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Le document traite des sources d'irradiation par rayonnements ionisants, distinguant entre les sources naturelles et technologiques. Il souligne que l'irradiation naturelle est prédominante, suivie par l'irradiation médicale et industrielle. Les doses d'irradiation varient selon les régions et les activités humaines, avec une moyenne de 2 mSv par an due à la radioactivité naturelle en France.

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Le document traite des sources d'irradiation par rayonnements ionisants, distinguant entre les sources naturelles et technologiques. Il souligne que l'irradiation naturelle est prédominante, suivie par l'irradiation médicale et industrielle. Les doses d'irradiation varient selon les régions et les activités humaines, avec une moyenne de 2 mSv par an due à la radioactivité naturelle en France.

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30/09/2008

Sources d’irradiation
par les rayonnements ionisants

par Henri MÉTIVIER


Docteur ès sciences
Directeur de recherche
Assistant du directeur de l’Institut de protection et de sûreté nucléaire
Membre de la Commission internationale de protection radiologique

1. Sources naturelles d’irradiation ........................................................... BN 3 900 — 2


1.1 Le rayonnement cosmique .......................................................................... — 2
1.1.1 Les rayons cosmiques......................................................................... — 2
1.1.2 Radionucléides cosmogéniques ........................................................ — 2
1.2 Le rayonnement tellurique .......................................................................... — 2
1.2.1 Radionucléides primordiaux .............................................................. — 2
1.2.2 Le radon ............................................................................................... — 3
2. Sources d’origine naturelle modifiées par la technologie ............ — 5
2.1 Industries extractives ................................................................................... — 5
2.1.1 Énergies fossiles.................................................................................. — 5
2.1.2 Minerais phosphatés........................................................................... — 6
2.2 Transports aériens et activités spatiales..................................................... — 6
2.3 Produits de consommation ......................................................................... — 6
3. Sources d’irradiation d’origine technologique ................................ — 7
3.1 Irradiation des populations.......................................................................... — 7
3.1.1 Retombées des essais d’armes nucléaires........................................ — 7
3.1.2 Production d’électricité ....................................................................... — 7
3.1.3 Irradiation du public par les accidents majeurs................................ — 8
3.2 Irradiation professionnelle........................................................................... — 8
4. Irradiation médicale ................................................................................. — 9
4.1 Irradiation par des examens à visées diagnostiques ................................ — 9
4.1.1 Examens radiologiques ...................................................................... — 9
4.1.2 Examens de médecine nucléaire ....................................................... — 10
4.2 Utilisation thérapeutique des rayonnements............................................. — 10
5. Conclusion .................................................................................................. — 10
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. BN 3 900

L’ ‘irradiation par les rayonnements ionisants provient de deux sources


majeures, les rayonnements naturels dans lesquels l’homme baigne en per-
manence et les sources de rayonnement d’origine « humaine », c’est-à-dire liées
à la technologie moderne. Pour la plupart des pays, l’irradiation par les sources
naturelles reste la plus importante, elle est suivie par l’irradiation médicale, qui
dépend étroitement du niveau technologique du pays, viennent enfin, pour les
populations, les irradiations liées à l’industrie nucléaire. L’inventaire de ces irra-
diations est mis à jour régulièrement par le Comité scientifique des Nations
unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR), le dernier
en date a été publié en 1993. Pour la France, l’irradiation individuelle moyenne
due à la radioactivité naturelle est d’environ 2 mSv par an en dose efficace, elle
peut varier d’une région à l’autre d’un facteur 3. L’irradiation d’origine médicale
liée au diagnostic est moitié moindre, environ 1 mSv par an en dose efficace.

