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Les minéraux silicatés
Artio HIEN
Ingénieur géologue
Les silicates se distinguent des non
silicates par leur structure tétraédrique
[SiO4]4-.Cette structure est définie par
quatre atomes d’oxygènes dont
l’empilement ménagé crée un site dite
tétraédrique occupé par un cation de
silicium.
Dans les silicates, les liaisons chimiques qu’entretiennent les atomes sont de
types ioniques et covalentes :
La classification des silicates est fonction du mode d’agencement
dans l’espace tridimensionnel des tétraèdres SiO4. Ainsi, les silicates
se répartissent en six (06) principales classes que sont:
✓ Nesosilicates
✓ Sorosilicates
✓ Inosilicates
✓ Cyclosilicates
✓ Phyllosilicates
✓ Tectosilicates
1. Les nésosilicates
Les nésosilicates ont des groupes isolés de tétraèdre de silice. Nesos
signifie «île» en grec, en référence que les tétraèdres ne sont pas
rattachés les uns aux autres. On les subdivise en deux groupes : les
nésosilicates vraies et les subnésosilicates
1.1. Les nésosilicates vraies
Ce sont des silicates à tétraèdres isolés ou
indépendants mais reliés entre eux par des
cations divalents.
Les minéraux représentatifs de ce groupe sont essentiellement:
les péridots, les grenats et accessoirement le zircon
a. les olivines ou péridots
❖caractéristiques
De formule chimique (Mg, Fe)2 SiO4 , ils cristallisent dans le système
orthorhombique et forment une solution solide continue ou série
isomorphe dont la composition varie d’un pôle magnésien (Mg) ou
pôle Fostérite Mg2 SiO4 vers un pôle ferrifère (Fe) ou pôle fayalite
Fe2 SiO4
* Forstérite : 0 à 10 % de fayalite
* Chrysolite : 10 à 30 % de fayalite
* Hyalosidérite : 30 à 50 % fayalite
* Hortonolite : 50 à 70% fayalite
* Ferrohortonolite : 70 à 90% fayalite
* Fayalite : 90 à 100% fayalite
Leur couleur varie du jaune vert à vert olive. La cassure est
conchoïdale (cassure courbe) et une densité comprise entre 3,25
et 4. La température de formation des olivines est comprise
entre 1200° et 1900°C.
❖Gisement
Les péridots représentent les minéraux majeurs des roches
magmatiques ultrabasiques (cas des dunites riches en olivines), on les
appelle des olivinites, péridotites, kimberlites, komatiites. Les olivines
sont à l’état accessoire dans les roches basiques (gabbro, basalte)
❖Altération
La fostérite s’altère pour donner des minéraux secondaires de type
comme la serpentine, le talc (couleur incolore, jaunâtre à brun ou
verdâtre) par hydratation. D’autres minéraux secondaires
(amphibole, chlorite, les oxydes, carbonates) peuvent se former par
altération des olivines.
b. les grenats
❖ Caractéristiques et classification
Système cubique mais se présente sous forme de dodécaèdre ou sous
forme de trapézoèdre.
Ils constituent une solution solide complexe impliquant des
groupements SiO4 et des cations di et trivalents.
La formule chimique est (Ca, Fe, Mg)3Al2 ( SiO4)3 dont la
simplification donne X²+3Y3+2 [SiO4]3. X et Y sont des cations di et
trivalents : X = Mg, Fe, Mn, Ca et Y = Al, Fe3+, Cr, Ti.
La classification est basée sur la composition chimique
déterminée par la nature des cations.
Y 3+ Al3+ Fe3+ Cr3+
X2+
Grenat alumineux Ferrifère chromifère
Fe2+ Almandin
Mg2+ Pyrope
Mn2+ Spessartine
Ca2+ grossulaire
Ca2+ Andradite
Ca2+ Ouvarovite
Les grenats constituent des solutions solides complexes dans
lesquelles on peut distinguer deux séries isomorphes essentielles :
série pyralspite ou grenat alumineux (pyrope, almandin,
spessartite), et série ougrandite ou grenats calciques (ouvarovite,
grossulaire, andradite).
❖Gisement
Présents dans les roches magmatiques et métamorphiques de faciès
amphibolites. L’almandin est associé aux micaschistes et aux gneiss.
