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Loi 25-10

La loi n° 25-10 de 2025 vise à renforcer la lutte contre le blanchiment d'argent en Algérie en remplaçant la loi n° 05-01 de 2005, en réponse aux évolutions technologiques et aux exigences du GAFI. Elle introduit des nouveautés telles que l'élargissement du champ d'application, le renforcement des sanctions, et l'obligation d'identification du bénéficiaire effectif. Ce rapport analyse les implications de cette loi pour Algérie Poste et son Service de lutte contre le blanchiment d'argent.

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Loi 25-10

La loi n° 25-10 de 2025 vise à renforcer la lutte contre le blanchiment d'argent en Algérie en remplaçant la loi n° 05-01 de 2005, en réponse aux évolutions technologiques et aux exigences du GAFI. Elle introduit des nouveautés telles que l'élargissement du champ d'application, le renforcement des sanctions, et l'obligation d'identification du bénéficiaire effectif. Ce rapport analyse les implications de cette loi pour Algérie Poste et son Service de lutte contre le blanchiment d'argent.

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Analyse de la loi n° 25-10 de 2025 à la

lumière des missions du Service de lutte


contre le blanchiment d'argent au sein
d'Algérie Poste
Préparé par :Katia Zahali
Stagiaire au sein du Service de de la Direction centrale des marchés

Analyse de la loi 25-10 à la lumière des missions


d’Algérie Poste

Problématique : Dans quelle mesure la loi 25-10 permet-elle de renforcer


l’efficacité d’Algérie Poste dans la lutte contre le blanchiment d’argent ?

1
Axes principaux :

1. Présentation générale de la loi 05-01 et ses limites.


2. Raisons ayant motivé l’adoption de la loi 25-10.
3. Principales nouveautés juridiques et opérationnelles.
4. Dispositions supprimées ou modifiées.
5. Perspectives futures et application pratique au sein d’Algérie Poste.
6. Conclusion analytique et recommandations.

Introduction

Face à l’amplification des menaces liées à la criminalité financière à l’échelle nationale et internationale, ainsi
qu’à la sophistication croissante des réseaux de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme, la loi n°
25-10 du 24 juillet 2025 est venue poser un nouveau cadre juridique pour renforcer le dispositif national dans ce
domaine.

Cette loi constitue une réforme en profondeur de la loi n° 05-01 de 2005, et répond à l’évolution des
technologies financières, à la diversification des risques, et aux nouvelles exigences posées par le Groupe
d’action financière (GAFI / FATF).

Ce rapport vise à proposer une lecture analytique des principales nouveautés introduites par la loi 25-10, en
mettant un accent particulier sur leur application concrète au sein d’Algérie Poste, notamment au niveau du
Service de lutte contre le blanchiment d’argent, à travers l’étude des mécanismes, des missions, et des défis de
mise en œuvre.

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Axe 1 : Présentation générale de la loi 05-01 et ses limites

La loi n° 05-01 du 6 février 2005 constitue le premier cadre juridique global adopté par l’Algérie pour
lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Cette loi a marqué une étape
importante dans l’intégration des principes internationaux de transparence financière, en introduisant
des obligations de vigilance, de déclaration des opérations suspectes, et de coopération entre les
institutions financières et les autoritéscompétentes, notamment la Cellule de Traitement du
Renseignement Financier (CTRF).

Cependant, malgré son importance historique, la mise en œuvre de la loi 05-01 a révélé de nombreuses
limites :

- Elle ne prenait pas en compte l’évolution rapide des techniques de blanchiment, notamment via les
nouvelles technologies.
- Plusieurs professions exposées n’étaient pas incluses dans le champ d’application (ex. : avocats, agents
immobiliers).
- Le concept de bénéficiaire effectif n’était pas suffisamment encadré.
- Les sanctions prévues étaient jugées peu dissuasives face à la gravité des infractions.
- La coopération internationale était encore limitée, avec des mécanismes d’échange d’informations peu
efficaces.

Ces constats ont conduit à une remise en question du dispositif existant et ont préparé le terrain à
l’adoption de la nouvelle loi 25-10 en 2025, qui vise à combler ces lacunes et à répondre aux exigences
des standards internationaux actualisés

Axe 2 : Raisons ayant motivé l’adoption de la loi 25-10


L’adoption de la loi n° 25-10 en 2025 résulte d’un ensemble de facteurs juridiques, institutionnels et
technologiques qui ont mis en évidence les limites du dispositif précédent. Plusieurs évolutions
majeures ont rendu cette réforme incontournable :

1. Adaptation aux nouvelles recommandations du GAFI (FATF)

Le Groupe d’action financière (GAFI) "Groupe d’Action Financière" FATF – Financial Action Task
Force. met régulièrement à jour ses recommandations en matière de lutte contre le blanchiment
d’argent et le financement du terrorisme. L’Algérie, en tant que pays évalué, devait adapter sa législation
pour rester conforme aux exigences internationales et éviter d’être inscrite sur les listes grises ou noires.
3
2. Évolution des techniques de blanchiment d’argent

Les méthodes utilisées par les criminels financiers se sont complexifiées, notamment avec l’émergence
des cryptomonnaies, des actifs virtuels, des transactions transfrontalières numériques, ainsi que le
recours à des structures juridiques opaques (sociétés écrans, trusts…).

