0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
57 vues21 pages

Extrait Cahiers 21

Le document présente plusieurs articles sur l'art rupestre et l'archéologie dans des régions comme le Tassili en Algérie et l'Ennedi au Tchad. Il aborde des découvertes récentes, des interprétations d'inscriptions hiéroglyphiques et des études de conservation des peintures rupestres. Ces recherches mettent en lumière des sites peu connus et enrichissent la compréhension du patrimoine culturel saharien.

Transféré par

mohammed altarhouni
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
57 vues21 pages

Extrait Cahiers 21

Le document présente plusieurs articles sur l'art rupestre et l'archéologie dans des régions comme le Tassili en Algérie et l'Ennedi au Tchad. Il aborde des découvertes récentes, des interprétations d'inscriptions hiéroglyphiques et des études de conservation des peintures rupestres. Ces recherches mettent en lumière des sites peu connus et enrichissent la compréhension du patrimoine culturel saharien.

Transféré par

mohammed altarhouni
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Les Cahiers de l’AARS

N° 21
2020
Table des matières

Jean-Louis Bernezat
Abris peints inédits de l’Ăhélakan occidental (Parc National Culturel du Tassili, Algérie) …………………… 7

Lorenzo de Cola & Onorina Nadin


Mentuhotep, Tekhebet e Yam ………………………………………………………………………………………… 23

Frédérique Duquesnoy, Zahéra Souidi & Frédéric-Victor Donzé


Les peintures oubliées de l’oued Ġerat ……………………………………………………………………………… 33

Yves & Christine Gauthier


Des peintures plus anciennes que les peintures archaïques ? Étude d’un site original en Ennedi (Tchad) ……… 49
Compléments à l’inventaire des chars : La route des chars, Aouineght, el-Gallaouiya et autres sites sahariens …… 67

Julien d’Huy
Phylogénie tombale : À propos des rituels d’incubation dans le Sahara néolithique ……………………………… 107
Première mythologie du serpent et art rupestre saharien …………………………………………………………… 113

Jean-Loïc Le Quellec
Fezzāniana 1 : Gravures et peintures de Gaṣr el-Meherig …………………………………………………………… 123

Jean-Loïc Le Quellec & Camille Noûs


Comment chasser la girafe ? ………………………………………………………………………………………… 137

Jean-Loïc Le Quellec & Annie Mouchet


À propos d’un panneau orné de γalanγela qui fit couler beaucoup d’encre ……………………………………  155

Fabio Maestrucci & Gianna Gianelli


Nuovi monumenti in pietra dell’Ḥammādat al Ḥamrā’ rilevati da immagini satellitari ………………………… 179

Marie Maka
La conservation dans la Tasīli-n-Ăjjer ? …………………………………………………………………………… 199

Alessandro Menardi Noguera


Flocks of sheep in the rock art of the Ennedi (Chad) …………………………………………………………… 207

Maarten van Hoek


Reviewing Assif Kelmt, Morocco …………………………………………………………………………………… 231

Estelle Yven
Oummat el-Ham Bi’r (Nord-Ouest de la Mauritanie) : Une saison de chasse ? ……………………………… 245

András Zboray & Pier Paolo Rossi


The paintings of Soro Kezenanga and Tarchia (Ennedi, Tchad) …………………………………………………… 263

Recensions & réponses …………………………………………………………………………………………………  279

Carnet …………………………………………………………………………………………………………………… 295

Indications techniques ………………………………………………………………………………………………… 303


Abris peints inédits de l’Ăhélakan occidental
(Parc National Culturel du Tassili, Algérie)

Jean-Louis Bernezat *

Résumé : Présentation de plusieurs abris-sous- Abstract : Presentation of some paintings from


roche ornés inédits de la Tasīli-n-Ăhélakan, région several unpublished rock shelters of the Tasīli-n-
occidentale de l’Ăjjer au patrimoine rupestre et Ăhélakan (western Ăjjer) whose archaeological heri-
archéologique encore trop méconnu. tage, including rock art, is still largely unknown.

Les peintures ornant plusieurs abris-sous-roche Abri Ramponneau 1 (alt. 1346 m) 2


inédits de la Tasīli-n-Ăhélakan, à l’extrémité ouest Cet abri se trouve en rive gauche d’un petit 1. Pour rappel, Terz
de l’Ăjjer, sont présentées ici dans la continuité de affluent de l’oued Erabuten/Umadjet (appelé Oum Eruku n’est pas le
deux articles précédents (Bernezat 2017, 2018). Ces nom du point 1772
Hadjer sur la carte au 1/200.000). Assez profondé- de la carte, mais
sites rupestres se situent tous sur le plateau, à l’est ment creusé entre deux strates de la paroi, il s’ouvre celui du premier
du point figurant sur la carte au 1 / 200 000 sous le à l’est au-dessus d’une large marche rocheuse, à col à l’est de ce
nom de « Terz Eroukou » 1, généralement en bordure quelques mètres au-dessus du sol. Les nombreuses sommet, permettant
de passer diffici-
des oueds partant du rebord méridional du plateau peintures dont il est orné ont été exécutées sur la lement du piémont
pour rejoindre le sillon intratassilien (Fig. 1). Le partie médiane de l’auvent, très incliné (Fig. 2). Elles sud du plateau à
plus rapide pour atteindre cette zone difficilement sont décrites en allant de haut en bas et de gauche à son versant nord.
accessible est d’y monter à pied depuis le piémont droite. On peut tout d’abord observer une série d’an- 2. En l’absence de
sud, par le versant méridional du col d’Ăbaγor, ce thropomorphes (Fig. 3), peints en aplat rouge foncé toponyme connu,
l’auteur a donné
qui implique une autonomie logistique pour deux avec un trait de contour fin souvent plus sombre, à cet abri le nom
ou trois jours. sauf pour les visages dont l’intérieur a été laissé en de son décou-
vreur, Jean-Pierre
Ramponneau.

Fig. 1. Localisation
de la Tasīli-n-
Ăhélakan et des
abris Martel,
Ramponneau 1 et
2, et Wa-n-Tisemt
(Image satellite
Google Earth, DAO
F. Duquesnoy).

* [email protected]

Les Cahiers de l’AARS — n°21(2020) : 7-22. 7


Mentuhotep, Tekhebet e Yam

Lorenzo De Cola * & Onorina Nadin

Abstract  : Here we present an interpretation of the Résumé : Nous présentons ici une interprétation de l’in-
hieroglyphic inscription of Jebel el-’Uweynāt taking scription hiéroglyphique du Jebel el-’Uweynāt qui tient
into account “extrahieroglyphical’ figures of convo- compte des gravures «extrahiéroglyphiques » du panneau.
cation, concern, submission. These associated figures Ces dernières pouvaient être comprises des illettrés, leur
could be understood by illiterate people. suggérant les notions de convocation et de soumission.

