0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
15 vues58 pages

02 - Reduction Des Risques de Catastrophes

Le document présente la politique de la DG ECHO sur la réduction des risques de catastrophes (RRC) dans le cadre de l'aide humanitaire, soulignant son importance pour préserver la vie et renforcer la résilience des communautés touchées. Il aborde les principes directeurs de la DG ECHO, tels que l'approche multirisques et centrée sur les personnes, et décrit comment la RRC est intégrée dans la programmation humanitaire. Enfin, il souligne la nécessité d'une coopération entre acteurs humanitaires et de développement pour une réponse efficace aux crises.

Transféré par

wilson.jean.2022
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
15 vues58 pages

02 - Reduction Des Risques de Catastrophes

Le document présente la politique de la DG ECHO sur la réduction des risques de catastrophes (RRC) dans le cadre de l'aide humanitaire, soulignant son importance pour préserver la vie et renforcer la résilience des communautés touchées. Il aborde les principes directeurs de la DG ECHO, tels que l'approche multirisques et centrée sur les personnes, et décrit comment la RRC est intégrée dans la programmation humanitaire. Enfin, il souligne la nécessité d'une coopération entre acteurs humanitaires et de développement pour une réponse efficace aux crises.

Transféré par

wilson.jean.2022
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

DG ECHO Politique thématique n° 5

Réduction des risques de catastrophes


Renforcer la résilience en réduisant
les risques de catastrophes dans
l’action humanitaire
Septembre 2013

Aide humanitaire
et Protection
civile
DG ECHO - Politiques thématiques

N°1 : Assistance alimentaire : de l’aide alimentaire à


l’assistance alimentaire
N°2 : Eau, assainissement et hygiène (WASH) :
répondre au défi de besoins humanitaires en
augmentation rapide
N°3 : Espèces et bons d’achat : augmenter l’efficience
et l’efficacité dans tous les secteurs
N°4 : Nutrition : répondre à la sous-nutrition en
situation d’urgence
N°5 : Réduction des risques de catastrophes :
renforcer la résilience en réduisant les risques
de catastrophes dans l’action humanitaire
N°6 : Genre : adapter l’assistance à des besoins différents
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
1

Table des matières


Introduction 2

1 Politique 3
1.1 Introduction 4
1.2 Contexte 5
1.3 Politique de l’UE en matière de RRC 6
1.4 La réduction des risques de catastrophes
dans la stratégie humanitaire de la DG ECHO 9

2 La programmation de la RRC
dans le cadre de l’action humanitaire 10
2.1 Introduction 10
2.1.1 Programmation : niveaux et phases 10
2.1.2 RRC intégrée et ciblée 10
2.2 Priorisation et critères 11
2.3 Évaluation des besoins et des risques 13
2.4 Conception et mise en œuvre 16
2.4.1 Durabilité, reproduction et expansion 16
2.4.2 Complémentarité, coordination et partenariats 16
2.4.3 Plaidoyer 17
2.4.4 Renforcement des capacités 20
2.5 Suivi, évaluation et leçons apprises 21

3 Considérations opérationnelles 23
3.1 Introduction 23
3.2 RRC et assistance alimentaire 24
3.3 RRC et santé 26
3.4 RRC et nutrition 29
3.5 RRC et éducation 31
3.6 RRC et abris 33
3.7 RRC et WASH 36
3.8 Protection et questions transversales en matière de RRC 38
3.9 Les sous-secteurs de la RRC/préparation aux catastrophes 40
3.9.1 Composantes de gestion locale des catastrophes 41
3.9.2 Liens institutionnels et information (plaidoyer) 42
3.9.3 Information, Éducation, Communication 43
3.9.4 Services et infrastructure à petite échelle 44
3.9.5 Constitution de stocks d’urgence et de matériels de secours 44
3.9.6 Protection des moyens de subsistance et des moyens économiques 44
3.10 La RRC dans différents contextes 45
3.10.1 La RRC dans le cadre des catastrophes à évolution lente 45
3.10.2 La RRC en milieu urbain 47
3.10.3 La RRC en situation de crises complexes 48

4 Annexes 50
4.1 Acronymes 50
4.2 Terminologie 51
4.3 Tableau d’orientation en matière de plaidoyer 52
4.4 Indicateurs 53
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
2

Introduction
Ce document a pour but de présenter la politique, les
priorités, les approches et les pratiques de la DG ECHO
Encadré 1 : Terminologie en matière de réduction des risques de catastrophes
(RRC). Il ne cherche pas à fournir des recommandations
Pour une plus grande cohérence terminologique, techniques détaillées sur la RRC, celles-ci étant
la DG ECHO suit les définitions SIPC 2009 sauf disponibles dans la documentation spécialisée existante.
indication contraire. Voici les principaux termes :

Ce document s’adresse à différents publics dont :


Réduction des risques de catastrophes
(RRC): Concept et pratique de la réduction des • le personnel de la DG ECHO et d’autres services de
risques de catastrophes grâce à des efforts pour la Commission européenne ;
analyser et gérer leurs causes, notamment par • les partenaires chargés de la mise en œuvre, et
une réduction de l’exposition aux risques qui
permet de réduire la vulnérabilité des personnes
• d’autres acteurs souhaitant mieux comprendre les
et des biens, la gestion rationnelle des terres et priorités et la portée de l’assistance de la DG ECHO
de l’environnement ainsi que l’amélioration de la dans le domaine de la RRC.
préparation aux événements indésirables.
Aléa : Phénomène dangereux, substance, ac- Telle que présentée dans ce document, la RRC s’applique
tivité humaine ou condition pouvant causer à tous les contextes de catastrophes, y compris les
des pertes de vies humaines, des blessures ou conflits.
d’autres effets sur la santé, des dommages aux Le document, subdivisé en trois sections, propose des
biens, des pertes de moyens de subsistance ressources et des outils supplémentaires en Annexe.
et de services, des perturbations socio-écono-
miques ou des dommages à l’environnement.
Risque : Combinaison de la probabilité d’un • La première section présente le cadre politique qui
événement et de ses conséquences négatives. oriente l’assistance de la DG ECHO en matière de
Résilience: Capacité d’un système, d’une com- RRC dans toutes ses interventions.
munauté ou d’une société exposée aux risques à • La seconde section explique comment la DG
résister, absorber, accueillir et corriger les effets ECHO programme son assistance pour la RRC, en
d’un danger, en temps opportun et de manière suivant les principales orientations du cycle de
efficace, notamment par la préservation et la programmation : identification, formulation, mise
restauration de ses structures essentielles et de en œuvre, suivi, évaluation et leçons apprises.
ses fonctions de base.
État de préparation : Connaissances et ca-
• La troisième section inclut des considérations
pacités développées par les gouvernements,
d’ordre opérationnel pour les acteurs les plus
les professionnels d’intervention et autres orga- concernés par le financement de la DG ECHO en ce
nisations concernées, les communautés et les qui concerne la mise en œuvre de la RRC.
individus, de manière à anticiper efficacement,
à réagir et à récupérer des impacts probables, Dans la mesure du possible, ce document utilise les
imminents ou en cours. définitions et la terminologie fournies par la Stratégie
Mesure d’atténuation : Réduction ou limita- Internationale de Prévention des Catastrophes (SIPC)
tion de l’impact négatif des aléas et des catas- des Nations Unies.
trophes.
Prévention: Ensemble d’activités permettant
d’éviter complètement l’impact négatif des
aléas et de minimiser les catastrophes environ-
nementales, technologiques et biologiques qui
leur sont associées.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
3

1. Politique
En matière de RRC, la DG ECHO applique les principes directeurs suivants :

Principes directeurs pour les actions de la DG ECHO en matière de RRC :

1. La RRC est une composante essentielle de l’impératif humanitaire.

La DG ECHO soutient la RRC comme faisant partie intégrante de l’action humanitaire


destinée à préserver la vie, à prévenir et à soulager les souffrances, à défendre la
dignité et à renforcer la résilience dans des pays et des communautés frappés par
une catastrophe. Son soutien de la RRC témoigne de son engagement en faveur
des bonnes pratiques de l’aide humanitaire ainsi que de la solidarité européenne
vis-à-vis de toutes les populations à risque.

2. Tout en ciblant les risques naturels, la DG ECHO adopte une


approche multirisques.

Dans ses efforts de RRC, la DG ECHO cherche avant tout à renforcer la résilience
face aux chocs déclenchés par un aléa naturel. Elle préconise et plaide pour
une approche multirisques intégrale. La RRC soutient également l’adaptation au
changement climatique.

3. La DG ECHO défend une approche de RRC centrée sur les personnes.

Les personnes qui courent les plus grands risques sont au centre de toutes les
activités de RRC de la DG ECHO qui s’attache tout particulièrement à promouvoir
l’équité de genre et une participation pleine et entière des groupes vulnérables, y
compris les garçons et les filles, les personnes âgées, les personnes handicapées et
d’autres groupes marginalisés. En adoptant cette approche, la DG ECHO reconnaît la
nécessité de s’engager avec les parties prenantes en tant qu’acteurs du changement
à tous les niveaux (international, national et local).

4. La DG ECHO exige des programmes basés sur une analyse des


risques.

Toutes les actions humanitaires soutenues par la DG ECHO doivent être conçues
sur la base d’une évaluation des risques et être mises en œuvre de façon à réduire
ces risques.

5. La DG ECHO cherche à établir des complémentarités et des


partenariats dans son action de RRC.

La DG ECHO est proactive vis-à-vis d’autres services de la Commission, des États


membres, des partenaires et des bailleurs afin de coordonner les engagements
visant à renforcer la RRC et sa contribution à la résilience. La DG ECHO reconnaît
notamment le lien étroit entre réponse d’urgence, relèvement et développement.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
4

1.1 Introduction
La politique de la DG ECHO en termes de réduction des risques de catastrophes vise à :


• maximiser l’efficacité, l’efficience et la pertinence
Des millions de personnes des mesures de RRC financées par la DG ECHO ;
• renforcer la capacité de la DG ECHO à répondre
sont régulièrement touchées par rapidement à de nouvelles crises humanitaires ;
des aléas comme la sécheresse, les • veiller à une plus grande cohérence des décisions
inondations, l’activité volcanique, les prises par la DG ECHO ;
glissements de terrain, les cyclones, • améliorer la cohérence avec d’autres politiques
de la DG ECHO ;
les séismes, les tsunamis et les
• informer les partenaires et autres acteurs
incendies de forêt. intéressés de la politique de la DG ECHO en
matière de RRC.

Cette section a pour objectif de fournir des orientations à différentes audiences, dont :
• les équipes de la DG ECHO ;
• les partenaires de la DG ECHO (les organisations non-gouvernementales, le
Mouvement de la Croix-Rouge/ Croissant Rouge, les agences des Nations Unies,
et d’autres organisations internationales) ;
• d’autres départements (DG) et Services de la Commission européenne ;
• les États membres de l’Union européenne.

D’autres bailleurs et acteurs concernés par la RRC y trouveront également des


informations utiles.

Schéma 1 : Nombre croissant d’aléas climatiques enregistrés (1980-2011)


R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
5

1.2 Contexte
Des millions de personnes sont régulièrement touchées par des aléas comme
la sécheresse, les inondations, l’activité volcanique, les glissements de terrain,
les cyclones, les séismes, les tsunamis et les incendies de forêt. La fréquence
de ces aléas augmente d’ailleurs, comme illustré dans le Schéma 1 ci-après.


Leur impact est aggravé par la
pauvreté, l’augmentation de la densité Si nous voulons que notre
des populations, une urbanisation
accélérée et incontrôlée, la dégradation assistance soit efficace et efficiente, il ne
de l’environnement et le changement s’agit pas juste de panser la plaie, nous
climatique.
devons aider à trouver un traitement.
Une bonne nouvelle toutefois : il a été Ceci nécessite une vision partagée
largement démontré que l’impact de des communautés humanitaires et de
ces phénomènes sur les vies et sur les
biens, ainsi que les besoins en aide développement, ainsi qu’un engagement
humanitaire qui en découlent, peuvent commun à agir.
être atténués par des investissements
modestes mais efficaces en termes de Commissaire Kristalina Georgieva – Communiqué de
RRC. presse:”L’UE place la résilience au centre de son action de
lutte contre la faim et la pauvreté’ (Octobre 2012)
La DG ECHO, depuis de nombreuses
années, a réalisé d’importants efforts innovants en matière de RRC, notamment
avec son programme phare de préparation aux catastrophes DIPECHO (Disaster
Preparedness ECHO). Les investissements de la DG ECHO en RRC ont beaucoup
augmenté cette dernière décennie, tant en termes de montants que du nombre
d’actions financées. Après une phase initiale se concentrant sur des projets
pilotes potentiellement réplicables à plus grande échelle dans le cadre d’une
approche de gestion des risques de catastrophes au niveau communautaire,
la DG ECHO a élaboré une approche plus exhaustive axée sur les personnes,
incluant un engagement avec les institutions à tous les niveaux.

Dans le soutien apporté à la RRC, la DG ECHO s’est inspirée des principes


généraux énoncés dans le Règlement Humanitaire de l’Union Européenne et
les communications qui ont suivi sur la réduction des risques des catastrophes.
La DG ECHO a reconnu la nécessité d’élaborer une politique claire et
spécifique reposant sur une analyse objective des données complétée par une
programmation et des orientations opérationnelles.

Ceci nécessitera une coopération étroite entre les acteurs humanitaires et de


développement, une coordination adéquate des programmes d’urgence et de
développement ainsi que la juste combinaison des réponses à court, moyen et
long terme.

La réduction des risques de catastrophes et le concept plus large de la résilience


sont étroitement liés. « Renforcer la résilience des nations et des communautés
face aux catastrophes » est au cœur du cadre d’action de Hyogo (2005-2015)
et sera essentiel pour le débat et les engagements dans le cadre post-2015 de
la réduction des risques de catastrophes.

La DG ECHO a joué un rôle important en soutenant ces priorités, en mettant


en œuvre les principes directeurs et en fournissant les moyens pratiques pour
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
6

accroître la résilience dans le cadre de son mandat humanitaire, tel qu’établi


dans le Règlement sur l’aide humanitaire.

L’approche de la RRC a consisté avant tout à soutenir des stratégies qui donnent
à des communautés et institutions locales la capacité de se préparer, de réduire
l’impact et de répondre à des catastrophes déclenchées par les aléas natu-
rels. Cette approche, mise en œuvre par l’intermédiaire d’un grand nombre de
partenaires (Nations Unies, Mouvement international de la Croix-Rouge et du
Croissant-Rouge, ONG et autres) a montré qu’elle permettait de sauver des vies
et d’atténuer les souffrances humaines.

“ La réponse locale aux crises 1.3 Politique de l’UE en matière de


RRC
et la réduction des risques de
catastrophe, y compris les opérations L’engagement de l’Union européenne en fa-
veur de la réduction des risques de catas-
de préparation et de relèvement, sont trophes est exprimé dans deux documents
également essentielles si l’on veut politiques clés : le Consensus européen pour
sauver des vies et permettre aux le développement (2005)1 et le Consensus
européen sur l’aide humanitaire (2007)2.
populations concernées d’accroître
leur capacité de résilience face La Commission a élaboré une approche ex-
aux catastrophes. Les activités de haustive et intégrée sur la réduction des
risques de catastrophes, à la fois au sein
renforcement des capacités visant de l’Union européenne et dans les pays en
à prévenir les catastrophes, à en développement. Le 23 février 2009, la Com-
mission a adopté la Communication « Stra-
atténuer les conséquences et à tégie de l’Union européenne pour le soutien
améliorer la réponse humanitaire apporté à la réduction des risques de catas-
font également partie de l’aide trophes dans les pays en développement »3,
parallèlement à la Communication sur une
humanitaire de l’UE. « Approche communautaire de la prévention


des catastrophes naturelles ou d’origine hu-
maine » traitant des risques de catastrophes
L’UE est déterminée à au sein de l’UE4. Ce cadre politique a été
promouvoir la réduction des risques ensuite complété par la Communication sur
de catastrophe et la préparation la résilience d’octobre 2012 (voir Encadré 2
ci-dessous).
aux catastrophes dans les pays en
développement à travers une action La stratégie de l’UE soutient une réduction
cohérente et coordonnée aux niveaux des risques de catastrophes par le biais de
la coopération au développement et de l’aide
local, national et régional. humanitaire. Elle promeut une approche
intégrée de la gestion des catastrophes
Consensus européen sur l’aide humanitaire – constituée par des mesures de prévention,
paragraphes 9 & 75 d’atténuation des risques et de préparation

1 - Voir paragraphes 22 et 51 du Consensus européen pour le développement (2005).


2 - Voir paragraphes 9, 75, 76 et 90 du Consensus européen sur l’aide humanitaire (2007).
3 - Commission européenne, Communication sur la stratégie de l’Union européenne pour le soutien apporté à la réduction des
risques de catastrophes dans les pays en développement, COM (2009)84.
4 - Commission européenne, Communication sur une approche communautaire de la prévention des catastrophes naturelles ou
d’origine humaine, COM (2009)82. Les conclusions du Conseil ont été adoptées le 30 novembre 2009.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
7

Encadré 2 : L’approche de l’Union européenne sur la résilience


Voir la Communication de la Commission au Parlement des actions à court terme préparent le terrain pour des
européen et au Conseil - COM (2012) 586 final interventions à moyen et long terme.
Pour l’Action Extérieure de l’UE, la résilience est la 5 La flexibilité sera d’une importance capitale
capacité d’une personne physique, d’un ménage, d’une pour répondre aux besoins des pays touchés
communauté, d’un pays ou d’une région à résister, à par une catastrophe. La Commission continuera de
s’adapter et à récupérer rapidement à la suite de crises garantir une flexibilité maximale dans la mise en œuvre
et de chocs. de ses programmes humanitaires. En ce qui concerne le
L’UE recherche une stratégie de résilience commune à financement du développement, la Commission s’efforcera,
l’aide humanitaire et au développement favorisant une en période de crises imprévues et de catastrophes
approche efficace et diversifiée, maximisant les avantages majeures, de faire preuve d’une flexibilité maximale dans
comparatifs, renforçant la capacité pour l’engagement la mobilisation de fonds non programmés. Elle introduira
sur le long terme, conformément au programme de en outre de la flexibilité dans la conception du programme
résilience adopté et mené à l’échelle nationale, à l’aide de pour permettre une action rapide et en temps voulu.
financements flexibles, en améliorant les évaluations des L’UE envisagera le recours à des fonds fiduciaires pour
risques et les financements, ainsi qu’en développant des intervenir dans des situations d’urgence ou postérieures à
mécanismes de financement innovants. la phase d’urgence.
Principes directeurs fixés dans la Communication sur la
6 Dans ses efforts pour améliorer la résilience des États
fragiles ou touchés par des conflits, l’UE adoptera une
résilience :
approche qui traitera également des aspects de
1 La résilience ne peut se développer qu’à partir de sécurité et de leur incidence sur la vulnérabilité des
la base. L’UE fonde par conséquent son approche de la populations. Cette approche inclura un dialogue politique
résilience sur une reconnaissance explicite du rôle moteur actif avec les pays et les organisations partenaires de la
joué par les pays partenaires. Elle alignera son soutien sur région concernée.
les politiques et les priorités des pays partenaires, dans le
7 L’UE s’efforcera de reproduire des initiatives
respect des principes établis sur l’efficacité de l’aide. existantes telles que SHARE et AGIR, ainsi que des
2 Les actions visant à renforcer la résilience projets couronnés de succès en matière de réduction des
doivent être fondées sur des méthodes fiables risques de catastrophe. Elle partagera et échangera des
d’évaluation des risques et de la vulnérabilité. Ces enseignements avec ses partenaires afin de multiplier
évaluations devraient servir de base à l’élaboration de et de renforcer les approches réussies dans le but de
stratégies nationales de résilience, ainsi qu’à la conception les intégrer dans des stratégies nationales de résilience.
de projets et de programmes spécifiques. L’UE soutiendra La Commission examinera régulièrement les progrès
l’élaboration de stratégies nationales de résilience dans accomplis dans les programmes de résilience, en étant
le cadre de stratégies de développement plus larges. Elle particulièrement attentive à la programmation, aux
s’emploiera, avec les pays partenaires et les principaux méthodologies et aux résultats.
acteurs internationaux, à améliorer les méthodes 8 L’UE entend promouvoir des approches innovantes
d’élaboration des évaluations sous-tendant ces stratégies. en matière de gestion des risques. La collaboration
Afin d’en garantir l’efficacité, l’UE mettra également en avec les industries de l’assurance et de la réassurance est
place un cadre permettant de mesurer l’impact et les une voie particulièrement prometteuse. La Commission
résultats de son soutien à la résilience. présentera, au début de l’année 2013, un livre vert sur le
3 Dans les pays confrontés à des crises récurrentes, rôle de l’assurance en matière de gestion des catastrophes.
le renforcement de la résilience constituera un 9 En ce qui concerne les pays confrontés à des crises
objectif central de l’aide extérieure de l’UE. Les récurrentes, l’UE travaillera avec les gouvernements
programmes financés par l’UE se fonderont sur une hôtes, les autres bailleurs, les organisations régionales
appréciation opérationnelle commune élaborée par les et internationales ainsi que d’autres acteurs pour créer
acteurs humanitaires et du développement, couvrant des au niveau national des plateformes permettant de
interventions à moyen et à long terme. Ils mettront l’accent garantir l’échange d’informations en temps opportun et la
sur les causes sous-jacentes des crises, notamment par un coordination d’actions humanitaires et de développement
soutien aux activités de prévention et de préparation. L’UE à court, moyen et long terme, de manière à renforcer la
travaillera en étroite collaboration avec les pays partenaires résilience.
afin de mettre en place les capacités nécessaires pour 10 L’UE encouragera la résilience dans les forums
élaborer et mettre en œuvre des stratégies et des plans internationaux, dont le G8, le G20, le comité de la
de gestion de la réduction des risques de catastrophes aux sécurité alimentaire mondiale (CSA), les conventions de
niveaux national et régional. Rio, le processus de révision des objectifs du millénaire
4 La Commission inclura systématiquement la pour le développement, l’élaboration d’objectifs de
résilience en tant qu’élément constitutif de ses développement durable et les discussions sur le suivi du
plans de mise en œuvre humanitaire. Elle s’attèlera cadre d’action de Hyogo pour 2005-2015. La résilience
en outre à une programmation conjointe des actions sera présentée comme un thème clé dans le cadre de ses
liées à la résilience dans son aide humanitaire et son partenariats avec des organisations telles que la FAO, le
aide au développement, de manière à assurer une FIDA et le PAM, ainsi que le SIPC/ONU, la Banque mondiale
complémentarité maximale et à faire en sorte que et les organisations de la société civile..
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
8

ayant toutes la même importance dans le cadre de sa réponse. Dans les pays
en développement, l’UE soutient les objectifs stratégiques suivants5:
• Intégration d’éléments de RRC dans leurs politiques et plans de
développement ;
• Réduction plus efficace du risque de catastrophes par le biais d’actions
ciblées de prévention, d’atténuation et de préparation aux catastrophes ;
• Intégration plus efficace des considérations de RRC dans les politiques de
développement et d’aide humanitaire de l’UE.

