2 , un > γ. Mais alors, pour n > max (n0 , n1 , n2 ) , un 6 vn et
vn < γ < un , ce qui est impossible.

Piège ! Les inégalités strictes ne se conservent en général pas par passage à la limite.

6 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

2.2.4 Théorème des gendarmes

Proposition 2.2.4

Soient (un ), (vn ), (wn ) ∈ RN . On suppose que :


1. ∃n0 ∈ N/∀n > n0 ,un 6 vn 6 wn
2. ∃l ∈ R/ lim un = lim wn = l
Alors (vn ) converge vers l.

Preuve :
Soit ε > 0.
(un ) converge vers l donc ∃n1 ∈ N/∀n > n1 , un ∈ [l − ε, l + ε].
(wn ) converge vers l donc ∃n2 ∈ N/∀n > n2 , wn ∈ [l − ε, l + ε].
Pour n > max (n0 , n1 , n2 ),
l − ε 6 un 6 vn 6 wn 6 l + ε

Donc vn ∈ [l − ε, l + ε].

Exemple 2
(−1)n
1. Déterminer la limite de la suite (un ) définie sur N∗ par un = 2 +
n

Pour tout n ∈ N − 1 ≤ (−1)n ≤ 1


1 (−1)n 1
− ≤ ≤
n n n
1 (−1)n 1
2− ≤2+ ≤2+
n n n
1 1
2 − ≤ un ≤ 2 +
n n
1 
lim (2 − ) = 2 

n→+∞ n donc, d’après le théorème des gendarmes, lim un = 2
1 n→+∞
lim (2 + ) = 2 

n→+∞ n
3n + 5 × (−1)n
2. Étudier la limite de la suite (un ) définie, pour tout entier par : un = .
2n

Extensions aux limites infinies

Soit (un ) ∈ RN .
1. Si (un ) tend vers ±∞, alors (un ) n’est pas convergente et (un ) n’est pas majorée ou minorée
selon le cas.
2. La suite (n)n∈N tend vers l’infini. Si a > 1, (an )n∈N tend aussi vers +∞.
3. Soient un , vn ∈ RN . On suppose que ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , un 6 vn . Alors :
— Si un tend vers +∞, alors vn aussi.
— Si vn tend vers −∞, alors un aussi.

7 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

Proposition 2.2.5

Soit (un ) ∈ RN , telle que un tend vers +∞ et (vn ) une autre suite de réels.
1. Si (vn ) est minorée, alors (un + vn ) tend vers +∞.
2. On suppose que ∃k > 0, ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , vn > k a . Alors (un vn ) tend vers +∞.
1
3. Si ∀n ∈ N, un 6= 0 alors tend converge 0.
un
1
4. Si ∀n ∈ N, vn > 0 et si vn converge vers 0, alors tend vers +∞.
vn
a. Cette condition se produit notamment si vn converge vers une limite strictement positive ou si (vn ) tend
vers +∞.

Preuve :
1. Soit m ∈ R/∀n ∈ N, vn > m et M ∈ R. Alors, ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , un > M − m. Pour n > n0 ,

un + vn > M − m + m = M

M
2. Soit M ∈ R+ , alors ∃n1 ∈ N/∀n > n1 , un > d’où, pour n > max (n0 , n1 ),
k
M
un vn > ·k =M
k

Donc ∀M ∈ R+ , ∃N ∈ N/∀n > N, un vn > M .

Remarque 1
Soit (un ) ∈ RN , telle que (un ) tend vers +∞ et (vn ) une autre suite de réels.
— Si (vn ) converge, (vn ) est minorée.
— On ne peut rien affirmer de général sur (un + vn ) lorsque (vn ) n’est pas minorée.
— Si (vn ) converge vers 0, on ne peut rien affirmer de général sur (un vn ).
— Des théorèmes analogues existent lorsque un tend vers −∞.

2.3 Suites adjacentes

Définition 2.3.1

On dit que (un ), (vn ) ∈ RN sont adjacentes si :


1. (un ) est croissante et (vn ) est décroissante.
2. un − vn converge vers 0.

Théorème 2.3.1

Deux suites adjacentes sont toujours convergentes de même limite.

Preuve :
Soient (un ), (vn ) ∈ RN adjacentes et on suppose (un ) croissante et (vn ) décroissante.

8 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

Lemme ∀p, q ∈ N, up 6 vq .
En effet , supposons le contraire : ∃p, q ∈ N tels que vq < up . Pour n > max (p, q),

vn 6 vq < up 6 un ⇒ un − vn > up − vq > 0

Si n tend vers +∞, 0 > up − vq > 0, ce qui est impossible

Ici, on a donc ∀n ∈ N :
u0 6 un 6 un+1 6 vn+1 6 vn 6 v0

Alors (un ) est croissante et majorée par v0 donc elle converge vers une limite l1 ∈ R. De même, (vn )
est décroissante et minorée par u0 donc elle converge vers l2 ∈ R.
De plus, ∀n ∈ N, un 6 vn donc l1 6 l2 par passage à la limite de l’inégalité large. Or un − vn
converge vers 0 mais aussivers l1 − l2 d’après les théorèmes généraux. Par unicité de la limite d’une
suite convergente, l1 − l2 = 0 ⇔ l1 = l2 .
Exemple 3
Soient (un ) et (vn ) les deux suites définies pour n ≥ 1 par

n
X 1 1 1 1 2
un = =1+ + + ··· + 2 et vn = un + .
k=1
k2 22 32 n n+1

Montrons que (un ) et (vn ) sont deux suites adjacentes :


1
1. (a) (un ) est croissante car un+1 − un = (n+1)2
> 0.
(b) (vn ) est décroissante :
1 2 2 n+2+2(n+1)2 −2(n+1)(n+2) −n
vn+1 − vn = (n+1) 2 + n+2 − n+1 = (n+2)(n+1)2
= (n+2)(n+1)2
<0
2
2. Pour tout n ≥ 1 : vn − un = n+1 > 0, donc un ≤ vn .
2
3. Enfin comme vn − un = n+1 alors lim(vn − un ) = 0.
Les suites (un ) et (vn ) sont deux suites adjacentes, elles convergent donc vers une même li-
mite finie `. Nous avons en plus l’encadrement un ≤ ` ≤ vn pour tout n ≥ 1. Ceci fournit des
approximations de la limite : par exemple pour n = 3, 1 + 14 + 19 ≤ ` ≤ 1 + 14 + 19 + 12 donc
1, 3611 . . . ≤ ` ≤ 1, 8611 . . .

Une façon équivalente d’énoncer 2.3 est :

2.3.1 Théorème des segments emboîtés


Théorème 2.3.2

Soit (In )n∈N une suite de segments a telle que ∀n ∈ N, In+1 ⊂ In . Alors :
Par conséquent,
T
1. In est un segment non vide.
n∈N

2. Si de plus on suppose que la longueur b du segment In tend vers 0 lorsque n tend

9 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

T
vers +∞, alors In est un singleton.
n∈N

a. Un segment est un intervalle du type [a, b] avec a 6 b.


b. La longueur du segment [a, b] est bien sûr b − a.

Preuve :
Notons In = [an , bn ] avec an 6 bn . Alors ∀n ∈ N, an 6 bn donc In+1 ⊂ In ⊂ I0 donc

a0 6 an 6 an+1 6 bn+1 6 bn 6 b0

Alors a est croissante et majorée par b0 donc elle converge vers une limite λ ∈ R. De même, b est
décroissante et minorée par a0 donc elle converge vers µ ∈ R.
De plus, ∀n ∈ N, an 6 bn donc λ 6 µ par passage à la limite de l’inégalité large. Montrons que
\
In = [λ, µ]
n∈N

⇐ Si ν ∈ [λ, µ], on ∀n ∈ N, an 6 λ et bn > µ donc

an 6 λ 6 ν 6 µ 6 bn

Donc ν ∈ [an , bn ] = In donc ν ∈


T
In .
n∈N
⇒ Si x ∈ In , alors ∀m ∈ N, x ∈ Im donc am 6 x 6 bm donc λ 6 x 6 µ donc x ∈ [λ, µ].
T
n∈N

On suppose maintenant que bn − an −→ 0. Or, d’après les théorèmes généraux, bn − an −→ λ − µ.


n→+∞ n→+∞
Par unicité de la limite, λ − µ = 0 ⇔ λ = µ. Ainsi, [λ = µ] = {λ}.

Ce point est la limite commune de an et bn .

2.3.2 Suites de Cauchy

Définition 2.3.2

Soit (un ) ∈ KN . On dit que (un ) est une suite de Cauchy ou que (un ) vérifie le critère de
Cauchy si
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , ∀m > n0 , |un − um | < ε

Exemple 4
— Montrons que la suite (un )n de terme général un = n12 est une suite de Cauchy. Pour
(m, n) ∈ N2 avec n ≥ m, on a
2 2
|un − um | = | n12 − m12 | = | nn2−m
.m2
| = (n−m)(n+m)
n2 .m2
Comme 0 ≤ n − mq≤ n et 0 ≤ n + m ≤ 2n, on a |un − um | ≤ 2/m2 . Soit  un réel strictement
positif et N = E( 2 ) + 1. Quels que soient les entiers m et n vérifiant n ≥ m ≥ N on a

10 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

2/m2 ≤  : et par conséquent |un − um | ≤  D’après la définition 2.3.2, la suite de terme


général 1/n2 est une suite de Cauchy.
— La suite (ln(n) n’est pas de cauchy, en effet | ln(p) − ln(2p) |= ln2

Théorème 2.3.3

Une suite de R est convergente si et seulement si elle est de Cauchy.

Preuve :
⇒ Soit (un ) ∈ RN une suite convergente de limite l ∈ R. Soit ε > 0, (un ) converge vers l donc
ε
∃n0 ∈ N/∀p > n0 , |up − l| 6 . Pour m > n0 et n > n0 ,
2

|un − um | = |un − l − (um − l)|


6 |un − l| + |um − l|
ε ε
6 + =ε
2 2

⇐ Soit (un ) une suite de Cauchy.


Étape 1 : Soit ε = 1 1 . Alors ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , ∀m > n0 , |un − um | < 1. Pour n > n0 , on a
donc :

|un | = |un − un0 + un0 |


6 |un − un0 | + |un0 |
6 1 + |un0 | = M1 > 0

Donc un est bornée car ∀n ∈ N, |un | 6 max (M1 , |u0 | , |u1 | , . . . , |un0 −1 |).
Étape 2 : construction de deux suites
On pose An = {up ; p ≥ n} , la suite (An ) est une suite décroissante au sens de l’inclusion
d’ensembles non vides : An + 1 ⊂ An . Pour tout entier (An ) est borné et non vide ; on
pose an = inf(An ), bn = sup(An ). On a ainsi défini deux suites (an ) et (bn ) qui vérifient :
∀n ∈ N, an ≤ un ≤ bn
Étape 3 : les suites (an ) et (bn ) sont adjacentes.
Or on sait que si A et B sont des parties bornées, non vides de R et si A ⊂ B alors
inf B ≤ inf A ≤ sup A ≤ sup B, donc l’inclusion ∀n ∈ N, An + 1 ⊂ An , entraine, ∀n ∈
N, an ≤ an+1 ≤ bn+1 ≤ bn . La suite (an ) est donc croissante, la suite (bn ) décroissante et
on a : ∀n ∈ N, an ≤ bn . Il reste donc à montrer que lim(bn − an ) = 0.
On écrit bn − an = (bn − un ) + (un − an ) : La condition de Cauchy s’écrit : ∀ε > 0, ∃n0 ∈
N/∀n > n0 , ∀p > n0 , un − 2ε < up < un + 2ε . d’où l’on déduit supup < un + 2ε et inf up > un −ε
p>n p>n
On a donc ∀n > n0 , 0 ≤ bn − un < 2ε et 0 ≤ un − an < 2ε , d’où ∀n > n0 , 0 ≤ bn − an < ε.
Les suites (an ) et (bn ) sont des suites adjacentes, elles ont donc une limite commune, la
double inégalité ∀n ∈ N, an ≤ un ≤ bn . : entraine alors la convergence de la suite (un ).

1. On peut bien entendu prendre ici n’importe quel nombre positif.

11 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

Exemple 5 n
X 1
Montrons que la suite (un )n de terme général un = diverge en montrant que cette suite n’est
k=1
k
pas une suite de Cauchy. (Voir TD 2)

12 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

2.3.1 Suites de Cauchy

Définition 2.3.1

Soit (un ) ∈ KN . On dit que (un ) est une suite de Cauchy ou que (un ) vérifie le critère de
Cauchy si
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , ∀m > n0 , |un − um | < ε

Exemple 1
— Montrons que la suite (un )n de terme général un = n12 est une suite de Cauchy. Pour
(m, n) ∈ N2 avec n ≥ m, on a
2 2
|un − um | = | n12 − m12 | = | nn2−m
.m2
| = (n−m)(n+m)
n2 .m2
Comme 0 ≤ n − mq≤ n et 0 ≤ n + m ≤ 2n, on a |un − um | ≤ 2/m2 . Soit  un réel strictement
positif et N = E( 2 ) + 1. Quels que soient les entiers m et n vérifiant n ≥ m ≥ N on a
2/m2 ≤  : et par conséquent |un − um | ≤  D’après la définition 2.3.1, la suite de terme
général 1/n2 est une suite de Cauchy.
— La suite (ln(n) n’est pas de cauchy, en effet | ln(p) − ln(2p) |= ln2

Théorème 2.3.1

Une suite de R est convergente si et seulement si elle est de Cauchy.

Preuve :
⇒ Soit (un ) ∈ RN une suite convergente de limite l ∈ R. Soit ε > 0, (un ) converge vers l donc
ε
∃n0 ∈ N/∀p > n0 , |up − l| 6 . Pour m > n0 et n > n0 ,
2

|un − um | = |un − l − (um − l)|


6 |un − l| + |um − l|
ε ε
6 + =ε
2 2

⇐ Soit (un ) une suite de Cauchy.


Étape 1 : Soit ε = 1 1 . Alors ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , ∀m > n0 , |un − um | < 1. Pour n > n0 , on a
donc :

|un | = |un − un0 + un0 |


6 |un − un0 | + |un0 |
6 1 + |un0 | = M1 > 0

Donc un est bornée car ∀n ∈ N, |un | 6 max (M1 , |u0 | , |u1 | , . . . , |un0 −1 |).
Étape 2 : construction de deux suites
On pose An = {up ; p ≥ n} , la suite (An ) est une suite décroissante au sens de l’inclusion
d’ensembles non vides : An+1 ⊂ An . Pour tout entier (An ) est borné et non vide ; on
1. On peut bien entendu prendre ici n’importe quel nombre positif.

5 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

pose an = inf(An ), bn = sup(An ). On a ainsi défini deux suites (an ) et (bn ) qui vérifient :
∀n ∈ N, an ≤ un ≤ bn
Étape 3 : les suites (an ) et (bn ) sont adjacentes.
Or on sait que si A et B sont des parties bornées, non vides de R et si A ⊂ B alors
inf B ≤ inf A ≤ sup A ≤ sup B, donc l’inclusion ∀n ∈ N, An+1 ⊂ An , entraine, ∀n ∈
N, an ≤ an+1 ≤ bn+1 ≤ bn . La suite (an ) est donc croissante, la suite (bn ) décroissante et
on a : ∀n ∈ N, an ≤ bn . Il reste donc à montrer que lim (bn − an ) = 0.
n→+∞
On écrit bn − an = (bn − un ) + (un − an ) : La condition de Cauchy s’écrit : ∀ε > 0, ∃n0 ∈
N/∀n > n0 , ∀p > n0 , un − 2ε < up < un + 2ε . d’où l’on déduit supup < un + 2ε et inf up > un −ε
p>n p>n
ε ε
On a donc ∀n > n0 , 0 ≤ bn − un < et 0 ≤ un − an < d’où ∀n > n0 , 0 ≤ bn − an < ε.
2 2,
Les suites (an ) et (bn ) sont des suites adjacentes, elles ont donc une limite commune, la
double inégalité ∀n ∈ N, an ≤ un ≤ bn . : entraine alors la convergence de la suite (un ).

Remarque 1
1. Le théorème précédent est très important, puisqu’il fournit une condition nécessaire et
suivante pour qu’une suite numérique converge, sans faire intervenir la limite.
2. Toute suite convergente est de Cauchy mais la réciproque n’est pas vraie, par exemple
l’ensemble Q n’est pas complet. En e§et, puisque Q est dense dans R, pour tout n ≥ 1, il
√ √ √
existe un nombre rationnel rn compris entre 2 − n1 et 2 + n1 . Il est clair que lim rn = 2
√ √
puisque 2 − n1 ≤ rn ≤ 2 + n1 .

Ainsi (rn ) est une suite de rationnels qui converge vers 2. Comme cette suite converge dans
R, elle est de Cauchy dans R, donc c’est aussi une suite de Cauchy dans Q. Mais (rn ) ne
converge pas dans Q.

Exemple 2 n
X 1
Montrons que la suite (un )n de terme général un = diverge en montrant que cette suite n’est
k=1
k
pas une suite de Cauchy. (Voir TD 2) Il s’agit pour cela d’établir l’assertion :

∃ > 0, ∀N ∈ N ∃p ∈ N ∃m ∈ N ((p ≥ N m ≥ N) et |up − um | > )

Étant donné N ∈ N, considérons les entiers p = 2n et m = n ; on a

2n
X 1 n 1
up − um = > =
k=n
k 2n 2

On a donc montré l’assertion précédent avec  = 21 La suite un n’est donc pas une suite de Cauchy
et d’après le théorème précédent elle ne converge pas. Il est par ailleurs aisé de vérifier que la suite
un est strictement croissante ; comme elle ne converge pas, la suite un tend donc vers +∞.

6 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

2.4 Suites extraites, valeurs d’adhérence et théorème de Bolzano-


Weierstrass
2.4.1 Suites extraites
A partir d’une suite (un ), on peut obtenir une nouvelle suite (vn ) en enlevant certains termes
de (un ). On dira que (vn ) est une suite extraite de (un ). La définition formelle est :
Définition 2.4.1

On appelle suite extraite ou sous-suite de (un )n∈N toute suite (vn ) d’éléments de R définie
par ∀n ∈ N, vn = uϕ(n) avec ϕ une application strictement croissante de N dans N.

Exemple 3
1. (u2n )n≥0 et (u2n+1 )n≥0 sont deux suites extraites de la suite (un )n≥0
2. Si un = (−1)n , u2n = 1 et u2n+1 = −1

On rappelle que si ϕ : N −→ N est strictement croissante, alors ϕ (n) > n pour tout n ∈ N.
Théorème 2.4.1

Soit (un ) ∈ RN convergente et de limite l ∈ R, alors toute sous-suite de (un ) converge vers l.

Preuve :
Soit ϕ : N −→ N strictement croissante et (vn ) telle que ∀n ∈ N, vn = uϕ(n) . Montrons que (vn )
converge vers l.
Soit ε > 0, on cherche n0 ∈ N/∀n > n0 , |vn − l| 6 ε. (un ) converge vers l donc ∃n1 ∈ N/∀n > n1 ,
|un − l| 6 ε. Prenons n0 = n1 , pour n > n0 , ϕ (n) > n > n0 donc uϕ(n) − l 6 ε ⇔ |vn − l| 6 ε.

