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Béton MP Chap1

Le document présente les bases du béton armé, définissant son association entre acier et béton pour résister aux contraintes. Il aborde également la réglementation actuelle, les états limites, et les actions à considérer dans le calcul des structures. Enfin, il détaille les charges permanentes et variables, ainsi que leur évaluation dans le cadre de la construction.

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Béton MP Chap1

Le document présente les bases du béton armé, définissant son association entre acier et béton pour résister aux contraintes. Il aborde également la réglementation actuelle, les états limites, et les actions à considérer dans le calcul des structures. Enfin, il détaille les charges permanentes et variables, ainsi que leur évaluation dans le cadre de la construction.

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BASES DU BÉTON ARMÉ : Rappel et Compléments

I/ DEFINITION

Le béton armé peut être défini une association judicieuse de deux matériaux
aux caractéristiques complémentaires : l’acier, appelé armature, pour sa
capacité à résister aux contraintes de traction et le béton pour sa capacité à
résister à la compression. Cette association est possible et durable car :
- les deux matériaux n’ont pas d’action chimique nuisible ensemble ;
- le béton se moule facilement, enrobe les aciers et les protège contre la
corrosion. ;
- les deux matériaux ont le même coefficient de dilatation thermique aux
températures usuelles courantes ;

- les deux matériaux ont une bonne adhérence l’un avec l’autre, ce qui permet
la transmission des efforts.

II/ REGLEMENTATION ACTUELLE

2.1/ Introduction

Les dernières règles adoptées sont les règles BAEL91 modifiées 99. Aucune
mise en cause profonde de cette règlementation n'a été faite par les
EUROCODES.

L’article A1 du BAEL précise les domaines d'application ainsi que le principe


des justifications. Cet article écarte du domaine d'application les constructions
en béton non armé ou en béton léger, les structures mixtes acier béton, les
constructions en béton de résistance caractéristique supérieure à 80MPa, et les
éléments soumis à des températures s'écartant des influences climatiques
normales. De plus, un dosage en ciment de 300kg/m3 minimum est requis.

2.2/ Les états limites

Un état limite est un état qui satisfait strictement ces conditions sous l'effet des
charges appliquées sur une construction ou un de ces éléments. Le règlement
BAEL99 précise : « qu'un ÉTAT LIMITE est celui pour lequel une condition
1
requise d'une construction (ou d'un de ces éléments) est strictement satisfaite et
cesserait de l'être en cas de modification défavorable d'une action. »

Deux (02) catégories d’états limites sont distinguées :

· Les états limites ultimes (ELU) : ce sont ceux qui sont associés à la perte de
stabilité de la structure ; ils sont directement liés à la sécurité des personnes.
Les phénomènes correspondants sont : la rupture locale ou globale, la perte
d’équilibre statique ou dynamique et l’instabilité de forme.

· Les états limites de service (ELS) : ce sont ceux qui sont associés à l’aptitude
à l’emploi du bâtiment ; ils sont donc liés aux conditions d’exploitation et à la
durabilité recherchées pour l’ouvrage. Les phénomènes correspondants sont :
la fissuration, les déformations, . . .

Un état limite particulier n’a pas été considéré : c’est celui de la fatigue dont
l’expérience a montré qu’il n’avait aucune incidence pratique sur la sécurité
des structures les plus courantes, dans la mesure où les dimensions habituels et
un minimum de qualité dans l’exécution étaient respectés. Cependant, dans le
cas de structures dont les sollicitations seraient essentiellement dues à des
charges d’exploitation atteignant fréquemment leur niveau caractéristique ou
nominal, il conviendrait de procéder à des justifications particulières vis-à-vis
de l’état limite de fatigue.

La durée de vie de l’ouvrage doit être spécifiée dès le début du projet, et elle
dépend du type d’ouvrage, comme indiqué dans le tableau 1. Plus la vie de
l’ouvrage est longue, plus celui-ci devra être résistant, afin d’accepter les
mêmes probabilités d’occurrence d’atteinte des différents états limites sur une
période plus longue.

2
Tableau 1 : Durée indicative de la vie d’un projet

III/ LES ACTIONS : BASES DE CALCUL

3.1/ Définitions

Une action peut se définir comme un ensemble de forces ou de couples


appliqués à la structure ou bien comme une déformation imposée à la structure
(dilatation thermique par exemple). Une action est définie par sa valeur
caractéristique qui tient compte de la dispersion de cette action et de la
probabilité que celle-ci soit plus ou moins éloignée de la valeur prévue.

3.2/ Nature des actions

On peut classer les actions selon :

1. leur variation dans le temps

On distingue de ce point de vue les actions :

- permanentes, notées G, dont la variation dans le temps est négligeable


(poids propre des structures, des terres, . . .) ;
- variables, notées Q, dont l’intensité varie fréquemment et de façon
importante dans le temps (exploitation, neige, vent, . . .) ;
- accidentelles, notées Fa, dont la durée est très courte par rapport à la
durée de vie de l’ouvrage et la probabilité d’occurrence avec une
grandeur significative est très faible (séisme, choc, explosion, . . .).

3
2. leur variabilité dans l’espace

On distingue selon ce critère :

- les actions fixes qui ne peuvent varier indépendamment d’un endroit à


l’autre où elles s’exercent (le poids propre d’une poutre s’applique
simultanément sur toute sa longueur) ;
- les actions libres qui ont une distribution spatiale quelconque (c’est le
cas des charges d’exploitation, certaines pièces pouvant être vides alors
que les autres sont plus ou moins remplies)

3. la réponse de la structure

On distingue de ce point de vue :

- les actions statiques qui n’entraînent pas de vibration de l’ouvrage,


- les actions dynamiques qui induisent une accélération significative de la
structure mettant en jeu des forces d’inertie (séisme, vent, . . .).

3.3/ Les actions permanentes : Symbole général G

Elles résultent du poids spécifique des matériaux mis en œuvre et des


dimensions de l'ouvrage. La norme NF P 06-001 précise les poids volumiques
des divers matériaux et ouvrages.

Les équipements fixes font partie de ces charges telles les cloisons de
distribution.

Les poids, les poussées et les pressions dus à des terres ou des liquides
interviennent en actions considérées permanentes lorsque le niveau de ces
derniers varie peu.

Le retrait, faisant partie des déformations imposées à une construction, est une
caractéristique du béton et correspond à une rétraction du béton pendant les
phases de prise et de durcissement.

Prendre en compte les effets du retrait dans une construction, revient en


général à éviter la fissuration. On peut ainsi prévoir des joints, des phases de
coulage alternées ou des éléments fractionnés.

Le fluage du béton constitue un phénomène de déformations différées sous


l’effet d’un chargement de longue durée. Il peut entraîner des redistributions

4
d'efforts ou des variations dimensionnelles différentielles. L'influence de ce
phénomène est très fréquemment négligée.