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1. Sources naturelles de la plante. Son activité a très nettement diminué par dilution
depuis la production de CO2 par combustion de combustibles
d’irradiation fossiles. Actuellement, l’activité spécifique du carbone est d’environ
230 Bq/kg, l’homme en ingère 20 000 Bq par an, la dose efficace
annuelle qui en résulte est de 12 mSv.
La principale source de tritium d’origine naturelle (T1/2 = 12,3 ans)
1.1 Le rayonnement cosmique résulte de l’interaction des rayonnements cosmiques avec les
noyaux d’azote et d’oxygène. L’eau tritiée ainsi produite participe au
cycle de l’eau. Sa concentration dans les eaux continentales est de
1.1.1 Les rayons cosmiques 400 Bq/m3, elle est de 100 Bq/m3 dans les océans. L’homme en incor-
pore en moyenne 500 Bq/an, la dose qui en résulte est d’environ
Les rayons cosmiques sont des flux de particules chargées de très 0,01 mSv.
haute énergie qui sillonnent l’espace dans toutes les directions. Ils Le béryllium 7 (T1/2 = 53,6 jours) se trouve à une concentration de
sont déviés par les champs magnétiques, et tout particulièrement le 30 mBq/m3 dans l’air, son retour au sol par l’eau de pluie contribue
champ magnétique terrestre qui renvoie les particules de faible à une incorporation annuelle pour chaque individu, via les légumes
énergie vers l’espace. Au niveau des pôles, leur présence est plus frais, d’environ 1 000 Bq/an, délivrant une dose efficace de 0,03 mSv.
importante, ils se matérialisent par leur interaction avec l’atmos- Enfin l’incorporation annuelle de 22Na par l’homme est d’environ
phère sous forme d’aurores boréales. 50 Bq, mais il contribue en une dose efficace d’environ 0,15 mSv, soit
Les rayons cosmiques sont composés de noyaux d’hydrogène bien plus que le tritium.
(85 %) et de noyaux d’hélium (12,5 %). Le reste est composé d’élec- L’irradiation des populations par les radionucléides cosmogéni-
trons, 1,5 %, et environ 1 % de particules de noyaux atomiques ques est donc essentiellement liée à la production de 14C, elle est
allant de 4 à 26, parfois plus. L’énergie moyenne de ces particules très légèrement supérieure à 12 mSv par an.
est de 1010 eV, l’énergie maximale 1020 eV. Leur flux décroît avec
l’énergie, le plus important est composé de protons de 109 eV. À
l’inverse 1 m2 de surface terrestre reçoit un proton d’une énergie
supérieure à 1017 eV une fois par siècle. Leur origine est essentiel- 1.2 Le rayonnement tellurique
lement galactique. Les rayonnements d’origine solaire ont une
énergie relativement plus faible qui explique que les éruptions
solaires influent peu sur l’intensité et la composition du rayonne- La radioactivité d’origine naturelle provient principalement des
ment cosmique au niveau de la mer. Leur importance relative est radionucléides primordiaux et de leurs descendants. Environ
grande en dehors de l’atmosphère. 340 nucléides ont été trouvés dans la nature, parmi ceux-ci 70 sont
Les rayons cosmiques interagissent avec l’atmosphère pour radioactifs, ce sont des radionucléides. Tous les éléments de nom-
produire des électrons, des photons g, des neutrons et des mésons. bre atomique supérieur à 80 possèdent des isotopes radioactifs,
Au niveau de la mer les mésons représentent 80 % du rayonnement tous les éléments de Z > 83 ont tous leurs isotopes radioactifs, ce
cosmique, les électrons 20 %. sont des radioéléments.
L’atmosphère est un écran efficace qui nous protège des rayonne-
ments cosmiques. On estime que seulement 0,05 % de ces rayonne-
ments arrivent au niveau de la mer, leur intensité est doublée à 1.2.1 Radionucléides primordiaux
1 500 m. Les bâtiments absorbent également une partie de ces
rayonnements, environ 20 %. Depuis la création de la terre, tous les radionucléides de période
inférieure à 108 ans sont devenus indécelables. Les radionucléides
Au niveau de la mer, on estime que la dose efficace liée à la com-
primordiaux qui demeurent ont des périodes allant de 7 x 04 108 ans
posante cosmique est d’environ 240 mSv par an auxquels il faut
pour 235U à 5 x 1016 ans pour le 142Ce. Leur liste est limitée à une
ajouter 30 mSv liés à l’irradiation neutronique. C’est donc, à ce
vingtaine de radionucléides.
niveau, une dose annuelle d’environ 300 mSv que chaque individu
reçoit par ces rayonnements. Les populations vivant à des altitudes Trois radionucléides primordiaux sont particulièrement impor-
élevées reçoivent des doses plus grandes; les habitants de Denver, tants car ils produisent des radionucléides secondaires par décrois-
1 600 m (Colorado), reçoivent près du double de la dose reçue au sance radioactive que l’on appelle les familles radioactives. Ce sont
niveau de la mer (570 mSv pour la composante cosmique) ceux de les familles de l’uranium 238 (T1/2 = 4,47 x 109 ans), (figure 1), du
Mexico, 2 240 m (Mexique), 820 mSv. Enfin ceux de La Paz, 3 900 m thorium 232 (T1/2 = 1,4 x 1010 ans) et de l’uranium 235 (T1/2 = 7,4
(Bolivie), reçoivent 2 mSv par an se répartissant presque à égalité x 108 ans) également appelée famille de l’actinium. La quantité de
entre la composante directement ionisante et la composante neutro- descendant en équilibre avec le radionucléide primordial dépend de
nique. Compte tenu de la répartition géographique des habitants et sa période; une tonne d’uranium contient seulement 1 mg de 226Ra
de leurs modes de vie (extérieur ou intérieur) l’UNSCEAR estime la et 1 mg de 210Po.
dose moyenne par habitant à 380 mSv, 300 étant liés au rayonne- L’uranium et le thorium étant des émetteurs a, ils ne contribuent
ment directement ionisant et 80 à la composante neutronique. pas à l’irradiation externe des populations. Il y a, malgré tout, des
doses significatives d’uranium dans l’alimentation, l’eau de Badoit
contient par exemple 2 Bq/L d’uranium, l’eau d’Évian 30 mBq/L,
1.1.2 Radionucléides cosmogéniques mais comme l’uranium est présent dans les phosphates des engrais,
on le retrouve, à l’état de traces dans certains aliments. La dose
L’interaction du rayonnement cosmique avec les noyaux présents délivrée reste néanmoins négligeable.
dans l’atmosphère produit, nous l’avons vu, des particules élémen- Dans la série de l’uranium 238, le radium 226 est un élément plus
taires mais aussi une série de radionucléides tels 3H, 7Be, 14C, 22Na, important. De période 1 600 ans, il se désintègre en radon 222. On
pour ne citer que les plus importants d’entre eux au niveau de l’irra- le rencontre dans des eaux minérales à des teneurs significa-
diation des populations. tives, 40 mBq/L de 226Ra et 4 mBq/L de 228Ra dans l’eau d’Évian,
Le carbone 14 (T1/2 = 5 730 ans) provient de l’interaction des neu- 250 mBq/L et 270 mBq/L respectivement dans l’eau de Badoit et
trons cosmiques lents avec l’azote 14. Transformé en 14CO2, il parti- 240 mBq/L et 170 mBq/L dans l’eau de Vichy Saint-Yorre, deux eaux
cipe au cycle de la photosynthèse. Sa présence dans les végétaux plus minéralisées. De chimie similaire au calcium, il se concentre
permet de les dater puisque son incorporation cesse lors de la mort dans le squelette qui en contient en moyenne 850 Bq, conduisant en

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terme de doses sont le potassium 40 (T1/2 = 1,28 x 109 ans) et le rubi-


4,47 x 109 ans
dium 87 (T1/2 = 4,7 x 1010 ans). Le potassium 40 est ubiquitaire, on a
238U estimé que 100 TBq sont dispersés annuellement dans les engrais
aux États-Unis. L’eau de mer en contient 10 Bq/L. Le potassium est
un élément essentiel à la vie, il est la source essentielle de radioacti-
a b – 234U 2,45 x 105 ans vité dans l’alimentation humaine. Sous contrôle homéostatique,
b – 234mPa l’homme contient 2 g de potassium par kilogramme corporel, la
a concentration moyenne en potassium 40 est d’environ 60 Bq/kg, elle
234Th
1,17 min n’est pas influencée par les variations au niveau de l’environ-
24,1 j 230Th 7,53 x 104 ans nement. La dose efficace annuelle qui en résulte est approximati-
vement de 165 mSv pour les adultes et 185 mSv pour les enfants. La
a concentration moyenne de rubidium 87 est d’environ 8,5 Bq/kg, la
dose efficace annuelle qui en résulte est estimée à environ 6 mSv.
226Ra 1 600 ans
Finalement, des radionucléides cosmogéniques ou primordiaux
sont incorporés par l’homme, par inhalation ou ingestion. L’homme
a
standard (70 kg) est radioactif, il contient en moyenne pour les
radionucléides principaux : 4 400 Bq de 40K, 3 700 Bq de 14C, 455 Bq
222Rn 3,82 j de 87Rb, 40 Bq de 3H, 4 Bq de 226Ra, moins de 4 Bq de 232Th.

a D’après l’UNSCEAR la valeur moyenne de la dose efficace


annuelle résultant de l’irradiation externe par les radionucléides de
218Po 3,05 min la couche terrestre est de 460 mSv, la dose engagée faisant suite à
1,65 x 10– 4 s
l’incorporation annuelle de ces radionucléides étant de 250 mSv.
a b – 214Po 138 j

