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002 - EXO7 - Suites Numériques Réelles

Le document traite des suites numériques, définissant des concepts clés tels que les suites majorées, minorées, croissantes et décroissantes. Il aborde également les limites des suites, en expliquant les conditions de convergence et les propriétés associées. Enfin, des exemples illustrent ces concepts mathématiques, facilitant leur compréhension.

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002 - EXO7 - Suites Numériques Réelles

Le document traite des suites numériques, définissant des concepts clés tels que les suites majorées, minorées, croissantes et décroissantes. Il aborde également les limites des suites, en expliquant les conditions de convergence et les propriétés associées. Enfin, des exemples illustrent ces concepts mathématiques, facilitant leur compréhension.

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Les suites

Vidéo ■ partie 1. Premières définitions


Vidéo ■ partie 2. Limite
Vidéo ■ partie 3. Exemples remarquables
Vidéo ■ partie 4. Théorèmes de convergence
Vidéo ■ partie 5. Suites récurrentes
Fiche d'exercices ‡ Suites

Introduction
L’étude des suites numériques a pour objet la compréhension de l’évolution de séquences de nombres (réels, complexes
...). Ceci permet de modéliser de nombreux phénomènes de la vie quotidienne. Supposons par exemple que l’on place
une somme S à un taux annuel de 10%. Si Sn représente la somme que l’on obtiendra après n années, on a
S0 = S S1 = S × 1, 1 ... Sn = S × (1, 1)n .
Au bout de n = 10 ans, on possédera donc S10 = S × (1, 1)10 t S × 2, 59 : la somme de départ avec les intérêts cumulés.

1. Définitions

1.1. Définition d’une suite

Définition 1.
• Une suite est une application u : N → R.
• Pour n ∈ N, on note u(n) par un et on l’appelle n-ème terme ou terme général de la suite.

La suite est notée u, ou plus souvent (un )n∈N ou simplement (un ). Il arrive fréquemment que l’on considère des suites
définies à partir d’un certain entier naturel n0 plus grand que 0, on note alors (un )n⩾n0 .
Exemple 1.
p p p
• ( n)n⩾0 est la suite de termes : 0, 1, 2, 3,. . .
• ((−1)n )n⩾0 est la suite qui alterne +1, −1, +1, −1,. . .
• La suite (Sn )n⩾0 de l’introduction définie par Sn = S × (1, 1)n ,
• (Fn )n⩾0 définie par F0 = 1, F1 = 1 et la relation Fn+2 = Fn+1 + Fn pour n ∈ N (suite de Fibonacci). Les premiers
termes
 sont 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, . . .Chaque terme est la somme des deux précédents.
1 1 1 1
• n2 n⩾1 . Les premiers termes sont 1, 4 , 9 , 16 , . . .
LES SUITES 1. DÉFINITIONS 2

1.2. Suite majorée, minorée, bornée

Définition 2.
Soit (un )n∈N une suite.
• (un )n∈N est majorée si ∃M ∈ R ∀n ∈ N un ⩽ M .
• (un )n∈N est minorée si ∃m ∈ R ∀n ∈ N un ⩾ m.
• (un )n∈N est bornée si elle est majorée et minorée, ce qui revient à dire :
∃M ∈ R ∀n ∈ N |un | ⩽ M .

+ M
+
+ +
+ + +
+
+

+ +

0 1 2 +
+ + m

1.3. Suite croissante, décroissante

Définition 3.
Soit (un )n∈N une suite.
• (un )n∈N est croissante si ∀n ∈ N un+1 ⩾ un .
• (un )n∈N est strictement croissante si ∀n ∈ N un+1 > un .
• (un )n∈N est décroissante si ∀n ∈ N un+1 ⩽ un .
• (un )n∈N est strictement décroissante si ∀n ∈ N un+1 < un .
• (un )n∈N est monotone si elle est croissante ou décroissante.
• (un )n∈N est strictement monotone si elle est strictement croissante ou strictement décroissante.

Voici un exemple d’une suite croissante (mais pas strictement croissante) :

+ +

+ +

+
+
+
+

Remarque.
• (un )n∈N est croissante si et seulement si ∀n ∈ N un+1 − un ⩾ 0.
un+1
• Si (un )n∈N est une suite à termes strictement positifs, elle est croissante si et seulement si ∀n ∈ N un ⩾ 1.
Exemple 2.
• La suite (Sn )n⩾0 de l’introduction est strictement croissante car Sn+1 /Sn = 1, 1 > 1.
• La suite (un )n⩾1 définie par un = (−1)n /n pour n ⩾ 1, n’est ni croissante ni décroissante. Elle est majorée par 1/2
(borne atteinte en n = 2), minorée par −1 (borne atteinte en n = 1).
LES SUITES 2. LIMITES 3

1
2
+
+
+
1 2 3 4 5 6
+
+
− 12

-1 +

1

• La suite n n⩾1 est une suite strictement décroissante. Elle est majorée par 1 (borne atteinte pour n = 1), elle est
minorée par 0 mais cette valeur n’est jamais atteinte.

Mini-exercices.
n

1. La suite n+1 n∈N est-elle monotone ? Est-elle bornée ?
n sin(n!)

2. La suite 1+n2 n∈N
est-elle bornée ?
3. Réécrire les phrases suivantes en une phrase mathématique. Écrire ensuite la négation mathématique de chacune
des phrases. (a) La suite (un )n∈N est majorée par 7. (b) La suite (un )n∈N est constante. (c) La suite (un )n∈N est
strictement positive à partir d’un certain rang. (d) (un )n∈N n’est pas strictement croissante.
4. Est-il vrai qu’une suite croissante est minorée ? Majorée ?
n
5. Soit x > 0 un réel. Montrer que la suite xn! n∈N est décroissante à partir d’un certain rang.

2. Limites

2.1. Introduction
Pour un trajet au prix normal de 20 euros on achète une carte d’abonnement de train à 50 euros et on obtient chaque
billet à 10 euros. La publicité affirme « 50% de réduction ». Qu’en pensez-vous ?
Pour modéliser la situation en termes de suites, on pose pour un entier n ⩾ 1 :
un = 20n
vn = 10n + 50
un est le prix payé au bout de n achats au tarif plein, et vn celui au tarif réduit, y compris le prix de l’abonnement. La
réduction est donc, en pourcentage :
vn un − vn 10n − 50 5
1− = = = 0, 5 − −−−−→ 0, 5
un un 20n 2n n→+∞
Il faut donc une infinité de trajets pour arriver à 50% de réduction !

50%
+ + + +
+
+
+

+
LES SUITES 2. LIMITES 4

2.2. Limite finie, limite infinie


Soit (un )n∈N une suite.
Définition 4.
La suite (un )n∈N a pour limite ℓ ∈ R si : pour tout ε > 0, il existe un entier naturel N tel que si n ⩾ N alors
|un − ℓ| ⩽ ε :

∀ε > 0 ∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ⩾ N =⇒ |un − ℓ| ⩽ ε)

On dit aussi que la suite (un )n∈N tend vers ℓ. Autrement dit : un est proche d’aussi près que l’on veut de ℓ, à partir
d’un certain rang.

ℓ+ε
+ +
ℓ +
un + + +
ℓ−ε +
+
+
+
+ +
+
N n

Définition 5.
1. La suite (un )n∈N tend vers +∞ si :
∀A > 0 ∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ⩾ N =⇒ un ⩾ A)
2. La suite (un )n∈N tend vers −∞ si :
∀A > 0 ∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ⩾ N =⇒ un ⩽ −A)

Remarque.
1. On note limn→+∞ un = ℓ ou parfois un −−−−→ ℓ, et de même pour une limite ±∞.
n→+∞
2. limn→+∞ un = −∞ ⇐⇒ limn→+∞ −un = +∞.
3. On raccourcit souvent la phrase logique en :
∀ε > 0 ∃N ∈ N (n ⩾ N =⇒ |un − ℓ| ⩽ ε) .
Noter que N dépend de ε et qu’on ne peut pas échanger l’ordre du « pour tout » et du « il existe ».
4. L’inégalité |un − ℓ| ⩽ ε signifie ℓ − ε ⩽ un ⩽ ℓ + ε. On aurait aussi pu définir la limite par la phrase : ∀ε > 0 ∃N ∈
N (n ⩾ N =⇒ |un − ℓ| < ε), où l’on a remplacé la dernière inégalité large par une inégalité stricte.

Définition 6.
Une suite (un )n∈N est convergente si elle admet une limite finie. Elle est divergente sinon (c’est-à-dire soit la suite
tend vers ±∞, soit elle n’admet pas de limite).

On va pouvoir parler de la limite, si elle existe, car il y a unicité de la limite :


Proposition 1.
Si une suite est convergente, sa limite est unique.

Démonstration. On procède par l’absurde. Soit (un )n∈N une suite convergente ayant deux limites ℓ =
̸ ℓ′ . Choisissons
|ℓ−ℓ′ |
ε > 0 tel que ε < 2 .
Comme limn→+∞ un = ℓ, il existe N1 tel que n ⩾ N1 implique |un − ℓ| < ε.
De même limn→+∞ un = ℓ′ , il existe N2 tel que n ⩾ N2 implique |un − ℓ′ | < ε.
Notons N = max(N1 , N2 ), on a alors pour ce N :

|uN − ℓ| < ε et |uN − ℓ′ | < ε


LES SUITES 2. LIMITES 5

Donc |ℓ−ℓ′ | = |ℓ−uN +uN −ℓ′ | ⩽ |ℓ−uN |+|uN −ℓ′ | d’après l’inégalité triangulaire. On en tire |ℓ−ℓ′ | ⩽ ε+ε = 2ε < |ℓ−ℓ′ |.
On vient d’aboutir à l’inégalité |ℓ − ℓ′ | < |ℓ − ℓ′ | qui est impossible. Bilan : notre hypothèse de départ est fausse et
donc ℓ = ℓ′ .

2.3. Propriétés des limites

Proposition 2.
1. limn→+∞ un = ℓ ⇐⇒ limn→+∞ (un − ℓ) = 0 ⇐⇒ limn→+∞ |un − ℓ| = 0,
2. limn→+∞ un = ℓ =⇒ limn→+∞ |un | = |ℓ|.

Démonstration. Cela résulte directement de la définition.

Proposition 3 (Opérations sur les limites).


Soient (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites convergentes.
1. Si limn→+∞ un = ℓ, où ℓ ∈ R, alors pour λ ∈ R on a limn→+∞ λun = λℓ.
2. Si limn→+∞ un = ℓ et limn→+∞ vn = ℓ′ , où ℓ, ℓ′ ∈ R, alors
lim (un + vn ) = ℓ + ℓ′
n→+∞

lim (un × vn ) = ℓ × ℓ′
n→+∞
1
3. Si limn→+∞ un = ℓ où ℓ ∈ R∗ = R\ {0} alors un ̸= 0 pour n assez grand et limn→+∞ un = 1ℓ .

Nous ferons la preuve dans la section suivante.


Nous utilisons continuellement ces propriétés, le plus souvent sans nous en rendre compte.
Exemple 3.
Si un → ℓ avec ℓ ̸= ±1, alors
1 1
un (1 − 3un ) − −−−−→ ℓ(1 − 3ℓ) − 2 .
u2n −1 n→+∞ ℓ −1

Proposition 4 (Opérations sur les limites infinies).


Soient (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites telles que limn→+∞ vn = +∞.
1
1. limn→+∞ vn =0
2. Si (un )n∈N est minorée alors limn→+∞ (un + vn ) = +∞.
3. Si (un )n∈N est minorée par un nombre λ > 0 alors limn→+∞ (un × vn ) = +∞.
1
4. Si limn→+∞ un = 0 et un > 0 pour n assez grand alors limn→+∞ un = +∞.

Exemple 4.
p
La suite ( n) tend vers +∞, donc la suite ( p1n ) tend vers 0.

2.4. Des preuves !


Nous n’allons pas tout prouver mais seulement quelques résultats importants. Les autres se démontrent de manière
tout à fait semblable.
Commençons par prouver un résultat assez facile (le premier point de la proposition 4) :
« Si lim un = +∞ alors lim u1n = 0. »

Démonstration. Fixons ε > 0. Comme limn→+∞ un = +∞, il existe un entier naturel N tel que n ⩾ N implique un ⩾ 1ε .
On obtient alors 0 ⩽ u1n ⩽ ε pour n ⩾ N . On a donc montré que limn→+∞ u1n = 0.

Afin de prouver que la limite d’un produit est le produit des limites nous aurons besoin d’un peu de travail.
Proposition 5.
Toute suite convergente est bornée.
LES SUITES 2. LIMITES 6

Démonstration. Soit (un )n∈N une suite convergeant vers le réel ℓ. En appliquant la définition de limite (définition 4)
avec ε = 1, on obtient qu’il existe un entier naturel N tel que pour n ⩾ N on ait |un − ℓ| ⩽ 1, et donc pour n ⩾ N on a
|un | = |ℓ + (un − ℓ)| ⩽ |ℓ| + |un − ℓ| ⩽ |ℓ| + 1.

ℓ+1

+ +
ℓ +
+ + +
+
+
ℓ−1
+
+
+ +
+
N

Donc si on pose
M = max(|u0 |, |u1 |, · · · , |uN −1 |, |ℓ| + 1)
on a alors ∀n ∈ N |un | ⩽ M .

Proposition 6.
Si la suite (un )n∈N est bornée et limn→+∞ vn = 0 alors limn→+∞ (un × vn ) = 0.

Exemple 5.
Si (un )n⩾1 est la suite donnée par un = cos(n) et (vn )n⩾1 est celle donnée par vn = p1 , alors limn→+∞ (un vn ) = 0.
n

Démonstration. La suite (un )n∈N est bornée, on peut donc trouver un réel M > 0 tel que pour tout entier naturel n on
ait |un | ⩽ M . Fixons ε > 0. On applique la définition de limite (définition 4) à la suite (vn )n∈N pour ε′ = Mε . Il existe
donc un entier naturel N tel que n ⩾ N implique |vn | ⩽ ε′ . Mais alors pour n ⩾ N on a :
|un vn | = |un ||vn | ⩽ M × ε′ = ε.
On a bien montré que limn→+∞ (un × vn ) = 0.

Prouvons maintenant la formule concernant le produit de deux limites (voir proposition 3).
« Si lim un = ℓ et lim vn = ℓ′ alors lim un vn = ℓℓ′ . »

Démonstration de la formule concernant le produit de deux limites. Le principe est d’écrire :


un vn − ℓℓ′ = (un − ℓ)vn + ℓ(vn − ℓ′ )
D’après la proposition 6, la suite de terme général ℓ(vn −ℓ′ ) tend vers 0. Par la même proposition il en est de même de la
suite de terme général (un − ℓ)vn , car la suite convergente (vn )n∈N est bornée. On conclut que limn→+∞ (un vn − ℓℓ′ ) = 0,
ce qui équivaut à limn→+∞ un vn = ℓℓ′ .

2.5. Formes indéterminées


Dans certaines situations, on ne peut rien dire à priori sur la limite, il faut faire une étude au cas par cas.
Exemple 6.
1. « +∞ − ∞ » Cela signifie que si un → +∞ et vn → −∞ il faut faire faire l’étude en fonction de chaque suite
pour déterminer lim(un + vn ) comme le prouve les exemples suivants.
lim (e n − ln(n)) = +∞
n→+∞

lim n − n2 = −∞
n→+∞
1
 ‹ ‹
lim n+ −n =0
n→+∞ n
LES SUITES 2. LIMITES 7

2. « 0 × ∞ »
1
lim × e n = +∞
n→+∞ ln n
1
lim × ln n = 0
n→+∞ n
1
lim × (n + 1) = 1
n→+∞ n
∞ 0
3. « ∞ », « 0 », « 1∞ », ...

