TECHNIQUES COMPTABLES
APPROFONDIE
RAPPEL
I. LES ELEMENTS DU PATRIMOINE :
Le patrimoine d’une entreprise est constitué par l’ensemble de ses droits
et obligations :
- Droits de propriété sur des biens tels que les immobilisations, les
stocks, les titres,…
- Droits de créance sur les clients, les débiteurs divers,…
- Obligations envers les fournisseurs, les banques, l’Etat,…
Il convient de recenser ces divers éléments avant de procéder à leur
évaluation.
1- L’actif du bilan :
L’actif du bilan est la partie où sont comptabilisés l’ensemble des biens et
créances qui constituent le patrimoine de l’entreprise. On distingue deux
grandes parties de l’actif :
a- L’actif immobilisé :
Il représente les investissements de l’entreprise et regroupe les éléments du patrimoine
destinés à rester plus d’un exercice dans le patrimoine.
Pour les biens acquis en crédit-bail, l’entreprise n’en devient propriétaire qu’après la levée de
l’option d’achat. Donc, ces biens ne peuvent figurer au bilan pendant la durée du leasing.
L’actif immobilisé se subdivise en quatre parties :
– Les immobilisations en non-valeur (fais d’établissements, charges à répartir,…)
– Les immobilisations incorporelles (fonds commercial, brevets, licences,…)
– Les immobilisations corporelles (terrains, constructions, installations techniques,
matériels et outillage industriels, matériel de transport… )
– Les immobilisations financières (titres de participations, titres immobilisés, autres
titres...)
b- L’actif circulant :
Il regroupe les éléments d’actif qui doivent sortir de l’entreprise et donner lieu à une rentrée
monétaire au cours de l’exercice, tels que :
– Les stocks de matières premières, d’en-cours, de produits et de marchandises qui
doivent servir à la fabrication ou être vendus au cours de l’exercice ;
– Les avances versées par l’entreprise sur les commandes passées aux fournisseurs ;
– Les créances clients ;
– Les valeurs mobilières de placements temporaires en actions, obligations ou titres de
créances négociables (TCN) en vue de réaliser un gain à brève échéance ;
– Les disponibilités, valeurs à l’encaissement, les comptes en banque, la caisse…
2- Le passif du bilan :
Le passif regroupe la totalité des fonds utilisés par l’entreprise. Il est constitué de l’ensemble
des sources de financement qui permettent à l’entreprise de financer son patrimoine et son
activité. Il comprend notamment :
a- Les capitaux propres :
Ils représentent les fonds que l’entreprise utilise et qui lui appartiennent. Ils sont constitués
par:
– Le capital social qui représente les apports réalisés par les associés ;
– Les réserves qui représentent la partie des bénéfices, des exercices passés, non
distribués aux actionnaires et conservés pour le financement de l’entreprise ;
– Le résultat de l’exercice qui apparaît dans le bilan avant répartition. Dans le bilan après
répartition, il est partagé entre dividendes distribués, les réserves et le report à nouveau.
b- Les Provisions pour risques et charges :
Elles sont généralement assimilées à des dettes à échéances indéterminées :
– Risques de litiges, de perte de change, amendes et pénalités…,
– Et provisions pour retraites, pour impôts différés… .
c- Les Dettes
Cette rubrique regroupe les sources de financement externes à l’entreprise. On distingue
parmi les dettes :
– Les dettes financières qui regroupent les emprunts obligataires, les dettes bancaires à
court et à long terme, les dettes rattachées aux comptes courants… Ce sont toutes les
dettes qui entraînent le versement d’un intérêt.
– Les dettes liées à l’exploitation tels que les avances et acomptes reçus, les dettes
fournisseurs, les dettes fiscales et sociales, les dividendes à payer aux actionnaires ;
– Les dettes diverses relatives à des achats d’immobilisations, à des versements restant à
effectuer sur des titres de participation ou sur des titres immobilisés et non libérés….
Les dettes diverses sont celles qui ne concernent pas l’exploitation.
3- Distinction entre immobilisation/charges/stocks :
Une immobilisation remplie 3 critères :
En général, ce sont des biens à usage durable se consommant sur
une durée +1 an.
Ce sont des biens destinés à être utilisés par l’entreprise ;
Ex : ordinateurs destinés à la vente marchandises.
ordinateurs destinés à l’utilisation par l’entreprise immobilisations.
Le bien doit être propriété de l’entreprise.
Une charge est une dépense qui se traduit par un appauvrissement de
l’entreprise dans la mesure où elle se traduit par une baisse de l’actif.
Un stock est constitué par des biens qui interviennent dans le cycle
d’exploitation de l’entreprise soit pour être revendus en l’état soit pour
être consommés.