b 214Bi –
214Pb a b 210Po
1.2.2 Le radon
19,9 min b – 210Bi
a
26,8 min 210Pb
5,01 j Le radon possède trois isotopes naturels, 219Rn, 220Rn et 222Rn,
22,3 ans
206Pb issus respectivement de 235U, 232Th et 238U. Ce sont des
émetteurs a mais il leur est associé des émissions g liées à leurs des-
(Stable) cendants. Le radon trouve son origine principale dans les sols où il
est formé par désintégration des atomes de radium présents dans
238
Figure 1 – Décroissances radioactives de la famille de U les roches (figure 2). La quantité produite dépend donc de la teneur
en radium mais aussi de leurs périodes radioactives qui sont respec-
tivement de 4,05 s, 55,6 s et 3,82 j. Seule une fraction dépendant de
une dose efficace annuelle de 7 mSv. Les noisetiers brésiliens con- la porosité du sol, de la taille des grains, de l’humidité réussit à
centrant le baryum, ils concentrent également le radium de pro- s’échapper. Une fois dans l’air le radon se dilue en fonction des con-
priété chimique similaire. Leur contenu peut atteindre de 10 à 300 ditions atmosphériques. On observe généralement un gradient de
Bq/kg soit 1 000 fois plus que la concentration moyenne dans l’ali- concentration vertical et des variations temporelles selon un cycle
mentation standard. nycthéméral (figure 3); le jour la diffusion est bonne, le taux est bas;
la nuit, on observe fréquemment des inversions de température, la
Parmi les descendants de ces radionucléides primordiaux, le diffusion est mauvaise, le radon stagne au niveau du sol, sa concen-
radon est la principale source d’irradiation des populations, il sera tration peut ainsi augmenter d’un facteur 10 à 100. À la surface de la
traité à part. terre le flux moyen d’émission est de 0,022 Bq.m-2.s-1 pour 222Rn et
La concentration des radionucléides primordiaux dans les sols est 1 Bq.m-2.s-1 pour 220Rn. Les différentes mesures de la concen-
plus grande dans les roches ignées que dans les roches sédimen- tration en 222Rn dans le monde, sous différents climats et conditions
taires. La teneur moyenne en 226Ra varie de 0,4 à 4,1 Bq/kg dans les atmosphériques, indiquent des valeurs comprises entre 0,1 Bq/m3 à
basaltes (valeur moyenne 11 Bq/kg), de 1 à 370 Bq/kg dans les gra- plus de 100 Bq/m3, une valeur moyenne de 10 Bq/m3 est retenue.
nites (valeur moyenne 78 Bq/kg), mais les variations peuvent être Pour le radon 220 (thoron), on retient la même valeur moyenne.
encore plus grandes; de 1 à 1 800 Bq/kg dans les gneiss (valeur
moyenne 50 Bq/kg). Il en résulte une irradiation externe très variable Au-dessus des océans, la teneur moyenne en 222Rn est de
d’une région à l’autre. Il existe dans le monde des régions où l’irra- 2 Bq/m3.
diation est très largement supérieure à la moyenne mondiale; Le
Kerala en inde où l’on trouve de la monazite, certaines régions du
Brésil et, à un degré moindre, certaines régions d’Italie, de France,
de Suède, d’Iran, de Madagascar et du Nigéria. Activité
volumique Atmosphère
Les eaux minérales reflètent bien les variations des teneurs de ces 222RN(Bq/m3) extérieure
radionucléides dans les sols. D’après les valeurs publiées par le
SCPRI (Rémy et Lemaitre, 1990) et les nouveaux facteurs de doses Hauteur de la sonde
0,20 m de prélèvement
établis par la CIPR (Publication 67 et 69), la dose engagée qui résul- 500
terait de la consommation quotidienne d’eau minérale varierait de 400 3,5 m
300
30 mSV (Évian) à 280 mSv (Badoit et Vichy Saint-Yorre). Pour un nour- 200 0,2 m
risson, dont l’absorption intestinale de ces radionucléides est envi- 100
ron 10 fois plus grande que celle de l’adulte, la dose engagée serait
de 350 mSv la première année de sa vie s’il n’absorbait quoti- 12 0 12 0 12 0 12 0
diennement que de l’eau d’Évian. Heure du jour

À côté de ces familles, certains radionucléides primordiaux se Figure 3 – Exemple d’évolution des concentrations de radon
désintègrent en donnant un élément stable, les plus importants en dans l’atmosphère extérieure (source IPSN)

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Bq. m–3

< 25

25 – 30

30 – 40

40 – 60

60 – 100

100 – 180

> 180

Figure 2 – Concentratio
n du radon en Europe.
Cette concentration est
le fidèle reflet de la
nature des sols
européens (source CCE)

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Tableau 1 – Doses équivalentes moyennes délivrées aux principaux organes


à partir des différentes sources naturelles aux États-Unis (en mSv/an), source NCRP
Tractus
Source Gonades Poumon Surface osseuse Moelle osseuse
gastro-intestinal
Rayonnement cosmique...................... 280 280 280 280 280
Radionucléides cosmogéniques ......... 7 7 8 7 7
Irradiation tellurique ............................ 260 260 260 260 260
Radon .................................................... 28 000
Radionucléides incorporés .................. 270 240 600 240 240

L’irradiation annuelle pour les populations est en moyenne de


1 200 mSv pour le 222Rn et de 73 mSv pour 220Rn, c’est donc la source
principale d’irradiation de l’homme. En termes d’irradiation interne,
le 222Rn et ses descendants représentent 70 % de la dose, le 40K,
13 %; le 220Rn et ses descendants 13 %, le 210Pb et 210Po, 13 %. Les
autres radionucléides délivrent des doses peu significatives.

La dose efficace moyenne au niveau mondial est estimée


selon l’UNSCEAR à 2,4 mSv pour les sources d’origine natu-
relle. Cette valeur moyenne se décompose en 1,3 mSv liés au
radon, 0,39 mSv au rayonnement cosmique, 0,46 mSv au rayon-
nement tellurique et 0,23 mSv liés à l’irradiation interne à
l’exception du radon. Ces valeurs peuvent atteindre localement
10 mSv pour le radon, 2 mSv pour les rayonnements cosmiques,
4,3 mSv pour le rayonnement tellurique et 0,6 mSv pour les
radionucléides incorporés, hors radon.
La géologie locale et le type de ventilation des habitations
Figure 4 – Exemple d’évolution des concentrations de radon
peuvent conduire pour certaines maisons à des niveaux 100 fois
dans une maison. Mise en évidence de l’effet d’une ventilation
supérieurs à la moyenne mondiale.
naturelle (source IPSN)