Utilisation Ce théorème est souvent utilisée pour montrer qu’une suite n’est pas conver-
gente : on extrait une sous-suite qui est divergente, ou bien on extrait deux sous-suites de limites
différentes.
Exemple 4
1. un = cos( nπ n
11 ), n ∈ N, u11n = (−1) est divergente, donc (un )n≥0 diverge.

2. Si un = (−1)n est divergente car la suite u2n converge vers 1 et u2n+1 converge vers -1.

Proposition 2.4.1

Soit (un )n≥0 une suite réelle et l ∈ R. Pour que la suite (un )n≥0 converge vers l il faut et il
suffit que les deux suites (u2n )n et (u2n+1 )n convergent toutes les deux vers l.

Preuve :
Exercice : voir TD 2

7 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

Exemple 5
Soit (un )n≥0 une suite tel que

m+n
∀m, n ∈ N∗ , 0 ≤ um+n ≤
mn

(un )n≥0 converge vers 0, car les deux suites (u2n )n et (u2n+1 )n convergent vers 0.

2.4.2 Valeurs d’adhérence


Définition 2.4.2

Soit l un élément de R = R ∪ {±∞} . On dit que l est une valeur d’adhérence de la suite
réelle (un )n∈N , s’il existe une suite extraite de (un ) qui converge vers `.

Exemple 6
1
1. La suite un = (−1)n (2 + n+1 ) possède deux valeurs d’adhérence, 2 et −2.
2. La suite un = n(sin( nπ
2 )) possède 0, +∞ et −∞ comme valeurs d’adhérence.
π
En effet lim u2n = lim 2n(sin(nπ)) = 0, lim u4n+1 = lim (4n+1)(sin(2nπ+ )) = +∞
n→+∞ n→+∞ n→+∞ n→+∞ 2

et lim u4n+1 = lim (4n + 3)(sin( )) = −∞
n→+∞ n→+∞ 2

Proposition 2.4.2 (Caractérisation des valeurs d’adhérence)

1. Soit (un ) une suite de nombres réels. Un réel ` est une valeur d’adhérence de (un ) si
pour tout ε > 0, il existe une infinité d’indices n tels que |un − `| < ε. (c-à-d : ∀ > 0,
∀N , ∃n ≥ N , |un − `| < .)
2. Pour que +∞ (respectivement −∞) soit une valeur d’adhèrence de la suite (un ), il
faut et il suffit que, pour tout réel A, l’intervalle ]A; +∞[ ( respectivement ] − ∞; A[)
contienne une infinité de termes de la suite.

Preuve :
⇐ Puisque l est une valeur d’adhérence, il existe ϕn strictement croissante telle que (uϕ(n) )
converge vers l. Fixons maintenant  > 0, alors l’intervalle ]l − ; l + [ contient tous les uϕ(n) ,
à partir d’un certain rang.
⇒ Les inervalles In =]l − n1 ; l + n1 [ contiennent chacun une infinité de termes de la suite. On
choisit n1 ∈ N tel que un1 ∈ I1 . L’intervalle I1 contient une infinité de termes de la suite, donc
il existe n2 > n1 tel un2 ∈ I2 . Par récurence, on construit ainsi une suite (np ) strictement
croissante d’entiers tels que unp ∈ Ip , pour tout p ≥ 1. On alors l − p1 < unp < l + p1 , donc
lim unp = l est une valeur d’adhèrence de la suite (un) .
n→+∞

2.4.3 Limite supérieure et limite inférieure.


On va maintenant introduire deux notions fondamentales dans l’étude d’une suite réelle :
la limite supérieure et la limite inférieure. En fait, dans la preuve de la théorème (2.3.1), on a

8 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

utilisé sans en parler ces deux notions qui généralisent la notion de limite, elles sont définies pour
n’importe quelle suite (ayant ou non une limite) et coincident avec la notion de limite lorsque
celle-ci existe.

Soit (un) une suite réelle et soit An = {up ; p > n}.


On a xn = supAn = supun et yn = infAn = inf un
p>n p>n
Il est clair que An+1 ⊂ An , donc (xn ) est décroissante et (yn ) est croissante. Ces deux suites
admettent donc des limites dans R avec lim xn = infxn et lim yn = supyn

n ∞ 
n ∞

Définition 2.4.3 (lim sup et lim inf)

On appelle la limite supérieure (respectiviment la limite inférieure) de la suite (un ) la


limite dans R de (xn ) (respectiviment (yn )) définie par

xn = supAn = supun (respectiviment yn = infAn = inf un )


p>n p>n

On note la limite supérieure par limun et la limite inférieure par limun .


Ainsi

limun := lim supuk = inf supuk



n ∞k>n n∈Nk>n

et limun := lim inf uk = sup inf uk



n ∞k>n n∈Nk>n


Exemple 7 1
 3,

 n=3k ;
Considérons la suite (un )n∈N définie par un = 1
1 + k , n=3k+1 ;

n=3k+2.

 2,

Cette suite n’est pas convergente, ses valeurs d’adhèrence sont 13 , 1 et 2. Ona a donc limun = 2 et
limun = 13

Théorème 2.4.2

Pour toute suite (un ), on a :


1. limun et limun sont des valeurs d’adhèrence.
2. Si l est valeur d’adhèrence, alors limun ≤ l ≤ limun
3. La suite (un ) admet une limite (dans R) si, et seulement si limun = limun

Démonstration :
1. Montrons que l = limun est une valeur d’adhèrence
— 1er cas : l ∈ R. Soit ε > 0. On a l = lim supup . Donc il existe N ∈ N tel que, pour tous

n ∞ p>n
n ≥ N , l − ε < supup < l + ε. On en déduit que, pour tout n ≥ N, il existe q ≥ n tel que
p>n
l − ε < uq < l + ε. Donc l’intervalle ]l − ε, l + ε[ contient une infinité de termes de la suite,
et l est donc une valeur d’adhèrence de (un ).

9 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

— 2ème cas : l = +∞. Soit A ∈ R. On a +∞ = lim supup . Donc il existe N ∈ N tel que, pour

n ∞ p>n
tous n ≥ N , supup > A, donc pour tout n ≥ N, il existe q ≥ n tel que uq > A. On en déduit
p>n
que l’intervalle ]A, +∞[ contient une infinité de termes de la suite, et par suite +∞ est
une valeur d’adhèrence de (un ).
— 3ème cas : l = −∞. Soit A ∈ R. On a −∞ = lim supup . Donc il existe N ∈ N tel que, pour

n ∞ p>n
tous n ≥ N , supup < A, donc pour tout n ≥ N, il existe q ≥ n tel que uq < A. On en déduit
p>n
que l’intervalle ] − ∞, A[ contient une infinité de termes de la suite, et par suite −∞ est
une valeur d’adhèrence de (un ).
On démontre, de même, que limun est une valeur d’adhèrence.
2. Soit l une valeur d’adhèrence de (un ). On a l = lim uϕ(n) . Or inf up < uϕ(n) < sup up .
n→+∞ p>ϕ(n) p>ϕ(n)
En passant à la limite, on obtient limun ≤ l ≤ limun .
3. Supposons que limun = limun . On a, pour tout n, inf up < un < supup . Ainsi d’après le
p>n p>n
théorème d’encadrement lim un existe et vaut l.

n ∞
Réciproqument, si lim un = l, toutes ses sous-suites ont la même limite l donc (un ) admet

n ∞
une seule valeur d’adhèrence et par suite limun = limun .

2.4.4 Théorème de Bolzano-Weierstrass


Une suite bornée n’est pas toujours convergente. Nous allons montrer, que de toute suite
bornée, nous pouvons extraire une sous-suite convergente. Ce résultat est trés utile car il nous
permet tout de même d’isoler des sous-suites de (un ) au comportement favorable.
Théorème 2.4.3

Soit u ∈ RN une suite bornée. Alors il existe une sous suite


 de u qui converge. Ceci signifie
que ∃l ∈ R, ∃ϕ : N → N strictement croissante tels que uϕ(n) converge vers l.
n∈N

Preuve :
Soient m, M ∈ R tels que ∀n ∈ N, m 6 un 6 M . On construit par récurrence deux suites a et b avec :
— ∀n ∈ N, an 6 an+1 6 bn+1 6 bn
1
— ∀n ∈ N, bn+1 − an+1 = (bn − an )
2
— ∀n ∈ N, {p ∈ N|up ∈ [an , bn ]} est une partie infinie de N.
a0 + b0
Initialisation : On prend tout d’abord a0 = m et b0 = M . Soit c0 = . Il est clair que
2

{p ∈ N|up ∈ [a0 , c]} ∪ {p ∈ N|up ∈ [c, b0 ]} = N


| {z } | {z }
A B

N est infini donc A ou B sont infinis. Si A est infini, on prend a1 = a0 et b1 = c0 . Si B est


infini, on prend a1 = c0 et b0 = b1 .
Dans tous les cas :
— a0 6 a1 6 b1 6 b0

10 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

b0 − a0
— b1 − a1 =
2
— {p ∈ N|up ∈ [a1 , b1 ]} est infini.
Hérédité : Soit n ∈ N∗ , supposons qu’on a construit

a0 6 a1 6 · · · 6 an 6 bn 6 · · · 6 b1 6 b0

1
tels que ∀k ∈ {1, n}, bk+1 − ak+1 = (bk − ak ) et que ∀k ∈ {0, n}, {p ∈ N|up ∈ [ak , bk ]} est
2
1
infini. Construisons an+1 et bn+1 . Soit cn = (an + bn ). Alors
2

{p ∈ N|up ∈ [an , cn ]} ∪ {p ∈ N|up ∈ [cn , bn ]}


| {z } | {z }
An Bn

est infini donc An ou Bn est infini. Si An est infini, on prend an+1 = an et bn+1 = cn . Si Bn
est infini, on prend an+1 = cn et bn+1 = bn . On a bien dans tous les cas :
— an 6 an+1 6 bn+1 6 bn
1
— bn+1 − an+1 = (bn − an )
2
— {p ∈ N|up ∈ [an+1 , bn+1 ]} est infini.

Les deux suites sont maintenant construites. On construit alors par récurrence l’application
ϕ : N −→ N strictement croissante telle que ∀n ∈ N, uϕ(n) ∈ [an , bn ] :
Initialisation : On prend ϕ (0) = 0. En effet, u0 ∈ [m, M ] = [a0 , b0 ].
Hérédité : Supposons avoir construit ϕ (0) < ϕ (1) < · · · < ϕ (n) pour n ∈ N avec uϕ(k) ∈
[ak , bk ] pour tout k ∈ {1, n}. Alors {p ∈ N|up ∈ [an+1 , bn+1 ]} est infini donc il contient des
éléments strictement plus grand que ϕ (n). On prend par exemple pour ϕ (n + 1) le plus petit
de ces éléments.
an et croissante, bn est décroissante et ∀n ∈ N,

1
bn − an = (b0 − a0 ) −→ 0
2n n→+∞

Les suites an et bn sont adjacentes donc elles convergent vers une limite commune λ ∈ R. Or, ∀n ∈ N,

an 6 uϕ(n) 6 bn

Donc, d’après le théorème des gendarmes, uϕ(n) converge vers λ.

11 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

2.5 Exemples de suites


2.5.1 Suites arithmétiques

Définition 2.5.1

Une suite (un )n∈N dans R est dite arithmétique si et seulement si, il existe r de R tel que :

∀n ∈ N, un+1 = un + r

r est appelé la raison de suite arithmétique (un )n∈N . On a :

∀n ∈ N, un = u0 + nr

La somme des n premiers termes d’une suite arithmétique (un )n∈N de raison r est :
n
X u0 + un−1
uk = × (n)
k=0
2

2.5.2 Suites géométriques

Définition 2.5.2

Une suite (un )n∈N dans R est dite géométrique si et seulement si, il existe q de R tel que :

∀n ∈ N, un+1 = qun

q est appelé la raison de suite géométrique (un )n∈N . On a :

∀n ∈ N, un = q n u0

La somme des n premiers termes d’une suite géométrique (un )n∈N de raison q est :
n
X 1 − qn
uk = × u0
k=0
1−q

Théorème 2.5.1

On fixe un réel q. Soit (un )n∈N la suite de terme gééral : un = q n .


1. Si q = 1, on a pour tout n ∈ N : un = 1.
2. Si q > 1, alors lim un = +∞.
n→+∞
3. Si −1 < q < 1, alors lim un = 0.
n→+∞
4. Si q ≤ −1, la suite (un )n∈N diverge.

12 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

Preuve :
1. Evident
2. Si |q| > 1, alors ∀n ∈ N, |un | = |q|n . Soit a > 1, alors ∀M ∈ R, ∃n ∈ N/an > M donc ici
∀M > 0, ∃n ∈ N/ |un | > M donc u n’est ni bornée ni convergente.
3. Si |q| < 1, alors u converge vers 0. En effet :
— Si q = 0, alors ∀n > 1, un = 0.
1 1
— Si q 6= 0, alors a = est bien défini et a > 1 donc ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , an > . Pour
|q| ε
n > n0 ,

an = an−n0 an0
> an0
1
> >0
ε

Ainsi, pour n > n0 ,

|un − 0| = |q|n
1
=
|a|n
6 ε

13 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

2.3.1 Suites de Cauchy

2.4 Suites extraites, valeurs d’adhérence et théorème de Bolzano-


Weierstrass
2.4.1 Suites extraites

2.4.2 Valeurs d’adhérence

2.4.3 Limite supérieure et limite inférieure.


Séance 7 : Cours du 18/12/2020

2.4.4 Théorème de Bolzano-Weierstrass


Une suite bornée n’est pas toujours convergente. Nous allons montrer, que de toute suite
bornée, nous pouvons extraire une sous-suite convergente. Ce résultat est trés utile car il nous
permet tout de même d’isoler des sous-suites de (un ) au comportement favorable.
Théorème 2.4.1

Soit un ∈ RN une suite bornée. Alors il existe une sous suite


 deun qui converge. Ceci signifie
que ∃l ∈ R, ∃ϕ : N → N strictement croissante tels que uϕ(n) converge vers l.
n∈N

Preuve :
Soient m, M ∈ R tels que ∀n ∈ N, m 6 un 6 M . On construit par récurrence deux suites (an ) et (bn )
avec :
— ∀n ∈ N, an 6 an+1 6 bn+1 6 bn
1
— ∀n ∈ N, bn+1 − an+1 = (bn − an )
2
— ∀n ∈ N, {p ∈ N|up ∈ [an , bn ]} est une partie infinie de N.
a0 + b0
Initialisation : On prend tout d’abord a0 = m et b0 = M . Soit c0 = . Il est clair que
2

{p ∈ N|up ∈ [a0 , c]} ∪ {p ∈ N|up ∈ [c, b0 ]} = N


| {z } | {z }
A B

N est infini donc A ou B sont infinis. Si A est infini, on prend a1 = a0 et b1 = c0 . Si B est


infini, on prend a1 = c0 et b0 = b1 .
Dans tous les cas :
— a0 6 a1 6 b1 6 b0
b0 − a0
— b1 − a1 =
2
— {p ∈ N|up ∈ [a1 , b1 ]} est infini.
Hérédité : Soit n ∈ N∗ , supposons qu’on a construit

a0 6 a1 6 · · · 6 an 6 bn 6 · · · 6 b1 6 b0

5 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

1
tels que ∀k ∈ {1, n}, bk+1 − ak+1 = (bk − ak ) et que ∀k ∈ {0, n}, {p ∈ N|up ∈ [ak , bk ]} est
2
1
infini. Construisons an+1 et bn+1 . Soit cn = (an + bn ). Alors
2

{p ∈ N|up ∈ [an , cn ]} ∪ {p ∈ N|up ∈ [cn , bn ]}


| {z } | {z }
An Bn

est infini donc An ou Bn est infini. Si An est infini, on prend an+1 = an et bn+1 = cn . Si Bn
est infini, on prend an+1 = cn et bn+1 = bn . On a bien dans tous les cas :
— an 6 an+1 6 bn+1 6 bn
1
— bn+1 − an+1 = (bn − an )
2
— {p ∈ N|up ∈ [an+1 , bn+1 ]} est infini.

Les deux suites sont maintenant construites. On construit alors par récurrence l’application
ϕ : N −→ N strictement croissante telle que ∀n ∈ N, uϕ(n) ∈ [an , bn ] :
Initialisation : On prend ϕ (0) = 0. En effet, u0 ∈ [m, M ] = [a0 , b0 ].
Hérédité : Supposons avoir construit ϕ (0) < ϕ (1) < · · · < ϕ (n) pour n ∈ N avec uϕ(k) ∈
[ak , bk ] pour tout k ∈ {1, n}. Alors {p ∈ N|up ∈ [an+1 , bn+1 ]} est infini donc il contient des
éléments strictement plus grand que ϕ (n). On prend par exemple pour ϕ (n + 1) le plus petit
de ces éléments.
an et croissante, bn est décroissante et ∀n ∈ N,

1
bn − an = (b0 − a0 ) −→ 0
2n n→+∞

Les suites an et bn sont adjacentes donc elles convergent vers une limite commune l ∈ R. Or, ∀n ∈ N,

an 6 uϕ(n) 6 bn

Donc, d’après le théorème des gendarmes, uϕ(n) converge vers l.

2.4.5 Deuxième démonstration (plus courte)


Tout d’abord une première étape.
Théorème 2.4.2 (Théorème de Ramsey)

Toute suite réelle admet une sous-suite monotone.

Preuve :
Soit (un ) une suite réelle. On considère l’ensemble

A = {n ∈ N, ∀k > n, uk < un }.

Concernant cet ensemble A deux cas se présentent : ou bien A est fini (y compris vide), ou bien il est
infini. Si A est fini ou vide, il admet un élément maximal n0 (on pose n0 = −1 dans le cas où A
est vide). On pose p0 = n0 + 1, donc p0 ∈/ A. Par définition de A, on sait qu’il existe p1 > p0 tel que

6 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

up1 ≥ up0 (car sinon p0 ∈ A). De même, il existe p2 > p1 tel que up2 > up1 car sinon p1 ∈ A. Et ainsi
de suite, par récurrence on construit une suite strictement croissante d’entier (pk) tels que upk+1
upk pour tout k. On a bien construit une sous-suite croissante de (un ).
Si A est infini, alors on peut écrire A = {pn ; n ∈ N} o‘u (pn ) est une suite strictement crois-
sante d’entiers. On a en particulier upn+1 < upn par définition de A. Ainsi la sous-suite (upn ) est
décroissante.
Preuve : (Théorème de Bolzano-Weierstrass)
Soit (un ) une suite réelle bornée. Par le Théorème de Ramsey elle admet une sous-suite monotone.
Cette sous-suite monotone est aussi bornée, donc par le Théorème de convergence des suites
monotones, elle est convergente.

