Book 2 BTS
Book 2 BTS
Définition 2 L’univers fini de l’expérience aléatoire est l’ensemble de ses résultats ou issues. On le note Ω.
Définition 3 Un événement est une partie de l’univers. Il est noté avec une majuscule : A, B , C ... Un événement est inclus dans
l’univers : A ⊂ Ω
Définition 4 Un événement élémentaire ne contient qu’un seul élément. Ω est la réunion de tous ses événements élémentaires.
Définition 5 Ω est l’événement certain : il est toujours réalisé. On note ∅ (ensemble vide) l’événement impossible : il n’est jamais
réalisé.
Définition 7 La réunion de deux événements A ou B est l’événement noté : A ∪ B constitué des éléments de A ou de B . On le note
aussi "A ou B ".
Définition 8 Le contraire d’un événement A est le complémentaire de A dans Ω. Il est constitué des éléments de Ω qui n’appar-
tiennent pas à A. On le note Ā. On a : A ∩ Ā = ∅ et : A ∪ Ā = Ω
Définition 9 Deux événements A et B sont incompatibles s’ils ne peuvent être réalisés en même temps , s’ils ont une intersection
vide : A ∩ B = ∅. Par exemple A et Ā sont incompatibles.
1.2 Probabilités
1.2.1 Fréquence d’un événement
Soit A un événement lié à une expérience aléatoire E . On répète n fois cette expérience et on note n A le nombre de réalisations
nA
de A lors de ces n répétitions de E . La fréquence de réalisation de A est : f n (A) =
n
Si n devient de plus en plus grand, f n (A) tend à se stabiliser autour d’une valeur fixe p.
Ce nombre p est la probabilité de l’événement A et se note : P (A)
1
2 CHAPITRE 1. PROBABILITÉS : NOTIONS SIMPLES
1.2.2 Probabilité
Soit E une expérience aléatoire, d’univers Ω et A un événement. La probabilité de A est notée P (A) et cette application vérifie les
propriétés :
0 É P (A) É 1
P (Ω) = 1
Si A ∩ B = ∅, alors : P (A ∪ B ) = P (A) + P (B )
1.2.3 Equiprobabilité
Définition 10 On dit qu’il y a équiprobabilité lorsque tous les événements élémentaires de Ω ont la même probabilité. Dans ce cas,
1
la probabilité d’un événement élémentaire est : , n est le nombre d’éléments de l’univers et on a :
n
nombre d’éléments de A
P (A) =
nombre d’éléments de Ω
On note aussi :
nombre de cas favorables
P (A) =
nombre de cas possibles
P (A ∪ B ) = P (A) + P (B ) − P (A ∩ B )
1.3.2 Définition
X étant une variable aléatoire et k un réel, (X = k) est l’événement de l’univers Ω constitué des événements élémentaires asso-
ciés au nombre k par l’application X .
La probabilité de cet événement est notée : P (X = k).
3
Exemple : (X = 21) est l’événement constitué des 3 menus à 21 e . De plus : P (X = 21) =
10
Exercice : Calculer : P (X = 15) ; P (X < 21) ; P (X = 25) et P (X Ê 18)
1.4. ESPÉRANCE MATHÉMATIQUE, VARIANCE ET ÉCART TYPE 3
k 15 18 21
1 1 3
P (X = k)
5 2 10
On remarque que :
X
P (X = k) = 1
car les 3 événements (X = 15) ; (X = 18) et (X = 21) sont disjoints et que leur réunion est l’univers.
Définition : La loi de probabilité de la variable X est donc la fonction f qui à tout réel k associe la probabilité de l’événement
(X = k) : f : k 7→ f (k) = P (X = k).
Dans l’exemple :
1 1 3 183
E (X ) = 15 × + 18 × + 21 × = = 18, 3
5 2 10 10
E (X ) correspond au prix moyen d’un menu quand l’expérience aléatoire du choix d’un menu au hasard est renouvelée un très
grand nombre de fois.
1.4.2 Propriétés de E (X )
Si E (X ) = 0, on dit que la variable aléatoire X est centrée.
