LOMBOSCIATIQUE COMMUNE
La lombosciatique est une douleur vive suivant le territoire RAPPEL ANATOMIQUE :
du nerf spinal L5 ou S1 atteint au niveau de la colonne
Nerf sciatique :
vertébrale (rachis lombaire) ou à sa proximité immédiate.
Les deux racines du nerf sciatique :
Elle doit être distinguée du nerf sciatique, appelé parfois « le
sciatique » tout court et qui naît de la réunion de plusieurs - la racine L5 qui sort entre les L4 et L5
racines nerveuses (dont L5 et S1). -la racine S1 qui sort entre la L5 et S1.
Une lésion du nerf sciatique peut donc
provoquer une névralgie sciatique affectant le trajet du nerf Trajet :
depuis son origine jusqu'à ses extrémités. - L5 : fesse, partie postéro-
externe de la cuisse,
antéro-externe de la
jambe, devant la malléole
externe, dos du pied, gros
orteil ± 2ème orteil.
- S1 : fesse, face post de la
cuisse, mollet, tendon
d’Achille, rétromalléolaire
externe, face plantaire du
pied sur le bord externe,
derniers orteils.
La lombosciatique :
Commune 90 % : hernie discale+++ et arthrosique Fonction :
Symptomatique : affections inflammatoires, infectieuses, C ’est un nerf mixte sensitif et moteur :
tumorales…etc Motrice : extension de la cuisse et flexion de la jambe.
la flexion, l’extension, rotation latérale, Inversion et
Eversion du pied.
Épidémiologie : Sensitive : face postéro-latérale de la jambe et
• Touchant l’Adulte 30 à 50 ans l’ensemble du pied
• Prédominance masculine (sport + porte de charge lourdes)
Disque intervertébral : un amortisseur hydraulique
• L'anneau de cartilage fibreux (annulus fibrosus) se
Facteurs favorisants : compose de plusieurs couches (lames) de
L’inégalité des mbr inf. fibrocartilage constitué de collagène de type I et de
type II.
Scoliose, l’hyperlordose.
Traumatismes • Le noyau gélatineux ou noyau pulpeux (nucleus
pulposus) 1.5 cm : permet lui de distribuer
Surcharge pondérale.
uniformément la pression sur tout le disque et
Soulèvement de poids et mouvement de rotation du empêche le développement de contraintes qui
tronc pourraient endommager les deux vertèbres
Physiopathologie : Clinique : diagnostic est clinique
Mécanique par compression statique 1- Terrain :
Inflammatoire par le contact de la racine nerveuse Jeune : 30 et 50 ans
avec un élément discal Masculin
Neuropathique par atteinte fonctionnelle ou Profession exposante : port de charges lourdes..
anatomique de la racine. Des ATCD presque toujours de lombalgie chronique
- Les lombosciatiques communes sont dues à un conflit disco-
radiculaire = une hernie discale qui provoque une 2-Mode de début : aigue et brutale déclenché par des
compression du nerf sciatique au niveau de ses racines efforts de soulèvements mais peut être progressif aussi
- Dans certains cas, la compression du nerf sciatique peut être
engendrée par une arthrose au niveau des lombaires. 3- Trajet du L5 et S1:
- Si trajet incomplet : sciatique tronquée
- La hernie discale = une protrusion du noyau pulpeux vers
l’espace extradural, entraîne une déchirure de l’anneau
fibreux. 4. Irradiation :
- L5 : douleur au pli de l’aine (50%)
- Le point de départ d’une hernie discale est la détérioration
- S1 : douleur à partie interne de la région inguinale (25%)
du disque intervertébrale qui peut résulter d'une usure
d'origine dégénérative, par un trauma et souvent par des
efforts de soulèvement. 5. Intensité :
- Douleur très variable :
- En position debout, la pression est répartie sur l'ensemble
de la surface du disque, et lors d'un mouvement de flexion radiculalgie légère à radiculalgie hyperalgique
antérieure (effort de soulèvement), la pression locale peut
6. Type : brulures, broiements
être augmentée.
- Il ya alors une modification du nucleus qui devient fibreux, 7. Rythme :
perd sa fonction et se fragmente - Mécanique : douleurs diurnes qui augmentant à l’effort,
- Il y aura une fragilisation de l’annulus et une fissuration des la station debout prolongée, calmée par le repos en
lamelles décubitus latéral en chien de fusil.