2.5 Exemples de suites


2.5.1 Suites arithmétiques

Définition 2.5.1

Une suite (un )n∈N dans R est dite arithmétique si et seulement si, il existe r de R tel que :

∀n ∈ N, un+1 = un + r

r est appelé la raison de suite arithmétique (un )n∈N . On a :

∀n ∈ N, un = u0 + nr

La somme des n premiers termes d’une suite arithmétique (un )n∈N de raison r est :
n
X u0 + un
uk = (n + 1) ×
k=0
2

2.5.2 Suites géométriques


Définition 2.5.2

Une suite (un )n∈N dans R est dite géométrique si et seulement si, il existe q de R tel que :

∀n ∈ N, un+1 = qun

q est appelé la raison de suite géométrique (un )n∈N . On a :

∀n ∈ N, un = q n u0

7 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

La somme des n premiers termes d’une suite géométrique (un )n∈N de raison q est :
n
X 1 − q n+1
uk = × u0
k=0
1−q

Théorème 2.5.1

On fixe un réel q. Soit (un )n∈N la suite de terme gééral : un = q n .


1. Si q = 1, on a pour tout n ∈ N : un = 1.
2. Si q > 1, alors lim un = +∞.
n→+∞
3. Si −1 < q < 1, alors lim un = 0.
n→+∞
4. Si q ≤ −1, la suite (un )n∈N diverge.

Preuve :
1. Evident
2. Si |q| > 1, alors ∀n ∈ N, |un | = |q|n . Soit a > 1, alors ∀M ∈ R, ∃n ∈ N/an > M donc ici
∀M > 0, ∃n ∈ N/ |un | > M donc u n’est ni bornée ni convergente.
3. Si |q| < 1, alors u converge vers 0. En effet :
— Si q = 0, alors ∀n > 1, un = 0.
1 1
— Si q 6= 0, alors a = est bien défini et a > 1 donc ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , an > . Pour
|q| ε
n > n0 ,

an = an−n0 an0
> an0
1
> >0
ε

Ainsi, pour n > n0 ,

|un − 0| = |q|n
1
=
|a|n
6 ε

2.5.3 Suites arithmético-géométrique


Définition 2.5.3

Une suite (un )n∈N dans R est dite arithmético-géométrique si et seulement si,il existe
(a, b) ∈ R2 tel que :
un+1 = aun + b

• Si (un )n∈N est arithmético-géométrique avec a 6= 0 on définit le point fixe α ∈ R par

8 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

α = aα + b. On a donc :
un+1 = aun + b et α = aα + b

Par différence, on en déduit que pour tout n ∈ N, un+1 − α = a(un − α). La suite
(vn )n∈N = (un − α)n∈N est donc géométrique de raison a, et pour tout n ∈ N,

vn = an (u0 − α) ⇐⇒ un = α + an (u0 − α)

2.5.4 Critère de d’Alembert


Théorème 2.5.2

un+1
 
Soit u une suite de réels strictement positifs. Si converge vers une limite l < 1,
un n∈N
alors u converge vers 0.

Preuve : (Voir exercice 3 de TD 2)

2.5.5 Suites définies par récurrence

Proposition 2.5.1
(
u0
Soit f une fonction et (un ) la suite définie par : .
un+1 = f (un ), n ∈ N
Si (un ) converge vers l et si f est continue en l alors f (l) = l.

Démonstration :
On a : lim un = l et lim f (x) = f (l) par définition de la continuité de f en l.
n→+∞ x→+∞
En utilisant le théorème sur la limite de la composée d’une suite et d’une fonction, on obtient :
lim f (un ) = f (l).
n→+∞
On sait que limn→+∞ un = l donc tout intervalle ouvert contenant I contient tous les termes
de la suite (un ) à partir d’un certain rang p, donc il contient tous les termes de la suite f (un ) à
partir du rang p − 1. Ainsi la suite f (un ) converge vers l.
La limite d’une suite si elle existe est unique donc f (l) = l.
Remarque 1
Pour une fonction numérique, un réel a vérifiant f (a) = a est appelé un point fixe pour f .

Exemple 1

Soit (un ) la suite définie par u0 = 1 et pour tout entier n, un+1 = un + 1. Montrons que (un )
converge et déterminons sa limite.
(un ) est définie par une relation de récurrence du type un+1 = f (un ) où f est définie par

f (x) = x + 1.

9 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

On montre sans trop de difficulté (par récurrence) que pour n ∈ N, un ≤ 2 et que (un ) est
croissante.
La suite (un ) est donc croissante et majorée donc elle converge vers une limite l et si f est
continue en l alors cette limite est solution de f (x) = x.
La fonction f est continue sur ] − 1 ; +∞[, la suite (un ) est croissante avec u0 = 1 donc l ≥ 1 et
donc f est continue en l.
Résolvons f (x) = x pour x ≥ 1 :

f (x) = x ⇐⇒ x+1=x
⇐⇒ x + 1 = x2 car x ≥ 1
√ √
1+ 5 1− 5
⇐⇒ x= 2 > 1 ou x = 2 <1
√ √
1+ 5 1+ 5
La seule solution qui convient est donc 2 , ainsi (un ) converge vers 2 ; ce nombre est appelé
le nombre d’or.

Exercice
Soient a, b ≥ 0 et (un ), (vn ) les deux suites définies par

un + vn √
u0 = a, v0 = b, un+1 = , vn+1 = un vn .
2

1. Démontrer que pour tous réels positifs x et y, on a

√ x+y
xy ≤ .
2

2. Démontrer que, pour tout n ≥ 1, un ≥ vn , un ≥ un+1 et vn+1 ≥ vn .


3. Démontrer que (un ) et (vn ) convergent vers la même limite. Cette limite est appelée
moyenne arithmético-géométrique de a et b et est notée M (a, b).
4. Calculer M (a, a) et M (a, 0).
5. Démontrer que, pour tout λ > 0, M (λa, λb) = λM (a, b).
Solution :
√ √
1. Il suffit de remarquer que ( x − y)2 ≥ 0 et de développer cette inégalité.
2. On remarque d’abord que les suites sont bien définies (en particulier, elles sont toujours
positives). L’inégalité un ≥ vn est une conséquence immédiate de la question précédente,
avec x = un−1 et y = vn−1 . De plus, on a :

un + vn un + un
un+1 = ≤ ≤ un .
2 2

De même,
√ √ √
vn+1 = un vn ≥ vn vn = vn .

3. La suite (un ) est décroissante et minorée par 0. Elle est donc convergente vers un réel l1 .

10 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 2. SUITES NUMÉRIQUES

La suite (vn ) est croissante, et, pour tout entier n,

vn ≤ un ≤ u1 .

Elle est donc majorée par u1 . Ainsi, (vn ) est convergente vers l2 . l1 et l2 vérifient l’équation

l1 + l2
= l1 =⇒ l1 = l2 .
2

4. Si b = 0, alors on constate facilement que (vn ) est la suite identiquement nulle, et donc
M (a, 0) = 0.
5. On considère les suites (u0n ) et (vn0 ) vérifiant les mêmes relations de récurrence que (un )
et (vn ), mais avec pour conditions initiales u00 = λa et v00 = λb. Il est facile de prouver par
récurrence sur n ∈ N que u0n = λun et vn0 = λvn . Ainsi, on en déduit par passage à la limite
que M (λa, λb) = λM (a, b).

11 Pr. EL ACHAB A.
Chapitre 4

Fonctions dérivables

Cours de la semaine du 11 au 16 janvier 2021

4.1 Dérivée et fonction dérivée


4.1.1 Définitions
Définition 4.1

Soit f : I −→ R.
1. Soit x0 ∈ I, on dit que f est dérivable en x0 si l’application

Tf,x0 I \ {x0 } −→ R
f (x) − f (x0 )
x 7→
x − x0

f (x) − f (x0 )
admet une limite finie l ∈ R en x0 . On note alors l = f 0 (x0 ) = lim et on dit que
x→x0 x − x0
l est la dérivée de f au point x0 .
2. f est dérivable sur I si ∀x0 ∈ I, f est dérivable en x0 . Si c’est le cas, l’application x ∈ I 7−→
df
f 0 (x) s’appelle la dérivée de f et se note f 0 ou dx .
3. On note D (I, R) l’ensemble des fonctions dérivables de I dans R.

Exemples

1. Soit n ∈ N et f R −→ R , x0 ∈ R. Pour x ∈ R\ {x0 },


x 7→ xn

f (x) − f (x0 ) xn − xn0


=
x − x0 x − x0
n−1
x − x0 X
= xk xn−1−k
0
x − x0
k=0
n−1
X
−→ xk0 x0n−1−k = nxn−1
0
x→x0
k=0

f est donc dérivable sur R et ∀x ∈ R, f 0 (x) = nxn−1 .

4
CHAPITRE 4. FONCTIONS DÉRIVABLES


2. Soit f : x ∈ R+ −→ x et x0 ∈ R+ . Pour x ∈ R+ \ {x0 },
√ √
f (x) − f (x0 ) x − x0
=
x − x0 x − x0
1
= √ √
x + x0

Si x0 > 0, on sait que f est continue et


√ √ √
x+ x0 −→ 2 x0
x→x0

√ √ 1
Si x0 = 0, ∀x > x0 , x + 0 > 0 et lim x = 0 donc √ −→ +∞. f n’est pas dérivable en 0.
x→0 x + 0 x→x0
1
Cependant, f est dérivable en x et f 0 (x) = √ .
2 x
3. La fonction définie par f (x) = sin x est dérivable en tout point x0 ∈ R. En effet :

f (x) − f (x0 ) sin x − sin x0 sin( x−x x+x0


2 ) cos( 2 )
0

lim = lim = lim 2 = cos x0 .


x→x0 x − x0 x→x0 x − x0 x→x0 x − x0

On a même montré que le nombre dérivé de f en x0 est cos x0 , autrement dit : f 0 (x0 ) = cos x0 .

Dérivées à droite et à gauche

Définition 4.2

Soit f : I −→ R, x0 ∈ Int (I).


On dit que f est dérivable à gauche (respectivement à droite) en x0 si l’application

I \ {x0 } −→ R
f (x) − f (x0 )
x 7→
x − x0

admet une limite finie à gauche (respectivement à droite) en x0 , notée alors fg0 (x0 ) =
f (x) − f (x0 ) f (x) − f (x0 )
lim− (respectivement fd0 (x0 ) = lim+ ).
x→x0 x − x 0 x→x0 x − x0

4.1.2 Interprétation graphique : tangente


La droite qui passe par les points distincts M0 (x0 , f (x0 )) et M (x, f (x)) a pour coefficient directeur
f (x)−f (x0 )
x−x0 À la limite on trouve que le coefficient directeur de la tangente est f 0 (x0 ). Une équation de la
.
tangente au point M0 (x0 , f (x0 )) est donc :

Tx0 : y = (x − x0 )f 0 (x0 ) + f (x0 )

M0

x0 x

5 A. EL ACHAB
CHAPITRE 4. FONCTIONS DÉRIVABLES

Proposition 4.1

Soit f : I −→ R, x0 ∈ (I).

f dérivable en x0 ⇔ f dérivable à droite et à gauche en x0 et fg0 (x0 ) = fd0 (x0 )

Exemple 1
La fonction x 7→ f (x) = |x| est-elle dérivable en x0 = 0 ?
(
x
f (x) − f (0) f (x) |x| x =1 si x > 0
= = = −x
.
x x x x = −1 si x < 0

Ainsi f est dérivable à droite en 0 avec fd0 (0) = 1 et dérivable à gauche en 0 avec fg0 (0) = −1, mais n’est
pas dérivable en 0 puisque fd0 (0) 6= fg0 (0).
Cela se lit aussi sur le dessin, il y a une demi-tangente à droite, une demi-tangente à gauche, mais elles
ont des directions différentes.
y
y = |x|

0 1 x

Proposition 4.2

Soit f : I −→ R, x0 ∈ I. Alors : f est dérivable en x0 si et seulement s’il existe α, β ∈ R et ε : I −→ R


telle que ε (x) −→ 0 et ∀x ∈ I,
x→x0

f (x) = α (x − x0 ) + β + (x − x0 ) ε (x)

Démonstration
⇒ Soit l = f 0 (x0 ) donc pour x 6= x0 ,

f (x) − f (x0 )
l = lim = lim Tf,x0 (x)
x→x0 x − x0 x→x0

Or pour x 6= x0 :

f (x) = f (x0 ) + (x − x0 ) Tf,x0 (x)


= f (x0 ) + l (x − x0 ) + (x − x0 ) (Tf,x0 (x) − l)

0 si x = x0
Posons ε (x) = . On a bien ε (x) −→ 0 et, pour x ∈ I,
Tf,x (x) − l x→x0
0
si x 6= x0

f (x) = f (x0 ) + l (x − x0 ) + (x − x0 ) ε (x)

et ceci même si x = x0 .

6 A. EL ACHAB
CHAPITRE 4. FONCTIONS DÉRIVABLES

⇐ Supposons que, pour x ∈ I, f (x) = α (x − x0 ) + β + (x − x0 ) ε (x) avec ε (x) −→ 0. Or f (x) −→ f (x0 )


x→x0 x→x0
car f est continue en x0 et f (x) −→ β donc β = f (x0 ). Pour x ∈ I \ {x0 },
x→x0

f (x) − f (x0 )
= α + ε (x) −→ α
x − x0 x→x0

donc f est dérivable en x0 et α = f 0 (x0 ).

Bilan Si f est dérivable en x0 , on a donc, pour x ∈ I,

f (x) = f 0 (x0 ) (x − x0 ) + f (x0 ) + (x − x0 ) ε (x)

avec ε (x) −→ 0. On voit alors que lim f (x) = f (x0 ) donc f est continue en x0 . Ainsi,
x→x0 x→x0

f dérivable en x0 ⇒ f continue en x0

La réciproque est fausse comme le montre l’exemple de x 7−→ x continue mais pas dérivable en 0.

4.2 Extremum local d’une fonction


Extremum
Définition 4.3

Soit I un intervalle de R, f : I −→ R et x0 ∈ I. On dit que f présente un minimum local (respective-


ment maximum local) en x0 si ∃r > 0 tel que :
1. [x0 − r, x0 + r] ⊂ I
2. ∀x ∈ [x0 − r, x0 + r], f (x) > f (x0 ) (respectivement f (x) 6 f (x0 )).
On dit que f admet en un point x0 de I un extremum local si elle admet un maximum local ou un
minimum local.
On note que x0 doit appartenir à l’intérieur de I pour pouvoir être un extremum.

Lemme

Soit f : I −→ R, x0 ∈ I. Si f présente en x0 un extremum local et si f est dérivable en x0 , alors


0
f (x0 ) = 0.
Preuve :
Supposons que f présente en x0 un minimum local, par exemple. Alors ∃r > 0/ [x0 − r, x0 + r] ⊂ I et
∀x ∈ [x0 − r, x0 + r], f (x) > f (x0 ).
f (x) − f (x0 )
— Pour x ∈ [x0 − r, x0 [ , 6 0 donc, par passage à la limite en x0 , f 0 (x0 ) 6 0.
x − x0
f (x) − f (x0 )
— Pour x ∈ ]x0 , x0 + r] , > 0 donc, par passage à la limite en x0 , f 0 (x0 ) > 0.
x − x0
Ainsi, f 0 (x0 ) = 0.

Piège ! La réciproque de ce lemme est fausse !


Par exemple, f : x −→ x3 est dérivable sur R et f 0 (0) = 0, mais f ne présente en 0 ni minimum ni
maximum local.

7 A. EL ACHAB
CHAPITRE 4. FONCTIONS DÉRIVABLES

4.2.1 Opérations sur les dérivées


Opérations générales

Théorème 4.1

Version locale Soient f, g : I −→ R, x0 ∈ I. On suppose que f et g sont dérivables en x0 . Alors :


0
1. ∀α ∈ R, αf + g est dérivable en x0 et (αf + g) (x0 ) = αf 0 (x0 ) + g 0 (x0 ).
0
2. f g est dérivable en x0 et (f g) (x0 ) = f 0 (x0 ) g (x0 ) + f (x0 ) g 0 (x0 ).
 0
1 1 f 0 (x0 ) g
3. Si de plus, ∀x ∈ I, f (x) 6= 0, alors est dérivable et (x0 ) = − 2 . Par conséquent
f f f (x0 ) f
est dérivable et x0 et  0
g g 0 (x0 ) f (x0 ) − f 0 (x0 ) g (x0 )
(x0 ) =
f f 2 (x0 )

Version globale Soient f, g ∈ D (I, R). Alors :


0
1. ∀α ∈ R, αf + g ∈ D (I, R) et (αf + r) = af 0 + g 0 .
0
2. f g ∈ D (I, R) et (f g) = f 0 g + f g 0 .
 0
1 1 f0 g
3. Si de plus, ∀x ∈ I, f (x) 6= 0, ∈ D (I, R) et = − 2 . Par conséquent, ∈ D (I, R) et
f f f f
 0
g g0 f − f g0
=
f f2

f (x) − f (x0 )
Démonstration Soit x ∈ I \ {x0 } et = Tf,x0 (x). On a Tf,x0 −→ f 0 (x0 ) et Tg,x0 −→ g 0 (x0 ).
x − x0 x→x0 x→x0
1.

Tαf +g,x0 (x) = αTx0 ,f + Tg,x0

D’où le résultat.
2.
f (x) g (x) − f (x0 ) g (x0 )
Tf g,x0 =
x − x0
f (x) g (x) − f (x) g (x0 ) + f (x) g (x0 ) − f (x0 ) g (x0 )
=
x − x0
= f (x) Tg,x0 + g (x0 ) Tf,x0

Or f et g sont continues en x0 donc f (x) −→ f (x0 ) et g (x) −→ g (x0 ). De plus, Tf,x0 −→ f 0 (x0 ) et
x→x0 x→x0 x→x0
Tg,x0 −→ g 0 (x0 ), d’où le résultat.
x→x0
3.
1 1
f (x) − f (x0 )
T f1 ,x0 =
x − x0
 
f (x) − f (x0 ) 1
= · −
x − x0 f (x) f (x0 )
1
−→ −f 0 (x0 ) · 2
x→x0 f (x0 )

8 A. EL ACHAB
CHAPITRE 4. FONCTIONS DÉRIVABLES

Théorème 4.2

Soit f : I −→ J où J est un intervalle non-trivial de R et g : J −→ R.


1. Soit x0 ∈ I et y0 = f (x0 ) ∈ J. Si f est dérivable en x0 et si g est dérivable en y0 , alors g ◦ f est
dérivable en x0 et
0
(g ◦ f ) (x0 ) = f 0 (x0 ) g 0 ◦ f (x0 )
0
2. Si f ∈ D (I, J) et G ∈ D (J, R), alors g ◦ f ∈ D (I, R) et (g ◦ f ) = f 0 · g 0 ◦ f


 g (y) − g (y0 )

si y 6= y0
Démonstration Pour y ∈ J, ψ (y) = y − y0 . Il est clair que ψ est continue en y0 . On
g 0 (y0 )

si y = y0
a pour x ∈ I \ {x0 },

g ◦ f (x) − g ◦ f (x0 ) f (x) − f (x0 )


= ψ (f (x)) ·
x − x0 x − x0

f (x) − f (x0 )
Or f est continue en x0 donc f (x) −→ f (x0 ) donc ψ ◦ f (x) −→ g 0 ◦ f (x0 ), et −→ f 0 (x0 ),
x→x0 x→x0 x − x0 x→x0
d’où le résultat.
Exemple 2
3 √
— Calculons la dérivée de la fonction f : x 7−→ cos(x2 ) + e−x + ln( x).
x 7−→ cos(x2 ) est dérivable sur R comme composée des fonctions x 7−→ x2 dérivable sur R à valeurs
dans R et x 7−→ cos x dérivable sur R et donc en particulier sur R+∗ .
3
x 7−→ e−x est dérivable sur R comme composée des fonctions x 7−→ x3 dérivable sur R à valeurs dans
R et x 7−→ ex dérivable sur R.
√ √
x 7−→ ln( x) est dérivable sur R+∗ comme composée des fonctions x 7−→ x dérivable sur R+∗ à
valeurs dans R et x 7−→ ln x dérivable sur R+∗ .
Enfin f est dérivable sur R+∗ comme somme de fonctions dérivables sur R+∗ .