D’un point de vue pratique, la stratégie de l’UE :


• Définit les responsabilités des services de la Commission et des États
membres ;
• Positionne la stratégie de l’UE par rapport au cadre d’action de Hyogo
(2005-2015) « Pour des nations et des collectivités résilientes face aux
catastrophes »,6 et 7
• Promeut une coopération plus efficace entre les acteurs humanitaires et de
développement au sein de l’UE.

Tous les pays en développement sont couverts par la Stratégie, une attention
particulière étant accordée aux régions susceptibles d’être touchées par des
catastrophes, ainsi qu’aux pays et groupes les moins avancés et les plus vul-
nérables. Les catastrophes prises en compte sont celles causées aussi bien par
les risques naturels que technologiques. La Stratégie s’attache à la fois aux
catastrophes à évolution lente et à déclenchement rapide, à grande échelle ou
localisées mais survenant fréquemment.

L’UE apporte de plus tout son soutien aux engagements pris à Busan lors du
Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide (2011) qui reconnaît l’importance
du partenariat pour le renforcement de la résilience et la réduction de la vul-
nérabilité parmi les populations et sociétés très exposées. Le document qui en
résulte1 réaffirme que « l’investissement dans la résilience et la réduction des
risques augmente la valeur et la durabilité des efforts de développement », d’où
l’efficacité de l’aide. Deux points supplémentaires sont soulignés :
• « Les pays en développement prendront l’initiative en intégrant la résilience
aux chocs et les mesures de gestion de catastrophes dans leurs propres
politiques et stratégies.
• En réponse aux besoins exprimés par les pays en développement, nous uni-
rons nos efforts pour investir, à l’intention des communautés à risque, dans
des infrastructures et des systèmes de protection sociale de nature à ac-
croître la résistance aux chocs. De plus, nous accroîtrons les ressources et
renforcerons les outils de planification et les compétences en rapport avec
la gestion des catastrophes à l’échelon national et régional. »

5 - Commission européenne, Communication sur la stratégie de l’Union européenne pour le soutien apporté à la réduction des
risques de catastrophes dans les pays en développement, COM (2009)84.
6 - Cadre d’action de Hyogo.
7 - Le Consensus européen sur l’aide humanitaire (2007) déclare au paragraphe 75 « […] l’UE encouragera les efforts déployés
à l’échelle internationale dans le cadre d’action de Hyogo et œuvrera en faveur du rôle de coordination joué par la stratégie
internationale de prévention des catastrophes, de manière à renforcer les capacités de réaction à tous les niveaux par le biais de
programmations et d’actions stratégiques ».
8 - Voir le site de l’OCDE.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
9

1.4 La réduction des risques de catastrophes


dans la stratégie humanitaire de la DG ECHO Encadré 3 : La DG ECHO
et l’adaptation au
Le Règlement n° 1257/96 du Conseil du 20 juin 1996 pose changement climatique
les bases pour le mandat de la DG ECHO quant à la réduction
des risques de catastrophes. L’Article 1 stipule que « l’aide La DG ECHO utilisera la RRC comme
humanitaire comporte aussi des actions de préparation approche principale afin de contribuer
préalable aux risques ainsi que des actions de prévention de au développement des capacités
catastrophes ou circonstances exceptionnelles comparables ». d’adaptation. Les partenaires devront
veiller à ce que leurs efforts en matière
Les principaux objectifs de l’engagement de la DG ECHO en de RRC tiennent compte des effets et de
l’impact actuels, et futurs, du changement
RRC sont les suivants :
climatique.
• Limiter les pertes de vies dues à des catastrophes liées à
des aléas naturels ; Le groupe intergouvernemental sur
l’évolution du climat (GIEC ou IPCC
• Sauvegarder et protéger les moyens de subsistance et les en anglais) définit l’adaptation au
biens matériels ; changement climatique comme
• Contribuer à réduire les besoins d’assistance humanitaire ; « l’ajustement des systèmes naturels
• Encourager la reproduction et l’expansion de mesures de ou humains en réponse à des stimuli
climatiques présents ou futurs ou à leurs
RRC par les acteurs du développement ;
effets, afin d’atténuer les effets néfastes
• Promouvoir l’intégration systématique de la RRC à tous les ou d’exploiter les opportunités bénéfiques.
niveaux par les bailleurs, les gouvernements et les autres On distingue divers types d’adaptation,
acteurs concernés. notamment l’adaptation anticipée ou
réactive, l’adaptation publique et privée,
et l’adaptation autonome et planifiée. »
Le Consensus européen sur l’aide humanitaire (2007) soutient (IPCC TAR, 2001 a).
les principes « Ne pas nuire » (« Do No Harm ») et « Reconstruire
en mieux » (« Building Back Better »). L’approche « Ne pas nuire » Le Rapport spécial SREX 2012 du GIEC,
représente une exigence minimum pour l’action humanitaire intitulé Gestion des risques extrêmes et
des catastrophes, confirme que la plupart
et cherche à garantir que l’action mise en œuvre n’ait pas
des mesures actuellement appliquées
de conséquences négatives imprévues. Quant à l’approche pour gérer les risques existants et futurs
« Reconstruire en mieux », elle nécessite une analyse des ont également un effet positif dans la
risques et l’application de mesures de RRC efficaces. gestion du changement climatique. Ce
rapport qualifie les mesures en RRC
L’action de la DG ECHO en matière de RRC s’est avant tout comme «mesures à faible regret», ce
distinguée ces quinze dernières années par sa capacité qui signifie qu’elles représentent un bon
à atteindre des populations vulnérables au niveau investissement en tant que telles et
communautaire, tout en tenant compte des insuffisances au qu’elles ont du sens face à une gamme
niveau régional ou national, et en s’y attaquant si nécessaire. de scénarios climatiques futurs.
Elle est reconnue comme une contribution majeure à l’approche
actuelle de la réduction des risques de catastrophes.

En 2010, la DG ECHO a réuni la Protection civile et l’Aide humanitaire. Il s’agissait


en effet d’améliorer la coordination et la réponse à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE.
Dans la mesure où le mandat de Protection civile couvre divers aspects de la réduction
des risques9 et de la préparation,10 des synergies existent dans le cadre des actions à
l’extérieur de l’UE, notamment en termes de RRC.

9 - Y compris la création d’un inventaire des informations sur les catastrophes, le partage des meilleures pratiques, l’élaboration de
lignes directrices sur l’évaluation des risques et leur cartographie, la promotion d’activités de recherche, le développement de stratégies
de formation, etc.
10 - Y compris des modules, des programmes de formation, des exercices, des échanges d’experts et des projets de coopération.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
10

2. La programmation de
la rrc dans le cadre de
l’action humanitaire
2.1 Introduction
2.1.1 Programmation : niveaux et phases

Pour la programmation de ses activités, la DG ECHO adopte une vision à moyen et


long terme, en tenant compte de multiples aspects. Elle tient notamment compte
des cycles de programmation et de planification de ses partenaires clés, comme la
Coopération au Développement de la Commission. La RRC doit être prise en compte
à chaque étape de cette planification et de cette programmation.


L’intégration de la RRC devra être envisagée
La RRC doit être prise en compte à tous les niveaux : global, régional, national
lors de toutes les phases du cycle de ainsi qu’au niveau des projets/programmes
planification. à mettre en œuvre. Les lignes stratégiques
de la programmation et planification sont
élaborées sur la base d’approches descendantes comme ascendantes impliquant
tous les niveaux, et incorporées dans la stratégie opérationnelle annuelle de la DG
ECHO. Les actions de Protection civile sont couvertes par un programme d’activités
annuel distinct.

Les informations opérationnelles sont fournies par les plans de mise en œuvre
humanitaire (‘Humanitarian Implementation Plans’ - HIP) élaborés pour chaque
pays ou chaque crise et susceptibles d’être complétés par des recommandations
opérationnelles. Ces plans représentent l’outil de référence pour les actions
humanitaires relevant de décisions prises à l’échelle mondiale et seront de plus en
plus utilisés pour promouvoir, en tenant compte du contexte, l’intégration de la RRC
dans l’action humanitaire.

La RRC doit être prise en compte lors de toutes les phases du cycle de planification,
y compris :
• L’évaluation initiale et l’analyse des besoins
• La conception du projet/programme
• La mise en œuvre
• Le suivi et l’évaluation
• Les leçons apprises.

2.1.2 RRC intégrée et ciblée

La DG ECHO soutient la RRC dans deux domaines principaux : la RRC intégrée et la RRC
ciblée.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
11

La RRC intégrée signifie que toutes les interventions doivent être basées sur une analyse
des risques. L’analyse et la conception du projet doivent être fondées sur une évaluation
des risques et l’intervention doit chercher à réduire les risques immédiats et futurs. Cela
peut impliquer l’introduction de mesures visant à protéger les interventions des risques
potentiels (par exemple, mettre les points d’eau hors de portée des inondations) ou à
garantir que les interventions réduisent les risques pour les personnes (en intégrant par
exemple une protection adéquate des abris contre l’incendie). Les résultats/activités
de la RRC peuvent être inclus(es) dans les réponses sectorielles comme, par exemple,
l’inclusion d’un système de surveillance dans un projet de réponse aux épidémies.

La RRC ciblée signifie que toutes les interventions doivent être basées sur une analyse
des risques. L’analyse et la conception du projet doivent être fondées sur une évaluation
des risques et l’intervention doit chercher à réduire les risques immédiats et futurs. Cela
peut impliquer l’introduction de mesures visant à protéger les interventions des risques
potentiels (par exemple, mettre les points d’eau hors de portée des inondations) ou à
garantir que les interventions réduisent les risques pour les personnes (en intégrant par
exemple une protection adéquate des abris contre l’incendie). Les résultats/activités
de la RRC peuvent être inclus(es) dans les réponses sectorielles comme, par exemple,
l’inclusion d’un système de surveillance dans un projet de réponse aux épidémies.

Le schéma ci-après (Schéma 2) illustre les formes de soutien de la DG ECHO en


termes de RRC :

Schéma 2 : APPROCHE DE RÉDUCTION DES RISQUES DE


CATASTROPHE DE LA DG ECHO

TOUTE INTERVENTION HUMANITAIRE


DOIT ETRE FONDEE SUR UNE ANALYSE
DES RISQUES

RRC CIBLÉE RRC INTÉGRÉE


mesures « autonomes » dans l’action humanitaire

Ex. : Systèmes d’alerte précoce, projet • Réduction directe du risque pour


communautaire de préparation aux les personnes et les biens ;
catastrophes, plaidoyer pour la RRC, • Actions « de mise à l’épreuve
développement des capacités de des risques », pour les protéger
réponse des partenaires, etc. d’aléas futurs.

2.2 Priorisation et critères


Afin d’optimiser l’utilisation des ressources disponibles, la DG ECHO doit choisir parmi
les actions à soutenir, ce qui demande une priorisation. Celle-ci sera assurée en toute
transparence, de manière systématique, en fonction de critères clairement définis et
approuvés, impliquant un dialogue avec les partenaires et les autres acteurs concernés
à tous les niveaux.

Parmi les critères généraux pour toute intervention humanitaire, citons :


R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
12

Schéma illustrant les 7 étapes :


Étude de cas 1 :
Priorisation participative

Double Approche: descendante et ascendante


Document
(Amérique centrale) RÉGIONAL
7
Atelier
Depuis 2004, la DG ECHO, ses parte- RÉGIONAL
naires et les dispositifs nationaux 6
chargés de la réduction des risques de
catastrophes en Amérique centrale ont Document
mené des actions destinées à identifier
5 NATIONAL
et à classer par ordre prioritaire les zones Atelier
les plus exposées aux risques pour une 4 NaTional
intervention urgente.
Consultation
Ces efforts ont permis d’organiser un 3 sectorielle
processus de consultation participatif
Atelier
à différents niveaux, mené par les dis- 2 Territorial
positifs nationaux. Les parties prenantes
peuvent ainsi définir les priorités en
termes de RRC et coordonner les efforts
1 ConsultaTION MunicipalE
sur la base d’une analyse exhaustive des
risques, y compris des aléas, vulnérabil-
ités, et plus récemment, des capacités. • Une évaluation approfondie des besoins et des risques ;
Ce processus consultatif commence • L’impact probable de l’intervention sur les risques
par le niveau municipal, à l’aide d’une « immédiats et futurs ;
Matrice d’indicateurs », qui est un instru- • L’engagement institutionnel du partenaire et sa capacité
ment approuvé par les pays d’Amérique opérationnelle dans la gestion des risques, ainsi que les
centrale pour évaluer les capacités compétences techniques requises pour les différents
de réponse et l’état de préparation au
secteurs d’intervention.
niveau local. En 2011, ce processus a été
appliqué dans 250 des municipalités les
plus exposées de la région par les dis- Pour une RRC intégrée, la priorisation des mesures de réduction
positifs nationaux et leurs partenaires. de risques sera alignée sur les priorités de l’intervention
Les informations recueillies donnent une humanitaire. De même, les priorités de l’intervention tiendront
idée des capacités existantes dans le compte de l’analyse des risques.
pays et des besoins les plus urgents dans
des domaines spécifiques de la RRC.
Pour une RRC ciblée, la priorisation aura lieu au niveau
Le processus consultatif est alors stratégique, du programme et du projet à l’aide des critères
appliqué à d’autres niveaux, départe-
suivants et ce, selon leur pertinence :
mental, sectoriel et national, culminant
par un exercice régional. Le résultat de • Une évaluation des besoins et des risques au niveau
ce processus est la production de docu- mondial;
ments d’analyse de risques aux niveaux • Le niveau de risque pour les vies et les moyens de
national et régional constituant une subsistance des personnes ;
base de la stratégie de la DG ECHO mais
également utiles et utilisés par tous les
• Les capacités et l’engagement des principaux acteurs :
acteurs de la région. organisations régionales et locales, institutions et
gouvernements ;
Ce processus participatif se caractérise
par le fait qu’il a été jugé aussi impor-
• La capacité organisationnelle de la DG ECHO et de ses
tant, si ce n’est plus important encore, partenaires opérationnels ;
que le produit même. Ce processus a • La valeur ajoutée de la DG ECHO ;
donné l’occasion à chaque niveau de • La probabilité que les approches ascendantes (bottom-up)
comprendre les défis et les priorités au niveau communautaire ou local soient complétées et
majeurs en matière de RRC, et d’en tenir
soutenues par des approches descendantes (top-down)
compte d’une façon unique et intégrée.
aux niveaux national ou régional ;
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
13

• L’intervention fait ou a de fortes chances de faire partie


d’une approche programmatique avec une stratégie de
sortie claire ; Encadré 4 : États fragiles
• Dans certains cas, la DG ECHO peut apporter un soutien « Il est essentiel que les acteurs interna-
afin de conserver une présence dans des zones à haut tionaux aient une bonne connaissance
risque où aucune réponse n’est en cours face à une du contexte propre à chaque pays et
catastrophe. qu’ils élaborent une vision commune de
la démarche stratégique à adopter.
Pour les programmes ou les projets bénéficiant déjà de Il est particulièrement important de
financements, les décisions de poursuivre ces financements tenir compte des différentes contraintes
seront prises sur une base similaire à celle des nouvelles existant en matière de capacité, de
interventions, à l’aide des critères ci-dessus. En outre, pour volonté politique et de légitimité, et
décider de poursuivre ou de mettre fin à son soutien, la DG ECHO des différences entre : (i) les situations
tiendra compte des progrès réalisés au niveau de la résilience d’après conflit/crise ou de transition
des communautés à l’aide des critères suivants : politique ; (ii) la détérioration des con-
ditions générales de gouvernance ; (iii)
• Les progrès sont notables et seront certainement l’amélioration progressive des condi-
maintenus sans soutien additionnel ; tions et ; (iv) les situations d’impasse ou
• Il y a peu de progrès, et il y a peu de chances que cette de crise prolongée.
situation change dans un avenir proche ; Une analyse politique solide s’impose
• Le montant des financements disponibles. pour pouvoir adapter les interventions
internationales au contexte national et
régional, en allant au-delà de l’examen
des indicateurs quantitatifs relatifs
2.3 Évaluation des besoins et des risques aux conflits, à la gouvernance ou à la
capacité des institutions.
Pour la DG ECHO, toutes les interventions humanitaires
qu’elle soutient doivent être fondées sur une évaluation Les acteurs internationaux doivent
solide des besoins. L’évaluation des besoins inclura une
11 assortir et ordonner leurs instruments
d’aide en fonction du contexte et éviter
évaluation des risques, définie par le SIPC des Nations Unies
les approches normalisées. »
comme la combinaison de la probabilité d’un événement et de
ses conséquences négatives. Le niveau de risque est lié aux Principes pour l’engagement international
dans les États fragiles (2007) - Principe 1
facteurs suivants :
• l’aléa : probabilité, fréquence, intensité, alerte et impact
probable, et
• les vulnérabilités et capacités des personnes et des communautés affectées.

L’évaluation des risques12 doit permettre de mieux comprendre :


• la portée, l’impact et l’importance relative de tous les risques majeurs affectant
la population ;
• la façon dont la communauté hiérarchise les risques auxquels elle fait face ;
• les groupes potentiellement les plus exposés, et la manière dont ils sont affectés
par les risques.
L’évaluation doit tenir compte du fait que le niveau de risque, ainsi que la perception
qu’en ont les groupes, peuvent être différents. Une approche participative de
l’analyse des risques, impliquant différents acteurs, peut donner des informations
utiles sur le niveau d’exposition des personnes et sur la façon de réduire tel ou tel
risque.

11 - En cas de nécessité d’intervention urgente, la DG ECHO accepte que cette évaluation soit rapide et sommaire.
12 - Voir le document de travail des services de la Commission : « Évaluation des risques et lignes directrices de cartographie pour
la gestion des catastrophes » (Risk Assessment and Mapping Guidelines for Disaster Management, SEC (2010) 1626 final). Ce
document a pour objet principal l’amélioration de la cohérence des évaluations de risques réalisées dans les États membres à un
niveau national. Toutefois, les orientations et recommandations vont au-delà des frontières de l’UE.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
14

Étude de cas 2 : Des centaines de vies sauvées


grâce à une intervention dûment informée des
risques (Bolivie)
La Paz est une ville de 1,6 million d’habitants où 70 % des maisons sont
construites dans des zones exposées aux inondations et aux glissements de
terrain, aléas majeurs pour un grand nombre de personnes. Afin d’apporter une
réponse appropriée à ces aléas, la municipalité a lancé avec le soutien d’Oxfam
Grande Bretagne un projet d’élaboration de cartes des risques et un système de
surveillance des aléas géodynamiques.
Fin 2010, cette surveillance des risques a permis de déterminer à l’avance
l’imminence d’un glissement de terrain à grande échelle dans l’une les zones
les plus vulnérables de la ville. Oxfam GB a alors obtenu de la DG ECHO un
financement d’urgence pour une réponse à échelle limitée. En février 2011,
une opération rapide d’urgence a été menée avec pour objectif le transfert
immédiat des familles exposées dans des abris temporaires. Les abris d’urgence
se composaient de cabanes en bois, pourvues de toilettes et de cuisines
communales. Elles ont pu être démantelées après leur utilisation et stockées
© Gobierno Autónomo Municipal de la Paz pour des urgences futures.
© OXFAM/FUNDEPCO Quelques jours seulement après l’évacuation de la population, un gigantesque
glissement de terrain a entraîné tout le voisinage et détruit les maisons de plus
de 5000 personnes. Aucune victime n’a toutefois été signalée car l’événement
s’est produit alors que les familles étaient déjà installées dans les abris
temporaires construits par Oxfam en lieu sûr. Le système de surveillance a
ensuite été entièrement complété grâce au financement DIPECHO.
Cet exemple montre comment des opérations d’urgence peuvent gagner en
efficacité, opportunité et utilité lorsqu’elles reposent sur une évaluation solide
des risques. Des programmes tenant compte des risques peuvent contribuer
significativement à limiter les souffrances causées par les catastrophes et à
réduire les besoins en interventions humanitaires futures.

Tout en tenant compte de la valeur de la perception du risque, il convient de dûment


considérer les éléments scientifiques pertinents. Celles-ci incluent l’évolution du risque
associé à des facteurs tels que le changement climatique, l’urbanisation, la pression
démographique et la dégradation environnementale.

En vue de renforcer les capacités des planificateurs et intervenants pour l’évaluation


des dégâts matériels suite à des catastrophes, la DG ECHO reconnaît l’importance des
bases de données mondiales/régionales/nationales/locales.


