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Le document traite des réactions nucléaires dans les réacteurs, en mettant l'accent sur l'interaction des neutrons avec la matière, la fission, et d'autres types de réactions comme la fusion thermonucléaire et la spallation. Il explique les concepts de phénoménologie, d'énergétique des réactions nucléaires, et les sections efficaces, tout en soulignant l'importance de ces connaissances pour la modélisation et le fonctionnement des réacteurs. Enfin, il mentionne des dispositifs nucléaires alternatifs visant à améliorer la sûreté et réduire les déchets radioactifs.

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Le document traite des réactions nucléaires dans les réacteurs, en mettant l'accent sur l'interaction des neutrons avec la matière, la fission, et d'autres types de réactions comme la fusion thermonucléaire et la spallation. Il explique les concepts de phénoménologie, d'énergétique des réactions nucléaires, et les sections efficaces, tout en soulignant l'importance de ces connaissances pour la modélisation et le fonctionnement des réacteurs. Enfin, il mentionne des dispositifs nucléaires alternatifs visant à améliorer la sûreté et réduire les déchets radioactifs.

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Physique des réacteurs

Les réactions nucléaires


par Cheikh M’Backé DIOP
Ingénieur-chercheur au Commissariat à l’Énergie Atomique
Chef du Laboratoire d’Études de Protection et de Probabiiités, CEA/Saclay

1. Phénoménologie ...................................................................................... BN 3 011 – 2


2. Énergétique des réactions nucléaires ................................................ — 2
3. Interaction des neutrons avec la matière ......................................... — 3
4. Sections efficaces ................................................................................... — 5
5. Fission ......................................................................................................... — 15
6. Formation du tritium............................................................................... — 20
7. Formation du carbone 14 ...................................................................... — 20

8. Réactions (  , n) ........................................................................................ — 20
9. Réactions de fusion thermonucléaire ................................................ — 21
10. Réactions de spallation .......................................................................... — 21
Références bibliographiques ......................................................................... — 23

ans un réacteur nucléaire les neutrons engendrent des réactions nucléai-


D res. La neutralité du neutron le rend insensible à la barrière coulombienne
induite par la présence des charges de l’atome (protons et électrons) et, par
conséquent, en fait un projectile privilégié pour interagir avec le noyau de
l’atome, par exemple, pour provoquer la fission d’un noyau de masse atomi-
que élevé. La fission n’est pas la seule réaction nucléaire à considérer dans un
réacteur nucléaire. En effet, il existe plusieurs types de réactions nucléaires et
l’occurrence de ces réactions nucléaires varie d’une espèce d’isotope cible à une
autre. Dans un réacteur, les réactions nucléaires ont lieu non seulement dans le
combustible mais également dans l’ensemble des structures du cœur et celles
situés au-delà du cœur.
D’autres types de dispositifs nucléaires mettent en jeu des réactions
nucléaires : les machines à fusion thermonucléaire (par confinement magné-
tique et inertiel) dans lesquelles on fait interagir des éléments légers, les accélé-
rateurs de particules pouvant provoquer des réactions de spallation.
La connaissance de ces réactions nucléaires est indispensable pour comprendre
et appréhender, par des modélisations physico-mathématiques appropriées, le
fonctionnement d’un réacteur nucléaire ainsi que l’ensemble des phénomènes
nucléaires associés au cycle du combustible.
Ainsi, le présent dossier décrit, en premier lieu, les principales caractéristiques
générales des réactions nucléaires induites par des neutrons : phénoménologie,
énergétique, sections efficaces, … Une deuxième partie traite de réactions
nucléaires particulières, notamment la fission. Enfin, un bref aperçu est donné
sur les réactions de fusion thermonucléaire et les réactions de spallation.
Cet exposé constitue la suite naturelle du dossier [BN 3 010] consacré à la
structure du noyau atomique et à sa stabilité dont il utilise l’ensemble des

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notions introduites. Le lecteur pourra ensuite se reporter au dossier [BN 3 012]


qui complète les « Bases de physique nucléaire pour la physique des réacteurs »,
par une présentation de grandes bases de données nucléaires internationales,
appelées évaluations par les spécialistes, ainsi que par une présentation du
mode de traitement de ces évaluations afin qu’elles puissent être utilisables par
l’ingénieur ou le chercheur soit directement, soit à travers les codes de calcul
développés dans le domaine de la physique des réacteurs nucléaires.

1. Phénoménologie
On entend par réaction nucléaire, l’interaction entre une particule
(le projectile) et le noyau atomique (la cible). Le tableau 1 en donne
quelques exemples.
(0)

Tableau 1 – Exemples de réactions nucléaires


Réaction de fission 235 1 140 93 1
induite par neutron 92U + 0n → 56Ba + 36Kr + 3 0 n

1 1 1 1
Réaction de diffusion + 0n →
1H 1H + 0 n′

238
Figure 1 – Phénoménologie des réactions nucléaires, d’après [1] [2]
239
Réaction de capture 92U +n → 92U

59 1 60
Réaction d’activation 27 Co + 0n → 27 Co
L’énergétique est importante pour la physique des réacteurs, car
elle permet de déterminer la puissance résiduelle et l’échauffement
Réaction induite par 4 17 20 1 des structures du réacteur.
une particule α 2 He + 8O → 10 Ne + 0n
Les sections efficaces sont indispensables pour traiter la propaga-
Réaction de fusion 2 3 4 1 tion des rayonnements dans la matière (résolution de l’équation du
thermonucléaire 1D + 1T → 2 He + 0n
transport), ainsi que la transmutation d’un milieu soumis à irradia-
1
tion.
1p + Pb → produits de spallation,
Réaction de spallation
clusters
Réaction
photonucléaire
2
γ + 1D →
1
1H
1
+ 0n 2. Énergétique des réactions
nucléaires
La réaction nucléaire est un phénomène complexe se déroulant
sur une échelle de temps allant schématiquement de 10–23 seconde Dans la pratique, pour caractériser l’énergie et la direction des
à 1 seconde (émission de neutrons retardés). La figure 1 inspirée de particules issues d’une réaction nucléaire, on est amené à considé-
schémas des références [1] [2] illustre cette phénoménologie. rer deux référentiels :
Deux aspects importants sont à étudier : — le référentiel du laboratoire : c’est le système de coordonnées
— l’énergétique des réactions nucléaires et les relations entre noté (L), fixe, associé à l’expérimentateur/observateur ;
l’angle et l’énergie : connaissant l’énergie et la direction du projec- — le référentiel du centre de masse, noté (CM), est un système de
tile et de la cible avant collision, en déduire l’énergie et la direction coordonnées mobile qui dépend de la position relative du projectile
des produits de réaction ; et de la cible.
— la probabilité d’interaction entre projectile et noyau cible tra-
duit l’occurrence d’une réaction. La figure 2 illustre ces deux notions dans le cas d’une particule
incidente de masse m1 entrant en collision avec une particule de
L’énergétique utilise les relations de conservation de l’énergie et masse m2 d’où résultent deux particules m 1′ et m 2′ :
de l’impulsion en travaillant dans le référentiel du laboratoire et/ou
du centre de masse. m 1 + m 2 → m 1′ + m 2′ + Q
Le second point concerne les sections efficaces des réactions
nucléaires. Elles sont obtenues par divers formalismes mathéma- On admet m1 < m2 et m2 au repos dans (L) et l’on note Q l’énergie
tiques associés à des modèles. disponible de cette réaction.

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Cette relation () est compatible avec la définition du centre de


masse (CM) dans lequel on a :

∑ pi = 0
i = 1,2

dans le référentiel du centre de masse la somme des impulsions


p i des particules mises en jeu est nulle (avant et après réaction).

La relation () donne immédiatement avec la relation (2) :

( E cin ) s = – Q (4)

qui signifie que l’énergie de seuil dans le centre de masse (CM) est
égale à l’énergie disponible Q (négative pour une réaction à seuil) de
la réaction changée de signe.
En utilisant les relations de passages de (CM) à (L), on montre que
l’énergie de seuil de la particule 1 dans le système du laboratoire (L)
est, dans le cas non relativiste :

m1 + m2
( E cin, 1 ) seuil = – Q ----------------------- (5)
m2
Figure 2 – Collision dans le référentiel du laboratoire (L)
et dans le référentiel du centre de masse (CM) Dans le cas d’une réaction nucléaire induite par neutron
(particule 1 incidente sur le noyau cible 2 de masse atomique A), on
a:
On désigne par r 1 et r 2 les positions respectives des particules
m1 et m2 dans (L). La position du centre de masse des deux parti- 1+A
( E cin, 1 ) seuil = – Q -------------- (6)
cules (barycentre) est définie par la relation : A

où les masses m1 et m2 sont exprimées en unité de masse


m1 r 1 + m2 r 2 de neutron.
R = ---------------------------------------
- (1)
m1 + m2

■ L’énergie disponible
L’énergie disponible de la réaction considérée s’écrit : 3. Interaction des neutrons
Q = ∑ mi c 2 – ∑ m i′ c 2 (2)
avec la matière
i = 1,2 i = 1,2

(les masses sont exprimées en unités d’énergie). ■ La figure 3 illustre les principales sortes de réactions entre
un neutron et un noyau cible dans le domaine d’énergie 0 à
Q > 0 : le processus est exoénergétique : cas de transitions 20 MeV des réacteurs nucléaires actuels.
radioactives ou de réactions comme la fission induite par neutron.
● La diffusion élastique potentielle : le neutron ne pénètre pas
Q < 0 : le processus est endoénergétique : cas des réactions dans le noyau ; il y a conservation de l’énergie cinétique ; le neutron
nucléaires dites réactions à seuil. La réaction ne peut avoir lieu que diffusé change d’énergie et de direction.
si la particule incidente possède une énergie cinétique suffisante :
c’est l’énergie de seuil. ● La diffusion élastique résonnante : le neutron pénètre dans le
noyau ; un neutron est réémis avec une énergie cinétique égale à
■ L’énergie de seuil l’énergie cinétique du neutron incident dans une certaine direction.
L’énergie de seuil est définie comme l’énergie cinétique minimale Cette réaction est notée (n, n).
● La diffusion inélastique : le neutron pénètre dans le noyau ; il y
( E cin ) s que doit avoir le système de particules avant collision pour
laisse une partie de son énergie cinétique et est réémis dans une
qu’un processus endoénergétique puisse être déclenché. certaine direction avec une nouvelle énergie cinétique. Cette réac-
Cette énergie de seuil est aisément obtenue dans le système du tion est notée (n, n’).
centre de masse. Elle correspond à la production des particules du ● La capture radiative : le neutron est capturé par le noyau de
second membre de la réaction considérée avec une énergie ciné- masse atomique A ; un nouveau noyau est formé de masse ato-
tique nulle : mique A + 1 ; ce nouveau noyau est dans un état excité par le dou-
ble apport de l’énergie cinétique et de liaison du neutron et se
,
∑ E cin, i = 0 désexcite par émission de gamma dont l’énergie peut atteindre
10 MeV ; le nouveau noyau formé est, en règle générale, un isotope
i = 1,2
radioactif qui évoluera vers la ligne de stabilité par des processus
En effet, en écrivant la conservation de l’énergie totale (énergie de radioactifs successifs. Cette réaction est notée (n, γ).
masse + énergie cinétique) dans CM avant et après collision, on a ● L’émission de particules chargées : le neutron est capturé et une
[5] : particule chargée, proton, particule α par exemple est émise. Le nou-
veau noyau formé est en règle générale un isotope radioactif qui
évoluera vers la ligne de stabilité par des processus radioactifs suc-
∑ m i c 2 + ( E cin ) s = ∑ mi′c 2 + ∑ E′cin, i (3)
cessifs. Ces réactions sont notées (n, p), (n, α), (n, d), (n, t), (n, n’α),
i = 1,2 i = 1,2 0
etc.

