GEC300 Chap6
GEC300 Chap6
OUVRAGES D’ARTS
(GEC 300)
CHAPITRE 6 :
CONCEPTION DES APPUIS ET FONDATIONS
SOMMAIRE
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6.1 LES APPUIS DE PONTS : LES PILES ET LES CULEES
On distingue les appuis d'extrémités que sont les culées, qui en plus de leur rôle de soutien du
tablier, constituent la jonction entre le terrain naturel et l'ouvrage, des piles, qui sont les
appuis intermédiaires dont le rôle se limite à transmettre les efforts apportés par le tablier aux
fondations.
Nous nous limiterons ici à la description des appuis, piles et culées, des ouvrages les plus
courants, en excluant les appuis très spéciaux tels que les pylônes de ponts à haubans, les
massifs d'ancrages de ponts suspendus, etc...
Notons que les piles jouent un rôle esthétique essentiel dans l'aspect de l'ouvrage, qu'il soit de
taille modeste ou non. L'architecte dispose d'un grand nombre de possibilités, forme, couleur,
parement ..., pour affirmer son intention architecturale. Les indications de ce chapitre se
limitent le plus souvent aux critères techniques et doivent être considérées comme des
valeurs indicatives.
6.1.1 CULEES
L'implantation des culées est un point important dans un projet, puisqu'elle conditionne la
longueur totale de l'ouvrage. Une fois les culées implantées, il est possible de commencer à
ébaucher les premières solutions en implantant les appuis intermédiaires et en dessinant le
tablier.
La tête de culée est composée d'un sommier d'appui sur lequel reposent les appareils d'appuis
et d'un mur garde-grève en arrière du tablier.
Le sommier d'appui reçoit l'about du tablier. Il doit permettre de disposer les appareils
d'appuis, ce qui est évident, et également de mettre en place des vérins hydrauliques pour
permettre le soulèvement du tablier pour permettre de changer les appareils d'appui, dont la
durée de vie est moindre que celle du tablier. La dimension minimale du sommier est la
somme :
• De la distance du nu intérieur des appareils d'appui au nu du sommier qui ne doit pas
descendre en dessous de 10 cm pour éviter le fendage du coin. Cette distance peut être
portée à 20 cm lorsque les descentes de charge sont importantes.
• De la distance de l'about au nu intérieur des appareils d'appuis (de 50 cm à 80 cm en
général).
• De la distance entre l'about et le mur garde-grève qui est réduite au strict minimum
dans le cas des ponts dalles (quelques centimètres) et qui est couramment de l'ordre de
50 à 60 cm dans le cas des grands ouvrages, pour permettre l'accès à l'arrière du
tablier.
Cette distance peut être fortement augmentée dans le cas où l’on prévoit la possibilité de
démonter et de remplacer une partie des armatures de précontrainte. Pour permettre
d’effectuer les mises en tension, compte tenu de l’encombrement des vérins, on réalise une
chambre de tirage, sorte de culée creuse en arrière du tablier. Une telle possibilité est assez
courante dans le cas des grands ouvrages en béton précontraint du type caisson (ponts
poussés ou ponts construits par encorbellements successifs.
Le sommier d'appui présente une pente de 2 à 3% vers le mur garde-grève, de manière à
recueillir les eaux dans une cunette au pied du garde-grève.
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dalle de transition, par l'intermédiaire de goujons métalliques, et dont le rôle est d'atténuer la
jonction entre un matériau souple, le remblai, et un matériau rigide, le béton du tablier.
La tête de culée est complétée par des murs en retour suspendus à l'arrière du mur garde-
grève qui retiennent les terres situées au-dessus du sommier d'appui. La corniche est en
général prolongée sur ces murs. A l'avant de petits murs-caches masquent les extrémités du
sommier d'appui.
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sommier d’appui : Il n’y a plus de colonnes ou de voiles intermédiaires. Dans ce cas, pour
éviter le développement d’efforts parasites, il est nécessaire de pouvoir ériger le remblai
suffisamment à l’avance pour qu’il puisse se mettre en place. De plus, du fait des risques liés
à ces efforts parasites, il est déconseillé d’avoir recours à une fondation sur une seule file de
pieux.
Les culées remblayées encore appelées culées apparentes jouent le double rôle de
soutènement et de structure porteuse. Le tablier de l'ouvrage s'appuie sur un sommier
solidaire d'un mur de front massif qui soutient les terres du remblai. Elle est complétée par
des murs en retour suspendus, qui sont préférables du fait de leur effet stabilisateur ou par
des murs en ailes indépendants.
Figure 4 : Schéma de principe d'une culée remblayée
Le mur de front est un voile de forte épaisseur (0,80 m à 1,20 m) qui présente une surlargeur
au niveau du sommier d'appui, pour pouvoir recevoir l'about du tablier. On peut également
envisager un voile plus mince renforcé par des contreforts à l'arrière, solution économique du
point de vue de la consommation de matériaux, mais qui complique considérablement les
coffrages et qui se justifie rarement.
Une telle culée est généralement fondée superficiellement, compte tenu des efforts
horizontaux importants, ce qui limite son emploi au cas des bons sols. Dans tous les cas on
ne pourra pas l'envisager si la hauteur du soutènement dépasse une dizaine de mètres.