Si une nouvelle variable aléatoire Y est définie par Y = aX + b, on admet que :
E (Y ) = aE (X ) + b
(k − E (X ))2 × P (X = k)
X
V (X ) =
4 CHAPITRE 1. PROBABILITÉS : NOTIONS SIMPLES
Cette formule étant d’usage difficile, on lui préfère la suivante qui sera admise :
V (X ) = E (X 2 ) − (E (X ))2
Dans l’exemple :
1 1 3
V (X ) = 152 × + 182 × + 212 × − (18, 3)2 = 339, 3 − 334.89 = 4, 41
5 2 10
La variance mesure la dispersion des valeurs de X autour de l’espérance E (X ). On dit que la variance mesure le risque.
Ecart type
On appelle écart type de X le nombre noté σ X ou σ(X ) égal à la racine carrée de la variance :
p
σX = V (X )
Dans l’exemple :
p
σX = 4, 41 = 2, 1
Propriétés
Quand l’espérance de X est nulle et que l’écart type est égal à 1, on dit que la variable aléatoire X est centrée et réduite.
Si une nouvelle variable aléatoire Y est définie par Y = aX + b, on admet que :
V (Y ) = a 2 V (X )
Théorème
X −m
Si X est une variable aléatoire d’expérance mathématique E (X ) = m et d’écart type non nul σ, alors la variable aléatoire X ∗ =
σ
est centrée et réduite.
Preuve :
X −m 1 m 1 m m m
E (X ∗ ) = E ( ) = E ( X − ) = E (X ) − = − =0
σ σ σ σ σ σ σ
X −m 1 m 1 σ2
V (X ∗ ) = V ( ) = V ( X − ) = 2 V (X ) = 2 = 1
σ σ σ σ σ
La variable X ∗ est donc centrée et réduite : ce résultat sera utile dans le cours sur la Loi Normale ou de Laplace-Gauss.
Utilité économique
Si on a à choisir entre plusieurs projets dont les résultats sont des variables aléatoires, on choisit l’espérance de gain maximale
ou l’espérance de coût minimale et la variance minimale car elle représente le risque.
1.5 Exercices
Exercice 1
On interroge 100 clients d’un hypermarché pour connaître leurs avis sur deux produits génériques A et B. Les résultats sont les
suivants : tous les clients ont répondu, 20 clients sont satisfaits des deux produits, 35 clients sont satisfaits du produit A et 27
clients ne sont satisfaits que du produit B.
1. Compléter le tableau suivant :
1.5. EXERCICES 5
Satisfaites de B
Non satisfaites de B
Total 100
2. On interroge un client au hasard. Dans chacun des cas suivants, calculer, en justifiant la réponse,la probabilité que ce client
soit :
a. satisfait de B ;
b. satisfait de A seulement ;
c. non satisfait des deux produits ;
d. satisfait d’un seul produit ;
e. satisfait d’au moins un produit.
a. Définir l’événement : A ∩ B .
b. Calculer : P (A), P (B ) et P (A ∩ B ).
3. Un client a choisi un café. Déterminer la probabilité que ce client ait choisi un menu à 24 e .
Exercice 3
Dans un jeu de hasard, un joueur mise 1 e sur le numero 5. Le jeu consiste à lancer deux dés. Si le numéro 5 est obtenu sur
chaque dé, le joueur reçoit 4 e . S’il est obtenu sur un seul dé, le joueur reçoit 3 e . S’il n’est obtenu sur aucun dé, le joueur perd
sa mise.
1. Quelles sont les probabilités de ces 3 événements ?
2. On note X la variable aléatoire qui mesure le gain algébrique du joueur. Quelles sont les valeurs prises par X ? Quelle est
son espérance ? Le jeu est-il équitable ? Quelle est la variance de X ?
Exercice 4
Une enquête statistique portant sur la clientèle d’un restaurant a montré que la variable aléatoire X mesurant le nombre de
desserts commandés par une table de 4 personnes vérifiait la loi de probabilité suivante :
6 CHAPITRE 1. PROBABILITÉS : NOTIONS SIMPLES
k 0 1 2 3 4
P (X = k) 0, 10 0, 15 0, 20 0, 35 0, 20
Exercice 5 (BTS)
Un restaurant utilise deux types de fours A et B . Les fabricants ont indiqué dans les tableaux suivants les lois de probabilité des
variables X A et X B donnant les nombres de jours de panne par an de chaque type de four. Dans ces tableaux x i est le nombre de
jours de panne et P (X = x i ) la probabilité correspondante.
