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Videoinfo Son Image

Le document présente une brochure pédagogique de l'association APTE sur l'éducation aux médias audiovisuels, soulignant l'importance de former les citoyens à la lecture critique des images. Il aborde divers concepts liés à la création et à l'analyse de contenus audiovisuels, tout en insistant sur la nécessité d'une éducation permanente face à l'inondation d'images dans notre quotidien. Les auteurs encouragent les éducateurs à développer des pratiques réflexives pour aider les jeunes à devenir des spectateurs critiques et informés.

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Le document présente une brochure pédagogique de l'association APTE sur l'éducation aux médias audiovisuels, soulignant l'importance de former les citoyens à la lecture critique des images. Il aborde divers concepts liés à la création et à l'analyse de contenus audiovisuels, tout en insistant sur la nécessité d'une éducation permanente face à l'inondation d'images dans notre quotidien. Les auteurs encouragent les éducateurs à développer des pratiques réflexives pour aider les jeunes à devenir des spectateurs critiques et informés.

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Jean-Paul ACHARD

Claude BENOIT-GONIN

Francine GUERRE

Maryvonne LECUYER VIDEO


INFO
Dominik PICOUT

Document pédagogique réalisé par l'association


APTE (Audiovisuel Pour Tous dans l'Education)

La vidéo comme outil de formation à l'information


2 • Sur la nécessité d'une éducation aux médias

4 • Représentation et réalité

7 • Se situer dans une démarche - gérer des contradictions - faire des choix

8 - Auteur / Spectateur

Sommaire 9 - Processus / Produit


10 - Direct / Différé
11 - Le sens / La forme
12 - Produit élève / Produit prof
13 - Interne / Externe
14 - Club / Classe
15 - Imitation / Invention
16 - Proximité / Distance
17 - Elaboré / Brut
18 - Son / Image
19 - Unique / Multiple
20 - Individus / Groupe
21 - Sujet libre / Sujet imposé
22 - Porte-parole / Journaliste
23 - Simple caméscope / Studio complet
24 - Choix implicite / Choix explicite
25 - Tableau de synthèse

27 • Vidéo-info - Une démarche de formation

1
Sur la nécessité d'une éducation...
L’éducation du citoyen aux médias Notre association a pour objectif de “Les éducateurs, les enseignants,
audiovisuels développer une véritable formation de les formateurs se trouvent
tous les citoyens pour leur permettre de souvent fort démunis. Pour eux-
mêmes d'abord qui ne sont pas à
Nous, rédacteurs de cette brochure, se repérer dans leur environnement l'abri des tempêtes de l'infor-
sommes convaincus de la nécessité de médiatique. mation. Pour les éduqués,
“I’éducation du citoyen aux médias ensuite, soumis aux impératifs de
audiovisuels”. Cette expression, relati- Le magazine audiovisuel l'apparence. La tâche est rude et
ne saurait être comprise
vement récente dans le vocabulaire
autrement que dans la
français, recouvre un vaste champ de Un des secteurs de l’éducation à l’image perspective d'une éducation
l’éducation qu’on pourrait mettre en et aux médias audiovisuels est celui du permanente, et même d'une
parallèle avec celui de l’éducation du magazine audiovisuel d'informations auto-éducation permanente. Il
n'est pas dans leur pouvoir
citoyen à la langue écrite, dont personne dont la pratique se répand dans nos
d'enrayer les flots, de calmer les
ne discute le bien-fondé. établissements scolaires. L'étude des tempêtes, de produire les
journaux et des magazines se fait par la événements, de construire du
Recevoir des informations en images lecture et l'analyse aussi bien que par “sens commun” médiatique ; ils
(fixes ou animées), que ce soit dans le l'expression directe pour faire des peuvent participer au dévelop-
pement du “sens critique”. Si
quotidien, dans la vie scolaire ou dans le journaux. pouvoir de l'information il y a, il
travail professionnel, est monnaie convient que contre-pouvoir il y
courante, au moins autant que les Pratiques de lecture ait. La sphère de l'éducation
recevoir par écrit. Néanmoins, on se constitue le seul lieu où cela
semble possible sans risque
soucie peu d’éduquer le lecteur Nous pourrions nous étendre sur la d'atteinte à la liberté de la presse,
d’images, alors qu’on ne cesse de nécessité de pratiques de lecture, de bien précieux des démocraties.»
poursuivre à tous âges la formation du décryptage des dispositifs et des
lecteur d’écrit. Ceci est encore plus vrai contenus de magazines diffusés à la HERMELIN (Christian),
Apprendre avec l'actualité, Paris,
s’il s’agit de l’expression par l’image en télévision. Ce serait l'objet d'une autre
Retz, 1993, p. 139.
parallèle avec l’expression par l’écrit. plaquette.

2
Nous partons donc du présupposé que “Vidéoscoop”, nous a conduits à L’information : un droit
les utilisateurs de cette brochure sont segmenter les problèmes et à traiter d’un
convaincus de la nécessité de former seul élément à la fois, pour des raisons “Tout individu a droit à la
liberté d’opinion et
leurs élèves à la lecture critique de pédagogiques. C’est ainsi que nous
d’expression, ce qui implique
documents télévisuels, avant ou au cours avons créé le vocable “vidéo-info” qui le droit de ne pas être inquiété
de leurs chantiers de réalisation. Chacun donne son titre à notre brochure. pour ses opinions et celui de
sent bien que c’est le référent premier qui chercher, de recevoir et de
va intuitivement servir de modèle, même répandre, sans considérations
de frontières, les informations
si, par ailleurs, on le conteste vigoureu- Démarches construites, pratiques et les idées par quelque
sement. réfléchies moyen que ce soit.”

Pratiques d’écriture Nous avons conçu cette brochure, non article 19, de la Déclaration
universelle des droits de
pas de manière linéaire, mais plutôt pour l’homme, adoptée par l’ONU
Nous proposons ici, pour la réalisation, une lecture itérative, dans laquelle le le 10 décembre 1948.
une série de réflexions sur des concepts pédagogue pourra chercher à situer les
utiles à un pédagogue qui met en œuvre démarches qu’il a déjà entreprises pour
une pratique progressive de magazine les interroger ou réfléchir à celles qu'il se
audiovisuel dans un établissement prépare à mettre en œuvre. “Si l'on doit vivre au bord d'un
océan, il vaut mieux
scolaire, avec des jeunes.
apprendre à ses enfants à
nager que bâtir un mur autour
Notion de vidéo-info Les auteurs, tous praticiens de terrain de cet océan. Ce proverbe
autant que formateurs d’adultes, sont s'applique aussi aux
Un magazine ou journal audiovisuel se conscients qu’ils n’ont pas écrit un médias...”
compose d’une série d’éléments articulés manuel du magazine d’établissement KAPFERER (Jean-Noël),
entre eux. L’expérience que notre réussi, mais une incitation à se poser, L'enfant et la publicité, Paris,
association a acquise, en proposant avec les jeunes, les questions qui feront Dunod, 1985.
depuis 5 ans le concours annuel national d’eux des citoyens plus avertis.

... à l'information médiatisée


3
Représentation et réalité
Nous appelons réalité du monde ce qui notre imaginaire, connaîtraient bien vite acquérons une meilleure maîtrise de
pourrait rendre compte, de la manière leurs limites si nous étions enfermés notre rapport à l’image, lorsqu’ayant
la plus vraie et la plus fidèle, de ce qu’il dans notre solitude ! développé nos qualités de spectateur,
est (ou devient !). Nous définissons bon récepteur perceptif et critique,
donc le réel par opposition à l’illusoire Nous vivons aujourd’hui dans un nous apprenons aussi à créer des
et par différenciation avec l’apparent. monde où la consommation de l’image images, à les manipuler et à faire sens
a pris une importance envahissante. avec leur enchaînement.
Nous appartenons à notre espace/ Les matraquages visuel et auditif
temps du monde, à la fois comme peuvent être ressentis comme agres- L’image audiovisuelle passe vite
réalité et comme image, puisque les sifs dans la mesure où ils nous devant nos yeux et nous n’en faisons
autres nous perçoivent à travers leurs empêchent de prendre notre distance pas une saisie lentement mûrie comme
représentations. Il appartient à la tragi- de “sujet” aux messages dont ils sont celle d’un tableau ou d’une photo.
comédie que vivent les êtres et tout porteurs. Il nous faut apprendre à lutter Nous nous sentons donc soumis à une
particulièrement les humains : d’être, contre le mauvais goût, I’insidieuse empreinte que nous mesurons mal,
de se mettre en image(s) et d’être mis manipulation et le risque que la certaines images-clichés nous enfon-
en image(s). Notre connaissance du surabondance d’images qui nous cent dans nos conformismes routiniers
monde, de l’Autre et de nous-mêmes, assaillent nous fasse banaliser à la fois ou ont cessé de nous atteindre, usées
passe par l’affinement de nos l’image et l’information qu’elle nous qu’elles sont par leur lourdeur ou
représentations. Difficile gageure pour donne ! leurs apparitions répétitives ; une image
un être humain qui est à la fois esthétiquement ou symboliquement
espace/temps, phénomène et évé- En admettant même que nous le surprenante affirme par contre sa
nement, de prendre la distance puissions, refuser le monde de l’image profondeur, son intériorité et, par là,
nécessaire à chacun de ces aspects ne nous rendrait pas plus libres, elle touche notre imaginaire et réveille
du réel et de s’en faire une conscience est un outil indispensable et notre notre pensée.
claire à travers des connaissances épanouissement passe aussi par
formalisables et le vécu de l’ex- l’apprentissage de sa lecture et de son Créer des images avec le souci
périence. Les enjeux conjugués de écriture qui ne saurait être abandonné d’informer le plus fidèlement possible le
notre entendement, notre sensibilité, à une spontanéité hasardeuse. Nous spectateur réclame du réalisateur (ou