Le pyrope est un grenat que l’on trouve dans les péridotites en
particulier dans les kimberlites mais également dans les roches
métamorphiques de hautes pressions (les éclogites). Le grossulaire se
trouve dans les skarns tandis que la spessartine (ou spessartite) se
rencontre dans les roches ignées (granite, pegmatite, aplite) ou dans
les roches sédimentaires d’origine chimique. L’andradite est un
minéral des roches métamorphiques de contact. L’ouvarovite est
associée aux roches d’altération, notamment les serpentinites.
c. Le zircon
Le zircon est de formule ZrSiO4 avec souvent des traces de thorium
(Th) et d’uranium (U) radioactifs, cristallise dans le système
quadratique.
C’est un minéral de couleur variable, éclat vitreux qu’on trouve dans
les granitoïdes (syénites, granodiorite, gneiss).
1.2. Les sub-nesosilicates
Ils contiennent des oxygènes n’appartenant pas aux tétraèdres. Dans
ce groupe on trouve :
✓ Le Sphène CaTi [O (SiO4)].
✓ L silicates d’alumines Al2 [O (SiO4)] qui sont tous polymorphes
✓ La Mullite et la Staurotide Al2[O (SiO4)] Fe (OH)2.
✓ La Topaze Al2[(OH, F)2 (SiO4)].
a. Les silicates d’alumines
❖ structures
Les silicates d’alumines se composent d’espèces polymorphes
dont l’andalousite, le disthène, la sillimanite.
On les classe dans le sous-groupe des subnésosilicates à cause
de la complexité de leur structure. De ce point de vu, ils se
distinguent du sous-groupe précédent (nesosilicates vrais) par
une structure qui combine des tétraèdres SiO4 indépendants et
des groupements sous forme de polyèdres d’alumines.
* Dans la structure du disthène, ces tétraèdres sont combinés à
des octaèdres AlO6 .
* L’andalousite présente une structure dans laquelle les tétraèdres
SiO4 indépendants sont combinés à des octaèdres AlO6 et à de
polyèdres AlO5.
* Au niveau de la sillimanite, la structure est définie par des
bandes d’octaèdres AlO6 reliées entre elles par des rubans de
tétraèdre SiO4 ou AlO4. Ces espèces de silicates d’alumines
servent de thermomètres géologique.
❖Gisement
* Le disthène se rencontre dans les roches métamorphiques de faciès
amphibolites en compagnie des grenats (almandin) et de la staurotide
notamment dans les micaschistes, les gneiss.
* L’andalousite se trouve dans les schistes et les cornéennes de contact
(roche métamorphique d’origine thermique).
* La sillimanite indique un métamorphisme régional de très forte
température et cristallise dans les roches hautement métamorphiques.
Exemple : granulites (très forte température (800°C et plus), dans les
charnockites, roche d’aspect granitique blanchâtre à verdâtre
caractérisée en particulier par la présence d’hyperstène et de grenat
(pyrope).
b. Staurotide
Son nom provient du grec stauros «croix» en raison de ses macles
cruciformes .C’est un aluminosilicate ferrifère hydroxylé, cristallisant
dans le système monoclinique. C’est une espèce courante des roches
métamorphiques (schistes, gneiss) régional, très souvent en
association avec le grenat, la tourmaline, la sillimanite, le disthène ou
l’andalousite. Certains granites alumineux peuvent contenir la
staurotide.
c. Le sphène
Il se cristallise dans le système monoclinique comme une espèce
accessoire des granites, des syénites, et dans les roches
métamorphiques.
d. Le topaze
Il appartient au système orthorhombique, et se rencontre dans les
granites, les rhyolites, les pegmatites. Ce sont des minéraux vitreux.
2. Les Sorosilicates
Dans ce groupe, on a deux tétraèdres accolés avec comme résultat le
partage d’un atome d’oxygène. La formule de base est alors (Si2 O7) 6-.
On distingue deux sous-groupes : les sorosilicates vrais et les
subsorosilicates.
2.1. Les sorosilicates vrais
Elle est définie par des paires de tétraèdre SiO4 coordinné par un
atome d’oxygène. Dans ce sous-groupe, les espèces minérales sont
relativement rares.
Les seules espèces connues appartiennent à la série isomorphe des
mélilites dont la composition chimique varie d’un pôle magnésien
appelé Akermanite, à un pôle géhlinite qui est un pôle alumineux.
