Analyse Complexe
Analyse Complexe
Département de Mathématiques
POLYCOPIÉ
Elaboré par :
1
Djerfi Kouider 2 [email protected]
Principales notations
3
Djerfi Kouider 4 [email protected]
Avant-propos
Prérequis
Sources et références
Parmi les nombreux ouvrages publies sur l’anaIyse complexe, plusieurs ont
été largement utilisés dans cette rédaction, c’est le cas notamment de ceux
de H. Cartan [1], P. Dolbeault [3] et W. Rudin [7]. Des références plus pré-
cises sont indiquées dans la bibliographie.
5
Djerfi Kouider 6 [email protected]
Chapitre 1
Corps des nombres complexes
Sommaire
1.1 Rappels sur la structure de l’ensemble R . . . . . . . . . 7
1.2 Construction et structure algébrique de C . . . . . . . . 8
1.3 Structures vectorielles de C . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.4 Topologie de C . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4.1 Fonction d’une variable complexe . . . . . . . . . . . 13
1.4.2 Limite et continuité des fonctions complexes . . . . 14
1.5 Rappels sur les suites et les séries de fonctions . . . . . 15
7
1.1. RAPPELS SUR LA STRUCTURE DE L’ENSEMBLE R
∀x ∈ A ; x ≤ sup A,
∀ε > 0 ; ∃x ∈ A, sup A − ε < x.
∀x ∈ A ; inf A ≤ x,
∀ε > 0 ; ∃x ∈ A, x < inf A + ε.
Par contre, il est facile de constater que le corps des réels n’est pas algé-
briquement clos, cela signefie qu’il existe des polynômes P ∈ Rn [X], n > 1
qui n’admettent pas de racines réelles. Un exemple classique de polynômes
irréductibles, est donné par :
P (x) = x2 + 1.
x = Re(z) et y = Im(z)
2. On note
Re(z) − iIm(z) = z,
∀z ∈ C, z = z.1,
1. R−linéaire si et seulement si
2. C−linéaire si et seulement si
2. C−linéaire si et seulement si
∃λ ∈ C, ∀ z ∈ C, L(z) = λ.z,
L(z) = L(z.1)
= L(1).z
= λz,
avec λ = L(1).
L(x + iy) = ax + by
b = ia.
d(z1 , z2 ) = |z1 − z2 |.
P = Re(f ) et Q = Im(f ).
Exemple 1.2. Soit w = f (z) = z3 −iz, on pose z = x+iy et w = P (x, y)+iQ(x, y).
On obtient
donc
P (x, y) = x3 − 3xy 2 − y
Q(x, y) = 3x2 y − y 3 − x
lim(iz) = −1.
z→i
On a
∀z ∈ C, |f (z) − w0 | = |iz + 1| = |i||z − i| = |z − i|,
17
2.1. DÉRIVATION COMPLEXE (HOLOMORPHIE)
donc
∀ε > 0, ∃η > 0 / |h| < η ⇒ |f (a + h) − f (a)| < |h|(|l| + ε),
ε
et pour α = , On peut affirmer que
|l| + ε
∀ε > 0, ∃α > 0 / |h| < α ⇒ |f (a + h) − f (a)| < ε,
pour tout z ∈ X.
4. Soient Ω et Ω0 deux ouverts de C, f : Ω → Ω0, g : Ω0 → C. On
suppose que f est C-dérivable en z0 ∈ Ω, et que g est C-dérivable en
f (z0 ). Alors gof est C-dérivable en z0 , et on a
où, lim ξ(h) = 0. par suite l’application L sera notée Df (a) ou df (a).
|h|→0
où, λ est la constante complexe vérifiant Df (a)(h) = λ.h, est elle sera notée
aussi df (a). Cela justifie par suite l’équivalence entre la formule (2.2) et
f (a + h) − f (a)
lim = df (a) ∈ C,
h→0 h
h 7→ L.h
Proposition 2.2. Une application f définie sur un ouvert connexe U est ho-
lomorphe si et seulement si elle est C−différentiable.