4
de son équipe) une délicate remise en réalité déborde son cadre. Il se peut Plus on apprend à connaître, créer,
perspective de I’événement. Cela qu’une image sonore vienne, non en interroger les images, plus nos
implique des choix signifiants en même redondance, mais en signifiant différent imaginaires deviennent exigeants et
temps qu'un très grand souci ou décalé dans le temps, mettre en moins les faiseurs d’images et les
d’objectivité. Dans chaque image, à perspective la complexité relationnelle images elles-mêmes se joueront de
travers cadrage, profondeur de champ, des informations. nous ! Nous aurons du bonheur à
plans significatifs d’une part, enchaî- rentrer dans l’image, à l’accueillir avec
nement des images dans leur En direct ou en différé, le magazine- la curiosité, le respect et la familiarité
interaction d’autre part, tout peut être info doit s’interdire de conclure comme qu’elle mérite, mais nous saurons aussi
message et rendre même le commen- si sa globalisation de l’information pou- la démystifier (démythifier), évitant
taire oral superflu ! vait prétendre à être exhaustive ! Le ainsi de ressembler à ceux qui déjà
tout doit laisser une ouverture aux idolâtraient les icônes.
Difficile exercice dans le “direct”, où cela questions qui restent posées, comme
demande de distinguer dans l'instant le document aura laissé leur place si
l’accessoire de l’essentiel et de faire le nécessaire aux informations contradic- A travers l’image, nous nous
choix le plus honnêtement suggestif toires ou aux témoignages balbu- confrontons au monde de la si-
quand il s’agit de l’anecdotique. tiants... mulation, de l’effet de réel et nous
nous préparons à plonger (passifs ou
Autre chose est de pouvoir faire un En pratiquant ce long travail, on aura actifs ?) dans l’image virtuelle : nous
avant-projet plus précis et de re- appris qu’une image ne doit pas aurons besoin d’avoir appris que
travailler la forme du document grâce seulement être visible mais lisible. La l’image n’est pas une fin en soi, mais
aux montages et recompositions dans caméra ne donne pas seulement à voir un média et que, comme toute autre
le “différé”. Utiliser l’art et l’artifice peut mais à ressentir, penser et imaginer. œuvre d’art, elle nous provoque à
être indispensable et intéressant pour Une communication-rencontre peut explorer la réalité, au lieu de nous en
mieux faire revivre l’événement. On s’établir à travers l’image entre détourner. Cette utilisation-fréquen-
peut s’assurer que l’image/mouvement l’imaginaire de celui qui met en images tation active des images aura aussi
rende mieux compte, dans ses enchaî- et celui qui les reçoit. A travers les pour conséquence de nous éviter la
nements, d’une situation ou d’une représentations, nos images mentales confusion entre notre image et notre
atmosphère ; on peut faire en sorte que s’enrichissent des jeux ambigus entre propre réalité. Ayant pris la mesure
le temps soit perceptible dans sa durée réel, fantasme, fiction pour interroger, de cette distance, nous ne prendrons
ou ses rythmes, à travers de subtils dans la durée du temps qui passe et plus, non plus, I’image de l’autre pour
changements ou des répétitions cy- nous transforme, une réalité complexe sa réalité, facilitant ainsi la rencontre
cliques ; on peut allusivement ouvrir et souvent éclatée que ces jeux de qui permet une véritable communi-
l’image à son hors-champ pour que la miroir peuvent éclairer. cation.
5
“Enregistrer des réactions à chaud, filmer
des combats de rue, interviewer les
puissants ou les passants : le travail du
reporter cameraman consiste à métamor-
phoser l’infinie variété des situations
vivantes en une accumulation de plans,
de prises, de rushes, de shots. C’est bien
sûr à l’opération onirique de la figuration
que ce travail fait d’abord penser.
Informer, c’est commencer par imager le
vaste livre du monde, un livre en état
d’écriture permanente. A un niveau plus
subtil, l’ordonnancement relatif à la
commande et à l’acte de tournage, qu’il
soit improvisé ou non, renvoie à
l’opération de déplacement dont Lyotard
dit qu’elle prépare en quelque sorte, le
terrain à la condensation. Le premier
opérateur du déplacement, c’est la
caméra elle-même en tant qu’elle cadre,
occulte, met au point, éloigne, efface,
certaines zones dans le réel appréhendé.
Un panoramique, un zoom avant, un
travelling d’accompagnement, renforcent
ou ajoutent de la signifiance au monde,
d’une manière presque naturelle, prédis-
posant le matériau dans le sens d’une
sur-détermination intimement liée à la
condensation. La condensation s’exprime
surtout dans le montage qui suit le
tournage...”

AVRON (Dominique), Le scintillant,


essai sur le phénomène télévisuel,
Presses Universitaires de Strasbourg - 9
Place de l’université - 67000 Strasbourg,
p. 128.

6
Problématiques d'une formation

Se situer à la réalisation audiovisuelle


dans le domaine de l'information

dans une démarche


Utiliser la vidéo au lycée n'est pas
sans soulever de multiples ques-
tions. Les démarches rencontrées
sont nombreuses et variées, toutes
ne visent pas nécessairement un
objectif commun, ni même un but
bien défini. Plutôt qu'une synthèse
des problématiques rencontrées, il

Gérer
nous semble plus constructif de les
présenter en termes contradictoires
sur divers axes aux extrémités des-
quels on peut situer des options

des contradictions opposées.


Cette façon de présenter les
choses permet de signifier qu'il
n'existe pas une réponse à une
interrogation, qui serait valable en
tous lieux et en toutes circons-
tances, mais que, pour chaque cas,
chacun peut, à partir de ces oppo-

Faire sitions, situer sa propre démarche


formative.
Le positionnement peut, bien sûr,
être intermédiaire et permettre ainsi

des choix d'intégrer toutes les nuances des


situations rencontrées.

7
Nous sommes habitués, dans la presse

teur ateur écrite, à lire des articles signés, on connaît

u Spect
dans tel quotidien ou tel magazine le point de

A vue, le style ou l'opinion de tel ou tel journa-


liste. On sait que l'éditorial du Figaro, de
Libération, du Monde ou de l'Humanité seront
très différents pour un même sujet.
La télévision, en revanche, cherche toujours à
délivrer une information “neutre”, allant de soi,
et généralement débarrassée de tout point de
vue d'auteur. Cette caractéristique particulière
à la télévision peut trouver une double
explication : d'une part, dans l'utilisation
même d'images et, d'autre part, dans le statut
spécifique de ce média de masse.
L'image de l'information télévisée joue un peu
Voilà une première distinction qui peut communication. La distinction que le rôle du “comme si vous y étiez”.
paraître surprenante. Toute émission, nous établissons n'est là que pour L'information ne peut mentir puisque “vous
voyez comme nous avons vu”. L'œil de la
tout film, toute information, tout acte de montrer que le dosage respectif entre caméra supplante le regard analytique et la
confusion entre réalité et représentation tend
communication n'est-il pas produit par ces deux aspects opposés est toujours à masquer la médiation.
Le second aspect est lié au statut même du
un auteur en direction d'un spectateur ? une affaire de choix. média télévision. La recherche d'un public
Evidemment oui, mais nous ne voulons nombreux et satisfait conduit inévitablement à
Si une telle distinction semble naturelle gommer toute aspérité. Le consensus
pas développer ici cet aspect général informationnel est la condition d'une bonne

de la communication. Ce que nous dans la presse écrite, elle est souvent audience télévisuelle.

voulons souligner c'est la différence masquée dans les actualités télévisées


qui existe entre une information où (voir ci-contre).
La communication contre l'information
La communication d'un message varie en
l'expression de l'auteur domine et l'in- L'info vidéo au lycée peut être l'occa- raison inverse de son information : plus un
formation qui cherche à satisfaire un livre est difficile, donc apporte d'informations,
sion de souligner cette différence. plus sa vente sera faible. Cette loi triviale,
public - ou, dit d'une autre façon : est- Contrairement à la télévision, l'informa-
combinée à celle de l'optimisation des flux,
explique qu'à la télévision le sport, les
ce que le message est construit princi- tion vidéo n'est pas, d'une façon aussi variétés et les jeux marginalisent les
documents ou les magazines d'investigation.
palement à partir d'un point de vue contraignante, liée à la mesure d'une De même que la conductivité augmente dans
d'auteur ou à partir d'une attente de audience. Elle permet donc d'intégrer
certains circuits et tend au maximum quand la
température tend vers le zéro absolu, le
la réception ? la différence, le point de vue, l'opinion, medium sera super conducteur pour une
information quasi nulle.
Bien entendu ces deux aspects sont au risque de déranger quelque peu et BOUGNOUX (Daniel), La communication par
toujours présents dans chaque acte de de heurter parfois. la bande, Paris, La Découverte, 1991, p. 258.