Si2O7Ca2Mg (SiAlO7)Ca2Al. C’est un phénomène de
substitution où «Si» peut être remplacé par «Al» comme le montre
l’exemple ci-dessus.
2.2. Les subsorosilicates
2.2.1. structure
Les subsorosilicates ont une structure complexe qui combine des
tétraèdres SiO4 indépendants des paires de tétraèdres Si2O7 et des
groupements d’alumines (AlO6, AlO5OH, AlO4) quelquefois des
groupements ferromagnésiens (Mg, Fe)OHOx
Subsorosilicates
2.2.2. Les principales espèces
Elles appartiennent au groupe de la lawsonite, au groupe de l’épidote,
et quelques rares minéraux isolés appelés vésuvianite ou ilvaïte.
*la série isomorphe de la lawsonite
Ilvaïte [(Si2O7) O(OH)Ca2Fe2+Fe3+] lawsonite [Si2O7(OH)2CaAl2(H2O)].
La différence ici c’est entre le fer et l’aluminium. Ce sont des minéraux hydroxylés
ou hydratés.
*Le groupe de l’épidote
Les espèces représentatives sont essentiellement la pistachite et la
clinozoïzite. Leur composition chimique est donnée par la formule
suivante :
R 3+CaAlO (SiO4)(Si2O7)OH.
Si R3+ = Fe3+, il s’agit de la pistachite ; R3+ = Al3+ on a la clinozoïsite
* Idocrase ou Vésuvianite
De formule chimique Ca10(Mg, Fe)2Al4(SiO4)(OH)(Si2O7)2
Elle cristallise dans le système quadratique avec formation de minéraux
de coloration verte ou brun rouge.
2.2.3. Gisement
Les melilites magnésiens et la vésuvianite sont pour les premières
caractéristiques des cornéennes et des skarns, et les seconds des laves
sous saturés. Les mélilites alumineuses (ghélenite) sont présents dans
les roches déficitaires en silice. L’épidote est associé aux roches
métamorphiques de contact (skarns) et les roches métamorphiques
régional notamment les schistes verts (BT°, BP), également produits
d’altération hydrothermale (des plagioclases et des amphiboles) des
roches ignées. Il est difficile de trouver de l’épidote magmatique.
3. LES CYCLOSILICATES
Les cyclosilicates disposent d’une structure cyclique définie par des
anneaux de tétraèdres SiO4.
3.1. Structure
On distingue en fonction de leur structure, trois groupes de cyclosilicates :Les
cyclosilicates à anneaux triples (anneaux définis par trois tétraèdres), les
cyclosilicates à anneaux quadruple (quatre tétraèdres) ; les cyclosilicates à anneaux
sextriple (six tétraèdres).
Ces structures sont
respectivement associées à des
espèces qui cristallisent dans le
système rhomboédrique,
quadratique et hexagonal.
(𝐒𝐢𝟑 𝐎𝟗 )𝟔− (𝑺𝒊𝟒 𝑶𝟏𝟐 )𝟖− (𝑺𝒊𝟔 𝑶𝟏𝟖 )𝟏𝟐−
3.2. Les principales espèces.
a. Les cyclosilicates à anneaux triples : leur formule structurale est
(Si3O9)6-
Cas du Benitoïde dont la formule est BaTi(Si3O9) ; c’est un
cyclosilicate riche en baryum.
b. Les cyclosilicates à anneaux quadruple de formule structurale
(Si4O12)8-. Les espèces représentatives: l’axinite, Ca2(Fe, Mn) Al
(OH)(BO3) Si4O12 cristallise dans le système triclinique.
c. Les cyclosilicates à anneaux sextriple.
Ils ont comme formule structurale (Si6O18)12-
Les espèces représentatives sont :
* la cordiérite, (Fe, Mg)2Al3(AlSi5O18). La cordiérite forme une
solution solide entre un pôle magnésien (Mg) et un pôle ferrifère
(Fe) avec substitution entre Si et Al.
* Le groupe du béryl Al2Be3(Si6O18). La particularité c’est l’existence
du Bérytium.