Dans les habitations, le radon trouve son origine principale dans


le sous-sol sous-jacent et parfois les matériaux de construction. 2. Sources d’origine
Pour un même sol, la teneur en radon dépend des caractéristiques
de la maison (vide sanitaire, cave, etc.), de la présence de voies de naturelle modifiées
transfert du sol aux différents niveaux d’habitation (canalisation,
escalier, etc.), du degré de ventilation et des habitudes de vie des
par la technologie
occupants. Le dégazage de l’eau du robinet provenant d’un puits en
terrain granitique est une source possible mais beaucoup plus rare.
De nombreux produits sont naturellement radioactifs et ne
Les concentrations moyennes dans les habitations sont très conduisent à une irradiation des populations que s’ils sont transfor-
variables selon les lieux et les pays (10 à 10 000 Bq/m3) (figure 4). més avant exploitation. Ainsi les engrais, provenant de minéraux
L’UNSCEAR estime une valeur moyenne de 40 Bq/m3 à l’échelle du naturels, irradient les populations qui les utilisent. Par ailleurs, si
globe. Cette valeur est aussi la valeur moyenne en France. l’irradiation par le rayonnement cosmique est inéluctable, exploiter
Alors que tous les autres radionucléides naturels atteignent une compagnie aérienne expose des populations à un surcroît
l’homme par l’alimentation, l’irradiation par le radon est liée à son d’irradiation qui n’existerait pas si les transports n’étaient que
inhalation. L’irradiation sera hétérogène et affectera essentiellement terrestres. Toutes ces activités sont autant de sources d’expositions
le poumon et plus particulièrement l’arbre trachéobronchique aux rayonnements naturels apportées par le développement des
(tableau 1). technologies.
Le radon lui-même, gaz noble, n’interagit pas avec l’organisme.
L’irradiation du corps dépendra de ses produits de filiation qui irra-
dient l’arbre trachéobronchique sur lequel ils se déposent mais 2.1 Industries extractives
aussi le reste de l’organisme où ils diffusent si leur période le
permet. Le calcul de la dose délivrée par l’inhalation de radon et de
ses descendants dépend de plusieurs facteurs et, tout particuliè- 2.1.1 Énergies fossiles
rement, de la nature des aérosols sur lesquels peuvent se fixer les
descendants. Le résultat sera différent selon que l’on vit à l’extérieur
ou à l’intérieur des habitations. Il dépend également des habitudes Le charbon contient plus de produits radioactifs que toute autre
tabagiques, par exemple. Sur la base de ces différents facteurs, source d’énergie fossile. La principale est liée au 40K. Sa combustion
l’UNSCEAR préconisait en 1982 un facteur de dose efficace de produit des cendres plus radioactives que le charbon lui-même.
0,009 mSv par Bq.m-3.h-1 et la CIPR en 1993 un facteur de 0,003 mSv Une usine de production d’électricité de 1 000 MW brûlant du
par Bq.m-3.h-1. charbon relargue environ 4 x 106 t par an de cendres, soit un total

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personnel à bord de stations orbitales reçoit en moyenne une dose


Tableau 2 – Concentration (en Bq/kg) du charbon efficace journalière de 1 mSv.
et des cendres de combustion
À l’altitude de croisière des avions long-courriers, entre 9 000 et
Radionucléide Charbon Cendres 11 000 m, le débit moyen de dose équivalente est de 2 à 3 mSv/h sur
le vol Paris-Buenos Aires et est minimum au passage de l’équateur.
Potassium 40 ....................... 50 à 100 250 à 700 Lors d’un vol polaire Paris-Tokyo le débit de dose équivalente est six
Famille de l’uranium 238 .... 16 à 27 200 à 900 à sept fois supérieur à proximité du pôle magnétique. À l’altitude de
croisière du supersonique Concorde (18 000 m), le débit de dose lors
Famille du thorium 232....... 8 à 27 50 à 150 du vol Paris-New York est trois à quatre fois plus important que pour
un vol subsonique. La dose efficace annuelle atteint en moyenne
5 mSv pour le personnel navigant et certains passagers prenant très
fréquemment l’avion. Elle peut atteindre 10 mSv pour certains équi-
d’environ 150 à 600 GBq de produits radioactifs selon les sources et
pages pratiquant fréquemment des vols polaires. L’exposition est de
la nature du charbon.
3 à 5 fois plus faible pour les vols domestiques.
La dose efficace moyenne qui en résulte pour la population est de
2 mSv/an. Les installations modernes, un tiers de la production, limi- Ces résultats ont conduit la CIPR à intégrer les personnels navi-
tent leurs rejets par filtration des cendres et diminuent ainsi leur gants dans la catégorie des travailleurs soumis à une exposition
contribution à la dose efficace annuelle d’au moins un facteur 10 professionnelle. Cette proposition a été reprise dans la directive
(tableau 2). européenne du 13 mai 1996.
Par son usage domestique, le charbon délivre une dose efficace
annuelle estimée de 0,4 à 8 mSv aux populations qui l’utilisent pour
le chauffage et la cuisine.
2.3 Produits de consommation
Par leurs natures, le pétrole et le gaz naturel irradient peu, leur uti-
lisation délivre des doses efficaces annuelles par habitant de 10 et
1 nSv respectivement.
De nombreux produits de consommation contiennent des radio-
nucléides qui parfois ont été délibérément ajoutés et sont autant de
2.1.2 Minerais phosphatés sources d’irradiation.

Les montres peuvent être rendues lumineuses par des peintures


Les minerais phosphatés sont la source principale de production chargées de 226Ra, 147Pm et 3H. Actuellement, seul le tritium est
d’engrais. Les producteurs principaux sont la Chine, le Maroc, l’ex- utilisé dans l’industrie horlogère. Le porteur d’une telle montre
URSS et les États-Unis. La concentration en 40K et en radionucléides reçoit une irradiation annuelle de 0,3 mGy. Il a été reporté, des
de la famille du 232Th est similaire à la composition des autres pertes d’étanchéité pour certaines de ces montres qui ont conduit à
roches, par contre la concentration en radionucléides de la famille une contamination interne par diffusion cutanée. La contamination
de 238U est particulièrement élevée pour les minerais phosphatés du Rhône par le tritium est principalement liée à l’industrie horlo-
d’origine sédimentaire (1 500 Bq/kg d’238U). gère suisse et de l’est de la France.
La contribution de la famille de l’uranium 238 est importante dans
Les écrans lumineux émettent des rayons X et certains écrans
les engrais phosphatés. On mesure des activités de 4 000 Bq/kg
contiennent des radionucléides. Une exposition 6 heures par jour,
d’238U et de 1 000 Bq/kg de 226Ra dans P2O5. L’utilisation d’engrais
5 jours par semaine, 50 semaines par an conduit à une dose
est la première source de contamination de la planète par le 226Ra.
annuelle de 1 500 mSv au contact. Cette irradiation décroît avec la
La dose efficace annuelle par individu est estimée à environ 2 mSv.
distance, à 50 cm de l’écran, elle est d’environ 20 mSv/an.
Les deux produits dérivés les plus importants de l’industrie des
phosphates sont le phosphogypse et le silicate de calcium. Ces Les appareils antistatiques contiennent des sources de 20 à
produits sont utilisés dans les matériaux de construction, plâtres et 30 MBq de 210Po, les détecteurs d’incendie des sources d’environ
ciments. On estime que le phosphogypse contenu dans les plâtres 4 MBq d’241Am pour les bâtiments commerciaux et 180 kBq pour les
et ciments délivre, par inhalation du radon qu’il relargue, une dose habitations privées.
efficace annuelle de l’ordre de 0,6 mSv, liée à la présence d’environ
900 Bq/kg de 226Ra dans le phosphogypse. Le silicate de calcium est Du thorium est ajouté dans les manchons de lampes à gaz, de
plus concentré en 226Ra (1 300 à 2 200 Bq/kg), il peut conduire à une l’uranium et du thorium dans certaines porcelaines.
irradiation dans les habitations en béton de 0,3 mGy/h.
Le contrôle des bagages par rayons X délivre en moyenne une
dose efficace de 7 pSv égale à 1 % de la dose que reçoit un passager
durant un vol tanscontinental.
2.2 Transports aériens
Enfin le produit de consommation qui délivre la dose la plus
et activités spatiales élevée est, sans conteste, le tabac qui contient du 210Pb et 210Po
(tableau 3).
Deux types d’activités humaines peuvent conduire à des irradia-
tions plus élevées par les rayonnements cosmiques; les transports La technologie modifiant les sources naturelles irradie fina-
aériens et les activités spatiales. lement assez peu. Les sources les plus significatives sont le
Des mesures ont été effectuées à bord de la station orbitale russe résultat de la conservation de l’énergie et l’exposition au radon
MIR de 1988 à 1995. Un débit d’équivalent de dose moyen de 30 à par les matériaux de construction qui en résulte dans les habita-
40 mSv/h a été ainsi mesuré. La station est particulièrement exposée tions. De toutes les autres activités, le tabac reste une source
lorsqu’elle traverse ce qui est appelé l’anomalie de l’Atlantique sud d’exposition significative. Toutes les autres activités et tout par-
où le débit d’équivalent de dose peut atteindre une valeur cinquante ticulièrement les écrans vidéos, qui font l’objet d’une attention
fois supérieure (1,5 mSv/h). Compte tenu des facteurs de la qualité particulière du public, sont des sources tout à fait négligeables
et des variations liées aux éruptions solaires, on estime que le pour les individus.

