PROGRAMME DE PHILOSOPHIE
NIVEAU : 12 SE, SM
DUREE : 52 HEURES
CHAPITRE I : le problème de la vérité
Introduction
La notion de vérité
Etude de quelques conceptions de la vérité
-conception métaphysique
-conception empirique
-conception rationaliste
CHAPITRE II : la logique
I-Etude de quelques notions fondamentales
- Le concept
- Le jugement
- Le raisonnement
- L’analyse et la synthèse (induction et déduction)
II – la logique classique
III- la logique dialectique
CHAPITRE III : la philosophie et les autres sciences de la nature
A- La science mathématique :
a) Définition
b) Méthode
c) La mathématique et le réel
d) Logique et mathématique : l’axiomatique, l’algorithme
B- La méthode expérimentale dans les sciences naturelles : faits, théories et lois
C- La biologie
a) Définition et objet
b) Méthode
c) Lien entre philosophie et biologie
CHAPITRE I : le problème de la vérité
Objectif général : comprendre la vérité et ses différentes conceptions
Objectifs spécifiques : A l’issue du cours l’élève doit être capable d’identifier les variantes
conceptions de la vérité qui se sont débattues à travers l’évolution des sociétés humaines jusqu’aux
temps modernes
Saisir la définition et les notions de vérité absolue, partielle, totale, relative et scientifique
Maitriser les relations vérité évidence, vérité réalité et vérité utilité
Posséder la méthode par laquelle on établit la vérité scientifique
Prérequis : qu’est-ce qu’un objet d’une science ? qu’elles sont les méthodes de la philosophie ?
Déroulement : réponse au prérequis et proposition de définition de la philosophie et de la vérité par
les élèves avec l’assistance du professeur.
Introduction : la philosophie à l’instar de toutes les disciplines scientifiques est centrée sur l’idée de
la vérité, un terme de toutes leurs recherches.
Mais que désigne le concept vérité ?
Dans la vie courante nous appelons vérité toute notion, toute idée qui n’a pas été inventée, mais
qui correspond à un phénomène réel ou vécu. La vérité serait alors le point de rencontre de
l’univers et de la pensée.
L’interprétation idéaliste se lie étroitement avec la conception mystique d’après laquelle Dieu est la
vérité unique et éternelle. Il est possible d’atteindre la vérité non pas par la connaissance ou par
l’activité productive mais grâce à la foi en Dieu. Ces théories ne sont qu’une négation de la vérité
scientifique. Elles prennent leurs auteurs des hommes de croyances religieuses.
Les conceptions de la vérité sont variées et reflètent le niveau culturel des sociétés humaines de la
période antique aux temps modernes.
Notre ambition dans cette analyse, c’est de se préoccuper des débats, des doctrines philosophiques
le long de la trajectoire historique de l’évolution du concept.
Les conceptions de la vérité : on entend par conception de la vérité les point de vue des philosophes
face à la notion de vérité qui ne la voyait pas sur le même angle.
La conception métaphysique : qui considère que seul Dieu est la vérité. Pour eux la vérité est
inchangeable, incontestable, inaliénable, bref qui ne change pas.
C’est pourquoi PLATON dira que<< la seule et véritable vérité est divine, les autres vérités ne sont que
de l’imitation>>.
La conception empirique : qui est une conception née du grec Empira qui signifie expérience c’est-à-
dire connaissance obtenue à travers les organes de sens. Pour eux l’homme nait avec une vérité dans
son corps.
ROGER BACON dira << aucun discours ne peut donner la certitude tout repose sur l’expérience>>. Pour
lui nos théories scientifiques sont construites en fonction de la façon dont nous voyons les objets. Cette
conception soutient que toute connaissance vraie provient de nos organes de sens vérifié par
l’expérience. Cependant si cette conception a des vérités, elle présente des insuffisances ou des
faiblesses par le manque de vérification.
La conception rationnelle : pour les rationalistes la vérité provient de l’intelligence c’est-à-dire de
l’observation, de l’expérimentation et de la vérification. Elle est une vérité scientifique qui a deux
caractères : universel et relatif.
Le caractère universel : la vérité a un caractère universel lorsqu’elle est enseignée partout ou par tous.
Le caractère relatif : la vérité est relative quand elle change au fil des temps, c’est-à-dire que chaque
temps a sa vérité et chaque vérité a son temps. C’est pourquoi CLAUDE BERNARD affirme << il n’y a pas
de vérités premières mais des erreurs premières>>. Ce qui signifie que les vérités d’hier sont les
faussetés d’aujourd’hui et les mensonges d’aujourd’hui seront les vérités de demain.
GASTON BACHELARD dira que<< la vérité scientifique est fille de temps>> cela veut dire la façon dont la
beauté de la jeune fille change, c’est de cette façon que la vérité dans la science aussi change.
LES DOCTRINES PHILOSOPHIQUES DE LA VERITE :
Les pragmatiques : selon cette doctrine n’est vraie que ce qui satisfait à un intérêt.
Selon BENTHAN<< le bonheur doit être individuel avant d’être collectif>> c’est-à-dire que la charité bien
ordonnée commence par soi-même. Elle a pour vocation tout pour moi rien pour les autres.
Les sceptiques : c’est une doctrine basée sur le doute, pour eux il faut comparer et opposer toutes les
choses pour atteindre la tranquillité de l’âme. Le sceptique dit que rien n’est vrai ni faux ; ni vrai et faux
à la fois. Elle est basée sur deux arguments :
La régression à l’infini : qui stipule qu’il faut prouver chaque preuve par une preuve qui donne donc
naissance à une succession de preuves à l’infini.
Le Diallèle : c’est un argument qui exprime un cercle vicieux en démontrant certaines propositions par
d’autres dont aucune n’est fondée. Entre l’œuf et la poule qui a donné naissance à l’autre. Donc le
doute est éternel.
Le Cartésianisme : c’est une doctrine du philosophe français René Descartes fondée sur le doute
différent du doute sceptique. Ici le doute est provisoire c’est-à-dire on doute des premières
connaissances jusqu’à ce qu’elles soient vérifiées.
Le formalisme : doctrine qui soutient que la validité des propositions d’un discours réside dans la
cohérence logique qui existe entre elle. C’est la vérité formelle. Ex : ISSA de la terminale est intelligent
Or ISSA est un élève de CABRAL donc tous les élèves de CABRAL sont intelligents. Fausse conclusion.
Ils divisent la philosophie en trois :
Les dogmatiques : sont ceux qui prétendent avoir trouvé la vérité à travers les croyances.
Les académiques : sont ceux qui prétendent dogmatiquement que la vérité est incompréhensible.
Les sceptiques : sont ceux qui cherchent toujours.
Les types de vérité : nous avons entre autres :
La vérité formelle : elle est une vérité qui ne repose sur aucun fondement réel, qui est basée sur le
syllogisme d’Aristote qui stipule que tout homme est mortel
Or Moussa est un homme
Donc Moussa est mortel
La vérité Mathématique : elle se définit par un accord logique avec les principes admis. Le
mathématicien crée une notion, un nombre ou fonction, cercle ou triangle, il la définit sans qu’elle n’ait
d’autres réalités que celle que la définition lui confère. Il construit donc un autre instrument que la
pensée.