On the Southern side of Jebel el-’Uweynāt,


where Libya, Egypt and North Sudan merge,
at the upper limit of a small stony area, a boul-
der is carved with the unexpected hieroglyphic
Fig. 1.
inscription we deal with (Clayton, De Trafford
A : Jebel el-’Uweynāt ;
& Borda 2008 : 129-134) 1. The alliterated and
B : Daklah.
traduced text we refer to, discovered by Mark C : Abu Simbel area.
Borda and Mahmoud Maraj at the end of 2007 D : Northern
is with no ambiguity attributed to Mentuhotep B
wadi Howar.
II Nebhepetre (? - 2013 AEC), XIth dynasty, E : Dabbah.
unanimously reputed to have reunified (during F : Agoza ruins,
years and years of struggle) the Upper and Mourdi. From A
Lower Egypt after a period of social disorders A C
to C ca. 640 km
(bird’s eye view). The
and fragmentation of the power structure. white dots give an
The position of the carved boulder (Fig.  1) idea of the amazing
implies an hitherto unsuspected logistics to Abū Ballāṣ trail.
provide water for men and animals along such F
E
desert distances. The Egyptian text includes
extra textual figures intended to be disposable N.B.  : Mentuhotep
for the illitterates : almost all at that time. Apart D
refers to Mentuho-
tep II Nebhepetre
from the name of Mentuhotep IInd Nebhepetre, (Mentuhotep III
his ritual everlasting status and his title of king being indicated)  ;
of Upper and Lower Egypt the text is remar- “ Extrahierogly-
kably short and mentions that one of the two preliminary, peace treaty, etc. and points to an phical figures’
depicted characters-peoples, Yam, “ takes ” episode in which the Egyptians proclaim to be refers to figures
incense (or natron) and Tekebeth “ takes […] ” able to roam the desert and to investigate and present in the
evaluate the goods traded, gathered or hunted inscription we deal
(unreadable). Pregnantly it is only thanks to the with and out of
interbedded extrahieroglyphical figures that in what they claim to be their territory. An epi- the corpus of the
the full comprehension of the event is achieved. sode of a pharaonic and never achieved pro- Egyptian figured
Moreover, other visual and not written details ject of management of boundless desert areas signs  ; w“s refers to
inside an attempt to reach Nubia not upstream was sceptre, one of
as the ornaments of the sovereign are intended those the sovereign
to convey additional inputs to the scene. the Nile. disposed of  ; heqa
The aim here is to discuss the inscription as When considering the whole of the carved sceptre is another
an interaction of text, visual details of the sove- scene, the Egyptians were acquainted with a sceptre (or staff) ;
the symbolic and
reign’s figure and coupled extrahieroglyphical feature : the area fitted inside the sovereign embellished version
figures as a single coherent whole. This vision figure to the left and the heqa sceptre to the of the so-called
rules out every kind of diplomatic or business right (Fig.    2-4) was permeated by the cosmic shepherd’s crook.

* Corresponding author : [email protected]

Les Cahiers de l’AARS — N°21 (2020) : 23-32. 23


Les peintures oubliées de l’oued Ġerat

Frédérique Duquesnoy *, Zahera Souidi ** & Frédéric-Victor Donzé ***

Résumé : Les peintures rupestres de l’oued Ġerat Abstract : The rock paintings of the wadi Ġerat are
sont très peu connues au regard des gravures du même poorly known compared to the engravings of the same
site. La comparaison des relevés qui en furent effectués site. A comparison of the tracings carried out by Lhote’s
par l’équipe de Lhote en 1959 avec des photos numér- team in 1959 with recent digital photos makes it possible
iques récentes permet d’une part de faire un état des lieux to assess the state of conservation of these archaeologi-
sur l’état de conservation de ces vestiges, et d’autre part, cal artefacts, and to evaluate the reliability of the trac-
d’évaluer la fiabilité des relevés, souvent la seule docu- ings, which are often the only documentation available
mentation disponible à ce jour. to date.

Introduction Rigal pour l’exécution de relevés et photos (Fig. 4 et


Évoquer l’Oued Ġerat (Fig. 1 & 2), c’est rap- Reygasse 1935). Quelques clichés illustrent les rap-
peler l’impressionnante quantité de gravures ports de mission, et une exposition est organisée au
rupestres qui en ornent les berges, et dont la décou- Trocadero (Perret 1935, Perret 1936, Perret 1948,
verte contribua grandement à faire de la Tasīli-n- Lhote 1976a : 7). Pourtant, aucune monographie ne
Ăjjer un haut-lieu du patrimoine archéologique du sera publiée.
Sahara central. C’est aussi rappeler que si le nom Dans l’inventaire ultérieur réalisé par Lhote, il
d’Henri Lhote reste le plus associé à ce patrimoine, en est de même pour les peintures. Lhote a pu juger
c’est au lieutenant méhariste Charles Brenans que du potentiel de ce site lors de sa première visite,
l’on doit, en 1932, sa révélation au monde occi- mais ce n’est qu’en 1959 qu’il revient procéder avec
dental (Fig. 3) 1, alors même que les archéologues son équipe de peintres à une campagne de relevés de 1. L’existence
pensaient close « l’époque héroïque des grandes grande ampleur, deuxième des fameuses « missions de ces gravures
explorations » (Reygasse 1932 : 1). Lhote ». En compagnie de Michel Brézillon, Jean avait toutefois été
Lesage et Jacques Violet (artistes-peintres), André mentionnée par
En 1933, Brenans retourne d’ailleurs dans Fernand Foureau
Vila (photographe-cinéaste), Irène Lhote (secréta-
l’oued avec les chercheurs Maurice Reygasse et (1894 : 92) dans son
riat, intendance), Brahim ag Abderrahman (guide),
Émile-Félix Gautier pour qu’ils puissent effectuer Abdallah (chamelier), Amellal et Ḫaiūa (inten-
rapport de mission,
un premier inventaire. Les clichés réalisés ayant sans qu’il les ait
dance), il passe ainsi quatre mois dans le canyon vues lui-même.
trop déformé les gravures, le géographe Robert de Ġerat (Lhote 1976a et 1976b : 11-43, Vérité
Perret est chargé en 1934 d’aller les relever par 2010 : 204). Plus de deux mille six cents gravures
calque et photographier de nouveau. Henri Lhote, sont photographiées et parfois relevées, souvent
alors en mission pour le Muséum national d’His- ultérieurement à Paris, voire même moulées avec
toire naturelle se joint à lui. En 1935, Maurice du caoutchouc (Fig. 5). Quant aux peintures, une
Reygasse revient à Ġerat avec le peintre Maurice

Fig. 1. Localisation
de l’oued Ġerat,
qui traverse la
tasīli externe, et
débouche dans
la plaine pré-
tassilienne, au
sud-est d’Illizi.
Fig. 2. Vue de
l’oued Ġerat
au niveau de la
palmeraie de Nafeg.

* [email protected]. ** [email protected] *** [email protected].

