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Sans Nom 1

Mark Zuckerberg, à travers Facebook, joue un rôle ambivalent dans la politique américaine, influençant les opinions et les campagnes électorales tout en étant critiqué pour sa passivité face à la désinformation. Bien qu'il ait tenté de redorer son image par des mesures de modération, ses décisions semblent souvent motivées par des intérêts économiques et politiques. Ce double jeu soulève des questions éthiques sur le pouvoir d'une entreprise privée sur la démocratie.

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Mark Zuckerberg, à travers Facebook, joue un rôle ambivalent dans la politique américaine, influençant les opinions et les campagnes électorales tout en étant critiqué pour sa passivité face à la désinformation. Bien qu'il ait tenté de redorer son image par des mesures de modération, ses décisions semblent souvent motivées par des intérêts économiques et politiques. Ce double jeu soulève des questions éthiques sur le pouvoir d'une entreprise privée sur la démocratie.

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Introduction

Dans nos sociétés contemporaines, les réseaux sociaux ne sont plus de simples outils de
communication. Ils sont devenus des espaces de débat, des sources d’information, et surtout des
instruments politiques puissants.
Parmi les figures emblématiques de cette révolution numérique, Mark Zuckerberg, fondateur de
Facebook (devenu Meta), occupe une place centrale. Il dirige un empire technologique qui
influence des milliards d’individus à travers le monde, et plus particulièrement aux États-Unis, où
ses plateformes ont un impact direct sur le fonctionnement de la démocratie.

Ce pouvoir, qui semble immense, s’accompagne d’une posture ambiguë : tantôt défenseur de la
liberté d’expression, tantôt censeur d’acteurs politiques ; tantôt garant d’une démocratie numérique,
tantôt complice de désinformation et de manipulation.
Zuckerberg donne l’impression d’adapter ses décisions en fonction du climat politique, ce qui
soulève des interrogations éthiques majeures.

Problématique : Dans quelle mesure Mark Zuckerberg, à travers Facebook et ses autres plateformes,
joue-t-il un rôle ambivalent dans la politique américaine ?

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I – Un acteur devenu incontournable dans la politique américaine

Facebook, à l’origine simple réseau social destiné aux étudiants, s’est rapidement imposé comme un
média global. Aujourd’hui, selon une étude Statista de 2023, Facebook est la plateforme la plus
utilisée pour s’informer dans le monde. Près de 40 % des internautes y trouvent leurs actualités. Aux
États-Unis, cela signifie qu’une large part des électeurs façonne son opinion politique à travers ce
réseau.

Cette puissance d’influence est devenue un outil stratégique essentiel pour les campagnes
politiques. En 2008, Barack Obama est le premier à tirer parti du potentiel de Facebook : il s’en sert
pour mobiliser les jeunes, diffuser ses idées, et collecter des fonds. Son succès crée un précédent.
En 2016, Donald Trump exploite Facebook encore plus efficacement, notamment grâce au
microciblage publicitaire.

Ce microciblage est une technique marketing sophistiquée rendue possible grâce aux données
personnelles collectées par Facebook. En analysant les préférences, comportements et peurs des
utilisateurs, les campagnes politiques peuvent adapter leurs messages à chaque profil. Cela permet
de convaincre un électorat plus large, mais avec des discours différents, parfois contradictoires. Un
électeur écologiste recevra une publicité mettant en avant la défense de la nature ; un conservateur,
un message axé sur l’ordre et la sécurité. Résultat : une campagne fragmentée, presque invisible au
regard du grand public et très difficile à contrôler démocratiquement.

Zuckerberg, en permettant cela, devient incontournable dans le jeu électoral américain. Il n’est pas
candidat, mais il est devenu un intermédiaire obligatoire entre les candidats et le peuple.