8
s
“Si les pratiques d’écriture audiovisuelle

ssu it renvoient à la lecture d’émissions télé-

Proce odu visées, elles entraînent aussi à faire

Pr des productions à définir comme des


communications destinées à un public
ciblé. Il y aura donc à inclure dans
I’activité, leur lecture par ce public,
selon un dispositif de visionnement et
d’analyse non laissé au hasard.
On peut l’organiser, par exemple, de
manière à ce que le public explique le ou
Quand ils abordent l’écriture audiovisuel- passion, que les jeunes mettront en jeu. Il les sens qu’il a perçu(s) (plusieurs petits
le, les élèves, comme leurs animateurs fera remarquer les réussites dans la com- groupes peuvent en discuter, puis mettre
bien souvent, n’en imaginent pas encore munication, l’habileté dans l'utilisation du en commun) avant que les auteurs ne
les difficultés et les nécessaires étapes. matériel, les capacités de cadrage, les disent ce qu’ils voulaient dire. On obtient
ainsi diverses interprétations, que les
Ils désirent faire, d’entrée de jeu, un pro- prises de responsabilité... insoupçon- émetteurs confronteront avec leur volonté
duit, une réalisation achevée, à montrer. nables dans la salle de classe, sachant de départ et qui permettront à tous de
Le modèle de référence est télévisuel, si bien cependant que le laxisme (absence s’interroger sur les rapports entre la
banal dans le quotidien qu’il en paraît faci- de projet pédagogique) ne serait satisfai- fabrication et le sens transmis.”
le à imiter. sant pour personne.
SUBLET (Françoise), CARRIER (Jean-
Les animateurs ont souvent remarqué que Pierre), LECUYER (Maryvonne),
les conditions de la réalisation audio- Objectif diffusion TESSON (Jean-Louis), Quand la télé-
visuelle induisaient des processus Il arrive qu'une réussite exigée suivant vision entre à l’école, Poitiers, CRDP,
d’apprentissage, de socialisation, de créa- des normes forgées dans la tête de per- 1986, p. 175.
tion dans le plaisir, peu habituels dans la sonnes qui n'ont jamais pratiqué ce type
vie scolaire. de formation conditionne l’octroi de maté-
riel ou l'existence même de “temps vidéo”. Le caractère même d’une vidéo-info,
Objectif formation Si le groupe est mis par le reste de l'éta- faite pour être comprise par le public du
Si l’objectif prioritaire est de mettre les blissement dans la situation assez cou- lycée, oblige à se situer entre ces deux
jeunes en situation de découvrir les possi- rante d'être soumis à l’obligation de diffu- pôles : introduire progressivement des
bilités d’expression offertes par la vidéo et ser un produit montrable, l’animateur aura compétences, de la rigueur dans les
de parcourir, au fur et à mesure des fort à faire pour convaincre les autres processus d’apprentissage et de créa-
besoins, les étapes d’une réalisation et les adultes de la validité de sa démarche. Il tion, tout en respectant le plaisir des
exigences de sa diffusion, l’animateur sera alors guetté par la tentation de dicter journalistes en herbe. On sait que celui-
attachera moins d’importance à la perfec- des règles formelles dont les jeunes ci sera d’autant plus grand qu’ils auront
tion de la réalisation, qu'aux processus n’auront pas encore perçu la nécessité ou été compris, voire approuvés par leurs
d’apprentissage et à l’intérêt, parfois la de faire le produit à leur place. pairs spectateurs.

9
• Vérité / mensonge : c’est souvent

Direct Différé en ces termes que le sens commun


formule l’alternative ci-dessus. Le
direct serait “la vérité”, le différé
porterait en lui le germe du
mensonge et de la manipulation.

• Liberté / contrôle : l’un serait le


symbole de la liberté, I’autre celui
Depuis la naissance de la radio, puis de la préparation très soignée qui peut aider à du contrôle et du pouvoir, voire de
télévision nous sommes habitués à ces faire comprendre le fonctionnement d'un l’abus de pouvoir.
deux modes de diffusion et de consom- journal télévisé.
mation : en direct, je vois le produit en Si la réflexion sur le contenu de l'infor- • Le fait / le commentaire : le fait,
brut, voire brutal, se montrerait plus
même temps qu’il s'élabore, en différé, je mation est l'objectif prioritaire, le choix de en direct, le différé se réservant le
sais qu'il a été réalisé auparavant. diffuser en différé semble s'imposer. Il commentaire, la prise de distance.
Dans le domaine de l'information, le offrira le temps de la réflexion et de
modèle du direct est le journal télévisé, le l'analyse, orientera la production vers le • Emotion / raison : le direct ferait
modèle du différé est le magazine. documentaire ou le magazine d'infor- la part belle à l’émotion, I’affectivité,
Toutefois ce choix, apparemment tech- mation. la sincérité, le différé étant plutôt le
lieu de la réflexion, de la
nique, est également un choix idéologique profondeur et de l’analyse, mais
d'expression et dans le cadre d'une pro- Dérives possibles aussi du calcul et de la stratégie de
duction à l'école, un choix pédagogique. La diffusion en direct fait courir le risque de communication.
confondre rapidité et précipitation, sponta-
Pour le pédagogue néité et improvisation, communication et
Le mode de diffusion des produits d'infor- convivialité. La diffusion en différé per-
A propos du direct :
mation réalisés à l'école induit les objectifs mettra de produire un document plus “Il y a certainement quelque chose
poursuivis ou que l'on peut atteindre. maîtrisé, mais qui risque de perdre qui se passe physiquement et
Diffuser en direct incitera à choisir beaucoup en dynamique et dont les psychologiquement. Il existe une
l'actualité comme objectif de réflexion. contenus trop décalés dans le temps ou tension qui n'existe pas quand
C'est une invitation à travailler sur des trop élaborés risquent de s'éloigner des l'émission est en différé. Le risque
est une chose liée à la télévision,
“nouvelles fraîches”, sur des événements préoccupations du public cible. donc au direct, et se priver de ce
plus proches, avec des contraintes de risque, de la motivation qu'il
temps, de choix, qui sont celles de la entraîne, c'est dommage...”
presse d'actualité. L'absence de droit à Choisir un mode de diffusion, c’est donc
l'erreur nécessite la mise en place d'une bien choisir un contenu d'apprentissage et PIVOT (Bernard ), in Les cahiers
organisation collective rigoureuse et d'une des méthodes de travail. du cinéma, hors série, supplément
au n° 328, automne 1981.

10
“Le message iconique est soit sémantique, soit

Le sens orme esthétique. Le taux d'iconicité définit le degré

f
de sémantique ou d'esthétique du message.

La
• Dans le cas d'un message strictement
sémantique, les formes sont essentiellement un
support d'identification, de reconnaissance du
sens. La prégnance de la signification s'appuie
exclusivement sur l'organisation des éléments
signifiants. L'image transmet une signification.
L'opposition sens/forme (ou encore contenu La forme domine • Dans le cas d'un message strictement
/contenant, ou encore sémantique/esthé- C'est ce que fait la télévision ou ce que esthétique, l'esthétique est une fin en soi,
conjuguant qualités formelles et qualités
tique) traverse tous les aspects de la font les magazines vidéo lycéens lorsque sensibles. La prégnance de la forme organise
communication. Elle est souvent contro- le contenu de l'information est relati- en une totalité l'ensemble des formes non
versée. N'a-t-on pas l'habitude de dire que vement pauvre ou rébarbatif. C'est-à-dire signifiantes. L'image transmet une sensation,
“la forme aussi, informe”. Mais si la forme que l'on cherche par la construction des une impression. Entre ces deux extrêmes,
est porteuse de sens, cela signifie que images et des sons à donner un intérêt prend place tout un registre de messages plus
forme et sens sont bien deux aspects au sujet qu'il ne possède pas en lui- ou moins sémantiques ou esthétiques. La
prégnance du sens est la caractéristique
distincts. même. fondamentale du message sémantique, la
D'une façon générale on peut dire que le prégnance de la forme celle du message
sens, c'est ce qui s'adresse à la raison, à Le sens domine esthétique.
• Dans le cas du message sémantique, la
l'intelligence, à la rationalité de la communi- En revanche, si le contenu de l'information
prégnance du sens est augmentée, renforcée
cation, tandis que la forme, c'est ce qui est important, voire très important, on peut par la prégnance de la forme. Les informations
s'adresse à l'émotion, à la sensibilité, à se contenter d'une forme moins aboutie. sont sémantisées au maximum. La communi-
l'aspect affectif de la communication. C'est ce que fait la télévision lorsqu'elle cation est à la fois intelligible et sensible. Au-
utilise des documents amateurs (mal delà d'un certain seuil, le message sémantique
Une image qui serait entièrement peut être affaibli par la prégnance de la forme.
cadrés, mal éclairés, tremblants...) si le
esthétique ne véhiculerait aucun sens Une forme trop prégnante contrarie l'émer-
contenu est important (attentat contre le
précis. Une image qui ne véhiculerait que gence du sens, la forme supplante le sens, qui
Pape, chute d'un Airbus...). devient indécis, peu lisible. La forme tend à être
du sens n'aurait aucune forme esthétique
définie. Mais ces situations extrêmes ne non signifiante.
Sens et forme • Dans le cas d'un message esthétique, la
sont pratiquement jamais rencontrées prégnance de la forme peut être altérée par la
(tout au plus pourrait-on situer une S'il convient de prendre en compte ces
présence du sens latent. Le lecteur cherche à
peinture abstraite dans le premier cas et deux aspects dans la construction d'un induire du sens, à légender. S'il y parvient, la
un schéma technique dans l'autre cas). La document, ils ne sont pas systéma- forme devient signifiante et le message bascule
distinction proposée doit donc être tiquement opposables et le meilleur vers le sémantique.”
entendue, ici encore, comme un élément document sera bien sûr celui qui allie un
contenu riche avec une forme très VEILLARD (Michèle), “Expressivité de l'image
d'analyse et de compréhension de la photographique”, in Bulletin de psychologie
communication. élaborée. n° XLVI, 1993, p. 577.