La vérité expérimentale : c’est une vérité soumise à l’épreuve des faits.
La vérité historique : ce sont des vérités qui se racontent à travers les sacs à parole, les documents
écrits qui manque de certitude et qu’on ne peut en aucun cas reconstituer les faits, donc exclues de
toute possibilité de vérification.
LA VERITE ET SES MOTS VOISINS : ce sont les éléments sur lesquels on se réfère pour établir la vérité
dans nos investigations scientifiques.
a) La Vérité et réalité : pour établir un rapport entre la vérité et la réalité il faut tout d’abord se
poser la question de savoir : la vérité est -elle dans les choses ou dans l’intelligence ?
La réalité désigne ce qui est réel qui existe effectivement qu’on peut voir, sentir, toucher etc… le réel
c’est ce qui est concret. Ex : le crayon, la maison, le véhicule etc…
La vérité est abstraite, elle est la valeur positive d’un jugement que l’on dit ou formule sur la réalité.
b) La vérité et l’évidence : l’évidence c’est ce qui s’impose à l’esprit par son caractère de certitude.
Pour établir la vérité à travers l’évidence il faut passer par une vérification pratique car on peut avoir
une idée de certitude sur un fait ou la réalisation d’un fait et que cela soit une erreur.
c) La vérité et l’illusion : l’illusion est une erreur de perception de la réalité, elle est assimilable à
une impuissance d’un de nos organes de sens dans la saisie, la compréhension et l’interprétation des
phénomènes ou des choses. Ex : une belle fille peut rêver d’être épousée par un homme riche.
d) La vérité et l’erreur : le mot « « erreur » » vient du latin « errare » qui signifie aller ça et là,
s’égarer ou faire fausse route. L’erreur est le fait de tenir vrai ce qui est faux et faux ce qui est vrai. Elle
est la source du désaccord entre la vérité et la réalité. Ex : penser que le soleil éclaire tout l’univers en
même temps.
e) La vérité et le mensonge : le terme mensonge dérive du latin mentionica qui signifie mentir ou
l’action d’altérer la vérité. Elle est une affirmation contraire à la vérité. C’est un acte conscient et
volontaire de falsification de la vérité. Nous retiendrons deux façons de mentir : le mensonge global ou
complet qui signifie modifier complètement la vérité en fausseté.
Mensonge partiel : qui consiste à reconnaitre une partie de la vérité et nier l’autre.
Qu’est-ce que la vérité ?
Y’ a-t-il une vérité ou des vérités ?
Quelle relation existe-t-il entre vérité et erreur ?
Qu’entend-on par vérité relative, absolue, partielle, totale et scientifique ?
Comment établit-on la vérité scientifique et qu’elles sont ses critères ?
Dans la vie courante nous appelons vérité toute notion ou idée qui n’est pas inventée mais qui
correspond à un phénomène vécu ou réel. La vérité est l’opposée du mensonge, elle le point de
rencontre de l’univers et de la pensée. Elle est aussi définie comme la photocopie conforme à la réalité.
Pour JOSIANE « la vérité est un fait établi ». A travers ces définitions multiples, notre curiosité demeure
loin d’être satisfaite car elles sont envisagées sous l’angle de l’avenir.
*** Parlant de l’existence d’une ou des vérités nous retiendrons qu’il y’a tout d’abord la vérité
métaphysique qui est celle des croyances religieuses. Elle est éternelle et demeure établie une fois pour
toute. Dans sa théorie de connaissance seule notre foi nous assure de son objectivité. Par contre
l’homme ne peut jamais prétendre connaitre le monde à plus forte raison atteindre la vérité (le monde
des idées de PLATON).
*** sur le plan scientifique il y’a la vérité scientifique. Elle est indivisible, concrète et reposant sur une
théorie de connaissance conçue par des méthodes susceptibles d’être saisies sous des formulations
qu’on peut contrôler par l’expérience pratique.
****une vérité est dite absolue si elle est indiscutable, incontestable, incontournable et indépendante
de la volonté humaine. Ex : la mort, la richesse, la pauvreté, le sommeil etc…
*** une vérité est dite partielle si elle traduit les premiers contours de la vérité avec assez
d’imperfection, c’est dire l’idée de départ sur laquelle porte l’expérience qui confirme ou infirme sa
véracité. EX : la terre tourne.
L’idée émise par Galilée qui a conduit à sa mort, mais avec le développement de la science des
scientifiques ont confirmé ce que certains à l’époque avaient infirmé
**** une vérité est dite totale si elle est confirmée après contrôle et vérification scientifique qui est
l’expérience.
La somme des vérités partielles nous conduit aux vérités totales, expressions provisoires de l’arrêt de
l’évolution de la pensée scientifique qui prétend faire son évaluation pour s’assurer de l’efficience
pratique de ses découvertes. Ex : les scientifiques ont confirmé que la terre tourne ce qui donne raison à
l’idée de départ. Donc qui confirme que Galilée avait dit vrai. Cette idée est une vérité totale.
L’histoire de la science témoigne que les vérités scientifiques n’ont pas été découverte du 1 er coup mais
graduellement.
Selon CLAUDE BERNARD la méthode expérimentale semble être construite en trois (3) temps.
1er temps : c’est l’observation qui correspond à l’établissement des faits. Les faits scientifiques se
présentent en désordre dans la nature, il faut des efforts pour les rechercher, les identifier, les établir.
En assumant cette investigation expérimentale qui se prête comme un art, il faut réunir les conditions et
facteurs qui sont d’ordre psychologiques, logiques et techniques.
A ce niveau juste ANDRE GIDE note « un bon observateur suffit à faire un grand savant ».
il faut observer sans idées conçues, l’esprit d’un observateur doit être passif. Il refait, écoute la nature et
écrit sa dictée a dit CLAUDE BERNARD.
Pour parfaire ou compléter une observation il faut tenir compte des erreurs ‘’ d’équation personnelle’’
provenant de l’observation lui-même au cours de la manipulation des instruments techniques. Car la
bonne connaissance exige la mesure pour dégager ou départager les hypothèses ou théories rivales ou
contraires.
2e temps : il correspond à l’explication des faits, c’est la formulation des hypothèses causes et lois.
CLAUDE BERNARD écrit que « l’hypothèse est le point de départ de toute recherche scientifique, il
n’existe pas de science indépendante de toute idée préconçue, de toute hypothèse ».
L’hypothèse offre deux éventualités soit elle est confirmée par l’expérience et se voit convertie en loi ou
soit elle est infirmée par l’expérience dans ce cas il faut la reprendre dans des conditions nouvelles.
L’hypothèse joue un rôle plus actif dans la découverte et ne vient pas seulement après les faits observés,
elle est un moyen de détection.
3e temps : est celui qui vérifie les lois ou l’expérience. L’importance de la vérification c’est de confirmer
la valeur de la loi. On ne vérifie pas la légalité de la loi, mais on vérifie si la loi découverte ne contient pas
d’erreur glissées dans son énoncé. Vérifier c’est constater des faits qu’on a produits et dont on a
d’avance déterminés la forme de façon mathématique. Tel est le schéma de la construction des faits
scientifiques ou l’établissement de la vérité scientifique au niveau des sciences expérimentales.