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Si ces doses restent relativement modestes pour les populations


Tableau 3 – Irradiation du public par des produits de la planète, localement, près des zones de tirs, elles peuvent
de consommations (Source américaine NCRP) atteindre des valeurs plus élevées. Par exemple, un tir le 29 août
1949 dans la région de l’Altaï délivra jusqu’à 2 Sv à une partie de la
Dose efficace moyenne annuelle population locale, 40 000 personnes reçurent des doses supérieures
Source par individu exposé à 250 mSv et 270 000 personnes des doses de 50 à 250 mSv. Aux
mSv États-Unis les doses à la thyroïde reçues par les enfants près du site
du Nevada ont pu atteindre 1 Gy.
Tabac .................................... 160 000 (1)
Matériaux de construction.. 70
Matériaux routiers............... 40
3.1.2 Production d’électricité
Eau du robinet (radon)........ 10 à 60
La production d’électricité d’origine nucléaire atteint 240 GWa en
Engrais ................................. 5 à 50 1994 pour 432 réacteurs en opération dans 29 pays. Trois étapes
peuvent être identifiées dans la production d’électricité d’origine
Chauffage au charbon......... 0,3 à 3
nucléaire; l’extraction minière et la production de combustible, le
Montres lumineuses (3H).... 1 réacteur électrogène et le retraitement du combustible usé. Ces trois
Télévisions ........................... < 10 étapes exposent les populations de manière différente.

Écrans vidéos....................... < 10 Les opérations d’extraction et de traitement du minerai exposent


les populations principalement au radon relâché par le minerai. On
Détecteurs de fumée ........... 0,08 estime à 300 GBq la radioactivité du radon émis lors de la produc-
Contrôle des bagages ......... 0,02 tion d’une tonne d’U3O8. Cette valeur atteignit 2 000 GBq/t en
Allemagne de l’Est pendant l’occupation soviétique. La source prin-
(1) Dose équivalente délivrée à l’épithélium bronchique cipale reste, après l’exploitation, la présence de terrils de résidus
contenant du 226Ra (T1/2 = 1 600 ans) et du 233Th (T1/2 = 80 000ans)
qui sont des sources de relâchement à long terme de 222Rn dans
l’atmosphère. Si le relâchement est estimé à 10 Bq.s-1.m-2 de terril
3. Sources d’irradiation durant l’activité de traitement, il est, en moyenne, abaissé à
3 Bq.s-1.m-2 (0,02 à 20) sur les terrils abandonnés et stabilisés. Ce
d’origine technologique relâchement s’effectuera pendant encore 10 000 ans. Le traitement
de ces terrils est une opération prioritaire dans les zones minières.
La dose liée aux effluents liquides est négligeable, comparée aux
rejets gazeux.
3.1 Irradiation des populations La dose efficace reçue par les individus suite au fonctionnement
des réacteurs varie considérablement selon que l’on vit près ou loin
d’un réacteur. Elle est due aux rejets gazeux et liquides. Les rejets
gazeux sont constitués de gaz rares (argon, krypton et xénon
3.1.1 Retombées des essais d’armes nucléaires radioactifs), de tritium, de 14C et 131I. Les effluents liquides consis-
tent en tritium et produits d’activation. Pour les personnes du public
Les essais d’armes dans l’atmosphère ont eu lieu de 1945 à 1980 potentiellement les plus exposées, la dose efficace annuelle varie de
et furent le fait principalement, de cinq puissances, les États-Unis, 1 à 20 mSv selon le type de réacteur. Les réacteurs à eau pressurisée
l’ex-URSS, le Royaume-Uni, la France et la République Populaire de (REP type EDF) délivrent à ces populations 1 mSv, les réacteurs eau
Chine. Leur nombre, aujourd’hui connu, fut pour chaque puissance, lourde-graphite (réacteur canadien CANDU) 10 mSv, les réacteurs
respectivement de 195, 226, 21, 45 et 22. La puissance totale déli- refroidis par de l’eau légère et modérés par le graphite (LWGR) déli-
vrée, usuellement exprimée en Mt de TNT, fut respectivement de vrant 20 mSv. Un réacteur comme Superphénix ne délivre quant à lui
153, 107, 16,7, 10,1 et 20,7. Les périodes les plus actives furent 1952- que 0,1 mSv.
1958 et 1961-1962. L’irradiation des populations liées aux retombées Le retraitement du combustible irradié à des fins civiles n’est
fut d’abord le résultat de l’irradiation par les produits de fission à vie actuellement opérationnel qu’en France, au Royaume-Uni et au
courte (T1/2 = 8 à 100 j) pendant la période des essais, puis après leur Japon. Les radionucléides radiologiquement significatifs relâchés
arrêt liées à l’exposition au 137Cs, 14C, 90Sr et 3H. Les retombées dans les effluents sont 3H, 14C, 85Kr, 129/134Cs, 137Cs et quelques
furent locales (12 %), troposphériques (10 %) et stratosphériques isotopes d’éléments transuraniens (239Pu, 237Np et 241Am). Des
(78 %). Les retombées locales qui consistent en des débris ne sont efforts considérables ont été faits pour diminuer les rejets ces cinq
pas prises en compte dans le calcul des doses reçues par les popu- dernières années, d’un facteur 80 pour le 137Cs, d’un facteur 13 pour
lations puisque les tirs ont eu lieu dans des régions isolées. Les le 90Sr et d’un facteur 9 pour le 106Ru. Actuellement, les teneurs en
maximums de dépôt ont été enregistrés dans les régions de 40 à 50o 239Pu dans l’eau de mer près du nord Cotentin sont d’environ 10 à
de latitude des deux hémisphères. L’hémisphère nord étant 3 à 30 mBq/L alors que les niveaux d’uranium naturel sont de 39, 1,4 et
4 fois plus affecté. 44 mBq/L pour les isotopes 238, 235 et 234 de l’uranium (3,2 mg/L).
La dose maximale reçue par les populations fut de 160 mSv/an en L’irradiation des populations locales se fait par consommation
1963, date de la signature par les États-Unis et l’ex-URSS du traité des produits locaux de la mer. A Sellafield, près de l’usine anglaise
interdisant les essais dans l’atmosphère (50 % de la dose était due de retraitement, au tout début des années 1980, la dose due à
aux isotopes à vie courte). Elle était dix fois plus faible, 18,2 mSv/an, l’ingestion des produits contaminés était de 3,5 mSv. Après une amé-
en 1973 (30 % dû au 137Cs), puis 9,2 mSv/an en 1983 (48 % dû au lioration des stations de traitement des effluents, elle fut ramenée
137Cs) et 6,7 mSv/an en 1993 (30 % dû au 14C qui restera le radio- en 1986 à 200 mSv auxquels, il faut ajouter 300 mSv pour la dose liée
nucléide prépondérant dans le futur). L’ingestion représente la à l’irradiation externe. La même année, le groupe potentiellement le
source d’irradiation la plus importante, elle est 4 fois plus grande plus exposé (groupe critique) aurait pu recevoir près de l’usine de la
que l’irradiation par exposition externe aux radionucléides déposés Hague, 200 mSv pour la consommation de poissons et fruits de mer
sur le sol (137Cs), elle-même 5 fois plus grande que l’irradiation liée et 50 mSv par irradiation externe. Ces doses, 100 fois plus fortes que
à l’inhalation. celles reçues près d’un réacteur en fonctionnement normal, sont du