2.6. Limite et inégalités

Proposition 7.
1. Soient (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites convergentes telles que : ∀n ∈ N, un ⩽ vn . Alors
lim un ⩽ lim vn
n→+∞ n→+∞

2. Soient (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites telles que limn→+∞ un = +∞ et ∀n ∈ N, vn ⩾ un . Alors limn→+∞ vn = +∞.
3. Théorème des « gendarmes » : si (un )n∈N , (vn )n∈N et (w n )n∈N sont trois suites telles que
∀n ∈ N un ⩽ vn ⩽ w n
et limn→+∞ un = ℓ = limn→+∞ w n , alors la suite (vn )n∈N est convergente et limn→+∞ vn = ℓ.

ℓ wn + + + + + + + + + + +
+ + + + +
+ +
+ +
+ + + + + + + +
vn + + + + + +
un +

Remarque.
1. Soit (un )n∈N une suite convergente telle que : ∀n ∈ N, un ⩾ 0. Alors limn→+∞ un ⩾ 0.
2. Attention, si (un )n∈N est une suite convergente telle que : ∀n ∈ N, un > 0, on ne peut affirmer que la limite est
1
strictement positive mais seulement que limn→+∞ un ⩾ 0. Par exemple la suite (un )n∈N donnée par un = n+1 est à
termes strictement positifs, mais converge vers zéro.

Démonstration de la proposition 7.
1. En posant w n = vn − un , on se ramène à montrer que si une suite (w n )n∈N vérifie ∀n ∈ N, w n ⩾ 0 et converge,
alors limn→+∞ w n ⩾ 0. On procède par l’absurde en supposant que ℓ = limn→+∞ w n < 0. En prenant ε = | 2ℓ |
dans la définition de limite (définition 4), on obtient qu’il existe un entier naturel N tel que n ⩾ N implique
|w n − ℓ| < ε = − 2ℓ . En particulier on a pour n ⩾ N que w n < ℓ − 2ℓ = 2ℓ < 0, une contradiction.

0
N
ε ℓ
ℓ+ = +
2 2
+ + wn ⩽ ℓ
<0
+ + + 2

2. Laissé en exercice.
3. En soustrayant la suite (un )n∈N , on se ramène à montrer l’énoncé suivant : si (un )n∈N et (vn )n∈N sont deux suites
telles que : ∀n ∈ N, 0 ⩽ un ⩽ vn et limn→+∞ vn = 0, alors (un ) converge et limn→+∞ un = 0. Soit ε > 0 et N un
entier naturel tel que n ⩾ N implique |vn | < ε. Comme |un | = un ⩽ vn = |vn |, on a donc : n ⩾ N implique |un | < ε.
On a bien montré que limn→+∞ un = 0.
LES SUITES 3. EXEMPLES REMARQUABLES 8

Exemple 7 (Exemple d’application du théorème des « gendarmes »).


Trouver la limite de la suite (un )n∈N de terme général :
(−1)n
un = 2 +
1 + n + n2

Mini-exercices.
1. Soit (un )n∈N la suite définie par un = 2n+1
n+2 . En utilisant la définition de la limite montrer que limn→+∞ un = 2.
Trouver explicitement un rang à partir duquel 1, 999 ⩽ un ⩽ 2, 001.
n+cos n
2. Déterminer la limite ℓ de la suite (un )n∈N∗ de terme général : n−sin n et trouver un entier N tel que si n ⩾ N , on
ait |un − ℓ| ⩽ 10−2 .
3. La suite (un )n∈N de terme général (−1)n e n admet-elle une limite ? Et la suite de terme général u1n ?
p p
4. Déterminer la limite de la suite (un )n⩾1 de terme général n + 1 − n. Idem avec vn = sincos n
n+ln n . Idem avec
n!
w n = nn .

3. Exemples remarquables

3.1. Suite géométrique

Proposition 8 (Suite géométrique).


On fixe un réel a. Soit (un )n∈N la suite de terme général : un = a n .
1. Si a = 1, on a pour tout n ∈ N : un = 1.
2. Si a > 1, alors limn→+∞ un = +∞.
3. Si −1 < a < 1, alors limn→+∞ un = 0.
4. Si a ⩽ −1, la suite (un )n∈N diverge.

Démonstration.
1. est évident.
n n
 
2. Écrivons a = 1+ b avec b > 0. Alors le binôme de Newton s’écrit a n = (1+ b)n = 1+nb+ 2 b2 +· · ·+ k b k +· · ·+ b n .
Tous les termes sont positifs, donc pour tout entier naturel n on a : a n ⩾ 1 + nb. Or limn→+∞ (1 + nb) = +∞ car
b > 0. On en déduit que limn→+∞ a n = +∞.
3. Si a = 0, le résultat est clair. Sinon, on pose b = | 1a |. Alors b > 1 et d’après le point précédent limn→+∞ b n = +∞.
Comme pour tout entier naturel n on a : |a|n = b1n , on en déduit que limn→+∞ |a|n = 0, et donc aussi limn→+∞ a n = 0.
4. Supposons par l’absurde que la suite (un )n∈N converge vers le réel ℓ. De a2 ⩾ 1, on déduit que pour tout entier
naturel n, on a a2n ⩾ 1. En passant à la limite, il vient ℓ ⩾ 1. Comme de plus pour tout entier naturel n on a
a2n+1 ⩽ a ⩽ −1, il vient en passant de nouveau à la limite ℓ ⩽ −1. Mais comme on a déjà ℓ ⩾ 1, on obtient une
contradiction, et donc (un ) ne converge pas.

3.2. Série géométrique

Proposition 9 (Série géométrique).


Pn
Soit a un réel, a ̸= 1. En notant k=0 a k = 1 + a + a2 + · · · + a n , on a :

n
X 1 − a n+1
ak =
k=0
1−a
LES SUITES 3. EXEMPLES REMARQUABLES 9

Démonstration. En multipliant par 1 − a on fait apparaître une somme télescopique (presque tous les termes s’an-
nulent) :
  
(1 − a) 1 + a + a2 + · · · + a n = 1 + a + a2 + · · · + a n − a + a2 + · · · + a n+1 = 1 − a n+1 .

Remarque.
Pn 1
Si a ∈] − 1, 1[ et (un )n∈N est la suite de terme général : un = k=0 a k , alors limn→+∞ un = 1−a . De manière plus
frappante, on peut écrire :
1
1 + a + a2 + a3 + · · · =
1−a
Enfin, ces formules sont aussi valables si a ∈ C \ {1}. Si a = 1, alors 1 + a + a2 + · · · + a n = n + 1.
Exemple 8.
1
L’exemple précédent avec a = 2 donne

1 1 1
1+ + + + · · · = 2.
2 4 8
Cette formule était difficilement concevable avant l’avènement du calcul infinitésimal et a été popularisée sous le nom
du paradoxe de Zénon. On tire une flèche à 2 mètres d’une cible. Elle met un certain laps de temps pour parcourir
la moitié de la distance, à savoir un mètre. Puis il lui faut encore du temps pour parcourir la moitié de la distance
restante, et de nouveau un certain temps pour la moitié de la distance encore restante. On ajoute ainsi une infinité de
durées non nulles, et Zénon en conclut que la flèche n’atteint jamais sa cible !
L’explication est bien donnée par l’égalité ci-dessus : la somme d’une infinité de termes peut bien être une valeur
finie ! ! Par exemple si la flèche va à une vitesse de 1 m/s, alors elle parcoure la première moitié en 1 s, le moitié de la
distance restante en 21 s, etc. Elle parcoure bien toute la distance en 1 + 12 + 41 + 18 + · · · = 2 secondes !

1 1 1
2 4

un+1
3.3. Suites telles que un <ℓ<1

Théorème 1.
Soit (un )n∈N une suite de réels non nuls. On suppose qu’il existe un réel ℓ tel que pour tout entier naturel n (ou seulement
à partir d’un certain rang) on ait :
un+1
< ℓ < 1.
un
Alors limn→+∞ un = 0.

un+1
Démonstration. On suppose que la propriété un < ℓ < 1 est vraie pour tout entier naturel n (la preuve dans le cas
où cette propriété n’est vraie qu’à partir d’un certain rang n’est pas très différente). On écrit
un u1 u2 u3 un
= × × × ··· ×
u0 u0 u1 u2 un−1
ce dont on déduit
un
< ℓ × ℓ × ℓ × · · · × ×ℓ = ℓn
u0
et donc |un | < |u0 |ℓn . Comme ℓ < 1, on a limn→+∞ ℓn = 0. On conclut que limn→+∞ un = 0.

Corollaire 1.
Soit (un )n∈N une suite de réels non nuls.
un+1
Si limn→+∞ un = 0, alors limn→+∞ un = 0.
LES SUITES 3. EXEMPLES REMARQUABLES 10

Exemple 9.
an
Soit a ∈ R. Alors limn→+∞ n! = 0.
an
Démonstration. Si a = 0, le résultat est évident. Supposons a ̸= 0, et posons un = n! . Alors
un+1 a n+1 n! a
= · = .
un (n + 1)! a n n+1
u
Pour conclure, on peut ou bien directement utiliser le corollaire : comme lim un+1
n
= 0 (car a est fixe), on a lim un = 0.
un+1 a
Ou bien, comme un = n+1 , on déduit par le théorème que pour n ⩾ N > 2|a| on a :

un+1 |a| |a| |a| 1


= ⩽ < < =ℓ
un n+1 N +1 N 2
et donc limn→+∞ un = 0.

Remarque.
un+1
1. Avec les notations du théorème, si on a pour tout entier naturel n à partir d’un certain rang : un > ℓ > 1, alors
la suite (un )n∈N diverge. En effet, il suffit d’appliquer le théorème à la suite de terme général |u1n | pour voir que
limn→+∞ |un | = +∞.
2. Toujours avec les notations du théorème, si ℓ = 1 on ne peut rien dire.

Exemple 10.
p
Pour un nombre réel a, a > 0, calculer limn→+∞ n a.
p
On va montrer que limn→+∞ n a = 1. Si a = 1, c’est clair. Supposons a > 1. Écrivons a = 1 + h, avec h > 0. Comme
h n
 ‹
h
1+ ⩾1+n =1+h= a
n n
p
(voir la preuve de la proposition 8) on a en appliquant la fonction racine n-ème, n · :
h p
1 + ⩾ a ⩾ 1.
n

n
p
On peut conclure grâce au théorème « des gendarmes » que limn→+∞ n a = 1. Enfin, si a < 1, on applique le cas
précédent à b = 1a > 1.

3.4. Approximation des réels par des décimaux

Proposition 10.
Soit a ∈ R. Posons
E(10n a)
un = .
10n
Alors un est une approximation décimale de a à 10−n près, en particulier limn→+∞ un = a.

Exemple 11.
π = 3, 14159265 . . .

E(100 π)
u0 = 100 = E(π) = 3
E(101 π) E(31,415...)
u1 = 101 = 10 = 3, 1
E(102 π) E(314,15...)
u2 = 102= 100 = 3, 14
u3 = 3, 141

Démonstration. D’après la définition de la partie entière, on a


E(10n a) ⩽ 10n a < E(10n a) + 1
donc
1
un ⩽ a < un +
10n
ou encore
1
0 ⩽ a − un < .
10n
1 1
Or la suite de terme général 10n est une suite géométrique de raison 10 , donc elle tend vers 0. On en déduit que
limn→+∞ un = a.
LES SUITES 4. THÉORÈME DE CONVERGENCE 11

Exercice 1.
Montrer que la suite (un )n∈N de la proposition 10 est croissante.

Remarque.
1. Les un sont des nombres décimaux, en particulier ce sont des nombres rationnels.
2. Ceci fournit une démonstration de la densité de Q dans R. Pour ε > 0, et I =]a − ε, a + ε[, alors pour n assez
grand, un ∈ I ∩ Q.

Mini-exercices.
1. Déterminer la limite de la suite (un )n∈N de terme général 5n − 4n .
2. Soit vn = 1 + a + a2 + · · · + a n . Pour quelle valeur de a ∈ R la suite (vn )n⩾1 a pour limite 3 (lorsque n → +∞) ?
1+2+22 +···+2n
3. Calculer la limite de 2n .
4. Montrer que la somme des racines n-èmes de l’unité est nulle.
sin((n+ 12 )θ )
5. Montrer que si sin( θ2 ) ̸= 0 alors 1
2 + cos(θ ) + cos(2θ ) + · · · + cos(nθ ) = 2 sin( θ2 )
(penser à ei θ ).
un+1
6. Soit (un )n⩾2 la suite de terme général un = ln(1 + 12 ) × ln(1 + 13 ) × · · · × ln(1 + 1n ). Déterminer la limite de un .
Que peut-on en déduire ?
πn
7. Déterminer la limite de 1×3×5×···×(2n+1) (où π = 3, 14 . . .).
8. Soit a un réel. Montrer que pour tout ε > 0 il existe un couple (m, n) ∈ Z × N (et même une infinité) tel que
a − 2mn ⩽ ε.

4. Théorème de convergence

4.1. Toute suite convergente est bornée


Revenons sur une propriété importante que nous avons déjà démontrée dans la section sur les limites.
Proposition 11.
Toute suite convergente est bornée.

La réciproque est fausse mais nous allons ajouter une hypothèse supplémentaire pour obtenir des résultats.

4.2. Suite monotone

Théorème 2.

Toute suite croissante et majorée est convergente.

Remarque.
Et aussi :
• Toute suite décroissante et minorée est convergente.
• Une suite croissante et qui n’est pas majorée tend vers +∞.
• Une suite décroissante et qui n’est pas minorée tend vers −∞.

Démonstration du théorème 2. Notons A = {un |n ∈ N} ⊂ R. Comme la suite (un )n∈N est majorée, disons par le réel
M , l’ensemble A est majoré par M , et de plus il est non vide. Donc d’après le théorème R4 du chapitre sur les réels,
l’ensemble A admet une borne supérieure : notons ℓ = sup A. Montrons que limn→+∞ un = ℓ. Soit ε > 0. Par la
caractérisation de la borne supérieure, il existe un élément uN de A tel que ℓ − ε < uN ⩽ ℓ. Mais alors pour n ⩾ N on
a ℓ − ε < uN ⩽ un ⩽ ℓ, et donc |un − ℓ| ⩽ ε.
LES SUITES 4. THÉORÈME DE CONVERGENCE 12

4.3. Deux exemples


La limite ζ(2)

Soit (un )n⩾1 la suite de terme général :


1 1 1
un = 1 + + + ··· + 2.
22 32 n
1
• La suite (un )n⩾1 est croissante : en effet un+1 − un = (n+1)2 > 0.
1
• Montrons par récurrence que pour tout entier naturel n ⩾ 1 on a un ⩽ 2 − n .
1
— Pour n = 1, on a u1 = 1 ⩽ 1 = 2 − 1 .
1
— Fixons n ⩾ 1 pour lequel on suppose un ⩽ 2 − 1n . Alors un+1 = un + (n+1)2 ⩽ 2−
1
n
1
+ (n+1)2 . Or
1
(n+1)2 ⩽ 1
n(n+1) =
1 1 1
− n donc un+1 ⩽ 2 −
n+1 , n+1 ,
ce qui achève la récurrence.
• Donc la suite (un )n⩾1 est croissante et majorée par 2 : elle converge.
On note ζ(2) cette limite, vous montrerez plus tard qu’en fait ζ(2) = π6 .
2

Suite harmonique

C’est la suite (un )n⩾1 de terme général :


1 1 1
un = 1 + + + ··· + .
2 3 n
Calculons limn→+∞ un .
1
• La suite (un )n⩾1 est croissante : en effet un+1 − un = n+1 > 0.
1 1 1 1 1 1 1
• Minoration de u2p − u2p−1 . On a u2 − u1 = 1 + 2 − 1 = 2 ; u4 − u2 = 3 + 4 > 4 + 4 = 2 , et en général :
1 1 1 1 1
u2p − u2p−1 = p−1 + p−1 + · · · + p > 2 p−1 × p =
|2 + 1 2 {z+ 2 2} 2 2
2 p−1 =2 p −2 p−1 termes ⩾ 21p

• limn→+∞ un = +∞. En effet


p
u2p − 1 = u2p − u1 = (u2 − u1 ) + (u4 − u2 ) + · · · + (u2p − u2p−1 ) ⩾
2
donc la suite (un )n⩾1 est croissante mais n’est pas bornée, donc elle tend vers +∞.

