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Cours Algèbre 2

Le document présente le module d'Algèbre 2 de l'Université Cadi Ayyad, incluant des chapitres sur les structures de groupes, les anneaux et corps, ainsi que les polynômes et fractions rationnelles. Il détaille les définitions, propriétés et exemples de groupes, sous-groupes, et homomorphismes, ainsi que des notions concernant les anneaux et les polynômes. Le contenu est structuré en séances avec des définitions formelles et des exemples illustratifs.

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Module Algebre 2 L.

Izelgue

Université Cadi Ayyad Année universitaire 2020/2021


Faculté des Sciences - Semlalia
Département de Mathématiques Filière SMA : Semestre S1

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Module : Algèbre 2
Responsable : L. Izelgue

Chapitre 1 : STRUCTURES DE GROUPES


Partie A : GROUPES
Séance 1
§ 1. Définitions - Exemples
§ 2. Sous-groupes
Séance 2
§ 3. Sous-groupe engendré par une partie
§ 4. Homomorphismes de groupes
§ 5. Noyau et Image d’un homomorphisme
Séance 3
§ 6. Relation modulo un sous-groupe - Théorème de Lagrange

Partie B : GROUPES SYMÉTRIQUES


Séance 4
§ 1. Définitions - Exemples
§ 2. Transpositions et Cycles
§ 3. Décomposition d’une permutation et notion de signature

Chapitre 2 : ANNEAUX ET CORPS


Séance 5
§ 1. Anneaux et Corps : Définitions - Propriétés et Exemples
Séance 6
§ 2. Sous-Anneaux
§ 3. Notion d’Idéal
Séance 7
§ 4. Homomorphismes d’Anneaux
§ 6. Notion de Caractéristique

Chapitre 3 : PLYNÔMES et F FRACTIONS RATIONNELLES SUR UN CORPS K


1
Module Algebre 2 L. Izelgue

Séance 8
§ 1. Polynômes à une indéterminée Sur un corps K : Définitions et Propriétés
Séance 9
§ 2. Fonctions polynomiales Racines d’un polynôme
Séance 10
§ 3. Arithmétique des polynômes sur R ou C
Séance 11
§ 4. Fractions Rationnelles : Définition - Propriétés et Exemples
§ 5. Décomposition en Éléments Simples dans R(X) ou C(X)

2
Module Algebre 2 L. Izelgue

Université Cadi Ayyad Année universitaire 2020/2021


Faculté des Sciences - Semlalia
Département de Mathématiques Filière SMA : Semestre S1

Module : Algebre 2 par : L. Izelgue


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Chapitre 1
STRUCTURES DE GROUPES

I Séance du 06 /11/2020

1. GROUPES : Définitions et Exemples

Définition 1.1.
Soient G un ensemble non vide.
1. On appelle loi de composition interne sur G, toute application
∗ : G × G −→ G, (x, y) 7−→ x ∗ y,
c’est-à-dire : pour tout x, y ∈ G, x ∗ y ∈ G.
2.
On dit que (G, ∗) est un groupe si,
- ∗ est une loi de composition interne sur G telle que :
- ∗ est associative : pour tout x, y, z ∈ G, (x ∗ y) ∗ z = x ∗ (y ∗ z).
- ∗ admet un élément neutre :
∃ eG ∈ G tel que ∀x ∈ G, x ∗ eG = x et eG ∗ x = x.
- Tout élément de G admet un symétrique :
∀ x ∈ G ∃ z ∈ G tel que x ∗ z = eG et z ∗ x = eG ,
(on dit que z est le symétrique ou l’inverse de x et on le note
z = x−1 )

I Si de plus la loi ∗ est commutative : pour tout x, y ∈ G, x ∗ y = y ∗ x,


on dit alors que que (G, ∗) est un groupe abélien(ou commutatif).

On commence par donner une liste d’exemples bien familier et qui ont une structure
de groupe.
1
Module Algebre 2 L. Izelgue

Exemple 1.1.

1. Les groupes abéliens triviaux ({0}, +) et ({1}, ·).


2. (R∗ , ×) est un groupe abélien, où × est la multiplication usuelle.
Pour le voir : il est clair que R∗ 6= ∅ et est stable par ×. Soient alors
x, y, z ∈ R∗ ,
- x × (y × z) = (x × y) × z, c’est l’associativité de la multiplication des
nombres réels.
- 1 est l’élément neutre pour la loi ×.
En effet, 1 × x = x et x × 1 = x, pour tout x ∈ R∗ .
- x × x1 = x1 × x = 1, donc tout élément x ∈ R∗ est inversible et x1 est
l’inverse de x pour ×.
- Ainsi, (R∗ , ×) est un groupe.
- Puisque pour tout x, y ∈ R∗ , on a x × y = y × x, alors (R∗ , ×) est un
groupe abélien.
3. De la même manière, on montre que : (Q∗ , ×), (C∗ , ×) sont des groupes
abéliens.

4. D’autre part, (Z, +) est un groupe abélien, où + est l’addition usuelle


des entiers.
En effet, on a 0 ∈ Z ∀x, y ∈ Z, x + y ∈ Z. Donc Z 6= ∅ et + est interne
dans Z. D’autre part,
- Pour tout x, y, z ∈ Z on a x + (y + z) = (x + y) + z.
- 0 est l’élément neutre pour + dans Z. En effet, pour tout x ∈ Z,
0 + x = x et x + 0 = x.
- Le symétrique d’un élément x ∈ Z est son opposé −x, car x + (−x) =
0 et −x + x = 0.
- Puisque x + y = y + x, alors (Z, +) est un groupe abélien.
5. Vérifier de même que : (Q, +), (R, +), (C, +) sont des groupes abéliens.
6. Soit A (R) = {fa,b | a, b ∈ R, avec a 6= 0}, où fa,b : R → R, x 7→ ax + b.
I (A (R), ◦) est un groupe non abélien pour la composition des ap-
plications.
En effet, Nous avons :
 A (R) 6= ∅, car idR : R → R ; x 7→ x, coïncide avec f1,0 ∈ A (R).
 Pour a, b, c, d ∈ R avec a et c non nuls.
On a fa,b ◦ fc,d = fac,ad+b ∈ A (R), donc ◦ est une loi de composition
interne.
 D’autre part, fa,b ◦ f1,0 = f1,0 ◦ fa,b = fa,b . Ainsi, idR = f1,0 est
l’élément neutre de (A (R), ◦).

 Pour fa,b ∈ A (R) fa,b ◦ f 1 ,− b = idR et f 1 ,− b ◦ fa,b = idR . Donc tout


a a a a
élément de A (R) est inversible pour ◦.
Il en résulte que (A (R), ◦) est un groupe.
 (A (R), ◦) n’est pas abélien : En effet, f2,1 : x 7→ 2x−1 et si f3,0 : x 7→
3x sont dans (A (R) et on a : f2,−1 ◦ f3,0 = f6,−1 et f3,0 ◦ f2,−1 = f6,−3 .
Ainsi, f2,−1 ◦ f3,0 6= f3,0 ◦ f2,−1 . 2
Module Algebre 2 L. Izelgue

Exemple 1.2.

1. Soient E un ensemble non vide, (G, +) un groupe abélien et F (E, G)


l’ensemble des applications de E dans G. muni de la loi + définie par :
∀ f, g ∈ F (E, G) ; ∀ x ∈ E, (f +g)(x) = f (x)+g(x)
F (E, G) est un groupe abélien.
2. On pose G = {1, 2}, On définit la loi de G par la table :
∗ 1 2
1 1 2
2 2 1
l’élément neutre est 1, on a 2∗2 = 1, donc 2 est son propre symétrique.
D’après la table, ∗ est commutative, ainsi, (G, ∗) est un groupe abélien.
3. Soient E un ensemble fini non vide et B(E) l’ensemble des bijections de
E dans E. Alors (B(E), ◦) est un groupe non abélien. En effet,
- B(E) 6= ∅ car idE ∈ B(E), où idE : E → E; x 7−→ x - “◦”est
une loi interne dans B(E), qui est associative,
- l’application idE est élément neutre de B(E).
- Tout élément f ∈ B(E) est bijective, donc l’application réci-
proque f −1 existe et vérifie (f ◦ f −1 = f −1 ◦ f = idE . Ainsi tout
f ∈ B(E)) est inversible.
Par conséquent, (B(E), ◦) est un groupe. On l’appelle, le groupe
des permutations de E.

Remarque 1.1.

Attention !
1. (N, +) et (N, ·) ne sont pas des groupes.
2. (R, ·) n’est pas un groupe.

Définition 1.2.
- Un groupe G est dit fini, s’il est formé d’un nombre fini d’éléments. Dans
ce cas le cardinal de G est noté | G | et s’appelle l’ordre du groupe G.
- Un groupe ayant une infinité d’éléments est dit groupe infini.

Exemple 1.3.
1. Le groupe G de Exemple1.2.2 est un groupe fini à deux éléments.
2. Si E est un ensemble fini de cardinal n ≥ 1, alors B(E) est un groupe fini
de cardinal n!.
3
Module Algebre 2 L. Izelgue

Lemme 1.1.
Soit (G, ∗) un groupe. Alors,
(a) L’élément neutre de G est unique.
(b) Pour tout x ∈ G, le symétrique de x, pour ∗, est unique.
(c) Pour tout x, y ∈ G, (x ∗ y)−1 = y −1 ∗ x−1 .

Démonstration.
(a). Soit e0 un autre élément neutre de G. Alors, e0 ∗ eG = e0 , car eG élément neutre
de G. Aussi, e0 ∗ eG = eG , car e0 élément neutre de G. On en déduit que e0 = eG .

(b). Soient x0 et x” deux symétriques de x, alors, x ∗ x” = eG et x ∗ x0 = eG . Ainsi,


x∗x” = x∗x0 , ce qui implique x−1 ∗(x∗x”) = x−1 ∗(x∗x0 ). Or ∗ est associative, alors,
(x−1 ∗ x) ∗ x0 = (x−1 ∗ x) ∗ x”. D’où, x0 = x” car x−1 ∗ x = eG . Ainsi, le symétrique
de x est unique.

(c). Soient x, y ∈ G, alors par associativité, (x ∗ y) ∗ (y −1 ∗ x−1 ) = x ∗ (y ∗ y −1 ) ∗ x−1 =


x ∗ eG ∗ x−1 = x ∗ x−1 = eG . De même, (y −1 ∗ x−1 ) ∗ (x ∗ y) = y −1 (∗x−1 ∗ x) ∗ y =
y −1 ∗ eG ∗ y = y −1 ∗ y = eG . Il s’ensuit que (x ∗ y)−1 = y −1 ∗ x−1 . 

Définition 1.3.
Soient (G, ∗) un groupe, g ∈ G et n ∈ N.
On définit la puissance n-ième de g ∈ G par :
g 0 = eG et pour n 6= 0, g n = g ∗ g n−1 et g −n = (g −1 )n .
En fait pour n 6= 0, on a g n = g ∗ g ∗ · · · ∗ g (n fois).

Remarque 1.2.
Pour les puissances n-ième, l’écriture dépend de la nature de la loi in-
terne. Par example :
1. Pour la loi multiplicative · : g n = g·g· ... ·g = gg ... g
en omettant la loi ·.
2. Pour la loi additive + : g n = g + g + ... + g,
souvent écrit : ng = g + g + ... + g.

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Module Algebre 2 L. Izelgue

Propriétés
1. On appelle translation, à gauche, tout application :
Tg : G −→ G, x 7−→ Tg (x) = g ∗ x
C’est une bijection ayant pour réciproque la translation Tg−1 .
2. L’application γ : G −→ G, x 7−→ γ(x) = x−1 est une bijection.
En effet : pour x, y ∈ G, γ(x) = γ(y) entraîne x−1 = y −1
et donc x ∗ x−1 = x ∗ y −1 . D’où, eG = x ∗ y −1 et par suite
y = (x ∗ y −1 ) ∗ y = x ∗ (y −1 ∗ y) = x ∗ eG = x, i.e., x = y
et γ est injective.
D’autre part, si y ∈ G (arrivée), en prenant x = y −1 on
trouve γ(x) = (y −1 )−1 = y et donc γ est aussi surjective ;
c’est donc une bijection.

2. SOUS-GROUPES

Définition 2.1.
Soient (G, ∗) un groupe et H ⊆ G avec H 6= ∅.
On dit que H est un sous-groupe de G si :
- ∀x, y ∈ H on a x ∗ y ∈ H,
- (H, ∗) est un groupe.
Dans ce cas on note H < G.

Exemple 2.1.

(1) Si (G, ∗) est un groupe, alors ({eG }, ∗) et G, ∗) sont deux sous-groupes


de G. On les appelle les sous-groupes triviaux de G.
- Un sous-groupe qui n’est pas trivial est dit un sous-groupe propre
de G. Ainsi, Un sous-groupe H est propre si {eG } ( H ( G.
(2) (Z, +) est un sous-groupe de (Q, +) qui est à son tour un sous-groupe
de (R, +) et (R, +) est aussi un sous-groupe de (C, +).
(3) (Q∗ , ·) < (R∗ , ·) < (C∗ , ·).
(4) U = {z ∈ C / |z| = 1} < (C∗ , ·).

5
Module Algebre 2 L. Izelgue

Proposition 2.1.

Soient (G, ∗) et H ⊆ G, H 6= ∅. Les assertions suivantes sont équivalentes :


(i) H est un sous-groupe de G ;
(ii) eG ∈ H et ∀x, y ∈ H, x ∗ y ∈ H et x−1 ∈ H ;
(iii) eG ∈ H et ∀x, y ∈ H x ∗ y −1 ∈ H.

Démonstration.
(i)=⇒ (ii). Puisque H est un sous-groupe de G, par définition ∀x, y ∈ H, x ∗ y ∈ H.
Soit eH l’élément neutre de H, alors pour x ∈ H, x ∗ eG = x et x ∗ eH = x, ainsi
x ∗ eG = x ∗ eH . En composant, à gauche, par x−1 ∈ G, on trouve x−1 (∗x ∗ eG ) =
x−1 (∗x ∗ eH ). Par associativité dans G on a (x−1 ∗ x) ∗ eG = (x−1 ∗ x) ∗ eH ce qui
donne, eG ∗ eG = eG ∗ eH et par suite eG = eH , i.e., eG ∈ H.
(ii) =⇒ (iii). D’après (ii) on a eG ∈ H et (H, ∗) est un groupe. Alors pour tout
x, y ∈ H, x−1 ∈ H donc aussi x−1 ∗ y ∈ H.
(iii)=⇒ (i). On a eG ∈ H. Si x ∈ H, alors x−1 = eG ∗ x−1 ∈ H, donc tout élément x
de H admet un symétrique dans H.
Pour x, y ∈ H, on a y −1 ∈ H et par suite, x ∗ (y −1 )−1 ∈ H, c’est à dire, x ∗ y ∈ H.
La loi ∗ étant associative dans G, alors elle le reste dans H. D’où (i). 

Proposition 2.2.

Soit (G, ∗) un groupe.


(1) Si (Hi )i∈I est une famille quelconque de de sous-groupes de G, alors
T
i∈I Hi est un sous-groupe de G.
(2) Si H1 et H2 deux sous-groupes de G, alors H1 ∩ H2 < G.
(3) H1 ∪ H2 < G ⇔ H1 et H2 sont comparables pour l’inclusion.

Démonstration.
(1) Soient x, y ∈ Hi , alors x, y ∈ Hi , pour tout i ∈ I. Puisque les Hi sont des
T
i∈I

sous-groupes de G. D’après Proposition 2.1, pour tout i ∈ I, eG ∈ Hi et xy −1 ∈ Hi .


Donc eG ∈ Hi et xy −1 ∈
T T T
i∈I i∈I Hi et par suite i∈I Hi est un sous-groupe de G.

(2) il suffit de prendre I = {1, 2} dans l’assertion (1).


6
Module Algebre 2 L. Izelgue

(3) Supposons que H1 et H2 ne sont pas comparables. Alors, il existe h1 ∈ H1 \ H2


et il existe h2 ∈ H2 \ H1 . On a alors, h1 ∈ H1 ∪ H2 et h2 ∈ H1 ∪ H2 .
Si H1 ∪ H2 est un sous-groupe de G, alors h1 ∗ h2 ∈ H1 ∪ H2 . Donc h1 ∗ h2 ∈ H1 ou
h1 ∗ h2 ∈ H2 .
Mais, h1 ∗ h2 ∈ H1 ⇒ h−1 −1
1 ∗ (h1 ∗ h2 ) = (h1 ∗ h1 ) ∗ h2 ∈ H1 ⇒ h2 ∈ H1 , une

contradiction. De même, h1 ∗ h2 ∈ H2 ⇒ (h1 ∗ h2 ) ∗ h−1


2 ∈ H2 ⇒ h1 ∈ H2 , encore

une contradiction.
Il en résulte que H1 ∪ H2 n’est pas un sous-groupe de G.
Réciproquement, H1 ⊆ H2 ⇒ H1 ∪ H2 = H2 et H2 ⊆ H1 ⇒ H1 ∪ H2 = H1 . Dans
les deux cas, la réunion est un sous-groupe de G. 

Théorème 2.1.
Soit H un sous-groupe de (Z, +), alors il existe n ∈ N ∩ H tel que H = nZ.

Démonstration.
Soit H un tel sous-groupe, si H = {0}, alors H = 0Z.
Sinon, puisque H sous-groupe, alors, x ∈ H entraîne que son symétrique (ou opposé)
−x ∈ H. Ainsi, H ∩ N∗ 6= ∅, donc il admet un plus petit élément n.
Maintenant, soit x ∈ H Cas 1 : x > 0. Par division euclidienne de x par n, il existe
q, r ∈ Z tel que x = qn + r, avec 0 ≤ R < n.
D’autre part, x ∈ H et qn = n + n + · · · + n, q fois, est un élément de H. Par suite,
r = x − nq ∈ H. Or 0 ≤ r < n, par minimalité de n, nécessairement r = 0. Par
suite, x = nq ∈ nZ.
Cas 2 : x < 0. Alors son symétrique −x ∈ H et −x > 0, d’après Cas 1, il existe
q ∈ Z tel que −x = nq, ainsi x = −(−x) = −(qn) = (−q)n ∈ nZ. D’où, H ⊆ nZ.
Pour l’inclusion inverse : soit nq ∈ nZ. Si q > 0, alors nq = n + n + ... + n, q fois,
est dans H car n ∈ H. Si q < 0, alors −q > 0, et donc −nq ∈ H, H étant un
sous-groupe, alors qn = −(−qn) ∈ H. D’où, nZ ∈ H et par suite H = nZ. 

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Module Algèbre 2 L. Izelgue

Université Cadi Ayyad Année universitaire 2020/2021


Faculté des Sciences - Semlalia
Département de Mathématiques Filière SMA : Semestre S1

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Module : Algèbre 2 par : L. Izelgue
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Chapitre 1 : STRUCTURES DE GROUPES

I Séance du 20 /11/2020

6. Relation modulo un sous-groupe,


Théorème de Lagrange

On se donne (G, ∗) un groupe et H un sous-groupe de G.


On définit, sur G, les deux relations binaires Rg (resp., Rd ) par :
∀ x, y ∈ G, x Rg y ⇐⇒ x−1 ∗ y ∈ H, (resp., x Rd y ⇐⇒ y ∗ x−1 ∈ H)

Lemme 6.1.
Avec les notations précédente, les relations Rg et Rd sont deux relations
d’équivalences.

Démonstration.

 Rg est réflexive : pour tout x ∈ G, x−1 ∗ x = eg ∈ H et donc x Rg x.


 Rg est symétrique : soient x, y ∈ G tel que x Rg y. Alors x−1 ∗y ∈ H. Puisque, H
un sous-groupe, alors (x−1 ∗y)−1 ∈ H. Or, (x−1 ∗y)−1 = y −1 ∗(x−1 )−1 = y −1 ∗x,
alors y −1 ∗ x ∈ H et donc y Rg x. Par suite Rg est symétrique.
 Rg est transitive : soient x, y, z ∈ G tel que x Rg y et y Rg z. Ainsi, x−1 ∗ y ∈ H
et y −1 ∗z ∈ H. Or H est un sous-groupe de G, alors, (x−1 ∗y)∗(y −1 ∗z) ∈ H. Par
1
Module Algèbre 2 L. Izelgue

associativité de la loi ∗, on a (x−1 ∗y)∗(y −1 ∗z) = x−1 ∗(y∗y −1 )∗z = x−1 ∗z ∈ H


(car y ∗ y −1 = eG ). D’où la transitivité de Rg .
Finalement, Rg est réflexive, symétrique et transitive, c’est donc une relation d’équi-
valence.

- Pour Rg : à faire en exercice. 

Avec les notations précédentes : Soit x ∈ G.


− La classe de x modulo Rg est dite la classe de x à gauche, modulo H. Elle est
notée x ∗ H et on a : x ∗ H = {y ∈ H | x Rg y} = {y ∈ H | x−1 ∗ y ∈ H}.
− La classe de x modulo Rd est dite la classe de x à droite, modulo H. Elle est
notée H ∗ x et on a : H ∗ x = {y ∈ H | x Rd y} = {y ∈ H | y ∗ x−1 ∈ H}.
− On note (G/H)g (resp., (G/H)d ) l’ensemble des classes x ∗ H (resp., H ∗ x).
On l’appelle ensemble quotient de G par H, à gauche (resp., à droite).

Remarque 6.1.

En général, (G/H)g (resp., (G/H)d ) n’admet pas de structure de groupe.

Proposition 6.1.
Soient G un groupe et H un sous-groupe de G.
Pour tout x ∈ G, Card(x ∗ H) = Card(H). Cela veut dire que les classes, à
gauche, modulo H sont toutes de même cardinal.

On dit aussi que les classes, à gauche, modulo H sont équipotentes.