Les tassements différentiels des sols constituant l'assise des fondations peuvent
amener des actions à considérer dans cette rubrique.

3.4/ Les actions variables : Symbole général Q1 pour les actions de base et Qi
pour les actions d'accompagnement :

- Les charges d'exploitation : Symbole QB en bâtiment et Qr pour les ponts

Elles résultent de l'exploitation directe de la construction et sont donc


constituées par le "poids des utilisateurs" et des matériaux nécessaires à
l'utilisation des locaux. Elles correspondent à un mode normal d'utilisation. De
nombreux modes d'utilisation revenant fréquemment dans la construction, la
norme NF P 06 001 définit des charges surfaciques à prévoir. Un maître
d'ouvrage a toujours la possibilité de définir des valeurs différentes mais au
moins égales.

- Les charges climatiques : Symbole W pour le vent et Sn pour la neige

Ces actions sont définies dans le DTU P 06-002 dites Règles NV 65, complétées
par les règles N84 (DTU P 06-006).

Le vent est assimilé à des efforts statiquement appliqués à la construction et


qui mettent la structure résistante en vibration. Ils dépendant de la région, du
site (abrité ou exposé), de l'altitude et des dimensions.

- Les charges appliquées en cours de construction :

Ces charges proviennent en général des équipements de chantier, de coffrage,


de transport et de levage ou des dépôts de matériaux, mais il peut s'agir aussi
de problèmes d'étaiement.

En effet, les méthodes de construction jouent sur la répartition des efforts et


amènent parfois à solliciter les ouvrages prématurément avec des charges
importantes alors que le béton n'a pas souvent atteint la valeur de sa résistance
de calcul. Il y a donc lieu de s'en préoccuper à l'étude.

- Les actions de la température : Symbole T variation uniforme et Dq gradient


thermique. Lorsqu'une construction est soumise à une variation brutale de sa

5
température, ses dimensions ont tendance à se modifier proportionnellement à
son coefficient de dilatation a. Si cette dilatation ne peut pas s'effectuer
librement, il se produit des auto contraintes qui provoquent des efforts
internes. Par exemple, une variation journalière de 30°C sur un mur pignon
peut amener une contrainte de 3,5 MPa dans le matériau.

- Les actions accidentelles : Symbole général FA

Ce sont des phénomènes rares, de brève durée d'application. On peut citer en


exemple les séismes, les chocs, les explosions. Leur valeurs sont fixées par des
textes réglementaires en particulier les règles parasismiques 69, complétées en
1982 (DTU P 06-003).

IV/ EVALUATION DES CHARGES

4.1/ Valeur des charges permanentes

La valeur moyenne du poids propre des structures est souvent connue avec
une bonne précision. C’est pourquoi on se contente de représenter les actions
correspondantes par une valeur nominale unique calculée à partir des plans et
des poids volumiques moyens des matériaux. La valeur caractéristique G
correspond donc à la valeur moyenne, encore appelée valeur probable.

On détermine le poids propre de tous les éléments d’un bâtiment en utilisant


les tableaux suivants :

Tableau 2 : Poids surfacique de revêtements de plancher


Revêtements de planchers G (kN/m2)
Carreaux scellés, y compris la couche de mortier de pose de 2 cm
- Grès cérame (e = 4,5 mm) 0,5
- Grès céramique (e = 9 mm) 0,6
- Dallage céramique, pierre dure (15 à 30 mm) 0,7 à 1
Carrelages ou dallages collés, par cm 0,2
Chape en mortier de ciment, par cm 0,2
Chape flottante en asphalte, 2 à 2,5 mm, y compris couche
élastique, revêtement de sol non compris 0,5
Dalle flottante en béton, sous couche élastique comprise par cm 0,22
Parquets de 23 mm, y compris lambourdes 0,25
Sols minces textiles ou plastiques (collés ou tendus) et parquets
mosaïques, y compris ragréage du support 0,08
6
Tableau 3 : Poids volumique de quelques matériaux de construction utilisés
dans le bâtiment

Matériaux G (kN/m3)
Acier 78,5
Aluminium 27
Asphalte coulé 18
Béton bitumineux 22
Béton non armé 22
Béton armé 25
Béton de granulats légers 7,5 à 15,5
Blocs de liège 4
Bois durs tropicaux 10
Calcaire tendre 18
Calcaire compact, marbre, granit 28
Calcaire de dureté moyenne 22
Fonte 12,5
Maçonnerie
- sans enduits : en moellons 23
en briques pleines 19
en briques perforées 13,5
en briques creuses 9
Verre 25

