Systeme Dynamique (ESD202)
Systeme Dynamique (ESD202)
Equations Différentielles
et Systèmes Dynamiques
QPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPR
X ( t)
0 (t) = A(t)
X
1 2 3 4 5 6 7 8 ⇐⇒ X = A −1
9
9
1 2
8 7
3
6
4 5
5
6
4 3
7
2
8 9
1 B
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rrdjeam
LATEXer : rdjeamr Co. Ltd.
am
Prologue
je I l est très important d’attirer l’attention du lecteur sur le fait que cet imprimé de module de cours ne remplace
en aucun cas l’enseignement vivant et vécu en situations de classe, même si celui-ci se veut fidèle à la lettre et à l’esprit
du programme de la formation dans laquelle il est utilisé. Cependant, il offre la sécurité d’un plan de cours clair, précis et
rigoureux dans une prise de note facilement lisible et particulièrement soignée pour permettre à l’apprenant de bien suivre
les explications et commentaires en situations de classe puis d’interagir avec ces pairs et l’accompagnateur d’acquisition
Malheureusement, aucune œuvre humaine n’étant parfaite, les erreurs (surtout typographiques) ne peuvent donc être
entièrement évitées dans l’édition d’un ouvrage de ce type. Toutefois, l’auteur a essayé de les minimiser, en espérant que
rd
le lecteur rencontrera avec sympathie celles–ci et lui en fera part afin d’améliorer les éditions suivantes.
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L’auteur
rrdjeam
am
Généralités
L’objet de l’approche dynamique est l’étude de la formation des motifs (modèles) et des struc-
tures, dans les systèmes complexes. Il s’agit d’une méta-théorie, proposant un cadre formel d’ana-
lyse, indépendant des substrats ou niveaux d’analyse sur lesquels elle peut être appliquée. Elle est
conceptuellement liée à un certain nombre de courants théoriques apparus ces dernières années,
parmi lesquels on peut citer les théories de von Foerster sur le principe de la création de l’ordre à
partir du bruit, les travaux d’Atlan sur le bruit et l’auto-organisation dans les organismes vivants,
l’analyse systémique, amenant l’idée fondamentale selon laquelle “le tout est plus que la somme
des parties”, les travaux de Prigogine sur les structures dissipatives, la théorie des catastrophes de
Thom, la théorie des états critiques ou la théorie du chaos (Gleick, 1991). Le courant théorique
auquel nous nous référons principalement est la synergétique, une approche interdisciplinaire de
l’auto-organisation formulée par Haken.
je Ses domaines d’application sont divers. On retrouve des approches dynamiques dans des do-
maines tels que l’astrophysique, la physique des particules, l’étude des turbulences hydrauliques,
l’étude des champs magnétiques, la météorologie, le développement et le contrôle de l’apprentissage
moteur, l’économie, la sociologie, la psychopathologie, la gestion, la prospective, etc.
Enfin, on peut noter que l’approche dynamique constitue, une opportunité permettant de
dépasser le cloisonnement disciplinaire des approches, afin de générer une multidisciplinarité de
fait. Dans le domaine du comportement moteur, Beek, Peper et Stegeman (1995) suggèrent que
l’approche dynamique occupe une position centrale, dépassant les centrations classiques sur les
pôles “information”, “matière” ou “énergie” du système, et dépassant même des approches plus
novatrices, telles que la psychologie écologique (Gibson, 1979) ou l’approche des réseaux de neu-
rd
rones.
Alors que les lois classiques de la thermodynamique prévoient un accroissement de l’entropie des
systèmes complexes et une dérive vers le chaos, dans certain cas le comportement des systèmes
complexes évolue vers l’ordre. Dans ces cas le comportement du système peut être décrit de
manière relativement simple, eu égard à la complexité intrinsèque du système. On a ainsi montré
que le comportement d’un système complexe pouvait être simulé par des systèmes d’équations
rrdjeam
am
résumer à la somme des propriétés des éléments qui le compose.
L’auto-organisation.
L’idée centrale est celle de l’émergence du comportement, à partir des propriétés du système,
des paramètres environnementaux, et du temps. Le comportement émerge sans nécessité de plani-
fication, de programmation par des instances extérieures au système. Dans ce sens, les théories de
l’émergence s’opposent aux théories prescriptives. Un exemple fréquemment évoqué pour illustrer
ces phénomènes d’auto-organisation et d’émergence dans les systèmes complexes est celui des in-
sectes sociaux, et notamment la construction du nid chez les termites (Kugler & Turvey, 1987 ; Lin-
tern & Kugler, 1994). Une termitière constitue un produit hautement organisé, constitué d’arches,
de salles, de planchers superposés, [Link] lecture ”prescriptive” du processus de sa construction
suppose nécessairement l’existence d’une intelligence extérieure à la cohorte des ouvrières, une
super-termite architecte”, capable d’une part de concevoir à l’avance les plans de l’ouvrage (le pro-
gramme), et en outre d’en communiquer la logique à ses congénères . Il s’agit évidemment d’une
hypothèse hautement improbable. Deneubourg (1977), puis Kugler et Turvey (1987) montrent
que la termitière peut émerger spontanément de l’interaction des comportements individuels de
je chaque termite. La règle de base est le termite tend à déposer de la matière (boue, excréments)
aux endroits où d’autres termites l’on fait précédemment. Chaque dépôt s’accompagne de la dif-
fusion de phéromones, substances odorantes qui accroissent la probabilité pour qu’un nouveau
dépôt se fasse peu après au même endroit. A partir de dépôts aléatoires, ces règles débouchent
inexorablement sur la construction de piliers, puis d’arches, puis de plafonds, et ainsi de suite
Ce qu’il faut retenir de cet exemple, c’est qu’un produit hautement organisé peut émerger
spontanément de l’interaction des éléments constituant le système, c’est-à-dire sans planification
préalable. Ce produit, et son évolution dans le temps, est la résultante des contraintes pesant sur
le système. L’émergence exprime l’apparition de propriétés nouvelles qui apparaissent du fait de
rd
l’agrégation d’éléments au sein d’un ensemble. Cette émergence ne renvoie pas à un mécanisme
bottom-up univoque : l’agrégation des propriétés élémentaires détermine le comportement du
système, mais en retour le comportement du système canalise le comportement des éléments
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(slaving principle). Notamment les éléments peuvent avoir des propriétés qui sont inhibées par
l’organisation de l’ensemble.
La complexité.
Les comportements d’auto-organisation ne peuvent apparaı̂tre qu’à partir d’un certain niveau
rrdjeam
de complexité (dans le cas précédent, il faut que la population de termites soit suffisamment impor-
tante). D’où l’idée que la complexité, qui constituait plutôt une gène pour les approches classiques
réductionnistes (voir le cognitivisme dans le contrôle moteur et les critiques de Bernstein), consti-
am
liberté est central dans cette approche de la complexité. On peut concevoir les degrés de libertés
comme les paramètres libres d’un système, c’est-à-dire susceptibles de varier indépendamment des
autres. C’est pour quoi la dynamique des fluides a eu une grande importance dans le développement
de ces théories, étant donné que par définition, un fluide possède un nombre infini de degrés de
libertés (on peut citer à ce niveau les travaux sur la turbulence, voir Gleick, 1987).
L’évolution temporelle.
Couramment, le terme dynamique est compris comme renvoyant à une analyse mécanique
du comportement des systèmes. Cette interprétation est suggérée notamment par la référence
fréquente à des modèles oscillatoires, pour modéliser le comportement des systèmes. En fait le
terme dynamique renvoie à l’évolution dans le temps du comportement du système ; ce temps
peut être discret ou continu. L’approche dynamique apparaı̂t comme l’étude de la morphogenèse,
c’est-à-dire de la formation, dans le temps des patterns et des structures.
Cette approche du fonctionnement des systèmes suggère de différencier clairement les niveaux
d’analyse. Par définition, le système constitue un niveau macroscopique, et les éléments constitutifs
un niveau microscopique. Il est clair que le niveau macroscopique d’un chercheur pour être le
niveau microscopique d’un autre. On suppose que les échelles de temps des différents niveaux sont
significativement différentes. D’une manière générale, les échelles de temps pertinentes au niveau
rrdjeam
macroscopiques sont plus étendues que les échelles des niveaux inférieurs.
am
On reproche souvent à l’approche dynamique d’être purement descriptive, et de ne pas aborder
le problème de la causalité. Il est clair que cette approche n’est pas concernée par les processus
matériels sous-tendant la dynamique du système. Dans ce sens, elle ne répond pas aux critères clas-
siques de causalité. Deux remarques peuvent être faites à ce sujet. Premièrement, les conceptions
classiques de la causalité peuvent apparaı̂tre foncièrement réductionistes, face au fonctionnement
des systèmes complexes. Les relations causales entre des éléments constitutifs ne peuvent expliquer
à elles seules le fonctionnement global du système. Par ailleurs, la mise en évidence de principes
de coordination, de régularité de fonctionnement au niveau macroscopique peut être considérée
comme explicative : elle met en évidence le fonctionnement autonome du niveau macroscopique
du système.
La non-linéarité
rd
La non-linéarité renvoie d’une manière générale à une rupture de la proportionnalité des causes
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et des conséquences. On peut rappeler l’image qui a populariser la théorie des catastrophes : un
battement d’aile de papillon à Tokyo peut déclencher un ouragan en Floride. La non-linéarité
se manifeste, dans le comportement des systèmes, dans des modifications qualitative brusque du
comportement des systèmes, sous l’influence de certains paramètres. Ainsi, un paramètre peut
évoluer de manière linéaire et entraı̂ner dans une certaine frange une modification linéaire, c’est-à-
dire progressive, du comportement du système. Mais à partir d’une valeur critique du paramètre,
on observe une transition brusque du système vers un autre type de comportement. Un compor-
rrdjeam
tement non-linéaire s’est alors greffé sur une frange de linéarité. Un exemple parlant est celui de
la locomotion : placé sur un tapis roulant à 5 km/h, un individu se met spontanément à marcher.
am
produit que des modifications linéaires de lamplitude et de la fréquence (la nature de la coordina-
tion de marche demeurant par ailleurs invariante), un accroissement minime de la vitesse, autour
de 7.5 km, entraı̂nement un bouleversement qualitatif complet, et l’adoption d’une coordination
de course. On retrouve chez le cheval un tableau encore plus complexe, avec le passage successif
du pas au trot, puis au galop. Ces transitions, ou bifurcations, sont à la base de la théorie des
catastrophes. L’ampleur de la transition peut être sans commune mesure avec les modifications du
paramètre qui l’a générée. La non-linéarité a entrainé de nouvelles conceptions dans le domaine de
la prospective (par exemple en météorologie). Une prospective basée sur la prolongation linéaire
des tendances n’est plus envisageable. Il est nécessaire de prévoir les ruptures de linéarité, et la
prospective ne peut produire que des scénarios alternatifs probabilistes.
Les attracteurs
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Un système tend à adopter, sous l’influence des contraintes qui le constituent et / ou qui
pèsent sur lui, un certain type de comportement, que l’on peut qualifier de naturel, spontané ou
préférentiel. C’est à ces coordinations préférentielles que l’on donne le nom d’attracteur. Plusieurs
types d’attracteurs sont classiquement définis : les points fixes correspondent à un état vers lequel
semble converger le système : on peut citer l’exemple du pendule, qui tend sous l’action de la
rrdjeam
pesanteur à rejoindre sa position de repos. Les cycles limites renvoient à la répétition d’une trajec-
toire On retrouve ce type d’attracteur dans les oscillateurs auto-entretenus. Enfin, les attracteurs
étranges ou chaotiques (comme l’attracteur de Lorenz) présentent une trajectoire plus complexe,
am
est ainsi ponctué d’attracteurs, et de repellants (ce concept renvoie aux coordinations les plus
instables, les plus ”antinaturelles”). Il est courant, de manière quelque peu métaphorique, de
représenter les attracteurs par des ”vallées” et les repellants par des ”collines” (Figure 4). On
peut concevoir la dynamique intrinsèque du système (c’est-à-dire les tendances spontanées de
son comportement) par la trajectoire d’une bille qui tomberait dans ce paysage des attracteurs :
quelles que soient les conditions initiales de sa chute, la bille tendra naturellement à rejoindre l’une
des vallées, c’est-à-dire l’une des coordinations spontanées du système. Au sein de ce paysage, un
attracteur occupe le fond d’un bassin d’attraction, délimité par deux repellants. La profondeur de
ce bassin est représentative de la force (et corrélativement de la stabilité) de l’attracteur. La dyna-
mique d’un système peut ne présenter qu’un seul attracteur (on parle alors de régime monostable),
ou plusieurs (on parle de régime multistable).
Stabilité et instabilité.
Stabilité et instabilité constituent le principal moteur de la dynamique du système. La ca-
ractéristique première de l’attracteur est la stabilité de la variable collective : un système calé
sur son attracteur présente un comportement stable et reproductible. Par ailleurs, les bifurcations
sont annoncées par des fluctuations critiques, c’est-à-dire un accroissement de la variabilité du
rd
paramètre d’ordre à l’approche de la transition.
Le bruit
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Le comportement d’un système dynamique n’est pas aussi déterministe que pourrait le laisser
entendre les propositions précédentes. L’évolution du paramètre d’ordre est soumise à l’influence
de fluctuations aléatoires, qui tendent en permanence à le déstabiliser. Une transition de phase ne
peut intervenir que parce que le système est bruité, ce qui rend impossible le maintien sur une coor-
dination repellante. Dans les approches expérimentales classiques, le bruit est un facteur à éviter :
rrdjeam
il constitue une erreur expérimentale, susceptible de masquer les effets des variables manipulées.
Dans le cadre de l’approche dynamique, il constitue au contraire une variable essentielle.
am
On appelle paramètre de contrôle tout facteur non spécifique (c’est-à-dire ne définissant pas
directement le paramètre d’ordre), susceptible lorsqu’il évolue au-delà d’une valeur critique de mo-
difier le paysage des attracteurs. La bifurcation apparaı̂t comme une conséquence de l’évolution du
paramètre d’ordre, sans que cette évolution ne la prescrive formellement. Dans l’exemple précédent
sur la transition marche-course, la vitesse de déplacement constitue un paramètre de contrôle : le
pattern de course n’est pas spécifié par la vitesse, mais induit par le dépassement d’une vitesse
critique. L’identification des paramètres d’ordre et des paramètres de contrôle constitue les étapes
principales de l’étude de la dynamique des systèmes complexes.
Le but de la théorie des systèmes dynamiques est de modéliser des processus qui évoluent dans
le temps et d’étudier leur comportement. Cette étude doit permettre de prédire le comportement
du système et de le réguler afin d’obtenir les résultats désirés. Pour élaborer un modèle il faut tout
d’abord définir quelles sont les valeurs qui évoluent dans le temps, les états du système. Ensuite,
il faut trou- ver des équations mathématiques qui décrivent leur évolution. Généralement, ce sont
des équations différentielles ( si le temps est considéré comme continu) ou en différences finies( si
le temps du modèle est discret). Les paramètres du modèle sont les coefficients de ces équations et
les conditions initiales. Dans les cours qui suivront nous allons étudier essentiellement les systèmes
dynamiques en temps discret. Il est important de souligner cependant que toutes les notions que
je nous allons évoquer ici sont également définies dans le cas des systèmes en temps continu et
constituent la base des études appropriées.
Définition 1.1 Un système dynamique est un ensemble mécanique, physique, économique, envi
ronnemental ou de tout autre domaine dont l’état (ensemble de grandeurs suffisant à qualifier
le système) évolue en fonction du temps. L’étude de l’évolution d’un système nécessite donc la
connaissance :
— de son état initial (à l’instant t0 )
— et de sa loi d’évolution.
Définition 1.2 Pour représenter l’évolution d’un système dynamique on fait appel à la notion
rd
d’espace de phase qui est une structure correspondante à toutes les trajectoires possibles du système
considéré. Il permet de visualiser les propriétés du système telles que
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1. Les états stationnaires ou points fixes, sont les valeurs de la variable pour laquelle elle
n’évolue plus avec le temps.
2. Les attracteurs sont des zones pour lesquelles le système est attiré et obtient un comporte-
ment stable. Certains attracteurs peuvent être étranges, ce qui signifie qu’ils n’ont pas de
croisements dans leurs trajectoires.
3. Les bifurcations correspondent aux changements de la stabilité des attracteurs.
rrdjeam
4. Les points périodiques sont des points, des états du système qui se répètent au bout d’un
certain nombre de pas (leur période). Ces points peuvent également être attractifs.
am
Équations et systèmes d’équations
différentielles
2.1 Introduction
Les équations différentielles sont l’une des plus importantes composantes de l’analyse mathématiques
du fait des innombrables applications qui leur sont connues.
Une équation différentielle est une relation (fonctionelle) entre une fonction inconnue, disons
x, et ses dérivées successives x0 , x00 , x(3) , etc.
d2 dn−1
d
L t, x, x, 2 x, · · · , n−1 x, · · · = 0 (2.1.1)
dt dt dt
Intégrer ou résoudre une équation différentielle, c’est trouver toutes les fonctions qui vérifient la
je relation donnée (2.1.1). De telles fonctions sont appelées solutions ou intégrales de l’équation.
Une classe particulière d’équations différentielles est constituée des équations différentielles
linéaires constamment rencontrées dans toutes les branches de la physique (électricité, électronique,
mécanique, thermodynamique,etc.). Ce sont les équations de la forme :
où n (n ∈ N∗ ) est appelé l’ordre de léquation, x est la fonction inconnue, x(k) sa dérivée d’ordre k
et a0 , · · · , an des fonctions appelées coefficients de l’équation. la fonction b est appelée le second
membre de l’équation. Lorsque b ≡ 0 (fonction identiquement nulle) on dit que l’équation est sans
rd
second membre.
Un système d’équations différentielles d’ordre quelconque n se ramène toujours à un système
d’équations d’ordre un. En effet l’équation
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dn d2 dn−1
d
x=F t, x, x, 2 x, · · · , n−1 x avec x ∈ Rn (2.1.2)
dtn dt dt dt
se réécrit sous la forme
ẋ1 = x2
rrdjeam
ẋ2 = x3
.. .. .. (2.1.3)
. . .
ẋ = F (t, x , x , · · · , x )
n 1 2 n−1
am
les systèmes de degré un.
Plus généralement, un système d’équations de degrés différents se réduira par le même procédé
à un système de degré un, défini sur un espace de dimension plus grande, que l’on écrira en toute
généralité :
ẋ1 = f1 (t, x1 , x2 , · · · , xn−1 )
ẋ2 = f2 (t, x1 , x2 , · · · , xn−1 )
.. .. .. (2.1.4)
. . .
ẋ = f (t, x , x , · · · , x )
n n 1 2 n−1
Définition 2.1
On dit que x(·) : I −→ Ω est une solution maximale de l’équation différentielle x0 (t) = F (t, x(t))
si x(·) n’a pas de prolongement à un intervalle Ie strictement plus grand que I ou encore il n’existe
pas de solution xe : Ie −→ Ω avec I ( Ie et x
e|I = x
Définition 2.2
Une équation différentielle du premier ordre- est dite à variables séparables si elle peut s’écrire
sous la forme
g(y)dy = f (x)dx,
dy
où on a posé y 0 = .
dx
Pour résoudre une telle équation, on intègre les deux membres, sans oublier la constante d’intégration
(souvent notée C ou k etc.). Enfin, on s’efforce de donner les solutions sous la forme explicite
rd
y = ϕ(x).
Exemple 2.1
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xy 0 + (1 + x)y 2 = 0.
C’est une équation à variables séparables puisque sur l’intervalle d’intégration, elle est
équivalente à Z
dy 1 dy
rrdjeam
2
= − 1+ dx (y 6= 0) . On intègre membre à membre, c’est-à-dire =
yZ x y2
1 1
− 1+ dx. Ce qui donne − = − x + ln |x| + C.
x y
am
Bien noter que la fonction nulle y = 0 est une solution évidente de l’équation.
Note 2.3 Il n’est pas toujours possible d’écrire explicitement la solution y en fonction de la
variable x comme ci-dessus. Aussi faut-il tenir compte du domaine d’intégration et autres
informations pour expliciter au mieux la solution.
La constante d’intégration C est fixée lorqu’on demande que pour un x = x0 donné, on ait
une valeur donnée y0 = y(x0 ). Si pour l’exemple ci-dessus, on demande de déterminer la
solution vérifiant y(1) = 1, on trouverait :
1
y(1) = 1 = ,
1 + ln |1| + C
d’où on tire C = 0 et donc l’unique solution satisfaisant y(1) = 1 est donnée par y =
1
.
x + ln |x|
2. Soit l’équation différentielle du premer ordre x+yy 0 = 0. On l’écrit sous la forme ydy = −xdx.
Donc Z Z
ydy = − xdx + C,
y2 x2
soit = − + C, ce qu’on peut encore écrire sous la forme x2 + y 2 = 2C. Les graphes
je 2.2.2
2 2
des solutions forment donc une famille (d’arcs) de cercles concentriques pour des valeurs
positives de C.
Équations homogènes
Définition 2.4
Une équation différentielle est dite homogène lorsqu’on peut la mettre sous la forme
y
y0 = f .
x
Il faut remarquer que ce sont des équations qui ne changent pas lorsqu’on remplace x par kx et y
rd
par ky où k est un nombre réel non nul.
0 y 2 − x2 2
2
Par exemple, les équations suivantes sont homogènes : y = , y dx + x − xy dy =
2xy
0.
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y2 y2
2
− 1 2
En effet, elles peuvent s’écrire respectivement sous les formes suivantes : y 0 = x y , y0 = y x .
2 −1
x x
Pour résoudre de telles équations on fait le changement de fonction inconnue y = xu où u est
une fonction à déterminer.
En posant y = xu on obtient par dérivation y 0 = u + xu0 . Après remplacement dans l’équation
rrdjeam
am
Exemple 2.2
C ∈ R? , u 6= 0.
y = xu.
On obtient alors en éliminant u entre x et y,
je x2 + y 2 − Cx = 0 ⇐⇒ x −
C 2
2
+ y2 =
C2
4
.
Les graphes des solutions sont donc des (arcs de) cercles de centre ( C2 , 0) et de rayon |C|
2
.
2. Résolvons l’équation différentielle x2 + y 2 dx − xydy = 0. Cette équation est équivalente
à : y 2
1+
y0 = x .
y
x
Posons y = xu où u est une fonction auxilliaire à déterminer. Par dérivation de y = xu on
rd
a y 0 = xu0 + u et on obtient l’équation suivante en u :
dx
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udu = ,
x
p
dont l’intégration conduit à u = ± 2 ln(Cx) avec Cx > 0, puis
p
y = ±x 2 ln(Cx), C ∈ R? avec Cx > 0.
am
a1 (x)y 0 + a0 (x)y = 0 (E0 ),
est aussi appelée équation homogène associée à (E). Lorsque sur le domaine d’intégration on a
a1 (x) 6= 0 pour tout x, cette équation peut s’écrire sous la forme suivante dite normalisée
y 0 + p(x)y = g(x).
Théorème 2.5
Dans chaque intervalle où tous les coefficients a0 (x) et a1 (x) sont définis et continus, la solution
générale de l’équation (E) s’obtient en ajoutant à une solution particulière de l’équation complète
(E) la solution générale de l’équation sans second membre (E0 ).
Le théorème ci-dessus indique que pour la résolution complète de l’équation avec second membre
(E) il faut disposer d’une solution particulière y0 . La solution générale de (E) est alors donnée
par Z
a0 (x)
− dx
y : x 7−→ y (x) + Ke a1 (x) .
0
Solution particulière
rd
On peut chercher une solution particulière y0 de (E) par l’une des méthodes suivantes :
• solution évidente
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• indications de l’énoncé
• méthode de variation de la constante. Ceci signifie qu’il faut retourner dans la solution
générale y1 de l’équation sans second membre (E0 ), et considérer la constante d’intégration
K comme une fonction de x et poser
Z
a1 (x)
− dx
y0 (x) = K(x)e a0 (x) .
rrdjeam
La connaissance de K(x) qui passe souvent par une recherche de primitive, permet alors
d’avoir une solution particulière y0 .
am
1. Soit l’équation xy 0 + (1 − x)y = e2x (E), d’inconnue y sur l’intervalle ]0, +∞[.
L’équation sans second membre associée est xy 0 + (1 − x)y = 0 (E0 ), dont la solution
générale est donnée par :
1−x
Z
− dx
y1 : x 7−→ Ke x , K∈R
c’est-à-dire,
ex
.
y1 (x) = K
x
Recherchons une solution particulière par la méthode
xexde variation de la constante. Posons
ex e x
− ex
y0 (x) = K(x) . On a : y00 (x) = K 0 (x) + K(x) . En tenant en compte le fait
x x x2
que y0 est solution de l’équation complète (E), i.e xy00 (x) + (1 − x)y0 = e2x on obtient :
1 ex
K 0 (x)ex + (x − 1)ex K(x) + K(x) (1 − x) = e2x ,
x x
soit
K 0 (x)ex = e2x , c’est-à-dire K 0 (x) = ex .
R x
On peut donc prendre K(x) = e = ex , puis
je y0 (x) =
e2x
e2x
ex
x
.
y : x 7−→ + K , K ∈ R.
x x
Étant donné un réel x0 dans le domaine d’intégration et v0 un réel fixé, on peut déterminer
l’unique solution vérifiant la condition initiale y(x0 ) = v0 . Par exemple déterminons la
solution f de (E) satisfaisant f (1) = 0. On a :
rd
e2 e1
f (1) = 0 = +K , c’est-à-dire K = −e,
1 1
e2x ex+1
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am
q1 (t) = K exp , où K ∈ R.
RC
Recherchons une solution −tparticulière
q0 par la méthode de variation de la constante. Posons
alors q0 (t) = K(t) exp . En dérivant nous obtenons
RC
K(t) t
q00 (t) = K 0 (t) − exp − ,
RC RC
puis en remplaçant dans (E) on obtient :
Em t
K 0 (t) =
exp sin ωt.
R RC
t
En recherchant une primitive sous la forme K(t) = a cos ωt + b sin ωt exp , on
RC
obtient par identification
Em C 2 Rω Em C
a=− b= ,
1 + (RCω)2 1 + (RCω)2
et la fonction q0 (t) = a cos ωt + b sin ωt est une solution particulière de (E). Finalement, la
solution générale de (E) est ainsi
je q(t) = a cos ωt + b sin ωt + K exp
−t
RC
, K ∈ R.
Ce sont les équations de la forme a(x)y 0 + b(x)y + c(x)y n = 0 avec n 6= 1, a, b et c des fonctions
continues sur un intervalle I et a(x) 6= 0 pour tout x ∈ I.
