PROMOTION AIDE-SOIGNANTE
Année 2022-2023
BLOC 2 Evaluation de l'état clinique et mise en œuvre de soins adaptés en
collaboration
Module 3 : Evaluation de l'état clinique d'une personne
Module 4 : Mise en œuvre des soins adaptés, évaluation et réajustement
PATHOLOGIES EN SANTE MENTALE
La dépression et le suicide
Les troubles bipolaires
Les psychoses
Les troubles anxieux et somatoformes
Les conduites addictives
Les troubles du comportement alimentaire
Les états limites
Les troubles du spectre autistique et les troubles du neuro-
développement
DUREE: 6 h de CM
PRE-REQUIS: vécu de stage
EVALUATION: Feedback en fin du cours pour satisfaction élèves AS, questionnaire
WOOCLAP
SOURCES:
- Cours 2.6 S2 et 2.6 S5 Formation infirmière, CCT, EG
- Cours de M. MOREAU, dispensés auprès de la promotion aide-soignante 2012-2013
- Rioufol. Marie-Odile, Vénuat. Florent. L’aide-soignant en service de psychiatrie.2011,
Issy-Les-Moulineaux. Editions Elsevier Masson. 203p.
- http://robertdebre.aphp.fr/troubles-neuro-developpement/
- Yvon Dominique, À la découverte de l'autisme. Des neurosciences à la vie en société.
Dunod, « Santé Social », 2020, 272 p.
- Derguy, Cyrielle, et Émilie Cappe. “Familles et trouble du spectre de l'autisme”.
Dunod, 2019.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
- https://handicap.gouv.fr/autisme-et-troubles-du-neuro-developpement/la-strategie-
2018-2022/qu-est-ce-que-l-autisme/article/autisme-definition-et-signes-d-alerte
- https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/alcool-
sante
- BOUCHET-PAUL, Corinne, GEVAUDAN, Annie, PAUL, Frédéric et SPROCQ,
Thierry. Les processus psychopathologiques. Paris : Vuibert, 2004, 255p.
- TOWNSEND, Mary.C. Soins infirmiers, Psychiatrie et santé mentale. Saint Laurent :
Editions du Renouveau Pédagogique Inc, 2010, 790p.
- McFARLAND, G.K, WASLI, E.L, GERETY, E.K. Santé mentale, démarche de soins
et diagnostics infirmiers. Paris : Masson, 1999, 418 p. (Collection Démarche
soignante).
- TOWNSEND, Mary C. Soins infirmiers, psychiatrie et santé mentale. Saint Laurent :
ERPI, 2010, 790 p.
- HAS. Note de cadrage : Troubles bipolaires : repérage et diagnostic en premier recours.
In : HAS. [PDF] Troubles bipolaires repérages et diagnostic en premier recours- HAS
[en ligne]. Disponible sur : https://www.has-
sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2014-
06/troubles_bipolaires_reperage_et_diagnostic_en_premier_recours_-
_note_de_cadrage_2014-06-13_10-53-16_714.pdf (consulté le 19 mars 2019).
- Troubles_anxieux_et_phobiques-09_17_WEB.pdf
- http://e-psychiatrie.fr/sante-mentale-paris-psy-psychiatre/frequence-prevalence-des-
troubles-psychiques/
- http://tcc-paris.com/troubles-a-symptomatologie-somatique-et-apparente/
- https://www.revmed.ch/RMS/2006/RMS-62/30917
- https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/autisme#historique
- https://ampq.org/info-maladie/troubles-du-spectre-de-lautisme/
- https://handicap.gouv.fr/la-qualite?source=1cfe601b-4736-44b9-92c5-9a7e24ccaf6c
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Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
I/ La dépression
1.1/ Définition
La dépression est une maladie liée à des troubles de l’humeur.
Un épisode dépressif est caractérisé par un début parfois très brutal en
quelques heures, ou plus progressif, en quelques semaines voire mois. Troubles
du sommeil, anxiété et irritabilité sont parmi les symptômes prodromiques
(signes annonciateurs) le plus souvent retrouvés. La durée minimale pour faire
le diagnostic est de deux semaines avec présence d’au moins 5 symptômes.
1.2/ Quelques chiffres/ épidémiologie
En France, on estime que près d’une personne sur cinq a souffert ou souffrira
d’une dépression au cours de sa vie. La dépression est une maladie qui
touche tous les âges, depuis l’enfance jusque très tard dans la vie.
Les chiffres et statistiques des troubles dépressifs dans le monde
L’OMS (Organisation mondiale pour la Santé) estime que les troubles dépressifs
représentent le 1er facteur de morbidité et d’incapacité sur le plan mondial
(communiqué de mars 2017). Ainsi, on compte plus de 300 millions de
personnes dans le monde souffrant de dépression soit une augmentation de
plus de 18 % de 2005 à 2015
1.3/ Signes cliniques
1.3.1 L’humeur dépressive :
Pessimisme (sentiment que sa vie est ratée, que l’avenir ne lui apportera
rien de bon, qu’il est un poids pour les autres)
• Anhédonie (perte du ressenti du plaisir)
• Auto dévalorisation
• Sentiment de culpabilité
• Tristesse pathologique
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
• Douleur morale
• +/- idées mélancoliques, idées morbides (qui a
rapport à la maladie)
• Ruminations
- Émoussement affectif
• Anesthésie générale
• Conscience douloureuse du trouble
- Instabilité des affects
• Irritabilité, impulsivité
• Intolérance, hostilité vis à vis de l’entourage
• Hyper-émotivité (pleure pour un rien ou se met en
colère)
- Anxiété/angoisse
- Idées suicidaires (15% des déprimés se suicident)
1.3.2/ les symptômes associés
• Troubles psychomoteurs
Le ralentissement psychomoteur se manifeste par une gestuelle lente, une
mimique pauvre
• L’asthénie dépressive.
L’asthénie dépressive touche la quasi-totalité des patients.
Elle peut aller de la simple fatigabilité, d’un manque d’énergie à un sentiment
d’épuisement intense. La fatigue n’est pas améliorée par le sommeil. Les
tâches les plus banales de la vie quotidienne peuvent apparaître comme
insurmontables.
• Les conséquences du ralentissement, de l’asthénie et de l’humeur
dépressive :
- L’inertie : défaut d’initiative indépendant des
stimulations environnementales
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
- L’indécision : difficulté pathologique à prendre des décisions
- L’incurie : le patient ne prend plus soin de lui-même. Il néglige ses
soins corporels et sa tenue vestimentaire.
- L’apragmatisme : incapacité à accomplir une action alors même
que le patient peut le concevoir et qu’il le souhaite.
- La clinophilie : recours excessif à la position allongée non
nécessairement associé à une hypersomnie.
- Le retrait social : peut être majoré par des symptômes anxieux (soit
concomitants ou préexistants à la dépression) tels que
l’agoraphobie, l’anxiété sociale.
• Symptômes somatiques :
- Troubles du sommeil (insomnie d’endormissement, réveils nocturnes
insomnie matinale somnolence diurne (clinophilie), hypersomnie non
réparatrice
- Troubles de l’alimentation anorexie boulimie
- Troubles de la sexualité (diminution de la libido impuissance, frigidité)
- Troubles somatiques divers céphalées, constipation
- Algies (lombaires, musculaires, digestives…)
- Troubles anxieux, notamment agoraphobies et paniques ou plus
rarement obsessionnels compulsifs
1.4/ Différents types de dépressions
Chacun de ces troubles présentent des caractéristiques semblables quant aux
symptômes dont la base générale sera l’humeur dépressive ou l’anhédonie.
Dépression mélancolique ou mélancolie
Elle correspond à des formes sévères de dépression. Plusieurs symptômes sont
présents :
• Des éléments marquants l’intensité symptomatique avec :
- Une intensité de l’idéation dépressive et notamment de la culpabilité
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
- Un ralentissement psychomoteur ou une agitation marquée
- Une anhédonie marquée – une anorexie et un amaigrissement marqué
• Des éléments qualitatifs :
- La non réactivité aux stimuli agréables
- Les réveils précoces (au moins 2 heures avant l’heure habituelle)
- La variation nycthémérale (sur 24h) des troubles
Des caractéristiques psychotiques peuvent être présentes telles que stupeur
ou délire. Les thèmes sont généralement congruents à l’humeur : culpabilité,
ruine, hypocondrie, conviction de mort des proches.
Des hallucinations acousticoverbales (voix qui s’adressent directement au sujet
souvent sur un ton directif, voir injurieux ou moqueur) peuvent être présentes.
Enfin au paroxysme, le syndrome de COTARD de grande spécificité
diagnostique associe des thèmes délirants de négation d’organe, exemple
conviction de ne plus avoir d’intestin, négation de soi, du monde, damnation
et immortalité.
Dépression avec caractéristiques psychotiques
Dans ce cas, la dépression prend de telles proportions que la personne
déprimée commence à avoir des idées délirantes (négatives bien entendu). Il
peut s’agir de la conviction délirante d’être morte, d’avoir des organes qui ne
fonctionnent pas etc…
Quand ces symptômes de négation d’organes sont présents, il s’agit de ce
qu’on appelle un syndrome de Cottard.
Cette dépression rare se voit surtout chez les personnes ayant déjà eu des
antécédents délirants ou ayant consommé des toxiques ( cannabis, LSD…)
Dépression hostile
Dans la dépression hostile, la personne présente une agressivité, une irritabilité
qui remplace la tristesse. D’ailleurs, elle ne se plaint généralement pas d’être
triste, mais devient très caractérielle, revendicative, voire quérulente.
Généralement, le ralentissement psychomoteur et la bradyphémie (lenteur
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
excessive de la parole) sont absents. Il peut y avoir des troubles du
comportement inhabituel chez l’individu avec des moments d’emportements,
des bagarres, des grossièretés ou des écarts langagiers.
Généralement, le patient ne se reconnaît pas dépressif et c’est l’entourage
qui s’alerte.
Le risque, pour ces patients, est généralement de se couper de tout leur
entourage (isolement) ou de se réfugier dans une addiction.
Dépression pseudo-démentielle
Se voit exclusivement chez la personne âgée.
Le ralentissement psychomoteur donne l’illusion d’un affaiblissement des
facultés intellectuelles mimant une démence. La tristesse est peu exprimée, ce
qui est aussi fréquent du fait des habitudes culturelles des personnes de grand
âge, peu habituées et encouragées à exprimer leurs émotions. Des troubles
du comportement peuvent se voir.
Il est donc essentiel de penser à une dépression devant tout tableau de
démence, ou toute modification de l’état d’une personne âgée, parce que la
dépression constitue un diagnostic assez facilement curable contrairement à
la plupart des causes de démence.
dépression et trouble de l’usage de toxiques
Le trouble dépressif et l’addiction aux toxiques (notamment alcool et
cannabis) sont étroitement liés. Il est difficile de savoir si c’est la consommation
excessive d’alcool qui entraîne une dépression (car l’alcool et le cannabis
sont dépressogènes) ou si les patients consomment des toxiques en auto-
médication.
La dépression saisonnière ou TAS (Troubles Affectifs Saisonniers):
En France, près d’1 personne sur 10 serait touchée par la dépression
saisonnière, avec des inégalités géographiques. Les personnes habitant les
régions du Nord, qui sortent peu ou qui travaillent à l’abri de la lumière ainsi
que les femmes semblent être les plus prédisposées à la dépression
saisonnière.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
La dépression saisonnière est un état dépressif majeur lié au changement de
saisons et plus précisément au manque de lumière naturelle (provoque une
hausse anormale de la fabrication de l’hormone du sommeil en journée : la
mélatonine et une baisse de la production de l’hormone du bien-être : la
sérotonine). Pour parler de véritable dépression, il faut que ce trouble
apparaisse tous les ans pendant la période sombre (automne / hiver) et
durant au moins deux années consécutives.
La dépression saisonnière est à distinguer du blues hivernal. Ce dernier est un
trouble saisonnier passager avec de légers symptômes : perte de tonus, envie
de sucré, simples changements d’humeur…
La dépression post-partum
La dépression post-partum ou périnatale est une maladie qui touche entre 10
et 15 % des femmes au cours de l’année suivant leur accouchement.
Définition de la dépression post-partum
La dépression post-partum n’est pas à confondre avec le baby blues. Ce
dernier est un trouble passager qui se manifeste juste après la naissance de
l’enfant. Ce trouble est lié le plus souvent à la fatigue (manque de sommeil),
aux bouleversements hormonaux et à une augmentation du stress (inquiétude
pour son bébé, doute de ses capacités à prendre soin de lui…), mais il est
facilement surmontable.
Quant à la dépression post-partum, c’est un état dépressif majeur qui apparaît
quelques semaines à quelques mois après l’accouchement et qui s’éternise.
Il n’est pas à prendre à la légère car il peut dénaturer le lien mère-enfant,
déséquilibrer la cellule familiale et dans le pire des cas, engendrer la
maltraitance. Les conséquences peuvent être importantes pour l’enfant avec
essentiellement des troubles d’ordre affectif et comportemental.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
La dépression post-partum chez le père : si les mères sont plus prédisposées à
la dépression post-partum, on peut également retrouver cet état dépressif
chez les pères. Plus de 10 % des nouveaux papas serait concernés par cette
maladie due aux changements engendrés par l’arrivée du nouveau-né.