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Figure 3 – Les diverses interactions entre un neutron et un noyau cible

● L’émission de multiples neutrons : deux, trois, … neutrons sont nucléons résiduels désignés par les termes de clusters, résiduels ou
émis après capture du neutron incident. Le nouveau noyau formé produits de spallation.
est en règle générale un isotope radioactif qui évoluera vers la ligne
de stabilité par des processus radioactifs successifs. Ces réactions
sont notées (n, 2n), (n, 3n), … Le terme de réaction d’activation recouvre les processus réac-
tionnels ci-dessus, hors fission, qui produisent des isotopes
● La fission : la capture d’un neutron par un noyau lourd peut radioactifs. Ainsi, on parle souvent des réactions d’activation et
entraîner sa fragmentation en deux morceaux, c’est la fission de la formation de produits d’activation dans les structures d’un
binaire, voire en trois morceaux, c’est la fission ternaire. Ce proces- réacteur nucléaire soumises à l’irradiation des neutrons.
sus de fission s’accompagne de l’émission de plusieurs neutrons,
artisans de la réaction en chaîne. Cette réaction est notée (n, f).
■ Processus de diffusion élastique et inélastique d’un
● D’autres dispositifs nucléaires que les réacteurs nucléaires neutron
actuels, visant à réduire la quantité de déchets radioactifs et à
accroître la sûreté des réacteurs, ont été imaginés : systèmes spalla-
teurs, réacteurs hybrides accélérateur/réacteur sous-critique. Ces Les relations cinématiques de base utiles pour le traitement
systèmes fonctionnent avec des particules chargées accélérées (pro- de la diffusion des neutrons sont répertoriées ci-après [relations
ton, deuton, …) dans la gamme dite des énergies intermédiaires : de (6) à (10)]. Les masses sont exprimées en unité de masse de
20 MeV à plusieurs GeV. Ces particules chargées de grande énergie neutron : 1, l’unité, représente donc la masse du neutron et A
provoquent dans un matériau approprié fait d’atomes riches en neu- désigne ici la masse du noyau cible. Elles sont établies en utili-
trons, appelé cible de spallation, des réactions de spallation qui se sant les lois de conservation de l’énergie et de l’impulsion ainsi
manifestent par une fragmentation du noyau en plusieurs entités : que les relations de passage entre systèmes du laboratoire et
des particules légères (neutrons, protons, …) et des groupements de centre de masse.

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Les notations adoptées sont les suivantes :


— E : énergie initiale du neutron (avant collision) dans le système
du laboratoire ;
— E’ : énergie du neutron après collision dans le système du
laboratoire ;
— E *i : énergie d’excitation du niveau d’énergie i du noyau cible ;
— µL = cos θL : cosinus de l’angle de déviation θ L dans (L) ;
— µc = cos θc : cosinus de l’angle de déviation θc dans (CM).

Remarque : seules les diffusions élastique potentielle et iné-


lastique discrète sont concernées et dans ces cas Q = 0.

On pose :

*
A + 1E
γ = A 1 – -------------- ------i- (7)
A E

On a :
— l’énergie après choc en fonction de la déviation dans le centre
de masse :

1 + 2γ µ c + γ 2
E′ = E -----------------------------------
- (8) Figure 4 – Diffusions élastique et inélastique d’un neutron sur un
( 1 + A )2
noyau cible : variation du cosinus de déviation  L dans le laboratoire
— l’énergie après choc en fonction de la déviation dans le en fonction du cosinus de déviation de  c dans le centre de masse
laboratoire : pour différentes valeurs du paramètre 

1 2
E′ = E --------------------2- ( µ L ± µ L2 + γ 2 – 1) (9)
(A + 1) Or, d’après ce qui précède et la figure 4, seule la diffusion vers
l’avant est possible dans ce cas ; l’énergie d’incidence E = E(90°) cor-
— la déviation dans le système du centre de masse : respondant à une diffusion à l’angle limite 90° dans (L) s’écrit (γ = 1,
µ L = 0) :
1
µ c = --- (µ L2 – 1 ± µ L µ L2 + γ 2 – 1 ) (10)
γ A
E ( 90 o ) = ------------- E i*
A–1
— la déviation dans le système du laboratoire :
Par conséquent, une zone de double valeur existe pour le
1 +γ µ c domaine d’énergie d’incidence :
µ L = ---------------------------------------- (11)
1 + 2γ µ c + γ 2 ( E s ) L < E < E ( 90° )

La figure 4 montre la variation de µL en fonction de µc pour diffé-


rentes valeurs de γ.
Cette figure 4 montre les aspects ci-après :
— µc peut prendre toutes les valeurs entre –1 et +1 ;
4. Sections efficaces
— µL ne peut pas toujours prendre des valeurs entre –1 et +1 ;
— µL > 0 pour toute valeur de γ < 1 ;
— il existe deux valeurs de µc pour une valeur de µL lorsque γ < 1. 4.1 Notion de section efficace
● Cas de la diffusion élastique : microscopique de diffusion
γ = A car E *i = 0 donc γ > 1 et il existe une valeur unique pour
µc et E’. On considère l’expérience suivante dans laquelle un faisceau de
● Cas de la diffusion inélastique particules (d’une énergie E donnée) est dirigé sur une cible mince,
de surface S et d’épaisseur dx (figure 5).
C’est une réaction à seuil, et l’énergie de seuil est :
Le nombre de particules dn diffusées dans l’angle solide dΩ
A+1 (encadré 1), comptabilisées sur toute la surface S de la cible, est :
( E s ) L = -------------- E i*
A
dn = f (θ )Ndxφ SdΩ (12)
Par ailleurs, on a :
avec N nombre de sites diffuseurs par unité de volume
en (cm–3),
*
A + 1E
γ = A 1 – -------------- -----i- dx épaisseur de la cible mince,
A E
Ndx nombre de sites diffuseurs par unité de surface
A de cible,
γ ⭐ 1 si E ⭐ -------------E i*
A–1 φ flux de particules incidentes [en n/(cm2 ⋅s)],

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Il est clair que la quantité dσ = f (θ )dΩ représente le nombre total


Encadré 1 – Rappel sur la définition de l’angle solide : de particules diffusées (toutes énergies confondues) dans l’angle
2 dS solide dΩ autour de la direction θ (cône élémentaire d’ouverture dθ
d  = -------
r
2 autour de l’angle θ ) par unité de flux incident et par noyau diffuseur
par unité de surface de cible. La grandeur dσ = f (θ ) dΩ est désignée
par le terme de section efficace microscopique différentielle en
angle et est homogène à une surface.

Dans la pratique, elle est souvent exprimée en barns :


–24 2
1 barn (b) = 10 cm

On exprime encore cette section efficace différentielle sous la


forme équivalente :


-------- = f (θ )
dΩ

qui représente donc le nombre de particules diffusées par unité


d’angle solide.


L’unité de -------- , et par conséquent de f (θ ), est le
dΩ
cm2 ⋅ stéradian–1 (cm2 ⋅ sr–1).
2
dS = R dϕ x r dθ R = r sin θ ⇒ r sin θ dθ dϕ – π/2 ⭐ θ ⭐ +π/2 0 ⭐ ϕ ⭐ 2π
2 dS
2
r sin θ dθ dϕ Cette dimension est typique de l’échelle nucléaire.
d Ω = ------
2
- = sin θ dθ dϕ
- = -------------------------------------
2
r r
Exemple : la section droite d’un noyau d’uranium 235 vaut :

dΩ =
0 ∫ dϕ sin θ dθ = 2π sin θ dθ = 2πd ( cos θ )
S = πR 2 = πr 02 A 2 / 3 = 3,14 × ( 1,2 ) 2 × 10 – 26 ( 235 ) 2 / 3
en remarquant que θ et cos θ varient en sens contraire. = 1,72 × 10 – 24 cm 2 = 1,72 barns

On peut à présent définir les différents types de sections efficaces


microscopiques de diffusion ainsi que les densités de probabilités
associées que sont les lois de transfert en énergie et d’anisotropie
de la collision.

4.2 Sections efficaces différentielles

Les sections efficaces différentielles permettent de décrire un pro-


cessus de diffusion d’une particule avec un noyau cible au cours
duquel s’opère généralement, à la fois, un changement d’énergie et
un changement de direction pour les différents acteurs de la colli-
Figure 5 – Diffusion des particules traversant une cible mince.
sion.
Section efficace de diffusion
On considère un neutron qui, par diffusion sur un noyau i, passe :

dΩ élément d’angle solide correspondant au cône — de l’énergie E à l’énergie E’ ;


élémentaire d’ouverture dθ autour de l’angle θ.
— de la direction Ω à la direction Ω ′.
Cette relation () exprime que le nombre de particules diffusées est
proportionnel au flux φ de particules incidentes, au nombre Ndx de
noyaux cibles présents sur la trajectoire d’une particule incidente, à La direction Ω ′ est repérée par deux angles : θ et ϕ repérés à par-
la surface S de la cible, à l’angle solide élémentaire dans lequel on
tir de la relation d’incidence Ω . On pose dans la suite :
comptabilise les particules diffusées.

On peut aussi écrire : µ = cos θ = Ω ⋅ Ω ′

dn Les différentes formes et écritures des sections efficaces différen-


-------------------- = f ( θ )d Ω (13)
Ndx φ S tielles sont indiquées ci-après.