Les Cahiers de l’AARS — N°21 (2020) : 49-64. 33


Des peintures plus anciennes
que les peintures archaïques ?
Étude d’un site original en Ennedi (Tchad)

Yves Gauthier et Christine Gauthier*

Résumé : Lors d’une récente visite en Ennedi, nous Abstract : During a recent visit to Ennedi, we saw some
avons pu observer des peintures en aplat blanc d’une unusually crafted white solid paintings. The presence
facture inhabituelle. La présence de quelques figura- of a few figures of rooks (Borassus aethiopum), typi-
tions de rôniers (Borassus aethiopum), typiques d’un cal of a tropical climate, and several other aspects of
climat tropical, et plusieurs autres aspects de ces these images, notably the fact that they are overloaded
images, notamment le fait qu’elles soient surchargées by paintings reputed to be archaic, invite us to review
par des peintures réputées archaïques, invitent à revoir and complete the chronological framework of the re-
et compléter le cadre chronologique de l’art rupestre gional rock art. It is also an incentive to continue the
régional. C’est aussi une incitation à poursuivre le tra- inventory work.
vail d’inventaire.
Mots clef : art rupestre, Sahara, périodisation, chrono- Keywords : rock art, Sahara, periodization, chronology
logie

Introduction blement les bases de données avec pour résultat une


Depuis les travaux de Bailloud (1997), il y a une meilleure connaissance des groupes culturels qui
soixantaine d’années, les connaissances sur l’art ont occupé le massif. Outre des analyses plus fines
rupestre de l’Ennedi ont sérieusement progressé. et plus complètes sur les modes de vie et de subsis-
C’est le résultat d’explorations, plus systématiques et tance, ces nouvelles images permettent de produire
plus nombreuses, menées ces deux dernières décen- des cartes de distribution et, à travers les superpo-
nies, ainsi que d’un balayage beaucoup plus large au sitions des diverses phases rupestres, d’établir des
plan géographique. Ces avancées, dues pour l’essen- chronologies relatives partielles, tous éléments qui
tiel à des membres de l’Association des Amis de l’Art sont indispensables pour reconstituer le schéma de
Rupestre Saharien (Simonis et al. 2017, Lachaud peuplement à l’échelle du massif.
2017 & 2019, Menardi-Noguera 2014a-b, Gauthier & Dans ce contexte, il nous a paru important de
Gauthier 2017a-b, -2018), ont permis d’élargir nota- faire connaître des images provenant d’un secteur

Tibesti

Ounianga

Faya

Ennedi
Fada
Fig. 1. Empla-
cement du site
étudié, au sud-ouest
100 km de l’Ennedi.

*[email protected]

Les Cahiers de l’AARS — N°21 (2020) : 65-82.


49
Compléments à l’inventaire des chars :
la route des chars, Aouineght, el-Ghallaouyia
et autres sites sahariens

Yves Gauthier et Christine Gauthier *

Résumé : Nous poursuivons l’inventaire des chars saha- Abstract : We are continuing the inventory of the Saha-
riens en présentant des travaux de terrain. En parallèle, ran chariots with field work. At the same time, we are
nous jetons un regard critique sur des chars aberrants taking a critical look at weird and fanciful ones, most
publiés, pour la plupart, sous forme de relevé unique- of which are published only in the form of a survey.
ment. Nous proposons d’en éliminer une centaine, no- We propose to eliminate about a hundred of them, es-
tamment pour les sites d’Aouineght et d’el-Ghallaouyia. pecially for the sites of Aouineght and el-Ghallaouyia.
Nous en présentons soixante-cinq nouveaux provenant We present sixty-five new ones from the countries bor-
des pays riverains de l’Atlantique et du Sahara central. dering the Atlantic and from Central Sahara. Thanks
Grâce à ces documents, nous mettons en évidence des to these documents, we are highlighting new methods
modes d’attelage inédits témoignant d’une créativité of harnessing vehicles, showing unsuspected creativity,
insoupçonnée, et nous publions les premières images and we are publishing the first images showing single
montrant des femmes seules menant des chars. women driving chariots.

Introduction Comme Gabriel Camps l’avait déjà bien expli-


Très en vogue dans les années 1950, la fameuse qué (1989), une simple carte de distribution suffit
route des chars sahariens est un mythe dont l’exis- à réfuter toute idée d’un réseau de routes (pistes)
tence avait été suggérée bien avant (Gautier 1935). des chars à travers le Sahara (Fig. 1). La distribu-
Divers itinéraires transsahariens sont alors dessinés tion des 444 sites à chars connus à ce jour reproduit
sur les cartes de la moitié nord de l’Afrique, prenant presque parfaitement celle de l’art rupestre (6669
appui sur les sites à chars connus à l’époque. Le sujet sites) en terme de localisation et de densité régio-
est manifestement d’importance, puisqu’il donnera nales. Si route il y avait, elle serait ponctuée par des
lieu à nombre d’articles (Mauny 1947 et 1955, du « relais » entre les zones de forte concentration de
Puygaudeau 1966, Lambert 1972) et Henri Lhote, sites rupestres ou entre elles et les côtes méditerra-
dans son ouvrage de synthèse (1982), lui dédiera un néenne et atlantique. Et dans ces relais, on s’atten-
chapitre entier où il expose la genèse de l’idée, et drait à voir au moins quelques figurations de chars.
donne son propre point de vue. En fait, il n’y a rien de la sorte et cela quelque soit

Fig. 1. Carte de
chaleur (densité) des
sites rupestres, tous
thèmes et époques
confondus et sites
à chars (points
500 km noirs). Image
Google Earth.

*[email protected]

Les Cahiers de l’AARS — N°21 (2020) : 83-122.


67
Phylogénie tombale  :
à propos des rituels d’incubation
dans le Sahara néolithique

Julien d’Huy *

Résumé : Un inventaire des différentes descriptions du Abstract : An inventory of the different descriptions of
rituel de l’incubation au Sahara permet, par une étude the incubation ritual in the Sahara makes it possible,
phylogénétique, de proposer une histoire probabiliste through a phylogenetic study, to propose a probabili-
de cette tradition, remontant vraisemblablement au stic history of this tradition, probably dating back to
Néolithique. the Neolithic period.

Un type particulier de monuments funé- sacrifices humains stabilise la stratification


raires du nord du Sahara a été nommé « tumu- sociale et favorise un passage à des systèmes
lus à chapelle » en raison d’un aménagement de classes strictement héréditaires (Watts et
architectural permettant de pénétrer à l’inté- al. 2016) ou de reconstruire l’évolution des
rieur sans atteindre la sépulture. Ils ont été rituels de chasse à l’ours depuis le Paléoli-
construits sur un territoire occupé par les thique supérieur (d’Huy 2017).
Gétules entre le ve siècle AEC et le ve siècle Les rituels sont en effet de bons candidats
EC. Selon des chercheurs comme Gabriel pour appliquer les méthodes phylogénétiques.
Camps (1986 : 163) ou Malika Hachid (2000 : Ils se conservent longtemps dans le temps et
294), l’organisation du tumulus permettait de évoluent lentement. L’apparentement de cer-
se rapprocher du défunt par la chapelle, pour tains d’entre eux de part et d’autre du détroit
pouvoir ainsi s’endormir auprès de lui et obte- de Béring démontre une origine commune
nir des songes prémonitoires. remontant au Paléolithique supérieur ; c’est par
De telles pratiques ont été recensées par exemple le cas des rituels de chasse à l’ours
Hérodote pour les Nasamones, un peuple (Hallowell 1926, d’Huy 2017). Charles Stépa-
nomade vivant dans le golfe de Syrte, puis, noff a quant à lui montré que les pratiques cha-
quatre siècles plus tard, par Pomponius maniques associées à la « tente sombre » dans
Mela pour les habitants de l’oasis d’Audjé- le monde circumpolaire et en usage « depuis les
lah (Awjīla) en Lybie. Ces rituels ont encore confins ouraliens de l’Europe jusqu’aux plaines
cours chez les Berbères, surtout chez les américaines en passant par le détroit de Béring »
Touaregs, dans une continuité soulignée par ont été introduites dans le Nouveau-Monde par
de nombreux auteurs (par exemple Duveyrier les migrations des Paléo-Esquimaux, puis des
1864  : 415, Camps 1986 : 163, Hachid 2000 : Athapaskans (Stépanoff 2019 : 106-110).
294, Benseddik & Camps 2001). Un corpus de onze occurrences des rituels
Cependant, des pratiques similaires sont sahariens d’incubation sur tombe a été consti-
bien documentées sur tout le pourtour méditer- tué (Nasamones : Hérodote 1850, livre iv,
ranéen, fragilisant l’hypothèse d’une continuité clxxii, autour de 445 avant J.C. ; oasis d’Audjé-
qui reste à démontrer. Par ailleurs, on peut s’in- lah : Pomponius Mela 1843, livre i, viii, autour
terroger sur la forme que prenait primitivement de 43 de notre ère ; Touaregs du Nord : Duvey-
ce rituel, et sur la question de savoir si cette rier 1864 : 415 ; Touaregs de l’Aïr : Von Bary
forme était compatible avec l’usage proposé 1898 : 187-188 ; Ouad Aoudjidit : Fourreau
des tumulus à chapelle. Afin de répondre à ces 1902 : 66 ; Touaregs du Ahaggar : Benhazera,
interrogations, je me propose d’avoir recours à 1908 : 63 ; Grotte de Lalla Taqandut au Maroc :
des méthodes phylogénétiques. Doutté 1914 ; Kel Ahaggar : Foucauld 1952,
Une telle approche a déjà permis d’étudier ii : 709 ; Touaregs actuels : Hachid 2000 : 294 ;
l’architecture rituelle en Polynésie (Cochrane Touaregs El Asnam : Benseddik & Camps
2015), de montrer que le fait de pratiquer des 2001 ; Touaregs Azger : ibid.).