7
Maçonnerie (enduits non compris) G (kN/m²) Couvertures métalliques
Parois en terre cuite - zinc (voligeage et tasseaux compris) 0,25
Briques pleines - 5,5 cm 1,5 - alu 8/10 (plaques ondulées sans 0,03
- 10,5 cm 2 support) 0,17
- 21,5 cm 4,05 - alu 8/10 (voligeage et tasseaux 0,25
- 33,0 cm 6,3 compris) 0,06
- acier inox (voligeage et tasseaux
Briques creuses - 5,0 cm 0,45 compris)
- 10,0 cm 0,9 - tôle ondulée d’acier galvanisé 8/10
- 15,0 cm 1,3 Couvertures en ardoises naturelles 0,28
- 20,0 cm 1,75 ordinaires (lattis et voligeage compris)
- 25,0 cm 2,15 Couvertures en tuiles (liteaux, voliges ou support
- 30,0 cm 2,6 compris)
- tuiles mécaniques à emboîtement 0,35 à 0,45
Briques perforées - 5,5 cm 0,7 - tuiles plates 0,55 à 0,75
- 10,5 cm 1,4 - tuiles canal 0,4 à 0,6
- 21,5 cm 2,95 - tuiles béton 0,45
- 33,0 cm 4,5 Terrasses
- asphalte coulé en 0,5 cm, plus 1,5 cm
Blocs perforés - 17,5 cm 2,3 d’asphalte coulé sablé 0,5
- 22,5 cm 2,95 - étanchéité multicouche (e = 2 cm) en
- 27,5 cm 3,6 ciment 0,12
Parois en blocs de béton - gravillon pour protection de
Blocs pleins de béton de granulats lourds l’étanchéité, par cm 0,2
- 5,0 cm 1,06 - protection de l’étanchéité par une
- 10,0 cm 2,1 couche d’asphalte gravillonné de 2 cm 0,5
- 15,0 cm 3,15 Planchers
- 20,0 cm 4,2 Dalles pleines en béton armé, par cm 0,25
Blocs creux de béton de granulats lourds
(parois épaisses) Planchers préfabriqués à éléments
- 5,0 cm 0,65 jointifs de dalles alvéolées
- 10,0 cm 1,35 - 12 cm 2 à 2,5
- 15,0 cm 2 - 16 cm 2,4 à 2,9
- 20,0 cm 2,7 - 20 cm 2,8 à 3,3
- 25,0 cm 3,25 - 24 cm 3,2 à 3,7
- 30,0 cm 3,85 Planchers nervurés à poutrelles
Blocs pleins de béton d’argile à parois préfabriqués ou nervures coulés sur
épaisses place à entraxe 60 cm :
- 5,0 cm 0,45 à 0,8 - avec entrevous en béton :
- 10,0 cm 0,9 à 1,6 Montage avec table de compression :
- 15,0 cm 1,35 à 2,4 - 12 + 4 cm 2,5 à 2,6
- 20,0 cm 1,8 à 3,2 - 16 + 4 cm 2,75 à 2,85
Blocs creux de béton d’argile à parois - 20 + 4 cm 3,1 à 3,3
épaisses - 25 + 5 cm 3,6 à 4
- 10,0 cm 0,65 à 1 Montage sans table de compression :
- 15,0 cm 0,9 à 1,5 - 16 cm 2,2 à 2,3
- 20,0 cm 1,2 à 2 - 20 cm 2,6 à 2,8
- 25,0 cm 1,5 à 2,5 - 24 cm 2,9 à 3,1
Enduits - avec entrevous en terre cuite :
En plâtre - 1 cm 0,1 Montage avec table de compression :
Au mortier de liants hydrauliques 1 cm 0,18 - 12 + 4 cm 2,2 à 2,3
- 16 + 4 cm 2,5 à 2,6
- 20 + 4 cm 2,8 à 3
Toitures G (kN/m²) - 25 + 5 cm 3,2 à 3,6
Support de la couverture Montage sans table de compression :
- lattis ou liteaux en sapin 0,03 - 16 cm 1,9 à 2
- voligeage en sapin 0,1 - 20 cm 2,2 à 2,4
-support céramique 0,45 - 24 cm 2,5 à 2,7
Sous-toitures (par cm d’épaisseur) - avec entrevous très légers
- contreplaqués okoumé 0,05 Montage avec table de compression :
- panneaux de lin 0,04 - 12 + 4 cm 1,5 à 1,7
- plaques de plâtre 0,09 - 16 + 4 cm 1,7 à 2
- panneaux de paille compressée 0,03 - 20 + 4 cm 1,8 à 2,1
- 25 + 5 cm 2,4 à 2,5

8
4.2/ Valeur des charges variables

On distingue, en fonction de leur usage spécifique, les différentes catégories de


surfaces suivantes :

A : Activités domestiques et résidentielles ;

B : Bureaux ;

C : Lieux de rassemblement de personnes

D : Commerces

E : Aires de Stockage et locaux industriels

F : Aires de circulation et de stationnement pour véhicules légers ;

G : Aires de circulation ou de stationnement de véhicules de poids moyen ;

H : Toitures inaccessibles sauf pour l’entretien normal

I : Toitures accessibles des bâtiments des catégories A à D

K : Toitures accessibles à fonctions spéciales (atterrissage hélicoptère, . . .).

Pour chacune de ces catégories de surface, on prendra la valeur des actions


données dans le Tableau 4, en se référant si besoin aux notes qui suivent.

Notes sur le Tableau

1. Il convient d’évaluer les charges sur les surfaces des locaux industriels en
fonction de l’usage prévu et des équipements à installer (voir l’EN 1991-3).

2. La charge Qk correspond à la charge totale sous les roues d’un véhicule. On


appliquera deux charges de valeur Qk/2 espacées de 1,80m et pouvant être
réparties sur deux surfaces carrées d’aire 100 cm2 pour la catégorie F et 400 cm2
pour la catégorie G.

3. La charge d’entretien affecte une surface de 10m2 placée dans les conditions
les plus défavorables et vaut 0,4 kN/m2 au minimum (selon la valeur du poids
des matériaux qui composent l’étanchéité). Voir également l’EN 1991-1-6 relatif
aux charges en cours d’exécution. Si la pente de la toiture est supérieure à 15%,
aucune charge répartie n’est à prendre en compte (impossible de stocker des
matériaux).

9
Tableau 4 : Valeurs des charges d’exploitation en fonction de la catégorie de la
surface.
Catég qk Qk
Usage spécifique et exemples
orie kN/m² kN
Habitation résidentiel
Planchers 1,5 2,0
Exemple : Pièces des
bâtiments et maisons
A d’habitation ; chambres et Escaliers 2,5 2,0
salles d’hôpitaux ; chambres
d’hôtels et de foyers ;
cuisines et sanitaires Balcons 3,5 2,0
B Bureaux 2,5 4,0
C1 : Espaces équipées de tables etc.
par exemple : écoles ; cafés ; restaurants ; salle 2,5 3,0
de réception, de banquet, de lecture
C2 : Espaces équipés de sièges fixés
par exemple : églises ; théâtres ; cinémas ;
4,0 4,0
amphithéâtres ; salles de conférence, de
réunion, d’attente
C3 : Espaces ne présentant pas d’obstacles à
la circulation des personnes
par exemple : salles de musées ; salles
Lieux de réunions 4,0 4,0
d’exposition ; etc. et accès des bâtiments
C publics et administratifs, hôtels, hôpitaux,
(à l’exception des surfaces
gares
des catégories A, B et D)
C4 : Espaces permettant des activités
physiques
5,0 7,0
par exemple dancing ; salles de gymnastique ;
scènes
C5 : Espaces susceptibles d’accueillir des
foules importantes
par exemple : bâtiments destinés à des
5,0 4,5
évènements publics tels que salles de concert ;
salles de sports y compris tribunes, terrasses et
aires d’accès, quais et gares
D1 : Commerces de détails courants 5,0 5,0
D Commerces
D2 : Grands magasins 5,0 7,0
Aires de Stockage et locaux E1 : Surfaces susceptibles de recevoir une
industriels accumulation de marchandises,
7,5 7,0
y compris les aires d’accès (Entrepôts,
E
bibliothèques).
E2 : Usage industriel Voir
-
note (1)
Aires de circulation et de stationnement pour véhicules légers (PTAC ≤
F 30kN) et nombre de places assises ≤ 8 non compris le conducteur Exemple : 2,3 15(2)
garages ; parcs de stationnement ; parkings à plusieurs étages
Aires de circulation et de stationnement pour véhicules de poids moyen
G (30 < PTAC ≤ 160 kN) à deux essieux Exemple : voies d’accès, zones de 5,0 90(2)
livraison, zones accessibles aux véhicules de lutte incendie (PTAC ≤ 160 kN)
Toiture inaccessible sauf pour Pente inférieure à 15% 1,0 1,5
H
entretien Autres toitures 0 0
I Toiture terrasse accessible pour usages A à D : voir note(4) -
K Voir note(5) -

10
4. La valeur des charges pour les terrasses de la catégorie I sont celles de la
catégorie A à G que dessert cette terrasse.