* Groupe des tourmalines
3.3. Caractéristiques des cyclosilicates.
Le béryl et les tourmalines forment des minéraux prismatiques et striés
avec des terminaisons pyramidales. Ils présentent des couleurs variables en
relation avec leur composition chimiques.
❖Le béryl a une coloration variant de l’incolore au vert pâle.
Les espèces gemmes sont :
• l’émeraude (béryl vert),
• l’aigue marine ou aquamarine (béryl bleu ciel),
• héliodore (béryl jaune) ; la morganite (béryl rose).
❖On retrouve les mêmes caractéristiques dans les tourmalines.
• Les tourmalines noires riches en fer portent le nom de schörl.
• Les tourmalines roses portent le nom de rubellite.
• La verdélite est une tourmaline vert foncé ;
• la elbaïte, tourmaline brune ;
• liddocoatite est une tourmaline jaune.
3.4. Gisement
Le béryl et la tourmaline forment des minéraux accessoires des granites,
pegmatites et filon de quartz minéralisés en étain (Sn) et en tungstène
(w). Ils sont présents dans les greisen (granite altéré), et les schistes et
aussi dans les dépôts alluvionnaires. La cordiérite est associée à une
variété de roches ignées ou métamorphiques.
4. Les inosilicates
Les inosilicates doivent leur nom du grec inos «fibre». Dans cette
famille, on distingue deux groupes : le groupe des inosilicates à
chaine simple et le groupe des inosilicates à chaine double.
4.1. Inosilicates en chaînes simples
4.1.1. Structure
Ils se caractérisent par une chaine simple infinie de tétraèdres SiO4
où chaque composante partage deux de ses atomes d’oxygènes avec
les tétraèdres voisins. Le motif peut être représenté par un tétraèdre
de formule [SiO 3]2-où par deux tétraèdres de motif correspondant
[SiO3 ]4− 6−
2 ou par trois tétraèdres de motif [SiO3]3 .
Ce type de structure caractérise les pyroxènes.
Inosilicates en chaînes simples
4.1.2. Les principales espèces
On distingue deux catégories de pyroxènes selon le système cristallin:
a. les orthopyroxènes (Fe, Mg) Si2O6 qui cristallisent dans le système
orthorhombique.
Ils forment une solution solide avec des espèces dont la composition chimique varie
d’un pôle magnésien ou pôle enstatite à un pôle ferrifère ou ferrossilite.
Enstatite Mg2(SiO3)2 ferrosilite Fe2(SiO3)2 .
Entre ces deux pôles, se développe une variété d’espèces avec des teneurs variables
en fer et en magnésium permettant de les identifier. Il s’agit entre autre de la bronzite,
l’hyperstène, ferrohyperstène et l’eulite.
Inosilicates en chaînes simples
b. les clinopyroxènes (Ca, Mg) Si2O6
Leur classification est basée sur la composition chimique globale et sur cette base, deux
catégories d’espèces ont été distinguées : les clinopyroxènes calco-ferro-magnesiens et
les clinopyroxènes alcalins
b.1. Clinopyroxènes calco ferromagnésien
Cette catégorie comprend deux séries :
❖ la série des clinopyroxènes calco-ferromagnésiens riches en fer et magnésium et pauvre en
calcium.
La série évolue d’un pôle magnésien ou pôle clino-enstatite à un pôle ferrifère représenté par les
clinoferrosilites.
Inosilicates en chaînes simples
❖ la série des clinopyroxènes calco-ferromagnésiens riches en calcium et pauvre en fer et
magnésium.
Cette série évolue d’un pôle magnésien ou pôle diopside CaMg(SiO3)2 au pôle ferrifère ou
pôle hedenbergite CaFe (SiO3)2.
Inosilicates en chaînes simples
b.2. les clinopyroxènes alcalins
On a les espèces suivantes :
•l’ægyrine : NaFe3+ (SiO3)2 ,
• la Jadéite (Acmite) : Na (Al, Fe)Si2O6
•spodumène LiAlSi2O6
Inosilicates en chaînes simples
b. 3. Espèces intermédiaires
Ce sont éssentiellement la pigeonite (Mg, Fe Ca)2S i2O6 et les
augites. L’augite présente des variétés titanifères lorsque les teneurs
en Ti sont elevées et de variété aegiriniques (appelée augite
aégirinique) lorsque dans la composition, la teneur en Al Fe3+, Na
devient prépondérante.