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■ Section efficace microscopique doublement différentielle en ■ Section efficace microscopique à l’énergie E


angle et en énergie Elle est obtenue par intégration de l’une des précédentes sections
efficaces différentielles sur les variables énergie (E’) et/ou angulaires
On a différentes écritures équivalentes de la section efficace dou- (µ, ϕ) :
blement différentielle en angle et en énergie :
1 d σ i ( E → E′, µ )
2π +1 E 2

d 3 σ dd ( E → E′, Ω → Ω ′)
σi ( E ) =
∫ ∫ ∫
0 –1 0
------- ------------------------------------------------ dE′d µ d ϕ
2π dE′ d µ
(19)

f dd ( E, E′, Ω , Ω ′ ) = ---------------------------------------------------------------------------- (14)


dΩ ′dE′ 2π +
1 d σ i ( E, µ )
2
σi ( E ) =
∫ ∫ 0 –
------- ----------------------------- d µ d ϕ
2π dµ
(20)

d 3 σ dd ( E → E′, µ , ϕ )
f dd ( E, E′, µ, ϕ ) = ------------------------------------------------------------- (15) E dσ
i ( E → E′ )

dµ dϕ dE′
σi ( E ) = -----------------------------------dE′ (21)
0
dE′
1 d σ dd ( E → E′, µ )
2
f dd ( E, E′, µ , ϕ ) = ------- ------------------------------------------------------- (16)
2π dµ dE
Unités : cm2, barns

La dernière forme [relation ()] prend explicitement en compte


l’isotropie de la matière en ϕ ; cela signifie que pour un angle de dif-
fusion θ donné, toutes les valeurs prises par l’angle azimutal ϕ sont 4.3 Sections efficaces partielles
équiprobables. C’est ce que traduit la présence du facteur 1/2π, fai- et sections efficaces totales
sant disparaître la dépendance en ϕ dans le terme : d’interaction des neutrons
d 2 σ dd ( E → E′, µ )
----------------------------------------------------- On a vu au paragraphe 3 qu’il existe d’autres types de réactions
dµ dE′
nucléaires que les diffusions élastique et inélastique : la capture
radiative : (n, γ), la fission : (n, f), les réactions (n, p), (n, α), (n, d), les
La partie angulaire de la section efficace différentielle de diffusion réactions (n, 2n), (n, 3n), …
dépend donc uniquement du cosinus de l’angle formé entre la direc-
Une réaction nucléaire donnée ne se produit pas à coup sûr lors
tion d’incidence et la direction de la particule après diffusion. d’une interaction neutron-noyau, mais seulement avec une certaine
probabilité qui dépend de plusieurs paramètres tels que :
Unités : cm2 ⋅ MeV–1 ⋅ sr–1 — la nature du noyau cible ;
b ⋅ MeV–1 ⋅ sr–1 — l’énergie E du neutron incident ;
— la température du milieu, etc.
À chacune de ces réactions est ainsi associée une section efficace
Il convient de remarquer que fdd (E, µ, ϕ) est une densité par rap- microscopique, dite section efficace microscopique partielle, carac-
port aux variables E’, µ et ϕ et que c’est une fonction par rapport à la térisant son occurrence. On désigne par σ i (E), la section efficace
variable E, énergie de la particule incidente. microscopique associée à l’interaction i entre le neutron d’énergie
cinétique E et un noyau atomique donné.
■ Section efficace microscopique différentielle en angle Exemple : ainsi dans le cas de l’uranium 235 pour un neutron à
l’énergie thermique (0,025 eV qui correspond à une vitesse de
En intégrant la section efficace doublement différentielle sur 2 200 m/s), on a les sections efficaces partielles suivantes :
l’énergie, on obtient la section efficace différentielle en angle : — σ a = 680,8 barns (absorption) ;
— σ f = 582,2 barns (fission) ;
— σ s = 13,8 barns (diffusion).
1 d σ da ( E, µ ) d 2 σ dd ( E → E′, µ )
E


1 La section efficace microscopique totale est égale à la somme des
f da ( E, µ , ϕ ) = ------- ------------------------------ = ------- ----------------------------------------------------- dE′ (17)
2π dµ 2π 0
dE′ d µ sections efficaces partielles :

σt ( E ) = ∑ σ i(E)
Unités : barns (cm2) ⋅sr–1 i

En reprenant l’exemple précédent de l’uranium 235, on a pour un


neutron thermique :σ t = σ a + σ f + σ s = 1 276,8 barns.
■ Section efficace microscopique différentielle en énergie
Le tableau de la référence [3] donne pour différents éléments les
Elle s’obtient en intégrant, sur les variables angulaires (µ et ϕ), la valeurs de sections efficaces partielles microscopiques et macrosco-
section efficace doublement différentielle : piques pour des neutrons thermiques ainsi que leur intégrale de
résonance. La référence [4] rassemble, pour de nombreux isotopes
intéressant le neutronicien, les valeurs des sections efficaces des
dσ de ( E → E′ ) 1 d σ dd ( E → E ′, µ )
2π +1 2
f de ( E, E′ ) = --------------------------------------- =
dE′ ∫ ∫ 0 –1
------- ------------------------------------------------d µ d ϕ (18)
2π dµ
réactions nucléaires induites par des neutrons d’énergie thermique
(2 200 m/s), émis selon un spectre de fission, et à 14 MeV.
La figure 6 montre la variation des sections efficaces neutro-
niques partielles de l’uranium 235 en fonction de l’énergie du neu-
Unités : barns ⋅MeV–1 tron entre 0 et 20 MeV.

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Exemple : les sections efficaces macroscopiques d’absorption et


de diffusion de l’eau pour un neutron à l’énergie thermique sont :
23
a a –24 6,02 × 10 –1
Σ a eau = σ a N H2 O = ( 2σ H +σ O )10 ------------------------------- = 0,022 cm
18
23
s s –24 6,02 × 10 –1
Σ s eau = σ s N H2 O ( 2 σ H + σ O)10 ------------------------------- = 2,81 cm
18
La section efficace macroscopique totale est :
–1
Σ t eau = Σ a eau + Σ s eau = 0,022 + 2,81 = 2,83 cm

Les libres parcours moyens correspondants sont :


1
λ a eau = ------ = 45,45 cm
Σa
1
λ s eau = ------
- = 0,355 cm
Σs

4.5 Anisotropie et transfert énergétique

En normalisant ces sections efficaces différentielles à l’unité, on


obtient les densités de probabilités correspondantes.

4.5.1 Densité de probabilité associée à


l’anisotropie de la collision

On définit l’anisotropie de la diffusion par l’expression :


Figure 6 – Sections efficaces de l’uranium 235 en fonction
1 d σ da ( E, µ )
de l’énergie du neutron incident reconstruites par le système
de traitement des sections efficaces NJOY (cf. dossier [BN 3 012]) ------- -----------------------------
2π dµ
p a ( E, µ , ϕ ) = ------------------------------------- (24)
σ (E)

4.4 Sections efficaces macroscopiques et l’on a l’expression suivante de la section efficace différentielle :

1 d σ da ( E, µ )
f da ( E, µ , ϕ ) = ------- ----------------------------- = σ ( E )p a ( E, µ , ϕ ) (25)
2π dµ
Une section efficace macroscopique, souvent notée Σ, s’obtient 2π +1
par multiplication de la section efficace microscopique (quelle
qu’elle soit : différentielle ou non) par le nombre N de noyaux cibles
avec
∫ ∫0 –1
p a ( E, µ , ϕ ) dµ dϕ = 1

présents par unité de volume :


4.5.2 Densité de probabilité associée au transfert
énergétique
d 3 σ i ( E → E′, Ω → Ω ′)
Σ i ( E → E′, Ω → Ω ′) = N ---------------------------------------------------------------------
- (22)
dE′d Ω ′ On définit le transfert en énergie par la relation :

dσ de ( E → E′ )
unités : cm–1 ⋅ MeV–1 ⋅ sr–1. -----------------------------------------
dE′
p e ( E → E′ ) = ----------------------------------------- (26)
σi ( E )
Σ i ( E ) = Nσ i ( E ) (23)
et l’on a l’expression suivante de la section efficace différentielle :
unités : cm–1 si σ i (E) en cm2 et N en cm–3. dσ de ( E → E′ )
f de ( E, E′ ) = ----------------------------------------- = σ ( E )p e ( E → E′) (27)
Si l’on a affaire à un mélange m d’isotopes repérés par l’indice k, dE′
on a pour une réaction de type i : E
avec
∫ 0
p e ( E → E′ ) dE′ = 1

Σ im ( E ) = ∑ Σ ik ( E ) = ∑ N ik σ ik ( E )
Les sections efficaces différentielles revêtent des formes mathé-
k k
matiques différentes selon le type de diffusion : élastique, inélasti-
que discrète, inélastique continue. Dans les deux premiers cas, il
La section efficace macroscopique totale s’interprète comme la existe une corrélation angle-énergie. Dans le troisième, il y a une fac-
probabilité d’interaction du neutron d’énergie E par unité de lon- torisation des lois énergétique et angulaire : à une énergie E’ après
gueur. collision correspond une distribution angulaire de la particule diffu-

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sée (ou bien à une direction de diffusion caractérisée par une valeur 4.5.4 Densité de probabilité de transfert en énergie
donnée de µ correspond une distribution en énergie de la particule
diffusée). Dans le cas de la diffusion élastique, il existe une relation univo-
que entre l’angle θ de déviation du neutron dans le centre de masse
On explicite ci-après les densités de probabilité angulaire et éner-
et l’énergie E ’ (dans le laboratoire) de ce neutron après collision ;
gétique dans le cas de la diffusion isotrope d’un neutron par un
d’après (7), on a :
noyau cible dans le système du centre de masse.
2
A + 2A µ + 1
E′ = E ----------------------------------
2
- (32)
(A + 1)
4.5.3 Densité de probabilité angulaire
avec E énergie du neutron avant collision dans le
référentiel du laboratoire,
On désigne par p ( Ω ) dΩ la densité de probabilité de diffusion
angulaire. En raison de l’isotropie supposée de la diffusion dans le
µ = cosθ cosinus de l’angle de déviation dans le centre de
masse.
référentiel du centre de masse, on a :
La densité de probabilité angulaire p(µ) et la densité de transfert
2 en énergie k(E’) sont alors directement liées par la relation :
d Ω
p ( Ω )d Ω = ----------- (28)
4π p ( µ ) dµ = k ( E′ ) dE′ que l′on note aussi k ( E → E′ ) dE′ ) (33)

2 Cette relation signifie simplement que le nombre de neutrons dif-


avec d Ω = sin θ dθ dϕ = d ( cos θ ) dϕ = dµ dϕ , en remarquant fusés entre µ et µ + dµ est égal au nombre de neutrons diffusés entre
que θ et µ = cosθ varient en sens contraire [BN 3 012]
E’ et E’ + dE’, µ et E’, d’une part, et µ + dµ et E’ + dE’, d’autre part, se
correspondant via la relation (). On en déduit l’expression de k(E’) :
1 1
p ( Ω )d Ω = p ( µ , ϕ ) dµ dϕ = ------- dµ dϕ ⇒ p ( µ , ϕ ) = ------- (29) dµ
4π 4π k ( E′ ) = p ( µ ) --------- (34)
dE′

Il a été trouvé précédemment (§ 4.5.3) que :