CRITERES DE LA VERITE SCIENTIFIQUE :
1- La pratique : l’activité pratique des hommes est l’unique moyen juste de vérifier la validité ou la
fausseté de nos opinions, de nos théories, de nos notions. C’est pourquoi KARL MARX
affirme « c’est dans la pratique que l’homme prouve la vérité, c’est-à-dire la réalité qui est la
puissance de sa pensée »
Dès lors de façon provisoire nous pouvons se contenter de notre première définition de la vérité qui
signifie le contenu des connaissances humaines vérifiées par l’expérience et la pratique qui reflètent la
réalité matérielle environnante. Son rôle est de confirmer ou infirmer les données d’une théorie.
2- La réussite : la vérité est l’action, elle suscite une satisfaction selon JAMES WILLIAMS qui « la
vérité est une attitude de la volonté plutôt qu’une vision intellectuelle ».
3- L’évidence : PASCAL affirme que « le vrai est signe de lui-même » donc l’évidence c’est ce qui est
incontestable dans l’esprit.
CHAPITRE II : la logique
Introduction : l’homme par définition est un être social et biologique. C’est aussi un générateur d’outil
de travail grâce à son intelligence. Pour assurer une garantie à son existence et faire perpétuer son
espèce, il est condamné d’entrer en relation avec ses semblables d’une part et d’autre part avec la
nature. Ses relations permanentes avec la nature exigent une connaissance rationnelle dont FRANCIS
BACON rappelle en substance dans sa célèbre citation « on ne commande la nature qu’en lui
obéissant ».
Dans l’activité humaine, il s’agit donc de découvrir, de posséder et d’utiliser les lois qui régissent la
nature, la société et la pensée. Pour parvenir à cette intimité profonde graduellement à la nature et au
monde qui nous entoure, il faut l’esprit pour pouvoir dégager les comportements, les manières et mode
de pensée bref, la technique appropriée pour y parvenir aux résultats escomptés.
L’ordre rationnel que la pensée fait recours pour nous conduire à posséder le vrai savoir, la vraie
connaissance est bien dans le langage philosophique ce que l’on appelle la méthode ou logique
proprement dite.
La logique commence par le travail que fait l’esprit sur les erreurs de la vie pratique. C’est avant tout
un outil intellectuel, une technique instrumentale qui permet des opérations intellectuelles sur la
réalité.
A) -Objet de la logique :
L’objet de la logique est de discuter les caractéristiques de jugements considérés non comme
phénomènes psychologiques mais comme des phénomènes exprimant des connaissances et des
croyances en particulier ; elle cherche à déterminer les conditions par lesquelles nous avons droit de
passer de certains jugements donnés à d’autres qui en sont les conséquences.
Son objet, c’est donc de montrer comment parvient-on à la vérité grâce à la pensée abstraite (étape du
processus cognitif). Il est fonction de deux catégories de vérité : la vérité formelle ou classique et la
vérité matérielle ou dialectique (logique formelle et logique dialectique).
Rôle de la logique : la logique a pour rôle d’aider, de permettre à l’homme de penser clairement et
objectivement, de bien s’exprimer nettement et exactement, à bien raisonner correctement et à estimer
avec justesse les énonciations et les jugements d’autrui.
1- ESSAI DE DEFINITION :
Objectifs pédagogiques : A l’issue du cours l’élève doit être capable de définir la logique, de faire un
bref rappel historique et surtout d’être à mesure de l’expliquer.
Prérequis : donner une approche de définition à la vérité, parmi les conceptions de la vérité laquelle a
de plus marqué votre esprit et pourquoi ?
Déroulement : réponse du prérequis et proposition de définition de la logique par les élèves avec
l’assistance du professeur.
Clôture : questions de consolidation
Durée : 2 heures
Niveau : 12e SE SM
Fiche de résumé : par approche, la logique vient de grec : logikê = raison et logos= science. Selon son
origine on peut dire que la logique est une science de la raison.
La Raison : par définition c’est le pouvoir, la faculté ou la puissance permettant à l’homme de distinguer
le vrai du faux, le bien du mal, le retard du progrès.
En d’autres termes nous pouvons définir la logique comme : la science qui s’occupe des règles, des lois
auxquelles la pensée doit être conforme pour démontrer ou réfuter une vérité, un jugement donné.
C’est une discipline qui étudie les règles de raisonnement correct, c’est-à-dire l’art de bien conduire sa
raison. Elle repose sur deux valeurs qui sont le vrai et le faux.
La logique est aussi appelée science normative, du coût elle est bivalente.
Par ailleurs, la logique est aussi une science et un art. Elle est une science parce qu’elle a pour objet la
forme de la science elle-même, c’est-à-dire elle repose sur les procédés par lesquelles la science se
constitue. Elle est un art pour la simple raison qu’elle conduite à un processus de démonstration en
cherchant les conditions de la vérité. C’est pour cela elle porte l’étiquette ‘’ technique des techniques’’.
L’objet de la logique est fonction de deux types de vérité : la vérité formelle ou classique et la vérité
matérielle.
C’est à partir de ces deux types de vérité que sont nées les deux grandes raisons de la logique
-La logique formelle ou classique
-La logique dialectique ou matérielle
L’intérêt de l’étude de la logique est de montrer comment l’homme parvient-il à la vérité grâce à la
pensée abstraite (le processus cognitif).
LA LOGIQUE CLASSIQUEOUFORMELLE :
Notions fondamentales : concept, jugement, raisonnement
Objectifs pédagogiques : l’élève doit être capable de citer les instruments de la pensée logique et de
définir le concept, le jugement et le raisonnement.
Prérequis : qu’est-ce que la logique ?
Sur quoi reposait l’idée de base chez ARISTOTE ?
Quel était le rôle de la logique à l’antiquité et au moyen âge ?
Déroulement : réponse au prérequis et proposition de définition du concept, jugement et raisonnement
par les élèves avec la participation du professeur.
Clôture : questions de consolidation
A-LE CONCEPT : (terme)
Dans le vocable du philosophe le concept est utilisé à la place de l’idée générale. Chez les empiristes et
rationalistes la désignation devient tout autre. Il dérive du latin conceptus saisi, idée
Pour les empiristes le concept n’est qu’un mot ou des notions qui définissent des classes d’objets
donnés convenant d’une manière identique et totale à chacun des individus formant ces classes. Il
exprime une idée générale ou abstraite
Ex : le concept Homme.
Quant aux rationalistes le concept désigne une réalité dans l’esprit. Ce sont d’ailleurs les concepts à
priori ou pur ne provenant pas de l’expérience (confère le concept d’unité et de pluralité). Ici le
problème psychologique est celui de la formulation des concepts c’est-à-dire l’acte par lequel l’esprit
passe de la constatation d’un cas particulier au concept général.
Dans sa définition nous pouvons provisoirement dire que le concept est une idée ou une
représentation réduite à l’essentiel dans sa généralité, faisant paraitre son caractère abstrait.