Démonstration.
Soit g ∈ G et considérons l’application tg : H → g ∗ H, h 7→ tg (h) = g ∗ h. Alors tg
2
Module Algèbre 2 L. Izelgue

est bijective : En effet, pour h, h0 ∈ G,

tg (h) = tg (h0 ) =⇒ g ∗ h = g ∗ h0

=⇒ (g ∗ h) ∗ h−1 = (g ∗ h0 ) ∗ h−1

=⇒ g ∗ (h ∗ h−1 ) = g ∗ (h0 ∗ h−1 )

=⇒ g −1 ∗ g ∗ (h ∗ h−1 ) = g −1 ∗ g ∗ (h0 ∗ h−1 )

=⇒ h = h0 , (car h ∗ h−1 = eG et g ∗ g −1 = eG )

Ainsi tg est injective.


D’autre part, soit y ∈ g ∗ H, alors il existe y 0 ∈ H tel que y = g ∗ y 0 . Ainsi, y = tg (y 0 )
et tg est aussi surjective. C’est donc une bijection. 

- De la même manière on montre que les classes, à droites, modulo H sont équi-
potentes à H.

Définition 6.1.
Soient G un groupe et H sous-groupe de G.
L’indice de H dans G est le cardinal de l’ensemble (G/H).
Il est noté [G : H].
Si G/H est un ensemble fini, on dit que H est d’indice fini dans G.

Proposition 6.2.
Soient G un groupe fini et H un sous-groupe de G. Alors,
Les classes, à gauche, modulo H forment une partition de G.
C’est-à-dire[:
(i) G = x ∗ H et
x∈G
(ii) pour x ∗ H 6= y ∗ H, alors x ∗ H ∩ y ∗ H = ∅.

Démonstration.
C’est une conséquence du fait que Rg est une relation d’équivalence. 

3
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Théorème 6.1 (Théorème de Lagrange).

Soient G un groupe fini et H un sous-groupe de G. Alors |H| divise |G|.

Démonstration.
Comme G est fini, nécessairement (G/Rg ) est fini.
Soient x1 ∗ H, x2 ∗ H, . . . , xn ∗ H les différentes classes, à gauche, modulo H.
n
[
D’après Proposition 6.2, G = xi ∗ H et pour i 6= j, xi ∗ H ∩ xj ∗ H = ∅. Ainsi,
i=1
n
[ i=n
X
|G| = Card( xi ∗ H) = Card(xi ∗ H).
i=1 i=1
i=n
X
D’après Proposition 6.1, Card(xi ∗ H) = |H|. D’où |G| = |H| = n|H|.
i=1
On vient de montrer que |G| = n|H|, c’est-à-dire que |H| divise |G|. 

Corollaire 6.1.
Soient G un groupe fini et x ∈ G. Alors l’ordre de x divise |G|.

Démonstration.
Soit x ∈ G, avec or(x) = k. Ainsi, hxi = {e, x, x2 , ..., xk−1 } est un sous-groupe de G
d’ordre k. D’après Théorème de Lagrange, k divise |G|. 

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Chapitre 1 : STRUCTURES DE GROUPES

I Séance du 27 /11/2020

B. GROUPES SYMETRIQUES

1. Définitions - Exemples

Soit E = {x1 , x2 , . . . , xn } un ensemble fini non vide, et posons Nn = {1, 2, . . . , n}.


L’ensemble B(E) des bijections de E dans E est un groupe, pour la composition
des applications, mais n’est pas en général abélien (voir Exemple 2.1, Séance du
06/11/2020).
L’application bijective h : E −→ {1, 2, . . . , n} xi 7→ i, induit une bijection de B(E)
sur B(Nn ) par :
ψ : B(E) → B(Nn )
σ 7→ h ◦ σ ◦ h−1
Ainsi, étudier les bijections d’un ensemble fini de cardinal n revient à étudier celle
de B(Nn ), appelé groupe des permutations de {1, 2, . . . , n}.
Une permutation veut dire une bijection de {1, 2, . . . , n} dans lui même.

Notations
- On note B(Nn ) = Sn , et on l’appelle le groupe symétrique de degré n.
- Un élément σ ∈ Sn s’écrit alors :
!
1 2 ... n
σ= .
σ(1) σ(2) . . . σ(n)
1
Module Algèbre 2 L. Izelgue

- L’élément neutre idNn est représenté par :


!
1 2 ... n
id = .
1 2 ... n

- Si, σ et τ sont dans Sn , la composée σ ◦ τ s’écrit στ , en omettant ◦.


- Pour toute permutation σ ∈ Sn et tout entier relatif r, σ r est la permutation
définie par :

id

 si r = 0

| ◦ .{z
σ . . ◦ σ} si r > 0

σr =


 rf ois
 −r −1

(σ ) si r < 0

Lemme 1.1.
Le groupe symétrique Sn , est un groupe fin d’ordre n!.

Démonstration.
Pour construire une bijection σ de Nn vers lui même, on a n façon distinctes pour
choisir σ(1) ( l’image de 1 par σ).
Or σ est bijective, alors on a n − 1 choix distincts pour l’image σ(2).
Poursuivant ainsi, pour k ∈ Nn , après avoir choisi σ(k − 1), on aura n − (k − 1)
façons distinctes pour choisir l’image σ(k), Ainsi de suite, on aura un un seul choix
pour l’image σ(n). Au total, on trouve : n(n − 1)(n − 2) · · · (n − k + 1) · · · 1 = n!
choix. Ce qui donne Card(Sn ) = n!. 

Définition 1.1.
 On appelle transposition toute permutation, τ ∈ Sn , qui
échange deux éléments i 6= j de Nn et laissent les autres
invariants, c’est-à-dire : τ (i) = j, τ (j) = i et pour tout
k ∈ Nn \ {i, j}, τ (k) = k. On écrit alors τ = (i j).
 Soit p ∈ N \ {0}, on appelle p-cycle (ou cycle de longueur
p) une permutation C ∈ Sn qui échange p éléments dis-
tincts, i1 , i2 , . . . , ip , de Nn et laisse les autres invariants.
C’est-à-dire : C(i1 ) = i2 , C(i2 ) = i3 , . . . , C(ip−1 ) = ip ,
C(ip ) = i1 et C(k) = k, pour tout k ∈ Nn \ {i1 , i2 , . . . , ip }.
On écrit C = (i1 i2 . . . ip ).

2
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 1.1.

— Les permutations τ1 = (1 2), τ2 = (4 6) et τ3 = (1 8) sont des


transpositions. Donc aussi des cycles de longueur 2.
— C1 = (1 2 3) et C2 = (4 6 5) sont des 3-cycles
— C3 = (2 5 7 9 10) est un 5-cycle.

2. Supports et Orbites

Définition 2.1.
Pour σ ∈ Sn , le support de σ, noté Supp(σ), est l’ensemble des
éléments de Nn qui sont invariants par σ. C’est-à-dire :
Supp(σ) = {k ∈ Nn | σ(k) 6= k}
.

Notons que :
 id est l’unique permutation ayant son support vide, i.e., Supp(id) = ∅.
 Pour un cycle C = (i1 i2 . . . ip ), Supp(C) = {i1 , i2 , . . . , ip }. De plus
pour tout k ∈ Supp(C), on a C = (k C(k) C2 (k) . . . Cp−1 (k)).

Lemme 2.1.
Soient n ∈ N et σ ∈ Sn . Alors :
(a) σ(Supp(σ)) = Supp(σ).
(b) Supp(σ) = Supp(σ −1 ).
(c) Pour tout r ∈ Z, Supp(σ r ) ⊆ Supp(σ).
(d) Si Supp(σ) ∩ Supp(σ 0 ) = ∅ alors σσ 0 = σ 0 σ.

Démonstration.
(a) Soit k ∈ Supp(σ), alors σ(k) 6= k. Or σ est injective, alors σ(σ(k)) 6= σ(k),
donc σ(k) ∈ Supp(σ) et ainsi, σ(Supp(σ)) ⊆ Supp(σ).
D’autre part, comme σ est surjective, alors pour tout k ∈ Supp(σ), il existe
k 0 ∈ Nn tel que k = σ(k 0 ). Par suite, σ(k) = σ(σ(k 0 )) 6= k = σ(k 0 ). Ce qui
entraîne que σ(k 0 ) 6= k 0 . Ainsi, k 0 ∈ Supp(σ) et k ∈ σ(Supp(σ)). On a donc
Supp(σ) ⊆ σ(Supp(σ)). D’où l’égalité σ(Supp(σ)) = Supp(σ).
(b) Nous avons σ(k) = k si, et seulement si, k = σ −1 (k). On en déduit que
k ∈ Supp(σ) si, et seulement si, k ∈ Supp(σ −1 ). Donc Supp(σ) = Supp(σ −1 ).

3
Module Algèbre 2 L. Izelgue

(c) L’égalité σ(k) = k entraîne que σ r (k) = k pour tout r ∈ Z. Donc σ r (k) 6= k
entraîne que σ(k) 6= k. D’où Supp(σ r ) ⊆ Supp(σ).

(d) Soient σ, σ 0 ∈ Sn , telles que Supp(σ) ∩ Supp(σ 0 ) = ∅, et k ∈ Nn .


Si σ(k) = k = σ 0 (k), alors σ 0 σ(k) = σ 0 (k) = k = σ(k) = σσ 0 (k).
Si k ∈ Supp(σ), alors k ∈ / Supp(σ 0 ) et ainsi σ 0 (k) = k. Donc, σσ 0 (k) = σ(k).
Mais aussi σ(k) ∈ Supp(σ). Donc, σ(k) ∈ / Supp(σ 0 ) et σ 0 σ(k) = σ(k) = σσ 0 (k).
En permutant les rôles de σ et σ 0 , on on vérifie de même que σ 0 σ(k) = σ(k) =
σσ 0 (k), pour tout k ∈ Supp(σ 0 ). Il s’ensuit que σσ 0 = σ 0 σ.


Remarque 2.1.

La réciproque de Proposition 2.1 (d) est fausse.


Pour le voir, on prend σ 6= idNn et σ 0 = σ −1 . Alors, σσ 0 = σ 0 σ = id, mais
Supp(σ) ∩ Supp(σ 0 ) = Supp(σ) 6= ∅.

Maintenant, soient n ∈ N∗ et σ ∈ Sn . On définit sur Nn la relation binaire Rσ par :

∀i, j ∈ Nn , i Rσ j ⇔ ∃ s ∈ Z | j = σ s (i).

Lemme 2.2.
Avec les notatios précédentes, Rσ est une relation d’équivalence.

Démonstration.
Réflexivité : Soit s = or(σ), alors σ s = id et donc σ s (i) = i. C’est-à-dire que, i Rσ i
et Rσ est réflexive.
Symétrie : Soient i, j ∈ Nn tels que i Rσ j. Alors il existe r ∈ Z tels que σ r (i) = j,
par suite i = (σ r )−1 (j). Ainsi, j Rσ i et Rσ est symétrique.
Transitivité : Soient i, j, k ∈ Nn tels que i Rσ j et j Rσ k. Alors il existe r, s ∈ Z tels
que σ s (i) = j et σ r (j) = k. Ainsi, k = σ r (j) = σ r (σ s (i)) = σ r+s (i). Donc i Rσ k et
Rσ est transitive. 

Pour σ ∈ Sn et i ∈ Nn , la classe de i modulo Rσ est appelée l’orbite de i pour σ,


ou la σ-orbite de i. On la note, Orbσ (i) et on a :
Orbσ (i) = {σ k (i) | k ∈ Z} = {σ k (i) | 0 ≤ k ≤ or(σ)},
où or(σ) désigne l’ordre de σ dans le groupe Sn .
4
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 2.1.
Soit σ ∈ S8 définie par :
!
1 2 3 4 5 6 7 8
σ=
5 2 1 7 3 8 4 6
alors on a : Orbσ (1) = {1, 3, 5, }, Orbσ (4) = {4, 7}, Orbσ (2) = {2} et
Orbσ (6) = {6, 8} = Orbσ (8)

Remarque 2.2.

− Une permutation est un p-cycle (p > 2), si elle admet une seule orbite
non réduite à un élément. Cette orbite est de cardinal p.
− Si c = (i1 i2 . . . ip ), alors son inverse est c−1 = (ip ip−1 . . . i1 ).

Exemple 2.2.

(1) Soit σ ∈ S6 définie par :


!
1 2 3 4 5 6
σ=
4 1 3 5 6 2
Les seules orbites de σ sont :
Orbσ (1) = {1, 2, 4, 5, 6} = Orbσ (2) = Orbσ (4) = Orbσ (5) = Orbσ (6),
et Orbσ (3) = {3}.
Donc σ est un cycle, Or Card({1, 2, 4, 5, 6}) = 5, σ est alors un 5-cycle
et on écrit σ = (1 2 4 5 6).

Lemme 2.3.
Soient σ ∈ Sn \ {idNn } et O une σ-orbite de cardinal r ≥ 2.
Pour tout i ∈ O, r est le plut petit entier naturel non nul tel que σ r (i) = i
et on a :
O = Orbσ (i) = {i, σ(i), . . . , σ r−1 (i)}.

Démonstration. Comme σ 6= idNn , il existe une σ-orbite O non réduite à un point.


Soit j ∈ O, alors O = Orbσ (j) = {σ k (j) | k ∈ Z}. D’autre part, si i ∈ O, il existe
alors k ∈ N tel que i = σ k (j) et
Orbσ (i) = {σ l (i) | l ∈ Z} = {σ l+k (j) | l ∈ Z} = {σ m (j) | m ∈ Z} = O.
Si σ k (i) 6= i pour tout k ≥ 1, on a σ l (i) 6= σ m (i) pour tous l 6= m dans Z et O est
infini, ce qui absurde. Il existe donc un plus petit entier naturel non nul s tel que
σ s (i) = i. Comme O = Orbσ (i) est de cardinal r ≥ 2, elle n’est pas réduite à un
point car σ(i) 6= i. On a donc s ≥ 2. En utilisant le théorème de division euclidienne,
tout entier k ∈ Z s’écrit sous la forme k = qs + l avec q ∈ Z et 0 ≤ l ≤ s − 1, ce
5
Module Algèbre 2 L. Izelgue

qui donne : σ k (i) = σ l (i) et O = {i, σ(i), . . . , σ s−1 (i)}. Avec σ l (i) 6= σ m (i) pour tous
l 6= m dans {0, 1, . . . , s − 1}, on déduit que Card(O) = s et s = r. 

Remarque 2.3.
- On déduit du résultat précédent qu’une permutation σ ∈ Sn est
un cycle d’ordre r ≥ 2 si, et seulement si, il existe k ∈ Nn tel
que Supp(σ) = Orbσ (k), comme dans l’exemple précédent Supp(σ) =
Orbσ (1) = {1, 2, 4, 5, 6}.
− Si σ est un r-cycle, le calcul de σ m pour tout entier relatif m peut s’ob-
tenir en effectuant la division euclidienne de m par r. Ainsi, si m = qr +l
avec 0 ≤ l ≤ r − 1, alors σ m = σ l .
- En géneral, la composée de deux cycles n’est pas un cycle. Par exemple
pour σ = (1, 2, 3, 4) un cycle dans S4 , on a
!
1 2 3 4
σ2 = = (1 3)(2 4)
3 4 1 2
qui n’est pas un cycle.
- Une σ-orbite Orbσ (i) est réduite à un point si, et seulement si, σ(i) = i.
- Les orbites non réduites à un point forment une partition de Supp(σ).

- On dit que deux cycles C1 et C2 dans Sn sont disjoints si leurs


supports sont disjoints, c’est-à-dire Supp(C1 ) ∩ Supp(C2 ) = ∅.

Proposition 2.1.
Soient σ et σ 0 deux éléments de Sn . Si σ et σ sont deux cycles à supports
disjoints, alors ils commutent, i.e., σσ 0 = σ 0 σ.

Démonstration.
Si k ∈ Nn \ (Supp(σ) ∪ Supp(σ 0 )), alors σ(k) = k et σ 0 (k) = k. Ainsi, σ 0 σ(k) =
σσ 0 (k) = k.
Si k ∈ Supp(σ), alors σ(k) ∈ Supp(σ). Comme Supp(σ) et Supp(σ 0 ) sont disjoints,
alors k ∈ / Supp(σ 0 ) et ,σ(k) ∈
/ Supp(σ 0 ), donc σ(σ 0 (k)) = σ 0 (k) et σ 0 σ(k) = σ 0 (k).
On a σ et σ 0 jouent des rôle symétriques, alors k ∈ Supp(σ 0 ) entraîne σ(σ 0 (k)) = σ 0 (k)
et σ 0 σ(k) = σ 0 (k).
Il en résulte que σ et σ 0 commutent. 

6
Module Algèbre 2 L. Izelgue

3. Décomposition d’une permutation

Théorème 3.1.
Soient n ∈ N∗ et σ ∈ Sn \ {idNn }. Alors, σ se décompose en produit de cycles
ayant des supports, deux à deux, disjoints.
Cette décomposition est unique à l’ordre près.

Démonstration.
C’est une conséquence du fait que les σ-orbites forment une partition de Nn et que
chaque σ-orbite non réduite à un point définit un cycle. 

Remarque 3.1.

On convient que l’identité est le produit de 0 cycles. idNn = σ 0 pour


tout cycle σ de Sn .

Proposition 3.1.

Soit σ ∈ Sn \ {idSn }.
Si σ = C1 C2 . . . Cr est la décomposition en produit de cycles disjoints.
Alors :
or(σ) = ppcm(or(C1 ), or(C2 ), . . . , or(Cr )).

Exemple 3.1.
Soit σ un élément de Sn définie par :
!
1 2 3 4 5 6 7 8
σ= .
2 3 4 5 1 7 6 8

− La décomposition de σ en cycles disjoints est σ = (1 2 3 4 5)(6 7).


− Posons c1 = (1 2 3 4 5) et c2 = (6 7), alors or(c1 ) = 5 et or(c2 ) = 2.
Ainsi, or(σ) = ppcm(or(c1 ), or(c2 )) = ppcm(5, 2) = 10.
- Calculons σ 2009 .
Par division Euclidienne, on a 2009 = 10 × 200 + 9. Ainsi,
σ 2009 = σ 10×200+9 = (σ 10 )200 σ 9 = σ = σ 9 .
D’autre part, or(c1 ) = 5 ⇒ c91 = c41 = c−1
1 et or(c2 ) = 2 ⇒ c92 = c2 . D’où,
σ 2009 = c91 c92
= c−1
1 c2
= (5 4 3 2 1)(6 7)
!
1 2 3 4 5 6 7 8
= .
5 1 2 3 4 7 6 8

7
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Remarque 3.2.

Pour 2 ≤ r ≤ n, tout r-cycle c = (i1 i2 . . . ir ), s’écrit comme produit de


r − 1 transpositions.
En effet, si c = (i1 i2 . . . ir ), on peut l’écrire :
c = (i1 i2 )(i2 i3 ) . . . (ir−1 ir ).
Cette décomposition n’est pas unique.
- Comme conséquence, toute permutation σ ∈ Sn se décompose en pro-
duit de transposition.

Exemple 3.2.
Soit σ ∈ S6 définie par :
!
1 2 3 4 5 6 7
σ=
5 2 1 7 6 3 4
On écrit d’abord σ sous forme de produit de cycles à supports disjoints :
σ = (1 5 6 3)(4 7).
En suite, on décompose chacun des cycles en produit de transpositions :
σ = (1 5)(5 6)(6 3)(4 7).

Remarque 3.3.
1. Les transpositions ne commutent pas en général, par exemple :
(2 4)(4 7) = (2 4 7) et (4 7)(2 4) = (7 4 2).
Donc, (2 4 7) 6= (7 4 2).
2. La décomposition d’une permutation en produit de transposition
n’est pas unique, mais il garde toujours la même parité.
C’est à dire que si σ = τ1 . . . τs = η1 . . . ηr sont deux décomposi-
tion de σ en produit de transpositions, alors s = 2k ⇐⇒ r = 2l.
Donc aussi, s = 2k + 1 ⇐⇒ r = 2l + 1.
3.
 Soit σ ∈ Sn avec σ = τ1 . . . τd produit de d transposition.
On définit la signature de σ, qu’on note ε(σ), par : ε(σ) =
(−1)d .
 Une permutation σ ∈ Sn est dite paire (resp., impaire) si
ε(σ) = 1 (resp., ε(σ) = −1).

8
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 3.3.
!
1 2 3 4 5 6
Soit σ ∈ S6 avec σ = .
3 5 4 1 6 2
La décomposition de σ en cycles disjoints : σ = (1 3 4)(2 5 6)
Une décomposition de σ en produit de transpositions : σ = (1 3)(3 4)(2 5)(5 6)
Ainsi, la signature de σ est : ε(σ) = (−1)4 = 1. D’où σ est paire.
B Vérifier que nous avons aussi :
σ = (1 3)(3 4)(2 5)(5 6)(3 2)(2 3)(5 4)(4 5), et par suite
ε(σ) = (−1)8 = 1.

Notons que l’application


ε : Sn −→ {−1, 1}
σ 7−→ ε(σ)
définie un homomorphisme de groupes.
Remarque 3.4.
Comme conséquence, Soient σ, η ∈ Sn . Alors :
(i) σ et σ −1 ont la même signature. i.e., ε(σ) = ε(σ −1 ).
(ii) ε(ση) = ε(σ)ε(η) = ε(ση).
(ii) ε(ηση −1 ) = ε(σ).

Le noyau de ε, soit Ker(ε) = {σ ∈ Sn | ε(σ) = 1} est un sous-groupe de Sn


formé des permutations paires. On l’appelle le groupe alterné de degré n. Il est noté
n!
Ker(ε) = An . On montre qu’il est d’ordre .
2
Exemple 3.4.

- Le groupe alterné de degré 2 : A2 = {idN2 }.


- Le groupe symétrique de degré 3 est d’ordre 6 et contient : l’identité, trois
transpositions et deux cycles d’ordre 3. Le groupe alterné de degré 3 ne com-
porte que l’identité et les cycles d’ordre 3 A3 = {idS3 , (1 2 3), (1 3 2)}.