La densité de probabilité p ( Ω )d Ω = p ( µ , ϕ ) est en fait le produit
1
de deux densités de probabilité q(µ) et h(ϕ) relatives respectivement p ( µ ) = ---
2
à la variable µ et à la variable ϕ :
Par ailleurs, en différentiant l’expression (6), on peut écrire :
2π 2π

∫ ∫
1 1 dµ (A + 1)
2
q(µ) = p ( µ , ϕ ) dϕ = ------- dϕ = --- (30) --------- = ---------------------
0 0
4π 2 dE′ 2AE
d’où finalement :
+1 +1

∫ ∫
1 1
h(ϕ) = p ( µ , ϕ ) dµ = ------- dµ = ------- (31) 2
4π 2π 1 (A + 1)
–1 –1 k ( E → E′ ) ≡ k ( E′ ) = -------- --------------------- (35)
4A E
 A – 1 2
et l’on retrouve bien : Si l’on pose α = -------------- alors :
 A + 1
1
k ( E → E′ ) = k ( E′ ) = ----------------------- (36)
1 1 1
p ( Ω ) = p ( µ , ϕ ) = q ( µ ) h ( ϕ ) = --- ------- = ------- ( 1 – α )E
2 2π 4π
Dans le cas de la diffusion isotrope dans le centre de masse, la
densité de probabilité de transfert en énergie est inversement pro-
La densité de probabilité q(µ) peut être également exprimée en
portionnelle à l’énergie d’incidence du neutron et ne dépend pas de
fonction de la variable angulaire θ. On désigne par g(θ ) cette densité
son énergie E’ après diffusion.
de probabilité. Elle s’obtient en écrivant :

q(µ)dµ = g(θ )dθ 4.5.5 Passage du référentiel du centre de masse


au référentiel du laboratoire

d’où l’on tire : g ( θ ) = q ( µ ) -------

On désigne par ψ l’angle de diffusion du neutron après collision
élastique dans le référentiel du laboratoire. La relation (10) entre le
Comme µ = cosθ alors : cosinus de l’angle ψ de déviation du neutron dans le système du
laboratoire (L) et le cosinus de l’angle θ de déviation dans le centre
dµ de masse (CM) devient alors :
d µ = d ( cos θ ) = – sin θ dθ et ------- = sin θ

1 + A cos θ
cos ψ = ------------------------------------------------- (37)
dθ 1 2
A + 2A cos θ + 1
donc : ------- = ------------
dµ sin θ
Compte tenue de l’existence de cette relation, l’expression de la
1
Comme q ( µ ) = ---, on a immédiatement : densité de probabilité de déviation g(cosψ) dans le référentiel du
2 laboratoire se déduit de la relation entre g(cosψ) et la densité de pro-
babilité de déviation p(cosθ ) dans le référentiel du centre de masse :
1
g ( θ ) = --- sin θ
2 g ( cos ψ )d ( cos ψ ) = p ( cos θ )d ( cos θ ) (38)

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Elle signifie que le nombre de neutrons diffusés entre ψ et ψ + dψ nucléaire associant la voie d’entrée à une voie de sortie. Cette théo-
est égal au nombre de neutrons diffusés entre θ ’ et θ + dθ, ψ et E ’, rie a été développée dans le cadre de la mécanique quantique. Il
d’une part, et ψ + dψ et θ + dθ, d’autre part, se correspondant via la s’agit donc, comme pour le cas des nucléons dans le noyau, de
relation (). On en déduit l’expression de g(cosψ ) : résoudre l’équation de Schrödinger. Cependant, ici, cette équation
doit être résolue en toute rigueur en dépendant du temps. Histori-
d( cos θ )
g ( cos ψ ) = p ( cos θ ) ----------------------- (39) quement, des modèles ont précédé l’élaboration de la théorie for-
-
d( cos ψ ) melle exacte.
La relation () entre cosψ et cosθ fournit par différentiation : Il en est ainsi des modèles entrant dans la classe : « noyau
composé » (compound-nucleus). Cette classe de modèles fait inter-
2 3/2 venir une étape intermédiaire transitoire – le noyau composé – qui
d( cos θ ) ( A + 2A cos θ + 1 )
------------------------ = -------------------------------------------------------- (40) précède l’émission des produits de la réaction nucléaire :
d( cos ψ ) 2
A ( A + cos θ )
a+b C* d+e
d’où : voie d´entrée voie de sortie
noyau composé
2 3/2 ( entrance channel ) ( compound nucleus ) ( final channel )
( A + 2A cos θ + 1 )
g ( cos ψ ) = p ( cos θ ) --------------------------------------------------------
2
(41)
A ( A + cos θ ) L’idée de cette classe de modèles due à Bohr [8] est que le proces-
1 sus réactionnel s’opère en deux étapes :
Si la diffusion est isotrope dans (CM) alors p ( cos θ ) = --- et : — phase 1 : formation du noyau composé ;
2
3/2 — phase 2 : désexcitation (ou décroissance = decay) du noyau
2
1 ( A + 2A cos θ + 1 ) composé par évaporation de « particules légères » ou par fission.
g ( cos ψ ) = --- --------------------------------------------------------
2
(42)
2 A ( A + cos θ ) Donc la section efficace relative à une réaction nucléaire de type i
induite par un neutron d’énergie E s’écrit comme le produit de la
Exemple : on examine le cas de l’hydrogène, composant de l’eau, section efficace σc(E) de formation du noyau composé par la proba-
modérateur (ralentisseur) des neutrons dans les réacteurs à eau sous bilité Pi associée à la voie de sortie i (capture radiative (n, γ ),
pression (REP) en considérant la diffusion élastique isotrope dans le diffusion inélastique (n, n’), fission (n, f), réaction (n, 2n), etc.) :
centre de masse.
Pour l’hydrogène, A = 1 et la relation () s’écrit : σ i ( E ) = σ c ( E )P i
1 + A cos θ
cos ψ = --------------------------------- .
2 avec E l’énergie du neutron dans le système du centre de masse
ainsi que dans la suite de ce paragraphe.
La relation (38) devient :
La section efficace totale est la somme sur les voies de sortie i et
g ( cos ψ ) = 2 cos ψ 0 ⭐ cos ψ ⭐ 1 a pour expression :

On peut également exprimer la densité de probabilité angulaire h(ψ) σ ( E ) = σc ( E ) ∑ Pi


de diffusion du neutron directement en fonction de l’angle ψ en i
écrivant :
La figure 7 schématise le modèle de Bohr du noyau composé.
g ( cos ψ ) d( cos ψ ) = h ( ψ ) dψ
La figure 8 donne la variation de la section efficace de la réaction
d’où : (n, γ) sur l’uranium 238 dans le domaine épithermique.
d( cos ψ ) La figure 9 illustre les variations des sections efficaces neutroni-
h ( ψ ) = g ( cos ψ ) -----------------------------
- ques pour différents noyaux en fonction de l’énergie du neutron. On

distingue :
On a : — le domaine thermique : variation régulière de la section effi-
cace en 1 ⁄ E ;
d( cos ϕ ) = sin ψ dψ ( cos ψ et ψ varient en sens contraire ) , — le domaine épithermique : résonances résolues (séparées) qui
d’où : correspondent à une forte variation des sections efficaces sur des
domaines d’énergie « étroits » (pics de section efficace) ;
h ( ψ ) = 2 cos ψ sin ψ = sin 2 ψ 0 ⭐ 2ψ ⭐ π — le domaine rapide : résonances non résolues ; le nombre de
résonances par unité d’énergie augmente, mais leur hauteur
Comme les densités de probabilité doivent être positives pour gar- décroît. Elles se chevauchent (overlapping) les unes les autres ;
der un sens physique, alors, dans (L), seuls les angles de diffusion vers — le domaine du continuum : la variation des sections efficaces
l’avant sont possibles dans le cas de l’hydrogène : en fonction de l’énergie redevient régulière.
π Le tableau 2 fournit des exemples de limites de ces différents
0 ⭐ ψ ⭐ --- . domaines d’énergies.
2 (0)

Tableau 2 – Limites énergétiques des domaines résolus, non


résolus et continuum pour différents noyaux, d’après [10]
4.6 Formalismes de calcul des sections
Domaine
efficaces microscopiques. Notion de Noyau résolu
Domaine non résolu Continuum
résonance (keV) (keV)
(eV)
16O 10–5 à 6,2 × 106 6,2 × 103 à 20 × 106 > 20 × 103
Il existe une théorie des réactions nucléaires, la théorie de la 58
Ni 10–5 à 4,5 × 105 4,5 × 102 à 8,12 × 102 > 8,12 × 102
matrice R, « The R matrix Theory » due à Wigner et Eisenbud [7], qui
238
fournit une expression des sections efficaces d’une réaction U 10–5 à 1,0 × 104 10 à 1,49 × 102 > 1,49 × 102

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Tableau 2 – Limites énergétiques des domaines résolus, non


résolus et continuum pour différents noyaux, d’après [10]
Domaine
Domaine non résolu Continuum
Noyau résolu
(keV) (keV)
(eV)
239
Pu 10–5 à 1,0 × 103 1 à 30 > 30

La variation des sections efficaces en fonction de l’énergie et


l’existence de résonances sont à mettre en regard de la structure des
niveaux d’énergie du noyau composé (figure 10).
Le noyau composé est un système quantique auquel s’applique la
relation d’incertitude d’Heisenberg qui s’écrit :

τΓ ≈ ប
avec Γ la largeur du niveau dans l’état d’énergie considéré,
τ la durée de vie de ce niveau d’énergie.
La probabilité, Π (t), pour que le noyau composé existe encore
dans l’état d’énergie considéré à l’instant t, s’écrit [9] :
Figure 7 – Schématisation du modèle du noyau composé de Bohr.
Π ( t ) = exp  – --  ⇒ Π ( t ) = exp – (Γ / ប )t
t Alors que l’étude de la structure du noyau atomique s’attache
τ à déterminer les états stationnaires liés des nucléons, l’étude
des réactions nucléaires cherche à caractériser les états « non liés »
Exemple : l’uranium 238 présente, pour un neutron incident, la du noyau atomique, d’après [11]
résonance de capture radiative (n, γ ) suivante :
E0 = 6,68 eV ;
σ 0 = σ (E0) = 21 700 barns ; — l’énergie de la résonance : E0 ;
Γγ = 23,4 10–3 eV = 23,4 meV ; — la largeur neutronique (capture ou émission) : Γn(E) ;
ប = 0,662 10–34/2π J ⋅s ⋅sr–1. — la largeur gamma (capture radiative) : Γγ (E) ;
La relation d’incertitude d’Heisenberg permet de déterminer la durée — la largeur fission (fission) : Γf (E) ;
de vie τ correspondante : — la largeur totale : Γ (E) ;
— le moment angulaire j et la parité π : jπ ;
–34
ប- = ---------------------------------------------------------------------------------
0,662 10 –15 — le maximum de la résonance : σ 0 = σ c(E = E0) ;
τ = ---- - = 2,8 × 10 s
Γγ 6,28 × 23,4 × 10 × 1,6 × 10
–3 –19 — le facteur statistique dont la valeur dépend du moment angu-
laire du noyau composé : g.
Une résonance est définie par un certain nombre de paramètres, Des exemples de valeurs de paramètres de résonance sont don-
les paramètres de résonance (resonance parameters) : nés dans le tableau 3.