Dans la pratique son emploi reste limité au cas où l'on souhaite limiter la longueur du tablier
au strict nécessaire, ce qui peut être le cas lorsque l’emprise au sol est limitée. En règle
générale, il est souvent plus économique de réaliser une culée remblayée malgré
l’allongement du tablier qui découle de ce choix.
6.1.2 PILES
Une pile comporte deux éléments principaux que sont le fût et le sommier d'appui. Le
sommier d'appui, comme en ce qui concerne les culées doit permettre de recevoir les
appareils d'appuis et des vérins nécessaires au soulèvement du tablier (transfert d'appuis ou
changement des appareils d'appuis). Ses dimensions dépendent assez étroitement de la
géométrie du tablier lui-même.
Le fût a pour rôle principal de transmettre les efforts horizontaux et verticaux apportés par le
tablier jusqu'à la fondation. Le corps de pile peut être sollicité directement par des chocs de
véhicules ou de bateaux.
La conception des piles dépend de nombreux facteurs.
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- Le type de tablier peut influer sur les dimensions de la tête et du fût de pile ;
- Le mode de construction du tablier peut imposer des formes particulières ou
engendrer des efforts de construction que les appuis devront reprendre ;
- Dans le cas de piles de grande hauteur l'effet des efforts horizontaux est accentué et
des risques de flambement sont à prendre en compte ;
- Des contraintes liées au site telles que des chocs de bateaux.
Dans le cas des grands ouvrages, ces dimensions sont à adapter aux dimensions des appareils
d'appui, ce qui nécessite une connaissance de la descente de charge. Les dimensions résultant
de l'implantation physique des appareils d'appui ou des vérins doivent être considérées
comme des dimensions minimales qui pourront être augmentées si les piles sont de grande
hauteur de façon à offrir une surface de travail plus confortable au personnel d'exécution.
Figure 6 : Exemples de piles massives Ce type de pile est relativement peu ferraillé (40 à 50 kg/m3) b)
Piles de grande hauteur
Dès que la hauteur des piles est importante, au-delà d'une quinzaine de mètres, les efforts
horizontaux engendrent des moments très importants en pied de pile et il est nécessaire
d'adapter l'inertie des piles aux efforts. Ce type de pile doit de plus être justifiée vis-à-vis du
risque de flambement.
On a alors recours à des piles en H ou à des piles caisson de section constante ou variable,
coiffées en partie supérieure par un sommier d'appui de forte épaisseur (1,00 m à 1,50 m),
recevant le tablier. Les dimensions des voiles sont à adapter aux efforts et ne descendent pas
en dessous de 0,40 m.
Lorsque ce type de piles est soumis à des chocs, la partie inférieure des piles-caisson est
généralement remplie de béton sur toute la zone susceptible de recevoir le choc, pour réaliser
un fût massif et assurer une résistance par la masse.
Pont du Gouedic
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Figure 7 : Exemples de pile de grande hauteur
Les réactions d'appui de ce type d'ouvrage sont relativement faibles et sont, pour un mètre de
largeur du tablier, de l'ordre de 70 t pour les appuis intermédiaires et de 20 t pour les culées.
Les formes habituelles des appuis intermédiaires sont le plus souvent basées sur des voiles
quasi-rectangulaires de faible épaisseur.
Il est préférable d'adopter des appuis composés de voiles et non de colonnes, car ils résistent
mieux aux chocs de véhicules et ont tendance à dévier le véhicule plutôt que de le stopper, ce
qui est plus satisfaisant du point de vue de la sécurité.
Mais l'épaisseur du voile dépend également de critères esthétiques, dans le but d'harmoniser
l'épaisseur du voile à la hauteur de la pile et à l'épaisseur du tablier. Il convient notamment
d'éviter des piles trop grêles dans le cas d'une pile haute ou d'un tablier relativement épais.
Ainsi, si du point de vue mécanique, une épaisseur de 0,50 m est généralement suffisante,
elle pourra ainsi atteindre 0,80 m dans certains cas.
Du point de vue esthétique également, il est souhaitable d'éviter les voiles uniques dans le cas
de tablier très larges, ce qui donnerait un effet de tunnel désagréable. A titre indicatif on aura
recours à un voile unique lorsque le tablier est étroit, puis deux voiles à partir de 6 mètres de
largeur jusqu'à trois au-delà de 12 mètres.
Leurs dimensions précises résultent des dispositions des appareils d'appui (nombre,
espacement, distance de l'appareil d'appui au nu de l'appui), et de choix esthétiques
permettant d'envisager des formes très diverses. Le dossier pilote PP 73 (Piles et Palées)
traite de la question de façon relativement exhaustive, et on s'y reportera pour plus de détails.
La section rectangulaire constitue le modèle de base. Les exemples ci-dessous montrent
différentes solutions plus ou moins élaborées permettant d'animer les parements.
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Figure 10 : Différentes formes de voiles
D'autres formes de piles ont pu être envisagées dans le cas où, par exemple, on cherche à
limiter l'emprise au sol ou que des raisons architecturales aient imposé ces choix. Les dessins
ci-dessous montrent différentes formes possibles.
Dans le cas des VIPP, les contraintes dimensionnelles de la tête de pile sont relativement
importantes puisqu'on doit réaliser deux lignes d'appuis par appui et placer un appareil
d'appui sous chaque poutre.