Pour les situations d’urgence à déclenchement
rapide, la DG ECHO reconnaît que les décisions
Pour la conception des devront être prises rapidement et sur la base
interventions, il convient d’être d’une évaluation rapide des besoins et des risques.
Cette évaluation initiale rapide sera suivie d’une
attentif à la manière dont les actions évaluation plus détaillée dès que le temps et les
humanitaires prévues peuvent être ressources le permettront.
protégées de risques futurs (mise à Pour la conception des interventions, il convient d’être
l’épreuve) et dont ces interventions attentif à la manière dont les actions humanitaires
peuvent contribuer à réduire les prévues peuvent être protégées de risques futurs
(mise à l’épreuve) et dont ces interventions peuvent
risques futurs (nécessaire pour contribuer à réduire les risques futurs (nécessaire
« Reconstruire en mieux »). pour « Reconstruire en mieux »).
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
15

Encadré 5 : Leçons apprises du programme DIPECHO


Un bilan récent des évaluations et études passées du communautés de pratiques multi-acteurs » dans toutes les
programme DIPECHO (Disaster Preparedness ECHO) a régions.
permis de mettre en évidence certains résultats et facteurs Malgré ces succès, les résultats peuvent encore être
essentiels dont il conviendra de tenir compte pour une amplifiés. Plusieurs évaluations indiquent que lorsque des
programmation future. résultats positifs ont été obtenus au niveau local, il reste à
Le programme DIPECHO a désormais une excellente en élargir l’impact au-delà de la commune et du village, ce
réputation dans un grand nombre de pays et de forums qui ne pourra se faire que si des initiatives pilotes ont été
internationaux sur la RRC. Tout au cours de son évolution, reproduites ailleurs.
de nombreuses initiatives ont démontré leur efficacité pour Un élément crucial pour persuader d’autres acteurs
limiter les dommages et sauver des vies. Les évaluations et de reproduire des modèles éprouvés serait que toutes
les études menées sur les projets DIPECHO ont clairement les décisions de financement DIPECHO rassemblent et
montré leur impact positif sur les communautés : des sites présentent les preuves qu’une méthodologie ou une
d’évacuation ont abrité les populations en lieu sûr durant approche a porté ses fruits. Une interprétation plus
des ouragans, des logements résistant aux cyclones ont quantitative des coûts et des bénéfices doit également être
protégé les habitants, des systèmes d’alerte précoce ont assurée.
déclenché des évacuations, des équipes d’intervention
Certains projets DIPECHO et certaines initiatives locales
dûment formées ont pu apporter des secours rapides, etc.
n’ont pas été poursuivis au-delà d’un cycle DIPECHO et ont
Les projets DIPECHO ont eu un impact au-delà du territoire suscité des interrogations sur les cycles de financements
qu’ils étaient censés couvrir. Les exemples d’activités et les mécanismes administratifs. D’un côté, la durabilité
poursuivies, reproduites et élargies sont nombreux. Celles-ci (la continuation ou le maintien d’un projet, par exemple)
ont été une précieuse source d’expériences en matière est souvent un indicateur de l’efficacité ou du caractère
de préparation aux catastrophes et de RRC pour nombre approprié des actions. De l’autre, il y a peut-être eu des
d’ONG et d’agences gouvernementales. attentes quant à la poursuite des financements issus de
Le programme a été leader dans la promotion de la réduction DIPECHO ou d’ailleurs. La durée d’un financement est
des risques de catastrophes au niveau communautaire à une connue et les partenaires devraient être sélectionnés sur la
époque où peu de bailleurs s’engageaient dans ce domaine, base d’engagements préalables auprès d’une communauté
et a réussi à les mobiliser depuis. Il continue à contribuer ou de la possibilité de recevoir d’autres ressources.
dans une large mesure à l’élaboration de méthodologies Malgré bien des efforts, surtout dans ce domaine, il reste à
et d’approches plus efficaces, en sensibilisant davantage à relier les efforts du programme DIPECHO et des délégations
l’intérêt de la RRC au niveau communautaire et en veillant à de l’UE en termes de RRC. Il est encore très fréquent que
une diffusion à plus grande échelle. les documents nationaux de programmation ne laissent
Nombre de ces réussites résultent d’une approche guère de place aux efforts post-DIPECHO, et à la garantie
systématique basée sur les principes de démonstration, que les programmes de développement sont informés par
de durabilité et de reproduction à plus grande échelle. les risques. Le renforcement de ces liens pourrait contribuer
Ce programme a été à l’avant-garde pour créer des « à la reproduction et à l’expansion des initiatives.
Parmi les facteurs à consolider et à prendre en compte dans le cadre de décisions futures du programme DIPECHO, citons :

Effets Durabilité Possibilité Extension


sur le de progressive
terrain reproduction

Facteurs Capacités solides et avérées en matière d’approches communautaires +++ +++ +++
affectant la
capacité des Capacité à intégrer les initiatives DIPECHO dans une programmation de +++ +++ +++
partenaires de RRC plus large et à plus long terme
la DG ECHO Capacité à lier l’action humanitaire au développement ++ ++++ +++++ +++++
à faciliter la
réplication et Planification réaliste (faisabilité – calendriers et ressources) +++ ++++ ++
l’extension des
projets DIPECHO Capacité à mobiliser des ressources au-delà des financements DIPECHO + ++++ +++++ +++++
Évaluation des risques combinant connaissances locales et scientifiques ++++ ++++ +++ +

Facteurs Priorisation appropriée des zones les plus exposées aux risques et de ++++ ++++ +++ ++
affectant l’utilité, groupes particulièrement vulnérables ou marginalisés
le caractère Les capacités locales sont identifiées et dûment soutenues de façon à ce ++++ ++++ ++++ ++
approprié qu’elles puissent mettre en œuvre efficacement le projet
l’appropriation
des projets Le choix de technologies appropriées ++++ ++++ +++ ++
DIPECHO
Les efforts réalisés pour garantir l’appropriation des projets DIPECHO par les ++++ ++++ ++++ ++
communautés et les institutions locales
Facteurs Relations et implication d’administrations/gouvernements à l’échelle locale/ ++ ++++ ++++ ++++
affectant nationale
l’engagement Partage des expériences aux niveaux national et régional ++++ ++++ ++++ ++++
et l’implication
des différents Création d’une communauté de pratiques multi-acteurs ++ ++++ ++++
niveaux
institutionnels Dynamiser les réseaux de RRC ++ + ++++ ++++
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
16

Étude de cas 3 : Expansion de la RRC participative (Pacifique)


À Vanuatu et aux îles Salomon, des communautés des membres de la communauté et leur contenu est pris
éloignées doivent faire face à toute une gamme en compte par les autorités locales et les représentants
d’aléas naturels (inondations, cyclones, tsunamis, de l’Office national de gestion des catastrophes. Leur
éruptions volcaniques, etc.). Elles sont d’autant plus mise en œuvre est enfin suivie régulièrement par des
vulnérables qu’elles n’ont pas accès à la plupart des bénévoles de la Croix-Rouge basés sur ces îles.
services publics et privés, qu’elles sont victimes de la Ce processus sert également de base pour le plaidoyer,
pression démographique sur les ressources naturelles
mené par l’équipe du projet, afin d’assurer des ressources
et du changement climatique. Depuis 2010, la DG
nécessaires permettant de couvrir les priorités identifiées
ECHO soutient la Croix-Rouge française dans la mise
dans leur plan d’action. Au niveau local, l’équipe adresse
en place d’un projet de RRC communautaire tenant
compte de multiples aléas et couvrant 47 communautés, ses demandes d’assistance aux autorités provinciales
soutenant par ailleurs les deux organismes nationaux en fonction des priorités identifiées. Ces demandes de
de la Croix-Rouge afin de planifier et de mettre en financement communautaires sont ensuite recueillies
œuvre des projets communautaires de réduction des au niveau national et transmis aux ambassades ou au
risques de catastrophes. Ce projet DIPECHO est mené en secteur privé. C’est ainsi qu’un projet portant sur l’eau, la
collaboration avec la Croix-Rouge et l’Office national de communication radio et un abri communautaire en cas
gestion des catastrophes de chaque pays. de cyclone a pu être lancé en réponse aux trois principaux
besoins identifiés par les communautés. Un bailleur de
Grâce à un processus participatif, impliquant des
évaluations de vulnérabilité et de capacités, les fond international finance désormais ce projet.
communautés ont développé leur propre plan d’action Ce projet ascendant de RRC communautaire est un
de réduction des risques. Ces plans englobent différentes bon exemple de la façon dont l’action communautaire
questions comme la santé, l’eau et l’assainissement, peut être reliée à des processus nationaux. Un facteur
la préparation aux catastrophes, le logement, les important de succès de ce projet a été la capacité à faire
communications, l’agriculture, etc. Ils sont formulés par appel aux bailleurs externes.

2.4 Conception et mise en œuvre


Les paragraphes ci-après donnent un court aperçu des éléments essentiels
sélectionnés dont il convient de tenir compte au cours de la conception et de la
mise en œuvre.

2.4.1 Durabilité, reproduction et expansion

Avant d’approuver un projet, la DG ECHO exigera que chacun de ses partenaires


potentiels puisse démontrer explicitement la durabilité, la reproduction et
l’expansion des actions de RRC dans des délais raisonnables. Ceci nécessitera une
approche clairement définie pour un retrait progressif ou un transfert du projet
soit aux bénéficiaires, soit aux autorités compétentes, ou encore pour la reprise de
l’action par un instrument de financement à long terme.

La DG ECHO exigera également que ses partenaires disposent de capacités


solides et avérées en matière d’approches communautaires et de plaidoyer
auprès des institutions, et qu’elles prévoient d’intégrer l’action proposée dans une
programmation RRC à plus long terme.

2.4.2 Complémentarité, coordination et partenariats

Afin d’éviter des interruptions au niveau de l’assistance, d’empêcher toute duplication,


de garantir la continuité et d’optimiser la durabilité, la DG ECHO veillera autant
que possible à ce que les besoins de RRC existants et futurs soient pris en compte
d’une façon intégrée. A cet effet, elle coordonnera son action avec d’autres bailleurs
internationaux et d’autres acteurs nationaux impliqués dans des interventions de RRC.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
17

La DG ECHO considère la RRC comme un élément essentiel


pour ses efforts visant à relier l’urgence, la réhabilitation et le Étude de cas 4 :
développement, et s’attachera à promouvoir dans la mesure Promotion d’une
du possible une coopération entre les acteurs humanitaires et
de développement durant tout le cycle du projet. RRC inclusive par
l’intermédiaire d’un
La DG ECHO considère le partenariat, sous forme contractuelle consortium (Myanmar)
ou non, comme un élément clé de son approche de la RRC.
Elle collabore donc avec toute une gamme de partenaires Grâce aux subventions du programme
pour la mise en œuvre d’interventions de RRC aux niveaux DIPECHO, six partenaires ont réuni leurs
efforts par l’intermédiaire du consor-
local, national, régional et mondial. Ceux-ci incluent toutes les tium (MCCR - Myanmar Consortium for
organisations éligibles en vertu des dispositions du Contrat- Community Resilience) pour la sécurité
Cadre de Partenariat (CCP) et de l’Accord-Cadre Financier des communautés côtières et urbaines.
et Administratif (ACFA). Bien que non éligibles pour les Il s’agit d’ActionAid (à l’origine de l’initi-
financements de la DG ECHO, les intervenants nationaux et ative), HelpAge International, Malteser
les organisations de la société civile locale sont considérés International, Oxfam, Plan et UN-Habitat.
comme des acteurs essentiels pour les actions de RRC. Dans Ce consortium soutient une gamme d’ac-
tivités incluant entre autres la réduction des
la mesure où ces entités représentent des intervenants de risques de catastrophes au niveau com-
RRC crédibles et viables, et où elles ne remettent pas en munautaire en renforçant les mécanismes
question les principes humanitaires, la DG ECHO soutiendra institutionnels de gestion de catastrophes,
ses partenaires pour la mise en place de partenariats avec de l’évaluation des risques sismiques en zone
telles entités, notamment en ce qui concerne le renforcement urbaine, les petites infrastructures et ser-
vices ainsi que l’information, l’éducation et
des capacités. Pour les interventions de RRC destinées à être
la communication.
reproduites ou élargies, un tel engagement multi-acteurs
Il fait appel à une approche communau-
représente une condition préalable essentielle. taire inclusive, faisant aussi participer
activement les enfants, les femmes, les
Pour l’intégration de la RRC dans les actions humanitaires, personnes handicapées et âgées.
la DG ECHO est en faveur d’une coordination et continuera à Parallèlement à ses activités avec les
s’engager notamment à intégrer la RRC avec le système des partenaires locaux, le groupe travaille en
« Clusters ». étroite coopération avec le groupe de tra-
vail national en matière de RRC, améliorant
ainsi la coordination et son plaidoyer à dif-
2.4.3 Plaidoyer férents niveaux.
Ce programme est un bon exemple de col-
La DG ECHO reconnaît la nécessité d’une stratégie de plaidoyer laboration entre les partenaires de la DG
solide pour garantir des interventions de RRC efficaces. ECHO dont les résultats se retrouvent aussi
Ce plaidoyer revêt une importance particulière pour la promotion bien au niveau national que local.
de l’adoption de la RRC par les partenaires, les institutions

Encadré 6 : La RRC et l’Architecture humanitaire internationale


Le système humanitaire international soutient risques de catastrophes dans le cadre d’une éducation
l’intégration de la réduction des risques de catastrophe pratiquée en situation d’urgence. La formation est
(RRC) dans les interventions humanitaires. C’est ainsi que destinée à promouvoir une action humanitaire « intégrant
le Cluster Éducation, co-présidé par Save the Children l’analyse des risques », ainsi qu’à fournir aux équipes
et de l’UNICEF, a produit un guide en matière de RRC et partenaires des compétences et capacités de promotion
une boîte à outils pour soutenir les activités du Cluster. de la sécurité scolaire et l’éducation à la RRC au sein des
Dans le cadre de cette initiative, Save the Children a programmes de développement.
organisé en octobre 2012 deux formations de 4 jours
pour 50 membres des groupes de travail de gestion de Une initiative similaire a été promue par le Cluster Global
catastrophes du secteur éducatif provenant de neuf pays WASH. Dans le cadre de la coordination du Cluster WASH,
d’Asie et du Pacifique. La formation incluait un module CARE Nederland a proposé des lignes directrices de RRC
complet sur la sécurité scolaire et les Normes minimums pour les acteurs de terrain planifiant et mettant en œuvre
INEE qui présentait l’intégration de la réduction des des interventions WASH.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
18

locales et nationales, et d’autres acteurs. Il représente donc un outil fondamental de


l’action de l’UE en matière de RRC, élément clé dans bien des interventions ciblées de
RRC soutenues par la DG ECHO, et prend une importance toute particulière dans les
interventions du programme DIPECHO dont l’objectif est l’expansion de ses activités. Ce
plaidoyer doit être soigneusement planifié, ses résultats devant faire l’objet d’un suivi
et d’une évaluation.
Ses objectifs incluent entre autres :
• L’expansion et la promotion de la durabilité d’interventions pilotes ;
• L’intégration de la RRC dans l’action humanitaire et de développement ;
• L’amélioration des mécanismes juridiques et institutionnels, des processus et
moyens d’application de la RRC ;
• La promotion et la défense des droits des victimes de catastrophes et des
groupes vulnérables exposés à des risques de catastrophes, en portant leur voix
auprès des instances politiques et administratives concernées.

Étude de cas 5: Plaidoyer commun pour la RRC au Vietnam et au Bangladesh


Deux consortiums de plaidoyer ont été promus en Asie NARRI (National Alliance for Risk Reduction
avec le soutien de DIPECHO : JANI au Vietnam, et NARRI Initiative) est un consortium de 6 ONGI et de 2
au Bangladesh. partenaires techniques au Bangladesh. Il est soutenu
Le consortium JANI (Joint Advocacy Network par DIPECHO et d’autres bailleurs.
Initiative), créé en 2007, représente une initiative NARRI joue désormais un rôle consultatif informel
commune menée par CARE International au Vietnam auprès du gouvernement (Bureau de gestion des
avec 14 partenaires (avant tout des ONG internationales catastrophes) et soutient les activités suivantes :
et des organisations de masse) travaillant dans le
domaine de la RRC au niveau communautaire. Il vise • Élaboration de la politique de gestion des
également à renforcer le plaidoyer pour une approche catastrophes pour le gouvernement du Bangladesh
communautaire de la RRC, le partage des informations (par exemple, fixation de normes pour l’évaluation
et une coordination par le biais d’un réseau efficace et des risques dans les contextes urbains et ruraux) ;
d’initiatives communes. • Appui à l’élaboration des rapports sur la mise en
Ces 15 dernières années, plusieurs ONGI ont mis en œuvre du Cadre d’action de Hyogo, incluant entre
œuvre divers modèles de RRC au niveau communautaire autres une perspective des organisations de la
à travers tout le Vietnam, en s’attachant avant tout société civile ;
au niveau de la commune et du village. Afin de tirer • Promotion d’un système de gestion des
les leçons de ces expériences en termes de bonnes interventions médicales d’urgence impliquant un
pratiques, il était nécessaire de plaider en faveur de nombre important de victimes, et de préparation
la reproduction de ces initiatives. Il fallait donc mettre aux catastrophes sismiques, dans le secteur de
en place un réseau d’organisations travaillant en la santé par le biais d’une révision du programme
coopération étroite avec le gouvernement. Le résultat le d’enseignement pour le personnel soignant.
plus remarquable à ce jour consiste dans le fait que le
gouvernement a décidé en 2009 d’entériner la décision Ces exemples témoignent de la valeur ajoutée de
1002 du Premier Ministre visant à élargir les activités l’influence collective et de la défense des pratiques, des
de RRC au niveau communautaire aux deux tiers des stratégies et des programmes de RRC à tout niveau, y
communes vietnamiennes. compris de l’action de proximité.

Les audiences cibles du plaidoyer pour la RRC doivent inclure les décideurs à différents
niveaux, y compris ceux des départements et services de la Commission et des
institutions des États membres, des autorités locales et nationales, d’organismes
nationaux chargés de la gestion des risques de catastrophes ou de la protection
civile, de ministères sectoriels, de bailleurs humanitaires et de développement, du
secteur privé, des médias, des organisations internationales et des communautés
exposées aux risques elles-mêmes.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
19

Ce plaidoyer peut être assuré directement par l’intermédiaire de la DG ECHO et des


délégations de l’UE, ou encore par l’intermédiaire de partenaires de la DG ECHO, de
la société civile, de partenaires institutionnels ou de bénéficiaires par le biais d’un
« plaidoyer à la base »13.

L’approche à adopter dépendra de différents facteurs, tels que l’ouverture, la


volonté et les capacités des institutions cibles quant au fait de reprendre les
changements requis, ainsi que de la capacité d’influence de la DG ECHO et
de ses partenaires dans un certain contexte institutionnel. Le plaidoyer peut
être assuré par l’intermédiaire de documents et de pétitions, la promotion de
mécanismes permettant de rendre des comptes, par le biais de manifestations,
d’événements publics et de présentations à l’occasion de réunions et d’ateliers,
ou tout simplement grâce à des relations interpersonnelles et de conversations.

Voici les messages clés de la DG ECHO en matière de RRC. Ceux-ci peuvent


être adaptés, développés et élaborés pour des publics spécifiques. A propos de
ces messages, voir également en Annexe le tableau contenant des éléments
d’orientation pour le plaidoyer.

La RRC sauve des vies et des moyens de subsistance


La réduction des risques de catastrophes est une partie intégrante de l’impératif
humanitaire qui consiste à aider les personnes dans le besoin. La solidarité ne
consiste pas seulement à attendre qu’une catastrophe se produise pour pouvoir
proposer une réponse humanitaire. Elle consiste tout d’abord à réduire les ris-
ques de catastrophes. Outre le fait de sauver des vies, la réduction des risques de
catastrophes protège les biens économiques et les moyens de subsistance. Une
intervention efficace en RRC représente donc un investissement solide.

La DG ECHO a une approche centrée sur les


personnes
Les communautés affectées par une catastrophe La DG ECHO a une approche
sont les premières victimes, mais aussi les
premiers intervenants lorsqu’il s’agit de s’entraider centrée sur les personnes.
pour sauver des vies et se relever. En adoptant une
approche centrée sur les personnes, la DG ECHO s’engage à assister les personnes
les plus vulnérables face aux catastrophes en réduisant le besoin d’aide ainsi qu’une
dépendance potentielle.

La RRC constitue une bonne pratique, essentielle au renforcement de la


résilience
La RRC permet aux communautés d’anticiper, de faire face et de rebondir suite aux
chocs. Les principes de “D’abord, ne pas nuire” et “Reconstruire en mieux” sont à
la base de l’assistance humanitaire et sont essentiels en vue d’un développement
durable. En promouvant la RRC, la DG ECHO contribue aux efforts visant à créer une
culture de sécurité et de résilience à tous niveaux.

Les catastrophes représentent une opportunité pour promouvoir la


réduction des risques
Une catastrophe peut être l’occasion de sensibiliser les personnes et de les inciter à
faire face aux risques auxquels elles sont exposées. Dans ce sens, une opportunité peut
se présenter, durant la réponse humanitaire, pour développer des mesures de réduction

13 - Le plaidoyer à la base « implique de donner aux groupes locaux et nationaux de la société civile le soutien dont ils ont besoin
pour renforcer leurs capacités afin de mener leurs propres actions de plaidoyer » (WaterAid, Guide du plaidoyer, 2007).
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
20

des risques à long terme. Il est essentiel que les acteurs humanitaires profitent de cette
opportunité pour contribuer à réduire les risques sur le plus long terme.

La RRC est une responsabilité partagée


Tout en reconnaissant qu’en matière de RRC le cœur de la responsabilité revient à l’État,
la DG ECHO considère que ce domaine nécessite et doit promouvoir une coordination à
différents niveaux. Il est notamment indispensable que les acteurs du développement
et humanitaires travaillent ensemble. La RRC est l’affaire de tous.

C’est la raison pour laquelle la DG ECHO poursuivra ses investissements


dans des mesures de RRC spécifiques et exigera que toutes les interventions
humanitaires qu’elle soutient se fondent sur une analyse des risques.

2.4.4 Renforcement des capacités

La DG ECHO reconnaît la nécessité de renforcer les capacités de RRC de ses


partenaires ainsi que des bénéficiaires. À cet égard, elle compte soutenir :
• Les efforts internationaux de mise en œuvre du Cadre d’Action de Hyogo
(HFA). La DG ECHO soutient notamment le renforcement des capacités de
coordination du SIPC et les actions de RRC menées sur le terrain.14

14 - Voir paragraphe 75 du Consensus européen sur l’aide humanitaire (2007).

Étude de cas 6 : Renforcement des capacités de partenaires locaux


à intégrer la RRC (Népal)
Le Népal est un pays exposé à des risques importants, en posait d’une capacité suffisante pour intégrer la RRC aux
particulier au niveau des séismes et des inondations. Une niveaux institutionnel, managérial et technique. KIRDAC a
catastrophe à grande échelle ferait beaucoup de victimes, insisté sur l’importance de la formation des partenaires
et nécessiterait une vaste intervention humanitaire. Le responsables de la mise en œuvre en en faisant une con-
pays est également exposé à d’innombrables catastro- dition préalable à l’intégration efficace de la RRC dans le
phes à échelle plus réduite dans des zones montagneuses programme humanitaire WASH de court terme. Cette for-
isolées qui nécessitent une intervention au niveau local. mation portait sur deux scénarios principaux identifiés par
La société civile népalaise est bien organisée et s’engage l’intermédiaire d’une analyse des risques participative :
activement dans les actions de développement et dans l’apparition d’épidémies et les glissements de terrain. Pour
l’aide humanitaire en partenariat avec le gouvernement, ce qui est des glissements de terrain, une étude technique
la Croix-Rouge, les ONG internationales et les organi- des risques de glissements de terrain et de leur impact
sations des Nations Unies. Il existe plus de 30 000 ONG probable sur le système d’approvisionnement en eau a
népalaises, un réseau d’une centaine de stations radio FM permis d’identifier des vulnérabilités en termes de localisa-
communautaires et de nombreuses organisations com- tion, de dimension et de conception, ainsi que de proposer
munautaires locales. un éventail de mesures de mitigation. Ces activités inclu-
Dans ce contexte, le rôle des partenaires de la DG ECHO aient la gestion des glissements de terrain en fournissant
est double : soutenir le gouvernement dans l’élaboration aussi une formation aux membres du Comité des utilisa-
de stratégies et de lignes directrices de RRC au niveau teurs de l’eau. La communauté a veillé à la mise en place
national, et soutenir les partenaires népalais pour l’intégra- de mesures de stabilisation du sol en faisant appel à la
tion de la RRC au sein de leur action de développement et plantation d’espèces végétales assez communes (Alnus
humanitaire. Nepalensis, Agave Americana, par exemple) et à la con-
A titre d’exemple, on peut citer un projet mené par un struction de murs de rétention lorsque cela était inévitable.
partenaire de la DG ECHO, Mission East, qui visait à soute- Des systèmes de suspension par câbles ont parfois été uti-
nir le développement de capacités de leur partenaire lisés pour les canalisations d’eau passant par des régions
local KIRDAC. Le but était de veiller à une intégration plus sujettes à des glissements de terrain et à des coulées
poussée de la RRC dans les projets, notamment en termes de boue. Le projet incluait également une composante
d’installations d’approvisionnement en eau et d’assainisse- de préparation de la communauté dont la formation de
ment dans des zones isolées de la région du Karnali, située femmes volontaires aux soins de santé communautaires,
à l’ouest du pays. La première étape a consisté à garantir aux systèmes d’alerte précoce et au signalement de l’ap-
que le partenaire responsable de la mise en œuvre dis- parition d’épidémies.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
21

• La promotion de politiques et de stratégies nationales de RRC efficaces et globales.