C’est une réalité en évolution désigné par un mot.
Il y’a des expressions qui présentent des nuances que nous devons préciser notamment
L’idée : elle désigne la représentation dans l’esprit. On dira chacun a ses idées et non ses concepts par
exemple.
La notion : dans les sciences de la nature elle correspond au concept. Elle est le plus souvent imprécise.
Ex : exemple la notion de force en physique
Par ailleurs notion peut avoir le sens de connaissance. Ex : avoir une notion solide en français, en anglais
ou en arabe etc…
Le concept est une idée abstraite, c’est-à-dire qu’il ne retient des êtres auxquels il s’applique que
certains caractères communs. Ex : le concept homme fait abstraction de la couleur, de la taille, de la
forme, du genre.
Le concept exprime ce qu’il y’a de commun de permanent et d’universel dans cette classe d’être qu’on
appelle homme. D’où le concept est la condition de la pensée. Le concept se caractérise par la
compréhension et l’extension.
1-La compréhension : la compréhension d’un terme ou concept est l’ensemble des qualités qu’il signifie.
C’est aussi l’ensemble des caractères que le concept comprend. Ex : Maison familiale
2-L’extension : la logique désigne ainsi l’ensemble des objets auxquels convient un même concept,
autrement dit tout ce à quoi ce concept s’étend. Il y’a en effet dans ce terme selon le sens courant l’idée
détendue, de grandeur voire un croisement d’entendue.
Ex : Maison, dans ce concept nous avons la maison familiale, les toilettes, la maison de Dieu, ici on ne
sait pas de quelle maison il s’agit.
L’extension d’un concept et sa compréhension sont en raison inverse c’est-à-dire quand la
compréhension du concept augmente, son extension diminue et inversement.
3-La classe logique : on appelle classe logique un concept considéré uniquement du point de vue de son
extension. On appelle genre le concept A et espèce le concept B si l’extension de A est plus grande que
celle de B. Le genre désigne un groupe d’être ou d’objet qui possèdent des propriétés communes entre
eux. Il désigne un groupe biologique plus vaste que l’espèce.
Ex : entre les deux concepts Animal et Mammifère ; Animal=genre (plus grande extension) et
Mammifère= espèce (la plus réduite).
Entre Mammifère et Homme ; Mammifère= genre (plus grande extension) et
Homme=espèce (plus réduite)
Le genre s’étend à plusieurs espèces tandis que l’espèce possède tous les caractères du genre plus les
siens propres. Un concept ou terme peut avoir un genre prochain. Le genre prochain d’un concept est le
terme qui vient immédiatement au-dessus de lui en extension.
Ex : être/ Animal. Vertébré / mammifère.
En logique il y’a souvent ce que l’on appelle aussi le terme spécifique ou différence spécifique. C’est la
propriété qui permet de distinguer une espèce donnée d’autres espèce de même genre.
Ex : entre l’Homme et le Chimpanzé
La différence spécifique entre ces deux espèces est que l’homme agit volontairement, librement et
consciemment tandis que le chimpanzé est guidé par l’instinct.
B- LEJUGEMENT : la logique du jugement
Objectif pédagogiques : A l’issue du cours l’élève sera à mesure de définir le jugement et dégager ses
critères.
De le cerner sur l’angle psychologique, sous l’angle logique, de savoir les formes de jugement, de
posséder le rôle du jugement dans le processus de la connaissance et de savoir la quantité et la qualité
d’un jugement.
Prérequis : qu’est-ce que le concept ?
Justifiez : le concept est la condition de la pensée.
Déroulement : réponse du prérequis et proposition de définition du jugement par les élèves avec la
participation du professeur.
Durée : 2 heures
Clôture : questions de consolidation
RESUME : la connaissance du monde s’explique par la saisie du réel d’une manière dynamique, à travers
l’effort physique et intellectuel déployé par l’homme. L’homme qui se transforme en transformant,
appréhende les qualités et les propriétés des choses, des objets et des phénomènes, leurs structures ; il
dégage les liens et les rapports d’interdépendance et d’intersection qui existent entre eux. Chaque
action humaine entraine un changement du monde dont les manifestations retiennent notre attention
et exigent à ce qu’on se prononce. Ce qui implique que la vie nous invite à juger.
Le jugement se définit comme la combinaison de deux ou plusieurs concepts ou idées. Ex : l’ampoule est
grillée. Dans cette illustration j’ai établi un rapport entre Ampoule et Grillée. Ce rapport est appelé
formuler un jugement.
Le jugement se présente sous deux aspects ou sens : abstrait ou concret.
- Sous l’aspect psychologique ou abstrait : le jugement constitue une décision mentale par laquelle
nous arrêtons d’une façon réfléchie le contenue d’une assertion et le posons comme titre de vérité.
C’est aussi une opération consistant à se faire une opinion sur laquelle on règle sa conduite dans le
cas où l’on peut atteindre une connaissance certaine.
- Sous l’aspect logique ou concret : le jugement logique au sens large est le fait de poser soit à titre
de vérité ferme soit à titre de vérité provisoire fictive l’existence d’une relation déterminée entre
deux ou plusieurs termes. On peut également le définir comme l’affirmation d’un rapport de
convenance ou disconvenance entre deux conception ou idées. Le jugement est la mise en relation
d’une existence concrète avec la réalité universelle. Le jugement correctement formulé et exprimé
dans une proposition consiste à affirmer quelque chose de quelque chose.
Ex : les élèves sont en classe.
Tout jugement comprend trois éléments :
Le sujet (la cour) dont on affirme quelque chose, un attribut (sale) qui est la qualité exprimée qu’on
appelle aussi le prédicat, un verbe qui est le lien ou la relation entre les deux termes. C’est le signe de
l’affirmation, de l’attribution ou de la négation/le vrai et le faux caractérisent le jugement. Le jugement
vrai défini le caractère objectif d’un phénomène. Le jugement faux est une affirmation ou une négation
en désaccord avec le caractère objectif réel.
Le jugement s’exprime par une logique de l’attribution ou de la prédication qui ne connais d’autres
copules ou moyen de liaison que le verbe être soit par une logique de relation qui peut être exprimée
par une variété de verbes ou d’expressions. Il existe par conséquent différents jugements selon la nature
du rapport exprimé.
Les différents types de jugement :
Le jugement prédicatif ou attribut : c’est un jugement qui exprime une valeur reconnue ou
rejetée. Ali est un bon élève. (QR) Ali est un mauvais élève. (QM)
Le jugement de relation (grandeur, parenté, position) : est un jugement qui exprime une
relation parentale, une proximité ou une Comparaison. Ex : Fatou est la mère de Foula
Grandeur : Oumar est plus géant que Thérèse.
Position : est un jugement qui la proximité ou la distance d’un point A à un point B. EX : Soyah
est à 15km de Mamou
Le jugement hypothétique : est un jugement qui s’affirme avec condition.
Ex : si tu as la moyenne tu passes en classe supérieure.
Le jugement catégorique : c’est un jugement qui s’affirme avec fermeté. Ex : lève-toi. Sors de la
classe. Elle est belle.
