Université Sultan Moulay Slimane Département de Mathématiques
Analyse 1: Correction de la Série 5
FST de Béni Mellal 2024/2025
Exercice 4 :
x x x xn
Soit x ∈ R et (xn ) la suite définie par xn = n
équivalent xn+1 = n+1 = n
= . Alors xn = 2xn+1 , et
2 2 2.2 2
donc on a f (xn ) = f (xn+1 ). Ainsi, on obtient que pour tout entier n, on a f (xn ) = f (x). Or, la suite (xn )
tend vers 0, et f est continue en 0. On en déduit que f (xn ) → f (0), et donc que f (x) = f (0). Comme x est
arbitraire, f est bien constante, égale à f (0).
Exercice 5 :
La fonction f est continue et dérivable sur ]0, 1[ et sur ]1, +∞[. Le seul problème se situe en x = 1.
Il faut d’abord que la fonction soit continue en x = 1. La limite à gauche est
√
lim x = 1
x→1−
et à droite
lim (ax2 + bx + 1) = a + b + 1.
x→1+
Ainsi, on a a + b + 1 = 1, ce qui implique b = −a.
Il faut maintenant que √ les dérivées à droite et à gauche soient égales. Comme la fonction f restreinte à ]0, 1]
est définie par x 7→ x, elle est dérivable à gauche. La dérivée à gauche s’obtient en évaluant la fonction
1
dérivée x 7→ 2√ x
en x = 1. On a donc
1
fg′ (1) = .
2
Pour la dérivée à droite, il s’agit de calculer la limite du taux d’accroissement
f (x) − f (1)
,
x−1
lorsque x → 1 avec x > 1. Or,
f (x) − f (1) ax2 + bx + 1 − 1 ax2 − ax ax(x − 1)
= = = = ax.
x−1 x−1 x−1 x−1
Ainsi, f est dérivable à droite et fd′ (1) = a.
Afin que f soit dérivable en x = 1, il faut et il suffit que les dérivées à droite et à gauche existent et soient
égales. Donc, ici, la condition est a = 21 .
Le seul couple (a, b) qui rend f dérivable sur ]0, +∞[ est (a = 12 , b = − 21 ).
Exercice 6 :
2. Encore une fois, h est dérivable en dehors de 0. Le taux d’accroissement en x = 0 est :
h(x) − h(0) sin(x) 1
= · sin .
x−0 x x
Nous savons que sin(x) 1
x → 1 lorsque x → 0 et que sin x n’a pas de limite lorsque x → 0. Par conséquent,
le taux d’accroissement n’a pas de limite, ce qui implique que h n’est pas dérivable en 0.
3. La fonction g s’écrit :
|x||x − 1|
g(x) = .
x−1
Donc, pour x ≥ 1, on a g(x) = x ; pour 0 ≤ x < 1, on a g(x) = −x ; et pour x < 0, on a g(x) = x.
1
• La fonction g est définie, continue et dérivable sur R \ {0, 1}. Attention ! La fonction x 7→ |x| n’est
pas dérivable en 0.
• La fonction g n’est pas continue en 1, en effet
lim g(x) = +1 et lim g(x) = −1.
x→1+ x→1−
Donc, la fonction n’est pas dérivable en 1.
• La fonction g est continue en 0. Le taux d’accroissement pour x > 0 est :
g(x) − g(0) −x
= = −1
x−0 x
et pour x < 0,
g(x) − g(0) x
= = 1.
x−0 x
Donc, le taux d’accroissement n’a pas de limite en 0, et donc g n’est pas dérivable en 0.
Exercice 7 :
1. (a) Il est clair que la fonction f est dérivable sur R+ puisque c’est une fonction rationnelle sans pôle
dans cet intervalle. De plus, d’après la formule de la dérivée d’un quotient, on obtient pour x ≥ 0 :
n(xn−1 − 1)
f ′ (x) = .
(1 + x)n+1
(b) Par l’expression précédente, f ′ (x) est du signe de xn−1 − 1 sur R+ . Par conséquent, on obtient :
f ′ (x) ≤ 0 pour 0≤x≤1 et f ′ (x) ≥ 0 pour x ≥ 1.
Il en résulte que f est décroissante sur [0, 1] et croissante sur [1, +∞[, et par suite, f atteint son minimum
sur R+ au point 1, et ce minimum vaut :
2
f (1) = .
1−n
2. (a) Il résulte de la question 1.b que f (x) ≥ f (1) pour tout x ∈ R+ , et donc
(1 + x)n ≤ 2n−1 (1 + xn ).
(b) En appliquant l’inégalité précédente avec x = ba , on en déduit immédiatement l’inégalité requise (le cas
du couple (0, 0) étant trivial).
Exercice 8 :
Théorème de Rolle : Soit a < b deux réels et f : [a, b] → R une fonction. On suppose que :
• f est continue sur [a, b],
• f est dérivable sur ]a, b[,
• f (a) = f (b).
Alors, il existe c ∈]a, b[ tel que f ′ (c) = 0.
Revenant a l exercice:// Soit Qn (t) = (1 − t 2 )n , qui est un polynôme de degré 2n. En le dérivant n fois, on
obtient un polynôme de degré n. Les valeurs −1 et +1 sont des racines d’ordre n de Qn , donc
(n−1)
Qn (1) = Q′n (1) = · · · = Qn (1) = 0.
2
De même, on a la même chose en −1. Enfin, Qn (−1) = 0 et Qn (+1) = 0, donc, d’après le théorème de
Rolle, il existe c ∈] − 1, 1[ tel que Q′n (c) = 0.
Donc, Q′n (−1) = 0, Q′n (c) = 0, Q′n (+1) = 0. En appliquant le théorème de Rolle deux fois (sur [−1, c] et
sur [c, +1]), on obtient l’existence de racines d1 , d2 pour Q′′n , qui s’ajoutent aux racines −1 et +1.