1-4-3/ Trouble dysphorique prémenstruel
Il se caractérise généralement par :
Une humeur nettement dépressive
Une labilité émotionnelle marquée
Une anxiété et un désintérêt croissant pour les activités courantes pendant
la semaine qui précède les menstrues jusque les 1ers jours des règles.
La symptomatologie est la suivante :
Désespoir ou autodépréciation
Tristesse soudaine
Difficulté de concentration
Colère ou vive irritabilité
Hausse ou baisse de l’appétit
Insomnie ou hypersomnie
Fatigabilité
Sautes d’humeur
Sentiment d’être débordé ou de perdre de maîtrise de la situation
Symptômes physiques : céphalées, tension mammaire, aérophagie…
Impression de gonflement
1.5/ Traitement
- Médicamenteux : antidépresseurs (action sur l'humeur pathologique,
action sur l'anxiété, activité de stimulation psychomotrice, action sur
le sommeil, action sur la douleur), anxiolytiques +/- sédatifs,
hypnotiques
- Psychothérapie
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
- Electro convulsivothérapie (ECT) ou Sismothérapie
1.6/ Evolution
- Amélioration spontanée en quelques mois (1/3 des cas)
- État maniaque dans le cadre de troubles de l’humeur
- Troubles anxieux, phobiques ou obsessionnels
- Chronicité : récidives avec ou sans raison, au bout de quelques mois
ou années. Les épisodes ne sont pas toujours semblables
Un état dépressif de longue durée implique des séquelles sociales,
professionnelles voir familiales.
II/ Suicide (autolyse) et état suicidaire
2.1/ Définition
Le suicide est une mort volontaire. Défini comme "la fin de la vie, résultant
directement ou indirectement d'un acte positif ou négatif de la victime elle-
même, qui sait qu'elle va se tuer".
Le suicide apparaît alors et de plus en plus comme la seule issue possible.
La tentative de suicide (TS) est plus difficile à définir, tant est variable
l'intentionnalité suicidaire d'un sujet à l'autre ; Ce terme recouvre tout
acte par lequel un individu met consciemment sa vie en jeu, soit de
manière objective, soit de manière symbolique et n'aboutissant pas à la
mort. Il ne s'agit donc pas d'un simple suicide raté. On parle de sujets
suicidants et de morbidité suicidaire.
Les idées suicidaires correspondent à l'élaboration mentale consciente
d'un désir de mort, qu'il soit actif ou passif ; ces idées sont parfois
exprimées sous la forme de menaces suicidaires. On parle de sujets
suicidaires.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
Les conduites suicidaires comprennent les suicides, mais aussi les
tentatives de suicide, certaines conduites à risque s'apparentant à des
"équivalents suicidaires" et les idées de suicide, pouvant survenir -ou
non- au cours d'une crise suicidaire.
La crise suicidaire est une crise psychique dont le risque majeur est le
suicide. Il s'agit d'un moment dans la vie d'une personne, où celle-ci se
sent dans une impasse et est confrontée à des idées suicidaires de plus
en plus envahissantes. Le suicide apparaît alors de plus en plus à cette
personne comme le seul moyen, face à sa souffrance et pour trouver
une issue à cet état de crise.
Les "équivalents suicidaires" sont des conduites à risque qui témoignent
d'un désir inconscient de jeu avec la mort. Ces conduites, tout comme
certaines lésions ou mutilations auto-infligées non suicidaires, ne doivent
pas être abusivement considérées comme des tentatives de suicide. Le
passage à l’acte suicidaire est une tentative pour rompre un état de
tension psychique intolérable
2.2/ Quelques chiffres/ épidémiologie
En France c’est un problème majeur de Santé Publique.
Chaque année, plus d'un million d'individus se suicident ce qui en fait la
treizième cause de mortalité la plus fréquente dans le monde selon
l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Un suicide toutes les 40 minutes
Chaque année en France, environ 10 500 personnes meurent par suicide.
Trois quarts des victimes sont des hommes. Le suicide est la première cause
de mortalité des 25-34 ans et la deuxième chez les 15-24ans. Environ 220 000
tentatives de suicide2 sont prises en charge par les urgences. 65% des
tentatives de suicide sont le fait de femme.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
2.3/ Causes
Le suicide peut survenir dans un grand nombre de pathologies psychiatriques,
mais également chez le sujet indemne de maladies mentales. Il faudra
rechercher un certain nombre de diagnostics :
- Les troubles dépressifs : rechercher une mélancolie où le risque
suicidaire est majeur
- Les troubles anxieux ( névrotiques) : les tentatives sont fréquentes,
souvent caractérisées par une mise en scène. Elles seront
fréquentes si elles entraînent des bénéfices secondaires.
- Les troubles schizophréniques : il est difficile à évaluer en raison
des difficultés d’expression des affects. On constate un grand
nombre de passage à l’acte suicidaire au cours de la 1ère année
d’évolution.
- Les troubles psychopathiques : fréquent, souvent en réponse à
une frustration. Il s’agit d’un passage à l’acte impulsif, ou lors
d’une décompensation dépressive.
- Les troubles toxicomaniaques et addictifs : ces comportements
sont à rapprocher des conduites suicidaires (actes imprudents,
alcoolisation massive, toxicomanie).
2.4/ Le risque suicidaire
Quand on perçoit chez quelqu’un la présence d’idées suicidaires : montrer
qu’on a compris, ne pas avoir peur des mots
Il est important de ne jamais négliger des idées suicidaires, même si plusieurs
tentatives antérieures ont été inoffensives. Toute idée suicidaire est
potentiellement un suicide en cours de réalisation.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
La fréquence des tentatives de suicide chez une même personne ne doit pas
être banalisée. Elle signifie une souffrance nécessitant au minimum une prise
en charge psychothérapeutique.
Toute tentative de suicide expose à la répétition.
10% des sujets ayant fait une tentative de suicide finissent un jour par se
suicider.
La menace de suicide représente une ultime tentative de communication : le
passage à l’acte survient lorsqu’il n’y a plus possibilité de passage à la parole
(c’est à dire la possibilité de verbaliser).
Les équivalents suicidaires, trop souvent méconnue, sont à prendre en
considération de la même façon qu’un suicide : toxicomanie, alcoolisme,
auto mutilation, conduites à risques répétées …
Des contre attitudes négatives de la part du médecin et des soignants
peuvent aggraver une situation, précipiter un passage à l’acte
suicidaire.
Il s’agit de repérer les éléments sémiologiques qui permettent d’identifier
l’importance du potentiel suicidaire. Les éléments importants de l’évaluation
du potentiel suicidaire, selon l’HAS sont :
• le niveau de souffrance : désarroi ou désespoir, repli sur soi, isolement
relationnel, sentiment de dévalorisation ou d’impuissance, sentiment de
culpabilité, anxiété, insomnie ;
• le degré d’intentionnalité : idées envahissantes, rumination, recherche
ou non d’aide, dispositions envisagées ou prises en vue d’un passage à l’acte
(plan, scénario) ;
• les éléments d’impulsivité : tension psychique, instabilité
comportementale, agitation motrice, état de panique, antécédents de
passage à l’acte, de fugue ou d’actes violents ;
• un éventuel élément précipitant : conflit, échec, rupture, perte ;
• la présence de moyens létaux à disposition : arme à feu, médicaments,
objets qui peuvent être détournés de leur fonction.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
• la qualité du soutien de l’entourage proche : capacité de soutien,
familial ou amical, et renforcement du risque dans le cas de familles “à
transaction suicidaire ou mortifère”.
2.5/ Traitement
- Médicamenteux : antidépresseurs, anxiolytiques +/- sédatifs,
hypnotiques associé à l’introduction du traitement de la pathologie
sous-jacente.
- Psychothérapie
III / Les troubles bipolaires
3.1/ Définition
Autrefois appelée psychose maniaco-dépressive, les troubles bipolaires font
partie actuellement des troubles de l'humeur. Leurs formes les plus typiques se
caractérisent par l'alternance de phases d'excitation/d’exaltation (phases
maniaques) et de phases de dépression. Avec ou sans signes psychotiques.
Le patient peut retrouver son état normal dans l'intervalle qui sépare les
différents accès.
Ces deux états peuvent se reproduire régulièrement suivant un rythme
cyclique très visible (en moyenne de 6 mois à 2 ans).
3.2/ Quelques chiffres/ épidémiologie
En France, la prévalence du trouble bipolaire (TB) est estimée autour de 1 % à
2,5 % de la population générale. Cette prévalence est très certainement
largement sous-évaluée.
Le trouble bipolaire concerne aussi bien les hommes que les femmes, quels
que soient leur classe sociale et leur lieu de résidence.
Le trouble bipolaire apparaît chez l’adulte jeune avec un âge de début entre
17 et 40 ans. Pour le dépistage, la population considérée comme étant à
risque a donc de 15 à 25 ans.
On estime à environ 40 % le nombre de patients consultant pour dépression en
médecine générale de souffrir d’un trouble bipolaire.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
3.3/ Signes cliniques:
3.3.1/ L’état maniaque
En phase maniaque, le sujet présente une hyperactivité, une euphorie, des
troubles du sommeil (insomnie marquée), un sentiment de toute-puissance,
une mégalomanie.
Il dépense beaucoup d'argent, échafaude des projets souvent irréalistes, est
irritable, passe du coq à l'âne, est parfois hyperactif sexuellement
(donjuanisme).
- Présentation du patient :
• Excitation évidente : le patient est jovial, volubile
(mimiques expressives).
• Tenue voyante
• Son lieu de vie est dans le désordre le plus complet
• Il a un contact très familier avec tout le monde mais
très superficiel
• Il plaisante beaucoup, est très à l'aise en toutes
circonstances
• Il ne tient pas en place
- Troubles de l'humeur, de la vie intellectuelle :
• Excitation euphorique de l'humeur : le sujet a
l'impression de vivre intensément (il se sent infatigable et il
l'est, tout lui semble familier, rien ne l'intimide, tout est perçu
avec ravissement), il échafaude des projets grandioses et
se voit capable de tout entreprendre et de tout réussir.
• Versatilité de l'humeur : il a des moments
d'impatience, d'irritabilité pour la moindre contrariété au
milieu de l'exaltation, logorrhée, il peut passer du rire aux
larmes, de l'inconscience au découragement.
• Désordre intellectuel : relâchement des censures
morales et sociales : il mange sans retenue, a des rapports
sexuels répétés, peut déclencher des propos orduriers. Il
peut aussi entraîner des incidents (tapage nocturne,
scandale sur la voie publique, attentat à la pudeur).
- Troubles de l'idéation :
• La pensée maniaque est concrétisée par le
désordre, la précipitation, l'improductivité. L’imagination
est débordante.
Il peut y avoir l’existence d’un délire souvent interprétatif,
paranoïaque
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
- Troubles de l'activité :
Il se manifeste par une hyperactivité par des lettres
(graphorrhée), des démarches, des achats inconsidérés, une
agitation constante. Il gesticule en permanence, il déambule, il
manipule des objets avec un caractère ludique.
- Symptômes somatiques :
• L'insomnie : le plus important, souvent le premier
symptôme à apparaître. Elle est constante, rebelle aux
hypnotiques.
C'est également le dernier symptôme à disparaître.
• Augmentation de la faim et de la soif : le patient ne
grossit pas car il est hyperactif.
• Aménorrhées : pendant la crise.
L’hypomanie
C'est l'accès mineur d'un accès maniaque. La
symptomatologie est la même mais plus atténuée. Il y a quand même des
complications (conflit familial, problèmes professionnels, matériels).
3.3.2/ L’état dépressif
En phase dépressive, à l'inverse, il présente des symptômes de troubles de la
mémoire, se replie sur lui-même, s'auto déprécie, ressent une profonde
culpabilité, une grande fatigue et l'envie de ne rien faire. Le tableau dépressif
peut être très marqué, toujours avec un risque suicidaire élevé.
Vous reportez au COURS sur la dépression
3.3.3/ Risques :
- Épuisement physique, le pronostic vital du patient est engagé (il ne
s’alimente plus, ne dors plus…)
- Risque de passage à l’acte auto souvent lors d’épisodes dépressifs
(suicide) ou hétéroagressifs, lors des épisodes maniaques.
- De nombreuses dépressions sont en fait des phases dépressives de
troubles bipolaires non diagnostiquées
3.4/ Traitement pour les deux phases
- Médicamenteux : thymorégulateurs, neuroleptiques sédatifs et
antiproductifs, hypnotiques, antidépresseurs per os ou IV si besoin.
Possibilité de carences ou désordres ioniques traité par perfusion.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
- Psychothérapie
- Electro convulsivothérapie (ECT)ou Sismothérapie
- Techniques de relaxation
IV/ Les troubles anxieux (ou névroses, classification antérieure)
Les symptômes des troubles anxieux se manifestent de façon plus ou moins
continu et engendrent une souffrance psychique pouvant être qualifiée
d’intense.
Les symptômes des troubles anxieux se manifestent de façon plus ou moins
continu et engendrent une souffrance psychique pouvant être qualifiée
d’intense.
Les troubles de l’anxiété et de l’angoisse proviendraient du système cognitif,
affectif, comportemental et physiologique de l’organisme humain.