Figure 8 – Variation de la section efficace de la


réaction (n,  ) sur l’uranium 238 dans le
domaine épithermique [6]

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Figure 9 – Schéma présentant la typologie


des sections efficaces des réactions nucléaires
induites par neutron selon les domaines
en énergie du neutron incident et du nombre
de masse A du noyau cible, d’après [11] p. 33

La probabilité de la voie de sortie i (i = diffusion résonnante : n,


capture radiative : γ, fission : f) s’écrit :

Γi ( E )
P i = --------------
Γ (E)

de sorte que la section efficace relative à la réaction nucléaire de


type i s’exprime comme :

Figure 10 – Typologie des niveaux d’énergie « non liés » Γi ( E )


σ i ( E ) = σ c ( E ) -------------
-
de l’interaction particule – noyau atomique Γ (E)

(0)
La largeur neutronique Γn(E) varie comme E où E est l’énergie
Tableau 3 – Exemple de valeurs de paramètres Γn ( E )
cinétique du neutron incident. Le rapport --------------- est appelé largeur
de résonance E
neutronique réduite.
Paramètres de
Cas de l’uranium 238 Cas de l’uranium 235
résonance Γ γ(E) est considérée comme constante en fonction de l’énergie E.
E0(eV) 6,68 10,90
Parmi les formalismes élaborés pour représenter les sections effi-
σ 0 = σ (E0) (barns) 21 700 caces, on peut citer ceux notés dans l’encadré 2.
Γ (eV) 24,89 × 10–3 943 × 10–3
Γ γ (eV) 23,4 × 10–3 45 × 10–3 Encadré 2 – Quelques formalismes pour représenter
2gΓn(eV) 1,49 × 10 –3
0,02 × 10–3 les sections efficaces
Γf (eV) 0,0097 × 10–6 900 × 10–3 ● Domaine résolu/résonances bien séparées :
— formalisme Breit Wigner (simple niveau).
● Domaine résolu avec prise en compte des interférences de
Les largeurs Γn(E), Γ γ (E), Γ f (E) associées à chaque type de parti- résonances :
cules entrantes ou sortantes sont appelées largeurs partielles. — formalisme Breit Wigner (multiniveau) ;
— formalisme Reich-Moore…
Les largeurs Γ i (E) se rapportent indifféremment aux voies ● Domaine non résolu/continuum :
d’entrée et de sortie pour un type de particule donnée. — modèle statistique ;
La largeur Γ (E) = Γn(E) + Γ γ (E) + Γ f (E) est la largeur totale. — modèle optique.

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La résolution de l’équation de Schrödinger effectuée pour déter-


miner les sections efficaces d’interaction neutron-noyau conduit à
décomposer l’onde plane incidente, eikz, associée au neutron en avec 2 Γn ( E0 )
ondes partielles sphériques : σ 0 = 4π ⑄ 0 -----------------
-g ,
Γ

ikr cos θ 
e = ∑ ( 2 + 1 ) i j  ( kr )P  ( cos θ ) E – E0
x = ------------------- ,
=0 Γ(E) ⁄ 2

avec P le polynôme de Legendre d’ordre , ⑄ 0 = ⑄ ( E = E 0 ).


j  ( kr ) la fonction de Bessel sphérique d’ordre  .
k est le nombre d’onde du neutron incident d’énergie E : g est un facteur statistique lié au moment angulaire du noyau
composé :
1
k = ---
⑄ 2j + 1
g = ----------------------------------------------------------------
( 2s + 1 ) ( 2I + 1 ) ( 2 + 1 )
avec ⑄ = --ប- = ----------------
ប -,
p 2mE avec s valeur du spin du neutron s ,
m la masse du neutron,
 valeur du moment angulaire orbital  associé au
r la coordonnée radiale. neutron incident,
Dans le cadre du traitement quantique du phénomène de diffu-
I valeur du moment angulaire I du noyau cible,
sion, l’ordre  est interprété comme le nombre quantique de
moment angulaire ne pouvant prendre que des valeurs entières : 0,
1, 2, 3, etc. Ce sont les premiers termes du développement en ondes j valeur du moment angulaire total : j = I +  + s .
partielles qui sont les plus importants. Pour  = 0, l’onde partielle Exemple de calcul du facteur g : cas de l’interaction d’un neu-
est indépendante de l’angle θ. Une lettre est attribuée à chaque type tron avec un noyau d’aluminium 27.
d’onde partielle selon les mêmes conventions que celles adoptées
pour la structure en couche du noyau atomique. +
5 5
Moment angulaire de 27Al à l’état fondamental : ------- : I = --- , parité +
Dans le cas d’une diffusion élastique, l’onde diffusée recherchée 2 2
est de la forme : Le noyau composé formé est 28Al. On considère l’onde s (moment
orbital nul λ = 0) associée au neutron incident :
ikr
ikz e
ψ ( r, θ ) = e + f (θ ) --------- 2j + 1
r  = 0⇒ j = I + s et g = -----------------------------
2 ( 2I + 1 )
La section efficace de diffusion différentielle en angle se déduit de Le moment angulaire j peut prendre deux valeurs auxquelles corres-
f(θ ). pondent deux valeurs de g :
■ Cas d’une résonance isolée : formalisme de Breit et 1 5 1 6 2×3+1 7
Wigner simple niveau pour une résonance s [moment j = I + --- = --- + --- = --- = 3 ⇒ g = ---------------------- = ---
2 2 2 2 2×6 6
angulaire nul (  = 0 )] [11] [13] (figure 11)
1 5 1 4 2×2+1 5
j = I – --- = --- – --- = --- = 2 ⇒ g = ---------------------- = ---
À une réaction nucléaire de type i correspond la section efficace 2 2 2 2 6 6
microscopique :
● Pour la réaction de diffusion élastique potentielle et résonnante,
Γi ( E )
σ i ( E ) = σ c ( E ) -------------
- on a :
Γ(E)
Γn ( E ) 1 x
La section efficace du noyau composé est donnée par une formule σs ( E ) = σp + σ 0 --------------
- --------------- + 2kr σ 0 --------------2-
Γ ( E ) 1 + x2 1+x
faisant apparaître une lorentzienne décrivant la forte variation de la
diffusion diffusion terme d´interférence
section efficace neutronique au voisinage du pic de la résonance :
potentielle résonnante entre onde

2 Γn ( E ) Γ ( E ) diffusée potentielle et
σ c ( E ) = π⑄ --------------------------------------------------
-g onde diffusée résonnante
 Γ ( E )
2 2
 2  + ( E0 – E )
------------
avec σp = 4πr 2 la section efficace potentielle où r = 1,35 × 10–13 A1/3 cm,
r – 4 1/3 1
avec E énergie du neutron dans le système du centre de kr = - = 2,965 × 10 A E (où k est le vecteur d’onde, k = --- ).
masse. ⑄ ⑄
La section efficace totale s’écrit :
ប- = -------------------
⑄ = ----- ប -
pn 2m n E 1 x
σ t ( E ) = σ p + σ 0 --------------2- + 2kr σ 0 ---------------2
avec pn l’impulsion du neutron et mn la masse du 1+x 1+x
neutron
● Pour la réaction de capture radiative (n, γ) et pour les ondes s
455,2 –12 on a :
⑄ = --------------------10 (cm)
E ( eV )
2 Γn ( E ) Γ Γγ 2 Γn ( E ) Γγ
σ ( n, γ ) = π ⑄ -------------------------------------------
- ----- = π ⑄ ------------------------------------2-
1
σ c ( E ) = σ 0 --------------2- 2 Γ  2 Γ 2 Γ
( E – E 0 ) + --- ( E – E 0 ) + -------
1+x 2  4

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2 Γn ( E0 )
Comme σ 0 = σ ( E = E 0 ) = 4π⑄ ------------------ :
0 Γ
Γ γ ≈ Γ = constante

2
2 Γn ( E0 ) ⑄ Γn ( E )
2
Γ ⁄4
σ ( n, γ ) = 4πD 0 ----------------- - -----------------------------------2-
- ----------------------
Γ ⑄ Γ (E ) 2 2 Γ
0 n 0 ( E – E 0 ) + ------
4

2 Γn ( E0 )
avec σ 0 = 2πD 0 ------------------
Γ
Comme :

⑄ ∝ ( 1 ⁄ E ) et Γ n ( E ) ∝ E
Figure 11 – Représentation d’une résonance isolée du fer 56
Il s’ensuit que : (à 24 keV) par le formalisme de Breit et Wigner simple niveau,
d’après [11]
2
⑄ Γn ( En ) E0
------------------------ ∝ ------
⑄ 20 Γ n ( E 0 ) E
● Loi de Wigner : distribution p(D) des espacements D (ou loi de
répulsion des niveaux) :
d’où :
π D π D 2
p ( D )dD = --- ------------2- exp – ---  ---------- dD
2 〈 D〉 4  〈 D〉 
E 1
σ ( n, γ ) = σ 0 -----0- ---------------------------------
2
-
E E – E 0 Exemple : pour l’uranium 238 on a :
 ---------------
- +1
 Γ⁄2 
〈D 〉 = 19 eV
Pour les petites valeurs de l’énergie E du neutron incident, telles ● Distribution des largeurs neutroniques
que E << E0, alors la section efficace de capture radiative se com-
porte comme l’inverse de la racine carrée de l’énergie du neutron Dans le cas de la diffusion élastique résonnante, la distribution
incident donc inversement proportionnelle à la vitesse du neutron : des largeurs neutroniques réduites est décrite par la loi de Porter et
Thomas, loi en χ2 à 1 degré de liberté :
1
σ ( n, γ ) ≈ -------
p ( x, 1 ) dx = ----------- ------- exp  – --- 
E 1 1 x
2π x  2 
Ce comportement est caractéristique des sections efficaces Γn ( E )
d’interaction des neutrons à basse énergie. avec x la largeur neutronique réduite : ---------------
E
L’étude des résonances d’un noyau donné en fonction de l’énergie
du neutron incident montre que les paramètres de résonance pré- Γn
La valeur du rapport ------ constitue un critère d’applicabilité des for-
sentent des fluctuations d’une résonance à l’autre. En considérant D
un nombre suffisamment élevé de résonances, il est possible, par malismes précités de calcul des sections efficaces :
une approche statistique, de déterminer les lois de distribution des
paramètres de résonance : densité de niveaux d’énergie, espace- — application du formalisme de Breit Wigner simple niveau
ment des niveaux d’énergie, largeurs neutroniques. Γn –3
(SLBW) : ------ < 10 ;
D
L’énergie Em du niveau m (m entier) est écrite comme :
— application du formalisme de Breit Wigner multi-niveau
E m = E 0 + mD –3 Γn –2 –2
(MLBW) : 10 < ------ < 2 × 10 à 5 × 10 ;
D
avec E0 l’énergie du premier niveau d’énergie, — application du formalisme de Reich-Moore :
D l’espacement entre deux niveaux successifs Γn –2 –2
d’énergie. ------ > 2 × 10 à 5 × 10 .
D
● Densité des niveaux d’énergie ρ (U* j) à l’énergie U* pour un
moment orbital j : ■ Cas du domaine non résolu
Les sections efficaces sont obtenues en utilisant le formalisme
j(j + 1)
ρ ( U *, j ) = constante × ( 2j + 1 )exp ( 2 aU * ) exp  – -----------------
2 
- SLBW dans lequel on introduit des paramètres de résonance
2σ moyens obtenus sur un domaine d’énergie ∆E avec les lois de distri-
bution de ces paramètres. Ainsi, la section efficace pour la voie de
avec a paramètre de Fermi (en MeV–1), a ≈ 0,09 A (A = masse sortie i s’écrit :
atomique),
2 2 gj Γn Γi
σ constante comprise entre 3 et 5 pour les noyaux σ n, i ( E ) = 2π λ ∑∑ ------------
〈 D 〉
------------
Γ
lourds.  j