9
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Université Cadi Ayyad Année universitaire 2020/2021


Faculté des Sciences - Semlalia
Département de Mathématiques Filière SMA : Semestre S1

Module : Algèbre 2 par : L. Izelgue


——————————————————————————————————————

Chapitre 3 :
PLYNÔMES et F FRACTIONS RATIONNELLES
SUR UN CORPS K

Séance du 2 /12/2020

2. Fonctions polynomiales Racines d’un polynôme

Définition 2.1.
Soit P = a0 + a1 X + · · · + ad−1 X d−1 + ad X d ∈ K[X], non nul, le polynôme
dérivé de P est le polynôme noté P 0 défini par :
P 0 = a1 + 2a2 X + · · · + (d − 1)ad−1 X d−2 + dad X d−1 .
Si P = 0, on a P 0 = 0.
Comme dans le cas des fonctions numériques, on notera ensuite P 00 la dérivée
de P 0 , puis P (n) = (P n−1 )0 la dérivée n-ième de P .
 Si P Q ∈ K[X] et α ∈ K. Alors on a :
(P + Q)0 = P 0 + Q0 , (P Q)0 = P 0 Q + P Q0 , et (αP )0 = αP 0

Définition 2.2.
Soient P = a0 + a1 X + · · · + ad−1 X d−1 + ad X d ∈ K[X]. On considère l’appli-
P̃ : K −→ K
cation :
x 7−→ P̃ (x) = a0 + a1 x + · · · + ad−1 xd−1 + ad xd
On dit que P̃ est la fonction polynômiale associée à P .
On dit aussi que P̃ (x) est la valeur de P en x.
I Faite attention à la différence entre X l’indéterminée et x un élément arbitraire de K.

1
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Soit K un corps et K[x] = {P̃ | P ∈ K[X]} et considérons l’application :

φ : K[X] −→ K[x]
P 7−→ φ(P ) = P̃

Alors φ est un homomorphisme d’anneaux.


I De plus, Si K est infini, alors φ est un isomorphisme d’anneaux. Dans ce cas :
P = Q ⇐⇒ P̃ = Q̃ ⇐⇒ (∀ x ∈ K, P̃ (x) = Q̃(x)).

Exemple 2.1.

1. A = Z/2Z = {0, 1}, un corps à 2 éléments.


Soient P = 1 + X, Q = 1 + X + X 2 + X 3 et R = X − X 2
x 0 1
P̃ (x) 1 0
Nous avons :
Q̃(x) 1 0
R̃(x) 0 0
Ainsi P̃ (x) = Q̃(x) et R̃(x) = 0 ; pour tout x ∈ Z/2Z. On en déduit que :
φ(P ) = φ(Q) et φ(R) = 0.
Cependant P 6= Q, car deg(P ) = 1 et deg(Q) = 3. De même R 6= 0, car
deg(R) = 2.
Ainsi, contrairement au cas de R et C, sur un corps fini, deux fonctions
polynômiales peuvent être égales alors que les polynômes correspondants sont
différents.

Remarque 2.1.

Soient P et Q deux polynômes de K[X] et x un élément de A. Alors


(P^+ Q)(x) = (P̃ + Q̃)(x) = P̃ (x) + Q̃(x)
(Pg
Q)(x) = (P̃ Q̃)(x) = P̃ (x)Q̃(x).

Définition 2.3. Composition de deux polynômes

Soit P = a0 + a1 X + · · · + ad−1 X d−1 + ad X d ∈ K[X] et soit Q ∈ K[X]. On


appelle composé de P par Q le polynôme : P ◦ Q := P (Q) défini par :
P ◦ Q = P (Q) := a0 + a1 Q + · · · + ad−1 Qd−1 + ad Qd , où Qk = Q · ... · Q
| {z }
k fois

On vérifie que ◦ est une loi de composition interne dans K[X], qui est associative
et distributive par rapport à + et ayant pour élément neutre X mais qui n’est
pas commutative.

2
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Définition 2.4. Divisibilité


Soient K un corps et A, B deux élément de K[X].
— On dit que B divise A, s’il existe Q ∈ K[X] tel que A = BQ.
On note B|A.
— Si B divise A, on dit alors que B est un diviseur de A et que A est un
multiple de A.
— Si B divise à la fois A1 et A2 on dit alors que B est un diviseur commun
de A1 et A2 .
— Soient B1 , B2 , A ∈ K[X]. On dit que A est un multiple commun de de B1
et B2 , si est un multiple de B1 et aussi un multiple de B2 ; c’est-à-dire
que B1 |A et aussi B2 |A.

Exemple :
A = X 3 − 1 On a A = (X − 1)(X 2 + X + 1).
- Donc, B1 = X − 1 et B2 = X 2 + X + 1 sont des
diviseurs de A.
- Donc A est un multiple de B1 et aussi un multiple
de B2 . Ainsi, A est un multiple commun de B1 et B2 .
- Soient A1 = X 3 −1 et A2 = X 2 −1, alors B = X −1
est un diviseur commun de A1 et A2 .

Définition 2.5. Racine d’un polynôme

Soient K un corps P = a0 + a1 X + · · · + ad−1 X d−1 + ad X d ∈ K[X] \ {0}.


. On dit que α ∈ K est une racine de P , si
P̃ (α) = a0 + a1 α + · · · + ad−1 αd−1 + ad αd = 0.

On montre que P̃ (α) = 0 ⇔ ∃ Q ∈ K[X] tel que P = (X − α)Q.

. On dit que α est une racine multiple de P , d’ordre (de multiplicité) m,


si :
f0 (α) = 0, ... P^
P̃ (α) = 0, P ]
(m−1) (α) = 0, et P (m) (α) 6= 0,

où Pg(k) désigne la fonction polynômiale associée à la dérivée k ième de P .

C’est équivalent à :
il existe un polynôme Q ∈ K[X] tel que P = (X − α)m Q.

3
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 2.2.

1. Pour A = X 4 − 2X 3 + X 2 − X − 2, on a A(2) = 0. Donc 2 est une racine


de A.
En effet, on a X 4 − 2X 3 + X 2 − X − 2 = (X − 2)(X 3 + X + 1).
C’est à dire que A = (X − 2)Q avec Q = (X 3 + X + 1).
2. Soit B = X 5 − 9X 4 + 25X 3 − 9X 2 − 54X + 54, et α = 3.
B = (X − 3)(X 4 − 6X 3 + 7X 2 + 12X − 18)
= (X − 3)2 (X 3 − 3X 2 − 2X + 6)
= (X − 3)3 (X 2 − 2)
On a 3 n’est pas une racine de (X 2 − 2), donc 3 est donc racine d’ordre 3 du
polynôme A.

I Si K un corps et P ∈ K[X] \ {0}, de degré n, alors


le nombre de racines de P est inférieur ou égal à n.

Remarque 2.2.

Si K est un corps, l’anneau K[X] est euclidien :


C’est-à-dire, pour tout A, B ∈ K[X], avec deg(B) ≤ deg(A), il existe
Q, R ∈ K[X], tel que A = BQ + R avec R = 0 où deg(R) < deg(B).

Proposition 2.1.

Soient P ∈ K[X] et a ∈ K. Alors,


a est une racine de P si, et seulement si, X − a divise P .

Démonstration. Supposons que X − a divise P , soit P = (X − a)Q.


On obtient alors P (a) = (a − a)Q(a) = 0.
Réciproquement, supposons que P (a) = 0. On fait la division eu-
clidienne de P par X − a et on trouve : P = (X − a)Q + R, avec
deg R < deg(X − a) nécessairement deg R = 0 et donc R est une
constante c. En évaluant en a, on obtient P (a) = (a − a)Q(a) + c = 0.
Donc 0 = P (a) = c. Ainsi, P = (X − a)Q et donc X − a divise P .


Corollaire 2.1.
Si P ∈ K[X] et a1 , a2 , . . . , ak ∈ K, deux à deux distincts. Les assertions
suivantes sont équivalentes :
(i) a1 , a2 , . . . , ak sont des racines de P ;
(ii) (X − a1 ) · · · (X − ak ) divise P .

4
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Démonstration.

(i)=⇒ (ii). Par récurrence sur le nombre de racines k.


Si k = 1, d’après la proposition précédente, il existe Q ∈ K[X] tel
que P = (X − a1 )Q, donc (X − a1 ) divise P .
Hypothèse de récurrence : Supposons que la propriété est vraie
pour k.
Soit ak+1 ∈ / {a1 , a2 , . . . , ak } une racine de P . Par hypothèse de
récurrence, il existe Q ∈ K[X] tel que P = (X − a1 ) · · · (X − ak )Q.
D’autre part, P (ak+1 ) = 0 entraîne (ak+1 −a1 ) · · · (ak+1 −ak )Q(ak+1 ) =
0. Nécessairement, Q(ak+1 ) = 0 (car ak+1 6= ai , i = 1, ..., k =⇒
ak+1 − ai 6= 0). D’après la proposition précédente, il existe Q1 ∈ K tel
que Q = (X −ak+1 )Q1 et donc P = (X −a1 ) · · · (X −ak )(X −ak+1 )Q1 .
D’où le résultat.
(ii)=⇒ (i). c’est évident.


Théorème 2.1. Formule de Taylor


Soit K un corps de caractéristique nulle. Alors pour tout polynôme
P = a0 + a1 X + .... + an X n ∈ K[X] et tout scalaire α ∈ K, on a :
n
P (k)
(X − a)k
X
P (X) =
k=0 k!
P 0 (a) P ”(a) P (n) (a)
= P (a) + (X − a) + (X − a)2 + · · · + (X − a)n
1! 2! n!

Démonstration. On a (1) P (X) = nk=0 ak X k = nk=0 ak (X − a + a)k


P P

Par la formule du binôme, (X − a + a)k = k=n l


k=0 Ck ak (X − a) .
l
P

On remplace dans l’égalité (1) en réordonnant suivant les puissances de (X − a), On


trouve : P (X) = nk=0 bk X k = nk=0 ak (X − a + a)k
P P

On a P (0) (a) = P (a) = b0 et, pour tout l ∈ {1, 2, ..., n}, par linéarité de la dérivation
à l’ordre l,
l−1 n
k
(l) (l)
bk ((X − a))k )(l)
X X
P (X) = bk ((X − a) )) +
k=0 k=l−1
| {z }
=0
n
bk k(k − 1) . . . (k − l + 1)(X − a)k−l
X
=
k=l
n
bk k(k − 1) . . . (k − l + 1)(X − a)k−l
X
= bl l! +
k=l+1
5
Module Algèbre 2 L. Izelgue

P (l) (a)
Cela donne P (l) (a) = bl l! et par suite bl = .
l!
n
P (l) (a)
(X − a)k
X
En remplaçons dans (1) on trouve : P (X) = 
k=0 l!

Exemple 2.3.

On cherche un polynôme P ∈ R[X] avec deg P ≤ 3 et tel que P (0) = 0


P (1) = 2, P 0 (1) = 2 et P ”(1) = 2.
Par la formule de Taylor

P 0 (1) P 00 (1) P (3) (1)


P = P (1) + (X − 1) + (X − 1)2 + (X − 1)3
1! 2! 3!
2 P (3) (1)
= 2 + 2(X − 1) + (X − 1)2 + (X − 1)3
2! 3!
On a
2 P (3) (1)
P (0) = 0 =⇒ 2 + 2(−1) + (−1)2 + (−1)3 = 0
2! 3!
P (3) (1)
=⇒ 2 − 2 + 1 − =0
6
=⇒ P (3) (1) = 6
D’où
2 6
P = 2 + 2(X − 1) + (X − 1)2 + (X − 1)3
2! 3!
= 2 + 2(X − 1) + (X − 1)2 + (X − 1)3
= 2 + 2X − 2 + X 2 − 2X + 1 + X 3 − 3X 2 + 3X − 1
= X 3 − 2X 2 + 3X

Proposition 2.2.

Soient K un corps de caractéristique 0 et P ∈ K[X] un polynôme non nul et


de degré n. Alors P a au plus n racines distinctes.

Démonstration.

Par récurrence sur n. Pour n = 0 on a P est un polynôme constant


non nul, donc possède zéro racine.
Soit n fixé et supposons le résultat vrai pour tout polynômes de degré
n.
Soit alors P un polynôme de degré n + 1.
Si P n’a aucune racine, le résultat est vrai pour P ; sinon soit a une
racine de P . D’après Proposition 1.1, il existe Q ∈ K[X] tel que
P = (X − a)Q.
6
Module Algèbre 2 L. Izelgue

On a alors n + 1 = deg P = deg(X − a) + deg Q = 1 + deg Q. Par


suite, deg Q = n.
Soit alors b est une racine de P , alors 0 = P (b) = (b − a)Q(b). Donc
b = a ou Q(b) = 0 (car K est intègre), i.e., b est une racine de Q.
Comme deg Q = n, par l’hypothèse de récurrence, Q a au plus n
racines. Il en résulte que P a au plus n + 1 racines.


Conséquence : Si K est un corps, Le seul polynôme de K[X] ayant une


infinité de racines est le polynôme nul.

Théorème 2.2.
Soient m ∈ N∗ , P ∈ K[X] de degré d et a ∈ K. Les assertions suivantes sont
équivalentes :
(i) a est une racine, d’ordre m, du polynôme P ;
(ii) Il existe Q ∈ K[X] tel que :
(X − a)m divise P et (X − a)m+1 ne divise pas P .

Démonstration.
f0 (a) =
(i)=⇒ (ii). Supposons que a est une racine, d’ordre m, de P . Alors P̃ (a) = 0, P
0, ..., P^ ]
(m−1) (a) = 0, et P (m) (a) 6= 0. D’autre part, par la formule de Taylor, on a
Pd P (k) (a)
P = k=0 k!
− a)k . or P (a) = ... = P (m−1) (a) = 0 et P (m) (a) 6= 0, on a néces-
(X
d
(k) P (k) (a)
sairement d > m et P = dk=m P k!(a) (X − a)k = (X − a)m (X − a)k−m .
P X

k=m k!
| {z }
=Q
(k) (m) P (k) (a)
On a alors Q = dk=m P k!(a) (X − a)k−m = P m!(a) + dk=m+1 − a)k−m Par
P P
k!
(X
hypothèse P (m) (a) 6= 0, par suite X − ane divise pas Q.
(ii)=⇒ (i). a est racine d’ordre m de P , on a d > m et
m−1 d
P (k) (a) P (k) (a)
(X − a)k + (X − a)k
X X
P =
k=0 k! k=m k!
m−1 d
P (k) (a) k m P (k) (a)
(X − a)k−m
X X
= (X − a) + (X − a)
k=0 k! k=m k!
= R + (X − a)m Q.
(k)
P (a) (k)
où R = m−1 (X − a)k est de degré < m et Q = dk=m P k!(a) (X − a)k−m .
P P
k=0 k!
Puisque (X − a)m divise Q, nécessairement, R = 0 et donc P̃ (α) = 0, P f0 (α) =

0, ..., P^
(m−1) (α) = 0.

Comme Q(a) 6= 0, alors P (m) (a) 6= 0.



7
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 2.4.

Pour P = X 5 − 9X 4 + 25X 3 − 9X 2 − 54X + 54 ∈ R[X], on a P (3) = 0.


Puis P 0 = 5X 4 − 36X 3 + 75X 2 − 18X − 54 et P 0 (3) = 0,
P ” = 20X 3 − 108X 2 + 150X − 18 et P ”(3) = 0
P 000 = 60X 2 − 216X + 150 et P 000 (3) = 42 6= 0.
Donc 3 est une racine de P d’ordre 3

Théorème 2.3. Division euclidienne


Soient K un corps et A, B ∈ K[X] avec B 6= 0. Alors, il existe un unique
couple (Q, R) ∈ K[X] × K[X] tel que : A = BQ + R avec deg(R) < deg(B).

On dit que K[X] est un anneau euclidien.

Démonstration.
I Pour l’existence :
- Si deg A = 0 et deg B > 0, alors A est une constante, on pose Q = 0 et R = A.
Si deg A = 0 et deg B = 0, on pose Q = A/B et R = 0.
Hypothèse de récurrence :
Supposons l’existence vraie pour tout A avec deg A = n − 1.
Maintenant, pour deg A = n, écrivons :
A = a0 + a1 X + · · · + an X n avec an 6= 0 et
B = b0 + b1 X + · · · + bm X m avec bm 6= 0.
 Si n < m, on pose Q = 0 et R = A.
 Si n ≥ m on prend A1 = A − B bamn X n−m et on a deg A1 ≤ n − 1.
Notons alors que : A = B bamn X n−m + A1 .
Par application de l’hypothèse de récurrence à A1 :
il existe Q1 , R1 ∈ K[X] tels que A1 = BQ1 + R1 avec deg R1 < deg B.
Ainsi,
an
A = B X n−m + A1
bm
an
= B X n−m + BQ1 + R1
bm
an
= B( X n−m + Q1 ) + R1
bm

En posant Q = bamn X n−m + Q1 et R = R1 , On a bien A = BQ + R avec


deg R < deg B, chose voulue.
I Pour l’unicité :
Supposons qu’il existe deux couples (Q, R) et (Q1 , R1 ) de polynômes de K[X]
tels que :
8
Module Algèbre 2 L. Izelgue

A = BQ + R avec deg(R) < deg(B) et


A = BQ1 + R1 avec deg(R1 ) < deg(B).
Ainsi, BQ + R = BQ1 + R1 et donc B(Q − Q1 ) = R1 − R.
D’où deg B(Q − Q1 ) = deg (R1 − R).
Ce qui donne deg B + deg(Q − Q1 ) = max(deg R1 , deg R) < deg B.
Il en résulte que deg(Q − Q1 ) < 0. Or le seul polynôme de degré négatif et le
polynôme nul, alors Q − Q1 = 0 et par suite, Q1 = Q.
On en déduit aussi que R1 − R = 0 et donc R1 = R. D’où l’unicité.


Exemple 2.5.

1. La division euclidienne de 6X 3 − 2X 2 + X + 3 par X 2 − X + 1

6X 3 − 2X 2 + X + 3 X 2 − X + 1

6X 3 − 6X 2 + 6X 6X + 4
2
4X − 5X + 3

4X 2 − 4X + 4
−X − 1

Ainsi, 6X 3 − 2X 2 + 6X + 3 = (X 2 − X + 1)(6X + 4) + (−X − 1).


2. La division euclidienne de X 3 + X 2 − 1 par X − 1

X3 + X2 − 1 X − 1

−X 3 − X 2 X 2 + 2X + 2
2X 2 −1
− 2
2X − 2X
2X − 1

2X − 2
+1

Ainsi, X 3 + X 2 − 1 = (X − 1)(X 2 + 2X + 2) + 1.

9
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Université Cadi Ayyad Année universitaire 2020/2021


Faculté des Sciences - Semlalia
Département de Mathématiques Filière SMA : Semestre S1

Module : Algèbre 2 par : L. Izelgue


——————————————————————————————————————

Chapitre 2 : ANNEAUX ET CORPS

Séance du 04 /12/2020

1. STRUCTURES D’ANNEAUX

Définition 1.1.
Soient A un ensemble non vide muni de deux lois de compositions internes + et ·.
On dit que (A, +, ·) est un anneau si :
 (A, +) est un groupe abélien (d’élément neutre noté 0A ).
 La loi · est associative : ∀x, y, z ∈ A, x · (y · z) = (x · y) · z
 La loi · est distributive à gauche et à droite par rapport à + : ∀x, y, z ∈
A, x · (y + z) = x · y + x · z et (x + y) · z = x · z + y · z
 La loi · admet un élément neutre noté 1A .
• Si la loi · est commutative, on dit alors que A est un anneau commutatif.

Remarque 1.1.

Dans le cas ou Card(A) = 1 alors 1A = 0A . C’est , l’anneau nul. Ce cas ne présente


aucun intérêt. Ainsi pour ce cours, on suppose Card(A) ≥ 2.
Toutefois, nous aurons besoin à considérer l’anneau nul (une raison est de ne pas
avoir à exclure le cas I = A lorsqu’on considère l’anneau quotient A/I pour un
idéal I de A, voir plus loin).

1
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 1.1.

1. (Z, +, ·), (Q, +, ·), (R, +, ·) et (C, +, ·) sont des anneaux commutatifs bien connus.

2. Si E est un ensemble non vide, alors (P (E), ∆, ∩) est un anneau commutatif, où


∆ est la différence symétrique : ∀ A, B ∈ (P (E); A∆B = A \ A) ∪ (B \ A).
3. Soient A un anneau commutatif et E un ensemble non vide. soit A (E, A) l’en-
semble des applications de E dans A.
Pour f, g ∈ A (E, A), on définit la somme f + g et le produit f g par :
∀x ∈ E , (f + g)(x) = f (x) + g(x) et (f g)(x) = f (x)g(x).
Alors l’ensemble A (E, A), muni des deux lois de composition (f, g) 7→ f + g et
(f, g) 7→ f g est un anneau commutatif d’élément unité 1A (E,A) égale l’application
constante de valeur 1.
4. Soient G un groupe abélien non réduit à {0} et noté additivement et End(G)
l’ensemble des endomorphismes de G.
On munit End(G) des deux lois de composition :
(f, g) 7→ f + g et (f, g) 7→ f ◦ g définies par :
∀x ∈ G (f + g)(x) = f (x) + g(x) et (f ◦ g)(x) = f (g(x)).
Alors, (End(G), +, ◦) est un anneau, en général non commutatif avec 1End(G) est
l’application idG : G → G, x 7→ x.
5. Soit A (R) L’ensemble des applications de R dans R. On le muni des lois :
(f, g) 7→ f + g et (f, g) 7→ f · g définies par :
∀x ∈ R , (f + g)(x) = f (x) + g(x) et (f · g)(x) = f (x)g(x).
Alors (A (R), +, ·) est un anneau commutatif, avec 0A est la fonction nulle et 1A est
la fonction constante de valeur 1.