Il existe une espèce dont la composition est intermédiaire entre les
augites (Ca,Mg,Fe)2 (Si, Al)2 O6 et la jadéite (Na (Al, Fe)Si2O6 ) qui
forme une solution solide et identifié comme une omphacite
NaFeSi2O6, .
Inosilicates en chaînes simples
4.1.3. Gisement
Les orthopyroxènes sont des constituants majeurs des roches magmatiques plus
particulièrement dans les roches basiques (Gabbro, basalte) et ultrabasiques
(péridotite, pyroxénolites). les orthopyroxènes en particulier l’hyperstène,
caractérisent les roches de faciès granulites, en l’occurrence les charnockites (HP°,
HT°).
les CPX calco-ferromagnésiens (sens large) se rencontrent dans les roches
métamorphiques carbonatés (Skarns) où on trouve du diopside, de la wollastonite
(triclinique). On peut les trouver dans les roches ignées basiques (gabbro, basaltes,
dolérite).
Les pyroxènes alcalins sont fréquents dans les granites alcalins et les syénites
néphéliniques, dans les basaltes alcalins, dans les trachytes et aussi dans les roches
métamorphiques de type éclogites.
Inosilicates en chaînes simples
4.1.4. Mode d’altération
Les pyroxènes s’altèrent en amphiboles (hornblende, actinote,
trémolite) par hydratation. Ce mode d’altération des pyroxènes en
amphiboles porte le nom d’ "ouralitisation".
Les autres minéraux secondaires produits par l’altération
hydrothermale des pyroxènes sont, l’épidote, la chlorite, le talc, la
serpentine, les carbonates (calcite, dolomite, l’ankérite….), les
minéraux opaques.
4.2. Inosilicates en chaînes double
4.2.1. Structure
L’unité de base des Inosilicates en chaîne double consiste en deux
chaînes interconnectées de tétraèdres de silicium. Dans ce groupe, on
retrouve majoritairement les amphiboles
Ils sont caractérisés par une structure en ruban qui résulte de
l’empilement ou de la condensation de chaines simples de tétraèdres
SiO4 . Cet empilement ménage (forme) des espaces hexagonaux où sont
introduits des radicaux OH qui font de ce groupe d’espèces, des silicates
hydratés ou hydroxylés. Le motif structural est : [Si4O11]6- [OH]-
La formule structurale des amphiboles est :
W2x (X, Y) 7-2x [(Si, Al) 4O11(OH, F)] 2 0≤x≤1
W = Ca2+, Na+, K+
X = Fe2+, Mg2+, Mn2+
Y = Al3+, Fe3+, Ti4+
4.2.2. Les différentes espèces
A l’instar des pyroxènes, les amphiboles peuvent être divisées en deux groupes:
le groupe des Orthoamphiboles et le groupe des clinoamphiboles
a. Des amphiboles orthorhombiques ou ortho-amphiboles telles que :
* l’anthophyllite (Mg, Fe)7Si8O22(OH)2.
Si elle est riche en fer, elle est nommée ferro-anthopyllite ; si elle contient du sodium, elle
devient de l’anthophyllite sodique.
* la gedrite (Mg, Fe2+, Al)7[(Si, Al)4O11(OH, F)]
b. des amphiboles monocliniques
On distingue plusieurs catégories de clinoamphiboles en fonction
de leur composition chimique globale.
❖ Clinoamphiboles ferromagnésiennes : elles sont représentées par :
la cummingtonite, la grunérite
❖ Clinoamphiboles calco-ferromagnésiennes représentées par :
la hornblende, trémolite, l’actinote
❖ Les clinoamphiboles sodiques. Les espèces représentatives sont :
le glaucophane, la riébeckite, l’arfvedsonite
4.2.3. Mode de gisement
La hornblende est commune aux roches ignées (andésite, basaltes, diorites,
granodiorites) et se rencontre également dans les roches métamorphiques de
la mésozone (faciès amphibolite) où elle est associée au cummingtonite et à
la grunérite. Les espèces d’amphiboles calcosodiques (trémolite, actinote)
apparaissent avec les roches métamorphiques de contact (les skarns) ou
régional de degré schistes vert (BP, BT).