4.4. Suites adjacentes

Définition 7.
Les suites (un )n∈N et (vn )n∈N sont dites adjacentes si
1. (un )n∈N est croissante et (vn )n∈N est décroissante,
2. pour tout n ⩾ 0, on a un ⩽ vn ,
3. limn→+∞ (vn − un ) = 0.

Théorème 3.

Si les suites (un )n∈N et (vn )n∈N sont adjacentes,


elles convergent vers la même limite.

Il y a donc deux résultats dans ce théorème, la convergence de (un ) et (vn ) et en plus l’égalité des limites. Les termes
de la suites sont ordonnées ainsi :
u0 ⩽ u1 ⩽ u2 ⩽ · · · ⩽ un ⩽ · · · · · · ⩽ vn ⩽ · · · ⩽ v2 ⩽ v1 ⩽ v0

Démonstration.
• La suite (un )n∈N est croissante et majorée par v0 , donc elle converge vers une limite ℓ.
• La suite (vn )n∈N est décroissante et minorée par u0 , donc elle converge vers une limite ℓ′ .
• Donc ℓ′ − ℓ = limn→+∞ (vn − un ) = 0, d’où ℓ′ = ℓ.
LES SUITES 4. THÉORÈME DE CONVERGENCE 13

Exemple 12.
Reprenons l’exemple de ζ(2). Soient (un ) et (vn ) les deux suites définies pour n ⩾ 1 par
n
X 1 1 1 1 2
un = = 1 + 2 + 2 + · · · + 2 et vn = un + .
k=1
k 2 2 3 n n + 1
Montrons que (un ) et (vn ) sont deux suites adjacentes :
1
1. (a) (un ) est croissante car un+1 − un = (n+1)2 > 0.
(b) (vn ) est décroissante :
1 2 2 n+2+2(n+1)2 −2(n+1)(n+2) −n
vn+1 − vn = (n+1) 2 + n+2 − n+1 = (n+2)(n+1)2 = (n+2)(n+1)2 <0
2
2. Pour tout n ⩾ 1 : vn − un = n+1 > 0, donc un ⩽ vn .
2
3. Enfin comme vn − un = n+1 alors lim(vn − un ) = 0.
Les suites (un ) et (vn ) sont deux suites adjacentes, elles convergent donc vers une même limite finie ℓ. Nous avons
en plus l’encadrement un ⩽ ℓ ⩽ vn pour tout n ⩾ 1. Ceci fournit des approximations de la limite : par exemple pour
n = 3, 1 + 14 + 91 ⩽ ℓ ⩽ 1 + 41 + 91 + 12 donc 1, 3611 . . . ⩽ ℓ ⩽ 1, 8611 . . .
Exercice 2.
Soit (un )n⩾1 la suite de terme général :
1 1 1
3
+ 3 + ··· + 3.
un = 1 +
2 3 n
1
Montrer que la suite (un )n⩾1 converge (on pourra considérer la suite (vn )n⩾1 de terme général vn = un + n2 ).

Remarque.
On note ζ(3) cette limite. On l’appelle aussi constante d’Apéry qui a prouvé en 1978 que ζ(3) ∈
/ Q.

4.5. Théorème de Bolzano-Weierstrass

Définition 8.
Soit (un )n∈N une suite. Une suite extraite ou sous-suite de (un )n∈N est une suite de la forme (uφ(n) )n∈N , où
φ : N → N est une application strictement croissante.

+ + +
+ + +
+
+
+
+
+ +
+
φ(0) φ(1) φ(2) φ(3)

Exemple 13.
Soit la suite (un )n∈N de terme général un = (−1)n .
• Si on considère φ : N → N donnée par φ(n) = 2n, alors la suite extraite correspondante a pour terme général
uφ(n) = (−1)2n = 1, donc la suite (uφ(n) )n∈N est constante égale à 1.
• Si on considère ψ : N → N donnée par ψ(n) = 3n, alors la suite extraite correspondante a pour terme général
n
uψ(n) = (−1)3n = (−1)3 = (−1)n . La suite (uψ(n) )n∈N est donc égale à (un )n∈N .

1 + + + + + 1 + + + + +

φ(0) = 0 φ(1) = 2 φ(2) = 4 φ(3) = 6 ψ(0) = 0 ψ(1) = 3 ψ(2) = 6

0 0

-1 + + + + -1 + + + +
LES SUITES 4. THÉORÈME DE CONVERGENCE 14

Proposition 12.
Soit (un )n∈N une suite. Si limn→+∞ un = ℓ, alors pour toute suite extraite (uφ(n) )n∈N on a limn→+∞ uφ(n) = ℓ.

Démonstration. Soit ε > 0. D’après la définition de limite (définition 4), il existe un entier naturel N tel que n ⩾ N
implique |un − ℓ| < ε. Comme l’application φ est strictement croissante, on montre facilement par récurrence que
pour tout n, on a φ(n) ⩾ n. Ceci implique en particulier que si n ⩾ N , alors aussi φ(n) ⩾ N , et donc |uφ(n) − ℓ| < ε.
Donc la définition de limite (définition 4) s’applique aussi à la suite extraite.

Corollaire 2.
Soit (un )n∈N une suite. Si elle admet une sous-suite divergente, ou bien si elle admet deux sous-suites convergeant vers
des limites distinctes, alors elle diverge.

Exemple 14.
Soit la suite (un )n∈N de terme général un = (−1)n . Alors (u2n )n∈N converge vers 1, et (u2n+1 )n∈N converge vers −1 (en
fait ces deux sous-suites sont constantes). On en déduit que la suite (un )n∈N diverge.
Exercice 3.
Soit (un )n∈N une suite. On suppose que les deux sous-suites (u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N convergent vers la même limite ℓ.
Montrer que (un )n∈N converge également vers ℓ.
Terminons par un résultat théorique très important.
Théorème 4 (Théorème de Bolzano-Weierstrass).
Toute suite bornée admet une sous-suite convergente.

Exemple 15.
1. On considère la suite (un )n∈N de terme général un = (−1)n . Alors on peut considérer les deux sous-suites (u2n )n∈N
et (u2n+1 )n∈N .
2. On considère la suite (vn )n∈N de terme général vn = cos n. Le théorème affirme qu’il existe une sous-suite
convergente, mais il est moins facile de l’expliciter.

Démonstration du théorème 4. On procède par dichotomie. L’ensemble des valeurs de la suite est par ”hypothèse—
a +b
contenu dans un intervalle [a, b]. Posons a0 = a, b0 = b, φ(0) = 0. Au moins l’un des deux intervalles a0 , 0 2 0
a +b
” —
ou 0 2 0 , b0 contient un pour une infinité d’indices n. On note [a1 , b1 ] un tel intervalle, et on note φ(1) un entier
φ(1) > φ(0) tel que uφ(1) ∈ [a1 , b1 ].

a1 b1

a0 b0

En itérant cette construction, on construit pour tout entier naturel n un intervalle [an , bn ], de longueur b−a 2n , et un
entier φ(n) > φ(n − 1) tel que uφ(n) ∈ [an , bn ]. Notons que par construction la suite (an )n∈N est croissante et la suite
(bn )n∈N est décroissante.
Comme de plus limn→+∞ (bn − an ) = limn→+∞ b−a 2n = 0, les suites (an )n∈N et (bn )n∈N sont adjacentes et donc convergent
vers une même limite ℓ. On peut appliquer le théorème « des gendarmes » pour conclure que limn→+∞ uφ(n) = ℓ.

Mini-exercices.
1. Soit (un )n∈N la suite définie par u0 = 1 et pour n ⩾ 1, un = 2 + un−1 . Montrer que cette suite est croissante et
p

majorée par 2. Que peut-on en conclure ?


ln 4 ln 6 ln 8 ln(2n)
2. Soit (un )n⩾2 la suite définie par un = ln 5 × ln 7 × ln 9 × ··· × ln(2n+1) . Étudier la croissance de la suite. Montrer
que la suite (un ) converge.
3. Soit N ⩾ 1 un entier et (un )n∈N la suite de terme général un = cos( nπ N ). Montrer que la suite diverge.
Pn 1 1
4. Montrer que les suites de terme général un = k=1 k! et vn = un + n·(n!) sont adjacentes. Que peut-on en déduire ?
Pn (−1)k+1
5. Soit (un )n⩾1 la suite de terme général k=1 k . On considère les deux suites extraites de terme général
vn = u2n et w n = u2n+1 . Montrer que les deux suites (vn )n⩾1 et (w n )n⩾1 sont adjacentes. En déduire que la suite
LES SUITES 5. SUITES RÉCURRENTES 15

(un )n⩾1 converge.


6. Montrer qu’une suite bornée et divergente admet deux sous-suites convergeant vers des valeurs distinctes.

5. Suites récurrentes
Les suites récurrentes définies par une fonction forment une catégorie essentielle de suites.
Ce paragraphe est l’aboutissement de notre étude des suites, mais sa lecture nécessite aussi la maîtrise préalable de
l’étude de fonctions (voir « Limites et fonctions continues »).

5.1. Suite récurrente définie par une fonction


Soit f : R → R une fonction. Une suite récurrente est définie par son premier terme et une relation permettant de
calculer les termes de proche en proche :
u0 ∈ R et un+1 = f (un ) pour n ⩾ 0.
Une suite récurrente est donc définie par deux données : un terme initial u0 , et une relation de récurrence un+1 = f (un ).
La suite s’écrit ainsi :
u0 , u1 = f (u0 ), u2 = f (u1 ) = f ( f (u0 )), u3 = f (u2 ) = f ( f ( f (u0 ))), . . .
Le comportement d’une telle suite peut très vite devenir complexe.
Exemple 16.
p p
Soit f (x) = 1 + x. Fixons u0 = 2 et définissons pour n ⩾ 0 : un+1 = f (un ). C’est-à-dire un+1 = 1 + un . Alors les
premiers termes de la suite sont :
È
p p p p
Æ Ç Æ Ç Æ
2, 1 + 2, 1 + 1 + 2, 1 + 1 + 1 + 2, 1 + 1 + 1 + 1 + 2, . . .
Une suite récurrente donnée n’est pas forcément convergente. Lorsqu’elle admet une limite, l’ensemble des valeurs
possibles est restreint par le résultat essentiel suivant.
Proposition 13.
Si f est une fonction continue et la suite récurrente (un ) converge vers ℓ, alors ℓ est une solution de l’équation :

f (ℓ) = ℓ

Si on arrive à montrer que la limite existe, cette proposition affirme qu’elle est à chercher parmi les solutions de
l’équation f (ℓ) = ℓ.
y

y=x

ℓ1
ℓ2 ℓ3 x

Une valeur ℓ, vérifiant f (ℓ) = ℓ est un point fixe de f . La preuve est très simple et utilise essentiellement la continuité
de la fonction f :

Démonstration. Lorsque n → +∞, un → ℓ et donc aussi un+1 → ℓ. Comme un → ℓ et que f est continue alors la suite
( f (un )) → f (ℓ). La relation un+1 = f (un ) devient à la limite (lorsque n → +∞) : ℓ = f (ℓ).
LES SUITES 5. SUITES RÉCURRENTES 16

Nous allons étudier en détail deux cas particuliers, celui ou la fonction est croissante, puis celui ou la fonction est
décroissante.

5.2. Cas d’une fonction croissante


Commençons par remarquer que pour une fonction croissante, le comportement de la suite (un ) définie par récurrence
est assez simple :
• Si u1 ⩾ u0 alors (un ) est croissante.
• Si u1 ⩽ u0 alors (un ) est décroissante.
La preuve est facile par récurrence : par exemple si u1 ⩾ u0 , alors comme f est croissante on a u2 = f (u1 ) ⩾ f (u0 ) = u1 .
Partant de u2 ⩾ u1 on en déduit u3 ⩾ u2 ,...

Voici le résultat principal :


Proposition 14.
Si f : [a, b] → [a, b] une fonction continue et croissante, alors quelque soit u0 ∈ [a, b], la suite récurrente (un ) est
monotone et converge vers ℓ ∈ [a, b] vérifiant f (ℓ) = ℓ .

Il y a une hypothèse importante qui est un peu cachée : f va de l’intervalle [a, b] dans lui-même. Dans la pratique,
pour appliquer cette proposition, il faut commencer par choisir [a, b] et vérifier que f ([a, b]) ⊂ [a, b].

f ([a, b])

a b x

Démonstration. La preuve est une conséquence des résultats précédents. Par exemple si u1 ⩾ u0 alors la suite (un ) est
croissante, comme par ailleurs elle est majorée par b, elle converge vers un réel ℓ. Par la proposition 13, on a f (ℓ) = ℓ.
Si u1 ⩽ u0 , (un ) est une décroissante et minorée par a, et la conclusion est la même.