4-1/ Classification
Les différentes entités cliniques sont :
Les attaques de panique,
Le trouble panique avec ou sans agoraphobie
Le trouble anxieux généralisé (TAG) (Névrose d’angoisse)
Les phobies spécifiques,
(Névrose phobique)
La phobie sociale,
Le trouble obsessionnel compulsif (TOC) (Névrose obsessionnelle)
L’état de stress post-traumatisme (ESPT)
Les syndromes hystériformes (névrose hystérique)
4-2 / Les facteurs favorisants :
Les personnes se trouvant dans l’une ou l’autre de ces situations sont plus
propices à souffrir d’anxiété :
Sur le plan sociodémographique :
Ceux qui reçoivent des prestations d’aide sociale ;
Ceux qui font partie d’un ménage à faible revenu ;
Ceux qui rencontrent des périodes de chômage au long cours (toutes les
situations en lien avec la précarité.)
Ceux qui sont du sexe féminin ;
Sur le plan familial :
Ceux dont les familles ont des antécédents familiaux d’anxiété ;
Ceux dont les parents sont dépressifs ;
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
Les troubles anxieux sont généralement héréditaires ; (théorie controversée)
Les antécédents de violence ;
Les antécédents de troubles mentaux ;
Ceux aux prises avec des problèmes conjugaux ;
Ceux qui adoptent une attitude surprotectrice ;
Ceux ayant manqué d’affection ; etc
Sur le plan personnel :
Ceux qui anticipent un événement critique
Ceux qui vivent des expériences traumatisantes (décès, séparation, abus)
Ceux qui vivent avec l’angoisse de la séparation
Ceux aux prises avec la phobie sociale
Sur le plan scolaire :
Ceux qui font leur première entrée scolaire
Ceux qui ont un examen, ceux qui font un exposé oral
Ceux qui ont un nouveau professeur
4-3/ EPIDEMIOLOGIE :
En France, dans la population générale, chaque trouble anxieux
individuellement, a une prévalence sur un an et sur la vie entière
respectivement, pour le TAG (Trouble Anxieux Généralisé ) : de 2,1 % et 6 %,
pour le trouble panique : 1,2 % et 3 %, pour l’agoraphobie : 0,6 % et 1,8 %,
pour la phobie sociale : 1,7 % et 4,7 %, pour les phobies spécifiques : 4,7 % et
11,6 %, pour l’ESPT (Etat de Stress Post Traumatique) : 2,2 % et 3,9 %. La
prévalence du TOC sur un an en Europe est de l’ordre de 0,7 % (2).
4-4 / L’ATTAQUE DE PANIQUE OU CRISE D’ANGOISSE AIGUE
4-4-1/ Définition
- L’anxiété : est une émotion souvent ressentie comme désagréable qui
correspond à l’attente plus ou moins consciente d’un danger ou d’un
problème à venir. L'anxiété est plus apparentée à une peur diffuse, un stress
permanent face une situation ou un environnement particulier. Elle est le plus
souvent bénigne.
L’anxiété est constante et présente tout le temps sur une journée, des
semaines ….voire des années. Etat permanent.
- Une attaque de panique est caractérisée par une forte crise d’angoisse
associée à une impression de mort imminente, d’une sensation de devenir
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
fou ou perdre le contrôle de soi et commettre un acte anormal (par exemple
: se jeter par la fenêtre, provoquer un accident, se rouler par terre en
hurlant…). Elle s’accompagne d’un sentiment de perte de contrôle de la
situation.
Le début est brutal ou rapidement progressif et les symptômes atteignent leur
maximum en moins de 10 minutes. La résolution de la crise se fait en quelques
minutes à moins de 2 heures, laissant place à une sensation de soulagement
et assez fréquemment à une fatigue intense.
4-4-2/ la symptomatologie
Elle n’est pas réactionnelle à quelque chose. (Souvent sans circonstances
déclenchantes)
L’acmé de la crise arrive dans les 10ères minutes avec des sensations de
danger imminent (sans objets précis).
Avec la survenue de quatre (ou plus) des symptômes suivants :
1. Palpitations, battements de cœur sensibles ou accélération du rythme
cardiaque.
2. Transpiration (excessive, mains moites…)
3. Tremblements ou secousses musculaires (incontrôlés)
4. Sensations de « souffle coupé » ou impression d’étouffement
5. Sensation d’étranglement (gorge serrée)
6. Douleur ou gêne thoracique (souvent douleurs précordiales)
7. Nausée ou gêne abdominale (voir vomissements)
8. Sensation de vertige, d’instabilité, de tête vide ou impression
d’évanouissement (vertiges de type rotatoire…)
9. Frissons ou bouffées de chaleur
10. Paresthésies (sensations d’engourdissement ou de picotements)
11. Déréalisation (sentiments d’irréalité, sensation de transformation de
l’ambiance, correspond à la sensation que le monde extérieur est
dangereux) ou dépersonnalisation (être détaché de soi, sensations
corporelles bizarres, impression de transformation corporelle : sensation
de ne plus être soi-même (physiquement et psychiquement))
12. Peur de perdre le contrôle de soi ou de « devenir fou »
13. Peur de mourir (sensation de mort imminente)
Nous pouvons aussi retrouver de symptômes psychomoteurs :
Ils se manifestent sous forme d’une inhibition ou d’une perte d’initiative
pouvant aller du ralentissement jusqu’à la stupeur anxieuse.
A l’opposé, ils peuvent se traduire par une incapacité à rester assis ou en
place, par un comportement inadapté avec pleurs et cris.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
Ces attaques de panique ou crise d’angoisse aigue peuvent se reproduire,
mais les sujets lors d’une nouvelle « attaque » peuvent occulter une partie des
circonstances de survenue des précédentes et, notamment la résolution de
la crise antérieure. (Ce qui pourrait constituer un facteur d’apaisement !).
L’angoisse submerge tout sur son passage.
VIGILENCE EXTREME, il y a toujours un risque de passage à l’acte suicidaire
(même en cas de sidération). Le raptus suicidaire est toujours possible.
L’attaque ou crise d’angoisse est donc une urgence psychiatrique
Notons que des crises d’angoisse peuvent être annonciatrices (crises
d’angoisse préalable) de certaines pathologies : Il s’agit des infarctus du
myocarde, des ruptures intra-utérines, du pneumothorax, et de la perforation
d’ulcères.
- https://www.dailymail.co.uk/video/news/video-1190593/Man-films-
panic-attack-raise-awareness-anxiety-issues.html
4-5 / LE TROUBLE PANIQUE
4-5-1/ Définition
Il est défini par la répétition des attaques de panique (au moins 4 à 5 en 4
semaines) dont au moins certaines d’entre elles surviennent de façon
inattendue c'est-à-dire se produisent sans cause évidente ou déclencheur.
Elles peuvent survenir par exemple, lorsque la personne se détend ou dort.
4-5-2/ EPIDEMIOLOGIE
Le trouble panique touche environ 1 à 3 % des Français à un moment ou à un
autre de leur vie. Il concerne un ratio de 2 femmes pour 1 homme.
Il faut noter également que 2/3 des personnes souffrant d'un trouble panique
présentent également une agoraphobie.
4-5-3/ Symptomatologie
La répétition d’attaque de panique
Les attaques arrivent de façon inattendue. Le plus souvent la journée et elles
sont groupées dans le temps. Elles sont donc successives dans un temps
précis.
Pour poser le diagnostic, il faut avoir fait 4 à 5 attaques de panique sur un
mois.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
L’anxiété anticipatoire
C’est la peur d’avoir peur. Crainte persistante ou inquiétude permanente de
faire d’autres attaques de panique ou de leurs conséquences (p. ex. perdre le
contrôle, avoir une crise cardiaque, « devenir fou »).
Cette peur s’installe sur plusieurs semaines voir mois.
Conduites d’évitement
Le trouble panique a un retentissement concret sur le fonctionnement des
patients. On voit ainsi des patients réorganiser leur vie autour de la peur de
vivre une nouvelle attaque de panique, de la recherche de stratégies
susceptibles de diminuer le risque de leur survenue ou ses conséquences. Ce
changement de comportement inattendu et inadapté a des conséquences
dans tous les domaines : professionnel (absentéisme), personnel (peur de
sortir de chez soi), familial (conflit) et une baisse importante de la qualité de
vie de la personne.
L’anxiété secondaire de type agoraphobique
L’agoraphobie accompagne parfois le trouble panique. L’agoraphobie est la
crainte anormale des lieux publics et des grands espaces. Les personnes
atteintes d'agoraphobie ont peur de se trouver dans des lieux et des
situations où il leur serait difficile de s'échapper ou de trouver de l'aide en cas
de crise de panique. Une personne qui fait de l’agoraphobie peut par
exemple être incapable d’aller faire ses courses ou d’aller voir un concert.
Lorsque l’agoraphobie se manifeste, ses symptômes apparaissent
habituellement dans l’année qui suit l’apparition des crises de panique.
Faire une crise chez soi est rassurant d’où conduite d’isolement (objet contra
phobique).
Dans 1/3 des cas, s’installera une anxiété de ce type.
Dans 2/3, un changement de comportement va s’opérer sans véritable
agoraphobie. Une inhibition anxieuse se développera. Le sujet redoute que
quelque chose se passe. Il s’ensuit une grande dépendance au milieu
familial.
(Moins on voit de monde, moins on est anxieux).
EVOLUTION
Le trouble panique évolue dans 50 % des cas vers un épisode dépressif avec
un risque suicidaire important.
Dans 30 % des cas, on note un abus de toxiques, de médicaments et d’alcool
(immaturité et dépendance) chez les patients.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
4-6 / LE TROUBLE ANXIEUX GENERALISE (TAG) (névrose d’angoisse)
4-6-1/ Définition
Le trouble anxieux généralisé correspond à un état d’inquiétude constant,
difficilement contrôlable, accompagné de divers symptômes physiques.
4-6-2/ EPIDEMIOLOGIE
Toujours prédominance féminine : Ratio de 2 femmes pour un homme.
Le tableau clinique est plus flou. Ce trouble concerne 5 à 10% de la
population générale.
4-6-3/ La symptomatologie
Cette tendance exagérée à l’inquiétude doit être présente presque chaque
jour, depuis au moins 6 mois, afin de différencier le TAG de troubles passagers
et souvent réactionnels et gêner le fonctionnement social et familial du sujet
(pathologie).
L’anxiété quasi permanente
Le TAG se définit par la présence d’une anxiété quasi permanente ou
flottante ne survenant pas dans une situation déterminée, la personne se
faisant du souci et s’attendant à des malheurs divers.
Cette inquiétude et ces soucis envahissent l’esprit de la personne qui ne peut
ni les contrôler ni se raisonner.
Les soucis doivent concerner au moins deux thèmes différents (et non pas
une seule préoccupation très spécifique), et très souvent des domaines de la
vie courante :
1. Les maladies, la santé, les risques de blessure ou d’accident, pour soi-
même ou ses proches ;
2. L’argent et les finances, risque de se trouver en difficultés financières
pour toutes sortes de raisons ;
3. Le travail ou l’école ;
4. Les problèmes familiaux, domestiques ou relationnels ;
5. Des problèmes divers comme le fait d’être en retard à un rendez-vous,
de casser des objets…
Symptômes anxieux non spécifiques
À ce sentiment d’anxiété flottante doivent s’ajouter différents symptômes
témoignant d’une tension motrice excessive et d’un état d’hypervigilance :
1. La fatigue (le sujet est en alerte permanente)
2. Le manque de concentration lié à ses appréhensions
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
3. L’insomnie (difficultés à s’endormir, réveils nocturnes où l’on rumine ses
soucis, grincements de dents ou sursauts dans son sommeil,
cauchemars) Les individus se réveillent fatigués accompagnés d’une
asthénie matinale avec une grande fatigabilité en lien avec l’intensité
du travail psychique.
4. Myalgies : la tension musculaire entraînant des maux de tête, des
douleurs dorsales ou cervicales
5. Des somatisations anxieuses (comme des colites, des éruptions
cutanées, troubles cardiaques…)
6. Une réactivité physique excessive aux bruits et à l’imprévu (sursauts,
palpitations…)
7. Une irritabilité, épisodique ou parfois chronique.
8. Des ruminations péjoratives de l’avenir et du passé ; Il reconnait le
caractère exagéré de leurs ruminations
EVOLUTION
Bien que consciente du caractère exagéré de ses angoisses et de leurs
conséquences, la personne souffrant de TAG ne peut ni les éviter ni les
contrôler, ni s’empêcher d’y replonger. L’ensemble de ces symptômes
génère une souffrance.
Dans 50 à 60 % des cas, se développeront des épisodes dépressifs
caractéristiques) et des conduites addictives à l’alcool.
4-7/ LES TROUBLES PHOBIQUES (névrose phobique)
4-7-1/ Définition
Qu’est-ce qu’une phobie ?
Une peur très intense, irraisonnée et spécifique à un objet ou une
situation n’ayant pas en eux-mêmes de caractère dangereux
Cette peur est souvent incontrôlable ;
Elle entraine des conduites d’évitements des objets ou des
situations phobogènes chaque fois que cela est possible. si le
patient doit se confronter – il n’a parfois pas le choix – la
souffrance est extrême
La peur provoque un handicap, lié à l’anticipation anxieuse des
situations et des évitements.
Les phobies sont des maladies de la peur.
Les phobies ne se caractérisent pas seulement par l’existence de peurs
excessives. Une fois apparues, elles ont tendance à devenir chroniques.
Les phobies les plus courantes et les plus connues comportent
l’arachnophobie (la peur des araignées), l’aérodromophophie (la peur des
trajets en avion), l’agoraphobie (la peur des lieux publics et des espaces
ouverts), la claustrophobie (la peur des espaces clos), l’acrophobie (la peur
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
des hauteurs), l’aquaphobie (peur de l’eau) ou encore la cheimophobie/
astraphobie (la peur de l’orage).