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même ordre de grandeur que celles dues à l’irradiation interne natu- On dénombre 6 retours de satellites ou sondes spatiales, conte-
relle. nant du 238Pu sur terre, aucun n’a conduit à une irradiation notable
L’impact à très long terme (10 000 ans) de l’irradiation consécutive des populations.
à la production d’énergie nucléaire sera essentiellement liée à la
production de 14C.

3.2 Irradiation professionnelle


3.1.3 Irradiation du public
par les accidents majeurs
Les expositions professionnelles ont lieu dans l’industrie
Des accidents dans des installations civiles et militaires furent la nucléaire, les applications médicales de la médecine, la recherche,
source de nouvelles expositions. l’industrie, l’extraction minière et bien d’autres activités. La nouvelle
Les accidents de réacteurs les plus importants sont ceux de Three directive européenne élargira ce champ d’exposition; ainsi le per-
Mile Island en 1979 aux États-Unis et de Tchernobyl en Ukraine en sonnel navigant deviendra dès sa transcription en législation natio-
1986. nale, personnel exposé aux rayonnements ionisants.

A Three Mile island, le cœur du réacteur est resté confiné dans À partir des données du rapport UNSCEAR de 1993, le tableau 4
l’enceinte de béton et des quantités relativement faibles de 133Xe décrit le nombre de personnes surveillées et pour lesquelles une
(370 PBq) et de 131I (550 GBq) ont été déversées dans l’atmosphère. dose a été mesurée dans quelques secteurs d’activité durant les
La dose moyenne reçue par les populations dans un rayon de 80 km années 1985-1989. Ce tableau correspond aux chiffres communi-
a été de 15 mSv et la dose la plus forte ayant atteint un membre du qués à l’UNSCEAR et n’est pas exhaustif.
public a été de 850 mSv par irradiation externe.
À Tchernobyl, l’absence d’un bâtiment de confinement a fait En France, en 1991, et selon une étude européenne, on estimait à
qu’une quantité considérable de radionucléides a été rejetée (1 à 6 200 le nombre de personnes exposées sur les différents sites
2 EBq), les principaux étant l’131I (630 PBq), 134Cs (35 PBq) et 137Cs nucléaires. Leur contribution à la dose délivrée pour des raisons
(70 Pbq). Dans un rayon de 30 km, 115 000 personnes ont été éva- professionnelles était de 37 % des doses reçues en France.
cuées, elles ont reçu des doses d’environ 0,3 à 0,4 Sv. Au-delà, une
population de 3,7 millions de personnes vivent sur des territoires Selon la même étude portant sur 94 réacteurs à eau pressurisée
contaminés, les doses qui seront reçues sur la vie entière sont esti- en fonctionnement en 1991, dont 53 en France, 76 % des personnels
mées entre 80 et 400 mSv pour la population des zones très conta- irradiés sont extérieurs à la centrale (personnel de maintenance).
minées, et entre 70 à 220 mSv dans les autres régions. Le reste de la Dans 53 de ces réacteurs, aucun employé n’a reçu une dose supé-
population de l’ex-URSS recevra sur la vie entière, une dose rieure à 5 mSv; dans 19 réacteurs, on notait entre 1 et 40 % du per-
moyenne estimée à moins de 1 mSv. En Europe qui fut la plus tou- sonnel ayant dépassé 5 mSv (moyenne 12 %); dans 37 réacteurs, 1
chée après l’ex-URSS, la dose efficace engagée sur 50 ans, suite à à 14 % (moyenne 5,2 %) ont dépassé 10 mSv; dans 29 réacteurs,
cet accident est de 1 à 2 mSv pour l’Autriche et la Finlande, 0,24 à 0,5 entre 1 et 14 % (3 %) ont dépassé 15 mSv; dans 19 réacteurs, entre
pour l’Allemagne, l’Italie et la Suisse, 0,06 à 0,12 pour la France et 1 et 4 % (moyenne 1,4 %) ont dépassé 20 mSv. Le diagramme de la
moins de 0,03 pour l’Espagne et le Portugal. figure 5 montre l’histogramme des doses reçues par le personnel
travaillant sur les centrales nucléaires et leur évolution durant les
Il y a eu deux accidents sur des installations militaires, l’un à années 1993 à 1995. Ces chiffres sont très dépendants de l’état de
Kyshtym dans le sud de l’Oural de l’URSS en septembre 1957 et le fonctionnement du réacteur, production, chargement de cœur,
second au réacteur de Winscale au Royaume-Uni en octobre de la maintenance, contrôle, etc.
même année.
A Kyshtym, l’explosion d’une cuve de stockage de produits de
retraitement a projeté dans l’atmosphère une quantité importante
de produits de fissions, notamment 144Ce, 95Zr, 95Nb, 90Sr et 106Ru. Effectifs
Les conditions météorologiques, vent fort sans précipitations, ont 4 500
conduit à une contamination d’une zone étroite longue de 300 km. 4 000
L’irradiation externe fut la source principale durant les premiers
3 500
mois qui suivirent l’explosion, ensuite ce fut par la contamination de
la chaîne alimentaire par le 90Sr. Environ 10 000 personnes furent 3 000
évacuées, elles reçurent pendant les dix premiers jours une dose 2 500
moyenne de 520 mSv. Pour les populations non évacuées, les doses 2 000
engagées sur 30 ans étaient de 20 à 4 mSv pour les groupes les plus
1 500
proches de la zone évacuée. Aucun retentissement n’a été noté en
Europe de l’Ouest. 1 000
500
L’accident du réacteur de Winscale a relâché 740 TBq d’131I 52 19 2
accompagnés de 22 TBq de 137Cs, 3 TBq de 106Ru, 1,2 PBq de 133Xe 0
0,00 1à5 10 à15 20 à 30 40 à 50
et 8,8 TBq de 210Po. La source majeure de contamination de la popu- à 0,1 à 1 5 à 10 15 à 20 30 à 40
lation fut le lait contaminé par l’iode. L’interdiction rapide de le con- 0,10 Dose annuelle (mSv)
sommer a limité considérablement les conséquences. La dose
maximale reçue par une personne adulte près du site fut de 10 mGy 1993 Effectif exposé : 14 172
à la thyroïde et peut-être 100 pour les enfants. À Leeds et à Londres Dose collective : 108,4 [Link]
les doses à la thyroïde furent respectivement de 0,4 et 1 mGy. 1994 Effectif exposé : 15 231
Dose collective : 94,1 [Link]
Quatorze accidents lors du transport d’armes nucléaires ont été
1995 Effectif exposé : 15 831
répertoriés, les plus connus d’entre eux sont ceux de Palomarès en Dose collective : 88,1 [Link]
Espagne et Thulé au Groenland. À Palomarès, on a détecté du pluto-
nium dans les urines de 124 personnes, la dose engagée sur 70 ans Figure 5 – Évolution de la densitométrie opérationnelle individuelle
pour les 55 plus contaminés varie de 20 à 220 mSv. Aucune contami- annuelle dans les centrales nucléaires françaises.
nation humaine n’a été détectée après l’accident de Thulé. Tous les effectifs sont pris en compte (source EDF)