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■ Intégrale de résonance Exemple :


L’intégrale de résonance IR est définie conventionnellement par 235 1 90 144 1
92U + 0n → 38Sr + 54 Xe + 2 0n
l’expression :
235 1 140 93 1
E max u max 92U + 0n → 56Ba + 36Kr + 3 0n

∫ ∫
σ (E)
IR = --------------- dE = σ ( u ) du
E min E u min
Le processus de fission est illustré par la figure 12.
E max Un noyau atomique peut subir des déformations. Lorsque ces
avec u la variable léthargie : u = ln -------------, déformations sont très importantes, le noyau prend une forme très
E
allongée et fissionne ; c’est la scission :
σ (E) la section efficace de capture à l’énergie du neutron. — les fragments se repoussent par répulsion coulombienne ;
Dans la pratique Emin = 0,5 eV et Emax = 100 keV. IR caractérise — les fragments se désexcitent par émission :
l’absorption neutronique en dehors du domaine d’énergie thermique.
• de γ (prompts),
Elle est tabulée [4] [14] et est utilisée dans des formalismes simpli-
fiés de calcul de taux de réaction. • de neutrons prompts et retardés.

■ Réactions nucléaires et réciprocité


On désigne par σ (x,y) et σ (y, x) les sections efficaces des deux 5.1 Barrière de fission
réactions inverses :

x+X → Y+y
L’idée importante qui ressort du modèle de la goutte liquide (for-
y+Y → X+x mule de Bethe-von Weizacker) est qu’il y a une « compétition » entre
le terme de surface (tension superficielle) (Es) et le terme de répul-
Alors, on a la relation : sion coulombienne (Ec).
σ ( x, y ) σ ( y, x ) Lorsque les deux fragments sont tangents (forte déformation) –
--------------------- = ---------------------
⑄2x ⑄ 2y c’est ce que l’on appelle le point de selle – l’énergie de surface Es est
légèrement supérieure à l’énergie potentielle mutuelle coulom-
2 2 bienne Ec :
avec ⑄ x et ⑄y les longueurs d’onde rationalisées de Broglie
associées respectivement aux particules incidentes E s – E c ≈ 6 MeV
x et y.
pour les noyaux lourds (ou actinides).
Cette différence représente la hauteur de la barrière de fission. Elle
5. Fission résulte donc au point de selle de la différence de deux quantités voi-
sines. Elle est donnée par la formule semi-empirique de Seaborg
(H en MeV) :
La fission d’un noyau atomique « lourd » (c’est-à-dire de A élevé) 2
Z
provoquée par l’interaction avec un neutron a été découverte en H = 19 – 0,36 ------- + δ
1938 par Hahn et Strassman d’un côté et Joliot et Frisch d’autre part. A
Elle consiste en une fragmentation du noyau composé formé le plus
avec δ =0 noyaux pair-pair,
souvent en deux entités plus rarement en trois (fission ternaire)
s’accompagnant d’une émission de neutrons et de gamma. Les entités δ = 0,4 noyaux pair-impair,
résultantes sont appelées produits de fission (PF) et sont en général
δ = 0,7 noyaux impair-impair.
des noyaux radioactifs qui se désintègrent par des transitions β et/
ou capture électronique (β–, β+, CE, émission de neutrons… ) pour
rejoindre la vallée de stabilité. Ces transitions radioactives sont
elles-mêmes accompagnées d’émission de gamma et de neutrinos
ou d’antineutrinos.
La première interprétation théorique de la fission est due à Bohr et
Wheeler en 1939 [15]. Elle s’appuie sur le modèle de la goutte
liquide. D’autres modèles sont venus compléter la description du
processus de fission au plan théorique. L’encadré 3 indique diffé-
rents types de processus de fission.

Encadré 3 – Les processus de fission


● Fission spontanée :
( A, Z ) → ( A 1 , Z 1 ) + ( A 2 , Z 2 ) + neutrons + gamma

● Fission binaire induite par neutron :


( A, Z ) + neutron → ( A 1 , Z 1 ) + ( A 2 , Z 2 ) + neutrons + gamma

● Fission ternaire induite par neutron :


( A, Z ) + neutron → ( A 1 , Z 1 ) + ( A 2 , Z 2 ) + ( A 3 , Z 3 ) + neutrons + gamma Figure 12 – Phénoménologie du processus de fission, d’après [16] [17]
[19]

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Ainsi en règle générale :


— les noyaux fissiles par fission induite par un neutron ther-
mique ont un nombre de neutrons impair, comme par exemple :
233 235 239 241
92U, 92U, 94Pu , 94Pu. À la suite d’une capture neutronique, le
noyau composé est pair-pair ;
— les noyaux « non » (difficilement) fissiles par fission induite
par un neutron thermique (noyaux fertiles) ont un nombre de neu-
234 236 238 237 238
trons pair, comme par exemple : 92U, 92U, 92U , 93Np, 94Pu,
240
94Pu … Le noyau résultant par capture possède un nombre de
masse impair.
Exemples
2
( 92 )
Pour 236U : H U236 = 19 – 0,36 -------------- + 0 = 6,09 MeV Figure 13 – La double barrière de fission, d’après [17]
236
2
( 92 )
Pour 239U : H U239 = 19 – 0,36 -------------- + 0,4 = 6,91 MeV
239
On comprend alors pourquoi :
1
— la réaction 0n thermique +235U conduit à la fission de (236U)* ;
1
— la réaction 0n thermique +238U ne conduit pas à la fission de
(239U)*.
En effet, l’énergie Sn de séparation du dernier neutron de l’uranium
236 est :
M235 + Mn – M236 = 6,08 MeV
Et, par conséquent :
Sn = 6,08 MeV ≈ HU236 = 6,09 MeV
Le neutron thermique apporte une énergie d’excitation équivalente à
l’énergie de liaison du dernier neutron de l’uranium 236 dans son état
fondamental et qui est du même ordre de grandeur que la hauteur de Figure 14 – Dynamique de la fission
la barrière de fission de l’uranium 236.
En revanche, l’énergie de séparation Sn du dernier neutron de l’ura-
244
nium 239 est 4,86 MeV (M238 + Mn – M239 = 4,86 MeV), valeur nette- Dans le cas de 96Cm, en utilisant la formule de Bethe-von Weizaker,
ment inférieure à la hauteur de la barrière de fission de l’uranium 239 on trouve :
donnée par la formule semi-empirique de Seaborg : HU239 = 6,91 MeV.
2
Donc l’uranium 239 ne peut fissionner que si le neutron a une éner- 2/3 1/3 Z  1 
Qf = as A (1 – 2 ) – a c ----------
1/3 
1 – ---------
2/3
= 192,78 MeV
gie cinétique suffisante. A 2
La barrière de fission a en fait une structure plus complexe (dou-
ble barrière) que celle de la figure 12 comme le montre la figure 13 L’énergie potentielle (Ep) des deux fragments est progressivement
tirée de la référence [17]. convertie en énergie cinétique (Ec) ; on peut montrer qu’au bout
d’une distance (d) entre les deux fragments de 1,19 × 10–11 cm, 90 %
de l’énergie potentielle est convertie en énergie cinétique. En effet :
On notera la confusion que peut entraîner l’emploi du terme
« noyau fissile » en explicitant l’exemple de l’uranium 235 :
90
— l’uranium 235 est un noyau fissile : il est sous-entendu que, E c = ---------- E p
100
sous l’action d’un neutron thermique, il se forme un noyau com-
posé, l’uranium 236 qui fissionne ;
— l’uranium 235 peut fissionner spontanément avec une est équivalent à :
période de 7,04 × 108 ans.
2
90 1 (Z ⁄ 2) 2
Ep′ ( d ) = ---------- E p , E p′ = ------------ ------------------e
100 4 πε 0 d

5.2 Énergie libérée par la fission La valeur d = 1,19 × 10–11 cm montre que, dans le cœur d’un réac-
teur nucléaire, les produits de fission, sauf rupture de gaine et pro-
duits très volatiles, resteront confinés dans la gaine de l’élément
Considérons, à titre d’exemple, la fission symétrique d’un noyau combustible.
lourd pair-pair, comme le 244Cm, alors on peut écrire l’expression de
l’énergie disponible correspondante : On peut aussi déterminer le temps caractéristique associé au par-
cours d : on trouve ≈10–20 seconde (figure 14).