Le jugement disjonctif : il fait appel à l’alternative, chaque cas peut être possible. Ex : sa coiffure
signifie qu’il est artiste ou footballeur.
Le jugement d’existence : cogito cartesun : le sujet est posé comme existant. Ex : les Guinéens
sont méchants entre eux.
Le jugement de valeur ou jugement d’appréciation : c’est un jugement qui exprime un point de
vue sur un objet, une chose ou un être. Ce jugement attribue une valeur à l’objet, la chose ou
l’être jugé qui donne souvent lieu à des discussions. Ex : L’amour est aveugle.
Le jugement de réalité : c’est un jugement marquant une constatation de fait. Il se rapporte aux
réalités scientifiques ou d’expérience. Ex : le ciel est bleu. Le maquillage est devenu mode vestimentaire
pour les femmes.
Le jugement analytique et synthétique : est un jugement dont l’attribut est implicitement
Contenu dans le sujet et la vérité est à priori dès qu’on saisis le sens des termes. Ex : la protection des
animaux est devenue une obligation mondiale. Le viol est devenu récurrent.
Les catégories de jugement :
Selon le travail de classification des catégories de EMANUEL KANT on peut distinguer :
La QUANTITE : on retrouve des jugements généraux universels. Ex : tous les hommes sont mortels
Le jugement particulier : qui est un jugement qui concerne quelques éléments d’une classe. Ex :
Quelques enfant sont vulnérables.
Le jugement singulier : est un jugement qui concerne un seul élément d’une classe. Ex : Kady est une
bonne élève.
LA QUALITE : il y’a des jugements affirmatifs, dans ce cas le rapport entre le prédicat et le sujet est posé
comme vrai. Ex : Les élèves sont paresseux. Les relations se justifient par les moyens.
Le jugement négatif : le rapport entre le prédicat et le sujet est posé comme faux
Ex : Les filles du 21e Siècle ne sont pas ambitieuses.
Nous avons également des jugements indéfinis, c’est à dire qui comporte des doutes, une incertitude.
Ex : il sera riche.
Selon la modalité il existe des jugements problématiques, assertoriques et apodictiques
Jugement problématique : c’est un jugement qui ne présente qu’une simple possibilité.
Ex : il mourra un jour.
Jugement assertorique : c’est un jugement qui est vrai mais qui peut être autrement.
Ex : Mamou est la ville carrefour de la Guinée.
Le jugement apodictique : c’est un jugement qui affirme une vérité de droit dont le contraire est
concevable. Ex : le consentement est le préalable de toute union entre homme et femme.
C-LE RAISONNEMENT ou LOGIQUE DU RAISONNEMENT :
Objectifs pédagogiques : A l’issue du cours l’élève doit être capable de savoir ce qu’est le raisonnement,
distinguer les inférences immédiates des inférences médiates, posséder les formes de raisonnement qui
puissent exister à savoir, l’induction et la déduction et enfin connaitre les principes de la logique
formelle.
Prérequis : qu’est-ce qu’un jugement,
Comment le jugement se forme-t-il ?
Qu’entend-on par quantité et qualité ?
Déroulement : réponse au prérequis et proposition de définition du raisonnement par les élèves avec la
participation du professeur
Durée : 2 heures
Clôture : questions de consolidation
Introduction : le raisonnement est un instrument de la pensée logique qui est caractérisé par
l’enchainement ou la cohérence des propositions pour aboutir à une conclusion.
Le raisonnement doit être saisi comme une activité intentionnelle relevant de la volonté humaine.
L’homme au milieu du monde mouvant se fixe un but et pour y parvenir il cherche les moyens en vue
d’atteindre cet objectif découvrir, reconstituer un fait, démontrer, convaincre, justifier une thèse, une
théorie, une interprétation.
Raisonner d’une manière générale c’est enchainé les jugements en vue d’aboutir à une conclusion.
Le raisonnement fait appel au langage dans la mesure où il exprime des relations abstraites et générales.
On dit souvent que la connaissance qui raisonne, est dite connaissance discursive c’est à dire aller et
revenir dans une direction puis dans l’autre comme dit VIALATOUX « la pensée discursive suit des
détours et des biais, circule et passe à travers de si, de mais, de or, pour arriver à un donc ».
On peut caractériser le raisonnement logique en l’opposant à ce qu’on appelle communément le
raisonnement passionnel dont la conclusion est posée à titre définitif avant la suite du jugement
permettant de prouver le vrai ou le faux. Dans le raisonnement logique la conclusion n’est admise à titre
définitif qu’après avoir été rattacher logiquement à des propositions jugées existantes.
DEFINITION : le raisonnement est une opération discursive par laquelle on conclut qu’une ou plusieurs
propositions, prémisses impliquent la vérité, la possibilité ou la fausseté d’une autre proposition.
Raisonner c’est inférer.
-Le syllogisme universel d’Aristote : ce sont des types de raisonnement qui font appel à des
intermédiaires pour parvenir à une conclusion. L’analyse du syllogisme nous permet de découvrir qu’il
est composé de propositions appelées prémisses et une troisième qui est la conclusion. Le syllogisme
comprend trois propositions : la majeure ; la mineure et la conclusion.
Ex : tous les hommes sont mortels (la majeure)
Socrate est un homme (la mineure)
Donc Socrate est mortel (la conclusion)
Les types de raisonnement : il existe deux types : le raisonnement médiat ou déduction médiate et le
raisonnement immédiat ou déduction immédiate :
Le raisonnement médiat ou déduction médiate : c’est un raisonnement qui accepte les liens entre les
propositions. Il constitue le passage d’un admis initial à un admis qui est accepté à cause de sa
connexion avec celui-ci.
EX : tous les musulmans sont des croyants
Mouhamed est un musulman
Donc Mouhamed est croyant
Le raisonnement immédiat ou déduction immédiate : c’est un raisonnement qui n’accepte pas les liens
entre les propositions. C’est un raisonnement à travers lequel on passe du 1 er jugement à la conclusion
directement.
Ex : Tous les Hommes sont mortels
Quelques mortels sont des hommes
NB : pour que le raisonnement syllogistique soit un véritable outil de la connaissance scientifique il
faudrait qu’il ne se limite pas seulement à la forme mais à l’analyse des causes.
L'analyse et la synthèse :
L’Analyse et la Synthèse :
1 – L’analyse : étymologiquement le mot analyse vient du Grec analusus qui signifie décomposition.
C’est donc une opération logique à travers laquelle on décompose un tout de ses éléments. L’analyse
est considérée pour certains comme étant une répression logique qui va du complexe au plus simple
Ex : l’analyse chimique du CO2 donne C+ O2 = CO2
Les différents types d’analyse : nous avons :
L’analyse expérimentale ou l’induction : qui consiste à découvrir au milieu des faits complexes des
éléments entre lesquels on établit une relation, une loi. Elle suppose que le tout n’est rien d’autre que la
somme des parties. C’est une conception philosophique selon laquelle « le complexe s’explique par le
simple, le corps par les organes, les tissus par les cellules, les cellules par les réactions chimiques ».