• Le développement de mécanismes efficaces, de compétences et de ressources parmi
les responsables et les acteurs au niveau local pour promouvoir la reproduction
et amplification/expansion des projets/programmes financés par la DG ECHO. Les
actions de renforcement de capacités doivent être cohérentes avec les politiques
nationales de RRC et promouvoir leur mise en œuvre.

Los principales destinatarios de la iniciativa de desarrollo de capacidades financiada Les


cibles principales de l’action de la DG ECHO en matière de renforcement des capacités
sont en priorité les agences des Nations Unies, la Fédération internationale de la Croix-
Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que les ONG internationales. Consciente que ces
institutions ont besoin de développer leurs compétences, la DG ECHO soutiendra le
renforcement des capacités institutionnelles et opérationnelles des partenaires. Elle
pourra également soutenir l’élaboration d’approches RRC locales, nationales, régionales
et globales afin d’améliorer les connaissances et les compétences mais aussi de fournir
des outils appropriés aux partenaires et acteurs opérant dans la RRC.

Même si elles ne peuvent pas être directement financées par la DG ECHO, les institutions
nationales et les services de gestion de catastrophes sont les principaux responsables
de la mise en œuvre des stratégies de RRC. Ils sont donc la cible principale des actions
de renforcement des capacités de RRC menées par les partenaires de la DG ECHO. De
même, les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge représentent
des partenaires importants dans le domaine de la RRC. Les partenaires de la DG ECHO
doivent donc chercher à renforcer leurs capacités.

La société civile locale a également un rôle important à jouer dans la mise en œuvre
des approches de RRC. Les interventions de RRC offriront par conséquent d’excellentes
opportunités de renforcement de capacités aux ONG locales partenaires.

En effet, une « stratégie de désengagement » est envisageable seulement si les acteurs


locaux sont en mesure de poursuivre leurs activités de RRC de manière autonome. Cela
constituera l’un des éléments pris en compte par la DG ECHO pour toute décision de
financement ou de poursuite du soutien à des projets ciblés en RRC.

Comme pour toutes les actions soutenues par la DG ECHO, les efforts de renforcement
des capacités doivent nécessairement avoir pour résultat d’améliorer l’efficacité et
l’impact de la RRC. Il convient donc d’évaluer de façon précise et objective l’impact de
ces actions.

2.5 Suivi, évaluation et leçons apprises


La DG ECHO s’assurera que toutes les interventions de RRC financées sont bien
conçues avec un impact mesurable et des indicateurs clairs. Le partenaire sera tenu de
procéder régulièrement à des suivis et évaluations, ainsi que de présenter des rapports
d’avancement. Ces rapports serviront à la fois à évaluer les résultats des interventions
et à en tirer des leçons pour la conception et la mise en œuvre d’interventions futures.

La DG ECHO s’assurera que tout investissement en RRC se concentre sur les


besoins les plus importants et soit susceptible d’avoir un impact clair et substantiel,
notamment au niveau du renforcement de la résilience des populations victimes
de catastrophes. Fournir des preuves convaincantes d’un bon rapport coût/bénéfice
de la RRC peut encourager les bailleurs à augmenter leurs investissements.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
22

Pour les interventions de courte durée, la DG ECHO reconnaît la difficulté d’évaluer


l’impact des mesures de RRC car celles-ci sont généralement conçues pour avoir
des bénéfices à long terme. Elle reconnaît qu’une telle évaluation implique que
les partenaires aient un personnel compétent et qu’ils disposent du temps et
des ressources nécessaires. La DG ECHO encouragera donc ses partenaires à
planifier en conséquence. À titre d’exemple, les partenaires sont censés disposer
d’une expertise de suivi et d’évaluation au sein de leurs équipes. Le recours à des
consultants externes devrait être limité et s’intégrer dans une approche globale
de suivi et évaluation. Dans les projets de gestion des risques de catastrophes
au niveau communautaire, il est nécessaire de prévoir un suivi et une évaluation
participatifs.

Bien que la documentation sur la question de la RRC soit abondante, il reste


encore beaucoup à apprendre et à partager sur la façon de l’appliquer dans
différents contextes, et notamment sur la façon dont on peut l’intégrer dans
l’action humanitaire. Dans son soutien aux interventions de RRC, la DG ECHO
encouragera activement la capitalisation, la diffusion et l’intégration des leçons
apprises et des meilleures pratiques.

La DG ECHO analysera régulièrement les projets financés dans le but de quantifier


les fonds investis dans la RRC et de prendre la mesure de son engagement dans
ce domaine (métrique de la RRC). Ceci servira à identifier l’évolution et les lacunes
ainsi qu’à donner des indications sur la manière d’améliorer l’action de la DG
ECHO dans les différents secteurs d’intervention de la RRC.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
23

3. Considérations
opérationnelles
3.1 Introduction
Cette section traite des considérations d’ordre opérationnel pour les personnes
directement impliquées dans le financement et la mise en œuvre d’interventions
de RRC dans le cadre de l’action humanitaire de la DG ECHO et de sa politique. Elle
s’adresse tout particulièrement au personnel de la DG ECHO afin de les guider dans
leur travail avec les partenaires ainsi que dans leurs activités de diagnostic, de
suivi et d’évaluation. Elle s’adresse également aux partenaires qui travaillent avec
la DG ECHO, notamment ceux qui demandent ou reçoivent des financements pour
leurs activités. Elle veut aussi démystifier ce qui peut sembler un « savoir-faire »
extrêmement complexe et intimidant.

La DG ECHO reconnaît qu’une action efficace de RRC nécessite une compétence


professionnelle dans chaque secteur et que la pratique continuera à évoluer.
Dans bien des cas, la RRC sera déjà un élément implicite intégré dans les bonnes
pratiques. Par exemple, les bonnes pratiques en matière de localisation et de
conception des camps provisoires prennent naturellement en compte les risques
d’inondation et d’incendie. Dans plusieurs cas, l’approche de RRC explicite ce qui est
déjà implicite, alors que dans d’autres cas, elle stimulera de nouvelles conceptions
ou de nouvelles idées.

Tout cela doit être considéré en fonction du contexte local, de la nature de la


catastrophe et du type d’action humanitaire à mettre en œuvre. Cette section ne
prétend pas être un manuel technique pour les praticiens de la RRC car il en existe
déjà (voir par exemple le site www.preventionweb.net). Elle ne prétend pas non
plus fournir des recommandations techniques sur l’intégration de la RRC dans des
secteurs spécifiques ou des domaines d’intervention. Pour cela, les lecteurs peuvent
se référer à la littérature technique existante ou s’adresser à des experts spécialisés.

Une métaphore utile quand on considère l’intégration de la RRC consiste à voir


toute intervention à travers une « optique de risque ». En d’autres termes, quand
nous considérons une intervention humanitaire, nous devons la voir à travers cette
« optique du risque », à savoir, évaluer les risques présents et futurs auxquels les
populations sont exposées et identifier les mesures pour les réduire. Nous devons
également tenir compte des risques que pourrait représenter l’action humanitaire
elle-même (« Ne pas nuire »).

La RRC est importante pour toute action humanitaire et elle doit prendre en compte
les liens entre les différents secteurs d’intervention. La section qui suit est structurée
conformément aux secteurs et sous-secteurs utilisés par la DG ECHO, tels qu’ils
figurent dans le tableau en annexe de la Convention Cadre de Partenariat. A partir
des douze secteurs principaux, nous avons inclus dans ce document les suivants :
Assistance alimentaire, Nutrition, WASH, Santé, Abris et Protection de l’enfance/
Éducation. Ce qui suit n’est donc pas une analyse exhaustive et des considérations
similaires peuvent s’appliquer à d’autres secteurs.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
24

3.2 RRC et assistance alimentaire


Portée de l’assistance alimentaire
L’assistance alimentaire humanitaire de l’UE a comme objectif principal de sauver des
vies en répondant aux besoins alimentaires et nutritionnels essentiels des populations
à risque.15 Elle a également une fonction de soutien car elle contribue à réduire les
risques et la vulnérabilité des populations ainsi qu’à améliorer l’efficacité de l’assistance
alimentaire humanitaire à travers du plaidoyer et le renforcement des capacités. Dans ce
cadre, les activités d’assistance alimentaire incluent : la sécurité alimentaire d’urgence
(y compris la nutrition) et la protection à court terme des moyens de subsistance (à l’aide
d’une distribution en nature et/ou de transferts en espèces ou bons d’alimentation), la
collecte et l’analyse d’information sur les aspects de sécurité alimentaire et de nutrition
ainsi que l’activité de plaidoyer et les campagnes de sensibilisation.

Justification pour l’intégration du RRC dans l’assistance alimentaire


Le risque de catastrophes et l’insécurité alimentaire sont étroitement liés. Les
populations victimes d’insécurité alimentaire sont aussi les plus vulnérables face

15 - Voir la Communication sur l’Assistance alimentaire humanitaire et le Document de travail des services de la Commission qui
le complète.

Étude de cas 7 : L’introduction de variétés de riz de cycle court


permet aux agriculteurs d’avancer les récoltes avant la saison
cyclonique (Madagascar)
Madagascar est exposée à des risques liés aux aléas représentent l’objectif d’un consortium de partenaires
naturels ainsi qu’à des troubles/conflits politiques. La DIPECHO, mené par la FAO et subventionné pendant trois
sécheresse, les inondations, les cyclones et les épidémies ans par la délégation de l’UE. Le programme s’attache
sont fréquents. Ces dernières années, les cyclones avant tout à l’assurance qualité, à la multiplication des
tropicaux (2007, 2008, 2011 et 2012 par exemple) et les semences et à leur commercialisation. Les semences
inondations (2009 et 2012) ont provoqué des destructions de riz à cycle court devraient être rapidement intégrées
importantes d’abris et de moyens de subsistance. Ces dans le cadre du nouveau programme agricole national
catastrophes naturelles ont aggravé la situation déjà à Madagascar.
fragile de Madagascar et le pays risque de connaître une Cette étude de cas montre comment une analyse des
crise avec des conséquences humanitaires significatives. risques récurrents que doivent affronter des groupes
La saison cyclonique se situe en plein milieu des principales vulnérables peut servir de base à un programme de
récoltes, ce qui représente un risque majeur pour le développement de façon à limiter de façon importante
secteur agricole, et notamment pour les paysans les plus les risques de ces groupes, en améliorant leurs moyens de
vulnérables. Les champs sont bien souvent inondés ou subsistance et en limitant les interventions humanitaires
détruits par des tempêtes avant même que les paysans nécessaires.
ne puissent rentrer leur récolte. C’est dans ce contexte que
© CARE France
la FAO a introduit de nouvelles variétés de riz au cycle
court sur la côte orientale (très vulnérable aux inondations)
de Madagascar. Ces variétés arrivent à maturité au bout
de trois mois au lieu de six, ce qui permet aux paysans
de récolter le riz avant que la saison cyclonique ne les
frappe de plein fouet, et de replanter après un cyclone, ce
qui limite le risque de pertes de récoltes durant la saison
cyclonique et fournit à la population l’opportunité de
replanter en cas de pertes.
La récolte étant assurée avant l’arrivée des cyclones, les
paysans sont ainsi plus résilients. Ils se sont montrés
enthousiastes et ont été nombreux à utiliser rapidement
ces semences dans toute la région exposée aux cyclones.
L’expansion de l’utilisation de ces semences et l’intégration
de leur utilisation et diffusion dans les stratégies nationales
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
25

Encadré 7 : Des filets de sécurité « à échelle variable » (Éthiopie)


Le gouvernement éthiopien a pris d’importantes mesures En février 2011 par exemple, des signes avant-coureurs
pour améliorer la gestion de la sécheresse, notamment par d’une sécheresse menant à une crise possible ont surgi
l’intermédiaire du programme de filet de sécurité productif dans les massifs montagneux de l’Éthiopie. La plupart
(PSNP) mis en place en 2005. Son objectif principal est des années, le programme PSNP soutient les ménages
de remédier à l’insécurité alimentaire chronique. Il permet souffrant d’insécurité alimentaire de février à août. En
notamment de distribuer régulièrement des quantités 2011, durant ces mois, les besoins de ces ménages ont été
considérables de produits alimentaires aux ménages comme d’habitude pris en charge par l’intermédiaire du
les plus démunis. Les systèmes d’alerte précoce ont budget d’urgence du PSNP. Il est toutefois apparu de plus
été renforcés et le gouvernement prône une culture « en plus évident que les habitants des massifs montagneux
d’alimentation prioritaire » afin de mieux assurer les du pays auraient également besoin d’une assistance
moyens de subsistance. durant les mois précédant les récoltes de novembre
Le programme PSNP prévoit ainsi un système de 2011, après l’arrêt des transferts du PSNP en août. En
distribution en espèces ou de produits alimentaires à ceux août 2011, après avoir rapidement vérifié les besoins,
dont les besoins alimentaires sont prévisibles afin de les le gouvernement fédéral a donc déclenché le plan RFM
aider à améliorer leurs propres moyens de subsistance et afin de répondre aux besoins alimentaires transitoires de
de veiller ainsi à une plus grande résilience face à l’impact près de 9,6 millions de personnes vivant dans les régions
des chocs à venir. Le programme PSNP a pour principales couvertes par le programme PSNP. Parmi ces 9,6 millions
activités : de personnes, 6,5 millions étaient des bénéficiaires du
(i) le travail rémunéré en espèces ou produits PSNP. 3,1 millions de personnes supplémentaires vivant
alimentaires, les travaux portant sur la gestion des dans les zones couvertes par le PSNP, qui n’avaient pas
bassins hydrographiques et leur réhabilitation, besoin d’assistance complémentaire les années normales,
ont ainsi bénéficié de trois mois d’aide de plus afin de
(ii) un soutien direct (espèces et produits alimentaires)
pouvoir assurer leurs besoins alimentaires jusqu’à la
apporté à la population la plus vulnérable
récolte en novembre.
(personnes âgées, femmes et enfants).
L’assistance a notamment ciblé les ménages qui avaient Le dispositif RFM permet au PSNP de se mettre à niveau
été régulièrement bénéficiaires d’une aide alimentaire en temps de crise et est conçu pour réduire les temps
d’urgence. Les communautés ont eu toutefois toute « habituels » de la réponse humanitaire de façon à ce que
latitude pour modifier cette approche et mettre à jour leurs les ménages puissent bénéficier d’une assistance avant
listes de ménages susceptibles de bénéficier d’une aide que la crise ne se fasse ressentir. Grâce à toutes ces
alimentaire sur la base de critères locaux. Cela permettait mesures, l’Éthiopie a été mieux préparée que par le passé
une stratégie de ciblage flexible au niveau communautaire pour faire face à la sécheresse de 2011.
qui utilise les connaissances locales sur la situation des Le programme PSNP est un exemple de filet de sécurité
ménages pour identifier les plus nécessiteux. Toutefois, qui peut être déployé en temps de crise. Il constitue un
en cas de choc entraînant une insécurité alimentaire élément essentiel de la stratégie de gestion des risques
temporaire allant au-delà des capacités du PSNP, un de catastrophes. Bien que le PSNP puisse encore être
soutien additionnel vient du Budget de Prévoyance du amélioré, il s’est avéré un système efficace et flexible qui a
PSPN. Lorsque cette aide ne suffit plus, un mécanisme de contribué avec succès à faire face aux besoins alimentaires
financement des risques (RFM) prend alors le relais. temporaires en Éthiopie.

aux catastrophes. L’exposition à un risque élevé de catastrophe et l’impossibilité


de le gérer plongent la partie de la population la plus défavorisée dans un cycle
d’insécurité alimentaire et de pauvreté qui, en cas de catastrophe, se transforme
rapidement en crise alimentaire et en sous-alimentation aiguë.

Les interventions d’assistance alimentaire contribuent à réduire les risques de


catastrophes en protégeant les moyens de subsistance (notamment le capital
humain et social) et/ou en opérant pour créer un environnement propice en termes
de structures et de processus. L’assistance alimentaire humanitaire de l’UE cherche
à améliorer la résilience et les capacités de réponse des communautés.

Approche de la RRC dans l’assistance alimentaire


La DG ECHO exige que l’analyse des risques soit intégrée dans toute intervention
humanitaire. Cela signifie que la conception de ces interventions doit être fondée sur
une analyse et une évaluation solide des risques présents et futurs que l’intervention
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
26

même doit chercher à réduire. Ceci peut impliquer :


• La réduction directe des risques, notamment pour les personnes les plus vulnérables
(enfants de moins de 5 ans, femmes enceintes et allaitantes, personnes âgées
et handicapées). Ceci inclut les risques immédiats, comme la sous-nutrition aiguë
due au manque d’accès aux produits alimentaires de première nécessité mais
aussi les risques à plus long terme comme, par exemple, la promotion de mesures
appropriées de gestion des inondations pour les terres agricoles.
• Le fait de s’assurer que l’intervention est « résistante aux risques », c’est-à-dire
protégée contre les risques potentiels futurs. Par exemple, si l’on construit des
installations de stockage de produits alimentaires d’urgence, celles-ci doivent
être conçues pour résister à des risques comme le vent, les inondations, ou les
tremblements de terre.

Cette approche peut également inclure des interventions spécifiques, comme la


« réduction du cheptel » ou le renforcement de systèmes d’alarme précoce ainsi que
l’élaboration d’indicateurs d’insécurité alimentaire d’urgence et de sous-nutrition
aiguë.

La DG ECHO est convaincue que les bonnes pratiques dans le domaine de l’assistance
alimentaire doivent intégrer le plus grand nombre possible d’éléments de RRC. La
DG ECHO exige par conséquent que les interventions humanitaires soient conçues
et mises en œuvre par des organisations disposant des compétences techniques
appropriées.

La Communication sur l’assistance alimentaire humanitaire (2010) affirme que


la Commission, en plus de répondre à des situations d’urgence et à des crises
alimentaires, peut déclencher une assistance alimentaire humanitaire pour une crise
à venir sur la base de prévisions solides, avant même que la situation alimentaire
et nutritionnelle ne se détériore. Les interventions de protection des moyens de
subsistance peuvent alors viser à atténuer dans la mesure du possible l’impact du
choc externe.

3.3 RRC et santé16


Portée de la santé
La portée de la RRC dans le secteur de la santé inclut les activités suivantes :
• Prévention et gestion des maladies, des lésions et des incapacités ;
• Systèmes de gestion de l’information liée à la santé, incluant les diagnostics
des risques, l’alerte précoce et la surveillance ;
• Politiques de gestion des risques de catastrophes afin d’améliorer l’accès aux
soins de santé en cas de nécessité ;
• Renforcement du système de santé pour faire face aux situations d’urgence


sanitaire.
Systèmes de gestion de L’impact d’une catastrophe sur la santé dépend
l’information liée à la santé, incluant du type d’aléa, du niveau d’exposition de la
les diagnostics des risques, l’alerte population, de la qualité de la santé avant la
catastrophe et de la capacité du système de
précoce et la surveillance.

16 - Voir les lignes directrices, outils et conseils techniques de la DG ECHO en matière de santé.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
27

santé à continuer à fournir des services après la catastrophe. Une catastrophe peut
avoir comme conséquence immédiate des décès, des blessures et des pathologies
nécessitant des soins d’urgence et de rééducation. A moyen terme peuvent se déclencher
des maladies infectieuses liées à la pollution de l’eau ou des infections respiratoires,
des effets psychosociaux ainsi que le dysfonctionnement des services de santé. Les
épidémies qui suivent une catastrophe ne sont pas fréquentes.17 Elles résultent le
plus souvent d’une défaillance des infrastructures communautaires, des services de
santé essentiels (notamment pour la vaccination) et d’une situation de surpopulation.
Les urgences dues à une situation d’insécurité alimentaire provoquent également une
sous-nutrition nécessitant des compléments alimentaires et thérapeutiques.

Justification de l’intégration de la RRC dans le secteur de la santé


La réduction des risques est importante pour tous les aspects des interventions dans le
secteur de la santé en ce qui concerne les pays sujets à des catastrophes. Un système de
soins de santé efficace et solide nécessite de bonnes capacités de gestion de l’urgence
sanitaire et des risques de catastrophes. Une évaluation stratégique des risques peut
permettre de mieux identifier les domaines du système de santé nécessitant des
investissements et un renforcement des capacités.

Les interventions de réduction des risques de santé dépendent du type d’aléa. Certaines
catastrophes à déclenchement rapide peuvent submerger ou détruire les infrastructures
de santé et perturber la fourniture des soins. Les catastrophes à déclenchement lent
peuvent provoquer une charge de travail massive à laquelle des structures de santé
affaiblies ne pourront répondre efficacement. Selon l’OMS, le changement climatique
devrait augmenter les risques de santé.18 La RRC est un élément clé de l’adaptation au
changement climatique.

Une réduction efficace des risques nécessite des cadres politique, juridique,
stratégique, financier et organisationnel (coordination) adéquats et efficaces. Les
systèmes de santé, les équipes et les infrastructures (y compris les « hôpitaux sûrs »)
doivent être en mesure de résister aux aléas et de fonctionner en situation d’urgence.

Les évaluations des risques et les systèmes d’alerte précoce représentent une
part essentielle de l’approche de réduction des risques en matière de santé. Les
indicateurs de mortalité et de morbidité représentent les mesures les plus répandues
en cas de catastrophe et permettent de mieux définir les interventions prioritaires.
Ils fournissent un éventail approprié d’indicateurs pour une réponse précoce à la
propagation de maladies.

Approche de la RRC dans le domaine de la santé


La DG ECHO exige que l’analyse des risques soit intégrée dans toute intervention
humanitaire. Cela signifie que la conception de ces interventions doit être fondée
sur une solide analyse des risques présents et futurs que l’intervention même doit
chercher à réduire. Ceci implique :
• La réduction directe des risques pour les personnes. Ceci inclurait les risques
immédiats, comme les risques de blessures, de propagation de maladies ou
d’épidémies. L’action doit également tenir compte des risques à long terme,
comme l’amélioration de la sécurité communautaire, de la qualité de l’eau,
de la situation nutritionnelle, et la vaccination pour les groupes exposés aux
risques avant et après les situations d’urgence.

17 - Voir J. Watson et al., Epidemics after Natural Disasters (2007).


