Advancing the Implementation of the Agreement Establishing the African Continental Free Trade Area:
FAIRE PROGRESSER LA MISE EN ŒUVRE DE L’ACCORD
Proposing Transformative Strategic Actions
PORTANT CRÉATION DE LA ZONE DE LIBRE-ÉCHANGE
CONTINENTALE AFRICAINE : PROPOSITION D’ACTIONS
STRATÉGIQUES TRANSFORMATRICES
RAPPORT ÉCONOMIQUE SUR L’AFRIQUE
RÉSUMÉ
2025
ECONOMIC REPORT ON AFRICA 2025
La ZLECAf constitue un cadre qui change la donne,
car permettant de stimuler la croissance tirée par
le commerce, de débloquer les chaînes de valeur
régionales, d’améliorer la compétitivité et de faire en
sorte que l’Afrique passe du statut de fournisseur de
matières premières à celui de producteur de biens et
de services à forte valeur ajoutée.
Advancing the Implementation of the Agreement Establishing the African Continental Free Trade Area:
Proposing Transformative Strategic Actions
AVANT-PROPOS
Il n’empêche que le continent a une faire les co-architectes de ce nouveau
occasion sans précédent de redéfinir paradigme économique en œuvrant à
sa trajectoire. La ZLECAf constitue la mise en place d’un écosystème qui
un cadre qui change la donne, car favorisera une croissance inclusive et
permettant de stimuler la croissance un développement durable.
tirée par le commerce, de débloquer
À ce stade critique, l’Afrique a la
les chaînes de valeur régionales,
possibilité de redéfinir sa trajectoire
d’améliorer la compétitivité et de faire
économique. La ZLECAf, si elle est
en sorte que l’Afrique passe du statut
pleinement mise en œuvre, peut
de fournisseur de matières premières
contribuer à réduire la vulnérabilité
à celui de producteur de biens et de
de l’Afrique aux chocs mondiaux, à
L’édition 2025 du Rapport économique services à forte valeur ajoutée. Elle
renforcer sa compétitivité industrielle
sur l’Afrique arrive à un moment devrait favoriser un accroissement du
et à créer de nouveaux débouchés
crucial de l’évolution économique commerce intra-africain de 45 % d’ici
pour une population qui s’urbanise
du continent. Au vu de l’ampleur à 2045 et une croissance de 1,2 % du
rapidement.
que prend la Zone de libre-échange PIB de l’Afrique.
continentale africaine (ZLECAf), La Commission économique pour
Le présent rapport met en lumière le
il faudra une vision claire, un l’Afrique reste un allié indéfectible
potentiel de transformation qu’offre
engagement résolu et une action dans le parcours de transformation
la ZLECAf. Il contient des données
stratégique pour en maximiser le du continent. Elle s’engage à fournir
empiriques attestant la capacité de
potentiel. l’expertise technique, les orientations
la ZLECAf à stimuler l’intégration de
pratiques et l’appui au renforcement
Le monde d’aujourd’hui a été l’Afrique par le commerce et montre
des capacités nécessaires pour
remodelé par de profonds combien l’investissement dans les
traduire les promesses de la ZLECAf en
changements économiques. Pour infrastructures, la numérisation, la
gains économiques tangibles.
assoir sa prospérité, l’Afrique ne résilience climatique et les réformes
doit pas se contenter de traverser de la gouvernance sont cruciaux Je remercie sincèrement l’équipe
ces changements, mais les exploiter pour tirer pleinement parti de la d’experts, de décideurs et de parties
en utilisant la ZLECAf comme un ZLECAf. Il donne également un cap prenantes qui a contribué au présent
moyen stratégique de stimuler stratégique aux actions visant à rapport. Son dévouement a fait de
l’industrialisation, la transformation supprimer les barrières commerciales, cette publication un outil essentiel
structurelle et le développement à améliorer l’efficacité et à créer un pour les décideurs de tout le
durable. espace économique unifié propice continent.
