SEMIS DIRECT
Objectifs de la technique :
Le semis direct est un semis sans travail du sol, directement sur les résidus de la
culture. Il permet de :
- Limiter l'érosion de la parcelle
- Réduire les charges : mécanisation, usure du matériel, fuel, temps de travail.
- Augmenter l'activité biologique du sol.
Descriptif de la technique :
C'est la version la plus aboutie de la simplification du travail du sol, mais la technicité est accrue !
Après une récolte, la culture qui suit est implantée en un seul passage sans travail du sol au
préalable. Le travail du sol est réalisé par les systèmes racinaires des différentes cultures
successives. Le choix de la rotation est donc primordial : alternance légumineuses et graminées,
alternance cultures d'été et d'hiver. De plus en plus d'agriculteurs testent le semis direct sur leur
exploitation et l'adoptent sur l'ensemble de leurs cultures.
Contexte d'application :
L'intervention en semis direct demande une vigilance
plus importante sur les conditions d'humidité du sol : il
faut intervenir dans des conditions bien ressuyées,
Il ne faut pas semer trop tôt, car le sol a tendance à se
réchauffer moins vite qu'en labour. Les variétés peuvent
être aussi adaptées (évitez les variétés trop tardives).
Le semis direct est difficile à mettre en place sur des
sols limoneux qui ont tendance à asphyxier les racines.
Pour les céréales à pailles, il est conseillé d'augmenter
légèrement la densité de semis et d'avancer la date du
semis.
La gestion des pailles est différente en semis direct, en Coût de mécanisation
effet il faut couper haut pour ne pas être gêné par trop
de résidus couchés à la surface du sol. entre 150 et 250€/ha
Un couvert en période d'interculture est fortement
conseillé en semis direct. Il permet de structurer le sol,
enrichir en matière organique et en azote.
Lors du semis de cultures sensibles aux limaces, il est
aussi conseillé d'épandre de l'anti-limaces.
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AVANTAGES INCONVENIENTS
Structure du sol : meilleure portance, meilleur Besoin d'un équipement spécifique : le semoir
ressuyage, rétention de l'eau plus importante en direct.
période sèche .
Réduction des charges de mécanisation, de fuel, Mise en place de la technique à prévoir sur
d'usure de matériel, de temps de travail. plusieurs années, avec un passage obligatoire par
du travail superficiel
Augmentation de la matière organique dans les Repenser la rotation : Allongement avec alternance
premiers centimètres du sol. culture d'hiver et d'été si possible, alternance
légumineuses et graminées.
Réduction de l'érosion de la parcelle par Plus de résidus de culture en surface qui peuvent
augmentation de la porosité, des résidus en surface être le refuge de limaces néfastes à la culture en
qui créent une surface rugueuse. place, les premières années.
Augmentation de population de lombrics. Réchauffement du sol plus lent au printemps :
minéralisation plus tardive. Il faut semer plus tard en
adaptant les variétés.
Quelques points de vigilance :
Structure du sol
Le préalable : un sol bien structuré
et non compacté. Observez l'état de votre sol
par un test à la bêche par exemple !
Préserver la structure du sol en non-labour, c'est aussi
être vigilant au moment de la récolte (pneus basse pression
sur la moissonneuse et remorques restant en bordure
de parcelles)
Pour les cultures d'été, commencez par du non-labour
profond (15-25 cm), réduisez ensuite progressivement
la profondeur de passage puis passez aux déchaumeurs.
En cultures d'été, il est déconseillé de passer directement Essais TTSI Chambre régionale Midi-Pyrénées
du labour à un travail superficiel (moins de 10 cm).
Protection de la culture et qualité sanitaire
Les risques de fusariose sur céréales à paille implantées
en non-labour sont accrus sur précédents maïs, sorgho et
prairies. Des précautions sont à prendre : choix de
variétés résistantes et éventuellement traitement contre la
fusariose en végétation.
Les rotations longues et diversifiées sont préférables, les
successions de plusieurs céréales sont plus difficiles à
conduire en non-labour sur les aspects des maladies, des
ravageurs et des mauvaises herbes. Privilégier une
complémentarité entre plantes libérant de l'azote et
cultures exigeantes et alterner cultures d'hiver et de
printemps.
SOURCES :
Groupe régional Non-labour de Midi-Pyrénées : Chambres d'agriculture, Arvalis, CETIOM, ACTA,
Association des agriculteurs d'Auradé
CasDAR « faisabilité technico-économique du semis direct et des techniques très simplifiées
d’implantation »
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