18 - Organisation mondiale de la santé, « Changement climatique et santé », Aide mémoire, n° 266, octobre 2013.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
28

Étude de cas 8 : État de préparation et réaction rapide


(Guinée Conakry et Sierra Leone)
La DG ECHO a soutenu par l’intermédiaire de son coordination, l’activation de plans de contingence,
partenaire Action contre la faim (ACF) des initiatives de les leçons apprises et la diffusion à travers des
préparation et de réaction rapide au choléra en Guinée formations à d’autres régions affectées ;
Conakry et au Sierra Leone.
• Le développement d’une capacité de réponse pour
Le choléra sévit de manière endémique dans les deux faire face aux épidémies.
pays et des épidémies ont refait leur apparition ces
En Guinée, des intervenants institutionnels et non-
dernières années. Conakry et Freetown comptent
gouvernementaux ont développé ces dernières
presque 2,5 millions d’habitants et ont toujours été
années une expertise en matière de préparation
vulnérables au choléra en raison d’échanges importants
et de réaction au choléra. En voici les résultats
au niveau des frontières. À chaque nouvelle saison des
principaux :
pluies (de juin à octobre), les risques d’épidémies sont
accrus même si celles-ci peuvent se produire à tout • Une analyse précise des zones exposées aux
moment. En février 2012, une épidémie de choléra risques d’une épidémie de choléra, en incluant une
a fait son apparition au Sierra Leone dans la région cartographie des risques ;
défavorisée voisine de Freetown avant de se propager
à la Guinée voisine. • Des plans de contingence pour lutter contre le
choléra : ACF a aidé le Ministère de la Santé à
La DG ECHO a décidé de soutenir Action contre la Faim définir, tester, mettre à jour et communiquer un
en accordant une subvention pour les deux pays et en se plan de contingence contre le choléra à Conakry ;
fondant sur l’expérience de son partenaire en matière de
préparation et de réponse rapide. Cette assistance rapide • Une expertise au niveau des activités de réponse,
a permis de renforcer la prévention, la surveillance et la comme une surveillance efficace, des tests, la
réactivité dans les zones rurales comme urbaines. mise en place de barrières sanitaires dans les lieux
publics et au niveau des ménages, ainsi que de
Certaines des mesures de préparation et de réaction soins médicaux d’urgence ;
rapide incluaient :
• Les compétences techniques et opérationnelles
• L’amélioration de la surveillance épidémiologique des différents acteurs ont été renforcées par le
par l’intermédiaire d’une assistance directe biais d’exercices de simulation.
apportée au Ministère de la Santé pour la collecte
et l’analyse de données ; Face à l’épidémie de 2012, le comité de crise au sein
du secteur de la santé a été activé et les intervenants
• Une cartographie des risques ainsi que des plans ont mis en place des réponses dans les deux régions
d’urgence en Guinée et Sierra Leone ; affectées.
• L’élaboration de plans opérationnels au niveau du Au Sierra Leone, si les capacités nationales se sont
district pour la prévention et la réaction au choléra ; avérées très faibles au départ, l’intervention rapide
des parties prenantes leur a permis de collaborer
• Une assistance organisationnelle et technique
rapidement et de façon plus cohérente. La surveillance
apportée aux équipes d’urgence pour la
épidémiologique reste toutefois extrêmement limitée.
Dans les zones rurales, elle est entravée par les
© ECHO/Christophe Valingot capacités des équipes de santé et les défis
de communication (manque d’installations
téléphoniques, d’accès à des mobiles, à un
réseau de téléphonie mobile). Les initiatives
de sensibilisation et de promotion de
l’hygiène restent insuffisantes.
L’épidémie de choléra de 2012 a toutefois
provoqué moins de victimes et le taux de
mortalité s’est avéré moins élevé que les
fois précédentes. L’état de préparation était
bien meilleur et la réaction rapide a en
effet été beaucoup plus efficace : le suivi,
le système d’alerte précoce, la déclaration
de l’épidémie, l’activation des partenaires et
leur coordination, la qualité de l’intervention
et la propagation limitée de l’épidémie sont
là pour en témoigner.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
29

• S’assurer que les systèmes de santé sont « résistants aux risques » afin qu’ils
protègent et préparent à des interventions de santé opportunes et efficaces
avant, durant et après les situations d’urgence. Les infrastructures de santé
doivent par exemple être conçues de manière à pouvoir résister à des aléas
comme le vent, les inondations et les tremblements de terre.

La DG ECHO est convaincue que les bonnes pratiques dans le domaine de la santé
doivent intégrer le plus grand nombre possible d’éléments de RRC. La DG ECHO exige
par conséquent que les interventions humanitaires soient conçues et mises en œuvre
par des organisations disposant des compétences techniques appropriées dans les
domaines spécifiques de la santé.

La préparation à une catastrophe permet aux systèmes de santé de se préparer à


une augmentation des demandes lorsque celle-ci survient. Les mesures de préparation
incluent les plans de réponse et de redressement, l’établissement de protocoles standard
et leur test, le développement, l’application et la communication de systèmes d’alerte
précoce, la formation du personnel de santé et des communautés à risque, la création
de structures de coordination flexibles au niveau local, sous-national et national, ainsi
que l’identification et le déploiement de dispositifs supplémentaires afin d’être prêts en
cas d’urgence.

La capacité de la communauté est un élément essentiel de la réduction du risque


dans le domaine de la santé. Il s’agit notamment de la sensibilisation aux risques,
de la promotion de la santé, des analyses de risque au niveau communautaire, de
mesures individuelles et au niveau des ménages, de la planification de la prévention
des risques, de la réponse et du redressement avec les communautés, ainsi que de la
formation du personnel de santé au niveau communautaire. Le personnel de santé de
la communauté doit être impliqué dans les analyses de risques et dans la planification


de la réponse d’urgence locale.

Le VIH et le Sida, la violence basée sur le genre


Le personnel de santé de la
et les problèmes de santé mentale nécessitent communauté doit être impliqué
une attention particulière, notamment après dans les analyses de risques
une catastrophe à déclenchement rapide et
à grande échelle, ou dans le cas d’urgences et dans la planification de la
complexes. réponse d’urgence locale.
Au cours de la phase de réhabilitation et de redressement, l’accent doit être mis
sur la réhabilitation physique des blessés, et sur la gestion des effets mentaux et
psychologiques à plus long terme. La phase de redressement peut également offrir des
opportunités pour renforcer les systèmes de santé et garantir que les infrastructures et
les personnels sont plus résistants aux futures catastrophes.

3.4 RRC et nutrition19 et 20


Portée de la nutrition
Le secteur de la nutrition inclut les activités de prévention de la sous-nutrition,
la réhabilitation nutritionnelle et la surveillance, des études et un suivi, ainsi que
l’utilisation des espèces/coupons.

19 - Voir le Document de travail des services de la Commission sur la malnutrition en situation d’urgence (COM(2013) 141 final).
20 - Lire le chapitre du Manuel Sphère sur la Nutrition et l’Aide-mémoire de l’OMS intitulé Disaster Risk Management for Health:
Nutrition.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
30

La prise en compte d’un risque élevé de malnutrition aiguë modérée et sévère est
prioritaire pour la DG ECHO. Elle y réagit principalement par l’intermédiaire d’interventions
nutritionnelles directes afin d’identifier et de diagnostiquer la sous-nutrition, et de traiter
les symptômes par le biais d’un traitement adéquat. Une alimentation appropriée pour
les nourrissons et les jeunes enfants permet de sauver des vies, notamment en insistant
sur l’importance du maintien d’un allaitement exclusif (ce qui implique par conséquent
que les mères reçoivent toujours une assistance alimentaire). En termes d’approche, il
convient de soutenir l’intégration de la nutrition dans le système de santé. Ceci requiert
une structure fonctionnelle et solide avec un personnel technique adéquat et dûment
formé, et peut inclure des produits nutritionnels spécialisés.

Les interventions nutritionnelles peuvent :


• Soit cibler des sous-groupes spécifiques à haut risque (enfants, nourrissons,
femmes enceintes et mères allaitantes) dans le cadre d’interventions nutritionnelles
spécifiques destinées aux nourrissons et à un apport complémentaire de
micronutriments ;
• Soit cibler la population en général au moyen d’une distribution alimentaire
généralisée, incluant un enrichissement des produits alimentaires / des compléments
sous forme de micronutriments, et/ou la distribution de denrées de base ;

Le choix et la priorisation des interventions nutritionnelles et des produits nutritionnels


spécialisés doivent reposer sur l’expérience, et suivre les bonnes pratiques et lignes
directrices opérationnelles les plus récentes.


Justification en termes de RRC dans le
Le risque de catastrophes, la cadre de la nutrition
sécurité alimentaire, la pauvreté et les Les facteurs à l’origine de la sous-nutrition et
de la famine sont complexes et présentent de
formes associées de sous-nutrition multiples aspects.21 La sous-nutrition n’est pas
sont en effet étroitement liés. toujours uniquement due à un manque d’accès
à la nourriture. Le risque de catastrophes, la
sécurité alimentaire, la pauvreté et les formes
associées de sous-nutrition sont en effet étroitement liés. Les aléas naturels peuvent
être un déclencheur aggravant de facteurs sociaux et de santé déjà existants.

Approche de la RRC dans le domaine de la nutrition


La DG ECHO exige que toute action humanitaire prenne en compte les risques potentiels,
ce qui signifie que l’analyse et la conception doivent être fondées sur une évaluation
solide de ceux-ci et que l’intervention doit chercher à réduire les risques immédiats et
futurs. Ceci peut impliquer :
• La réduction directe des risques pour les personnes. Ceci peut inclure les risques
immédiats, comme la maladie et les décès dus à une malnutrition aiguë sévère chez
les enfants et d’autres groupes à risque. Cette action doit également tenir compte de
risques à plus long terme, comme les déficiences en micronutriments qui entraînent
un retard de croissance, de l’émaciation et entravant le développement cognitif.22
• La résistance aux risques des interventions pour les protéger contre des aléas futurs,
en veillant notamment à ce que les équipements de santé soient conçus pour résister
à des aléas comme le vent, les inondations, ou les tremblements de terre.

21 - Voir la brochure d’Action contre la Faim, Acute Malnutrition: a preventable pandemic.


22 - S. M. Grantham-Mc Gregor, S. P. Walker et S. Chang (2000), “Nutritional deficiencies and later behavioural development”,
Proceedings of the Nutrition Society (2000), n°59, p. 47-54.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
31

La DG ECHO considère que les bonnes pratiques professionnelles dans le domaine de la


nutrition devraient intégrer un grand nombre, si ce n’est la plupart des aspects de RRC.
La DG ECHO exige par conséquent que les interventions humanitaires soient conçues et
mises en œuvre par des organisations disposant des compétences techniques requises
dans les domaines spécifiques couverts par des interventions en nutrition.

Le suivi des actions (au niveau national, sous-national et communautaire) est essentiel.
Dans le cadre d’un plan de préparation efficace, des mécanismes de coordination
doivent exister et être entièrement opérationnels.

Les risques de sous-nutrition peuvent être pris en compte en optimisant la nutrition


maternelle, l’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants, en renforçant les
connaissances des mères en termes de soins et de pratiques alimentaires, en améliorant
la sécurité alimentaire et en veillant à l’accès aux soins de santé. La prise en charge
communautaire de la malnutrition aiguë (PCMA) joue un rôle essentiel dans la RRC.

La prévention est également assurée par l’intermédiaire de diverses approches


sectorielles incluant la santé, l’assistance alimentaire, l’eau et l’assainissement ainsi que
la protection. La préparation aux situations d’urgence est vitale pour les communautés
afin de :
• Faciliter l’accès à une alimentation adéquate pour les blessés, les personnes âgées
et les groupes les plus vulnérables ;
• Limiter la vulnérabilité nutritionnelle des nourrissons en promouvant par exemple
la poursuite d’un allaitement exclusif et en plaidant pour un changement
comportemental auprès des femmes enceintes et allaitantes ;
• Améliorer l’impact des interventions nutritionnelles par l’intermédiaire de réseaux/
d’équipes dûment formé(e)s, par exemple, prêt(e)s à intervenir en cas d’urgence.

C’est par le biais de l’intégration de la RRC dans le cadre de ces différentes approches
que nous cherchons à mieux faire face aux causes sous-jacentes et à renforcer la
résilience afin d’éviter que des chocs futurs n’augmentent les cas de malnutrition aiguë.

3.5 RRC et éducation23


Portée de l’éducation
Dans ce contexte, le terme éducation recouvre les nombreuses manières formelles
(par l’intermédiaire des établissements scolaires et des universités) et informelles de
transmettre un savoir, des compétences, de l’expérience et l’engagement de groupes de
personnes, ce qui comprend l’utilisation des médias, de campagnes de sensibilisation,
d’événements spéciaux, etc.

Dans le cadre des activités de la DG ECHO, l’éducation ne représente pas un secteur


distinct en tant que tel. Les activités pédagogiques sont soutenues de diverses manières,
y compris dans le cadre d’activités de protection, de santé psychosociale, de promotion
de l’hygiène et de mesures de RRC. Elles sont également associées à des activités dans
le secteur du logement lorsqu’il s’agit d’infrastructures physiques utilisées à des fins
pédagogiques.

23 - Voir le Document de travail des services de la Commission, Education Children in Emergencies and Crisis Situations, COM(2008)
55 final.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
32

Étude de cas 9 : Enfance, Éducation et RRC


(Kirghizistan)
Le 20 juillet 2011, à 1h35, un séisme de magnitude 6,1 frappait la province de
Batken, au sud du Kirghizistan. Le village de Kan en était l’épicentre. L’équipe
d’intervention d’urgence communautaire et l’organisation de jeunesse (CERT/
CLO) du village de Kan ont pu intervenir efficacement pendant et après le
tremblement de terre.
Avant le séisme, Save the Children avait mis en place des équipes CERT/CLO dans
le cadre d’un projet DIPECHO et avait formé ses membres aux questions de RRC, y
compris à la protection de l’enfance et aux systèmes d’alerte précoce. Ils ont ainsi
appris les aspects scientifiques des séismes et les mesures de sécurité, telles que
le comportement à adopter en cas d’urgence. Différentes simulations ont été
organisées dans les écoles et les villages. Les adultes et les enfants ont appris à
suivre les mesures de sécurité et à se rendre en lieu sûr à l’occasion d’exercices
de préparation aux séismes. Les équipes CERT/CLO avaient au préalable élaboré
une carte des aléas ainsi qu’un plan de préparation aux urgences.
Lors de la survenue du tremblement de terre tôt dans la nuit, les membres des
équipes ont aussitôt été mobilisés et ont aidé à évacuer les habitants afin qu’ils
puissent se rendre en lieu sûr. 32 enfants ont en outre été évacués en toute
sécurité d’un camp d’été résidentiel. La plupart des résidents de Kan, enfants
compris, sont restés calmes. La formation, la planification et les leçons tirées des
exercices les ont aidés à réagir efficacement à la situation. Competencia de jóvenes rescatistas.
Après le tremblement de terre, Save the Children, CERT et les représentants des © MSDSP Kirguistán
gouvernements locaux ont évalué les dégâts et contrôlé toutes les lignes et
tous les équipements électriques. CERT/CLO a informé la population à propos
de la réduction des risques de catastrophes et des nouveaux risques suivant le
tremblement de terre. Les membres des équipes CERT/CLO ont ensuite participé
au déblaiement et à la reconstruction des logements, en veillant ainsi à ce que
toutes les familles disposent d’un logement sûr et au chaud pour l’hiver. Tout ceci
a été réalisé à l’aide d’un projet de réhabilitation à échelle réduite subventionné
par la DG ECHO.
Le Croissant-Rouge a lui aussi apporté une contribution sous la forme de
matériaux de construction pour 130 familles affectées supplémentaires dont les
logements avaient souffert de dommages mineurs et qui n’avaient pas encore
reçu d’assistance.

Justification en termes de RRC


Le secteur de l’éducation revêt une importance particulière pour la RRC car, s’il est
particulièrement sensible aux catastrophes, il offre également l’opportunité d’élaborer
une approche de réduction des risques de ces mêmes catastrophes. Il s’agit donc
tout autant d’enseigner que de communiquer, de motiver et de s’engager au sein des
communautés.

Approche de la RRC dans le domaine de l’éducation


La DG ECHO exige que toute action humanitaire prenne en compte les risques
potentiels, ce qui signifie que l’analyse et la conception doivent être fondées sur une
évaluation solide de ceux-ci et que l’intervention doit chercher à réduire les risques
immédiats et futurs. Ceci peut impliquer :
• La réduction directe des risques pour les personnes. Cela inclut les risques
immédiats, tels que la perturbation du système et de l’apprentissage. Il convient
également de tenir compte des risques à plus long terme, comme les implications
en termes de moyens de subsistance des personnes affectées.
• La résistance aux risques des interventions pour les protéger contre des aléas futurs,
en veillant notamment à ce que les équipements éducatifs soient conçus pour
résister à des aléas comme le vent, les inondations, ou les tremblements de terre.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
33

La DG ECHO considère que les bonnes pratiques professionnelles dans le domaine


de l’éducation devraient intégrer un grand nombre, si ce n’est la plupart des aspects
de RRC. La DG ECHO exigera par conséquent que les interventions humanitaires
soient conçues et mises en œuvre par des organisations disposant des compétences
techniques requises dans les domaines spécifiques couverts par des interventions en
éducation.

Lors d’urgences, des zones d’accueil destinées aux enfants peuvent être mises en place
par les partenaires, et se sont avérées être des points de réception efficaces pour les
messages/activités en termes de RRC. Ces espaces sont censés servir de zones de
sécurité dédiées aux enfants où ceux-ci peuvent jouer, se sociabiliser, apprendre et


reprendre une vie normale, en communauté, alors que leurs vies ont été perturbées par
une catastrophe.24
Les établissements scolaires
Apprendre les risques et les dangers dès le peuvent donner l’exemple en matière
plus jeune âge a des impacts positifs. Les
établissements scolaires peuvent donner de réduction des risques par le biais
l’exemple en matière de réduction des risques de la participation au sein de leurs
par le biais de la participation au sein de leurs communautés.
communautés.25 Le slogan de la campagne du
SIPC des Nations unies (2006-2007) annonçait en effet que la RRC commence à l’école
(DRR Begins at School). Ceci s’inscrit comme la troisième priorité du Cadre d’action de
Hyogo qui défend « l’utilisation des savoirs et des systèmes éducatifs pour la mise en
place d’une culture de sécurité et de résilience à tout niveau ».

Parmi les diverses interventions, les partenaires peuvent envisager les mesures
suivantes :
• Soutien à la poursuite de l’enseignement suite à une catastrophe ;26
• Formation à la RRC, y compris des campagnes de sensibilisation à cet aspect et
l’inclusion de la RRC dans le cursus scolaire ou les activités extrascolaires ;
• Garantir la sécurité et la résistance des structures physiques utilisées pour
l’enseignement, par exemple via des plans de sécurité ;
• Réduction des risques pour le secteur éducatif en promouvant des indicateurs/
outils spécifiques, comme des codes de construction, des écoles plus sûres ;
• Promotion du rôle des enfants dans la diffusion de la RRC, entre pairs ou par des
mesures prises par les enfants ;
• Prise en compte des enfants qui n’ont pas accès à une éducation officielle ;
• Formation des adultes.

3.6 RRC et abris27


Portée du travail dans le domaine des abris
Les activités prises en compte dans le secteur des abris incluent les abris temporaires
d’urgence, les centres semi-permanents de réhabilitation après une catastrophe ainsi
que la fourniture d’articles non alimentaires et d’espèces/coupons.

24 - Voir Les espaces amis des enfants en situations d’urgence : Manuel destiné au personnel de Save the Children (2008).
25 - Voir B. Wisner, Let our children teach us! A review of the role of education and knowledge in disaster risk reduction, UNISDR (2006).
26 - À la suite d’une catastrophe, les écoles peuvent servir d’abris, en remettant ainsi en cause la continuité de l’éducation et la
stabilité des écoles.
27 - Voir le chapitre sur les abris du Manuel du projet Sphère et les conseils techniques fournis par le Shelter Centre library.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
34

La fonction principale de toute forme d’abri est de protéger contre les éléments de
la nature. L’abri est également essentiel pour apporter de la sécurité, protéger les
personnes et les biens, garantir la santé, prévenir les maladies, assurer la dignité
humaine, promouvoir la vie en famille et en communauté ainsi que pour soutenir le
relèvement rapide après catastrophe.

La DG ECHO reconnaît la complexité des interventions dans le secteur des abris en


raison des compétences techniques qu’il nécessite mais aussi de ses liens avec des
initiatives à plus long terme et avec une gouvernance efficace.

L’abri temporaire d’urgence comprend la fourniture d’abris temporaires dans le cadre


de crises humanitaires, y compris (non-exhaustif) : la fourniture de tentes, matériaux
de construction d’abris temporaires (bâches en plastique, bois, revêtement de toiture,
clous, outils, cordages, etc.) et la réparation et/ou la modification de bâtiments publics
susceptibles d’accueillir provisoirement les sans-abri. Les actions de réhabilitation
après une situation d’urgence/un abri semi-permanent impliquent la fourniture d’un
abri comme solution à plus long terme, y compris (non-exhaustif) : un soutien aux
structures d’accueil, la fourniture de matériaux et d’outils pour la construction et la
réparation des abris et, dans des cas exceptionnels, la reconstruction effective ou la
réparation d’abris.

Justification en termes de RRC dans le domaine des abris


Dans la mesure où il s’agit d’un élément matériel, les abris peuvent être
particulièrement vulnérables aux catastrophes. L’abri représente un bien
essentiel pour une famille et sa perte ou sa démolition peut davantage exposer
cette famille et la rendre plus vulnérable. L’absence d’abri sûr et approprié
représente un risque majeur pour les personnes affectées par une catastrophe.
Des abris mal situés, mal conçus ou mal entretenus, sont ainsi l’une des
principales causes de mortalité suite à des aléas comme des tremblements de
terre (Haïti en 2010, par exemple). Le déplacement ou la perte d’un abri rend
les personnes plus vulnérables aux éventuelles répliques sismiques ainsi qu’au
climat (pluie, neige, vent, chaleur), aggravant ainsi l’impact de la catastrophe.

Approche de la RRC en matière d’abris


La DG ECHO exige que toute action humanitaire prenne en compte les risques potentiels,
ce qui signifie que l’analyse et la conception doivent être fondées sur une évaluation
solide de ceux-ci et que l’intervention doit chercher à réduire les risques immédiats et
futurs. Cela peut impliquer :
• La réduction directe des risques pour les personnes. Ceci inclut les risques immédiats,
comme les maladies et les décès dus au froid, les mesures de prévention de la
violence sexiste dans les camps (par exemple, emplacement des latrines, éclairage
suffisant et sécurité). Il faut également tenir compte des risques à plus long terme,
comme l’impact sur la famille et la vie communautaire, ainsi que les moyens de
subsistance ;
• La résistance aux risques des interventions pour les protéger contre des aléas futurs,
en veillant notamment à ce que les abris soient conçus autant que possible pour
résister à des aléas comme le vent, les inondations ou les tremblements de terre.