II. LES PRINCIPES COMPTABLES
Une finalité est assignée à la comptabilité normalisée : les états de
synthèse doivent donner une image fidèle du patrimoine, de la situation
financière et des résultats de l’entreprise. Pour arriver à cet objectif final,
les enregistrements comptables doivent respecter un certain nombre de
principes fondamentaux. Les principes comptables fondamentaux retenus
par la Norme Générale, au nombre de sept, sont tous acceptés par la
communauté financière internationale :
• continuité d'exploitation ;
• permanence des méthodes ;
• coût historique ;
• spécialisation des exercices ;
• prudence ;
• clarté ;
• importance significative.
a- le principe de continuité d'exploitation :
1 - Selon le principe de Continuité d'exploitation, l’entreprise doit établir ses états de synthèse
dans la perspective d'une poursuite normale de ses activités. Par conséquent, en l’absence
d'indication contraire, elle est censée établir ses états de synthèse sans l’intention ni
l’obligation de se mettre en liquidation ou de réduire sensiblement l’étendue de ses activités.
Le principe de continuité d'exploitation est un concept fondamental en comptabilité qui
suppose qu'une entreprise poursuivra ses activités dans un avenir prévisible. Ce
principe influence la manière dont les comptes sont préparés, car il présume que
l'entreprise ne sera ni liquidée ni contrainte de cesser ses opérations à court terme.
2 - Ce principe conditionne l’application des autres principes, méthodes et règles comptables
tels que ceux-ci doivent être respectés par l’entreprise, en particulier ceux relatifs à la
permanence des méthodes et aux règles d'évaluation et de présentation des états de synthèse.
3 - Dans le cas où les conditions d'une cessation d'activité totale ou partielle sont réunies,
l’hypothèse de continuité d'exploitation doit être abandonnée au profit de l’hypothèse de
liquidation ou de cession. En conséquence, les principes de permanence de méthodes, du coût
historique et de spécialisation des exercices sont remis en cause. Seules des valeurs de
liquidation ou de cession doivent alors être retenues et la présentation des états de synthèse
doit elle-même être faite en fonction de cette hypothèse.
4 - Selon ce même principe, l’entreprise corrige à sa valeur de liquidation ou de cession tout
élément isolé d'actif dont l’utilisation doit être définitivement abandonnée.
Exemple :
Les actifs sont enregistrés à leur valeur d'utilisation : Par exemple, les immobilisations
sont comptabilisées selon leur durée d'utilisation économique plutôt que leur valeur de revente
immédiate.
Les dettes à long terme sont maintenues comme telles : On suppose que l'entreprise
honorera ses obligations financières sur le long terme.
Exemples pratiques
1. Cas 1 : Une entreprise en bonne santé financière
Une entreprise possède un bâtiment d'une valeur comptable de 500 000 . Elle utilise ce
bâtiment pour ses opérations, et la valeur d'amortissement est calculée sur une durée
de 20 ans.
o Avec le principe de continuité : Le bâtiment est amorti sur 20 ans car
l'entreprise prévoit de continuer ses activités.
o Sans continuité (liquidation) : Le bâtiment serait évalué à sa valeur de revente
immédiate, par exemple 300 000 .
2. Cas 2 : Inventaire et stocks
Une société de commerce détient des stocks de marchandises évalués à 100 000 au
prix d'achat.
o Avec le principe de continuité : Les stocks sont valorisés à leur coût
historique (prix d'achat), car ils seront vendus dans le cadre de l'activité
normale.
o Sans continuité : Les stocks pourraient être évalués à leur valeur nette de
liquidation (par exemple, 70 000 ) en fonction de leur valeur de revente
rapide.
3. Cas 3 : Emprunts bancaires
Une entreprise a contracté un emprunt sur 10 ans pour financer l'achat de machines.
o Avec le principe de continuité : L'emprunt est considéré comme une dette à
long terme, remboursable selon l'échéancier prévu.
o Sans continuité : L'emprunt peut être reclassé en dette à court terme, car la
liquidité immédiate devient prioritaire pour régler les créanciers.
b - Le principe de permanence des méthodes :
1 - En vertu du principe de permanence des méthodes, l’entreprise établit ses états de synthèse
en appliquant les mêmes règles d'évaluation et de présentation d'un exercice à l’autre.
2 - L’entreprise ne peut introduire de changement dans ses méthodes et règles d'évaluation et
de présentation que dans des cas exceptionnels.