à la croissance des entreprises et à
Résilience et défis, telles sont l’innovation. À l’Afrique de déterminer son avenir.
les caractéristiques du paysage
économique de l’Afrique. Malgré Or, la transformation économique de
un rebond, la croissance n’a pas l’Afrique se fera non pas par des efforts
encore atteint les niveaux d’avant la isolés, mais par une action audacieuse
pandémie ni l’ampleur nécessaire et coordonnée aux niveaux national,
à la réalisation des objectifs de régional et continental. Aussi les
développement durable. En outre, le gouvernements africains doivent- Claver Gatete
continent est en proie à des difficultés ils donner la priorité à la facilitation Le Secrétaire général adjoint de l’ONU
persistantes, notamment une inflation des échanges, à l’harmonisation des et Secrétaire exécutif de la Commission
élevée, des déficits budgétaires et des réglementations et à l’adoption de économique pour l’Afrique
vulnérabilités croissantes en matière politiques industrielles qui favorisent
d’endettement, même si son ratio la création de valeur ajoutée.
dette/PIB devrait diminuer de 67,3 % Parallèlement à cela, le secteur privé,
en 2023 à 62,1 % en 2025. les partenaires de développement et
les institutions financières doivent se
ECONOMIC REPORT ON AFRICA 2025
RÉSUMÉ ANALYTIQUE
L
’Afrique se trouve à un moment décisif dans de mettre en exergue les principaux progrès
sa trajectoire de développement. Dotée d’une réalisés et les principales difficultés rencontrées,
population jeune, de ressources naturelles et de définir le rôle assigné à la ZLECAf ;
abondantes et de marchés de consommation en pleine
2. De fournir des données empiriques montrant
expansion, elle peut jouer un rôle fondamental dans
les atouts dont dispose la ZLECAf pour stimuler
l’économie mondiale. Cependant, si la croissance de
l’intégration de l’Afrique tirée par le commerce et
l’Afrique est repartie à la hausse après la pandémie
devenir un pilier essentiel de son développement
de COVID-19, elle reste inférieure aux niveaux d’avant
inclusif et durable ;
la pandémie et insuffisante pour réaliser les objectifs
de développement durable (ODD). L’Afrique devrait, 3. De définir les principales difficultés rencontrées
une nouvelle fois, être la deuxième région du monde pour réaliser le potentiel de transformation de la
à la croissance la plus rapide, mais la plupart de ZLECAf et l’exploiter ;
ses pays à revenu intermédiaire, qui représentent
4. De proposer des recommandations concrètes pour
aujourd’hui plus de la moitié des pays africains, ne
combler les lacunes qui empêchent actuellement
sont pas en passe d’échapper, à moyen terme, au
une mise en œuvre réussie de la ZLECAf.
piège du revenu intermédiaire. Dans le même temps,
l’économie mondiale et le monde dans son ensemble Il ressort du Rapport économique sur l’Afrique 2025 que
vivent des bouleversements, des perturbations et des la ZLECAf peut jouer un rôle essentiel pour surmonter
incertitudes sans précédent, provoqués à la fois par les principaux problèmes auxquels l’Afrique doit faire
des tendances de fond (adoption de technologies, face en matière de développement durable. Malgré
chocs climatiques, démographie) et par des mesures l’incertitude mondiale croissante, l’Afrique peut
délibérées de la part d’acteurs majeurs. bénéficier du nouveau paysage commercial mondial,
caractérisé par la fragmentation, le régionalisme
Ces évolutions montrent que l’Afrique doit renforcer la
et la délocalisation de proximité, car elle incite le
tendance actuelle et rechercher ses propres solutions,
continent à procéder à une intégration régionale plus
des solutions africaines pour faire face à ses problèmes
poussée. Cet environnement externe défavorable et
de développement. L’Accord portant création de la
incertain représente non seulement une opportunité,
Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf),
mais même un impératif pour l’Afrique de redoubler
qui a été signé en 2018 et dans le cadre duquel des
d’efforts en vue de sa diversification économique et
échanges commerciaux ont débuté en 2021, est
de sa transformation structurelle. Cela permettrait de
un excellent exemple de cette approche. Projet
renforcer davantage le commerce intra-africain et de
emblématique de la Commission de l’Union africaine,
relier l’Afrique à l’économie mondiale.