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II – Le côté sombre : controverses, manipulations et responsabilités


Cette place centrale dans le débat public s’est toutefois accompagnée de graves dérives. Le plus
marquant reste le scandale Cambridge Analytica en 2018. Cette société britannique a récupéré, sans
consentement, les données personnelles de 87 millions d’utilisateurs Facebook. Ces informations
ont été utilisées pour influencer les comportements électoraux en 2016, notamment au profit de
Donald Trump. Le scandale a montré à quel point Facebook pouvait devenir un instrument de
manipulation politique à grande échelle.

Mais l’ambivalence du rôle de Zuckerberg ne s’arrête pas là. Il a aussi été accusé de passivité face à
la désinformation. Pendant des années, Facebook a permis la circulation massive de fausses
informations, y compris sur des sujets sensibles comme les vaccins, les fraudes électorales ou les
théories complotistes. En 2024, alors que les tensions politiques sont encore vives, Zuckerberg
décide de supprimer le "fact-checking" sur Facebook, c’est-à-dire le contrôle des publications
douteuses. Il justifie ce choix par la défense de la liberté d’expression, mais cette décision est
largement critiquée par les spécialistes de l’information, qui y voient une démission face à la
manipulation.

Le cas le plus symbolique reste sans doute l’assaut du Capitole, le 6 janvier 2021. Ce jour-là, des
partisans de Trump, persuadés que l’élection a été volée, envahissent le Congrès. De nombreuses
preuves montrent que ces groupes se sont organisés via Facebook, en toute liberté. Des appels à la
haine, des menaces, des appels à l’insurrection ont été publiés sans être modérés. Zuckerberg,
malgré les alertes internes, n’a pas su — ou voulu — agir à temps. Sa plateforme devient alors, aux
yeux de beaucoup, complice passive d’un événement antidemocratique majeur.

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III – Des tentatives de correction… mais une posture toujours ambivalente

Face aux critiques croissantes, Mark Zuckerberg tente de redorer son image. En réponse à l’assaut
du Capitole, il suspend le compte de Donald Trump pour deux ans, une décision sans précédent. Il
annonce vouloir appliquer de nouvelles règles de modération, notamment envers les chefs d’État.

De plus, Facebook affirme vouloir mieux encadrer les publicités politiques et, pendant un temps,
met en place un système de fact checking en collaboration avec des médias indépendants. Ces
décisions semblent aller dans le bon sens… mais elles restent souvent réversibles ou motivées par
les intérêts économiques.

L’exemple le plus frappant est ce revirement de 2024. Alors que Donald Trump revient au premier
plan politique, Meta décide de verser 25 millions de dollars à sa campagne pour pouvoir diffuser
des publicités sur ses plateformes. Une somme énorme qui contraste violemment avec la suspension
de son compte quelques années plus tôt.
Cela montre que Zuckerberg n’a pas de position morale stable : il agit en fonction du rapport de
force politique du moment. Quand Trump est affaibli, il le sanctionne. Quand Trump redevient
influent, il s’adapte et coopère, probablement pour ne pas perdre l’accès à une base électorale
précieuse.

Cette stratégie illustre à quel point Zuckerberg joue un double jeu : celui du régulateur
démocratique, mais aussi du businessman pragmatique.

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Conclusion

Mark Zuckerberg est sans doute l’une des figures les plus influentes de notre époque. Il a
transformé la manière dont les Américains — et le monde — s’informent, débattent et votent. Il a
permis une nouvelle forme de participation politique, plus directe, plus personnalisée.
Mais il est aussi au cœur de manipulations, de dérives, et de crises démocratiques. Son rôle est
profondément ambivalent : à la fois facilitateur du débat public et vecteur de divisions, protecteur
de la liberté d’expression et complice de la désinformation.

Finalement, la question qui se pose est essentielle pour l’avenir de nos sociétés :
Peut-on confier à une entreprise privée, dirigée par une seule personne, un pouvoir aussi énorme sur
le fonctionnement de la démocratie ?

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