Une fonction complexe, peut être vue comme une fonction de deux va-
riables réelles. Le problème de la dérivation peut être abordé de deux ma-
nières différentes :
1. Via la fonction d’accroissement.
∂f f (x, y0 ) − f (x0 , y0 )
(x0 , y0 ) = lim
∂x x→x0 x − x0
∂f f (x0 , y) − f (x0 , y0 )
(x0 , y0 ) = lim
∂y y→y0 y − y0
2. La fonction f est dite de classe C 1 sur Ω si elle admet en tout point
de Ω des dérivées partielles suivant x et y et si ces dérivées partielles
sont continues sur Ω.
3. On dit que f est R−différentiable en (x0 , y0 ) s’il existe a, b ∈ C tels que
∂f ∂f
a= (x0 , y0 ) et b = (x , y )
∂x ∂y 0 0
∂f ∂f
(z) = i (z) ∀ z ∈ U . (2.6)
∂y ∂x
∂P ∂Q
(x, y) = (x, y)
∂x ∂y
∂P ∂Q
(x, y) = − (x, y), (2.7)
∂y ∂x
∂f ∂f
(z) = i (z),
∂y ∂x
i.e.
∂(P + iQ) ∂(P + iQ)
(x, y) = i (x, y),
∂y ∂x
et l’identification des parties réelles et imaginaires, donne (2.7).
df (z) : C → C
∂P ∂P ∂Q ∂Q
h 7→ df (z).(h1 + ih2 ) = .h1 + .h2 + i( .h1 + .h )
∂x ∂y ∂x ∂y 2
x = r cos θ
y = r sin θ
∂F ∂F ∂F
= cos θ + sin θ
∂r ∂x ∂y
∂F ∂F ∂F
= −r sin θ + r cos θ
∂θ ∂x ∂y
Puisque r , 0 dans U , on a
∂F ∂F sin θ ∂F
= cos θ −
∂x ∂r r ∂θ
∂F ∂F cos θ ∂F
= sin θ +
∂y ∂r r ∂θ
soit :
∂F 1 ∂F
(sin θ − i cos θ) = − (cos θ + i sin θ)
∂r r ∂θ
Cela signifie
1 ∂F ∂F
= i
r ∂θ ∂r
Par conséquent, si
F = P (r, θ) + iQ(r, θ),
alors la version polaire des conditions de Cauchy-Riemann est
∂P 1 ∂Q
=
∂r r ∂θ
∂Q 1 ∂P
= − (2.9)
∂r r ∂θ
1 ∂L ∂L
= i
r ∂θ ∂r
i
=
r
4f = 0
Preuve. On suppose
f = P + iQ
∂2 P ∂2 P
+ = 0
∂x2 ∂y 2
et
∂2 Q ∂2 Q
+ = 0
∂x2 ∂y 2
Le rayon de convergence d’une série entière peut aussi être défini de la façon
suivante :
27
3.1. SÉRIES ENTIÈRES
Toutefois il est important de signaler que dans le cas 0 < R < ∞, la situation
en terme de convergence sur le cercle C(0, R) diffère d’une série à autre.
L’xemple suivant illustre cette remarque.
X
Exemple 3.1. La série entière zn , déterminée par les coéfficients an =
1 pourXtout n, possède le rayon de convergence R = 1. En effet,
– zn diverge pour tout z tel que |z| > 1,
X
– zn converge normalement en tout point du disque unité D(0, 1),
– Sur le cercle unité S 1 , la série est divergente en z = 1, semi-convergente
sur le reste du cercle.
1 1
R= = p ,
l lim sup n |an |
avec la convention R = 0 si l = ∞ et R = +∞ si l = 0.
p
Preuve. Si lim sup n |an | = l, alors
p
n
∀ε > 0, ∃N ∈ N , ≥ N , |an | < l + ε.