La DG ECHO considère que les bonnes pratiques professionnelles dans le domaine des
abris devraient intégrer un grand nombre, si ce n’est la plupart des aspects de RRC. La
DG ECHO exigera par conséquent que les interventions humanitaires soient conçues et
mises en œuvre par des organisations disposant des compétences techniques requises
dans les domaines spécifiques couverts par des interventions sur les abris.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
35

Si la fourniture d’abris d’urgence lors de la réponse est en général une solution


provisoire ou de transition, les populations ont tendance à réhabiliter ou à commencer à
reconstruire leurs foyers très rapidement. Cette étape représente donc une opportunité
pour le renforcement des capacités, la sensibilisation ou la réduction des risques en vue
de construire des logements plus sûrs à l’avenir.

Durant les phases de relèvement et de reconstruction, il importe de tenir compte des


problèmes sous-jacents qui ont empêché la construction d’abris plus sûrs ainsi que
des risques qui menacent leur durabilité. La construction d’abris selon des normes plus
strictes, moins sensibles aux aléas spécifiques au contexte, contribuera à réduire les
risques à long terme. Des abris reconstruits ou réhabilités en tenant compte de risques
futurs s’avéreront plus durables. L’intégration, par exemple, d’éléments de construction
résistant aux séismes, comme des contreventements et des étançons, peut réduire
les risques futurs liés aux tremblements de terre. De même, la construction d’abris en
hauteur (logements surélevés ou centres d’évacuation polyvalents, par exemple) dans
des zones inondables peut apporter une protection précieuse.

Il convient de mettre ces mesures en œuvre dans le cadre de l’évaluation des risques
locaux (cartographie des zones à risques et des logements précaires, par exemple),
de l’amélioration des pratiques de construction et des compétences locales, du

Étude de cas 10 : Préparation aux


catastrophes dans un camp de
Port-au-Prince (Haïti)
Les séismes survenus en janvier 2010 à Haïti ont provoqué
le déplacement de plus d’1,5 million de personnes. Après
le tremblement de terre, le plus urgent était d’héberger les
centaines de milliers de personnes déplacées, et des camps ont
été montés pour les abriter provisoirement. Il fallait agir vite,
les terrains manquaient, il y avait donc très peu de choix pour
les sites. Beaucoup de camps ont ainsi été installés dans des
zones à haut risque.
Pour limiter ces risques, la DG ECHO a subventionné des
actions de ses partenaires, notamment de la Croix-Rouge,
afin de promouvoir la préparation aux catastrophes. Ces
actions incluaient notamment d’adapter des outils pour
évaluer vulnérabilités et capacités, soutenir dans les camps
systèmes d’alerte précoce et équipes d’intervention d’urgence,
ainsi qu’évaluer les vulnérabilités au niveau communautaire.
Des évaluations de risques ont été menées pour identifier les
camps les plus exposés mais aussi soutenir l’élaboration et la
mise en œuvre de mesures d’atténuation du risque pour ces © ECHO/Susanna Perez Diaz and Vincente Raimundo
camps.
Ces évaluations ont également permis d’identifier les camps
prioritaires pour des évacuations en cas de cyclone tropical
menaçant Port-au-Prince. C’est dans ce contexte que la tempête
tropicale Isaac a frappé le pays en 2012. Ces camps ont été les
premiers à être évacués avant d’être frappés par la tempête, ce
qui a permis de sauver de nombreuses vies et d’éviter bien des
souffrances.
Cette étude de cas témoigne de l’importance de l’intégration
d’une analyse de risques, et des mesures de réduction des
risques associées dans la conception et la mise en œuvre des
interventions humanitaires à toutes les étapes du processus.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
36

perfectionnement des matériaux et des techniques du bâtiment, d’une plus grande


accessibilité et d’une planification en cas d’urgence (stockage de réserve) pour de
futures catastrophes.


Dans les cas de déplacements importants et
en présence de camps, la planification et la
Dans les cas de déplacements gestion des camps devraient se faire sur la
importants et en présence de camps, base d’une approche fondée sur l’analyse des
la planification et la gestion des risques.28
camps devraient se faire sur la base Les interventions en matière d’abris pourront
d’une approche fondée sur l’analyse être de plus en plus fréquentes en milieu urbain
des risques. (Port-au-Prince, Haïti 2010, par exemple),
lequel se caractérise souvent par un manque
de planification, une mauvaise qualité des
constructions, de la surpopulation, un accès limité et un manque d’espaces ouverts.
Une attention particulière doit être accordée aux défis à relever dans de tels contextes :
voir ci-après la section 3.10.2 (« La RRC en contexte urbain »).
Certaines actions de RRC ciblée mises en œuvre par des partenaires traitent des
questions d’abris. Plusieurs campagnes du SIPC des Nations unies ont bénéficié de
financements de la DG ECHO pour promouvoir une plus grande sécurité dans des
secteurs pertinents pour les abris, comme les campagnes en faveur de la sécurité à
l’école et des hôpitaux,29 et plus récemment l’action Pour des villes résilientes.

Parmi les exemples de mesures, citons les approches de développement et d’essai


(de démonstration) en faveur d’abris plus sûrs. La gestion des abris au niveau
communautaire peut être considérée comme une approche possible. Dans les zones
inondables, des initiatives ont permis de construire des hébergements surélevés, de
sécuriser la zone ou de construire des bâtiments à multiples usages (au Bangladesh
par exemple) pour mettre à l’abri de façon sécurisée un grand nombre de personnes.

3.7 RRC et WASH30 et 31


Portée du secteur WASH
L’acronyme WASH (Water, Sanitation, Hygiene) se réfère à l’eau, l’assainissement et
l’hygiène. Le but de l’intervention de la Commission dans le cadre WASH est de «
sauver et de préserver la vie et de soulager les souffrances des populations qui doivent
affronter d’importants risques sanitaires environnementaux et/ou liés à l’insécurité
hydrique dans le contexte d’une crise humanitaire anticipée, en cours ou récente ». Les
objectifs spécifiques de cette intervention sont les suivants :
a) Garantir un accès en temps voulu et en toute dignité à des services WASH
suffisants et sûrs pour des populations menacées par des crises humanitaires en
cours, imminentes ou futures, et améliorer leur résilience afin de pouvoir résister
au stress et aux chocs causés par l’eau.
b) Mettre en œuvre des mesures pour prévenir la propagation de maladies liées aux
questions WASH au sein de populations menacées par des crises humanitaires en
cours, imminentes ou futures.

28 - Voir Norwegian Refugee Toolkit, The Camp management toolkit (2008), et notamment le Chapitre 6 sur l’environnement.
29 - Voir One Million Safe Schools and Hospitals Campaign.
30 - Voir le Document de travail des services de la Commission sur la politique humanitaire WASH, Meeting the challenge of rapidly
increasing humanitarian needs in Water, Sanitation and Hygiene (SWD (2012) 277).
31 - Voir Global WASH Cluster, Réduction des risques de catastrophes et eau, hygiène et assainissement: directives complètes (2011).
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
37

c) Améliorer l’impact, la pertinence, l’efficacité et l’efficience de la fourniture d’une


assistance WASH en renforçant les capacités du système de l’aide humanitaire, y
compris ses mécanismes de coordination.

Le secteur WASH inclut entre autres activités le renforcement des capacités WASH et
les opérations d’urgence WASH, la coordination, la réhabilitation, le déploiement et le
fonctionnement des systèmes d’approvisionnement en eau et de traitement de l’eau,
les installations sanitaires et la gestion des déchets, le contrôle des vecteurs et la
promotion de l’hygiène. Pour une liste plus détaillée des opérations d’urgence WASH,
voir l’annexe au Document de travail des services de la Commission sur la politique
humanitaire WASH (SWD(2012) 277).

Justification en termes de RRC dans le cadre de WASH


La mesure dans laquelle des considérations de RRC devront être prises en compte
dans des interventions WASH dépendra du type d’aléas à affronter et du niveau
de vulnérabilité. Un événement soudain (inondations, séisme, ouragan, etc.) peut
détruire ou gravement endommager les infrastructures, ainsi que limiter les
capacités des prestataires de services (communautés, secteur gouvernemental
ou privé, par exemple) pour l’exploitation et la maintenance des systèmes. Une
catastrophe à développement plus lent ou chronique, comme une sécheresse, peut
limiter de façon drastique les ressources en eau, en asséchant les eaux de surface
et en abaissant le niveau des nappes phréatiques.

Étude de cas 11 : Intégration de la RRC dans une réponse d’urgence aux


inondations (Gambie)
La Gambie est une étroite bande de terre située de chaque particulièrement élevé pour la santé. Dans les zones
côté du fleuve Gambie. Elle a été victime ces dernières concernées, des toilettes surélevées de démonstration
années d’inondations aggravées par une urbanisation ont été construites à titre d’exemple. Ces mesures ont été
non planifiée. complétées par la formation d’artisans compétents pour
En 2010, à la suite d’inondations qui avaient affecté plus la construction des latrines.
de 50 000 personnes, la DG ECHO a apporté son aide à D’autres mesures incluaient :
Concern Universal pour une réaction à échelle limitée afin • La formation à la gestion des risques d’inondation
de répondre aux besoins d’urgence tout en travaillant à pour les responsables RRC dans les communautés ;
réduire l’impact d’inondations futures. Le programme a • Des évaluations des risques, des plans de contingence
été conçu de façon à intégrer systématiquement la RRC pour les communautés ainsi que des exercices de
dans chaque composante de la réaction d’urgence. Ceci cartographie des risques ;
permettait de conditionner l’intervention de manière à
réduire le risque de catastrophes futures.
• La fourniture de kits et d’équipements de réponse ;
Une analyse des risques initiale a permis de révéler
• Le nettoyage régulier des canaux d’évacuation avant
la prochaine saison des pluies ;
l’obstruction des canaux de drainage, la déficience des
techniques de construction dans les zones périurbaines • La formation des travailleurs communautaires et
sujettes à des inondations et la mauvaise qualité des des dirigeants à la réhabilitation des logements,
services (y compris d’eau, d’assainissement et d’hygiène) y compris à l’utilisation de matériaux de meilleure
comme autant de problèmes critiques à traiter. qualité, de techniques de construction plus efficaces
et à la sélection des sites ;
L’intervention d’urgence en termes d’eau et
d’assainissement incluait une distribution immédiate • Le développement et la promotion d’une conception
de solutions de traitement d’eau pour les ménages (kits améliorée de logements résistant aux inondations au
WASH) ainsi qu’une promotion de l’hygiène. Afin de limiter sein de la communauté.
les risques d’utilisation d’eau contaminée au départ Grâce aux subventions de la délégation de l’UE et au
de puits non protégés, l’intervention s’est attachée à soutien gouvernemental, la réhabilitation, le nettoyage et
augmenter le nombre de robinets d’eau du réseau public la construction de nouveaux systèmes de drainage ont pu
dans la zone. être réalisés suite aux inondations de 2010.
L’effondrement ou le débordement des latrines Cette intervention intégrée de RRC a prouvé son efficacité
creusées à même le sol, surtout dans les zones aux lorsque les régions affectées sont restées hors de danger
nappes phréatiques élevées, représentait un risque durant les inondations de 2012.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
38

Approche de la RRC pour WASH


La DG ECHO exige que toute action humanitaire prenne en
Encadré 8 : Les compte les risques potentiels, ce qui signifie que l’analyse et
différences d’impact des la conception doivent être fondées sur une évaluation solide
catastrophes sur les de ceux-ci et que l’intervention doit chercher à réduire les
risques immédiats et futurs. Cela peut impliquer :
femmes et les hommes
• La réduction directe des risques pour les personnes. Ceci
« La nature et l’ampleur des risques liés peut inclure des risques immédiats comme les maladies
aux catastrophes et au changement et les décès liés à des pathologies relevant de questions
climatique chez les femmes et les WASH, comme par exemple le choléra et/ou des stress
hommes (et les filles et les garçons) et chocs hydriques aigus. L’action peut également tenir
sont différentes selon les lieux et les compte de risques à plus long terme, comme l’impact du
circonstances. forage de puits sur l’assèchement des nappes aquifères
En termes de risques de mortalité lors d’une opération d’urgence.
faisant suite à des aléas, pendant • La résistance aux risques des interventions pour les protéger
l’ouragan Mitch (1998), plus d’hommes contre des aléas futurs, en veillant notamment à ce que les
que de femmes sont décédés parce que points d’eau soient conçus pour résister à des aléas comme
les hommes étaient plus impliqués dans
le vent, les inondations, ou les tremblements de terre.
les efforts de sauvetage, tandis que lors
du tsunami survenu dans l’Océan Indien
(2004), plus de femmes que d’hommes La DG ECHO considère que les bonnes pratiques professionnelles
sont décédées parce qu’elles étaient dans le domaine de WASH devraient intégrer un grand nombre,
moins susceptibles de savoir nager et si ce n’est la plupart des aspects de RRC. La DG ECHO exigera
que leurs longs vêtements gênaient par conséquent que les interventions humanitaires soient
leurs mouvements. conçues et mises en œuvre par des organisations disposant des
Mais le risque peut aussi impliquer compétences techniques requises dans les domaines spécifiques
la perte de ses moyens d’existence, couverts par des interventions WASH.
de son habitation, de sa santé et de
son bien-être. Après le tremblement Il est essentiel de tenir compte d’une gestion de l’eau intégrée
de terre survenu au Pérou (2007), le dans les zones où l’approvisionnement en eau n’est pas
taux de chômage avait augmenté plus assuré, à risque de catastrophes, ou présentant une fragilité
fortement chez les femmes que chez environnementale. Dans un bassin hydrographique, des mesures
les hommes parce que les industries d’extraction/de pompage de l’eau en amont peuvent avoir des
de production et de services clés qui
répercussions négatives en aval (en détournant par exemple
les employaient avaient été touchées,
l’eau de petites rivières pour augmenter l’irrigation).
alors que dans l’Australie rurale, des
périodes répétées d’inondation et de
sécheresse ont des répercussions plus
importantes sur la santé mentale et le 3.8 Protection et questions transversales en
taux de suicides des hommes que sur matière de RRC32
ceux des femmes.20 Une étude des
inondations de 2007 au Népal a établi En cas de catastrophe, les systèmes normaux de protection
que les femmes en particulier avaient peuvent s’effondrer ; certains groupes peuvent être affectés de
été affectées par l’anxiété, l’insomnie et façon disproportionnée et doivent alors adopter des mécanismes
un sentiment d’impuissance à la suite de survie qui les rendent plus vulnérables. Les jeunes hommes
de leur déplacement et de la perte des peuvent être recrutés dans des groupes militaires ou criminels,
réseaux sociaux dont elles dépendaient.»
les jeunes femmes peuvent être davantage exposées au viol
Extrait de Vers la résilience : Un Guide et au commerce sexuel,33 des logements inadéquats peuvent
pour la RRC et l’ACC – Page 25, Projet exposer leurs habitants au vol et à la violence, les personnes
ECB, (2012) âgées peuvent se retrouver isolées et les enfants séparés de

32 - La DG ECHO a élaboré une stratégie en termes de genre, ainsi qu’un marqueur de genre et
d’âge susceptible de fournir un certain nombre d’orientations et de conseils pour la réduction des
risques de catastrophe liés au sexe et à l’âge.
33 - HAP, Survival sex in Haiti IDP Camps (2011).
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
39

leurs familles. Selon un principe élémentaire de l’aide humanitaire (voir le Manuel


SPHERE), les personnes affectées par des catastrophes ont droit à une protection, une
assistance et à une vie dans la dignité. Une approche informée des risques tiendra
compte de tout l’éventail des besoins de protection de différents groupes. Une analyse
des risques dûment menée identifiera les questions de protection essentielles pour ces
groupes vulnérables, et une programmation tenant compte des risques pourra veiller
à ce que ces besoins de protection soient pris en compte. Une préparation efficace aux
catastrophes et le plaidoyer sont des éléments essentiels pour la protection.

Voir les principes de protection élémentaires fournis par le Manuel SPHERE (2011),
ainsi que tous les outils, orientations et informations disponibles sur la page Internet
du Cluster Global Protection.

Le genre est une préoccupation essentielle en matière de RRC. L’expérience acquise


lors de catastrophes passées a démontré un impact disproportionné sur les femmes
et les jeunes filles. Le bilan a été bien plus lourd chez les femmes et les jeunes filles
pour des raisons telles qu’un degré de préparation plus faible, ou un manque de
participation dans les décisions prises au niveau des ménages ou de la communauté.
Compte tenu des rôles différents assumés au sein de la société, les femmes et les
hommes peuvent avoir des priorités différentes ou une opinion différente des priorités
et des mesures à prendre pour réduire les risques. La prise en compte de l’opinion
à la fois des femmes et des hommes, des filles et des garçons, qui doivent être
entendus, pouvoir participer et prendre des décisions, est essentielle à une réduction
efficace des risques de catastrophes. Il est impossible d’atteindre la résilience de

Étude de cas 12 : Des abris adaptés à tous (Bangladesh)


M. Tajul Islam est âgé de 70 ans. Il a le côté gauche du parmi d’autres améliorations. Des maçons locaux ont
corps paralysé et est soigné par sa belle-fille, Royeka et été formés à la réalisation des travaux d’accessibilité, ce
son fils, Saifuddin. Au moment du cyclone SIDR (2007), qui a permis de retenir les compétences au sein de la
Saifuddin a entendu l’alerte à la radio et a transporté communauté.
Tajul et sa femme (également paralysée) à l’abri prévu Des mesures comme les exercices de simulation et
à cet effet. Royeka raconte : « C’était extrêmement des visites des autorités locales ainsi que de personnes
dangereux de les transporter jusqu’à cet abri car il n’y handicapées ont permis d’attirer l’attention sur les
avait pas de rampe d’accès. À l’intérieur, les passages améliorations afin que la population puisse à nouveau
étaient aussi démolis. Et pour s’en occuper à l’intérieur faire confiance à cet abri. En 2012, le gouvernement
de l’abri, c’était également très difficile… » Saifuddin et du Bangladesh a entériné de nouvelles mesures de
Royeka avaient donc hésité à emmener leurs parents gestion et de maintenance des abris contre les cyclones,
dans cet abri.
imposant désormais l’intégration de rampe d’accès dans
Avec l’aide de la DG ECHO, Handicap International (HI) tous les nouveaux abris. Le gouvernement du Bangladesh
a soutenu dans le cadre du projet « Make community- a coopéré avec HI et d’autres partenaires DIPECHO à
based disaster risk management inclusive in South Asia » l’élaboration de normes d’accessibilité minimum pour
(« Intégration des personnes handicapées dans la gestion cette nouvelle stratégie, tout en organisant des visites
des risques de catastrophes au niveau communautaire et une formation permettant de mieux expliquer les
en Asie du Sud ») un audit d’accessibilité à cet abri en problèmes de vulnérabilité.
cas de cyclone en 2011. Les résultats ont confirmé
qu’il n’était pas accessible aux personnes handicapées. En ce qui concerne ces récents changements, pour
C’est dans ce contexte que HI et son partenaire local, Royeka, c’est évident : « Ce sera beaucoup plus simple
en collaboration également avec le comité de gestion de l’emmener jusqu’à l’abri en fauteuil roulant, et de
des abris contre les cyclones qui compte parmi ses s’en occuper. Désormais, je n’attendrai plus le dernier
membres des personnes handicapées, ont procédé à des moment car l’abri est pourvu d’une rampe d’accès, de
améliorations d’accessibilité. Il s’agissait de supprimer toilettes confortables, d’eau et de couvertures. »
les obstacles à l’entrée, de construire une passerelle Cette étude de cas illustre la façon dont de bonnes
jusqu’au rez-de-chaussée, d’élargir les passages pratiques peuvent être élaborées au niveau local, et
jusqu’à la salle de bains et jusqu’aux toilettes, ainsi que adoptées à plus large échelle grâce à une coopération
d’aménager la surface de façon à éviter les glissades, avec les pouvoirs publics.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
40

la communauté et de l’y préparer avec succès si les rôles et les dynamiques des
différents sexes ne sont pas pris en compte. Il est donc indispensable de prendre en
compte la question du genre dans le cadre d’une analyse des risques.

L’âge est un facteur d’influence majeur sur la vulnérabilité aux catastrophes. Une
participation efficace des personnes âgées et des enfants34 peut permettre de
concevoir des mesures susceptibles de sauver des vies et de les mettre en œuvre
de façon à inclure les besoins spécifiques des différents groupes d’âges.

Un certain nombre d’initiatives de réduction des risques de catastrophes sur la


base d’une approche fondée sur les droits a souligné le rôle des enfants comme
agents du changement, y compris pour des interventions de préparation aux
catastrophes menées par et pour des enfants. Cela inclut des activités telles
qu’une collaboration avec les Ministères de l’Éducation et des organisations
nationales de RRC en vue d’élaborer des manuels de sécurité scolaire, et d’inclure
la RRC dans le cursus scolaire.

Le savoir traditionnel et la mémoire des anciens de la communauté peuvent


également être une source précieuse d’orientation dans le cas de la réduction de
risques de catastrophes.

Les hommes, les femmes et les enfants handicapés passent souvent inaperçus
dans les processus de RRC. Ils présentent toutefois des vulnérabilités spécifiques
et des capacités qu’il convient de prendre en compte lors de la planification et de
la mise en œuvre de l’intervention. Le manque d’accessibilité à des services liés
à la catastrophe comme les systèmes d’alerte précoce, les abris et les soins de
santé fait partie des problèmes à prendre en compte. En améliorant la visibilité
et la participation active des personnes handicapées à l’analyse et aux décisions
communautaires, leurs besoins seront mieux pris en compte. Le renforcement
des capacités des organisations de défense des personnes handicapées est
également considéré comme essentiel pour inciter à une plus forte participation.

3.9 Les sous-secteurs de la RRC/préparation aux catastrophes


« La réduction de risques de catastrophes/préparation aux catastrophes » fait
partie des douze secteurs reconnus par la DG ECHO. Ce secteur est subdivisé en
sept sous-secteurs :
• Composantes de gestion locale des catastrophes ;
• Liens institutionnels et information (plaidoyer) ;
• Information, éducation, communication ;
• Services et infrastructure à petite échelle ;
• Constitution de stocks d’urgence et de matériel de secours ;
• Protection des moyens de subsistance et des moyens économiques ;
• Autres.

La DG ECHO reconnaît que nombre des activités qui suivent pourraient être
considérées comme des « mesures de développement », et ne s’engagera dans
ces activités qu’aux conditions fixées par le Plan de mise en œuvre humanitaire
et les lignes directrices opérationnelles.