4-7-2/ Classification des troubles phobiques
Les phobies sociales
Age de survenue 15/30 ans – prévalence féminine. 4.7% de la population
générale
Elles sont liées à ce qui fait le lien social, des peurs irraisonnées et intenses des
situations où l’on est exposé au regard d’autrui (peur d’être observé et jugé
par les autres) ou d’être gêné ou humilié par ses propres actions.
Le sujet va ressentir une peur intense du jugement d’autrui. Les peurs
ressenties par le sujet peuvent revêtir de multiples aspects : Ex : Peur de parler,
de manger, rougir (éreutophobie), peur de vomir en public, peur des
examens…Cette peur est associée à un sentiment de honte, de culpabilité et
elle peut provoquer des conduites d’évitement. A terme, retrait et isolement
social sont les risques encourus.
Les phobies spécifiques
11.6 % de la population et prévalence féminine.
Ce sont des phobies limitées à une peur intense, irraisonnée, déclenchée par
un objet bien précis ou une situation spécifique (Rats, chauve-souris, pigeons,
rongeurs, reptiles, araignées, avions, ascenseurs, sang, du noir…etc.).
L’agoraphobie
1.8% de la population générale
Peur irraisonnée et intense des espaces découvert et de la foule, ou de toute
situation dont on ne peut s’échapper facilement (être seul loin de son
domicile, être sur un pont…). Ces situations sont vécues avec une grande
souffrance ou sont évitées. Comme pour les autres troubles anxieux, le
retentissement sur la vie quotidienne peut être important.
La dysmorphophobie
Préoccupation pour un défaut imaginaire de l’apparence physique. Si un
défaut physique est apparent, la préoccupation est manifestement
démesurée.
La personne peut passer beaucoup de temps à examiner son « défaut » ou à
se « soigner ».
Elle tente ainsi de diminuer son anxiété mais l’effet est souvent inverse. Cela
amène parfois à essayer d’éviter de se voir en enlevant tous les miroirs.
4-7-3/ Symptomatologie :
Les principaux symptômes des troubles phobiques sont :
Peur persistante et intense de caractère irraisonné ou excessif,
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
Sentiment de honte,
Repli sur soi,
Auto-dévalorisation,
Peur d’être jugé,
Évitement, obsessions, compulsions.
4-8/ LES TROUBLES OBSESSIONNELS COMPULSIFS (TOC) (névrose
obsessionnelle)
4-8-1/ Définition
Les TOC correspondent à la présence d’idées obsédantes et de
comportements compulsifs associés à une anxiété importante. Ces craintes
ont souvent un contenu agressif, pour soi ou pour autrui. La personne lutte
anxieusement pour les neutraliser.
4-8-2/ EPIDEMIOLOGIE :
Le TOC est un trouble fréquent : dans la population générale puisqu’on
estime que 2 à 3 % des sujets sont concernés par cette pathologie à un
moment ou à un autre de leur vie.
Les TOC débuteraient de façon plus précoce chez les hommes (7ans) que
chez les femmes (13-15 ans). Les patients souffrant de TOC seraient plus
souvent célibataires. Il existe une influence familiale du trouble puisque 20 à
25% des parents de 1er degré de patients souffrant de TOC présentent
également un TOC. Pour la grande majorité des sujets, le TOC se caractérise
par son âge de début précoce (avant 25 ans).
4-8-3/ Symptomatologie
- LES OBSESSIONS :
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
Les obsessions consistent en des pensées, représentations, impulsions
récurrentes et persistantes qui, à certains moments, sont ressenties comme
intrusives et inappropriées et qui entrainent une anxiété, de la honte, du
dégout ou une souffrance importante du sujet.
Plusieurs formes majeures sont habituellement décrites :
Les « laveurs » ou obsessions de contamination correspondent à
des patients présentant des obsessions liées à la contamination
et à la propreté et utilisant des rituels de lavage dans le souci de
se prémunir contre cette contamination ressentie (une crainte de
contamination par des germes ou des irradiations ayant pour
conséquence des maladies considérées par le patient comme
graves et mortelles). Les explications fournies par le patient pour
justifier la contamination sont souvent très élaborées. L’obsession
est parfois teintée d’une certaine cohérence mais le caractère
excessif et démesurément poussé du raisonnement en signe le
caractère pathologique.
Le mode de contamination est principalement le toucher. Le contact
physique avec l’agent contaminant va s’accompagner de rituels de lavage
excessifs qui conduisent fréquemment du fait de la répétition et du temps
passé à des lésions dermatologiques.
Les « obsessionnels impulsifs » ou agressifs Les obsessions
agressives ou phobies d’impulsion consistent en des craintes
d’agresser, tuer, violenter ou violer des personnes. Le sujet ressent
une peur intense à l’idée de passer à l’acte et que personne ne
pourrait l’en empêcher.
Ces pensées sont considérées comme particulièrement honteuses par le
patient et par conséquent fréquemment non avouées et donc non prises en
charge.
Les obsessions à thématique sexuelle font partie de ce sous-groupe. Elles
consistent en l’irruption de pensées de nature sexuelle, souvent jugées
inacceptables par le patient et sources d’une angoisse massive.
Le patient craint un passage à l’acte ou tout simplement, juge inacceptable,
d’après sa propre morale, d’avoir ce type de pensées. Il peut craindre par
exemple d’être un tueur en série ou un pédophile potentiel, ce qui génère
une anxiété importante et une véritable souffrance.
Ce type d’obsession s’accompagne rarement de compulsions mais plus
fréquemment de conduites d’évitement, comme par exemple l’évitement
de situations considérées comme dangereuses : conduire une voiture par
peur d’écraser quelqu’un ; être en présence d’un enfant par peur d’avoir des
pensées de nature sexuelle à son encontre ; tenir un couteau ou un objet
contondant en présence d’un tiers de peur de passer à l’acte…
Les « vérificateurs » ou obsession de l’erreur présentent des
obsessions de doute et d’indécision avec des compulsions
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
fréquentes de vérification leur permettant de contrôler
l’accomplissement satisfaisant et/ou opérant de leur acte passé.
Les obsessions d’ordre, de symétrie et d’exactitude consistent en
un besoin excessif de positionner ou de ranger des objets dans un
ordre ou une position précis. Ces obsessions s’accompagnent de
rituels d’agencement et de rituels de vérification. Elles peuvent
parfois s’accompagner d’une pensée magique, par exemple: "si
ce livre n’est pas positionné strictement parallèle au bord de la
table, il va m’arriver un malheur".
Les conduites d’évitement qui accompagnent ce type d’obsession consistent
par exemple à ne pas bouger certains objets, à ne pas utiliser une pièce ou à
astreindre ses enfants à ne pas toucher tel ou tel objet…
Les obsessions de malheur et de superstition consistent en la
crainte de porter malheur à soi-même ou à autrui (le plus souvent
des êtres proches). Elles sont sous tendues par des craintes de
nature superstitieuse où la non-exécution d’un acte, l’évocation
d’un chiffre ou d’une couleur ou encore la présence d’un signe,
sont susceptibles de provoquer des catastrophes de nature
personnelle ou concernant autrui.
Les obsessions religieuses avec des préoccupations liées aux sacrilèges ou
aux blasphèmes font parties de ce sous-groupe d’obsession. Les obsessions
de malheur et de superstition s’accompagnent fréquemment de rituels
conjuratoires
Le syndrome dit de lenteur primaire caractérise les patients qui
doivent utiliser un rite particulier pour s’habiller et pour accomplir
les actes de la vie quotidienne. Ces patients peuvent être
rapprochés des patients « collectionneurs ou amasseurs » qui
éprouvent la peur de jeter un objet, le fait de ramasser et
entreposer des objets ou des papiers inutiles, de collecter des
objets et d’éprouver une grande difficulté à s’en débarrasser.
- LES COMPULSIONS :
Si les obsessions sont de l’ordre de la pensée, les compulsions sont du côté du
comportement, des actes.
Les « rituels », également dénommés « compulsions », sont des
comportements que le sujet ne peut généralement s’empêcher de
réaliser (« je sais que je ne devrais pas le faire, mais c’est plus fort que moi »).
Ils représentent une contrainte répétitive, la personne est conscience la
plupart du temps de leur caractère absurde.
Les compulsions consistent, au-delà des rituels qualifiés d’« habituels » (ceux
de la vie courante), en des actes de vérification, de répétition, de
désinfection, de prières ou de répétitions de formules magiques.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
On rencontre aussi des comportements de rangements, d’alignement. Plus
rare est « le syndrome obsessionnel lent », caractérisé par une lenteur
importante dans la réalisation d’actes non automatisés.
L’objectif de ses compulsions, pour le sujet, sont de réduire son angoisse.
Cela peut être un évènement ou une situation que le sujet redoute.
La compulsion vise à réduire le sentiment de détresse auquel le sujet doit faire
face à l’idée que tel ou tel évènement redouté se produise.
4-9/ L’ÉTAT DE STRESS POST-TRAUMATIQUE
4-9-1/ Définition
L’état de stress post-traumatisme (ESPT) fait suite à l’exposition à un facteur de
stress traumatique extrême et correspond à la reviviscence de cet
événement traumatique associé à des symptômes de stress aigu et
conduisant fréquemment à des comportements d’évitement.
En fait, « le sujet doit avoir vécu, avoir été témoin ou avoir été confronté à un
évènement ou à des évènements durant lesquels des individus ont pu mourir
ou être très gravement blessés ou bien ont été menacés de mort ou de grave
blessure ou bien durant lesquels son intégrité physique ou celle d’autrui a pu
être menacée ».
On considère que « La réaction immédiate du sujet à l’évènement
traumatisant doit s’être manifestée par une peur intense, un sentiment
d’impuissance ou d’horreur ».
Les évènements traumatisants pouvant être à l’origine d’un état de stress
post-traumatique sont (liste non exhaustive) :
1. Les actes de guerre ou de terrorisme (Bataclan).
2. Les catastrophes collectives (émeutes et mouvements de foule).
3. Les incendies, les cataclysmes naturels (séismes, éruption volcanique,
tsunami, ouragan).
4. Les agressions violentes physiques (attaque à main armée, agression) et
sexuelles (viol).
4-9-2/ Symptomatologie
Les symptômes d’un état de stress post-traumatique débutent habituellement
dans les 3 premiers mois qui suivent un traumatisme. Cependant, il peut
parfois se passer plusieurs mois ou même plusieurs années avant que les
symptômes apparaissent.
Les symptômes que le caractérisent sont :
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
Un sentiment de peur intense, d’horreur et d’impuissance
accompagné d’un ou de plusieurs des symptômes suivants :
Palpitations cardiaque,
Tachypnée,
Tremblements,
Frissons,
Transpiration excessive.
Le syndrome de répétition : apparaît dans un second temps : le patient
revit, à intervalles plus ou moins réguliers la scène traumatisante.
Caractérisé par les cauchemars de répétition (signe le plus fréquent) où le
malade revit la scène à l’origine de son trouble.
Le sommeil est entrecoupé de cauchemars qui peuvent survenir plusieurs fois
dans une même nuit.
Des visions cauchemardesques peuvent également se produire la journée.
Elles peuvent reproduire exactement la scène ou la déformer. Ces «
cauchemars » sont chargés d’émotion intense. Il n’est pas rare que le sujet se
mette à crier, en proie à une crise d’angoisse aiguë déclenchée par ces
visions.
Ces réactions s’accompagnent souvent de réactions de sursaut très
caractéristiques, traduisant le fait d’être sur le qui-vive, en alerte en
permanence.
Le syndrome de répétition se traduit parfois par des ruminations incessantes
au cours desquelles le sujet ressasse sans fin différents scénarios : il aurait pu
éviter le traumatisme, ne pas être là, se comporter différemment…Ces
ruminations alimentent par ailleurs le sentiment de culpabilité de la victime ;
De la difficulté à ressentir certaines émotions, par exemple la tendresse
et le désir sexuel;
De la difficulté à se concentrer;
De la difficulté à trouver le sommeil;
Des conduites d’évitements.
EVOLUTION
Les complications de l’ESPT sont nombreuses.
En particulier, il n’est pas rare de voir apparaître :
- un syndrome dépressif (tristesse de l’humeur, ralentissement psychomoteur,
perte d’intérêt, insomnie, perte d’appétit…),
- des idées suicidaires,
- des conduites addictives, alcooliques ou autres.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
V/ Troubles somatoformes ou troubles de symptôme somatique
(DSM-5)
5-1/Définition :
Trouble psychique caractérisé par des symptômes physiques évoquant des
affections somatiques, sans qu'aucune anomalie organique ne puisse être
décelée, ni qu'aucun mécanisme physiopathologique ne soit connu.
5-2/ EPIDEMIOLOGIE :
C’est un trouble essentiellement féminin qui débute souvent avant l’âge de
30 ans.
11 à 21% chez les adultes jeunes (moins de 50 ans), de 10 à 20% dans le
groupe d’âge moyen (entre 50 et 65 ans), et de 1,5 à 13% dans le groupe des
personnes plus âgées (plus de 65 ans).
Prévalence moyenne du trouble somatisation dans la population générale
est de 0.4%. Pour les troubles de conversion, le ratio est de 2 femmes pour un
homme, et ils touchent des populations de faible statut socio- économique.