Dans ces circonstances, les modifications intervenues dans les méthodes et règles habituelles
sont précisées et justifiées, dans l’état des informations complémentaires ANNEXES
COMPTABLES, avec indication de leur influence sur le patrimoine, la situation financière et
les résultats.
c - le principe du coût historique :
1 - En vertu du principe du coût historique, la valeur d'entrée d'un élément inscrit en
comptabilité pour son montant exprimé en unités monétaires courantes à la date d'entrée reste
intangible quelle que soit l’évolution ultérieure du pouvoir d'achat de la monnaie ou de la
valeur actuelle de l’élément, sous réserve de l’application du principe de prudence.
2 - Par dérogation à ce principe, l’entreprise peut décider à la réévaluation de l’ensemble de
ses immobilisations corporelles et financières, conformément aux prescriptions du Code
Général de Normalisation Comptable (CGNC).
d - le principe de spécialisation des exercices :
1 - En raison du découpage de la vie de l’entreprise en exercices comptables, les charges et les
produits doivent être, en vertu du principe de spécialisation des exercices, rattachés à
l’exercice qui les concerne effectivement et à celui-là seulement.
2 - Les produits sont comptabilisés au fur et à mesure qu'ils sont acquis et les charges au fur et
à mesure qu'elles sont engagées, sans tenir compte des dates de leur encaissement ou de leur
paiement.
3 - Toute charge ou tout produit rattachable à l’exercice mais connu postérieurement à la date
de clôture et avant celle d'établissement des états de synthèse, doit être comptabilisé parmi les
charges et les produits de l’exercice considéré.
4 - Toute charge ou tout produit connu au cours d'un exercice mais se rattachant à un exercice
antérieur, doit être inscrit parmi les charges ou les produits de l’exercice en cours.
5 - Toute charge ou tout produit comptabilisé au cours de l’exercice et se rattachant aux
exercices ultérieurs, doit être soustrait des éléments constitutifs du résultat de l’exercice en
cours et inscrit dans un compte de régularisation.
e - le principe de prudence :
1 - En vertu du principe de prudence, les incertitudes présentes susceptibles d'entraîner un
accroissement des charges ou une diminution des produits de l’exercice doivent être prises en
considération dans le calcul du résultat de cet exercice. Ainsi, ce principe évite de transférer
sur des exercices ultérieurs ces charges ou ces minorations de produits, qui doivent grever le
résultat de l’exercice présent.
2 - En application de ce principe, les produits ne sont pris en compte que s'ils sont certains et
définitivement acquis à l’entreprise ; en revanche, les charges sont à prendre en compte dès
lors qu'elles sont probables.
3 - Seuls les bénéfices réalisés à la date de clôture d'un exercice peuvent affecter les résultats ;
par exception est considéré comme réalisé le bénéfice partiel sur une opération non achevée à
la date de clôture répondant aux conditions fixées par le Code Général de Normalisation
Comptable (CGNC).
4 - La plus-value constatée entre la valeur actuelle d'un élément d'actif et sa valeur d'entrée
n'est pas comptabilisée. La moins-value doit toujours être inscrite en charges, même si elle
apparaît comme temporaire à la date d'établissement des états de synthèse.
5 - Tous les risques et les charges nés en cours de l’exercice ou au cours d'un exercice
antérieur doivent être inscrits dans les charges de l’exercice même s'ils ne sont connus
qu'entre la date de la clôture de l’exercice et la date d'établissement des états de synthèse.
f - le principe de clarté :
1 - Selon le principe de clarté :
• les opérations et informations doivent être inscrites dans les comptes sous la rubrique
adéquate, avec la bonne dénomination et sans compensation entre elles ;
• les éléments d'actif et de passif doivent être évalués séparément ;
• les éléments des états de synthèse doivent être inscrits dans les postes adéquats sans
aucune compensation entre ces postes.
2 - En application de ce principe, l’entreprise doit organiser sa comptabilité, enregistrer ses
opérations, préparer et présenter ses états de synthèse conformément aux prescriptions du
Code Général de Normalisation Comptable (CGNC).
3 - Les méthodes utilisées doivent être clairement indiquées notamment dans les cas où elles
relèvent d'options autorisées par le CGNC ou dans ceux où elles constituent des dérogations à
caractère exceptionnel.
4 - A titre exceptionnel, des opérations de même nature réalisées en un même lieu, le même
jour, peuvent être regroupées en vue de leur enregistrement selon les modalités prévues par le
CGNC.
5 - Par dérogation, des postes relevant d'une même rubrique d'un état de synthèse peuvent
exceptionnellement être regroupés si leur montant respectif n'est pas significatif au regard de
l’objectif d'image fidèle.
g- le principe d'importance significative :
1 - Selon le principe d'importance significative, les états de synthèse doivent révéler tous les
éléments dont l’importance peut affecter les évaluations et les décisions. Dans ce sens, est
significative toute information susceptible d'influencer l’opinion que les lecteurs des états de
synthèse peuvent avoir sur le patrimoine, la situation financière et les résultats.