Ex : C+O2=CO2
L’analyse rationnelle ou la déduction : c’est une déduction dans laquelle la conclusion est le résultat de
l’analyse de la majeure du point de vue de la mineure.
Ex :
« Tous les Hommes sont mortels
Or, Socrate est un homme
Donc Socrate est mortel »
La définition qui conviendrait le mieux de la déduction semble être celle-ci :
Selon LALANDE la déduction « « est une opération par laquelle on conclut rigoureusement qu’une ou
plusieurs propositions prises pour prémisses à une proposition qui en est la conséquence nécessaire
en vertu des règles logiques » ».
Nous avons aussi le raisonnement mathématique qui est la synthèse des deux précédentes, qui est à la
fois féconde et rigoureuse (d’où la double appellation que lui donne le logicien GOFLOT « « induction
rigoureuse et déduction constructive » ».
Ex : 3+3= 6 en pure logique
3+3= 3+3 la production du nombre 6 est une synthèse constructive
Il y’a le raisonnement par l’absurde qui est un raisonnement hypothétique déductif.
2- La Synthèse : elle dérive du grec synthésis qui signifie réunion, composition. C’est un procédé à
travers lequel on va du plus simple au complexe, c’est-à-dire on recompose un tout à partir de ses
éléments. Ex : la synthèse chimique de l’eau H2O= on a H2+ O= H2O qui représente l’eau.
Les différents types de Synthèse : nous avons :
La synthèse expérimentale : qui est la somme des éléments d’un tout qui consiste à combiner les
résultats de l’analyse. Ex : S+O2= SO2
La synthèse rationnelle : c’est une opération qui consiste de partir des principes pour arriver aux
conséquences. Ex :
« Socrate est mortel
Or, Socrate est un homme
Donc tous les Hommes sont mortels »
Rapport entre l’Analyse et la synthèse : il existe un rapport de divergence en se sens que l’Analyse est
statique et la synthèse est dynamique. C’est pourquoi FUSTEL de Coulanges affirmait : « « pour un jour
de synthèse il faut des années d’analyse » ». Et un rapport de convergence parce que et pour l’analyse
et pour la synthèse il faut composer et décomposer pour y arriver à un résultat. Donc les deux
s’appuient, se vérifient l’une par l’autre, car qu’on raisonne bien ou mal il faut que l’esprit monte et
descend tour à tour.
La Logique Classique et Dialectique :
A- La logique classique ou formelle :
Définition : c’est une forme de logique qui étudie les formes pures de la pensée ou la manière de juger
et de raisonner indépendamment de la matière sur laquelle la pensée s’applique c’est-à-dire elle
explique les liaisons entre les propositions mais pas de vérifier la véracité des propositions.
Elle est dite classique parce qu’elle est la plus ancienne et elle était utilisée par les nobles. Elle est dite
formelle parce qu’elle en a besoin que de la forme des choses et non du fond.
Ex :
« Tous les Hommes sont mortels
Or, Moussa est un homme
Donc moussa est mortel »
Cette forme de syllogisme ne colle pas partout donc manque de raisonnement car si on dit que
« Tous les musulmans sont des croyants
Mouhamed est un musulman
Donc Mouhamed est croyant » cela peut ne pas l’être exactement c’est-à-dire que être musulman ne
signifie pas être croyant.
Origine : elle est née de la contradiction entre PARMENIDE et ZENON sur l’existence des choses et de
leurs contraires. Pour PARMENIDE on ne peut pas avoir raison et tort dans un discours à la fois.
« « l’être est le non être n’est pas » ».
Pour ZENON il existe toujours une chose et son contraire, il crée donc l’antithèse. « « l’être est le non
être est » ».
PARMENIDE est considéré comme le précurseur de cette logique
Les principes de la logique formelle : la science pour se constituer a besoin d’éléments qui favorisent sa
détermination et épanouissement. Parmi ces éléments une place de choix revient aux principes.
Qu’est-ce qu’un principe ?
Le principe est une énonciation, un commencement, un point de départ. C’est une règle ou norme
d’action clairement représentée à l’esprit, énoncée par une formule. Un principe se dit aussi ce qui doit
être conforment à une norme générale.
En terme logique, c’est une proposition posée au début d’une déduction, ne se déduisant elle-même
d’aucune autre dans le système considéré et par suite mise jusqu’à nouvel ordre en dehors de toute
discussion. Un principe ne peut être donc dans le domaine scientifique une somme de règles arbitraires,
mais le résultat, le reflet objectif dans la pensée de la pratique cognitive. Les principes régissent toute
les connaissances valables et dont les plus généraux sont :
Le principe d’identité : il exprime une condition de la déduction à savoir la rigoureuse identité des
notions et des propositions qui gardent le même sens au fur et à mesure du développement déductif.
Pour penser correctement il faut identifier, distinguer correctement les choses, ne pas substituer une
chose à une autre. Dans le raisonnement toute notion doit être employer dans une seule et même
signification « « ce qui est, est ; ce qui n’est pas, n’est pas » ». Tout objet est identique à lui-même.
Le principe de non contradiction : il est au contraire une règle qui régit l’enchainement des
propositions. La pensée ne doit pas être contradictoire. Si une proposition est reconnue vraie on ne
peut pas affirmer en même temps qu’elle ne l’est pas.
Le principe du tiers-exclu : il se justifie par les conséquences ou conclusions. Lorsque deux propositions
sont contraires, elles ne peuvent être vraies et fausses à la fois. Si l’un des jugements est juste, il en
résulte nécessairement que l’autre est fausse et réciproquement. Il n’y a pas de juste milieu, le juste
milieu est exclu.
Le Principe de la raison suffisante : ce principe veut dire que toute chose apparait avec raison c’est-à-
dire toute chose à une cause. Ex : les liaisons causales entre les phénomènes de la nature « « rien ne
sort de rien » » ARISTOTE.
LA LOGIQUE DIALECTIQUE :
Objectif général : comprendre la logique dialectique et le dialecticien ainsi que ses origines.
Objectifs spécifiques : A l’issue du cours l’élève doit être capable de s’avoir les principes de la logique
dialectique, l’importance de son étude et la différence entre logique dialectique et formelle.
Prérequis : qu’est-ce que l’induction et la déduction ? quels sont les principes de la logique formelle ?
Déroulement : réponse au prérequis et proposition de définition de la logique dialectique par les élèves
avec l’assistance du professeur.
Clôture : questions de consolidation
Définition : la logique dialectique est née de l’accumulation du principe de la non contradiction comme
un fait propre à toutes les choses. Le concept dialectique vient du grec : DIALECTIKE= échange, art de
discuter, parler. DIA= idée mouvement, changement, de réciprocité et LECKTIKE= discussion, entretien.
Elle est donc une méthode de polémique qui oppose les idées contraires pour découvrir la vérité dans la
Grèce Antique.
Le dialecticien est cet homme capable de trouver des arguments pouvant mettre l’interlocuteur en mal
avec lui-même avant de se voir obliger de se rendre.