5. La valeur de la charge des toitures de la catégorie K est à établir pour chaque


cas particulier.

Il existe en plus un coefficient de majoration pour faible surface et de


minoration pour grande surface.

Ce coefficient noté αa n’est utilisé que pour les catégories d’usage suivantes :
A, B, C3, D1, et F. Ces différentes catégories sont données dans le tableau 3. Il
n’y a pas de réduction à appliquer pour les autres catégories. Ce coefficient se
multiplie à qk.

Ce coefficient est calculé selon l'expression :

= , + ≤

A0 = 3,5 m 2 ; A aire chargée

Pour les bâtiments d’habitation à plusieurs niveaux, il existe un autre


coefficient de dégression n qui sert à diminuer les charges d’exploitation pour
tenir compte du fait que l’occupation des divers niveaux ne se fait pas toujours
en même temps. Mais ce coefficient s’applique sur un grand nombre de
niveaux.

= +

où n > 2 est le nombre d’étages au dessus de l’élément chargé, et

- a = 0,5 et b = 1,36 pour les surfaces de catégorie A,

- a = 0,7 et b = 0,8 pour les surfaces des catégories B et F.

Remarque 1 : Le coefficient de dégression αn n’est pas applicable aux autres


catégories.

Remarque 2 : Les coefficients αA et αn ne sont pas applicables simultanément.

11
Remarque 3 : Lorsque le bâtiment comporte un ou deux niveaux d’occupations
différentes, ceux-ci ne sont pas concernés par la dégression verticale. C’est le
cas notamment de la toiture (ou de la terrasse) dont la charge d’exploitation
s’applique dans sa totalité sur tous les étages inférieurs.

Pour ce qui des charges dues aux vents, le calcul est relativement complexe et
est traité par les règles NV65

V/ COMBINAISON D’ACTIONS

Les sollicitations, éléments de réduction des forces extérieures et des couples


appliqués aux éléments de structure, sont déterminées après combinaisons des
actions.

5.1/ Principe

En fonction des situations qu'une construction va connaître, nous allons être


obligé de superposer les effets de plusieurs actions. Pour cela :
- nous affecterons à chaque type d'actions, un coefficient de sécurité partiel,
- nous combinerons les actions obtenues (principe de superposition des effets),
- nous déterminerons la ou les combinaisons qui engendrent les sollicitations
les plus défavorables dans les éléments de la construction.

Nous utiliserons les combinaisons avec les notations suivantes :

- Gmax : ensemble des actions permanentes défavorables

- Gmin : ensemble des actions permanentes favorables (voir ci-dessous)

- Q : action variable

Exemple : Cas d'un mur de soutènement et d’un escalier :

Figure 1 : Actions sur un mur de soutènement (a) et un escalier à marche


préfabriquée (b)
12
La poussée Q⃗ pousse vers un renversement du mur et agit donc dans un sens
défavorable : elle intervient en Gmax.

L'action des terres derrière le rideau R⃗ agit dans un sens de stabilité donc
favorable : elle intervient donc en Gmin.

5.2/ Valeurs représentative des actions

Actions permanentes : La valeur moyenne du poids propre des structures est


souvent connue avec une bonne précision. C’est pourquoi on se contente de
représenter les actions correspondantes par une valeur nominale unique
calculée à partir des plans et des poids volumiques moyens des matériaux. La
valeur caractéristique G correspond donc à la valeur moyenne, encore appelée
valeur probable.

Actions variables : Une action variable Q est définie :

- soit par sa valeur caractéristique Q, si cette valeur a été établie sur des bases
statistiques. Pour la plupart des actions, la valeur caractéristique est définie
par une probabilité de dépassement de 0,02 par an, ce qui correspond à une
période de retour de 50 ans ;
- soit par sa valeur nominale (notée aussi Q), si cette valeur n’est pas établie
sur des bases statistiques. Dans ce cas, il convient de donner une valeur
nettement supérieure à la valeur moyenne de l’action sur la vie de
l’ouvrage.

En plus de la valeur caractéristique, on distingue trois autres valeurs


représentatives correspondant à trois niveaux d’intensité de ces actions ;

- la valeur de combinaison, notée Ψ0Q, qui doit être utilisée lorsqu’on


envisage l’occurrence de deux actions variables simultanément, sachant que
la probabilité de voir ces deux actions atteindre des valeurs proches de leurs
valeurs caractéristiques est très faible ;
- la valeur fréquente, notée Ψ1Q avec Ψ1 < 1, qui représente une intensité de
l’action qui peut être régulièrement dépassée ;
- la valeur quasi-permanente, notée Ψ2Q avec Ψ2 < Ψ1 < 1, désigne une
intensité très souvent atteinte, proche de la valeur moyenne dans le temps.

13
Le Tableau 5 donne les valeurs de ces trois coefficients en fonction de la
catégorie de surface supportant la charge d’exploitation ou du type de charge.

Tableau 5 : Valeurs des coefficients Ψ

Actions accidentelles : Les actions accidentelles sont définies par une seule
valeur, par rapport à leur valeur réelle (Par exemple, pour un séisme, on se
basera sur des séismes ayant déjà eu lieu pour estimer les actions à prendre en
compte).

5.3/ Différentes Combinaisons d'actions

Une combinaison d’actions est, généralement, la somme :

- des N actions permanentes Gj introduites avec une valeur moyenne (ou


probable),

- une action variable de base (ou dominante) à sa valeur caractéristique Q1,

- des (M - 1) autres actions variables d’accompagnement Qi à leurs valeurs de


combinaison Ψ0Qi, fréquentes Ψ1Qi ou quasi-permanentes Ψ2Qi.

14
On ne combine que des actions compatibles (par exemple, une charge
d’entretien pour la réparation d’une toiture terrasse ne se combine pas avec
une charge de neige).

On ne considère que les combinaisons les plus défavorables.

Aux Etats limites de service, on considère :

- les combinaisons caractéristiques :

+ + ,

- les combinaisons fréquentes :

+ , + ,

- les combinaisons quasi-permanentes :

+ ,

Aux Etats limites ultimes, on distingue :

- les combinaisons fondamentales :

+ + ,! ,

γGj vaut 1,35 pour les actions permanentes défavorables et 1 pour les actions
permanentes favorables ;

γQ1 vaut 1,5 dans le cas général et 1,35 dans les cas suivants :

* la température,

* les charges d’exploitation étroitement bornées ou de caractère particulier


telles que les convois militaires ou les convois exceptionnels sur les ponts-
routes, les convois spéciaux sur les ponts-rails, ou d’autres charges définies par
le Cahier des Charges,

* les bâtiments agricoles à faible densité d’occupation humaine.