Règles de calcul dans un anneau


Soit (A, +, ·) un anneau. Toutes les règles de calcul valables dans un groupe abélien
s’appliquent au groupe abélien (A, +).
Par exemple, l’opposé d’un élément x ∈ A se note −x et on note x + (−y) = x − y.
1. Pour tout élément x ∈ A, on a : x · 0A = 0A · x = 0A .
En effet, on a : x·0A = x·(0A +0A ) = x·0A +x·0A . Ainsi, x·0A +(−x·0A ) =
x · 0A + x · 0A + (−x · 0A ), et donc (x − x) · 0A = x · 0A + (x − x) · 0A . D’où,
x · 0A = 0A .
On montre de même que 0A · x = 0A .
2. Pour tout x ∈ A et tout y ∈ A, on a : x · (−y) = (−x) · y = −(x · y).
En effet, pour tout y ∈ A, on a y + (−y) = 0A ; donc x · (y + (−y)) =
x · 0A = 0A . et x · (y + (−y)) = x · y + x · (−y). Donc x · y + x · (−y) = 0A .
Par suite x · (−y) est l’opposé de x · y. C’est-à-dire, x · (−y) = −(xy)
2
Module Algèbre 2 L. Izelgue

On vérifie de même que (−x) · y est l’opposé de xy et On en déduit que :


(−x) · (−y) = −((−x) · y) = −(−(x · y)) = x · y.

3. Pour tout élément x ∈ A, on définit par récurrence sur l’entier n ∈ N, les éléments xn
et nx, en posant : x0 = 1, xn = xn−1 x, 0 · x = 0 et nx = (n − 1)x + x.
On vérifie alors, par récurrence, que pour tout m, n ∈ N :
xm · xn = xm+n et (m + n)x = mx + nx.

4. Pour tout x ∈ A et pour tout n ∈ N on a : nx = (n1A )x = x(n1A ).


Pour n = 0, les égalités sont vraies voir la définition de 0 · x dans (1).
Supposons alors la propriété vraie pour l’entier n. On a
(n + 1)x = nx + x = (n1A ) · x + 1A · x = x · (n1A ) + x · 1A
= x · (n1A + 1A ) = x · (n + 1)1A )

Ces règles de calcul nous permettent de développer les produits de sommes d’éléments
d’un anneau A en tenant compte de l’ordre des termes, dans le cas où A est non commu-
tatif.
La formule du binôme de Newton connue dans l’anneau Z s’étend aux anneaux com-
mutatifs, mais aussi aux éléments qui commutent dans un anneau quelconque :
Proposition 1.1.
Soient A un anneau, et a, b ∈ A, avec ab = ba. Alors pour tout n ∈ N∗ ,
Pk=n k k n−k n!
(a + b)n = k=0 Cn a b , où Cnk = k!(n−k)! .

Définition 1.2.
Soit (A, +, .) un anneau.
( a) Soit a ∈ A avec a 6= 0A .
- On dit que a est un diviseur de zéro, à gauche, dans A, s’il existe y 6= 0A
dans A, tel que ay = 0A
- On dit que a est un diviseur de zéro, à droite, dans A, s’il existe z 6= 0A
dans A, tel que za = 0.
- Si a est à la fois un diviseur de zéro à gauche et à droite, on dit alors que
a est un diviseur de zéro.
• Si A est commutatif, les notions de diviseur de zéro à gauche et à droite
coïncident.
(b) - Un élément a ∈ A est dit nilpotent s’il existe n ∈ N tel que an = 0.
- Si a est nilpotent, le plus petit entier k tel que ak = 0 s’appelle l’indice
de nilpotence de a.
Il est clair qu’un élément nilpotent a 6= 0 est un diviseur de zéro.
(c) On dit qu’un anneau A est intègre s’il est non nul, commutatif et s’il ne
possède pas de diviseurs de zéro. En d’autre terme, A est intègre si,
∀x, y ∈ A, (xy = 0A =⇒ (x = 0A ou y = 0A )).

3
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Dans la suite L’ensemble des diviseurs de zéro dans A sera noté Z (A) et l’ensemble des
éléments nilpotents sera noté Nil(A).
Définition 1.3.
Soit (A, +, .) un anneau commutatif.
On dit que x ∈ A est inversible dans A, s’il existe y ∈ A, tel que x · y = 1A et
y · x = 1A , un tel y est alors unique. On dit que y est l’inverse de x dans A et on
note y = x−1 .
Un élément inversible de A est aussi appelé une unité de A, et l’ensemble des unités
de A sera noté U (A).

Lemme 1.1.
(U (A), ·) est un groupe, appelé le groupe multiplicatif de A. De plus pour tout
x, y ∈ U (A), on a (xy)−1 = y −1 x−1 .

Exemple 1.2.
!
a c
1. (a) Soit l’ensemble des matrices carrées M2 (R) = { | a, b, c, d ∈ R} .
b d
M2 (R) muni des lois + et · définies par :
! ! !
a c a0 c 0 a + a0 c + c 0
+ =
b d b0 d 0 b + b0 d + d 0
! ! !
a c a0 c 0 aa0 + cb0 ac0 + cd0
· =
b d b0 d0 ba0 + db0 bc0 + dd0
est un anneau non commutatif.
Cet anneau n’est pas intègre.
!
0 1
En effet, M = est un diviseur de zéro car M 6= 0 et M 2 = 0.
0 0
M est aussi un élément nilpotent d’indice de nilpotence 2.
!
a c
(b) U (M2 (R)) = { ∈ M2 (R) | ad − bc 6= 0}.
b d

2. (a) l’anneau A (R) n’est pas intègre.


Pour le voir, Soient f, g ∈ A (R), définies par :
 
x si x ≥ 0 0 si x > 0
f (x) = et g(x) = ,
0 si x < 0 x si x ≤ 0

alors f et g ne sont pas nulles et pour tout x ∈ R on a (f · g)(x) =


f (x)g(x) = 0 et (g · f )(x) = g(x)f (x) = 0, c’est-à-dire, f · g = 0A (R)
et g · f = 0A (R) . Donc f et g sont des diviseurs de zéro dans A (R).
(b)U (A (R) = {f ∈ A (R) | ∀x ∈ R, f (x) 6= 0}.

4
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Définition 1.4.
Si (A, +, ·) est un anneau commutatif tel que tout élément non nul de A est
inversible, On dit alors que A est un corps.
 Ainsi, un corps est un anneau intègre A avec U (A) = A \ {0A }.
 Par exemple, (Q, +, ·), (R, +, ·) et (C, +, ·) sont des corps.

Remarque 1.2.

1. Soit (A, +, .) un anneau commutatif 6= {0}. Alors :


un diviseur de 0 n’est jamais inversible dans A et par suite, si x ∈ A est inversible,
alors x n’est pas un diviseur de 0 dans A.
En effet, soit a 6= 0 un diviseur de zéro dans A et soit b 6= 0 tel
que : (∗) ab = 0.
Supposons que a est inversible. Par multiplication par a−1 dans
(∗) on trouve : a−1 ab = a−1 · 0. Ce qui donne, b = 0, Absurde. Donc
a ne peut pas être inversible.
2. On suppose que A est intègre. Si x, a, b ∈ A sont tels que x 6= 0 et ax = bx,
alors a = b.
En effet, ax = bx entraîne que ax − bx = 0 et par suite,
(a − b)x = 0. L’anneau A étant intègre et x 6= 0, nécessairement
a − b = 0, i.e., a = b.

2. SOUS-ANNEAUX

Définition 2.1.
Soient (A, +, ·) un anneau et B une partie non vide de A.
On dit que B est un sous-anneau de A, si les conditions suivantes sont vérifiées :
 (B, +) est un sous-groupe du groupe additif (A, +).
 1A ∈ B et pour tout x, y ∈ B on a xy ∈ B.
On vérifie alors que B, muni des deux lois de composition (x, y) 7→ x + y et (x, y) 7→
x · y, induites par celles de A, est un anneau.

Le théorème suivant donne une caractérisation pour les sous-anneaux.

Théorème 2.1.
Soient A un anneau et B une partie de A. Les conditions suivantes sontéquivalentes :
(i) B est un sous-anneau de A ;
(ii) 1A ∈ B et pour tout x, y ∈ B, on a x − y ∈ B et xy ∈ B.

5
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Preuve. Si B est un sous-anneau de A, il est clair que la condition (ii) est vérifiée.
Réciproquement, si la condition (ii) est vérifiée alors 1A ∈ B et par suite B 6= ∅. La
condition x − y ∈ B, pour tout x, y ∈ B entraîne que (B, +) est un sous-groupe du groupe
additif (A, +). D’autre part, comme les relations x ∈ B et y ∈ B. impliquent xy ∈ B, on
voit que B est bien un sous-anneau de A.

Définition 2.2.
Soient (K, +, ·) un corps et F ⊆ K avec F 6= ∅.
On dit que F est un sous-corps de K, si (F, +, ·) est un sous anneau de (K, +, ·) tel
que l’inverse de tout élément, non nul, de F est dans F .
C’est équivalent à : ∀x, y ∈ F, y 6= 0, x − y ∈ F et xy −1 ∈ F .

Exemple 2.1.
Nouavons :
1. Z est un sous-anneau de Q qui est un sous-anneau de R, ...
√ √
2. Z[ 2] = {a + b 2 | a, b ∈ Z} est un sous-anneau de R.
3. Si A1 et A2 sont deux sous-anneaux d’un anneau A, alors A1 ∩A2 est également
un sous-anneau de A.
4. (a) Q est
√ un sous-corps√ de R qui est un sous-corps de C.
(b) Q[ 2] = {x + y 2 | x, y ∈ Q} est un sous-corps de R.
(c) Q[i] = {x + yi | x, y ∈ Q}, où i2 = −1, est un sous-corps de C.

Pour tout anneau commutatif A, tout intersection de sous-anneaux de A est un


sous-anneau de A.
En effet, soient (Ai )i∈Λ une famille de sous-anneaux de A.
T
Posons B = i∈Λ Ai .
Puisque pour tout i ∈ Λ, Ai un sous-anneau de A, alors 1A ∈ Ai .
D’où 1A ∈ B et B 6= ∅. D’autre part, pour tout x, y ∈ B, on a
x, y ∈ Ai , Pour tout i ∈ Λ Par suite, x − y ∈ Ai et xy ∈ Ai . Il
s’ensuit que x − y ∈ B et xy ∈ B. Par conséquent, B est un sous-
anneau de A.

Définition 2.3.
Maintenant soit E est une partie non vide de A. Le plus petit sous-anneau de A
qui contient E (au sens de l’inclusion) s’appelle le sous-anneau de A engendré
par E. C’est exactement l’intersection de tous les sous-anneaux de A contenant E.

6
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 2.2.
√ √
• Z[√ 2] = {a + b 2 | a, b ∈ Z} est le sous-anneau de R engendré par X =
Z ∪ { 2}.
√ √ √ √
En effet, on a√Z[ 2] ⊆ R et 1 √
= 1+0 2 ∈ Z[ 2], et pour x = a+b √ 2
0 0 0 0
y = a + b 2 dans deux Z[ 2], on a x − y√= (a − a
et √ √) + (b − b ) √
2∈
Z[ 2] et aussi xy = (aa0 + 2bb0 ) + (ab0 + ba0 ) 2 ∈ Z[ 2]. Donc Z[ 2]
est un sous-anneau de R qui contient X.

Soit alors B un sous-anneau de R contenant √ X = Z ∪ { 2}. Ainsi,
pour tout a, b ∈ Z on a√a, b ∈ B et aussi√{ 2} ∈ B. Par définition
d’un sous-anneau, a + b 2 ∈ B. Donc Z[ 2] ⊆ B.

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Module Algèbre 2 L. Izelgue

Université Cadi Ayyad Année universitaire 2020/2021


Faculté des Sciences - Semlalia
Département de Mathématiques Filière SMA : Semestre S1

Module : Algèbre 2 par : L. Izelgue


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Chapitre 2 : ANNEAUX ET CORPS

Séance du 11 /12/2020

3. HOMOMORPHISMES D’ANNEAUX

Définition 3.1.
Soient (A, +, .) et (B, +, .) deux anneaux.
Une application ϕ : A → B est dit un homomorphisme d’anneaux si :
 ϕ(1A ) = 1B ,
 ∀x, y ∈ A, ϕ(x + y) = ϕ(x) + ϕ(y) et ϕ(xy) = ϕ(x)ϕ(y).

Proposition 3.1.
Soit ϕ : A −→ B un homomorphisme d’anneaux. Alors, pour tout x ∈ A :
(a) ϕ(0A ) = 0B et ϕ(−x) = −ϕ(x).
(b) Si x ∈ U (A), alors ϕ(x) ∈ U (B) et ϕ(x−1 ) = (ϕ(x))−1 .

Démonstration.

(a) On a, ϕ(x) = ϕ(x + 0A ) = ϕ(x) + ϕ(0A ). Donc, ϕ(x) − ϕ(x) = ϕ(0A ) = 0B .


Puisque ϕ(0A ) = ϕ(x − x) = ϕ(x) + ϕ(−x) alors ϕ(x) + ϕ(−x) = 0B . Ce qui donne,
ϕ(−x) = −ϕ(x).
(b) Soit x ∈ U (A), alors xx−1 = 1A . Par suite
ϕ(x)ϕ(x−1 ) = ϕ(xx−1 ) = ϕ(1A ) = 1B .
On montre de même que ϕ(x−1 )ϕ(x) = 1B .
Donc ϕ(x) es inversible dans B avec ϕ(x−1 ) = (ϕ(x))−1 .

1
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Remarque 3.1.
Avec les notations précédentes :
(i) Si ϕ est bijective, alors ϕ−1 : B → A est aussi un homomorphisme d’anneaux.
Dans ce cas on dit que ϕ est un isomorphisme d’anneaux et que les anneaux
A et B sont isomorphes. On note A'B.
(ii) Si A et B sont des corps, on dit alors que ϕ est un homomorphisme de corps
(resp., unisomorphisme de corps).
(iii) Soient A, B et C des anneaux, ϕ : A → B et ψ : B → C deux homo-
morphismes d’anneaux . Alors leur composée ψ ◦ ϕ : A −→ C est un
homomorphisme d’anneaux.

Proposition 3.2.
Soient A et B sont deux anneaux et ϕ : A → B un homomorphisme d’anneaux. Si
A1 ( resp., B1 ) un sous-anneau de A (resp., B). Alors :
(a) ϕ(A1 ) est un sous-anneau de B.
(b) ϕ−1 (B1 )) est un sous-anneau de A.

Démonstration.
Puisque ϕ(1A ) = 1B , alors par définition d’un sous-anneau, 1A ∈ A1 et 1B ∈ B1 . Par
suite, ϕ(1A ) = 1B ∈ ϕ(A1 ) et donc ϕ(1A ) ∈ ϕ−1 (B1 ).
(a) On a 0A ∈ A1 alors ϕ(0A ) ∈ ϕ(A1 ) 6= ∅. Soient alors y, y 0 ∈ ϕ(A1 ), donc il existe
x, x0 ∈ A1 tels que ϕ(x) = y et ϕ(x0 ) = y 0 . Ainsi, y − y 0 = ϕ(x) − ϕ(x0 ) = ϕ(x − x0 ) ∈
ϕ(A1 ) et yy 0 = ϕ(x)ϕ(x0 ) = ϕ(xx0 ) ∈ ϕ(A1 ) (ϕ est un homomorphisme). Donc
ϕ(A1 ) est un sous-anneau de B.
(b) On a ϕ−1 (B1 ) 6= ∅, car contient 0A . Soient x, x0 ∈ ϕ−1 (B1 ), alors, ϕ(x) et ϕ(x0 ) sont
dans B1 . Puisque ϕ est un homomorphisme, alors ϕ(x−x0 ) = ϕ(x)−ϕ(x0 ) ∈ B1 (car
B1 est un anneau) et par suite, x − x0 = ϕ−1 (B1 ). De même, ϕ(xx0 ) = ϕ(x)ϕ(x0 ) ∈
B1 . Donc xx0 = ϕ−1 (B1 ). Il en résulte que ϕ−1 (B1 ) est un sous-anneau de A.


Maintenant, soit ϕ : A → B un homomorphisme d’anneaux.


l’ensemble {x ∈ A | ϕ(x) = 0B } s’appelle le noyau de ϕ. On le note Ker(ϕ)
l’ensemble {ϕ(x) | x ∈ A} s’appelle l’image de ϕ. D’après la proposition précédente,
c’est un sous-anneau de B. On le note Im(ϕ).

Proposition 3.3.
Soit φ : A −→ B un homomorphisme d’anneaux. Alors :
1. φ est injective si, et seulement si, Ker(φ) = {0A }.
2. φ est surjective si, et seulement si, Im(φ = B.

2
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Démonstration.

1. Supposons φ injective, donc ∀ x, x0 ∈ A, ϕ(x) = ϕ(x0 ) ⇒ x = x0 .


Maintenant, x ∈ Ker(φ) entraîne que φ(x) = 0B . Or 0B = ϕ(0A ), alors φ(x) = φ(0A ).
Ce qui donne x = 0A et par suite Ker(φ) = {0A }.
Réciproquement, supposons Ker(φ) = {0A } et soient x, z ∈ A. Alors, φ(x) =
φ(z) entraîne φ(x) − φ(z) = 0B = φ(x − z). Donc x − z = 0A et x = z, d’où ϕ est
injective.
2. Supposons que φ est surjective. Soit y ∈ B, alors il existe x ∈ A tel que φ(x) = y.
Donc y ∈ Im(φ) et B ⊆ Im(φ) . Or Im(φ) ⊆ B alors Im(φ) = B. La réciproque est
immédiate.


Exemple 3.1.
1. φ : C −→ C ; z 7→ z̄, où z̄ désigne le conjugué de z ∈ C, réalise un homomor-
phisme d’anneaux.
2. ψ : A (R) → R ; f 7→ f (π) réalise un homomorphisme d’anneaux.

4. NOTION D’IDÉAL

Soit (A, +, ·) un anneau et I un sous-ensemble non vide de A.

Définition 4.1.
- On dit que I est un idéal à gauche de A Si pour tout x, y ∈ I et pour tout a ∈ A
on a, x − y ∈ I et ax ∈ I.
- On dit que I est un idéal à droite de A Si pour tout x, y ∈ I et pour tout a ∈ A
on a, x − y ∈ I et xa ∈ I.
- Si I est à la fois un idéal à gauche et à droite de A, on dit alors que I est un idéal
bilatère ou simplement un idéal de A.
• Lorsque A est commutatif les trois notions coïncident, on parle alors d’un idéal
de A.
3
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 4.1.
Soient A est un anneau et a ∈ A. Alors,
1. A et {0} sont des idéaux, dits idéaux triviaux.
Un idéal de A qui est distinct de A et de {0} s’appelle un idéal propre de A.
2. Aa = {xa | x ∈ A} est un idéal à gauche de A et aA = {ax | x ∈ A} est un
idéal à droite de A.
En effet, d’une part Aa 6= ∅ car 0A = 0 · a ∈ Aa, et d’autre part
si x, y ∈ Aa, il existe x0 , y 0 ∈ A tels que x = x0 aet y = y 0 a, d’où :
x − y = (x0 a − y 0 a) = (x0 − y 0 )a ∈ Aa, donc Aa est un sous-groupe
du groupe additif A. Enfin pour tout z ∈ A, on a : zx = z(x0 a) =
(zx0 )a ∈ Aa.
On montre de même que aA = {ax | x ∈ A} est un idéal à
droite de A.

Lemme 4.1.
Soient A, B deux anneaux et ϕ : A → B un homomorphisme d’anneaux.
1. Si J est un idéal de B (d’un type certain), alors ϕ−1 (J) est un idéal dans A
du même type.
En particulier, Ker(ϕ) = ϕ−1 ({0}) est un idéal bilatère de A.
2. Si I est un idéal (d’un certain type) de A, alors ϕ(I) est un idéal (du même
type) dans l’anneau ϕ(A).
3. L’image ϕ(U (A) est un sous-groupe du groupe multiplicatif (U (B, ·).

Preuve. (1) Soit J est un idéal à gauche de B. Soient x, y ∈ ϕ−1 (J) et a ∈ A. Alors ϕ(x) et
ϕ(y) sont dans J et ϕ(a) ∈ B. D’où ϕ(x − y) = ϕ(x) − ϕ(y) ∈ J et ϕ(a)ϕ(x) = ϕ(ax) ∈ J.
Par suite ax ∈ ϕ−1 (J) qui est donc un idéal à gauche de A. Le cas de l’idéal à droite se
fait de la même manière (à droite).
D’autre part, on a Ker(ϕ) 6= ∅ car 0A ∈ Ker(ϕ). Soient alors x, z ∈ Ker(ϕ)
et a ∈ A. Nous avons : ϕ(x) = 0B = ϕ(z) et donc, ϕ(x−z) = ϕ(x)−ϕ(z) =
0B , ϕ(ax) = aϕ(x) = 0B et ϕ(xa) = ϕ(x)a = 0B . C’est-à-dire, x − z, ax et
xa sont dans Ker(ϕ). D’où, Ker(ϕ) est un idéal bilatère de A.

(2) Facile à faire.

(3) - On a 1A ∈ U (A) entraîne U (A) 6= ∅.


- Soit x ∈ U (A), alors x−1 ∈ U (A) vérifie xx−1 = 1A . Par suite, ϕ(xx−1 ) = ϕ(1A ) et
ainsi, ϕ(x)ϕ(x−1 ) = ϕ(x)ϕ(x)−1 = 1B . Il en résulte que ϕ(x) ∈ U (B) et ϕ(U (A) ⊆ U (B).
- Maintenant, soit y, y 0 ∈ ϕ(U (A), alors il existent x, x0 ∈ U (A) tels que ϕ(x) = y
et ϕ(x0 ) = y 0 et on a, y 0−1 = ϕ(x0 )−1 = ϕ(x0−1 ). Ainsi, yy 0−1 = ϕ(x)ϕ(x0 )−1 = ϕ(xx0−1 ).
Puisque xx0−1 ∈ U (A), car un groupe, alors ϕ(xx0−1 ) ∈ ϕ(U (A). Par suite ϕ(U (A) est un
sous-groupe de U (B).

4
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Soient I et J deux idéaux de A. On pose :


X
I + J := {x + y | x ∈ I, y ∈ J}, et I · J := { xk .yk | xk ∈ I, yk ∈ J}.
f inie

On montre que I + J et I · J sont encore des idéaux et on peut généraliser cette


définition à la somme et au produit d’un nombre fini d’idéaux.

Proposition 4.1.

Soient A un anneau et (Iλ )λ∈Λ une famille d’idéaux de A. Alors


T
I = λ∈Λ Iλ est un idéal de A.