Il faut remarquer que la fonction nulle y = 0 est une solution triviale de cette équation. Pour
rechercher les autres solutions (non nulles) on pose z = y 1−n . On a donc z 0 = (1 − n)y 0 y −n duquel
1 n 1 n
on tire y 0 = z 1−n . De même, de z = y 1−n , on tire y = z 1−n et donc y n = z 1−n . En remplaçant
1−n
dans l’équation initiale on retrouve une équation différentielle linéaire du premier ordre en z.
rrdjeam
am
par z 2 l’équation −z 0 + z = x qui est une équation différentielle linéaire du premier ordre
avec second membre. L’équation sans second membre associée a pour solution générale z1 =
Kex , K ∈ R. Déterminons une solution particulière z0 pour léquation avec second membre
par la méthode de variation de la constante. Posons z0 (x) = K(x)ex . On a donc z00 (x) =
K 0 (x)ex +K(x)ex . Alors, de −z0 (x)+z0 (x) = x on a −K 0 (x)ex −K(x)ex +K(x)ex = x. Ce qui
conduit à −K 0 (x)ex = x, i.e K 0 (x) = −xe−x . Une recherche de primitive permet de prendre
K(x) = (1 + x)e−x . On a alors une solution particulière z0 (x) = 1 + x. Ainsi, la solution
générale de l’équation auxilliaire −z 0 + z = x est donnée par z(x) = 1 + x + Kex , K ∈ R.
Finalement, les solutions non identiquement nulles de l’équation différentielle y 0 +y−xy 2 = 0
1
est y = , K ∈ R.
1 + x + Kex
√ √ √ 1 √
2. Soit l’équation différentielle de Bernoulli xy 0 − y + e x y = 0. Posons z = y 1− 2 = y.
y0
On a z 0 = √ , et donc y 0 = 2zz 0 . On obtient l’équation suivante en z :
2 y
√ √
2 xzz 0 − z 2 + e x z = 0.
Une solution évidente de cette dernière équation est z = 0. Pour z 6= 0 cette équation est
équivalente à :
√ √
je Sur tout intervalle où
générale z1 (x) = Ce
Z
√ 0
√
2
1
√ dx
x
2 xz 0 − z = −e x .
x 6= 0, l’équation sans second membre associée a pour solution
= Ce x ,
√
x
√
C ∈ R. Déterminons une solution particulière
z0 de l’équation 2 xz − z = −e par la méthode de variation de la constante. Posons
√ √ 1 √ √ √
z0 (x) = C(x)e x , on a z00 (x) = C 0 (x)e x + C(x) √ e x . Alors de 2 xz00 − z0 = −e x on
2 x
déduit
√
0
√
x 1 √x √ √
2 x C (x)e + C(x) √ e − C(x)e x = −e x .
2 x
√ 0 1
Ce qui est équivalent à 2 xC (x) = −1, soit C 0 (x) = − √ . On peut donc prendre C(x) =
rd
2 x
√ √ √x √ 0 √
− x puis z0 (x) = − xe . La solution générale de 2 xz − z = −e x est donc donnée par
√ √
Ce module de cours est sous licence GFDL
z(x) = − x + C e x , C ∈ R.
√ √ √
On en déduit que la solution générale de l’équation initiale xy 0 − y + e x y = 0 est donnée
par : √ 2 √
y=0 ou bien y = − x + C e2 x , C ∈ R.
Ce sont les équation de la forme a(x)y 0 + b(x)y 2 + c(x)y = d(x) où a, b, c, et d sont des
fonctions continues sur un même intervalle I et où a(x) 6= 0 pour tout x ∈ I.
am
avec le membre en de gauche en y0 on obtient
a(x)y 0 + b(x)y 2 + c(x)y = a(x)y00 + b(x)y02 + c(x)y0 ⇐⇒ a(x)(y 0 − y00 ) + b(x)(y 2 − y02 ) + c(x)(y − y0 ) = 0
y 0 − y00
1 1
⇐⇒ 2 a(x) 2 + c(x) + b(x) = 0
y − y02 y − y02 y − y0
1
Pour déterminer les solutions y autres que y0 on pose z = . On obtient alors une équation
y − y0
différentielle linéaire du premier ordre en z :
y 0 − y00 1
a(x) 2
+ c(x) + b(x) = 0 ⇐⇒ a(x)z 0 + c(x)z + b(x) = 0 (2.2.1)
y 2 − y0 y − y0
que l’on sait déjà résoudre. On donne la solution de l’équation en fonction de la solution particulière
y0 et de la solution z trouvée.
Exemple 2.5
1
Résolvons sur ]0, +∞[ l’équation différentielle 2y 0 + y 2 + 2 = 0 (E), sachant qu’une solution
x
1
particulière u est donnée par u(x) = .
x
je Posons z =
1
y−x 1 où y 6
= 1
x
est solution
z
z
0
de
équivalente (après multiplication par z 2 ) à : −2z 0 + z + 1 = 0 qui est une équation différentielle
x
linéaire du premier ordre avec second membre. La solution générale de l’équation sans second
membre associée est Z
1
dx
z1 (x) = Ce x = Celn x = Cx, C ∈ R.
Déterminons une solution particulière sous la forme z0 (x) = xC(x). On a z00 (x) = C(x) + xC 0 (x)
rd
2 1 1
et donc −2(C(x) + xC 0 (x)) + xC(x) + 1 = 0, i.e C 0 (x) = et on peut prendre C(x) = ln x
x 2x 2
1 0 2
puis z0 (x) = x ln x. Ainsi, la soultion générale de l’équation −2z + z + 1 = 0 est donnée par :
Ce module de cours est sous licence GFDL
2 x
1
z(x) = x ln x + Cx, C ∈ R.
2
1
Finalement, la solution générale de l’équation initiale 2y 0 + y 2 + = 0 est
x2
1 1 1
y= ou bien y= + , C ∈ R.
rrdjeam
x 1 x
x ln x + Cx
2
am
2.3.1 Équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants
ay 00 + by 0 + cy = F,
Proposition 2.6
Soit l’équation différentielle ay 00 + by 0 + cy = F, (E). Soit u une solution de cette équation et
soit y = u + z. Alors y est solution de (E) si et seulement si on a :
c’est-à-dire
az 00 (x) + bz 0 (x) + cz(x) = 0.
Ainsi z est solution de l’équation sans second membre associée à (E). On déduit
je Théorème 2.7
La solution générale de l’équation ay 00 + by 0 + cy = F (x) s’obtient en ajoutant à la solution
générale de l’équation ay 00 + by 0 + cy = 0 (équation homogène associée) une solution particulière
de l’équation ay 00 + by 0 + cy = F (x).
On admet que cette équation admet une solution de la forme y(x) = erx , où r est une constante
réelle. Alors on a : y 0 (x) = rerx , y 00 (x) = r2 erx et
rd
ay 00 + by 0 + cy = 0 ⇐⇒ erx [ar2 + br + c] = 0
Définition 2.8
L’équation ar2 +br+c = 0 est appelée équation caractéristique de l’équation ay 00 +by 0 +cy =
0.
On considère l’équation du second dégré ar2 + br + c = 0 et on pose ∆ = b2 − 4ac.
1. Si ∆ > 0 alors l’équation ar2 + br + c = 0 admet deux racines réelles disctintes r1 et r2 .
On admet dans ce cas que la solution générale de l’équation ay 00 + by 0 + cy = 0 est
rrdjeam
am
y(x) = (λx + µ)er0 x , (λ, µ) ∈ R2 .
Exemple 2.6
1. On considère l’équation y 00 −5y 0 +6y = 0. L’équation caractéristique associée est r2 −5r+6 =
0. On a ∆ = 25−24 = 1 > 0 ; l’équation caractéristique admet deux racines réelles disctintes
r1 = 3 et r2 = 2. La solution générale de l’équation est alors :
je 2. y 00 − 6y 0 + 9y = 0.
y(x) = Ae3x + Be2x , (A, B) ∈ R2 .
3. y 00 − y 0 + 7y = 0 √
2 1 + 3i 3
Equation caractéristique : r − r + 7 = 0 et δ = 1 − 28 = −27 < 0 ; r1 = et
√ 2
1 − 3i 3
rd
r2 = .
2
La solution générale de l’équation est
√ ! √ !#
Ce module de cours est sous licence GFDL
"
1 3 3 3 3
y(x) = e 2 x λ cos + µ sin , (λ, µ) ∈ R2 .
2 2
On cherche dans ce cas une solution particulière de cette équation qui est aussi un polynôme.
rrdjeam
am
2. Si c = 0 et b 6= 0 on a aQ00 (x) + bQ0 (x) = F (x), et puisque deg[aQ00 (x) + bQ0 (x)] = deg(Q0 )
on déduit que deg(F ) = deg(Q0 ) = deg(Q) − 1. On a alors deg(Q) = deg(F ) + 1.
3. Si b = c = 0 alors l’équation devient ay 00 (x) = F (x) et Q est solution si on a aQ00 (x) = F (x).
On déduit que deg(Q00 ) = deg(F ), or deg(Q00 ) = deg(Q) − 2. D’où on a deg(Q) = deg(F ) + 2.
Exemple 2.7
y 00 − y 0 + 3y = x2 + x. Comme 3 6= 0, on recherche une solution particulière de cette équation
sous la forme Q(x) = ax2 + bx + c avec a 6= 0. On a Q0 (x) = 2ax + b et Q00 (x) = 2a. De plus
On déduit que
3ax2 + (−2a + 3b)x + 2a − b + 3c = x2 + x.
1 5 1
Par identification on a : 3a = 1 soit a = 3
; −2a + 3b = 1 soit b = 9
; 2a − b + 3c = 0 soit c = − 27 .
Par suite Q(x) = 31 x2 + 59 x − 27
1
.
[Link] Cas où F(x) est sous la forme F (x) = α cos(mx) + β sin(mx)
je Une équation caractéristique de l’équation ay 00 + by 0 + cy = 0 étant ar2 + br + c = 0, on pose
ϕ(r) = ar2 + br + c et on montre que
1. Si ϕ(mi) 6= 0, l’équation ay 00 + by 0 + cy = 0 admet une solution particulière sous la forme
Exemple 2.8
rd
1. On considère l’équation y 00 − 2y 0 + 5y = cos x + 3 sin x. Ici ϕ(r) = r2 − 2r + 5 et ϕ(i) =
−1 − 2i + 5 = 4 − 2i 6= 0. On a une solution particulière de la forme y(x) = p cos x + q sin x.
Ce module de cours est sous licence GFDL
y 00 (x)−2y 0 (x)+5y(x) = cos x+3 sin x ⇔ (−p cos x−q sin x)−2(q cos x−p sin x)+5(p cos x+q sin x) = cos x
soit
(4p − 2q) cos x + (2p + 4q) sin x = cos x + 3 sin x.
rrdjeam
1
Par identification on déduit que 4p − 2q = 1 et 2p + 4q = 3 et par conséquent p = 2
; q = 12 .
1
On a alors y(x) = (cos x + sin x) comme solution particulière.
2
am
y(x) = x(p cos x + q sin x) ⇔ y 0 (x) = p cos x + q sin x + x(−p sin x + q cos x)
y(x) = z(x)emx ⇔ y 0 (x) = z 0 (x)emx + mz(x)emx et y 00 (x) = (z 00 (x) + 2mz 0 (x)m2 z(x))emx .
1. Si ϕ(m) 6= 0 alors z est une constante, ce qui implique que z 00 (x) = z 0 (x) = 0 et donc
λ
. La solution particulière de l’équation dans ce cas est y(x) =
λ mx
ϕ(m)
e .
2. Si ϕ(m) = 0 et ϕ0 (m) 6= 0 alors on a λ = az 00 (x) + z 0 (x)ϕ0 (m). Par conséquent z 0 (x) est une
λ λx
constante et z 00 (x) = 0 ; donc λ = ϕ0 (x)z 0 (x) et alors z 0 (x) = 0 . On prend z(x) = 0
ϕ (m) ϕ (m)
λx mx
et on déduit qu’une solution particulière de l’équation dans ce cas est y(x) = 0 e .
ϕ (m)
λ
3. Si ϕ(m) = ϕ0 (m) = 0 alors on a λ = az 00 (x) et z 00 (x) est une constante égale à . On prend
rd
a
0 λx λx2
alors z (x) = et z(x) = . Dans ce cas une solution particulière de l’équation est
a 2a
λx2 mx
Ce module de cours est sous licence GFDL
y(x) = e .
2a
Exemple 2.9
1. y 00 − 3y 0 + 2y = 4e3x . Une équation caractéristique de l’équation homogène (équation sans
second membre) associée est r2 − 3r + 2 = 0. On pose donc ϕ(r) = r2 − 3r + 2 et on a ϕ(3) =
4
2 6= 0. L’équation admet alors une solution particulière de la forme y(x) = e3x = 2e3x .
2
rrdjeam
am
On admet que l’équation admet une solution particulière de la forme y(x) = u(x)emx où u est
un polynôme. On montre dans ces conditions que u vérifie l’équation différentielle
[Link] Cas où F(x) est sous la forme F (x) = F1 (x) + F2 (x)
Dans ce cas, on procède par superposition : On cherche une solution particulière y1 de l’équation
ay + by 0 + cy = F1 (x) et une solution particulière y2 de l’équation ay 00 + by 0 + cy = F2 (x). Une
00
Exemple 2.10
Résoudre l’équation différentielle
y 00 + 2y 0 + 3y = x2 + 2 + sin x + 5e2x .
je L’équation sans second membre associée à cette équation est y 00 +2y 0 +3y = 0. On déduit l’équation
y 00 (x) + 2y 0 (x) + 3y(x) = sin x ⇐⇒ (2p + 2q) sin x + (−2p + 2q) sin x = sin x
rrdjeam
1 1
Par identification on a −2p+2q = 1 et 2p+2q = 0 et par conséquent p = − et q = . D’où
4 4
00 0 1 1
une solution particulière de l’équation y + 2y + 3y = sin x est y(x) = − cos x + sin x.
4 4
am
5
y(x) = z(x)e2x avec z un polynôme. Puisque ϕ(2) = 11 6= 0 alors z(x) = et donc une
11
5
solution particulière est : y(x) = e2x . Ainsi la solution générale de l’équation proposée est
11
√ √ 1 4 20 1 1 5
y(x) = e−x λ cos(x 2)+µ sin(x 2) + x2 − x+ + sin x− cos x+ e2x , (λ, µ) ∈ R2 .
3 9 27 4 4 11
ay 00 + by 0 + cy = F (x), (E)
et on suppose que la solution générale de l’équation homogène associée est sous la forme
Pour déterminer une solution particulière de (E), on fait varier les constantes de la solution
générale de l’équation homogène.
Plus précisement, on recherche une solution particulière de (E) en posant
je yp (x) = A(x)y1 (x) + B(x)y2 (x)
On cherche les fonctions dérivables A et B telles que yp soit solution de (E) avec la condition
3. y 00 − y 0 − 2y = x2 e3x .
Partie A
de la variable réelle x, définie et deux fois dérivable sur l’ensemble R des nombres réels,
y 0 est la fonction dérivée de y et y 00 est la fonction dérivée seconde de y.
m
(E) : 2y 00 + y 0 − y = −x + 2
(c) En déduire les solutions de l’équation (E) sur l’ensemble R des nombres réels.
2. Déterminer la solution f de l’équation (E) qui vérifie f (0) = 0 et f 0 (0) = 0.
Partie B
Soit f la fonction définie sur l’intervalle [0 , +∞[ par f (x) = e−x + x − 1. On note C la courbe
représentative de la fonction f dans un repère orthonormal (O ; ~i , ~j) d’unités graphique 2cm.
1.(a) Calculer f 0 (x) et étudier son signe.
je a
(b) Déterminer la limite de f en +∞.
(c) Dresser le tableau de variation de la fonction f .
2.(a) Montrer que la droite (D) d’équation y = x−1 est asymptote à la courbe (C) au voisinage
de +∞.
(b) Étudier la position de la courbe (C) par rapport à la droite (D).
(c) Tracer l’asymptote (D) et la courbe (C).
(d) Calculer
Z 2
e−xdx et en déduire l’aire A, en cm2 , de la portion du plan délimitée par la
0
courbe C, la droite (D) et les droites d’équation x = 0 et x = 2. On donnera la valeur
exacte puis la valeur décimale arrondie au centième de l’aire A.
Théorème 2.9
Sous les conditions de Cauchy-Lipschitz local dans le cas autonome, pour tout x0 ∈ Ω il existe
un unique intervalle ouvert Ix0
Définition 2.10
rd
On appelle flot (ou parfois flot réduit) d’un champ de vecteurs X l’application, définie sur une
partie ΩX de R × M et à valeurs dans M , notée (t, x) −→ ψX (t, x), ayant les propriétés suivantes.
Pour tout x ∈ M , IX (x) = {t ∈ R; (t, x) ∈ ΩX } est l’intervalle ouvert (toujours non vide car
Ce module de cours est sous licence GFDL
contenant 0) sur lequel est définie la solution maximale de l’équation différentielle associée à X
qui prend la valeur x pour t = 0, et cette solution maximale est t −→ ψX (t, x).
La suite du cours s’appuie sur des chapitres du livre de Jean-Louis Pac, Systèmes Dynamiques :
cours et exercices corrigés 2 è Edition Dunod ; de Luis Barreira et Claudia Valls, Théeorie des
rrdjeam
systèmes dynamiques : une introduction, Collection Enseignements Sciences Sup puis d’autres
notes de cours sur le web.
Nous abordons dans ce chapitre l’étude des équations différentielles les plus sim-
ples, les équations linéaires autonomes – aussi appelées équations linéaires à coef-
ficients constants – c’est-à-dire les équations de la forme
x′ (t) = Ax(t). (2.1)
Précisons les notations. La donnée A ∈ Mn (K) est une matrice carrée (n × n)
à coefficients dans K, où K = R ou C. L’inconnue est une application dérivable
x(·) : R → Kn . Résoudre l’équation (2.1) signifie trouver une application x(·) telle
que, pour tout t ∈ R, la dérivée x′ (t) = dx ′
dt (t) vérifie x (t) = Ax(t).
Cette équation est dite autonome parce que la donnée A ∈ Mn (K) ne dépend pas
du temps. Le cas plus général où la donnée est une fonction A(t) du temps sera
traité dans le chapitre 3.
C’est un système très simple puisque les fonctions x1 (t) et x2 (t) sont découplées.
La solution de ce système est bien évidemment
avec x = (x1 , . . . , xn ). Nous verrons dans la section suivante que la matrice diago-
nale ci-dessus est l’exponentielle de la matrice ∆ et nous la noterons donc e(t−t0 )∆ .
Ainsi, pour les équations différentielles de la forme (2.2), nous avons une con-
naissance parfaite des solutions. Nous sommes par exemple en mesure d’analyser
le comportement asymptotique des solutions en fonction de α1 , . . . , αn et de la
condition initiale x(t0 ) :
• si tous les αi sont strictement négatifs, toute solution x(t) converge vers
l’origine quand t → +∞;
26
2.2 Exponentielle de matrices
• si tous les αi sont négatifs ou nuls, toute solution x(t) est bornée quand t →
+∞;
• si au moins un des αi est strictement positif, alors limt→+∞ ∥x(t)∥ = +∞ pour
toute solution vérifiant xi (t0 ) ̸= 0;
• etc.
L’équation différentielle x′ (t) = ∆x(t) que nous venons de traiter est un cas très
particulier puisqu’il correspond à un système de n équations scalaires découplées.
Beaucoup d’équations différentielles linéaires peuvent cependant s’y ramener. Con-
sidérons en effet le système x′ (t) = Ax(t) avec A diagonalisable dans R : il existe
alors une matrice inversible P ∈ GLn (R) et une matrice diagonale ∆ ∈ Mn (R)
telles que A = P ∆P −1 .
Remarquons maintenant que, si x(t) vérifie x′ (t) = Ax(t), alors y(t) = P −1 x(t)
vérifie y ′ (t) = ∆y(t). Autrement dit, à un changement de coordonnées près,
l’équation différentielle est un système de n équations scalaires découplées. Con-
naissant y(t0 ) = P −1 x(t0 ), on obtient alors y(t) = e(t−t0 )∆ y(t0 ), et
On est donc encore capable de calculer les solutions de l’équation différentielle dans
ce cas. Plus important, on voit que le comportement asymptotique des solutions
est caractérisé par les éléments diagonaux de ∆, c’est-à-dire par les valeurs propres
de A.
En résumé, cette première approche élémentaire fait apparaı̂tre les points clés que
nous allons développer maintenant :
)∞ Ak
Notons que la série k=0 k! converge normalement. En effet,
27
2 Équations différentielles linéaires autonomes
∞
( ∞
(
∥Ak ∥ ∥A∥k
≤ = e∥A∥ < ∞,
k! k!
k=0 k=0
où on a choisi pour ∥ · ∥ une norme multiplicative sur Mn (K) (par exemple une
norme matricielle). L’application exponentielle est donc continue (elle est en fait
C ∞ , voir le corrigé de l’exercice 1.1, question 4.). Rappelons sans démonstration
ses propriétés principales.
Proposition 2.1.
1. Pour A ∈ Mn (K), l’application t (→ etA est dérivable et
d tA
e = AetA = etA A.
dt
2. Si A et B ∈ Mn (K) commutent, i.e. AB = BA, on a
x(t) = e(t−t0 )A x0 , ∀t ∈ R.
La fonction x(t) = e(t−t0 )A x0 est donc solution de x′ (t) = Ax(t), et x(t0 ) = x0 puisque e0A = I.
Pour montrer l’unicité de la solution, considérons une autre solution y(t) valant x0 en t0 et formons
le produit z(t) = e−(t−t0 )A y(t). En utilisant encore la proposition 2.1, on obtient
car A et etA commutent. Donc z(t) est une constante, et puisque z(t0 ) = x0 , on obtient y(t) =
e(t−t0 )A z(t0 ) = e(t−t0 )A x0 . ⊓
#
28
2.3 Calcul de l’exponentielle de matrices
Polynôme caractéristique.
Av = λi v
29
2 Équations différentielles linéaires autonomes
C’est l’ensemble des vecteurs propres associés à λi . L’entier ei = dim Πi est appelé
la multiplicité géométrique de la valeur propre λi .
Le deuxième est le sous-espace caractéristique :
Il est clair que Πi ⊂ Γi , mais ces deux espaces peuvent être différents. Le rôle des
espaces caractéristiques est précisé dans le résultat suivant.
Cn = Γ1 ⊕ · · · ⊕ Γr .
A|Γi = λi IΓi + Ni ,
30
2.3 Calcul de l’exponentielle de matrices
• L’opérateur Ni est défini comme Ni = (A−λi I)|Γi . Le fait que Ni soit nilpotent
d’ordre ≤ pi n’est donc rien d’autre que la définition de Γi . Il est en revanche
possible que l’ordre exact de nilpotence de Ni , c’est-à-dire le plus petit entier
mi ≤ pi tel que Nimi = 0, soit plus petit que pi . Dans ce cas, on a
Cn = Π1 ⊕ · · · ⊕ Πr .
P −1 AP = ∆ + N, (2.3)
où ∆ est la matrice diagonale ayant pour éléments diagonaux λ1 (p1 fois), . . . , λr
(pr fois), et N est une matrice nilpotente qui s’écrit par blocs comme
⎛ ⎞
N1
⎜ .. ⎟
N =⎝ . ⎠,
Nr
chaque bloc Ni étant nilpotent d’ordre ≤ pi . Il est en fait possible de choisir la base
B de façon à mettre la matrice nilpotente N sous une forme relativement simple
(voir par exemple [5]). On aboutit ainsi à la réduction de Jordan.
Théorème 2.4 (de Jordan). Pour toute matrice A ∈ Mn (C), il existe P ∈
GLn (C) telle que P −1 AP s’écrit sous forme de matrice diagonale par bloc
⎛ ⎞
J1
⎜ ⎟
P −1 AP = ⎝ . . . ⎠ , (2.4)
Jr
31
2 Équations différentielles linéaires autonomes
Remarque 2.1.
Calcul de l’exponentielle.
32
2.3 Calcul de l’exponentielle de matrices
⎛ n −1
⎞
t i,k
1 t . . . (ni,k −1)!
⎜ ⎟
⎜ .. .. .. ⎟
⎜ . . . ⎟
avec etJi,k = etλi ⎜ ⎟.
⎜ .. ⎟
⎝ . t ⎠
1
33
2 Équations différentielles linéaires autonomes
Remarque 2.2. Rappelons les liens qui existent entre les sous-espaces vectoriels
de Cn , qui sont des C-espaces vectoriels, et ceux de Rn , qui sont des R-espaces
vectoriels. On considère Rn comme un sous-ensemble de Cn et, pour un sous-espace
vectoriel Γ de Cn , on note Γ ∩ Rn l’ensemble des vecteurs v ∈ Γ qui sont réels. Il
est facile de vérifier qu’un tel ensemble Γ ∩ Rn est un sous-espace vectoriel de Rn .
De plus, si Γ est stable par conjugaison (i.e. v ∈ Γ ⇒ v̄ ∈ Γ ), alors Γ et Γ ∩Rn ont
même dimension en tant que sous-espaces respectivement de Cn et de Rn . En fait,
dans ce cas, Γ est l’ensemble des combinaisons linéaires à coefficients complexes
des éléments de Γ ∩ Rn ; en conséquence, toute base du R-espace vectoriel Γ ∩ Rn
est également une base du C-espace vectoriel Γ .
Ei = Γλi ∩ Rn , 1≤i≤s
n
Ei = (Γλi ⊕ Γλ̄i ) ∩ R , s + 1 ≤ i ≤ q.
Rn = E1 ⊕ · · · ⊕ Eq ,
Donner une forme réduite de Jordan de A ∈ Mn (R) consiste à trouver pour chaque
sous-espace caractéristique une base dans laquelle l’application linéaire associée à A
a une expression simple (c’est ce que nous avons fait pour les matrices à coefficients
complexes). Considérons donc un des sous-espaces caractéristiques réels Ek de A.
• Si λk est réelle, i.e. 1 ≤ k ≤ s : dans ce cas on a Ek = kerR (A − λk I)pk et la
restriction de A à Ek s’écrit simplement
On peut alors montrer comme dans le cas complexe que A|Ek est conjuguée au
bloc de Jordan Jk .
34
2.3 Calcul de l’exponentielle de matrices
en posant v0 = 0. Par conjugaison, il est clair que v̄1 , . . . , v̄pk est une base de
Γλ̄k . Pour j = 1, . . . , pk , posons vj = aj + ibj , avec aj , bj ∈ Rn . Les vecteurs
(a1 , b1 , . . . , apk , bpk ) forment alors une base de Ek . En effet, les aj = 21 (vj + v̄j )
et bj = 2i (v̄j − vj ) appartiennent à Γλk ⊕ Γλ̄k et l’engendrent en tant que C-
espace vectoriel puisqu’ils engendrent la base des vj , v̄j : ils forment donc une
famille génératrice à 2pk éléments du R-espace vectoriel Ek de dimension 2pk
éléments, c’est-à-dire une base.
De plus, en identifiant les parties réelles et imaginaires des deux membres de
l’expression
35
2 Équations différentielles linéaires autonomes
= cos(s)I2 + sin(s)B.