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Tableau 4 – Exposition professionnelle de certaines catégories de personnels en France


durant les années 1985-1989 (d’après le rapport UNSCEAR 1993)

Nombre annuel de travailleurs (en 103) Dose efficace annuelle (en mSv)
Activité
Surveillés Exposés Travailleur surveillé Travailleur exposé
Mineurs d’uranium........................................ 1,34 1,28 9,22 9,67
Extraction et traitement du minerai............. 0,34 0,33 5,93 6,28
Enrichissement d’uranium ........................... 1,77 0,008 0,002 0,37
Réacteurs nucléaires ..................................... 29,7 16,8 2,65 4,68
Retraitement .................................................. 9,28 3,86 1,35 3,24
Recherche nucléaire...................................... 19,6 2,48 0,31 2,47
Radiographie industrielle ............................. 1,6 0,09 0,18 3,11
Instituts de recherches.................................. 3,8 0,09 0,053 2,22
Médecine : 61,8 6,35 0,33 3,19
—.radiographie diagnostic ....................... 16,7 0,86 0,12 2,31
— dentistes ................................................ 3,21 0,54 0,32 1,92
— médecine nucléaire .............................. 6,49 1,23 0,61 3,22
— radiothérapie ........................................ 1,19 0,087 0,17 2,3
— vétérinaires ...........................................

4. Irradiation médicale Tableau 5 – Dose efficace moyenne


par type d’examen radiologique
La pratique médicale est une source importante d’irradiation, elle Dose moyenne
est responsable d’un quart de la dose moyenne reçue par les Fran- Examen radiologique
mSv
çais, loin devant toutes les activités industrielles. Mais parler en
termes de doses est insuffisant car on ne doit pas oublier les Poumons .......................................... 0,14
immenses bénéfices apportés par les rayons X et l’usage des rayon-
nements ionisants en termes de santé publique. Toute comparaison Vertèbres lombaires ........................ 1,7
doit se faire entre pays de même niveau médical que l’OMS classe Bassin ............................................... 1,2
en 4 catégories.
Crâne................................................. 0,16
Si l’on se réfère aux chiffres de l’UNSCEAR, la France en 1990
comptait pour 56 millions d’habitants, 19 548 appareils de radio- Dents................................................. 70
graphie par rayons X, 32 438 appareils de radiographie dentaire, Intestin .............................................. 4,1 à 7,2
316 bombes à 60Co ou 137Cs, 147 accélérateurs médicaux, 548 ser-
vices de médecine nucléaire. Urographie ....................................... 3,1
Nota : la comparaison entre différents pays ne peut se faire qu’à partir de compilations Angiographie ................................... 6,8
fiables, la dernière en date est celle du rapport UNSCEAR de 1993.
Pour la France, on dénombrait en 1996, 327 bombes à 60Co ou 137Cs et 631 services de Mammographie ............................... 1,0
médecine nucléaire.
Tomographie corps entier .............. 4,3 à 8,5

4.1 Irradiation par des examens


En France, ces 990 radiographies sont pour 34 % une radiographie
à visées diagnostiques du poumon, 21 % des extrémités, 9 % de la colonne vertébrale,
7,5 % du crâne.

4.1.1 Examens radiologiques Les doses reçues par examen sont assez inégales et dépendent
essentiellement de l’appareil et de la méthodologie employée. Une
étude européenne révélait en Angleterre, il y a quelques années, un
Si l’on compare entre eux les pays d’Europe, à la fin des années facteur 10 pour le même examen d’une installation à l’autre.
1990, on dénombrait pour 1 000 habitants et par an 1 290 radio-
graphies en Belgique, 1 030 en Allemagne de l’Ouest, 990 en France, Dans les pays de niveau I (France), bénéficiant d’appareils
870 en Finlande, 870 en Italie, 810 au Luxembourg, 700 au Portugal, modernes et de personnels bien formés, les doses efficaces pour
570 en Espagne, 530 aux Pays-Bas, 520 en Suède, 510 au Danemark chaque examen par rayons X sont données dans le tableau 5.
et seulement 460 au Royaume-Uni. Hors d’Europe, ces chiffres
étaient de 800 aux États-Unis, 990 en URSS, 720 au Koweït, mais 110 Ces doses sont très souvent de l’ordre ou au-dessus de la dose
seulement en Inde, 150 en Chine, 93 au Brésil et 9 au Rwanda. liée à l’irradiation naturelle annuelle.