Démonstration.
T
Supposons que (Iλ )λ∈Λ est une famille de A et soit I = λ∈Λ Iλ , on sait déjà que I est un
sous-groupe du groupe additif (A, +). D’autre part, pour tout x ∈ I ; on a x ∈ Iλ pour
tout λ ∈ Λ. Comme Iλ est un idéal, on a bx ∈ Iλ pour tout b ∈ A et pour tout λ ∈ Λ,
d’où bx ∈ I. donc I est un idéal de A. 

Maintenant, soient A un anneau et X une partie de A. Il existe des idéaux de A


contenant X (par exemple A lui-même). L’intersection de tous ces idéaux est un idéal
de A contenant X et c’est le plus petit, au sens de l’inclusion. On l’appelle l’idéal de A
engendré par X.

Définition 4.2.
- Soient A un anneau commutatif et X ⊆ A avec X 6= ∅. On appelle
l’idéal de A engendré par X, le plus petit idéal de A (au sens de l’in-
clusion) contenant X. C’est aussi l’intersection de tous les idéaux de A
contenant X. On le note < X >.

- Un élément x ∈ hXi s’écrit alors, x = a1 x1 + ... + as xs , où s ∈ N,


a1 , ..., as ∈ A et x1 , ..., xs ∈ X.
- Si X = {x}, on écrit (x) au lieu de hxi. Ainsi,
hXi = {a1 x1 + ... + as xs | s ∈ N, a1 , ..., as ∈ A et x1 , ..., xs ∈ X}
et (x) = Ax = {ax | a ∈ A}.
- Un idéal I de A est dit de type fini s’il est engendré par un
ensemble fini X ⊂ A.

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Module Algèbre 2 L. Izelgue

Définition 4.3.
Soient A un anneau et I un idéal de A
- On dit que I est un idéal principal s’il est engendré par un seul élément.
C’est-à-dire, s’il existe a ∈ A tel que I = (a) = aA = Aa.

- On dit que A est un anneau principal s’il est commutatif, intègre, et si


tout idéal de A est principal.

Lemme 4.2.
Soient A un anneau commutatif et I un idéal de A. Alors,
I ∩ U (A) 6= ∅ ⇐⇒ I = A.

Preuve.
Soit u ∈ I ∩ U (A), puisque I est un idéal, alors uu−1 ∈ I, i.e., 1A ∈ I.
Ainsi, pour tout x ∈ A on a x = x.1A ∈ I (car I un idéal). D’où A ⊆ I et
puisque I ⊆ A, alors I = A. 

Puisque 1A ∈ U (A), Nous avons :

Corollaire 4.1.

Soient A un anneau commutatif unitaire et I un idéal de A. Alors,


1A ∈ I ⇐⇒ I = A.

Corollaire 4.2.

Soit K un corps. Les seul idéaux de K sont {0} et K.

Preuve.
Soit I un idéal de K, si I 6= {0}, alors il existe x ∈ I avec x 6= 0. K est un
corps, alors x ∈ U (K). D’après Lemme4.2 on a I = K. 

6
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 4.2.
1. L’anneau Z est un anneau principal et tout idéal de Z est de la forme nZ, n ∈ N.
En effet, Puisque I est un idéal de Z, alors (I, +) est un sous-groupe
de (Z, +). Donc, il existe n ∈ N tel que I = nZ. Par suite tout idéal
de Z est principal. Or (Z, +, ·) est commutatif et intègre, c’est donc
un anneau principal.
2. Soient a, b ∈ Z et posons pgcd(a, b) = d et ppcm(a, b) = m alors :
(i) (a) + (b) = (d), (ii) (a) ∩ (b) = m et (iii) (a) · (b) = (ab),
Pour montrer (i) : posons I = (a) et J = (b). D’après 1., il existe
n ∈ Z tel que I + J = (n). Puisque, a = a + 0 ∈ I + J et b = 0 + b ∈
I + J, alors il existe α, β ∈ Z tel que a = αn et b = βn, c’est-à-dire,
n divise à la fois a et b. Donc n divise d. De même, d divise à la fois
a et b, donc I = (a) ⊆ d et J = (b) ⊆ d. Ainsi, puisque (d) est un
idéal, alors (n) = I + J = (a) + (b) ⊆ d) et par suite n ∈ (d), i.e.,
d|n. Par conséquent, n = d = pgcd(a, b).

2. (a) On voit facilement que, si I, et J sont deux idéaux d’un anneau A, alors
I · J ⊂ I ∩ J.
Cette inclusion peut être stricte : par exemple, soit I = J = 2Z.
D’après 2.(iii), I ·J = 4Z et I ∩J = I. On voit bien que I ·J ( I ∩J.
(b) Attention ! {xy | x ∈ I et y ∈ J} n’est pat en général un idéal.

Définition 4.4.
Soit A un anneau commutatif et I ( A. On dit que :
- I est un idéal premier si :
∀x, y ∈ A, xy ∈ I =⇒ x ∈ I ou y ∈ I.

- I est un idéal maximal si :


∀J idéal de A, I ⊆ J =⇒ I = J ou J = A

7
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 4.3.

1. (0) est premier si et seulement si A est intègre.


2. Soit I = pZ un idéal Z Alors,
(a) I est premier si, et seulement si , p = 0 ou p est un nombre premier.
(b) I est maximal si, et seulement si , p est un nombre premier.
En effet, (a) Puisque Z est intègre, alors l’idéal (0) est premier. Sup-
posons alors que I = (p) est premier avec p 6= 0 et soient x, y ∈ Z tels
que p|xy. Alors, xy ∈ I et donc x ∈ I ou y ∈ I, car I premier. C’est-
à-dire, p|x ou p|y. Donc p est premier. Réciproquement, supposons que
p est premier. Alors, xy ∈ I implique p|xy. Or p est premier, alors p|x
ou p|y. C’est-à-dire, x ∈ I ou y ∈ I et donc I est premier.
(b) Soit I un idéal maximal de Z, nécessairement, I = pZ, avec p 6= 0.
Soient x, y ∈ Z tel que p|xy. Si p - x et p - y, alors J = I + (x) et
J 0 = I + (y) sont des idéaux de Z contenant strictement I. Comme I
est maximal, alors J = A et J 0 = A, donc ∃u, v, ∈ Z tels que pu+xv = 1
et ∃u0 , v 0 ∈ Z tels que pu0 + xv 0 = 1. D’après le Théorème de Bézout,
on a pgcd(p, x) = 1 et pgcd(p, y) = 1 et donc, pgcd(p, xy) = 1, une
contradiction car p|xy. Nécessairement, p|x ou p|y et par suite p est
premier.
Réciproquement, Supposons que I = pZ avec p un nombre premier. Si
J = nZ est tel que I ( J, alors n|p et n 6= p. Comme p est premier,
alors n = 1 et d’après Corollaire 4.1, on a J = A.

Lemme 4.3.
Soient A, B deux anneaux et ϕ : A → B un homomorphisme d’anneaux.
1. Si J est un idéal de B (d’un type certain), alors ϕ−1 (J) est un idéal dans A
du même type.
En particulier, Ker(ϕ) = ϕ−1 ({0}) est un idéal bilatère de A.
2. Si I est un idéal (d’un certain type) de A, alors ϕ(I) est un idéal (du même
type) dans l’anneau ϕ(A).
3. L’image ϕ(U (A) est un sous-groupe du groupe multiplicatif (U (B, ·).

Preuve. (1) Soit J est un idéal à gauche de B. Soient x, y ∈ ϕ−1 (J) et a ∈ A. Alors ϕ(x) et
ϕ(y) sont dans J et ϕ(a) ∈ B. D’où ϕ(x − y) = ϕ(x) − ϕ(y) ∈ J et ϕ(a)ϕ(x) = ϕ(ax) ∈ J.
Par suite ax ∈ ϕ−1 (J) qui est donc un idéal à gauche de A. Le cas de l’idéal à droite se
fait de la même manière (à droite).
D’autre part, on a Ker(ϕ) 6= ∅ car 0A ∈ Ker(ϕ). Soient alors x, z ∈ Ker(ϕ)
et a ∈ A. Nous avons : ϕ(x) = 0B = ϕ(z) et donc, ϕ(x−z) = ϕ(x)−ϕ(z) =
0B , ϕ(ax) = aϕ(x) = 0B et ϕ(xa) = ϕ(x)a = 0B . C’est-à-dire, x − z, ax et
xa sont dans Ker(ϕ). D’où, Ker(ϕ) est un idéal bilatère de A.

(2) Facile à faire.


8
Module Algèbre 2 L. Izelgue

(3) - On a 1A ∈ U (A) entraîne U (A) 6= ∅.


- Soit x ∈ U (A), alors x−1 ∈ U (A) vérifie xx−1 = 1A . Par suite, ϕ(xx−1 ) = ϕ(1A ) et
ainsi, ϕ(x)ϕ(x−1 ) = ϕ(x)ϕ(x)−1 = 1B . Il en résulte que ϕ(x) ∈ U (B) et ϕ(U (A) ⊆ U (B).
- Maintenant, soit y, y 0 ∈ ϕ(U (A), alors il existent x, x0 ∈ U (A) tels que ϕ(x) = y
et ϕ(x0 ) = y 0 et on a, y 0−1 = ϕ(x0 )−1 = ϕ(x0−1 ). Ainsi, yy 0−1 = ϕ(x)ϕ(x0 )−1 = ϕ(xx0−1 ).
Puisque xx0−1 ∈ U (A), car un groupe, alors ϕ(xx0−1 ) ∈ ϕ(U (A). Par suite ϕ(U (A) est un
sous-groupe de U (B).

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Module Algèbre 2 L. Izelgue

Université Cadi Ayyad Année universitaire 2020/2021


Faculté des Sciences - Semlalia
Département de Mathématiques Filière SMA : Semestre S1

Module : Algèbre 2 par : L. Izelgue


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Chapitre 2 : ANNEAUX ET CORPS

Séance du 18 /12/2020

5. ANNEAUX QUOTIENTS

Soient A un anneau commutatif et I un idéal de A. La relation définie par :


x R y ⇐⇒ x − y ∈ I
est une relation d’équivalence sur A.

Comme I est un sous-groupe du groupe a abélien (A, +), R est bien une
relation d’équivalence (voir cours Groupes 3 - séance du 20/11).
La relation R est compatible avec la loi + et · de A : c’est-à-dire
∀ x, x0 , y, y 0 ∈ A x R x0 et y R y 0 =⇒ (x + y)R(x0 + y 0 ) et xyRx0 y 0 .

En effet, x R x0 ⇒ ∃u ∈ I; x − x0 = u et y R y 0 ⇒
∃v ∈ I; y − y 0 = v. Ainsi, x = x0 + u et y = y 0 + v,, ce
qui donne :
D’une part : (x−x0 )+(y−y 0 ) = (x+y)−(x0 +y 0 ) = u+v ∈
I, car I est un idéal de A. Donc donc x + yRx0 + y 0 .
D’autre part : xy = x0 y 0 + x0 v + uy 0 + uv. Or I est un
idéal de A, alors x0 v ∈ I, uy 0 ∈ I et uv ∈ I. On en
déduit : xy − x0 y 0 = x0 v + uy 0 + uv ∈ I. Par suite on a
aussi, xyRx0 y 0 .

1
Module Algèbre 2 L. Izelgue

l’esemble quotient A/I munit de la loi + définie par :


x + y = x + y, avec x = x + I la classe de x modulo I.
est un groupe Abélien.

En effet, Soient x, y et z ∈ A/I. D’abord on a :


 x + y = y + x et donc + est commutative dans A/I.
 D’autre part,
(x + y) + z = (x + y) + z
= x + (y + z)
= x + (y + z) (car + est associative dans A)
= x + (y + z)
D’où + est associative dans A/I.
 On a aussi x + 0A = x + 0A = x, Donc, 0A = 0A/I et par suite 0A est
l’élément neutre pour la loi + dans A/I.
 x + −x = x + (−x) = x − x = 0A . Donc, −x = −x est le symétrique de
x
Aussi, on peut munir A/I d’une multiplication · définie par :
∀x, y ∈ A/I, x · y = xy
Soient x, y, z ∈ A alors x · y = xy A est commutatif, donc xy =
yx et par suite xy = yx = yx. D’où la loi · est commutative
dans A/I.
D’autre part, (x · y) · z = xy · z = (xy)z. Or (xy)z = x(yz)
car A un anneau, alors (xy)z = x(yz) = x · xy = x · (y · z).
Ainsi (x · y) · z = x · (yz) et la loi · est associative dans A/I.
On a aussi (x + y) · z = (x + y) · z = ·(x + y)z. la multiplica-
tion est distributive par rapport à + dans A, donc (x + y)z =
xz + yz. Ainsi, (x + y)z = xz + yz = xz = yz = x · z + y · z,
et puisque · est commutative dans A/I, alors la loi · est distri-
butive par rapport à + dans A/I,
De plus, 1A · x = x1A = x. Donc 1A = 1A/I est l’élément
neutre de · dans A/I.
Par conséquent, (A/I, +, ·) est un anneau commutatif.

L’anneau (A/I, +, ·) s’appelle l’anneau quotient de A par l’idéal I.


De plus, l’application canonique
s : A −→ A/I, x 7−→ x = x + I
définit un homomorphisme surjectif d’anneaux.

2
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 5.1.

Nous savons que (Z, +, ·) est un anneau commutatif. Soit I un idéal non nul de Z,
puisque I est un sous-groupe de Z, alors il existe n ∈ N∗ tel que I = nZ (voir TD.
Série 1 Exercice 6 - Corrigé(3) Séance du 25/11/20).
La relation R définie par
x R y ⇐⇒ x − y ∈ I ⇐⇒ n divise (x − y).
est une relation d’équivalence appelée relation de congruence modulo n.
L’anneau quotient de Z par I = nZ est Z/nZ. Notons que Z/nZ = {0̄, 1̄, . . . , n − 1},
(notons que Z/0Z = Z).
En effet, Soit x ∈ Z. Par division euclidienne de x par n,
∃ q, r ∈ Z tels que x = nq + r avec 0 ≤ r < n c’est à dire
que r ∈ {0, 1, ..., n − 1}. On en déduit alors que x − r = qn et
donc n divise x − r cela veut dire que x R r et par suite
x = r ∈ {0̄, 1̄, . . . , n − 1}
On peut dresser la table de Z/nZ pour les entiers pas très grand.
Par exemple pour n = 6, on a Z/6Z = {0, 1, 2, 3, 4, 5}.
On écrit seulement les représentants des classes pour rendre l’écriture plus simple.
Les tables d’addition et de multiplication de Z/6Z sont alors comme suit :
+ 0 1 2 3 4 5 · 0 1 2 3 4 5
0 0 1 2 3 4 5 0 0 0 0 0 0 0
1 1 2 3 4 5 0 1 0 1 2 3 4 5
2 2 3 4 5 0 1 2 0 2 4 0 2 4
3 3 4 5 0 1 2 3 0 3 0 3 0 3
4 4 5 0 1 2 3 4 0 4 2 0 4 2
5 5 0 1 2 3 4 5 0 5 4 3 2 1

Explication :
4 + 4 = 8 = 1 × 6 + 2 : On écrit 4 + 4 = 2 dans Z/6Z.
5 + 3 = 8 = 1 × 6 + 2 : On écrit 5 + 4 = 2 dans Z/6Z.
5 × 4 = 20 = 3 × 6 + 2 : On écrit 5 · 4 = 2 dans Z/6Z.
3 × 5 = 15 = 2 × 6 + 3 : On écrit 3 · 5 = 3 dans Z/6Z.

 Une simple vérification sur les deux tables montre que c’est bien une structure
d’anneau commutatif.
 De plus Z/6Z n’est pas intègre car : 3, 2 et 4 sont des diviseurs de zéro.
 Le seul élément nilpotent de Z/6Z est 0.
 U (Z/6Z) = {1, 5}.

3
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Remarque 5.1.

Soit f : A −→ B un homomorphisme d’anneaux. Considérons


la relation d’équivalence : ∀ x, y ∈ A, x R y ⇐⇒ f (x) = f (y).
Alors, x R y ⇔ f (x − y) = 0B ⇔ x − y ∈ Ker(f ).
Comme Ker(f ) est un idéal de A, on peut former l’anneau
quotient A/ Ker(f ).
L’application canonique :
π : A −→ A/ Ker(f ), x 7−→ x̄ = x + Ker(f )
définit un homomorphisme d’anneaux qui est surjectif.

1er Théorème d’isomorphisme


Avec les même notations que dans la remarque précédentes :
Il existe un isomorphisme d’anneaux entre A/ Ker(f ) et Im(f ).

Preuve.
Notons x̄ = x + Ker(f ) la classe de x modulo Ker(f ) et considérons l’application :
ψ : A/ Ker(f ) −→ Im(f )
x̄ 7−→ ψ(x) = f (x)
Alors ψ est un isomorphisme d’anneaux.

Pour le voir , soient x, x0 ∈ A tels que ψ(x) = ψ(x0 ) alors ψ(x−x0 ) = 0B .


Donc x − x0 ∈ Ker(ψ) ; c’est-à-dire x = x0 . Ainsi, ψ est une application
injective bien définie.
De plus, ψ(1A ) = f (1A ) = 1B ∈ Im(f ).
Soient alors x, z ∈ A, on a

ψ(x + z) = ψ(x + z) = f (x + z) = f (x) + f (z) = ψ(x) + ψ(z)

ψ(xz) = ψ(xz) = f (xz) = f (x)f (z) = ψ(x)ψ(z).

Par conséquent, ψ est un homomorphisme injectif qui est aussi surjectif


par construction. C’est donc un isomorphisme.

On dit que A/ Ker(f ) et Im(f ) sont isomorphe et on écrit : A/ Ker(f )' Im(f ). 

La proposition suivante nous donne une caractérisation des idéaux premiers (resp., maxi-
maux ) en utilisant les anneaux quotients :

4
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Proposition 5.1.
Soit A un anneau commutatif non nul, et I idéal de A. Alors :
(a) I est premier si, et seulement si, A/I est intègre.
(b) I est maximal si et seulement si A/I est un corps.

Preuve.
(a) Supposons que I est un idéal premier et soient x, y ∈ A/I. On a
x y = 0 =⇒ xy = 0 =⇒ xy ∈ I.
Or I est premier, alors x ∈ I où y ∈ I, i.e., x = 0 où y = 0. Donc A/I est intègre.
Réciproquement, Supposons que A/I est intègre et soient x, y ∈ A. Alors,
xy ∈ I ⇒ xy = 0 ⇒ x y = 0.
Or A/I intègre, alors x = 0 où y = 0. C’est-à-dire, x ∈ I où y ∈ I. On en déduit
que I es premier.
(b) Supposons que I est maximal. On doit montrer que A/I est un corps, i.e., tout
élément non nul est inversible. Soit alors x ∈ A/I non nul. Alors x ∈
/ I. Posons
J = I + (x) c’est un idéal de A. Puisque I est maximal, alors J = I où J = A.
Comme x ∈ J et x ∈
/ I alors J = A et par suite 1A ∈ J = I + (x). Ainsi, il existe
α ∈ I et a ∈ A tel que 1A = α + ax. D’où, 1A = α + ax = α + a x. C’est à dire,
a x = 1A et donc x ∈ U (A/I).
Réciproquement, supposons que A/I est un corps et soit J un idéal de A avec
I ( J. Alors , il existe x ∈ J avec x ∈
/ I, i.e., x 6= 0 (mod I). Donc x est inversible
dans A/I et par suite, il existe y ∈ A tel que x · y = 1A . Or, x ∈ J et J est un idéal,
donc xy ∈ J et par suite 1A ∈ J. D’après Corollaire 4.1 (voir Séance du 11/12) on
a J = A.


Corollaire 5.1.

Soit A un anneau commutatif. Tout idéal maximal de A est premier.

Preuve.
Soit I idéal maximal de A. Alors A/I est un corps, donc c’est un anneau intègre. D’après
l’assertion (a) de la proposition précédente, I est premier. 
5
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Comme conséquence du corollaire précédent et de Exemple 5.1, pour


tout nombre premier p ∈ Z, on a Z/pZ est un corps (à p éléments).

6. CARACTÉRISTIQUE D’UN ANNEAU

Soit A un anneau commutatif non nul. On vérifie immédiatement que l’application


f : Z −→ A
m 7−→ f(m) = m · 1A
est un homomorphisme d’anneaux.
Le noyau Ker(f), est un idéal de Z, donc il existe n ∈ N tel que Ker(f) = nZ.

- Si n = 0, l’anneau A est dit de caractéristique 0.


- Sinon, on dit que l’anneau A est de caractéristique n > 0, dans ce
cas n est alors le plus petit entiers > 0 tel que n · 1A = 0.
En utilisant le 1er Théorème d’isomorphisme, on a Z/nZ ' Im(f).
Ainsi, si n = 0 on voit que A contient un sous-anneau isomorphe à Z et
donc nécessairement infini.
Si n 6= 0 alors A contient un sous-anneau isomorphe à Z/nZ. Dans ce
cas, il peut être fini ou infini.

Exemple 6.1.

(a) Les anneaux Z, Q, R et C sont tous de caractéristique nulle.


(b) Soit n un entier > 2. La caractéristique de l’anneau Z/nZ est n.
En effet, pour m ∈ N, on voit facilement que
mx = |x + x +{z
... + x} = x
|
+x+
{z
... + x} = mx pour tout x ∈ Z/nZ.
m f ois m f ois
Ainsi, pour tout x ∈ Z/nZ on a nx = nx = n x = 0x = 0x = 0.

Théorème 6.1.
Soit A un anneau commutatif intègre de caractéristique p. Alors ou bien
p = 0, ou bien p est un nombre premier.

6
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Preuve.
Supposons que p > 0 n’est pas premier. Alors il existe m, n ∈ N tels que p = mn, avec
0 < m < p et 0 < n < p . Donc 0 = p · 1A = (mn)1A = (m · 1A )(n · 1A ). Comme A est
intègre, alors m · 1A = 0 o u n · 1A = 0. Une contradiction, car p est le plus petit entier
positif tel que p · 1A = 0. Donc p est un nombre premier. 