3 1
∀x ∈ R+∗ , (f )0 (x) = −2x sin(x2 ) − 3x2 e−x + .
2x
— Etudions la dérivabilité de la fonction définie par : f : x 7−→ x sin( x1 ) et f (0) = 0
• f est dérivable sur R∗ comme produit et composée de fonctions dérivables sur R∗ .
f (x) − f (0) x sin( x1 ) 1
• Dérivabilité en 0 : lim = lim = lim sin( ) qui n’existe pas. • Conclusion : f est
x→0 x−0 x→0 x 1 x→0 x
cos( )
dérivable sur R∗ . ∀x ∈ R∗ , (f )0 (x) = sin( x1 ) − x x

4.2.2 Dérivée d’une réciproque


Théorème 4.3

Soit I un intervalle non trivial de R, f : I −→ R continue et strictement monotone, alors :


1. f induit une bijection de I dans J = f (I) notée encore f −1 . g = f −1 est continue strictement
monotone de J dans I de même monotonie que f .
2. Soit x0 ∈ I, y0 = f (x0 ). On suppose que f est dérivable en x0 avec f 0 (x0 ) 6= 0. Alors g = f −1
est dérivable en y0 et
1
g 0 (y0 ) = 0
f (x0 )

9 A. EL ACHAB
CHAPITRE 4. FONCTIONS DÉRIVABLES

Démonstration
1. Ce résultat est connu, voir le théorème de la bijection section (Cours : Limites thm bijection).
2. Pour y ∈ J \ {y0 },

g (y) − g (y0 )
Tg,y0 (y) =
y − y0
g (y) − g (y0 )
=
f (g (y)) − f (g (y0 ))

g est injective donc g (y) 6= g (y0 ) pour y ∈ J \ {x0 }. Ainsi :

1
Tg,y0 (y) = f (g(y))−f (g(y0 ))
g(y)−g(y0 )

g est continue donc g (y) −→ g (y0 ) et on sait que Tf,x0 (x) −→ f 0 (x0 ) donc, par composition des
y→y0 x→x0
y6=y0 x6=x0

limites, pour y ∈ J \ {x0 } :

1 1
Tf,x0 (g (y)) −→ f 0 (x0 ) ⇒ −→ 0
y→y0 Tf,x0 (g (y)) y→y0 f (x0 )

Si f 0 (x0 ) = 0, supposons par exemple f strictement croissante. Alors ∀x 6= x0 , Tf,x0 (x) > 0 car c’est le
quotient de deux nombres négatifs ou positifs simultanément. Ainsi, pour x 6= x0 , Tf,x0 (g (y)) −→ 0+ donc
y→y0
g admet une tangente verticale en 0.

Reformulation Soit f : I −→ R continue, strictement monotone et dérivable sur I telle que ∀x ∈ I,


f 0 (x) 6= 0. Alors f induit une bijection de I sur J = f (I), g = f −1 est dérivable sur J et ∀y ∈ J,

1
g 0 (y) =
f 0 ◦ g (y)

Application :
— Étude de la racine n-ième :
Soit n ∈ N∗ , f R+ −→ R . f est strictement croissante et f (R+ ) = R+ donc f est bijective et ∀x ∈ R+ ,
x 7→ xn

f (x) = g (x) = n x. f est dérivable sur R+ et ∀x ∈ R∗+ , f 0 (x) = nxn−1 > 0. Ainsi, ∀y ∈ f R∗+ = R∗+ ,
−1


g est dérivable en y et

1
g 0 (y) =
f 0 (g (y))
1
= √ n−1
n ny

√ n−1 1 1
Or n y = y 1− n donc g 0 (y) = n1 y 1− n .
— Fonction arcsin :
x 7−→ arcsin x est dérivable sur ] − 1, 1[ et ∀x ∈] − 1; 1[, arcsin0 x = √ 1
1−x2

10 A. EL ACHAB
CHAPITRE 4. FONCTIONS DÉRIVABLES

En effet :
1
arcsin0 x =
sin0 (arcsin x)
1
=
cos(arcsin x)
1
= p
2
1 − sin (arcsin x)
1
= √ .
1 − x2

— Fonction arccos :
x 7−→ arccos x est dérivable sur ] − 1, 1[ et ∀x ∈] − 1; 1[, arccos0 x = − √1−x
1
2

En effet :
1
arccos0 x =
cos0 (arccos x)
1
=
− sin(arccos x)
1
= −p
1 − cos2 (arccos x)
1
= −√ .
1 − x2

— Fonction arctan :
x 7−→ arctan x est dérivable sur R et ∀x ∈ R, arctan0 x = 1
1+x2

sectionFonctions hyperboliques et hyperboliques réciproques

4.2.3 Fonctions sinus hyperbolique et cosinus hyperbolique :


La fonction cosinus hyperbolique notée ch est définie par :

ex + e−x
∀x ∈ R, chx =
2
La fonction sinus hyperbolique notée sh est définie par :

ex − e−x
∀x ∈ R, shx =
2
ex −(−e−x ) ex +e−x
1. Pour tout x ∈ R, sh0 (x) = 2 = 2 .
x −x
2. Pour tout x ∈ R, ch0 (x) = e −e
2 = sh(x). sh : R → R est une fonction continue, dérivable, strictement
croissante, c’est donc une bijection. Sa bijection réciproque est argsh : R → R.
3. ch0 x = shx, sh0 x = chx
4. argsh : R → R est strictement croissante et continue.
5. argsh est dérivable et argsh0 x = √ 1
x2 +1
.
√ 
6. argshx = ln x + x2 + 1
7. Par définition la tangente hyperbolique est :

shx
th x =
chx

11 A. EL ACHAB
CHAPITRE 4. FONCTIONS DÉRIVABLES

La fonction th : R →] − 1, 1[ est une bijection, on note argth :] − 1, 1[→ R sa bijection réciproque.


th0 x = 1 − th2 x = 1
ch2 x

8.
1
argch0 x = √ (x > 1)
x2 − 1
1
argsh0 x = √
2
x +1
0 1
argth x = (|x| < 1)
1 − x2

4.3 Théorèmes de Rolle et des accroissements finis


Théorème 4.4 (Rolle)

Soient a, b ∈ R, a < b, f : [a, b] −→ R continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[ telle que f (a) = f (b).
Alors ∃c ∈ ]a, b[ /f 0 (c) = 0.
Le théorème s’applique toujours lorsque f est dérivable sur [a, b].

f (a) = f (b)

a c b

Démonstration
— Si f est constante, alors ∀x ∈ ]a, b[, f 0 (x) = 0.
— Supposons f non constante. f est continue sur le [a, b] fermé borné donc f est bornée et atteint ses
bornes. Posons alors m = min f et M = max f . f n’est pas constante donc m < M et M ou/et m
est/sont différent(s) de f (a) = f (b). Supposons par exemple m 6= f (a), m est atteint en un point
c ∈ ]a, b[. Il est clair que f admet en c un minimum local donc f 0 (c) = 0 car f est dérivable en c.
Remarque 1
Les hypothèses faites sont bien nécessaires pour la validité du théorème comme le montrent les exemples
suivants
Exemple 3
1
1. Soit la fonction f définie sur [0; 1] par f (x) = 1−x si x 6= 1 et f (1) = 0. Cette fonction est continue,
dérivable sur [0; 1[ et il n’existe aucun point c de ]0; 1[ qui vérifie f 0 (c) = 0
2. Soit la fonction f définie sur [0; 1] par f (x) = x si x ∈ [0; 12 ] et f (x) = −x + 1 si x ∈ [ 21 ; 1] . Cette fonction
est continue sur [0; 1] , dérivable sur ]0; 1[ sauf au point 12 et il n’existe aucun point c de ]0; 1[ qui vérifie
f 0 (c) = 0.

Le théorème de Rolle s’étend au cas de limites infinies, plus précisément, il s’étend aux cas suivants.

12 A. EL ACHAB
CHAPITRE 4. FONCTIONS DÉRIVABLES

Théorème 4.5

Soit f une fonction définie continue sur un intervalle [a; b], dérivable sur ]a; b[ et vérifiant lim f (x) =
x→a
lim f (x) = +∞ ( resp. −∞ ). Il existe, alors, un élément c ∈]a; b[ tel que f 0 (c) = 0.
x→b

Théorème 4.6

Soit f une fonction définie continue sur un intervalle [a; +∞[ ( respectivement ] − ∞; a]), dérivable
sur ]a; +∞[ ( respectivement ] − ∞; a[) et vérifiant lim f (x) = f (a) ( resp. lim f (x) = f (a) ). Il
x→+∞ x→−∞
existe, alors, un élément c ∈]a; +∞[ ( respectivement ] − ∞; a[) tel que f 0 (c) = 0.

Interprétation graphique : Si une fonction prend la même valeur en deux points distincts a et b, il
existe un point où la tangente est horizontale. ce point n’est pas forcément unique.

Application : Soit P (X) = (X − α1 )(X − α2 ) · · · (X − αn ) un polynôme ayant n racines réelles différentes :


α1 < α2 < · · · < αn .
Montrons que P 0 a n − 1 racines distinctes.
On considère P comme une fonction polynomiale x 7→ P (x). P est une fonction continue et dérivable
sur R. Comme P (α1 ) = 0 = P (α2 ) alors par le théorème de Rolle il existe c1 ∈]α1 , α2 [ tel que P 0 (c1 ) = 0.
Plus généralement, pour 1 ≤ k ≤ n − 1, comme P (αk ) = 0 = P (αk+1 ) alors le théorème de Rolle implique
l’existence de ck ∈]αk , αk+1 [ tel que P 0 (ck ) = 0. Nous avons bien trouvé n − 1 racines de P 0 : c1 < c2 < · · · <
cn−1 . Comme P 0 est un polynême de degré n − 1, toutes ses racines sont réelles et distinctes.

4.3.1 Théorème des accroissements finis et conséquences


Théorème 4.7

Soient a, b ∈ R, a < b et f : [a, b] −→ R continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[.
Alors ∃c ∈ ]a, b[ tel que
f (b) − f (a)
f 0 (c) =
b−a

a c b

Cela signifie qu’il existe un point de la courbe de f entre a et b dont la tangente est parallèle à la droite
passant par (a, f (a)) et (b, f (b)).

Démonstration Soit
g [a, b] −→ R h i
f (b)−f (a)
t 7→ f (t) − b−a (t − a) + f (a)

13 A. EL ACHAB
CHAPITRE 4. FONCTIONS DÉRIVABLES

f (b) − f (a)
t 7−→ (t − a) + f (a) est affine donc dérivable sur [a, b]. g est continue sur [a, b] et dérivable sur
b−a
]a, b[. Or g (a) = 0 = g (b), donc, d’après le théorème de Rolle, ∃c ∈ ]a, b[ tel que :

f (b) − f (a)
g 0 (c) = 0 ⇒ f 0 (c) − =0
b−a

Conséquence 1 Soit I un intervalle de R, f : I −→ R dérivable sur I. Alors

f est constante ⇔ f 0 = 0

Il suffit en fait d’avoir f continue sur I et dérivable sur Int (I).

Preuve
⇐ Ce sens est le seul restant à démontrer, il est clair qu’une fonction constante possède une dérivée
nulle.
— Si f est réelle, soient a, b ∈ R, a < b. Montrons que f (a) = f (b). f est dérivable sur [a, b] ⊂ I donc,
d’après le théorème des accroissements finis, il existe c ∈ ]a, b[ tel que f (b)−f (a) = f 0 (c) (b − a) =
0, d’où f (b) = f (a).

Inégalités des accroissements finis

Proposition 4.3

Soit I un intervalle non trivial de R, f : I −→ R dérivable telle que f 0 soit bornée. On pose m = inf f 0
et M = sup f 0 . Alors, ∀x, y ∈ I :
1.
m (y − x) 6 f (y) − f (x) 6 M (y − x)

2. Si λ = sup |f 0 |,
|f (y) − f (x)| 6 λ |y − x|

Démonstration
1. Soient x, y ∈ I tels que x < y. f est dérivable sur [x, y] ⊂ I donc, d’après le théorème des accrois-
sements finis, ∃c ∈ ]x, y[ tel que f (y) − f (x) = f 0 (c) (y − x). Or m 6 f 0 (c) 6 M donc, puisque
y − x > 0,
m (y − x) 6 f 0 (c) (y − x) = f (y) − f (x) 6 M (y − x)

2. On a |f (y) − f (x)| = f 0 (c) (y − x) 6 λ (y − x) = λ |y − x|. Si y 6 x, alors |f (x) − f (y)| 6 λ |x − y| =


λ |y − x|.

Corollaire Soient a, b ∈ R, a < b et f : [a, b] −→ R de classe C 1 1 . Alors f est lipschitzienne sur [a, b].
En effet, f 0 est continue sur le compact [a, b] donc elle est bornée. D’après le (2) du résultat précédent,
∃λ ∈ R+ tel que ∀x, y ∈ I, |f (y) − f (x)| 6 λ |y − x|.
Exemple 4
Soient a et b deux réels tels que 0 < a < b, alors

1 ln b − ln a 1
< <
b b−a a
1. C’est à dire que f est dérivable et f 0 est continue.

14 A. EL ACHAB
CHAPITRE 4. FONCTIONS DÉRIVABLES

En effet, si x ∈ [a, b], alors 1


b < ln0 (x) = 1
x < a1 , d’où le résultat.

Variations des fonctions


Théorème 4.8

Soient a, b ∈ R, a < b et f : [a, b] −→ R continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[.
— Si f 0 > 0 sur [a, b], alors f est croissante.
— Si f 0 > 0 sur [a, b], alors f est strictement croissante.

Démonstration Soient x, y ∈ [a, b] avec x < y. f est continue sur [x, y] et dérivable sur ]x, y[ donc, d’après
le théorème des accroissements finis ∃c ∈ ]x, y[ tel que

f (y) − f (x) = f 0 (c) (y − x)


| {z }
>0

— Si f 0 (c) > 0, alors f (y) > f (x).


— Si f 0 (c) > 0, alors f (y) > f (x).

Variante
Proposition 4.4

Soit I un intervalle non trivial de R, f : I −→ R dérivable. Alors :


1. f est croissante si et seulement si f 0 > 0.
2. Si ∀t ∈ I, f 0 (t) > 0, alors f est strictement croissante.

Un énoncé analogue existe pour les fonctions décroissantes.

Démonstrations
f (y) − f (x)
1. ⇒ Soit x ∈ I, montrons que f 0 (x) > 0. Soit x ∈ I \ {x}. Si y > x, f (y) > f (x) donc > 0.
y−x
f (y) − f (x)
Si x > y, alors f (x) > f (y) donc > 0. Finalement, ∀y ∈ I \ {x}, Tf,x (y) > 0 donc par
y−x
0
passage à la limite lorsque y → x, f (x) > 0.
⇐ Soient x, y ∈ I avec x < y. f est dérivable sur [x, y] et f 0 > 0 donc, d’après le résultat sur la
variation des fonctions, f est croissante sur [x, y] donc f (x) 6 f (y).
2. Si de plus, f 0 > 0 sur I on a, toujours d’après le résultat sur la variation des fonctions, f strictement
croissante sur [x, y] donc f (x) > f (y).
Remarque 2
Si f est continue sur I, dérivable sur I \ {x0 } et si f 0 n’admet pas de limite en x0 , on ne peut pas en conclure
que f n’est pas dérivable.

Exemple 5
Soit
f R −→R
0 si x = 0
x 7→
x2 sin 1 si x 6= 0
x

Il est clair que f est dérivable sur R∗ .

15 A. EL ACHAB
CHAPITRE 4. FONCTIONS DÉRIVABLES

— Pour x0 = 0 et x 6= 0,
f (x) − f (x0 ) 1
= x sin 6 |x| −→ 0
x − x0 x x→0

f (x) − f (0)
Donc pour x 6= 0, −→ 0 donc f est dérivable en 0 et f 0 (0) = 0.
x−0 x→0  
1
— Pourtant, pour x 6= 0, f 0 (x) = 2x sin x1 − cos x1 . 2x sin −→ 0 mais cos x1 n’admet pas de limite

x x→0
en 0, f 0 (x) n’admet donc pas de limite en 0 mais f est dérivable en 0 2 .

4.3.2 Régle de l’Hospital


Proposition 4.5 (Règle de l’Hospital)

Soient f, g : I → R deux fonctions dérivables et soit x0 ∈ I. On suppose que


— f (x0 ) = g(x0 ) = 0,
— ∀x ∈ I \ {x0 } g 0 (x) 6= 0.
f 0 (x) f (x)
Si lim 0 = ` (∈ R) alors lim = `.
x→x0 g (x) x→x0 g(x)

Démonstration 4.1
Fixons a ∈ I \ {x0 } avec par exemple a < x0 . Soit h : I → R définie par h(x) = g(a)f (x) − f (a)g(x). Alors
— h est continue sur [a, x0 ] ⊂ I,
— h est dérivable sur ]a, x0 [,
— h(x0 ) = h(a) = 0.
Donc par le théorème de Rolle il existe ca ∈]a, x0 [ tel que h0 (ca ) = 0. Or h0 (x) = g(a)f 0 (x) − f (a)g 0 (x) donc
0
g(a)f 0 (ca ) − f (a)g 0 (ca ) = 0. Comme g 0 ne s’annule pas sur I \ {x0 } cela conduit à fg(a)
(a)
= fg0 (c
(ca )
a)
. Comme
a < ca < x0 lorsque l’on fait tendre a vers x0 on obtient ca → x0 . Cela implique

f (a) f 0 (ca ) f 0 (ca )


lim = lim 0 = lim 0 = `.
a→x0 g(a) a→x0 g (ca ) ca →x0 g (ca )

Exemple 6
2
Calculer la limite en 1 de ln(xln(x)
+x−1)
. On vérifie que :
— f (x) = ln(x + x − 1), f (1) = 0, f 0 (x) = x22x+1
2
+x−1 ,
0 1
— g(x) = ln(x), g(1) = 0, g (x) = x ,
— Prenons I =]0, 1], x0 = 1, alors g 0 ne s’annule pas sur I \ {x0 }.

f 0 (x) 2x + 1 2x2 + x
= × x = −−−→ 3.
g 0 (x) x2 + x − 1 x2 + x − 1 x→1
Donc
f (x)
−−−→ 3.
g(x) x→1

2. En fait, f n’est pas de classe C 1 : sa dérivée n’est pas continue.

16 A. EL ACHAB
Chapitre 3 : Fonctions d’une variable
réelle : Limites, Continuité

???

Cours de la semaine du 21 au 26 décembre 2020


???