1
On en déduit que ≤ R.
l
1
Soit r > , il existe ε tel que r(l − ε) > 1.
l p q
Comme lim sup n |an | = l, il existe une sous-suite (nk ) telle que nk |ank | ≥ l −ε.
q
Par conséquent, la suite extraite ( nk |ank |r)nk → +∞, et donc la suite (an r n )n
1
n’est pas bornée. Puisque r est arbitrairement choisi > , on a nécessaire-
l
1
ment R ≤ . D’où le résultat.
l
Et on dit que f est analytique sur Ω si elle est analytique en tout point de
Ω.
Proposition 3.3. (Principe des zéros isolés pour les séries entières). Soit
+∞
X
f (z) = an zn la somme d’une série entière de rayon de convergence R > 0.
n=0
Supposons qu’il existe au moins un des coefficent an non nul, alors il existe
r > 0 tel que
f (z) , 0 pour z ∈ D(0, r) − {0}
.
Comme g est la somme d’une série entière, elle est continue sur son disque
de convergence, et lim g(z) = 0. Donc il existe un voisinage de 0 sur le quel
z→0
g(z) , 0. En particulier,
an − bn = 0, ∀n
D’où, an = bn , ∀ n ∈ N.
Proposition 3.5. 1. La somme d’une série entière est une fonction holo-
morphe dans son disque de convergence, la dérivation se fait terme à
+∞
X
terme et si f (z) = an (z − z0 )n , on a
0
+∞
X
0
f (z) = nan (z − z0 )n−1
0
Il est claire de la définition, que cette fonction est entière, car le rayon de
convergence de la série exponentielle est R = +∞.
3. On a
|exp(z)| = exp(Re(z))
et donc
ez , 0
pour tout z dans C.
4. En particulier,
eiy = 1
pour tout y dans R, et on constate que la fonction exp est une fonction
2πi−périodique.
5.
π
cos t = 0 ⇔ t = + kπ, k ∈ Z
2
sin t = 0 ⇔ kπ, k ∈ Z
Dans le cas complexe, ces fonctions peuvent être prolongées ainsi que les
fonctions hyperboliques sinh et cosh, de la façon suivante :
ez = b (3.1)
b = r(cos t + i sin t)
ex = r
y ≡ t mod 2π
x = ln r
y = t + 2kπ (k ∈ Z),
z = ln |b| + iArg(b)
D = C − R−
on définit la fonction
Arg : D → ] − π, π[
z
z 7→ Arg(z) = t / eit =
|z|
log : D → C
z 7→ ln |z| + iArg(z), −π < Arg(z) < π,
1
log0 (z) =
z
exp(log z) = z
log(exp z) = z
zα = exp(α log(z)),
4.1 Chemins
Définition 4.1. Soit U un ouvert connexe de C, on appelle chemin (tracé
dans U ,) toute application continue et de classe C 1 par morceaux
γ : [t0 , t1 ] ⊂ R → C
t 7→ γ(t) ∈ U ,
cela signifie que la dérivée γ 0 (t) existe sauf peut être en un nombre fini de
points de l’intervalle [t0 , t1 ].
– γ(t0 ) est appelé l’origine du chemin et γ(t1 ) son extrémité. Si γ(t0 ) =
γ(t1 ), le chemin est dit fermé.
– L’image de γ dans C notée γ ∗ est appelée support de γ. On confond
souvent un chemin avec son support.
– Le chemin est dit simple si γ :]t0 , t1 [→ C est une application injective.
γ(t) = a ∀ t ∈ [t0 , t1 ].
37
4.2. INTÉGRATION LE LONG DES CHEMINS
γ ∪ δ : [a, b + d − c] −→ U
γ(t) si t ∈ [a, b]
t 7−→
δ(t) si t ∈ [b, b + d − c]
γ : [0, 1] −→ C
t 7−→ γ(t) = (1 − t).z1 + t.z2
γ : [0, 2π] −→ C
t 7−→ γ(t) = z0 + r.eit
Z
conditions d’existence de f (z)dz sont identiques aux conditions d’exis-
γ
Zb
tences d’une intégrale de type f (t)dt pour une fonction f : [a, b] ⊂
a
R −→ C, en particulier la continuité de la fonction f est une condition
suffisantes non-nécessaire.