Exemple 17.
Soit f : R → R définie par f (x) = 14 (x 2 − 1)(x − 2) + x et u0 ∈ [0, 2]. Étudions la suite (un ) définie par récurrence :
un+1 = f (un ) (pour tout n ⩾ 0).
1. Étude de f
(a) f est continue sur R.
(b) f est dérivable sur R et f ′ (x) > 0.
(c) Sur l’intervalle [0, 2], f est strictement croissante.
1
(d) Et comme f (0) = 2 et f (2) = 2 alors f ([0, 2]) ⊂ [0, 2].
2. Graphe de f
LES SUITES 5. SUITES RÉCURRENTES 17

f
y

( y = x)

u0 u1 u2 1 u′1 u′0 2 x

Voici comment tracer la suite : on trace le graphe de f et la bissectrice ( y = x). On part d’une valeur u0 (en rouge)
sur l’axe des abscisses, la valeur u1 = f (u0 ) se lit sur l’axe des ordonnées, mais on reporte la valeur de u1 sur l’axe
des abscisses par symétrie par rapport à la bissectrice. On recommence : u2 = f (u1 ) se lit sur l’axe des ordonnées
et on le reporte sur l’axe des abscisses, etc. On obtient ainsi une sorte d’escalier, et graphiquement on conjecture
que la suite est croissante et tend vers 1. Si on part d’une autre valeur initiale u′0 (en vert), c’est le même principe,
mais cette fois on obtient un escalier qui descend.
3. Calcul des points fixes.
Cherchons les valeurs x qui vérifient ( f (x) = x), autrement dit ( f (x) − x = 0), mais
1
f (x) − x = (x 2 − 1)(x − 2) (1)
4
Donc les points fixes sont les {−1, 1, 2}. La limite de (un ) est donc à chercher parmi ces 3 valeurs.
4. Premier cas : u0 = 1 ou u0 = 2.
Alors u1 = f (u0 ) = u0 et par récurrence la suite (un ) est constante (et converge donc vers u0 ).
5. Deuxième cas : 0 ⩽ u0 < 1.
• Comme f ([0, 1]) ⊂ [0, 1], la fonction f se restreint sur l’intervalle [0, 1] en une fonction f : [0, 1] → [0, 1].
• De plus sur [0, 1], f (x) − x ⩾ 0. Cela se déduit de l’étude de f ou directement de l’expression (1).
• Pour u0 ∈ [0, 1[, u1 = f (u0 ) ⩾ u0 d’après le point précédent. Comme f est croissante, par récurrence, comme
on l’a vu, la suite (un ) est croissante.
• La suite (un ) est croissante et majorée par 1, donc elle converge. Notons ℓ sa limite.
• D’une part ℓ doit être un point fixe de f : f (ℓ) = ℓ. Donc ℓ ∈ {−1, 1, 2}.
• D’autre part la suite (un ) étant croissante avec u0 ⩾ 0 et majorée par 1, donc ℓ ∈ [0, 1].
• Conclusion : si 0 ⩽ u0 < 1 alors (un ) converge vers ℓ = 1.
6. Troisième cas : 1 < u0 < 2.
La fonction f se restreint en f : [1, 2] → [1, 2]. Sur l’intervalle [1, 2], f est croissante mais cette fois f (x) ⩽ x.
Donc u1 ⩽ u0 , et la suite (un ) est décroissante. La suite (un ) étant minorée par 1, elle converge. Si on note ℓ sa
limite alors d’une part f (ℓ) = ℓ, donc ℓ ∈ {−1, 1, 2}, et d’autre part ℓ ∈ [1, 2[. Conclusion : (un ) converge vers
ℓ = 1.
Le graphe de f joue un rôle très important, il faut le tracer même si on ne le demande pas explicitement. Il permet
de se faire une idée très précise du comportement de la suite : Est-elle croissante ? Est-elle positive ? Semble-t-elle
converger ? Vers quelle limite ? Ces indications sont essentielles pour savoir ce qu’il faut montrer lors de l’étude de la
suite.
LES SUITES 5. SUITES RÉCURRENTES 18

5.3. Cas d’une fonction décroissante

Proposition 15.
Soit f : [a, b] → [a, b] une fonction continue et décroissante. Soit u0 ∈ [a, b] et la suite récurrente (un ) définie par
un+1 = f (un ). Alors :
• La sous-suite (u2n ) converge vers une limite ℓ vérifiant f ◦ f (ℓ) = ℓ.
• La sous-suite (u2n+1 ) converge vers une limite ℓ′ vérifiant f ◦ f (ℓ′ ) = ℓ′ .

Il se peut (ou pas !) que ℓ = ℓ′ .

Démonstration. La preuve se déduit du cas croissant. La fonction f étant décroissante, la fonction f ◦ f est croissante.
Et on applique la proposition 14 à la fonction f ◦ f et à la sous-suite (u2n ) définie par récurrence u2 = f ◦ f (u0 ),
u4 = f ◦ f (u2 ),. . .
De même en partant de u1 et u3 = f ◦ f (u1 ),. . .

Exemple 18.

1 1
f (x) = 1 + , u0 > 0, un+1 = f (un ) = 1 +
x un
1. Étude de f . La fonction f :]0, +∞[→]0, +∞[ est une fonction continue et strictement décroissante.
2. Graphe de f .
y

u0 1 u2 u3 2 u1 x

Le principe pour tracer la suite est le même qu’auparavant : on place u0 , on trace u1 = f (u0 ) sur l’axe des ordonnées
et on le reporte par symétrie sur l’axe des abscisses,... On obtient ainsi une sorte d’escargot, et graphiquement
on conjecture que la suite converge vers le point fixe de f . En plus on note que la suite des termes de rang pair
semble une suite croissante, alors que la suite des termes de rang impair semble décroissante.
3. Points fixes de f ◦ f .

 1 1 x 2x + 1
f ◦ f (x) = f f (x) = f 1 + =1+ =1+ =
x 1+ 1
x
x +1 x +1
Donc p p 
2x + 1 1− 5 1+ 5

f ◦ f (x) = x ⇐⇒ = x ⇐⇒ x 2 − x − 1 = 0 ⇐⇒ x ∈ ,
x +1 2 2
p
1+ 5
Comme la limite doit être positive, le seul point fixe à considérer est ℓ = 2 .
Attention ! Il y a un unique point fixe, mais on ne peut pas conclure à ce stade car f est définie sur ]0, +∞[ qui
n’est pas un intervalle compact.
LES SUITES 5. SUITES RÉCURRENTES 19
p
1+ 5
4. Premier cas 0 < u0 ⩽ ℓ = 2 .
Alors, u1 = f (u0 ) ⩾ f (ℓ) = ℓ ; et par une étude de f ◦ f (x) − x, on obtient que : u2 = f ◦ f (u0 ) ⩾ u0 ; u1 ⩾
f ◦ f (u1 ) = u3 .
Comme u2 ⩾ u0 et f ◦ f est croissante, la suite (u2n ) est croissante. De même u3 ⩽ u1 , donc la suite (u2n+1 ) est
décroissante. De plus comme u0 ⩽ u1 , en appliquant f un nombre pair de fois, on obtient que u2n ⩽ u2n+1 . La
situation est donc la suivante :
u0 ⩽ u2 ⩽ · · · ⩽ u2n ⩽ · · · ⩽ u2n+1 ⩽ · · · ⩽ u3 ⩽ u1
La suite (u2n ) pest croissante et majorée par u1 , donc elle converge. Sa limite ne peut être que l’unique point fixe de
f ◦ f : ℓ = 1+2 5 .
p
1+ 5
La suite (u2n+1 ) est décroissante et minorée par u0 , donc elle converge aussi vers ℓ = 2 .
p
1+ 5
On en conclut que la suite (un ) converge vers ℓ = 2 .
p
1+ 5
5. Deuxième cas u0 ⩾ ℓ = 2 .
p
1+ 5
On montre de la même façon que (u2n ) est décroissante et converge vers 2 , et que (u2n+1 ) est croissante et
p
1+ 5
converge aussi vers 2 .

Mini-exercices.
1. Soit f (x) = 19 x 3 + 1, u0 = 0 et pour n ⩾ 0 : un+1 = f (un ). Étudier en détail la suite (un ) : (a) montrer que un ⩾ 0 ;
(b) étudier et tracer le graphe de f ; (c) tracer les premiers termes de (un ) ; (d) montrer que (un ) est croissante ;
(e) étudier la fonction g(x) = f (x) − x ; (f) montrer que f admet deux points fixes sur R+ , 0 < ℓ < ℓ′ ; (g)
montrer que f ([0, ℓ]) ⊂ [0, ℓ] ; (h) en déduire que (un ) converge vers ℓ.
p
2. Soit f (x) = 1 + x, u0 = 2 et pour n ⩾ 0 : un+1 = f (un ). Étudier en détail la suite (un ).
3. Soit (un )n∈N la suite définie par : u0 ∈ [0, 1] et un+1 = un − u2n . Étudier en détail la suite (un ).
4
4. Étudier la suite définie par u0 = 4 et un+1 = un +2 .

Auteurs du chapitre
Auteurs : Arnaud Bodin, Niels Borne, Laura Desideri
Dessins : Benjamin Boutin
Exo7

Suites

1 Convergence
Exercice 1
Montrer que toute suite convergente est bornée.
Indication ▼ Correction ▼ Vidéo ■ [000506]

Exercice 2
Montrer qu’une suite d’entiers qui converge est constante à partir d’un certain rang.
Indication ▼ Correction ▼ Vidéo ■ [000519]

Exercice 3
Montrer que la suite (un )n∈N définie par
1
un = (−1)n +
n
n’est pas convergente.
Indication ▼ Correction ▼ Vidéo ■ [000507]

Exercice 4
Soit (un )n∈N une suite de R. Que pensez-vous des propositions suivantes :
• Si (un )n converge vers un réel ℓ alors (u2n )n et (u2n+1 )n convergent vers ℓ.
• Si (u2n )n et (u2n+1 )n sont convergentes, il en est de même de (un )n .
• Si (u2n )n et (u2n+1 )n sont convergentes, de même limite ℓ, il en est de même de (un )n .
Indication ▼ Correction ▼ Vidéo ■ [000505]

Exercice 5
2nπ
Soit q un entier au moins égal à 2. Pour tout n ∈ N, on pose un = cos .
q
1. Montrer que un+q = un pour tout n ∈ N.

2. Calculer unq et unq+1 . En déduire que la suite (un ) n’a pas de limite.

Indication ▼ Correction ▼ Vidéo ■ [000524]

Exercice 6
1 1
Soit Hn = 1 + + · · · + .
2 n
1 1
1. En utilisant une intégrale, montrer que pour tout n > 0 : ⩽ ln(n + 1) − ln(n) ⩽ .
n+1 n
2. En déduire que ln(n + 1) ⩽ Hn ⩽ ln(n) + 1.

3. Déterminer la limite de Hn .

4. Montrer que un = Hn − ln(n) est décroissante et positive.

1
5. Conclusion ?
Indication ▼ Correction ▼ Vidéo ■ [000520]

Exercice 7
On considère la fonction f : R −→ R définie par

x3 2x 1
f (x) = + +
9 3 9
et on définit la suite (xn )n⩾0 en posant x0 = 0 et xn+1 = f (xn ) pour n ∈ N.
1. Montrer que l’équation x3 − 3x + 1 = 0 possède une solution unique α ∈]0, 1/2[.

2. Montrer que l’équation f (x) = x est équivalente à l’équation x3 − 3x + 1 = 0 et en déduire que α est
l’unique solution de l’équation f (x) = x dans l’intervalle [0, 1/2].

3. Montrer que la fonction f est croissante sur R+ et que f (R+ ) ⊂ R+ . En déduire que la suite (xn ) est
croissante.

4. Montrer que f (1/2) < 1/2 et en déduire que 0 ⩽ xn < 1/2 pour tout n ⩾ 0.

5. Montrer que la suite (xn )n⩾0 converge vers α.


Indication ▼ Correction ▼ Vidéo ■ [000539]

2 Limites
Exercice 8
Posons u2 = 1 − 212 et pour tout entier n ⩾ 3,
    
1 1 1
un = 1 − 2 1− 2 ··· 1− 2 .
2 3 n
1
Calculer un . En déduire que l’on a lim un = .
2
Indication ▼ Correction ▼ Vidéo ■ [000563]

Exercice 9
Déterminer les limites lorsque n tend vers l’infini des suites ci-dessous ; pour chacune, essayer de préciser en
quelques mots la méthode employée.
1 1 (−1)n−1
1. 1 ; − ; ; . . . ; ; ...
2 3 n
2. 2/1 ; 4/3 ; 6/5 ; . . . ; 2n/(2n − 1) ; . . .

3. 0,23 ; 0,233 ; . . . ; 0,233 · · · 3 ; . . .


1 2 n−1
4. + +···+ 2
n2 n2 n
(n + 1)(n + 2)(n + 3)
5.
n3
 
1 + 3 + 5 + · · · + (2n − 1) 2n + 1
6. −
n+1 2
n + (−1)n
7.
n − (−1)n

2
2n+1 + 3n+1
8.
2n + 3n
r q
√ √ √
q
n

9. 1/2 + 1/4 + 1/8 + · · · + 1/2 puis 2; 2 2; 2 2 2 ; ...

(−1)n
 
1 1 1
10. 1 − + − + · · · +
3 9 27 3n
√ √ 
11. n+1− n
n sin(n!)
12.
n2 + 1
2 +32 +···+n2
13. Démontrer la formule 1 + 22 + 32 + · · · + n2 = 16 n(n + 1)(2n + 1) ; en déduire limn→∞ 1+2 n3
.
Correction ▼ Vidéo ■ [000568]

Exercice 10
On considère les deux suites :
1 1 1
un = 1 + + + · · · + ; n ∈ N,
2! 3! n!
1
vn = un + ; n ∈ N.
n!
Montrer que (un )n et (vn )n convergent vers une même limite. Et montrer que cette limite est un élément de
R\Q.
Indication ▼ Correction ▼ Vidéo ■ [000570]

Exercice 11
Soit a > 0. On définit la suite (un )n⩾0 par u0 un réel vérifiant u0 > 0 et par la relation
 
1 a
un+1 = un + .
2 un

On se propose de montrer que (un ) tend vers a.
1. Montrer que
(un 2 − a)2
un+1 2 − a = .
4un 2

2. Montrer que si n ⩾ 1 alors un ⩾ a puis que la suite (un )n⩾1 est décroissante.

3. En déduire que la suite (un ) converge vers a.
√ √ √
4. En utilisant la relation un+1 2 − a = (un+1 − a)(un+1 + a) donner une majoration de un+1 − a en

fonction de un − a.

5. Si u1 − a ⩽ k et pour n ⩾ 1 montrer que
2n−1
√ √

k
un − a ⩽ 2 a √ .
2 a

6. Application : Calculer 10 avec une précision de 8 chiffres après la virgule, en prenant u0 = 3.
Indication ▼ Correction ▼ Vidéo ■ [000569]

Exercice 12
Soient a et b deux réels, a < b. On considère la fonction f : [a, b] −→ [a, b] supposée continue et une suite
récurrente (un )n définie par :
u0 ∈ [a, b] et pour tout n ∈ N, un+1 = f (un ).

3
1. On suppose ici que f est croissante. Montrer que (un )n est monotone et en déduire sa convergence vers
une solution de l’équation f (x) = x.

2. Application. Calculer la limite de la suite définie par :


4un + 5
u0 = 4 et pour tout n ∈ N, un+1 = .
un + 3

3. On suppose maintenant que f est décroissante. Montrer que les suites (u2n )n et (u2n+1 )n sont monotones
et convergentes.

4. Application. Soit
1
u0 = et pour tout n ∈ N, un+1 = (1 − un )2 .
2
Calculer les limites des suites (u2n )n et (u2n+1 )n .

Indication ▼ Correction ▼ Vidéo ■ [000571]

Exercice 13
√ a+b
1. Soient a, b > 0. Montrer que ab ⩽ 2 .

2. Montrer les inégalités suivantes (b ⩾ a > 0) :

a+b √
a⩽ ⩽b et a⩽ ab ⩽ b.
2

3. Soient u0 et v0 des réels strictement positifs avec u0 < v0 . On définit deux suites (un ) et (vn ) de la façon
suivante :
√ un + vn
un+1 = un vn et vn+1 = .
2
(a) Montrer que un ⩽ vn quel que soit n ∈ N.
(b) Montrer que (vn ) est une suite décroissante.
(c) Montrer que (un ) est croissante En déduire que les suites (un ) et (vn ) sont convergentes et quelles
ont même limite.

Indication ▼ Correction ▼ Vidéo ■ [000572]

Exercice 14
Soit n ⩾ 1.
n
1. Montrer que l’équation ∑ xk = 1 admet une unique solution, notée an , dans [0, 1].
k=1

2. Montrer que (an )n∈N est décroissante minorée par 12 .

3. Montrer que (an ) converge vers 12 .

Indication ▼ Correction ▼ Vidéo ■ [000574]

4
Indication pour l’exercice 1 ▲
Écrire la définition de la convergence d’une suite (un ) avec les “ε”. Comme on a une proposition qui est vraie
pour tout ε > 0, c’est en particulier vrai pour ε = 1. Cela nous donne un “N”. Ensuite séparez la suite en deux
: regardez les n < N (il n’y a qu’un nombre fini de termes) et les n ⩾ N (pour lequel on utilise notre ε = 1).

Indication pour l’exercice 2 ▲


Écrire la convergence de la suite et fixer ε = 21 . Une suite est stationnaire si, à partir d’un certain rang, elle est
constante.