Les amphiboles sodiques ( Riebeckite, arfedsonite) sont caractéristiques des
granites et syénites alcalines. Dans les schistes de haute pression et les
éclogites, le glaucophane apparaît comme une phase caractéristique (donc il
est marqueur de condition de haute pression)
4.2.4. Mode d’altération
Les amphiboles donnent par altération hydrothermale, du talc, de la
chlorite, et de la biotite, de l’épidote, du sphène, et des carbonates. La
hornblende se déstabilise à basse pression, basse température en actinote
et en trémolite.
5. Les phyllosilicates
Les phyllosilicates tiennent leur nom du grec phyllum « feuille »; on les nomme parfois
Silicates en feuillets ou disilicates.
5.1. Structure
Formule générale : (Si,Al)4O10(OH)2
Il s’agit d’une structure en feuillet (phyllo= feuille) où chaque feuillet est
constitué d’une ou de plusieurs couches tétraédriques SiO4, d’une ou de
plusieurs couches octaédriques édifiée à base d’ions oxygènes, d’ions OH-et
de cations.
Chaque couche est formée d’anneaux hexagonaux de tétraèdres SiO4 .
Chaque tétraèdre partage trois angles avec les autres. Le quatrième
angle (oxygène) n’est pas partagé.
Les feuillets sont séparés entre eux par des niveaux ou des plans interfoliaire
libres ou occupés par des cations échangeables parfois combinés à des molécules
d’eau ou alors formés par de couches octaédriques supplémentaires.
Formule de base [Si4O10]4-
Les phyllosilicates
OH- OH-
Lorsqu’on observe
la couche latéralement,
il apparaît que les
OH- OH- angles non partagés
saillent dans la même
direction
OH- OH-
Formule de base [Si4O10]4-
Les couches octaédriques comportent des sites partiellement
occupés par des cations trivalents (Al3+, Fe3+), on qualifie de site
dioctaédrique, ou alors entièrement saturés par des cations bivalents
(Fe2+,Mg2+), on qualifie de site trioctaédrique. La classification des
phyllosilicates est basée sur le nombre de couches tétraédriques et
octaédriques, et du taux de saturation cationique des sites
octaédriques (caractère di ou trioctaédrique) ainsi que le mode
d’agencement dans l’espace 3D.
5.2. Composition et classification structural des principaux groupes.
a. le groupe de la pyrophyllite
Les espèces de ce groupe sont de type Te-Oc-Te.
*La Pyrophyllite : [Al2 Si4 O10 (OH)2] (dioctaédrique). C’est un
silicate d’alumine hydraté. Elle résulte de l’altération hydrothermale
des roches alumineuses. Elle s’apparente au talc. d’ailleurs
pyrophyllite partagent bon nombre d’application avec
Le talc
* Le Talc (monoclinique) : Mg2Si4O10(OH)2 (trioctaoctaèdre). Il a
un toucher onctueux et de couleur blanche, verte, grise à éclat
nacré. Il est généralement associé à la serpentine. Il peut se
former par altération hydrothermale de silicate de magnésium,
habituellement de l’olivine.
Le talc apparait aussi par métasomatose siliceuse de dolomie. Il se
trouve dans la plupart des régions où le métamorphisme faible est
présent. Il peut aussi se cristalliser par métamorphisme léger des
roches magnésiennes.
Le talc sert de lubrifiant pour les vêtements en cuire, les matériaux de toiture. Le talc
finement moulé est une principale composante de la poudre de talc vendue dans le commerce
b. Le groupe des micas.
C’est un groupe très important qui présente des sous-
groupes et une variété d’espèces de micas blancs ou
alumineux, de micas noirs ou bruns ou encore
ferromagnésiens.
Les micas sont des phyllosilicates à trois (03) couches, et on
peut distinguer un sous-groupe de mica dioctaédrique et un
sous-groupe de mica trioctaédrique.
❖ Micas dioctaédrique (Te-Oc-Te) ; les espèces qui les
constituent sont essentiellement la muscovite
𝐾𝐴𝑙2 6+AlSi3O10(OH)2, la phengite, la paragonite la morganite
❖ Mica trioctaédrique (Te-Oc-Te)
La phlogopite, la biotite K(Mg, Fe)3AlSi3O10(OH)2, l’annite,
lépidolite, la clintonite.