Grâce au calcul de l’exponentielle que nous venons d’effectuer, nous sommes main-
tenant en mesure de préciser le théorème 2.1. Donnons d’abord la forme de la
solution générale dans Cn .
Théorème 2.6. Soit A ∈ Mn (C). Toute solution de x′ (t) = Ax(t) dans Cn s’écrit
sous la forme
( + ( ,
tλi k
x(t) = e t vi,k , où vi,k ∈ Γi , (2.6)
1≤i≤r 0≤k≤mi −1
Démonstration. Toute solution de x′ (t) = Ax(t) s’écrit x(t) = etA x(0), le théorème résulte
donc directement de l’expression (2.5) de etA .
On peut aussi l’obtenir simplement à partir du théorème 2.3 de décomposition des noyaux. En
effet, dans la décomposition Cn = Γ1 ⊕· · ·⊕Γr , si le vecteur x(0) s’écrit comme x(0) = x01 +· · ·+x0r ,
36
2.4 Forme des solutions
alors x(t) = x1 (t) + · · · + xr (t), où xi (·) est la solution de x′ = Ax telle que xi (0) = x0i . Or les
sous-espaces Γi sont invariants par A, donc par etA , et A|Γi = λi IΓi + Ni . Pour i = 1, dots, r, on
a donc :
xi (t) = etA|Γi x0i = etλi IΓi +tNi x0i = etλi etNi x0i ,
% i −1 (tNi )k
d’après la proposition 2.1, puisque λi IΓi et Ni commutent. D’autre part etNi = m k=0 k!
où
mi est l’ordre de nilpotence de Ni (rappelons que mi = max1≤l≤ei dim(Ji,l ), voir la remarque 2.1).
On obtient ainsi
mi −1
& k Nik x0i
xi (t) = etλi t ,
k!
k=0
c’est-à-dire l’expression cherchée en posant
1 k 0
vi,k = N i xi .
k!
#
⊓
Remarque 2.3.
• Le terme en facteur de etλi est polynômial en t quand mi > 1, et constant quand
mi = 1. Rappelons que ce dernier cas a lieu si et seulement si les multiplicités
algébrique et géométrique de λi coı̈ncident.
• Il est également important de noter la dépendance de x(t) par rapport à la
condition initiale x(0) dans l’expression (2.6). Si x(0) s’écrit comme x(0) =
x01 + · · · + x0r dans la décomposition Cn = Γ1 ⊕ · · · ⊕ Γr , alors
1 k 0
vi,k = N xi ,
k!
où N est la matrice nilpotente de la décomposition (2.3) ∆ + N de P −1 AP .
En particulier, x0i = 0 si et seulement si tous les vecteurs vi,k sont nuls.
Considérons maintenant une matrice A à coefficients réels et une solution x(·) dans
Rn de x′ = Ax, dont la condition initiale est x(0) ∈ Rn . On peut bien entendu
considérer A comme une matrice à coefficients complexes et x(·) = x(·)+i 0 comme
la solution dans Cn de x′ = Ax ayant pour condition initiale x(0)+i 0. L’expression
de x(·) est donc donnée par la formule (2.6). Puisque cette solution est réelle, elle
est en fait égale à la partie réelle de la formule (2.6), la partie imaginaire devant
être nulle. On obtient ainsi la forme générale suivante pour les solutions de x′ = Ax
dans Rn .
Théorème 2.7. Soit A ∈ Mn (R). Toute solution de x′ (t) = Ax(t) dans Rn s’écrit
sous la forme
( + ( ,
tαi k
- .
x(t) = e t cos(βi t) ai,k + sin(βi t) bi,k , (2.7)
1≤i≤q 0≤k≤mi −1
37
2 Équations différentielles linéaires autonomes
Remarque 2.4. Comme dans le théorème 2.6, les vecteurs ai,k , bi,k dépendent
uniquement de la condition initiale x(0). Si x(0) s’écrit comme x(0) = x01 + · · · + x0q
dans Rn = E1 ⊕ · · · ⊕ Eq , alors x0i = 0 si et seulement si tous les vecteurs ai,k et
bi,k sont nuls.
Comportement asymptotique.
Les théorèmes 2.6 et 2.7 donnent toutes les informations que l’on peut souhaiter sur
l’équation différentielle, généralisant les résultats de la section 2.1 sur les équations
scalaires et les systèmes d’équations découplées. On constate en particulier que
le comportement quand t tend vers l’infini des solutions x(t) de x′ (t) = Ax(t)
dépend essentiellement des signes des parties réelles des valeurs propres λi de A.
Plus précisément, on peut décomposer le comportement des composantes de x(t)
sur chaque sous-espace caractéristique (on suppose ici A réelle) :
• si ℜe(λi ) < 0 la projection sur Ei de x(t) s’annule quand t tend vers +∞ et
croı̂t de façon au moins exponentielle en −∞;
• si ℜe(λi ) > 0, c’est l’inverse, la projection sur Ei de x(t) croı̂t de façon au
moins exponentielle en +∞ et s’annule quand t tend vers −∞;
• si ℜe(λi ) = 0, la composante sur Ei de x(t) croı̂t de façon polynômiale en ±∞
quand dim Πi < pi , et est bornée pour t ∈ R quand dim Πi = pi .
Il est commode de regrouper les sous-espaces caractéristiques en fonction du signe
de la partie réelle des valeurs propres correspondantes. Nous définissons ainsi, pour
A ∈ Mn (R), les sous-espaces vectoriels suivant de Rn :
/ 0 1 0
– l’espace stable : Es = Γi ∩ Rn = Ei ,
ℜe(λi )<0 ℜe(λi )<0
/ 0 1 0
u n
– l’espace instable : E = Γi ∩ R = Ei ,
ℜe(λi )>0 ℜe(λi )>0
/ 0 1 0
c n
– l’espace indifférent : E = Γi ∩ R = Ei .
ℜe(λi )=0 ℜe(λi )=0
1
« unstable » en anglais, d’où le ’u’ des notations E u et Γ u
2
« common » en anglais, d’où le ’c’ des notations E c et Γ c
38
2.4 Forme des solutions
et on a la décomposition Cn = Γ s ⊕ Γ u ⊕ Γ c .
D’après le théorème de décomposition des noyaux, ces espaces ont la particularité
d’être invariants par etA pour tout t ∈ R : etA E s ⊂ E s , etA E u ⊂ E u , etc. . . Ce qui
entraı̂ne que, si une solution x(·) de x′ (t) = Ax(t) vérifie par exemple x(0) ∈ E s ,
alors x(t) ∈ E s pour tout t; si x(0) ∈ E c , alors x(t) ∈ E c pour tout t, etc.
Les espaces stable, instable et indifférent correspondent chacun à un certain type
de comportement asymptotique des solutions. Nous résumons ces comportements
dans le théorème suivant, dont la démonstration est laissée en exercice (utiliser
soit la forme générale des solutions, soit directement la réduction de Jordan).
Théorème 2.8. Soit A une matrice (n × n) réelle (resp. complexe). Notons x(·)
les solutions dans Rn (resp. Cn ) de l’équation différentielle x′ (t) = Ax(t). Alors
• E s (resp. Γ s ) est l’ensemble des x(0) ∈ Rn (resp. x(0) ∈ Cn ) pour lesquels
lim ∥x(t)∥ = 0;
t→+∞
lim ∥x(t)∥ = 0;
t→−∞
Ce théorème est très important puisqu’il permet de faire le lien entre des es-
paces définis de façon purement algébrique (les E s , E u , etc), donc calculables, et
des ensembles de points ayant des propriétés dynamiques données. Pour obtenir
39
2 Équations différentielles linéaires autonomes
Corollaire 2.1. Toutes les solutions de x′ (t) = Ax(t) tendent vers 0 quand
t → +∞ si et seulement si toutes les valeurs propres de A ont une partie réelle
strictement négatives (c’est-à-dire E s = Rn ou Γ s = Cn ).
Remarque 2.6. Pour une équation différentielle x′ = Ax dans R2 , le signe des par-
ties réelles des valeurs propres se déduit directement des signes du déterminant et
de la trace de A. En effet, det A est le produit des valeurs propres et tr A est la
somme de leurs parties réelles. Ainsi, en notant λ1 et λ2 les valeurs propres de A :
• si det A < 0, λ1 et λ2 sont réelles et de signe opposé (elles ne peuvent être
complexes, car dans ce cas det A = |λ1 |2 );
• si det A > 0, λ1 et λ2 sont soit réelles et de même signe, soit complexes con-
juguées; dans les deux cas, les parties réelles de λ1 et λ2 sont de même signe,
qui est celui de tr A; notons que, si tr A = 0, λ1 et λ2 sont forcément complexes
conjuguées de partie réelle nulle;
• si det A = 0, une des valeurs propres est nulle, l’autre étant égale à tr A.
On peut donc obtenir directement les dimensions des espaces stables, instables et
indifférents en fonction des signes de la trace et du déterminant de A (voir aussi
l’exercice 2.2).
Nous dirons qu’une matrice A est hyperbolique si elle n’a aucune valeur propre
de partie réelle nulle. Pour une telle matrice, on a Γ c = {0}, c’est-à-dire que
Cn = Γ s ⊕ Γ u et Rn = E s ⊕ E u si A ∈ Mn (R).
La classe des matrices hyperboliques est d’un intérêt particulier puisqu’elle est
stable par perturbation.
40
2.4 Forme des solutions
∥F ∥ ≤ δ,
Remarque 2.7. Alors que la dépendance des espaces caractéristiques de A+F n’est
pas en général continue par rapport à F , celle des espaces stable et instable l’est.
Ce cas est en pratique très important, puisque l’ensemble des matrices de Mn (R)
diagonalisables dans C contient un ensemble ouvert et dense dans Mn (R). Autre-
ment dit, être diagonalisable dans C est une propriété générique sur Mn (R) (voir
la discussion de ce point dans [5, chap. 7]).
Considérons donc une telle matrice A. La forme générale des solutions de x′ =
Ax donnée par le théorème 2.7 se simplifie : tous les termes polynômiaux en t
disparaissent, seuls restent les termes exponentiels et trigonométriques.
41
2 Équations différentielles linéaires autonomes
Corollaire 2.2. Soit A ∈ Mn (R) une matrice diagonalisable dans C. Toute solu-
tion de x′ (t) = Ax(t) dans Rn s’écrit sous la forme
( - .
x(t) = etαj cos(βj t) aj + sin(βj t) bj ,
1≤j≤q
Corollaire 2.3. Soit A ∈ Mn (R) une matrice diagonalisable dans C. Notons x(·)
les solutions dans Rn de l’équation différentielle x′ (t) = Ax(t). Alors
• E s est l’ensemble des conditions initiales x(0) ∈ Rn correspondant à des solu-
tions x(t) qui tendent exponentiellement vers 0 quand t → +∞;
• E u est l’ensemble des conditions initiales x(0) ∈ Rn correspondant à des solu-
tions x(t) qui tendent exponentiellement vers 0 quand t → −∞;
• E c est l’ensemble des conditions initiales x(0) ∈ Rn correspondant à des solu-
tions x(t) périodiques, donc bornées sur R.
La seule différence par rapport au cas général concerne l’espace E c : alors que
dans le cas général le comportement asymptotique des solutions dans E c était
indéterminé (d’où le nom d’espace « indifférent »), on sait ici que toutes les solu-
tions dans E c sont bornées.
42
2.5 Exercices corrigés
2. Les valeurs propres sont solutions de PA (λ) = λ2 + 2αλ + ω02 = 0 où PA (λ) =
det(λI − A) est le polynôme caractéristique de A. On distingue donc 3 possibilités,
selon le signe du discriminant ∆ = α2 − ω02 :
√
(i) si ∆ > 0 : les valeurs propres sont λ± = −α ± ∆, toutes deux réelles et
distinctes (et négatives). La matrice A est donc diagonalisable dans R.
(ii) si ∆ = 0 : −α est valeur propre double. La matrice A ne peut pas être
diagonalisable, sinon elle serait égale à −αI car on aurait alors A = P (−αI)P −1 .
√
(iii) si ∆ < 0 : les valeurs propres sont µ± = −α ± i −∆, imaginaires conjuguées.
La matrice A est donc diagonalisable dans C mais pas dans R.
43
2 Équations différentielles linéaires autonomes
Les fonctions y1 (t) et y2 (t) sont donc monotones, tendent vers 0 quand t → +∞
et vers +∞ quand t → −∞. De plus √ :
0
• si y1 ̸= 0, alors y2 (t)/y1 (t) = e −2t ∆ → 0, donc l’axe Oy est asymptote pour
1
t → +∞;
• si y10 = 0, la trajectoire est contenue dans l’axe Oy2 , qui est alors asymptote
pour t → +∞.
Ces propriétés permettent de donner l’allure des solutions en tant que courbes
paramétrées de R2 , comme indiqué figure 2.1.
(b) 0 < α2 < ω02 . On est dans le cas 2.(iii) et nous allons utiliser le même
raisonnement que pour obtenir la réduction de Jordan réelle (voir page 34). Soit
w = a + ib ∈ C2 un vecteur propre non nul de A associé à µ+ . On sait que a
et b ∈ R2 sont linéairement indépendants (sinon a ou b serait un vecteur propre
réel associé à la valeur propre non réelle µ+ , ce qui est impossible). De plus, en
identifiant les parties réelles et imaginaires de l’expression Aw = µ+ w, on obtient
44
2.5 Exercices corrigés
y2 x2
y1
x1
Pour calculer etA , il suffit de remarquer que w = - a +√ib est aussi vecteur
√ propre
.
de etA associé à la valeur propre etµ+ = e−αt cos( −∆t) + i sin( −∆t) . Le
raisonnement ci-dessus s’applique donc aussi à etA et on obtient
+ , + -√ . -√ .,
−1 tA ℜe(etµ+ ) ℑm(etµ+ ) −αt cos -√−∆t . sin -√−∆t .
P e P = =e .
−ℑm(etµ+ ) ℜe(etµ+ ) − sin −∆t cos −∆t
x2
x1
45
2 Équations différentielles linéaires autonomes
(c) α = 0. On est à nouveau dans le cas 2.(iii). Comme au (b), la matrice A peut
se mettre sous la forme
+ ,
0 −ω0
A=P P −1 , P ∈ GLn (R).
ω0 0
Ainsi les courbes Y (t) décrivent des cercles, et les courbes X(t) = P Y (t) décrivent
des ellipses (voir figure 2.3).
4. Quand α2 = ω02 , on est dans le cas 2.(ii). Soient v ∈ R2 un vecteur propre non
nul de A (associé à −α) et w ∈ R2 tels que (v, w) forme une base de R2 . L’image de
w par A s’écrit Aw = βw + γv, avec γ ̸= 0 puisque w ne peut pas être un vecteur
propre. Quitte à remplacer v par v/γ, on peut de plus supposer γ = 1. D’autre
part on a forcément β = −α : en effet, d’après le théorème de Cayley-Hamilton,
PA (A) = (A + αI)2 = 0, d’où (A + αI)2 w = (β + α)2 w + (β + α)v = 0, ce qui
implique β = −α puisque v et w sont linéairement indépendants.
En notant P la matrice dont les vecteurs colonnes sont v et w, on obtient donc
+ ,
−α 1
A=P P −1 , P ∈ GLn (R).
0 −α
46
2.5 Exercices corrigés
Les fonctions y1 (t) et y2 (t) tendent vers 0 quand t → +∞, vers +∞ quand t →
−∞, mais y1 (t) n’est pas monotone. De plus :
• si y20 ̸= 0, alors, pour t suffisamment grand,
y2 (t) y0 1
= 0 2 0 ∼ →0
y1 (t) y1 + ty2 t
donc l’axe Oy1 est asymptote et les fonctions y1 et y2 ont même signe pour
t → +∞;
• si y20 = 0, la trajectoire est contenue dans l’axe Oy1 , qui est à nouveau asymp-
tote.
On obtient alors l’allure des solutions de la figure 2.4.
y1 x2
x1
y2
47
2 Équations différentielles linéaires autonomes
On a alors + ,
tA etλ1 0
e =P P −1 ,
0 etλ2
et l’allure des solutions dépend des signes respectifs de λ1 et λ2 . On a représenté
les différentes possibilités dans la figure 2.5, où E1 (resp. E2 ) est le sous-espace
caractéristique – ici égal au sous-espace propre – associé à la valeur propre λ1
(resp. λ2 ).
x2 x2
E1 E2 E1 E2
x2
E1 E2
x1 x1 x1
x2 x2 E2 = ker A
E1 E2 = ker A E1
x1 x1
λ 1 < λ2 = 0 0 = λ1 < λ2
48
2.5 Exercices corrigés
c’est-à-dire que etA est conjuguée à une matrice de similitude (homothétie multi-
pliée par rotation). L’allure des solutions dépend du signe de ρ. On a représenté
les différentes possibilités dans la figure 2.6, où les coordonnées y = (y1 , y2 ) sont
égales à P −1 x. Notez que le sens de rotation dans les coordonnées y est donné par
le signe de θ, les dessins de la figure 2.6 ayant été fait avec θ < 0 (d’où un sens de
rotation trigonométrique dans les coordonnées y).
x2 x2
y1 x2 y1 y2
y2 y1 y2
x1 x1 x1
(iii) Si les valeurs propres sont égales, λ1 = λ2 := λ, alors elles sont réelles, et il
existe P ∈ GL2 (R) telle que
+ ,
−1 λa
P AP = , a = 0 ou 1,
0λ
et donc, +2 ,3
tA 1 attλ
e =P e P −1 .
0 1
Les solutions peuvent avoir plusieurs formes différentes, représentées dans la figure
2.7, selon le signe de λ et la valeur de a :
• si a = 0 et λ ̸= 0, A est diagonalisable et s’écrit donc comme A = λI; les
solutions décrivent des demi-droites et tendent vers 0 ou s’en éloignent selon
le signe de λ;
• si a = 0 et λ = 0, A est la matrice nulle et les solutions sont toutes constantes;
49
2 Équations différentielles linéaires autonomes
x2 x2 x2
x1 x1 x1
λ < 0, a = 0 λ = 0, a = 0 λ > 0, a = 0
x2 x2
∆ x2 ∆
∆ = ker A
x1 x1
x1
λ < 0, a = 1 λ = 0, a = 1 λ > 0, a = 1
On exprimera α(t) et β(t) sous forme de séries entières, puis à l’aide de fonctions
élémentaires (distinguer des cas selon le signe de det B).
50
2.5 Exercices corrigés
x2 x2
∆ x2 x2
y1 x2 y1 y2 ∆
y2 y1 y2
x1 x1
x1 x1 x1
x2 x2
E1 E2 det A E1 E2
x1 x1
(trA)2
det A =
x2 4 E1
x2 E2 = ker A
E1 E2 = ker A
x1
x1
trA x2
x2 E1 E2
∆ = ker A
x1
x1
∞
( ∞
(
t2p t2p+1
α(t) = (− det(B))p et β(t) = (− det(B))p .
(2p)! (2p + 1)!
p=0 p=0
51
2 Équations différentielles linéaires autonomes
52
2.5 Exercices corrigés
Déterminer, selon les valeurs du paramètre réel a, si l’une des propriétés suivantes
est vérifiée :
(i) toutes les solutions tendent vers 0 quand t → +∞;
(ii) toutes les solutions sont bornées pour t ≥ 0.
En conclusion, (i) n’est jamais vérifiée, et (ii) est vérifiée si et seulement si a > 0.
1. Vérifier que cette équation est équivalente à une équation différentielle scalaire
du troisième ordre.
53
2 Équations différentielles linéaires autonomes
2. Trouver les valeurs propres de la matrice (c’est plus facile qu’on ne pourrait
croire).
3. Pour quelles valeurs de (α, β) la matrice est-elle diagonalisable dans R? (on
montrera que tout sous-espace propre est de dimension 1).
4. Pour les quatre valeurs (±1, ±1) de (α, β), donner la dimension de l’espace des
conditions initiales amenant vers 0 quand t → +∞ (resp. t → −∞), puis la forme
des solutions.
Corrigé de l’exercice 2.4.
1. En posant X = (x, y, z), l’équation s’écrit
x′ = y, x′′ = y ′ = z, x′′′ = z ′ = αβx − (α + β + αβ)x′ + (α + β + 1)x′′ .
2. Le polynôme caractéristique de la matrice est λ3 − (α + β + 1)λ2 + (α + β +
αβ)λ − αβ. Les valeurs propres sont donc 1, α, β (remarquer d’abord que 1 est
valeur propre).
3. Si 1 ̸= α ̸= β ̸= 1 : la matrice est diagonalisable puisque ses valeurs propres
α, β, 1 sont 2 à 2 distinctes.
Si α = β ou α = 1 ou β = 1 : l’une des valeurs propres λ est de multiplicité p
supérieure à 1 (i.e. p = 2 ou 3). Dans ce cas, la matrice est diagonalisable si et
seulement si le sous-espace propre associé ker(A − λI) est de dimension p. Or les
deux premières lignes de A − λI sont toujours linéairement indépendantes puisque
⎛ ⎞
−λ 1 0
A − λI = ⎝ 0 −λ 1⎠ ;
∗ ∗ ∗
ainsi ker(A−λI) est de dimension ≤ 1, et la matrice ne peut pas être diagonalisable
(voir aussi la remarque B.1).
4. Rappelons que l’espace des conditions initiales amenant vers 0 quand t → +∞
(resp. t → −∞) est le sous-espace stable E s (resp. instable E u ), qui est la somme
des sous-espaces caractéristiques correspondant aux valeurs propres de partie réelle
< 0 (resp. > 0). Ici, vu les valeurs de (α, β), on a E s = E−1 , E u = E1 et E s ⊕E u =
R3 .
• Si (α, β) = (1, 1) : E u = E1 = R3 est de dimension 3. Pour toute solution
de l’équation différentielle, toutes les coordonnées tendent vers +∞, mais pas
forcément de façon monotone. En effet, comme le sous-espace propre associé à
1 est de dimension 1, la matrice est semblable à sa forme de Jordan,
⎛ ⎞
110
J = ⎝0 1 1⎠ ,
001
54
2.5 Exercices corrigés
Exercice 2.5. Soit A ∈ Mn (R). Montrer que les deux propriétés suivantes sont
équivalentes :
(i) A est conjuguée à une matrice antisymétrique;
(ii) toutes les solutions x(·) de x′ = Ax sont bornées sur R.
d
(∥x(t)∥2 ) = x′ (t)T x(t) + x(t)T x′ (t) = x(t)T AT x(t) + x(t)T Ax(t) = 0.
dt
Supposons maintenant que A = P −1 BP , avec B antisymétrique. Alors, pour
toute solution x(t) de x′ = Ax, la fonction y(t) = P x(t) est solution de y ′ = By.
La norme de y(t) est donc constante et ∥x(t)∥ = ∥P −1 y(t)∥ est bornée.
(ii) ⇒ (i) Si toutes les solutions de x′ = Ax sont bornées sur R, alors, vue la forme
générale des solutions, toutes les valeurs propres de A sont de partie réelle nulle
et leurs multiplicités algébrique et géométrique coı̈ncident (en particulier, A
est diagonalisable dans C). Sa forme réduite de Jordan réelle Q−1 AQ, avec
Q ∈ GLn (R), s’écrit sous forme d’une matrice diagonale par bloc J, d’éléments
diagonaux J1 , . . . , Js , où chaque Jj est soit une matrice carrée nulle, soit de la
forme + ,
0 −βj
,
βj 0
±iβj étant valeurs propres de A. Ainsi Q−1 AQ est antisymétrique.
Notez que l’on peut retrouver ce résultat sans faire appel aux formes de Jordan
réelles en procédant comme à l’exercice 2.1, question 3 (b).
[A, B] = AB − BA.
55
2 Équations différentielles linéaires autonomes
φ′ (t) = etA AetB e−t(A+B) + etA etB Be−t(A+B) − etA etB (A + B)e−t(A+B)
- .
= etA AetB e−t(A+B) − etB Ae−t(A+B)
- .
= etA A − etB Ae−tB e−tA φ(t),
d’où le résultat.
3. a) Soit ψ(t) = A − etB Ae−tB . Alors
56
2.5 Exercices corrigés
V ′ = E1 + E2 V + V E3 V, (2.9)
1. La fonction U (t) est bien définie sur J puisque Y (t) est inversible, et y est de
plus dérivable. Sa dérivée est
U ′ = X ′ Y −1 − XY −1 Y ′ Y −1 = AU + B − U CU − U D.
57
2 Équations différentielles linéaires autonomes
!
X ′ = E2 X + E1 Y,
Y ′ = −E3 X,
et si Y (t) est inversible sur un intervalle J, alors V = XY −1 est solution de
l’équation (2.9). Pour une matrice V0 donnée, choisissons par exemple la solution
X(·), Y (·) telle que
X(0) = V0 , Y (0) = I.
Par continuité, la fonction Y (·) ainsi obtenue sera inversible sur un voisinage J de
0 et V = XY −1 sera la solution de l’équation (2.9) sur J vérifiant V (0) = V0 .
58
4
Théorie générale des équations différentielles
• un ensemble ouvert Ω ⊂ Rn ;
• une application continue f : Ω → Rn (les résultats que nous allons présenter
restent valables quand on remplace Rn par n’importe quel espace vectoriel de
dimension finie, par exemple Cn ou Mn (R)).
- .
x′ (t) = f t, x(t) , t ∈ J ⊂ R, (4.1)
L’inconvénient de cette approche est que le temps t est considéré avec le même
statut que l’état x, on suppose donc pour f la même régularité par rapport à t que
par rapport à x; or ce n’est généralement pas nécessaire (voir remarque 4.2 plus
loin).
82
4.1 Existence et unicité
◃ Définissons E comme étant l’ensemble des fonctions x(·) continues sur ]t0 − δ, t0 + δ[ à valeurs
dans B(x0 , α) et telles que x(t0 ) = x0 . Muni de la norme ∥ · ∥C 0 , c’est un espace complet.
L’application : ) .
' ( ' (
Φ x(·) = x0 + f x(s) ds,
t0
1
Cette application est en outre 2
-lipschitzienne puisque, pour t ∈]t0 − δ, t0 + δ[,
ce qui contredit δ ≤ α/M . Toute solution de (4.2) sur ]t0 − δ, t0 + δ[ est donc à valeurs dans
B(x0 , α), ce qui montre le théorème. #
⊓
83
4 Théorie générale des équations différentielles
admet toujours une solution. En revanche, l’unicité n’est pas garantie. Par exemple
le problème de Cauchy
! ′ 4
y (t) = |y(t)|,
y ∈ R,
y(0) = 0,
admet comme solutions les fonctions y1 (t) = 0 et y2 (t) = t|t| 4 . Il en admet même
une infinité puisque, pour tout a ≥ 0, la fonction y a (·) définie par
84
4.2 Solutions maximales et durée de vie
considérer comme solutions différentes la même fonction prise sur des sous-
intervalles, nous chercherons à associer à une fonction un unique intervalle, le
plus grand, sur lequel elle est solution : c’est la notion de solution maximale.