Four A
xi 0 1 2 3 4 5
P (X A = x i ) 0, 2 0, 3 0, 2 0, 15 0, 10 0, 05
Four B
xi 0 1 2 3 4 5 6 7 8
P (X B = x i ) 0, 25 0, 32 0, 16 0, 10 0, 08 0, 05 0, 02 0, 01 0, 01
1. Calculer dans les deux cas l’espérance et la variance. Quel est le type de four le plus fiable ?
2. Le coût par jour de panne est de 100 e . Calculer l’espérance de coût dû aux pannes de chaque type de four notées E (C A )
et E (C B ).
3. En supposant les variables X A et X B indépendantes, calculer l’espérance et l’écart-type du coût dû aux pannes de l’en-
semble des deux fours.
Chapitre 2
L’ensemble noté E × F est l’ensemble des couples (x, y) tels que x ∈ E et y ∈ F . Dans la notion de couple, il y a la notion d’ordre :
l’élément x de E est avant l’élément y de F .
Exemple
E = {1, 2, 3} et F = {a}. Alors E × F = {(1, a); (2, a); (3, a)}. Attention : en général : E × F 6= F × E .
Propriété
Si E a n éléments, si F a p éléments, alors E ×F a np éléments. Exemple : la combinaison d’un cadenas est constituée d’une lettre
suivie d’un chiffre, il y a 26 × 10 = 260 combinaisons distinctes possibles.
Remarque
Généralisation
Beaucoup d’applications pratiques sont fondées sur la reformulation de ce résultat : c’est le Principe Multiplicatif :
• p décisions successives avec exactement n i choix possibles à la i ème étape produisent au total n 1 .n 2 .n 3 . . . . n p résultats dis-
tincts.
• Une épreuve aléatoire constituée de p épreuves ayant respectivement n 1 , n 2 , n 2 , . . . ,n p issues comporte au total n 1 .n 2 .n 3 . . . . n p
issues.
2.1.2 Exemples
Exemple 1
Le code d’accès d’un coffre est constitué de 3 lettres suivies de 5 chiffres : il y a 26 × 26 × 26 × 10 × 10 × 10 × 10 × 10 = 263 × 105 =
1 757 600 000 codes possibles !
7
8 CHAPITRE 2. ANALYSE COMBINATOIRE ET DÉNOMBREMENTS
Exemple 2
Supposons qu’un serveur de restaurant dispose de 3 vestes, 6 pantalons et 7 chemises, il peut constituer 3 × 6 × 7 = 126 tenues
différentes.
2.2 Arrangements
2.2.1 Arrangements avec répétition
Définition
Soit un ensemble E = {a 1 , a 2 , . . . , a n }, on se propose de tirer au hasard et avec remise un élément de E et de recommencer p fois.
On obtient un p−uplet qui est donc une suite ordonnée de p éléments pris parmi n. C’est un arrangement avec répétition de p
éléments parmi n. On dit "avec répétition" car l’élément choisi est remis et donc peut être choisi à nouveau.
Remarque
Propriété
Exemple
Au loto sportif, si le nombre de paris porte sur 15 matchs, le choix par match est G, N ou P : il y a 315 = 14 348 907 grilles possibles,
c’est le nombre d’arrangements de 15 éléments parmi 3. Une grille est une suite ordonnée de 15 éléments pris parmi 3.
Conclusion
Dans ce cas, l’ordre intervient encore mais le tirage de l’élément est sans remise et évidemment p É n. Au premier tirage, il y a n
choix, au deuxième il y a (n − 1) choix, . . .. . .au p ième tirage, il y a (n − p + 1) choix. Un arrangement sans répétition de p éléments
parmi n est une suite ordonnée de p éléments distincts.
Propriété
p
A n = n(n − 1)(n − 2) . . . . . . (n − p + 1)
Exemple
Le nombre de quintés dans l’ordre dans une course de 21 chevaux est : 21 × 20 × 19 × 18 × 17 = 2 441 880.
2.3. COMBINAISONS 9
Par convention : 0! = 1 et 1! = 1.
On a donc si p É n :
p n!
An =
(n − p)!
Exemple
Pour un jeu TV, il y a le choix entre 15 chansons : on demande d’en classer 5 en les numérotant de 1 à 5. Combien de classements
15!
possibles ? réponse : A 515 = = 15 × 14 × 13 × 12 × 11 = 360 360.