– Pour la classe du chemin, il suffit que γ soit de classe C 1 par morceaux,
i.e de classe C 1 sur [0, T ] sauf peut-être en un nombre fini de points
(voir la figure 4.1).
– Dans le cas où, le chemin γ : [0, T ] −→ U est de classe C 1 par mor-
ceaux, avec n points 0 < t1 < t2 <, .., < tn < T de discontinuité de la
dérivée de γ, on considère γ comme étant la réunion de n + 1 chemins
de classe C 1 , γi : [ti , ti+1 ] −→ U , 0 < i < n, avec t0 = 0, tn+1 = T et :
et dans ce cas on a :
Z n+1 Z
X
f (z)dz = f (z)dz.
γ i=0 γi
Exemple 4.2. Soit γ le cercle unité du plan complexe orienté une seule fois
dans le sens direct, on a
Z Z 2π it
dz ie
= dt
γ z 0 eit
Z 2π
= idt
0
= 2πi
[0, 2π] → C
t 7→ a + reimt
où, m ∈ Z∗ , a ∈ C et r > 0.
Le support de γ est le cercle de centre a, de rayon r. Calculons l’indice de γ
par rapport à son centre a. En effet,
Z
1 dz
Ind(γ, a) =
2πi γ z − a
Z 2π
1 imreimt
= dt
2πi 0 reimt
= m
[t0 , t1 ] → C
t 7→ γ(t),
donc
ϕ 0 (s).[γ(s) − a] − ϕ(s).γ 0 (s) = 0.
φ : [t0 , t1 ] → C
ϕ(s)
s 7→
γ(s) − a
est aussi nulle. Donc φ est constante sur [t0 , t1 ], par conséquent,
ϕ(t0 ) ϕ(t1 )
=
γ(t0 ) − a γ(t1 ) − a
γ 0 (t)
Z
1
Ind(γ, a) = dt = ψ(a)
2πi γ(t) − a
ψ 0 (a) = 0 ∀a ∈ C − γ ∗
lim Ind(γ, a) = 0
|a|→∞
donc
Z
1 dξ
|Ind(γ, a)| =
2πi γ ξ − a
1
≤ .L(γ)
2πr
faisant tendre r vers +∞, en trouve
lim Ind(γ, a) = 0.
|a|→∞
Remarque 4.1. Pour un cercle orienté une seule fois dans le sens direct,
l’indice vaut donc +1 pour tout point intérieur, et 0 pour tout point à l’ex-
térieur.
[0, 1] → X
t 7→ γ(t) = γ1 (t) + iγ2 (t)
On pose aussi
f (z) = f (x + iy) = P (x, y) + iQ(x, y)
Ainsi, puisque f ∈ H(X), les fonctions P et Q sont deux
Z fonctions réelles de
classe C 1 définies sur l’ouvert X ∈ C ' R2 . Calculons f (z)dz,
γ
Z Z 1
f (z)dz = (P (γ(t)) + iQ(γ(t))).(γ10 (t) + iγ20 (t))dt
γ 0
Z 1 Z 1
= (P (γ(t)).γ10 (t) − Q(γ(t)).γ20 (t))dt + i (P (γ(t))γ20 (t) + Q(γ(t)).γ10 (t))dt
Z0 Z 0
K = γ ∗ ∪ Int(γ).
d’où, Z Z
f (z) f (z) − f (z0 )
dz − 2πif (z0 ) = dz
Cr z − z0 Cr z − z0
f (z) − f (z0 )
z 7→ g(z) =
z − z0
est continue sur le disque fermé {z / |z − z0 | ≤ r}, donc |g| est bornée par un
réel positif M. D’où,
Z Z 2π
g(z)dz ≤ M rdt
Cr 0
= 2πMr
Par conséquent, Z
f (z)
lim dz = 2πif (z0 )
r→0 Cr z − z0
donc
Z Z Z Z
f (z) f (z) f (z) f (z)
dz + dz + dz + dz = 0 (4.2)
(a0 ca) z − z0 [a,b] z − z0 (bdb0 ) z − z0 [b0 ,a0 ] z − z0
et Z ! Z
f (z) f (z)
lim dz = dz
a0 →a, b0 →b (a0 ca) z − z0 γ z − z0
et Z ! Z
f (z) f (z)
lim dz = − dz,
a0 →a, b0 →b (bdb0 ) z − z0 Cr z − z 0
et on pose
f (γ(t)).γ 0 (t)
ϕ(t, z0 ) =
γ(t) − zO
La fonction ϕ : [0, 1] × X −→ C est continue et différentiable par rapport à
z0 . La démonstration classique dans le cas d’une fonction définie de I × R
dans R s’adapte en remplaçant valeurs absolues par modules.