2 - Ce principe trouve essentiellement son application en matière d'évaluation et en matière de
présentation des états de synthèse. Il ne va pas à l’encontre des règles prescrites par le CGNC
concernant l’exhaustivité de la comptabilité, la précision des enregistrements et des équilibres
comptables exprimés en unités monétaires courantes.
3 - Dans les évaluations nécessitant des estimations, les méthodes par approximation ne sont
admises que si leurs incidences par rapport à des méthodes plus élaborées n'atteignent pas des
montants significatifs au regard de l’objectif de l’image fidèle.
4 - Dans la présentation de l’ANNEXES COMPTABLES, le principe d'importance
significative a pour conséquence l’obligation de ne faire apparaître que les informations
d'importance significative.
Le principe de prééminence de la substance économique sur la forme juridique
Il stipule que, dans la préparation des états financiers, la réalité économique des transactions
doit primer sur leur apparence juridique.
En d'autres termes, les informations financières doivent refléter la véritable nature
économique d'une opération, même si celle-ci est différente de sa structure légale.
Dans certains cas, des structures juridiques sont utilisées pour dissimuler ou modifier la
véritable nature économique d'une transaction. Le principe exige donc que les états financiers
montrent une image fidèle des transactions, en tenant compte de leur substance réelle.
Exemples pratiques
1. Exemple 1 : Location-financement (ou crédit-bail)
Une entreprise signe un contrat de location pour une machine avec une option d'achat
à la fin du contrat. Juridiquement, la machine appartient au bailleur jusqu'au paiement
final.
o Aspect juridique : La machine reste la propriété du bailleur jusqu'à la fin du
contrat.
o Aspect économique (réalité) : L'entreprise utilise cette machine comme si elle
lui appartenait et en supporte tous les risques et avantages économiques.
Traitement comptable : Selon le principe de prééminence
économique, l'entreprise doit inscrire la machine comme un actif dans
son bilan et comptabiliser l'obligation de paiement comme une dette.
2. Exemple 2 : Vente avec clause de rachat
Une entreprise vend un bâtiment à une autre avec une clause qui lui permet de le
racheter à un prix fixe après 3 ans.
o Aspect juridique : La vente est réalisée, et le bâtiment appartient désormais à
l'acheteur.
o Aspect économique : Si les conditions de rachat sont très favorables, il est
probable que l'entreprise rachetera le bâtiment. La transaction pourrait être
considérée comme un financement déguisé.
Traitement comptable : L'entreprise pourrait conserver le bâtiment
dans ses actifs et inscrire un passif correspondant au financement.
3. Exemple 4 : Contrats de "faux" sous-traitants
Une entreprise engage des sous-traitants, mais en réalité, ces derniers travaillent
exclusivement pour elle et sont traités comme des salariés.
o Aspect juridique : Les sous-traitants sont juridiquement des entreprises
indépendantes.
o Aspect économique : Ils sont en réalité des salariés déguisés, car ils dépendent
économiquement et fonctionnellement de l'entreprise.
Traitement comptable : Ces sous-traitants peuvent être traités comme
des employés dans les comptes de l'entreprise.
TITRE I- EVALUATON DU PATRIMOINE DE L’ENTREPRISE
I. METHODES D’EVALUATION
Les méthodes d'évaluation couvrent les principes, bases, conventions, règles et procédures
adoptés pour la détermination de la valeur des éléments inscrits en comptabilité. Ces
méthodes, servent de base à l’enregistrement des opérations et à la préparation des états de
synthèse. Elles trouvent leur application au niveau des éléments patrimoniaux et par
répercussion au niveau des produits et des charges.
a - principes d'évaluation :
L’évaluation des éléments patrimoniaux de l’entreprise doit se faire sur la base de principes
généraux.
a1) Evaluation :
1 - Les méthodes d'évaluation dépendent étroitement des principes comptables fondamentaux
retenus et notamment des principes de continuité d'exploitation, de prudence et du coût
historique.
2 - L’évaluation des éléments inscrits en comptabilité étant fondée sur le principe du coût
historique, la réévaluation des comptes constitue une dérogation à ce principe.
3 - La valeur d'un élément revêt trois formes distinctes :
• la valeur d'entrée dans le patrimoine ;
• la valeur actuelle à une date quelconque et notamment à la date de l’inventaire ;
• la valeur comptable nette figurant au bilan.