Compte tenu des dimensions courantes des abouts de poutres (environ 0,50 m), les deux
lignes d'appuis sont distantes d'un mètre environ. La largeur des têtes de piles est donc
voisine de 2 mètres. Transversalement, la largeur totale de la tête de pile est très voisine de la
largeur totale du tablier. Dans le cas des ouvrages courbes, la tête de pile présente une forme
trapézoïdale en plan.
La forme du fût de pile relève de nombreux critères, d'ordre mécaniques et esthétiques. Du
point de vue mécanique, les charges sont relativement modérées et correspondent environ à 2
à 3 t/m2 de tablier. Le nombre de fûts dépend de la largeur du tablier. De façon simplifiée, si
la largeur du tablier est modérée (nombre de poutres inférieur à 5) les piles sont à fût unique,
du type pile-marteau. Si l'ouvrage est large, les piles sont essentiellement du type portique, à
deux fûts.
c) Piles-marteaux
Ce type de pile est intéressant à plusieurs titres : Tout d'abord, sa forme est esthétique, mais
surtout elle présente une faible emprise au sol.
Le fût de pile est sensiblement cylindrique ou assimilable et de dimensions sensiblement
constantes avec la hauteur. Pour des hauteurs maximales de 25 mètres, un diamètre de 2,00
convient. Si ce diamètre extérieur de 2,00 m devient insuffisant, on pourra recourir à une
forme légèrement tronconique pour ne pas élargir inutilement le chevêtre. Naturellement, un
traitement architectural particulier peut leur conférer des formes plus sophistiquées ou
comporter des parements ouvragés renforçant la qualité esthétique de ce type d'appui. On
rencontre ainsi fréquemment des formes polygonales plus ou moins régulière.
d) Portiques
Lorsque le tablier est très large, on a recours à des piles portiques de façon à diminuer la
portée du chevêtre. La forme des fûts et leur inclinaison peuvent être très diverses que ce soit
pour des raisons architecturales ou pour un problème d'emprise au sol.
Pont de Tours Viaduc d’Arcueil
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Dans le cas des poutres PRAD, de portée plus modeste, on adopte des dispositions
semblables lorsque l'on conserve une structure isostatique. Dans certains cas, on rend la
structure hyperstatique par réalisation d'un clavage en béton armé au droit des piles
intermédiaires. Dans ce cas, on procède à un vérinage du tablier pour le placer sur ses appuis
définitifs dans l'axe de la pile. On peut alors adopter des piles voiles analogues à celles
employées pour les ponts dalles, dont la largeur est plus faible.
e) Ponts poussés
Les têtes de piles des ponts poussés doivent permettre de mettre en place les dispositifs de
glissement et de guidage latéral du tablier et des vérins permettant de soulever le tablier.
Les dispositifs de glissements sont disposés sous les âmes des caissons ou sous les nervures
et leurs dimensions sont adaptées aux descentes de charge compte tenu du taux de travail
limite des plaques de Néoprène-Téflon.
Il convient de prévoir la possibilité de soulever le tablier quelle que soit sa position au cours
du poussage, de manière à pouvoir intervenir en cas d'incident. En tout état de cause, un
vérinage est nécessaire en fin de poussage pour remplacer les appuis provisoires de poussage
par les appareils d'appuis définitifs. Le vérinage s'effectue au droit des âmes.
Lorsque les dimensions des têtes de piles prévues initialement sont insuffisantes, on peut
élargir provisoirement la tête de pile par mise en place de consoles serrées sur la pile par des
barres de précontrainte, solution qui peut se révéler coûteuse.
Les piles sont soumises à des efforts horizontaux importants au cours du poussage, qui
atteignent 1 à 4% de la réaction verticale. La justification des piles et le dimensionnement
des dispositifs de glissement et de poussage sont généralement effectués avec un coefficient
de frottement de 5%.
Pour ne pas sur-dimensionner inutilement les fûts de piles, et notamment dans le cas de piles
de grande hauteur, les têtes de piles peuvent être haubanées en cours de poussage, les
haubans étant ancrés dans la semelle de la pile voisine. Ces haubans retiennent les piles vers
l'aire de préfabrication dans les cas courants où la résultante de la réaction de poids propre et
l'effort de frottement est dirigée vers l'avant. Lorsque le tablier est poussé en descendant une
forte pente supérieure à l'angle de frottement, la tête de pile a au contraire tendance à chasser
vers l'arrière et il est nécessaire de la haubaner vers l'avant.
La conception de la tête de pile est différente selon que les dispositifs de stabilité de fléaux
sont mis en place sur la tête de pile ou lui sont extérieurs. Dans le cas d'ouvrage de faible
hauteur, il est possible en effet de réaliser des palées provisoires ou de mettre en place des
haubans extérieurs à la pile. Les têtes de pile ont alors une largeur minimale permettant de
loger les appuis définitifs et provisoires. Une largeur de l'ordre de 3 m est alors suffisante.
Dans le cas de piles de grande hauteur, ces dispositifs ne sont plus envisageables, et il est
nécessaire d'écarter les appuis provisoires pour assurer la stabilité des fléaux. La largeur de la
tête de pile atteint alors couramment 5 à 6 mètres. Mais dans ce cas, il est également
intéressant d'encastrer le tablier si la souplesse des piles le permettent.
Dans l'autre direction, la longueur de la tête de pile est voisine de celle de la largeur de la
base du caisson.
Les descentes de charges deviennent assez importantes, et selon les portées varient de 500 à
2000 tonnes.