Dans ce cas,
Z
1 f (z)
f (a) = dz
2πi C z−a
Z 2π
1 f (a + reit )
= ireit dt
2πi 0 reit
Z 2π
1
= f (a + reit )dt
2π 0
A(X) ⊂ H(X).
∞
X
La série t 7→ zn e−int converge normalement sur [0, 2π], on peut donc per-
n=0
muter entre l’intégrale et la sommation. Par conséquent,
∞ Z 2π !
1 X it
f (z) = f (e )e −int
dt zn
2π 0
n=0
Remarque 4.3. La situation est totalement différente pour les fonctions réelles.
On rappelle qu’il existe des fonctions dérivables sur R (et même de classe
z0 est donc l’unique zéro de f dans le disque D(z0 , r). C’est un zéro
isolé.
f |X = g |X
|f (reit )| ≤ 1
donc
Z 2π
1
1 = f (0) ≤ |f (reit )|dt
2π 0
≤ 1,
donc
|f (reit )| = 1 ∀t, ∀r
et par conséquent, f est constante dans un voisinage de 0.
La fonction f étant bornée, donc ∃M > 0 tel que |f (z)| ≤ M en tout point de
C. Par conséquent,
Z
|b − a| f (z)
|f (b) − f (a)| = dz
2π C (z − b)(z − a)
2M|b − a|
≤
r
faisant tendre r vers +∞, on trouve |f (b) − f (a)| = 0.
Pn (z) ∈ C[X]
1
ne possède pas de racines dans C, alors la fonction complexe est une
Pn
fonction holomorphe sur C tout entier, et puisque
1
lim =0
|z|→∞ Pn (z)
59
5.1. DÉVELOPPEMENT DE LAURENT ET POINTS SINGULIERS
Par suite, les points singuliers sont définis et classifiés a partir du dévelop-
pement de Laurent, de la façon suivante :
an = 0, ∀n < 0
∃n < 0, an , 0
dans (5.1). Cela signifie que f est n’est pas prolongeable en une fonc-
tion holomorphe dans D.
Dans le cas des points singuliers isolés, on constate deux cas de singularités :
an = 0 ∀n < −m,
Remarque 5.1. Dans le cas d’une fausse singularité z0 pour f (ou point
d’holomorphie), on a immédiatement Res(f , a) = 0.
sin(z2 )
Exemple 5.1. Si f (z) = , le développement de laurent de f au voisi-
z2
nage de 0 est
∞
sin(z2 ) 1 X z 2(2n+1)
= 2 (−1)n
z2 z (2n + 1)!
n=0
z4 z8 z4n
= 1− + + ... + (−1)n + ...
3! 5! (2n + 1)!
1 d m−1
Res(f , a) = lim m−1 [(z − a)m f (z)] (5.2)
(m − 1)! z→a dz
donc la fonction h(z) = (z − a)m f (z) est une fonction holomorphe dans D,
dont le développement en série entière au voisinage de a est
(z−a)m f (z) = a−m +a−m+1 (z−a)+...+a−1 (z−a)m−1 +a0 (z−a)m +...+an (z−a)n+m +...,
donc pour avoir le terme a−1 qui est le résidu en a, il suffit de dériver à
l’ordre (m − 1), puis faire la limite quand z tend vers a. En effet,
d m−1
[h(z)] = (m−1)!a−1 +m!a0 (z−a)+...+(n+m).(n+m−1)...(n+2).an (z−a)n+1 ...
dzm−1
Par conséquent,
1 d m−1
Res(f , a) = a−1 = [h(a)]
(m − 1)! dzm−1
Remarque 5.2. On a lim h(p) (z) = h(p) (a), car la fonction h ainsi que ses déri-
z→a
vées h0 , h(2) ,...h(p) sont des fonctions continues, cela justifie bien l’utilisation
de la limite dans la formule (5.2).