11
it élève t prof
Produ Produi
Le concours national de vidéo-infos souvent plus pauvre encore que le évaluation du travail de l'enseignant plus
organisé par APTE chaque année à modèle qui l'inspire. que des jeunes : “un produit de prof”.
Poitiers a permis de s'interroger sur la La spontanéité, en revanche, permet aux Difficile dans ces conditions de laisser
place des enseignants dans la réalisation élèves de s'approprier les outils, d'oser libre cours à la créativité et à l’ima-
de produits d'information audiovisuelle l'expression, parfois même de se gination des équipes.
réalisés par des groupes de jeunes. défouler, et si la spontanéité absolue
Celle-ci semble inconfortable et difficile à n’engendre que très rarement l’invention, La recherche d'un équilibre
trouver et les enseignants naviguent elle montre, par ses ratées, la nécessité Ces deux attitudes extrêmes font courir
entre deux pôles extrêmes : l’abandon d'une éducation. le même danger à l'exercice de
des élèves (attitude la moins fréquente) production. Celui de ne pas être
à qui on livre un outil de production Produit de prof formateur, alors que c'est sa raison
avec quelques conseils techniques C’est souvent pour se prémunir contre d'être.
sommaires, et la transformation des l'absence de produit montrable que les La complexité du travail audiovisuel
membres du groupe en machinistes formateurs finissent, à contrario, par nécessite une grande motivation. Elle
d’une réalisation qu’ils ne maîtrisent ni envahir la production dont les jeunes sera d'autant plus facile à obtenir que
dans son contenu, ni dans sa forme, “un sont censés être les auteurs, en l'implication des jeunes sera grande et
produit de prof”. conduisant directement ou insidieu- profonde, sous la tutelle d’un “adulte”
sement le contenu et la forme. garant du caractère formateur des
Produit d’élèves Ce comportement est souvent le résultat processus de production engagés.
C’est au nom du respect de la créativité d'un choix pédagogique d’exigence de
des jeunes qu’il peut être tentant de leur résultat. A chacun de trouver le difficile équilibre
laisser une autonomie totale. Les Mais il est fréquemment un moyen de entre les nécessités pédagogiques et les
résultats sont rarement excellents. On lutte contre les soupçons qui frappent contraintes institutionnelles, dans une
aboutit souvent à des produits très I’audiovisuel (inutile - cher - superficiel - école où l'éducation aux médias audiovi-
marqués par le modèle télévisuel : etc.). Le produit devient justificatif du suels doit sans cesse faire la preuve de
imitation servile, parodie ou pastiche, travail effectué et des investissements, son utilité.

12
Quelques questions

Interne terne
Ex
vis-à-vis de la démarche :

• Quand va-t-on décider du mode


de diffusion (interne ou externe) :
avant ou après la réalisation ?
• Qui prend la responsabilité de
montrer ?
Il s'agit ici de s'interroger sur la diffusion faudra construire un produit montrable • Que vise-t-on par une diffusion
des magazines d'information. Sont-ils et compréhensible en direction de celui- publique ?
• Ou au contraire pourquoi n'est-il
destinés à un visionnement interne au ci. Ceci implique non seulement une pas souhaitable de diffuser une
groupe qui les a réalisés, ou sont-ils rigueur de construction mais aussi une production à un public externe ?
destinés à une diffusion externe ? interrogation vis-à-vis du spectateur • Quel sera le contexte de
potentiel... diffusion ? dans le cadre d'une
Visionnement interne Mais la diffusion externe possède, en manifestation existante
(exposition, cantine, journée porte
Lorsque le visionnement est limité au revanche, l'inconvénient majeur de voir ouverte, hall de passage...) ou au
seul groupe classe qui a participé à sa un travail de formation évalué (jugé) contraire dans une situation créée
réalisation, l'expression individuelle par des personnes extérieures au spécialement à cette fin ?
d'auteur s'en trouve facilitée. On assiste processus. Celles-ci risquent de s'en
à une plus grande souplesse sur le tenir à l'apparence du produit sans vis-à-vis du produit :
choix des sujets traités, à une plus vraiment prendre en compte toute la • En quoi les conditions de
grande spontanéité, et surtout on risque démarche d'élaboration. Cela peut diffusion modifient-elles le
moins d'être jugé (négativement ou non) poser des problèmes pour les élèves contenu, la forme ?
sur la forme ou le fond. mais aussi pour le formateur qui
vis-à-vis des conditions
En revanche cette absence de risque encadre cette activité. On imagine
matérielles de diffusion :
peut être un frein à l'expression - voire difficilement un professeur de français
représenter une frustration - si le produit donner à lire les rédactions de ses • Quel lieu ?
élaboré présente des valeurs certaines. élèves à des personnes extérieures • Quelle date, quelle heure ?
(autres professeurs, directeurs...). • Est-ce que le matériel dont on
dispose va permettre une
Diffusion externe Bizarrement on ne se pose guère ce
diffusion dans de bonnes
L'avantage d'une diffusion externe est genre de questions avec la vidéo, conditions (par rapport à l'image :
de susciter de plus grandes exigences comme si l'image était considérée, par taille, qualité de la restitution... ;
pour la réalisation. Si l'on va à la nature, comme appartenant au domaine par rapport au son : puissance,
rencontre d'un public spécifique, il public. qualité acoustique...) ?

13
Pour rompre l’opposition

e
club / classe :

Club Class • Le club vidéo constitue une équipe qui


réalise régulièrement un journal télévisé
ou un magazine d’information. Leur
passion leur permettra certainement
d’assumer plus facilement l’engagement
Club Classe que cela demande, la régularité du
Créer un club pour y mener des activités Une réalisation audiovisuelle un peu éla- travail et de l’effort. Bien sûr, comme on
n’est pas en cours, le plaisir, le ludique
audiovisuelles peut présenter un certain borée ne peut être conduite que par un
risquent parfois de prendre le pas.
nombre d’avantages : petit groupe. Travailler avec une classe • Pourquoi les cours ne seraient-ils pas
- travail avec un groupe restreint de entière pose un vrai problème pédago- un lieu où l’on produit pour diffuser dans
jeunes, dont on peut limiter le nombre ; gique. Cela paraît possible, à la condi- le journal, un lieu où, de façon plus
- définition assez libre de la périodicité et tion d'avoir fait avec les élèves un repé- exceptionnelle, grâce à l’opportunité
d’un élément du programme, on fabrique
de la durée de chaque séance ; rage précis de toutes les tâches à faire. (même sous forme d’exercice scolaire)
- appel à un groupe motivé ; Ceci suppose donc le choix d'une orga- un petit sujet pour l’une quelconque des
- possibilité de s’appuyer sur ce groupe nisation. rubriques prévues (une pub pour
pour assurer la formation audiovisuelle l’association ou le foyer à l’occasion d’un
d’autres élèves ; travail sur la pub TV, une revue de
Découpage par sujet
presse à l’occasion d’un travail sur la
- initiative permettant de faire recon- On peut imaginer une division de la classe en
presse, un petit reportage à l’occasion
naître la nécessité d’une prise en comp- groupes, chacun définissant un sujet, et se
chargeant de le préparer, puis de le traiter d’un stage dans le milieu ou d’une visite
te de l’audiovisuel auprès des collègues jusqu'au bout, sous réserve qu'on se soit mis sur le terrain, etc.).
ou de l’institution et de développer une d'accord au préalable sur les règles communes. • Gageons par ailleurs que ces multiples
La partie tournage, éventuellement montage, expériences légères, devenues
politique d’équipement.
supposera la stricte observation d'un ordinaires, pourraient être plus
Les réussites d’un club ne doivent formatrices qu’une expérience très
déroulement dans le temps, compte tenu du
cependant pas occulter le fait qu’un tout matériel disponible. Un groupe pourrait être exceptionnelle, unique et lourde.
petit nombre d’élèves seulement est chargé de l'habillage ou de la transition entre Comme tous les langages, I’audiovisuel
sujets. demande temps et répétition.
concerné.
Spécialisation par tâche Gageons également que ces produits
Seules des activités mises en œuvre au On peut inventorier la totalité des tâches à réalisés en formation, dans un contexte
sein des classes, inscrites dans les accomplir et les regrouper pour en donner la plus “sérieux”, pourraient à la longue
emplois du temps, pourront permettre à responsabilité à chaque groupe. Cette solution faire monter le niveau d’exigence au
entraînera une recherche de communication sein même du club.
tous les élèves de bénéficier, au cours
plus approfondie entre les groupes et risque
de leur scolarité, d’une véritable forma- d'être plus difficile à mettre en œuvre... plus Et si on essayait
tion dans le domaine de l’audiovisuel. intéressante dans certains cas. la complémentarité club / classe !

14
Une émission d'information médiatise un

ation tion contenu. Pour assurer cette fonction, il faut

Imit n
mettre en œuvre des dispositifs, c'est-à-

Inve
dire des moyens de spectaculariser les
contenus présentés. Ceux-ci sont percep-
tibles sur l'écran et peuvent donc être objet
de repérage, dans un travail d'analyse.