3. Lacunes identifiées dans la loi 05-01

Des failles structurelles ont été relevées dans l’ancien cadre juridique, comme :

• L’exclusion de certaines professions non financières mais vulnérables (notaires, agent s


immobiliers…).
• L’insuffisance des mécanismes d’identification du bénéficiaire effectif.
• Le manque de clarté dans les obligations de vigilance et de déclaration.

4. Faible efficacité du cadre de coopération internationale

La coopération judiciaire et financière avec les institutions étrangères était encore limitée, freinant la
traque des flux illicites à l’étranger et le gel des avoirs criminels dans le cadre d’actions transnationales .

5. Besoin de renforcer les sanctions et élargir le champ de surveillance

La nécessité d’imposer des sanctions plus lourdes, d’élargir le champ d’application de la loi aux
organisations à but non lucratif et aux personnes politiquement exposées (PEP) s’est imposée, afin de
couvrir l’ensemble des risques.

Axe 3 : Les principales nouveautés introduites par la loi 25-10


La loi n° 25-10 de 2025 représente une réforme majeure qui modernise et renforce le dispositif national
de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Elle introduit plusieurs
nouveautés significatives, tant sur le plan juridique qu’opérationnel, en alignement avec les standards
du GAFI.

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1. Élargissement du champ d’application

• Inclusion de nouvelles professions non financières.


• Prise en compte des organisations à but non lucratif.
• Intégration explicite des personnes politiquement exposées (PEP) dans les obligations de
vigilance.

2. Renforcement du concept de bénéficiaire effectif

• Obligation d’identification systématique du véritable détenteur du pouvoir économique derrière


toute structure juridique.
• Mise en place de registres centralisés consultables par les autorités.

3. Renforcement des sanctions

• Sanctions administratives et pénales plus sévères contre les contrevenants, y compris les
institutions qui négligent leurs obligations de conformité.
• Introduction de peines spécifiques pour les actes intentionnels de non-déclaration ou de
complicité.

4. Déclaration plus rigoureuse des opérations suspectes

• Clarification des seuils et des critères de déclaration auprès de la CTRF.


• Obligation de formation du personnel en matière de détection des signaux d’alerte.

5. Introduction d’outils technologiques

• Encouragement à la numérisation des systèmes de contrôle internes.


• Promotion de l’utilisation d’outils de surveillance algorithmique pour détecter les comportements
anormaux.

6. Renforcement de la coopération nationale et internationale

• Formalisation des mécanismes d’échange d’informations entre autorités nationales.


• Ouverture vers une coopération plus étroite avec les unités de renseignement financier
étrangères.

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Axe 4 : Dispositions abrogées ou modifiées par la loi 25-10
La loi n° 25-10 de 2025 ne s’est pas contentée d’ajouter de nouvelles mesures ; elle a également révisé
ou abrogé certaines dispositions de la loi 05-01 afin d’assurer une meilleure cohérence, efficacité et
conformité aux normes internationales.

1. Suppression des seuils de déclaration rigides

• Dans la loi 05-01, certaines opérations n’étaient soumises à déclaration qu’au-delà de seuils
fixes.
• La loi 25-10 privilégie désormais une approche fondée sur les risques, où toute opération
suspecte peut être signalée indépendamment de son montant.

2. Révision du rôle des institutions concernées

• Réorganisation du cadre institutionnel pour clarifier les responsabilités entre la CTRF, les
autorités judiciaires, les organismes de contrôle et les professions réglementées.
• Plus grande exigence envers les institutions financières et non financières en matière de
gouvernance interne et reporting.

3. Abrogation de certaines exemptions

• La loi 05-01 prévoyait des cas d’exemption ou de tolérance pour certaines professions ou
opérations.
• Ces exceptions ont été supprimées ou strictement encadrées dans le nouveau texte, afin de
réduire les angles morts réglementaires.

4. Modification de la définition du blanchiment d’argent

• La définition a été élargie pour inclure les nouvelles formes de blanchiment liées aux actifs
numériques, technologies décentralisées, ou encore opérations en ligne.

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🔸 5. Renforcement des obligations de conservation des données

• Alors que la loi 05-01 prévoyait des délais de conservation parfois courts ou imprécis, la loi 25-10
impose une durée minimale claire et harmonisée pour l’archivage des données clients et des
opérations.

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