Q f = M ( A, Z ) – 2M  ---- , --- 
A Z L’énergie de fission comporte en fait plusieurs composantes :
2 2 — l’énergie cinétique des fragments de fission ;

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— l’énergie cinétique des neutrons prompts ; avec Mn la masse du neutron,


— l’énergie cinétique des neutrons retardés ;
— l’énergie totale associée aux gamma prompts ; yi le rendement de fission associé au produit de
— l’énergie totale associée aux gamma retardés (transitions fission (Ai, Zi),
radioactives) ; υ le nombre moyen de neutrons émis par fission.
— l’énergie associée aux β émis dans les transitions radioactives ;
— l’énergie emportée par les neutrinos. Dans cette formule, on suppose qu’un neutron de fission est
requis pour entretenir la réaction en chaîne du réacteur critique et
Différentes grandeurs d’énergie associées à la fission induite par
neutron sont définies [18] : que le complément ( υ – 1) est absorbé par capture stérile (capture
— l’énergie moyenne totale, Qtot, libérée par fission d’un noyau d’un neutron ne conduisant pas à la fission) dans le réacteur.
atomique (A, Z) induite par un neutron d’énergie Ei : L’énergie moyenne Qeff est l’énergie libérée par la fission sur une
période de temps donnée et qui reste confinée dans le réacteur.
Q tot = E PF + E n + E γ + E β + E ν ′
Elle se déduit de Qtot par soustraction de l’énergie cinétique E ν
emportée par les neutrinos (en effet, le neutrino n’interagit pra-
avec E PF énergie cinétique moyenne des produits de tiquement pas avec la matière en raison de sa section efficace
fission, d’interaction avec les protons très faible, de l’ordre de 10–19 barns)
En énergie cinétique moyenne des neutrons prompts
et des énergies ∆E β et ∆E γ des bêta et gamma des produits de fis-
et retardés,
sion ayant des périodes radioactives très grandes vis-à-vis de la
Eγ énergie cinétique moyenne des gamma prompts
durée de vie du combustible :
et retardés,
Eβ énergie cinétique moyenne des particules β, ′ – E – ∆E – ∆E
Q eff = Qtot ν β γ
Eν énergie cinétique moyenne des neutrinos et
antineutrinos ;
Les valeurs de ces différentes composantes sont fournies dans le
— l’énergie moyenne Qtot ′ : dans un réacteur nucléaire critique
tableau 4 (d’après la référence [18], tableau 12).
un neutron d’énergie cinétique Ei sert à entretenir la réaction en
′ libé-
chaîne de sorte que l’on peut définir une nouvelle énergie Qtot Les neutrons prompts sont émis en nombre qui diffère selon l’iso-
rée par fission comme : tope fissile considéré, comme le montre le tableau 5.
Le spectre des neutrons prompts de fission est fourni par diverses

Q tot = Q tot – E i formules dont la plus utilisée est celle de Watt qui est de la forme :

′ ≈Q
Pour des neutrons d’énergie thermique Qtot tot ≈ 200 MeV . N ( E ) = C exp ( – AE ) sh BE
Cette égalité approximative n’est naturellement plus vraie pour une
fission provoquée par des neutrons rapides.
′ s’exprime à partir du bilan des masses atomi- avec C, A, B des constantes (A et B en MeV–1 si E en MeV).
On montre que Qtot
ques du noyau initial (M(A, Z)) et des produits de fission stables Des valeurs des constantes A et B sont attribuées à chaque type
(M(Ai , Zi)) finalement formés à l’issue de l’ensemble des processus d’isotopes fissiles. Elles diffèrent selon les auteurs. De tels spectres
de désintégration : sont montrés sur la figure 15.
La figure 16 et le tableau 6 fournissent les caractéristiques des
Q ′tot = M ( A, Z ) – ∑ M ( A i , Z i ) – ( υ – 1 )M n neutrons retardés dont il faut souligner l’importance fondamentale
pour le pilotage des réacteurs nucléaires.
i (0)

Tableau 4 – Répartition indicative de l’énergie


de fission (en MeV)
233U 235U 238U 239Pu 241Pu

Fragments de fission 165,8 ± 2,3 166,2 ± 1,3 166,9 ± 1,3 172,8 ± 1,9 172,2 ± 2,2
Neutrons 4,87 ± 0,12 4,8 ± 0,1 5,5 ± 0,1 5,9 ± 0,1 5,9 ± 0,1
γ prompts 8,0 ± 1,5 8,0 ± 0,8 7,5 ± 1,3 7,7 ± 1,4 7,6 ± 1,4
γ des PF 5,85 ± 1,3 7,2 ± 1,1 8,4 ± 1,6 6,1 ± 1,3 7,4 ± 1,5
β des PF 5,68 ± 0,4 7,0 ± 0,3 8,9 ± 0,6 6,1 ± 0,6 7,4 ± 0,6
Antineutrinos/neutrinos 9,6 ± 0,5 11,9 ± 0,7 8,6 ± 0,7 10,2 ± 0,7
Énergie d’incidence du ~0 ~0 3,1 ~0 ~0
neutron

Qtot – –202,7 ± 0,1 205,9 ± 0,3 207,2 ± 0,3 210,6 ± 0,3
Qeff 190,0 ± 0,5 192,9 ± 0,5 193,9 ± 0,8 198,5 ± 0,8 200,3 ± 0,8

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(0) (0)

Tableau 5 – Énergie moyenne des neutrons émis par fission Tableau 6 – Spectre en énergie des neutrons de fission
et  nombre moyen de neutrons émis par fission Emoy de l’uranium 235. Normalisation à l’unité
Énergie des Fraction du nombre Énergie
Emoy neutrons E de neutrons correspondante
Noyau fissile
(MeV)

(MeV) d’énergie > E (MeV)
235U thermique 1,98 2,376 0 1,0 1,98
235U rapide 2,02 2,663 0,25 0,948 1,973
238U 1,98 2,546 0,50 0,867 1,942
239
Pu thermique 2,07 2,813 0,75 0,779 1,887
239Pu rapide 2,18 3,112 1,00 0,690 1,810
241Pu thermique 2,07 1,25 0,606 1,715
241
Pu rapide 2,18 1,50 0,528 1,608
233U thermique 1,93 2,402 1,75 0,457 1,493
233
U rapide 2,03 2,677 2,00 0,394 1,374
232
Th 1,83 2,121 2,50 0,2884 1,138
252Cf fission spontanée 2,14 3,00 0,2082 0,919
3,50 0,1486 0,726
4,50 0,0736 0,430
5,00 0,0512 0,324
5,50 0,03544 0,241
6,00 0,02439 0,178
6,50 0,01669 0,130
7,00 0,01138 9,41 × 10–2
7,50 7,72 × 10–3 6,76 × 10–2
8,00 5,22 × 10–3 4,83 × 10–2
8,50 3,52 × 10–3 3,43 × 10–2
9,00 2,364 × 10–3 2,42 × 10–2
–3
9,50 1,583 × 10 1,70 × 10–2
10,00 1,058 × 10–3 1,187 × 10–2
10,50 7,05 × 10–4 8,25 × 10–3
11,00 4,686 × 10–4 5,72 × 10–3
Figure 15 – Spectres neutrons de fission (fission induite par un
neutron thermique) 11,50 3,108 × 10–4 2,714 × 10–3
Formule de Watt avec coefficients de Cranberg (235U : A = 1,03627, 12,00 2,058 × 10–5 1,271 × 10–3
B = 2,29 – 239Pu : A = 1,02, B = 2,495) et coefficients de l’évaluation
américaine de données nucléaires ENDF/B5 13,00 8,97 × 10–5 1,271 × 10–3
(235U : A = 1,012, B = 2,249 – 239Pu : A = 1,035, B = 2,842) 14,00 3,88 × 10–5 5,88 × 10–4
15,00 1,67 × 10–5 2,69 × 10–4
–6
16,00 7,10 × 10 1,22 × 10–4
–6
17,00 3,00 × 10 5,48 × 10–5
18,00 1,26 × 10–6 2,44 × 10–5

5.3 Produits de fission

Le résultat de la fission, en général binaire, mais qui peut être ter-


naire [production de tritium (~10 –4 atome/fission) et de C14
(~10 –6 atome/fission) par fission ternaire de l’235U et du 239Pu est la
production de produits de fission (PF).
La quantité des produits de fission formés est obtenue à partir
Figure 16 – Émissions de neutrons retardés par le produit de fission d’un rendement de fission : c’est-à-dire le nombre de PF d’un type
brome 87 donné ramené à une fission.

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(0)

Tableau 7 – Principales données des neutrons retardés, émis dans la fission


thermique 235U, d’après [20]
Précurseurs Neutrons émis

Constante Nombre de Énergie


Isotopes radioactive
Vie moyenne Période Fraction  moyenne
Groupe neutrons par
dominants τ (s) T 1/2 (s) (pcm : 10–5)
λ (s–1) fission E (MeV)

1 87
Br 0,0124 80,4 55,7 0,0052 21 0,250
2 137I, 88Br 0,0305 32,8 22,72 0,00346 142 0,460
3 138
I, 89Br 0,112 8,9 6,2 0,00310 128 0,405
4 139
I, 90Br 0,301 3,3 2,3 0,00624 257 0,450
5 140I 1,14 0,88 0,61 0,00182 75
0,520
6 3,01 0,33 0,23 0,00066 27
Total 0,0158 0,0065

Ces rendements sont établis pour des familles isobariques carac-


térisées par le nombre de masse A.
Un formalisme proposé par A.C. Wahl [28] [29] [31]permet d’éva-
luer les rendements de fission pour chaque isotope produit. Il repré-
sente un rendement indépendant d’un isotope de type i, de numéro
atomique Z et d’un nombre de masse A sous la forme d’une
gaussienne :
2
y F ( A ) ⋅ K P, F ( Z, A ) ⋅ N F ( A ) Z + 0,5 ( Z – Z P, F )
πC ∫
y i, F ( A, Z ) = ------------------------------------------------------------------------------------- exp – ----------------------------- dZ
Z – 0,5
C

avec YF (A) rendement cumulé (somme des rendements


indépendants),
ZP, F (A) Z le plus probable,
C paramètre d’ouverture de la gaussienne,
KP, F (A) facteur correctif lié aux effets de parité des
nucléons, Figure 17 – Courbes caractéristiques des rendements de fission
NF (A)
facteur de normalisation. y i, F ( A, Z ) de l’uranium 235 par un neutron thermique et de
l’uranium 238 par un neutron rapide : deux maxima sont observés
En toute rigueur, les rendements yi, F (A, Z) dépendent de l’énergie
autour des masses (A) respectivement 90 et 150
du neutron incident. Dans la pratique, ils sont tabulés pour des neu-
trons thermique (0,025 eV), épithermique (400 keV) et rapide à
l’énergie de 14 MeV. La figure 17 montre la variation des rende-
ments yi, F (A, Z) en fonction du nombre de masse A. 5.4 Réactions photonucléaires (  , n),
Le nombre de produits de fission dépasse le millier. Les PF pris (  , f)
couramment en compte s’étendent du cuivre à l’ytterbium. Le nom-
bre de produits de fission à prendre en compte dépend du type
d’étude menée : de l’ordre de la centaine dans des études de neutro- Les réactions photonucléaires ont des valeurs de sections effica-
nique, de l’ordre de 700 dans les études de protection. Par exemple, ces allant de quelques millibarns à quelques centaines de milli-
la connaissance des produits fission est importante pour les études : barns. Quelques réactions importantes en physique des réacteurs :
— d’antiréactivité dans le réacteur en raison de leur section effi-
cace de capture : problème de pilotage ; effet samarium 149 et D+γ → H+n Q = – 2,26 MeV
xénon 135, ces deux types de noyaux se comportant comme des 9 8
« poisons » (absorbants) vis-à-vis des neutrons ; Be + γ → Be + n Q = – 1,666 MeV
— de puissance résiduelle : la contribution des PF est dominante 6
Li + γ →
5
Li + n Q = – 1,9 MeV
aux « temps de refroidissement courts » et celle des actinides aux
« temps de refroidissement longs » ; elle intervient dans le dimen- L’énergie du neutron émis est donnée par la relation [33] :
sionnement de circuit de fluide d’un réacteur nucléaire, les phases
de déchargement du cœur, les problèmes de stockage des déchets, 2
E n = ( A – 1 ) ⁄ A [ E γ – Q – E γ ⁄ ( 1 862 ( A – 1 ) ) ] + δ
de transport du combustible, de radioprotection en manutention… ;
— de criticité : les produits de fission importants du point de vue 3 1/2
avec δ = E γ cos θ [ [ 2 ( A – 1 ) ( E γ – Q ) ] ⁄ ( 931A ) ] ,
de l’antiréactivité sont notamment : 149Sm, 103Rh, 143Nd, 133Cs,
155Gd, 151Sm, 152Sm, 99Tc, 145Nd, 153Eu, 95Mo, 147Sm, 150Sm, 109Ag, A masse atomique du noyau cible,
101Ru. Q énergie de la réaction (γ, n) considérée,
Certains produits légers issus en particulier de la fission ternaire, Eγ énergie des gamma émis par les produits de
tels que le tritium ou le carbone 14, sont également à considérer. fission.