Quelques exemples :

Durée et organisation générale de l'en-


L’activité de réalisation de bandes extrait d'émission d’information, et semble de l'émission : heure, place dans la
vidéo avec des jeunes s’inscrit dans un d’autre part à s’entraîner à utiliser le grille, nombre de pubs... ; nombre de sujets
abordés, durées... ; regroupement de ces
contexte très particulier. type de dispositif audiovisuel dégagé sujets en parties distinctes, durées...
Il faut compter avec les modèles dans l’analyse pour mettre en forme Organisation générale du plateau (s'il
proposés par la télévision et très ses propres informations. s'agit d'une émission type TF1, F2, F3...) :
- présentateur(s) : place(s) dans l'image /
fortement ancrés dans les esprits. place(s) dans l'espace réel (qu'on peut faire
Le domaine de ce qu’on a coutume Invention dessiner...) ; style, vêture... ; choix d'échelle
de plans, durée chronométrée de parole,
d’appeler l’information est tout par- On peut choisir, au contraire, d’inventer enchaînement de la parole ;
- nombre de caméras nécessaires, leur
ticulièrement soumis à des “formes” de nouveaux traitements audiovisuels, position dans l'espace du plateau.
très convenues de délivrance des de rechercher originalité et créativité.
Conducteur de l'émission : repérage sur
messages. Le journal télévisé dit le La question est de savoir si l’on peut le un tableau des items présentés avec la
monde d’une certaine manière (qu’il faire d’emblée. durée.

s’agisse de la façon dont on cadre le L’expérience a souvent montré que Traitement de chaque item
Par exemple : texte lu par le présentateur
présentateur, du style des entretiens, l’imitation des modèles télévisuels est sur un télésouffleur, sur des notes ; inter-
de la construction des reportages, du une étape par laquelle les jeunes views par le présentateur sur le plateau ou
à distance ; interview fait en différé à l'exté-
ton employé par les journalistes...). doivent passer. rieur (journaliste, correspondant local...) ;
sujet traité par des journalistes de la chaî-
Se dégager de ces modèles n’est, de ne, d'une autre chaîne ;
Imitation toute façon, pas chose aisée. commentaire sur des images tournées par
la chaîne, non tournées par la chaîne ;
On peut se situer plutôt dans une Des contraintes de lieu, d’espace, de images d'archives (venues d'où ?)...
optique de repérage des traitements durée, etc. proposées par l’animateur Présence d'un public ? lequel ? par quels
télévisuels existants. ou imposées par les circonstances artifices ? Ces éléments d'analyse (et bien
d'autres !) permettront, en particulier, de se
L’alternance d’activités d’analyse et de peuvent être autant d’aiguillons pour demander quels choix on peut faire, quand
production conduit, par exemple, le trouver d’autres solutions et donc... on veut inventer en utilisant un matériel peu
comparable à celui des chaînes de télé.
groupe, d’une part à décrypter un inventer.
15
é
“Pour le journal télévisé, le monde est un

ximit tance immense scénario toujours déjà écrit qu’on

Pro Dis
tourne sans plan de tournage. Cette liberté
d’appréhension et d’interprétation paraît
d’autant plus surprenante quand on la com-
pare avec l’exigence d’objectivité et le res-
pect de l’événement constamment réaffir-
més par les journalistes eux mêmes. C’est
qu’ils ont dû choisir entre l’art de la rhéto-
Par “proximité” nous voulons signifier ici chose dans quoi on est plus ou moins rique qui relève finalement d’une économie
de marché, et la pratique de la vérité qui
la proximité affective que les auteurs impliqué affectivement peut avoir un rôle
suppose à la base une sorte de religion.”
peuvent avoir avec le sujet traité, et par moteur et dynamisant, en revanche, il
“distance” nous parlons de la distance est rare que ce désir soit partagé par AVRON (Dominique ), Le scintillant, essai
critique que les auteurs peuvent l'ensemble d'un groupe. Se trouve alors sur le phénomène télévisuel, Presses
prendre avec le sujet. posé le problème évoqué à la page “indi- Universitaires de Strasbourg - 9 Place de
l’université - 67000 Strasbourg, p. 128.
On peut en effet se poser la question : vidus / groupe”. Si le groupe, dans son
faut-il traiter des sujets qui nous tou- entier, participe à la définition et à la
chent et dont on cherche à faire partager construction du film, il y a de fortes La tendance spontanée des débutants
le contenu, ou faut-il traiter des sujets chances pour que l'addition des implica- semble pencher du côté de la “proximité”.
sur lesquels on se positionne avec un tions individuelles devienne une sous- Il y a là, à la fois une illusion sur le rôle du
regard plus analytique, plus critique, plus traction. média et de l'information en général (il ne
suffit pas de dire et montrer ce que l'on aime
distant ? pour que l'autre partage un même point de
Ici encore toute information peut contenir Distance critique vue), mais aussi l'affichage d'un réel besoin
plus ou moins ces deux aspects entre- Tout au contraire on peut choisir de trai- d'expression qui n'a pas trouvé satisfaction
mêlés, mais dans chaque situation ren- ter un sujet pour l'intérêt intellectuel qu'il par ailleurs.
contrée, c'est bien une de ces deux comporte sans obligatoirement y trouver
dimensions qui se trouve privilégiée. par ailleurs un intérêt affectif. Dans ce
cas, ce n'est plus une relation au sujet On peut bien sûr mêler ces multiples
Les sujets qui nous touchent que l'auteur veut faire partager, mais une aspects dans un même film, mais en
Ils ont l'avantage de susciter une forte interprétation du sujet que l'auteur conjuguant l'implication avec le sens,
motivation. Leur traitement est fondé cherche à transmettre. on court le risque soit d'avoir un film
principalement sur la relation affective extraordinaire soit au contraire d'avoir
que les auteurs partagent avec le sujet Distance critique ou proximité affective, un produit extrêmement confus.
et c'est cette relation au sujet que l'au- émotion ou raison, implication ou sens, il Mais il n'y a pas grand risque à... cou-
teur cherche à communiquer au specta- convient avant tout de choisir entre ces rir ce risque ! Alors pourquoi ne pas
teur. Si le désir de faire partager quelque facettes quelle posture adopter. essayer ?

16
Brut

Elaboré Brut
• Le traitement d'une information
sans aucune opération de montage
peut présenter certains avantages à
condition que les règles du jeu soient
clairement définies (durée imposée
par exemple).
• Le traitement brut d'une information
permet une activité de formation
Brut Ils en dégageront le sens qu’ils avec peu de matériel.
• Il permet plus facilement d'orga-
Plus c’est brut, plus ce serait proche de perçoivent, celui qu’on a voulu trans- niser le travail avec une classe
la réalité ? mettre. entière.
L’illusion est tenace que la vidéo montre En outre, la télévision installe des • Paradoxalement l'absence de
la réalité, simplement parce qu’une habitudes de traitement qui forment montage peut inciter à une plus
grande rigueur de construction en
caméra a enregistré des images d’un inconsciemment le regard des téléspec-
imposant des exigences avant le
événement dont on a été témoin. Elle tateurs qui ont l’habitude d’interpréter la tournage du sujet.
est même liée à l’idée du néophyte que réalité à travers ce prisme.
la réalité serait déguisée par un Elaboré
traitement. Tout est affaire de sens Une des illusions fréquemment
rencontrée est de croire que toute
Un autre souci fréquent est celui de ne Si l’animateur amène ses élèves à se construction audiovisuelle de
pas intervenir sur les représentations poser en permanence des questions reportage se déroulerait au montage,
que les élèves ont faites d’une réalité. autour du sens qu’ils veulent faire qu'il suffirait d'emmagasiner images
percevoir, il sortira du faux dilemme et sons pour pouvoir disposer de
Elaboré information brute/information élaborée. matériaux de base dans lesquels on
puiserait matière à signifier. (C'est le
Toute représentation de la réalité est Rendre compte d’une réalité, c’est cas de la plupart des voyages
élaborée par un émetteur à destination choisir de faire percevoir au spectateur d'études, où l'on voit les élèves
d’un spectateur. un sens et mettre tout en œuvre pour revenir avec une multitude de prises
L’analyse d’émissions de télévision que cela réussisse. de vue sans s'être, au préalable,
interrogé sur le document, voire
avec les élèves permet de leur faire Un produit brut dont le sens est
même sur son utilité.)
prendre conscience du traitement de la évident sera éventuellement plus Si le montage est une étape
réalité par le réalisateur : point de vue, pertinent qu’un produit élaboré suivant importante qui voit le document
dispositifs de plateau, d’interview, choix les règles habituelles de l’audiovisuel, prendre forme, cette construction ne
des angles de prises de vues, des dans lequel le sens n’est pas percep- peut être que l'aboutissement de
l'ensemble d'un processus.
cadrages, enchaînement au montage... tible clairement.