il fournit une feuille de route pilotée par l’Afrique pour
un développement durable et inclusif sur le continent. Le Rapport économique sur l’Afrique 2025 montre
que la ZLECAf peut aider le continent à surmonter
Dans ce contexte, le Rapport économique sur
des problèmes majeurs, comme les déficits
l’Afrique 2025, intitulé « Faire progresser la mise en
énergétiques et l’insécurité alimentaire, en favorisant
œuvre de l’Accord portant création de la Zone de libre-
le commerce transfrontière de produits énergétiques
échange continentale africaine : proposition d’actions
et en encourageant les pays africains à adopter des
stratégiques transformatrices », a notamment pour
technologies d’énergie renouvelable. Cela pourra en
objectif :
conséquence stimuler l’industrialisation, l’adoption de
1. D’évaluer l’état d’avancement de la mise en œuvre technologies et l’agro-industrie, et permettre à l’Afrique
de la Zone de libre-échange continentale africaine, de monter dans les chaînes de valeur mondiales. La
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Proposing Transformative Strategic Actions
mise en œuvre de politiques climatiques pourrait accroître l’utilisation des énergies renouvelables en Afrique
de 5 à 12 % d’ici à 2045. La ZLECAf peut également faciliter la lutte contre l’insécurité alimentaire grâce à une
meilleure intégration des marchés alimentaires et au renforcement du commerce intra-africain des denrées
alimentaires, contribuant ainsi à réduire l’incidence des phénomènes climatiques sur la production et les prix.
Elle pourrait également optimiser les pratiques numériques et les tendances démographiques de l’Afrique, en
aidant le continent à se préparer au commerce numérique et à participer au commerce en ligne.
Sous l’effet de l’industrialisation et de la diversification, la réussite de la ZLECAf pourrait dynamiser les échanges
commerciaux de l’Afrique et constituer un moteur de changement porteur de transformations. L’Afrique pourrait
ainsi décider de changer d’orientation et d’abandonner les exportations de matières premières au profit de
produits industriels de plus grande valeur, tout en augmentant le commerce intra-africain de près de la moitié.
L’Accord permet également à l’Afrique de renforcer ses liens commerciaux avec des marchés émergents en
croissance rapide, comme la Chine, l’Inde et la Turquie, renforçant ainsi sa résilience face aux chocs mondiaux.
En tant que plus grande zone de libre-échange au monde, une mise en œuvre réussie à moyen terme pourrait
également contribuer au commerce et à la croissance au niveau mondial, en renforçant la compétitivité de
l’Afrique et en la positionnant comme pôle de croissance mondial. Associée à des politiques de soutien favorisant
le commerce et l’investissement, la ZLECAf pourra renforcer les moyens de subsistance et la cohésion sociale,
contribuant ainsi à l’Afrique intégrée, pacifique et prospère envisagée dans l’Agenda 2063 : L’Afrique que nous
voulons. Figure 3.1 Évolution du commerce intra-africain
(exportations) en 2045 en cas de mise en œuvre intégrale de
l’Accord portant création de la ZLECAf par rapport à une
situation où l’Accord ne serait pas mis en œuvre,
Évolution du commerce intra-africain (exportations)
globalement en 2045 en
et par principaux cas de mise en œuvre intégrale
secteurs
de l’Accord portant création de la ZLECAf par rapport à une situation où l’Accord ne serait pas mis
en œuvre, globalement et par principaux secteurs
Équivalent d’un gain de
45 % +275,7 milliards de dollars
VARIATION GLOBALE
AGROALIMENTAIRE INDUSTRIE SERVICES ÉNERGIE
60 % 48 % 34 % 28 %
+58,6 milliards de dollars +165,6 milliards de dollars +4,9 milliards de dollars +46,6 milliards de dollars
Au niveau sous-sectoriel, les plus fortes augmentations du commerce intra-africain,
assorties de variations positives de la production, sont enregistrées dans les branches ci-après :
Céréales et plantes agricoles, lait et Bois et papier, produits chimiques,
produits laitiers, sucre, riz, viande, caoutchouc, plastique et produits Tourisme et transport Pétrole raffiné
aliments transformés pharmaceutiques, véhicules et équipements et produits miniers
de transport,
métaux, autres
produits
manufacturés
ECONOMIC REPORT ON AFRICA 2025
En résumé, une mise en œuvre réussie de la ZLECAf pourrait stimuler le commerce, la croissance inclusive et
le développement durable de l’Afrique, mais cela exige des investissements stratégiques, des politiques bien
conçues et des réformes synchronisées aux niveaux national, sous-régional et continental.