5-3/ Les différents troubles:
La somatisation (ou le trouble de symptôme somatique):
Elle se caractérise par syndrome chronique comportant des symptômes
somatiques multiples qu’on ne peut expliquer sur le plan médical.
Ce trouble est associé à une détresse psychosociale. Les symptômes sont
souvent vagues, dramatisés ou exagérés dans leur présentation. Elle se
caractérise par des plaintes somatiques multiples et variables, pendant au
moins deux ans, ne pouvant être expliquées par un trouble somatique
identifiable.
Des symptômes somatiques peuvent être présents tels que :
Des symptômes douloureux (tête, dos, articulations, miction),
Des symptômes gastro intestinaux (nausées, ballonnements,
diarrhée…),
Des symptômes sexuels (désintérêt sexuel, anomalie de
l’érection, règles irrégulières…),
Des symptômes pseudoneurologiques (paralysie, surdité…)
Le sujet aura du mal à reconnaitre que ces plaintes ou symptômes
somatiques n’ont aucune cause organique. A terme et progressivement, une
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
altération du fonctionnement social et professionnel sont à craindre.
Attention à la surmédication.
La notion de personnalité histrionique est retrouvée chez les personnes
présentant ce trouble de somatisation avec quelques traits essentiels : la
labilité émotionnelle, la dépendance affective, la quête d’attention. Ces
personnes ont un besoin d’amour.
Toujours dans la séduction, elles utilisent leur physique pour attirer l’attention.
Comportement de séduction sexuelle inadapté ou attitude provocante
Elle ne supporte pas la solitude, besoin d’être le centre de l’attention d’autrui
Expression des émotions avec théâtralisme
Développement d’affabulation et de mensonge
Apparition possible de mythomanie : tendance pathologique à mentir, à
imaginer des fables ou à simuler, en enjolivant ou en noircissant la réalité.
Symptomatologie chez la personne histrionique:
Troubles moteurs et neurologiques : sensation de vertiges,
contractures, tics, tremblements…
Troubles sensoriels : aphonie, mutisme…
Algies : céphalées, dysphagies, dysménorrhée, douleurs
multiples…
Tétanie, spasmophilie
Troubles de la mémoire, de la conscience
Le trouble hypocondriaque (ou trouble d’anxiété liée à la maladie ou
crainte excessive d’avoir une maladie):
Il toucherait 4 à 9% de la population générale et 3 à 13 % des patients suivis
en médecine générale.
Interprétation irréaliste ou erronée des symptômes ou des sensations
physiques, qui débouche sur la crainte et la préoccupation d’être atteint
d’une maladie grave. Les symptômes sont souvent disproportionnés par
rapport à la gravité de l’affection.
La peur devient invalidante et persiste malgré les examens et explorations qui
visent à rassurer la personne.
Deux symptômes prévalents :
- Soit la conviction fondée sur la présence d’un ou plusieurs symptômes
persistants (sans cause organique) d’être atteint d’une ou plusieurs maladies
somatiques.
- Soit une préoccupation persistante concernant un défaut ou une disgrâce
physique (ce que l’on nomme dysmorphophobie).
Dans les deux cas, on retrouve un refus persistant d'accepter les conclusions
rassurantes des médecins confirmant l'absence de tout problème somatique
pouvant rendre compte des symptômes.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
Les troubles de conversion (ou le trouble de symptôme neurologique
fonctionnel (DSM 5))
Mécanisme psychologique ou mental inconscient par lequel un conflit
psychique s’exprime symboliquement sous la forme d’un symptôme
somatique.
La personne n’a donc pas conscience des fondements psychologiques de
son trouble et il est donc incapable de maîtriser les symptômes physiques qui
en découlent.
Il peut exister un ou plusieurs symptômes de types variés :
Les symptômes du trouble de conversion se développent souvent
brutalement et leur apparition peut souvent être liée à un événement
stressant.
des déficits apparents de la motricité volontaire ou des fonctions
sensorielles, mais impliquent parfois des tremblements et des troubles
de la conscience (suggérant des convulsions) et une position des
membres anormale (évoquant un autre trouble neurologique ou
physique général).
Par exemple, les patients peuvent avoir à la présentation un trouble de la
coordination ou de l'équilibre, une paralysie ou une faiblesse musculaire d'un
bras ou d'une jambe, une perte de la sensibilité d'une partie du corps, des
crises convulsives, un état de non réponse, une cécité, une diplopie, une
surdité, une aphonie, des difficultés de déglutition, une sensation de boule
dans la gorge, une rétention urinaire.
Les patients peuvent présenter soit un seul épisode, soit plusieurs épisodes
répétés de conversion; les symptômes peuvent devenir chroniques. Les
épisodes sont généralement courts.
≠ des troubles psychosomatiques : trouble somatique, avec lésion
retrouvée, dont la dimension psychologique est prévalente dans sa survenue
et dans son évolution (Ex : asthme, psoriasis…)
5-4/ Traitement
Médicamenteux : antidépresseurs, hypnotiques et antalgiques
Psychothérapie
VI/ Les psychoses
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
6.1/ Définition
Perte de la perception de la réalité, fréquemment associe à des
hallucinations, idées délirantes et troubles de la pensée
Il existe des psychoses aigües comme la bouffée délirante aigüe et la
psychose puerpérale et des psychoses chroniques telles que
• La schizophrénie
• La paranoïa
• La psychose hallucinatoire chronique
6.2/ Les symptômes de la psychose
• Les hallucinations :
◦ Auditives : le plus souvent des voix, parfois des bruits
◦ Visuelles : Zoopsies, interprétations
◦ Cénesthésiques : Perception d'une sensation physique étrange(souvent
désagréable) comme des vers qui circulent dans les veines, quelque chose
qui ronge les os….
◦ Gustatives : impression d’un goût étrange et impression que l’on veut
l’empoisonner
• Le syndrome délirant :
◦ Fausse perception ou croyance sans logique.
◦ Déformation subjective de la réalité avec conviction
◦ Caractérise le délire :
▪ Thème :
• Persécution ≪ on m'en veut/surveille/empoisonne/parle sur moi (à la télé,
radio) ≫
• Passionnel (Jalousie, Erotomanie, Revendication, Culpabilité)
• Idéologique (religieux, politique, métaphysique...)
• Mégalomaniaque : Grandeur, filiation → Manie délirante
• Hypocondriaque (=/= Nosophobie!)
• Dépressif (indignité, damnation, négation)
• (+ Métaphysique : pseudo philosophique)
▪ Mécanisme :
• Hallucinations
◦ Le plus souvent auditives, visuelles
◦ Attitude d'écoute
• Automatisme mental :
◦ Echo/commentaire de la pensée
◦ Enonciation des gestes
◦ Perte de l’intimité psychique
◦ Interruption de la pensée : barrages
• Syndrome d’influence : ≪ téléguide ≫, ≪ on me fait parler/penser/agir »
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
▪ Systématisé ("organisation" précise) ou pas (flou, cohérence étrange)
▪ En secteur (Centre sur un seul domaine de la vie (sociale, affective,
professionnelle)) ou en réseau (extensif, touche tous les plans de la vie du
patient)
▪ Participation affective (qui conditionne le risque auto/hétéroaggressif)
• La confusion mentale (=DTS) n'est pas un délire (=Distorsion de réalité).
Doivent évoquer la confusion devant des symptômes comme l'obnubilation,
le ralentissement général, un patient ahuri, égaré, des incohérences de
langage, de comportement.
• Les troubles du cours de la pensée : Automatisme mental (conviction d'être
possédé par une force supérieure qui guide les pas et la pensée du sujet.
Ces troubles se concrétisent par une perturbation du débit idéique et des
barrages fréquents (peuvent se traduire par une interruption brutale de la
pensée et donc du discours. Intervient de façon inopinée). Le terme de
fading mental est également retrouvé. Il s’agit de l’arrêt progressif des propos
du patient traduisant un évanouissement du cours de la pensée, suivi d'une
reprise du rythme normal sur un thème identique ou sur une autre idée
6.3/ La bouffé délirante aiguë
6.3.1/Définition
Elle se traduit par un épisode psychotique aigu transitoire avec l'apparition
brutale d'un délire polymorphe (très riche tant par ses thèmes que ses
expressions), souvent accompagné de troubles hallucinatoires survenant
brusquement chez un sujet jusque-là indemne de troubles psychiques.
6.3.2/ Epidémiologie
La BDA survient le plus souvent chez les personnes jeunes de 18 à 30 ans.
• Délire aiguë : "Un coup d'éclair dans un ciel serein"
• Vécu très angoissant de l'épisode
• Pas de cause évidente. Parfois stress psycho-social, prise de toxiques...
• Evolution multiples (4x1/4):
1/4 Retour à la normale
1/4 Récidive
1/4 Entrée dans un trouble schizophrénique
1/4 Entrée dans un trouble bipolaire
On a pu également se rendre compte d'une certaine fragilité du sujet atteint
de bouffée délirante (sujet immature, personnalité psychopathique ou
hystérique ou schizoïde, etc...)
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
6.3.3/ Signes cliniques
Le début est brutal, le comportement du sujet peut paraître inhabituel 3 à 4
jours avant le début de la crise.
- grande impression d’incohérences
- hallucinations très riches, auditives, cénesthésiques, olfactives, visuelles. Les
thèmes peuvent être différents : mystique, mégalomane, persécutif, érotique.
- délire non systématisé, c’est à dire qu’il va dans tous les sens. Il n’y a pas
d’autocritique de la part du patient, il adhère complètement
- une dépersonnalisation importante, soit l'impression de ne plus être soi-
même
- troubles du comportement associés : excitation psychomotrice, stupeur,
logorrhées ou mutisme, bizarrerie
- anxiété/angoisse
- risque hétéro et auto-agressif
6.3.4/ Traitement
- Médicamenteux : neuroleptiques (antipsychotique anti-délirant) et sédatifs :
anxiolytiques, hypnotiques
- Psychothérapie de soutien pour accompagner le patient
Souvent il est difficile de reparler de l’épisode à postériori
6.4/ La schizophrénie
6.4.1/ Définition
C’est une psychose chronique grave et invalidante, survenant chez le jeune
adulte, qui comporte une dissociation de la pensée et une discordance
affective, une activité délirante incohérente, entraînant généralement une
rupture de contact avec le monde extérieur.
L’entrée dans la schizophrénie peut être marquée par un épisode aigu
comme une BDA ou un début progressif : indifférence, impulsivité, bizarreries
6.4.2/ Epidémiologie
Psychose la plus fréquente qui touche 1% de la population générale (600 000
personnes)
Le terrain familial est un facteur favorisant la maladie :
- Risque de schizophrénie plus élevé chez les sujets apparentés à des
schizophrènes.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
- Quand un frère ou une sœur est atteint, le risque est de 6 à 14 %.
- Quand un parent est atteint, le risque est de 7 à 16 %.
- Quand les deux parents sont atteints, le risque est de 40 à 68 %.
- Quand c'est deux frères jumeaux homozygotes (vrais jumeaux), le risque est
de 50 à 75 %.
Elle touche le sujet jeune 15/35 ans (18/25 homme et 25/35 femme) et se
répartit entre les 2 sexes
6.4.3/ Signes cliniques
Le diagnostic nécessite au moins 2 des symptômes suivants
• LES SYMPTOMES POSITIFS OU PRODUCTIFS = Idées délirante impliquant un
phénomène manifestement invraisemblable
Accès hallucinatoires (souvent en premier plan) dont chaque épisode
persiste (toute la journée, plusieurs jours ou plusieurs fois par semaine sur
plusieurs semaines).
• LES SYMPTOMES NEGATIFS OU DEFICITAIRES = Repli sur soi, appauvrissement
de la pensée, des émotions et comportement catatonique.
La symptomatologie de base est représentée la triade fondamentale :
Syndrome dissociatif, Syndrome délirant paranoïde et repli autistique
le syndrome dissociatif ou discordance
- Perte de cohésion de la pensée : le sujet a une pensée embrouillé,
désordonnée, les propos sont bizarres sans lien entre les associations
d’idées. On observe souvent des « barrages », durant lesquels il ne
pense plus, il est comme envahi.
- Des troubles de la communication et du langage avec une intonation
plate, un rythme inadapté. Les sens des mots peut être détourné, le
schizophrène ne se sert pas du langage comme d’un outil de
communication. Au contraire, cela lui permet de se détourner de la
réalité, de créer son propre monde.
- Une altération du système logique : causes et effets ne sont plus en
rapport. La pensée magique y est présente (ce qu’il pense se réalise,
de façon imperméable à l’expérience). Le sujet a donc une logique
qui lui est propre, indépendante de l’expérience.
- Une désorganisation de la vie affective : ironie, opposition
systématique, dédain, bouderie.
Le schizophrène apparait très détaché avec quelque fois des impulsions
violentes traduisant des affects discordants (rires discordants, larmes
immotivées). On retrouve également une désorganisation psychomotrice
avec une gestuelle maladroite, maniérée, des tics.
Syndrome délirant paranoïde
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
Il se vit parfois sur un mode euphorique (sentiment de toute-puissance), mais
aussi et plus souvent dans une atmosphère d'angoisse, avec des sentiments
d'hostilité ou de menace.
Ce délire est vécu sans aucune distance, sans critique, mais dans un
bouleversement émotionnel intense.
La structure du délire peut être systématisée (délire d’une cohérence
apparente avec une certaine logique dans les différents thèmes).