La tête de pile d'un ouvrage construit sur cintre auto-lanceur doit être adaptée dans le cas des
cintres par dessous pour permettre le passage des poutres métalliques porteuses. Dans
certains cas, la structure porteuse comporte également des poutres latérales qui sont fixées
sur des corbeaux serrés sur les piles.
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Figure 16 : Disposition des têtes de piles
Dans le cas des cintres par-dessus, la plate-forme de travail est suspendue aux poutres
supérieures et est généralement conçue pour éviter les piles lors de l’avancement du cintre.
6.2 LES FONDATIONS DES OUVRAGES D’ARTS
6.2.1 GENERALITES
Les différentes techniques de réalisation des fondations ne sont pas spécifiques aux ouvrages
d'art, et on retrouve les techniques employées notamment en bâtiment, mais à une toute autre
échelle.
La conception d'une fondation est naturellement étroitement liée à la connaissance des
caractéristiques mécaniques du sol sur lequel va reposer l'ouvrage. La première étape
consiste donc à analyser les résultats des reconnaissances géotechniques, ce qui doit
permettre de définir les différents niveaux d'appuis possibles, et pour chaque niveau le type
de fondation adapté. Le choix définitif résulte d'étapes successives et prend en compte des
critères financiers, les aléas de réalisation et les délais d'exécution.
La classification des fondations peut être effectuée selon le mode de transmission des charges
au sol.
La façon la plus simple d'appuyer l'ouvrage est de le poser directement sur le sol, au niveau
du terrain naturel. Ce principe est simple et consiste à réaliser une fouille pour atteindre la
couche de terrain sur laquelle on compte appuyer la fondation.
Cette méthode ne peut être envisagée que si le volume des fouilles est relativement réduit, ce
qui exclut les fouilles de grande profondeur, et c'est pourquoi on parle de fondations
superficielles.
Une telle solution nécessite donc que l'on dispose d'un sol de
bonnes caractéristiques en surface.
Les charges apportées par la structure par l'intermédiaire des
piles ou des culées sont légèrement diffusées par un
épaississement à la base et sont directement transmises au sol
au contact sol-fondation.
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a) Différents types de fondations superficielles
- Les radiers
Dans le domaine des ouvrages d'art, les radiers sont employés pour des ouvrages de portées
modestes et notamment pour les ponts cadres fermés de type PICF et les passages inférieurs
voutés. La dalle a une épaisseur variable de 0,30 à 0,80 m selon les dimensions du radier et
est coulée sur un béton de propreté de 0,10 à 0,15 m d'épaisseur. Cette dalle n'est pas rigide
et la répartition des contraintes sur le sol n'est donc pas linéaire.
Pour les ouvrages hydrauliques, cette solution est intéressante car elle permet de limiter les
risques d'affouillement.
- Les semelles
Une semelle est une dalle relativement rigide sur laquelle repose la pile ou la culée. Du
fait de ces dimensions plus réduites, le sol doit pouvoir supporter des pressions plus
importantes de l'ordre de 2 à 4 bars (0,2 MPa à 0,4
MPa). La semelle repose directement sur le sol,
lorsque le bon terrain affleure, ou par
l'intermédiaire d'un
massif de gros béton, non armé, permettant
d'atteindre un bon sol un peu plus profond. Figure 19 : Schéma d'une semelle
Eléments de dimensionnement
La semelle de fondation est coulée sur un béton de propreté de 0,10 à 0,15 m d'épaisseur.
Indépendamment des critères de portance du sol, le niveau de fondation doit être hors
d'atteinte du gel pour éviter une décompression du sol lors du cycle gel-dégel. Pour cela, il
convient d'encastrer la base de la semelle d'une profondeur minimale D, par rapport au
terrain naturel, telle que :
D ≥ 0,50 + 0,05 / 200 m d'altitude
- Forme de la semelle
La semelle est le plus souvent de forme rectangulaire. Selon la nature des appuis de
l'ouvrage, on peut concevoir une semelle unique ou des semelles isolées.
Figure 20 : Semelles uniques ou isolées
- Exécution
L'exécution d'une fondation superficielle peut être plus ou moins facile en fonction de la
profondeur des fouilles à réaliser, et surtout selon la présence ou non d'une nappe phréatique.
En l'absence de nappe, on réalise une fouille par des moyens de terrassement ordinaires, et
les seuls problèmes d'exécution consistent en la protection de la fouille contre les venues
d'eau. D'une part, il convient de protéger les talus contre le ruissellement (protection par une
bâche ou par des membranes synthétiques) et de prévoir le recueil et l'évacuation des eaux de
pluie (rigoles, puisards et pompage).
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Figure 21 : Fouille talutée
Par ailleurs, il convient de préparer le fond de fouille pour une bonne assise de la fondation,
en supprimant les éventuels points durs (blocs), ou, au contraire en éliminant des zones
compressibles ou suspectes.
Le plus tôt possible après cette opération, on met en place un béton de propreté de 10 à 15
cm d'épaisseur, destiné à protéger le fond de fouille (sols sensibles à l'air ou à l'eau), puis on
réalise la semelle elle-même, sans attendre.
Lorsque l'emprise est réduite, on ne peut pas réaliser de fouille talutée et on a recours à des
blindages qui assurent provisoirement le soutènement de la fouille. Si la fouille est de faible
importance, les parois verticales sont maintenues par de simples planches, plus ou moins
jointives, qui sont maintenues entre elles par des madriers et des butons en bois, simplement
calés, ou par des vérins à vis métalliques.