15
- les combinaisons accidentelles :

+# + , + ,

FA : désigne la valeur de l’action accidentelle

VI/ DESCENTE DES CHARGES

6.1/ Transmission des charges verticales - Surfaces d’influence

Quel que soit le matériau de construction, pour déterminer les charges


transmises par les dalles aux poutres ou aux voiles, et pour tout type de
charges G ou Q, il faut se servir de la surface de plancher reprise par ces
poutres ou voiles. Ces surfaces de planchers sont appelées surfaces
d’influence et notées SP.

* Lorsqu’il s’agit de planchers en acier, en bois, ou en béton armé préfabriqué


comme les planchers à prédalles, à poutrelles et entrevous ou à dalles
alvéolées, les planchers sont porteurs dans un seul sens. La surface du
plancher est donc divisée en deux parties égales parallèlement aux deux
poutres, murs ou voiles porteurs. Une poutre reprend donc la moitié de
l’espacement de chaque côté de ce qu’elle supporte.

Figure 2 : Répartition des charges dans le cas de dalles en corps creux

* Lorsqu’il s’agit de planchers en béton armé coulés en place, il y a parfois


deux sens porteurs avec une répartition à 45° par rapport aux angles de la
dalle pour un angle droit. Cette inclinaison à 45° conduit à des découpes en

16
triangles et trapèzes isocèles, comme on peut le voir sur le schéma ci-dessous.
De plus, si l’angle que font les éléments porteurs de la dalle n’est pas un angle
droit, la répartition n’est plus à 45° mais se fait suivant la bissectrice (droite
située à angles égaux).

Figure 3 : Répartition des charges dans le cas de dalles pleines

6.2/ Les cas de charges

Les cas de charges sont les configurations spatiales possibles des actions libres,
dont l’intensité est susceptible de varier dans l’espace. Il faut étudier tous les
cas de charges possibles afin de déterminer les sollicitations maximales dans
chaque section de la structure. Sur la Figure 4 sont représentés les différents cas
de charge possibles sur une poutre à trois travées. La travée est Chargée (C)
lorsque la charge variable libre est présente et Déchargée (D) dans le cas
contraire. Lorsque la travée est déchargée, elle supporte seulement les charges
fixes, telles que les charges permanentes. Le cas de charge où toutes les travées
sont déchargées ne présente pas d’intérêt.

17
Figure 4 : Définition des cas de charges pour une poutre à trois travées.

Figure 5 : Définition des cas de charges pour une poutre en porte-à-faux.

6.3/ Descente des charges sur une poutre

Les hypothèses suivantes sont faites pour ce calcul :


- charges uniformément distribuées sur toute la surface susceptible d’être
chargée,
- appuis simples pour toutes les liaisons entre éléments porteurs,
- absence de continuité entre les travées successives des poutres, poutrelles et
dalles.

Quel que soit le matériau utilisé, il faudra bien séparer les charges permanentes
et les charges variables.

18
6.3.1/ Poutre secondaire (poutrelles ou nervures)

Les charges verticales appliquées sur une poutre qui ne porte aucune autre
poutre sont :

Pour les charges permanentes,

- son poids propre g, charge linéique uniformément répartie exprimée en


kN/m. Ce poids se calcule en multipliant le poids volumique du matériau de
la poutre par la section de la poutre perpendiculaire à sa ligne moyenne. Il faut
aussi tenir compte des poids des éléments non porteurs situés juste au-dessus
de la poutre.

- le poids de la dalle ou plancher et des éléments non porteurs supportés de


chaque côté de la poutre qui est aussi une charge linéique uniformément
répartie exprimée en kN/m. Ce poids se calcule :

• soit à partir du poids surfacique du plancher multiplié par la longueur


perpendiculaire à la poutre reprise par la poutre,

• soit à partir du poids volumique du matériau de la dalle ou du plancher


multiplié par l’épaisseur de la dalle ou du plancher et la longueur
perpendiculaire à la poutre reprise par la poutre.

Pour les charges variables, les charges d’exploitation q appliquées sur la


poutre et la dalle ou le plancher qui donnent des charges linéiques
uniformément réparties exprimées en kN/m et qui se calculent à partir de leur
poids surfacique multiplié par la longueur perpendiculaire à la poutre reprise
par la poutre.

6.3.2/ Poutre principale

Les charges verticales appliquées sur une poutre portant d’autres poutres sont :

Pour les charges permanentes,

- son poids propre g, charge linéique uniformément répartie exprimée en


kN/m. Ce poids se calcule en multipliant le poids volumique du matériau de
la poutre par la section de la poutre perpendiculaire à sa ligne moyenne. Il faut
aussi tenir compte des poids des éléments non porteurs situés juste au-dessus
de la poutre.

19
- les poids P apportés par les poutres secondaires, charges ponctuelles
exprimées en kN, qui correspondent :

. aux poids linéiques des poutres secondaires multipliés par la demi longueur
de chaque poutre secondaire. (+ Éléments non porteurs)

. aux poids linéiques des dalles ou planchers multipliés par la demi-longueur


de chaque poutre secondaire. (+ Éléments non porteurs)

Pour les charges variables,

- les charges d’exploitation Q apportées par les poutres secondaires, charges


ponctuelles exprimées en kN, et calculées à partir de la charge d’exploitation
linéique multipliée par la demi-longueur de chaque poutre secondaire appuyée
sur cette poutre.

- les charges d’exploitation q appliquées sur la surface du dessus de la poutre


principale, en kN/m et calculées à partir de la charge d’exploitation du tableau
multipliée par la largeur de la poutre.

6.4/ Descente des charges sur un poteau ou un voile ou un mur porteur

En béton armé, le principe d’une descente de charges est de calculer les charges
permanentes et variables qui arrivent sur un poteau ou un mur ou un voile en
regardant étage par étage tout ce que celui-ci porte.

La charge ponctuelle transmise sur un poteau par une poutre constitue la


réaction à l’appui de la poutre, réaction à laquelle il faut ajouter le poids propre
du poteau et les charges du poteau qui se trouve au dessus du poteau
considéré s’il y en a. Le calcul des réactions aux appuis se fera suivant la
méthode de calcul adoptée pour déterminer les sollicitations dans la poutre.

VII/ CARACTERISTIQUES DU BETON

7.1/ Résistance du béton

Pour l'établissement des projets et dans les cas courants, un béton est défini par
la valeur de sa résistance à la compression à 28 jours, dite valeur caractéristique
requise. Elle est notée fc28 et choisie en fonction des conditions de fabrication
du béton, de la classe du ciment utilisé et de son dosage au m3.
20
Le tableau 6 suivant indique les dosages permettant d’obtenir, dans la très
grande majorité des cas, les résistances caractéristiques mentionnées ; les
indications correspondent à des bétons présentant un affaissement de l’ordre
de 10 cm à l’essai normalisé.