Indication pour l’exercice 3 ▲


On prendra garde à ne pas parler de limite d’une suite sans savoir au préalable qu’elle converge !
Vous pouvez utiliser le résultat du cours suivant : Soit (un ) une suite convergeant vers la limite ℓ alors toute
sous-suite (vn ) de (un ) a pour limite ℓ.

Indication pour l’exercice 4 ▲


Dans l’ordre c’est vrai, faux et vrai. Lorsque c’est faux chercher un contre-exemple, lorsque c’est vrai il faut le
prouver.

Indication pour l’exercice 5 ▲


Pour la deuxième question, raisonner par l’absurde et trouver deux sous-suites ayant des limites distinctes.

Indication pour l’exercice 6 ▲

1. En se rappelant que l’intégrale calcule une aire montrer :


Z n+1
1 dt 1
⩽ ⩽ .
n+1 n t n

2. Pour chacune des majorations, il s’agit de faire la somme de l’inégalité précédente et de s’apercevoir que
d’un coté on calcule Hn et de l’autre les termes s’éliminent presque tous deux à deux.

3. La limite est +∞.

4. Calculer un+1 − un .

5. Que fait une suite décroissante et minorée ?

Indication pour l’exercice 7 ▲


Pour la première question : attention on ne demande pas de calculer α ! L’existence vient du théorème des
valeurs intermédiaires. L’unicité vient du fait que la fonction est strictement croissante.
Pour la dernière question : il faut d’une part montrer que (xn ) converge et on note ℓ sa limite et d’autre part il
faut montrer que ℓ = α.

Indication pour l’exercice 8 ▲


(k−1)(k+1)
Remarquer que 1 − k12 = k.k . Puis simplifier l’écriture de un .

Indication pour l’exercice 10 ▲

1. Montrer que (un ) est croissante et (vn ) décroissante.

5
2. Montrer que (un ) est majorée et (vn ) minorée. Montrer que ces suites ont la même limite.
p p
3. Raisonner par l’absurde : si la limite ℓ = q alors multiplier l’inégalité uq ⩽ q ⩽ vq par q! et raisonner
avec des entiers.

Indication pour l’exercice 11 ▲

1. C’est un calcul de réduction au même dénominateur.


un+1
2. Pour montrer la décroisance, montrer un ⩽ 1.

3. Montrer d’abord que la suite converge, montrer ensuite que la limite est a.
√ √
4. Penser à écrire u2n+1 − a = (un+1 − a)(un+1 + a).

5. Raisonner par récurrence.



6. Pour u0 = 3 on a u1 = 3, 166 . . ., donc 3 ⩽ 10 ⩽ u1 et on peut prendre k = 0.17 par exemple et n = 4
suffit pour la précision demandée.

Indication pour l’exercice 12 ▲


Pour la première question et la monotonie il faut raisonner par récurrence. Pour la troisième question, remarquer
que si f est décroissante alors f ◦ f est croissante et appliquer la première question.

Indication pour l’exercice 13 ▲

1. Regarder ce que donne l’inégalité en élevant au carré de chaque coté.

2. Petites manipulations des inégalités.

3. (a) Utiliser 1.
(b) Utiliser 2.
(c) Une suite croissante et majorée converge ; une suite décroissante et minorée aussi.

Indication pour l’exercice 14 ▲


On notera fn : [0, 1] −→ R la fonction définie par fn (x) = ∑nk=1 xk − 1.

1. C’est une étude de la fonction fn .

2. On sait que fn (an ) = 0. Montrer par un calcul que fn (an−1 ) > 0, en déduire la décroissance de (an ). En
calculant fn ( 21 ) montrer que la suite (an ) est minorée par 12 .
1
3. Une fois établie la convergence de (an ) vers une limite ℓ, composer l’inégalité 2 ⩽ ℓ < an par fn .
Conclure.

6
Correction de l’exercice 1 ▲
Soit (un ) une suite convergeant vers ℓ ∈ R. Par définition

∀ε > 0 ∃N ∈ N ∀n ⩾ N |un − ℓ| < ε.

Choisissons ε = 1, nous obtenons le N correspondant. Alors pour n ⩾ N, nous avons |un − ℓ| < 1 ; autrement dit
ℓ − 1 < un < ℓ + 1. Notons M = maxn=0,...,N−1 {un } et puis M ′ = max(M, ℓ + 1). Alors pour tout n ∈ N un ⩽ M ′ .
De même en posant m = minn=0,...,N−1 {un } et m′ = min(m, ℓ − 1) nous obtenons pour tout n ∈ N, un ⩾ m′ .

Correction de l’exercice 2 ▲
Soit (un ) une suite d’entiers qui converge vers ℓ ∈ R. Dans l’intervalle I =]ℓ − 21 , ℓ + 12 [ de longueur 1, il existe
au plus un élément de N. Donc I ∩ N est soit vide soit un singleton {a}.
La convergence de (un ) s’écrit :

∀ε > 0 ∃N ∈ N tel que (n ⩾ N ⇒ |un − ℓ| < ε).

Fixons ε = 21 , nous obtenons un N correspondant. Et pour n ⩾ N, un ∈ I. Mais de plus un est un entier, donc

n ⩾ N ⇒ un ∈ I ∩ N.

En conséquent, I ∩ N n’est pas vide (par exemple uN en est un élément) donc I ∩ N = {a}. L’implication
précédente s’écrit maintenant :
n ⩾ N ⇒ un = a.
Donc la suite (un ) est stationnaire (au moins) à partir de N. En prime, elle est bien évidemment convergente
vers ℓ = a ∈ N.

Correction de l’exercice 3 ▲
Il est facile de se convaincre que (un ) n’a pas de limite, mais plus délicat d’en donner une démonstration
formelle. En effet, dès lors qu’on ne sait pas qu’une suite (un ) converge, on ne peut pas écrire lim un , c’est un
nombre qui n’est pas défini. Par exemple l’égalité

lim (−1)n + 1/n = lim (−1)n


n→∞ n→∞

n’a pas de sens. Par contre voilà ce qu’on peut dire : Comme la suite 1/n tend vers 0 quand n → ∞, la suite
un est convergente si et seulement si la suite (−1)n l’est. De plus, dans le cas où elles sont toutes les deux
convergentes, elles ont même limite. Cette affirmation provient tout simplement du théorème suivant
Théorème : Soient (un ) et (vn ) deux suites convergeant vers deux limites ℓ et ℓ′ . Alors la suite (wn ) définie par
wn = un + vn est convergente (on peut donc parler de sa limite) et lim wn = ℓ + ℓ′ .
De plus, il n’est pas vrai que toute suite convergente doit forcément être croissante et majorée ou décroissante
et minorée. Par exemple, (−1)n /n est une suite qui converge vers 0 mais qui n’est ni croissante, ni décroissante.

Voici maintenant un exemple de rédaction de l’exercice. On veut montrer que la suite (un ) n’est pas convergente.
Supposons donc par l’absurde qu’elle soit convergente et notons ℓ = limn→∞ un . (Cette expression a un sens
puisqu’on suppose que un converge).
Rappel. Une sous-suite de (un ) (on dit aussi suite extraite de (un )) est une suite (vn ) de la forme vn = uφ (n) où
φ est une application strictement croissante de N dans N. Cette fonction φ correspond “au choix des indices
qu’on veut garder” dans notre sous-suite. Par exemple, si on ne veut garder dans la suite (un ) que les termes
pour lesquels n est un multiple de trois, on pourra poser φ (n) = 3n, c’est à dire vn = u3n .

Considérons maintenant les sous-suites vn = u2n et wn = u2n+1 de (un ). On a que vn = 1 + 1/2n → 1 et que
wn = −1 + 1/(2n + 1) → −1. Or on a le théorème suivant sur les sous-suites d’une suite convergente:
Théorème : Soit (un ) une suite convergeant vers la limite ℓ (le théorème est encore vrai si ℓ = +∞ ou ℓ = −∞).
Alors, toute sous-suite (vn ) de (un ) a pour limite ℓ.
Par conséquent, ici, on a que lim vn = ℓ et lim wn = ℓ donc ℓ = 1 et ℓ = −1 ce qui est une contradiction.
L’hypothèse disant que (un ) était convergente est donc fausse. Donc (un ) ne converge pas.

7
Correction de l’exercice 4 ▲

1. Vrai. Toute sous-suite d’une suite convergente est convergente et admet la même limite (c’est un résultat
du cours).
2. Faux. Un contre-exemple est la suite (un )n définie par un = (−1)n . Alors (u2n )n est la suite constante
(donc convergente) de valeur 1, et (u2n+1 )n est constante de valeur −1. Cependant la suite (un )n n’est
pas convergente.
3. Vrai. La convergence de la suite (un )n vers ℓ, que nous souhaitons démontrer, s’écrit :

∀ε > 0 ∃N ∈ N tel que (n ⩾ N ⇒ |un − ℓ| < ε).

Fixons ε > 0. Comme, par hypothèse, la suite (u2p ) p converge vers ℓ alors il existe N1 tel

2p ⩾ N1 ⇒ |u2p − ℓ| < ε.

Et de même, pour la suite (u2p+1 ) p il existe N2 tel que

2p + 1 ⩾ N2 ⇒ |u2p+1 − ℓ| < ε.

Soit N = max(N1 , N2 ), alors


n ⩾ N ⇒ |un − ℓ| < ε.
Ce qui prouve la convergence de (un )n vers ℓ.

Correction de l’exercice 5 ▲
     
2(n+q)π 2nπ
1. un+q = cos q = cos q + 2π = cos 2nπ
q = un .
     
2(nq+1)π
2. unq = cos 2nqπq = cos (2nπ) = 1 = u0 et unq+1 = cos q = cos 2π
q = u1 . Supposons, par
l’absurde que (un ) converge vers ℓ. Alors la sous-suite (unq )n converge vers ℓ comme unq = u0 = 1 pour
tout n alors ℓ = 1. D’autre part la sous-suite (unq+1 )n converge aussi vers ℓ, mais unq+1 = u1 = cos 2π
q ,
2π 2π
donc ℓ = cos q . Nous obtenons une contradiction car pour q ⩾ 2, nous avons cos q ̸= 1. Donc la suite
(un ) ne converge pas.

Correction de l’exercice 6 ▲
1
1. La fonction t 7→ t est décroissante sur [n, n + 1] donc
Z n+1
1 dt 1
⩽ ⩽
n+1 n t n
(C’est un encadrement de l’aire de l’ensemble des points (x, y) du plan tels que x ∈ [n, n+1] et 0 ⩽ y ⩽ 1/x
par l’aire de deux rectangles.) Par calcul de l’intégrale nous obtenons l’inégalité :
1 1
⩽ ln(n + 1) − ln(n) ⩽ .
n+1 n

2. Hn = 1n + n−1 1
+ · · · + 21 + 1, nous majorons chaque terme de cette somme en utilisant l’inégalité 1k ⩽
ln(k) − ln(k − 1) obtenue précédemment : nous obtenons Hn ⩽ ln(n) − ln(n − 1) + ln(n − 1) − ln(n − 2) +
· · · − ln(2) + ln(2) − ln(1) + 1. Cette somme est télescopique (la plupart des termes s’éliminent et en plus
ln(1) = 0) et donne Hn ⩽ ln(n) + 1.
1
L’autre inégalité s’obtient de la façon similaire en utilisant l’inégalité ln(k + 1) − ln(k) ⩽ k .

8
3. Comme Hn ⩾ ln(n + 1) et que ln(n + 1) → +∞ quand n → +∞ alors Hn → +∞ quand n → +∞.
1
4. un+1 − un = Hn+1 − Hn − ln(n + 1) + ln(n) = n+1 − (ln(n + 1) − ln(n)) ⩽ 0 d’après la première question.
Donc un+1 − un ⩽ 0. Ainsi un+1 ⩽ un et la suite (un ) est décroissante.
Enfin comme Hn ⩾ ln(n + 1) alors Hn ⩾ ln(n) et donc un ⩾ 0.

5. La suite (un ) est décroissante et minorée (par 0) donc elle converge vers un réel γ. Ce réel γ s’appelle la
constante d’Euler (d’après Leonhard Euler, 1707-1783, mathématicien d’origine suisse). Cette constante
vaut environ 0, 5772156649 . . . mais on ne sait pas si γ est rationnel ou irrationnel.

Correction de l’exercice 7 ▲

1. La fonction polynomiale P(x) := x3 − 3x + 1 est continue et dérivable sur R et sa dérivée est P′ (x) =
3x2 − 3, qui est strictement négative sur ] − 1, +1[. Par conséquent P est strictement décroissante sur
] − 1, +1[. Comme P(0) = 1 > 0 et P(1/2) = −3/8 < 0 il en résulte grâce au théorème des valeurs
intermédiaires qu’il existe un réel unique α ∈]0, 1/2[ tel que P(α) = 0.

2. Comme f (x) − x = (x3 − 3x + 1)/9 il en résulte que α est l’unique solution de l’équation f (x) = x dans
]0, 1/2[.

3. Comme f ′ (x) = (x2 + 2)/3 > 0 pour tout x ∈ R, on en déduit que f est strictement croissante sur R.
Comme f (0) = 1/9 et limx→+∞ f (x) = +∞, on en déduit que f (R+ ) = [1/9, +∞[. Comme x1 = f (x0 ) =
1/9 > 0 alors x1 > x0 = 0 ; f étant strictement croissante sur R+ , on en déduit par récurrence que
xn+1 > xn pour tout n ∈ N ce qui prouve que la suite (xn ) est croissante.

4. Un calcul simple montre que f (1/2) < 1/2. Comme 0 = x0 < 1/2 et que f est croissante on en déduit
par récurrence que xn < 1/2 pour tout n ∈ N (en effet si xn < 1/2 alors xn+1 = f (xn ) < f (1/2) < 1/2).

5. D’après les questions précédentes, la suite (xn ) est croissante et majorée, elle converge donc vers un
nombre réel ℓ ∈]0, 1/2]. De plus comme xn+1 = f (xn ) pour tout n ∈ N, on en déduit par continuité de f
que ℓ = f (ℓ). Comme f (1/2) < 1/2, On en déduit que ℓ ∈]0, 1/2[ et vérifie l’équation f (ℓ) = ℓ. D’après
la question 2, on en déduit que ℓ = α et donc (xn ) converge vers α.

Correction de l’exercice 8 ▲
2 (k−1)(k+1)
Remarquons d’abord que 1 − k12 = 1−k k2
= k.k . En écrivant les fractions de un sous la cette forme,
l’écriture va se simplifier radicalement:

(2 − 1)(2 + 1) (3 − 1)(3 + 1) (k − 1)(k + 1) (k)(k + 2) (n − 1)(n + 1)


un = ··· ···
2.2 3.3 k.k (k + 1).(k + 1) n.n

Tous les termes des numérateurs se retrouvent au dénominateur (et vice-versa), sauf aux extrémités. D’où:
1 n+1
un = .
2 n
1
Donc (un ) tends vers 2 lorsque n tend vers +∞.

Correction de l’exercice 9 ▲

1. 0.

2. 1.

3. 7/30.

9
4. 1/2.

5. 1.

6. −3/2.

7. 1.

8. 3.

9. 1 ; 2.

10. 3/4.

11. 0.

12. 0.

13. 1/3.

Correction de l’exercice 10 ▲

1
1. La suite (un ) est strictement croissante, en effet un+1 − un = (n+1)! > 0. La suite (vn ) est strictement
décroissante :
1 1 1 1 1 1 2
vn+1 − vn = un+1 − un + − = + − = ( − 1).
(n + 1)! n! (n + 1)! (n + 1)! n! n! n

Donc à partir de n ⩾ 2, la suite (vn ) est strictement décroissante.