Pour des fouilles profondes (jusqu'à 15 m), on a recours à un blindage de palplanches qui
sont butonées par des cadres métalliques, si elles sont peu larges. Pour des dimensions plus
importantes, cette méthode n'est plus envisageable et il faut ancrer les rideaux par des
ancrages actifs ou passifs.
En présence d'une nappe, différentes solutions peuvent être envisagées, selon la nature du
terrain qui peut être plus ou moins perméable et par conséquent conditionner l'importance des
venues d'eau.
Il est naturellement nécessaire d'exécuter la semelle à sec, puisqu'il est impossible de coffrer,
de ferrailler et de bétonner du béton de qualité sous l'eau.
Lorsque le sol est peu perméable, les venues d'eau sont faibles, et il est possible de maintenir
la fouille à sec par pompage, ce qui consiste à pomper les venues d'eau en pied de talus. Il
convient naturellement de bien évaluer les débits à pomper.
Lorsque les venues d'eau prévisibles sont plus importantes, et que le niveau de la fondation
se situe juste en dessous de la nappe, on peut couler un massif de béton non armé sous l'eau,
à l'aide d'un tube plongeur, pour rehausser le plan d'appui de la semelle proprement dite, qui
pourra être réalisée à sec, en deuxième phase.
Un autre procédé consiste à s'affranchir de la nappe par rabattement lorsque le terrain est
perméable et qu'il se prête ainsi à la circulation de l'eau (sables, graviers). Ce procédé
consiste à réaliser des puits ou forages à la périphérie de la fouille, puis de pomper ou
d'aspirer l'eau de manière à abaisser localement le niveau de la nappe. Il s'agit de la méthode
des puits filtrants d'assez fort diamètres (400 mm), qui permettent la mise en place de
pompes immergées, ou celle des pointes filtrantes, simplement foncées dans le sol, et reliées
à des pompes à vide.
Cette dernière solution présente toutefois un certain nombre d'inconvénients, car, d'une part,
le pompage risque d'entraîner les fines et ainsi de désorganiser le sol, et, d'autre part,
l'absence momentanée de nappe risque de provoquer une consolidation du sol, et par
conséquent des tassements qui peuvent porter préjudice aux constructions environnantes.
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Les batardeaux polygonaux sont étayés par des cadres et des butons en profilés métalliques.
Cet étaiement présente l'inconvénient d'encombrer l'aire de travail.
On a également réalisé des batardeaux circulaires dont la stabilité est assurée par des cerces
circulaires. L'avantage est de ne pas encombrer l'aire de travail par des butons. De tels
batardeaux peuvent atteindre un diamètre de 50 m.
Si la hauteur d'eau est importante, le volume de gros béton à mettre en œuvre devient très
important et il est intéressant d'ancrer le massif à l'aide de profilés métalliques (pieux H ou
palplanches) préalablement battus dans le sol ou encore par scellement de barres
précontraintes ou HA.
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d'atteindre à de très grandes profondeurs des couches dont la capacité portante dépasse
couramment les 20 bars (2 MPa), et les fondations dites semi-profondes ou massives,
moins profondes mais de section plus importante permettant d'atteindre des sols résistant à
une dizaine de bars (1 MPa).
De nombreuses techniques de réalisation de fondations profondes ont été imaginées. Les plus
courantes font appel à la réalisation de pieux verticaux ou inclinés ou de puits avec de
nombreuses variantes quant au matériau utilisé, mais surtout quant au mode de réalisation.
- Matériaux :
- Pieux métalliques (tubes, profilés en H ou caissons de palplanches : palpieux) ;
- Pieux en bois utilisés dans les ouvrages anciens (pour mémoire) ;
- Mode de réalisation ;
- Les pieux métalliques et les pieux en béton armé préfabriqués peuvent être battus ou
foncés dans le sol ;
- Les pieux en béton peuvent être moulés dans des chemises métalliques perdues ou
récupérées, mises en place par refoulement du sol ;
- Les pieux en béton peuvent être coulés en place après excavation du sol (tarières,
trépans) à l'abri ou non d'un tube de forage.
La classification des différents types de pieux est habituellement effectuée selon le mode de
réalisation, qui conduit ou non au refoulement du sol dans la masse du terrain, ce qui se
répercute sur le comportement de la fondation (interaction sol-pieu). C'est pourquoi on
distingue les pieux mis en place par refoulement du sol, des pieux mis en place par
excavation du sol.
Mise en œuvre.
Les deux principaux modes de mise en œuvre des pieux par refoulement du sol sont le
battage et le vibrofonçage.
Le battage est la plus ancienne des techniques et consiste à enfoncer l'élément dans le sol à
l'aide d’une masse pesante qui agit par percussion en tête du pieu. Le battage est effectué à
l'aide d'un mouton diesel automatique monté sur une sonnette et dont la masse peut atteindre
une quinzaine de tonnes.
Moins employé, le vibrofonçage consiste à disposer en tête de l'élément à foncer, un
vibrateur qui, grâce à des moteurs entraînant des balourds excentrés, induit un mouvement
alterné vers le haut et vers le bas, produisant une vibration, qui facilite l'enfoncement du pieu.