34- Voir Global Protection Cluster, Standards minimums pour la protection de l’enfance dans l’intervention humanitaire (2012).
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
41


Après une catastrophe, les inquiétudes
sur la question des catastrophes sont Après une catastrophe, les
probablement plus présentes, les mesures inquiétudes sur la question des
de réduction de risques suscitent un
intérêt accru et les fonds spécifiques sont
catastrophes sont probablement plus
potentiellement plus disponibles. C’est présentes, les mesures de réduction de
peut-être alors le moment d’introduire ou risques suscitent un intérêt accru et les
de revisiter des pratiques ou des mesures
susceptibles de contribuer à réduire les fonds spécifiques sont potentiellement
risques futurs. Dans les sections ci-après, plus disponibles.
on trouvera une courte explication et des
exemples pour chacun de ces sous-secteurs.

3.9.1 Composantes de gestion locale des catastrophes

Renforcement des capacités/Formation au niveau local


Le renforcement des capacités et la formation au niveau local se rapportent
à des mesures liées au renforcement des capacités de la communauté et des
acteurs présents localement afin de mieux se préparer, de mieux atténuer les
aléas naturels et de mieux y réagir. Cette approche vient renforcer le principe
selon lequel l’action d’ECHO est centrée sur les personnes. De telles mesures
cherchent à promouvoir une plus grande inclusion et prise en compte de groupes
exposés à des risques particuliers, dont les femmes, les enfants, les personnes
âgées, les personnes handicapées et d’autres groupes marginalisés. Les activités
peuvent inclure :
• Le renforcement des systèmes et des mécanismes d’intégration et de participation
à la gestion du risque au niveau local.
• Une mobilisation de la communauté promouvant l’intégration des femmes,
des enfants, des personnes âgées et des personnes handicapées, couvrant des
questions comme l’élaboration participative de stratégies locales de préparation
aux catastrophes et de plans d’urgence ;
• Une coordination avec les autorités et les systèmes de gestion de catastrophes
(sous)-nationaux, ainsi que la mise en place d’alliances en termes de RRC ;
• La promotion d’actions pilote et de la reproduction des bonnes pratiques en
matière de RRC, y compris par exemple en soutenant l’organisation et la formation
de comités d’urgence/brigades au niveau local ;
• La formation de bénévoles de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, de médiateurs
communautaires et de mobilisateurs ;
• La mise en place/formation d’Unités de Défense/Protection civile ;
• La formation des équipes médicales à la gestion d’un grand nombre de blessés ;
• La formation des membres de la communauté au recours à des stratégies de
réaction sûres, aux premiers secours, aux opérations de recherche et sauvetage,
aux évaluations des dégâts et à l’analyse des besoins ;
• La conception, la mise en œuvre et l’évaluation d’exercices de simulation au
niveau local.

Systèmes d’alerte précoce


Les Systèmes d’alerte précoce (SAP) peuvent être définis comme : « l’ensemble
de capacités nécessaires pour générer et diffuser des informations opportunes et
utiles permettant à des individus, des communautés et des organisations menacées
par des aléas de se préparer et de réagir dûment et dans un délai suffisant pour
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
42

réduire les probabilités de préjudice ou de perte ». Un système d’alerte précoce


centré sur les personnes inclut quatre éléments-clés : connaissance des risques ;
surveillance, analyses et anticipation des aléas ; communication ou diffusion
d’alertes et d’avertissements ; et capacités locales de réponse aux alertes reçues.
Ces activités peuvent inclure :
• La réactivation et/ou le renforcement d’une connaissance locale traditionnelle en
matière de SAP ;
• Des études techniques menées spécifiquement pour mettre en place un SAP (par
exemple, une étude hydrologique) ;
• Des systèmes de suivi (par exemple, installation de pluviomètres) ;
• Un appui aux services d’alerte, y compris la formation d’opérateurs de SAP ;
• Un réseau de communication (l’installation de réseaux radio, par exemple) ;
• Des exercices de simulation ;
• Des échanges régionaux et nationaux d’expertise technique en matière de SAP.

Cartographie et informatisation des données


Ceci comprend un éventail d’activités liées à la cartographie et à la gestion de données
utiles à l’analyse des risques et à la prise de décision. Ces activités peuvent inclure :
• La collecte de données, des études en vue d’une cartographie des risques ;
• La cartographie des risques de la communauté et des systèmes d’information
géographiques (GIS), incluant une modélisation participative en 3 dimensions
(modèle réduit) ;
• L’indication des voies d’évacuation sur des affiches murales et des panneaux/
posters, visibles par tous ;
• L’impression, la distribution et la diffusion des données/cartes produites.

3.9.2 Liens institutionnels et information (plaidoyer)

Le plaidoyer s’entend comme un processus visant à influer sur des personnes,


des stratégies, des systèmes et des décisions d’attribution de ressources afin de


favoriser le changement. Cette stratégie peut
chercher à influencer toutes sortes de publics,
Le plaidoyer s’entend comme y compris des gouvernements, des bailleurs,
un processus visant à influer sur la société civile, le secteur privé, les médias,
des personnes, des stratégies, etc. Le renforcement institutionnel couvre des
mesures cherchant à renforcer les capacités
des systèmes et des décisions d’institutions essentielles en termes de RRC.
d’attribution de ressources afin de Ceci peut impliquer des mesures de soutien
en vue de renforcer les relations entre les
favoriser le changement. communautés et les institutions concernées.
Ces activités peuvent inclure :
• La promotion d’une intégration de la RRC dans la planification et la budgétisation
du développement ;
• Un plaidoyer adressé aux principaux responsables de gestion des catastrophes
pour l’intégration de mesures de RRC dans la planification régulière ;
• La formation de décideurs à différents niveaux pour l’état de préparation aux
catastrophes/la réduction des risques ;
• Une formation et des matériaux d’information en termes de RRC pour les autorités
locales, les centres de soins et d’autres institutions compétentes ;
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
43

• Un plaidoyer adressé au Ministère de l’Éducation pour


l’intégration de la RRC dans les curriculums/formations Étude de cas 13 :
des enseignants.
Partenariats public privé
La coordination et le dialogue entre les multiples acteurs sont
essentiels pour une RRC et des réponses efficaces. Les activités
(Pérou)
destinées à faciliter la coordination peuvent inclure : Au Pérou, la plupart des dispositifs logis-
tiques et de stockage appartiennent à des
• Un soutien apporté aux fora/réunions/mécanismes entre sociétés privées. Compte tenu de l’expo-
institutions ; sition de la région à des catastrophes de
• Le travail avec des groupes sectoriels et des Clusters sur la grande ampleur qui nécessiteraient un
coordination ; déploiement plus important de ressources
• La mise en place et le renforcement de plateformes, logistiques, les partenaires de la DG ECHO
réseaux et autres groupes de coordination du niveau ont encouragé un accord entre les princi-
pales sociétés privées présentes dans les
régional au niveau local ;
zones exposées aux séismes, et la Protec-
• Une coopération régionale, l’échange d’experts et entre tion civile nationale. Grâce à l’accord signé,
pairs, ainsi que la promotion d’une mise en réseau de la certaines des plus grandes sociétés se
RRC ; sont engagées à mettre à disposition leurs
• La standardisation des matériels d’information, éducation et équipements de stockage et de transport
communication (IEC) ainsi que des protocoles d’exploitation. pour une action humanitaire en cas de
catastrophe majeure.

3.9.3 Information, Éducation, Communication

Dans le domaine de la RRC, la sensibilisation du public cherche à promouvoir une culture


de sécurité. Cela peut inclure :
• Des campagnes de sensibilisation organisées par la communauté (théâtre, radio
communautaire, vidéo participative, etc.) ;
• L’élaboration de matériaux de sensibilisation : prospectus, posters, panneaux
d’affichage, brochures, annonces radio/service public ;
• L’implication des médias, par exemple, la télévision articles publiés dans des
journaux et magazines ;
• Une sensibilisation entre pairs, des conférences, séminaires, symposiums,
expositions, ateliers ;
• Des ateliers de formation destinés aux médias / journalistes.

Dans ce contexte, le terme « éducation » recouvre les nombreuses manières formelles


(par l’intermédiaire des établissements scolaires et des universités) et informelles de
transmission d’un savoir, de compétences, d’expériences, d’engagement de groupes
de personnes, et comprend l’utilisation des médias, de campagnes de sensibilisation,
d’événements spéciaux, etc. Ces activités peuvent inclure :
• La conception et la production de matériaux de formation pour les élèves et les
enseignants ;
• La formation des enseignants et des élèves ;
• Une planification d’urgence au niveau scolaire ;
• La réalisation d’exercices de simulation et l’établissement de SAP au niveau scolaire ;
• La formation d’étudiants à des services élémentaires en cas de situation d’urgence ;
• Le développement d’une « culture de prévention » pour la jeunesse et les enfants,
incluant des activités extrascolaires ;
• La planification de la continuité de l’enseignement en cas d’urgence.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
44

La DG ECHO considère que les activités de RRC centrées sur l’enfant devraient s’attacher
avant tout aux risques spécifiques auxquels sont confrontés les enfants, ainsi qu’à leur
implication dans les efforts et les initiatives de réduction des risques de catastrophe.
Les outils IEC doivent être suffisamment inclusifs pour garantir l’accès aux informations
pour tous.

3.9.4 Services et infrastructure à petite échelle

Ce sous-secteur inclut des activités d’infrastructure à petite échelle communes à


de nombreux projets DIPECHO, de même que des petites infrastructures aidant à la
préparation et des locaux facilitant la gestion des situations d’urgence. Il peut également
inclure la protection d’installations et de services critiques contre les catastrophes,
comme les communications et l’approvisionnement en énergie/électricité.

Ces activités seront envisagées uniquement à des fins de démonstration et toujours


en complément d’autres mesures de préparation aux catastrophes. Elles doivent
résulter d’une analyse des risques appropriée, être abordables et pouvoir être aisément
reproduites dans des zones voisines, et si nécessaire dans le pays/la région. Des
actions durables et des systèmes de maintenance doivent faire partie intégrante de
toute intervention. Chaque projet doit être conçu par un professionnel compétent. Ces
activités peuvent inclure :
• La construction, avec la participation de la communauté, de murs de protection le
long du lit de fleuves ;
• Des travaux de drainage et d’irrigation à petite échelle ;
• Des mesures préventives de l’érosion des sols ;
• Le renforcement des routes et des ponts ;
• Une mitigation structurelle dans des « endroits sûrs » identifiés dans les plans
d’urgence ;
• La construction d’équipements de réponse d’urgence, y compris de centres de
coordination d’urgence et de stockage d’urgence ;
• La mise en place ou la réhabilitation de centres d’hébergement d’urgence et de
voies d’évacuation;
• Des projets de démonstration, notamment sur la sécurité des constructions, à des
fins promotionnelles avec des professionnels et la communauté.

3.9.5 Constitution de stocks d’urgence et de matériels de secours

Il s’agit de la constitution de stocks de matériels de secours d’urgence afin de renforcer


la capacité de réponse des acteurs locaux et des institutions dans les zones exposées
aux catastrophes. Les kits d’urgence doivent être appropriés en fonction du sexe/de
l’âge/du handicap et de la culture. Ces activités peuvent inclure :
• L’amélioration ou la rénovation des installations du stockage ;
• La mise en place préalable de stocks (kits, produits de traitement de l’eau) ;
• La mise en place préalable d’équipements (unités de traitement d’eau, réservoirs, outils) ;
• La formation nécessaire à la gestion des stocks et la surveillance des processus de
distribution.

3.9.6 Protection des moyens de subsistance et des moyens économiques

La protection des moyens de subsistance implique la protection des systèmes


de subsistance des ménages afin de prévenir la dégradation des biens de
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
45

production ou de contribuer à leur récupération. Elle doit permettre de réduire la


vulnérabilité résultant de la vente forcée des biens de production pour pouvoir
répondre aux besoins alimentaires immédiats et autres. Une intervention de


conception efficace et opportune dans ce
domaine peut contribuer à réduire l’impact
d’une crise humanitaire majeure et réduire La protection des moyens de
considérablement les frais nécessaires pour
y faire face. La DG ECHO reconnaît qu’une
subsistance implique la protection des
protection des moyens de subsistance systèmes de subsistance des ménages
représente une mesure de développement afin de prévenir la dégradation des
et ne s’engagera dans ces activités que si
leur impact sur une catastrophe humanitaire biens de production ou de contribuer à
imminente est clairement attesté. Compte leur récupération.
tenu de ces éléments, ces activités peuvent
inclure :
• L’évaluation des risques courus par les moyens de subsistance par rapport à
différents types d’aléas ;
• L’élaboration de plans pour la protection et le redressement des moyens de
subsistance ;
• Le renforcement des capacités en matière de connaissances, des compétences et
d’expériences ainsi que des relations visant à protéger, préserver et enrichir les
moyens de subsistance de la communauté ;
• La promotion de pratiques et de données agricoles résilientes (utilisation de
semences et de cultures résistant à la sécheresse, culture sur des cycles courts,
vaccination du bétail, adaptation des calendriers agricoles aux scénarios de
changement climatique, irrigation efficace, amélioration de la transformation
alimentaire, de la conservation et de la constitution de stocks, etc.) ;
• Des actions de démonstration pour la protection des moyens de subsistance et des
biens ;
• L’amélioration des infrastructures ou des mesures de soutien pour la conservation
du sol et de l’eau menées par le biais de travail contre nourriture, argent ou d’autres
moyens ;
• La reforestation et la réparation des bassins de captage d’eau ;
• Le soutien du développement de plans de RRC familiaux intégrant la protection des
moyens de subsistance en cas d’urgence.

3.10 La RRC dans différents contextes


L’assistance humanitaire de la DG ECHO porte sur toutes sortes de contextes, des
catastrophes naturelles aux catastrophes dues à l’homme et aux crises oubliées. On
trouvera ci-après des considérations de RRC pour trois types de situations posant un
ensemble de défis spécifiques à relever pour la programmation : a) catastrophes à
évolution lente ; b) contextes urbain ; et c) urgences complexes.

3.10.1 La RRC dans le cadre des catastrophes à évolution lente

Les catastrophes à évolution lente sont potentiellement associées à des aléas


qui ne sont pas dus à un événement unique et distinct (tremblement de terre,
cyclone ou inondations), mais qui se manifestent progressivement sur la durée
(plusieurs mois ou plusieurs années), et résultent le plus souvent de tout un
ensemble de facteurs. Leur évolution lente représente un défi considérable pour
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
46

une réponse humanitaire standard : combien de personnes doivent périr ou être


gravement affectées avant qu’une réponse efficace ne soit déclenchée ? D’un
autre côté, cette évolution lente représente une opportunité du point de vue de
la RRC pour mettre en place des mesures de réponse précoce évitant un impact
catastrophique.

La sécheresse représente l’un des principaux aléas à évolution lente. En voici d’autres
exemples : la désertification, la dégradation de l’environnement, la stagnation de l’eau,
la pollution, les effets du changement climatique (montée du niveau des mers, écarts
de température, pluies), et l’infestation d’insectes.
L’intervention de la DG ECHO dans le contexte de catastrophes à évolution lente peut
être la suivante :
• Réponse humanitaire susceptible de sauver des vies par le biais d’actions dans
différents secteurs (nutrition, santé, WASH, assistance alimentaire, protection), en
s’assurant que celles-ci sont pleinement informées des risques ;
• Renforcement de l’état de préparation à l’urgence des intervenants humanitaires ;
• Soutien au relèvement par l’intermédiaire de la protection des moyens de
subsistance ;
• Soutien aux interventions de préparation de la communauté, y compris aux actions
à petite échelle et innovantes susceptibles d’être reproduites et de démontrer leur
réussite ;
• Apport d’un soutien technique, diffusion de bonnes pratiques, sensibilisation et
plaidoyer.

Dans le cas de la sécheresse, toute une combinaison de facteurs, dont la destruction


des cultures et un manque dramatique d’eau et d’aliments, détermineront la gravité
de la catastrophe. Les causes en sont souvent complexes, et incluent des facteurs
politiques, économiques et sociaux. Des conflits et/ou l’insécurité peuvent encore
aggraver un contexte alimentaire déséquilibré. Les approches d’atténuation de l’impact
d’une sécheresse ont été bien documentées. Les principales interventions cibleront
toute une gamme de stratégies pour faire face à la sécurité alimentaire et à la famine,
mais aussi pour encourager la résilience des communautés, comme :
• Le suivi de l’évolution de la sécheresse et des niveaux de vulnérabilité ;
• Le soutien apporté à la planification de la préparation et aux plans de contingence;35
• La protection de la production alimentaire et des moyens de subsistance (y compris
des biens clés) ;
• La préservation des aliments (en mettant par exemple en place des banques/stocks
de semences et d’aliments) ;
• Des actions ciblant l’assistance alimentaire ;
• Le traitement des cas de malnutrition aiguë ;
• La préservation et la protection des approvisionnements en eau ;
• La protection du bétail lorsqu’il s’agit du principal moyen de subsistance ;
• Les actions cherchant à limiter l’éventualité de catastrophes futures par le biais
d’initiatives à long terme.

Il est parfois difficile de déterminer le moment le plus propice pour intervenir dans le cadre
des aléas à évolution lente. Une coopération/coordination avec des systèmes d’alerte
précoce existants est essentielle pour se mettre d’accord sur les « déclencheurs » d’une

35 - OCHA, « OCHA and Slow-Onset emergencies », OCHA Occasional Policy Briefing Series, n°6 (2011).
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
47

action précoce. L’approche utilisée en matière de gestion du cycle de la sécheresse dans


la Corne de l’Afrique nous a permis de tirer des leçons utiles par rapport au principe qui


consiste à « faire ce qu’il faut au bon moment ».

3.10.2 La RRC en milieu urbain L’expérience a montré que la


Différentes parties du monde connaissent une
culture urbaine nécessite une approche
urbanisation accélérée, plus de la moitié de la spécifique qui ne correspond pas toujours
population mondiale vivant désormais en zone aux méthodologies et outils qui se sont
urbaine. Cette tendance devrait se poursuivre.
La croissance urbaine est accompagnée d’une avérés efficaces dans un contexte rural
vulnérabilité accrue d’une grande partie de la ou semi-urbain.
population urbaine, en raison d’un modèle
de développement urbain chaotique, d’un accès limité à la propriété de la terre et
du manque de sécurité de l’occupation des logements, ainsi que d’infrastructures
urbaines déficientes ou inexistantes. Il en résulte que les besoins d’aide humanitaire
seront sans doute de plus en plus nombreux, avec les mesures de RRC associées au
contexte urbain.

L’expérience a montré que la culture urbaine nécessite une approche spécifique qui
ne correspond pas toujours aux méthodologies et outils qui se sont avérés efficaces
dans un contexte rural ou semi-urbain. Bien que certains outils, certaines approches,
stratégies et pratiques aient déjà été adaptées aux zones urbaines à partir d’un contexte
rural, leur expansion et le développement de nouveaux outils permettant de combler
les insuffisances existantes s’avèrent également essentiels pour améliorer l’impact
et l’efficience de l’assistance humanitaire dans un contexte urbain afin qu’elle puisse
atteindre les plus vulnérables.

Voici quelques exemples de la façon dont la DG ECHO peut soutenir la réduction des
risques dans le contexte urbain :
• Promotion de la participation citoyenne et des organisations locales en faveur des
actions de réduction des risques de catastrophes ;
• Plaidoyer auprès des décideurs locaux pour élaborer une planification et une
budgétisation locales fondées sur une analyse des risques ;
• Réalisation et mise à jour d’évaluations des risques urbains, et communication des
résultats au public ;
• Évaluation de la sécurité à l’école et des équipements de santé, soutien apporté à
une mise à niveau en cas de nécessité ;
• Soutien apporté aux activités d’atténuation à petite échelle, comme l’amélioration
des évacuations suite aux inondations et la fourniture d’abris ;
• Promotion d’une sensibilisation locale et d’une réduction des risques de catastrophes
dans le cadre des programmes éducatifs ;
• Renforcement des systèmes d’alerte précoce et des capacités de gestion des cas
d’urgence ;
• Plans de contingence et exercices de simulation impliquant tous les acteurs.

La DG ECHO soutient la campagne mondiale intitulée « Pour des villes résilientes : Ma


ville se prépare ! » en encourageant davantage de gouvernements locaux et nationaux à
signer et appliquer les dix actions essentielles, mais aussi l’apprentissage de ville à ville,
la production de lignes directrices et l’organisation de formations, ainsi que l’application
de l’outil d’autoévaluation pour les autorités locales (LG-SAT).
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
48

3.10.3 La RRC en situation de crises complexes

Les situations de crises complexes sont liées à toute une série d’aléas, y compris les
conflits armés. Les aléas naturels et les conflits sont souvent étroitement liés. Les conflits


peuvent majorer les risques associés aux aléas
naturels alors que les aléas naturels (comme la
Des situations de crises sécheresse) peuvent exacerber ou générer des
complexes peuvent également conflits. Inversement, certaines catastrophes
déclenchées par des aléas naturels (comme le
entraîner une détérioration des Tsunami survenu à Aceh, en Indonésie, en 2004)
conditions socio-économiques et peuvent contribuer à une réduction du conflit.
donc augmenter la vulnérabilité par
Des situations de crises complexes peuvent
rapport à d’autres risques. également entraîner une détérioration
des conditions socio-économiques et donc
augmenter la vulnérabilité par rapport à d’autres risques. Les mécanismes de
réponse rapide sont souvent perturbés par un conflit et susceptibles d’entraver les
efforts de secours immédiats et les efforts de réhabilitation à plus long terme.

Conformément au principe « Ne pas nuire », l’action humanitaire en situation de crises


complexes doit être fondée sur une analyse des risques exhaustive, tenant compte de
tous les aléas pertinents, notamment ceux liés au conflit. Il convient entre autres de tenir
compte de facteurs comme l’intensité du conflit, le déplacement des populations, l’accès
aux ressources locales, l’espace et l’accès humanitaires, la présence de combattants,
la neutralité et la qualité de la gouvernance. Il est important d’analyser aussi bien les
risques existants que ceux à plus long terme, y compris les effets du changement
climatique et de la gouvernance.

Dans certaines situations de crises complexes, la réduction des risques associés aux
aléas naturels peut représenter un point d’entrée acceptable, notamment lorsque
les parties du conflit ont une perception négative des organisations humanitaires. La
réduction des risques dus aux aléas naturels est généralement perçue
comme « neutre » et non menaçante d’un point de vue politique.
Encadré 9 : Définition
de « crise complexe » Si l’engagement au niveau communautaire est essentiel pour la
La situation d’urgence complexe peut réussite des mesures de réduction de risques, il peut être impossible
être définie comme « une crise huma- d’obtenir la participation de tous dans certaines situations de crises
nitaire dans un pays, une région ou complexes. C’est la raison pour laquelle les intervenants humanitaires
une société dans laquelle on constate devront avoir des attentes réalistes.36
un effondrement substantiel ou total
de l’autorité à la suite d’un conflit
interne ou externe, et qui demande La DG ECHO exige que les interventions humanitaires dans des
une réaction internationale dépas- situations de conflit soient conçues et mises en œuvre par des
sant le mandat ou la capacité d’un organisations disposant des compétences techniques requises
seul organisme, et/ou le programme et de capacités solides dans des domaines spécifiques du conflit
permanent des Nations Unies dans le
couvert, notamment des connaissances liées aux dimensions socio-
pays ». (IASC, 1994).
économiques du conflit, de sa dynamique et de l’environnement
« Certaines catastrophes peuvent
résulter d’aléas différents, ou, plus local. Des alliances doivent être encouragées entre les spécialistes de
souvent, d’une combinaison complexe différents domaines.
de facteurs à la fois naturels et pro-
voqués par l’homme, et de différentes Les mesures de réduction de conflit spécifiques ne doivent être
causes de vulnérabilité. L’insécurité conçues et mises en œuvre que par des personnes compétentes et
alimentaire, les épidémies, les conflits
et les déplacements de population en
mandatées.
sont quelques exemples. » (FICR)
36 - Voir ACF-International, Disaster Risk Management for Insecure Contexts (2011).
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
49

Des mesures de réduction des risques conçues de façon attentive peuvent contribuer à
atténuer le conflit ainsi qu’à réduire le risque créé par les aléas naturels.