2. Comme un ⩽ vn ⩽ v2 , alors (un ) est une suite croissante et majorée. Donc elle converge vers ℓ ∈ R. De
même vn ⩾ un ⩾ u0 , donc (vn ) est une suite décroissante et minorée. Donc elle converge vers ℓ′ ∈ R. De
plus vn − un = n!1 . Et donc (vn − un ) tend vers 0 ce qui prouve que ℓ = ℓ′ .
p
3. Supposons que ℓ ∈ Q, nous écrivons alors ℓ = q avec p, q ∈ N. Nous obtenons pour n ⩾ 2:

p
un ⩽ ⩽ vn .
q

Ecrivons cette égalité pour n = q: uq ⩽ qp ⩽ vq et multiplions par q!: q!uq ⩽ q! qp ⩽ q!vq . Dans cette
double inégalité toutes les termes sont des entiers ! De plus vq = uq + q!1 donc:

p
q!uq ⩽ q! ⩽ q!uq + 1.
q

Donc l’entier q! qp est égal à l’entier q!uq ou à q!uq + 1 = q!vq . Nous obtenons que ℓ = qp est égal à
uq ou à vq . Supposons par exemple que ℓ = uq , comme la suite (un ) est strictement croissante alors
uq < uq+1 < · · · < ℓ, ce qui aboutit à une contradiction. Le même raisonnement s’applique en supposant
ℓ = vq car la suite (vn ) est strictement décroissante. Pour conclure nous avons montré que ℓ n’est pas un
nombre rationnel.

En fait ℓ est le nombre e = exp(1).

Correction de l’exercice 11 ▲

10
1.
2
1 u2n + a

u2n+1 − a = −a
4 un
1
= 2 (u4n − 2au2n + a2 )
4un
1 (u2n − a)2
=
4 u2n

2. Il est clair que pour n ⩾ 0 on a un > 0. D’après l’égalité précédente pour n ⩾ 0, u2n+1 − a ⩾ 0 et comme

un+1 est positif alors un+1 ⩾ a.
  √
Soit n ⩾ 1. Calculons le quotient de un+1 par un : uun+1
n
= 1
2 1 + a
2
un
or ua2 ⩽ 1 car un ⩾ a. Donc uun+1
n
⩽1
n
et donc un+1 ⩽ un . La suite (un )n⩾1 est donc décroissante.

3. La suite (un )n⩾1 est décroissante et minorée par a donc elle converge vers une limite ℓ > 0. D’après la
relation  
1 a
un+1 = un +
2 un
quand n → +∞ alors un → ℓ et un+1 → ℓ. À la limite nous obtenons la relation
1 a
ℓ= ℓ+ .
2 ℓ
√ √
La seule solution positive est ℓ = a. Conclusion (un ) converge vers a.

4. La relation
(u2n − a)2
u2n+1 − a =
4u2n
s’écrit aussi √ √
√ √ (un − a)2 (un + a)2
(un+1 − a)(un+1 + a) = .
4u2n
Donc
√ 2
√ √

1 un + a
un+1 − a = (un − a)2 √
4(un+1 + a) un
√ 2


1 a
⩽ (un − a)2 √ 1+
4(2 a) un
√ 2 1
⩽ (un − a) √
2 a


5. Par récurrence pour n = 1, u1 − a ⩽ k. Si la proposition est vraie rang n, alors
√ 1 √
un+1 − a ⩽ √ (un − a)2
2 a
2n−1 !2
√ 2

1 k
⩽ √ (2 a) √
2 a 2 a
2n


k
⩽2 a √
2 a

11
√ √
6. Soit u0 = 3, alors u1 = 12 (3 + 10
3 ) = 3, 166 . . .. Comme 3 ⩽ 10 ⩽ u1 donc u1 − 10 ⩽ 0.166 . . .. Nous

pouvons choisir k = 0, 17. Pour que l’erreur un − a soit inférieure à 10−8 il suffit de calculer le terme
−10
√ de la question précédente) est inférieure à 1, 53 × 10 .
u4 car alors l’erreur (calculée par la formule
Nous obtenons u4 = 3, 16227766 . . . Bilan 10 = 3, 16227766 . . . avec une précision de 8 chiffres après
la virgule. Le nombre de chiffres exacts double à chaque itération, avec u5 nous aurions (au moins) 16
chiffres exacts, et avec u6 au moins 32. . .

Correction de l’exercice 12 ▲

1. Si u0 ⩽ u1 alors comme f est croissante f (u0 ) ⩽ f (u1 ) donc u1 ⩽ u2 , ensuite f (u1 ) ⩽ f (u2 ) soit u2 ⩽ u3 ,...
Par récurrence on montre que (un ) est décroissante. Comme elle est minorée par a alors elle converge.
Si u0 ⩽ u1 alors la suite (un ) est croissante et majorée par b donc converge.
Notons ℓ la limite de (un )n . Comme f est continue alors ( f (un )) tend vers f (ℓ). De plus la limite de
(un+1 )n est aussi ℓ. En passant à la limite dans l’expression un+1 = f (un ) nous obtenons l’égalité ℓ = f (ℓ).

2. La fonction f définie par f (x) = 4x+5


x+3 est continue et dérivable sur l’intervalle [0, 4] et f ([0, 4]) ⊂ [0, 4].
La fonction f est croissante (calculez sa dérivée). Comme u0 = 4 et u1 = 3 alors (un ) est décroissante.
Calculons la valeur de sa limite ℓ. ℓ est solution de l’équation f (x) = x soit 4x + 5 = x(x + 3). Comme
un ⩾ 0 pour

tout n alors ℓ ⩾ 0. La seule solution positive de l’équation du second degré 4x + 5 = x(x + 3)
1+ 21
est ℓ = 2 = 2, 7912 . . .

3. Si f est décroissante alors f ◦ f est croissante (car x ⩽ y ⇒ f (x) ⩾ f (y) ⇒ f ◦ f (x) ⩽ f ◦ f (y)). Nous
appliquons la première question avec la fonction f ◦ f . La suite (u0 , u2 = f ◦ f (u0 ), u4 = f ◦ f (u2 ), . . .)
est monotone et convergente. De même pour la suite (u1 , u3 = f ◦ f (u1 ), u5 = f ◦ f (u3 ), . . .).

4. La fonction f définie par f (x) = (1−x)2 est continue et dérivable de [0, 1] dans [0, 1]. Elle est décroissante
sur cet intervalle. Nous avons u0 = 12 , u1 = 14 , u2 = 16
9
, u3 = 0, 19 . . .,... Donc la suite (u2n ) est croissante,
nous savons qu’elle converge et notons ℓ sa limite. La suite (u2n+1 ) et décroissante, notons ℓ′ sa limite.
Les limites ℓ et ℓ′ sont des solutions de l’équation f ◦ f (x) = x. Cette équation s’écrit (1 − f (x))2 = x, ou
encore (1 − (1 − x)2 )2 = x soit x2 (2 − x)2 = x. Il y a deux solutions évidentes 0 et 1. Nous factorisons le
polynôme √
x2 (2 − x)2 − x en x(x −√1)(x − λ )(x − µ) avec λ et µ les solutions de l’équation x2 − 3x + 1 :
λ = 3−2 5 = 0, 3819 . . . et µ = 3+2 5 > 1. Les solutions de l’équation f ◦ f (x) = x sont donc {0, 1, λ , µ}.
Comme (u2n ) est croissante et que u0 = 12 alors (u2n ) converge vers ℓ = 1 qui est le seul point fixe de
[0, 1] supérieur à 21 . Comme (u2n+1 ) est décroissante et que u1 = 41 alors (u2n+1 ) converge vers ℓ′ = 0 qui
est le seul point fixe de [0, 1] inférieur à 41 .

Correction de l’exercice 13 ▲

1. Soient a, b > 0. On veut démontrer que ab ⩽ a+b 2 . Comme les deux membres de cette inégalité sont
a+b 2
positifs, cette inégalité est équivalente à ab ⩽ ( 2 ) . De plus,
 2
a+b
ab ⩽ ⇔ 4ab ⩽ a2 + 2ab + b
2

⇔ 0 ⩽ a2 − 2ab + b2
ce qui est toujours vrai car a2 − 2ab + b2 = (a − b)2 est un carré parfait. On a donc bien l’inégalité voulue.

2. Quitte à échanger a et b (ce qui ne change pas les moyennes arithmétique et géométrique, et qui préserve
le fait d’être compris entre a et b), on peut supposer que a ⩽ b. Alors en ajoutant les deux inégalités

a/2 ⩽ a/2 ⩽ b/2

a/2 ⩽ b/2 ⩽ b/2,

12
on obtient
a+b
a⩽ ⩽ b.
2
De même, comme tout est positif, en multipliant les deux inégalités
√ √ √
a⩽ a⩽ b
√ √ √
a⩽ b⩽ b
on obtient √
a⩽ ab ⩽ b.

3. Il faut avant tout remarquer que pour tout n, un et vn sont strictement positifs, ce qui permet de dire que
les deux suites sont bien définies. On le démontre par récurrence: c’est clair pour u0 et v0 , et si un et vn
sont strictement positifs alors leurs moyennes géométrique (qui est un+1 ) et arithmétique (qui est vn+1 )
sont strictement positives.

(a) On veut montrer que pour chaque n, un ⩽ vn . L’inégalité est claire pour n = 0 grâce aux hypothèses
faites sur u0 et v0 . Si maintenant n est plus grand que 1, un est la moyenne géométrique de un−1 et
vn−1 et vn est la moyenne arithmétique de un−1 et vn−1 , donc, par 1., un ⩽ vn .
(b) On sait d’après 2. que un ⩽ un+1 ⩽ vn . En particulier, un ⩽ un+1 i.e. (un ) est croissante. De même,
d’après 2., un ⩽ vn+1 ⩽ vn . En particulier, vn+1 ⩽ vn i.e. (vn ) est décroissante.
(c) Pour tout n, on a u0 ⩽ un ⩽ vn ⩽ v0 . (un ) est donc croissante et majorée, donc converge vers une
limite ℓ. Et (vn ) est décroissante et minorée et donc converge vers une limite ℓ′ . Nous savons

maintenant que un → ℓ, donc aussi un+1 → ℓ, et vn → ℓ′ ; la relation un+1 = un vn s’écrit à la limite
: √
ℓ = ℓℓ′ .
un +vn
De même la relation vn+1 = 2 donnerait à la limite :

ℓ + ℓ′
ℓ′ = .
2
Un petit calcul avec l’une ou l’autre de ces égalités implique ℓ = ℓ′ .

Il y a une autre méthode un peu plus longue mais toute aussi valable.
Définition Deux suites (un ) et (vn ) sont dites adjacentes si

1. un ⩽ vn ,

2. (un ) est croissante et (vn ) est décroissante,

3. lim(un − vn ) = 0.

Alors, on a le théorème suivant:


Théorème : Si (un ) et (vn ) sont deux suites adjacentes, elles sont toutes les deux convergentes et ont la même
limite.
Pour appliquer ce théorème, vu qu’on sait déjà que (un ) et (vn ) vérifient les points 1 et 2 de la définition, il
suffit de démontrer que lim(un − vn ) = 0. On a d’abord que vn − un ⩾ 0. Or, d’après (a)
vn − un
vn+1 − un+1 ⩽vn+1 − un = .
2
Donc, si on note wn = vn − un , on a que 0 ⩽ wn+1 ⩽ wn /2. Donc, on peut démontrer (par récurrence) que
0 ⩽ wn ⩽ w2n0 , ce qui implique que limn→∞ wn = 0. Donc vn − un tend vers 0, et ceci termine de démontrer
que les deux suites (un ) et (vn ) sont convergentes et ont même limite en utilisant le théorème sur les suites
adjacentes.

13
Correction de l’exercice 14 ▲
Notons fn : [0, 1] −→ R la fonction définie par :
n
fn (x) = ∑ xk − 1.
k=1

1. La fonction fn est continue sur [0, 1]. De plus fn (0) = −1 < 0 et fn (1) = n − 1 ⩾ 0. D’après le théorème
des valeurs intermédiaires, fn , admet un zéro dans l’intervalle [0, 1]. De plus elle strictement croissante
(calculez sa dérivée) sur [0, 1] donc ce zéro est unique.
2. Calculons fn (an−1 ).
n
fn (an−1 ) = ∑ akn−1 − 1
k=1
n−1
= ann−1 + ∑ akn−1 − 1
k=1
= ann−1 + fn−1 (an−1 )
= ann−1 (car fn−1 (an−1 ) = 0 par définition de an−1 ).

Nous obtenons l’inégalité


0 = fn (an ) < fn (an−1 ) = ann−1 .
Or fn est strictement croissante, l’inégalité ci-dessus implique donc an < an−1 . Nous venons de démontrer
que la suite (an )n est décroissante.
Remarquons avant d’aller plus loin que fn (x) est la somme d’une suite géométrique :
1 − xn+1
fn (x) = − 2.
1−x
Évaluons maintenant fn ( 12 ), à l’aide de l’expression précédente
1 1 − ( 21 )n+1 1
fn ( ) = 1
− 2 = − n < 0.
2 1− 2 2
Donc fn ( 12 ) < fn (an ) = 0 entraîne 1
2 < an .
Pour résumer, nous avons montré que la suite (an )n est strictement décroissante et minorée par 21 .
1
3. Comme (an )n est décroissante et minorée par 2 alors elle converge, nous notons ℓ sa limite :
1
⩽ ℓ < an .
2
Appliquons fn (qui est strictement croissante) à cette inégalité :
 
1
fn ⩽ fn (ℓ) < fn (an ),
2
qui s’écrit aussi :
1

⩽ fn (ℓ) < 0,
2n
et ceci quelque soit n ⩾ 1. La suite ( fn (ℓ))n converge donc vers 0 (théorème des “gendarmes”). Mais
nous savons aussi que
1 − ℓn+1
fn (ℓ) = − 2;
1−ℓ
1
donc ( fn (ℓ))n converge vers 1−ℓ − 2 car (ℓn )n converge vers 0. Donc
1 1
− 2 = 0, d’où ℓ = .
1−ℓ 2

14
Exo7

Suites

Exercices de Jean-Louis Rouget. Retrouver aussi cette fiche sur [Link]

* très facile ** facile *** difficulté moyenne **** difficile ***** très difficile
I : Incontournable T : pour travailler et mémoriser le cours

Exercice 1 ***IT
u0 +u1 +...+un
Soient (un )n∈N une suite réelle et (vn )n∈N la suite définie par : ∀n ∈ N, vn = n+1 .

1. Montrer que si la suite (un )n∈N vers un réel ℓ, la suite (vn )n∈N converge et a pour limite ℓ. Réciproque ?

2. Montrer que si la suite (un )n∈N est bornée, la suite (vn )n∈N est bornée. Réciproque ?

3. Montrer que si la suite (un )n∈N est croissante alors la suite (vn )n∈N l’est aussi.

Correction ▼ [005220]

Exercice 2 ***
Soit (un )n∈N une suite réelle. Montrer que si la suite (un )n∈N converge au sens de C ÉSARO et est monotone,
alors la suite (un )n∈N converge.
Correction ▼ [005221]

Exercice 3 **IT
Pour n entier naturel non nul, on pose Hn = ∑nk=1 1k (série harmonique).

1. Montrer que : ∀n ∈ N∗ , ln(n + 1) < Hn < 1 + ln(n) et en déduire limn→+∞ Hn .

2. Pour n entier naturel non nul, on pose un = Hn − ln(n) et vn = Hn − ln(n + 1). Montrer que les suites
(un ) et (vn ) convergent vers un réel γ ∈ 21 , 1 (γ est appelée la constante d’E ULER). Donner une valeur
approchée de γ à 10−2 près.