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Tableau 6 – Nombre d’examens de médecine nucléaire Tableau 7 – Nombre d’interventions de radiothérapie


par an dans les pays de niveau I par millier d’habitants dans les différents pays
et dose efficace moyenne par examen de niveau I à IV

Nombre moyen Technique Pays de niveau Pays de niveau Pays de niveau


d’examens Dose efficace de traitement I II III-IV
pour les pays moyenne
Examen Téléthérapie .... 1,2 0,2 0,1
de niveau I par examen
(Valeur pour la mSv Brachythérapie 0,24 0,06 0,02
France)
Os ............................ 4,8 (2,6) 6,3
Cerveau ................... 0,42 8,7 deur le 60Co et les accélérateurs de particules sont utilisés. Les sour-
ces anciennes de 137Cs tendent à disparaître pour diverses rai-
Cardio-vasculaire ... 2,6 (0,7) 14 sons. Pour les tumeurs superficielles les rayons X sont utilisés. La
Foie/rate .................. 1,4 3,5 brachythérapie consiste à introduire une source scellée dans l’orga-
nisme, à la surface de la tumeur. Usuellement des sources de 198Au
Poumon................... 3,4 (1,4) 0,85 et 125I sont utilisées pour des implantations permanentes, 137Cs ou
192Ir pour des applications temporaires à doses relativement faibles
Reins........................ 1,4 4,7
et 60Co et 192Ir pour des applications temporaires à dose élevée. Les
Thyroïde .................. 2,13 (1,9) 3,2 anciennes sources de 226Ra ne sont plus utilisées.
Le nombre d’interventions varie également considérablement
dans les différents pays. Pour 1 000 habitants le nombre de traite-
4.1.2 Examens de médecine nucléaire ments annuels est, selon les niveaux de santé des pays, porté dans
le tableau 7.
En 1990, les pays de niveau I pratiquaient 16,4 examens de méde- Pour ces types d’examens destinés à traiter des tumeurs, la dose
cine nucléaire par an pour 1 000 habitants. Ces examens tombaient n’a plus aucun sens, si ce n’est pour les organes non atteints mais
de 0,38 et 0,28 pour les pays de niveau II et III-IV respectivement. La adjacents à la tumeur. Utilisant les effets déterministes des radia-
répartition des examens est portée sur le tableau 6. Le chiffre d’exa- tions, les radiothérapeutes utiliseront comme unité la dose absor-
mens pratiqués a doublé entre les années 1970 et 1990. bée en Gy. Les maladies bénignes reçoivent des doses de 10 à 20 Gy
Le 99mTc (T1/2 : 6 heures) est l’isotope utilisé dans 85 % des exa- alors que les tumeurs malignes reçoivent des doses allant jusqu’à
mens, la quantité administrée varie de 100 à 1 100 MBq, la dose effi- 50-70 Gy, fractionnées en 5 à 6 semaines.
cace variant de 1 à 14 mSv par examen. Les exceptions à l’utilisation
du 99mTc sont le 201TI pour les examens cardiaques et les isotopes Si l’on compare les doses reçues en moyenne par chaque habitant
123I et 125I pour les examens thyroïdiens. La dose moyenne reçue pour tous les actes médicaux à visée soit diagnostique, soit théra-
par chaque habitant de la planète est estimée à 0,07 mSv mais on peutique, les doses dépendent très fortement du niveau sanitaire du
peut douter qu’une telle moyenne pour ce type d’examen ait un pays (tableau 8).
sens. Depuis quelques années, se développent de nouvelles appli-
cations thérapeutiques de radionucléides pour enrichir les techni-
ques existantes, utilisant les radiopharmaceutiques. L’31I est utilisé
4.2 Utilisation thérapeutique pour le traitement des tumeurs thyroïdiennes, mais l’90Y et l’125I
sont utilisés comme marqueurs d’anticorps monoclonaux permet-
des rayonnements tant d’atteindre sélectivement des métastases non opérables. Des
recherches en Europe se proposent également d’utiliser la puis-
sance des émetteurs alpha et plus particulièrement le 210Bi pour de
La téléthérapie consiste à utiliser une source extérieure de rayon- tels traitements sélectifs.
nement pointée vers la partie à traiter. Pour les tumeurs en profon-

Tableau 8 – Dose efficace moyenne (en mSv) reçue chaque année par habitant selon le niveau sanitaire du pays
(Classification OMS)
Pays Actes pour le diagnostique Actes thérapeutiques

Niveau Population Radiographies Radiographies Médecine Radiothérapie Médecine


(en 106) médicales dentaires nucléaire nucléaire

I 1 350 1,0 0,020 0,09 0,7 0,004


II 2 630 0,1 0,001 0,008 0,2 0,0009
III 850 0,04 0,0003 0,008 0,03 0,0009
IV 460 0,04 0,0003 0,008 0,02 0,0004
Total (I + II + III + IV) 5 290
Moyenne ............................. 0,3 0,003 0,03 0,3 0,002

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_______________________________________________________________________________ SOURCES D’IRRADIATION PAR LES RAYONNEMENTS IONISANTS

5. Conclusion un formidable espoir pour traiter les métastases indécelables. Enfin,


on s’aperçoit à la lumière de cet inventaire que l’utilisation indus-
trielle des rayonnements ainsi que la production d’énergie d’origine
nucléaire irradient peu les populations, même voisines des centres
En conclusion, l’exposition du public se divise en trois compo-
d’exploitations. Les accidents graves, traumatisants pour l’opinion
santes approximativement égales, l’exposition médicale (radiodia-
gnostic), l’exposition au radon et l’exposition aux autres sources de publique, ne délivrent dans bien des cas, mis à part les populations
l’irradiation naturelle que sont le rayonnement cosmique, l’irra- très proches qui sont alors évacuées, que des doses égales ou infé-
diation tellurique et l’incorporation de radionucléides naturels rieures aux doses liées à l’irradiation naturelle.
comme le potassium 40. Bien que le schéma d’ensemble reste
toujours le même, les proportions exactes varient d’un pays à l’autre
ou, à l’intérieur d’un pays comme la France, d’un département à
l’autre. Pour la France, on aboutit à une dose totale moyenne de Interne
4 mSv dont 2,4 mSv est due à l’irradiation naturelle (figure 6). Le 6%
Tellurique
radon est la source principale d’irradiation naturelle, la dose qui en Radiodiagnostic 12 %
résulte peut être abaissée par des mesures simples de ventilation 39 %
des habitations et de protection des parties basses de la roche sur Cosmique
laquelle la maison est bâtie. Viennent ensuite les irradiations d’ori- 8%
gine médicale, mais dont la limitation doit respecter des critères
d’optimisation en terme de santé publique, tant le niveau de santé et
la durée de vie des populations est intimement liée à ces pratiques.
Néanmoins, la comparaison de pays comme la France et le
Royaume-Uni dont le nombre de radiographies varie du simple au
double d’un pays à l’autre, doit faire réfléchir sur le niveau de radio-
graphies nécessaires pour garantir un niveau de santé élevé. À
l’inverse la France semble en retard quant à la pratique de la méde-
Radon
cine nucléaire. Les irradiations thérapeutiques qui délivrent certes
35 %
des doses d’irradiation, doivent être traitées séparément. On ne
peut qu’encourager la recherche en radioimmunothérapie qui, bien Figure 6 – Contribution des sources naturelles
qu’augmentant potentiellement l’irradiation des populations, reste et du radiodiagnostic à l’exposition de la population française

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O
U
Sources d’irradiation R
par les rayonnements ionisants
E
N
par Henri MÉTIVIER
Docteur ès sciences
Directeur de recherche
S
Assistant du directeur de l’Institut de protection et de sûreté nucléaire
Membre de la Commission internationale de protection radiologique A
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