Ces deux procédés sont relativement rapides et économiques dans des terrains peu compacts
ou compressibles. De plus, la mesure de l'énergie de battage permet de juger de la capacité
portante du pieu de façon relativement fiable (courbe de battage). Par contre, le procédé est
plus délicat à mettre en œuvre, lorsque le sol devient un peu plus compact ou que l'on
rencontre des obstacles ponctuels. (risques de faux refus).
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En plus des avantages liés au mode de mise en œuvre, les pieux métalliques sont intéressants
sur le plan de la manutention et de la robustesse. Ils permettent également de réaliser des
pieux relativement inclinés (jusqu'à 25°). En contrepartie, se posent des problèmes de
corrosion des éléments métalliques et il convient de prévoir une sur-épaisseur de l'ordre de
0,02 à 0,1 mm par an en fonction de l'agressivité du sol encaissant. Leur principal
inconvénient est le coût, surtout en ce qui concerne les tubes.
Lorsque le forage a atteint la profondeur voulue, on met en place, à l'aide de grues, les cages
d'armatures qui ont été réalisées sur le chantier ou préfabriquées en usine. Pour éviter leur
déformation au cours des manutentions, les cages d'armatures doivent être suffisamment
rigides. On met également en place, en même temps que les armatures, des tubes métalliques
creux qui permettront de réaliser un contrôle de la bonne exécution des pieux par
auscultation sonique.
La dernière phase est le bétonnage. Il est naturellement exclu de déverser le béton depuis le
haut du forage, ce qui entraînerait inévitablement une ségrégation du béton et un délavage
important par la boue de bentonite. C'est pourquoi le béton est mis en place à l'aide d'un tube
plongeur, descendu jusqu'au fond du forage. Au début bétonnage, on procède à l'amorçage du
tube plongeur à l'aide d'un bouchon de polystyrène qui freine la descente du premier béton.
Le tube doit ensuite rester rempli et le bétonnage doit être effectué de façon continue. Le tube
est progressivement remonté au fur et à mesure de l'avancement du bétonnage, mais doit
toutefois, à tout instant se trouver à l'intérieur du béton frais, sur une hauteur de 2 à 4 mètres
minimum.
En remplissant le forage par le fond, la boue est chassée vers le haut, et le premier béton
coulé remonte en surface. Ce premier béton coulé est nécessairement de mauvaise qualité,
puisqu'il a été en contact avec la bentonite. Ainsi, à la fin du bétonnage, ce mauvais béton
remonté à la surface pourra être éliminé au bout de quelques jours. Cette opération de
recépage consiste à détruire au marteau piqueur l'extrémité supérieure du pieu sur environ un
diamètre. Elle permet en outre de dégager les armatures de liaison avec la semelle.
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solution qui peut se révéler plus économique que le recours à un batardeau. Ce tubage peut
régner sur une partie seulement du forage.
Ce tube est mis en place par battage ou par fonçage, selon les mêmes procédés que ceux
utilisés pour les pieux battus. Cette opération précède l'excavation des terres à l'intérieur du
tube dans les terrains meubles. Le tube est généralement récupéré, opération qui n'est pas
toujours facile, compte tenu des frottements latéraux, ce qui peut limiter le domaine d'emploi
de cette technique. La remontée du tube est effectuée pendant le bétonnage, au fur et à
mesure du remplissage du forage. Pendant cette opération, il est indispensable de réserver
une garde suffisante entre le niveau du tube de gainage et le niveau du béton frais, pour ne
pas risquer le désamorçage du tube plongeur.
Pour les pieux métalliques, cet encastrement est réalisable pour les pieux tubulaires ou les
palpieux, par une liaison de béton armé remplissant la tête du pieu sur environ deux mètres
de profondeur. En ce qui concerne les pieux H, cet encastrement est douteux, et il est
préférable de les considérer comme articulés.
Cette semelle est relativement ferraillée et il est courant de rencontrer une densité de
ferraillage de l'ordre de 120 à 140 kg/m3 de béton.
Le recours à des fondations massives peut être intéressant dans les cas suivants:
- Lorsque les descentes de charge sont particulièrement importantes, comme par
exemple pour les fondations de pylônes des ponts à haubans (Pont de Brotonne).
- Lorsque les conditions d'accès au site sont difficiles (site montagneux).
- Lorsque des chocs de bateaux sont prévisibles et que le risque de basculement de la
fondation est important.
La technique des puits marocains consiste à exécuter "à la main" un puits de gros diamètre
par couche d'environ un mètre de profondeur. La stabilité des parois est assurée à chaque
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étape par bétonnage d'un anneau de stabilisation, ce qui permet de continuer l'excavation
jusqu'au niveau d'appui recherché. Cette technique permet d'atteindre des profondeurs
importantes.
Lorsque le puits est terminé, il est ferraillé et bétonné sans difficulté particulière.
Si cette méthode est relativement lente et relativement coûteuse, elle présente le gros
avantage de ne pas désorganiser le sol de fondation et surtout de ne pas nécessiter de moyens
mécaniques lourds. Par ailleurs, la reconnaissance directe des terrains rencontrés permet de
détecter les anomalies éventuelles et de prendre des mesures en conséquence.
Par contre, cette technique n'est pas envisageable si on craint des venues d'eau ni en présence
de sols pulvérulent compte tenu des risques d'éboulement des parois du puits.