(n−1)
On continue ainsi par récurrence. On obtient pour Qn , n + 1 racines : −1, e1 , . . . , en−1 , +1. Nous
(n)
appliquons le théorème de Rolle n fois. Nous obtenons n racines pour Pn = Qn . Comme un polynôme de
degré n a au plus n racines, nous avons obtenu toutes les racines. Par construction, ces racines sont réelles
et distinctes, donc simples.
Exercice 9 :
Théorème des accroissements finis : Soit a < b deux réels, f : [a, b] → R une fonction continue sur [a, b],
et dérivable sur ]a, b[. Alors, il existe c ∈]a, b[ tel que :
f (b) − f (a) = f ′ (c)(b − a).
===================================================
La fonction f est continue et dérivable sur R, donc en particulier sur [a, b]. Le théorème des accroissements
finis assure l’existence d’un nombre c ∈]a, b[ tel que
f (b) − f (a) = f ′ (c)(b − a).
Mais pour la fonction particulière de cet exercice, nous pouvons expliciter ce c. En effet, f (b) − f (a) =
f ′ (c)(b − a) implique
α(b2 − a2 ) + β (b − a) = (2αc + β )(b − a).
Donc, on en déduit que c = a+b2 .
Géométriquement, le graphe P de f est une parabole. Si l’on prend deux points A = (a, f (a)) et B =
(b, f (b)) appartenant
à cette parabole, alors la droite (AB) est parallèle à la tangente en P qui passe par
a+b a+b
M = 2 , f 2 . L’abscisse de M étant le milieu du segment formé par les abscisses de A et B.
Exercice 10 :
f ′ (x) = 4x3 − 3x2 = x2 (4x − 3), donc les extremums appartiennent à {0, 34 }. Comme f ′′ (x) = 12x2 − 6x =
6x(2x − 1), alors f ′′ ne s’annule pas en 34 , donc 43 donne un extremum local (qui est même un minimum
global). Par contre, f ′′ (0) = 0 et f ′′′ (0) ̸= 0, donc 0 est un point d’inflexion qui n’est pas un extremum.
Exercice 11 :
Reformulation de l’exercice:
On considère la fonction f : R → R définie par
(
e1/x si x < 0,
f (t) =
0 si x ≥ 0.
1. Démontrer que f est dérivable sur R, en particulier en x = 0.
2. Étudier l’existence de f ′′ (0).
3. On veut montrer que pour x < 0, la dérivée n-ième de f s’écrit
e1/x
f (n) (x) = Pn (x) · ,
x2n
où Pn est un polynôme.
(a) Trouver P1 et P2 .
3
(b) Trouver une relation de récurrence entre Pn+1 , Pn et Pn′ pour n ∈ N∗ .
4. Montrer que f est de classe C∞ .
============================================================
1. f est dérivable sur R∗− en tant que composée de fonctions dérivables, et sur R∗+ car elle est nulle sur cet
intervalle ; étudions donc la dérivabilité en 0.
On a ( 1/x
f (x) − f (0) e
x si x < 0,
=
x 0 si x > 0.
1/x
Or, e x tend vers 0 quand x tend vers 0 par valeurs négatives. Donc f est dérivable à gauche et à droite en
0 et ces dérivées sont identiques, donc f est dérivable et f ′ (0) = 0.
2. On a ( 1/x
− ex2 si x < 0,
f ′ (x) =
0 si x ≥ 0.
Donc, le taux d’accroissement de f ′ au voisinage de 0 est
( 1/x
f ′ (x) − f ′ (0) − ex3 si x < 0,
=
x 0 si x > 0.
Et il tend vers 0 quand x tend vers 0 par valeurs supérieures comme inférieures. Donc f admet une dérivée
seconde en 0, et f ′′ (0) = 0.
1/x
3. (a) On a déjà trouvé que f ′ (x) = − ex2 , donc f ′ (x) = P1x(x)
2 e
1/x si on pose P (x) = −1.
1
1/x
Par ailleurs, f ′′ (x) = ex4 + x23 e1/x = 1+2x
x4
e1/x , donc la formule est vraie pour n = 2 en posant P2 (x) = 1+2x.
Pn (x) 1/x
(b) Supposons que la formule est vraie au rang n. Alors f (n) (x) = x2n
e , d’où
Pn (x) 1/x 1
f (n+1) (x) = Pn′ (x)x2n − Pn (x)(2n)x2n−1 x4 e1/x + e (− 2 ).
x2n x
Cela simplifie à
f (n+1) (x) = Pn′ (x)x2 − (2nt + 1)Pn (x) x2(n+1) e1/x .
Ainsi, la formule est vraie au rang n + 1 avec Pn+1 (x) = Pn′ (x)x2 − (2nx + 1)Pn (x).
4. Sur R∗− et sur R∗+ , f est indéfiniment dérivable, donc il suffit d’étudier ce qui se passe en 0.
Montrons par récurrence que f est indéfiniment dérivable en 0, et que pour tout n ∈ N, f (n) (0) = 0. On
sait que c’est vrai au rang 1. Supposons que f est n-fois dérivable, et que f (n) (0) = 0. Alors le taux
d’accroissement de f (n) en 0 est
Pn (x)e1/x
(
f (n) (x) − f (n) (0) si x < 0,
= x2n+1
x 0 si x > 0.
Et sa limite est 0 quand x tend vers 0 par valeurs supérieures comme inférieures. Donc f (n) est dérivable
en 0, et f (n+1) (0) = 0. Donc l’hypothèse de récurrence est vérifiée au rang n + 1.
Par conséquent, f est de classe C∞ .