• Si on choisit l’intervalle I le plus grand possible, peut-on le prendre égal à R
tout entier? Si ce n’est pas le cas, que se passe-t-il pour la solution? et quelle
est la forme de I? C’est le problème de la durée de vie des solutions.
Solutions maximales
Définition 4.1. On dit qu’une solution x(·) : I → Ω de (4.3) est une solution
maximale si elle n’a pas de prolongement à un intervalle strictement plus grand,
c’est-à-dire si elle n’est pas la restriction à I d’une solution définie sur un intervalle
I ′ " I.
Nous allons montrer qu’il existe une unique solution maximale de l’équation (4.3)
satisfaisant une condition initiale donnée. Nous avons besoin pour cela d’un
résultat d’unicité globale.
Proposition 4.1. Si x(·) et y(·) : I → Ω sont deux solutions de (4.3) définies sur
le même intervalle I qui coı̈ncident en un point t0 ∈ I, alors elles sont égales.
Démonstration. Considérons d’abord le supremum des instants où les solutions coı̈ncident :
Par l’absurde, supposons t+ < sup I. Les solutions étant continues, on a x(t+ ) = y(t+ ). En appli-
quant le théorème de Cauchy-Lipschitz au couple (t+ , x(t+ )), on obtient que les deux solutions
sont encore égales sur un intervalle [t+ , t+ + δ[, ce qui contredit la définition même de t+ . Donc
t+ = sup I. Le même argument vaut pour l’infimum des instants où les deux solutions coı̈ncident.
#
⊓
Théorème 4.2. Pour toute donnée initiale (t0 , x0 ) ∈ R × Ω, il existe une unique
solution maximale x(·) : ]t− , t+ [ → Ω de (4.3) satisfaisant x(t0 ) = x0 . Tout autre
solution satisfaisant cette condition initiale est une restriction de x(·) à un sous-
intervalle de ]t− , t+ [.
Démonstration. Soit I la réunion de tous les intervalles contenant t0 sur lesquels le système
* ′ ' (
x (t) = f x(t) ,
(4.2)
x(t0 ) = x0 ,
admet une solution. D’après le théorème de Cauchy-Lipschitz, cette réunion est un intervalle
ouvert, c’est-à-dire de la forme I = ]t− , t+ [. Pour tout t ∈ ]t− , t+ [, définissons x(t) comme la
valeur en t de n’importe quelle solution de (4.2) définie sur [t0 , t]. La proposition précédente
montre que la fonction x(·) : ]t− , t+ [ → Ω ainsi définie est bien solution de (4.2). De plus, par
construction, c’est un prolongement de toute autre solution. #
⊓
85
4 Théorie générale des équations différentielles
Remarque 4.3. Insistons sur le fait que l’intervalle de définition d’une solution
maxi-male est toujours un intervalle ouvert ]t− , t+ [. Les bornes t+ et t− de
l’intervalle maximal sont des fonctions de (t0 , x0 ) qui prennent leurs valeurs dans
R : t+ peut être soit un réel, soit +∞, alors que t− peut être soit un réel, soit −∞.
Dans tous les cas, on a t− < t0 < t+ .
Durée de vie
Exemple 4.1. Considérons l’équation y ′ (t) = y 2 (t) dans R, dont la solution valant
y0 en t0 est
y0
y(t) = .
(t − t0 )y0 + 1
1
L’intervalle maximal de définition de cette solution est ]t0 − y0 , +∞[ si y0 > 0,
] − ∞, t0 − y10 [ si y0 < 0, et R tout entier si y0 = 0.
Exemple 4.2. Considérons l’équation y ′ (t) = y(t) dans ]0, 1[, dont la solution valant
y0 ∈ ]0, 1[ en t0 est
y(t) = et−t0 y0 .
L’intervalle maximal de définition de cette solution est ] − ∞, t0 − log y0 [.
L’idée générale est que, si une solution ne peut être prolongée sur tout R, c’est
qu’elle s’approche en temps fini du bord de l’ensemble Ω. Formalisons cette idée
pour la borne supérieure t+ de l’intervalle (les résultats pour t− sont similaires).
Proposition 4.2. Soit x(·) : ]t− , t+ [ → Ω une solution maximale de (4.3). Alors,
si t+ < +∞, x(t) sort de tout compact contenu dans Ω, c’est-à-dire que pour tout
compact K ⊂ Ω, il existe un temps tK ∈]t− , t+ [ tel que x(tK ) ̸∈ K.
*Démonstration. Soit K un compact contenu dans Ω. Supposons par l’absurde que x(]t− , t+ [)
soit inclus dans K. Le champ f étant continu sur Ω, sa norme admet une borne M ≥ 0 sur K;
en particulier,
∥f (x(t))∥ ≤ M ∀t ∈]t− , t+ [.
Ainsi pour toute paire t, t′ ∈]t− , t+ [, on a :
) t′
∥x(t′ ) − x(t)∥ = ∥ f (x(s))ds∥ ≤ M |t′ − t|,
t
ce qui implique par le critère de Cauchy que x(t) a une limite x+ quand t → t+ . Appliquons alors
le théorème 4.1 en (x+ , t+ ) : on obtient une solution x̄(·) de l’équation différentielle définie sur
un intervalle ]t+ − δ, t+ + δ[ et telle que x̄(t+ ) = x+ . Par conséquent la fonction y(·) définie par :
86
4.2 Solutions maximales et durée de vie
*
y(t) = x(t) si t ∈]t− , t+ [ ,
y(t) = x̄(t) si t ∈ [t+ , t+ + δ[ ,
est continue et solution de l’équation différentielle. C’est donc un prolongement de x(·), ce qui
contredit le fait que x(·) soit une solution maximale. #
⊓
87
4 Théorie générale des équations différentielles
+t
Démonstration. Posons V (t) = t0
u(s)v(s)ds, qui est une fonction C 1 . Sa dérivée satisfait
Intégrons entre t0 et t :
! ! !t
− tt v(s)ds − tt v(s)ds t0 v(s)ds
V (t)e 0 ≤ C − Ce 0 ⇒ V (t) ≤ Ce − C.
et donc, en appliquant le lemme de Gronwall, ∥x(t)∥ ≤ (∥x(t0 )∥ + β(t+ − t0 ))eα(t+ −t0 ) . Ainsi
∥x(t)∥ est borné sur [t0 , t+ [, ce qui contredit le fait que ∥x(t)∥ → ∞ quand t → t+ . #
⊓
88
4.3 Flots, portraits de phase
Ainsi le temps n’a pas de rôle intrinsèque ici et on pourra se limiter aux données
initiales en t = 0. Pour un point x ∈ Ω, notons φ(·, x) la solution maximale de (4.3)
valant x en t = 0 et Ix = ]t− , t+ [ son intervalle de définition. Autrement dit, φ(·, x)
est la solution du système
9∂ - .
∂t φ(t, x) = f φ(t, x) ,
∀t ∈ Ix .
φ(0, x) = x,
Par définition, l’application partielle à x fixé, t (→ φ(t, x), est une solution maxi-
male de l’équation. Pour une étude qualitative de l’équation différentielle, il est
important d’étudier plutôt l’autre application partielle, φt : x (→ φ(t, x), pour t
fixé. De façon imagée, φt (x) est la position à l’instant t d’un corps transporté par
l’équation différentielle qui se trouvait à la position x en t = 0.
Exemple 4.3. Si f est linéaire, i.e. f (x) = Ax, A ∈ Mn (R), le flot est donné par
l’exponentielle de A :
Remarque 4.4. La formule du flot peut aussi se lire de la façon suivante : si x(·)
est une solution de (4.3), alors
- .
x(t) = φt−t0 x(t0 )
89
4 Théorie générale des équations différentielles
D = {(t, x) ∈ R × Ω : t ∈ Ix }.
Définition 4.4. On appelle orbite d’un point x0 ∈ Ω (ou trajectoire passant par
x0 ) l’ensemble
Ox0 = {φt (x0 ) : t ∈ Ix0 }.
Autrement dit, l’orbite de x0 est la courbe tracée sur Rn par la solution maximale
de l’équation (4.3) passant par x0 en t = 0.
La propriété d’invariance par translation du temps implique que, pour tout point
x ∈ Ox0 , on a Ox = Ox0 . En effet, dans ce cas, il existe un instant t0 tel que
x = φt0 (x0 ). Tout point y de Ox s’écrit alors y = φt (x) = φt+t0 (x0 ), c’est-à-dire
y ∈ Ox0 . En particulier, ceci implique que deux orbites distinctes ne peuvent pas
se croiser. Chaque point de Ω appartient donc à une et une seule orbite.
La partition de Ω en orbites s’appelle le portrait de phase du champ de vecteurs.
On y trouve trois sortes d’orbites :
• des points, i.e. Ox0 = {x0 } : un tel point vérifie nécessairement f (x0 ) = 0.
C’est ce que l’on appelle un point d’équilibre (voir le chapitre 5).
• des courbes fermées : il existe alors un point x dans l’orbite et un temps T > 0
tels que φT (x) = x. Ceci implique φt+T (x) = φt (x) pour tout t ∈ R, c’est-à-
dire que la solution maximale φ(·, x) est T -périodique. On parlera dans ce cas
d’orbite périodique.
90
4.4 Linéarisation et perturbation du flot
• des courbes ouvertes : il n’y a alors aucun point double, i.e. si t ̸= s, alors
φt (x) ̸= φs (x).
x2 x2
E1 E2 E1 E2
x2
E1 E2
x1 x1 x1
λ 1 < 0 < λ2
x2 x2 E2 = ker A
E1 E2 = ker A E1
x1 x1
0 = λ1 < λ2
λ 1 < λ2 = 0
Dans la pratique, on n’a quasiment jamais une connaissance exacte des conditions
initiales (ni de l’équation elle-même, en fait). Il est donc primordial de savoir
91
4 Théorie générale des équations différentielles
Théorème 4.3. Soit x̄(·) une solution de l’équation (4.3) définie sur un intervalle
[0, T ]. Il existe alors un voisinage V ⊂ Ω de v = x̄(0) tel que, pour tout v ∈
V, l’équation (4.3) admet une unique solution xv (·) définie sur [0, T ] et vérifiant
xv (0) = v.
De plus, l’application v (→ xv (·) est de classe C 1 sur V et sa différentielle en v est
l’application qui à δv ∈ Rn associe la solution de
! ′ - .
y (t) = Df x̄(t) · y(t),
t ∈ [0, T ].
y(0) = δv,
1 1
qui est une application C' puisque ( f est de classe C . Nous voulons appliquer le théorème des
' fonc-(
tions implicites à Φ en x̄(·), v . Pour cela, nous devons vérifier que l’application Dx(·) Φ x̄(·), v
est inversible dans C 1 ([0, T ], Rn ). Calculons cette différentielle :
) .
' ( ' (
Dx(·) Φ x̄(·), v · δx(·) = δx(·) − Df x̄(s) · δx(s) ds. (4.4)
0
) .
' (
δx(·) − Df x̄(s) · δx(s) ds = y(·).
0
92
4.4 Linéarisation et perturbation du flot
Or l’équation différentielle ci-dessus est affine. Nous savons donc que (4.5) admet toujours une
unique solution sur ]0, T [ qui est de plus dans C 1 ([0, T ], Rn ). Le théorème des fonctions implicites
nous dit alors qu’il existe un voisinage V de v dans Ω et une application ψ : V → F tels que, pour
tout v ∈ V, ' (
Φ ψ(v), v = 0,
c’est-à-dire que ψ(v) est solution de l’équation (4.3) et vérifie xv (0) = v. Ceci montre la première
partie du théorème.
◃ Toujours d’après le théorème des fonctions implicites, l’application ψ est de classe C 1 et sa
différentielle en v est , ' (-−1 ' (
− Dx(·) Φ x̄(·), v ◦ Dv Φ x̄(·), v .
' (
Comme' Dv Φ(x̄(·), v · δv = −δv, on obtient, en utilisant à nouveau l’expression (4.4) de
Dx(·) Φ x̄(·), v , que Dψ(v) · δv est la solution de (4.5) avec y(·) ≡ δv, c’est-à-dire que Dψ(v) · δv
est la solution de
(δx)′ (t) = Df x̄(t) · δx(t),
* ' (
δx(0) = δv,
ce qui montre la seconde partie du théorème. #
⊓
v xv (·)
φt(v) = xv (t)
V φt
φt(V)
Cette propriété est très importante pour l’étude du flot et de sa dépendance par
rapport aux conditions initiales : en effet, φ et φt étant définies sur des ouverts, il
est maintenant possible d’étudier leur continuité et leur différentiabilité.
93
4 Théorie générale des équations différentielles
D = {(t, v) ∈ R × Ω : t ∈ Iv }.
Soit (t, v) ∈ D. Puisque l’intervalle maximal Iv est ouvert (théorème 4.2), la solution maximale
φ(·, v) est définie sur un intervalle [0, T ] ⊂ Iv contenant t. Le théorème 4.3 implique alors que,
pour tout v dans un voisinage V de v, on a encore [0, T ] ⊂ Iv , c’est-à-dire que l’ensemble ]0, T [×V,
qui est un voisinage de (t, v) dans R × Ω, est inclus dans D. #
⊓
b. Dépendance continue
L’application v (→ xv (·) définie dans le théorème 4.3 est l’application qui à une con-
dition initiale dans V associe la solution correspondante de l’équation différentielle
sur [0, T ]. Cette application étant C 1 , elle est en particulier continue :
les solutions de l’équation différentielle (4.3) dépendent de façon continue de leur
condition initiale.
C’est une propriété essentielle : en effet elle signifie, grosso modo, que la solution
calculée à partir d’une approximation de la condition initiale est une approximation
de la vraie solution. Ceci justifie l’utilisation des équations différentielles dans
la modélisation de phénomènes réels, où l’on ne dispose que d’une connaissance
approximative des données, et de méthodes numériques pour les résoudre.
Notons que la dépendance continue peut également s’obtenir à partir d’une estima-
tion de la divergence des solutions, qui résulte du lemme de Gronwall (lemme 4.1).
Lemme 4.2. Si, pour tout x ∈ Ω, la norme de Df (x) est majorée par une con-
stante K > 0, alors pour tout couple v, v dans Ω,
c. Équation linéarisée
94
4.4 Linéarisation et perturbation du flot
φt(v + δv)
v + δv xv+δv (·)
δx(·) Dφt(v) · δv + o(δv)
δv
v x(·) φt(v)
V
φt(V)
95
4 Théorie générale des équations différentielles
initiale et écrivons la solution correspondante, xv+δv (·), sous la forme d’une per-
turbation x̄(·) + δx(·) de la solution d’origine (voir figure 4.3). Cette perturbation
étant une solution, elle doit satisfaire l’équation différentielle :
- .
x̄′ (t) + (δx)′ (t) = f x̄(t) + δx(t) , t ∈ [0, T ].
L’équation linéarisée indique donc comment se propage au cours du temps une per-
turbation de la condition initiale. Bien entendu ce qui précède n’est pas un raison-
nement rigoureux (les restes posent évidemment quelques problèmes!), seulement
une heuristique.
Remarque 4.6. L’équation linéarisée est en général une équation linéaire non-
autonome, on ne sait donc pas a priori calculer ses solutions. Cependant, si v est
un point d’équilibre, la solution maximale x̄(·) = φ(·, v) est la fonction constante
x̄(·) ≡ v, définie sur tout R, et dans ce cas l’équation linéarisée est autonome :
∂f1 ∂fn
div f (x) = (x) + · · · + (x) = tr Df (x).
∂x1 ∂xn
Considérons alors un temps t et un domaine Γ de Rn , supposé inclus dans le
domaine de définition de φt . Notons Γt = φt (Γ ) le transport de Γ de 0 à t
par l’équation (4.3). En utilisant la formule de changement de variable dans les
intégrales multiples, on obtient
96
4.4 Linéarisation et perturbation du flot
8 8
vol(Γt ) = dµ = | det Dφt (x)|dµ,
φt (Γ ) Γ
où, d’après le corollaire 4.3, Dφt (x) est la résolvante de l’équation linéarisée.
Supposons maintenant que div f (x) = tr Df (x) ≡ 0. Le théorème de Liouville
(corollaire 3.1) implique que le déterminant de la résolvante du linéarisé est égal à
1, et donc que det Dφt (x) = 1. On a alors vol(Γt ) = vol(Γ ) :
si f est un champ de divergence nulle, le flot de f préserve le volume.
97
4 Théorie générale des équations différentielles
*Application de Poincaré
Supposons que l’équation (4.3) admette une solution T -périodique non triviale x(·)
et notons x(0) = x0 . Traçons un hyperplan affine Σ passant par x0 et transverse
à x(·) en x0 , c’est-à-dire que f (x0 ) n’est pas parallèle à Σ (notez que f (x0 ) ̸= 0
puisque x(·) est non triviale). Quitte à faire un changement linéaire de coordonnées,
on suppose que f (x0 ) = e1 et que Σ est l’hyperplan affine passant par x0 parallèle
à Vect{e2 , . . . , en }, où e1 , . . . , en désignent comme d’habitude les vecteurs de la
base canonique de Rn .
Proposition 4.6. Il existe des voisinages V1 , V2 ⊂ Rn de x0 et une fonction η
de classe C 1 tels que, pour tout z dans Σ ∩ V1 , φT +η(z) (z) appartient à Σ ∩ V2 .
L’application G : Σ ∩ V1 → Σ ∩ V2 ainsi définie est un C 1 -difféomorphisme : c’est
l’application de premier retour de Poincaré.
On a en outre, pour tout (δs, δz) ∈ R × Rn−1 ,
+ , + , + ,
δs 1 ∗ δs
DφT (x0 ) · = · . (4.8)
δz 0 Dz G(x0 ) δz
Démonstration. Quitte à faire une translation sur les coordonnées, on suppose x0 = 0, et par
conséquent Σ = Vect{e2 , . . . , en }. Appelons p1 : Rn → Re1 la projection sur Re1 parallèlement
à Σ et p̃ : Rn → Σ la projection complémentaire sur Σ. Ainsi, Σ coı̈ncide avec l’ensemble des
x ∈ Rn tels que p1 (x) = 0.
◃ Soit φ le flot du champ de vecteurs f (voir définition 4.3). On ' cherche
( les trajectoires qui
coupent l’hyperplan Σ, c’est-à-dire les couples (t, x) tels que p1 φ(t, x) = 0. Or l’application
p1 ◦ φ est de classe C 1 , p1 ◦ φ(T, x0 ) = 0 et
∂(p1 ◦ φ) ' ∂φ ( ' ( ' (
(T, x0 ) = p1 (T, x0 ) = p1 f (x(T ) = p1 f (x0 ) ̸= 0.
∂t ∂t
Les hypothèses du théorème des fonctions implicites sont satisfaites : il existe donc un voisinage
V ⊂ Rn de x0 et une fonction η : V → R telle que φ(T + η(z), z) ∈ Σ pour z ∈ V. On peut donc
définir l’application de Poincaré G : Σ ∩ V → Σ par G(z) = p̃ ◦ φ(T + η(z), z) pour tout z ∈ Σ ∩ V.
◃ Commençons par montrer que la différentielle du flot DφT (x0 ) = Dx φ(T, ' x(0 ) est de la forme
annoncée. Remarquons que, la solution x(·) étant T -périodique, on a φT x(t) = x(t) pour tout
t. En dérivant par rapport à t puis en prenant la valeur en t = 0, on obtient
DφT (x0 ) · f (x0 ) = f (x0 ).
Ainsi f (x0 ) = e1 est vecteur propre de DφT (x0 ) associé à la valeur propre 1 et
# $ # ' ($ # $
δs 1 p1' Dz φ(T, x0 )( δs
DφT (x0 ) · = · .
δz 0 p̃ Dz φ(T, x0 ) δz
Or la différentielle de G en x0 est l’application linéaire :
, ' ( -
δz ∈ Σ .→ Dz G(x0 ) · δz = p̃ Dt φ(T, x0 ) · Dη(x0 ) · δz + Dz φ(T, x0 ) · δz .
' (
Dans cette expression, Dη(x0 ) · δz est un réel et le vecteur
' ( ' ( ∂φ ' (
Dt φ(T, x0 ) · Dη(x0 ) · δz = Dη(x0 ) · δz (T, x0 ) = Dη(x0 ) · δz f (x0 ),
∂t
' (
est annulé par p̃. On en déduit que Dz G(x0 ) = p̃ Dz φ(T, x0 ) , d’où l’expression (4.8) de DφT (x0 ).
98
4.5 Exercices corrigés
◃ Il reste à montrer que G est un C 1 -difféomorphisme entre des voisinages de x0 (définition 1.4).
Le flot φT étant lui-même un C 1 -difféomorphisme, sa différentielle DφT (x0 ) est inversible. Il
résulte alors de l’expression (4.8) que Dz G(x0 ) est également inversible. Par conséquent le
théorème d’inversion locale s’applique à G en x0 et permet de conclure. #
⊓
A Ω
2. Montrer que toute solution maximale de (4.9) issue d’un point de Ω est définie
sur tout R.
99
4 Théorie générale des équations différentielles
3. Que peut-on dire sur l’intervalle de définition d’une solution issue d’un point v
de γ (plusieurs possibilités selon la position de v)?
4. Considérons maintenant l’équation différentielle
9 ′ - .
x = 2y + C(x, y) − 32 y,
- . (4.10)
y ′ = −3x2 − 12x + C(x, y) − 32 x.
Que peut-on dire sur la durée de vie des solutions issues d’un point de γ? Et de
celles issues d’un point de Ω? (Indication : remarquer que C(x, y) = 32 sur γ).
5. Question subsidiaire : dessiner le portrait de phase de l’équation (4.9), en
identifiant les différents types d’orbites.
1. Il faut montrer que, pour toute solution (x(t), y(t)) de l’équation (4.9), la fonc-
tion t (→ C(x(t), y(t)) est constante. Or
d
C(x(t), y(t)) = 3x2 x′ + 12xx′ + 2yy ′ .
dt
En remplaçant x′ et y ′ par les valeurs données dans l’équation (4.9), on obtient
d
bien dt C(x(t), y(t)) = 0.
2. Toute solution est incluse dans une courbe de niveau de C. Les courbes de
niveau dans Ω étant compactes, les solutions sont définies sur tout R.
3. Soit Xv (·) = (xv (·), yv (·)) la solution issue d’un point v ∈ γ. On sait déjà que
toutes les valeurs de Xv (·) sont contenues dans γ. Remarquons alors que γ est
composée de 4 parties : l’équilibre A = (−4, 0), la boucle γc à droite de l’équilibre,
et les deux branches γ− et γ+ à gauche; chacune de ces parties est stable par le
flot de (4.9). Traitons séparément chaque partie.
• Si v = A, Xv (·) ≡ v est définie sur tout R.
• Si v ∈ γc , les valeurs Xv (t) sont contenues dans le compact γ̄c , la solution Xv (·)
est donc définie sur R.
• Si v ∈ γ+ : comme x′ > 0, pour t ≥ 0 le point Xv (t) est dans la portion de γ+
comprise entre v et l’équilibre : cette portion étant contenue dans un compact,
la solution Xv (·) a une durée de vie infinie pour les temps positifs. Elle est donc
définie sur un intervalle de la forme ]t− , +∞[, où t− < 0 pourrait être infini.
• Si v ∈ γ− : comme x′ < 0, pour t ≤ 0 le point Xv (t) est dans la portion de γ−
comprise entre v et l’équilibre : cette portion étant contenue dans un compact,
la solution Xv (·) a une durée de vie infinie pour les temps positifs. Elle est
donc définie sur un intervalle de la forme ] − ∞, t+ [, où t+ > 0 (éventuellement
infini).
100
4.5 Exercices corrigés
4. Soit v ∈ γ et Xv (·) la solution de (4.9) issue de v, dont toutes les valeurs sont
contenues dans γ. Alors Xv (·) est aussi la solution de (4.10) issue de v ∈ γ puisque
C(Xv (t)) − 32 ≡ 0. On connaı̂t donc son intervalle de définition grâce à la question
précédente.
De plus, ceci montre que, pour tout v ∈ γ, l’orbite de v est contenue dans γ;
autrement dit, γ est égale à l’union des orbites de ses points. Considérons alors la
solution Xv (·) de (4.10) issue d’un point v ∈ Ω. L’orbite correspondante ne peut
couper γ, ce qui implique que toute valeur Xv (t) appartient à Ω, et donc a fortiori
au compact Ω. La solution Xv (·) est ainsi définie sur tout R.
5. Cette question se traite par un raisonnement similaire à celui de l’exercice 4.2,
question 7.: A et 0 étant les seuls équilibres, on montre ainsi que chaque ligne de
niveau de C dans Ω est une orbite périodique et que chaque composante connexe
d’une ligne de niveau hors de Ω est une orbite, de même que γc , γ+ et γ− .
101
4 Théorie générale des équations différentielles
102
4.5 Exercices corrigés
C B
D A
x
103
4 Théorie générale des équations différentielles
Ox+ , le champ de vecteurs vaut g(x, 0) = (ax, 0). Il est donc facile de vérifier que
- .
(x, y)(t) = x0 eat , 0
est la solution issue d’un point (x0 , 0) ∈ Ox+ en t = 0. Cette solution est définie
pour tout t ∈ R et décrit tout Ox+ , c’est-à-dire que Ox+ est l’orbite de (x0 , 0).
De même, la solution issue d’un point (0, y0 ) ∈ Oy + est
- .
(x, y)(t) = 0, y0 e−ct ,
d - . - . - .
V x(t), y(t) = F ′ x(t) x′ (t) + G′ y(t) y ′ (t) = 0.
dt
Or une simple combinaison des deux lignes de l’équation différentielle montre
qu’une solution (x, y)(·) dans ]0, +∞[2 vérifie
f x(t) − c ′ by(t) − a ′
x (t) + y (t) = 0.
x(t) y(t)
104
4.5 Exercices corrigés
4. La région A est l’ensemble ouvert des (x, y) ∈]0, +∞[2 tels que x > c/f et
y < a/b. De même, B, C, D sont les ensembles ouverts de ]0, +∞[2 tels que,
respectivement, x > c/f et y > a/b, x < c/f et y > a/b, x < c/f et y < a/b.
Soit z0 = (x0 , y0 ) un point de A. On considère la solution maximale z(·) de
l’équation vérifiant z(0) = z0 , et l’intervalle maximal J = [0, τ [ sur lequel z(t)
appartient à A (τ pouvant être égal à +∞). Remarquons déjà que, pour t ∈ J,
x′ (t) et y ′ (t) sont positives, donc x(·) et y(·) sont croissantes sur J.
De plus, pour t ∈ J,
y ′ (t)
= f x(t) − c ≥ f x0 − c = r > 0.
y(t)
105
4 Théorie générale des équations différentielles
Le portrait de phase dans ]0, +∞[2 est simple à dessiner : les orbites sont exacte-
ment les lignes de niveau de V , représentées dans la figure 4.5, parcourues dans le
sens trigonométrique. Noter que le point (c/f, a/b) est lui-même une orbite (c’est
un point d’équilibre).