La biotite se situe entre un pôle ferreux annite de formule KFe3AlSi3O10(OH)2 et
un pôle magnésien phlogopite de formule KMg3AlSi3O10(OH)2 .
Le terme de biotite étant réservé aux termes dans lesquels le rapport
Mg/Fe est inférieur à 2/1.
Les variétés les plus riches en fer sont appelées lépidomélane, l’annite
étant le terme ferreux pur.
Les Argiles
Les minéraux argileux ont en commun :
Une steucture en feuillets (phyllosilicates) avec une ou deux
9−
couches de tetraèdres (SiO)4−4 et une couche d’octaèdres (AlO)6 .
Il y a ainsi des argiles Te-O et Te-O-Te
❖ Le mode gisement
La biotite est l’un des constituants essentiels des granites et leurs
pegmatites, des granodiorites, des syénites et de diorite, parfois
des gabbro et norite
On la rencontre également dans les roches métamorphiques où elle
caractérise la mésozone ( micashistes ,gneiss) mais rares dans les
granulites.
Son altération facile en chlorite, muscovite, vermiculite ou
montmorillonite la rend plus vulnérable. Elle est donc rare dans
les roches sédimentaires. La muscovite est un constituant
essentiel de nombreuses roches métamorphiques (micaschiste,
gneiss), de la plupart des leucogranites et greisen, des
pegmatites. On le retrouve dans les roches sédimentaires
détritiques du fait de son inaltérabilité.
6. Les tectosilicates
6.1. Structure
- Les tectosilicates ont une charpente beaucoup plus complexe à représenter. Dans
tous les cas, il faut imaginer que chaque tétraèdre silicaté partage ses atomes
d’oxygène avec les tétraèdres voisins. On en déduit la formule de base [SiO2].
SiO2 est la silice sous ses différentes formes (quartz, tridymite, cristobalite, coésites,
stishovite ). Les feldspaths, les feldspathoïdes et les zéolites font partie également
du groupe des tectosilicates.
Exemple : KAlSi3O8 est l’orthose (feldspath potassique)
CaAl2Si2O8 est l’anorthite (un feldspath calco-sodique)
KAlSi2O6 est la leucite (un feldspathoïde)
Na3K[SiAlO4] est la néphéline (un feldspathoïde)
NaSi2AlO6, H2O est l’analcime (un zéolite).
La substitution du silicium par l’aluminium dans ces tétraèdres crée
un déficit de charge dans la charpente qui est compensé par des
cations alcalins ou alcalino-terreux logés dans les cavités. Cette
substitution entraîne une modification du motif qui devient
[ Si, Al O2 ]n . La substitution de Si4+ par Al3+ est plus importante dans
les feldspathoïdes que dans les feldspaths, ce qui justifie le déficit en
silice et le caractère alumineux de ces feldspathoïdes.
6.2. Les principaux groupes
Les principaux groupes de minéraux qui forment les tectosilicates
sont : le groupe du quartz, le groupe des feldspaths, le groupe des
feldspathoïdes, et le groupe des zéolites.
❖ La silice cristallise sous forme de quartz polymorphe
quartz α, quartz β, la tridymite (température élevée) , cristobalite(température
élevée), la coésite (P° elevé), la tishovite (P° elevé) . Le quartz α est l’espèce la plus
repandue, elle cristallise dans le système rhomboedrique mais peut se présenter sous
forme de prisme pseudo-hexagonaux avec des terminaisons pyramidales.
❖ Groupe des feldspaths
Les feldspaths cristallisent dans le système monoclinique ou triclinique et représentent les
minéraux les plus importants de l’ecorce terrestre.
Ils forment des solutions solides définies par trois pôles (pôle orthose, pôle albite, pôle
anorthite).
Feldspaths alcalins: orthose (k) : KAlSi3O8 Albite Si3AlO8Na
L’anorthite (Ca): CaAl2 Si2O8
❖ Groupe des feldspathoïdes
Il comprend une variété d’espèces de couleur variable (incolore, blanc, jaunâtre,
rougeâtre, grisâtre, bleu) ce sont des alcalino-silicates pauvres en silice mais avec
beaucoup d’aluminium. Les principales espèces sont :
- La Néphéline : Na3KAl4 SiO16
- La leucite (KAlSi2O6) - Noséane Na8[SO4AlSi6O24]
- Sodalite Na8[Cl2|Al6Si6O24]
- L'Haûyne (Na,Ca)4-8[Al6Si6(O,S)24](SO4,Cl)1-2 On range ce minéral dans les
feldspathoïdes bleus.