4 - L’entreprise procède à la fin de chaque exercice au recensement et à l’évaluation de ses
éléments patrimoniaux.
5 - Les éléments constitutifs de chacun des postes de l’actif et du passif doivent être évalués
séparément.
a2) corrections de valeur
1 - Le passage de la valeur d'entrée à la valeur comptable nette, lorsqu'elles sont différentes,
s'effectue sous forme de corrections de valeur constituées en général par des amortissements
ou des provisions pour dépréciation ; dans ce cas la valeur d'entrée des éléments est
maintenue en écriture en tant que valeur brute.
2 - Les corrections de valeur doivent se faire en période déficitaire comme en période
bénéficiaire.
3 - Si des éléments font l’objet de corrections de valeur exceptionnelles pour la seule
application de la législation fiscale, il y a lieu d'indiquer dans l’état des informations
complémentaires (l’ANNEXES COMPTABLES) le montant dûment motivé de ces
corrections.
a3) dérogations
Des dérogations aux principes d'évaluation précédents sont admises dans des cas
exceptionnels ; lorsqu'il est fait usage de ces dérogations, celles-ci doivent être signalées dans
l’état des informations complémentaires (l’ANNEXES COMPTABLES) et dûment
motivées avec indication de leur influence sur le patrimoine, la situation financière et les
résultats.
b - règles générales d'évaluation :
b1) - formes de la valeur
En comptabilité, la valeur revêt trois formes : valeur d'entrée, valeur actuelle et valeur
comptable nette.
1 - La valeur d'entrée dans le patrimoine d'un élément d'actif, déterminée en fonction de
l’utilité économique présumée de cet élément, est constituée :
• pour les éléments acquis à titre onéreux par la somme des coûts mesurés en
termes monétaires que l’entreprise a dû supporter pour les acheter ou les
produire ;
• pour les éléments acquis à titre gratuit par la somme des coûts mesurés en
termes monétaires que l’entreprise devrait supporter si elle devait alors les
acheter ou les produire.
2 - La valeur actuelle d'un élément du patrimoine est une valeur d'estimation, à la date
considérée, en fonction du marché et de l’utilité économique pour l’entreprise.
3 - La valeur comptable nette, inscrite au bilan, est égale à la valeur d'entrée après
correction le cas échéant, dans le respect du principe de prudence et par comparaison avec la
valeur actuelle.
b2) - Evaluation à la date d'entrée
Lors de leur entrée dans le patrimoine, les éléments sont portés en comptabilité selon les
règles générales d'évaluation qui suivent :
b2.1) - Biens et titres :
Les biens et les titres sont inscrits en comptabilité :
• à leur coût d'acquisition pour les biens acquis à titre onéreux ;
• à leur prix d'achat pour les titres acquis à titre onéreux ;
• à leur coût de production pour les biens produits ;
• à leur valeur d'apport stipulée dans l’acte d'apport pour les biens et titres
apportés ;
• à leur valeur actuelle pour les biens et titres acquis par voie d'échange, cette
valeur étant déterminée par la valeur de celui des deux lots dont l’estimation
est la plus sûre;
• à leur coût calculé pour les biens acquis conjointement ou produits
conjointement pour un montant global déterminé :
* pour les biens acquis, par la ventilation du coût global d'acquisition
proportionnellement à la valeur relative qui peut être attachée à chacun des
biens dans leur valeur totale, dès qu'ils peuvent être individualisés ;
* pour les biens produits de façon liée et indissociable, par la ventilation
du coût de production global selon la valeur attribuée à chacun d'eux dans la
valeur totale dès qu'ils peuvent être individualisés.
b2.2 - Créances, dettes et disponibilités :
Les créances, les dettes et les disponibilités sont inscrites en comptabilité pour leur montant
nominal.
Les créances, les dettes et les disponibilités libellées en monnaies étrangères sont converties
en monnaie nationale à leur date d'entrée.
b3) - corrections de valeur
Pour l’arrêté des comptes, la valeur comptable nette des éléments patrimoniaux est déterminée
conformément aux règles générales qui suivent :
1 - La valeur d'entrée des éléments est intangible sauf exceptions prévues par le Code Général
de Normalisation Comptable (CGNC) notamment en matière de créances, dettes et
disponibilités libellées en monnaies étrangères ou indexées.
2 - Cependant, la valeur d'entrée des éléments de l’actif immobilisé dans l’utilisation est
limitée dans le temps doit faire l’objet de corrections de valeur sous forme d'amortissement.
L’amortissement consiste à étaler le montant amortissable d'une immobilisation sur sa durée
prévisionnelle d'utilisation par l’entreprise selon un plan d'amortissement. La valeur d'entrée
diminuée du montant cumulé des amortissements forme la "valeur nette d'amortissements" de
l’immobilisation.