10!
Conclusion
2.2.4 Permutation
Définition
On appelle permutation d’un ensemble à n éléments toute suite ordonnée de n éléments distincts. C’est donc un arrangement
sans répétition de n éléments parmi n.
Propriété
A nn = n!
Exemple
Pour un jeu TV, il y a le choix entre 15 chansons : on demande de les classer en les numérotant de 1 à 15. Combien de classements
possibles ? réponse : 15! = nombre très grand de l’ordre de 1300 milliards.
2.3 Combinaisons
2.3.1 Définition
On appelle combinaison de p éléments d’un ensemble E à n éléments (n Ê p) toute partie de E à p éléments. Ici l’ordre des
éléments n’intervient pas : cela correspond au tirage simultané de p éléments dans un ensemble à n éléments.
p p!(n − p)!
10 CHAPITRE 2. ANALYSE COMBINATOIRE ET DÉNOMBREMENTS
Remarque
à !
n
Dans un ensemble à n éléments, il y a façons d’en choisir p, sans ordre.
p
Exemple
à ! à !
49 49 49!
Au loto national il y a grilles à 6 numéros soit : = = 13 983 816.
6 6 6! × 43!
Conclusion
2.4 Synthèse
2.5 Exercices
Exercice 1
Dans une course de 100m, il y a huit partants numérotés de 1 à 8. Sur le podium, il y a trois médaillés (or-argent-bronze). Com-
biem de podiums possibles peut-on obtenir ?
Exercice 2
Combien peut-on attribuer de numéros de téléphones portables (numéros à 10 chiffres commençant par 06) ?
Exercice 3
On remplit une grille de loto (encore !). Calculer la probabilité d’avoir exactement 3 numéros gagnants. (Sans tenir compte du
complémentaire).
Exercice 4
Un restaurateur dispose de dix serveurs, cinq garçons et cinq filles, parmi lesquels il doit choisir les six serveurs qui seront en
salle, les autres resteront au bar.
2.5. EXERCICES 11
Exercice 5
Une entreprise comprend 35 cadres dont 24 hommes. On en choisit 3 représentants pour former un comité de délégués à des
postes indifférenciés.
1. Combien de comités peut-on former ?
2. Même question si le comité doit comprendre 2 hommes et 1 femme.
3. Même question si le comité doit comprendre 3 personnes de même sexe.
4. Même question si le comité doit comprendre au moins 1 femme.
5. Les représentants doivent désormais occuper 3 postes différenciés : président, vice-président et secrétaire.
a. Combien de comités peut-on former ?
b. Même question si le président est un homme obligatoirement.
c. Même question si le président est une femme obligatoirement.
12 CHAPITRE 2. ANALYSE COMBINATOIRE ET DÉNOMBREMENTS
Chapitre 3
k 0 1 E (X ) = 0 × (1 − p) + 1 × p = p
La variance de X est :
P (X = k) 1−p p
V (X ) = 02 × (1 − p) + 12 × p − p 2 = p − p 2 = p(1 − p)
3.1.3 Exemple
Une statistique de la clientèle d’un restaurant montre que la proportion des clients, le samedi soir, choisissant le menu le plus
1
cher est d’environ . Une épreuve consiste à choisir au hasard un client entrant un samedi soir donné dans ce restaurant : c’est
3
1
une épreuve de Bernoulli de paramètre p = et la variable aléatoire X qui associe 1 si le client pris au hasard a choisi le menu le
3 p
1 1 1 2 2
plus cher et 0 sinon, vérifie : E (X ) = V (X ) = (1 − ) = σ(X ) = .