❖ Zéolites
Ce sont des aluminosilicates hydratés dont les charges négatives de la charpente de
tétraèdres [(Si,Al)O4] sont compensées principalement par du Ca, Na, K et
accessoirement par du Ba, Sr, Mg. Les principales variétés sont :
la natrolite Na2[Si3,AlO10]2H2 O
l’heulandite CaNa2[Si7Al2O18]6H2O
la laumonite Ca[Si4Al2O12]4H2O,
l’analcime Na[Si2AlO6]H2O.
6 .3. Gisement
Les tectosilicates notamment le groupe de quartz et des
feldspaths constituent des phases majeures de roches de la
lithosphère et de la croûte en particulier. On les rencontre
dans les roches ignées acides ou basiques, et également
métamorphiques. Les FA et les foïdes sont présents dans les
roches alcalines et hyperalcalines saturées ou sous saturées.
Les FA s’altèrent par lessivage en kaolinites et les plagioclases
subissent deux modes d’altération, l’un est appelée
damouritisation (transformation en séricite, fine paillette de
mica blanc), et l’autre la saussuritisation, transformation en
épidote.
Rappel
Des expériences de laboratoire, et l’observation de roches ont permis de montrer
que la majorité des minéraux des roches ignées sont silicatés. Ainsi BOWEN a pu
mettre en place l’ordre d’apparition des minéraux.
Lorsqu’il refroidi, il produit des minéraux variés dont l’ordre de cristallisation est
en général le même, ordre mis en évidence par NL BOWEN, d’où son appellation
de principe réactionnel de BOWEN.
❖ La série ferromagnésienne, faite de réactions discontinues, composée de
minéraux cristallisant dans des systèmes différents, comprend :
✓ Olivine – Pyroxène – Amphibole – Biotite – Orthose – Muscovite – Quartz
❖ La suite silico-alumineuse, faite de réactions continues, car composée de
minéraux (plagioclases) , produit :
✓ Anorthite – Plagioclases calco- sodiques – Albite – Orthose – Muscovite –
Quartz.
Retenons: les minéraux cristallisent selon des lois qui
permettent de définir les sept systèmes dans lesquels ils
entrent tous. Ces sept systèmes sont, du moins élaboré au plus
riche en éléments de symétrie : les systèmes Triclinique (T),
Monoclinique (M), Orthorhombique (O), Rhomboédrique (
R ), Quadratique (Q) ou Tétragonal, Hexagonal (H) et
Cubique (C).
Exemples : Microcline (T) KAlSi3O8 – Plagioclases (T) – Orthose
(M) KAlSi3O8 – Biotite (M) K (Mg, Fe)3Si3AlO10(OH,F)2 – Calcite
(R) CaCO3 – Quartz (R) SiO2 – Graphite (H) C – Halite ( C ) NaCl –
Diamant ( C) C
La calcite se brise en éléments polyédriques de forme
rhomboédrique ; les cristaux de biotite se séparent en feuillets très
fins. Les diamants se taillent suivant les plans de clivage du système
cubique
Toutes ces propriétés sont la conséquence de la structure interne de la matière
cristalline, elle-même étant le résultat d’un arrangement systématique de ses
particules (atomes, ions, molécules) qui forment un édifice périodique
homogène. Cette matière forme le cristal lorsqu’elle se présente sous forme
polyédrique.
Quelques minéraux essentiels des roches
Granites : feldspaths potassique, le quartz, les micas, les plagioclases
Gabbro: pyroxènes et plagioclases calcique rarement de l’olivine
Granodiorite: plagioclase , feldspaths potassique ,quartz, mica, secondairement
de l’amphibole et pyroxènes
Syénites: feldspath potassique, plagioclases sodique , biotite, amphibole, pyroxène,
feldspathoïdes
Péridotite: olivine, pyroxène
Kimberlite: olivine, pyroxène, mica
Tracyte: sanidine, oligoclase, feldspathoide, quartz, amphibole, pyroxène
Calcaire: calcite
Dolomie: dolomite, un peu de calcite.
FIN DU CHAPITRE