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Faculté des Sciences - Semlalia
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Module : Algèbre 2 par : L. Izelgue


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Chapitre 3 :
PLYNÔMES et F FRACTIONS RATIONNELLES
SUR UN CORPS K

Séance du 25 /12/2020

1. Anneau De Polynômes à une Indéterminée sur un corps

Dans cette section, nous introduisons la notion de polynôme à


coefficient dans un un corps commutatif K.
Dans un premier temps, on les définit en tant que suites d’éléments
de K qui sont à supports finis.
En fait, comme on peut le remarquer, c’est juste un simple exercice
pour définir une structure d’anneau commutatif sur l’ensemble des
suites à supports finis.
Dans un deuxième temps, nous traduisons cette étude en langage
d’indéterminée. Ainsi, nous allons simplifier les écritures puis don-
ner quelques résultats utiles.

Soient un corps commutatif K et P = (an )n∈N = (a0 , a1 , ..., an , ...) une suie d’élé-
ments de K.
On dite que P = (an )n∈N est à support fini, si : ∃N ∈ N, tel que ∀ n > N, an = 0
Dans ce cas P = (an )n∈N s’écrit, P = (a0 , a1 , . . . , aN , 0, 0, . . . ).

Notons PK = K (N) l’ensemble des suites, d’éléments de K, à supports finis.

1
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Définition 1.1.
Soit P = (an )n∈N ∈ PK tel que ∃k ∈ N ak 6= 0K .
On appelle degré de P le plus grand entier N ∈ N tel que aN 6= 0.
Si pour tout k ∈ N, ak = 0K , c’est à dire P = (0, 0, ..., 0, ...), on dit
par convention que degré de P est −∞.

On définit une addition et une multiplication dans PK comme suit :


Pour tout P = (an )n∈N et Q = (bn )n∈N dans PK ,
 P + Q = (an + bn )n∈N .
On a P, Q ∈ PK , donc ∃N, M ∈ N tel que an = 0 (resp., bn = 0)
pour tout n > N (resp., n > M ). Par suite, an + bn = 0 pour tout
n > max{N, M }. Ainsi, P + Q ∈ PK .
Pn
 P · Q = (cn )n∈N , avec cn = i=0 ai bn−i .

Dans l’expression de P · Q on a :
n
X N
X NX
+M
cn = ai bn−i = ai bn−i + ai bn−i
i=0 i=0 i=N +1
Or pour n > N + M on a :
N
X
 0 ≤ i ≤ N =⇒ n − i > M =⇒ bn−i = 0. Donc ai bn−i = 0.
i=0
NX
+M
 N + 1 ≤ i ≤ N + M =⇒ ai = 0 =⇒ ai bn−i = 0.
i=N +1
Par conséquent, cn = 0 pour tout n > N + M . D’où P · Q ∈ PK .

Il s’ensuit que + et · sont des lois de composition internes dans PK .

Proposition 1.1.
L’ensemble PK muni des deux lois définies ci-dessus est un anneau commu-
tatif.

Preuve. Il est facile de vérifier que (PK , +) est un groupe abélien :

- On a PK 6= ∅, car la suite nulle (0, 0, . . . ) ∈ PK .


Soient P, Q, R ∈ PK avec P = (an )n∈N et Q = (bn )n∈N et R =
(dn )n∈N alors :
- P + Q = (an + bn )n∈N = (bn + an )n∈N = Q + P .
2
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Donc + est commutative dans PK .

P + (Q + R) = P + (bn + dn )n∈N
= (an + (bn + dn ))n∈N
= ((an + bn ) + dn )n∈N (car + est associtive dans K)
= (an + bn )n∈N + (dn )n∈N
= (P + Q) + R

D’où, + est associative.


Puisque pour tout P = (an )n∈N ∈ PK , on a, P + (0, 0, 0, . . . ) = P .
Alors, 0PK = (0, 0, . . . ) est l’élément neutre pour + dans PK .

- Pour tout P = (an )n∈N ∈ PK , posons −P = (−an )n∈N , alors


P + (−P ) = (an + −an )n∈N = (an − an )n∈N = 0PK . Ainsi, −P est le
symétrique de P .
Il en résulte que (PK , +) est un groupe abélien.

Commutativité de “· ” :
n
X n
X n
X
Posons P ·Q = (cn )n∈N . Alors cn = ai bn−i = bn−i ai = bj an−j .
i=0 i=0 j=0
Ainsi, P · Q = Q · P et la lois “· ”est commutative.

Associativité de “· ” :

Soient P = (an )n∈N , Q = (bn )n∈N et R = (βn )n∈N trois éléments de


PK . Posons Q · R = (dn )n∈N et P · (Q · R) = (αn )n∈N . Pour n > 0.
Nous avons,
n
X n
X n−i
X X
αn = ai dn−i = ai sj bn−i−j = ai bn−i−j βj ,
i=0 i=0 j=0 (i,j)

où la dernière somme porte sur tous les couples (i, j) ∈ N2 tels que
i + j 6 n. On trouve la même chose en calculant de la même façon le
produit de (P · Q) · R. Ainsi, la lois “· ”est associative.

Élément neutre pour “·” :

Pour tout P ∈ PK , on a P · (1, 0, 0, · · · ) = P . et donc, l’élément


neutre de PK pour la lois “·” est 1PK = (1, 0, 0, · · · ).
3
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Distributivité de “·” par rapport à + :


n
X
P · (Q + R) = ( ai (bn−i + dn−i ))n∈N
i=0
Xn n
X
=( ai bn−i )n∈N + ( ai dn−i )n∈N (car (K, +·) corps)
i=0 i=0
= P · Q + P · R)

D’où la lois “·” est distributive par rapport à +.


Finalement, PK est un anneau commutatif.

PK s’appelle : l’anneau de polynômes à coefficients dans K.

Exemple 1.1.
Soient K un corps.
Soient P = (1, 1, 0, 3, 4, 0, 0, ...) et Q = (2, −1, −2, 0, 0, 3, 0, 0, ...) dans PK .
. Si K = R ou K = C, On a :
P + Q = (3, 0, −2, 3, 4, 3, 0, 0, ...)
−P = (−1, −1, 0, −3, −4, 0, 0, ...)
P Q = (2, 1, −3, 4, 5, −7, −5, 0, 9, 12, 0, 0, ...)
. Les mêmes polynômes si K = Z/5Z :
P = (1, 1, 0, 3, 4, 0, 0, ...), −P = (4, 4, 0, 2, 1, 0, 0, ...) et
Q = (2, 4, 3, 0, 0, 3, 0, 0, ...)
P + Q = (3, 0, 3, 3, 4, 0, 0, ...)
P Q = (2, 1, 2, 4, 0, 3, 0, 0, 4, 2, 0, 0, ...) (On réduit les coefficients modulo 5)

D’autre part, pour tout α ∈ K et P = (an )n∈N ∈ PK , on définit αP := (αan )n∈N


et on remarque alors que αP ∈ PK .

En fait, calculer αP , revient à calculer le produit de polynômes


(α, 0, 0, · · · ) · P . D’où l’application injective :

ι : K −→ PK
α 7−→ (α, 0, 0, · · · )

Cette application nous permet d’identifier α ∈ K au polynôme


(α, 0, 0, · · · ) ∈ PK . Ainsi, on peut identifier K a un sous-anneau de
PK . En particulier, 0PK = 0 et 1PK = 1.

4
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Maintenant, posons : Pn = (0, 0, · · · 0, 1, 0, 0, · · · ), avec 1 à la (n + 1)ième


position, pour tout n ∈ N∗ et P0 = (1, 0, 0, · · · ).
N
X
Ainsi, tout élément P = (an )n∈N , s’écrit de façon unique P = an Pn .
n=0
De plus, on vérifie que Pn · Pm = Pn+m , pour tout n, m ∈ N et par suite,
Pn = (P1 )n pour tout n ∈ N∗ et on convient que P0 = (P1 )0 .
N
X M
X
D’autre part, si P = an Pn et Q = bn Pn , on montre que :
n=0 n=0
P = Q si, et seulement si, N = M et an = bn pour tout n, 0 ≤ n ≤ N .

Notons alors : X = P1 = (0, 1, 0, 0, · · · ) et PK = K[X].

Par suite, pour tout n ∈ N, on a Pn = X n . Ainsi, on retrouve


l’écriture classique des polynômes (déjà utiliser en secondaire) :
N
ak X k ,
X
P = (ak )0≤k≤N =
n=0
où N = deg P.

 X est appelé une indéterminée sur K.


 K[X] est appelé l’anneau de polynômes, à une indéterminée, à
coefficients dans K.

D’après ce qui précède :


(1) Pour tout corps commutatif K, K[X] est un anneau commutatif avec 0K[X] =
0 et 1K[X] = 1.
(2) Pour tout élément non nul P ∈ K[X], il existe un unique entier naturel N et
un unique (N + 1)-uplet (a0 , a1 , · · · , aN ) d’éléments de K, appelés les coeffi-
cients de P tels que : P = a0 + a1 X + · · · + aN −1 X N −1 + aN X N et aN 6= 0.

- L’entier N est alors appelé le degré de P . On note : N = deg P .


- L’élément aN est appelé le coefficient dominant de P et il est noté
an = cd(P ).
- L’élément a0 est appelé le terme constant de P .

- Un polynôme P = a0 + a1 X + · · · + aN −1 X N −1 + aN X N est nul si, et seule-


ment si, tous ses coefficients sont nuls :
Pk=N
P = k=0 ak X k = 0 ⇐⇒ ∀ k ∈ {0, 1, ..., N }, ak = 0
- Par convention : deg 0K[X] = −∞ et cd(0) = 0.
n m
ai X i et Q = bi X i deux polynômes non nuls.
X X
(3) Soient P =
i=0 i=0
5
Module Algèbre 2 L. Izelgue

(a) P = Q ⇐⇒ (n = m et ai = bi , ∀ i, 0 ≤ i ≤ n).
max(m,n) m+n k m+n
(ai + bi )X i et P Q = ai bk−i )X k = ck X i ,
X X X X
(b) P + Q = (
i=0 k=0 i=0 k=0
k
X
où ck = ai bk−i , avec 0 ≤ k ≤ n + m.
i=0
(c) On en déduit que :
deg(P + Q) ≤ max(deg(P ), deg(Q)) et deg(P Q) ≤ deg(P ) + deg(Q).
Exemple 1.2.
Reprenons l’exemple précédent avec K = R. Soient
P = (1, 1, 0, 3, 4, 0, 0, ...) ∈ PR et Q = (2, −1, −2, 0, 0, 3, 0, 0, ...) dans PR
Dans R[X] on écrit :
P = 1 + X + 3X 3 + 4X 4 et Q = 2 − X − 2X 2 + 3X 5
−P = −1 − X − 3X 3 − 4X 4
P + Q = 3 − 2X 2 + 3X 3 + 4X 4 + 3X 5
P Q = 2 + X − 3X 2 + 4X 3 + 5X 4 − 7X 5 − 5X 6 + 9X 8 + 12X 9

Proposition 1.2.
Soit K un corps commutatif.
(a) Pour tout P, Q ∈ K[X], on a :
deg(P Q) = deg(P ) + deg(Q) et cd(P Q) = cd(P )cd(Q).
(b) K[X] est un anneau intègre.
(c) L’ensemble des éléments inversibles de K[X] est
U (K[X]) = U (K) = K \ {0}.

Preuve.

(a) Il est claire que si P = 0 ou Q = 0, alors deg(P Q) = deg(P ) + deg(Q) et


cd(P Q) = cd(P )cd(Q).
Supposons alors P 6= 0 et Q 6= 0 avec P = a0 + a1 X + · · · + an X n et Q =
b0 + b1 X + · · · + bm X m et tel que cd(P ) = an 6= 0 et cd(Q) = bm 6= 0. Alors :
P Q = a0 b0 + (a0 b1 + a1 b0 )X + · · · + (an−1 bm + an bm−1 )X n+m−1 + an bm X n+m .
Puisque K est un corps, donc intègre, alors an bm 6= 0, donc cd(P Q) = an bm
et, par suite, deg(P Q) = n + m.

(b) Il résulte de l’assertion (i) que le produit de deux éléments non nuls, de K[X],
reste non nul. Ceci prouve que K[X] est intègre.

(c) Puisque K est un sous-anneau de K[X], nécessairement, U (K) ⊆ U (K[X]).


Pour l’inclusion inverse, considérons P ∈ U (K[X]). Alors, Il existe donc Q ∈
6
Module Algèbre 2 L. Izelgue

K[X] tel que P Q = 1. Nécessairement, P 6= 0 et Q 6= 0. De plus, deg(P ) +


deg(Q) = deg(P Q) = 0 et donc deg(P ) = deg(Q) = 0, c’est-à-dire P ∈ K et
Q ∈ K, et donc l’égalité P Q = 1 implique P ∈ U (K) et Q ∈ U (K). 

Exemple 1.3.

Soient P = X 3 − 3X 2 + 2 et Q = X 2 − X + 2. En pratique on a :
P Q = X 2 P +(−XP )+2P .
Pour être sûre des calculs effectué on procède ainsi :
X 2P = X 5 −3X 4 +2X 2
+
−XP = −X 4 +3X 3 −2X
+
2P = 2X 3 −6x2 +4
5 4 3 2
PQ = X −4X +5X −4X −2X +4

Ainsi, P Q = X 5 − 4X 4 + 5X 3 − 4X 2 − 2X + 4 et P + Q = X 3 − 2X 2 − X + 4.
Dans cet exemple on a deg(P Q) = 5 = deg(P ) + deg(Q)
deg(P + Q) = 3 = max(deg(P ), deg(Q))
cd(P Q) = 1 = cd(P )cd(Q)

Remarque 1.1.

 L’anneau K[X] n’est jamais un corps.


En effet, d’après la proposition précédente,
U (K[X]) = K \ {0} ( K[X] \ {0}
Cela veut dire que ∀ P ∈ K[X], deg(P ) > 0 =⇒ P ∈
/ U (K[X]

Définition 1.2.
Soit P = a0 + a1 X + · · · + ad−1 X d−1 + ad X d ∈ K[X], non nul, le polynôme
dérivé de P est le polynôme noté P 0 défini par :
P 0 = a1 + 2a2 X + · · · + (d − 1)ad−1 X d−2 + dad X d−1 .
Si P = 0, on a P 0 = 0.
Comme dans le cas des fonctions numériques, on notera ensuite P 00 la dérivée
de P 0 , puis P (n) = (P n−1 )0 la dérivée n-ième de P .
 Si P Q ∈ K[X] et α ∈ K. Alors on a :
(P + Q)0 = P 0 + Q0 , (P Q)0 = P 0 Q + P Q0 , et (αP )0 = αP 0

7
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 1.4.

Soient les polynôme : P = X 3 − 3X 2 + 2, Q = X 7 − 2X 5 + X 3 − 2 et


H = X 6 − 2X 5 + X 4 − 2X + 1.
En tant qu’éléments de R[X] :
P = X 3 − 3X 2 + 2 donc P 0 = 3X 2 − 6X
Q = X 7 − 2X 5 + X 3 − 2 donc Q0 = 7X 6 − 10X 4 + 3X 2
H = X 6 − 2X 5 + X 4 − 2X + 1 donc H 0 = 6X 5 − 10X 4 + 4X 3 − 2
En tant qu’éléments de Z/2Z[X]
P = X 3 + X 2 , donc P 0 = 3X 2 + 2X = X 2
Q = X 7 − 2X 5 + X 3 − 2 = X 7 + X 3 , donc Q0 = 7X 6 + 3X 2 = X 6 + X 2
En tant qu’éléments de Z/5Z[X]
P = X 3 − 3X 2 + 2 = X 3 + 2X 2 + 2
D’où, P 0 = 3X 2 + 4X
Q = X 7 − 2X 5 + X 3 − 2 = X 7 + 3X 5 + X 3 + 3.
Donc Q0 = 7X 6 + 15X 4 + 3X 2 = 2X 6 + 3X 2

H = X 6 − 2X 5 + X 4 − 2X + 1
= X 6 + 3X 5 + X 4 + 3X + 1

H 0 = 6X 5 + 15X 4 + 4X 3 + 3
= X 5 + 4X 3 + 3

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Module : Algèbre 2 par : L. Izelgue


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Chapitre 3 :
PLYNÔMES et F FRACTIONS RATIONNELLES
SUR UN CORPS K

3. Arithmetique dans K[X]

Séance du 08 /01/2021

Nous commençons cette séance par le dernier théorème démontré à la fin de la séance
du (02/01/21).

Théorème 3.1. Division euclidienne


Soient K un corps et A, B ∈ K[X] avec B 6= 0. Alors, il existe un unique
couple (Q, R) ∈ K[X] × K[X] tel que : A = BQ + R avec deg(R) < deg(B).

On dit que K[X] est un anneau euclidien.

 Dans le cas R = 0, par convention deg(R) = −∞ et −∞ < n ∀ n ∈ N.

Avec les notations du Théorème précédent, on dit que


 A est le dividende , B est le diviseur.
 Q est le quotient et R le reste de la division euclidienne de A par B.
 Si R = 0 on dit que B divise A.

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Module Algèbre 2 L. Izelgue

Proposition 3.1.

Soit K un corps, l’anneau de polynômes K[X] est principal.

Preuve.
Nous savons déjà que K[X] est un anneau intègre. Il suffit alors de montrer que
chaque idéal de K[X] est principal.
Les idéaux {0} = (0) et K[X] = (1) sont principaux.
Soit alors I un idéal propre de K[X]. On a U (K) = K \ {0} entraîne que I ∩ K =
{0} et I un idéal propre entraîne qu’il existe P ∈ I avec deg P ≥ 1. Par suite
{deg(P ) | P ∈ I, P 6= 0} =
6 ∅.
Soit alors d = inf{deg(P ) | P ∈ I, P 6= 0}, donc il existe D ∈ I tel que deg(D) = d.
On va montrer que I = (D) = DK[X], c’est-à-dire que I est l’idéal principal engendré
par D.
Comme D ∈ I, alors DK[X] ⊆ I (car I un idéal). Pour l’inclusion inverse :
Soit P ∈ I, par la division euclidienne de P par D, il existe Q et R dans K[X]
tels que P = DQ + R, avec deg(R) < deg(D). Puisque P ∈ I et DQ ∈ I alors
P − DQ ∈ I (car(I, +) un groupe), i.e., R ∈ I.
Comme deg(R) < d et d est le plus petit degré que peut avoir un élément
non-nul de I, nécessairement, R = 0 et par suite P = DQ. Donc, P ∈ DK[X]
et I ⊆ DK[X]. D’où l’égalité.

Définition 3.1. Divisibilité


Soient K un corps et A et B deux élément de K[X].
- On dit que B divise A, s’il existe Q ∈ K[X] tel que A = BQ.
On note B|A.
- Si B divise A, on dit alors que B est un diviseur de A ou que A est un
multiple de A.
- Si B divise à la fois A1 et A2 on dit alors que B est un diviseur commun
de A1 et A2 .
- Soient B1 , B2 , A ∈ K[X]. On dit que A est un multiple commun de de B1
et B2 , si est un multiple de B1 et aussi un multiple de B2 ; c’est-à-dire
que B1 |A et aussi B2 |A.
- On dit que A, B ∈ K[X] \ K sont premiers entre eux si A et B n’admettent
pas de diviseurs communs de degré ≥ 1 ; c’est-à-dire, les seuls diviseurs com-
muns à A et B sont les constantes non nulles.

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Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 3.1.

I A = X 3 − 1 On a A = (X − 1)(X 2 + X + 1). Donc,

 B1 = X − 1 et B2 = X 2 + X + 1 sont des diviseurs de A.


 A est un multiple de B1 et aussi un multiple de B2 . Ainsi, A
est un multiple commun de B1 et B2 .
I Soient A1 = X 3 − 1 et A2 = X 2 − 1, alors B = X − 1 est un diviseur
commun de A1 et A2 .
I Soit H ∈ K[X], alors H divise 0, car 0 = 0A. par suite, le polynôme nulle
0 est un multiple de H.
I Soit P un polynôme non nul. Alors, quel que soit λ ∈ K \ {0}, le polynôme
constant λ et le polynôme λP sont des diviseurs de P .

Exemple 3.2.

I Soient les polynôme A = X 2 + 1 et B = X 2 − 1.


 A et B sont premiers entre eux dans R[X] : en effet,
B = (X − 1)(X + 1) et A n’admet pas de racine dans R. Donc les seuls
diviseur communs de A et B sont les constantes non nulles.
 Dans C[X], A = (X − i)(X + i) et B = (X − 1)(X + 1). Ainsi, les seuls
diviseur communs de A et B sont les constantes non nulles. D’où A et
B sont premiers entre eux dans C[X].
 Dans Z/2Z[X], A = (X +1)2 et B = (X +1)2 (car −1 = 1), donc A = B
et par suite, A et B ne sont pas premiers entre eux dans Z/2Z[X].

Rappelons que : z ∈ K est une racine de P ∈ K[X] si, et seulement si, (X − z)


divise P , i.e., il existe Q ∈ K[X] tel que P = (X − z)Q.
Si P ∈ K[X], on note P K[X] := {P Q | Q ∈ K[X]} l’ensemble des multiples de P ,
c’est l’idéal de K[X] engendré par P , on le note hP i.

- Soit P un polynôme non nul. On a P = 1 · P , donc P divise P (ou P est


un multiple de P ). La relation de divisibilité est donc réflexive. On en déduit
immédiatement que l’ensemble des multiples de P contient P .

- Soient A, B et C trois polynômes non nuls. Si A divise B et si B divise C ,


alors A divise C. La relation de divisibilité est donc transitive.
En effet, si A divise B , il existe un polynôme Q tel que B = AQ. De
même, si B divise C, il existe un polynôme Q0 tel que C = BQ0 . Par
suite, C = AQQ0 et donc A divise C.
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Lemme 3.1.

∀ P ∈ R[X], ∀z ∈ C \ R, P̃ (z) = 0 =⇒ P̃ (z̄) = 0.