0.1 Généralités
0.1.1 Définitions
Définition 0.1.1

Une fonction d’une variable réelle à valeurs réelles est une application f : D → R, où D est
une partie de R a . En général, D est un intervalle ou une réunion d’intervalles.
— L’ensemble D est l’ensemble de définition de f .
— Le nombre f (x) est l’image de x par la fonction f . C’est un élément de R.
— Le nombre x est un antécédent de f (x) par f .
a. Qu’est-ce qu’une fonction ?
Une fonction associe à tout élément d’un ensemble de départ un unique élément d’un ensemble d’arrivée.

L’ensemble des fonctions numériques définie sur un ensemble D sera noté par F(D; R).
Exemple 1
La fonction hyperrbolique :
f : R −→ R
x 2
7−→ x − 1.

Le graphe d’une fonction f : D → R est la partie Cf de R2 définie par Cf = (x, f (x)) | x ∈ D .




L’exemple du graphe de x 7→ x2 − 1
y
x2 − 1

1
Opérations usuelles

Définition 0.1.2

Soient D un ensemble, f, g ∈ F (D, R) et α ∈ R. On définit :


— f + g ∈ F (D, R) par : ∀x ∈ D,

(f + g) (x) = f (x) + g (x)

— f · g ∈ F (D, R) par : ∀x ∈ D,

(f · g) (x) = f (x) · g (x)

— αf ∈ F (D, R) par : ∀x ∈ D,
(αf ) (x) = αf (x)
1
— Lorsque ∀x ∈ D, f (x) 6= 0, on note la fonction de D dans R définie par : ∀x ∈ D,
f

1 1
 
(x) =
f f (x)

On vérifie aisément que (F (D, R) , +, .) est un espace vectoriel sur le corps R.

0.1.2 Fonctions paire, impaire, périodique.

Définition 0.1.3

Soit I un intervalle de R symétrique par rapport à 0 (c’est-à -dire de la forme ] − a, a[ ou


[−a, a] ou R). Soit f : I → R une fonction définie sur cet intervalle. On dit que :
— f est paire si ∀x ∈ I f (−x) = f (x),
— f est impaire si ∀x ∈ I f (−x) = −f (x).

Interprétation graphique :
— f est paire si et seulement si son graphe est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées
(figure de gauche).
— f est impaire si et seulement si son graphe est symétrique par rapport à l’origine (figure
de droite).

2 Pr. EL ACHAB A.
x3

y
x2 − 1 x

Exemple 2
— La fonction définie sur R par x 7→ x2 est paire.
— La fonction définie sur R par x 7→ x3 est impaire.
— La fonction cos : R → R est paire. La fonction sin : R → R est impaire.

Définition 0.1.4

On dit qu’une fonction f définie sur D est périodique de période T si

∀x ∈ D, x + T ∈ D et f (x + T ) = f (x)

Toutes les périodes sont des multiples de la plus petite période qui est appelée la période.

Exemple 3
Les fonctions sinus et cosinus sont 2π-périodiques. La fonction tangente est π-périodique.

0.1.3 Fonctions majorées, minorées, bornées

Définition 0.1.5

Soient f : D → R et g : D → R deux fonctions. Alors :


— f ≥ g si ∀x ∈ D f (x) ≥ g(x) ;
— f ≥ 0 si ∀x ∈ D f (x) ≥ 0 ;
— f > 0 si ∀x ∈ D f (x) > 0 ;
— f est dite constante sur D si ∃a ∈ R ∀x ∈ D f (x) = a ;
— f est dite nulle sur D si ∀x ∈ D f (x) = 0.

Définition 0.1.6

Soit f : D → R une fonction. On dit que :


— f est majorée sur D si ∃M ∈ R ∀x ∈ D f (x) ≤ M ;
— f est minorée sur D si ∃m ∈ R ∀x ∈ D f (x) ≥ m ;
— f est bornée sur D si f est à la fois majorée et minorée sur D, c’est-à -dire si

3 Pr. EL ACHAB A.
∃M ∈ R ∀x ∈ D |f (x)| ≤ M .

Exemple 4
1. Les applications sinus et cosinus sont bornées sur R car
∀x ∈ R, −1 ≤ sin(x) ≤ 1 et ∀x ∈ R, −1 ≤ cos(x) ≤ 1
2. L’application x ∈ R 7−→ ex est minorée et sa borne inférieure est O. Elle n’est pas majorée
car quel que soit le réel M, le réel x = ln(l + |M |) est tel que ex = |M | + 1 > M

Si une fonction f est majorée alors l’ensemble f (D) admet une borne supé- rieure M qu’on
appellera borne supérieure de la fonction f . On note M = sup f (x)
x∈D
De même, Si une fonction f est minorée alors l’ensemble f (D) admet une borne inférieure m
qu’on appellera borne inférieure de la fonction f . On note m = inf f (x)
x∈D
On notera, en vertu du théorème 1.1 (voir chapitre1), que
1. 
∀x ∈ D, f (x) 6 M
M = sup f (x) < +∞ ⇔
x∈D ∀ε > 0, ∃x ∈ D/M < f (x ) + ε
0 0

2. 
∀x ∈ D, f (x) > m
m = inf f (x) < +∞ ⇔
x∈D ∀ε > 0, ∃x ∈ D/m > f (x ) − ε
0 0

Remarque 1
Une fonction définie sur un intervalle borné n’est pas forcément bornée. C’est le cas par exemple de
la fonction définie sur [0; 1] par f (0) = 1 et f (x) = x1 si x ∈]0; 1]

0.2 Notion de limite


0.2.1 Notion de voisinage et de points adhérents.

Définition 0.2.1

Soient V ⊂ R et x ∈ R.
— Si x ∈ R, alors V est voisinage de x dans R s’il existe ε > 0/ ]x − ε, x + ε[ ⊂ V a .
— On dit que V est un voisinage de +∞ si ∃M ∈ R/ ]M, +∞[ ⊂ V.
— On dit que V est un voisinage de −∞ si ∃M ∈ R/ ]−∞, M [ ⊂ V.
On notera V (x) l’ensemble des voisinages de x dans R.
a. Tout voisinage de x dans R est a fortiori un voisinage de x dans R.

Exemple 5
1 1 1 1 1
 
— [0, 1[ est un voisinage de dans R car − , + ⊂ [0, 1[. Par contre, [0, 1[ n’est pas un
2 2 4 2 4
voisinage de 0 dans R car ∀ε > 0, [−ε, ε] contient des réels strictement négatifs donc n’est
pas inclus dans [0, 1[.

4 Pr. EL ACHAB A.
— Un intervalle ouvert est un voisinage de chacun de ses points.
En  a, b ∈ R tels que a < b et c ∈ ]a, b[. Posons α = min (c − a, b − c), alors
 effet, soient
α α
c − ,c + est inclus dans ]a, b[.
2 2

Proposition 0.2.1

— Toute partie contenant un voisinage de x est encore un voisinage de x :


Si A ∈ V (x) et A ⊂ B, alors B ∈ V (x).
— Une réunion quelconque de voisinages de x est également voisinage de x.
— Une intersection finie de voisinages de x reste un voisinage de x.

Piège ! Une intersection infinie de voisinages peut ne pas être un voisinage.


1 1
\ 
En effet, − , = {0} ∈
/ V (0).
n>1
n n

0.2.2 Adhérence d’un ensemble


Définition 0.2.2

Soit A ⊂ R et x ∈ R.
On dit que x est adhérent à A si ∀V ∈ V (x), V ∩ A 6= ∅.
L’ensemble des points adhérents à A est l’adhérence de A et se note Adh (A) ou A.

Remarque 2

x est adhérent à A ⇔ ∀ε > 0, ∃a ∈ A/ |x − a| 6 ε

Exemple 6
— Soit A = [a; b]. Si x ∈ A, alors x est adhérent à A. D’autre part, pour tout  > 0, A∩]b − , b +
[6= ∅. Donc b ∈ A. De même a ∈ A. Si x < a, alors pour  = a−x2 > 0 A∩]x − , x + [= ∅. Donc
x n’est pas adhérent à A. On démontre, de même que si x > b, alors x n’est pas adhérent à A.
Ainsi [a, b] = [a, b]. De même ]a, b[ = [a, b]
— ]a, c[ ∪ ]c, b[ = [a, b].
— A ⊂ R.
• Si A est majorée, alors sup A ∈ Adh (A) = A.
• Si A est minorée, alors inf A ∈ Adh (A) = A.

5 Pr. EL ACHAB A.
Caractérisation séquentielle de l’adhérence

Théorème 0.2.1

Soit A ⊂ R, x ∈ R. Alors :

x ∈ A = Adh (A) ⇔ ∃ (an )n∈N ∈ AN qui converge vers x

Preuve :
⇒ Supposons que x ∈ Adh (A). ∀ε > 0, ∃aε ∈ A tel que |x − aε | 6 ε. En particulier, ∀n ∈ N,
∃an ∈ A tel que |x − an | 6 2−n . Ainsi a est une suite de points de A qui converge vers x.
⇐ Soit (an )n∈N ∈ AN qui converge vers x et V ∈ V (x). Alors ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , an ∈ V . Pour
n > n0 De an ∈ V ∩ A 6= ∅.

0.2.3 Définitions des Limites


Dans la suite, D est une partie non vide de R 1 , et a ∈ R est adhérent à D dans R.
Définition 0.2.3

Soit f : D −→ R et l ∈ R. On dit que f (x) tend vers l lorsque x tend vers a et on écrit
f (x) −→ l si :
x→a
∀V ∈ V (l) , ∃U ∈ V (a) /f (U ∩ D) ⊂ V

Conséquences de la définition des limites sur les fonctions


1. Supposons f (x) −→ l avec f : D −→ R et l > 0, alors f est strictement positive au voisinage
x→a
de a : ∃U ∈ V (a) /∀x ∈ U ∩ D, f (x) > 0.
En effet, si m ∈ ]0, l[ alors ]m, +∞] ⊂ V (l) donc ∃U ∈ V (a) tel que ∀x ∈ U ∩ D, f (x) ∈
]m, +∞].
2. Supposons que f (x) −→ l avec f : D −→ R. Soient α, β ∈ R tels que α < l < β. Alors, au
x→a
voisinage de a, α 6 f (x) 6 β.
En effet, [α, β] ∈ V (l).

0.2.4 Définitions epsilonnesques


On supposera à partir de la définition de la limite précédante que f : D −→ R pour pouvoir
envisager les cas où l ∈ {±∞}.
1. En pratique, D est une réunion finie d’intervalles.

6 Pr. EL ACHAB A.
1. l ∈ R, a ∈ R.

f (x) −→ l ⇔ ∀ε > 0, ∃α > 0/∀t ∈ D, |t − a| 6 α ⇒ |f (t) − l| 6 ε


x→a

2. l ∈ R, a = +∞.

f (x) −→ l ⇔ ∀ε > 0, ∃M > 0/∀t ∈ D, t > M ⇒ |f (t) − l| 6 ε


x→+∞

3. l ∈ R, a = −∞.

f (x) −→ l ⇔ ∀ε > 0, ∃M < 0/∀t ∈ D, t 6 M ⇒ |f (t) − l| 6 ε


x→+−∞

4. a ∈ R, l = +∞.

f (x) −→ +∞ ⇔ ∀M > 0, ∃α > 0/∀t ∈ D, |t − a| 6 α ⇒ f (t) > M


x→a

5. a ∈ R, l = −∞.

f (x) −→ −∞ ⇔ ∀M < 0, ∃α > 0/∀t ∈ D, |t − a| 6 α ⇒ f (t) 6 M


x→a

6. a = +∞, l = +∞.

f (x) −→ +∞ ⇔ ∀M > 0, ∃A > 0/∀t ∈ D, t > A ⇒ f (t) > M


x→a

7. a = −∞, l = +∞.

f (x) −→ +∞ ⇔ ∀M > 0, ∃A < 0/∀t ∈ D, t 6 A ⇒ f (t) > M


x→a

8. a = −∞, l = −∞.

f (x) −→ −∞ ⇔ ∀M < 0, ∃A < 0/∀t ∈ D, t 6 A ⇒ f (t) 6 M


x→a

9. a = +∞, l = −∞.

f (x) −→ −∞ ⇔ ∀M < 0, ∃A < 0/∀t ∈ D, t 6 A ⇒ f (t) 6 M


x→a

Exemple 7
1. (Limite et convergence des suites) :
On retrouve la notion de limite déjà définie pour les suites. Soit u ∈ RN , prenons D = N et
a = +∞ : alors

un −→ l ∈ R ⇔ ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , |un − l| 6 ε


n→+∞

⇒ Soit ε > 0, V = [l − ε, l + ε] ∈ V (l) donc ∃U ∈ V (+∞) tel que u (U ∩ N) ⊂ V . Soit


M > 0 tel que [M, +∞] ⊂ U . On prend n0 = E (M ) + 1. Pour n > n0 , n ∈ N ∩ U donc

7 Pr. EL ACHAB A.
un ∈ [l − ε, l + ε].
⇐ Soit V ∈ V (l), ∃ε > 0 tel que [l − ε, l + ε] ⊂ V donc ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , |un − l| 6 ε donc
un ∈ [l − ε, l + ε] ⊂ V . En prenant U = [n0 , +∞], alors U ∈ V (+∞) et ∀n ∈ N ∩ U , un ∈ V .

Exercice

Montrer, en utilisant la définition, que :


√ √
lim x = x0 pour tout x0 > 0
x→x0
limx→0 x. sin( x1 ) = 0
1
lim = +∞
x→2 (x − 2)2
1
lim =0
x→+∞ x
x2
lim 2 =1
x→+∞ x + 1

Solution
√ √
2. lim x=x0 pour tout x0 > 0
x→x0
√ √ √ √ √
En effet : On a l’égalité | x − x0 | = √|x−x |
√0 et puisque
x+ x0
x + x0 ≥ x0 > 0, on en déduit
√ √ √
| x − x0 | ≤ |x−x
√ 0 | . Donnons- nous un nombre  > 0 et posons α =  x0 . Le nombre α est
x0
√ √
strictement positif et si l’on a |x − x0 | < α, alors il vient |x−x
√ 0 | <  et par suite | x − x0 | < .
x0
√ √
Nous venons ainsi de montrer que lim x = x0 pour tout x0 > 0
x→x0
3. limx→0 x. sin( x1 ) = 0. En effet, soit ε > 0 fixé. On oura |x. sin( x1 )| < ε dès que |x| < ε car
| sin( x1 )| < 1. En résume : ∀ε > 0 ∃α = ε /∀ ∈ I, |x − 0| < α =⇒ |x. sin( x1 ) − 0| < ε.
1
4. Montrons que lim = +∞
x→2 (x − 2)2
∀A ≥ 1. 0 6= |x − 2| < A1 =⇒ (x−2) 1 1
> |x−2| > A, en choisissant δ = A1
1
∀A < 1. 0 6= |x − 2| < 1 =⇒ (x−2) > 1 > A.
+
Ainsi, ∀A > 0 ∃δ > 0 ∀x ∈ R \{2} |x − 2| < δ =⇒ f (x) > A
1
5. lim 1
= 0. En effet : Soit  > 0. On cherche A tel que si x > A alors on a : | x1 − 0| = |x| < .
x→+∞ x
Cette inéquation est équivalente à |x| > 1 . En posant A = 1 , on a bien pour tout x > A :
1
| x1 − 0| = |x|
1
< . Voilà qui prouve que lim =0
x→+∞ x
6. lim x2 + x + 1 = +∞. En effet : Soit A ∈ R, si A ≤ 0 alors ∀x ≥ 0, x2 + x + 1 ≥ 0 ≥ A.
x→+∞ √
Si A > 0, en coisissant B = A, ona ∀x ≥ B, x2 + x + 1 ≥ x2 ≥ A. Ainsi ∀A ∈ R ∃B ∈
R ∀x > B =⇒ x2 + x + 1 > A ⇐⇒ lim x2 + x + 1 = +∞
x→+∞
x2
7. Montrons que lim =1
x→+∞ x2 + 1
2
En effet : Soit  > 0. On cherche B tel que si x > B alors on a : | x2x+1 − 1| =< . Majorons
2
| x2x+1 − 1| = | x21+1 | ≤ x12 . Orpour tout x > 0 : x12 <  ⇐⇒ x > √1 . Posons donc : B = √1 .
2
D’après ce qui précède : ∀x ∈ R, x > B =⇒ | x2x+1 − 1| =< .

8 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

Limites à droite et à gauche en un point

On suppose a ∈ R et a adhérent à D+ = D ∩ ]a, +∞[ et à D− = D ∩ ]−∞, a[ .


Définition 3.2.4

Soit f : D −→ R, l ∈ R a . On dit que f admet l pour limite à gauche en a et on écrit


lim f (x) = l ou lim f (x) = l ou f (a− )
x→a− x→a
x<a
si
∀ > 0 ∃δ > 0 a − δ < x < a =⇒ |f (x) − `| < .

Définition analogue pour la limite à droite. Si

∀ > 0 ∃δ > 0 a < x < a + δ =⇒ |f (x) − `| < .

Même notation pour les limites à droite. lim f (x) = l ou lim f (x) = l ou f a+

x→a+ x→a
>a

a. Peut être l ∈ {±∞}.

Proposition 3.2.2

Si une fonction f admet une limite l ∈ R en un point a, cette limite est unique.

Démonstration :
Raisonnons par l’absurde. Supposons que l’application f admette deux réels `1 et `2 distincts pour
limite en a et considérons le réel strictement positif  = 31 |`1 − `2 | D’après la définition, d’une part

∃δ1 > 0 ∀x ∈ D (|x − a| < δ1 =⇒ |f (x) − `1 | < )

et d’autre part
∃δ2 > 0 ∀x ∈ D (|x − a| < δ2 =⇒ |f (x) − `2 | < )

Il en résulte, en posant δ = min(δ1 , δ2 ),


∀x ∈ D (|x−a| < δ =⇒ |`1 −`2 | = |`1 −f (x)|+|f (x)−`2 | ≤ |f (x)−`1 |+|f (x)−`2 | ≤ 2 ≤ 23 |`1 −`2 |
La relation |`1 − `2 | ≤ 23 |`1 − `2 | étant impossible si `1 6= `2 , on aboutit à une contradiction. Cela
signifie que l’hypothèse de deux limites distinctes pour f en a est absurde. On a ainsi démontré que
si l’application f admettait une limite en a celle-ci était nécessairement unique.

Proposition 3.2.3

f admet une limite l en a ⇐⇒ lim f (x) = lim f (x) = l


x→a+ x→a−

Exemple 8
Considérons la fonction partie entière au point x = 2 :
— comme pour tout x ∈]2, 3[ on a E(x) = 2, on a lim E = 2 ,
2+

11 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

— comme pour tout x ∈ [1, 2[ on a E(x) = 1, on a lim E = 1.


2−
Ces deux limites étant différentes, on en déduit que E n’a pas de limite en 2.