Chronique = supérieur à 6 mois ;
Thèmes polymorphes
- Dépersonnalisation/ expérience d’étrangeté qui se joue au niveau du
corps avec modification de la perception de soi-même, transformation
corporelle, dysmorphophobie, impression de morcellement du corps.
- Déréalisation/ étrangeté du monde, sentiment d’hostilité ambiante.
- Syndrome d’influence (le dentiste m’a fait un plombage, et maintenant
je reçois des transmissions qui dirigent ce que je pense »/une force
extérieure impose sa volonté au sujet
- Délire mégalomaniaque, mystique, de filiation (je suis le fils de Sting, je
lui ressemble car je suis blond et ai les yeux bleus), de persécution (le
sujet se sent menacé et a l’impression que les autres veulent lui faire du
mal ou le persécuter. La police a mis des micros dans ma chambre et
je sais qu’on veut me tuer » ; « Je ne peux pas prendre ma douche ici ;
les infirmières ont mis une caméra pour tout surveiller. »
Mécanismes : multiples avec prédominance des hallucinations avec bien
souvent un automatisme mental
Le repli autistique
La reconstruction d'un monde à soi est la conséquence de la dissociation, qui
explique le repli sur soi, l'indifférence et l'impénétrabilité.
Le tableau schizophrénique ne s'installe pas d'emblée, ses éléments se
mettent en place progressivement et de façon variable d'un sujet à l'autre ne
facilitant pas son diagnostic.
6.4.4/ Traitement
Médicamenteux :
- Antipsychotiques/neuroleptiques
- Anxiolytiques
- Antidépresseurs si besoin
- Hypnotiques si besoin
Psychothérapie de soutien avec un psychiatre et une psychologue si besoin
VII /Conduites addictives
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
7.1/ Définition
L’addiction est une conduite qui repose sur une envie constante et
irrépressible, en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour y échapper.
Elle définit un type de relation à un produit marqué par l’incapacité à réduire
sa consommation et induisant le comportement de la personne
La dépendance n’est pas liée à la quantité de substance consommée, qu’il
s’agisse d’alcool ou de substances illicites mais au produit lui-même.
7.2/ Epidémiologie
L’alcool est la deuxième cause de décès prématuré en France.
Les données du Baromètre santé permettent d’analyser l’évolution des
comportements des Français vis-à-vis de l’alcool et de la représentation qu’ils
s’en font. En 2014, les fréquences de consommation se révèlent stables
relativement à 2010, excepté pour la consommation quotidienne d’alcool,
qui décroît de 11 % à 10 %. Le nombre moyen de verres bus par semaine,
stable, est estimé à 5,5.
Parmi les 18-25 ans, en près de dix ans, de 2005 à 2014, la proportion de
personnes ayant connu une ivresse dans l’année est passée de 33 % à 46 %,
et la part de celles en ayant connu au moins trois a presque doublé, passant
de 15 % à 29 %.
*À dose excessive, la consommation d’alcool contribue de façon directe ou
indirecte à 11% des décès masculins et à 4% des décès féminins. Il s’agit de
la deuxième cause de mortalité prématurée en France. Ainsi, en 2015, 41 000
décès étaient imputables à l’alcool en France. Il s’agissait surtout de cancers
(16 000 décès), de maladies cardio-vasculaires (9 900 décès), de maladies
digestives (6 800 morts dues à des cirrhoses) et d’accidents et suicides (5 400
morts). Les autres décès relevaient d'autres maladies dont des troubles
mentaux liés à l'alcool.
La consommation d’alcool diminue régulièrement en France depuis une
quarantaine d’années : elle a été divisée par deux entre 1960 et 2009.
Les données du Baromètre santé 2017 indiquent qu’environ 13,5% des adultes
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
ne boivent jamais et 10% boivent tous les jours (15,2 % des hommes et 5,1%
des femmes). Le vin reste de loin la boisson la plus consommée.
La consommation débute le plus souvent à l’adolescence, période durant
laquelle la bière et les prémix (boissons alcoolisées, sucrées et aromatisées)
sont les boissons les plus populaires. L’âge moyen de la première ivresse est
de 15,2 ans. En 2017, 85,7% des adolescents âgés de 17 ans déclaraient avoir
déjà bu de l'alcool au cours de leur vie, près d'un sur 10 (8,4%) buvait
régulièrement (au moins 10 fois dans le mois) et 44% avaient connu un
épisode d'alcoolisation ponctuelle important au cours du mois
écoulé (Source : ESCAPAD 2017).
Concernant l’usage du cannabis au cours de l’année et de la vie entière en
fonction de l’âge en France, on observe un pic de consommation chez le
jeune adulte puis une diminution progressive avec l’âge à partir de 25-30 ans.
Pour exemple, dans la tranche d’âge des 18-24 ans, l’usage sur la vie du
cannabis concerne 46,3 % des jeunes adultes (56,2 % des hommes et 34,9 %
des femmes).
Les opiacés : 150 000 Français, soit 0,25 % de la population générale, sont
dépendants à un produit opiacé. Une politique de réduction des risques et la
prescription de traitements substitutifs ont permis une baisse significative du
nombre de décès par overdose, passant de 564 en 1994 à 69 en 2006.
Le nombre de patients recevant des traitements de substitution est estimé à
90 000 personnes sous buprénorphine haut dosage et à 20 000 personnes
recevant de la méthadone en centre spécialisé.
Les causes sont multiples :
- Psychiatrique : structure psychotique (1/10)
- psychologique :
Psychopathie (1/3) : intolérance à la frustration, impulsivité, besoin de
satisfaction immédiate
- dépression, faible estime de soi
- sociologique
- lié au produit lui-même et à son potentiel de dépendance
Le seul motif d’hospitalisation en urgence d’un sujet toxicomane est
l’intoxication par des substances psychoactives (overdose)
L’hospitalisation pour une prise en charge et un sevrage doit être
sérieusement préparée au cours de consultations ambulatoires.
Néanmoins, il n’est pas rare qu’il soit hospitalisé pour une raison médicale ou
chirurgicale, il est important qu’un traitement substitutif soit prescrit.
7.3/ L’alcoolisme
7.3.1/ Signes physiques de dépendance alcoolique
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
Les symptômes de sevrage peuvent apparaître lors d'un sevrage total ou
lorsque l'alcoolémie baisse (sevrage matinal) :
- neuromusculaires (tremblement des mains et de la langue, myalgies,
crampes, paresthésies), digestifs (nausées, vomissements)
- neuro-végétatifs (sueurs, tachycardie, hypotension orthostatique)
- psychiques (anxiété, humeur dépressive, irritabilité, hyperémotivité).
- des insomnies et des cauchemars sont souvent associés.
L'ensemble des troubles est spécifiquement calmé par l'ingestion d'alcool
mais les signes réapparaissent, le matin suivant ou après une autre période de
sevrage.
Leur présence pérennise l'intoxication alcoolique en "imposant" au sujet de
boire dès le matin pour les faire disparaître
7.3.2/ Signes psychiques de dépendance alcoolique
La dépendance psychique se traduit, dans les premiers temps de
l'intoxication alcoolique :
- par une envie irrépressible de boire. Le temps ultérieur de la dépendance
psychique est celui de la perte du contrôle des quantités d'alcool
consommées. Le sujet éprouve la nécessité d'augmenter les doses
quotidiennes pour obtenir les mêmes effets car le sujet s'habitue aux effets de
l'alcool (tolérance). Cette "compulsion" à boire persiste en dépit de toutes les
conséquences négatives de l'alcoolisation pathologique.
Une fois le patient devenu dépendant, tout son comportement est centré
autour de la prise d'alcool.
-Le Delirium tremens (DT)
Certains facteurs prédisposants ou aggravants tels que les infections, le stress,
une intervention chirurgicale, peuvent favoriser l'apparition d'un DT chez un
sujet alcoolo-dépendant.
Le DT survient brutalement ou est précédé de petits signes de sevrage
(cauchemars, tremblements, anxiété…) ou encore d'une crise comitiale,
douze à quarante-huit heures après le sevrage.
A sa phase d'état, le DT réalise un grand état d'agitation psychomotrice
confuso-onirique. Il comporte :
- des troubles de la conscience avec confusion mentale, désorientation
temporo-spatiale
- des tremblements intenses et généralisés prédominant aux extrémités et à la
langue
- une hypertonie oppositionnelle
- un délire hallucinatoire à prédominance visuelle et parfois cénesthésique. Le
délire est très angoissant pour le patient. Le malade peut vivre des scènes
d'onirisme (comme dans un rêve) ou de catastrophe ainsi que des scènes de
la vie professionnelle. Les zoopsies, visions d'animaux en général menaçants,
ne sont pas rares.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
Les symptômes délirants, majorés par l'obscurité et l'endormissement, sont à
l'origine d'une importante agitation avec risque de passage à l'acte.
- des troubles végétatifs et des signes généraux : sueurs profuses, tachycardie,
hypertension artérielle, diarrhée, nausées, vomissements, hyperthermie
modérée, signes de déshydratation (pli cutané, oligurie)
- des modifications biologiques : il existe des signes de déshydratation
intracellulaire (hypernatrémie) et extracellulaire (augmentation de
l'hématocrite et de la protéinémie).
L'évolution en l'absence de traitement peut entraîner le décès.
Le risque de DT impose une prévention de celui-ci chez tous les sujets
hospitalisés présentant une intoxication alcoolique chronique.
7.3.3/ traitement de sevrage :
- Vitaminothérapie B1, B6, PP pour limiter les complications de l’alcoolisme
(syndrome de korsakoff, Gayet-Wernicke)
- benzodiazépines. Elles entraînent une sédation rapide, en quelques heures,
et préviennent l'apparition de l'ensemble des symptômes de sevrage.
En pratique, la prise en charge au long cours repose essentiellement sur :
- les psychothérapies, et tout particulièrement la psychothérapie de soutien
- les associations
- la prescription de médicaments ayant pour objet de diminuer l’envie de
boire ou les complications psychiatriques (anxieuses et dépressives) de
l’alcoolisme.
7.4/ Conduites addictives liées aux opiacés
Ce sont l’héroïne, la morphine et les produits de substitution : la méthadone,
le subutex.
Les différentes voies d’administration sont : intraveineuse, per os ou « sniffée ».
Les drogues entraînent une modification de perception de l'environnement et
un état de dépendance. La toxicomanie concerne essentiellement les
adolescents et les adultes jeunes.
7.4.1/ Signes cliniques de l’état de manque :
- tremblements
- sueurs, frissons, sensation de froid
- troubles digestifs : nausées, vomissements, diarrhées
- douleurs abdominales
- angoisse majeure : la victime cherche à tout prix à obtenir le toxique qui
calmera, l’ensemble des signes
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
7.4.2/ Complications :
Sur le plan somatique :
- Infections (HIV, hépatites B, C, abcès du lieu de ponction, lymphangite…)
- Crises convulsives
- Hypertension artérielle
- Endocardite, pneumopathies abcédées
- Troubles gynéco-obstétricaux (aménorrhée, RCIU, MFIU….)
- Overdose
Sur le plan psychique :
- un risque de trouble de la personnalité 20 fois supérieur aux autres patients
- un risque pour une addiction à l'alcool 13 fois supérieur
Sur le plan social :
- Précarité
- Chômage
- Délinquance : prostitution, vols, agressions et autres actes médico-légaux
7.4.3/ Traitement et prise en soin :
- Evaluation psychopathologique et somatique
- Evaluation de la dépendance : il y aura un sevrage ambulatoire :
consultations rapprochées, remise directe des médicaments en quantité
limitée, tests urinaires toutes les semaines ou un sevrage hospitalier si échec
en ambulatoire ou complications somatiques.
- Psychothérapie de soutien, familiale, cognitive et comportementale
- Suivi somatique et psychosocial
- Traitement de sevrage :
Réduction des symptômes somatiques du syndrome de
sevrage (Antalgiques, Antinauséeux, antidiarrhéique,
Sédatif)
Traitement substitutif
7.5/ le cannabis
7.5.1/ Définition :
Le cannabis est une plante cultivée afin de satisfaire 2 usages :
- la production de fibres (de chanvre)
- la production de substance stupéfiante (cannabis, haschich, marijuana)
Il contient un produit psychoactif : le delta-9-tétrahydrocannabinol (D-9-THC).
Le cannabis peut être préparé et utilisé sous diverses formes :
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
- cannabis : plante, surtout feuilles
- haschich : résine et sommités fleuries
- kif : résine, feuilles et fleurs
- marijuana : feuilles et sommités fleuries
7.5.2/ Les signes cliniques :
Ils sont variables selon la personne :
- La légère euphorie, accompagnée d’un sentiment d’apaisement et
d’une envie spontanée de rire, légère somnolence
Des doses fortes entraînent rapidement :
- Des difficultés à établir des tâches, perturbent la perception du
temps, la perception visuelle et la mémoire immédiate et
provoquent une léthargie.
- Ces effets peuvent être dangereux si l’on conduit une voiture, si l’on
utilise certaines machines.