7. En posant x(s) = φs (x(0)), la solution issue de x∞ est
5 - .6
φt (x∞ ) = φt lim φs x(0) .
s→∞
106
4.5 Exercices corrigés
∆x = −b xy ∆t.
∆z = +g y ∆t.
∆y = b xy ∆t − g y ∆t,
107
4 Théorie générale des équations différentielles
L’unique orbite passant par (x(t̃) = 0, y(t̃), z(t̃)) est donc contenue dans le plan
{x = 0}, ce qui contredit x(0) > 0. La population x ne peut donc changer de signe.
108
4.5 Exercices corrigés
2. Sur un intervalle de temps où x(t) et y(t) sont non nuls (et positifs), on a
x′ (t) < 0. En conséquence (théorème d’inversion locale), le long d’une telle solution
(x, y)(t), la -fonction
. t (→ x(t) est inversible et on peut paramétrer la solution par
x : y(t) = y t(x) = φ(x). Autrement dit, la courbe (x(t), y(t)) est contenue dans
le graphe de φ. Cette fonction φ vérifie, en x = x(t),
dφ dy dt y ′ (t) g
(x) = (t) (x) = ′ = −1 + .
dx dt dx x (t) bx
x
g/b
car tout point de l’axe Ox est un équilibre (une solution ne peut donc pas “passer”
par un tel point). Donc X(·) est contenue dans un compact (le graphe de φ), ce
qui implique qu’elle est définie pour tout t.
D’autre part, le long de cette solution, x(t) étant monotone, minorée et majorée,
elle admet des limites quand t → ±∞; c’est donc aussi le cas de y(t) = φ(x(t))
et par conséquent de X(t). Or, si X(t) a une limite, c’est un équilibre, d’après
l’exercice 4.2, question 7.. Les seuls équilibres de l’équation étant les points de
l’axe Ox, on en conclut que l’orbite de X(·) est exactement le graphe de φ(x),
pour x > 0.
4. Le portrait de phase est composé des graphes de toutes les fonctions φ(x)
parcourus de la droite vers la gauche (car x′ est négatif), comme indiqué figure 4.7.
109
4 Théorie générale des équations différentielles
x
g/b
ψ : Ω ⊂ Rn → Ω ′ ⊂ Rn , Ω ′ ouvert,
x (→ y = ψ(x),
1. Calculer la différentielle de ϕ en 0.
110
4.5 Exercices corrigés
1.
5 La différentielle6de φ se calcule à partir des dérivées partielles : Dϕ(0) =
∂ϕ ∂ϕ
∂y1 (0) · · · ∂yn (0) . Or
∂ϕ ∂ - .
(0) = φy1 (0) ?? = f (0),
∂y1 ∂y1 y1 =0
et, pour i = 2, . . . , n,
n
∂ϕ ∂ - ( .
(0) = φ0 ( yi vi ) ?? = vi ,
∂yi ∂yi y=0
i=2
- .
donc Dϕ(0) = f (0) v2 · · · vn .
2. Il suffit d’appliquer le théorème d’inversion locale à ϕ en 0, toutes les hypothèses
en sont vérifiées.
3. Soient y 0 = (y10 , . . . , yn0 ) les coordonnées de x(0), i.e. x(0) = ϕ(y 0 ). On a
n
(
- .
x(t) = φt (x(0)) = φt (ϕ(y 0 )) = φt φy10 ( yi0 vi ) .
i=2
)n 0
D’après la formule du flot, ceci implique x(t) = φy10 +t ( i=2 yi vi ) et donc y(t) =
(y10 + t, y20 , . . . , yn0 ).
4. Puisque y(t) = (y10 + t, y20 , . . . , yn0 ), on a ẏ(t) = (1, 0, . . . , 0) = e1 : le changement
de coordonnées ψ transforme donc les solutions de l’équation ẋ = f (x) en celles
de l’équation ẏ = e1 .
111
4 Théorie générale des équations différentielles
- .
2. Montrer que la fonction g(t, x) = u φt (x) est solution de l’équation aux dérivées
partielles :
∂f
(t, x) = Dx f (t, x) · F (x), f (0, x) = u(x). (4.12)
∂t
3. Étudions maintenant l’unicité des solutions de (4.12). On considère donc une
solution f de cette équation.
- .
a) Soit F le champ de vecteurs sur R×Rn défini par F (t, x) = −1, F (x) . Montrer
- .
que, si y(·) : R → Rn+1 est solution de l’équation différentielle y ′ (s) = F y(s) ,
alors f ◦ y est une fonction constante.
b) Montrer que toute solution maximale de y ′ = F (y) coupe l’hyperplan t = 0.
c) En déduire que f = g et conclure sur l’unicité des solutions de (4.12).
4. Dans le cas n = 2, résoudre l’équation aux dérivées partielles
∂f ∂f ∂f
(t, x) = x2 (t, x) − x1 (t, x) (4.13)
∂t ∂x1 ∂x2
en fonction de la condition aux limites f (0, x) = u(x).
d- . - .
φt+s (x) = F φt+s (x) ,
ds
alors que
d- . - . - .
φt ◦ φs (x) = Dφt φs (x) · F φs (x) .
ds
On obtient donc - . - . - .
F φt+s (x) = Dφt φs (x) · F φs (x) ,
et il suffit de prendre s = 0 pour conclure.
2. Rappelons d’abord que φ0 (x) = x, ce qui entraı̂ne g(0, x) = u(x). Calculons
maintenant la dérivée de g par rapport à t,
∂g - . - .
(t, x) = Du φt (x) · F φt (x) .
∂t
Par ailleurs, le membre de droite de l’équation aux dérivées partielles est
- . - . - . - .
Dx g(t, x) · F (x) = Du φt (x) · Dφt (x) · F (x) = Du φt (x) · F φt (x) ,
d’après la question précédente. Ceci montre bien que g est solution de (4.12).
112
4.5 Exercices corrigés
d
3. a) Il suffit de montrer que ds (f ◦ y)(s) = 0. Calculons-le :
d - . - . - .
(f ◦ y)(s) = Df y(s) · y ′ (s) = Df y(s) · F y(s) .
ds
Or Df (t, x) est la matrice ligne à (n + 1) éléments qui s’écrit par blocs
- .
Df (t, x) = ∂f ∂t (t, x) Dx f (t, x)
,
- .
alors que F (t, x) est le vecteur colonne − 1, F (x) . Posons y(s) = (t(s), x(s)).
En multipliant les deux matrices précédentes, on obtient
d ∂f - . - . - .
(f ◦ y)(s) = − y(s) + Dx f y(s) · F x(s) = 0,
ds ∂t
puisque f est solution de l’équation aux dérivées partielles.
b) Puisque le champ F est complet, son flot φt (x) est défini pour tout t ∈ R et
tout x ∈ Rn . Le flot φ de F (t, x) étant donné par
- .
φs (t, x) = − s + t, φs (x) ,
il est défini pour tout s ∈ R et tout (t, x) ∈ Rn+1 , c’est-à-dire que F est
complet et que toute solution maximale y(s) est définie sur R -entier. . Or une
telle solution y(s) = (t, x)(s) vérifie t(s) = −s + t(0) : la valeur y t(0) est donc
définie et appartient à l’hyperplan {t = 0}.
c) Prenons (t0 , x0 ) ∈ Rn+1- et. montrons que f (t0 , x0 ) = g(t0 , x0 ). Soit y(·) la
′
solution de y (s) = F y(s) de condition initiale y(0) = (t0 , x0 ). D’après la
question précédente, y(t0 ) = (0, x(t0 )).
D’autre part, d’après la question a), f et g, et donc f − g, sont constantes le
long de y(·), ce qui implique (f − g)(y(0)) = (f − g)(y(t0 )), ou encore
f (t0 , x0 ) − g(t0 , x0 ) = f (0, x(t0 )) − g(0, x(t0 )) = 0,
car f (0, x) = g(0, x) = u(x). Ainsi f = g, c’est-à-dire que g est l’unique solution
de (4.12).
4. Pour mettre l’équation (4.13) sous la forme (4.12), il suffit de prendre pour F
le champ de vecteurs linéaire
+ ,
0 1
F (x) = x.
−1 0
Son flot est l’exponentielle de la matrice ci-dessus, c’est-à-dire (voir chapitre 2),
+ ,
cos t sin t
φt (x) = .
− sin t cos t
La solution de (4.13) satisfaisant g(0, x) = u(x) est donc
- .
g(t, x) = u x1 cos t + x2 sin t, −x1 sin t + x2 cos t .
113
4 Théorie générale des équations différentielles
114
4.5 Exercices corrigés
4. Il suffit d’appliquer la proposition 3.3. Ici la trace de A(t) est égale à −2. On a
donc 8
- 2π .
det R(2π, 0) = exp tr A(t)dt = e−4π .
0
5. Connaissant une valeur propre de R(2π, 0), 1, et son déterminant, on en déduit
la valeur de l’autre valeur propre : e−4π . Les deux valeurs propres étant réelles et
distinctes, R(2π, 0) est diagonalisable dans R.
6. Intuitivement, la question peut se comprendre de la façon suivante. Soit
x̄(0) + δv une condition initiale proche de x̄(0). La solution de (4.14) issue de
cette condition initiale se trouve en un point φ2π (x̄(0) + δv) proche de x̄(0) “après
un tour”, i.e. au bout d’un temps 2π. Au bout de k tours, la solution se trouve au
point φ2kπ (x̄(0) + δv). La question est : s’est-on rapproché ou éloigné de x̄(0)?
Remarquons que Dφ2kπ (x̄(0)) = R(2π, 0)k , ce qui entraı̂ne
115
4 Théorie générale des équations différentielles
où A est une matrice de Mn (R) et g : Rn → Rn est une application C 1 telle que
g(0) = 0 et Dg(x) est antisymétrique, ∀x ∈ Rn . On notera φt le flot de x′ = f (x).
1. Calculer φt (0).
2. Calculer la différentielle Df (x) et montrer qu’elle est antisymétrique.
3. Soit R(t, s) la résolvante de l’équation linéarisée autour d’une solution x(·) de
l’équation différentielle. Montrer que ∥R(t, s)∥ = 1.
4. En déduire que ∥φt (x)∥ ≤ ∥x∥ pour tout x ∈ Rn .
116
5
Stabilité des équilibres
lim φt (x) = x0 .
t→∞
Dans ce cas toute solution proche de l’équilibre en reste proche et en plus converge
vers lui. Notons que le fait que toute solution issue d’un voisinage V converge vers
x0 n’implique pas la stabilité de cet équilibre : il existe des systèmes possédant un
équilibre non stable x0 mais dont toutes les trajectoires convergent vers X0 .
Le cas linéaire
x′ (t) = Ax(t), x ∈ Rn .
Proposition 5.1.
• L’origine est un équilibre asymptotiquement stable de x′ = Ax si et seulement
si toutes les valeurs propres de A sont de partie réelle strictement négative, i.e.
Rn = E s .
• Si A a au moins une valeur propre de partie réelle strictement positive, alors
l’origine n’est pas un équilibre stable de x′ = Ax.
Ces deux propriétés sont importantes car, comme nous allons le voir dans la section
suivante, elles se généralisent au cas non linéaire.
Notons que l’origine peut être un équilibre stable mais non asymptotiquement
stable. C’est une situation que l’on rencontre quand A a des valeurs propres de
partie réelle nulle, par exemple quand A est antisymétrique (voir proposition 3.4
et la discussion qui suit). On a représenté figure 5.1 des portraits de phase dans R2
correspondant à une matrice antisymétrique (cas a) et une autre dont les valeurs
propres ont une partie réelle < 0 (cas b).
Remarquons enfin que l’on peut donner une condition nécessaire et suffisante de
stabilité :
l’origine est un équilibre stable de x′ = Ax si et seulement si toutes les valeurs
propres de A sont de partie réelle négative ou nulle et si pour toute valeur propre
de partie réelle nulle, les multiplicités algébrique et géométrique coı̈ncident, (c’est-
à-dire Rn = E s + E c et A|E c est diagonalisable dans C).
118
5.2 La stabilité par la linéarisation
x2 x2
y1 y2 y1 y2
x1 x1
Fig. 5.1. Exemples de portraits de phase stables pour f (x) = Ax avec A ∈ M2 (R).
Le cas affine
x′ (t) = Ax(t) + b
est un point x0 qui vérifie Ax0 + b = 0 (noter qu’un tel point n’existe que si
b ∈ Im A). En remplaçant b par −Ax0 , on réécrit l’équation différentielle sous la
forme
d
(x(t) − x0 ) = A(x(t) − x0 ).
dt
Ainsi la stabilité et la stabilité asymptotique d’un équilibre de l’équation affine
x′ (t) = Ax(t) + b sont équivalentes respectivement à celles de l’origine pour
l’équation linéaire y ′ (t) = Ay(t).
Théorème 5.1. Si toutes les valeurs propres de Df (x0 ) sont de partie réelle
strictement négative, alors x0 est un équilibre asymptotiquement stable.
119
5 Stabilité des équilibres
signe(y0 )
y(t) = @ , t ≥ 0,
2t + y12
0
Ceci implique d’abord que ∥x(t)∥α est décroissante : x(t) reste donc confinée dans le compact
∥x∥α ≤ ∥v∥α , ce qui entraı̂ne que x(·) est définie pour tout t > 0 (proposition 4.2). D’autre part,
l’équation ci-dessus peut se réécrire
d' ( α
ln ∥x(t)∥α ≤ − ,
dt 2
ce qui implique, après intégration,
α
∥x(t)∥α ≤ e− 2 t ∥v∥α .
Finalement, on a montré que, si ∥v∥ < δ, alors φt (v) reste dans Bα (0, δ) (la boule de rayon δ pour
la norme ∥ · ∥α ) et tend vers 0, ce qui montre que 0 est un équilibre asymptotiquement stable.
#
⊓
120
5.2 La stabilité par la linéarisation
Théorème 5.2. Si x0 est un équilibre stable, alors toutes les valeurs propres de
Df (x0 ) sont de partie réelle négative ou nulle.
Remarque 5.3. Dans le cas où n = 2, il est très pratique d’utiliser le déterminant
et la trace de Df (x0 ) pour caractériser le signe des parties réelles de ses valeurs
propres (voir la remarque 2.6. Conjugué aux deux théorèmes précédents, cela donne
les critères suivant, très simples à utiliser :
• si det Df (x0 ) < 0, ou det Df (x0 ) > 0 et tr Df (x0 ) > 0, alors l’équilibre x0
n’est pas stable;
• det Df (x0 ) > 0 et tr Df (x0 ) < 0, alors l’équilibre x0 est asymptotiquement
stable.
Il est important de noter que les réciproques des théorèmes 5.1 et 5.2 sont fausses,
comme le montre l’exemple ci-dessous. La stabilité d’un équilibre n’est donc pas
forcément déterminée par le linéarisé. Nous allons ensuite introduire une classe
d’équilibres pour lesquels les réciproques des théorèmes 5.1 et 5.2 sont vérifiées.
où x = (x1 , x2 ). Ces deux équations ont pour unique équilibre 0. Leurs linéarisés
en 0 sont égaux, + ,
0 1
Df (0) = Dg(0) = ,
−1 0
et ont pour valeurs propres ±i, dont la partie réelle est évidemment nulle! Cepen-
dant l’équilibre 0 est asymptotiquement stable dans le premier cas alors qu’il n’est
pas stable dans le deuxième.
En effet, posons ρ(x) = x21 + x22 . Si x(·) est une solution de l’équation x′ = f (x),
alors
d - . - .
ρ x(t) = 2(x1 x′1 + x2 x′2 ) = −2ρ2 x(t) .
dt
- .
Ainsi ρ x(t) = ∥x(t)∥2 est décroissant et tend vers 0 quand t → +∞, ce qui
implique que 0 est asymptotiquement stable pour l’équation x′ = f (x).
De même, si x(·) est une solution de l’équation x′ = g(x), on obtient
d - . - .
ρ x(t) = 2ρ2 x(t) .
dt
121
5 Stabilité des équilibres
- .
Dans ce cas, ρ x(t) = ∥x(t)∥2 tend vers l’infini en temps fini (phénomène
d’explosion), ce qui implique que l’équilibre 0 n’est pas stable pour l’équation
x′ = g(x).
Équilibres hyperboliques
Définition 5.4. Un équilibre x0 est dit hyperbolique si toutes les valeurs propres
de Df (x0 ) ont une partie réelle non nulle.
Corollaire 5.1. Un équilibre hyperbolique est soit asymptotiquement stable (si les
valeurs propres de Df (x0 ) sont toutes de partie réelle négative), soit non stable.
122
5.3 Fonctions de Lyapunov
Champs de gradient
Un champ de gradient est un champ de vecteurs de la forme
f (x) = −∇V (x),
où V : Ω ⊂ Rn → R est une fonction de classe C 2 (de façon à ce que f soit
de classe C 1 ). Rappelons que ∇V (x) désigne le gradient de V en x, c’est-à-dire
l’unique vecteur de Rn vérifiant
DV (x) · v = ⟨∇V (x), v⟩, ∀v ∈ Rn .
Quand le produit scalaire ⟨·, ·⟩ est le produit scalaire euclidien sur Rn , le gradient
∂V ∂V
s’écrit en coordonnées comme ∇V (x) = ( ∂x 1
(x), . . . , ∂x n
(x)).
Un équilibre x0 de ce champ de vecteur est un point critique de V , i.e. ∇V (x0 ) = 0.
Un équilibre peut donc être un minimum local, un maximum local, ou un point
selle, mais nous allons voir que seuls les minima locaux peuvent être des équilibres
stables.
La dynamique associée à un champ de gradient possède en effet une propriété qui
la rend ′
- assez
. simple. Si x(·) est une solution de l’équation différentielle x (t) =
−∇V x(t) , alors
dA - .B - . - .
V x(t) = DV x(t) · x′ (t) = −∥∇V x(t) ∥2 , (5.4)
dt
- .
pour tout t dans l’intervalle de définition de x(·). Ainsi V x(t) est soit constante,
et dans ce cas x(t) ≡ x0 est un point critique, soit strictement décroissante. Intu-
itivement, ceci signifie que toute solution tend à se rapprocher d’un minimum, et
donc (nous le montrerons plus loin) que :
• si un équilibre x0 n’est pas un minimum local (i.e. x0 est un maximum local
ou un point selle), alors x0 n’est pas un équilibre stable;
• si x0 est un minimum local strict, alors x0 est un équilibre stable.
123
5 Stabilité des équilibres
Fonctions de Lyapunov
Quand L est de classe C 1 , les conditions (b) et (c) sont impliquées respectivement
par les conditions suivantes :
(b)′ ⟨∇L(x), f (x)⟩ ≤ 0 pour tout x ∈ U ;
(c)′ ⟨∇L(x), f (x)⟩ < 0 pour tout x ∈ U , x ̸= x0 .
124
5.3 Fonctions de Lyapunov
Alors le bassin d’attraction de x0 est Rn tout entier. On dit dans ce cas que
l’équilibre x0 est globalement asymptotiquement stable.
*Démonstration. Soit x ∈ Rn et α = L(x). La condition (5.5) implique que Uα = {y ∈ Rn :
L(y) ≤ α} est borné, et donc compact. On montre alors que limt→∞ φt (x) = x0 exactement de
la même façon que dans la preuve du théorème 5.4. #
⊓
Remarque 5.4. La preuve ci-dessus peut être trivialement adaptée au cas où le
domaine de définition est un ouvert Ω et non Rn tout entier. La condition (5.5)
sur la fonction de Lyapunov stricte L : Rn → R doit simplement être remplacée
par :
x → ∂Ω ⇒ L(x) → ∞.
125
5 Stabilité des équilibres
Exemples d’application
a. Champs de gradient
Reprenons le cas d’un champ de gradients f (x) = −∇V (x). Supposons que x0 soit
un minimum local strict de V , c’est-à-dire l’unique minimum de V sur un voisinage
U de x0 . La fonction V restreinte à U est bien une fonction de Lyapunov en x0 , la
propriété (b)′ étant toujours satisfaite d’après la formule (5.4). Donc x0 est bien
un équilibre stable.
Considérons un objet de masse m soumis à une force dérivant d’un potentiel V (x).
L’évolution de l’état x ∈ Rn de l’objet au cours du temps est régi par le principe
fondamental de la dynamique :
- .
mx′′ (t) = −∇V x(t) ,
Remarque 5.5.
126
5.3 Fonctions de Lyapunov
x′ (t) = Ax(t), x ∈ Rn ,
et supposons que toutes les valeurs propres de A sont de partie réelle strictement
négative. On a vu (proposition 5.1) que dans ce cas l’origine est un équilibre asymp-
totiquement stable. Cherchons une fonction de Lyapunov pour cette équation en
0. On pose 8 ∞
L(x) = ∥esA x∥2 ds.
0
D’après le théorème 2.8, si −α < 0 est strictement plus grand que les parties réelles
de toutes les valeurs propres de A, alors
Ainsi L(x) est définie par une intégrale convergente. Montrons que c’est une fonc-
tion de Lyapunov stricte en 0. La propriété (a) est clairement satisfaite. Mon-
trons maintenant la propriété (c)′ . On calcule d’abord la différentielle de L par
différentiation sous le signe somme :
8 ∞ 8 ∞
- sA 2 .
DL(x) · v = D ∥e x∥ · v ds = 2 ⟨esA x, esA v⟩ ds.
0 0
127
5 Stabilité des équilibres
Le terme dans la dernière intégrale est un o(∥x∥2 ), donc pour ∥x∥ suffisamment
petit, x ̸= 0, on obtient
1
⟨∇L(x), f (x)⟩ ≤ − ∥x∥2 < 0,
2
′
c’est-à-dire la propriété (c) . La fonction L est donc une fonction de Lyapunov
stricte en x0 = 0, ce qui montre que cet équilibre est asymptotiquement stable.
128
5.4 Exercices corrigés
Exercice 5.2.
Modèle micro-économique. Dans un modèle d’économie de pure accumulation,
on ne fait pas apparaı̂tre explicitement le travail, toute production étant accumulée.
Le modèle est alors caractérisé par les fonctions de production des biens et par
les coefficients de dépréciation des capitaux. Considérons par exemple un modèle
comportant deux biens capitaux, 1 et 2. On note Yi la quantité de bien i produite
129
5 Stabilité des équilibres
Pour éviter des calculs fastidieux, on donne ci-dessous une équation différentielle
dont les solutions présentent les mêmes caractéristiques dynamiques que celles de
ce système, mais dont l’étude est plus simple. On encourage cependant le lecteur
courageux à reprendre les calculs, une fois l’exercice résolu, pour les adapter au
vrai système.
Considérons l’équation différentielle
! ′
k1 = k2 k1 − k13 ,
k2′ = k1 k2 − k23 ,
Remarquons d’abord que f1 (k) = 0 sur l’axe Ok2 et que f2 (k) = 0 sur l’axe Ok1 ;
l’orbite d’un point sur l’axe Ok1 est donc contenue dans Ok1 , de même pour Ok2 .
130
5.4 Exercices corrigés
Il est donc impossible de traverser un axe, ce qui implique que, si les capitaux k1
et k2 sont positifs à l’instant initial, ils le restent au cours du temps.
Un équilibre satisfait f (k) = 0. Or
k̄ = (1, 1).
Comme det Df (k̄) = 3 > 0 et tr Df (k̄) = −4 < 0, les deux valeurs propres de la
matrice ont des parties réelles strictement négatives. On en conclut que k̄ est un
équilibre asymptotiquement stable.
f1 = 0
k2
C B
f2 = 0
k̄
D A
k1
3. Séparons le quadrant positif en 4 régions, comme indiqué sur la figure 5.2. Nous
allons d’abord montrer que toute solution de l’équation différentielle est définie sur
[0, +∞[ et a une limite quand t → +∞.
Considérons d’abord la région D. Sur les bords de D, excepté en k̄, le champ de
vecteurs f est dirigé vers l’intérieur de D. Autrement dit, si k ∈ ∂D, k ̸= k̄, le flot
131
5 Stabilité des équilibres
132
5.4 Exercices corrigés
1. Montrer que l’équation différentielle admet un unique point d’équilibre, dont les
coordonnées (x∗ = r cos θ, y∗ = r sin θ) satisfont
v r
r= et cos θ = .
α R
4
On posera ρ = (R − x∗ )2 + y∗2 dans les calculs.
2. Montrer que P∗ est un équilibre asymptotiquement stable.
3. On admettra que P∗ est globalement asymptotiquement stable. Comment
séparer les différentes espèces de parasites?
R − x∗ y∗
αy∗ = v αx∗ = v .
ρ ρ
On a donc
(R − x∗ )2 + y∗2
α2 r 2 = v 2 ,
ρ2
v
soit r = α. De même si on fait le quotient des deux équations précédentes on
trouve
R
tg θ + cotg θ = ,
r sin θ
et donc cos θ = Rr . Comme sin θ est positif ceci détermine parfaitement θ.
2. Le linéarisé autour de l’équilibre P∗ a pour équation Y ′ = AY , où
⎛ ⎞
(R − x∗ )2 1 (R − x∗ )y∗
⎜v( ρ3
− ) −α + v
ρ ρ3 ⎟
⎜ ⎟
A = DF (P∗ ) = ⎜ ⎟.
⎝ (R − x∗ )y∗ y∗2 1 ⎠
α+v 3
v( 3 − )
ρ ρ ρ
Le déterminant det A = α2 est positif alors que la trace tr A = − vρ est négative. Par
conséquent (voir remarque 2.6) l’équilibre est toujours asymptotiquement stable.
3. On peut séparer les espèces puisque deux v différents donnent deux P∗ distincts
qui sont tous deux globalement attractifs. Il suffit de plonger une épuisette au bon
endroit...
133
5 Stabilité des équilibres
On fera ici l’hypothèse que p est petit, et donc que c/f < a/p.
2. Déterminer les équilibres de cette équation dans (R+ )2 et étudier leur stabilité.
3. Déterminer le bassin d’attraction du seul équilibre asymptotiquement stable
(x̄, ȳ) appartenant à (R+ )2 .
Indication: par analogie avec le modèle de Volterra, on cherchera une fonction de
Lyapunov sous la forme
5x -x. 6 5y -y . 6
L(x, y) = K1 x̄ − log − 1 + K2 ȳ − log −1 .
x̄ x̄ ȳ ȳ
Corrigé de l’exercice 5.4.
- .
1. Notons F (x, y) = (a−by)x, (f x−c)y le champ de vecteurs défini par l’équation
de Volterra. Les équilibres de l’équation (c’est-à-dire les zéros de F ) sont 0 et
z̄ = (c/f, a/b). Calculons la différentielle de F :
+ ,
a − by −bx
DF (x, y) = .
fy fx − c
Les linéarisés autour des équilibres 0 et z̄ ont donc pour matrice, respectivement,
134
5.4 Exercices corrigés
+ , + ,
a 0 0 −bx̄
DF (0) = et DF (z̄) = .