3.2.5 Caractérisation des limites à l’aide des suites


Théorème 3.2.2 (Définition séquentielle)

Soit f : D ⊂ R −→ R, a ∈ D et l ∈ R ∪ {±∞}. Alors :

f (x) −→ l ⇔ ∀un ∈ DN / un −→ a, f (un ) −→ l


x→a n→+∞ n→+∞

Démonstration
⇒ Soit un ∈ DN qui converge vers a, et V ∈ V (l). Alors ∃U ∈ V (a) / f (U ∩ D) ⊂ V . un −→ l
n→+∞
donc ∃n0 ∈ N/∀n > n0 , un ∈ V . Pour n > n0 , f (un ) ∈ V car un ∈ U ∩ D.
⇐ Par contraposée, supposons que f ne tend pas vers l en a. Alors

∃V ∈ V (l) /∀U ∈ V (a) , f (U ∩ D) 6⊂ V ⇔ ∃t ∈ U ∩ D/f (t) ∈


/V

Pour n ∈ N, soit 


 [a − 2−n , a + 2−n ] si a ∈ R

Un = [n, +∞] si a = +∞



[−∞, −n] si a = −∞

On a donc ∀n ∈ N, Un ∈ V (a) donc on peut trouver tn ∈ Un /f (tn ) ∈


/ V . Alors tn −→ a
n→+∞
mais (f (tn ))n∈N ne tend pas vers l car f (tn ) ∈
/ V pour tout n ∈ N.
Remarque 3
Le théorème 3.2.2 est parfois utilisé pour montrer qu’une fonction n’admet pas de limite en un point
a. Pour cela, il suffit de trouver deux suites (un ) et (vn ) d’éléments de D qui admettent a comme
limite et telles que (f (un )) et (f (vn )) admettent deux limites distinctes.

Exemple 9
La fonction f (x) = sin( x1 ) n’a pas de limite en 0.
1 1
En effet : si on considère les suites définies par un = nπ et vn = π
+2nπ , on aura f (un ) = 0 et
2
f (vn ) = 1.

12 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

3.2.6 Critère de Cauchy

3.2.7 Opérations sur les limites


Cas de limites finies

Proposition 3.2.4

Soient f, g : D −→ R admettant des limites λ, µ ∈ R en a ∈ AdhR (D).


1. ∀α ∈ R,
αf (x) + g (x) −→ αλ + µ
x→a

2.
f (x) g (x) −→ λµ
x→a

3.
|f (x)| −→ |λ|
x→a

4. Si, ∀x ∈ D, f (x) 6= 0 et λ 6= 0, alors

1 1
−→
f (x) x→a λ

5.
inf (f (x) , g (x)) −→ min (λ, µ) et sup (f (x) , g (x)) −→ max (λ, µ)
x→a x→a

Démonstrations On utilise la définition séquentielle. Montrons la proposition (2)


Soit un ∈ DN qui tend vers a. On a alors f (un ) −→ λ et g (un ) −→ µ. On sait alors que
n→+∞ n→+∞

f g (un ) −→ λµ ⇒ f g (x) −→ λµ
n→+∞ x→a

Cas de limites infinies

Soient f, g : D −→ R et a ∈ D.

Hypothèses Conclusion

 lim f (x) = +∞

x→a f (x) + g (t) −→ +∞
g minorée au voisinage de a
 x→a

 lim f (x) = +∞

x→a f (x) g (x) −→ +∞
g minorée par une constante strictement positive au voisinage de a
 x→a

1
lim f (x) = +∞ −→ 0
 x→a f (x) x→a
 lim f (x) = 0

1
x→a −→ +∞
f à valeur dans R∗+ au voisinage de a
 f (x) x→a

13 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

— g minorée au voisinage de a signifie ∃m ∈ R et ∃U ∈ V (a) tels que ∀t ∈ U ∩ D, g (t) > m.


Ceci se produit notamment si g est bornée sur D ou si g admet en a une limite l > −∞ 2 .
— g minorée par une constante strictement positive au voisinage de a signifie ∃m > 0 et
U ∈ V (a) tels que ∀t ∈ U ∩ D, g (t) > m. Ceci se produit notamment si g admet une limite
strictement positive en a.
— Des énoncés analogues existent pour f tendant vers −∞.

Démonstration de la proposition (2).


Soit m > 0 et U1 ∈ V (a), tel que ∀t ∈ U ∩ D, g (t) > m.  Soit V ∈ V (+∞), ∃M > 0 tel que
M
[M, +∞[ ⊂ V . Donc ∃U2 ∈ VR (a) tel que ∀t ∈ U2 ∩ D, f (t) ∈ , +∞ . Soit U = U1 ∩ U2 , U ∈ V (a)
m
M
et ∀t ∈ U ∩ D, f (t) g (t) > m = M.
m

Remarque Il y a des situations où on ne peut rien affirmer : les formes indéterminées.


— Si f (x) −→ +∞ et g (x) −→ −∞, on ne peut rien affirmer sur f (x) + g (x) FI.
x→a x→a
— Si f (x) −→ +∞ et g (x) −→ 0 ; on ne peut rien dire de général sur f (x) g (x) FI.
x→a x→a √ √
— Dans ces situations, il faut lever l’indétermination. Par exemple, quid de lim x + 1− x ?
x→+∞
On a , ∀x ∈ R :
√ √  √ √ 
√ √ x+1− x x+1+ x
x+1− x = √ √
x+1+ x
x+1−x
= √ √
x+1− x
1
= √ √ −→ 0
x + 1 + x x→+∞

Composition des limites (Composée de deux fonctions)

Théorème 3.2.3

Soit f : D −→ R, a ∈ D tel que f (D) ⊂ J et g : J ⊂ R −→ R. On suppose que :


1. f admet une limite b ∈ J ( lim f (x) = b).
x→a
2. g admet en b une limite l ∈ R (lim g(y) = l).
y→b
Alors
lim g ◦ f (x) = l
x→a

Démonstration
— Soit V ∈ V (b) et montrons que V ∩ J 6= ∅. f (x) −→ b donc ∃U ∈ V (a) tel que f (U ∩ D) ⊂ V .
x→a
Mais f (U ∩ D) ⊂ f (D) ⊂ J donc f (U ∩ D) ⊂ V ∩ J et U ∩ D 6= ∅ donc f (U ∩ D) 6= ∅.
2. Soit λ < l, alors [λ, +∞] ∈ V (l) donc ∃U ∈ V (a) tel que g (U ∩ D) ⊂ V .

14 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

— Supposons que g (y) −→ l, soit W ∈ V (l) donc ∃V ∈ V (b), g (V ∩ J) ⊂ W . V est voisinage de


y→b
b et f (x) −→ b donc ∃U ∈ V (a) tel que f (U ∩ D) ⊂ V . Pour t ∈ U ∩ D, f (t) ∈ V ∩ J donc
x→a
g ◦ f (t) ∈ W .

x+1
 
Exemple Quid de lim x ln ? Pour x > 0,
x→+∞ x
 
1

x+1
 ln 1 + x
x ln = 1
x x

1 ln (1 + u)
On a −→ 0 et −→ 1 donc, par composition,
x x→+∞ u u→0

 
1
ln 1 + x
1 −→ 1
x→+∞
x

3.2.8 Limites et ordre


Théorème 3.2.4

Soient f, g : D −→ R et a ∈ D, on suppose que ∃U ∈ V (a) /∀x ∈ U ∩ D, f (x) 6 g (x).


— Si f et g admettent en a des limites l, l0 ∈ R, alors l 6 l0 .
— Si g (x) −→ −∞, alors f (x) −→ −∞.
x→a x→a
— Si f (x) −→ +∞, alors g (x) −→ +∞.
x→a x→a

Théorème des gendarmes

Théorème 3.2.5

Soient f, g, h : D −→ R et a ∈ D. On suppose :
1. ∃U ∈ V (a) /∀x ∈ U ∩ D, f (x) 6 g (x) 6 h (x).
2. f (x) −→ l et h (x) −→ l.
x→a x→a
Alors g (x) −→ l.
x→a

Démonstration Soit V ∈ V (l), ∃ε > 0 tel que [l − ε, l + ε] ⊂ V . f (x) −→ l donc ∃U1 ∈ V (a) /f (U ∩ D) ⊂
x→a
[l − ε, l + ε]. De même, h (x) −→ l donc ∃U2 ∈ V (a) /f (U2 ∩ D) ⊂ [l − ε, l + ε].
t→a
Soit O = U ∩ U1 ∩ U2 ∈ V (a) et ∀x ∈ O ∩ D,

l − ε 6 f (x) 6 g (x) 6 h (x) 6 l + ε

Ainsi, g (x) ∈ [l − ε, l + ε] ⊂ V donc g (O ∩ D) ⊂ V .

15 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

Exemple 10
Intéressons-nous à la limite en 0 de l’application f : x ∈ R∗ −→ R, x 7−→ sin(x)
x .
Soit x ∈]0, 2 [, on a 0 < sin(x) < x < tan(x). On en déduit que pour tout x ∈]0, π2 [, 1 <
π x
sin(x) < 1
cos(x)
autrement dit que cos(x) < sin(x) x < 1. La parité des fonctions sinus et cosinus implique que
π π sin(x)
∀x ∈] − 2 , 0[∪]0, 2 [, cos(x) < x < 1. Comme lim cos(x) = 1, le théorème des gendarmes permet
0
sin(x)
de conclure que lim =1
0 x

Corollaire Soient f : D −→ R et g : D −→ R, l ∈ R et a ∈ D. On suppose que au voisinage de a,


|f (x) − l| 6 g (x), et g (x) −→ 0. Alors f (x) tend vers l en a.
t→a

3.2.9 Fonctions monotones


Définition 3.2.5

Soit f : D → R une fonction. On dit que :

— f est croissante sur D si ∀x, y ∈ D x ≤ y =⇒ f (x) ≤ f (y)

— f est strictement croissante sur D si ∀x, y ∈ D x < y =⇒ f (x) < f (y)


— f est décroissante sur D si ∀x, y ∈ D x ≤ y =⇒ f (x) ≥ f (y)
— f est strictement décroissante sur D si ∀x, y ∈ D x < y =⇒ f (x) > f (y)
— f est monotone (resp. strictement monotone) sur D si f est croissante ou décroissante
(resp. strictement croissante ou strictement décroissante) sur D.

Exemple 11 
[0, +∞[−→ R
— La fonction racine carrée est strictement croissante.
x 7−→ √x
— Les fonctions exponentielle exp : R → R et logarithme ln :]0, +∞[→ R sont strictement
croissantes. 
R −→ R
— La fonction valeur absolue n’est ni croissante, ni décroissante. Par contre, la
x 7−→ |x|

[0, +∞[−→ R
fonction est strictement croissante.
x 7−→ |x|

Majoration et limite

Théorème 3.2.6

Soit f : [a, b[ −→ R croissante avec a ∈ R, b ∈ R et a < b.


1. Si f est majorée, alors f admet une limite finie l ∈ R en b avec l = sup f (]a, b]).
2. Si f n’est pas majorée, alors f (x) −→ +∞.
x→b

Démonstration

16 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

1. Supposons f majorée, soit l = sup f ([a, b[) et montrons que f (x) −→ l . Soit V ∈ V (l),
x→b
∃ε > 0/ [l − ε, l + ε] ⊂ V donc l − ε ne majore pas f donc ∃c ∈ [a, b[ /f (c) > l − ε. Soit
U = [c, +∞[, U ∈ V (b) et ∀x ∈ U ∩ [a, b[ = [c, b[, on a l > f (x) car l = sup f et f (x) > f (c)
car x > c donc
l > f (x) > f (c) > l − ε

Ainsi, f (x) ∈ ]l − ε, l] ⊂ [l − ε, l + ε] ⊂ V .
2. Supposons que f n’est pas majorée. Montrons que f (x) −→ +∞, soit V ∈ V (+∞), alors
x→a
∃M ∈ R/ [M, +∞[ ⊂ V . f n’est pas majorée donc ∃c ∈ ]a, b] /f (c) > M . Soit U = [c, +∞]∈
V (b) et pour x ∈ U ∩ ]a, b] = [c, b[, f (x) > f (c) > M ⇒ f (x) ∈ V .

Corollaire 1 Soit f : [a, b[ −→ R décroissante.


1. Si f est minorée, alors f admet une limite finie en b et lim f (x) = inf f .
x→b [a,b[
2. Si f n’est pas minorée, alors f (x) −→ −∞.
x→b
La démonstration se fait en appliquant le théorème 3.2.6 à −f .

Corollaire 2 Soit a ∈ R, b ∈ R, a < b et f : ]a, b] −→ R croissante.


1. Si f est minorée, f admet une limite finie en a et lim f (x) = inf f .
x→a ]a,b]
2. Si f n’est pas minorée, f (x) −→ −∞.
x→a

La démonstration se fait en appliquant le corollaire 1 à g : [−b, −a[ −→ R .


x 7→ f (−x)

Corollaire 3 Soit a ∈ R, b ∈ R avec a < b, et f : ]a, b] −→ R décroissante.


1. Si f est majorée, alors f admet en a une limite finie.
2. Si f n’est pas majorée, alors f (x) −→ +∞.
x→a
La démonstration se fait en appliquant le corollaire 2 à −f , ou bien appliquer le théorème à
g : ]−b, −a] −→ R .
x 7→ f (−x)

Inégalités des limites

Théorème 3.2.7

Soit I = [α, β] un intervalle non trivial de R et f : I −→ R croissante. Soit a ∈]α, β[, alors f
admet en a des limites à gauche et à droite finies lim f (x) et lim f (x). On a de plus
x→a− x→a+

lim f (x) 6 f (a) 6 lim f (x)


x→a− x→a+

Un énoncé analogue existe pour les fonctions décroissantes.


Exemple 12
1
la fonction f définie par f (x) = x sur [0; 1[ est monotone mais n’est pas bornée.

17 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

3.3 Fonctions continues


Définition 3.3.1

Soit f est une fonction définie sur un intervalle D et soit x0 est un réel de D.
f est continue en x0 signifie que f admet une limite en x0 égale à f (x0 ). Autrement dit si :

∀ > 0 ∃α > 0 ∀x ∈ D |x − x0 | < α =⇒ |f (x) − f (x0 )| < 

f est continue sur l’intervalle D signifie que f est continue en chaque point x0 de D.
f est dite discontinue en un point x0 ∈ D si elle n’est pas continue en x0 . Autrement dit si :

∃ > 0 ∀α > 0 ∃x ∈ D |x − x0 | < α et |f (x) − f (x0 )| ≥ 

On note C (D, R) l’ensemble des fonctions continue de D dans R.


Exemple 13
1
1. Soit f la fonction définie sur I =]1; +∞[ par : f (x) = x−1 .
La fonction f est continue en 2 car : f (2) = 1 et lim f (x) = 1.
x→2
Plus généralement, cette fonction est continue sur I.
1
2. x 7−→ f (x) = x−1 n’est pas continue en 1 car non définie en 1.
(
x sin( x1 ), x 6= 0,
3. f (x) = n’est pas continue en 0 car limx→0 f (x) 6= f (0) = 1.
1, x = 0.
4. Si f n’est pas continue en x0 ∈ R , on dit qu’elle est discontinue en x0 ∈ R .

3.3.1 Suites et continuité


Théorème 3.3.1

Soit f : D → R une fonction et x0 un point de D. Alors :


pour toute suite (un ) qui converge vers x0
f est continue en x0 ⇐⇒
la suite (f (un )) converge vers f (x0 )

Démonstration :

=⇒ On suppose que f est continue en x0 et que (un ) est une suite qui converge vers x0 et on
veut montrer que (f (un )) converge vers f (x0 ).
Soit  > 0. Comme f est continue en x0 , il existe un δ > 0 tel que

∀x ∈ D |x − x0 | < δ =⇒ |f (x) − f (x0 )| < .

Pour ce δ, comme (un ) converge vers x0 , il existe N ∈ N tel que

∀n ∈ N n ≥ N =⇒ |un − x0 | < δ.

On en déduit que, pour tout n ≥ N , comme |un − x0 | < δ, on a |f (un ) − f (x0 )| < . Comme
c’est vrai pour tout  > 0, on peut maintenant conclure que (f (un )) converge vers f (x0 ).

18 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

⇐= On va montrer la contraposée : supposons que f n’est pas continue en x0 et montrons


qu’alors il existe une suite (un ) qui converge vers x0 et telle que (f (un )) ne converge pas vers
f (x0 ).
Par hypothèse, comme f n’est pas continue en x0 :

∃0 > 0 ∀δ > 0 ∃xδ ∈ D tel que |xδ − x0 | < δ et |f (xδ ) − f (x0 )| > 0 .

On construit la suite (un ) de la façon suivante : pour tout n ∈ N∗ , on choisit dans l’assertion
précédente δ = 1/n et on obtient qu’il existe un (qui est x1/n ) tel que

1
|un − x0 | < et |f (un ) − f (x0 )| > 0 .
n

La suite (un ) converge vers x0 alors que la suite (f (un )) ne peut pas converger vers f (x0 ).
Exemple 14
— La fonction partie entière E n’est pas continue en 0 car la suite (un )n de terme général
un = −l n converge vers 0 mais la suite de terme général E(un ) qui est la suite constante égale
à −1 converge vers −1 et E(0) = 0 6= −1.
— Pour x > 0 la fonction f (x) = sin x1 n’est pas continue en 0. En effet, Considérons les deux
1 1
suites définies par xn = 2nπ 2n et yn = 2nπ+ π . Ces deux suites convergent vers 0 mais
2
f (xn ) −→ 0 et f (yn ) −→ 1

3.3.2 Règles de calcul sur les fonc- — αf + g est continue sur D.


tions continues — f g est continue sur D.
1
— Si ∀t ∈ D, f (t) 6= 0, est continue sur D.
Somme, produit, quotient, valeur absolue f
— |f | est continue sur D.
Version locale Soient f, g : D ⊂ R −→ R et
x0 ∈ D, on suppose f et g continues en x0 . Soit Démonstration Soit u ∈ DN convergente
α ∈ R, alors : vers x0 . f et g sont continues en x0 donc
— αf + g est continue en x0 . f (un ) −→ f (x0 ) et g (un ) −→ g (x0 ). D’après
— f g est continue en x0 . les théorèmes généraux sur les suites conver-
1 gentes :
— Si ∀t ∈ D, f (t) 6= 0, est continue en x0 .
f
— |f | est continue en x0 . — αf (un ) + g (un ) −→ αf (x0 ) + g (x0 )
— f (un ) g (un ) −→ f (x0 ) g (x0 )
1 1
Version globale Soient f, g ∈ C (D, R) et α ∈ — Si ∀t ∈ D, f (t) 6= 0, −→
f (un ) f (x0 )
R, alors : — |f (un )| −→ |f (x0 )|

Remarques Soit D ⊂ R, alors :


— x ∈ D 7−→ x est continue donc par produit, pour n ∈ N∗ , x 7→ xn est continue.
— ∀α ∈ R, ∀n ∈ N∗ , x 7→ αxn est continue donc par somme, toutes les fonctions polynômiales
sont continues.
— Par quotient, toute fonction rationnelle bien définie est continue.

Théorème sur la composition

19 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

Théorème 3.3.2

Soient D, J deux parties de R, f : D −→ R telle que f (D) ⊂ J et g : J −→ R toutes deux


continues. Alors g ◦ f est continue sur D.

Démonstration Soit x0 ∈D . Montrons que g ◦ f est continue en x0 .


Soit W un voisinage de g (f (x0 )) dans R. Or f (x0 ) ∈ J et g est continue sur J donc on peut
trouver un voisinage V de f (x0 ) dans R tel que g (J ∩ V ) ⊂ W . De même, V ∈ V (f (x0 )) et f est
continue en x0 donc ∃U ∈ V (x0 ) tel que f (U ∩ D) ⊂ V .
Si x ∈ U ∩ D, alors f (x) ∈ V et f (x) ∈ J donc f (x) ∈ V ∩ J donc g (f (x)) ∈ W donc
g ◦ f (U ∩ D) ∈ W 3 .