3 3 3 9 3
13
14 CHAPITRE 3. LOI BINOMIALE ET LOI DE POISSON
On dit que X suit une Loi Binomiale de paramètres n et p. On note : X suit B(n, p) ou encore : X B(n, p)
3.2.3 Exemple
a. Une urne contient 5 jetons dont 3 verts et 2 bleus. On tire avec remise successivement 10 jetons et on note X la variable
aléatoire qui donne le nombre de jetons verts obtenus lors des 10 tirages indépendants. X suit la loi : B(10; 0, 6). Calculer la
probabilité d’obtenir exactement 4 jetons verts en 10 tirages :
4
P (X = 4) =C10 0, 64 × 0, 46 ≈ 0, 11
exercice : Déterminer la loi de probabilité de X
b. On reprend l’énoncé 1.3 et on considère un groupe de 4 clients entrant dans le restaurant. Les choix de menus de ces clients
sont indépendants. Déterminer la loi de probabilité de la variable X qui mesure le nombre de clients ayant choisi le menu le
1
µ ¶
plus cher dans ce groupe. X suit la loi : B 4; . On obtient :
3
k 0 1 2 3 4
µ ¶3 µ ¶4−3
3 1 2
Par exemple : P (X = 3) =C4 × ≈ 0, 0988
3 3
E (X ) = np
V (X ) = np(1 − p) = npq
p
σ X = npq
Remarque : La loi binomiale a un inconvénient : sa difficulté de calcul. Dans certains cas, on peut approcher cette loi par d’autres
lois plus simples d’utilisation. C’est le cas de la Loi de Poisson.
pour tout k ∈ N
λk −λ
P (X = k) = e
k!
E (x) = λ
V (X ) = λ
p
σX = λ
On note :
X suit la loi P (λ)
X P (λ)
Le processus de Poisson est une approximation de la Loi Binomiale dans les cas pratiques suivants :
❶ Dans les cas où les conditions de la loi binomiale sont réunies : répétitions indépendantes d’une même épreuve succès-
échec et où la probabilité du cas favorable est faible. Futur indépendant du passé.
❷ Si n est grand et p voisin de 0. (Loi des événements rares)
❸ si n Ê 30 et p É 0, 1 et np < 15 (conditions admises)
❹ Dans le cas d’une distribution statistique d’une variable X ayant ses valeurs faibles avec des fréquences élevées et vérifiant
E (X ) = V (X ). voir énoncé corrigé.
Xi 0 1 2 3 4
Ni 199 125 30 10 1
Dans ce tableau :
X i désigne le nombre de réclamations et de questionnaires remplis.
Ni est le nombre de jours de l’année 2003 ayant connu X i réclamations.
L’hôtel a ouvert 365 jours en 2003. Le coût d’une nuit offerte est 30 e .
16 CHAPITRE 3. LOI BINOMIALE ET LOI DE POISSON
a. Calculer combien de réclamations avec questionnaires remplis ont été émises en 2003. Déterminer quel aurait été le coût du
remboursement s’il avait été appliqué en 2003.
b. On désigne par X la variable représentant le nombre de réclamations avec questionnaires remplis par jour. Calculer la moyenne
E (X ) et la variance V (X ).
c. On suppose qu’en 2004 la variable X donnant le nombre de réclamations avec questionnaires remplis suit une loi de proba-
bilité dont les valeurs sont celles du tableau obtenu en 2003. Expliquer pourquoi la distribution de X peut être approchée par
une loi de Poisson. Indiquer la valeur du paramètre λ de cette loi.
d. Calculer la probabilité des événements suivants :
A "N’avoir en 2004 aucune réclamation par jour"
B "Avoir en 2004 au plus 2 réclamations par jour"
3.4.2 Corrigé
X
a. X i Ni = 0 × 199 + 1 × 125 + 2 × 30 + 3 × 10 + 4 × 1 = 219 soit un coût de : 219 × 30 = 39420 e .
X i Ni 219
P
b. E (X ) = = = 0, 60
N 365
02 × 199 + 12 × 125 + 22 × 30 + 32 × 10 + 42 × 1
et V (X ) = − (0, 6)2 = 0, 601 ≈ 0, 6
365
c. X suit une loi d’événements rares (les effectifs Ni élevés correspondent aux valeurs X i faibles ).
De plus E (X ) = V (X ). On peut approcher la loi de X par une loi de Poisson de paramètre λ = 0, 6.
0, 60 −0,6
d. A :P (X = 0) = e = e −0,6 ≈ 0, 5488
0!
B :P (X É 2) = P (X = 0) + P (X = 1) + P (X = 2) ≈ 0, 8781
Ces derniers résultats s’obtiennent directement avec la loi ou avec la table de la loi de Poisson.
3.5.4 Corrigé
1) Notons R l’événement "la mise en jeu est réussie" et DF l’événement "il y a double faute". On peut construire l’arbre suivant :
0,3 F
n i nombre d’hôtels 16 30 27 16 7 3 1 0
On suppose dans la suite que les pannes sont indépendantes et que le comportement des mini-bars est homogène dans le temps.