La technique des caissons havés à l'air libre, par opposition à celle des caissons havés à l'air
comprimé, aujourd'hui disparue pour des raisons de sécurité, consiste à foncer ou à lancer un
caisson creux, préfabriqué, qui est descendu jusqu'au niveau du bon sol. Le fonçage est
assuré par le poids propre du caisson lui-même au fur et à mesure qu'on extrait les matériaux
à l'intérieur de l'enceinte. Cette technique n'est pas adaptée dans des sols cohérents du fait des
frottements latéraux importants qui s'opposent à la descente du caisson.
Lorsque la côte prévue est atteinte, le caisson est étanché à sa base par un massif de gros
béton puis ferraillé et bétonné.
- Données géotechniques
Capacité portante
Comme nous l'avons déjà évoqué dans les paragraphes précédents, les différents types de
fondations sont plus ou moins adaptés à la portance du sol :
- Lorsque le sol a une capacité portante limitée, (voisine de 1 bar), on peut réaliser un
radier général de grande surface et qui par conséquent ne sollicite que très peu le sol.
- Si ses caractéristiques sont un peu meilleures en surface ou à faible profondeur
(capacité portante comprise entre 2 et 4 bars), il est souvent économique de réaliser
une fondation sur semelle superficielle, dont la surface est adaptée aux descentes de
charge.
- Lorsque le bon terrain n'est accessible qu'à grande profondeur, on réalise des
fondations par éléments interposés, le plus souvent des pieux forés, dont la surface est
naturellement plus limitée. Il est alors nécessaire d'atteindre des couches de terrains
de caractéristiques bien meilleures autorisant des pressions de l'ordre d'une vingtaine
de bars.
La solution a priori la plus économique consistera à placer la fondation le plus près du terrain
naturel. Lorsque l'ouvrage est en déblai, la fondation sera exécutée après les terrassements
généraux. Lorsque l'ouvrage est en remblai, les fondations superficielles sont réalisées avant
réalisation du remblai tandis que les fondations profondes sont réalisées à travers le remblai
qui devra être réalisé suffisamment à l'avance pour limiter les effets parasites dus à la mise en
place du remblai.
Dans certains cas, toutefois, il peut paraître opportun de s'éloigner un peu de ces indications
générales, comme par exemple dans les cas suivants :
Lorsque les descentes de charges sont très importantes, il peut être économique de réaliser
une fondation profonde, même si le sol de surface présente de bonnes caractéristiques, et
d'éviter ainsi de réaliser une semelle de dimensions imposantes.
Le recours à une fondation profonde peut être remis en cause, pour éviter l'amenée d'un
atelier de forage, dans le cas où ce type de fondation ne concerne qu'un appui.
Tassements du sol
Le tassement des fondations peut porter préjudice à la qualité de l'ouvrage.
D'une part, les tassements généraux peuvent nuire à l'esthétique de l'ouvrage et au confort de
l'usager (joints de chaussée).
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Mais, ce qui est plus grave pour la pérennité de l'ouvrage, les tassements différentiels entre
appuis voisins, peuvent induire des efforts dans le tablier, d'autant plus importants que
l'ouvrage est peu souple.
A titre d'ordre de grandeur, indiquons que les tabliers peuvent accepter des tassements
différentiels de quelques centimètres (2 à 5 cm selon les structures) sans renforcement. Au
delà, c'est un point à examiner, et il est sera nécessaire soit de renforcer le tablier soit de
rechercher un horizon plus stable et de recourir à des fondations profondes.
Lorsque l'incertitude sur ces tassements ou que leur ordre de grandeur conduit à des
tassements différentiels trop importants, on peut être amené à renforcer la fondation elle-
même ou encore, dans les cas extrêmes, revoir la structure du tablier, et, par exemple,
envisager une structure isostatique à travées indépendantes plutôt qu'un tablier continu. Il
apparaît ici, l'importance des campagnes de reconnaissance géotechniques qui doivent révéler
ce type de problèmes le plus tôt possible dans l'étude du projet.
Signalons que l'évaluation des tassements ne peut être obtenue avec précision (à 50 % près).
Les méthodes d'évaluation les plus fiables reposent sur les résultats des essais
pressiométriques (module pressiométrique) et des essais en laboratoire sur des échantillons
intacts.
Si les tassements instantanés peuvent être "rattrapés" au cours de la construction de
l'ouvrage, il n'en est pas de même pour les tassements différés qui correspondent à une
consolidation du terrain. Si ces tassements différés sont importants, on peut envisager le
recours à des techniques accélérant la consolidation des sols (pré-chargement, colonnes
ballastées ...) dont l'étude déborde du cadre de ce cours.
- Données hydrauliques
Affouillement
Le phénomène de l'affouillement du lit des rivières a naturellement une incidence sur le
choix du niveau de fondation.
Sous l'effet des variations de débit du cours d'eau, le transport de sédiments entraîne le
creusement du lit, pouvant conduire à la mise à nu de la base de la fondation et ainsi mettre
en péril la stabilité de l'ouvrage. L'effondrement du pont Wilson à Tours en 1977 en est un
exemple spectaculaire.
La hauteur d'affouillement peut être évaluée par une analyse des résultats des essais
préssiométriques, qui montrent une discontinuité de la compacité du sol, dans une couche de
terrains par ailleurs homogène, ce qui laisse présumer un décompactage ancien ou récent dû à
l'affouillement.
Ce phénomène d'affouillement général peut être accentué par l'extraction de matériau en aval,
ou au contraire par le blocage de sédiments en amont, du fait de la présence de barrages.