Dans le cas particulier des pôles simples (multiplicité 1), la formule du ré-
sidu (5.2) prend une forme plus simple, tel qu’il est indiqué dans le corol-
laire suivant.
P
Corollaire 5.1. Soit f = une fonction holomorphe sur un disque pointé
Q
D \ {a}, où a est pôle simple. Alors
P (a)
Res(f , a) = (5.3)
Q0 (a)
où, Q0 (a) est la dérivée du dénominateur Q au point a.
avec (z −a)f (z) |z=a = a−1 , 0, on constate en particulier que P (a) , 0 et Q(a) =
0. Une remarque aussi importante que la dernière, est que la fonction Q(z)
est une fonction holomorphe au voisinage de a, avec
Q(a) = 0 et Q0 (a) , 0.
1
1. Pour f (z) = exp( ) + exp(iz), le point z = 0 est un point singulier es-
iz
sentiel, donc la formule (5.2) n’est pas valide. Donc il est indispensable
de procéder à un développement de Laurent, en effet
1 1
f (z) = ... + + ... + + 2 + iz + ... + i n zn + ...
i n zn iz
Par conséquent,
1
Res(f , 0) = = −i
i
z−i
2. Pour la fonction f (z) = , le résidu au point i est nul car z = i est
(z2 + 1)
une fausse singularité (point d’holomorphie). Par contre z = −i est un
pôle simple et la formule (5.3) s’applique,
(z − i) | z=−i
Res(f , −i) =
(z2 + 1)0 | z=−i
−2i
=
−2i
= 1
1
3. La fonction f (z) = admet deux points singuliers isolés :
(z − π)2 (z − 1)3
z = π comme pôle multiple, z = 1 comme pôle triple. Dans les deux
Preuve. On note
P1 (z) : la partie principale de f au voisinage du point a1 ,
P2 (z) : la partie principale de f au voisinage du point a2 ,
...
...
Pk (z) : la partie principale de f au voisinage du point ak .
Par suite, notons
g(z) = f (z) − P1 (z) − P2 (z) − ... − Pk (z).
d’où,
Z k Z
X
f (z)dz = Pj (z)dz (5.5)
γ j=1 γ
Z
Calculons l’intégrale Pj (z)dz. On rappelle que la partie principale Pj (z)
γ
issue du développement de Laurent de f au voisinage du point aj (1 ≤ j ≤ k),
est définie par X
Pj (z) = an (z − aj )n
n<0 Z
Puisque le chemin γ ne passe par aucun point aj , les intégrales Pj (z)dz et
Z γ
(z − aj )n dz existent, et on a
γ
Z Z X
n
Pj (z)dz = a (z − a ) dz
n j
γ γ n<0
X Z !
n
= an (z − aj ) dz .
n<0 γ
Pour n = −1, on a
Z Z
−1 dz
(z − aj ) dz = = 2πi.Ind(γ, aj ),
γ γ z − aj
donc
Z
Pj (z)dz = a−1 .(2πi).Ind(γ, aj )
γ
= 2πi.Ind.(γ, aj ).Res(f , aj ).
π
Γ (z)Γ (−z) = ,
sin(πz)
et on constate a partir de cette dernière formule que Γ est une fonction mé-
romorphe sur C/Z− qui admet les points de Z− comme des pôles simples.
67
6.1. INTÉGRALE DU PREMIER TYPE
P (X, Y )
R(X, Y ) = , tel que Q(X, Y ) , 0 si X 2 + Y 2 = 1, (6.2)
Q(X, Y )
Méthode. Pour θ ∈ [0, 2π], l’application θ 7−→ (cos θ, sin θ) réalise une para-
métristaion du chemin fermé simple γ orienté dans le sens positif 1 dont le
support et le cercle unité (γ ∗ = S 1 ).