MESSAGES CLÉS
• La ZLECAf est une occasion unique pour l’Afrique de stimuler le commerce intra-africain, de diversifier les
économies et de renforcer l’industrialisation. Elle a les atouts nécessaires pour accroître le commerce intra-
africain de 45 % en 2045 et enregistrer des avancées importantes dans l’industrie manufacturière, l’agro-
industrie et les services.
• À l’horizon 2045, la ZLECAf devrait entraîner pour l’Afrique une hausse de 1,2 % de son PIB et de 0,9 % de
son bien-être. L’inflation élevée, les déficits budgétaires et la vulnérabilité de la dette restent toutefois des
obstacles importants à la croissance. Le ratio dette/PIB de l’Afrique devrait reculer de 67,3 % en 2023 à
62,1 % en 2025, mais les coûts du service de la dette restent prohibitifs, ne laissant aucune place pour les
dépenses de développement.
• L’Afrique est touchée de manière disproportionnée par les effets du changement climatique, avec des pertes
économiques annuelles de 7 à 15 milliards de dollars, qui devraient atteindre 50 milliards de dollars par an
d’ici à 2030. La ZLECAf peut soutenir un développement résilient face au changement climatique grâce à une
industrialisation verte et à des investissements dans les énergies renouvelables.
• Pour soutenir la ZLECAf, l'Afrique devra investir 120,83 milliards de dollars dans les équipements de transport
d'ici 2030, tout en rationalisant la réglementation afin d'améliorer l'accès au marché et de favoriser
l'innovation. Les mesures de facilitation du commerce, telles que l’harmonisation des procédures douanières
et la réduction des obstacles non tarifaires, sont essentielles pour tirer le meilleur parti de la Zone.
• La dématérialisation est déterminante pour la transformation de l’Afrique, le commerce numérique
représentant 25 % du commerce mondial en 2020. L’Afrique est pourtant à la traîne dans la connectivité
Internet, car seulement 37 % de la population est connectée. Les investissements dans les infrastructures
numériques, comme les centres de données et les points d’échange Internet, sont essentiels.
• L’urbanisation rapide comporte à la fois des chances à saisir et des obstacles à surmonter. En 2050, 60 % de
la population africaine vivra dans des zones urbaines, contribuant ainsi de manière importante au PIB, mais
mettant aussi à rude épreuve les infrastructures et les services.
• La ZLECAf offre aux femmes des possibilités d’autonomisation économique, en particulier dans le secteur
manufacturier et dans les secteurs à forte intensité commerciale. Les femmes sont cependant confrontées
à des obstacles majeurs, notamment un accès limité au financement, à l’éducation et aux compétences
numériques. Des mesures stratégiques, telles que la promotion de l’enseignement des sciences, de la
technologie, de l’ingénierie et des mathématiques pour les femmes, l’amélioration de l’accès au financement
et la résolution des problèmes propres aux femmes dans le commerce transfrontière, sont indispensables
pour garantir une croissance inclusive.
Advancing the Implementation of the Agreement Establishing the African Continental Free Trade Area:
Proposing Transformative Strategic Actions
PRINCIPALES RECOMMANDATIONS
Le Rapport économique sur l’Afrique 2025 vise avant tout à proposer des mesures propres à accélérer la mise en
œuvre de l’Accord portant création de la ZLECAf. Les principales recommandations du rapport sont donc les
suivantes :
• Les gouvernements doivent donner la priorité à la mise en œuvre intégrale de la ZLECAf, notamment
la réduction des droits de douane, l’élimination des obstacles non tarifaires et l’harmonisation des politiques
commerciales. Ils doivent pour cela renforcer les comités nationaux de mise en œuvre de la ZLECAf et accroître
la mobilisation du secteur privé.
• Il convient de développer des chaînes de valeur régionales solides dans des secteurs clés, comme
l’agroalimentaire, l’automobile, les produits pharmaceutiques et les énergies renouvelables. Il faut pour cela
élaborer des politiques industrielles ciblées, investir dans la capacité productive et apporter un appui aux petites
et moyennes entreprises (PME).