A cet affouillement général, doit être ajouté un affouillement local, à proximité des piles, dû
à une accélération du courant du fait de la réduction du débouché hydraulique au voisinage
de l'ouvrage. La forme des piles et de la base de la fondation a naturellement une incidence
sur l'importance de cet affouillement local. A titre d'ordre de grandeur, on peut évaluer la
hauteur de cet affouillement local à environ 1,5 à 2 fois le diamètre (ou la largeur) de la
fondation.
La base de la fondation doit être mise à l'abri de l'affouillement (général+local):
- La première solution, et la plus simple à réaliser, consiste à protéger la fondation en
conservant le rideau de palplanches ayant servi à la réalisation du batardeau, qui sont
simplement recépées au-dessus de la semelle.
- Le recours à une fondation sur pieux, chemisés en partie supérieure, si on excepte le
problème du coût, offre de nombreux avantages, et notamment en réduisant l'emprise
de la fondation et ainsi en limitant l'ampleur de l'affouillement local.
Choc de bateaux
Dans le cas d'appuis en rivière ou en site maritime, les appuis peuvent être soumis à des
chocs de bateaux. A moins de protéger les appuis par la réalisation d'îles artificielles, les
efforts horizontaux importants conduisent le plus souvent à renforcer la fondation.
On peut alors envisager des fondations massives, (caissons havées ou enceintes de parois
moulées), le recours à des pieux de fort diamètre, résistant bien à la flexion, ou de réaliser
des semelles superficielles, renforcées par des dispositifs anti-soulèvement.
Les fondations massives posent de gros problèmes d'exécution, ce qui se répercute
défavorablement sur le coût de la fondation.
La fondation sur pieux de gros diamètres permet de mobiliser la butée du terrain à l'arrière
des pieux, s'ils sont suffisamment espacés (3 [Symbole d'imprimante: ]). Cet espacement
important peut poser des problèmes de gabarit de navigation et il peut être intéressant
d'utiliser des barrettes de section rectangulaire, orientées dans la direction des chocs, qui
d'une part résistent mieux à la flexion et d'autre part mobilisent le terrain en butée à l'arrière
et par cisaillement le long des parois. L'exécution des barrettes en site aquatique est toutefois
assez délicate.
La solution d'ancrage de la semelle est également intéressante. On peut réaliser cet ancrage
par des micro-pieux ou par des barres HA.
- Données constructives
Les difficultés d'exécution sont essentiellement liées à la présence d'eau, que ce soit sous la
forme d'une nappe phréatique ou d'un site aquatique. Ces différents aspects ont été traités
dans les paragraphes précédents.
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actifs analogues à des câbles de précontrainte ou par des tirants passifs mobilisés en cas de
mouvement de la fondation. Dans le cas contraire, on prévoit généralement de réaliser les
fondations à l'intérieur de puits de sorte que l'appui ne soit plus en contact avec le terrain
susceptible de se déplacer.
Un autre aspect concerne le développement d'efforts parasites sur les fondations dans des
terrains compressibles. Du fait généralement de l'apport d'un remblai, les terrains
compressibles sont le siège de tassements et de fluage latéral, ce qui provoque des
frottements négatifs chargeant les pieux, et également des efforts parasites horizontaux.
TABLE DES MATIERES
SOMMAIRE..................................................................................................................................................................... 2
CHAPITRE 6 : ................................................................................................................................................................. 1
CONCEPTION DES APPUIS ET FONDATIONS .......................................................................................................... 1
6.1 LES APPUIS DE PONTS : LES PILES ET LES CULEES ...................................................................... 3
6.1.1 CULEES ........................................................................................................................... 3
6.1.1.1 Fonction des culées ..................................................................................................... 3
6.1.1.2 Dimensionnement des têtes de culées .......................................................................... 3
6.1.1.3 Les culées enterrées .................................................................................................... 5
a) Culées sur déblai ................................................................................................... 5
b) Culées sur remblai ................................................................................................ 6
6.1.1.3.2 Eléments de dimensionnement des culées enterrées .............................................. 7
6.1.1.4 Les culées remblayées ou apparentes ........................................................................... 7
6.1.2 PILES................................................................................................................................ 8
6.1.2.1 Dispositions des têtes de piles ..................................................................................... 9
6.1.2.2 Aspects particuliers ..................................................................................................... 9
a) Piles massives ........................................................................................................ 9
6.1.2.3 Particularités liées aux types de tabliers ......................................................................11
a) Ponts dalles - Dalles nervurées ............................................................................11
b) Ponts à poutres préfabriquées .............................................................................13
c) Piles-marteaux......................................................................................................14
d) Portiques ..............................................................................................................14
e) Ponts poussés ........................................................................................................15
f) Ponts construits par encorbellements successifs ..................................................16
g) Ponts construits sur cintres auto-lanceurs ..........................................................16
6.2 LES FONDATIONS DES OUVRAGES D’ARTS ...............................................................................18
6.2.1 GENERALITES ...............................................................................................................18
6.2.2 CLASSIFICATION DES FONDATIONS ........................................................................18
6.2.2.1 Fondations directes ....................................................................................................18
Eléments de dimensionnement ...........................................................................................19
6.2.2.2 Fondations par éléments interposés ............................................................................24
6.2.2.3 Fondations massives ..................................................................................................30
6.2.2.4 Choix d'un type de fondations .........................................................................31
TABLE DES MATIERES .............................................................................................................................................. 36
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