17
A propos de la présentation au journal télévisé

Son Image de l'arrivée de Laurent Fabius au Palais de


justice, dans le cadre de l’affaire du sang
contaminé.
“L'image de Laurent Fabius déférant à la
convocation de la justice en R 25 disait le refus,
par l'ex-premier ministre, de reconnaître les
fautes que l'on voulait à toute force lui imputer.
Arrivant au tribunal derrière des vitres teintées,
Laurent Fabius y paraissait traîné contre son
gré, un peu comme entre deux gendarmes...
Une évidence ? voire décoratif ? Le journalisme au- Alors que les assassins se dissimulent sous leur
Informer avec des outils audiovisuels diovisuel tend à accorder une place blouson, il se cachait derrière ces vitres
nécessite de manipuler des images et prépondérante au son pour le contenu et teintées. La lâcheté était la même, les vitres le
soustrayant... à nos regards à tous, peuple
des sons. Derrière cette évidence se à l’image comme moyen émotif de français au nom de qui la justice est rendue...”
cache l’idée que tout produit audiovisuel confirmer le propos. Seul un effort
serait par essence une harmonie, voulue d’analyse permet de s'apercevoir à quel SCHNEIDERMANN (Daniel), Arrêt sur images,
Paris, Fayard, 1994, p. 213.
par son auteur et plus ou moins réussie, point I’image, dont le rôle semble
d’images et de sons qui s'articuleraient accessoire, est souvent porteuse,
en un discours. insidieusement, de sens (voir exemple Rompre les habitudes
Si le cinéma, qui est une construction ci-contre). Les nombreuses vidéo-infos produites
totale, le laisse à penser, c’est beaucoup par des jeunes et présentées au
moins vrai dans l’information audiovi- Informer, c'est choisir concours Vidéoscoop laissent ap-
suelle. Choisir non seulement le contenu mais paraître quelques travers auxquels il
On pourrait presque dire qu’il existe des aussi la forme de langage la plus semble souhaitable d’échapper : la
informations plutôt visuelles et des adaptée, par exemple : qui, de l'image ou pauvreté plastique des images - la
informations plutôt sonores, des du son, sera le porteur prioritaire de redondance systématique entre I'image
événements visuels et d'autres sonores. l’information ? Ce choix peut varier d'une et le son - l'utilisation décorative du
Combien de fois la télévision nous livre- séquence à l'autre dans un même son, la pauvreté technique de celui-ci,
t-elle ces sujets où des images sans reportage. La responsabilité du réa- souvent traité avec insuffisamment
signification véritable - images d'archives lisateur consistera le plus souvent à d'attention.
parfois - servent essentiellement de donner à l'image durant l'interview, ou au Réfléchir sur l’information audiovi-
support à un discours de journaliste ? son durant la diffusion d’images specta- suelle au moment de la produire, c'est
Combien de fois également la force culaires, un rôle véritable : complément réfléchir sur les rôles spécifiques que
d’une image, dramatique ou non, d’information - distanciation, contrepoint, jouent l'image et le son dans la
renvoie-t-elle le son à un rôle dérisoire voire contradiction - confirmation - etc. transmission de cette information.

18
“Bon nombre d'enseignants

Unique ltiple estiment que les formes de

Mu
travaux pratiques intéressantes
ne sont pas obligatoirement les
projets bénéficiant d'une grande
publicité (souvent longs à
réaliser) et qui nécessitent un
équipement élaboré et
compliqué. Ce sont parfois les
“Durant l'année scolaire je vous propose indispensable à son aboutissement ; activités simples et accessibles à
soit de réaliser un document important - de tutoyer les divers aspects d'une tout enseignant dans toutes les
et unique qui sera diffusé en fin production audiovisuelle en se familia- classes, qui s'avèrent être les
d'année, soit de réaliser de petits risant avec une tâche précise (nécessité plus efficaces : rédactions de
commentaires, édition des
reportages que nous pourrions diffuser de production oblige).
informations, expérience des
régulièrement.” C’est ainsi que l'ani- techniques d'interview...”
mateur de l’atelier de production vidéo, Des exercices nombreux et répétés
ou le professeur chargé de l’éducation Mais on peut envisager la réalisation de MASTERMANN (Len), Le
aux médias, de l’établissement pourrait productions courtes vidéo-infos d’une développement de l'éducation
aux médias dans l'Europe des
formuler l’alternative évoquée dans minute trente environ et répétées. Elles
années 80, Université de
cette fiche. vont permettre : Nottingham, Conseil de l'Europe,
- par leur répétition de faire naître une 1988, p. 22.
Un produit unique et “pro” maîtrise progressive des outils (tech-
S’engager dans la réalisation d’un niques et d'écriture) ;
unique produit dans l’année permet : - aux apprentissages de se solidifier par
- d’obtenir à l'issue de la réalisation l'étalement dans le temps et l’accumu- frotter à des genres très variés
cette gratification du travail abouti et lation des évaluations formatives ; (interview - portrait - pub - sujet
respecté ; - par leur faible enjeu de communi- type journal - sujets de création -
- de générer l’enthousiasme indispen- cation, de prendre des risques de etc.) ;
sable à l’engagement dans une tâche réalisation, formateurs pour le dévelop- - par la contrainte de durée d'ap-
parfois lourde et rébarbative ; pement des qualités d'expression. On prendre à “densifier” le propos ;
- de créer cette ambiance fusionnelle peut envisager de traiter un sujet moins - par le temps limité qui séparera le
qui fera de cette expérience unique un ambitieux dans son contenu et de recueil de l'information et sa dif-
souvenir durable ; diffuser devant un public restreint (la fusion, de se familiariser avec les
- de mesurer la difficulté d’une telle classe, le groupe, l'établissement) ; règles et les contraintes de
entreprise et d’apprendre la rigueur - par leur nécessaire diversité, de se l'actualité.

19
idus pe
Indiv Grou
La particularité de toute réalisation vidéo Le groupe pas de voir les élèves s'approprier les rôles
faite dans un cadre scolaire est qu'elle met Le travail en groupe présente bien des en jouant sur des rapports de force ? Ne
en jeu un groupe d'individus plus ou moins avantages. Il stimule la création, il permet risque-t-on pas, pour privilégier la qualité
nombreux, plus ou moins hétérogène, plus une analyse plus riche et plus variée des du produit, de voir les élèves se répartir les
ou moins organisé. situations et des sujets, il offre un cadre de tâches en fonction des compétences qu'ils
travail plus dynamique et plus décontracté. possèdent déjà au détriment de la dé-
Le travail de production audiovisuelle Il permet aux élèves en difficulté sur tel ou marche qui se veut éducative ? Ne risque-
professionnelle est aussi un travail tel aspect de trouver dans le groupe des t-on pas de voir, par exemple, l'élève qui a
collectif, mais à la différence du groupe aides précieuses. Il permet surtout un des difficultés de communication être
scolaire, il est fortement structuré profes- télescopage des points de vue qui cantonné au rôle de porteur de matériel ?
sionnellement. Avant chaque réalisation deviennent une source d'enrichissement En bref ne risque-t-on pas d'amplifier les
les rôles de chacun sont connus et bien mutuel. différences de compétences, de savoir et
définis, et surtout les fonctions d'auteur En revanche, et nous avons eu maintes d'expression ?
(réalisateur, journaliste, intervieweur..) fois l'occasion de le vérifier, il tend à
sont bien séparées des fonctions masquer les points de vue, à gommer toute Individus dans le collectif
techniques (même si ces dernières expression d'auteur. Dans un groupe, bien Une solution intermédiaire peut consister
possèdent aussi une dimension artistique souvent la forme et le sens du film se en un partage des tâches très précis, tout
et sémantique). construisent sur le plus petit dénominateur en assurant un tour de rôle dans ces
commun. On court ainsi le risque du fonctions. Le risque dans ce dernier
Dans une situation de formation à l'infor- produit pauvre, passe-partout, fondé sur le cas réside dans l'usure du groupe à
mation télévisée on ne peut envisager un minimum acceptable par chacun, en bref recommencer chaque fois un travail
découpage des fonctions d'une façon un produit édulcoré. d'initiation.
aussi professionnelle.
Deux formes d'organisation du travail Les individus Quelle que soit la solution de travail
sont généralement envisagées : soit Pour éviter cette situation, nous avons la retenue il convient d'être pleinement
elles privilégient le travail collectif, soit possibilité d'organiser le travail en conscient des effets qu'elle induit. Ce qui
elles privilégient le travail individuel partageant les tâches entre les individus. nous semble important de souligner, c'est
dans le collectif. C'est cette dialectique Cette solution évite les inconvénients que chacun à un moment donné puisse
que les mots individu et groupe évoqués précédemment. En revanche elle avoir la responsabilité du choix du sujet et
recouvrent. possède aussi ses limites. Ne risque-t-on de sa forme de traitement.