0 −c f ȳ 0
Les valeurs propres de DF (0) sont a et −c : a étant positif, ceci montre que
l’équilibre 0 n’est pas stable (donc a fortiori pas asymptotiquement stable).
Les valeurs propres de DF (z̄) sont imaginaires pures, on ne peut donc rien en
conclure sur la stabilité de l’équilibre z̄. On va alors chercher une fonction de
Lyapunov : soit V la fonction trouvée à la question 2. de l’exercice 4.2,
et posons L(x, y) = V (x, y) − V (z̄). La fonction L : ]0, +∞[2 → R est une fonction
de Lyapunov (non stricte) pour l’équation de Volterra en z̄ car :
• L(z̄) = 0 et L(x, y) > 0 pour tout (x, y) ̸= z̄ dans ]0, +∞[2 , puisque z̄ est un
minimum strict de V sur ]0, +∞[2 ;
• L est constante le long des solutions de l’équation.
On en conclut que l’équilibre z̄ est stable. En revanche il n’est pas asymptotique-
ment stable, puisque, toute solution non triviale étant périodique et contenue dans
une ligne de niveau de L(x, y), elle ne peut tendre vers z̄ (c’était de toute façon
évident sur le portrait de phase).
- .
2. Notons G(x, y) = (a − px − by)x, (−c + f x − qy)y le champ de vecteur
définissant l’équation (5.7). Les équilibres de l’équation sont les solutions de
G(x, y) = 0, c’est-à-dire de :
!
px + by = a ou x = 0,
f x − qy = c ou y = 0.
• En z1 : la différentielle de G vaut
135
5 Stabilité des équilibres
+ ,
−px1 −bx1
DG(z1 ) = ,
f y1 −qy1
dont la trace est −(px1 + qy1 ) < 0 et le déterminant (pq + f b)x1 y1 > 0. Les
valeurs propres de cette matrice sont donc de partie réelle négative, ce qui
entraı̂ne que z1 est un équilibre asymptotiquement stable.
• En z2 : la différentielle de G vaut
+ ,
−a −(ab)/p
DG(z2 ) = ,
0 −c + (f a)/p
dont les valeurs propres sont −a et −c+(f a)/p. Comme c/f < a/p, la deuxième
valeur propre est positive, c’est-à-dire que l’équilibre z2 n’est pas stable.
• En 0: la différentielle de G vaut
+ ,
a 0
DG(0) = ,
0 −c
dont les valeurs propres sont a et −c. L’équilibre 0 n’est donc pas stable.
3. On a vu que le seul équilibre asymptotiquement stable de G est z1 . On sait déjà
que son bassin d’attraction est inclus dans le quadrant positif ]0, +∞[2 , puisque,
comme pour l’équation de Volterra, les axes Ox et Oy sont invariants par le flot
de G (c’est-à-dire que toute solution dont une valeur appartient à un de ces axes
est contenue dedans).
On va chercher à montrer que le bassin d’attraction de z1 est en fait tout le
quadrant positif. Commençons par trouver une fonction de Lyapunov stricte pour
G en z1 dont le domaine de définition soit ]0, +∞[2 . Par analogie avec la question
1, on va chercher cette fonction de Lyapunov L :]0, +∞[2 → R sous la forme :
5x -x. 6 5y -y. 6
L(x, y) = K1 x1 − log − 1 + K2 y1 − log −1
x1 x1 y1 y1
(notez que, quand p = q = 0, on retrouve la fonction de Lyapunov pour l’équation
de Volterra en prenant K1 = f , K2 = b).
Calculons d’abord le gradient et la hessienne de L :
+ , + ,
K1 (1 − xx1 ) 2 K1 xx21 0
∇L(x, y) = , ∇ L(x, y) = .
K2 (1 − yy1 ) 0 K2 yy12
136
5.4 Exercices corrigés
En notant G = (G1 , G2 ), on a
x1 y1
⟨∇L(x, y), G(x, y)⟩ = K1 (1 − )G1 (x, y) + K2 (1 − )G2 (x, y)
x y
G1 (x, y) G2 (x, y)
= K1 (x − x1 ) + K2 (y − y1 ) .
x y
Or a = px1 + by1 et c = f x1 − qy1 , ce qui permet d’écrire
G1 (x, y) G2 (x, y)
= −p(x − x1 ) − b(y − y1 ) et = f (x − x1 ) − q(y − y1 ).
x y
Ainsi,
⟨∇L(x, y), G(x, y)⟩ = −K1 p(x−x1 )2 −K2 q(y−y1 )2 +(−bK1 +f K2 )(x−x1 )(y−y1 ).
137
5 Stabilité des équilibres
1. Pour une fonction y(t, x) = z(s), où s = x − vt, les dérivées partielles s’écrivent
∂y ′ ∂y ′
∂t = −vz (s) et ∂x = z (s). L’équation (5.8) de Korteweg-de Vries s’écrit donc :
H
′ g d5 3 σ 6
−vz (s) = − hz(s) + z 2 (s) + z ′′ (s) ,
h ds 4 2
ou encore I
d5 h 3 6
2(h − v )z(s) + z 2 (s) + σz ′′ (s) = 0.
ds g 2
@
La quantité 2(h − v hg )z(s) + 32 z 2 (s) + σz ′′ (s) est donc indépendante de s. Les
conditions aux limites impliquent qu’elle est nulle, ce qui donne l’équation (5.9),
avec I
h
b = 2(v − h).
g
2. Le champ de vecteurs sur R2 associé à l’équation est
+ ,
x2
f (x) = .
bx1 − 32 x21
138
5.4 Exercices corrigés
Ainsi, pour b > 0, 0 est un équilibre non stable, et on ne peut pas conclure pour x̄,
qui n’est pas hyperbolique. Inversement, pour b < 0, x̄ n’est pas stable et 0 n’est
pas hyperbolique.
Qu’en conclure pour l’existence de solitons? On sait que pour un soliton z(s), la
solution (z(s), z ′ (s)) de x′ = f (x) tend vers 0 quand s → ±∞. Pour qu’un soliton
existe, il faut donc qu’il existe une solution de x′ = f (x) qui tende vers 0 en ±∞.
Quand b < 0, la linéarisation ne nous apprend rien. Quand b > 0 en revanche, 0 est
un équilibre hyperbolique. D’après le théorème 5.3 d’Hartman-Grobmann, on sait
alors que, au voisinage de 0, le portrait de phase de x′ = f (x) est topologiquement
équivalent à celui de l’équation linéarisée : puisque celle-ci a une valeur propre
positive et une négative, il y a que 2 solutions qui tendent vers 0 en +∞, et 2 en
−∞. Il est donc possible qu’il existe des solitons, mais pas plus de 2! Remarquons
que si les valeurs propres du linéarisé avaient été toutes deux de même signe, on
aurait pu conclure qu’il n’y avait pas de solitons.
3. Il faut trouver L telle que f (x)T ∇L(x) ≡ 0, c’est-à-dire
∂L 3 ∂L
x2 (x) + (bx1 − x21 ) (x) = 0.
∂x1 2 ∂x2
x21 x22
On peut prendre par exemple L(x) = 2 (x1 − b) + 2 .
4. Soit x(·) = (z(·), z ′ (·)) une solution de x′ = f (x) associée
à un soliton z(·). On
sait que L(x(s)) est une constante, et, vu les conditions aux limites des solitons,
cette constante est L(0) = 0. Ainsi l’orbite de x(·) est contenue dans
{x ∈ R2 : L(x) = 0}.
Or, quand b < 0, 0 est un point isolé de cette courbe de niveau (c’est un minimum
local). La seule solution tendant vers 0 en ±∞ est donc la solution triviale x(t) ≡ 0.
Il n’y a donc pas de solitons pour b < 0.
139
5 Stabilité des équilibres
x2(t)
2
–2 –1 0 1 2 3 4
x1(t)
–2
–4
140
5.4 Exercices corrigés
I
h
b = 2(v − h).
g
141
5 Stabilité des équilibres
Pour tout réel a, on note Ca le cercle centré en (0, a) passant par l’origine,
3. a) Montrer que, si x(·) est solution de (5.11), alors y(t) = Va (x(t)) est solution
d’une équation différentielle de la forme y ′ (t) = α(t)y(t)
b) En déduire que, si v ∈ Ca , alors l’orbite de v est contenue dans Ca .
4. Soient v = (v1 , v2 ) tel que v2 ̸= 0, et a l’unique réel tel que v ∈ Ca .
a) Montrer que la solution maximale xv (·) est définie sur tout R.
b) Montrer que xv (·) a une limite en +∞ et en −∞.
c) Quelle est l’orbite de v?
5. Soit v = (v1 , 0). Calculer xv (·) et donner son l’intervalle de définition.
6. Dessiner le portrait de phase de (5.11). L’équilibre est-il stable?
7. On définit Ω comme R2 privé de l’ensemble {x = (x1 , 0) : x1 ̸= 0}. Pour
l’équation (5.11) restreinte à Ω, l’équilibre est-il stable? Est-il asymptotiquement
stable?
142
Bibliographie
1 Introduction
Ce chapitre est la première étape dans notre étude des équations non-linéaires. Nous
y traitons la question du temps de vie d’une solution, et une première estimation de
la distance entre deux solutions en fonction de celle entre leurs conditions initiales. Un
critère géométrique d’une part, le Lemme de Gronwall d’autre part sont les clefs de cette
approche élémentaire.
!
ẋ = X(t, x)
(1)
x(t0 ) = x0
Nous voulons déterminer les intervalles sur lesquels on peut définir une solution x.
Notons d’abord que même lorsque X(t, x) est définie pour tout réel t et tout élément x
de E, les solutions ne sont pas nécessairement définies pour tout temps.
Exemple 2.1. !
ẋ = x2
x(t0 ) = x0
109
110 Chapitre 4. Équations différentielles non-linéaires I
a pour solution
x0
x(t) =
x0 (t0 − t) + 1
• ] − ∞, t0 + 1
x0
[ si x0 > 0
1
• ]t0 + x0
, +∞[ si x0 < 0
• R si x0 = 0 (et alors x ≡ 0)
Soit J la réunion des intervalles contenant t0 sur lesquels une solution de (1) est définie.
Proposition 4.1. Il existe une solution x définie sur J. Toute autre solution de (1) est
la restriction de x à son intervalle de définition. On appelle x solution maximale de (1).
Nous pouvons alors définir x(t) comme la valeur en t de n’importe quelle solution de
(1) définie sur [t0 , t].
Soit K = {t ∈ J1 ∩ J2 |x1 (t) = x2 (t)}. Alors K est non vide, car t0 ∈ K, fermé (dans
J1 ∩ J2 ) par continuité de x1 et x2 . L’unicité locale de la solution donnée par le théorème
de Cauchy-Lipschitz montre que K est un ouvert. Comme J1 ∩ J2 est l’intersection de
deux intervalles, c’est un intervalle. Il est donc connexe, et K qui en est un sous ensemble
ouvert, fermé et non vide est donc égal à J1 ∩ J2 tout entier.
Remarques 2.1. (A) Par abus de langage, on parlera souvent de « la solution » de l’équa-
tion pour désigner la solution maximale.
(B) D’après le théorème de Cauchy-Lipschitz, J est ouvert.
On peut se demander pourquoi une solution de (1) peut ne pas être définie sur I tout
entier. La proposition suivante montre que l’unique raison est le phénomène d’ « explosion
en temps fini » :
Démonstration. Raisonnons par l’absurde. Supposons qu’il existe une suite (tn )n≥1 telle
que x(tn ) ∈ K, où K est compact, et limn→+∞ tn = τ+ . On peut alors extraire une
sous-suite, que l’on note encore (tn )n≥1 , telle que xn = x(tn ) converge vers x∞ .
Or pour n assez grand, on aura bien d(xn , x∞ ) < δ, et comme tn tend vers τ+ , on
aura que ]tn − α, tn + α[ n’est plus contenu dans J. La solution x est donc définie sur un
intervalle strictement plus grand que J, qui n’était donc pas maximal.
La même démonstration permet de montrer que, sur tout leur intervalle de définition,
la dépendance des solutions en les paramètres est aussi régulière que le laisse espérer le
théorème de Cauchy-Lipschitz à paramètres :
Proposition 4.3. Soit (λ, t, x) → Xλ (t, x) une application C p , avec p ≥ 0, définie sur
Λ × I × Ω, lipschitzienne en x. Supposons que xλ (t; t0 , u) solution de
!
ẋλ = Xλ (t, x)
(2)
xλ (t0 ) = u
soit définie sur ]t− , t+ [ quel que soit (λ, t0 , u) dans Λ × I × Ω. Alors l’application
(t, λ, t0 , u) → xλ (t; t0 , u) est de classe C p , et de classe C p+1 en t.
{t | il existe un voisinage de {λ0 } ×[τ0 , t]×{u0 } sur lequel (λ, t, u) → xλ (t; t0 , u) soit de classe C p }
est non vide et possède une borne supérieure vérifiant, par hypothèse, t1 < t.
112 Chapitre 4. Équations différentielles non-linéaires I
Pour z = xλ0 (t1 ; t0 , u0) c’est encore le théorème de Cauchy-Lipschitz à paramètres qui
va nous fournir un réel δ strictement positif, tel que l’équation
!
ẏλ = Xλ (t, y)
(3)
yλ (τ ) = v
aie ses solutions définies sur un intervalle ]t1 − α, t1 + α[ pour α > 0 pour (λ, τ, v) dans
B(λ0 , δ)×]t1 − δ, t1 + δ[×B(z, δ). De plus la solution est de classe C p en (λ, τ, v).
La continuité de xλ0 (t; , τ0 , x0 ) en t permet1 de dire qu’il existe η > 0, que l’on choisira
inférieur à α, tel que xλ0 (t1 − η; τ0 , x0 ) soit dans B(z, δ).
est composée d’applications de classe C p . Elle est donc de classe C p (λ, t) → xλ (t) est
la composée de λ → xλ (t1 − η) qui est C p et de (λ, t, u) → xλ (t; t1 − η, xλ (t1 − η)
Mais alors
(t; λ, t0 , u) → xλ (t; t0 , u)
est de classe C p au voisinage de {λ0 } × [τ0 , t1 [×{u0 } et de {λ0 } ×]t1 − η, t1 + η[×{u0 } et
donc au voisinage de {λ0 } × [τ0 , t1 + η[×{u0 } ce qui contredit la maximalité de t1 .
Il est bien commode de n’avoir à traiter que des équations dont les solutions sont
définies pour tout temps. Dans le cas d’un champ de vecteurs, il y a un terme pour les
désigner.
Définition 4.4. Soit X un champ de vecteurs. S’il vérifie les hypothèses du théorème de
Cauchy-Lipschitz, et si ses solutions sont définies pour tout temps, on dit que le champ
de vecteurs est complet.
On souhaite utiliser la proposition 4.2 pour trouver des conditions simples entraînant
que les solutions de (1) sont définies sur I tout entier. On suppose pour simplifier que
I = R et Ω de dimension finie.
1
Car t → xλ0 (t) satisfait (2), et est donc dérivable en t.
3. Estimation de l’intervalle d’existence 113
d
(|x(t)|2 ) = 2⟨ẋ(t), x(t)⟩ = 2⟨X(t, x), x(t)⟩ = 0
dt
Proposition 4.5. Soit f une fonction C 1 définie sur Rn , F = {x | f (x) ≤ 0}, et X(t, x)
une équation différentielle définie pour t ∈ R et x au voisinage de F . Supposons que
df (x)X(t, x) < 0 sur f −1 (0). Alors les solutions de (1), qui sont dans F pour t = t0 ,
restent dans F pour tout temps de l’intervalle de définition supérieur à t0 .
Démonstration. On suppose les solutions définies sur [t0 , t1 ], t1 pouvant être infini. Il suffit
de montrer que si τ = sup{t | ∀s ∈ [t0 , t] , x(s) ∈ F }, alors τ = t1 . Supposons τ < t1 ,
alors x(τ ) est défini et appartient à F , et dtd f (x(t))|t=τ = df (x(τ ))X(τ, x(τ )) < 0. On en
déduit que x(t) ∈ F pour t contenu dans un petit intervalle à droite de τ , ce qui contredit
la maximalité de τ .
Corollaire 4.6. Sous les hypothèses de la proposition ci-dessus, si de plus F est compact,
une solution de (1) telle que x(t0 ) = x0 soit dans F est définie sur [t0 , +∞[
Démonstration. En effet , il ne peut y avoir explosion en temps fini, car pour tout t+ fini,
x([t0 , t+ [) est contenu dans le compact F . D’après la proposition 4.2 les solutions sont
donc définies sur un intervalle infini à droite.
Notons enfin que si X(t, x) satisfait notre critère géométrique, il en est de même pour
ϕ(t)X(t, x) quelle que soit la fonction continue strictement positive ϕ.
114 Chapitre 4. Équations différentielles non-linéaires I
Fig. 4.1 – Équation différentielle dont les solutions de condition initiale à l’intérieur de
la courbe sont définies sur [a, +∞]
Exercice 3.1. 1) Montrer que si dans la proposition on suppose seulement l’égalité au sens
large, c’est à dire df (x)X(t, x) ≤ 0 pour tout x dans f −1 (0), la conclusion est fausse ;
[Indication : on prendra f (x) = (1 − |x|2 )2 et X quelconque.]
3) Montrer que si on suppose df (x)X(t, x) ≤ 0 pour tout x dans Ω, alors les conclusions
de la proposition restent vraies. [Indication : Montrer que si x est une solution de (1),
pour chaque t1 ≥ t0 il existe un voisinage de t1 sur lequel t → f (x(t)) est décroissante.]
1 2
SE0 = {(x, p) ∈ Rn × Rn | |p| − V (x) = E0 }
2
est borné, toute solution de condition initiale dans SE0 est définie sur R.
Il est parfois utile de noter qu’une trajectoire est nécessairement contenue dans un
ensemble connexe par arcs, et il suffit alors de vérifier que les ensembles connexes par arcs
contenus dans SE0 sont compacts.
Sous cette hypothèse, c’est à dire si l’énergie totale du pendule (somme de son énergie
cinétique, 12 mℓ2 θ̇2 , et de son énergie potentielle, −mgℓ cos θ) est inférieure à l’énergie du
pendule renversé au repos, les solutions seront définies pour tout temps. On verra que
dans le cas du pendule, c’est encore vrai pour les autres conditions initiales.
Il s’agit d’exprimer que pour « aller à l’infini en temps fini » il faut « aller vite »,
c’est-à-dire que |X(t, x)| doit être suffisamment grand.
Le lemme suivant joue un rôle fondamental dans les estimations concernant les équa-
tions différentielles.
Lemme 4.7 (Lemme de Gronwall). Soit g(t, r) définie sur I × R, lipschitzienne en r, et
ρ la solution unique, que l’on suppose définie sur I, de
!
ρ̇ = g(t, ρ)
(1)
ρ(t0 ) = ρ0
L’ensemble {t ∈ I | ∀s ∈ [t0 , t], |x(s)| ≤ ρ(s)} n’est pas vide. Soit τ+ sa borne supé-
rieure. Montrons que τ+ coïncide avec la borne supérieure de I.
Maintenant l’inégalité
soit
gε (t, ρ) = g(t, ρ) + ε .
et enfin ρε la solution de !
ρ̇ε (t) = gε (t, ρε (t))
ρε (τ+ ) = ρ(τ+ )
Puisque |x(τ+ )| ≤ ρ(τ+ ) et |ẋ(t)| ≤ g(t, |x(t)|) < gε (t, |x(t)|), on doit avoir, d’après le cas
d’inégalité stricte de Gronwall,
Remarques 3.1. (A) Notons que si g est définie sur I × R et β ∈ I est une borne de
l’intervalle de définition, la croissance de ρ et la proposition 4.2 entraînent que
limt→β ρ(t) = +∞. On pose par convention ρ(t) = +∞ si t ≥ β. Avec cette conven-
tion, l’inégalité de Gronwall est encore vérifiée pour ces valeurs de t.
4. Applications du lemme de Gronwall 117
Corollaire 4.8. Soient X(t, x) défini sur I × Rn , g définie sur I × R, vérifiant l’inégalité
|X(t, x)| ≤ g(t, |x|).
!
ρ̇(t) = g(t, ρ(t))
ρ(t0 ) = |x0 |
Le lemme de Gronwall permet de montrer que si |X(t, x)| ne croît pas trop vite, les
solutions de l’équation différentielle associée ne peuvent « exploser en temps fini ».
118 Chapitre 4. Équations différentielles non-linéaires I
Proposition 4.10. Soit X définie sur I ×Ω, Lipschitz de rapport k en la seconde variable,
alors sur leur intervalle de définition,
Remarque 4.1. L’estimation n’est pas très bonne pour |t − t0 | grand, mais on ne peut, en
général, faire mieux : si X(t, x) = kx, on a x(t) = ekt x(0), et notre inégalité devient une
égalité.
4. Applications du lemme de Gronwall 119
Cette proposition permet dans le cas général de montrer que deux solutions de condi-
tions initiales proches ont des temps de vie proches, et restent proches.
Par compacité, comme X est localement Lipschitz, il existe une constante k telle que X
soit lipschitzienne de rapport k sur W (cf. exercice A du chap. 2).
Supposons |y(t0 ) − x(t0 )| < δ et δek(t+ −t0 ) < ε. Alors pour tout t′ < t+ , tel que les
solutions soient définies sur [t0 , t′ ], on a comme dans la démonstration de la proposition
précédente,
′
∀s ∈ [t0 , t′ ], |y(s) − x(s)| < δek(t −t0 ) < ε
et par suite y([t0 , t′ ]) ⊂ W . Comme W est compact, il ne peut y avoir explosion sur [t− , t′ ]
pour t′ < t+ et donc y([t− , t+ ]) est dans W , et finalement y est définie sur [t− , t+ ]. On
peut maintenant appliquer la proposition précédente sur [t− , t+ ], pour conclure que
Remarque 4.2. Bien entendu, il existe des équations pour lesquelles |y(t) − x(t)| croît
seulement linéairement en t, voire reste borné, ou tend vers zéro : dans ce dernier cas on
parle de stabilité (cf. les chapitres suivants).
Au contraire, lorsque |x1 (t) − x2 (t)| croît exponentiellement avec t, on parle de « dépen-
dance sensitive en les conditions initiales » .
C’est ce qui explique la difficulté de faire des prévisions météorologiques fiables au-delà
de quelques jours. Il s’agit en effet de résoudre une équation différentielle ordinaire, dont
la condition initiale - le temps aujourd’hui- n’est connue qu’avec une marge d’erreur : les
erreurs de mesure sur température, pression, vitesse du vent, etc. Or une erreur de mesure
à l’instant t = 0, devient une erreur de prévision ekt fois plus grande au bout d’un temps
T . En se fixant l’erreur maximale δ acceptable au temps T - prédire la température à
120 Chapitre 4. Équations différentielles non-linéaires I
30◦ C près n’intéresse personne ! - on obtient que l’erreur de mesure à l’instant initial, ε
doit être majoré par δe−kT .
Nous ne nous sommes pas inquiétés de ce que l’équation elle-même, c’est-à-dire X(t, x),
n’est connue qu’imparfaitement, mais le type d’erreur que cela induit est du même ordre :
!
ẋ2 (t) = X2 (t, x2 (t))
(2)
x2 (t0 ) = u2
(B) Nous n’avons pas supposé que X2 était lipschitzienne et cela n’est pas nécessaire.
Il suffit que x2 soit solution de l’équation. Il est inutile de supposer cette solution
unique.
Conclusion : Nous avons montré que le seul obstacle à l’existence des solutions d’une
équation différentielle pour tout temps est le phénomène d’ « explosion en temps fini »
(Proposition 4.2). Ce temps de vie est infini sous des conditions soit géométriques (Pro-
position 4.5), soit analytiques (Lemme 4.7). D’autre part, pour des équations dépendant
continûment d’un paramètre, le temps d’existence dépend continûment de ce paramètre
(Proposition 4.11), et la dépendance des solutions en fonction des paramètres, sur tout
l’intervalle d’existence est aussi régulière que celle de l’équation (Proposition 4.3). Enfin la
distance entre deux solutions de conditions initiales différentes, augmente de manière au
plus exponentielle en temps, de même que celle entre deux solutions d’équations proches
(Proposition 4.12).
5 Exercices
(A) Soit l’équation
ẍ(t) + x(t) + x(t)3 = 0
Soit x(t) une solution telle que x(0) = a, ẋ(0) = 0
(a) Trouver une fonction F sur le plan, telle que (x(t), ẋ(t)) reste sur la « courbe »
bornée, F (x, y) = c.
(b) Montrer que les solutions de l’équations sont toutes périodiques.
(c) On considère maintenant l’équation
alors " t
ϕ(t) ≤ f (t) + k f (s)ek(t−s) ds
0
(D) Montrer plus généralement que si φ, ψ sont deux fonctions continues positives et w
est une fonction positive vérifiant pour t dans [0, a]
" t
w(t) ≤ φ(t) + ψ(s)w(s)ds
0
on a
" t #" t $
w(t) ≤ φ(t) + φ(s)ψ(s) exp ψ(τ )dτ ds
0 s
%t
[Indication : on posera y(t) = 0
ψ(s)w(s)ds et on cherchera une inégalité différen-
tielle vérifiée par y].
(E) Soit f (t, x) une fonction continue sur R × Rn vérifiant l’inégalité
|z(τ )| ≥ δ,
alors " δ
dρ
τ≥ .
0 ω(ρ)
(b) On revient maintenant à l’hypothèse (*). Montrer que le résultat précédent
% 1 dρ
reste vrai. En déduire que si 0 ω(ρ) = +∞ on a unicité de la solution.
(F) Soit f : Rn → Rn telle que f (0) = 0 et qu’il existe des constantes A, B telle que
pour tout z dans Rn la matrice df (z) satisfait l’inégalité
(a) Soit x ∈ Rn γx (t). On cherche un chemin de classe C 1 , γx (t), t ∈ [0, 1] tel que
f (γx (t)) = tx Montrer que cela équivaut à df (γx (t))γ̇x (t) = x, soit
Dans ce chapitre sont mis en place les différents objets intervenant dans notre approche
globale des équations différentielles ordinaires : le flot, qui permet de considérer simulta-
nément plusieurs solutions, les orbites et leur représentation graphique, le portrait de
phase. Enfin, nous étudions comment les flots se transforment par changement de va-
riable, et le théorème de redressement nous permet de comprendre leur comportement au
voisinage des points où le champ ne s’annule pas. Cette étude permet encore d’introduire
d’autres notions, comme l’application de premier retour, afin d’étudier le comportement
des solutions au voisinage d’une solution périodique.
Nous abordons ensuite la théorie classique des perturbations, qui permet de décrire les
solutions proches d’une solution donnée, ou les équations proches d’une équation donnée.