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Pour des énergies plus élevées, ces réactions photonucléaires se Dans un réacteur de la filière UNGG le carbone 14 se forme dans
produisent sur d’autres isotopes (cas du 54Fe avec une énergie de l’empilement graphite via la réaction de capture radiative sur le car-
seuil de près de 14 MeV). Sur les noyaux lourds du combustible, ces bone 13 : 13C (n, γ)14C.
gamma peuvent provoquer la fission par réactions de type (γ, f)
dont les énergies de seuil sont indiquées dans le tableau 8 [34].

8. Réactions (α, n)
6. Formation du tritium
Pour certains noyaux lourds, comme le curium 244, la désintégra-
Cet élément possède plusieurs voies de formation dans un réac- tion α est un phénomène concurrent de la fission spontanée produc-
teur nucléaire REP. Les principales sont la fission et les réactions
trice de neutrons.
nucléaires induites par les neutrons sur les composés borés et
lithiés présents (barres de contrôle, par exemple) :
Les réactions (α, n) se produisent sur les éléments légers comme
— 10B (n, 2α) 3H ; par exemple l’oxygène 17 et l’oxygène 18 présents dans les combus-
— 6Li (n, α) 3H ; tibles oxydes UOx et MOx, ou encore les éléments légers des
— 7Li (n, nα) 3H ; déchets vitrifiés. On appelle rendement (α, n) le nombre de neutrons
— 11B (n, 9Be) 3H ; émis par réaction (α, n) lors du ralentissement d’une particule α
— fission ternaire directe (rendement ~10–4 atome par fission) ; émise (à une énergie donnée) par un isotope d’espèce i dans le
— formation par fission ternaire du 6He → 6Li → 3H par réaction milieu considéré (UO2, PuO2, SiO2, ...) [31] [32]. Ainsi, pour le curium
(n, 3H) sur 6Li. 244, on a les valeurs de rendement (α, n) indiquées dans le
tableau 9.
Dans un réacteur modéré au graphite (UNGG, AGR), il y a forma-
tion de tritium dans le modérateur en graphite à partir des impure- (0)

tés de lithium présentes.


Tableau 8 – Énergies de seuil des réactions de type (  , f)
sur divers isotopes lourds

7. Formation du carbone 14 Isotope


Énergie de seuil
(MeV)
232
Th 6
Les voies principales de formation du carbone 14 sont les 233U 5,7
suivantes :
234U 6
— fission ternaire (rendement ~0,91 × 10–6 atome par fission) ;
— 13C (n, γ) 14C ; 235U 5,8
— 17O (n, α) 14C ; 236
— 14N (n, p) 14C. U 5,9
238
Les réactions 17O (n, α) 14C et 14N (n, p) 14C ont lieu dans le com- U 5,38
bustible ainsi que dans les gaines et les embouts qui contiennent 237Np 5,6
des impuretés en azote 14 (quelques dizaines à quelques centaines
239Pu 5,8
de ppm).

(0)

Tableau 9 – Données relatives à la production de neutrons par réactions (  , n)


induites par les  du curium 244

Énergie de la particule  émise Intensité de la raie


(MeV) (%)

4,960 0,13 × 10–3


5,513 0,35 × 10–2
5,664 0,22 × 10–1
5,762 23,6
5,804 76,4
Isotope Période Constante de décroissance Phénomènes Valeurs
(s–1)
244Cm 18,11 ans 1,213 × 10–9 Rapport de branchement de 1,347 × 10–6
fission spontanée 2,69
Nombre moyen de neutrons 2,67 × 10–8
Rendement (α, n) dans UO2

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9. Réactions de fusion
thermonucléaire
Des réactions de fusion thermonucléaire sont provoquées dans
des machines à confinement magnétique (tokamak : TORE SUPRA,
ITER) et à confinement inertiel (projet Laser Méga-Joule). Les réac-
tions mises en jeu sont les suivantes :
3
D+D→ He + n Q = 3,27 MeV dont 2,45 MeV d′énergie cinétique du neutron ;
3
D+D→ H+p Q = 4,03 MeV ;
3 4
D+ H→ He + n Q = 17,5 MeV dont 14 MeV d′énergie cinétique du neutron.

Leurs sections efficaces en fonction de l’énergie d’interaction sont


indiquées sur la figure 18. Elles nécessitent des températures extrê-
mement élevées; de l’ordre de 100 millions de degrés Celsius, per-
mettant de conférer aux noyaux devant fusionner des énergies
suffisantes pour vaincre la barrière coulombienne

10. Réactions de spallation Figure 19 – Phénoménologie des réactions de spallation, d’après [21]
à [26]
Ce sont des réactions nucléaires déclenchées par des projectiles
d’énergie de plusieurs dizaines, centaines ou milliers de MeV : c’est
le domaine dit des énergies intermédiaires.
La phénoménologie de ces réactions est schématisée par la
figure 19.
Serber [21] a décrit ces réactions comme un phénomène à deux
étapes :
— première étape : la particule incidente entre en collision avec
les nucléons du noyau provoquant une sorte de « jeu de billard »,
appelé cascade intranucléaire. Comme le montre la figure 19, des
nucléons participant à la cascade intranucléaire peuvent être expul-
sés du noyau. Lorsque la cascade intranucléaire est terminée le
noyau est dans un état fortement excité ;
— la seconde étape consiste en la désexcitation du noyau selon
Figure 20 – Modèles décrivant les réactions de spallation, références
différents processus possibles :
[22] à [25]
• l’évaporation de particules légères : neutrons, protons, deu-
tons, particules α…,
• la fission lorsqu’il s’agit d’un noyau lourd. À ces différents processus sont associés des modèles permettant
d’évaluer leur occurrence.
La cascade intranucléaire (figure 20) peut être décrite :
— par le modèle de Bertini [22] qui considère le noyau cible
comme fait d’une pâte nucléaire homogène dans laquelle se meut la
particule incidente. Si l’on désigne par λ le libre parcours moyen de
la particule dans le noyau, alors la densité de probabilité de choc
après qu’elle ait parcouru une distance ρ s’écrit : p(ρ) = (1/λ)exp(–ρ/λ).
L’application de la méthode de Monte Carlo utilisant cette densité de
probabilité permet de simuler l’histoire de la particule incidente
dans le noyau et son éventuelle sortie de celui-ci ;
— par le modèle de type dynamique moléculaire [23], qui consi-
dère le noyau atomique comme un gaz de Fermi de nucléons dont
on suit individuellement le mouvement au cours du temps avec
prise en compte du principe d’exclusion de Pauli et en simulant les
collisions éventuelles entre deux nucléons.
La phase transitoire, entre la fin de la cascade intranucléaire et
l’état de noyau composé dans lequel l’énergie apportée par la parti-
cule incidente s’est équirépartie, est décrite par des modèles dits de
pré-équilibre [24] [25]. Durant cette phase, des phénomènes d’émis-
sion de particules légères et de fission sont possibles.
Le modèle statistique d’évaporation de Weisskopf ([9], p. 441) est
utilisé pour traiter le phénomène d’émission de particules légères.
Ainsi, le nombre n(En)dEn de neutrons émis entre les énergies En et
Figure 18 – Variation en fonction de l’énergie d’interaction des En + dEn est donné par la relation :
sections efficaces de différentes réactions de fusion thermonucléaire
(1 barn = 10–28 m2)
n ( E n ) dE n = constante × E n exp ( – E n ⁄T ) dE n

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avec T la température nucléaire du noyau résiduel


(exprimée en unité d’énergie).

Pour les noyaux légers, l’approche statistique n’est plus justifiée


car les niveaux d’énergie sont trop espacés. Fermi a proposé un
modèle appelé « Fermi break up » qui permet de décrire la désexci-
tation des noyaux légers, notamment leur éclatement en plusieurs
fragments [25].

Les figures 21, 22, 23 et le tableau 10 illustrent quelques caracté-


ristiques des réactions de spallation : sections efficaces, production
de neutrons, production de résiduels de spallation…

Les sections efficaces différentielles de production de neutrons de


spallation sont déterminées par les différents modèles avec une
incertitude pouvant atteindre ± 50 %. Cette incertitude peut atteindre
le facteur 10 pour les rendements des résiduels de spallation.
(0)

Tableau 10 – Phénomènes à haute énergie dans une cible


de neptanium 237, d’après [26]
Énergie du faisceau (GeV)
(par proton incident)
0,50 1,00 1,50 2,00 3,00 Figure 22 – Nombre de neutrons produits par un proton aux énergies
intermédiaires dans diverses cibles de spallation, d’après [26]
Spallations .......................................... 0,34 1,07 1,71 2,44 3,57
Fissions primaires .............................. 0,55 0,64 0,59 0,54 0,44
Fissions secondaires .......................... 1,06 3,51 6,06 8,37 12,9
Transmutations totales ...................... 1,95 5,24 8,40 11,4 17,0
Neutrons d’évaporation..................... 9,69 26,5 41,7 54,7 78,6 L’auteur remercie M. Tan Dat HUYNH pour l’élaboration des
Neutrons de cascade.......................... 1,53 4,46 7,52 10,3 15,6 tableaux schématisant les chaînes de filiation isotopique ainsi
Neutrons fuyants................................ 0,11 0,38 0,60 0,86 1,38 que des courbes de rendements de fission et M. Cédric
Neutrons émis .................................... 11,3 31,3 49,8 65,9 95,6 JOUANNE pour la réalisation des courbes de sections efficaces.
σ f ............................................. (barn) 2,16 2,09 2,09 2,06 2,07
Énergie déposée....................... (GeV) 0,75 1,60 2,46 3,30 4,96

Figure 23 – Distribution des nucléides résiduels dans une cible


Figure 21 – Exemple de section efficace de réactions de spallation, mince d’uranium 238 bombardée par un proton de 1 GeV,
d’après [27] d’après [26]

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