20
La conférence de rédaction

et libre posé
Suj im Dans le cas d'un travail de production d'un

Sujet
journal ou d'un magazine audiovisuel
présentant une certaine régularité, la
conférence de rédaction est un instrument
essentiel de la compréhension des
mécanismes de fonctionnement de la
presse audiovisuelle. C'est ici que
s'opèrent les choix des sujets, leur
hiérarchie, leur mode de traitement, l'axe
“Ça y est, c’est décidé, nous allons réali- Il peut l’être en particulier dans des dans lequel sera traitée une information.
ser un document d’information en vidéo.” séquences d’initiation à la pratique des Elle est l'outil par excellence par lequel
s'exerce la liberté (même au sein d'un
Mais qui va choisir le sujet ? outils ou à la démarche du journalisme
journal lycéen) car elle est le lieu du débat
audiovisuel. Il peut I’être également et de la prise de décision.
Sujet libre afin de permettre au groupe d’échapper C'est donc une pièce essentielle de tout
Bien évidemment lorsqu’on parle d’in- à deux écueils : celui de l’impossi- dispositif de production scolaire, d'infor-
formation, la liberté semble devoir être la bilité d'accoucher d’un choix collectif, mation audiovisuelle régulière, qui se
règle. Toute contrainte dans son choix, celui de lui permettre d’échapper donnerait pour mission de promouvoir chez
son traitement, semble contradictoire au sujet sans âme et insipide, les jeunes un attachement à la liberté de la
presse.
avec l’essence même de l’objet. “plus petit dénominateur commun”
C’est souvent dans l’exercice de cette du groupe.
première liberté que pourront naître des Parfois les contraintes de temps Une affaire d’objectifs
interrogations fondamentales (à travers les imposées par le rythme de la scolarité Il semble bien que plus on souhaite se
débats qui animeront le groupe) sur le feront préférer au formateur l’attitude rapprocher d’un objectif de réflexion sur
choix de l’information à traiter : parce que qui consiste à proposer au groupe un le journalisme et l’actualité, plus il
l’équipe la trouve essentielle ou encore choix entre plusieurs sujets. semble essentiel que l’initiative du
qu'elle cherche à attirer du public ou enfin Reste le cas de figure du sujet de groupe soit la plus grande possible.
que l'actualité d'un sujet impose sa priorité. commande émanant de l’établissement Plus on s’intéresse à la construction, la
(compte rendu d’opération interne à mise en œuvre, et à la transmission de
Sujet imposé l’établissement - sujet à caractère cette information, plus il est envisa-
Si la liberté de choix est toujours relative, promotionnel - etc.) ou d’un partenaire geable de faire travailler les équipes
ne serait-ce que par les limites qu’imposent extérieur. Sommes-nous encore dans une sur des sujets choisis pour elles par les
les conditions matérielles de production, démarche d’éducation aux médias responsables de la démarche pédago-
elle peut être nulle si le sujet est imposé. audiovisuels ? gique.

21
e-parole iste
“Une pédagogie de l'actualité ne peut se
concevoir, pour nous et pour tous ceux

ort al
P Journ
qui se réclament de pédagogie active,
que s'il y a interaction... Pour l'enfant,
l'actualité, c'est tout ce qu'il a pu entendre
ou vivre : de l'info à la télé à l'altercation
dans la cour de l'école...
Donc la pédagogie de l'actualité s'appuie
sur ce que les journalistes appellent “la loi
Une pédagogie de l’information audiovi- Journalistes de proximité” : on s'intéresse à ce qui
suelle, qui passe par une pratique, invente Si l’objectif est de mettre l’accent sur le nous touche de près, géographiquement
des “simulacres” qui sont des “analogies” choix et la quête de l’information, les ou affectivement. Mais est-il suffisant de
avec l’objet étudié (interview, plateau, jeunes devront avoir une position de journa- s'intéresser uniquement aux questionne-
journal télévisé, reportage, magazine, etc.). listes. ments qui sont exprimés par les enfants,
A l’intérieur de ces simulacres, c’est, entre Pour cela il semble souhaitable de les faire même si l'on n'y oppose pas de limites ?”
autre, la posture dans laquelle seront les travailler sur des événements locaux, de
MATHIEU (André), colloque CLEMI,
jeunes qui leur permettra ou non de proximité même immédiate, ceux qui ne institut coopératif de l’école moderne
comprendre expérimentalement. permettent pas d’utiliser la “grande presse” (Icem - pédagogie Freinet), Unesco,
comme une agence. Le journalisme janvier 1993.
Porte-parole audiovisuel se nourrissant d’images et de
Parce que “I’établissement le souhaite ou le sons, il est, en effet, difficile d’aller les
demande”, parce que “c’est le seul moyen recueillir à l’autre bout de la planète.
d’aborder un contenu suffisamment riche”, Responsables de l’ensemble de la Audiovisuel ou non, les outils privilégiés
parce qu’on peut s’appuyer sur une démarche ils seront confrontés, tout autant du journaliste restent les questions qu'il se
documentation qu’on sait exister, parce que que dans le traitement des grands pose, qu'il pose ou qu'il pourra susciter.
“le programme l’impose”, etc., il peut être événements du monde, aux questions
utile ou nécessaire de mettre en activité un essentielles qui se posent au journaliste :
groupe à partir de sujets choisis pour lui (de choisir, traiter, montrer ou ne pas - codes - etc.). Journalistes, on pourra
façon directe ou de manière plus détournée) montrer, comment montrer, etc. les confronter aux interrogations de
par des adultes et d’en faire un porte-parole. nature déontologiques de la profession.
La démarche aura l’intérêt, dégageant les Atouts et risques
jeunes d’implications fortes dans le contenu, Les deux expériences sont susceptibles de La difficulté essentielle se situe dans le
de leur permettre de se centrer sur les servir d’appui à une réflexion sur les risque de transformer une pratique
formes d’écriture, et sur les méthodes de fonctions de la presse audiovisuelle de nos pédagogique de la prise de conscience,
travail spécifiques de l’information audiovi- jours. Porte-parole, les jeunes pourront en une opération de renforcement de la
suelle. La tâche se rapprochera alors de méditer sur les règles et les lois de la fascination pour les médias audiovi-
celle d’une entreprise de communication. communication médiatisée (cible - audience suels et leurs acteurs.

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éscop e let
Le choix de l'équipement

cam omp
Simple c Entre le simple caméscope et le

S tudio studio complet, il existe bien sûr


une grande variété de cas de
figure. C'est à chacun d'adapter
son équipement à la situation.
Ce qu'il nous semble important de
souligner, c'est que le type
Il ne s'agit pas de traiter ici des problèmes Equipement lourd d'équipement a des répercussions
spécifiques d'équipement (qui sont parfois Il est infiniment plus intéressant pédagogi- sur bien des aspects développés
compliqués à résoudre). Nous pensons, en quement d'avoir la possibilité de pratiquer précédemment :
revanche, que les choix technologiques du montage, car c'est bien à travers cette
peuvent aussi être raisonnés en termes opération que l'on peut vraiment parler de • l'organisation du groupe
• la maîtrise du produit (prof/élèves)
dialectiques. construction audiovisuelle.
• sa diffusion
Nous avons souvent entendu des Mais un équipement lourd n'est pas à la - interne/externe
réflexions faisant état de l'impossibilité de portée de tous les budgets et surtout on - directe ou différée
faire quelque chose sans un studio s'aperçoit que : plus l'investissement de • l'importance de la forme par
complet. Bien sûr il vaut mieux être riche l'institution est grand et plus les relations rapport au sens
que pauvre, mais la richesse d'un avec (et dans) cette institution deviennent • la pédagogie
équipement ne résout pas à elle seule la complexes. Là où il existe un équipement • le traitement du sujet,
la construction du film,
pédagogie, et celui qui possède un studio conséquent, l'institution exige de voir cet
• l'implication du formateur et/ou
complet se trouve confronté à d'autres équipement rentabilisé par des produc- celle des élèves
problèmes que celui qui ne possède qu'un tions, services, prestations... Ce ne sont • ...
simple caméscope. donc pas seulement les conditions
techniques qui se trouvent modifiées
Equipement léger mais, avec elles, tous les rapports avec
Un simple caméscope suffit pour débuter l'environnement de travail (positivement Une chose est de penser un
équipement en fonction des
un apprentissage à l'information télévisée. ou négativement).
objectifs de formation ou au
L'achat d'un caméscope est dans les contraire de raisonner les objectifs
possibilités financières de tout établis- Enfin s'il existe quelques liens entre la de formation en fonction de
sement scolaire. Facile à ranger, facile à qualité des images et des sons et la l'équipement que l'on possède,
gérer, l'équipement léger présente qualité de l'équipement, le style, lui, en est autre chose est de croire que les
l'avantage de la souplesse, de la disponi- complètement indépendant. L'équipement problèmes pédagogiques se résou-
bilité, de la spontanéité, mais aussi hélas peut être lourd et le style léger et récipro- draient par la magie de telle ou telle
acquisition technologique.
le risque de la “fauche”. quement.
23
mplicite licite
De quelques choix qui s'imposent

Choix i oix exp La teneur du “Journal” :


- relations entre les sujets,

C h homogénéité, oppositions
- transitions
- types de traitement
- dispositifs de communication :
interviews, images commentées.