Démonstration.
Soient P = a0 + a1 X + · · · + an X n ∈ R[X] et z ∈ C \ R. Alors,

P (z) = 0 =⇒ P (z) = 0 = 0
=⇒ a0 + a1 z + · · · + an z n = 0
=⇒ a0 + a1 z + · · · + an z n = 0 (car z1 + z2 = z1 + z2 )
=⇒ a0 + a1 z + · · · + an z n = 0 (car z1 z2 = z1 z2 )
=⇒ a0 + a1 z + · · · + an z n = 0 (car ∀ a ∈ R, a = a)
=⇒ P (z̄) = 0

Définition 3.2.
Soient A, B, P ∈ K[X].
1. On dit que A et B sont associés (ou que B est associé à A) s’il existe λ ∈ K∗
tel que A = λB ( dans ce cas on a B = λ−1 A).
2. On dit que P est irréductible dans K[X], si deg P ≥ 1 tel que : les
seuls diviseurs de P sont les éléments de K∗ et les λP avec λ ∈ K∗ ;
c’est-à-dire : les seuls diviseurs de P sont les éléments de K∗ et les
polynômes associés à P .
C’est équivalent à :
∀ Q, H ∈ K[X], P = QH=⇒Q ∈ K ou H ∈ K.

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Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 3.3.

1. Soit K un corps et P ∈ K[X].


(??) deg(P ) = 1 =⇒ P est irréductible dans K[X].
- Par exemple : P = 2X + 2 est tel que deg(P ) = 1 :
- D’après (??) P est irréductible dans R[X] car R est un corps (noter aussi
que 2 ∈ U (R[X]) = R∗ ).
2. La notion d’irréductibilité est une propriété relative :
En effet, considérons le polynôme Q = X 2 + 1.
- Q n’est pas irréductible dans C[X] :
Q = (X − i)(X + i) avec X + i ∈ / C et X − i ∈/ C.
- Q est est irréductible dans R[X].
- Q est n’est pas irréductible dans (Z/2Z)[X].
En effet, (X + 1)2 = X 2 +2X+1 = X 2 + 1 = (X+1)(X+1),
car 2 ≡ 0 ( mod 2). De plus X + 1 ∈ / (Z/2Z)∗ .
3. Soit P ∈ K[X] avec deg(P ) ≥ 2 et K un corps. Alors
P est irréductible dans K[X] =⇒ P n’a pas de racines dans K.
H
Attention ! : la réciproque est fausse.
Pour le voir, le polynôme P = X 4 +X 3 +2X 2 +X +1 ∈ R[X], n’admet
pas de racines dans R, mais il n’est pas irréductible dans R[X] .
En effet, on a P = (X 2 + 1)(X 2 + X + 1) avec (X 2 + 1) ∈ / R∗ et
2 ∗ 2 2
(X + X + 1) ∈ / R . Donc (X +1) et (X +X +1) ne sont ni inversibles
ni associés à P .

Remarque 3.1.

(1) Pour tout corps K, tout polynômes de degré 1 est irréductibles dans
K[X]. (par un simple argument de degré).
(2) Les éléments irréductibles de C[X] sont les polynômes de degré un.
C’est une conséquence du :

Théorème de d’Alembert-Gauss :
Tout polynôme non nul à coefficients dans C
admet au moins une racine dans C.

(3) Comme conséquence de (2) et du Lemme 3.1, nous avons :


Les éléments irréductibles de R[X] sont :
- les polynômes de degré 1 : de la forme aX + b, a 6= 0.
- les polynômes de degré 2, qui n’ont pas de racine dans R,
de la forme :
aX 2 + bX + c tel que a 6= 0 et ∆ = b2 − 4ac < 0.

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Module Algèbre 2 L. Izelgue

Remarque 3.2.

Ainsi, comme conséquence de la remarque précédente du (Théorème 2.2 (voir :


séance du 02/01/21)), on a :
I Tout P ∈ C[X], de degré n, se décompose :

P = (X − z1 )n1 (X − z2 )n2 · · · (X − zr )nr ,

où zi , i = 1, ..., r, racine de P d’ordre ni avec n1 + n2 + ... + nr = n = deg P .

I Si P ∈ R[X] a pour racines


xi ∈ R de multiplicité αi , i = 1, 2, ..., r et zj ∈ C \ R de multiplicité nj ,
j = 1, 2, ..., s. Alors P se décompose dans R[X] :

P = (X −x1 )α1 · · · (X −xr )αr (X 2 −2Re(z1 )+|z1 |2 )n1 · · · (X 2 −2Re(zs )+|zs |s )ns

On dit que c’est la décomposition de P en élément irréductibles dans R[X].

 PGCD de deux polynômes

Un polynôme P est dit unitaire s’il est non nul et si son coefficient dominant
est égal à 1, c’est-à-dire : P = a0 + a1 X + · · · + an−1 X n−1 + X n .
Remarque 3.3.

Soient K un corps et P et Q ∈ K[X]. On a P K[X] et QK[X] sont deux


idéaux de K[X], par suite leur somme I = P K[X] + QK[X] est un idéal
de K[X].
Puisque K[X] est un anneau principal, alors il existe D ∈ K[X] uni-
taire, tel que I = DK[X].

Définition 3.3.
Avec les notation de la remarque précédente, le polynôme unitaire D tel
que D = P K[X] + QK[X] s’appelle le plus grand commun diviseur de
P et Q. On note D = pgcd(P, Q) ou D = P ∧ Q.

Proposition 3.2.

Soient K un corps et P, Q et D dans K[X] \ {0}. Alors,



D|P et D|Q et
D = pgcd(P, Q) ⇐⇒
∀G ∈ K[X], (G|P et G|Q) =⇒ G|D

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Exemple 3.4.

- pgcd(2X + 2, X2 + 2X + 1) = X + 1.
- Si α ∈ K , pour tout polynôme B on a pgcd(α, B) = 1.
- pgcd(X(X − 1), (X − 1)(X + 2)) = X − 1.
- pgcd(Xp , Xq ) = Xmin(p,q) .

Remarque 3.4.

Soient P, G ∈ K[X] avec P 6= 0 de coefficient dominant a. Alors :


- pgcd(P, G) = pgcd(G, P ).
- pgcd(P, P ) = a1 P .
- Pour tout C ∈ K[X] unitaire, on a pgcd(CP, CG) = Cpgcd(P, G).

Algorithme d’Euclide :

Soient A et B deux polynômes non nuls. Par récurrence, on construit


une suite de polynômes (Rn )n∈N de la façon suivante :
R0 = A, R1 = B, R2 est le reste de la division euclidienne de R0
par R1 , et de proche en proche, tant que Rn 6= 0, Rn+1 est égal au
reste de la division euclidienne de Rn−1 par Rn . On remarque que les
degrés des Rn décroissent, et puisque il sont finis, alors il existe un
entier N tel que RN 6= 0 et RN +1 = 0. Ainsi, pgcd(A, B) = ( b1N )RN ,
où bN est le coefficient dominant de RN .

A = BQ1 + R1 avec deg(R1 ) < deg(B)


B = R1 Q2 + R2 avec deg(R2 ) < deg(R1 )
R1 = R2 Q3 + R3 avec deg(R3 ) < deg(R2 )
...
RN −2 = RN −1 QN + RN avec deg(RN ) < deg(RN −1 )
RN −1 = RN QN +1 + 0

Le pgcd est alors le dernier reste non nul RN (rendu unitaire).

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Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 3.5.

1. Soit P = X 5 + X 3 + X 2 + 1 et Q = X 4 + X 3 + 2X 2 + X + 1.
Calculons pgcd(P, Q). On a :
 X 5 + X 3 + X 2 + 1 = (X − 1)(X 4 + X 3 + 2X 2 + X + 1) + 2X 2 + 2
 X 4 + X 3 + 2X 2 + X + 1 = ( 21 X 2 + 12 X + 12 )(2X 2 + 2) + 0
Le dernier reste non nul étant 2X 2 + 2 = 2(X 2 + 1), on obtient :
pgcd(P, Q) = X2 + 1 (pour le rendre unitaire, on divise par le coefficient
dominant).
2. Appliquons l’algorithme d’Euclide : pour calculer pgcd(X 5 − 1, X 3 − 1).
X 5 − 1 = (X 3 − 1)X 2 + X 2 − 1
X 3 − 1 = (X 2 − 1)X + X − 1
X 2 − 1 = (X − 1)(X + 1) + 0
Le pgcd étant le dernier reste non nul, donc pgcd(X 5 − 1, X 3 − 1) = X − 1.

IIdentité ou relation de de Bézout

Théorème de Bézout : Caractérisation des polynômes premiers entre eux


Soient P, Q ∈ K[X], alors
pgcd(P, Q) = 1 ⇐⇒ ∃ U, V ∈ K[X] tels que P U + QV = 1.

Démonstration. Soient P Q ∈ K[X] tel que pgcd(P, Q) = 1. D’après


ce qui précède, on a 1 ∈= P K[X] + QK[X]. Donc il existe des poly-
nômes U, V ∈ K[X] tels que P U + QV = 1.
Réciproquement, supposons qu’il existe U, V ∈ K[X] tels que P U + QV = 1 et
posons D = pgcd(P, Q). Alors, (D) = (P ) + (Q) = P K[X] + QK. On en déduit
que 1 ∈ (D) et par suite, il existe H ∈ K[X] tel que 1 = DH, c’est-à-dire que
D ∈ U (K[X]) = K∗ . Il en résulte que pgcd(P, Q) = 1. 

Remarquons que pour P , Q ∈ K[X] en posant D = pgcd(P, Q),


on a D ∈ DK[X] = P K[X] + QK[X]. Donc il existe des po-
lynômes U, V ∈ K[X] tels que P U + QV = D. Cependant, la
réciproque est en général fausse.
D’autre part, les polynôme U et V ne sont pas uniques.
En effet, un simple calcul prouve que si U et V vérifient
l’égalité : P U + QV = D, les polynômes U1 = Q + U B et
V1 = P + U B, où B est un polynôme quelconque, vérifient
aussi l’égalité P U1 + QV1 = D.
De plus, il faut remarquer que, dans le cas général, cette
relation ne caractérise pas le pgcd car il en existe une de même
type pour tout multiple de D.

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Module Algèbre 2 L. Izelgue

Théorème de Gauss
Soient P , Q et G trois polynômes de K[X]. alors,
(P | QG et pgcd(P, Q) = 1) =⇒ P | G.

Remarque 3.5.

Soient K un corps de caractéristique nulle et P ∈ K[X]. Si le polynôme


dérivé P 0 est nul, alors P est un polynôme constant, i.e., P ∈ K. Cependant,
ce résultat est faux si Carac(K) = p 6= 0K .
Par exemple : Si p est nombre premier, alors le polynôme P = X p ∈ Z/pZ[X]
est non nul, mais P 0 = pX p−1 = (p1K )X p−1 = 0.

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Module Algèbre 2 L. Izelgue

Université Cadi Ayyad Année universitaire 2020/2021


Faculté des Sciences - Semlalia
Département de Mathématiques Filière SMA : Semestre S1

Module : Algèbre 2 par : L. Izelgue


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Chapitre 3 :
PLYNÔMES et F FRACTIONS RATIONNELLES SUR UN CORPS K

4. FRACTIONS RATIONNELLES : DÉCOMPOSITION EN ÉLÉMENTS SIMPLES

Séance du 15/01/2021

Nous commençons par un théorème sur la division suivant les puissances croissantes, il
est très utile quand on cherche à effectuer la décomposition d’une fraction rationnelle en
éléments simples, qui est le l’objectif de cette section.

Théorème 4.1.
Soit K un corps commutatif, A et B deux polynômes de K[X ] avec B (0) 6= 0
et soit n ¾ 0 un entier fixé. Alors il existe un couple (Qn , Rn ) unique (de
polynômes) vérifiant la double condition :
A = BQn + X n+1 Rn et degQn ¶ n .

On dit qu’on a effectuer la division suivant


les puissances croissantes de A par B à l’ordre n

Démonstration.
É Pour l’existence : on fait une récurrence sur l’entier n ¾ 0.
. Pour n = 0, on note a 0 = A(0) et b0 = B (0), puis on pose Q0 = a 0 /b0 (qui existe puisque
B (0) 6= 0). On constate alors que A − BQ0 = X R0 , par construction le terme constant
est nul.
. Hypothèse de récurrence : Soit n fixé et supposons le théorème vrai pour tous po-
lynômes et tout k ¶ n .
1
Module Algèbre 2 L. Izelgue

. Montrons le résultat pour A et B comme dans l’énoncé et pour l’entier n + 1.


Commençons par effectuer la division suivant les puissances croissantes de A par B
à l’ordre n, ainsi on peut écrire A = BQn + X n+1 Rn (avec degQn ¶ n ), en suite, on
effectue la division suivant les puissances croissantes de Rn par B à l’ordre 0 : ce qui
donne l’existence d’une constante α et d’un polynôme S tels que Rn = B + X S . On
conclut alors que A = BQn + αB X n+1 + X n+2S et donc on peut prendre Qn+1 = Qn +
αX n+1 et Rn+1 = S .
É Pour l’unicité
Supposons qu’on a deux écritures A = BQn + X n+1 Rn et A = B Qn + X n +1 Rn remplis-
sant les conditions degQn ¶ n et deg Qn ¶ n .
Posons alors Qn = Qn − Qn et Rn = Rn − Rn de telle sorte que 0 = B Qn + X n+1 Rn
(obtenue en soustrayant les deux écritures de A) avec en outre la condition degQn ¶
n . Comme on a supposé B (0) 6= 0, X ne divise pas B , donc X n+1 B sont premiers entre
eux. Mais d’après l’identité B Qn = −X n+1 Rn , on a X n+1 divise BQn . Il en résulte que
X n +1 divise Qn (lemme de Gauss) ; vu la condition sur le degré de Qn , ceci entraîne
que Qn = 0. Donc aussi, X n+1 Rn = 0, d’où Rn = 0. Ce qui donne Qn = Qn et Rn = Rn et
ainsi les deux écritures fournies de A sont identiques, d’où l’unicité.


Exemple 4.1.

effectuons la division suivant les puissance croissante de 9+6X +3X 2 par 3+3X +X 2
à l’ordre 2 (L’ordre n indique que l’on s’arrête dès que le reste est divisible par X n +1 ) :

9 +6X +3X 2 3 +3X +X 2


−(9 +9X +3X 2 ) 3 −X +X 2
−3X
−(−3X −3X 2 −X 3 )
3X 2 +X 3
−(3X +3X 3 +X 4 )
2

−2X 3 −X 4
On ne s’arrête que quand l’ordre désiré est atteint.
Ainsi, 9 + 6X + 3X 2 = (3 + 3X + X 2 )(3 − X + X 2 ) + X 3 (−2 − X )
n = 2, Q2 = 3 − X + X 2 et R2 = −2 − X .

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Module Algèbre 2 L. Izelgue

Définition 4.1.
Une fraction rationnelle F sur K est le quotient de deux polynômes P,Q de K [X ],
avec Q 6= 0.
P
On écrit .
Q
P1 P2
Deux couples et sont dits égales si P1Q2 = P2Q1 .
Q1 Q2
P
Une fraction rationnelle est dite irréductible lorsque si les polynômes P et Q n’ont
Q
pas de diviseur commun de degré > 0.
DP P
Soit D ∈ K [X ], alors = .
DQ Q

Toute fraction rationnelle est égale à une fraction rationnelle irréductible (et une
seule à un scalaire multiplicatif près).

P
En effet : Soit F = et posons D = pgcd(P,Q ). Donc il existe
Q
P1 , Q1 ∈ K [X ] tels que P = D P1 et Q = D Q1 avec pgcd(P1 ,Q1 ) = 1.
P D P1
Ainsi = , d’où P D Q1 = Q D P1 .On en déduit que :
Q D Q1
P D Q1 − Q D P1 = 0 = D (P Q1 − Q P1 ). Or K [X ] est intègre, et D 6= 0 alors
P P1 P1
P Q1 = Q P1 , c’est-à-dire, P Q1 = Q P1 et donc = avec une fraction
Q Q1 Q1
P1 P
irréductible. On dit que est la forme réduite de .
Q1 Q
P
§ ª
On note K (X ) := | P,Q ∈ K [X ], Q 6= 0 et on le munit des deux lois + et · définies par :
Q
P2 P1
pour tout F1 = et F2 = deux élément de K (X ),
Q2 Q1
P1 P2 P1Q2 + P2Q1 P1 P2 P1 P2
F1 + F2 =+ = et F1 · F2 = · =
Q1 Q2 Q1Q2 Q1 Q2 Q1Q2
On vérifie facilement que :
Ces deux lois sont associatives et commutatives,
0K (resp., 1K ) est l’élément neutre pour + (resp., ·).
P P −P
Le symétrique de pour la loi + est − = et
Q Q Q
P P P Q
Pour 6= 0, l’inverse de pour la loi · est ( )−1 = .
Q Q Q P
La loi · est distributive par rapport à la loi +.
Ainsi, (K (X ), +, ·) est un corps.
On l’appelle le corps des fractions rationnelles sur K (ou à coefficients dans K )
P
Si F = Q une fraction sous-forme réduite, On appelle racine de F , toute racine de P et on
appelle pôle de F toute racine de Q .
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Module Algèbre 2 L. Izelgue

P
F ∈ K (X ) s’écrit F = alors l’entier deg P −degQ est indépendant de l’écriture de F (sous-
Q
forme irréductible ou non). On l’appelle le degré de F et on écrit deg F = deg P − degQ .
Si F et G sont deux fractions rationnelles alors :
deg(F + G ) ≤ max(deg F, degG ) et deg(F G ) = deg F + degG
P
Si F = ∈ K (X ), alors définit une application, dite fonction rationnelle
Q
F : K \ {poles de F} −→ K
P (x )
x 7−→ F (x ) =
Q (x )
on dit que K \ { pôles de F} est l’ensemble de définition de la fonction rationnelle F .
A
Soit F = ∈ K (X ). Par division euclidienne de A par B , il existe E , R ∈ K [X ], tel que
B
A E B +R R
A = E B + R avec R = 0 ou deg R < deg B . Ainsi, F = = =E + .
B Q B
On appelle le polynôme E la partie entière (ou polynomiale) de F et on note E = [F ]
On montre que si F,G ∈ K (X ) alors [F + G ] = [F ] + [G ]
Lemme 4.1.
A
Soient F = ∈ K (X ) et x0 ∈ K un pôle de F , d’ordre k ≥ 1.
(X − x0 )k Q
A1
Alors il existe avec unicité a k ∈ K et G = ∈ K (X ) tels que x0 un pôle
(X − x0 )k −1Q1
ak
d’ordre k − 1 de G et F = +G .
(X − x0 )k
A(x0 )
De plus, a k = .
Q (x0 )

Démonstration.
A ak A1
si F = = + , alors en multipliant par (X − x0 )k ,
(X − x0 ) Q (X − x0 )
k k (X − x0 )k −1Q1
A A1
on obtient : = a k + (X − x0 ) .
Q Q1
A(x0 )
Donc, en remplaçant X := x0 on trouve ak =
Q (x0 )
ak A ak A − ak Q
Posons G = F − = − =
(X − x0 ) k (X − x0 ) Q (X − x0 )
k k (X − x0 )k Q
A(x0 )
Comme a k = , alors (A − a k Q )(x0 ) = A(x0 ) − a k Q (x0 ) = 0. Donc il existe A 1 ∈ K [X ] tel
Q (x0 )
que A − a k Q = (X − x0 )A 1 .
Ainsi on peut écrire
ak A1
F = +
(X − x0 )k (X − x0 )k −1Q
ce que nous voulions (remarquons qu’on a Q1 = Q ) 

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Module Algèbre 2 L. Izelgue

Théorème 4.2.
A
Soient F = ∈ K (X ) et x0 ∈ K un pôle, de F , d’ordre k ≥ 1.
(X − x0 )k Q
alors il existe un unique (a 1 , . . . , a k ) ∈ K k et une unique G ∈ K (X ) tels que
a1 a2 ak
F = + + ... + +G
X − x0 (X − x0 ) 2 (X − x0 )k
avec x0 non pôle de G .

a1 a2 ak
+ + ... +
X − x0 (X − x0 ) 2 (X − x0 )k
s’appelle la partie polaire de F relative au pôle x0 et a s est le résidu d’ordre s de F
relatif au pôle x0 .

Démonstration. Par récurrence sur k :


Pour k = 0, on prend G = F
Hypothèse de récurrence : Supposons que le théorème soit vrai à l’ordre k −1, et montrons-
le à l’ordre k .
A
Pour cela, soit x0 un pôle d’ordre k de F ; on a donc : F = où A et Q sont des
(X − x0 )k Q
polynômes avec Q (x0 ) 6= 0.
ak A1
D’après le lemme précédent, il existe a k ∈ K unique tel que F = + ,
(X − x0 )k (X − x0 )k −1Q
A1
On applique l’hypothèse de récurrence à F1 = et on obtient
(X − x0 )k −1Q

ak a k −1 a1
F = + + ··· + +G
(X − x0 )k (X − x0 ) k −1 (X − x0 )

avec G ∈ K (X ) et x0 n’est pas un pôle de G . 

5
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 4.2.