Pour z ∈ γ ∗ on pose z = eiθ , et donc
z + 1z z − 1z dz
cos θ = , sin θ = et dθ = .
2 2i iz
L’intégrale I s’écrit donc
z + 1z z − 1z dz
Z
I = R , .
γ 2 2i iz
1. Une hypothèse qui implique que l’indice de γ par rapport à un point est égal à +1 si
le point est à l’intérieur de γ et 0 si le point est à l’extérieur.
k
1
X
I = 2πi Res R(z), zj (6.3)
iz
j=1
1 P (z)
où, la somme étant étendue aux pôles zj de la fonction R(z) = situés
iz izQ(z)
à l’intérieur du cercle unité.
Voici quelques exemples de calcul des intégrales du premier type.
L’intégrale est bien définie car 2+cos t > 0 pour tout t ∈ R, c’est une intégrale
de type (6.1).On a donc
Z
1 dz
I =
1
γ 2 + z+ z iz
Z 2
2 dz
=
i γ z2 + 4z + 1
2 1
= (2πi)( )Res 2 , z2
i z + 4z + 1
1
= 4πRes 2 , z2 ,
z + 4z + 1
√ 1
où, z2 = −2 + 3 est le pôle de la fraction 2 , z2 qui est à l’intérieur 2
z + 4z + 1
du chemin fermé γ.
Par suite, il ne reste que le calcul du risidu. Et comme il s’agit d’un pôle
simple, il suffit d’appliquer la formule
P P (z0 )
Res ,z = ,
Q 0 Q0 (z0 )
√
2. L’autre pôle z1 = −2 − 3 est à l’extérieur du cercle unité, car |z1 | > 1.
P
où, Q0 est la dérivée du dénominateur de la fraction . Par conséquent,
Q
1
1
z−z1
Res 2 , z2 = Res , z2
z + 4z + 1 z − z2
1
z2 −z1
=
√1
= 2 3,
et l’intégrale devient
√
I = 8π 3.
où, R(x) est une fraction rationnelle qui vérifie les deux conditions sui-
vantes :
1. elle n’admet pas de pôle réel.
2. lim zR(z) = 0.
|z|→∞
La première condition signifie l’existence de R(x) pour tout x dans R. La
seconde assure la convergence absolue de l’intégrale (6.4).
En effet, si lim zR(z) = 0, alors la fraction R peut s’écrire
|z|→∞
Pn (z)
R(z) =
Qm (z)
On supposera r assez grand pour que les pôles de R(z) situés au-dessus de
l’axe des réels (demi plan supérieur) soient à l’intérieur de γr . Posons :
Z
I(r) = R(z)dz
γr
k
X
I(r) = 2πi Res(R, zj )
j=1
où, z1 , ..., zk sont tous les pôles de la fraction R(z) inclus au demi plan supé-
rieur. D’après la composition du chemin γr , on trouve
Z +r Z
I(r) = R(x)dx + R(z)dz,
−r Cr
par conséquent,
k
X
I = 2πi Res(R, zj ) (6.5)
j=1
Lemme 6.1. (Lemme de Jordan). Soit f une fonction complexe continue sur
le demi plan fermé D = {z / Im(z) ≥ 0}. On suppose que zf (z) tend vers 0
quand |z| tend vers l’infini. Si Cr est le demi cercle de centre 0 de rayon r
tracé dans D, alors Z
lim f (z)dz = 0
r→∞ Cr
Donc : Z
ε
f (z)dz ≤ L(Cr ) ≤ 2πε
Cr r
Par conséquent, Z
lim f (z)dz = 0
r→∞ Cr
La méthode du calcul des résidus en cas des pôles simples nous donne
1 1
I = 2πi i π + 3π
4(e )3 i 3
4 4(e 4 )
d’où, √
2
I= π
2
où, R(x) est une fraction rationnelle qui vérifie les deux conditions sui-
vantes :
1. elle n’admet pas de pôle réel.