Signes physiques :
- palpitations
- diminution de la salivation
- yeux rouges liés à un gonflement des vaisseaux
- parfois sensation de nausées
- difficultés de concentration, difficultés scolaires…
- dépendance psychique par la préoccupation d’obtention du produit
- pour les personnes « fragiles », hallucinations ou modifications de
perceptions et de prise de conscience d’elle-même (dédoublement de la
personnalité), sentiment de persécution
- anxiété/angoisse
Risques :
- notion d’escalade et risque de passage aux drogues dures (4-5%)
- BDA
- Toxicité pulmonaire
- Cachexie (ne s’alimente plus)
- Risques sociaux par isolement social ou liés aux contacts avec des circuits
illicites pour se procurer le produit
- Terrain dépressif
7.5.3/ Traitement :
- anxiolytiques
- hypnotiques
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- antidépresseurs si besoin
- accompagnement médico-social
- Suivi en consultation ambulatoire
VIII/ Les troubles des conduites alimentaires
8.1/ L’ANOREXIE MENTALE
8.1.1/ Définition
L’anorexie mentale se définit comme une « diminution ou abolition de
l'alimentation par refus de la nourriture intervenant comme mode de réponse
à des conflits psychiques. »
Il y a ici un besoin obsessionnel de maigrir et une lutte active contre la faim et
l’absorption d’aliments.
8.1.2/ Epidémiologie
L’anorexie mentale débute souvent par une période de restriction alimentaire
le plus souvent voulue (régime). La prévalence de l’anorexie mentale est de 5
cas pour 100.000 habitant en France. L’incidence est de 3000 à 6000 cas par
an.
L’anorexie mentale est très souvent associée (dans 40% des cas) à des
troubles comme l’anxiété, les phobies, les troubles obsessionnels compulsifs,
des addictions…
Le pic d’incidence de la maladie est le plus fréquent entre 14 et 17 ans avec
un pic de prévalence maximum à 16 ans. Pour autant la maladie peut
survenir à partir de 8 ans ou après 18 ans.
La durée moyenne du trouble est de 1,5 à 3 ans. Au-delà de 5 ans il s’agit
d’une anorexie mentale chronique.
Les conséquences de l’anorexie entrainent un risque non négligeable de
mortalité. Le taux de mortalité est de 5%. Elle est due aux complications
somatiques dans plus de la moitié des cas (le plus souvent un arrêt
cardiaque) et à un suicide dans 27 %. Le taux de suicide associé à l’anorexie
est le plus important de toutes les maladies psychiatriques.
30% des cas d’anorexie basculent vers la boulimie…
Parmi les facteurs de risques de l’anorexie, nous notons :
- Des antécédents familiaux de TCA ;
- Une obésité chez les parents, un régime restrictif, des préoccupations autour
de l’alimentation, l’apparence, le poids ;
- Des dysfonctionnements familiaux ;
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
- Des antécédents personnels : insatisfaction corporelle, régime restrictif,
obésité dans l’enfance, puberté précoce (avant 12 ans), dépression,
abus/dépendance à une substance, troubles obsessionnels du
comportement, anxiété sociale, évènements de vie difficiles ;
- Certains traits de personnalité : angoisse de séparation, perfectionnisme ou
traits obsessionnels, mauvaise estime de soi, absence de confiance en soi,
isolement social ;
- Autres : sexe féminin, profession qui met en avant l’apparence physique
(mannequin…).
8.1.3/ Diagnostic et symptômes
Le diagnostic de l’anorexie mentale repose sur des critères précis. Selon le
DSM-V, les critères de diagnostic de l’anorexie sont :
- La façon de s’alimenter (restriction, éviction de certains aliments, refus
de s’alimenter, phases boulimiques), ainsi qu’à certaines pratiques
(vomissements provoqués, prise de laxatifs) ;
- Le poids (IMC inférieur à 17,5kg/m2) ;
- La perception de soi (refus de reconnaître sa maigreur, perception
déformée de son corps) ;
- L’estime de soi (sentiment d’avoir le contrôle sur son corps, hantise de
grossir) ;
- L’absence de règles depuis au moins 3 mois.
Clinique de l’anorexie :
Triade des 3A : Anorexie, Amaigrissement, Aménorrhée.
- Refus de s’alimenter ;
- Dysmorphophobie ;
- Déni de l’anorexie et de l’amaigrissement ;
- Cachexie ;
- Peur intense de prendre du poids ;
- Libido quasi absente ;
- Recherche d’un corps « parfait », préoccupation de l’image corporelle ;
- Impression d’avoir toujours froid (hypothermie) ;
- Bradycardie ;
- Isolement social ;
- Angoisse ;
- Conflits familiaux ;
- Troubles de la concentration ;
- Honte, dévalorisation de soi, peur du jugement des autres ;
- Parfois hyperactivité physique, prise de laxatifs, vomissements, potomanie.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
8.1.4/ Complications
Les répercussions de l’anorexie s’observent sur plusieurs plans : physique,
psychique et social.
Plan physique :
Les complications sont principalement liées à la dénutrition et aux
comportements associés (vomissements).
- Atteinte cardiovasculaire : troubles du rythme cardiaque, hypotension
artérielle ;
- Infertilité ;
- Troubles des phanères (ongles cassants, …)
- Manifestations hématologiques : anémie, leucopénie, thrombopénie ;
- Perturbations neurologiques ;
- Troubles métaboliques (hypokaliémie, hypocalcémie, hypoglycémie…) ;
- Perte des cheveux ;
- Constipation ;
- A long terme : complications osseuses (ostéoporose).
Plan psychique et social :
- Ritualisations ;
- Rigidité des attitudes ;
- Appauvrissement de la vie relationnelle, affective et sexuelle, avec à terme
un retentissement sur la vie scolaire ou professionnelle.
8.2/ LA BOULIMIE
8.2.1/ Définition :
La boulimie est un trouble complexe, multifactoriel qui se caractérise
concrètement par des crises compulsives où la prise alimentaire prend des
proportions incontrôlables. La crise boulimique est la consommation en un
temps court d’une quantité importante ou massive d’aliments non choisis,
sans aucune connotation de plaisir, sans faim ni rassasiement, avec un fort
sentiment de perte de contrôle.
8.2.2/ Epidémiologie
En France, les données épidémiologiques sont assez rares.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
D’après l’HAS, l’incidence de la boulimie est de l’ordre de 200 pour 100 000
personnes/années avec un pic d’incidence entre 16 et 20 ans. 3 à 4 % de la
population féminine est touchée soit 400 000 cas en France.
Parmi les facteurs de risques de la boulimie, nous notons :
- Le genre féminin
- L’âge (période de la fin de l’adolescence/début de l’âge adulte)
- Une obésité pendant l’enfance
- Un régime alimentaire restrictif
- Des complications périnatales
Personnalité :
- Perfectionniste
- Besoin de contrôle ou d’attention
- Faible estime de soi
- De l’anxiété sociale
- Une évaluation de soi négative
- Vulnérabilité par rapport à des sentiments de honte
Environnement social :
- Les situations familiales désorganisées (un environnement familial inadéquat)
- La solitude
- Les maladies de dépendance chez les parents (Un alcoolisme parental,
toxicomanie ou une dépendance aux médicaments)
- Deuil
- Abus sexuels
- Situations de stress par nécessité d'une indépendance précoce (pseudo-
autonomie)
8.2.3/ Diagnostic et symptômes :
Selon le DSM V, la boulimie :
A. Survenue récurrente de crises Crise = Absorption ++ de nourriture, en un
temps limité & sentiment de perte de contrôle
B. Comportements compensatoires visant à prévenir la prise de poids
(vomissements, laxatifs, jeûne, activité physique …)
C. Crises et comportements compensatoires surviennent au moins 1 x /
semaine sur une période de 3 mois (Contre 2 x / semaine dans le DSM IV)
D. Estime de soi influencée par le poids et la silhouette
E. Le trouble peut apparaître même sans épisode d’anorexie mentale
Il existe deux formes de boulimie :
1. Type avec vomissements ou prise de purgatifs: pendant l'épisode actuel de
boulimie, le sujet a eu régulièrement recours aux vomissements provoqués ou
à l'emploi abusif de laxatifs, diurétiques, lavements.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
2. Type sans vomissement ni prises de purgatifs : pendant l'épisode actuel de
boulimie, le sujet a présenté d'autres comportements compensatoires
inappropriés, tels que le jeûne ou l'exercice physique excessif, mais n'a pas eu
régulièrement recours aux vomissements provoqués ou à l'emploi abusif de
laxatifs, diurétiques, lavements.
La sévérité du trouble est basée sur la fréquence des épisodes:
trouble léger : 1-3 épisodes par semaine;
modéré : 4-7 épisodes par semaine;
sévère : 8-13 épisodes par semaine;
extrêmement sévère : 14 épisodes ou plus par semaine.
Le grignotage continu de petites quantités d'aliments toute la journée n'est
pas considéré comme de l'hyperphagie boulimique.
Il existe trois phases dans la crise boulimique.
- Phase prodromique : associe une sensation de stress ou d’angoisse. Il existe
au début de cette phase une tentative de résister à la crise qui se transforme
rapidement en sentiment de perte de contrôle et le besoin irrépressible
d’ingérer des aliments.
- Accès boulimique : survient brusquement. Souvent dissimulé à l’entourage.
Absorption d’aliments riches en calories sur un temps court.
- Phase finale : le sujet est rongé de culpabilité, de honte. Il développe un
malaise somatique (nausées, douleurs abdominales, asthénie.) Cette
sensation de malaise peut être suivie, pour y mettre fin, par des vomissements
provoqués puis réflexes (par une alcoolisation), ou par la survenue d’un
endormissement.
En dehors des crises, le patient présente diverses préoccupations concernant
la nourriture :
- Envie de nourriture, lutte pour y résister, peur de manque (stockage
d’aliments) ;
- Stratégies d’évitement : évitement des lieux « à risque », absence d’argent
sur soi, élimination des temps morts de la journée, évitement de la solitude,
congélation systématique des aliments, absence d’aliments en conserves au
domicile ;
- Préoccupation constante, obsédante de la nourriture ;
- Attirance pour la cuisine, les métiers de l’alimentation ;
- Obsession des régimes, recherche d’une minceur idéale, utilisation de
laxatifs, de diurétiques…
- Refus de manger en compagnie ou à heures fixes ;
- Alternance de la peur de grossir et celle de ne plus pouvoir s’arrêter de
manger.
Certaines conduites impulsives, à caractère « boulimique » sont fréquemment
associées : achats d’objets, plus ou moins inutiles, collectionnisme de
vêtements ou de bijoux, achats de livres, « boulimie sexuelle » …
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
8.2.4/ Complications
Les troubles du comportement alimentaires de type boulimique évoluent
généralement sur de nombreuses années, en moyenne 8 ans, et les
complications médicales sont fréquentes.
L’évolution de la boulimie est souvent marquée par :
- Des troubles du cycle menstruel
-Une hypertrophie des parotides (par ingestion brutale d’hydrates de
carbones, par vomissements)
- Un risque d’hypokaliémie, de déshydratation extracellulaire, d’atteinte
stomatologique irréversible (atteinte de l’émail dentaire, caries, gingivites,
déchaussement des dents). Mais également un risque d’ulcération buccale,
pharyngée, œsophagite, reflux, gastrite lié aux vomissements répétés
- Une asthénie
- Une perte des cheveux
- Des difficultés de concentration
- Une baisse des performances intellectuelles
- Des crampes musculaires
- De l’ostéoporose
-L’apparition de conduites suicidaires, toxicomaniaques, des épisodes
dépressifs
- Un isolement social
- Un risque suicidaire
- Une instabilité émotionnelle (alternance de phases d’excitation et de
syndrome dépressif)
- Un sentiment de honte et de dégout
8.3/ Prise en soin et thérapeutiques
Prise en soin de l’anorexie mentale :
La prise en soin consiste à orienter la personne vers un professionnel maîtrisant
les TCA:
- un pédopsychiatre ou un pédiatre pour les jeunes enfants ou pour les
adolescents ;
- un généraliste, un psychiatre ou un médecin spécialisé dans les TCA pour les
adultes.
Ce médecin pourra être le médecin coordinateur des soins, en assumant la
coordination de l’ensemble des intervenants pour traiter à la fois les aspects
psychologiques, nutritionnels et somatiques
Il n’existe pas de traitement médicamenteux curatif. Les traitements
médicamenteux vont avoir pour objectif le traitement des symptômes
associés à l’anorexie.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
Psychothérapie et hospitalisation si nécessaire. PM d’ATD et neuroleptiques, si
besoin.
Prise en soins de la boulimie :
La boulimie requiert une prise en charge thérapeutique pluridisciplinaire :
Psychiatre
Diététicienne
Somatique : essentiellement dentaire, digestive et cardiaque
Sociale
Psychologue
IX/ Les Etats limites ou Borderline
9.1/ Définition
Les personnalités borderline sont difficiles à identifier : à mi-chemin entre
psychose et névrose.
Il s'agit d'un mode général d'instabilité des relations interpersonnelles, de
l'image de soi et des affects avec une impulsivité marquée, qui apparaît au
début de l'âge adulte
9.2/ Epidémiologie
Les problèmes d'état limite sont parmi les troubles psychologiques les plus
répandus. Au minimum 2 % des Français seraient concernés. Pourtant ce
problème est encore ignoré, souvent par les malades eux-mêmes.
9.3/ Signes cliniques
Instabilité et nombreux excès ;
Forte impulsivité et prise de risque dans au moins deux domaines
(sexualité, toxicomanie, conduite automobile.) ;
Instabilité affective ;
Fortes colères souvent sans raison réelle ;
Menaces suicidaires et/ou automutilations ;
Troubles de l'identité ;
Sentiment d'ennui, de vide ;
Peur d'être abandonné ;
Réactions disproportionnées au stress.