Toute cette brochure énonce des lycée, on est en situation d’appren- Le choix des sujets :
- en fonction du temps (dans
alternatives dans lesquelles le for- tissage, en vue d’une réussite.
tous les sens du terme)
mateur va devoir se situer. Au-delà de - en fonction du matériel dont on
ses propres choix, il sera conduit à Choisir explicitement pour dispose
guider les élèves, à leur faire découvrir permettre de s’évaluer - en fonction des aptitudes des
journalistes
que l’écriture vidéo supporte mal la - en fonction du traitement
totale improvisation. Aider les élèves à se repérer dans les décidé pour le journal complet
choix constants à opérer avant la
Les réalisateurs de vidéo-info sont en réalisation, ou sur le terrain, les noter Les décisions :
- qui les prend ? pourquoi ?
permanence confrontés à des dé- avec eux, permet la communication - qui les modifie ? pourquoi ?
cisions impliquant des choix : par entre les membres de l’équipe, la - qui décide de l'achat du matériel?
exemple, va-t-on définir le sujet à mesure des progrès, l’évaluation des pour quelles raisons ?
- qui en décide l'attribution ?
tourner, une semaine à l’avance, ou résultats par rapport aux décisions
- qui en décide l'utilisation ?
bien se laissera-t-on porter par prises, la correction des choix ou leur suivant quelles règles ?
l’actualité du moment, chacun suivant transfert sur une autre expérience. - qui fait respecter ces règles ?
ses capacités ou son inspiration ? Doit-
on préciser pour chacun la durée du Le spectacle des actualités télévisées
sujet, celle du tournage, ou fera-t-on le incite à nous laisser croire que l'in-
conducteur en fonction de ce que formation serait naturelle, qu'elle
chacun rapportera ? “coulerait de source”, que journalistes, Dire que la mise en forme de l'infor-
dispositifs, structures, agences, chaî- mation résulte de choix, cela
En tout état de cause, des choix seront nes... ne feraient que disposer les implique, du même coup, que ces
faits, implicitement ou explicitement. tuyaux dans lesquels le flux informatif choix pourraient être différents et
On sait que tout ne peut être défini à se répandrait ! Le grand rêve communi- c'est peut-être bien cet aspect que
l’avance et qu’il faut laisser aux jeunes cationnel, débarrassé de toute subjec- l'info télévisée cherche, avant tout, à
leur part d’improvisation. Toutefois, au tivité, de tout “bruit”. masquer.

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Situer sa pratique...
Le pédagogue qui
accompagne un groupe
dans une démarche de
production audiovisuelle
d'information a du mal à
rester vigilant sur sa
propre pratique.
Les difficultés réelles de
mise en place et de
gestion d'une opération
de ce type dans le cadre
scolaire, tendent parfois
à faire du produit un Auteur Spectateur
objectif en soi. Mais Processus Produit
pourquoi a-t-il été fait ?
Direct Différé
Avec quels résultats ?
Qu'est-ce qui, dans cette Le sens La forme
réalisation, fut le fait d'un Produit élève Produit prof
choix ? Qu'est-ce qui fut
Interne Externe
fortuit ? etc.
Afin de vous aider dans Club Classe
cette réflexion, nous Traitement existant Traitement inventé
vous proposons de
situer votre travail à Proximité Distance critique
l'intérieur de chacune Elaboré Brut
des contradictions Son Image
évoquées dans les
fiches. Vous verrez Unique Multiple
naître ainsi le “péda- Individus Groupe
vidéo-gramme”, courbe
Sujet libre Sujet imposé
de température de votre
action. A vous de la Journaliste Porte-parole
comparer avec ce que Simple caméscope Studio complet
vous pensez être la
Choix implicite Choix explicite
courbe idéale.
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26
Magazine Vidéo-info La présente section a
pour objectif de décrire
une démarche de travail

Documentaire
avec des jeunes, bâtie
autour de la réalisation

Interview
de ce que nous avons
appelé des vidéo-infos.

REPORTAGE
une Ce type d’approche a
été largement diffusé à
travers le concours
Vidéoscoop organisé
Evénement par APTE.

Journal télévisé Il s’agit d’une approche

démarche assez ouverte qui laisse


à chacun la possibilité
de l’intégrer à son mode
de fonctionnement
habituel et de la situer à
Nouvelle des endroits différents
sur les échelles que

de
Communication
nous avons proposées
dans les pages qui
Information précèdent (elle pourra
A C T U A L I T É ainsi se situer plutôt du
côté “club” ou du côté
“classe”, elle intégrera

formation
plus ou moins de bande
Message “brute” et de bande
“élaborée”, etc.).

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Par vidéo-info, nous avons désigné Le groupe (ou l’individu) ayant à ville en question. Le groupe réalisateur
une production audiovisuelle de courte réaliser une vidéo-info va se trouver aura alors à prévoir un ou plusieurs
durée se chargeant de transmettre, placé dans la situation d’avoir à définir signes visuels ou sonores pour rendre
avec une série de signes visuels et de façon précise une information à possible cette identification.
sonores, une information clairement transmettre. Dire “dans la ville que nous habitons”
identifiable à un public repéré. entraînera le groupe réalisateur à
Des mots pour guide personnaliser, à introduire un “je”, un
Une unité de base La première étape consiste à cerner sujet qui devra apparaître à l’image ou
Notre souci principal a été d’essayer de l’information retenue par des mots, à intervenir dans la bande son.
dégager une sorte d’unité de base, écrire une phrase qui va la résumer. De même, le fait d’écrire “la munici-
sachant qu’un reportage complet ou un palité vient de mettre en place” met en
magazine comporte plusieurs “unités”, Il s’agit alors d’arriver à quelque chose évidence l’origine de la décision et va
et de faire travailler les jeunes sur ces comme : “Dans la ville de X, la munici- demander au groupe réalisateur de
unités. palité vient de mettre en place des bus trouver un moyen de le faire savoir au
On peut éventuellement rapprocher la de nuit.” spectateur.
vidéo-info de ce qu’est un court article
ou une brève pour un journal ou un Ce “résumé” de l’information sera Une prise en compte du public
magazine écrit. rédigé avec beaucoup de précision Cette phase de préparation du travail
puisque c’est lui qui servira de guide oblige l’équipe de réalisation à s’in-
Nous avons retenu une durée qui se tout au long du travail d’élaboration terroger sur les différentes facettes que
situe entre une et trois minutes. audiovisuelle - ceci étant d’autant plus présente l’information choisie et à
On pourra donner aux jeunes une important qu’il s’agit d’un travail de préciser les aspects qu’elle va retenir.
durée maximale à ne pas dépasser - groupe où les participants peuvent Se posent ainsi, rapidement, deux
consigne : “votre vidéo-info ne doit pas avoir une vision assez différente de ce questions :
excéder 2 minutes”. Mais on pourra que doit être la réalisation finale. - qu’est-ce le spectateur est censé
aussi travailler sur une durée imposée savoir pour comprendre ce qu’on lui
- “votre vidéo-info doit durer 3 mi- Ainsi, l’élément “dans la ville de X” est transmet ?
nutes, ni plus ni moins”. C’est alors bien différent de “dans la ville que - jusqu’où va-t-on dans les précisions
une façon d’approcher la notion de j’habite” et le fait d’écrire celui-ci plutôt qu’on lui donne ?
“format” qui a cours dans les médias que celui-là aura des conséquences La connaissance du public destinataire
(une chronique radio de 2 minutes, un sur le contenu de la bande. est évidemment une clé essentielle
reportage télé de 13 ou de 26 mi- Dire “dans la ville de X” va supposer dans la réponse que le groupe
nutes, etc.). permettre au spectateur d’identifier la apportera à ces deux questions.

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Un animateur vigilant comprendre qu’il s’agit de l’une ou de Une vraie situation de
On prendra soin d’éviter, chez les l’autre. communication
jeunes, la confusion entre information Ce type de travail peut trouver sa place
et thème. Un double questionnement à un moment du parcours des jeunes
“Nous allons réaliser une vidéo-info sur La traduction en images et en sons où ils ont déjà eu, à la fois, l’occasion
notre établissement” ne constitue qu’un de l’information à transmettre, son de mener des analyses d’images d'un
point de départ, un thème de travail. Le traitement, peuvent être l’occasion point de vue sémiologique, et de
groupe va devoir décider ce qu’il veut d’une grande inventivité. Le recours à produire des images avec des objectifs
dire à propos de son établissement. la fiction pour certaines scènes ne doit précis de communication, et avant
Attention aux thèmes très vastes pas être forcément écarté. La lisibilité qu’ils aient à réaliser des reportages ou
(comme la mode ou l’astronomie) qui des signes pour le spectateur sera des magazines plus ambitieux.
vont obliger l’équipe à de longs un souci constant de l’équipe de
palabres pour dégager une information réalisation. Cette démarche suppose également
identifiable, claire, traitable... qu’on puisse mettre en place une “vraie
Et le problème à résoudre, pour les situation de communication”. Il semble
On peut d’ailleurs imaginer une période réalisateurs, n’est pas seulement : important, en effet, que les vidéo-infos
de travail au cours de laquelle c’est quels signes visuels ou sonores allons- ne soient pas réalisées comme des
l’animateur qui propose aux jeunes des nous utiliser pour transmettre tel exercices “à vide”, mais rencontrent
sujets dont tous les mots ont été message, mais aussi : si nous donnons réellement leur public.
particulièrement pesés, prévoyant de à voir et/ou à entendre cela au On pourra alors recueillir les percep-
les laisser maîtres de leurs choix par la spectateur, va-t-il percevoir ce que tions des spectateurs et les comparer
suite. nous voulons qu’il perçoive ? aux intentions des groupes réalisa-
teurs. C’est un mode de fonction-
Chaque animateur résoudra la question On fera en sorte que le groupe nement riche d’enseignements per-
de la véracité de l’information traitée en réalisateur traite à égalité la bande mettant aux jeunes d’appréhender ce
fonction du contexte dans lequel il image et la bande son. Le son étant qui est en jeu dans la communication
travaille. On peut dire que l’activité bien souvent le parent pauvre des audiovisuelle.
fonctionne de la même façon, qu’il bandes vidéo réalisées par les jeunes,
s’agisse d’une information réelle ou il y a lieu de revaloriser la notion de
d’une information inventée. La préoc- signes sonores qui vont effectivement
cupation centrale doit surtout être véhiculer du sens et de limiter tout ce
de savoir quels repères on donne qui n’est que commentaire et/ou
au spectateur pour lui permettre de musique plaqués sur des images. APTE - 1994

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