3 - A la date d'inventaire, la valeur actuelle est comparée à la valeur d'entrée des éléments ou
pour les immobilisations amortissables à leur valeur nette d'amortissements, après
amortissement de l’exercice.
4 - Seules les moins-values dégagées de cette comparaison sont inscrites en comptabilité :
• sous forme d'amortissements exceptionnels, si elles ont un caractère définitif ;
• sous forme de provisions pour dépréciation si elles n'ont pas un caractère
définitif.
5 - La valeur comptable nette des éléments d'actif est :
• soit la valeur d'entrée ou la "valeur nette d'amortissements " si la valeur
actuelle leur est supérieure ou égale ;
• soit la valeur actuelle si elle leur est inférieure.
6 - Toutefois, en ce qui concerne les immobilisations autres que financières, et pour autant
que leur valeur actuelle n'est jugée ni notablement ni durablement inférieure à leur valeur
d'entrée ou à leur valeur nette d'amortissements, celle-ci n'est pas corrigée.
I.Evaluation des immobilisations en non-valeur
La valeur d'entrée est constituée :
a- par la somme des charges dont l’étalement sur plusieurs
exercices est opéré en vertu de leur caractère propre (frais préliminaires)
et en vertu d'une décision exceptionnelle de gestion (charges à répartir)
b- par le montant total des primes de remboursement des
obligations (différence entre le montant futur à rembourser hors
intérêts, et le montant versé par le prêteur).
II.Evaluation des immobilisations corporelles et incorporelles :
Les immobilisations doivent être évaluées à 3 occasions : à leur entrée en
actif, à l’établissement des Etats financiers, à leurs sorties du bilan.
Les immobilisations peuvent arriver à l’entreprise de 4 manières :
Acquisition d’immobilisations (soit complètement payé, soit échange
de biens).
Immobilisations produites par l’entreprise.
L’apport en nature (ça peut être lors de la constitution de
l’entreprise, augmentation de capital, fusion).
Immobilisations reçues gratuitement (ex : subvention de l’Etat).
b- Immobilisations acquises à titre onéreux
Les immobilisations achetées par l’entreprise doivent être inscrites à leur
coût d’acquisition.
Coût d’acquisition = Prix d’acquisition + Frais accessoires
d’acquisition
Le coût d'acquisition est formé :
a) du prix d'achat augmenté des droits de douane et autres impôts
et taxes non récupérables et diminué des réductions commerciales
obtenues et des taxes légalement récupérables ;
b) des charges accessoires d'achat y afférentes, tels que :
transports ; frais de transit ; frais de réception ; assurances - transport ... à
l’exclusion des taxes légalement récupérables.
Sont cependant à exclure des charges accessoires d'achat des
immobilisations les frais d'acquisition d'immobilisations qui consistent en :
droits de mutation (enregistrement) ; honoraires et commissions ; frais
d'actes. Ces frais sont à inscrire en " charges à répartir sur plusieurs
exercices ", et amortir sur cinq exercices au maximum.
c) des charges d'installation qui sont nécessaires pour mettre le
bien, en état d'utilisation à l’exclusion des frais d'essais
et de mise au point qui sont à classer dans les charges de l’exercice ou, le
cas échéant, susceptibles d'être répartis sur plusieurs exercices.
Les frais généraux et les charges financières engagés pour
l’acquisition d'immobilisations sont exclus du coût d'acquisition de ces
immobilisations. Toutefois, dans le cas exceptionnel d'un délai
d'acquisition supérieur à un an, les frais financiers spécifiques de
préfinancement se rapportant à cette période peuvent être inclus dans le
coût d'acquisition de ces immobilisations.
c- Immobilisations produites par l’entreprise
Le coût de production des immobilisations est formé de la somme :
• du coût d'acquisition des matières et fournitures utilisées pour la
production de l’élément ;
• des charges directes de production tels les charges de personnel,
les services extérieurs, les amortissements ;
• des charges indirectes de production dans la mesure où elles
peuvent être raisonnablement rattachées à la production de
l’immobilisation.
Toutefois, ce coût de production réel et complet ne comprend pas, sauf
conditions spécifiques de l’activité à justifier dans l’ANNEXES
COMPTABLES :
• les frais d'administration générale de l’entreprise ;
• les frais de stockage ;
• les frais de recherche et développement ;
• les charges financières.