Raptus anxieux
La personnalité borderline se définit par au moins cinq des critères ci-dessus
9.4/ Traitement
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
Généralement association antidépresseur et psychothérapie de soutien
X/Les troubles du spectre autistiques et les troubles du neuro-
développement
10.1/ Définition
Les troubles du neuro-développement se caractérisent par une perturbation
du développement cognitif ou affectif de l’enfant qui entraine un
retentissement important sur le fonctionnement adaptatif scolaire, social et
familial.
Ils regroupent les troubles du développement :
de la communication et des interactions sociales (autisme),
du développement intellectuel (déficience intellectuelle ou retard
mental),
du développement de l’attention (trouble déficitaire de l’attention
avec ou sans hyperactivité ou impulsivité) et des fonctions
associées (mémoire de travail, contrôle exécutif…)
mais aussi les troubles d’acquisition du langage ou des
coordinations (dysphasies et dyspraxies) et les troubles spécifiques des
apprentissages scolaires (par exemple la dyslexie-dysorthographie).
Ces troubles apparaissent le plus souvent précocement dans l’enfance, les
premiers signes étant visibles avant la fin de l’école maternelle, et se
modifient jusque dans l’adolescence.
Ils présentent des degrés très variables de sévérité et sont fréquemment
associés entre eux, constituant alors un trouble multiple du neuro
développement, ou bien à une épilepsie, un trouble moteur ou un déficit
neurosensoriel (vision, audition). Ils ont aussi la particularité de partager des
causes et facteurs de risques communs, d’origine génétique ou
environnementale (par exemple la prématurité ou l’exposition aux toxiques et
agents infectieux avant la naissance).
10-2/ EPIDEMIOLOGIE
En France, on considère que les troubles du neuro-développement
(dyspraxie, autisme, dysphasie, déficience intellectuelle, etc.) touchent
environ 10 à 15% des enfants, dont 5% sont atteints de formes sévères.
Les études estiment que dans le monde, 5 à 15% des enfants ont un trouble
du neuro-développementl (TND) (gradient de sévérité très large) et que plus
d’une personne sur 100 pourrait recevoir un diagnostic de TSA. Pour une
raison encore indéterminée, les garçons sont plus fréquemment
diagnostiqués avec un TSA (dans une fréquence 4 à 8 fois supérieure à celle
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
observée chez les filles). La probabilité d’avoir un enfant avec TSA est 10 à 20
fois plus élevée dans les familles où les parents ont déjà eu un enfant autiste.
De plus, les jumeaux monozygotes (« vrais jumeaux ») partagent le diagnostic
d’autisme plus fréquemment que les jumeaux dizygotes (« faux jumeaux »).
Dans le cadre de la stratégie nationale autisme et troubles du neuro-
développement 2018-2022, la mise en place des plateformes de coordination
et d’orientation marque une avancée majeure.
L’objectif est d’engager au plus tôt l’intervention coordonnée de
professionnels, dont des psychomotriciens, psychologues et ergothérapeutes,
en plus des professionnels conventionnés.
10-3/ Le trouble du spectre autistique :
Les caractéristiques d’un TSA sont :
• Des altérations des interactions sociales
• Des problèmes de communication (langage et communication non
verbale)
• Des troubles du comportement correspondant à un répertoire d’intérêts et
d’activités restreint, stéréotypé et répétitif
• Des réactions sensorielles inhabituelles
L’autisme est le trouble du développement le plus connu. La sévérité des
symptômes varie d’une personne à l’autre. Les enfants atteints d’autisme
sévère présentent une incapacité totale à communiquer. Chaque enfant
montre des symptômes différents (dès le plus jeune âge, les premiers mois ou
les premières année), et certains peuvent être asymptomatique.
10-3-1/ Symptomatologie
Les symptômes les plus courants sont :
Les troubles du langage et de la communication :
• Avoir un retard du développement du langage
• Commence à parler plus tard que 2 ans
• Parle avec un rythme ou une tonalité anormale
• Perte de mots ou de phrases déjà acquises
• Ne regarde pas son interlocuteur lorsqu’il s’adresse à quelqu’un
• Ne pas savoir pointer du doigt
• Une incapacité à amorcer ou à soutenir une conversation
• L’enfant parle avec un rythme ou une tonalité anormale
• L’enfant peut répéter des mots mais n’en comprend pas le sens
Les troubles du comportement :
• Effectue des mouvements répétitifs (stéréotypies), comme se taper les
mains ou tourner sur soi-même ;
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
• Hypersensibilité ou hyposensibilité à la lumière, aux sons, au toucher ;
• Insensibilité à la douleur ;
• Hyperactivité ;
• Repli sur soi ;
• Crise de colère, gestes auto agressifs et hétéro agressifs ;
• Une fascination pour certaines parties d’un objet, par exemple une roue qui
tourne sur un jouet ;
• L’enfant bouge continuellement ;
• L'enfant ne cherche pas à partager ses intérêts avec les autres ;
Les relations sociales perturbées :
• Isolement dû à une incompréhension des émotions
• Difficulté à avoir des contacts visuels
• Difficulté à exprimer ses émotions, son ressenti
• Absence de réponse lorsqu’on l’appelle
• Incapacité à jouer seul, à se faire des amis
• Résistance aux câlins
S’alerter si les enfants présentent aussi ces symptômes :
• Ne babille ou ne gazouille pas à l’âge de 12 mois
• Ne dit aucun mot à l’âge de 16 mois
• Ne dit pas de phrase à l’âge de 24 mois
• Ne fait pas de gestes pour communiquer, par exemple pointer un objet ou
une image
• Semble perdre son langage ou des habiletés sociales déjà acquises
10-3-2/ TRAITEMENT
Plusieurs interventions psychosociales et méthodes éducatives peuvent aider
les personnes (enfants ou adultes) à mieux fonctionner socialement. Ces
méthodes sont généralement intensives (plus de 20 heures semaines),
structurées et impliquent les parents et la famille. Elles visent à enseigner la
communication (verbale et non verbale), à encourager les comportements
appropriés et à réduire les comportements perturbateurs. Avec ces
traitements, les enfants avec un TSA font des gains au niveau de leurs
comportements sociaux, leurs performances scolaires et leurs quotients
intellectuels. Certains réussiront à tant apprendre qu’ils arriveront à
fonctionner comme un individu moyen de son âge.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
ABA, DENVER et TEACCH, Les méthodes de prise en charge cognitives et
comportementales
Il n’y a pas de médicament qui traite spécifiquement le TSA. Par contre, il est
possible qu’une médication soit proposée pour réduire un ou des symptômes
associés tels l’agressivité ou l’anxiété
https://youtu.be/Xiora1jX93A
10-4/ Autres troubles du neuro développement
Les troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA) dits
«troubles dys» constituent une priorité de santé publique.
Les troubles dys sont fréquents : en France, ils concerneraient près de 8% des
enfants d’âge scolaire. Ces troubles sont les conséquences d’anomalies dans
le développement cognitif de l’enfant. Ils recouvrent des situations très
diverses et peuvent concerner une ou plusieurs fonctions cognitives : langage
oral ou écrit, gestes, motricité... Ces troubles plus ou moins sévères peuvent
être repérés dès la petite enfance.
TDAH (trouble déficit de l’attention/hyperactivité) :
Le TDAH se caractérise par l’existence de trois groupes de symptômes,
associés à des degrés divers :
Le déficit attentionnel, caractérisé par l’incapacité de terminer une
tâche, la fréquence des oublis, la distractibilité et le refus ou l’évitement
des tâches exigeant une attention soutenue ;
L’hyperactivité motrice constituée d’une agitation incessante, d’une
incapacité à rester en place quand les conditions l’exigent (notamment
en milieu scolaire) et d’une activité désordonnée et inefficace ;
L’impulsivité, définie par la difficulté à attendre, le besoin d’agir et la
tendance à interrompre les activités d’autrui.
Signes d’appel évocateurs d’un TDAH :
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
- Plaintes ou difficultés exprimées par l’enfant ou émanant de sa famille
ou de l’entourage (scolaire, extra-scolaire, etc.).
- Apparues avant l’âge de 12 ans, ayant des répercussions négatives au
niveau familial, social et scolaire, observées dans différents
environnements (familiale, scolaire, extra-scolaire) et persistant au cours
du temps (> 6 mois).
- À apprécier en tenant compte de l’âge, du stade développemental,
du niveau scolaire et du contexte de vie de l’enfant.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
Plateforme de coordination et d'orientation (PCO) - Diagnostic des troubles du
neuro-développement (TND)
Les PCO s’adressent aux jeunes enfants de 0 à 6 ans pour lesquels l’entourage
et / ou le médecin suspectent un possible trouble neuro-développemental. Sur
prescription, c'est le médecin qui adresse l'enfant à la PCO. Les PCO ont pour
objectif de rendre possible une intervention pluridisciplinaire coordonnée
immédiate dès les premières difficultés repérées chez le jeune enfant et sans
attendre un diagnostic stabilisé pour lever le doute ou progresser vers le
diagnostic en évitant le sur handicap. Pour ce faire, la PCO a vocation à
mettre en œuvre un parcours coordonné de bilan et d'intervention précoce
d'un an, éventuellement renouvelable.
La PCO de l'Aube est portée par le CAMSP géré par l’APEI de l'Aube.
Adresse : 77 rue de Preize, 10000 TROYES
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
ANNEXE 1
http://www.unafam.info/87/img/echelle-beck.pdf
Echelle de Beck (BDI : Beck Depression Inventory)
A
0 Je ne me sens pas triste
1 Je me sens cafardeux ou triste
2 Je me sens tout le temps cafardeux ou triste et je n'arrive pas à en sortir
3 Je suis si triste et si malheureux que je ne peux pas le supporter
B
0 Je ne suis pas particulièrement découragé ni pessimiste au sujet de
l'avenir
1 J'ai un sentiment de découragement au sujet de l'avenir
2 Pour mon avenir, je n'ai aucun motif d'espérer
3 Je sens qu'il n'y a aucun espoir pour mon avenir et que la situation ne
peut s'améliorer
C
0 Je n'ai aucun sentiment d'échec de ma vie
1 J'ai l'impression que j'ai échoué dans ma vie plus que la plupart des gens
2 Quand je regarde ma vie passée, tout ce que j'y découvre n'est
qu'échecs
3 J'ai un sentiment d'échec complet dans toute ma vie personnelle (dans
mes relations avec mes parents, mon mari, ma femme, mes enfants)
D
0 Je ne me sens pas particulièrement insatisfait
1 Je ne sais pas profiter agréablement des circonstances
2 Je ne tire plus aucune satisfaction de quoi que ce soit
3 Je suis mécontent de tout
E
0 Je ne me sens pas coupable
1 Je me sens mauvais ou indigne une bonne partie du temps
2 Je me sens coupable
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
3 Je me juge très mauvais et j'ai l'impression que je ne vaux rien
F
0 Je ne suis pas déçu par moi-même
1 Je suis déçu par moi-même
2 Je me dégoûte moi-même
3 Je me hais
G
0 Je ne pense pas à me faire du mal
1 Je pense que la mort me libérerait
2 J'ai des plans précis pour me suicider
3 Si je le pouvais, je me tuerais
H
0 Je n'ai pas perdu l'intérêt pour les autres gens
1 Maintenant, je m'intéresse moins aux autres gens qu'autrefois
2 J'ai perdu tout l'intérêt que je portais aux autres gens et j'ai peu de
sentiments pour eux
3 J'ai perdu tout intérêt pour les autres et ils m'indiffèrent totalement
I
0 Je suis capable de me décider aussi facilement que de coutume
1 J'essaie de ne pas avoir à prendre de décision
2 J'ai de grandes difficultés à prendre des décisions
3 Je ne suis plus capable de prendre la moindre décision
J
0 Je n'ai pas le sentiment d'être plus laid qu'avant
1 J'ai peur de paraître vieux ou disgracieux
2 J'ai l'impression qu'il y a un changement permanent dans mon
apparence physique qui me fait paraître disgracieux
3 J'ai l'impression d'être laid et repoussant
K
0 Je travaille aussi facilement qu'auparavant
1 Il me faut faire un effort supplémentaire pour commencer à faire
quelque chose
2 Il faut que je fasse un très grand effort pour faire quoi que ce soit
3 Je suis incapable de faire le moindre travail
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
L
0 Je ne suis pas plus fatigué que d'habitude
1 Je suis fatigué plus facilement que d'habitude
2 Faire quoi que ce soit me fatigue
3 Je suis incapable de faire le moindre travail
M
0 Mon appétit est toujours aussi bon
1 Mon appétit n'est pas aussi bon que d'habitude
2 Mon appétit est beaucoup moins bon maintenant
3 Je n'ai plus du tout d'appétit
Résultats :
Le score varie de 0 à 39.
0 à 3 : pas de dépression
4 à 7 : dépression légère
8 à 15 : dépression d'intensité moyenne à modérée
16 et plus : dépression sévère
Références :
Dépression et syndromes anxio-dépressifs : J.D.Guelfi et Coll, Ardix Médical.
Evaluation clinique et psychométrique des états dépressifs : J.Cottraux, Collection Scientifique Survector, 1985.
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023
ANNEXE 2
L’échelle RUD suicide
Mme GAILLARD Estelle, CDS Formatrice, IFSI Troyes, 27/02/2023