* Rattaché à l’IMAf, Institut des Mondes africains, UMR 8171, CNRS. e-mail : [email protected]

Les Cahiers de l’AARS — N°21 (2020) : 33-38. 107


Première mythologie du serpent
et art rupestre saharien

Julien d’Huy *

Résumé : L’étude aréologique et phylogénétique des Abstract : The areal and phylogenetic study of the tra-
traditions sur les serpents légendaires en Afrique per- ditions on the legendary snakes in Africa makes it pos-
met de reconstruire un état ancien de la mythologie de sible to reconstruct an ancient state of the mythology of
cet animal, susceptible d’éclairer en retour certaines this animal, likely to enlighten in return some enigma-
figurations sahariennes énigmatiques. tic Saharan figurations.

Les artistes du Néolithique saharien


ont représenté de nombreux serpents (voir
par exemple Le Quellec 1993 : 221-240 ;
Lachaud 2008). Or révéler le sens mytholo-
gique caché de ces images préhistoriques est
une tâche exceptionnellement difficile. Les
images rupestres peuvent représenter les ver-
sions d’un mythe qui sont inconnues ou qui
divergent considérablement de celles enre-
gistrées dans les sources écrites. En tant que
telles, elles peuvent être représentatives de
versions appartenant à des stades de dévelop-
pement antérieurs, plus archaïques.
Là est l’une des utilités de l’approche phy- montrer une double diffusion des croyances Fig. 1. Scène de
liées aux serpents à travers le monde, la pre- Ti-n-Tazarift repré-
logénétique qui permet de reconstruire en sentant une lutte
termes probabilistes la forme d’un mythe au mière étant centrée sur l’hémisphère sud, et entre des humains
moment où les images ont été créées (d’Huy probablement en rapport avec la première et un serpent à
2013a), soit, comme le dit fort bien Jean-Loïc sortie d’Afrique de l’Homme moderne, la deux têtes (photo-
seconde traversant l’hémisphère nord pour graphie de Jean-
Le Quellec, faire coïncider explanans et Loïc Le Quellec).
explanandum (Le Quellec 2019a et b). finalement rejoindre le nord de l’Amérique.
Afin de tester une nouvelle fois ces résul-
tats, je me propose de m’appuyer, comme en
1. Les croyances concernant les ser- 2016, sur la colossale base de données de Yuri
pents antérieures à la sortie d’Afrique Berezkin, construite grâce au dépouillement de
La mythologie liée aux serpents avant la plus de 6 000 livres et articles (Berezkin 2015 ;
sortie d’Afrique a été reconstruite à plusieurs base consultée en mars 2019). Les récits y
reprises grâce à des outils phylogénétiques, sont classés selon les motifs qu’ils contiennent
soit en s’appuyant sur les différences et les (certains catégorisés sous plusieurs motifs) et,
ressemblances entre différentes mythologies à l’intérieur d’un même motif, par ensemble
à travers le monde (d’Huy 2013b, 2016a), géographique puis par ethnie. Depuis 2016, la
soit en étudiant les différentes versions d’un base a continué de s’enrichir, au point de per-
même récit, comme le combat contre le dra- mettre de passer de 42 à 66 motifs directement
gon (d’Huy 2014a) ou le serpent arc-en-ciel concernés par le serpent.
venant boire une eau terrestre (d’Huy 2016b). Pour la présente analyse, et afin d’éviter un
Les résultats se rejoignent (et en rejoignent biais d’échantillonnage, le nombre de motifs
d’autres : voir par exemple Witzel 2012, Berez- minimal retenu par aire culturelle est de 10.
kin 2013, Le Quellec 2014, d’Huy 2017) pour Les 1000 arbres les plus parcimonieux ont été

* Rattaché à l’IMAf, Institut des Mondes africains, UMR 8171, CNRS. e-mail : [email protected]

Les Cahiers de l’AARS — N°21 (2020) : 39-48. 113


Fezzāniana 1.
Gravures et peintures de Gaṣr el-Meherig

Jean-Loïc Le Quellec *

Résumé : Afin d’étoffer les inventaires pour la Libye, je me Abstract: In order to expand the inventories for
propose de publier une série d’articles sur des sites fezza- Libya, I propose to publish a series of articles on
nais inédits ou peu connus. Je commence par un ensemble unpublished or little known Fezzanese sites. I begin
de gravures et peintures de la région du Šāṭī, comportant with a set of engraved inscriptions in tifinagh cha-
des inscriptions gravées en caractères tifinagh et des pein- racters and cameline paintings of the Šāṭī region, in-
tures camélines, dont un mouton du type longipes à cornes cluding a sheep of the type longipes with horizontal
horizontales ondulées. wavy horns.