Apparue dans un mémoire d’Euler, présenté à l’Académie des Sciences en 1747, cette
théorie a pour but d’estimer l’effet de la force d’attraction du Soleil, supposé petite, sur le
mouvement Terre-Lune. En d’autres termes, il s’agit du problème dit des trois corps dont
l’approche perturbative fut élaborée peu après par Clairaut et d’Alembert. Au cours du
19ème siècle, ce sont en particulier les difficultés crées par les termes séculaires de cette
théorie qui occupèrent nombre de mathématiciens et d’astronomes jusqu’à Poincaré. La
méthode de Lindstedt utilisées pour surmonter les difficultés liées à ces termes séculaires
est présentée dans l’exercice (G).
125
126 Chapitre 5. Équations différentielles non-linéaires II
L’une des idées de base de la théorie des systèmes dynamiques, c’est de ne pas regarder
une seule solution à la fois, mais de les considérer toutes simultanément. Si ce point de
vue demande initialement un important effort conceptuel, on en recueille vite les fruits.
Soit
(1) ẋ = X(t, x)
ϕ : R × R × Rn → Rn
telle que ϕ(t, t0 , x0 ) = x(t) où x est la solution de (1) avec condition initiale x(t0 ) = x0 .
Dans la suite on utilisera la notation ϕtt0 (x) au lieu de ϕ(t, t0 , x0 ). Lorsque X est
linéaire, le flot n’est rien d’autre que la résolvante : ϕtt0 = Rtt0 .
Définition 5.2. Si X(t, x) ne dépend pas de t, on dit que l’équation est autonome, ou
encore que X(x) est un champ de vecteurs. Dans le cas contraire, l’équation est dite
non-autonome.
Il vérifie
Démonstration. L’application ϕtt0 est de classe C k a été déjà démontré dans la proposition
4.3 du chapitre 4.
Enfin, c’est bien un difféomorphisme, puisque son inverse, ϕtt01 est aussi de classe C k .
Remarque 1.1.
1. Flots, portrait de phase, redressement 127
La formule (2) devient alors ϕt ◦ϕu = ϕt+u . On obtient donc un sous-groupe du groupe
des difféomorphismes de Rn isomorphe à R.
d t d d
ϕ (x) |t=s = ϕt+s (x) |t=0 = ϕt ϕs (x) |t=0 = X(ϕs (x))
dt dt dt
(A) (cas Gx = R) des points, (ceux où X(x0 ) = 0) appelés points singuliers, ou zéros
du champ de vecteurs.
(B) (cas Gx = T Z) des orbites périodiques (il existe T > 0 appelé période, tel que
ϕT (x) = x), difféomorphes à des cercles.
(C) (cas Gx = {0}) des images de R par une injection continue.
On voit les trois sortes d’orbites sur le portrait de phase du pendule, en coordonnées
(θ, θ̇) dans la figure 5.1.
1
On dit que le sous-groupe est de classe C k si (t, x) 6→ ϕt (x) est de classe C k en les deux variables.
128 Chapitre 5. Équations différentielles non-linéaires II
Notons que les flots sont un moyen commode de construire des difféomorphismes que
l’on ne sait pas « fabriquer explicitement » (cf. exercice (E)). On pourra aussi se reporter
à l’exercice (M) du chapitre 8.
Un cas simple est celui des systèmes conservatifs, c’est-à-dire du type Hamiltonien
ẍ + ∇V (x) = 0
ou encore du type
!
ẋ = ∂H
∂y
ẏ = − ∂H
∂x
Dans ce cas la quantité H(x, y) est constante sur les trajectoires, car
d ∂H ∂H ∂H ∂H ∂H ∂H
H(x(t), y(t)) = ẋ + ẏ = − =0
dt ∂x ∂y ∂x ∂y ∂y ∂x
On trace alors les courbes {(x, y) ∈ R2 | H(x, y) = c} et les trajectoires sont contenues
dans ces courbes. Le lemme suivant est alors utile pour dessiner le portrait de phase, car
il permet d’affirmer que le trajectoires ne peuvent être arrêtées que par un zéro du champ
de vecteurs.
Lemme 5.4. Soit x(t) la solution d’une équation différentielle autonome, et supposons
que limt→∞ x(t) = x∞ . Alors x∞ est un zéro du champ de vecteurs.
Ce lemme nous permet d’affirmer que sur un niveau de H sans zéro, les trajectoires
coïncident avec les composantes connexes du niveau de H.
Dans cette section la régularité des champs de vecteurs est au moins de classe C 1 . On
souhaite décrire le portrait de phase d’un champ, et dire si deux champs de vecteurs se
ressemblent, cette « ressemblance » signifiant qu’il existe un difféomorphisme conjuguant
les deux flots, c’est-à-dire hϕt h−1 = ψ t (ϕt et ψ t sont les flots, h le difféomorphisme). En
particulier cela entraîne que les portraits de phase sont difféomorphes.
Définition 5.5. Soit h un difféomorphisme, X(t, x) un système dynamique. On note h∗ X
le système dynamique Y défini par
En particulier si X est autonome, Y l’est aussi, et h envoie les orbites de X sur celles de
Y.
Démonstration : Il suffit de vérifier que ψtt0 (x) et h ◦ ϕtt0 ◦ h−1 (x) vérifient la même
équation différentielle avec la même condition initiale en t0 . Or en t = t0 , les deux fonctions
prennent la valeur x et on a
d d
(h ◦ ϕtt0 ◦ h−1 (x)) |t=τ = dh(ϕtt0 ◦ h−1 (x)) ϕtt0 |t=τ (h−1 (x)) =
dt dt
τ −1 τ −1
dh(ϕt0 ◦ h (x))X(τ, ϕt0 ◦ h (x)) =
dh(h ◦ (h ◦ ϕτt0 ◦ h−1 ))X(τ, h−1 ◦ (h ◦ ϕτt0 ◦ h−1 (x))) =
−1
# $
cos(θ) −r sin(θ)
dh(r, θ) =
sin(θ) r cos(θ)
# $
cos(θ) sin(θ)
et donc dh (r cos(θ), r sin(θ)) =
−1
− 1r sin(θ) 1r cos(θ)
Si (ex , ey ) est une base du plan, et X(x, y) = Xx (x, y)ex + Xy (x, y)ey , on aura
& y
2
en effet l’application inverse, (x, y) → ( (x2 + y 2 ), Arcsin( √ )) est bien de classe C 1 sur un
(x2 +y 2 )
tel ouvert.
1. Flots, portrait de phase, redressement 131
Nous pouvons maintenant décrire l’allure d’un champ de vecteurs au voisinage d’un
point non-singulier (i.e. tel que X(x0 ) ̸= 0).
Soit ϕt le flot de X, et
ρ : Rn 6−→ Rn
(t, x2 , ..., xn ) 6−→ ϕt (0, x2 , ..., xn )
En effet, dρ(0) = ∂ρ ∂t
(0)dt + ∂ρ
∂x2
(0)dx2 + ... + ∂ρ
∂xn
(0)dxn . Mais ϕ0 = id donc
ρ(0, x2 , . . . , xn ) = (0, x2 , . . . , xn ) et
∂ρ d ∂ρ ∂ϕ0
(0) = ϕt (0)|t=0 = X(0), (0) = (0) = ej
∂t dt ∂xj ∂xj
Cela entraîne que dρ(0) = X(0)dt + e2 dx2 + ...en dxn , et puisque par hypothèse,
(X(0), e2, . . . , en ) forme une base de Rn , on conclut que dρ(0) est inversible. D’après
le théorème d’inversion locale, ρ est un difféomorphisme local. Comme si Z est le champ
de vecteurs constant (1, 0, , ..., 0), de flot ψ t , l’application ρ est telle que
L’étude des champs de vecteurs au voisinage d’un point d’équilibre (aussi appelée
singularité) est un sujet beaucoup plus difficile, qui est encore aujourd’hui le sujet de
recherches actives.
Remarque 1.3. On appelle boîte de flot un domaine U sur lequel est défini un redresse-
ment de X, c’est à dire une difféomorphisme h tel que h∗ X soit constant.
1. Flots, portrait de phase, redressement 133
u
ϕΤ(u)
On a
∂ d
f (t, u)|(T,u0) = dx1 (ϕt (u)) (ϕt (u))t=T = dx1 (u0 )X(u0 )
∂t dt
3
Le terme est en fait utilisé pour tout morceau d’hypersurface, Σ tel que Tx Σ soit supplémentaire de
X(x), mais il faudra attendre le chapitre 8 pour une définition formelle.
4
C’est-à-dire que T est le plus petit réel strictement positif tel que ϕT (u0 ) = u0
134 Chapitre 5. Équations différentielles non-linéaires II
Dire que Σ est une section de Poincaré signifie que X(u0) n’est pas dans Σ, et donc
que dx1 (u0 )X(u0 ) ̸= 0. Quitte à restreindre δ et V , le théorème des fonctions implicites
nous garantit l’existence d’une fonction T (u) de classe C k définie sur V , telle que t = T (u)
soit l’unique solution de x1 (ϕt (u)) = 0 contenue dans ]T − δ, T + δ[. En d’autres termes
ϕT (u) (u) ∈ Σ.
Montrons que si V est choisi suffisamment petit, T (u) est bien le temps de premier
retour de u sur Σ.
Mais alors, puisque limn un = u0 on a par continuité du flot, que ϕT∞ (u0 ) = u0 ce qui
contredirait la minimalité de T comme période de u0 .
Considérons un système de coordonnées dont le premier vecteur est donné par X(u0 )
et les autres sont dans Σ. toujours donnée par l’équation x1 = 0.
On a en effet
d t+T d
ϕ (u0 )|t=0 = dϕT (u0) ϕt (u0 )|t=0 = dϕT (u0 )X(u0)
dt dt
Mais
d t+T d
ϕ (u0)t=0 = ϕt (u0 )t=0 = X(u0)
dt dt
Comme ϕT est un difféomorphisme, dϕT est inversible, et donc dr(u0) aussi. Le théo-
rème d’inversion locale permet alors de conclure que r est un difféomorphisme local.
Remarques 1.1. (A) On aurait pu voir directement que r est un difféomorphisme local
en construisant son inverse, l’application de « dernier passage », qui n’est autre que
l’application premier retour pour −X.
(B) On pourra aussi calculer la différentielle du temps de premier retour (cf. exercice
(J)).
Nous voulons ici déterminer de manière plus précise le comportement des solutions
proches d’une solution donnée. En premier lieu, nous voulons calculer dϕtt0 (x0 ) où ϕtt0 est
le flot de X(t, x), que l’on supposera de classe C 1 .
d t
ϕt0 (x) = X(t, ϕtt0 (x))
dt
d
L(t0 , t, x) = dX(t, ϕt (x))L(t0 , t, x)
dt
v̇ = A(t)v
Notons que pour une équation d’ordre supérieur, il est inutile de se ramener à une
équation d’ordre un pour calculer le linéarisé du flot (du moins si on se contente d’avoir
d
5
Si f est une fonction de (t, x) on note dt f (t, x) la dérivée partielle de f par rapport à t et df (t, x) la
dérivée partielle par rapport à x.
136 Chapitre 5. Équations différentielles non-linéaires II
le linéarisé sous forme de solution d’une équation d’ordre supérieur), et que la méthode
la plus commode, est encore de substituer dans l’équation le développement limité de la
solution, en identifiant les termes de même ordre en le petit paramètre. On peut aussi, si
X est de classe C k , calculer les différentielles d’ordre supérieur de ϕtt0 .
Exemple 2.1. Considérons l’équation du pendule
ẍ + ω 2 sin(x) = 0
v̈1 + ω 2v1 = 0
Donc la solution avec condition initiale x(0) = ε, ẋ(0) = 0 est donné par x(t) =
ε cos(ωt) + O(ε2) et on peut bien évidemment calculer les termes d’ordre supérieur :
Posons
x(t) = ε · v1 (t) + ε2 · v2 (t) + ε3 v3 (t) + O(x40 )
avec condition initiale x(0) = ε, ẋ(0) = 0 c’est-à-dire que v1 (0) = 1, v̇1 (0) = 0, v2 (0) =
v̇2 (0) = 0 , v3 (0) = v̇3 (0) = 0.
x0 v̈1 + x20 v̈2 + x30 v̈3 + O(x40 ) + ω 2 sin(x0 v1 + x20 v2 + x30 v3 + O(x40 )) = 0
Utilisant le développement du sinus à l’ordre 3 on obtient
2 ω2 3
x0 (v̈1 + ω v1 ) + x20 (v̈2 2
+ ω v2 ) + x30 (v̈3 2
+ ω v3 − v1 )
6
soit
v̈1 + ω 2v1 = 0
v̈2 + ω 2v2 = 0
ω2 3
v̈3 + ω 2 v3 = v
6 1
Puisque v1 (t) = cos(ωt), la seconde équation est impaire de condition initiale nulle v2
est donc nulle.
6
notons que ce ne sont pas les calculs qui justifient l’existence du développement, mais le théorème de
Cauchy-Lipschitz à paramètres. Une fois l’existence de ce développement acquise, il est facile de voir que
les calculs suivants en fournissent nécessairement les coefficients.
2. Linéarisation et théorie des perturbations pour un flot 137
nous donne
1 1 3
v3 (t) = cos(ωt) − cos(3ωt) + ωt · sin(ωt)
32 32 8
En définitive on obtient
# $
ε3 1 1 3
x(t) = ε cos(ωt) + cos(ωt) − cos(3ωt) + ωt · sin(ωt) + O(ε5)
6 32 32 8
Exercice 2.1. Trouver le développement de la période des oscillations du pendule en fonc-
tion de l’amplitude des oscillations, ε.
Remarque 2.1. Dans la formule ci dessus on a un terme en t sin(ωt) qui n’est pas pério-
dique, bien que l’on sache a priori que si x0 est assez petit, x(t) est périodique. Cela n’a
rien d’absurde, une somme de termes non-périodiques peut très bien être périodique, mais
cela pose le problème de l’approximation de x(t) par le développement asymptotique ci-
dessus lorsque t est grand. Les termes de la forme tp cos(ωt) où tp sin(ωt) pour p supérieur
à un, appelés termes séculaires, furent considérés avec beaucoup d’attention au cours
de la deuxième moitié du 19ème siècle. On verra dans l’exercice (G) une des méthodes
utilisées pour s’en débarrasser.
On peut aussi lorsqu’on a une famille Xµ (t, x) de champs de vecteurs, et xµ (t) une
solution de condition initiale xµ (t0 ) = u0, calculer les différentielles de xµ (t) par rapport à
µ. On supposera la solution connue pour la valeur µ = 0 du paramètre, et on cherche les
dérivées en µ de xµ (t) en µ = 0. Celles-ci permettent de calculer le développement limité
d
En effet, posant ξ(t) = ξ1 (t) = x (t)|µ=0 ,
dµ µ
on a
d d d d d
ξ(t) = xµ (t) = xµ (t)
dt dt dµ dµ dt
d’après le Lemme de Schwarz. Cette dernière quantité est donnée par
# $
d d
(Xµ (t, xµ (t)) = Xµ (t, xµ (t)) + dXµ (t, xµ (t))ξ(t)
dµ dµ
138 Chapitre 5. Équations différentielles non-linéaires II
d ∂ d
ξ(t) − X0 (t, x0 (t))ξ(t) = Xµ (t, xµ (t))|µ=0
dt ∂x dµ
et ξ vérifie une équation linéaire inhomogène dont l’équation homogène associée est la
linéarisée du flot. On peut donc écrire
" t
d
ξ(t) = L(s, t, x0 )
Xµ (t, xµ (t))ds
t0 dµ
Proposition 5.11. Soit xµ une famille de solutions de l’équation
ẋµ = Xµ (t, xµ (t)); xµ (0) = u0
On suppose que l’application (t, µ, x) −→ Xµ (t, x) est de classe C 1 . Alors µ → xµ (t) est
%t d
différentiable de différentielle en µ = 0 égale à ξ(t) = t0 L(s, t, x0 ) dµ Xµ (t, xµ (t))ds.
On obtient de la même manière les coefficients d’ordre supérieur. Les calculs sont du
même type que ceux pratiqués pour une variation de la condition initiale. La meilleure
méthode est d’identifier les coefficients.
Exemple 2.2. Considérons l’équation de Van der Pol
ẍ + µ(x2 − 1)ẋ + x = 0
La solution admet donc le développement limité xµ (t) = x0 (t) + µx1 (t) + ...
Le calcul pour a, b quelconque est laissé en exercice (on conseille vivement l’utilisation
d’un logiciel de calcul formel). Mais en partant de la solution x0 (t) = cos(t) (a = 1, b = 0)
on obtient
x1 (t) = − 83 t cos(t) + 1
32
sin(3t) + 9
32
sin(t)
ẍ2 (t) + x2 (t) = −[2x0 (t)x1 (t)ẋ1 (t) + (x0 (t)2 − 1)ẋ1 (t)]
5 113 9 5 9 3 2
x2 (t) = − t sin(t) + cos(t) − cos(3t) − cos(5t) − t sin(3t) + t cos(t)
64 3072 256 3072 256 128
3. Compléments : Aspects topologiques, théorème de Poincaré-Bendixson 139
2.1 Application
ẍ + ∇V (t, x) = 0
se réécrit
ẋ = y, ẏ = −∇V (t, x)
son flot ϕtt0 (x, y) préserve le volume n-dimensionnel (et donc en dimension deux φtt0 pré-
serve l’aire.). En effet, le linéarisé du flot est donné par
ξ˙ = η, η̇ = V ′′ (t, x(t))η
qui est de trace nulle. D’après le théorème de Liouville, dϕtt0 (x) préserve donc le volume,
ou encore det(dϕtt0 (x)) = 1, et on a donc :
Théorème 5.12 (Théorème de Liouville non-linéaire). Soit ϕtt0 le flot d’une équation
différentielle X(t, x) définie sur Rn , telle que ∇ · X(t, x) = trace(dX(t, x)) = 0. Alors ϕtt0
préserve la mesure de Lebesgue.
Une des premières applications de type topologique du théorème des sections de Poin-
caré est le théorème de Poincaré-Bendixson. Ce théorème permet sous certaines hypo-
thèses de montrer l’existence d’orbites périodiques pour un champ de vecteurs du plan.
L’importance des orbites périodiques vient tout d’abord de ce qu’elles correspondent à des
140 Chapitre 5. Équations différentielles non-linéaires II
solutions oscillantes d’un système mécanique ou électrique. Mais ces solutions se sont avé-
rées jouer un rôle fondamental non seulement pour les systèmes dynamiques, mais aussi
dans de nombreux autres domaines, que ce soit pour l’étude des équations aux dérivées
partielles, ou en géométrie différentielle.
(A) si Z ⊂ Y et Y est fermé, invariant par le flot positif (i.e. ϕt (Y ) ⊂ Y pour tout
t > 0), alors Lω (Z) ⊂ Y .
(B) Lω (z) est fermé (exercice (C) du chapitre 1).
(C) Lω (Z) est invariant par le flot, car si u = limn ϕtn (z) on a ϕτ (u) = limn ϕτ +tn (z).
(D) si Lω (z) est borné, il est connexe (cf. exercice (I))
Il résulte en particulier des propriétés (A) et (C) que Lω (Lω (z)) ⊂ Lω (z).
Théorème 5.14 (Poincaré-Bendixson). Soit x(t) une solution d’un champ de vecteurs
X du plan. Si x(t) reste bornée lorsque t tend vers +∞ alors l’adhérence de x(t) contient
un point singulier de X ou une orbite périodique. Dans ce dernier cas, et si x(t) n’est pas
elle-même périodique on dit que l’orbite périodique est un cycle limite .
Il s’agit d’abord de comprendre comment une trajectoire peut intersecter une section
de Poincaré, Σ, dans notre cas un segment du plan.
Définition 5.15. Soit γ une courbe paramétrée injectivement par un segment [a, b]. Étant
donnés trois points γ(t1 ), γ(t2 ), γ(t3 ) sur γ([a, b]), on dira que γ(t2 ) est entre γ(t1 ) et
γ(t3 ) sur γ, si t1 < t2 < t3 . Cette notion ne change pas si on inverse le sens de parcours
de γ (i.e. si on remplace γ par γ −1 (t) = γ((a + b) − t)). On dit par abus de langage que
les points sont ordonnés.
Considérons trois points x(t1 ), x(t2 ), x(t3 ) sur Σ. On a alors deux notions d’ordre, la
première donnée par leur position sur la trajectoire la deuxième par leur position sur Σ.
Lemme 5.16. Les ordres de x(t1 ), x(t2 ), x(t3 ) sur la trajectoire et sur Σ coïncident
... < t2 = τk < .... < τn = t3 sont les instants de rencontre, il suffit de montrer que
x(τj ), x(τj+1 ), x(τj+2 ) sont ordonnés sur Σ pour conclure que x(t1 ), x(t2 ), x(t3 ) le sont.
x(t3- ε) x(t3)
x(t1)
Fig. 5.5 – Illustration du Lemme 1 : dans la situation de la figure, les points bleus seraient
dans la même composante connexe du complémentaire de γ, contredisant le théorème de
Jordan
Lemme 5.17. L’ensemble Lω (x) est une réunion d’orbites qui ne rencontre une section
de Poincaré qu’en un point au plus.
Démonstration. Il est clair d’après la propriété (C) que Lω (x) est réunion d’orbites.
Soient alors y, z deux points de Lω (x) ∩ Σ. Il existe deux suites, sn , tn tendant vers +∞,
telles que limn x(sn ) = y et limn x(tn ) = z.
Mais quitte à extraire des sous-suites, on peut supposer que sn < tn < sn+1 < tn+1 .
Puisque pour n assez grand, les x(sn ) sont tous près de y et les x(tn ) près de z, et que
d’après le lemme, sur Σ, x(tn ) est entre x(sn ) et x(sn+1 ), on a nécessairement y = z.
Démonstration de Poincaré-Bendixson. Considérons Lω (x), qui est non vide par hypo-
thèse. On va montrer que si cet ensemble ne contient pas de zéro de X il est réduit à
142 Chapitre 5. Équations différentielles non-linéaires II
une orbite périodique. En effet, si z ∈ Lω (x), l’orbite de z est bornée, donc Lω (z) est
non-vide. Soit u ∈ Lω (z) alors il existe des points de l’orbite de z arbitrairement proches
de u. Si u n’est pas singulier, il existe une section de Poincaré en u, et l’orbite de z coupera
cette section une infinité de fois, ce qui contredit le lemme 5.17, sauf si ces points sont
confondus, auquel cas l’orbite est périodique.
On a donc montré que Lω (z) contient un zéro de X, ou une orbite périodique. Comme
d’après la remarque précédant l’énoncé du théorème, Lω (z) ⊂ Lω (x), cela termine la
démonstration.
On peut donner plus de détails sur la structure de Lω (x) dans le cas général. Si Lω (x)
contient une orbite périodique, alors Lω (x) est égal à cette orbite, et l’orbite de x « spirale »
vers cette courbe. Si Lω (x) contient des zéros de X, il peut alors y en avoir plusieurs, reliés
par des trajectoires, l’ensemble formant une courbe fermée, et la trajectoire de x spirale
vers cette réunion d’orbites 7 .
Fig. 5.6 – Cas où Lω (x) est réunion de points singuliers et de trajectoires hétéroclines
Proposition 5.18. Si X est partout rentrant dans Ω, toute solution qui est dans Ω pour
t = 0 y reste pour tout t positif. En particulier si x ∈ Ω, alors Lω (x) ⊂ Ω
7
On ne peut exclure le cas où Lω (x) serait un ensemble connexe de zéros de X.
4. Appendice : Théorème de Jordan 143
Dire que le champ est rentrant, signifie que X(x) = u1 (x) ∂x∂ 1 + . . . + un (x) ∂x∂n où
un (x(τ )) < 0. Alors une solution vérifie ẋn (τ ) = un (x(τ )) < 0 et donc comme xn (τ ) = 0,
on en déduit xn (τ + t) < 0 pour t assez petit. Mais alors x(τ + t) ∈ Ω et cela contredit la
maximalité de τ .
Ce théorème affirme que si γ est un courbe fermée continue plongée dans le plan,
c’est-à-dire l’image par une injection continue du cercle S 1 , alors son complémentaire a
deux composantes connexes, l’une bornée l’autre non bornée.
Montrer que le complémentaire n’est pas connexe, est en fait nettement plus facile.
Pour cela la méthode la plus simple utilise le théorème des résidus. Encore faut il veiller
à ne pas utiliser une variante de Jordan pour le démontrer !
5 Exercices
(A) Soit f : R → R l’application f (x) = (x2 − 1)ecos x . On considère l’équation
ẋ(t) = f (x(t))
x(0) = x0
(a) Montrer que si −1 < x0 < 1, les solutions sont définies pour tout temps.
Montrer que si x0 < −1 elles sont définies sur un intervalle contenant [0, +∞, [,
et si x0 > 1 sur un intervalle contenant ] − ∞, 0[.
(b) Lorsque x0 > 1 l’intervalle de définition contient-il [0, +∞[ ?
(B) On considère le système
!
ẋ(t) = y(t) + ε(x(t)2 + y(t)2 − 1)x(t)
(1)
ẏ(t) = −x(t) + ε(x(t)2 + y(t)2 − 1)y(t)
On suppose ε > 0.
(a) Quels sont les zéros du champ de vecteurs ?
(b) Montrer qu’une solution de condition initiale dans le disque {x2 + y 2 ≤ 1} reste
dans ce disque.
(c) Quel est le temps de vie des solutions ?
(d) Donner le développement limité de la solution de condition initiale xε (0) =
1/2, ẋε (0) = 0 en ε = 0 à l’ordre 1.
(C) Dessiner le portrait de phase d’un pendule avec frottement. On pourra comparer le
résultat avec celui fourni par Maple.
(D) Soit f un difféomorphisme de Rn préservant l’orientation (i.e. det(df (x)) > 0). On
veut montrer qu’il existe une équation différentielle X(t, x) dont le flot au temps
un, ϕ1 soit égal à f .
a) Montrer que s’il existe une famille continue ft de difféomorphismes de Rn telle
que f0 = Id et f1 = f alors ft est le flot d’une équation différentielle.
5. Exercices 145
Montrer qu’il en est de même si on suppose simplement que f0 est flot au temps un
d’un système dynamique.
b) En posant f0 (x) = df (0)x et ft (x) = 1t f (t · x), montrer en utilisant a) qu’il suffit
de trouver un chemin de difféomorphismes entre Id et un élément quelconque de
GL+ (n) = {A ∈ GL(n) | det(A) > 0}
c) Que dire dans le cas où f renverse l’orientation.
(E) Lemme de Morse. Soit f : Rn → R une application C 2 . Supposons que pour a < b,
le module du gradient de f , |∇f (x)|, soit minoré par une constante strictement
positive sur f −1 ([a, b]). Alors f −1 (a) et f −1 (b) sont difféomorphes8 .
∇f (x)
On pourra montrer que le flot de X(x) = |∇f (x)|2
est défini pour tout temps, et
envoie f (a) sur f (b) Indication : on calculera f (ϕt (x)) en calculant sa dérivée,
−1 −1
df (x)X(x).