2. lim R(z) = 0.
|z|→∞
La première condition signifie l’existence de R(x) pour tout x dans R. La
seconde assure la convergence de l’intégrale (6.6).
En effet, si lim R(z) = 0, alors la fraction R peut s’écrire
|z|→∞
Pn (z)
R(z) =
Qm (z)
où, z1 , ..., zk sont tous les pôles de la fonction eiz R(z) inclus au demi plan
supérieur. D’après la composition du chemin γr , on trouve
Z +r Z
ix
I(r) = e R(x)dx + eiz R(z)dz,
−r Cr
par conséquent,
k
X
I = 2πi Res(eiz R(z), zj ) (6.7)
j=1
[0, π] → D
t 7→ Cr (t) = reit ,
donc Z Z π
iz
e f (z)dz = ireit e(ir cos t−r sin t) f (reit )dt,
Cr 0
donc
Z π/2 Z π/2 2
−r sin t −r t
re dt ≤ re pi dt
0 0
π
≤ (1 − e−r ).
2
Par conséquent, Z
lim eiz f (z)dz = 0
r→∞ Cr
Corollaire 6.1. Si R(z) est une fraction rationnelle vérifiant les hypothèses
de la convergence de l’intégrale (6.6), alors
Z +∞ k
X
cos x.R(x)dx = Re 2πi Res(eiz R(z), zj ) ,
−∞
j=1
et
Z +∞ k
X
sin x.R(x)dx = Im 2πi Res(eiz R(z), zj ) .
−∞
j=1
La méthode de calcul et le résultat sont similaires pour la cas (λ > 0). Pour le
cas inverse (λ < 0), le chemin d’intégration est modifié dans le but d’obtenir
le résultat du second lemme de Jordan. Ainsi on utilise un demi cercle dans
le demi plan inférieur, de centre 0 de rayon r orienté dans le sens inverse,
on établit donc le résultat suivant :
Z +∞ k
X
λx
e .R(x)dx = −2πi Res(eiλz .R(z), zj ), (λ < 0)
−∞ j=1
où, z1 , ..., zk sont tous les pôles de la fonction eiλz .R(z) inclus au demi plan
inférieur D = {z / Im(z) < 0}.
h π 3π i
I = Re 2πi Res(F, ei 4 ) + Res(F, ei 4 )
D = C − R+ .
avec
log z = ln |z| + iArg(z), et 0 < Arg(z) < 2π.
Pour les deux réels 0 < ε < r, on introduit le chemin δ(r, ε) inclus dans D et
composé de :
1. γr , la portion du cercle de centre 0 de rayon r, définie par la paramé-
trisation
[θ0 , 2π − θ0 ] → D
t 7→ γr (t) = reit ,
[θ0 , 2π − θ0 ] → D
t 7→ γε (t) = εei(2π−t) .
lim za = Re(z)a
z∈S1
Proposition 6.1.
+∞ k
eiπa X
Z
R(x)
dx = π Res(F, zj ), (6.10)
0 xa sin πa
j=1
R(z)
où, z1 , ..., zk sont les pôles de la fonction F(z) = .
za
R(z)
Preuve. Le domaine D étant simplement connexe, la fonction F(z) = a
z
est méromorphe dans D et le chemin δ(r, ε) est fermé dans D. D’après le
théorème des résidus
Z k
R(z) X
a
dz = 2πi Res(F, zj ),
δ(r,ε) z j=1
et donc
Z +∞ Z
R(x) 2πi
a
dx = F(z)dz
0 x 1 − e−2iπa δ(r,ε)
k
πeiπa X
!
R(z)
= Res ,z
sin(πa) za j
j=1
R(z)
où,z1 , ..., zk sont tous les pôles de la fonction dans le domaine D = C −
za
R+ .
z1 = −i et z2 = i.
2 Fonctions holomorphes 17
2.1 Dérivation complexe (Holomorphie) . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2 C-différentiabilité, R-différentiabilité . . . . . . . . . . . . . . 20
2.3 Holomorphie et harmonicité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
83
TABLE DES MATIÈRES TABLE DES MATIÈRES
Bibliographie 83
85