Comme c’est le cas pour beaucoup de


voyageurs, nombre de mes observations n’ont
pas été publiées, parce que mal documentées,
incomplètes, insuffisantes, partielles. Pour-
tant, la situation actuelle fait que, depuis une
dizaine d’années, il n’est pas possible de les
Gaṣr el-Meherig

améliorer, ni même de les renouveler. S’agis- Wād


ī eš-
sant de sites remarqués au Fezzān durant mes Šāṭī
séjours en Libye, il serait regrettable que cette
documentation soit condamnée à dormir sur
des disques durs en voie de fossilisation, et
j’ai donc décidé de les publier au sein d’une
série appellée « Fezzāniana ».
Ce premier épisode n’a d’autre prétention
que de porter à la connaissance de la com-
munauté l’existence de quelques peintures et t
ṭṭafe
gravures rupestres dans une zone peu visi- sāk
Se
tée du Šāṭī. Ces œuvres ont été observées Me
lors d’une halte aux ruines de l’ancien fort
dénommé « Gaṣr el-Meherig » sur les cartes celles d’un rocher allongé dont deux faces Fig. 1. Localisation
russes, à proximité du puits du même nom, sont gravées. Les inscriptions indéchiffrables de Gaṣr el-Mehe-
et d’une sebḫa (Fig.  1). Les observations rig. En bas de la
ou trop difficiles à lire n’ont pas été numéro- photo satellitaire
qui suivent ont été effectuées en décembre tées. Les caractères incertains sont indiqués se voit la partie
1999, et elles mériteraient certainement une en grisé, et ceux qui sont illisibles ou effacés nord-est du Mesāk.
étude détaillée, ce qui est impossible pour sont marqués par un carré grisé.
le moment. Dans son imperfection, la docu-
mentation publiée ici aura donc au moins le Face 1 (Fig.  4) :
mérite de compléter les cartes de répartition. 1. ≈ mp∂up
Les œuvres remarquées se trouvent à peu de 2. nk Z r Z u
distance du fort, sur et sous les rochers au 3. spnrpsn;
pied d’une falaise dont les abris se sont révé- 4. mnnrpttprg
lés être vierges de toute image (Fig 3). 5. rku‒mpmmut
1. Gravures 6. kppt
On remarque tout d’abord une série d’ins- 7. mmptrrult
criptions gravées en caractères tifinagh, dont 8. nkl+s
voici la transcription, en commençant par 9. su D s…mptkms

* Directeur de recherche émérite au CNRS. IMAf, UMR 8171 ([email protected]).

Les Cahiers de l’AARS — N°21 (2020) : 123-136. 123


Comment chasser la girafe ?

Jean-Loïc Le Quellec * & Camille Noûs **

Résumé : L’art rupestre permet parfois de supposer Summary: Rock art sometimes makes it possible to hypo-
l’utilisation de techniques non détectées par l’archéo- thesise the use of techniques not detected by archaeo-
logie, comme les façons d’approcher le gibier ou l’u- logy, such as various ways to approach game or the use
tilisation de flèches empoisonnées. Quelques exemples of poisoned arrows. Some examples are given in the case
sont donnés dans le cas de la chasse à la girafe. of giraffe hunting.

À Ti-m-Meskis
Dans la Tasīli de Ti-m-Meskis (tmsks),
en Immīdir (mdr) (Fig. 1) se trouve un pan-
neau orné de peintures en aplat rouge (Fig.  2).
Sur cet ensemble que m’a fait connaître Tho-
mas Gautier, on voit une girafe faisant face à
deux bovinés et trois anthropomorphes, dont
l’un paraît brandir un bâton, tandis que les
deux autres sont des archers qui semblent
montés sur les bovins.
Un peu en arrière de la tête de la girafe, se
trouve un troisième archer moins visible que
les autres motifs. Un traitement par DStretch ®
confirme que son contour a été repassé dans
une teinte de rouge plus sombre, mais de façon
maladroite et imprécise (Fig.  3). Cet ensemble
est difficile à situer dans le temps, mais ses com-
posantes partagent plusieurs traits stylistiques ceux du style de Tekenberet, en moins achevé Fig. 1. Locali-
sation des sites
avec des peintures d’I-n-Ana publiées par Guy néanmoins (Muzzolini et al. 1991). Toutes ces mentionnés dans le
Martinet (1999 : fig. 19) : même aplat rouge avec caractéristiques permettent de supposer que texte.
réserve centrale, mêmes cornes fines, mêmes ces images pourraient être dues à des pasteurs
oreilles aussi épaisses que les cornes et mêmes très tardifs, sans qu’il soit possible de préciser
pattes rigides pour les bovinés. Manquent davantage leur position chronologique. Mais
cependant la floche au bout de la queue et les l’ensemble de Ti-m-Meskis pose plusieurs
sabots bisulques, mais le « pied » qui termine les autres questions.
pattes peut être vu comme une variante de cette
dernière caractéristique. Quant aux anthropo- S’agit-il bien d’une scène ?
morphes, certains présentent un profil similaire Bien que les tracés soient assez som-
dans les deux régions, avec des mains à trois maires, deux des anthropomorphes faisant face
doigts, et l’on notera surtout que, parmi les gra- à la girafe sont montrés en train d’armer leur
vures de l’Ahnet, figure aussi un archer monté arc, et le résultat de leur action est indiqué par
sur un bovin (Martinet 1999 : fig.  17 ; et ici Fig. les quatre flèches qui sont déjà fichées dans le
36-37). Les archers de Ti-m-Meskis ont de plus poitrail et à la base du cou de l’animal, ce qui
un « museau » comparable à ce que l’on observe associe objectivement ces images au sein d’une
sur des peintures peu anciennes de l’Immīdir même et unique scène. Un troisième anthropo-
(Soleilhavoup 1990 : fig. 2, 3 ; Gauthier & Gau- morphe brandit un bâton, à la façon d’un pas-
thier 1996 : fig. 4 ; 2003 : fig. 5), et ils évoquent teur guidant ses bêtes, ce qui incite à l’associer

* Directeur de recherche émérite au CNRS, IMAf, UMR 8171 ([email protected]).


** Laboratoire Cogitamus (http://www.cogitamus.fr/cogitamus.html)

Les Cahiers de l’AARS — N°21 (2020) : 137-154. 137


À propos d’un panneau orné de γalanγela
qui fit couler beaucoup d’encre

Jean-Loïc Le Quellec * & Annie Mouchet

Résumé : Grâce à plusieurs documents inédits (relevés de Abstract : Thanks to several previously unpublished
Charles Brenans et photographies de Bernard Fouilleux), documents (Charles Brenans’ tracings and Bernard
il est possible de revisiter un énigmatique panneau orné Fouilleux’s photographs), it is possible to revisit and
de γalanγela (Tasīli-n-Ăjjer) et de reprendre son inter- reinterpret an enigmatic painted panel from γalanγela
prétation. Deux nouveaux chars sont notamment docu- (Tasīli-n-Ăjjer). In particular, two new charriots are
mentés, de même qu’une girafe sous-jacente à l’ensemble. identified, as well as a giraffe underlying the whole.

1. Historique
La première observation de cette peinture
fut effectuée dans les années 1932 à 1939
par Charles Brenans, alors capitaine en poste
à Djanet et auquel on doit un relevé à main
levée, publié en 1982 par Henri Lhote dans
son livre sur Les chars rupestres sahariens
(Lhote 1982 : 60) (Fig. 1). Jolantha (Yolande)
Tschudi a aussi publié un relevé de la même
peinture (Fig. 2) qu’elle situe à Ouan Molin Fig. 1. Relevé de
(Tschudi 1956 : pl. 19). Charles Brenans
publié par Lhote
L’original du relevé de Brenans a été (1982 : 60).
retrouvé aux Archives nationales d’Outre-
Mer à Aix-en-Provence, sur les indications de
Jacques Gandini auprès duquel cette institu-
tion avait pu l’acquérir (Gandini, in litteris, 26
mai 2010).
Ce document se trouve dans le double d’un
dossier initialement destiné au Musée du Bardo
à Alger, réunissant des copies de gravures de
l’oued Djerāt, mais qui contient également des
copies de peintures provenant de divers autres
sites. Il s’agit d’un dessin au crayon rouge, réa-
lisé sur une feuille volante pliée en deux, et sur
laquelle figurent deux annotations manuscrites
au crayon gris (Fig.  3), dont la première (Fig. 4)
est la suivante :
« Il s’agit probablement d’un plateau de char, ou
d’une armature de char. Remarquez la similitude
avec les enchevêtrements et la forme triangulai-
re du char voisin. Notez une analogie de position montant après un palmier. Il n’y a pas d’arbres Fig. 2. Relevé du
avec le char de Tazouni qui se trouve dans le dos- au Sahara présentant des fûts dégagés et élevés ni même ensemble,
sier. Devant, homme portant une marmite sur sa dans la flore de la steppe, à part de la [sic] palmier tel que publié par
candélabre D. thebaïca. Par contre il y a de nom- Jolantha Tschudi
tête (c’est encore le système de portage de l’eau chez (1956 : pl. 19).
les sédentaires par les femmes). Sur le côté, homme breux palmiers au Tassili. »

* Directeur de recherche émérite au CNRS, IMAf, UMR 8171 ([email protected]).