Néanmoins le coût de production des immobilisations peut comprendre le
montant des intérêts relatifs aux dettes contractées pour le financement
de cette production depuis le " préfinancement " spécifique jusqu'à la date
normale d'achèvement de l’immobilisation ou de sa mise en service si elle
est exceptionnellement antérieure à cette date.
d- Immobilisations acquises à titre d'apport
La valeur d'entrée est égale au montant stipulé dans l’acte d'apport.
e- Immobilisations acquises à titre gratuit
La valeur d'entrée est égale à la valeur actuelle, " valeur estimée " à la
date de l’entrée en fonction du marché et de l’utilité économique du bien
pour l’entreprise.
f- Immobilisations acquises au moyen de subventions d'investissement
Principe :
Il s’agit d’aides financières octroyées aux entreprises par l’Etat ou les
Collectivités locales. Ces subventions ont pour objectif de financer des
activités à long terme, ou souvent des investissements lourds. Elles
figurent au passif du bilan de l’entreprise bénéficiaire, parmi les capitaux
propres assimilés : 1311 : subventions d’investissement. Toutefois,
cette subvention, pouvant être assimilée à un produit exceptionnel, doit
supporter l’impôt sur les bénéfices. Elle sera donc transférée au CPC par
fractions sur la même durée que celle de l’amortissement de
l’immobilisation financée.
Dans le cas où les subventions ont servis au financement d’une
immobilisation non amortissable, elles doivent être rapportées par
fractions égales au nombre d’années pendant lesquelles ces
immobilisations sont inaliénables, ou bien, à défaut de clause
d’inaliénabilité, sur 10 ans (subvention/10).
g- Immobilisations obtenues en " crédit-bail "
Principe :
Le crédit-bail, ou leasing, est un moyen de financement des
immobilisations, biens mobiliers ou immobiliers. Il donne à l’utilisateur du
bien :
- d'une part, un droit de jouissance ;
- d'autre part, la possibilité d'acquérir le bien concerné soit en fin de
contrat, soit au terme de périodes fixées à l’avance moyennant le
paiement du prix convenu.
Les sommes versées par l’utilisateur du bien avant qu'il n'en devienne
propriétaire sont dénommées "redevances " ou "loyers". Dans le
Comptables de Produits et de Charges (CPC), les sommes dues par
l’utilisateur au titre de la période de jouissance constituent des charges
d'exploitation. Ces sommes doivent être enregistrées au débit du compte :
6132 "Redevances de crédit-bail".
Pour des raisons de tradition juridique et de textes, la Norme reste fidèle
au "périmètre patrimonial" du bilan, à peu d'exceptions près : les biens
inscrits à l’actif sont limités à ceux qui sont la propriété de l’entreprise, à
l’exclusion de biens en location ou en crédit-bail. En effet, le bien acquis
en leasing ne doit pas figurer à l’actif de l’entreprise utilisatrice tant que
l’utilisateur n'a pas levé l’option d'achat. Cependant, cette opération doit
figurer dans les ANNEXES COMPTABLES en compléments d'informations au
bilan et CPC.
Pour l’établissement de la situation patrimoniale, les dettes attachées aux
"redevances" ou "loyers" non acquittés qui concernent la période écoulée
doivent figurer dans les comptes de tiers concernés.
Le cas échéant, les "redevances" ou "loyers" qui concernent la période
d'utilisation postérieure à la date de clôture du bilan font l’objet d'un
rattachement à la période à laquelle ils se rapportent.
Lorsque l’utilisateur devient propriétaire du bien en levant l’option d'achat
dont il est titulaire, il doit inscrire cette immobilisation à l’actif de son bilan
pour un montant établi conformément aux règles applicables en matière
de détermination de la valeur d'entrée.
Les entreprises commerciales qui font appel à des opérations de crédit-
bail pour se procurer des biens d'équipements donnent dans l’ANNEXES
COMPTABLES les informations requises. Ces informations tendent à la
reconstitution d'une situation comparable à celle qu'aurait vue l’entreprise
si elle avait acquis en toute propriété les biens pris en crédit-bail, compte
tenu de ses modalités particulières de paiement.
h- Ensembles immobiliers
La valeur d'entrée d'un ensemble immobilier, tel un terrain construit ou un
immeuble acheté, doit être ventilés entre ses deux éléments constitutifs :
• La valeur d'entrée du terrain ;
• La valeur d'entrée de la construction.
Remarque :
Conformément aux méthodes d’évaluation, la valeur actuelle d'une
immobilisation incorporelle ou corporelle est déterminée à partir du
marché et de l’utilité du bien pour l’entreprise.
La référence du marché est normalement le prix actuel d'achat de
l’immobilisation (à la date de l’inventaire), majoré des charges accessoires
d'achat et d'installation, ou le coût actuel de production pour les
immobilisations produites par l’entreprise pour elle-même et n'ayant pas
d'équivalent sur le marché.