X +1
En appliquons le lemme à la fraction F (X ) = on peut écrire :
(X − 1)2 (X 2 + 1)
X +1 a A1 X +1 2
= + . D’après Lemme a = |X =1 = = 1.
(X − 1)2 (X 2 + 1) (X − 1)2 (X − 1)(X 2 + 1) X 2+1 2
Ainsi,
A1 1
=F −
(X − 1)(X 2 + 1) (X − 1)2
(X + 1) − (X 2 + 1)
=
(X − 1)2 (X 2 + 1)
−X 2 + X
=
(X − 1)2 (X 2 + 1)
−X (X − 1)
=
(X − 1)2 (X 2 + 1)
−X
=
(X − 1)(X 2 + 1)
Donc A 1 = −X
−X
En appliquant la même chose avec G = on trouve :
(X − 1)(X 2 + 1)
−X a0 A2 −X 1
= + avec a 0 = | x =1 = −
(X − 1)(X 2 + 1) (X − 1) (X 2 + 1) (X 2 + 1) 2
A2 −X −2 1
−X + 2 (X + 1)
1 2
X −1
donc = − = =
(X + 1) (X − 1)(X + 1) X − 1 (X − 1)(X + 1) X 2 + 1
2 2 2

1 − 21 X −1
Par suite on trouve : F = + +
(X − 1)2 X − 1 X 2 + 1

Théorème 4.3.
Soient K un corps et F ∈ K (X ) une fraction rationnelle. Alors, F peut s’écrire comme
une est somme de ses parties polaires et d’une fraction rationnelle qui n’a pas de pôle
dans K .
Cette écriture s’appelle la décomposition de F en éléments simples de première espèce.
Plus précisément, si
A
F =
(X − x1 ) 1 · · · (X − xp )kp Q
k

B
avec Q ∈ K [X ] et sans racine dans K , alors F = F1 + · · · + Fp + , où
Q
ai 1 ai 2 a i ki
Fi = + + ... + ,
X − xi (X − xi ) 2 (X − xi )ki
avec a i l i ∈ K , est la partie polaire de F relative à xi .

6
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 4.3.

X 2+3
Décomposons en élément simples dans R(X ) la fraction F = .
(X − 1)3
On a 1 est un pôle d’ordre 3 de F .
D’après le théorème ci-dessus, il existes a , b , c ∈ R tel que
c b a
F = + +
X − 1 (X − 1) 2 (X − 1)3
On réduit au même dénominateur dans le second membre et on trouve :

X 2+3 a + b (X − 1) + c (X − 1)2 c X 2 + (b − 2c )X + A − b + c
= =
(x − 1)3 (X − 1)3 (X − 1)3

c = 1

On en déduit que , b − 2c = 0 et par suite, c = 1, b = 2 et a = 4. Ainsi, on


a −b +c =3

obtient :
1 2 4
F = + +
X − 1 (X − 1)2 (X − 1)3

Théorème 4.4.
P
Soient K un corps et F = ∈ K (X ) une fraction rationnelle, avec
Q
deg P < degQ , et supposons que :
Q = (X 2 + a 1 X + b1 )m1 (X 2 + a 2 X + b2 )m2 · · · (X 2 + a k X + bk )mk .

Alors, il existe une décomposition de F unique sous la forme F = F1 + F2 + · · · + Fk avec :

αs 1 X + βs 1 αs 2 X + βs 2 αs m s X + βs m s
Fs = + + ··· + ,
(X 2 + a s X + bs ) (X 2 + a s X + bs )2 (X 2 + a s X + bs )ms
où s = 1, 2, ..., k , et pour i = 1, ..., m s , αs i , βs i ∈ K .
On dit que c’est la décomposition de F en élément simple de deuxième espèce.

7
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 4.4. éléments simples de second espèce

Décomposons en éléments simples, de second espèce, la fraction


2X 4 − 2X 3 + 4X 2 + 3
F = ∈ R(X ).
(X 2 + 1)3

Nous avons deg(2X 4 − 2X 3 + 4X 2 + 3) = 4 et deg(X 2 + 1)3 = 6 par suite la partie


entière de F est nulle. D’après le théorème, on peut écrire d’une façon unique :
α1 X + β1 α2 X + β2 α3 X + β3
F = + +
(X 2 + 1) (X 2 + 1)2 (X 2 + 1)3
On fait la division euclidienne de 2X 4 − 2X 3 + 4X 2 + 3 par X 2 + 1, on trouve
2X 4 − 2X 3 + 4X 2 + 3 = (2X 2 − 2X + 2)(X 2 + 1) + (2X + 1)

En suite, on fait la division euclidienne de (2X 2 − 2X + 2) par X 2 + 1


On trouve : (2X 2 − 2X + 2) = 2(X 2 + 1) − 2X
Finalement, on obtient
2X 4 − 2X 3 + 4X 2 + 3 = (2X 2 − 2X + 2)(X 2 + 1) + (2X + 1)
= (2(X 2 + 1) − 2X )(X 2 + 1) + (2X + 1)
= (2(X 2 + 1)2 −2X (X 2 + 1) + (2X + 1)
C’est à dire, (?) 2X 4 − 2X 3 + 4X 2 + 3 = 2(X 2 + 1)2 −2X (X 2 + 1) + (2X + 1

En divisant par (X 2 + 1)3 dans les deux membre de l’égalité (?) on obtient :

2X 4 − 2X 3 + 4X 2 + 3 2(X 2 + 1)2 −2X (X 2 + 1) + (2X + 1)


=
(X 2 + 1)3 (X 2 + 1)3
2(X 2 + 1)2 −2X (X 2 + 1) 2X + 1
= + +
(X + 1)
2 3 (X + 1)
2 3 (X 2 + 1)3
2 2X 2X + 1
= − +
(X 2 + 1) (X 2 + 1)2 (X 2 + 1)3
2 2X 2X + 1
D’où la décomposition recherchée : F = − +
(X 2 + 1) (X 2 + 1)2 (X 2 + 1)3

8
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 4.5. de C(X ) vers R(X )

X 3 + 2X
décomposons d’abord dans C(X ), puis dans R(X ), la fraction : F = .
(X 2 + 1)2
On a (X 2 +1)2 = (X −i )2 (X +i )2 donc i et −i sont deux pôles double de F . Ainsi, dans
a b a0 b0
C(X ) on peut écrire : F = + + +
(X − i )2 (X − i ) (X + i )2 (X + i )
Ici, en remarquant que −i = i¯ est le conjuguai de i on montre facilement que a 0 = ā
a b ā b̄
et b 0 = b̄ et donc F = + + +
(X − i )2 (X − i ) (X + i )2 (X + i )
X 2 + 2X −i i
on a alors a = (X − i )2 F (X )|X =i = = et donc b = ā = . D’où,
(X + i ) |X =i 4
2 4
−i i
4 b 4 b̄
F = + + +
(X − i )2 (X − i ) (X + i )2 (X + i )
−i i
4 4 b b̄
=( + )+( + )
(X − i )2 (X + i )2 (X − i ) (X + i )
X (b + b̄ )X 3 + i (b − b̄ )X + (b + b̄ )X + i (b − b̄ )
=( )+
(X 2 + 1)2 (X 2 + 1)2
X (b + b̄ )X 3 + i (b − b̄ )X + (b + b̄ )X + i (b − b̄ )
Ainsi, F − ( )= ;
(X 2 + 1)2 (X 2 + 1)2
X3+X (b + b̄ )X 3 + i (b − b̄ )X + (b + b̄ )X + i (b − b̄ )
c’est-à-dire : ( )= .
(X 2 + 1)2 (X 2 + 1)2
D’où, X 3 + X = (b + b̄ )X 3 + i (b − b̄ )X + (b + b̄ )X + i (b − b̄ ).
Ce qui donne b + b̄ = 1 et b − b̄ = 0 et par suite b = b̄ = 21

D’où la décomposition recherchée C(X ) :


−i 1 i 1
4 2 4 2
F = + + +
(X − i )2 (X − i ) (X + i )2 (X + i )
Dans R(X ) : On regroupe les membres conjuguais comme suit :
−i i 1 1
4 4 2 2
F =( + )+( + )
(X − i )2 (X + i )2 (X − i ) (X + i )
( −i4 (X + i )2 ) + 4i (X − i )2 ( 12 (X + i ) + 12 (X − i )
=( +(
(X 2 + 1)2 (X 2 + 1)
X X
= +
(X + 1)
2 2 (X + 1)
2

X X
Ainsi, dans R(X ) on a F = +
(X 2 + 1)2 (X 2 + 1)

9
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Théorème 4.5.
P
Soit F = ∈ R(X ) une fraction rationnelle réelle irréductible. Supposons que le déno-
Q
minateur de F se décompose, en produit de polynômes irréductibles, comme suit :
Q = (X − x1 )k1 · · · (X − xp )kp (X 2 + u 1 X + v1 )m1 · · · (X 2 + u q X + vq )mq .
Alors on peut écrire, sous une unique forme :
F = E (F ) + F1 + · · · + Fp + G1 + · · · + Gq
où E (F ) est la partie entière de F et pour tout i = 1, ..., p et tout s = 1, ..., q ,
ai 1 ai 2 a i ki
Fi = + + ... + et
X − xi (X − xi )2 (X − xi )ki

αs 1 X + βs 1 αs 2 X + βs 2 αs m s X + βs m s
Gs = + + ··· +
(X 2 + u s X + vs ) (X 2 + u s X + vs )2 (X 2 + u s X + vs )ms
avec les coefficient a i ki , u s et vs sont des réels.

Exemple 4.6. pôle avec exposant≥ 2

X 2+1
La décomposition en éléments simples de la fraction F = , dans
(X − 1)3 (X 2 − X + 1)
a b c αX + β
R(X ), est la forme : F = + + +
(X − 1)3 (X − 1)2 (X − 1) (X 2 − X + 1)
Pour déterminer a , b et c , on fait comme suit : On pose Y = X − 1, donc
Y 2 + 2Y + 2
X = Y + 1. En suite on écrit F en fonction de Y : F =
Y 3 (Y 2 + Y + 1)
On fait alors la division suivant les puissances croissantes, à l’ordre 2, de Y 2 + 2Y + 2
par Y 2 + Y + 1.

2 +2Y +Y 2 1 +Y +Y 2
−(2 +2Y +2Y )
2
2 −Y 2
−Y 2
−(−Y 2 −Y 3 −Y 4 )
+Y 3 +Y 4
Ce qui donne : Y 2 + 2Y + 2 = (Y 2 + Y + 1)(−Y 2 + 2) + Y 3 (Y + 1)
On reporte dans l’expression de F (en Y ), et on obtient :
(Y 2 + Y + 1)(−Y 2 + 2) + Y 3 (Y + 1) (Y 2 + Y + 1)(−Y 2 + 2) Y 3 (Y + 1)
F = = +
Y 3 (Y 2 + Y + 1) Y 3 (Y 2 + Y + 1) Y 3 (Y 2 + Y + 1)
(−Y + 2)
2
(Y + 1) −1 2 (Y + 1)
= + = + +
Y 3 (Y + Y + 1) Y
2 Y 3 (Y 2 + Y + 1)

10
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple4.6 (suite)

En suite, on remplace Y = X − 1 et on obtient la décomposition recherchée :


−1 2 X
F (X ) = + +
X − 1 (X − 1)3 (X 2 − X + 1)

Remarquons que : nous avons trouvé les coefficients a , b , et c que nous cher-
chons et en même temps α et β . C’est la force de cette méthode lorsque l’élé-
ment de second espèce se présente avec la puissance 1.

Exemple 4.7. F paire ou impaire

voir page suivante

11
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 4.8. F paire ou impaire

X
Nous voulons décomposer, en éléments simples la fraction F (X ) = .
(X 2 − 1)2
remarquons d’abord que F (−X ) = −F (X ), donc F est impaire.
X
D’autre part, F (X ) = admet −1 et 1 comme pôles doubles.
(X − 1)2 (X + 1)2
La décomposition de F en éléments simples est alors de la forme :
a b c d
F (X ) = + + +
(X − 1)2 (X − 1) (X + 1)2 X + 1
on en déduit,
a b c d
F (−X ) = + + +
(−X − 1)2 (−X − 1) (−X + 1)2 −X + 1
a b c d
= − + −
(X + 1)2 (X + 1) (X − 1)2 X − 1

Or F (−X ) = −F (X ), alors on a :
a b c d −a −b −c −d
− + − = + + +
(X + 1)2 (X + 1) (X − 1)2 X − 1 (X − 1)2 (X − 1) (X + 1)2 X + 1)
Puisque la décomposition est unique, on en déduit que : c = −a et d = b
X 1
On sait que a = (X − 1)2 F (X )|X =1 = = et donc c = − 41 .
(X + 1)2 |X =1 4
1
X 4 b − 14 b
D’où = + + +
(X 2 − 1)2 (X + 1)2 (X + 1) (X − 1)2 X − 1
et donc

1
− 41
  
X b b
‹
4
= + + +
(X 2 − 1)2 (X + 1)2 (X − 1)2 (X + 1) X − 1
4 (X
1
− 1)2 + −1
4 (X + 1)
2
b ((X − 1) + (X + 1))
= +
(X 2 + 1)2 X 2−1
X 2b X
== +
(X − 1)
2 2 X 2−1
2b X
Ce qui donne, = 0 et par suite b = d = 0.
X 2−1
La décomposition de F en éléments simples est donc
1 −1
4 4
F = +
(X − 1)2 (X + 1)2

12
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Université Cadi Ayyad Année universitaire 2020/2021


Faculté des Sciences - Semlalia
Département de Mathématiques Filière SMA : Semestre S1

Module : Algèbre 2 par : L. Izelgue


———————————————————————————————————–

Chapitre 3 :
PLYNÔMES et FRACTIONS RATIONNELLES SUR UN CORPS K

4. FRACTIONS RATIONNELLES : DÉCOMPOSITION EN ÉLÉMENTS SIMPLES


(2)

Séance du 22/01/2021

Dans cette section nous donnons quelque exemples de plus sur la décomposition d’un
fraction rationnelles en éléments simples.
Lemme 4.1.
A
Soient F = B ∈ C(X ) et z ∈ C, avec F irréductible et z un pôle simple de F .
Dans la décomposition de F en éléments simples, on a un terme de la
a A(z )
forme . Alors a = .
X −z B 0 (z )

Démonstration.

z est un pôle simple de F donc une racine simple de B . Donc

B = (X − z )Q avec Q ∈ C[X ] et Q (z ) 6= 0
a
La décomposition en éléments simples de F s’écrit sous la forme : F = +
X −z
H , où H ∈ K (X ) et z n’est pas un pôle de H . On a :
A
= (X − z )F = a + (X − z )H
Q
1
Module Algèbre 2 L. Izelgue

A(z )
On évalue en z et on obtient = a . Or B 0 = Q + (X − z )Q 0 , alors Q (z ) =
Q (z )
A(z )
B 0 (z ) et ainsi, a =
B 0 (z )

Exemple 4.1. Application

Décomposons dans C(X ) la fraction rationnelle F = 1


X n −1 où n ∈ N∗ .
La fraction F est irréductible de degré est strictement négatif. Donc la partie
entière de F est nulle.
Les pôles de F sont simples, ce sont les racines n i m e s de l’unité :
2i k π
ωk = e n , où k ∈ {0, 1, . . . n − 1}.
La décomposition de F est alors de la forme :
n−1
X ak
F = ,
k =0
X − ωk
où pour 0 ≤ k ≤ n − 1, a k ∈ C.
Les pôles de F sont simples, donc la proposition précédente s’applique très
bien, on a alors : F = BA avec A = 1 et B = X n − 1.
On a alors B 0 = n X n−1 et ωk n = 1. Ainsi, pour tout k , 0 ≤ k ≤ n − 1,
1 ωk ωk
ak = = =
n ωkn−1
n ωk n n
n−1
1 X wk
D’où la décomposition : F =
n k =0 X − ωk

2
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 4.2.

8X 2
Décomposons la fraction F = en élément simple dans R(X ).
X 4 + 16
On a F est irréductible de degré strictement négatif. Donc la partie entière de F est
nulle. D’autre part on a :
X 4 + 16 = (X 2 )2 + 42
= (X 2 + 4)2 − 8X 2
p p
= (X 2 + 4 − 8X )(X 2 + 4 + 8X )
p p
= (X 2 − 8X + 4)(X 2 + 8X + 4)

p p
les polynômes X 2 − 8X + 4 et X 2 + 8X + 4 ont pour discriminant
∆ = −8 < 0 et donc ils sont irréductible dans R[X ].
8X 2
D’où, F = p p et elle se décompose donc comme suit :
(X 2 − 8X + 4)(X 2 + 8X + 4)
aX +b c X +d
F = p + p , avec a , b , c , d ∈ R.
(X 2 − 8X + 4) (X 2 + 8X + 4)
On réduit au même dénominateur dans le second membre :
p p
(a X + b )(X 2 + 8X + 4) (c X + d )(X 2 − 8X + 4)
F = p p + p p
(X 2 − 8X + 4)(X 2 + 8X + 4) (X 2 + 8X + 4)(X 2 − 8X + 4)
p p
(a X + b )(X 2 + 8X + 4) + (c X + d )(X 2 − 8X + 4)
=
X 4 + 16
et donc
p p
8X 2 = (a X + b )(X 2 + 8X + 4) + (c X + d )(X 2 − 8X + 4)
p p p p
= (a + c )X 3 + (2a 2 + b − 2c 2 + d )X 2 + (4a + 2b 2 + 4c + 2d 2)X + 4(b + d )

ce qui donne après développement et identification des coefficients :


a +c =0

 p p


2a 2 + b − 2c 2 + d = 8
p p

4a + 2b 2 + 4c + 2d 2 = 0
4b + 4d = 0

la première
 pet la dernière équations donnent : c = −a d = −b
 et p
p
2a 2 + b + 2a 2 − b = 8 4a 2 = 8
D’où p p et par suite p
4a + 2b 2 − 4a − 2b 2 = 0 4b 2 = 0
p p
Ainsi, a = 2, c = − 2 et b = d = 0.
D’où la décomposition de F en éléments simples dans R(X ) :
p p
2X − 2X
F = p + p
(X 2 − 8X + 4) (X 2 + 8X + 4)

3
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 4.3.

X 3 + 5X − 1
Décomposons en éléments simples dans R(X ) la fraction : F = .
X 4 + 6X 2 + 9
Notons que F est irréductible avec deg(X 3 + 5X − 1) = 3 < 4 = deg(X 4 + 6X 2 + 9).
Ainsi, la partie entière de F est nulle. De plus X 4 + 6X 2 + 9 = (X 2 + 3)2 .
X 3 + 5X − 1 X 3 + 5X − 1
Donc F = = n’admet pas les pôle dans R.
X 4 + 6X 2 + 9 (X 2 + 3)2
Par suite la décomposition de F en éléments simples dans R(X ) est de la forme :

aX +b c X +d
F = +
(X + 3 (X 2 + 3)2
2

On réduisant au même dénominateur dans le second membre on obtient :

(a X + b )(X 2 + 3) + c X + d
F = .
(X 2 + 3)2
Ce qui donne :
X 3 + 5X − 1 = (a X + b )(X 2 + 3) + c X + d
= a X 3 + b X 2 + (3a + c )X + 3b + d

a =1



b =0

on en déduit

 3a + c = 5
3b + d = 1

D’où a = 1, b = 0, c = 2 et d = −1
X 2X − 1
Ainsi, F = + est la décomposition cherchée.
(X 2 + 3 (X 2 + 3)2

4
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Exemple 4.4.

Décomposons en éléments simples, dans R(X ), la fraction


3(X 2 + 2)
F (X ) =
(X − 1)3 (X 2 + X + 1)
F est irréductible de degré strictement négatif. Donc la partie
entière de F est nulle. D’autre part, le dénominateur de F est
(X − 1)3 (X 2 + X + 1), avec 1 comme racine d’ordre 3 et X 2 + X + 1
de degré 2 avec ∆ < 0. Donc la décomposition en éléments simples,
dans R(X ), est de la forme :
a b c dX +e
(??) F (X ) = + + + ,
X − 1 (X − 1)2 (X − 1)3 X 2 + X + 1
avec a , b , c , d et e des réels (à déterminer).

En premier lieu, on s’intéresse à la partie polaire associé au pôle 1.


Alors on pose : X − 1 = Y et donc, X = Y + 1.
L’égalité (??) ci-dessus devient alors :

9 + 6Y + 3Y 2 a b c (e + d ) + d Y
= + + + .
Y (3 + 3Y + Y ) Y Y
3 2 2 Y 3 3 + 3Y + Y 2
En multipliant cette égalité par le dénominateur du premier
membre, soit par Y 3 (3 + 3Y + Y 2 , on obtient :

9 + 6Y + 3Y 2 = (c + b Y + a Y 2 )(3 + 3Y + Y 2 ) + (e + d )Y 3 + d Y 4
= (c + b Y + a Y 2 )(3 + 3Y + Y 2 ) + Y 3 ((e + d ) + d Y )
On reconnaît la division suivant les puissances croissantes du po-
lynôme 9 + 6Y + 3Y 2 par le polynôme 3 + 3Y + Y 2 , à l’ordre 2
On peut donc obtenir les valeurs de a , b , c , d et e en effectuant
cette division :

9 +6Y +3Y 2 3 +3Y +Y 2


−(9 +9Y +3Y 2 ) 3 −Y +Y 2
−3T
−(−3Y −3Y 2 −Y 3 )
3Y 2 +Y 3
−(3Y 2 +3Y 3 +Y 4 )
−2Y 3 −Y 4
Le résultat est donc :

5
Module Algèbre 2 L. Izelgue

Le résultat est donc :


9 + 6Y + 3Y 2 = (3 − Y + Y 2 )(3 + 3Y + Y 2 ) − 2Y 3 − Y 4
= (3 − Y + Y 2 )(3 + 3Y + Y 2 ) + Y 3 (−2 − Y )

en reportant dans on obtient :


9 + 6Y + 3Y 2 (3 − Y + Y 2 )(3 + 3Y + Y 2 ) + Y 3 (−2 − Y )
=
Y 3 (3 + 3Y + Y 2 ) Y 3 (3 + 3Y + Y 2 )
(3 − Y + Y )(3 + 3Y + Y 2 )
2
Y 3 (−2 − Y )
= +
Y 3 (3 + 3Y + Y 2 ) Y 3 (3 + 3Y + Y 2 )
(3 − Y + Y )2
(−2 − Y )
= +
Y3 (3 + 3Y + Y 2 )
3 −1 +1 (−2 − Y )
= + + +
Y3 Y2 Y (3 + 3Y + Y 2 )

Remplaçons alors par Y = X − 1, on obtient : (##)


3(X 2 + 2) 1 1 3 X +1
= − + − .
(X − 1) (X + X + 1) X − 1 (X − 1)
3 2 2 (X − 1)3 X +X +1
2

Puisque la décomposition, de F en élément simple est unique, alors en comparant


(??) et (##) on trouve :
a = 1, b = −1, c = 3, d = −1 et e = −1.
C’est la décomposition en éléments simples recherchée.

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