Les Cahiers de l’AARS — N°21 (2020) : 155-178. 155


Nuovi monumenti in pietra
dell’Ḥammādat al-Ḥamra’ (Libia)
rilevati da immagini satellitari

Fabio Maestrucci & Gianna Giannelli *

Résumé  : Une recherche par l’utilisation d’images sépultures probables jusqu’à présent jamais signalés
satellites sur le territoire du Ḥammādat al-Ḥamra’ a à ces latitudes ont également été identifiés. À ceux-ci
permis d’observer de nombreux types de structures s’ajoutent des monuments en forme de V et de nom-
dont divers monuments funéraires. Parmi ceux-ci, il breuses structures de type « tente de Fatima ». La diver-
y a quelques monuments à trou de serrure (MTS) qui sité des monuments et leur diffusion témoignent d’une
sont les exemples les plus septentrionaux signalés à présence anthropique significative et inattendue dans
ce jour dans tout le Sahara. Deux types originaux de une région trop longtemps ignorée.

Riassunto  : Un’indagine attraverso l’utilizzo di im-


magini satellitari nel territorio dell’Ḥammādat al-
Ḥamra’ ha consentito di osservare numerose tipologie
di strutture fra cui vari monumenti funerari. Tra questi
si distinguono alcuni « monuments à trou de serrure »
(MTS) che costituiscono gli esemplari più settentriona-
li fino ad oggi segnalati in tutto il Sahara. Sono state
identificate anche due originali tipologie di probabili
sepolture finora mai segnalate a queste latitudini. A
queste si aggiungono monumenti a forma di V e nume-
rose strutture del tipo « tente de Fatima ». La varietà
dei monumenti e la loro diffusione testimoniano una ri-
Introduzione Fig.  1. Carta
levante e inaspettata presenza antropica in una regione generale della
La scarsità di dati archeologici relativi regione analizzata.
troppo a lungo ignorata. all’altopiano dell’Ḥammādat al-Ḥamra’ ci ha
indotto nel 2016 ad avviare una esplorazione
preliminare in quel territorio. La ricerca,
Abstract  : A satellite images research in the territory of
attraverso l’analisi di immagini satellitari
the dell’Ḥammādat al-Ḥamra’ allowed to observe nu- di libero accesso (Google Earth), ha interes-
merous types of strucures including various funerary sato anche zone adiacenti come una parte
dell’Ḥammādat di Tinγert a ovest. Ad est
monuments. Among them there are some « monuments
sono state esaminate le valli fluviali in dire-
à trou de serrure » (MTS) which are the northernmost zione di Ghirza e della costa mediterranea, il
samples reported so far across the Sahara. Two origi- settore del Jebel Hasewinak e recentemente
l’area basaltica del Jebel as-Sōda (Fig. 1). Tra
nal types of probable burials, never reported at these
i numerosi elementi raccolti, i più significa-
latitudes to date, have also been identified. To these are tivi sono rappresentati da molteplici disposi-
added V-shaped monuments and numerous structures tivi in pietra (desert kites) realizzati proba-
of the « tente de Fatima » type. ». The variety of monu-
bilmente per la cattura di animali (Giannelli
& Maestrucci 2018, 2019; Maestrucci &
ments and their diffusion testify to a relevant and unex- Giannelli 2018) e da numerose strutture di
pected anthropic presence in a region too long ignored. inumazione. Fra quest’ultime costruzioni

* [email protected]

Les Cahiers de l’AARS — N°21 (2020) : 211-230. 179


La conservation dans la Tasīli-n-Ăjjer

Marie Maka *

Résumé : L’historique des missions tassiliennes consa- Abstract : The history of the Tassilian missions devoted
crées aux problèmes de la conservation des peintures to the problems of conservation of the paintings since
depuis leur découverte confirme que toute stratégie de their discovery confirms that any safeguarding strategy
sauvegarde passe par l’information. Il est souhaité que requires information. It is hoped that all those invol-
tous les intervenants, chercheurs, conservateurs, voya- ved, researchers, curators, travellers, will share their
geurs, partagent leurs réflexions et connaissances. thoughts and knowledge.

Depuis que l’art rupestre de la Tasīli-n-Ăjjer


est reconnu, de nombreux ouvrages et articles
ont fait état de sa richesse et de sa diversité.
Parmi eux, on trouve surtout nombre de rela-
tions de découvertes, descriptions de fresques
nouvellement répertoriées, réflexions sur une
période stylistique particulière, ou compa-
raisons de figures présentes dans différentes
régions. Ces sujets contribuent à une meilleure
connaissance de cet art, mais on est surpris de
constater, dans l’abondante bibliographie dis- Fig. 1. Relevé
ponible, l’extrême rareté de titres traitant de la de Henri Lhote
présenté dans
préservation ou de la conservation ou même le catalogue de
simplement évoquant ce point. Les auteurs pri- l’exposition de 1958
vilégient volontiers les travaux autour des inter- avec la légende
prétations ou de la chronologie des peintures et suivante : « Station
des gravures. Ces sujets, certes, sont à première de Aouanghet.
Femmes blanches
vue plus excitants et suscitent davantage la à tête ronde dont
curiosité de bien des archéologues, profession- une est surchargée
nels comme amateurs, que le feraient l’état de par un personnage
conservation des pigments, la dégradation des portant un masque
parois ou même la protection des sites. Ils ont de style nègre »
(daprès Lhote 1958).
tendance à laisser ces préoccupations à des spé-
cialistes, dont les travaux seraient complètement
séparés de leurs propres recherches. donc paru intéressant de suivre comment, au
Cette constatation suscite évidemment des fil des années, la nécessité est apparue de pré-
questions. Les différentes activités, prospec- server la Tasīli-n-Ăjjer, en premier lieu son art
tion, étude, sauvegarde, tourisme, sont-elles
rupestre mais aussi ses ressources naturelles.
ainsi menées indépendamment, comme nous
le laisseraient croire les écrits ? Les travaux Dans ce texte, je vais retracer les grandes lignes
des conservateurs sont-ils confidentiels ? Entre de cette prise de conscience, sujet que chacun
prospection ou tourisme et préservation par croit connaître mais qu’il est bon de rappeler
exemple, y a-t-il des incompatibilités et com- de temps en temps. Je me bornerai dans ce
ment a-t-on envisagé ce problème dans le texte à la période allant des travaux menés par
passé ? Ces questions ont retenu mon atten- Henri Lhote jusqu’au Séminaire international
tion, et en examinant les sources, on remarque de 1978, la question étant envisagée différem-
qu’elles se sont posées relativement tôt. Il m’a ment durant la période suivante.