3.3.3 Continuité à droite, Continuité à gauche.

Définition 3.3.2

— Soit f une fonction définie sur un intervalle sous forme [x0 , x0 + α[, α > 0. On dit
que f est continue en x0 à droite lorsque lim f (x) = f (x0 )
x→x+
0
— Soit f une fonction définie sur un intervalle sous forme ]x0 − α, x0 ], α > 0. On dit
que f est continue en x0 à gauche lorsque lim f (x) = f (x0 )
x→x−
0

Exemple 15
La fonction f (x) = E(x) est continue à droite en tout point n ∈ Z, mais elle n’est pas continue à
gauche en ces points.
Remarque 4
Une fonction f peut ne pas être continue en un point x0 et admettre une limite à droite lim f (x) et
x→x+
0
une limite à gauche lim f (x) en x0 identiques.
x→x−
0

Exemple 16
Soit f (x) = sinx x si x 6= 0 et f (0) = 2. La fonction f n’est pas continue en x0 = 0 et pourtant
lim f (x) = lim f (x) = 1
x→x−
0 x→x+
0

Théorème 3.3.3

Soit x0 un réel, et soit f une fonction définie sur un intervalle contenant x0 . On dit que f
est continue en x0 ⇔ lim f (x) = lim f (x) = f (x0 )
x→x+
0 x→x−
0

Exemple 17

1. x 7−→ x est continue à droite en 0.

3. Les autres preuves de ce résultat utilisant respectivement les définitions séquentielles et epsilonnesques de la
continuité sont elles aussi « laissées au courageux lecteur ! » .

20 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

(
f (x) = 3x + 1, x ≤ 1
2. Soit f la fonction définie sur D = R par :
f (x) = x4 , x > 1
Ona f (1) = 4 et lim f (x) = lim f (x) = f (1), donc la fonction f est continue en 1
x→1+ x→1−

3.3.4 Prolongement par continuité

Définition 3.3.3

Soit D un intervalle, x0 ∈ D et f une fonction définie et continue sur D\{x0 }. On dit que f est
prolongeable par continuité en x0 si et seulement si lim f (x) = lim f (x) = lim f (x) =
x→x0 x→x+ x→x−
0 0
(
f (x) si x ∈ D \ {x0 }
` ∈ R. Son prolongement est la fonction f˜ continue sur D : f˜(x) =
` si x = x0

Exemple 18
sin(x)
— La fonction h définie sur R − {0} par h(x) = est prolongeable par continuité en 0 en
x
sin x
posant h̃(0) = 1 et h̃(x) = h(x) pour x 6= 0 car lim = 1.
x→0 x
1
— x 7−→ f (x) = (x−1)2 n’est pas prolongeable par continuité en 1 car ( lim f (x) = +∞).
x→1
x2 − 1
— La fonction u : x 7→ est-elle prolongeable par continuité sur R ? ...
x−1

21 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

Limites à droite et à gauche en un point

3.2.5 Caractérisation des limites à l’aide des suites

3.2.6 Critère de Cauchy

3.2.7 Opérations sur les limites


Cas de limites finies

Cas de limites infinies

Composition des limites (Composée de deux fonctions)

3.2.8 Limites et ordre


Théorème des gendarmes

3.2.9 Fonctions monotones


Majoration et limite

Inégalités des limites

3.3 Fonctions continues


Définition 3.3.1

Soit f est une fonction définie sur un intervalle D et soit x0 est un réel de D.
f est continue en x0 signifie que f admet une limite en x0 égale à f (x0 ). Autrement dit si :

∀ > 0 ∃α > 0 ∀x ∈ D |x − x0 | < α =⇒ |f (x) − f (x0 )| < 

f est continue sur l’intervalle D signifie que f est continue en chaque point x0 de D.
f est dite discontinue en un point x0 ∈ D si elle n’est pas continue en x0 . Autrement dit si :

∃ > 0 ∀α > 0 ∃x ∈ D |x − x0 | < α et |f (x) − f (x0 )| ≥ 

On note C (D, R) l’ensemble des fonctions continue de D dans R.


Exemple 1
1
1. Soit f la fonction définie sur I =]1; +∞[ par : f (x) = x−1 .
La fonction f est continue en 2 car : f (2) = 1 et lim f (x) = 1.
x→2
Plus généralement, cette fonction est continue sur I.
1
2. x 7−→ f (x) = x−1 n’est pas continue en 1 car non définie en 1.
(
x sin( x1 ), x 6= 0,
3. f (x) = n’est pas continue en 0 car limx→0 f (x) 6= f (0) = 1.
1, x = 0.

4 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

3.3.1 Suites et continuité


Théorème 3.3.1

Soit f : D → R une fonction et x0 un point de D. Alors :


pour toute suite (un ) qui converge vers x0
f est continue en x0 ⇐⇒
la suite (f (un )) converge vers f (x0 )

Démonstration :

=⇒ On suppose que f est continue en x0 et que (un ) est une suite qui converge vers x0 et on
veut montrer que (f (un )) converge vers f (x0 ).
Soit  > 0. Comme f est continue en x0 , il existe un δ > 0 tel que

∀x ∈ D |x − x0 | < δ =⇒ |f (x) − f (x0 )| < .

Pour ce δ, comme (un ) converge vers x0 , il existe N ∈ N tel que

∀n ∈ N n ≥ N =⇒ |un − x0 | < δ.

On en déduit que, pour tout n ≥ N , comme |un − x0 | < δ, on a |f (un ) − f (x0 )| < . Comme
c’est vrai pour tout  > 0, on peut maintenant conclure que (f (un )) converge vers f (x0 ).
⇐= On va montrer la contraposée : supposons que f n’est pas continue en x0 et montrons
qu’alors il existe une suite (un ) qui converge vers x0 et telle que (f (un )) ne converge pas vers
f (x0 ).
Par hypothèse, comme f n’est pas continue en x0 :

∃0 > 0 ∀δ > 0 ∃xδ ∈ D tel que |xδ − x0 | < δ et |f (xδ ) − f (x0 )| > 0 .

On construit la suite (un ) de la façon suivante : pour tout n ∈ N∗ , on choisit dans l’assertion
précédente δ = 1/n et on obtient qu’il existe un (qui est x1/n ) tel que

1
|un − x0 | < et |f (un ) − f (x0 )| > 0 .
n

La suite (un ) converge vers x0 alors que la suite (f (un )) ne peut pas converger vers f (x0 ).

Exemple 2
— La fonction partie entière E n’est pas continue en 0 car la suite (un )n de terme général
un = −l n converge vers 0 mais la suite de terme général E(un ) qui est la suite constante égale
à −1 converge vers −1 et E(0) = 0 6= −1.
— Pour x > 0 la fonction f (x) = sin x1 n’est pas continue en 0. En effet, Considérons les
1 1
deux suites définies par xn = 2nπ et yn = 2nπ+ π . Ces deux suites convergent vers 0 mais
2
f (xn ) −→ 0 et f (yn ) −→ 1

5 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

3.3.2 Règles de calcul sur les fonc- — αf + g est continue sur D.


tions continues — f g est continue sur D.
1
— Si ∀t ∈ D, f (t) 6= 0, est continue sur D.
Somme, produit, quotient, valeur absolue f
— |f | est continue sur D.
Version locale Soient f, g : D ⊂ R −→ R et
x0 ∈ D, on suppose f et g continues en x0 . Soit Démonstration Soit un ∈ DN conver-
α ∈ R, alors : gente vers x0 . f et g sont continues en x0 donc
— αf + g est continue en x0 . f (un ) −→ f (x0 ) et g (un ) −→ g (x0 ). D’après
— f g est continue en x0 . les théorèmes généraux sur les suites conver-
1 gentes :
— Si ∀t ∈ D, f (t) 6= 0, est continue en x0 .
f
— |f | est continue en x0 . — αf (un ) + g (un ) −→ αf (x0 ) + g (x0 )
— f (un ) g (un ) −→ f (x0 ) g (x0 )
1 1
Version globale Soient f, g ∈ C (D, R) et α ∈ — Si ∀t ∈ D, f (t) 6= 0, −→
f (un ) f (x0 )
R, alors : — |f (un )| −→ |f (x0 )|

Remarques Soit D ⊂ R, alors :


— x ∈ D 7−→ x est continue donc par produit, pour n ∈ N∗ , x 7→ xn est continue.
— ∀α ∈ R, ∀n ∈ N∗ , x 7→ αxn est continue donc par somme, toutes les fonctions polynômiales
sont continues.
— Par quotient, toute fonction rationnelle bien définie est continue.

Théorème sur la composition


Théorème 3.3.2

Soient D, J deux parties de R, f : D −→ R telle que f (D) ⊂ J et g : J −→ R toutes deux


continues. Alors g ◦ f est continue sur D.

Démonstration Soit x0 ∈D . Montrons que g ◦ f est continue en x0 .


Soit W un voisinage de g (f (x0 )) dans R. Or f (x0 ) ∈ J et g est continue sur J donc on peut
trouver un voisinage V de f (x0 ) dans R tel que g (J ∩ V ) ⊂ W . De même, V ∈ V (f (x0 )) et f est
continue en x0 donc ∃U ∈ V (x0 ) tel que f (U ∩ D) ⊂ V .
Si x ∈ U ∩ D, alors f (x) ∈ V et f (x) ∈ J donc f (x) ∈ V ∩ J donc g (f (x)) ∈ W donc
g ◦ f (U ∩ D) ∈ W 1 .
1. Les autres preuves de ce résultat utilisant respectivement les définitions séquentielles et epsilonnesques de la
continuité sont elles aussi « laissées au courageux lecteur ! » .

6 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

3.3.3 Continuité à droite, Continuité à gauche.

Définition 3.3.2

— Soit f une fonction définie sur un intervalle sous forme [x0 , x0 + α[, α > 0. On dit
que f est continue en x0 à droite lorsque lim f (x) = f (x0 )
x→x+
0
— Soit f une fonction définie sur un intervalle sous forme ]x0 − α, x0 ], α > 0. On dit
que f est continue en x0 à gauche lorsque lim f (x) = f (x0 )
x→x−
0

Exemple 3
La fonction f (x) = E(x) est continue à droite en tout point n ∈ Z, mais elle n’est pas continue à
gauche en ces points.

Remarque 1
Une fonction f peut ne pas être continue en un point x0 et admettre une limite à droite lim f (x) et
x→x+
0
une limite à gauche lim f (x) en x0 identiques.
x→x−
0

Exemple 4
Soit f (x) = sinx x si x 6= 0 et f (0) = 2. La fonction f n’est pas continue en x0 = 0 et pourtant
lim f (x) = lim f (x) = 1
x→x−
0 x→x+
0

Théorème 3.3.3

Soit x0 un réel, et soit f une fonction définie sur un intervalle contenant x0 . On dit que f
est continue en x0 ⇔ lim f (x) = lim f (x) = f (x0 )
x→x+
0 x→x−
0

Exemple 5

1. x 7−→ x est continue à droite en 0.
(
f (x) = 3x + 1, x ≤ 1
2. Soit f la fonction définie sur D = R par :
f (x) = x4 , x > 1
Ona f (1) = 4 et lim f (x) = lim f (x) = f (1), donc la fonction f est continue en 1
x→1+ x→1−

3.3.4 Prolongement par continuité

Définition 3.3.3

Soit D un intervalle, x0 ∈ D et f une fonction définie et continue sur D\{x0 }. On dit que f est
prolongeable par continuité en x0 si et seulement si lim f (x) = lim f (x) = lim f (x) =
x→x0 x→x+ x→x−
0 0
(
f (x) si x ∈ D \ {x0 }
` ∈ R. Son prolongement est la fonction f˜ continue sur D : f˜(x) =
` si x = x0

7 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

Exemple 6
sin(x)
— La fonction h définie sur R − {0} par h(x) = est prolongeable par continuité en 0 en
x
sin x
posant h̃(0) = 1 et h̃(x) = h(x) pour x 6= 0 car lim = 1.
x→0 x
1
— x 7−→ f (x) = (x−1)2 n’est pas prolongeable par continuité en 1 car ( lim f (x) = +∞).
x→1
x2 − 1
— La fonction u : x 7→ est-elle prolongeable par continuité sur R ? ...
x−1
Cours de la semaine du 04 au 09 janvier 2021

3.3.5 Fonctions uniformément continues


Définition 3.3.4

f : D ⊂ R −→ R est uniformément continue si

∀ε > 0, ∃α > 0/∀x, y ∈ D, |x − y| 6 α ⇒ |f (x) − f (y)| 6 ε

Remarque 2
— La continuité uniforme est de caractère global (elle dépend de l’ensemble D), alors que la
continuité est de caractère local (elle ne dépend que du point x0 et non de l’ensemble D).
— Si f est uniformément continue sur D et si (xn ) et (yn ) sont deux suites d’éléments
de D telles que xn − yn −→ 0, alors f (xn ) − f (yn ) −→ 0.
— La continuité uniforme est plus forte que la continuité : Pour la continuité α dépend à la
fois de x0 et de , alors que Pour la continuité uniforme α ne dépend que de .

Théorème 3.3.4

Toute fonction uniformément continue est continue.

Preuve :
Soit f : D ⊂ R −→ R uniformément continue et x0 ∈ D. Montrons que f est continue en x0 . Soit
ε > 0, f est uniformément continue donc ∃β > 0/∀x, y ∈ D,

|x − y| 6 β ⇒ |f (x) − f (y)| 6 ε

Pour x ∈ D vérifiant |x − x0 | 6 β, on a bien |f (x) − f (x0 )| 6 ε.

Remarque 3
Montrons qu’il existe des fonctions continues qui ne le sont pas uniformément. Soit

f : R −→ R
t 7→ t2

Montrons que f est continue. Soit x0 ∈ R et un ∈ DN qui converge vers x0 . On sait que u2n tend


vers x20 donc (f (un )) tend vers f (x0 ) donc f est continue en x0 . Supposons que f est uniformément

8 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

continue, alors ∀ε > 0, ∃α > 0/∀s, t ∈ R, |s − t| 6 α ⇒ s2 − t2 6 ε. Posons maintenant pour n ∈ N∗ ,


1 1
xn = n et yn = n + . Soit n0 ∈ N tel que 6 α, alors pour n > n0 ,
n n0

1
|xn − yn | 6
n
1
6
n0
6 α

On doit donc aussi avoir


1
x2n − yn2 6 ε ⇒ 2 + 6ε
n2
Si ε = 1, la relation précédente est absurde donc c’est impossible.

3.3.6 Les grandes théorèmes sur les fonctions continues

Continuité sur un intervalle fermé borné


Théorème 3.3.5

Soit f : [a, b] → R une fonction définie et continue sur un intervalle fermé et borné [a, b].
Alors f est bornée et atteint sa borne supérieure M et sa borne inférieure m. C’est à dire
que : ∃x1 ∈ [a, b], m = inf f (x) = f (x1 ) et ∃x2 ∈ [a, b], M = sup f (x) = f (x2 )
x∈[a,b] x∈[a,b]

Démonstration :

1. Supposons que f n’est pas bornée on peut alors trouver une suite (xn ) d’éléments de [a, b]
telle que : |f (xn )| > n : D’après le théorème de Balzano- Weierstrass, il existe une sous suite
(xϕ(n) ) qui converge. Soit l sa limite. l est dans [a ; b] puisque (xϕ(n) ) est dans [a, b] . f est
continue , en particulier en l, donc lim f (xϕ(n) ) = f (l). Mais ce résultat est en contradiction
avec le fait que |f (xϕ(n) )| > ϕ(n) ≥ n qui entraine que lim f (xϕ(n) ) = +∞. La fonction f est
donc bornée.
2. La fonction f est bornée. Elle admet donc une borne supérieure M et une borne inférieure
m. Supposons, par exemple, que M n’est pas atteinte sur [a, b]. C’est à dire : ∀x ∈ [a, b],
f (x) > M .
1
Considérons, alors la fonction g définie sur [a, b] par : g(x) = M −f (x)
La fonction g est continue et strictement positive sur [a, b]. D’après 1) , g est bornée. Elle
admet donc une borne supérieure M0 .
1
Il en résulte que ∀x ∈ [a, b], f (x) > M − M0 .
M ne serait pas, alors, la borne supérieure.
On démontre d’une manière analogue que la borne inférieure est atteinte.

9 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

Remarque 4
1. Si f n’est pas continue, M ou m peuvent ne pas exister, par exemple, soit f la fonction définie
par : f (x) = x1 si x ∈]0; 1]etf (0) = 0. La fonction f est définie sur [0; 1] mais n’admet pas de
borne supérieure
2. La continuité est une condition suffisante pour qu’une fonction continue sur un intervalle
fermé borné soit bornée et atteigne ses bornes. Mais ce n’est pas une condition nécessaire
comme le montre l’exemple suivant : Soit g la fonction définie par g(x) = 1 − x si x ∈
]0; 1[, g(0) = 0 et g(1) = 1. Cette fonction n’est pas continue sur [0; 1] alors que sa borne
inférieure 0 et sa borne supérieure 1 sont atteintes.

3.3.7 Théorème de Heine


Théorème 3.3.6

Toute fonction continue sur un intervalle fermé et borné est uniformément continue.

Démonstration Supposons que f n’est pas uniformément continue sur [a, b]. Alors :

|x − y| 6 α
∃ε > 0/∀α > 0, ∃x, y ∈ [a, b]/
|f (x) − f (y)| > ε

1
En particulier, ∀n ∈ N∗ , ∃xn , yn ∈ [a, b] avec |xn − yn | 6
et |f (xn ) − f (yn )| > ε. [a, b] est fermé et
n  
borné, d’après le théorème de Bolzano-Weierstrass, donc il existe une sous suite xϕ(n) de x avec
ϕ : N −→ N strictement croissante qui converge vers un élément c de [a, b]. Alors, pour n ∈ N :

yϕ(n) − c = yϕ(n) − xϕ(n) + xϕ(n) − c

6 yϕ(n) − xϕ(n) + xϕ(n) − c

1 1  
Or yϕ(n) − xϕ(n) 6 6 donc cette quantité tend vers 0, ainsi que xϕ(n) − c . Donc yϕ(n)
ϕ (n) n    
converge aussi vers c. f et continue en a car c ∈ [a, b] donc f xϕ(n) −→ f (c) et f yϕ(n) −→ f (c)
donc    
f xϕ(n) − f yϕ(n) −→ 0
n7→+∞
   
Ce qui est impossible car ∀n ∈ N∗ , f xϕ(n) − f yϕ(n) > ε.

3.3.8 Théorème des valeurs intermédiaires


Théorème 3.3.7 (Version n°1)

Soient a, b ∈ R avec a < b et f : [a, b] −→ R continue. Si f (a) f (b) 6 0, alors il existe un


point c du segment [a, b] tel que f (c) = 0.

10 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

Démonstrations

Version n°1 Supposons par exemple f (a) 6 0 et f (b) > 0.