Quant aux logiciens ils s’occupent des règles qui régissent la pensée pour parvenir à la vérité par un
discours cohérent. Et le dialecticien fait montre d’une parfaite connaissance des différentes règles de la
logique dans la discussion. La logique date de toujours mais avec des fortunes diverses. Certains disent
qu’elle remonte de l’antiquité. Cependant la logique dialectique nait véritablement au XVII siècle
d’abord chez le philosophe idéaliste HEGUEL (1770-1831) et après chez Karl MARX et ENGE.
HEGUEL invente les lois de la dialectique et KARL MARX remirent la dialectique sur ses pieds. Il existe
quatre lois fondamentales de la dialectique.
Origine : elle est née de la pensée de HERACLIDE d’EPHESE « « tout ne coule rien ne demeure éternel
lui-même » ».
1 – La liaison universelle des phénomènes et des mots dialectiques : tous dans l’univers se tient. Il
n’existe pas de distinction absolue. Le monde est toujours en état de mouvement, de changement
perpétuel où toujours quelque chose nait, se développe et meurt.
Ex : en biologie pas d’individu sans espèce, pas d’individu sans milieu. Considérons une banane au point
de vue du mouvement de son évolution, nous distinguons que cette banane mûre ne l’a pas toujours
été. Elle a été verte, petite, dure avant que la fleur ne devienne régime, il a fallu 9 mois au bananier pour
grandir et se développer. La banane n’a donc été ce qu’elle est et ne le restera pas toujours ainsi. Elle
tombera si on ne la cueille pas, elle pourrira et aidera au développement du nouveau bananier.
2 – Le changement qualitatif et quantitatif dans la nature et dans la société ou la loi de progrès de
BONDS : nous venons de voir que tout est mouvement, nait, se développe et meurt. Que tout se
transforme. Ex : l’eau de 0 à 99° changement quantitatif, de 100° elle se vaporise, changement qualitatif
Elle n’est plus liquide elle devient gazeuse.
Partant de la science nous voyons que l’évolution des choses ne peut être indéfiniment quantitative, les
choses se transforment, subissent à la fin un changement qualitatif. La quantité se transforme en
qualité c’est une loi générale.
3 – La loi du dédoublement des contraires, sources fondamentale de l’évolution :
Quelle est la force motrice de toute évolution ?
La dialectique Marxiste a pour tâche essentielle de répondre à cette question
HERACLIDE (480-530) enseigne « « tout se produit à travers la lutte. Que la lutte est la source de tout ».
HEGUEL à la fin du XVIII début XIX siècle donne le nom de contradiction à la combinaison d’aspects
opposés dans un phénomène.
Qu’est-ce que la contradiction ?
On entend par contradiction dialectique la présence dans son phénomène ou dans un processus
d’aspect opposé s’excluant mutuellement mais quand même temps se supposent l’un à l’autre et son
inséparable dans un phénomène donné. Ex : en Maths (+ et -).
En mécanique (action et réaction) en physique électricité positive et négative
Dans la société la lutte des classes
Les contraires s’opposent et demeurent liés naturellement, ils s’interprètent. Ce phénomène prend le
nom d’identité. Ex : la vie et la mort
Une chose contient à la fois elle-même et son contraire. En son sein coexistent des forces
contradictoires, c’est l’identité des contraires.
4 – Le mouvement dialectique de l’inférieur au supérieur : négation de la négation
Nous avons vu dans le dédoublement des contraires que chaque chose contient son contraire, mais cela
n’arrête pas le développement. Lorsqu’un phénomène est d’un niveau plus élevé et une fois grandit ou
surgit il contient de nouvelles contradictions. Au début elles sont insensibles. Et plus le temps dur, elles
se manifestent davantage. La lutte de contraire s’engage alors sur un terrain nouveau et débouche
finalement sur des nouvelles négations.
La négation dialectique n’implique pas seulement la distraction de l’ancien, mais aussi la conservation
des éléments viables des étapes antérieures de l’évolution d’une certaine liaison entre l’ancien qui
disparait et le nouveau qui le succède.
Ex : l’histoire de l’évolution de la société Guinéenne (coloniale- révolutionnaire- démocratique.
Rapport entre la Logique Formelle et Dialectique :
De la Convergence : elles constituent toutes, deux voies de la connaissance d’un même objet, l’un se
charge la forme (logique formelle) et l’autre se charge de la forme et du fond de l’objet dans son
changement. (Logique dialectique).
De la Divergence : ici la différence se situe au niveau de la cohérence et de la foi. La logique formelle est
métaphysique et la logique dialectique est scientifique.
Il n’y a ni logique classique, ni logique dialectique, il y a la logique tout court en tant que démarche
qu’épouse la pensée pour établir la vérité scientifique.
CHAPITRE III : La philosophie est les autres sciences
Objectif général : l’élève devra être capable de cerner le rôle de la philosophie avec les autres sciences
ainsi que leur interaction.
Objectifs spécifiques : A l’issue du cours l’élève sera capable d’expliquer l’objet de la science
mathématique, sa définition et sa méthode.
TITRE : les mathématiques
Introduction : la pensée scientifique est une activité intellectuelle par laquelle l’homme s’efforce
d’expliquer les phénomènes de la nature en cherchant les lois qui la régissent. La philosophie est alors
l’acte même de comprendre la réalité, toute la réalité telle qu’elle est dans la vie et dans son
mouvement. Le véritable esprit philosophique est celui dont les aspirations élevées fécondent les
sciences en les entrainant à la recherche des vérités qui sont actuellement en dehors d’elles.
La philosophie en agitant sans cesse la masse inépuisable des questions non résolues stimule et
entretien ce mouvement statutaire dans les sciences.
La philosophie des mathématiques est une réflexion qui part de l’analyse du raisonnement
mathématique pour dégager une théorie de fondement de l’esprit humain. Elle désigne l’analyse des
opérations de l’esprit dans la construction mathématique.
Définition : les mathématiques sont définies traditionnellement comme la science de l’ordre et de la
mesure.
Le caractère purement rationnel des mathématiques se traduit chez DESCART par la certitude et
l’évidence de leur raison si bien quelle deviennent le modèle de l’intelligibilité scientifique. Le monde
des notions mathématiques est créé par l’esprit grâce à une activité opératoire qui façonne l’expérience
et qui se trouve vérifier dans la mesure où la géométrie par exemple, sert à construire la science
physique.
Les mathématiques occupent une place éminente et singulière dans l’édifice de la connaissance. Les
mathématiques sont une science qui progresse, qui fait des découvertes qui chaque jour augmente le
patrimoine de nos connaissances. Le premier caractère qui frappe, en effet dans les sciences
mathématiques c’est qu’elles sont un savoir réel portant sur des choses, sur la matière. Les
mathématiques se caractérisent par un style de pensée. Elles sont une œuvre, une pensée pure, une
invention de l’esprit. Elles confèrent à l’esprit des habitudes de clarté, d’ordre et de précision. Le
langage mathématique s’apprend. Les mathématiques utilisent des concepts et des symboles dont la
connaissance constitue l’essentiel de l’adéquation aux mathématiques et permet le développement de
la réflexion personnel ultérieur en accord avec la réflexion d’autrui. Les mathématiques exigent un
entrainement procéder par ordre et à raisonner. Elles se construisent rigoureusement à partir des
définitions qui créent leurs objets.