18 CHAPITRE 3. LOI BINOMIALE ET LOI DE POISSON
1) Soit X la variable aléatoire mesurant le nombre de mini-bars qui tombent en panne par hôtel en un an. Calculer la moyenne
(ou espérance) E (X ) et l’écart-type σ X .
2) Montrer que X suit une Loi Binomiale dont on précisera les paramètres.
3) Déterminer la probabilité pour qu’au cours d’une année dans un hôtel, un mini-bar exactement tombe en panne.
4) Montrer que la Loi Binomiale suivie par X peut être approximée par une Loi de Poisson dont on donnera le paramètre λ.
5) A l’aide de cette loi, déterminer la probabilité pour qu’au cours d’une année dans un hôtel, un mini-bar exactement tombe
en panne. Comparer avec le résultat précédent.
6) Déterminer la probabilité pour que strictement plus d’un mini-bar tombe en panne dans un hôtel au cours d’une année.
Chapitre 4
LOI NORMALE
La Loi Binomiale et la Loi de Poisson sont des lois discrètes : la variable aléatoire étudiée X ne prend que des valeurs isolées
(entières) et en nombre fini. Dans le cas où X prend toute valeur d’un intervalle ou de R, on dit que X est une Variable Aléatoire
Continue s’il existe une fonction f définie sur R vérifiant les conditions suivantes :
■ f est positive
Z+∞
■ f (x) d x = 1
−∞
Zt
■ Pour tout réel t , P (X É t ) = f (x) d x
−∞
La probabilité pour tout t : P (X = t ) est nulle car X prend une infinité de valeurs. On ne peut définir que les probabilité telles que :
P (X É t ) ou P (X Ê t ) ou encore P (b É X É a) si b < a. (voir les exemples). Dans ce cas, on dit que f est la densité de probabilité
de la variable aléatoire X . Le calcul d’une probabilité est alors celui d’une aire, celle comprise entre la courbe de la fonction f ,
l’axe des abscisses et des droites verticales bien choisies.
1 ³ x − m ´2
1 −
f (x) = p e 2 σ
σ 2π
On démontre que f vérifie les conditions d’une densité de probabilité. Pour ne pas avoir à utiliser cette fonction dans chaque
X −m
cas, on introduit une nouvelle variable aléatoire T définie par : T = . Cette variable T est dite centrée et réduite. T suit
σ
alors la loi normale N (0, 1) de paramètres m = 0 et σ = 1. Ce qui permet de n’avoir qu’une densité de probabilité à utiliser définie
par :
1
1 − t2
f (t ) = p e 2
2π
19
20 CHAPITRE 4. LOI NORMALE
0, 4
P(T É t) = Π(t)
O t t
L’aire hachurée est calculée et tabulée et représente la probabilité : P (T É t ). On la note Π(t ). Les valeurs sont dans la table jointe.
Par exemple : P (T É 1) = Π(1) = 0, 8413
0, 4
P(T É t) = Π(t)
O t t
0, 4
−t O t
4.2. ENONCÉS 21
0, 4
−t O t t
0, 4
a O b t
On a aussi :
P (T > t ) = 1 − P (T É t ) = 1 − Π(t )
La loi Normale est aussi une approximation de la Loi Binomiale B(n, p) lorsque n est grand et que p et q = 1 − p ne sont pas
voisins de 0. On précise les conditions d’approximation (selon les auteurs) :
• p pas trop petit : p > 0, 1 et n grand : n Ê 30 avec np(1 − p) > 3
• Selon d’autres auteurs : n Ê 30 et np Ê 15 et np(1 − p) Ê 5.
p p
Dans ce cas, B(n, p) peut être remplacée par N (m, σ) avec : E (X ) = m = np ; V (X ) = np(1 − p) et σ = V (X ) = np(1 − p)
4.2 Enoncés
4.2.1 Exemple direct
Un lycée a 600 élèves et leur taille X en cm suit une Loi Normale de moyenne m = 170 cm et d’écart-type σ = 10 cm.