On construit par récurrence deux suites (an ) et (bn ) telles que ∀n ∈ N :
1. a 6 an 6 an+1 6 bn+1 6 bn 6 b
1
2. bn+1 − an+1 = n (b − a)
2
3. f (an ) 6 0 et f (bn ) ≥ 0
a0 + b0
On prend a0 = a, b0 = b, on a bien f (a0 ) 6 0 et f (b0 ) > 0. Soit c0 = .
2
— Si f (c) 6 0, on prend a1 = c0 et b1 = b0 .
— Sinon on prend a1 = a0 et b1 = c0 .
On a bien dans tous les cas :
1. a 6 a0 6 a1 6 b1 6 b0 6 b
1
2. b1 − a1 = (b0 − a0 )
2
3. f (a1 ) 6 0 et f (b1 ) > 0
Supposons avoir construit

a 6 a0 6 a1 6 · · · 6 an 6 bn 6 · · · 6 b1 6 b0 6 b

an + bn
Pour n ∈ N∗ avec ∀k ∈ [[0, n]], f (ak ) 6 0 et f (bk ) > 0. Soit cn = :
2
— Si f (cn ) 6 0, alors on prend an+1 = c, bn+1 = bn .
— Si f (cn ) > 0, alors on prend an+1 = an , bn+1 = cn .
Dans tous les cas on a bien :
1. a 6 an 6 an+1 6 bn+1 6 bn 6 b
1 1
2. bn+1 − an+1 = (bn − an ) = n+1 (a − b)
2 2
3. f (an+1 ) 6 0 et f (bn+1 ) > 0
Il est clair que les suites (an ) et (bn ) sont adjacentes donc elles convergent vers une limite
commune x ∈ [a, b]. f est continue en x donc les suites (an ) e (bn ) convergent toutes les deux vers
x donc (f (an )) et (f (bn )) convergent vers f (x). Or, ∀n ∈ N, f (an ) 6 0 donc f (x) 6 0. De même,
∀n ∈ N, f (bn ) > 0 donc f (x) > 0. Ainsi, f (x) = 0.
Remarque 5
Le théorème 3.3.7 n’est pas vraie, en général, si f n’est pas définie sur un intervalle, par exemple,
soit f la fonction définie sur A = {−1; 1} qui est fermé borné par f (−1) = −1 et f (1) = 1 La fonction
f est continue sur A, f (−1)f (1) < 0 et ∀x ∈ A, f (x) 6= 0

Théorème 3.3.8 (Version n°2)

Soit f : [a, b] → R une fonction continue sur un segment.


Pour tout réel m compris entre f (a) et f (b), il existe c ∈ [a, b] tel que f (c) = k.

11 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

y
f(b)

+1

a
+1 b x

f(a)

Nombre de solutions de l’équation f (x) = k

Démonstrations

• Si k = inf f ou k = supf , d’après le théorème 3.3.5 ∃x1 , x2 ∈ [a, b] tels que f (x1 ) = inf f et
[a,b] [a,b] [a,b]
f (x2 ) = supf
[a,b]
• Si inf f < k < supf , nous appliquons le théorème 3.3.7 à la fonction g définie sur [x1 , x2 ] (ou
[a,b] [a,b]
[x2 , x1 ]) par g(x) = f (x) − k
Corollaire 1 (Version n°3)
Soit I intervalle de R, f : I −→ R continue. Alors J = f (I) est un intervalle de R.

Démonstration :
Soient y1 , y2 ∈ f (I), y1 ≤ y2 . Montrons que si y ∈ [y1 , y2 ], alors y ∈ f (I). Par hypoth7se, il existe
x1 , x2 ∈ I tels que y1 = f (x1 ), y2 = f (x2 ) et donc y est compris entre f (x1 ) et f (x2 ). D’après le
théorème des valeurs intermédiaires, comme f est continue, il existe donc x ∈ I tel que y = f (x), et
ainsi y ∈ f (I).

Remarque 6
1. La continuité est une condition suffisante pour qu’une fonction sur un intervalle fermé borné
possède la propriété de la valeur intermédiaire, mais ce n’est pas une condition nécessaire.
Par exemple, soit la fonction f définie sur [0; 1] par f (x) = sinx x si x 6= 0 et f (0) = 0. Cette
fonction n’est pas continue en 0 et possède la propriété de la valeur intermédiaire.
2. Le théorème 1.14 n’est pas vraie, en général, si f n’est pas continue. En effet, considérons, par
exemple, la fonction f définie sur [0; 2] par : f (x) = x si 0 ≤ x ≤ 1; f (x) = x + 4 si 1 < x ≤ 2.

12 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

Cette fonction n’est pas continue en 1. Sa borne inférieure 0 est atteinte, sa borne supérieure
3 n’est pas atteinte. Elle prend les valeurs 1 et 2 mais ne prend aucune valeur comprise entre
1 et 2.

3.4 Fonctions continues, monotones et bijections


3.4.1 Rappels : injection, surjection, bijection
Dans cette section nous rappelons le matériel nécessaire concernant les applications bijectives.
Définition 3.4.1

Soit f : I → J une fonction, ù I et J sont des parties de R.


— f est injective si ∀x, x0 ∈ I f (x) = f (x0 ) =⇒ x = x0 ;
— f est surjective si ∀y ∈ J ∃x ∈ I y = f (x) ;
— f est bijective si f està la fois injective et surjective, c’està -dire si ∀y ∈ J ∃!x ∈
I y = f (x).

Proposition 3.4.1

Si f : I → J est une fonction bijective alors il existe une unique application g : J → I telle
que g ◦ f = idI et f ◦ g = idJ . La fonction g est la bijection réciproque de f et se note f −1 .

Remarque 7
Une fonction peut admettre une fonction réciproque sans être continue.
Exemple 7
La fonction f : [0, 1] → [0, 1], définie par : f (x) = x si x ∈]0, 1[ , f (0) = 1 et f (1) = 0 est bijective et
non continue.
Propriétés 3.4.1

— On rappelle que l’identité, idI : I → I est simplement définie par x 7→ x.



— g ◦ f = idI se reformule ainsi : ∀x ∈ I g f (x) = x.

— Alors que f ◦ g = idJ s’écrit : ∀y ∈ J f g(y) = y.
— Dans un repère orthonormé les graphes des fonctions f et f −1 sont symétriques par rapport
à la première bissectrice.

3.4.2 Continuité des fonctions réciproques

Théorème 3.4.1 (Théorème de la bijection)

Soit f : I → R une fonction définie sur un intervalle I de R. Si f est continue et strictement


monotone sur I, alors
1. f établit une bijection de l’intervalle I dans l’intervalle image J = f (I),
2. la fonction réciproque f −1 : J → I est continue et strictement monotone sur J et elle
a le même sens de variation que f .

13 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

Démonstration :
On établit d’abord un lemme utile à la démonstration du « théorème de la bijection ».

Lemme 1
Soit f : I → R une fonction définie sur un intervalle I de R. Si f est strictement monotone sur I,
alors f est injective sur I.

Preuve : (Lemme)
Soient x, x0 ∈ I tels que f (x) = f (x0 ). Montrons que x = x0 . Si on avait x < x0 , alors on aurait
nécessairement f (x) < f (x0 ) ou f (x) > f (x0 ), suivant que f est strictement croissante, ou strictement
décroissante. Comme c’est impossible, on en déduit que x ≥ x0 . En échangeant les rôles de x et de
x0 , on montre de même que x ≤ x0 . On en conclut que x = x0 et donc que f est injective.

[Démonstration du théorème] :

1. D’après le lemme précédent, f est injective sur I. En restreignant son ensemble d’arrivée
à son image J = f (I), on obtient que f établit une bijection de I dans J. Comme f est
continue, par le théorème des valeurs intermédiaires, l’ensemble J est un intervalle (f est
surjective).
2. Supposons pour fixer les idées que f est strictement croissante.
(a) Montrons que f −1 est strictement croissante sur J. Soient y, y 0 ∈ J tels que y < y 0 . Notons
x = f −1 (y) ∈ I et x0 = f −1 (y 0 ) ∈ I. Alors y = f (x), y 0 = f (x0 ) et donc

y < y 0 =⇒ f (x) < f (x0 )


=⇒ x < x0 (car f est strictement croissante)
−1 −1
=⇒ f (y) < f (y 0 ),

c’est-à -dire f −1 est strictement croissante sur J.


(b) Montrons que f −1 est continue sur J. On se limite au cas où I est de la forme ]a, b[, les
autres cas se montrent de la même manière. Soit y0 ∈ J. On note x0 = f −1 (y0 ) ∈ I. Soit
 > 0. On peut toujours supposer que [x0 − , x0 + ] ⊂ I. On cherche un réel δ > 0 tel que
pour tout y ∈ J on ait

y0 − δ < y < y0 + δ =⇒ f −1 (y0 ) −  < f −1 (y) < f −1 (y0 ) + 

c’est-à -dire tel que pour tout x ∈ I on ait

y0 − δ < f (x) < y0 + δ =⇒ f −1 (y0 ) −  < x < f −1 (y0 ) + .

Or, comme f est strictement croissante, on a pour tout x ∈ I

f (x0 − ) < f (x) < f (x0 + ) =⇒ x0 −  < x < x0 + 


=⇒ f −1 (y0 ) −  < x < f −1 (y0 ) + .

14 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

Comme f (x0 − ) < y0 < f (x0 + ), on peut choisir le réel δ > 0 tel que

f (x0 − ) < y0 − δ et f (x0 + ) > y0 + δ

et on a bien alors pour tout x ∈ I

y0 − δ < f (x) < y0 + δ =⇒ f (x0 − ) < f (x) < f (x0 + )


=⇒ f −1 (y0 ) −  < x < f −1 (y0 ) + .

La fonction f −1 est donc continue sur J.

3.4.3 Application : Fonctions réciproques des fonctions usuelles


Fonctions puissances.

Définition 3.4.2
1 √
Soit un entier n ≥ 1 et un réel y ≥ 0. On note y n = n y l’unique solution de l’équation xn = y
1
et on l’appelle racine n-ème de y. La fonction [0; +∞[→ [0; +∞[, y 7→ y n est la fonction
réciproque sur [0; +∞[ de x 7→ xn .

y f
y=x

f −1 f −1

La fonction arc-cosinus

La fonction cosinus est continue et strictement décroissante sur [0, π]. L’image de l’intervalle
[0, π] est [−1, 1].La fonction cosinus réalise donc une bijection de [0, π] dans [−1, 1]. On appelle
fonction arc-cosinus et on note arccos ou cos− 1 la bijection réciproque de l’application cosinus sur
[0, π].

15 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

π
2

arccos x

0, 5
cos x

0 x
−1 O 1 π π
2

−0, 5

−1

( 
cos arccos(x) = x ∀x ∈ [−1, 1]
On a donc, par définition de la bijection réciproque : 
arccos cos(x) = x ∀x ∈ [0, π]
Autrement dit : Si x ∈ [0, π] cos(x) = y ⇐⇒ x = arccos y

La fonction arc-sinus

La restriction
sin| : [− π2 , + π2 ] → [−1, 1]

est une bijection . Sa bijection réciproque est la fonction arcsinus :

arcsin : [−1, 1] → [− π2 , + π2 ]
y

π
2

arcsin x

1
sin x

0 x
π −1 0 1 π

2 2

−1

π

2

( 
sin arcsin(x) = x ∀x ∈ [−1, 1]
arcsin sin(x) = x ∀x ∈ [− π2 , + π2 ]


Si x ∈ [− π2 , + π2 ] sin(x) = y ⇐⇒ x = arcsin y

La fonction arc-tangente

La restriction
tan| :] − π2 , + π2 [→ R

16 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

est une bijection. Sa bijection réciproque est la fonction arctangente :

arctan : R →] − π2 , + π2 [

y
π
3

2
π
2

tan x
1
arctan x

0 x
−π −3 −2 − π −1 O 1 π 2 3 π
2 2
−0, 5

−1

π

2
−2

−3
−π

( 
tan arctan(x) = x ∀x ∈ R
arctan tan(x) = x ∀x ∈] − π2 , + π2 [


Si x ∈] − π2 , + π2 [ tan(x) = y ⇐⇒ x = arctan y

3.4.4 Fonctions hyperboliques et hyperboliques réciproques


Cosinus hyperbolique et son inverse
ex + e−x
Pour x ∈ R, le cosinus hyperbolique est : chx =
2
La restriction ch| : [0, +∞[→ [1, +∞[ est une bijection. Sa bijection réciproque est argch :
[1, +∞[→ [0, +∞[.
y
chx

argchx
1

0 1 x

17 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

3.4.5 Sinus hyperbolique et son inverse


Pour x ∈ R, le sinus hyperbolique est :

ex − e−x
shx =
2

sh : R → R est une fonction continue, dérivable, strictement croissante vérifiant limx→−∞ shx =
−∞ et limx→+∞ shx = +∞, c’est donc une bijection. Sa bijection réciproque est argsh : R → R.
y
shx

argshx

0 1 x

3.4.6 Tangente hyperbolique et son inverse


shx
Par définition la tangente hyperbolique est : th x =
chx
La fonction th : R →] − 1, 1[ est une bijection, on note argth :] − 1, 1[→ R sa bijection réciproque.

argthx

y
1 thx

0 x

−1

18 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

3.4.7 Propriétés sur trigonométrie hyperbolique

Proposition 3.4.2

ch2 x − sh2 x = 1
ch(a + b) = cha · chb + sha · shb
ch(2a) = ch2 a + sh2 a = 2 ch2 a − 1 = 1 + 2 sh2 a

sh(a + b) = sha · chb + shb · cha


sh(2a) = 2 sha · cha

th a + th b
th(a + b) =
1 + th a · th b

p 
argchx = ln x + x2 − 1 (x ≥ 1)
p 
argshx = ln x + x2 + 1 (x ∈ R)
1 1+x
 
argthx = ln (−1 < x < 1)
2 1−x

???

Exercices :

???

Exercice 1
Soit f : R −→ R, on suppose que f ◦ f est croissante et que f ◦ f ◦ f est strictement décroissante.
Montrer que f est strictement décroissante.

Exercice 2 Étudier les limites suivantes :


1 2 x ln x + 7
1. − en 1 2. en + ∞
1 − x 1 − x2 √ √ x2 + 41
1+xm − 1−xm
3. Soient m,n des entiers positifs. xn en 0 4. (x + 1) x en 0.

E(ln x) 1
5. √ en + ∞ 6. xE(x − ) en 0
x x

3x−1
Exercice 3 1. Soit f : R \ {5} → R telle que f (x) = x−5 .
En utilisant la définition, montrer que f est continue en tout point x0 ∈ R \ {5}
p
2. Soit g : R → R définie par g(x) = E(x) + x − E(x). Étudier la continuité de g sur R.

19 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

3. Soit h : R → R la fonction définie par


(
1 si x ∈ Q
h(x) =
0 si x ∈
/ Q.

Montrer que h est discontinue en tout point.

Exercice 4 Les fonctions suivantes sont-elles prolongeables par continuité sur R ?

1 1 ex + e−x
1. f (x) = sin x · sin 2. g(x) = ln
x x 2
1 2
3. h(x) = −
1 − x 1 − x2

Exercice 5 1. Montrer que la fonction x 7−→ x est uniformément continue sur R+ .
2. Montrer que la fonction x 7−→ ln(x) n’est pas uniformément continue sur R∗+ .

Exercice 6 1. Soit f : R+ → R+ continue, qui tend vers 0 quand x tend vers +∞.
(a) Montrer que f est bornée et atteint sa borne supérieure.
(b) Atteint-elle sa borne inférieure. ?
2. Soit g : R → R continue telle que lim g(x) = lim g(x) = +∞.
x→−∞ x→+∞
Montrer que g admet un minimum absolu.
1
Exercice 7 Soit f : R∗ −→ R définie par f (x) = x2 sin . Montrer que f est prolongeable par
x
continuité en 0 ; on note encore f la fonction prolongée. Montrer que f est dérivable sur R mais que
f 0 n’est pas continue en 0.

Exercice 8 Soit P un polynôme réel de degré supèrieur ou égal à 2.


1. Montrer que si P n’a que des racines simples et réelles, il en est de même de P 0 .
2. Montrer que le polynôme xn + px + q, (p et q réels) admet au plus trois racines réelles.

Exercice 9 Par application du théorème des accroissements finis à f (x) = ln ln(x) sur [k, k +
1], k ≥ 2 montrer que
n
X 1
Sn =
k=2
k. ln(k)

tend vers l’infini quand n tend vers l’infini.

Exercices facultatifs.

Exercice 10 1. Soit f : [0, 1] → [0, 1] continue. Montrer qu’il existe x ∈ [0, 1] tel que f (x) = x.
On dit que x est un point fixe de f .
2. Soient f, g : [0, 1] → [0, 1] continues telles que f ◦ g = g ◦ f . Montrer qu’il existe x ∈ [0, 1] tel
que f (x) = g(x) (on pourra s’intéresser aux points fixes de f ).

Exercice 11 Soit f une fonction dérivable sur un intervalle ouvert I à valeurs dans R. Soient a et
b deux points distincts de I vérifiant f 0 (a) < f 0 (b) et soit enfin un réel m tel que f 0 (a) < m < f 0 (b).

20 Pr. EL ACHAB A.
CHAPITRE 3. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE : LIMITES, CONTINUITÉ

f (a+h)−f (a) f (b+h)−f (b)


1. Montrer qu’il existe h > 0 tel que h <m< h .
f (y+h)−f (y)
2. Montrer qu’il existe y dans [a, b] tel que m = h puis qu’il exsite x tel que f 0 (x) = m.

Exercice 12 Etudier en chaque point de R l’existence d’une limite à droite, à gauche, la continuité
de la fonction f définie par f (x) = xE( x1 ) si x 6= 0 et 1 si x = 0.

Exercice 13 Soit f une fonction continue et périodique sur R à valeurs dans R, admettant une
limite réelle quand x tend vers +∞. Montrer que f est constante.

Exercice 14 Soit f croissante de [a, b] dans lui-même. Montrer que f a un point fixe.

Exercice 15 Soit f continue sur R+ à valeurs dans R admettant une limite réelle quand x tend
vers +∞. Montrer que f est uniformément continue sur R+ .

Exercice 16 Soit n ∈ N∗ . Soit fn une fonction définie sur [0, 1] par fn (x) = 1 − x
2 − xn
1. Montrer qu’il existe un unique xn ∈ [0, 1] tel que fn (xn ) = 0.
2. Montrer que pour tout n ∈ N∗ , fn+1 (xn ) > 0
3. En déduire que la suite (xn ) est monotone et qu’elle converge vers une limite l.
4. Supposons qu’il existe M ∈ R tel que pour tout n ∈ N∗ , 0 ≤ xn ≤ M < 1
(a) Calculer la limite de xnn lorsque n tend vers l’infini.
(b) Montrer qu’il y a une contradiction et en déduire la limite de (xn ).

Exercice 17 Etablir les relations


π
1. arcsin x + arccos x = 2 et arctan x + arctan x1 = sgn(x) π2 .

2. cos(arctanx) = √ 1 , sin(arctanx) = √ x , sin(2arcsinx) = 2x 1 − x2 .
1+x2 1+x2

Exercice 18 Calculer les limites suivantes en utilisant la régle de l’Hospital après avoir vérifier
sa validité :
arccosx cos(x) − ex
lim √ et lim
x→1− 1 − x2 x→0+ (x + 1)ex − 1

21 Pr. EL ACHAB A.

Vous aimerez peut-être aussi