- Ce qui nous donnera une hernie discale sous ligamentaire, 8. Signes accompagnateurs : paresthésies - dysesthésies
exclu voir migratrice.
9. Facteurs aggravants ou calmants :
- Certaines éléments laissent à penser que la névralgie peut
Déclencher par : la station debout prolongé et la porte
être en rapport avec une inflammation : TNF α
de charge lourdes
TNF α est présente dans :
Soulager par : le décubitus latéral en chien de fusil et
- Sd de queue de cheval le décubitus dorsal avec un coussin sous les genoux
- Arthrose articulaire postérieure qui pourrait donc
Marche : mieux supportée
contribuer aux lésions dégénératives du disque
Station assise : ± supportée selon le malade.
Impulsivité : la douleur s’accentue si toux,
éternuement, défécation
Hernie exclue, c’est-à-dire que la hernie est passé au travers du
ligament vertébral commun postérieur.
A l’inverse, si la hernie est bien contenue sous la ligament, on
parle de hernie sous ligamentaire.
Examen clinique :
-Déficit moteur : testing musculaire
1- à l’inspection : Une attitude antalgique avec :
* L5 une difficulté à la marche sur les talons
- une inflexion latérale,
* S1 une difficulté à la marche sur la pointe des pieds
- un effacement de la lordose physiologique,
- une contracture des muscles para-vertébraux
- une raideur lombaire.
Elle peut être directe (du côté de la
sciatalgie) ou croisée (du coté contre
latérale)
2-Palpation : douleur médiane ou para-vertébrale au niveau
L4-L5 ou L5-S1 signe de la sonnette (Aggravation de la
Une sciatique paralysante (déficit moteur ≤3) avec une
douleur radiculaire par percussion vertébrale)
impossibilité d’effectuer une flexion dorsale ou plantaire du
pied
3-Raideur segmentaire une limitation du rachis lombaire :
• L’indice de schober (signe indirect) : on marque un -Déficit sensitif :
point reliant les 2 crêtes iliaque, puis un autre point *L5 : hypoesthésie du dos du pied
10 cm au-dessus, s’incliner en avant (flexion du rachis) *S1 : hypoesthésie du bord externe du pied et du talon
si la distance < 13,5 cm une limitation du rachis.
*Recherche d’une hypoesthésie superficielle jusqu’à la
• La distance doigt-sol : région périnéale
si la distance > 10 cm une limitation du rachis.
-ROT :
*L4 a L3 : réflexe rotulien
*S1 : réflexe achillien
-Troubles sphinctérien :
Il faut rechercher l’existence de troubles génito-
sphinctériens évoquant un Sd de queue de cheval :
4-Manœuvre de lasègue : qui témoigne de la compression incontinence, rétention ,une difficulté à sentir le passage
de la racine des urines et des matières fécales…
Le patient est en décubitus dorsal, Le clinicien soulève alors
le membre inférieur tendu jusqu'à ce que le patient décrive
une douleur irradiant depuis le dos jusqu’au pied, identique à Formes graves : 03 situations d’urgence chirurgicale
la douleur sciatalgie.
1. les sciatiques hyperalgiques : douleur rebelle à des
- Lasègue positif à partir de 80 ° ( < ou =) antalgiques morphiniques une chirurgie en urgence
- Lasègue serré à partir de 10 à 20 ° après échec morphine durant 6 à 8 jours
2. les sciatiques paralysantes : L’apparition brutale :
- d’une parésie flasque des membres inférieurs
- des troubles sphinctériens ; une incontinence ou
une rétention indolore qui signe toujours l’urgence
-une anesthésie périnéale en selle
5- Examen neurologique pour préciser la souffrance Faire une IRM en urgence pour lever la compression
radiculaire et apprécier sa gravité.
- Déficit moteur
3. Sd de la queue de cheval : déficit moteur = ou < 3 au
- Déficit sensitif testing. sur les muscles du territoire L5 ou S1
- ROT
- Trouble sphinctérien
EVOLUTION :
Examen complémentaire : • Favorable :
• l’examen clinique sont suffisant pour poser le dgc 98 % sciatiques commune guérissent en qlq jours sans ou
• On passe aux examens complémentaires si présence de avec un trt médicale symptomatique
complication, des signes de gravité ou en faveur d’une -Aucun signe clinique n’est prédictif de l’évolution favorable
cause spécifique : ou défavorable (Lasègue, grosse hernie /protrusion….)