La valeur actuelle de l’immobilisation peut être considérée comme étant le
prix qu'accepterait d'en donner un acquéreur éventuel de l’entreprise
dans l’état et le lieu où elle se trouve.
Lorsque des " sorties " de titres ont été opérées (à la suite de cessions
notamment), portant sur des ensembles de titres de même nature
conférant les même droits, la valeur d'entrée des titres restants est
déterminée par la méthode du " coût d'achat moyen pondéré " après
chaque entrée ou, à défaut, par la méthode du " premier entré ; premier
sorti " dite F.I.F.O (first in, first out).
III.Evaluation des éléments de l’actif circulant :
a- Les stocks :
Conformément aux méthodes d'évaluation, les stocks sont enregistrés :
• à leur coût d'acquisition pour les biens acquis à titre onéreux,
directement à partir des documents de base (factures, ...). Le prix d'achat
facturé est augmenté des droits de douane et autres impôts et taxes non
récupérables ainsi que des charges accessoires d'achat engagées jusqu'à
l’entrée en "magasin" de stockage (transport ; frais de transit ;
commissions et courtages ; frais de réception, déchargement,
manutention ; assurances transport ; diminué des taxes légalement
récupérables, telle la TVA "déductible" ainsi que des réductions
commerciales obtenues (rabais, remises, ristournes) ;
• à leur coût de production pour les biens produits par l’entreprise, à
l’aide de la comptabilité analytique. Il correspond à la somme : des coûts
d'acquisition des matières et fournitures utilisées pour la production de
l’élément ; des charges directes de production telles les charges de
personnel, les services extérieurs, les amortissements ...; des charges
indirectes de production dans la mesure où il est possible de les rattacher
raisonnablement à la production de l’élément qui ont été engagés pour
amener les produits à l’endroit et dans l’état où ils se trouvent.
Pour les articles, objets ou catégorises individualisés, et identifiables, le
coût d'entrée est déterminé par article, objet ou catégorie. En revanche,
pour les articles ou objets interchangeables, et non identifiés par unité
après leur entrée en stock, le coût d'entrée du stock observé à
l’inventaire, est obtenu par calcul selon l’une des deux méthodes
suivantes : CMUP ; FIFO.
La valeur au bilan faire apparaître distinctement les trois éléments :
- la valeur d'entrée, (maintenue en écritures en tant que valeur
brute) ;
- la provision pour dépréciation (en diminution) ;
- la valeur comptable nette (par différence).est obtenue,
En application du principe de prudence, est retenue comme valeur
comptable nette, dans le bilan, la valeur d'entrée ou, si elle lui est
inférieure, la valeur actuelle.
Si la valeur actuelle est inférieure à la valeur d'entrée, il est appliqué à
cette dernière une correction en diminution sous forme d'une " provision
pour dépréciation ".
b- Les créances :
En vertu du principe du coût historique, les créances sont inscrites en
comptabilité pour leur montant nominal (le principal).
Les créances libellées en monnaies étrangères sont converties en monnaie
nationale à leur date d'entrée.
La valeur actuelle d'une créance est en principe égale à sa valeur
nominale, inscrite en valeur d'entrée, si le règlement final prévu parait
certain.
La valeur au bilan des créances est égale à leur montant nominal sauf cas
de dépréciation des créances.
Lorsque le règlement futur d'une créance paraît incertain, notamment à la
suite d'un litige avec le débiteur, ou en raison de sa situation financière,
une provision pour dépréciation doit être constituée calculée sur la base
de la perte probable future.
c- Les titres :
Les titres sont portés en comptabilité pour leur prix d'achat à l’exclusion
des frais d'acquisition,
lesquels sont inscrits directement dans les charges de l’exercice.
L’obtention d'actions dites juridiquement " gratuites " est sans influence
sur la valeur globale d'entrée des titres correspondants détenus dont le
coût unitaire moyen se trouve diminué.
A une date quelconque et en particulier à la date de l’inventaire, les titres
de placement ont une " valeur actuelle " égale :
- au cours moyen du dernier mois s'ils sont cotés ;
- à leur valeur probable de négociation s'ils ne sont pas cotés.
Cette valeur probable de négociation est à apprécier dans la perspective
d'une cession à brève échéance (à moins d'un an).
La comparaison de la valeur d'entrée et de la valeur actuelle fait
apparaître des plus-values ou des moins-values par catégories homogènes
de titres.
Les plus-values ne sont pas comptabilisées ; les moins-values doivent
l’être sous forme de provisions pour dépréciation.
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