Critique d’art
Actualité internationale de la littérature critique sur l’art
contemporain
14 | Automne 1999
CRITIQUE D'ART 14
Andy Warhol : A Factory
Marcella Lista
Édition électronique
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DOI : 10.4000/critiquedart.2446
ISBN : 2265-9404
ISSN : 2265-9404
Éditeur
Groupement d'intérêt scientifique (GIS) Archives de la critique d’art
Édition imprimée
Date de publication : 1 septembre 1999
ISBN : 1246-8258
ISSN : 1246-8258
Référence électronique
Marcella Lista, « Andy Warhol : A Factory », Critique d’art [En ligne], 14 | Automne 1999, mis en ligne le
28 mars 2012, consulté le 21 septembre 2020. URL : http://journals.openedition.org/critiquedart/2446
; DOI : https://doi.org/10.4000/critiquedart.2446
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Archives de la critique d’art
Andy Warhol : A Factory 1
Andy Warhol : A Factory
Marcella Lista
RÉFÉRENCE
Andy Warhol : A Factory, Wolfsburg : Kunstmuseum ; New York : Solomon R. Guggenheim
Museum ; Bruxelles : Société des expositions du Palais des beaux-arts, 1999
1 L’exposition Andy Warhol : a Factory, actuellement présentée à Bruxelles, a été conçue
par Germano Celant dans le cadre du Guggenheim Museum de New York. De la part de
celui qui fut le promoteur engagé de l’Arte povera, cet hommage au créateur du
Business Art prend l’allure d’une mise au point rétroactive, où l’admiration se teinte
toutefois d’une nuance nostalgique. Auteur unique du catalogue, Celant axe sa lecture
sur ce fait désormais admis qu’est la faculté d’anticipation manifestée par Warhol vis-à-
vis de l’évolution de la culture dans la société de masse : « pour la morale artistique,
remarque-t-il, la partie semble aujourd’hui perdue, et il paraît ridicule de reprocher à
Warhol de l’avoir compris il y a plus de quarante ans. » Suivant le topos du
“désenchantement”, l’exposition et son catalogue veulent offrir pour la première fois
une vision globalisante du personnage et de son œuvre, où domine le concept de
l’artiste comme “machine de production”.
2 Si le graphisme publicitaire et l’illustration de livres des débuts de sa carrière sont
aujourd’hui considérés comme le laboratoire du Pop art -Warhol exposa d’ailleurs ce
type de dessins dès 1952-, diverses expositions récentes ont plutôt exploité une image
spécialisée de la production de l’artiste, autour de thèmes tels que la mode, la publicité,
le cinéma. Leur succès confirme bien la prophétie warholienne selon laquelle “l’art
commercial est l’étape qui succède à l’art”. En réaction, Andy Warhol : a Factory cherche
à suggérer une idée “post-moderne” de l’“art total”. Celle-ci se situerait au-delà du
mélange des arts. Elle s’accomplirait en fait à travers l’indistinction entre utile et
inutile, réalité et artifice, dans la fusion créative et dynamique de l’art et du marché.
Pour Celant, l’artiste “contemporain”, encore qualifié de “post-humain”, n’aspire plus à
Critique d’art, 14 | Automne 1999
Andy Warhol : A Factory 2
changer la société, mais à s’annuler en elle par une disponibilité totale envers ses
exigences.
3 Le mérite de l’exposition est de restituer l’ambiance de la Factory par un abondant
matériel photographique, et d’intéresser ainsi un large public à ce lieu synergique où a
pu s’effectuer la transformation de l’artiste en œuvre d’art. La création
cinématographique, la production du Velvet Underground, ainsi que l’édition de la
revue Interview y sont largement représentés. Le catalogue, néanmoins, laisse
résolument sur sa faim le lecteur un tant soit peu curieux. Adoptant la forme d’un épais
livre de poche, l’ouvrage consiste, outre le texte introductif, en une succession de
reproductions et de citations compilées sans commentaire. C’est sans doute par zèle
mimétique qu’on y refuse toute spécification concernant l’utilisation des œuvres, tout
développement sur l’évolution des techniques, le contexte et le déroulement des
spectacles. Une certaine idée de consommation démocratique de l’œuvre et de la vie de
Warhol a conditionné de part en part la conception de ce livre. Elle a conduit à préférer
les effets de maquette à l’information, ce qui circonscrit d’emblée, évidemment,
l’envergure du travail critique.
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