Quel est l’objet des mathématiques ?
Objet : il n’est pas suffisant de répondre simplement que cet objet se ramène à l’étude de la grandeur.
Pour être vraiment satisfaisante, la définition de l’objet des mathématiques doit comprendre les deux
groupes suivants : les mathématiques de la mesure et les mathématiques de l’ordre.
Le premier (1er) a pour objet la quantité considérée seulement sous son aspect mesurable et
indépendamment de toutes les déterminations qualitatives (géométrie, algèbre, mécanique,
arithmétique, analyse etc…
Le deuxième (2e) n’est plus qu’un résultat purement quantitatif mais il comporte de la qualité, c’est
l’ordre (topographie, trigonométrie etc..).
La Méthode Mathématique : chaque type de science s’est constituée sa méthode en fonction à la fois
de ses objets et de ses points de vue.
On appelle méthode un ensemble de procéder ou de moyens de recherche consciemment adapté à un
objet déterminé. Les méthodes sont des conduites de pensée qui favorisent la construction du savoir.
L’essentiel de l’esprit mathématique et de la réussite tient dans le seul impératif la méthode.
L ’originalité de l’objet des mathématiques explique le caractère spécifique de la méthode qui y
intervient.
L’invention mathématique consiste à construire des combinaisons nouvelles et utiles : c’est l’intuition
intellectuelle qui exige par la suite une démonstration.
Démontrer en mathématique c’est prouver ce qui amène l’esprit à reconnaitre une vérité en créant la
construction logique, c’est-à-dire rendre évident ce qui a été découvert. Il s’agit d’amener l’esprit en
suivant les liaisons nécessaires établies ou admises antérieurement à affirmer. Comme dit LEIBNIZ c’est
un raisonnement par laquelle une proposition devient certaine. Une proposition mathématique est dite
démontrée lorsqu’on la déduit des propositions déjà admises, lorsqu’on fait voir qu’elle en découle
logiquement, nécessairement.
Une démonstration n’est autre chose que la résolution d’une vérité en d’autres vérités déjà connues. Il
s’agit de construire une conclusion avec des principes. Ce qui caractérise la démonstration c’est la
nécessité logique de la conclusion.
Trouver en mathématique c’est de démontrer. Mais s’il fallait tout démontrer, on ne pourrait rien
démontrer. Ce qui amène à la base de toute démonstration l’existence de certains principes considérés
comme indémontrables.
Définition : une définition est une proposition nous faisant connaitre les caractères essentiels d’un objet.
La définition mathématique caractérise l’essence mûre du défini, c’est par elle que le mathématicien se
donne l’objet qu’il va étudier.
Les définitions mathématiques semblent émaner de la seule activité créatrice de l’esprit. Elles
permettent de créer l’objet mathématique.
La définition mathématique ouvre un nouveau champ mathématique, selon leur mode d’expression les
définitions mathématiques sont dites Analytiques et Génétiques.
La définition Analytique est l’énoncé de la propriété essentielle d’un objet mathématique.
Ex : un nombre premier est un nombre qui n’est divisible que par lui-même et par l’unité.
Elle permet donc l’identification mathématique.
La définition Génétique permet de construire l’objet mathématique. Un carré est un quadrilatère ayant
ses quatre cotés égaux.
Les définitions sont les points de départ ou principe de la science. La définition ne nécessite pas de
démonstration vraie pour une signification de quelque chose.
Quelques concepts ou termes Mathématiques :
L’Algèbre : de l’arabe AL-JABR une branche mathématique qui se consacre à la résolution des équations
par des formules explicites.
La géométrie : du grec géomêtrês qui signifie géomètre ou arpenteur. Gê signifie « terre » « mesure »
« metron » c’est donc la science de la mesure du terrain. C’est une science mathématique qui étudie les
relations entre « les points » les « droites » « les courbes » « surface » « volume » etc…
L’Arithmétique : vient du grec Arithmètikê qui signifie science des nombres. C ’est une branche des
mathématiques qui étudies les propriétés élémentaires des nombres entiers et rationnels. Ses
opérations se traduisent par l’addition, la soustraction, la multiplication, la division
LES AXIOMES : traditionnellement on distinguait les axiomes des postulats. Les postulats disait-on sont
des propositions indémontrables qui se présentent comme des théorèmes.
Les axiomes au contraire seraient des exigences purement logiques, s’imposant dans tous les domaines
de la mathématique, à tout esprit à n’importe qu’elle opération mentale. Il serait absolument évident.
Ex : le tout est plus grand que la partie
LES POSTULATS : Au sens des mathématiques classiques, un postulat est une proposition que l’on
demande d’accorder parce qu’elle est nécessaire à la démonstration mais qui n’est pas évidente
Tel que le postulat d’ECLUDE « par un point pris hors d’une droite dans un plan, on ne peut mener
qu’une parallèle à cette droite ». Mais les postulats à la différence des axiomes peuvent être niés sans
contradiction parce qu’ils ne sont pas évidents. Le postulat ouvre un horizon mathématique, il crée
l’univers dans lequel les mathématiciens vont travailler.
LA PHILOSOPHIE ET LA BIOLOGIE :
DEFINITION : étymologiquement le terme biologie est formé de deux mots grec BIOS= vie et LOGOS=
étude qui signifie la science du vivant. Elle va du niveau moléculaire en passant par celui des cellules,
puis de l’organisme jusqu’au niveau de la population et de l’écosystème.
Au cours de son histoires des principes fondateurs ont été découverts. Les plus importants qui régissent
totalement le domaine du vivant sont :
L’évolution : elle marque la succession des générations, à chaque génération une sélection naturelle est
réalisée, amenant les caractères des êtres vivants les mieux adaptés à une situation particulière à avoir
plus de chance d’être présent dans les générations suivantes.
L’Hérédité : elle assure la transmission des caractères d’un individu à sa descendance.
Objet : la biologie a pour objet l’être vivant, un objet d’étude qui fait objet de contradiction. Pour
Claude Bernard la biologie est plus expérimentale que naturelle.
Evolution de la biologie : la première évolution a été avancée par JEAN BATISTE LAMARK dans son
ouvrage la philosophie Zoologique en 1908 et 50 ans plus tard en 1859 CHARLE DARWING propose une
explication scientifique de l’évolution avec le principe de sélection naturelle : « « tout être vivant
provient d’un autre être vivant » ».
L’hérédité : elle explique les variations génétiques d’une génération à une autre et la transmission des
caractères.
La méthode biologique : GANGUILHEM s’interroge sur l’expérimentation en biologie animale et
explique qu’il y’a quatre obstacles ou difficultés majeures qui résistent à l’établissement d’un savoir
proprement biologique. Il s’inspire particulièrement à Claude BERNARD et BERGON qui sont :
La spécificité, l’individualisme, la totalisation et l’irréversibilité.
FIN DU PROGRAMME
« « Aucune œuvre humaine n’est parfaite » »
« « la confiance en soi suffit pour croire aux autres, mais n’exclut jamais le doute » »