• Les politiques climatiques doivent être intégrées dans la mise en œuvre de la ZLECAf, notamment la
tarification du carbone et les investissements dans les énergies renouvelables. La transition de l’Afrique vers les
énergies renouvelables dans le contexte de la ZLECAf, en marge d’autres politiques climatiques, spécifiques
pourrait demander des investissements cumulés de 22.4 milliards de dollars d’ici à 2040, l’accent étant mis sur
les énergies solaire et éolienne.
• Il est nécessaire de rationaliser les procédures douanières et d’adopter des technologies numériques,
comme la chaîne de blocs et le traitement électronique des données, afin de réduire les coûts commerciaux et
d’améliorer l’efficacité. L’investissement dans l’infrastructure numérique couvrira des réseaux à haut débit, des
centres de données et des points d’échange Internet pour soutenir le commerce numérique et l’innovation.
• Des politiques soucieuses de l’égalité hommes-femmes doivent être mises en œuvre dans le cadre de la
ZLECAf, notamment en ce qui concerne la promotion de l’accès des femmes au financement, à l’éducation et aux
compétences numériques. Il s’agit par exemple de lever les obstacles à la participation des femmes au commerce
transfrontière et de soutenir les PME dirigées par des femmes.
• Il est nécessaire d’harmoniser les politiques et les réglementations commerciales dans les communautés
économiques régionales (CER) afin de réduire la fragmentation et de renforcer la cohérence dans la mise en œuvre
de la ZLECAf. La promotion de la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux à travers les frontières
sera appuyée par des initiatives comme le Marché unique africain du transport aérien et le Système de paiement
et de règlement panafricain.
• Il convient d’investir dans le développement urbain durable, notamment dans le logement abordable,
l’eau propre et l’assainissement, afin de gérer les problèmes liés à l’urbanisation rapide. La promotion de la
création d’emplois dans les zones urbaines, en particulier dans le secteur des services et le secteur informel,
permettra de tirer parti du dividende démographique et de réduire le chômage des jeunes.
ECONOMIC REPORT ON AFRICA 2025
Malgré son rebond après la pandémie de Covid-19, la croissance de l’Afrique reste inférieure
à ses niveaux d’avant la pandémie et elle est insuffisante pour la réalisation des objectifs
de développement durable. Des tensions géopolitiques sans précédent, des niveaux
d’endettement élevés, la montée des nationalismes et les défis climatiques créent une grande
incertitude quant à la trajectoire future de l’économie mondiale. Ces incertitudes offrent
au continent africain l’occasion de renouveler son engagement en faveur de l’intégration
régionale et d’accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale
africaine (ZLECAf). L’environnement extérieur défavorable et incertain offre à l’Afrique une
occasion unique de se concentrer sur des politiques d’industrialisation et de diversification
économique et de favoriser sa propre trajectoire de transformation structurelle.
La mise en œuvre de la ZLECAf devrait stimuler le commerce africain et repositionner
stratégiquement le continent sur la scène commerciale mondiale. La ZLECAf peut stimuler
le commerce intra-africain, ainsi que l’industrialisation du continent, le développement de
chaînes de valeur régionales et la diversification. Elle peut également contribuer à améliorer
les conditions de vie des populations en aidant à relever les grands défis sociétaux, à réduire
la dépendance de l’Afrique à l’égard des produits de base et à transformer les économies
africaines en diversifiant leurs exportations et leurs sources de croissance. En outre, elle
offrira aux économies africaines la possibilité d’augmenter la croissance, de créer des
emplois, d’élargir l’inclusion économique et de faire sortir des millions de personnes de
l’extrême pauvreté.
L’édition 2025 du Rapport économique sur l’Afrique évalue l’état d’avancement de la mise en
œuvre de la ZLECAf et met en évidence les principales réalisations et les défis à relever pour
réaliserson potentiel de transformation. Le rapport fournit également des preuves empiriques
révélant le potentiel de la ZLECAf pour stimuler l’intégration commerciale de l’Afrique, tout
en devenant un pilier essentiel du développement inclusif et durable de l’Afrique ; il met
aussi en exergue les priorités clés de l’Afrique et contient des recommandations réalisables
pour remédier aux lacunes qui pourraient entraver la mise en œuvre réussie de la ZLECAf.