Étude de cas 14 : Des accords de pâturages pacificateurs entre


communautés, réduisant l’impact de la sécheresse (nord du Kenya)
Dans de nombreuses communautés pastorales, les Les deux communautés ont accepté de partager leurs
personnes doivent lutter pour leur survie, les ressources ressources, leur résilience s’étant ainsi améliorée face à
naturelles étant difficiles d’accès, le tout associé à des la sécheresse, avec une réduction de la mortalité du bétail
conflits interethniques fréquents, notamment en période et une amélioration des transactions commerciales. La
de sécheresse. Une gestion efficace de la sécheresse mise en œuvre et le suivi de cette initiative sont assurés
repose donc nécessairement sur la sécurité de l’accès à l’occasion de réunions régulières des communautés et
à l’eau et aux ressources de pâturages. Or, cet accès d’initiatives de rapprochement organisées par VSF.
nécessite des accords de pâturages réciproques entre les
La série d’accords désormais établis par l’intermédiaire
groupes en conflit. Des projets d’aide et de développement du projet de préparation à la sécheresse de VSF (ICRD)
ont pu être mis en place en tenant compte de ces conflits subventionné par la DG ECHO et mis en œuvre dans le
dans ce type de situations. nord du Kenya (district de Marsabit, au nord) et dans le sud
Au Kenya, le clan des Gabra a utilisé depuis des siècles de l’Éthiopie (Omo Sud et Zone Oromiya) témoigne de la
les terres Borana en Éthiopie comme une région de réussite de cette approche : en Éthiopie, les communautés
repli en période de sécheresse. Les Borana pouvaient à Gabra et Hammar ont élaboré un accord de pâturages
leur tour accéder aux pâturages étendus et aux routes réciproque qui a permis d’améliorer le partage des
commerciales du Kenya durant les années normales. ressources en pâturages et en eau autour des régions
Cette dernière décennie, ces accords ont été annulés et les de Sabare, Minongerti et Hado ; avec les conflits entre les
deux groupes ethniques ont traversé une période difficile Dasanach et les Gabra, les pâturages à Sabare, Darate
et dangereuse. et Bulluk n’étaient utilisés que de façon sporadique,
mais grâce aux accords de pâturages, ces zones sont
En 2009, Vétérinaires sans frontières Allemagne a lancé pleinement rentabilisées ; la communauté Dodoth en
un projet de gestion de sécheresse dans l’une de ces Ouganda et la communauté Turkana au Kenya ont passé
zones, à la frontière instable entre le Kenya et l’Éthiopie. des accords de pâturages réciproques en cartographiant
Pour pouvoir démarrer le projet, il fallait nécessairement au préalable l’ensemble de leurs districts afin d’identifier
faire cesser les hostilités entre les Gabra et les Borana, et les zones de pâturage potentielles exposées à des conflits
obtenir une sorte d’accord de paix. et difficiles d’accès. Naporoto, Loile, Pire, Matakul, et
La négociation des accords de ressources réciproques Kalopeto sont ainsi devenus beaucoup plus accessibles
représente une approche traditionnelle de la réduction pour les communautés à la frontière de ces zones après la
des risques parmi les communautés pastorales voisines. signature de ces accords.
VSF a adapté cette approche traditionnelle en une série Pour l’avenir, ces contrats de ressources entre
de 10 étapes participatives qui ont permis d’obtenir un communautés devront être reliés à des efforts de gestion
plan d’action de partage des ressources avec des règles de ressources au niveau sous-national, national et
et des réglementations clairement définies. Sur la base régional. En février 2010, VSF a pu organiser une réunion
d’un processus de facilitation intégrant la réhabilitation intergouvernementale entre les gouvernements kényan et
des infrastructures de l’eau, la construction de la paix éthiopien. À la suite de cette réunion, les gouvernements
et l’emploi d’outils de type « D’abord, ne pas nuire », ont accepté d’ouvrir les frontières et de renforcer les
les accords de partage de ressources se sont avérés accords de pâturages réciproques élaborés par les deux
extrêmement efficaces pour favoriser la résilience face à communautés, toute infraction étant passible d’une
la sécheresse et ont atténué les conflits. sanction sévère. Les deux gouvernements ont de plus
VSF a organisé dans le cadre de ce projet des réunions accepté de se réunir plus fréquemment afin de partager
entre communautés, permettant d’identifier les des informations et d’améliorer la coordination de leurs
ressources qui n’étaient pas suffisamment utilisées, de actions transfrontalières. VSF travaille désormais à une
rétablir la confiance et de déterminer des options futures. intégration accrue des accords de ressources réciproques
Les différentes communautés ont ainsi pu mettre en avec des pâturages planifiés (gestion holistique des
place un plan stratégique. Un accord réciproque a été pâturages) et une gestion participative des pâturages.
provisoirement élaboré entre les Gabra et les Borana, Cette approche « Ne pas nuire » soutient les organisations
puis ratifié et signé en 2010 en présence des principaux dans leurs initiatives d’assistance et de développement
membres de la communauté, de dirigeants politiques tout en minimisant les risques de voir leurs interventions
et de représentants gouvernementaux. En saison sèche, aggraver les conflits existants. Elle témoigne de la façon
la réserve des Gabra dans la région des Hurri Hills n’a dont une analyse des risques d’aléas multiples et une
pas d’eau mais a des pâturages, alors que les Borana programmation informée des risques peuvent apporter
de Dillo woreda ont de l’eau, mais pas de pâturages. des avantages durables aux communautés affectées.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
50

4. Annexes
4.1 Acronymes

AGIR Alliance Globale pour l'Initiative Résilience

CERT/CLO Community Emergency Response Team and Child Led Organization

COM Communication de la Commission européenne

DG Direction générale

DIPECHO Disaster Preparedness ECHO

DTS Document de travail des services de la Commission

GIEC Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat

HFA Cadre d'action de Hyogo

HIP Humanitarian Implementation Plan

IEC Information, Education et Communication

LRRD Linking Relief, Rehabilitation and Development (liens Urgence-Réhabilitation-Développement)

ONG Organisation non gouvernementale

ONGI Organisation non-gouvernementale internationale

PCMA Prise en charge de la malnutrition aiguë

PSNP Productive Safety Net Programme

RRC Réduction des risques de catastrophes

SAP Système d'alerte précoce

SHARE Supporting Horn of Africa Resilience

SIG Système d'information géographique

UE Union européenne

UNISDR Agence des Nations unies pour la Stratégie internationale de prévention


des catastrophes (SIPC)

WASH Eau, assainissement et hygiène (Water, Sanitation and Hygiene en anglais)


R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
51

4.2 Terminologie
Voir la Terminologie 2009 de l’UNISDR sur la réduction des risques de catastrophes
pour un glossaire plus complet.

Adaptation au changement climatique : Le groupe intergouvernemental


sur l’évolution du climat (GIEC) définit l’adaptation au changement climatique
comme « L’ajustement dans les systèmes naturels ou humains en réponse à
des changements climatiques actuels ou attendus, ou à leurs effets, qui atténue
les dommages ou en valorise les bénéfices. On peut distinguer différents types
d’adaptation, y compris par anticipation et réactive, privée et publique, et en mode
autonome ou par suite d’une adaptation intentionnelle » (GIEC, TAR, 2001 a).
Aléa : Phénomène dangereux, une substance, activité humaine ou condition pouvant
causer des pertes de vies humaines, des blessures ou d’autres effets sur la santé,
des dommages aux biens, des pertes de moyens de subsistance et des services,
des perturbations socio-économiques ou des dommages à l’environnement.
Catastrophe : Rupture grave du fonctionnement d’une communauté ou d’une
société impliquant d’importants impacts et pertes humaines, matérielles,
économiques ou environnementales que la communauté ou la société affectée ne
peut surmonter avec ses seules ressources.
État de préparation : Connaissances et capacités développées par les
gouvernements, les professionnels d’intervention et autres organisations
concernées, les communautés et les individus, de manière à anticiper efficacement,
à réagir et à récupérer, des impacts probables, imminents ou en cours.
Mesure d’atténuation : Réduction ou limitation de l’impact négatif des aléas et
des catastrophes.
Prévention : Ensemble d’activités permettant d’éviter complètement l’impact
négatif des aléas et de minimiser les catastrophes associées.
Réduction des risques de catastrophe (RRC) : Concept et pratique de la réduction
des risques de catastrophe grâce à des efforts systématiques pour analyser et
gérer leurs causes, notamment par une réduction de l’exposition aux risques, une
diminution de la vulnérabilité des personnes et des biens, une gestion rationnelle
des terres et de l’environnement, mais aussi par l’amélioration de la préparation
aux événements indésirables.
Résilience : Capacité d’un système, d’une communauté ou d’une société exposée
aux risques de résister, d’absorber, d’accueillir et de se relever des effets d’un
danger, en temps opportun et de manière efficace, notamment par la préservation
et la restauration de ses structures essentielles et de ses fonctions de base.
Pour l’UE, la résilience est la capacité d’une personne physique, d’un ménage,
d’une communauté, d’un pays ou d’une région à résister, à s’adapter et à se relever
rapidement de crises et de chocs.
Risque : Combinaison de la probabilité d’un événement et de ses conséquences
négatives.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
52

4.3 Tableau d’orientation en matière de plaidoyer


Cible Objectif(s) Message/ Contenu Moyens Conseils
Visites VIP
Compréhension de la RRC Qu’est-ce que la DG ECHO et Attitude respectueuse,
Visites de suivi
Bénéficiaires et de la DG ECHO par les pourquoi finance-t-elle la RRC dans
Par le biais de partenaires durant
capacité d’écoute,
bénéficiaires leur communauté ? langage simple
la mise en œuvre
Visites VIP
Légitimité accrue de la Langage approprié, non
Médias, y compris Internet/sociaux
Public DG ECHO qui explique la Pourquoi la RRC est-elle importante
Partenaires de la DG ECHO
technique
(au sein et à raison et l’objet de ses et comment la DG ECHO la finance- Communication
Produits des Communications de
interventions en matière t-elle ? professionnelle
l’extérieur de la DG ECHO par l’intermédiaire
de RRC aux contribuables Témoignages, récits de réussites nécessaire
du siège et des responsables
l’UE) européens et au public en d’initiatives de RRC de la DG ECHO
d’information régionaux (vidéos,
Bons contacts avec les
général du pays d’accueil médias
photos, expositions)
Outil pour le plaidoyer
- Importance de la RRC
Durabilité et possibilité de
- Bonnes pratiques et outils conçus
mettre à l’échelle les actions Réunions, présentations, activités
Autorités et de RRC
par des actions de la DG ECHO
institutionnelles des partenaires Les réussites de RRC
institutions de - Importance de la détention de la
Sensibilisation accrue Promotion des partenaires de la dépendent de leur
RRC par les communautés/autorités
GRC dans les à propos de la RRC et DG ECHO engagement et de leurs
ciblées
implications dans les Partenaires de la DG ECHO capacités.
pays cibles initiatives de RRC
- récits de réussites impliquant
Internet/médias sociaux
des systèmes de GRC promouvant
Amélioration de la
l’appropriation/la réplication
coordination
La terminologie de
Coordination Importance de la RRC pour le
RRC, les principes
Intégration de la RRC développement durable
de base de l’aide
Bailleurs et dans les programmes Concepts de base LRRD Présentations dans des
humanitaire et LRRD,
organisations humanitaires et de Exemples réussis de LRRD de la événements/réunions
sont souvent méconnus
développement DG ECHO Discussions
du ou mal interprétées
LRRD / Transition Activités de la DG ECHO et Briefings
par les bailleurs de
développement La DG ECHO comme bailleur possibilités de connexion/prise en Internet/médias sociaux
développement. Ces
de référence en matière compte dans le développement
messages de base
de RRC (LRRD)
doivent être renforcés.
Par qui, avec quoi, où et comment
Présentations dans des
Coordination la RRC est-elle mise en œuvre et
événements/réunions Les termes techniques
Efficacité accrue par le biais intégrée ?
Autres acteurs du partage d’expériences Discussions sont compris, donc il
Spécificités du mandat, de la
Forums techniques et plateformes convient d’éviter les
de RRC et DG ECHO : un bailleur politique et des stratégies de la DG
de communication messages génériques
humanitaires référence en matière de RRC ECHO en matière de RRC
Internet/médias sociaux (y compris (par exemple, importance
Meilleure intégration de la Exemples d’intégration de la RRC
Reliefweb, IRIN, Preventionweb, de la RRC, etc.)
RRC dans la programmation dans la réponse humanitaire de la
etc.)
DG ECHO
Pourquoi la RRC est-elle importante
Politique RRC de la DG ECHO
Délégations de l’UE et comment la DG ECHO la finance-
Réunions et communication La terminologie de RRC
habilitées à communiquer à t-elle ?
régulières est souvent inconnue des
Autres propos de la DG ECHO Témoignages, récits de réussites
Référents de la DG ECHO dans les institutions de l’UE
institutions et Coordination et LRRD/ d’initiatives de RRC de la DG ECHO
délégations de l’UE Besoins de LRRD /
transition Importance de la RRC pour le
États membres Responsables d’information de transition à promouvoir
Intégration de la RRC développement durable
Presse (PIO) dans les Délégations aux niveaux politique et
de l'UE dans les programmes Activités de la DG ECHO et d’autres
Responsables d’information pratique
de développement et services de la CE et possibilités de
régionaux (RIO)
thématiques de l’UE connexion/prise en compte dans le
Internet/médias sociaux
développement (LRRD)
Politique RRC de la DG ECHO
Communication périodique
Compréhension mutuelle Politiques, stratégies et Réunions, visites de suivi
Une communication
du mandat et des objectifs interventions de RRC de la DG ECHO Plans de mise en œuvre
améliorée et plus
respectifs en matière de et de ses partenaires humanitaire, formulaires uniques,
Partenaires intensive, entre la DG
RRC entre la DG ECHO et ses Importance de règles de rapports
ECHO et ses partenaires
de la partenaires communication communes et des Responsables de la communication
augmente la cohérence
DG ECHO Les partenaires termes à prendre en compte dans dans les bureaux régionaux et
de ses financements et le
comprennent leur rôle en les interventions financées par la responsables de communication
soutien des contribuables
termes de communication / DG ECHO, y compris en termes de des partenaires
européens
plaidoyer visibilité et de communication Partage/échanges de produits de
communication
Internet/médias sociaux
Clarté à propos du mandat
Politique RRC de la DG ECHO
et des objectifs de la DG
Communication fluide entre
ECHO
personnel de terrain et siège
en termes de RRC Le
concernant les résultats
siège de la DG ECHO et le Récits de réussites en termes de
opérationnels
personnel de terrain sont RRC et des acquis obtenus Terminologie, politique
DG ECHO en Produits de communication pour
conscients des réalisations Données bien documentées à et stratégie de
un public plus large (vidéos, fiches,
interne et des progrès dans ce propos de la programmation et de RRC partagées et
photos, récits en ligne sur Internet)
domaine. l’engagement de la DG ECHO en consensuelles
ainsi que pour les responsables de
Les assistants techniques termes de RRC
programmes
sur le terrain sont en
Briefing de collègues et
mesure de partager des
transposition dans la pratique
messages de base à propos
Briefing des RIO
de la RRC
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
53

4.4 Indicateurs
On trouvera ci-après quelques exemples d’indicateurs de suivi des
résultats des actions de préparation aux catastrophes dans les principaux
sous-secteurs RRC / PC de la DG ECHO (voir section 3.9)

Trois niveaux d’indicateurs peuvent être considérés :


• des indicateurs stratégiques au niveau institutionnel (par exemple : SIPC / Cadre
d’action de Hyogo) ;
• des indicateurs de programme (HIP de DIPECHO ou programme de préparation
à la sécheresse) ;
• des indicateurs de projet (par exemple projet DIPECHO).

Pour chacun de ces niveaux, trois familles d’indicateurs sont reliées à la gestion du
cycle : stratégie/programme/projet :
• Lier la stratégie d’entrée/indicateurs d’opportunité avec le début du cycle (évaluation
d’ensemble, points d’entrée, étude de base) ;
• Indicateurs de résultats ou d’impact liés au processus de suivi ;
• Indicateurs de progression liés à la fin du cycle.

Entrée Suivi Sortie

Niveau stratégique
Lignes directrices

Contributions

Niveau du programme
Lignes directrices

Contributions

Niveau du projet

Exemple d’un objectif spécifique :

Objectif : la population de la zone X est consciente du risque de catastrophe dans


sa zone et préparée à réagir de façon adéquate.
• Indicateur : Pourcentage (%) de la population réalisant qu’elle se trouve dans
une zone exposée à des catastrophes et préparée à réagir de façon adéquate ;
• Source de vérification : Étude de référence menée dans une zone à haut risque
au début de l’opération, comparée aux résultats d’évaluation d’exercices
d’alerte (étude de référence et évaluation de l’exercice d’alerte) à la fin de
l’opération.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
54

Éléments locaux de gestion des catastrophes

1.1 Nombre (X) de comités locaux (et/ou de brigades, selon le contexte) mis
en place, formés, équipés et en fonctionnement reconnus par le reste de la
communauté (ou l’organe officiel compétent comme la municipalité si cela est
stipulé par la loi).
1.2 Au moins (X) communautés ont élaboré des plans de contingence qui sont
validés et testés.
1.3 À la fin du projet, un système d’alerte précoce fonctionne dûment et est
géré par la communauté et/ou la municipalité et/ou les autorités locales.
1.4 Au moins X % des bénéficiaires connaissent et sont en mesure d’identifier
l’alarme du SAP ainsi que les signaux d’alerte, et peuvent fournir et recevoir des
informations compréhensibles dans le temps opportun.
Si les résultats s’attachent avant tout à un SAP capable d’obtenir une réponse
efficace aux alertes : il est recommandé d’utiliser 4 indicateurs pour mesurer les
éléments suivants :
1. L’amélioration du suivi, de l’analyse et des prévisions des aléas ;
2. L’amélioration de la connaissance des risques par les communautés exposées ;
3. L’amélioration de la communication ou de la diffusion d’alertes et d’avertissements ;
4. L’amélioration des capacités locales pour répondre aux alertes reçues.

Relations institutionnelles et plaidoyer

2.1 Après X mois de projet, X comités municipaux sont établis, formés, équipés et
opérationnels.
2.2 Les comités municipaux ont élaboré des plans de contingence validés (au
niveau national également) et testés.
2.3 Les municipalités participantes ont affecté % de leur prochain budget
prévisionnel annuel à des activités de préparation aux catastrophes (veuillez noter
que cet indicateur n’est possible que dans certains contextes).
2.4 Un Centre des opérations d’urgence (EOC en anglais) a été créé et équipé dans
X municipalités, il est opérationnel et chacun des membres participants connaît ses
rôles et responsabilités dans ce Centre.
2.5 Il existe au moins un protocole formel de coordination et de communication
entre les commissions (nationales), régionales, municipales et communales avant
la fin du projet.
2.6 Le projet contribue à un plan d’action de gestion des catastrophes plus exhaustif
aux niveaux national et municipal. S’il existe un SAP, voir également si le SAP local
est compatible/intégré au sein du système national/régional.

Information, éducation, communication

3.1 À la fin du projet, au moins X personnes (ou X % des bénéficiaires) (adultes et


enfants) des communautés ciblées connaissent les risques des aléas (spécifiés)
ainsi que les mesures de contingence à adopter en cas de catastrophe.
3.2 X % de bénéficiaires indirects sont informés des plans de contingence de la
communauté.
3.3 X % des écoles de la zone d’intervention disposent de plans de contingence
scolaires (veuillez spécifier la langue locale si nécessaire) et ceux-ci ont été validés
par les parents, les enseignants, les enfants et le reste de la communauté.
R é d u c t i o n d e s r i s q u e s d e c a t a s t r o p h e s d a n s l e c a d r e d e l ’a i d e h u m a n i t a i r e
55

3.4 Les meilleures pratiques, les outils et l’expérience en matière de RRC dans ce
projet ont été identifiés, systématiquement classés et divulgués par le biais de X
(veuillez préciser un circuit commun).

Infrastructures et services à échelle réduite

4.1 À mi-chemin du projet, au moins X % des communautés bénéficiaires ont


identifié des infrastructures communautaires à améliorer et/ou construire, à utiliser
en cas d’urgence, et ceci a été approuvé par la municipalité.
4.2 X abris ont été améliorés, conformément aux normes internationalement
reconnues, pour recevoir X personnes.
4.3 % de la population est mieux protégée par les travaux d’atténuation mis en
œuvre.

Constitution de stocks d’urgence

5.1 Dans la municipalité X, des stocks d’urgence (fournir des détails sur les
spécificités des stocks) sont disponibles pour couvrir les besoins immédiats d’au
moins X personnes durant et après une situation d’urgence (conformément aux
normes SPHERE) [et sont pourvus d’un mécanisme de reconstitution des stocks].
5.2 À la fin du projet, chaque municipalité dispose d’au moins un espace réaménagé
et équipé pour le stockage et sait comment gérer les stocks et est en mesure
d’accueillir au moins X % de la population la plus vulnérable identifiée.

Protection des moyens de subsistance et des actifs économiques

6.1 À la fin de l’action, X familles de X communautés ont renforcé leurs savoirs,


leurs compétences, leur expérience et leurs relations pour protéger, préserver et
enrichir leurs moyens de subsistance.
6.2 À la fin du projet, au moins X plans familiaux de RRC et X plans de gestion ont
été élaborés en tenant compte de la protection des moyens de subsistance et de la
gestion des animaux en cas d’urgence.
6.3 À la fin du projet, au moins X familles ont pu bénéficier d’actions de démonstration
pour la protection des moyens de subsistance en cas d’aléas naturels.
6.4 À la fin du projet, X infrastructures adéquates de moyens de subsistance et de
protection de biens pour les périodes d’inondations sont mises à disposition d’au
moins X familles et leur démonstration a été confirmée.
Page internet
ECHO

https : www.facebook.com/EuropeanCommission
Photo couverture © WFP/Rein Skullerud

https://twitter.com/eu_echo

http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/georgieva

Vous aimerez peut-être aussi