* Attachée de recherche au Parc National du Tassili de 1978 à 1989.

Les Cahiers de l’AARS — N°21 (2020) : 179-186. 199


Flocks of sheep in the rock art
of the Ennedi (Chad)

Alessandro Menardi Noguera *


Abstract : The study of several painted shelters reve- Résumé  : L’étude des peintures de plusieurs abris révèle
als the importance of sheep herds in Ennedi, sugge- l’importance des troupeaux de moutons en Ennedi,
sting a shift from a cattle-oriented pastoral system to suggérant le passage d’un système pastoral axé sur les
dependence on small livestock. This response to ari- bovins à une dépendance à l’égard du petit bétail. Cette
dification eventually led to a production system based réponse à l’aridification a finalement conduit à un système
on camels, sheep and goats, similar to the one in place de production basé sur les chameaux, les moutons et les
today. chèvres, semblable à celui qui est en place aujourd’hui.

Introduction riage of the tail (Fig.  2) since tails of sheep are Fig.  1. Location
The Ennedi Highland (Fig.  1) is home to a pendent while the short tails of goats are erect sketch of the
in all domestic breeds (Wilson 1991), except Ennedi Highland
vast corpus of pastoral rock art, which inter- and the mentioned
pretation is generally tricky, as it requires when they are crouched. The beard of goats rock art sites. The
accurate identifications of motifs by formal is an additional visual difference between the satellite image in
analysis, possibly based on models drawn two species that may display in the stylised the background is
from the reality to avoid the pitfalls of pres- depictions typical of the prehistoric rock art. from Digital Globe
Other anatomic differences between the two (Westminster, CO,
umed knowledge. However, identifications USA) - Google
may be problematic even in case of domestic species, like the divided upper lip of sheep, the Earth (Google,
animals for which models are readily avai- beard and caudal scent glands in goats, or tear Inc., Mountain
lable, because of the distortions intrinsic to the glands and lachrymal pits in sheep, evidently View, CA, USA).
transformative process from the 3D vision of do not show outside zoological handbooks.
the real world to its 2D representation (Dere- Wattles, when shown in prehistoric artis-
gowski 1984, Kandel 2016). tic depictions, are useless for separating goats
In visual terms, the easiest way of separa- from sheep. These fleshy appendages hanging
ting sheep from goats, closely related species from the ventral mandibular region of the
of the Caprinae subfamily, is to check the car- neck, common in goats, also occur in sheep,

* [email protected]

Les Cahiers de l’AARS — N°21 (2020) : 187-210. 207


Reviewing Assif Kelmt, Morocco

Maarten van Hoek *

Abstract : The purpose of this study is to complete Résumé : Cette étude a pour but de compléter l’inventai-
the inventory of petroglyphs on this site, taking into re des gravures de ce site, en tenant compte à la fois de
account both the bibliography and new field observa- la bibliographie et de nouvelles observations de terrain.
tions. There are at least thirteen zoomorphic engravin- Il s’y trouve au moins treize gravures zoomorphes, par-
gs, among which elephants and giraffes seem to be the mi les quelles éléphants et girafes semblent être les plus
oldest, followed by ostriches, podomorphs and a few anciennes, suivies par les autruches, les podomorphes et
other motifs (star, scorpion...). quelques autres motifs (étoile, scorpion…)

Introduction
The Anti-Atlas of southern Morocco is not
only known for its beautiful landscapes, but
also for its numerous rock art sites that are
often found concentrated in its contact zone
with the Sahara, especially near the many
natural corridors (foums) that are suitable
through routes. Fine examples are the rock art
complexes near the foums of Akka, Icht and
Taghjijt (Fig. 1). The last group of petroglyph
sites is found in a flat, roughly triangular area
(the Feija Taghjijt) with the village of Amtoudi
at its apex and the east-west running (dry) river
of the Wadi Eç Çayyad (or Oued Seyad) at the
base of the triangle (Fig. 2). In this area, no less
than 36 rock art sites and sub-sites have been
recorded. One of those rock art sites is Assif
Kelmt (Site ST-H1), situated immediately east review of rock art site Assif Kelmt (ST-H1), Fig.  1. Map of
of the dry river bed of Assif Kelmt, also known simultaneously sorting out some of the (site- south-eastern
as Assif-n-Kelmt, Assif m’Kelmt, Oued Kelmt, name) problems. Morocco showing
Oued Klem and even as Asif n’Olimi. the location of Assif
Kelmt (ST-H1).
After having surveyed Assif Kelmt (Site Drawing by Maar-
ST-H1) in 2019, I was curious to find out more The Location of Assif Kelmt (ST-H1)
ten van Hoek ; map
about this site, using the literature that I had The modest rock art site of Assif Kelmt © by OpenStreet-
already available and searching for additional (ST-H1) is located at the apex of the extensive Map-Contributors.
information, mainly on the internet. I managed plain of the Feija Taghjijt, a vast plain that is
to find a number of publications about the dotted with rocky ridges and isolated hillocks.
area, but none of those publications that I had The Feija is bordered by higher hills and ridges
finally available offered a complete inventory and, especially to the north, by the higher
of all the petroglyphs at Assif Kelmt. Moreo- mountains of the Anti-Atlas. At the very apex
ver, there proved to exist some misperception the village of Amtoudi and its impressive aga-
about the name Assif Kelmt, as it proved to dirs (fortified granaries) seem to control access
have confusingly been applied to at least two to the Anti-Atlas via a narrow gorge. The rock
different rock art sites. Without challenging art site of Assif Kelmt (ST-H1) is located about
the expertise of the earlier rock art resear- 4 km SW of Amtoudi, roughly 88 km inland
chers, nor questioning their valuable work in and at an altitude of about 820 m above sea-
any way, this survey will attempt to offer a level (green square in Fig.  2).

* [email protected]

Les Cahiers de l’AARS — N°21 (2020), : 231-244. 231


Oummat el-Ham Bi’r
(Nord-Ouest de la Mauritanie)  :
une station de chasse  ?

Estelle Yven *

Résumé : Une mission effectuée en 1998 dans une zone Abstract : In 1998 a mission to a currently inaccessi-
de Mauritanie actuellement inaccessible m’a permis de ble area of Mauritania enabled me to document unpu-
documenter des peintures rupestres inédites ou très peu blished or very little known rock paintings. They are
connues. Elles sont présentées ici en première appro- presented here as a first approach, together with their
che, ainsi que leur environnement archéologique. archaeological environment.