Tableau 6 : Dosage courants des bétons


Classes du ciment 45 et 45R 55 et 55R
Conditions de fabrication CC AS CC AS
16 MPa 300
20 MPa 350 325 325 300
fc28
25 MPa (1) 400 375 350
30 MPa Non admis (1) (1) (1)
(1) cas à justifier par une étude appropriée
CC : conditions courantes de fabrication ; AS : CC avec auto contrôle surveillé

Lorsque l'âge du béton est inférieur ou supérieur à 28 jours, on prend en


compte pour les calculs de résistance fcj, valeur caractéristique à j jours,
obtenue suivant les cas par les formules suivantes :

Pour fc28 ≤ 40 MPa :

)* = )* . < 60 123.
( ,, - + , +!
+

)* = , )* + . > 60 123.

Pour fc28 > 40 MPa

)* = )* . < 28 9:;<=
( +
, , + , 56
)* = )* + . > 28 9:;<=

La résistance à la compression est mesurée par compression axiale de cylindres


droits de 16cm de diamètre, soit de 200 cm2 de section, et d'une hauteur double
de leur diamètre (32 cm). Elle est définie comme la valeur de la résistance en
dessous de laquelle on peut s’attendre à rencontrer 5% au plus de l’ensemble
des ruptures des essais de compression.

La résistance du béton est également définie par la résistance caractéristique à


la traction ftj à j jours qui est conventionnellement introduite par la relation :

21
)> = , - + , -)*

Dans cette relation, ftj et fcj sont exprimés en MPa et elle n'est valable que si fcj ≤
60MPa. Cela donne :

fc28 (MPa) 16 20 22 25 30
ft28 (MPa) 1,56 1,80 1,92 2,10 2,40

7.2/ Diagrammes contraintes – déformations

· Aux états limites ultimes

Le diagramme contraintes (σbc) – déformations (εbc) du béton aux ELU


règlementaires est le diagramme de calcul simplifié dit "PARABOLE-
RECTANGLE". Le diagramme ci-dessous schématise ces dispositions.

Figure 6 : Diagramme contraintes – déformations du béton aux ELU

La valeur fbu de la contrainte de calcul pour une déformation supérieure ou


égale à 2.10-3 est égal à :
, +6)*
) =
2
A

γb = 1,5 dans le cas général pour les combinaisons fondamentales et

22
= 1,15 pour les combinaisons accidentelles

θ = 1 dans le cas général quand la durée d'application des charges considérée


est supérieure à 24 heures,

= 0,9 lorsque cette durée est comprise entre 1 heure et 24 heures,

= 0,85 lorsqu'elle est inférieure à 1 heure.

Dans la zone comprimée d'une section droite de poutre fléchie, il sera loisible
de remplacer le diagramme parabole rectangle par un diagramme
rectangulaire simplifié.

Figure 7 : Répartition des déformations et des contraintes dans une section de


poutre fléchie aux ELU

· Aux états limites de service

La contrainte de compression du béton sera limitée dans les calculs, à 0,6fcj.


Jusqu’à cette valeur, le diagramme des contraintes peut-être assimilé à une
droite.

Figure 8 : Diagramme contraintes – déformations du béton aux ELS

23
La répartition des déformations et des contraintes dans une section droite
d'une poutre fléchie est donc la suivante :

Figure 9 : Répartition des déformations et des contraintes dans une section de


poutre fléchie aux ELS

7.3/ Déformations du béton

- Déformation longitudinale : module de Young

Sous des contraintes normales d'une durée d'application inférieure à 24 heures,


on définit un module de déformation longitudinale, Eij, égal au coefficient
directeur de la droite passant à l’origine, du diagramme contraintes –
déformations à l’ELS.

Sous des contraintes de longue durée d'application, les effets du fluage du


béton nous rajoutent une déformation complémentaire du double de la
déformation instantanée soit, en définitive une déformation totale triple.

On adopte en général une valeur forfaitaire du module de déformation ou


module de Young du béton égale à 1/15 de celle de l’acier soit :

C = ! !!! D

- Déformation transversale : coefficient de Poisson

Sauf cas particuliers, le coefficient de Poisson est pris égal à 0 pour le calcul des
sollicitations (ELU) et à 0,2 pour le calcul des déformations (ELS).

24
VIII/ CARACTERISTIQUES DE L’ACIER

8.1/ Classification des aciers pour le béton armé

On utilise pour le béton armé, les ronds lisses, les armatures à haute adhérence
et les treillis soudés. On considèrera pour l'acier, un poids volumique de
78,5kN/m3.

Les aciers sont définis par leur diamètre nominal qui est le diamètre d'un
cylindre de révolution ayant même masse que la barre par mètre linéaire. Sa
section nominale est l'aire du cercle de diamètre le diamètre nominal. On
remarquera que, si pour les ronds lisses, le diamètre nominal et le diamètre
réel sont égaux, il n'en est pas de même pour les armatures à haute adhérence.

Les diamètres nominaux sont des diamètres normalisés.

· Les ronds lisses : Symbole F ou RL

Ce sont des aciers doux, laminés à chaud et de surface lisse, ne présentant


aucunes aspérités. Ils ne sont plus utilisés que pour faire des crochets de levage
en raison de leur très grande déformation à la rupture. Les nuances utilisées
sont les Fe E 215 et Fe E 235.

· Les armatures à haute adhérence : Symbole HA

Ils sont obtenus par laminage à chaud d'un acier naturellement dur, soit dont
les caractéristiques mécaniques sont dues à une composition chimique
appropriée. On n'utilise plus, en béton armé, des aciers obtenus par laminage
suivi d'un écrouissage.

Ces armatures ont leur surface marquée par des crénelures de formes diverses
suivant les marques commerciales, de façon à assurer une meilleure adhérence
avec le béton (Figure 10). Ces aciers existent dans les nuances Fe E 400 et Fe E
500.

· Les treillis soudés : Symbole TS

Si les autres types d’acier se présentent en barres, ces derniers sont soit en
rouleaux, soit en panneaux et de dimensions normalisées. Leur largeur
standard est de 2,40m. La longueur des rouleaux est de 50m et celle des
panneaux est de 4,80m ou 6m.

25
Les treillis soudés sont constitués par des fils se croisant perpendiculairement
et soudés électriquement à leurs croisements (Figure 10. On distingue les
treillis soudés à fils tréfilés lisses dits TSL et des treillis soudés à fils à haute
adhérence dits TSHA (voir norme NF A 35-022).

Figure 10 : Barres HA Treillis soudés

Le tableau 7 résume les principales caractéristiques des différents types


d’aciers.