1. Exprimer la variable centrée réduite en fonction de X . En déduire X en fonction de T .
2. Calculer P (X É m)
3. Calculer P (160 É X É 180) et en déduire le nombre d’élèves dont la taille est comprise entre 160 cm et 180 cm.
22 CHAPITRE 4. LOI NORMALE
4.2.2 Corrigé
X − 170
1. T = ce qui donne : X − 170 = 10 T soit : X = 10 T + 170
10
170 − 170
µ ¶
2. P (X É m) = P (X É 170) soit en utilisant la variable T : P T É ou encore P (T É 0). La table donne : P (T É 0) =
10
Π(0) = 0, 50.
Il y a 50 % des élèves dont la taille est inférieure à m = 170 cm.
3. De la même façon : µ
160 − 170 180 − 170
¶
P (160 É X É 180) = P ÉT É = P (−1 É T É 1) = Π(1) − Π(−1) = 2 Π(1) − 1 = 2 × 0, 8413 − 1 = 0, 6826
10 10
68, 26 % des élèves soit environ 410 élèves ont une taille entre 160 cm et 180 cm.
1. Calculer le pourcentage des cartons d’invitation honorés par les convives (arrondir à l’entier les plus proche).
2. Calculer le nombre moyen de convives présents par carton d’invitation honoré (arrondir à la première décimale).
On estime que les fréquences obtenues seront les probabilités d’une réception à venir. On envoie 500 cartons d’invitation. Le
nombre d’invitation honorées est une variable aléatoire X qui suit une Loi Binomiale de paramètres n = 500 et p = 0, 31.
1. Montrer que la loi de la variable X peut être approximée par une Loi Normale. Quels sont les paramètres de cette Loi
Normale ?
2. a. Calculer la probabilité pour que le nombre d’invitations honorées soit compris entre 140 et 170.
b. Si le nombre d’invitations honorées est compris entre 140 et 170, préciser l’intervalle dans lequel est compris le
nombre de convives attendus.
3. Calculer la probabilité que le nombre de convives attendus dépasse la capacité d’accueil maximale de 300 personnes. Que
peut-on en conclure ?
5.1 Introduction
Le présent chapitre est réalisé à partir de l’ouvrage : Itinéraires en Statistiques et Probabilités de H Carnec chez Ellipses à mon
avis le plus accessible au niveau BTS ou DUT.
Les théories de Statistique Inférentielle sont difficiles et hors programme, elles consistent à donner une réponse adaptée aux
situations d’échantillonnage : par exemple tester si une loi théorique de probabilité peut représenter au mieux une distribution
réelle des valeurs prises par une variable (caractère) dans un échantillon d’éléments prélevés au hasard dans une population
statistique.
Dans la pratique, les valeurs du caractère noté C sont regroupées dans des modalités (qui peuvent être des classes) naturelles ou
réorganisées. Il existe divers tests d’ajustement (de conformité ou d’adéquation) à une loi, on montre ici l’utilisation sous forme
d’exemples du test du Khi-deux : on utilise la notation X 2 . C’est à Karl Pearson que l’on doit le critère du Khi-deux déduit de la
loi théorique du Khi-deux à n degrés de liberté 1 qui n’est pas étudiée ici.
La Loi du Khi-deux est tabulée. Les tables font intervenir deux paramètres :
• le nombre de degrés de liberté noté ν ;
• le seuil de risque noté α le plus souvent α = 0, 05 soit 5%.
On veut comparer cette distribution à celle obtenue par une loi connue (équirépartie, binomiale, Poisson, Normale) qui donne-
rait les effectifs théoriques t i suivants :
1. Loi suivie par la somme S des carrés de n variables aléatoires indépendantes de loi normale centrée réduite : E (S) = n et V (S) = 2n
23
24 CHAPITRE 5. AJUSTEMENT DE DONNÉES EXPÉRIMENTALES À UNE LOI : TEST DU KHI-DEUX
5.2.2 Le test du X 2
❶ Pour mesurer l’écart entre la distribution observée et la distribution théorique, la méthode consiste à calculer pour chaque
modalité ( ou classe) le nombre appelé écart quadratique relatif :
(e i − t i )2
ti
Cette somme sera faible si les écarts entre les valeurs théoriques et les valeurs observées sont petits : on note (H0 ) l’hypo-
thèse « les observations suivent la loi théorique choisie» et (H1 ) l’hypothèse alternative. Pearson a montré que S suit une
loi du X 2 . La table permet de conclure et d’accepter ou non (H0 ) à un certain seuil de risque α, en général 5%.