Avertissement
Durant deux mois, en 1998, j’ai participé à
un voyage de reconnaissance des potentialités
touristiques du nord de la Mauritanie, orga-
nisé par la Société Mauritanienne de Services
et Tourisme. Lors des circuits, j’ai pu repérer
des peintures inédites ou mal connues. J’ai
alors dressé un inventaire rapide des pein-
tures et des gravures, analyser brièvement le
matériel lithique en prenant soin de le laisser
sur place afin d’organiser, ultérieurement, des
planigraphies systématiques. Les problèmes
géopolitiques régionaux n’ont pas permis
de poursuivre ces investigations. Certes, il
manque au présent article un inventaire com-
plet des œuvres peintes ou gravées, un exa-
men des vestiges céramiques ainsi qu’une
étude environnementale, mais il constitue une pu visiter une seule station importante, celle Fig. 1. Bouque-
première approche. d’Oummat el-Ham Bi’r et seulement durant tin mâle. Cliché
Raymond le
quelques heures. Des personnes âgées résidant Floc’h. Oummat
Un site perdu à Bi’r Moghreïn affirment qu’il existe plusieurs el-Ham Bi’r.
autres stations sur lesquelles elles ont trouvé
Au mois de décembre 1998, Raymond le de nombreuses pointes de flèche qu’elles utili-
Floc’h, Gabrielle le Floc’h, Lemrabot ould saient pour confectionner des colliers.
Bou, Mohamed Salem Tihia et moi-même
sommes partis vers le nord de Bi’r Moghreïn La situation géographique
(Mauritanie) essayer de redécouvrir des sta- Le site d’Oummat el-Ham Bi’r se trouve au
tions rupestres identifiées par Théodore Monod nord-ouest de Bi’r Moghreïn, dans la région du
mais oubliées depuis les guerres contre le Poli- Zemmour noir dont le nom évoque la patine
sario. Cette mission n’aurait jamais abouti sans des grès primaires. Le site borde un paléolac.
l’aide et l’hospitalité du commerçant de Bi’r Aux temps préhistoriques, durant les épisodes
Moghreïn, monsieur Chadli, qui a reçu chez lui pluvieux du Paléolithique et du Néolithique, les
toutes les personnes susceptibles de se souve- oueds alentour venaient y déverser leurs eaux,
nir des stations et capables de nous y conduire. permettant ainsi aux animaux de s’abreuver, aux
Dans cette région, les terrains restent minés hommes et aux femmes de chasser et de prati-
et seules des personnes qui pratiquent cet quer le pastoralisme. Aujourd’hui encore, le site
espace peuvent s’y aventurer. Aussi avons-nous porte le nom de «bi’r», ce qui signifie «puits».

* Docteur en Préhistoire, Université de Bretagne Occidentale. [email protected]

Les Cahiers de l’AARS — N°21 (2020) : 245-262. 245


The paintings of Soro Kezenanga and Tarchia
(Ennedi, Chad)

András Zboray * & Pier Paolo Rossi **

Abstract : During a year of surveying for rock art in the Résumé : Pendant un an de prospection d’art rupestre en
Ennedi in 1956-57, Gérard Bailloud recorded over 500 Ennedi en 1956-57, Gérard Bailloud a recensé plus de
sites. The majority of these have been re-located and visi- 500 sites, dont la majorité a été retrouvée ces dernières
ted in recent years. However, a group of paintings at the années. Cependant, un groupe de peintures de Soro Keze-
localities of Soro Kezenanga and Tarchia have stubbornly nanga et Tarchia a obstinément échappé à toute tentative
eluded all attempts to find them. In the winter of 2018 the de les retrouver. Durant l’hiver 2018, les auteurs ont fina-
authors finally re-located the “lost” sites presented here, lement retrouvé les sites «perdus» présentés ici, tout en
as well as finding some previously unreported ones. découvrant certains sites non signalés auparavant.

From October 1956 to October 1957


Gérard Bailloud conducted one of the first
systematic rock art surveys of any region
in the Sahara, exploring a vast area of the
Ennedi Massif within a 60 kilometre radius
of Faya, the principal settlement of the region.
This work resulted in the finding of approxi-
mately 500 sites with paintings or engravings,
hand copies were made of the finest panels
of the 85 sites considered the most important
and aesthetically pleasing (Bailloud 1997).
While recent visitors have re-located the
majority of the sites and scenes published by
Bailloud and found many more unreported
ones (Simonis et al. 2017), some of the finest
late pastoralist scenes copied by Bailloud at
the localities of Soro Kezenanga (the cover sandstone bedrock. The toponym is literally Fig. 1. The shelter
scene of Bailloud’s 1997 book) and Tarchia the ‘valley of Kezenanga’ the latter being the of Soro Kezenanga
have not been seen since their original dis- Bideyat name for the Leptadenia pyrotech-
I with the pro-
covery, their whereabouts having faded from minent Leptadenia
nica shrub, a common plant species throu- pyrotechnica shrub.
local memory. ghout the region. While exploring the area
In February 2018 the authors organised on a previous visit, Pier Paolo Rossi re-loca-
a journey to the south-western Ennedi with ted the sites of Sosola and Keymena, both of
the specific objective of locating some of the which are referred to by Bailloud as nearby.
still unaccounted for sites reported by earlier After searching the rock avenues to the North
explorers. of Keymena, a small site was found that mat-
Soro Kezenanga ched a tracing of Bailloud and identified the
This locality was reported to be about 15 site as Soro Kezenanga IV (Simonis et al.
kilometres to the south-east of Faya, a few 2017 : fig. 70.21).
kilometres to the east of the well of Ovayke Given the above information, the location of
(note  : the map in Bailloud 1997 has an Bailloud’s Soro Kezenanga I, the most impor-
incorrectly labeled distance scale, the marked tant site of the area which features on the cover
30 km is in fact only 7.5). Bailloud’s diary of his book, was certain to lie somewhere wit-
gives a fairly good description of the overall hin the one kilometre long, 300 metres wide
area, a rock “city” with parallel “avenues” east-west oriented rocky area with sand filled
and perpendicular “streets” eroded from the ‘avenues’ between parallel sandstone ridges,

* [email protected]
** [email protected]

Les Cahiers de l’AARS — N°21 (2020) : 263-278. 263


Association des amis de l’Art Rupestre Saharien
Association (loi de 1901) fondée en 1991 et dont le but social est de « promouvoir
les études sur l’art rupestre saharien, faire connaître les documents s’y rapportant, et
toutes les opérations liées directement ou indirectement à cet objet. L’association se
propose en particulier de réunir périodiquement les personnes, amateurs et/ou pro-
fessionnels de la recherche, intéressés à des titres divers par l’art rupestre saharien ;
communiquer tous renseignements utiles, par échange d’informations et d’opinions,
au sein de l’association ou par des publications ; publier une Lettre de l’AARS infor-
mant les membres de tous les événements, scientifiques ou autres, liés à cet objet. »

Siège social et adresse postale


Chez Jean-Loïc Le Quellec
Brenessard, F — 85540 – St-Benoist-sur-Mer

Conseil d’administration
Président : Jean-Loïc Le Quellec
Vice-Président : Frédérique Duquesnoy
Secrétaire : Jean-Marc Rouzet
Trésorière : Anne-Catherine Benchellah
Trésorière adjointe : Nicole Honoré
Responsable site Web : Thierry Devauton
Assesseurs : Gérard Germond, Marie-Jean Nézondet
Tarifs 2020: La cotisation annuelle est de 45 € (35 € pour les étudiants)
Les chèques sont à libeller exclusivement à l’ordre de :
« Association des Amis de l’Art Rupestre Saharien »
et doivent être adressés à la trésorière :
Anne-Catherine Benchellah,
34, rue Boussingault, 75013 - Paris
[email protected]

L’AARS publie comme auteur-éditeur

Vous aimerez peut-être aussi