(F) Soit γ(t) une orbite de période T du champ de vecteurs
(K) Donner un exemple où Lω (Z) n’est pas fermé. On pourra utiliser un segment ortho-
gonal à un des axes du portrait de phase d’un point selle.
10
cf Storia dell’Astronomia Antica, vol.1 t.2 p.11., ou l’article de G. Gallavotti,
http ://[Link]/pagine/deposito/1999/[Link]
5. Exercices 147
(L) Soit f une fonction ayant ses points critiques isolés. On pose X(x) = ∇f (x).
(a) Montrer que X n’a pas d’orbites périodiques non constantes
(b) Montrer que les seules trajectoires bornées de X sont les constantes en les points
critiques de f , et les trajectoires reliant deux points critiques de f , appelées
trajectoires hétéroclines.
(M) Indice d’un champ de vecteurs le long d’une courbe
Soit γ une courbe fermée de R2 paramétrée par [0, 2π], et X un champ de vecteurs
autonome défini sur γ et ne s’y annulant pas. On note ϕ(θ) la détermination continue
de l’angle que fait X(γ(θ)) avec l’axe Ox (voir l’exercice (O) du chapitre 1)).
On pose alors I(γ, X) = (ϕ(2π) − ϕ(0))/2π
a) Montrer que I(γ, X) est un entier
b) Montrer que si Xs (x) est une famille continue de champs de vecteurs vérifiant les
conditions de définition de I pour toutes les valeurs de s, alors I(γ, Xs ) ne dépend
pas de s.
c) Montrer de même que si γs , Xs (t, x) sont respectivement une famille de courbes
et de champ de vecteurs, pour lesquels I(γs , Xs (x)) soit définie, alors ce nombre est
constant.
d) Montrer que si une courbe γ est le bord d’un disque qui ne contient aucun zéro
du champ de vecteur X, alors I(γ, X) = 0.
e) Montrer que si γ est le cercle unité et X pointe toujours intérieurement, alors
I(γ, X) = 1 (on peut déformer X|γ en le champ X(eiθ ) = −eiθ , et montrer que ce
champ a indice 1)
f) (théorème de Brouwer)
Montrer que si f est une application continue du disque fermé dans lui-même, elle
possède au moins un point fixe (calculer l’indice de X(x) = f (x) − x sur le cercle
unité et conclure).
(N) (a) Soit X un champ de vecteurs défini sur un disque fermé, et x0 un point tel que
{ϕt (x) | t ≥ 0} soit contenu dans le disque. Montrer que X possède un zéro
à l’intérieur du disque. On pourra regarder « le plus petit » cycle limite (au
sens de l’inclusion des domaines délimités) défini par X et utiliser Poincaré-
Bendixson pour contredire sa minimalité.
(b) Que dire pour un champ de vecteurs défini sur un disque ouvert ? sur un anneau
fermé ?
Chapitre 6
1 Introduction
dont le flot est noté ϕtt0 . Comme d’habitude nous supposerons vérifiées les hypothèses
du théorème de Cauchy-Lipschitz, le flot défini pour tout temps, et le champ X suffisam-
ment régulier1 .
Étant donnée une condition initiale, on veut savoir si les trajectoires de conditions
initiales voisines, restent proches. En d’autres termes on veut estimer d(ϕtt0 (x), ϕtt0 (x0 ))
lorsque t tend vers ±∞.
- stable si quel que soit ε > 0 , il existe η > 0 tel que pour tout t > t0 , ϕtt0 (B(x0 , η)) ⊂
B(ϕtt0 (x0 ), ε).
149
150 Chapitre 6. Stabilité des solutions d’équations différentielles
On se limitera au cas des équilibres et des orbites périodiques, seuls cas où la trajectoire
est compacte.
Remarque 1.1. (A) La condition que pour tout x dans un voisinage de x0
lim d(ϕt (x), ϕt (x0 )) = 0
t→+∞
n’entraîne pas la stabilité. En effet, la convergence de d(ϕt (x), ϕt (x0 )) vers 0 lorsque
t tend vers l’infini n’est pas nécessairement uniforme en x (cf. exercice (C)).
Exercice 1.1. Montrer que la stabilité asymptotique de l’orbite x0 (t) entraîne que
pour tout t0 , il existe un voisinage de x(t0 ) tel que si x est dans ce voisinage,
limt→∞ d(φtt0 (x), φtt0 (x0 )) = 0.
Les fonctions de Liapounov appliquent cette idée à des flots plus généraux que les
gradients.
Définition 6.2. Soit x0 un zéro du champ de vecteurs X, et U un voisinage de x0 . Une
fonction L continue et définie sur U est une fonction de Liapounov, si
(A) L atteint son minimum sur U en un point unique, x0 (qui est donc un minimum
strict pour L)
(B) pour x ̸= x0 , t 6→ L(ϕt (x)) est strictement décroissante sur son domaine de défini-
tion.
La seconde condition est évidemment vérifiée si ⟨∇L(x), X(x)⟩ < 0 pour x ̸= x0 . C’est
souvent cette condition que l’on vérifie en pratique.
2
Éviter en tous cas le terme ambigu : « asymptotiquement instable ».
2. Fonctions de Liapounov et critère de Routh 151
Théorème 6.3. S’il existe une fonction de Liapounov pour l’équilibre x0 , celui-ci est
asymptotiquement stable.
Démonstration : On suppose pour simplifier les notations que L(x0 ) = 0 et que U est
compact (sinon on le remplace par une boule fermée plus petite). Alors, quel que soit
ε > 0 il existe c > 0 tel que U c = {x ∈ U | L(x) < c} soit contenu dans B(x0 , ε). Sinon,
il existerait une suite zn dans le compact U \ B(x0 , ε), telle que L(zn ) tende vers 0. Une
valeur d’adhérence y de zn est nécessairement distincte de x0 , on aura L(y) = 0, et x0
n’est donc pas un minimum strict.
◦
Soit alors c tel que U c = {x ∈ U | L(x) < c} ait son adhérence dans U (en d’autres
termes, U c ne rencontre pas la frontière de U).
Comme la fonction L(ϕt (x)) est strictement décroissante, si x est dans U c , ϕt (x) reste
dans U c qui est borné et donc le flot est défini pour tout t > 0. Puisque pour tout ε > 0,
il existe c tel que U c ⊂ B(x0 , ε), et que U c est un voisinage de x0 il existe δ > 0 tel que
B(x0 , δ) ⊂ U c . On aura alors pour tout t > 0,
De plus L(ϕt (x)) étant décroissante, elle a pour limite 0, et alors vu que L−1 (0) = x0 ,
on a limt→+∞ x(t) = x0
- soit L(ϕt (x)) tend vers une limite finie l > 0.
Dans le second cas, puisque L−1 (l) est fermé dans U, donc compact, on peut consi-
dérer x̄ = limn→∞ ϕtn (x) une valeur d’adhérence3 de ϕt (x). Pour T > 0, et par conti-
nuité de L (et du flot), L(ϕT (x̄)) = limn→∞ L(ϕT +tn (x)). Comme L est décroissante,
limt→∞ L(ϕt (x)) = L(x̄) = l. Le point x̄ n’est donc pas un point de décroissance stricte
de L le long de son orbite : c’est donc x̄ = x0 .
Fig. 6.1 – Trajectoires d’un champ de vecteurs et niveaux d’une fonction de Liapounov
du champ
où Y (t, 0) = 0 pour tout t. Il est clair que la stabilité de l’origine pour Y équivaut
à celle de x0 pour X.
(B) On pourra appeler une fonction L vérifiant les hypothèses du théorème fonction de
Liapounov pour X(t, x) (en x0 ). Si dans le cas des champs de vecteurs, la termi-
nologie est indépendante des auteurs, ce n’est pas le cas pour une équation non-
autonome.
Exemples 2.1. (A) Soit ẋ = −∇V (x). Alors, si x0 est un minimum local strict de V , V est
fonction de Liapounov. Les minima locaux stricts de V sont donc asymptotiquement
stables.
(B) Si la fonction L est seulement décroissante au sens large sur les trajectoires, alors
on a stabilité de l’équilibre, mais pas nécessairement stabilité asymptotique. Le cas
le plus intéressant est celui des systèmes conservatifs (voir la remarque suivante).
(C) Soit ẍ + ∇V (x) = 0 un système conservatif. Le champ de vecteurs associé est
donné par X(x, p) = (p, −∇V (x)). Les points d’équilibre correspondent aux points
(x0 , 0) tels que le gradient de V s’annule en x0 . L’équilibre est alors stable si x0
est un minimum local strict de V , que l’on supposera égal à 0 pour simplifier. Soit
U un voisinage de x0 sur lequel V atteint son minimum absolu en x0 . L’ensemble
2. Fonctions de Liapounov et critère de Routh 153
U c = {x ∈ U | V (x) < c} est alors contenu dans B(x0 , ε) pour c assez petit (même
argument que dans la démonstration du théorème).
d 1
( |ẋ(t)|2 + V (x(t))) =< ẋ(t), ẍ(t) > + < ∇V (x(t)), ẋ(t) >= 0
dt 2
Donc 12 |x|2 + V (x) est constante sur les trajectoires. Cela montre que x0 est stable,
car un point de U c reste dans U c , mais n’est pas asymptotiquement stable.
(D) Soit ẍ + f ẋ + ∇V (x) = 0 un système conservatif auquel on ajoute un terme de
frottement (de coefficient f > 0). Alors l’énergie du système décroît au cours du
temps : 12 |ẋ|2 + V (x) est strictement décroissante :
d 1
( |ẋ(t)|2 + V (x(t))) =< ẋ(t), ẍ(t) > + < ∇V (x(t)), ẋ(t) >= −f |ẋ(t)|2
dt 2
qui est bien strictement négative en dehors des points où ẋ(t) = 0 qui sont isolés
(sinon ẍ(t) = 0 et la solution serait nulle). Donc 21 |p|2 + V (x) est fonction de Lia-
pounov, et l’équilibre est asymptotiquement stable. Notons qu’ici le critère plus fort
< ∇L(x), X(x) >< 0 n’est pas vérifié.
(E) Soit A une matrice dont toutes les valeurs propres sont de partie réelle négative. On
construit une fonction de Liapounov pour le système ẋ(t) = Ax(t) comme suit :
soit "
1 ∞ sA 2
L(x) = ∥e x∥ ds
2 0
Cette intégrale converge, car, comme on l’a vu dans la démonstration du critère
de Routh (3.3), si les λj sont les valeurs propres de A, les coefficients de etA sont
sommes de termes de la forme etλj tν , et donc ceux de ∥etA x∥2 sommes finies de
termes de la forme e2tλj tµ .
On a alors
" ∞
d
L(x(t)) = dL(x(t))ẋ(t) = < esA x(t), esA ẋ(t) > ds =
dt 0
" ∞ " +∞
sA sA d sA
< e x(t), e Ax(t) > ds = 2 |e x(t)|2 ds = −|x(t)|2
0 0 ds
On a alors
Théorème 6.5 (Critère de Routh non-linéaire). Soit x0 un point d’équilibre de X. Si
dX(x0 ) satisfait le critère de stabilité asymptotique de Routh (i.e. les valeurs propres de
dX(x0 ) sont de partie réelle strictement négative), alors x0 est un équilibre asymptotique-
ment stable pour X.
Comme L est une forme quadratique, il existe une constante C telle que |dL(x)| ≤ C|x|
1
et si on prend |x| assez petit pour que |ε(x)| ≤ 2C |x|, on aura −|x|2 + dL(x)ε(x) ≤ − 21 |x|2
et donc L est strictement décroissante sur les trajectoires non constantes.
Remarques 2.2. (A) Si une valeur propre au moins de dX0 est de partie réelle strictement
positive, alors le système est instable. (cf [Laudenbach] p. 118)
(B) Notons que la condition de Routh est souvent plus facile à vérifier sur R(t) = etA :
elle équivaut alors à ce que toutes les valeurs propres de R(t) (pour t ̸= 0 soient de
module strictement inférieur à 1.
Soit l’équation ẍ + f ẋ + ∇V (x) = 0, avec f positif petit. Sa linéarisée est
ẍ + f ẋ + D 2 V (x0 )x = 0
Pour voir si celle-ci vérifie le critère de Routh, on peut soit se#ramener à un système $
0 Id
d’ordre 1 auquel cas on doit trouver les valeurs propres de
−D 2 V (x0 ) −f · Id
où bien diagonaliser D 2 V (x0 ), ce qui réduit le système à une famille de systèmes
indépendants de la forme üj + f u̇j + λj uj = 0 (les λj étant les valeurs propres de
D 2 V (x0 )) qui a ses valeurs caractéristiques de partie réelle négative si f et les λj
sont positifs.
En conclusion ce système satisfait au critère de Routh si et seulement si toutes
les valeurs propres de D 2 V (x0 ) sont strictement positives. (On savait déjà que le
système est stable dans ce cas, car V a un minimum local en x0 ).
(C) Une particule chargée dans un champ électrique ne peut, en général, avoir d’équilibre
stable. En effet, elle satisfait une équation du type
Comme Y (t, 0) = 0, écrivons Y (t, x) = A(t)y + Y1 (t, y) (où Y1 (t, y) est un o(|y|)). On
vérifie sans peine que A(t) et Y1 sont aussi T -périodiques.
La partie linéaire de cette équation est à coefficients périodiques, on peut donc lui
appliquer la théorie de Floquet de la section 4 du chapitre 3.
On aura
ż(t) = BetB R(t)−1 y(t) − etB R(t)−1 Ṙ(t)R(t)−1 y(t) + etB R(t)−1 ẏ(t) =
Bz(t) − etB R(t)−1 A(t)y(t) + etB R(t)−1 ẏ(t)
Il est essentiel dans la suite que la période de t → X(t, •) coïncide avec celle de t → x(t).
4
la matrice B est en général complexe, même si A(t) est réelle (cf. Appendice 1 du chap. 3). On ne
5
peut faire ici de changement de variables complexe, car X n’est définie que pour x réel. On se souviendra
que e2T B = R(T )2 a toujours une solution B réelle, et que quitte à considérer notre solution comme 2T
périodique, on peut toujours se ramener à ce cas.
156 Chapitre 6. Stabilité des solutions d’équations différentielles
Comme U(t) est T -périodique, elle est bornée et donc Z1 , qui est encore T périodique,
est encore un o(|z|), uniformément en t.
Alors
1
−|x|2 + dL(x)Z1 (t, x) < − |x|2
2
3. Stabilité des orbites périodiques 157
Il y a un cas important dans lequel le critère de Routh pour les solutions périodiques
ne peut être vérifié : le cas d’un système autonome.
On utilise une autre notion mieux adaptée : la stabilité orbitale. On rappelle que Ox
est l’orbite de x par le flot.
Définition 6.7. On dira que la solution de condition initiale x0 est :
- orbitalement stable si quel que soit ε > 0 il existe η > 0 tel que si d(x1 , x0 ) < η
et t > 0 on a d(ϕt (x1 ), Ox0 ) < ε.
On a alors
Théorème 6.8 (Critère de Routh : cas périodique autonome). Soit ẋ = X(x) un système
autonome ayant une solution périodique u0 , de période T et R(t) la linéarisée du flot en
u0 . Si R(T ) possède n − 1 valeurs propres de module < 1 alors la solution périodique est
asymptotiquement orbitalement stable.
Il est alors clair que sous les hypothèses du théorème, les valeurs propres de dr(u0) sont en
module strictement inférieures à 1. Cela entraîne que |dr(u0)n | tend vers 0 avec n et donc
que pour n assez grand d(r n )(u0 ). Quitte à remplacer r par r n on peut donc supposer que
|dr(u0)| < 1.
Lemme 6.9. Soit r une application C 1 définie sur un voisinage de 0 d’un espace de
Banach E. On suppose r(u0 ) = u0 et que ∥dr(u0)∥ < k < 1. Alors il existe un voisinage
158 Chapitre 6. Stabilité des solutions d’équations différentielles
∀ε > 0, ∃N | n ≥ N =⇒ ∀x ∈ U, |r n (x)| ≤ ε
Démonstration. Par continuité il existe une boule B(u0 , α) sur laquelle ∥dr(x)∥ ≤ k <
1. D’après le théorème des accroissements finis, r est contractante de rapport k sur cette
boule. Donc r(B(u0 , α)) ⊂ B(u0 , kα) et donc r n est bien définie. De plus r n (B(u0 , α)) ⊂
B(u0 , k n α) et la convergence vers u0 est bien uniforme.
Maintenant si Σ est une section de Poincaré passant par u0 , il suffit, pour montrer la
stabilité orbitale , de considérer les points u de Σ. En effet, si u est voisin de u0 , d’après
le théorème de redressement il existe un α proche de 0, tel que ϕα (u) ∈ Σ (pour α petit).
ϕt (u) = ϕt−tn (u) ϕtn (u) (u) = ϕt−tn (u) r n (u) ∈ ϕt−tn (u) B(u0 , δ)
En conclusion quel que soit t positif, en encadrant t par tn (u), tn+1(u) pour un n ≥ 0,
on voit que
∀t ≥ 0 ϕt (B(u0 , δ)) ⊂ B(Ou0 , ε)
Pour la stabilité asymptotique, soit U un ouvert donné par le lemme 6.9, et ε > 0.
Soit δ le réel associé à ε en exprimant la stabilité de l’orbite. Soit alors u ∈ U et n assez
grand pour que r n (u) ∈ B(u0 , δ). On a alors que pour t ≥ tn (u)
ϕt (u) = ϕt−tn (u) ϕtn (u) (u) ∈ ϕt−tn (u) (r n (u)) ⊂ ϕt−tn (u) B(u0 , δ) ⊂ B(Ou0 , ε)
3. Stabilité des orbites périodiques 159
L’exemple le plus courant de système conservatif est celui d’une particule soumise à
un champ de force dérivant du potentiel V indépendant du temps,
ẍ + ∇V (x) = 0
1 2
|ẋ| + V (x)
2
Les points d’équilibre du champ de vecteur associé, X(x, p) = (p, −∇V (x)) sont de la
forme (0, x0 ) où x0 est un point critique de V , c’est-à-dire ∇V (x0 ) = 0.
Il existe une définition plus générale des flots conservatifs, les flots Hamiltoniens, que
l’on découvre en ramenant les équations précédentes à des équations d’ordre un : posant
p = ẋ l’équation devient
ẋ = p , ṗ = −∇V (x)
∂H ∂H
ẋ = (x, p) , ṗ = − (x, p)
∂p ∂x
Si maintenant H est une fonction C ∞ quelconque sur R2n , dont on note (x, p) les coor-
données, les équations ci-dessus -appelées équations de Hamilton- préservent les niveaux
de la fonction H 6 , car
∂H ∂H ∂H ∂H
dH(x)X(x, p) = − · + · =0
∂p ∂x ∂p ∂x
6
on suppose encore que H ne dépend pas de t.
160 Chapitre 6. Stabilité des solutions d’équations différentielles
On voit qu’un système Hamiltonien ne peut vérifier le critère de Routh, mais un tel
système ne modélise la réalité qu’en faisant abstraction des frottements. On peut donc
se demander lorsqu’on ajoute un terme de frottement, sous quelles conditions le système
devient stable, puisqu’en pratique, ce n’est pas tant la stabilité du système original qui
nous intéresse, mais celle du système avec frottement.
∂H ∂H
ẋ = (x, p) , ṗ = − (x, p) − εF (p)
∂p ∂x
* +
∂2H ∂2H
∂p∂x
(x0 , p0 ) ∂p∂p
(x0 , p0 )
2
∂ H 2
∂ H
∂x∂x
(x0 , p0 ) − ∂x∂p (x0 , p0 ) − ε∇F (p0)
On peut montrer que lorsque pour ε = 0 les valeurs propres de la matrice du système
linéarisé sont toutes imaginaires pures, simples et non nulles, et sous l’hypothèse
∂2H
(x0 , p0 )dF (p0 )
∂p2
soit définie négative, ces valeurs propres se déplacent, lorsque ε augmente, vers la région
de partie réelle négative.
Si par contre une des valeurs propres est nulle, sa partie réelle peut rester nulle. Cela
nous amène naturellement à la
7
On prendra garde à ce que l’on appelle encore Hamiltonien une équation associée à H(t, x), qui
sera non-autonome. Mais dans ce cas, il n’y a pas de conservation de l’énergie : H(t, x(t), p(t)) n’est pas
constante sur les trajectoires
4. Conclusion 161
On verra dans le cas du pendule de Kapitsa, que l’on n’a pas stabilité asymptotique
pour le système sans frottement, mais on a bien stabilité asymptotique pour le système
avec frottement, ce que l’on peut constater expérimentalement.
4 Conclusion
Nous avons vu comment, dans deux cas importants, la propriété de stabilité d’un sys-
tème dynamique se lit sur sa partie linéaire. Le lecteur intéressé pourra maintenant se
162 Chapitre 6. Stabilité des solutions d’équations différentielles
5 Exercices
(A) Trouver une fonction de Liapounov pour le système
⎧
⎨ ẋ = −2x − 2xy
⎩
ẏ = 2x2 − y
(B) Montrer que la stabilité asymptotique de x0 pour le flot ϕt entraîne que pour un
r > 0 bien choisi, on a ∀η > 0, il existe T > 0 tel que
(C) Donner un exemple d’équation telle que, pour tout x dans un voisinage de x0 , on
ait limt→+∞ d(ϕt (x), ϕt (x0 )) = 0, mais que la solution ne soit pas asymptotiquement
stable.
(D) Montrer que si dX(0) a une valeur propre de partie réelle strictement positive,
l’équilibre n’est pas stable.
(E) a)Donner un exemple de champ de vecteurs X tel que X(0) = 0, dX(0) ait toutes
ses valeurs propres imaginaires pures, et l’origine soit asymptotiquement stable. b)
trouver Y C 1 proche de X ayant aussi un équilibre en l’origine, mais tel que cet
équilibre ne soit pas asymptotiquement stable.
(F) a) Montrer que si X est un champ de vecteur ayant un équilibre non-dégénéré en
l’origine (i.e. X(0) = 0 et A = dX(0) est inversible), alors tout champ de vecteur Y
tel que Y − X est petit en norme C 1 possède un équilibre au voisinage de l’origine.
Indication : appliquer le théorème des fonctions implicites.
b) Montrer que si l’origine vérifie le critère de Routh pour X, l’équilibre de Y voisin
de l’origine est aussi asymptotiquement stable.
c) En déduire qu’il existe un voisinage de l’origine et un difféomorphisme ψ tel que
(ψ)∗ (Y ) = X
(G) Montrer que pour l’équation ẋ(t) = (A + B(t))x(t) où A a ses valeurs propres de
partie réelle strictement négative, et limt→+∞ B(t) = 0, alors l’origine est stable. Que
dire dans le cas non-linéaire (i.e. pour ẋ(t) = (A + B(t))x(t) + X1 (t, x)) ? Quelle
hypothèse sur X1 est nécessaire ?
(H) Montrer que pour un système de la forme ẋ = − ∂H ∂p
, ṗ = ∂H
∂x
, où (x, p) ∈ R2
toutes les solutions bornées sont soit périodiques, soit constantes, soit relient deux
solutions constantes (i.e. limt→±∞ x(t) = x± ).
(I) Démontrer le théorème 6.11.
5. Exercices 163
(J) (Smale) 8
Soit f : E → E une application C 2 , on considère l’équation différentielle
1. Notons J l’application de R2 dans lui-même définie par J(u, v) = (−v, u). Dé-
montrer que J∗ (X) = X.
2. Démontrer que l’origine 0 = (0, 0) est le seul équilibre de (1).
Indication : utiliser les symétries données par la question 1)
3. Montrer que les solutions de (1) ont un temps de vie infini.
4. Démontrer qu’il existe R0 > 0 tel que pour tout x, |x| ≥ R0 , entraîne X(x)·x < 0.
5. On suppose λ > 1.
5.a) Démontrer que 0 est répulsif.
5.b) Soit θ0 ∈ R. On note A la demi-droite ouverte {x | x = ρ(cos θ0 , sin θ0 ), ρ > 0}
et n le vecteur normal (− sin θ0 , cos θ0 ). Démontrer que pour tout x ∈ A, on a
X(x).n > 0, c’est-à-dire que X pointe vers la droite de A. Indication : utiliser les
symétries données par la question 1.
5.c) Soit x(t), t ∈ R une trajectoire de X. On admet qu’il existe une fonction θ
continue de R dans R telle que ∀t ∈ R, x(t) = ∥x(t)∥(cos θ(t), sin θ(t)) (cf. chapitre
1, exercice (O)). Démontrer que θ est croissante.
6. On reprend l’hypothèse de la question 5 : λ > 1.
6.a) Soit A comme au 4.b) et x0 ∈ A ; on note x(t), la solution maximale de (1)
telle que x(0) = x0 . Démontrer qu’il existe s > 0 tels que x(s) ∈ A.
On notera Φ(x0 ) = x(t0 ) pour le plus petit t0 > 0, tel que x(t0 ) ∈ A.
6.b) Établir que Φ est continue de A dans A.
8
Je remercie F. Cardin de m’avoir signalé cet exercice.
164 Chapitre 6. Stabilité des solutions d’équations différentielles
6.c) Établir que Φ possède un point fixe et en déduire l’existence d’une solution
périodique de (1).
7. Étudier la dynamique de (1) lorsque λ < 1. Indication : chercher une fonction de
Liapounov.
(L) (théorème d’invariance de Lassalle) Soit f : Rn → Rn définissant un flot complet,
et soit V une fonction telle que V soit continue, strictement positive sur Rn − {0}
et V̇ (x) =< ∇V (x), f (x) >≤ 0. Supposons que le plus grand ensemble invariant
contenu dans {x | V̇ (x) = 0} soit réduit à 0. Alors 0 est asymptotiquement stable
pour ẋ = f (x).
(M) On considère l’équation différentielle
pour des petites valeurs de ε (i.e. chaque fois qu’on le souhaite, on pourra supposer
ε petit).
(a) Quels sont les équilibres de l’équation ? Discuter leur stabilité.
On prend désormais ε > 0.
(b) Montrer qu’un changement de variables (coordonnées polaires) permet de se
ramener au système
!
ρ̇ = ε(1 − ρ2 cos(θ)2 )ρ sin(θ)2
(1’)
θ̇ = −1 + ε(1 − ρ2 cos(θ)2 ) sin(θ) cos(θ)
Montrer que les solutions sont définies pour tout temps positifs.
(g) En déduire que l’équation (1) possède au moins une solution périodique non
constante pour ε > 0 assez petit.
(h) En utilisant la formule des accroissements finis sous la forme
" 1
f (ε) = f (0) + ε f ′ (tε)dt,
0
(i) Montrer que pour ε > 0 suffisamment petit, et b suffisamment grand, que
l’équation (1) possède une unique solution périodique de période proche de 2π
coupant I 1 ,b . Pour cette solution périodique, quelle est la limite lorsque ε tend
b
vers 0 de ρε (t) ?
Bibliographie
263
264 Bibliographie
Aspects historiques :