- Lombosciatique symptomatique
- Sciatique hyperalgique • Défavorable :
- Déficit moteur -évolution trainante
- Sd de queue de cheval - alternance de rémissions et de récidives
• Ce sont les hernies exclues qui subissent l’évolution
1-Biologie : défavorable.
Devant une lombosciatique commune pas de signes
inflammatoires Diagnostic différentiel :
• Ce qui n’est pas une radiculalgie du membre inférieur :
2-Radiologie : non systématique pathologie de la hanche, pathologie de la sacro-iliaque,
- anomalie de la courbure de la charnière lombo-sacrée pathologies vasculaires
- bâillement postérieur électif
- signe d’arthrose • Sciatiques symptomatiques ou secondaires : 5 à 10%
- Tumorales +++ : tumeurs malignes (myélome multiple,
métastases osseuse, lymphomes)
3. TDM :
- Infectieuses : spondylodiscites, épidurites
• en 2ème intention après la radio standard.
• La hernie discale = une saillie postérieure en continuité - Inflammatoires : spondyl-arthropathies
avec le disque.
• Le conflit disco-radiculaire = un effacement ou un • Autres radiculalgies communes :
refoulement de l'image radiculaire par la hernie, la 1.Névralgie crurale : L3, L4
racine homologue controlatérale est normalement - Trajet : face antérieure de la cuisse → genou → face
repérable interne de la jambe
- Hypoesthésie dans le territoire de L4
- Amyotrophie quadricipitale
- abolition do ROT rotulien
IRM : - Signe de Léri ou du crural (c’est le Lasègue inversé,
• IRM est faite après le scanner Si cette dernière ne décubitus ventral et soulèvement du MI)
décèle pas la hernie ou Si récidive après chirurgie
2.névralgie fémoro-cutanée : L1-L2
-Une douleur en raquette de la face antéro-ext de la cuisse
-L´adduction de la hanche augmente encore la névralgie
et le sujet est souvent obligé de dormir avec un coussin
entre les cuisses.
-Le nerf cutané latéral est purement sensitif.
L’électromyographie EMG :
• Aide au dgc différentiel entre une radiculalgie L5 et
une lésion du sciatique poplité externe (attitude
jambes croisées ou accroupie prolongée).
Traitement chirurgical :
1. Les indications absolues et urgentes :
Traitement : symptomatique et étiologique
– la sciatique hyperalgique,
– le syndrome de la queue-de-cheval
Traitement fonctionnel :
– le déficit moteur (inférieur à 4 )
- Repos au lit : sur un plan dur
- Lombostat : C’est une ceinture rigide 2. En dehors des situations urgentes, après échec de
de soutien, peut être plâtré, en résine, traitement médical au-delà de 6 à 8 semaines d’évolution.
ou en matériau thermoformable.
• Une discectomie avec laminotomie limitée pour une
- Rééducation, massages : afin d’accélérer la guérison
hernie discale intervertébrale pour augmenter le
canal vertébral. avec guérison immédiate.
Traitement médical : • Si la hernie est localisée la microdiscectomie
1. Antalgiques et AINS :
2. Les myorelaxants : En association avec les antalgiques Complications de la chirurgie :
et/ou les AINS, ex : mydocalm …Les benzodiazépines,
diazepam (Valium)ont une action décontracturante et - Immédiates : brèches durales avec fuites de LCR, plaies
anxiolytique sédative. vasculaires (artère iliaque primitive), plaies viscérales
(iléon, colon, appendice, uretère, vessie)
3. Antiépileptique : puisque c’est une douleur -A court terme : infections pariétales et les
neuropathique, surtout quand la douleur passe à la spondylodiscites, complications veineuses prévention
chronicité : Lyrica… des complications thromboemboliques
4. Corticoïde : Par voie générale en cure courte pour les -A long terme : fibrose, récidive
formes hyperalgique
Si échec : infiltration épidurale ou intra-thécale, à
proximité du nerf touché.
La réponse au traitement dépend de l'extension de la
compression du nerf en cause, définie à l'aide de critères
radiologiques : présence de graisse épidurale et de liquide
cérébrospinal, et aspect du nerf.
Ainsi, un aspect de compression importante est associé à un
taux d'échec plus important