Tableau 7 : Caractéristiques des différents types d’aciers

26
8.2/ Forme des aciers

Les aciers de BA se présentent sous trois principales formes :

Les barres : On trouve des barres de longueur variant de 6m à 12m, lisses ou à


haute adhérence, pour les diamètres normalisés suivants (en mm) :

5 - 6 - 8 - 10 - 12 - 14 - 16 - 20 - 25 - 32 - 40

Le tableau 8 aide à choisir le diamètre et le nombre de barres à mettre en place


pour une largeur de section de béton donnée.

Tableau 8 : Section de 1 à 20 armatures de diamètre ∅ en mm

Les fils : Les armatures sous forme de fils sont stockées sur des bobines. Les
fils servent principalement à la réalisation de treillis soudés, de cadres,
d’épingles et d’étriers en usine de façonnage d’armatures, ou pour le ferraillage
d’éléments préfabriqués tels que les prédalles en BA ou Béton Précontraint. On
trouve des diamètres de 5 à 12mm et se sont généralement des aciers à haute
adhérence.

27
Les treillis soudés : Les TS sont utilisés pour ferrailler rapidement des
éléments plans, tels que les voiles, dalles et dallages. Ils sont disponibles en
rouleaux ou en panneaux et sont composés d’aciers à haute adhérence.

8.3/ Dénomination des armatures

On distingue deux types d’armatures de BA :

Les armatures longitudinales : elles sont généralement en acier HA et sont


disposées dans la zone de béton tendu suivant l'axe longitudinal de la pièce
pour reprendre les efforts de traction. Eventuellement, lorsque les dimensions
de la section sont insuffisantes pour que le béton puisse reprendre la totalité de
l’effort de compression, on dispose des armatures dans la zone de béton
comprimé pour reprendre une partie de l’effort de compression.

Les armatures transversales (dites de « couture ») : ce sont des armatures de


petit diamètre (6, 8 ou 10) en acier doux (nuance Fe E 225). Elles sont
constituées de cadres, d’épingles ou d’étriers (Figure 11) et sont disposées dans
des plans perpendiculaires à l'axe de la pièce. Leur fonction est de coudre les
bielles de béton qui apparaissent sous l’effet de l’ancrage ou de l’entrainement
des barres. Elles attachent d’autre part les barres longitudinales entre elles en
maintenant leur écartement constant.

On admet que les ancrages des extrémités des barres façonnées en étriers,
cadres ou épingles sont assurés, si les parties courbes sont prolongées par des
parties rectilignes de longueur au moins égale à :

- 5Φ pour un angle d’ancrage θ = 180° ;

- 10Φ pour θ = 135° ;

- 15Φ pour θ = 90°.

Leur rayon de courbure r est :

- r ≥ 2Φ pour un rond lisse ;

- r ≥ 3Φ pour un HA.

28
Figure 11 : Différents types d’armatures transversales

8.4/ Diagrammes contraintes - déformations en ELU

Le diagramme contraintes déformations à considérer est défini ci-dessous.


Nous n'en retiendrons que la zone des tractions, la zone des compressions
étant symétrique par rapport à l'origine.

Figure 12 : Diagramme contraintes – déformations aux ELU

γs = 1,15 pour les combinaisons fondamentales et 1 pour les combinaisons


accidentelles ;
).2 )Y
XY = =
C. . C.

Pour les aciers de nuance Fe E400, εe vaut 1,739 10-3.

29
8.5/ Contraintes admissibles en ELS

En état limite de service, les vérifications à effectuer pour les aciers portent sur
l'état limite d'ouverture des fissures. L'appréciation du degré de nocivité de
l'ouverture des fissures dépend de l'environnement (agressif ou non), de la
nature de la structure, de l'utilisation de l'ouvrage, de la limite élastique des
aciers utilisés et de l'expérience sur des ouvrages analogues. Il appartient au
maître d'œuvre de juger de ce degré de nocivité.

· Cas où la fissuration est considérée comme peu préjudiciable (FPP) :

C'est le cas d'ouvrages situés en milieu peu agressif. Le BAEL83 précisait qu'il
s'agissait d'éléments situés dans des locaux clos et couverts, non soumis à des
condensations.

Dans ce cas aucune vérification particulière n'est demandée sur les aciers si
ce n'est qu'il conviendra dans la mesure du possible :

- de n'utiliser les gros diamètres que dans les pièces suffisamment épaisses,

- d'éviter les très petits diamètres dans les pièces exposées aux intempéries,

- de prévoir le plus grand nombre de barres compatibles avec une mise en


place correcte du béton.

· Cas où la fissuration est considérée comme préjudiciable (FP) :

La fissuration est considérée comme préjudiciable lorsque les éléments en


cause sont exposés aux intempéries, à des condensations, ou peuvent être
alternativement noyés et immergés en eau douce.

Dans ce cas, la contrainte de traction des armatures doit vérifier :


)Y
Z.> ≤ Z
[[[[
.> = \ ] )Y ; \ ^ _ ; `a)> bc d D e
!
fY^> ≥ -\\

fe = limite d'élasticité des aciers utilisés (MPa)


ftj = résistance caractéristique en traction du béton (MPa)
η = coefficient de fissuration = 1 pour les RL ;
= 1,6 pour les HA
Φext = diamètre des armatures les plus proches des parois.

30
· Cas où la fissuration est considérée comme très préjudiciable (FTP) :

La fissuration est considérée comme très préjudiciable lorsque les éléments en


mis en œuvre sont exposés à un milieu agressif (eau de mer, atmosphère
marine telle que embruns et brouillards salins, eau très pure, gaz ou sol
particulièrement corrosifs) ou bien doivent assurer une étanchéité.

Dans ce cas, la contrainte de traction des armatures doit vérifier :

)Y
Z.> ≤ Z
[[[[
.> = , + × \ ] )Y ; \ ^ _ ; `a)> bc d D e
!
fY^> ≥ +\\

Les notations sont les mêmes que précédemment

Lorsqu’on utilise des barres de diamètre supérieur à 20mm, leur espacement


horizontal doit être inférieur ou égal à 3Φ soit : si Φ > 20mm alors d ≤ 3Φ

8.6/ L’adhérence acier-béton

Comme nous venons de le voir, le comportement de l’acier est très bien connu
et celui du béton est bien connu. Le béton armé étant une structure composite -
béton et acier - il est nécessaire de bien connaître aussi le comportement de
l’interface entre les deux matériaux. L’objectif de l’étude est :

- de bien connaître les différents paramètres qui influencent le comportement


de l’interface,

- de justifier une des hypothèses importantes des calculs en béton armé, à


savoir qu’il n’y a pas de glissement des barres d’acier.