Correction ▼ [005222]

Exercice 4 **
Soit (un )n∈N une suite arithmétique ne s’annulant pas. Montrer que pour tout entier naturel n, on a ∑nk=0 uk u1k+1 =
n+1
u0 un+1 .
Correction ▼ [005223]

Exercice 5 **
1
Calculer limn→+∞ ∑nk=1 12 +22 +...+k 2.
Correction ▼ [005224]

Exercice 6 ***
Soient a et b deux réels tels que 0 < a < b. On pose u0 = a et v0 = b puis, pour n entier naturel donné,

un+1 = un +v
2 et vn+1 = un+1 vn . Montrer que les suites (un ) et (vn ) sont adjacentes et que leur limite commune
n

b sin(arccos( ab ))
est égale à arccos( ab ) .

1
Correction ▼ [005225]

Exercice 7 **
Limite quand n tend vers +∞ de
sin n
1. n ,
n
2. 1 + 1n ,
n!
3. nn ,

E ((n+ 21 )2 )
4. E ((n− 12 )2 ))
,
√n 2
5. n ,
√ √
6. n + 1 − n,
∑nk=1 k2
7. n3
,
2k
8. ∏nk=1 2k/2 .

Correction ▼ [005226]

Exercice 8 **
√ √
Etudier la suite (un ) définie par n + 1 − n = √1 .
2 n+un
Correction ▼ [005227]

Exercice 9 **T Récurrences homographiques


Déterminer un en fonction de n quand la suite u vérifie :
un
1. ∀n ∈ N, un+1 = 3−2un ,

4(un −1)
2. ∀n ∈ N, un+1 = un (ne pas se poser de questions d’existence).

Correction ▼ [005228]

Exercice 10 **
Soient (un ) et (vn ) les suites définies par la donnée de u0 et v0 et les relations de récurrence

2un + vn un + 2vn
un+1 =et vn+1 = .
3 3
Etudier les suites u et v puis déterminer un et vn en fonction de n en recherchant des combinaisons linéaires
intéressantes de u et v. En déduire limn→+∞ un et limn→+∞ vn .
Correction ▼ [005229]

Exercice 11 **
Soient (un ), (vn ) et (wn ) les suites définies par la donnée de u0 , v0 et w0 et les relations de récurrence
vn + wn un + wn un + vn
un+1 = , vn+1 = et wn+1 = .
2 2 2
Etudier les suites u, v et w puis déterminer un , vn et wn en fonction de n en recherchant des combinaisons
linéaires intéressantes de u, v et w. En déduire limn→+∞ un , limn→+∞ vn et limn→+∞ wn .
Correction ▼ [005230]

2
Exercice 12 ***
Montrer que les suites définies par la donnée de u0 , v0 et w0 réels tels que 0 < u0 < v0 < w0 et les relations de
récurrence :

3 1 1 1 √ un + vn + w n
= + + et vn+1 = 3 un vn wn et wn+1 = ,
un+1 un vn wn 3
ont une limite commune que l’on ne cherchera pas à déterminer.
Correction ▼ [005231]

Exercice 13 ***

Soit u une suite complexe et v la suite définie par vn = |un |. On suppose que la suite ( n vn ) converge vers un
réel positif l. Montrer que si 0 ⩽ ℓ < 1, la suite (un ) converge vers 0 et si ℓ > 1, la suite (vn ) tend vers +∞.
Montrer que si ℓ = 1, tout est possible.
Correction ▼ [005232]

Exercice 14 ***

1. Soit u une suite de réels strictement positifs. Montrer que si la suite ( uun+1 ) converge vers un réel ℓ, alors
√ n
( un ) converge et a même limite.
n

2. Etudier la réciproque.

3. Application : limites de
p n
(a) n C2n ,
√n
(b) n
n!
,
q
1 n (3n)!
(c) n2 n! .

Correction ▼ [005233]

Exercice 15 *
Soient u et v deux suites de réels de [0, 1] telles que limn→+∞ un vn = 1. Montrer que (un ) et (vn ) convergent
vers 1.
Correction ▼ [005234]

Exercice 16 **
Montrer que si les suites (u2n ) et (u3n ) convergent alors (un ) converge.
Correction ▼ [005235]

Exercice 17 ***T
n n+1
Etudier les deux suites un = 1 + n1 et vn = 1 + n1 .
Correction ▼ [005236]

Exercice 18 **T
Etudier les deux suites un = ∑nk=0 k!1 et vn = un + n.n!
1
.
Correction ▼ [005237]

Exercice 19
  √   √
Etudier les deux suites un = ∑nk=1 √1k − 2 n + 1 et vn = ∑nk=1 √1k − 2 n.
Correction ▼ [005238]

3
Exercice 20 **T
Déterminer un en fonction de n et de ses premiers termes dans chacun des cas suivants :

1. ∀n ∈ N, 4un+2 = 4un+1 + 3un .

2. ∀n ∈ N, 4un+2 = un .

3. ∀n ∈ N, 4un+2 = 4un+1 + 3un + 12.


2 1
4. ∀n ∈ N, un+2 = un+1 − u1n .

5. ∀n ⩾ 2, un = 3un−1 − 2un−2 + n3 .

6. ∀n ∈ N, un+3 − 6un+2 + 11un+1 − 6un = 0.

7. ∀n ∈ N, un+4 − 2un+3 + 2un+2 − 2un+1 + un = n5 .

Correction ▼ [005239]

Exercice 21 ****

On pose u1 = 1 et, ∀n ∈ N∗ , un+1 = 1 + unn . Montrer que limn→+∞ (un − n) = 12 .
Correction ▼ [005240]

Exercice 22 ***
Montrer que, pour n ⩾ 2,

√ √
q p q p
π
 1 π
 1
cos 2n = 2 2 + 2 + ... + 2 (n − 1 radicaux) et sin 2n = 22 − 2 + ... + 2 (n − 1 radicaux).


q p
En déduire limn→+∞ 2n 2 − 2 + ... + 2 (n radicaux).
Correction ▼ [005241]

Exercice 23 ***

1. Montrer que pour x réel strictement positif, on a : ln(1 + x) < x < (1 + x) ln(1 + x).
k k+1 √
n
2. Montrer que ∏nk=1 1 + 1k < en < ∏nk=1 1 + 1k et en déduire la limite quand n tend vers +∞ de n!
n .

Correction ▼ [005242]

Exercice 24 ****
 
Soit (un ) = qpnn avec pn ∈ Z et qn ∈ N∗ , une suite de rationnels convergeant vers un irrationnel x. Montrer
que les suites (|pn |) et (qn ) tendent vers +∞ quand n tend vers +∞.
Correction ▼ [005243]

Exercice 25 **
Donner un exemple de suite (un ) divergente, telle que ∀k ∈ N∗ \ {1}, la suite (ukn ) converge.
Correction ▼ [005244]

Exercice 26 ***I
Soit f une application injective de N dans N. Montrer que limn→+∞ f (n) = +∞.
Correction ▼ [005245]

4
Exercice 27 ***I
Soit un l’unique racine positive de l’équation xn + x − 1 = 0. Etudier la suite (un ).
Correction ▼ [005246]

Exercice 28 ****I
Etude des suites (un ) = (cos na) et (vn ) = (sin na) où a est un réel donné.
a
1. Montrer que si 2π est rationnel, les suites u et v sont périodiques et montrer dans ce cas que (un ) et (vn )
convergent si et seulement si a ∈ 2πZ.
a
2. On suppose dans cette question que 2π est irrationnel .

(a) Montrer que (un ) converge si et seulement si (vn ) converge .


(b) En utilisant différentes formules de trigonométrie fournissant des relations entre un et vn , montrer
par l’absurde que (un ) et (vn ) divergent.
a
3. On suppose toujours que 2π est irrationnel. On veut montrer que l’ensemble des valeurs de la suite (un )
(ou (vn )) est dense dans [−1, 1], c’est-à-dire que ∀x ∈ [−1, 1], ∀ε > 0, ∃n ∈ N/ |un − x| < ε (et de même
pour v).

(a) Montrer que le problème se ramène à démontrer que {na + 2kπ, n ∈ N et k ∈ Z} est dense dans R.
(b) Montrer que E = {na + 2kπ, n ∈ N et k ∈ Z} est dense dans R (par l’absurde en supposant que
inf(E ∩ R∗+ ) > 0 pour en déduire que 2π
a
∈ Q).
(c) Conclure.

Correction ▼ [005247]

Exercice 29 ****
Montrer que l’ensemble E des réels de la forme un = sin(ln(n)), n entier naturel non nul, est dense dans [−1, 1].
Correction ▼ [005248]

Exercice 30 ***
Calculer infα∈]0,π[ (supn∈N (| sin(nα)|)).
Correction ▼ [005249]

Exercice 31 **I
Soit (un ) une suite réelle non majorée. Montrer qu’il existe une suite extraite de (un ) tendant vers +∞.
Correction ▼ [005250]

Exercice 32 ***
Soit (un ) une suite de réels éléments de ]0, 1[ telle que ∀n ∈ N, (1 − un )un+1 > 41 . Montrer que (un ) converge
vers 12 .
Correction ▼ [005251]

5
Correction de l’exercice 1 ▲

1. Soit ε > 0. Il existe un rang n0 tel que, si n ⩾ n0 alors |un − ℓ| < ε2 . Soit n un entier naturel strictement
supérieur à n0 .

1 n 1 n
|vn − ℓ| = ∑ uk − ℓ = ∑ (uk − ℓ)
n + 1 k=0 n + 1 k=0
1 n 1 n0 1 n
⩽ ∑ |uk − ℓ| = ∑ |uk − ℓ| + ∑ |uk − ℓ|
n + 1 k=0 n + 1 k=0 n + 1 k=n0 +1

1 n0 1 n
ε 1 n0 1 n ε
⩽ ∑ |uk − ℓ| + ∑ ⩽ ∑ |uk − ℓ| + ∑2
n + 1 k=0 n + 1 k=n0 +1 2 n + 1 k=0 n + 1 k=0
1 n0 ε
= ∑ |uk − ℓ| +
n + 1 k=0 2

Maintenant, ∑nk=0 0
|uk −ℓ| est une expression constante quand n varie et donc, limn→+∞ n+1 1 n0
∑k=0 |uk −ℓ| =
1 n0 ε
0. Par suite, il existe un entier n1 ⩾ n0 tel que pour n ⩾ n1 , n+1 |u
∑k=0 k − ℓ| < 2 . Pour n ⩾ n 1 , on a alors
ε ε
|vn − ℓ| < 2 + 2 = ε. On a montré que ∀ε > 0, ∃n1 ∈ N/ (∀n ∈ N)(n ⩾ n1 ⇒ |vn − ℓ| < ε). La suite (vn )
est donc convergente et limn→+∞ vn = ℓ.

Si la suite u converge vers ℓ alors la suite v converge vers ℓ.

La réciproque est fausse. Pour n dans N, posons un = (−1)n . La suite (un ) est divergente. D’autre part,
1
pour n dans N, ∑nk=0 (−1)k vaut 0 ou 1 suivant la parité de n et donc, dans tous les cas, |vn | ⩽ n+1 . Par
suite, la suite (vn ) converge et limn→+∞ vn = 0.

2. Si u est bornée, il existe un réel M tel que, pour tout naturel n, |un | ⩽ M. Pour n entier naturel donné, on
a alors

1 n 1 n 1
|vn | ⩽ ∑ |uk | ⩽ ∑ M= (n + 1)M = M.
n + 1 k=0 n + 1 k=0 n+1
La suite v est donc bornée.

Si la suite u est bornée alors la suite v est bornée.


n p si n = 2p, p ∈ N
= (−1)n E

La réciproque est fausse. Soit u la suite définie par : ∀n ∈ N, un 2 = .
−p si n = 2p + 1, p ∈ N
u n’est pas bornée car la suite extraite (u2p ) tend vers +∞ quand p tend vers +∞. Mais, si n est impair,
1 n 1 n 1 n+1 1
vn = 0, et si n est pair, vn = n+1 × un = 2(n+1) , et dans tous les cas |vn | ⩽ n+1 2 ⩽ n+1 2 = 2 et la suite
v est bornée.

3. Si u est croissante, pour n entier naturel donné on a :

!
1 n+1 1 n 1 n+1 n
vn+1 − vn = ∑ uk − n + 1 ∑ uk = (n + 1)(n + 2) (n + 1) ∑ uk − (n + 2) ∑ uk
n + 2 k=0 k=0 k=0 k=0
!
n n
1 1
= (n + 1)un+1 − ∑ uk = ∑ (un+1 − uk ) ⩾ 0.
(n + 1)(n + 2) k=0 (n + 1)(n + 2) k=0

La suite v est donc croissante.

6
Si la suite u est croissante alors la suite v est croissante.

Correction de l’exercice 2 ▲
Supposons sans perte de généralité u croissante (quite à remplacer u par −u). Dans ce cas, ou bien u converge,
ou bien u tend vers +∞. Supposons que u tende vers +∞, et montrons qu’il en est de même pour la suite v. Soit
A ∈ R. Il existe un rang n0 tel que pour n naturel supérieur ou égal à n0 , un ⩾ 2A. Pour n ⩾ n0 + 1, on a alors,

!
n0
1 n
1 n0 (n − n0 )2A
vn = ∑ uk + ∑ uk ⩾ ∑ uk +
n+1 k=0 k=n0 +1 n + 1 k=0 n+1

Maintenant, quand n tend vers +∞, n0


∑k=0 uk + (n−n
1
n+1
0 )2A
n+1 tend vers 2A et donc, il existe un rang n1 à partir
1 n0 (n−n0 )2A
duquel vn ⩾ n+1 ∑k=0 uk + n+1 > A. On a montré que : ∀n ∈ N, ∃n1 ∈ N/ (∀n ∈ N), (n ⩾ n1 ⇒ vn > A).
Par suite, limn→+∞ vn = +∞. Par contraposition, si v ne tend pas vers +∞, la suite u ne tend pas vers +∞ et
donc converge, d’après la remarque initiale.

Correction de l’exercice 3 ▲

1. La fonction x 7→ 1
x est continue et décroissante sur ]0, +∞[ et donc, pour k ∈ N∗ , on a :
Z k+1
1 1 1 1 1
= (k + 1 − k) ⩽ dx ⩽ (k + 1 − k) = .
k+1 k+1 k x k k
1 R k+1 1 1 Rk 1
Donc, pour k ⩾ 1, k ⩾ k x dx et, pour k ⩾ 2, k ⩽ k−1 x dx. En sommant ces inégalités, on obtient
pour n ⩾ 1,

n n Z k+1 Z n+1
1 1 1
Hn = ∑ ⩾ ∑ dx = dx = ln(n + 1),
k=1 k k=1 k x 1 x
et pour n ⩾ 2,

n n Z k Z n
1 1 1
Hn = 1 + ∑ ⩽ 1+ ∑ dx = 1 + dx = 1 + ln n,
k=2 k k=2 k−1 x 1 x
cette dernière inégalité restant vraie quand n = 1. Donc,

∀n ∈ N∗ , ln(n + 1) ⩽ Hn ⩽ 1 + ln n.