"face" 1 2 3 4 5 6
Effectifs 15 7 7 11 6 14
5.3.2 Corrigé
1
La loi théorique conduit évidemment à la probabilité de pour chaque face, donc à un effectif théorique de 10 par face. Le
6
tableau suivant résume les calculs à effectuer :
5.4. EXEMPLE 2 : CONFORMITÉ À UNE LOI BINOMIALE 25
(e i − t i )2
Ci résultats e i probabilités effectifs (e i − t i ) (e i − t i )2
ti
théoriques t i
1 15 1/6 10 5 25 2,5
2 7 1/6 10 -3 9 0,9
3 7 1/6 10 -3 9 0,9
4 11 1/6 10 1 1 0,1
5 6 1/6 10 -4 16 1,6
6 14 1/6 10 4 16 1,6
X
60 1 60 0 7,6
nbre d’observations 3 6 11 23 19 17 10 6 5 0
5.4.2 Corrigé
❶ La moyenne des observations est m = 4. Le nombre de bouchons fabriqués est très grand, on peut assimiler l’échantillon-
nage à un tirage avec remise et supposer que X suit la loi : B(100; 0, 04).
❷ Pour respecter les règles d’utilisation du test, on regroupe les cas 0 et 1 d’une part et les cas 7,8 et 9 ou plus d’autre part.
❸ Les effectifs théoriques sont calculés avec la Loi Binomiale : ti = 100×C100 (0, 04)i (0, 96)100−i . Ils sont arrondis à 0,1 pour
i
(e i − t i )2
Ci résultats e i effectifs (e i − t i ) (e i − t i )2
ti
théoriques t i
❹ L’hypothèse nulle (H0 ) est : "X suit la loi B(100; 0, 04)" et l’hypothèse alternative (H1 ) est : "la loi de X diffère significative-
ment de la loi B(100; 0, 04)".
m 4
. La loi du X 2 utilisée
X
On a gardé 7 modalités (classes) et il y a deux relations distinctes : e i = 100 et p = 0, 04 = =
i 100 100
est donc à ν = (7 − 2) = 5 degrés de liberté.
❺ Conclusion
Le X 2 observé : Xobs
2
= 1, 53 est, au seuil de risque de 5%, inférieur au X 2 lu dans la table : Xlu2 = 11, 07 . On accepte
l’hypothèse selon laquelle X suit la Loi Binomiale B(100; 0, 04).
5.5.1 Enoncé
Un barman note sur 200 jours de travail le nombre X de bouteilles de Champagne vendues :
nbre de bouteilles 0 1 2 3 4
nbre de jours 76 72 34 12 6
Peut-on, au seuil de risque de 5%, considérer que X suit une Loi de Poisson et laquelle ?
5.5.2 Corrigé
❶ On calcule la moyenne E (X ) = λ = 1 puis la variance V (X ) = 1, 06 proche de 1. On peut donc penser que X suit la loi :
P (λ = 1).
L’hypothèse nulle (H0 ) est donc : "au seuil de risque de 5%, la variable X suit la loi P (λ = 1)".
Ci 0 1 2 3 4 5 6
ei 76 72 34 12 6 0 0
L’observation des règles du test conduit à regrouper les modalités 3,4,5 et 6 dans la modalité : "3 et plus".
❸ On résume les calculs dans le tableau :
(e i − t i )2
Ci résultats e i effectifs (e i − t i ) (e i − t i )2
ti
théoriques t i
X
❹ Le nombre de degrés de liberté est ν = (4 − 2) = 2 car il y a 4 modalités et 2 relations : e i = 200 et le paramètre λ = 1.
i
❺ Conclusion
Le X 2 observé : Xobs
2
= 0, 576 est, au seuil de risque de 5%, inférieur au X 2 lu dans la table : Xlu2 = 5, 99 . On accepte
l’hypothèse selon laquelle X suit la Loi de Poisson P (λ = 1).
28 CHAPITRE 5. AJUSTEMENT DE DONNÉES EXPÉRIMENTALES À UNE LOI : TEST DU KHI-DEUX
Table des matières
4 LOI NORMALE 19
4.1 Loi Normale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
4.2 Enoncés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
29