Afin d’assurer l’adhérence entre l’acier et le béton, il convient d’ancrer les


barres d’acier dans le béton. Deux types d’ancrages sont possibles :

Ancrage rectiligne : On définit la longueur de scellement droit ls comme la


longueur à mettre en œuvre pour avoir un bon ancrage droit. Le bon ancrage
étant un ancrage pour lequel le glissement a lieu au moment où le
comportement de la barre entre dans le domaine plastique.
f)Y
ij =
,kjl

31
τsu est la contrainte d’adhérence ultime qui représente l’action du béton sur
l’armature et supposée constante le long de la barre :

m.2 = , - . )>

Ψs est le coefficient de scellement de la barre (voir tableau 5).

Le BAEL propose d’adopter les valeurs forfaitaires suivantes pour la longueur


de scellement :
, f o123 2 p #YC,
i. = n
6 f o123 2 p #YC6 12 2 31 q r ..Y

Chaque barre d’un paquet de barres sera ancrée individuellement. Pour ancrer
les barres d’un paquet de deux barres il faudra prévoir 2×ls et pour un paquet
de trois barres (2+ 1,5) ×ls.

Ancrage courbe : Par manque de place, comme aux appuis de rives par
exemple, on est obligé d’avoir recourt à des ancrages courbes afin de diminuer
la longueur d’encombrement de l’ancrage. On pourrait aussi penser au gain
d’acier, mais celui-ci est plus faible que le coût de la main d’œuvre nécessaire
au façonnage de l’ancrage. Donc, quand il n’y a pas de problème pour placer
un ancrage droit, c’est cette solution qu’il faut adopter.

Un ancrage courbe est composé de deux parties droites AB et CD de longueurs


μ et λ, respectivement, et d’une partie courbe BC de rayon de courbure R et
d’angle θ (Figure 13).

Figure 13 : Définition d’un ancrage courbe

32
Pour ancrer totalement la barre à partir du point A, avec une longueur de
scellement droit ls, il faut :

t + uv + w = ij

Avec :

YxA −
=Y xA
; u=
x
φ est l’angle de frottement acier-béton et vaut 0,4.

Le tableau suivant donne les valeurs de α et β pour différentes valeurs de θ.

θ 30° 45° 60° 90° 120° 135° 150° 180°


α 1,23 1,37 1,52 1,87 2,31 2,57 2,85 3,51
β 0,58 0,92 1,30 2,19 3,28 3,92 4,62 6,28

Le tableau 9 donne les caractéristiques des ancrages courbes courants.

Tableau 9 : Caractéristiques des crochets courants

Le BAEL propose d’adopter le crochet normal à 180° de longueur


d’encombrement de l’ancrage la = 0,4ls pour des aciers HA (Figure 14).

Figure 14 : Définition de l’ancrage normal


33
IX/ DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES

9.1/ Protection des armatures

Figure 15 : Définition de l’enrobage

Nous considérerons que Φl est le diamètre des armatures longitudinales et Φt


le diamètre des armatures transversales.

Afin d’éviter les problèmes de corrosion des aciers, il convient de les enrober
par une épaisseur de béton suffisante. Cette épaisseur, l’enrobage, dépend des
conditions d’exposition de l’ouvrage. On adoptera les valeurs suivantes pour
l’enrobage c :

- 5cm : pour les ouvrages à la mer ou exposés aux embruns, aux brouillards
salins, ainsi qu’à des atmosphères très agressives = cas des fissurations très
préjudiciable.

- 3cm : pour les parois coffrées ou non qui sont soumises (ou susceptibles de
l'être) à des actions agressives, ou à des intempéries, à des condensations, ou
encore, eu égard à la destination des ouvrages, au contact d'un liquide = cas
des fissurations préjudiciable.

- 1cm : pour des parois qui seraient situées dans des locaux couverts et clos et
non exposées aux condensations = cas des fissurations peu préjudiciable.

En outre, l’enrobage de chaque armature Cl est au moins égale à son diamètre


si elle est isolée ou à la largeur du paquet dont elle fait partie comme indiqué
sur la Figure 16.

34
Afin de permettre le passage de l’aiguille vibrante, il convient, lorsque le béton
doit être vibré, de laisser des espacements d’au moins 5 cm.

Figure 16 : Protection des armatures et conditions de bétonnage correct

De plus, les barres doivent vérifier les espacements suivants :


€r = \ ^ dY 31 •Y; e
Y‚ ≥ \ ^ d ; , 6€•
Yƒ ≥ \ ^d ; €•e

Cg = dimension du plus gros granulat utilisé (en général Cg = 25mm).

9.2/ Possibilités de bétonnage correct

9.2.1/ Diamètre maximal des aciers

Aciers longitudinaux : Pour les dalles et voiles d’épaisseur e, afin d’améliorer


l’adhérence acier-béton, on limite le diamètre des aciers longitudinaux à :
Y
fr ≤

Aciers transversaux : Pour les poutres de hauteur h on limite le diamètre des


aciers transversaux à :

f> ≤ \ _fr ; ; b
!6

où b0 est la largeur de l’âme.

35
9.2.2/ Espacement minimum

La Figure 17 permet de déterminer le nombre maximum de fils d’armatures


d’un diamètre donné en fonction de la largeur de la poutre.

Figure 17 : Nombre de barres en fonction de la largeur de béton.

9.2.3/ Armatures de peau

Des armatures dénommées « armatures de peau »sont réparties et disposées


parallèlement à la fibre moyenne des poutres de grande hauteur (≥ 60cm).

36
La section de ces armatures est d’au moins 3 cm2 par mètre de longueur de
parement mesurée perpendiculairement à leur direction dans le cas de
fissuration préjudiciable.

Cette section est d’au moins 5 cm2 par mètre de longueur de parement dans le
cas de fissuration très préjudiciable.

9.3/ Poussée au vide

Il convient d’adopter un mode constructif qui permette d’éviter tout désordre


engendré par la poussée au vide des armatures. En effet toute armature courbe
et tendue, exerce sur le béton une poussée dans le plan de courbure et du coté
de la concavité. Si l'armature est comprimée, la poussée est exercée du coté de
la convexité.

Figure 18 : Définition de la poussée au vide

Si la poussée est orientée vers une face externe, il y a risque d'éclatement du


parement. Il faut donc, pour éviter les poussées au vide, choisir un tracé
judicieux des armatures. Par exemple, les poussées doivent être, dans les
courbures, orientées vers la masse du béton.

Lorsque, par contre, des raisons constructives nous poussent à prévoir des
poussées orientées vers le parement, il faut alors obligatoirement prévoir des
ligatures ancrées dans la masse de l'élément.

Il convient donc soit de disposer une ligature ancrée dans la masse du béton,
soit mieux, d'incliner le retour de l'ancrage vers la masse du béton pour obtenir
alors un crochet (Figure 19).
37
Figure 19 : Dispositions constructives à mettre en œuvre pour se prémunir des
désordres dus à la poussée au vide.

38

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