2. Soit n un entier naturel non nul.


Z n+1 Z n+1  
1 1 1 1 1
un+1 − un = − ln(n + 1) + ln n = − dx = − dx ⩽ 0
n+1 n+1 n x n n+1 x
1
car la fonction x 7→ x décroit sur [n, n + 1]. De même,
Z n+2 Z n+2  
1 1 1 1 1
vn+1 − vn = − ln(n + 2) + ln(n + 1) = − dx = − dx ⩾ 0
n+1 n+1 n+1 x n+1 n+1 x
1
car la fonction x 7→ x décroit sur [n + 1, n + 2]. Enfin,
 
1
un − vn = ln(n + 1) − ln n = ln 1 +
n

7
et donc la suite u − v tend vers 0 quand n tend vers +∞. Finalement, la suite u décroit, la suite v croit et
la suite u − v tend vers 0. On en déduit que les suites u et v sont adjacentes, et en particulier convergentes
et de même limite. Notons γ cette limite. Pour tout entier naturel  nul n, on a vn ⩽ γ ⩽ un , et en
 1 non
particulier, v3 ⩽ γ ⩽ u1 avec v3 = 0, 5... et u1 = 1. Donc, γ ∈ 2 , 1 . Plus précisément, pour n entier
naturel non nul donné, on a

10−2
 
1 1 1
0 ⩽ un − vn ⩽ ⇔ ln 1 + ⩽ 0, 005 ⇔ ⩽ e0,005 − 1 ⇔ n ⩾ 0,005 = 199, 5... ⇔ n ⩾ 200.
2 n n e −1
−2 −2
Donc 0 ⩽ γ − v100 ⩽ 102 et une valeur approchée de v200 à 102 près (c’est-à-dire arrondie à la 3 ème
décimale la plus proche) est une valeur approchée de γ à 10−2 près. On trouve γ = 0, 57 à 10−2 près par
défaut. Plus précisémént,

γ = 0, 5772156649... (γ est la constante d’E ULER).

Correction de l’exercice 4 ▲
Soit r la raison de la suite u. Pour tout entier naturel k, on a
r uk+1 −uk 1 1
uk uk+1 = uk uk+1 = uk − uk+1 .

En sommant ces égalités, on obtient :


n n  
1 1 1 1 1 un+1 − u0 (n + 1)r
r∑ =∑ − = − = = .
u u
k=0 k k+1 k=0 u k u k+1 u0 un+1 u0 un+1 u0 un+1
(n+1)
Si r ̸= 0, on obtient ∑nk=0 uk u1k+1 = u0 un+1 , et si r = 0 (et u0 ̸= 0), u est constante et le résultat est immédiat.

Correction de l’exercice 5 ▲
k(k+1)(2k+1)
Soit k un entier naturel non nul. On sait que ∑ki=1 i2 = 6 . Déterminons alors trois réels a, b et c tels
que, pour entier naturel non nul k,

6 a b c
= + + (∗).
k(k + 1)(2k + 1) k k + 1 2k + 1
Pour k entier naturel non nul donné,

a b c a(k + 1)(2k + 1) + bk(2k + 1) + ck(k + 1) (2a + 2b + c)k2 + (3a + b + c)k + a


+ + = = .
k k + 1 2k + 1 k(k + 1)(2k + 1) k(k + 1)(2k + 1)

Par suite,
 
 2a + 2b + c = 0  a=6
(∗) ⇐ 3a + b + c = 0 ⇔ b=6 ,
a=6 c = −24
 

et donc,
!
n n n n
6 1 1 1
∀n ∈ N∗ , ∑ =6 ∑ k + ∑ k + 1 − 4 ∑ 2k + 1 .
k=1 k(k + 1)(2k + 1) k=1 k=1 k=1

Ensuite, d’après l’exercice 3, quand n tend vers +∞, ∑nk=1 1k = ln n + γ + o(1) puis

8
n n+1  
1 1 1
∑ = ∑ = Hn+1 −1 = −1+ln(n+1)+γ +o(1) = ln n+ln 1 + +γ −1+o(1) = ln n+γ −1+o(1).
k=1 k + 1 k=2 k n

Enfin,

n 2n+1 n
1 1 1 1
∑ 2k + 1 = −1 + ∑ −∑
k k=1 2k
= −1 + H2n+1 − Hn
2
k=1 k=1
 
1 1 1 1
= ln(2n + 1) + γ − (ln n + γ) − 1 + o(1) = ln 2 + ln n + ln 1 + + γ − ln n − γ − 1 + o(1)
2 2n 2 2
1 1
= ln n + ln 2 + γ − 1 + o(1)
2 2
Finalement, quand n tend vers +∞, on a

n   
1 1 1
∑ 2 2 2
= 6 ln n + γ + ln n + γ − 1 − 4 ln n + ln 2 + γ − 1 = 6(3 − 4 ln 2) + o(1).
k=1 1 + 2 + ... + k 2 2

Donc,

1
limn→+∞ ∑nk=1 12 +22 +...+k 2 = 6(3 − 4 ln 2).

Correction de l’exercice 6 ▲
Posons α = arccos ab . α existe a
 π
car 0 < b < 1 et est élément de 0, 2 . De plus, a = b cos α. Enfin, pour
tout entier naturel n, 2αn ∈ 0, π2 et donc, cos 2αn > 0. On a u0 = b cos α et v0 = b puis u1 = 21 (u0 + v0 ) =
 

2 α et v = √u v =
q
b
2 (1+cos α) = b cos 2 1 1 0 b cos2 α2 × b = b cos α2 puis u2 = b2 cos α2 (1+cos α2 ) = b cos α2 cos2 2α2
q
et v2 = b cos α2 cos2 2α2 × b cos α2 = b cos α2 cos 2α2 ... Montrons par récurrence que pour tout entier naturel non
nul n, vn = b ∏nk=1 cos 2αk et un = vn cos 2αn . C’est vrai pour n = 1 et si pour n ⩾ 1 donné, on a vn = b ∏nk=1 cos 2αk
et un = vn cos 2αn alors,

1 α α
un+1 = (vn cos n + vn ) = vn cos2 n+1
2 2 2
puis
√ α α
vn+1 = un+1 vn = vn cos n+1 (car cos n+1 > 0),
2 2
et donc, vn+1 = b ∏n+1 α α
k=1 cos 2k puis un+1 = vn+1 cos 2n+1 . On a montré par récurrence que

∀n ∈ N∗ , vn = b ∏nk=1 cos 2αk et un = vn cos 2αn .

Pour tout entier naturel non nul n, on a vn > 0 et vn+1 α


vn = cos 2n+1 < 1. La suite v est donc strictement décroissante.
Ensuite, pour tout entier naturel non nul n, on a un > 0 et
α
un+1 vn+1 cos 2n+1 cos2 2n+1
α  
1 1 1
= α = α = 1+ α > (1 + 1) = 1.
un vn cos 2n cos 2n 2 cos 2n 2
La suite u est strictement croissante. Maintenant, pour n ∈ N∗ ,

9
n n sin α
α 2k−1
vn = b ∏ cos k = b ∏ α
k=1 2 k=1 2 sin 2k
sin α
=
2n sin 2αn
sin α
Donc, quand n tend vers +∞, vn ∼ 2n 2αn
= sinαα , puis un = vn cos 2αn ∼ vn ∼ sin α
α . Ainsi, les suites u et v sont

b2 −a2
adjacentes de limite commune b sinαα = arccos( ab )
.

Correction de l’exercice 7 ▲

1. Pour n ∈ N∗ , sin n
n ⩽ 1n . Comme 1
−→
n n→+∞ 0, sin n
−→
n n→+∞ 0.

limn→+∞ sinn n = 0.

 n   n 
2. Quand n tend vers +∞, ln 1 + 1n = n ln 1 + n1 ∼ n × 1n = 1. Donc, ln 1 + 1n

tend vers 1 puis,
n
1 + 1n = en ln(1+1/n) tend vers e1 = e.


n
limn→+∞ 1 + n1 = e.

3. Pour n ∈ N∗ , posons un = n!
nn . Pour n entier naturel non nul, on a

1 −n
n
nn
  
un+1 (n + 1)! n
= × = = 1+ .
un n! (n + 1)n+1 n+1 n
Donc, quand n tend vers +∞, uun+1 n
= e−n ln(1+1/n) = e−n(1/n+o(1/n)) = e−1+o(1) . Ainsi, un+1
un tend vers
1
e = 0.36... < 1. On sait alors que limn→+∞ un = 0.

limn→+∞ nn!n = 0.

(n+ 1 )2 −1 (n+ 1 )2 (n+ 1 )2 −1 (n+ 1 )2


4. Pour n ⩾ 1, (n−2 1 )2 ⩽ un ⩽ (n− 1 )22 −1 . Or, (n−2 1 )2 et (n− 1 )22 −1 tendent vers 1 quand n tend vers +∞ et
2 2 2 2
donc, d’après le théorème de la limite par encadrement, la suite u converge et a pour limite 1.

2
 
(n+ 21 )
E
limn→+∞  1 2  = 1.
E (n− 2 )


n 2 1 2 √
n
5. Quand n tend vers +∞, n = e n ln(n ) = e2 ln n/n = eo(1) , et donc n2 tend vers 1.


n
limn→+∞ n2 = 1.

√ √
6. n+1− n = √ 1 √ → 0.
n+1+ n

1 n(n+1)(2n+1) 2n3
7. n3 ∑nk=1 k2 = 6n3
∼ 6n3
= 16 .

10
k 1 n k
8. ∏nk=1 2k/2 = 2 2 ∑k=1 2k−1 . Pour x réel, posons f (x) = ∑nk=1 kxk−1 . f est dérivable sur R en tant que
polynôme et pour tout réel x,
!′ !′
n n
f (x) = ∑ xk (x) = ∑ xk (x).
k=1 k=0

Pour x ̸= 1, on a donc
′
xn+1 − 1 (n + 1)xn (x − 1) − (xn+1 − 1) nxn+1 − (n + 1)xn + 1

f (x) = (x) = = .
x−1 (x − 1)2 (x − 1)2
n
1 − n+1
2n +1
En particulier, ∑nk=1 2k−1
k

2n+1
= f 2 = 1
( 2 −1)2
→ 4 (d’après un théorème de croissances comparées).
Finalement,

n
k
∏ 2k/2 → 24/2 = 4.
k=1

Correction de l’exercice 8 ▲
Soit n ∈ N.

1 √ √ √ 1 √ √ √
√ = n + 1 − n ⇔ 2 n + un = √ √ ⇔ 2 n + un = n + 1 + n
2 n + un n+1− n
√ √ 1 p
4(n + un ) = ( n + 1 + n)2 ⇔ un = −n + (2n + 1 + 2 n(n + 1))
4
1 p
⇔ un = (−2n + 1 + 2 n(n + 1))
4
Par suite, quand n tend vers +∞,

r !
n 1 1p 2 1 n 1 1 n 1/n
un = − + + n +n = + 1+ −1 = + q
2 4 2 4 2 n 4 2 1+ 1 +1
n
1 1 1 1 1 1
= + q = + + o(1) = + o(1).
4 2 1+ 1 +1 4 4 2
n

La suite (un ) converge et a pour limite 12 .

Correction de l’exercice 9 ▲

x
1. Calcul formel de un . Soit x ∈ R. 3−2x = x ⇔ 2x2 − 2x = 0 ⇔ x = 0 ou x = 1. Pour n entier naturel donné,
on a alors

un
un+1 − 1 3−2un − 1 3un − 3 un − 1
= un = =3 .
un+1 3−2un un un

Par suite, un −1
un = 3n u0u−1
0
, puis un = u0
u0 −3n (u0 −1) .

4(x−1)
2. Calcul formel de un . Soit x ∈ R. x = x ⇔ x2 − 4x + 4 = 0 ⇔ x = 2. Pour n entier naturel donné, on
a alors

11
1 1 un un − 2 + 2 1 1
= 4(un −1)
= = = + .
un+1 − 2 −2 2(un − 2) 2(un − 2) 2 un − 2
un

0 −2)
Par suite, 1
un −2 = 2n + u01−2 , puis un = 2 + (u2(u
0 −2)n+2
.

Correction de l’exercice 10 ▲
 un+1 − un = 31 (vn − un )

Pour tout entier naturel n, on a v − vn = − 13 (vn − un ) . La dernière relation montre que la suite v − u
 n+1
vn+1 − un+1 = 13 (vn − un )
garde un signe constant puis les deux premières relations montrent que pour tout entier naturel n, sgn(un+1 −
un ) = sgn(vn − un ) et sgn(vn+1 − vn ) = −sgn(vn − un ). Les suites u et v sont donc monotones de sens de
variation opposés. Si par exemple u0 ⩽ v0 , alors, pour tout naturel n, on a :

u0 ⩽ un ⩽ un+1 ⩽ vn+1 ⩽ vn ⩽ v0 .
Dans ce cas, la suite u est croissante et majorée par v0 et donc converge vers un certain réel ℓ. De même, la
suite v est décroissante et minorée par u0 et donc converge vers un certain réel ℓ′ . Enfin, puisque pour tout

entier naturel n, on a un+1 = 2un3+vn , on obtient par passage à la limite quand n tend vers l’infini, ℓ = 2ℓ+ℓ
3 et

donc ℓ = ℓ . Les suites u et v sont donc adjacentes. Si u0 > v0 , il suffit d’échanger les rôles de u et v. Calcul
des suites u et v. Pour n entier naturel donné, on a vn+1 − un+1 = 31 (vn − un ). La suite v − u est géométrique
de raison 13 . Pour tout naturel n, on a donc vn − un = 31n (v0 − u0 ). D’autre part, pour n entier naturel donné,
vn+1 + un+1 = vn + un . La suite v + u est constante et donc, pour tout entier naturel n, on a vn + un = v0 + u0 .
En additionnant et en retranchant les deux égalités précédentes, on obtient pour tout entier naturel n :
   
1 1 1 1
un = v0 + u0 + n (v0 − u0 ) et vn = v0 + u0 − n (v0 − u0 ) .
2 3 2 3
u0 +v0
En particulier, ℓ = ℓ′ = 2 .

Correction de l’exercice 11 ▲
n
Pour tout entier naturel n, on a un+1 − vn+1 = − 21 (un − vn ) et donc, un − vn = − 12 (u0 − v0 ). De même, en
n n
échangeant les rôles de u, v et w, vn − wn = − 21 (v0 − w0 ) et wn − un = − 12 (w0 − v0 ) (attention, cette
dernière égalité n’est autre que la somme des deux premières et il manque encore une équation). On a aussi,
un+1 + vn+1 + wn+1 = un + vn + wn et donc, pour tout naturel n, un + vn + wn = u0 + v0 + w0 . Ainsi, un , vn et wn
sont solutions du système
 n

 vn − un = − 12 (v0 − u0 )

wn − un = − 12 (w0 − u0 ) .
n


un + vn + wn = u0 + v0 + w0

Par suite, pour tout entier naturel n, on a


  
1 1 n



 u n = 3 (u0 + v 0 + w 0 ) + − 2 (2u 0 − v 0 − w0 )
 
1 1 n

vn = 3 (u0 + v0 + w0 ) + − 2 (−u0 + 2v0 − w0 ) .
  
 wn = 1 (u0 + v0 + w0 ) + − 1 n (−u0 − v0 + 2w0 )

 
3 2
u0 +v0 +w0
Les suites u, v et w convergent vers 3 .

Correction de l’exercice 12 ▲
Montrons tout d’abord que :

12
3 √ x+y+z
∀(x, y, z) ∈]0, +∞[3 , (x ⩽ y ⩽ z ⇒ 1 1 1
⩽ 3 xyz ⩽ ).
x + +
y z
3
x+y+z √ 3
Posons m = 3 , g= 3 xyz et h =
1 1 1 . Soient y et z deux réels strictement positifs tels que y ⩽ z. Pour
x+y+z
x ∈]0, y], posons
x+y+z 
u(x) = ln m − ln g = ln 3 − 31 (ln x + ln y + ln z).

u est dérivable sur ]0, y] et pour x ∈]0, y],

1 1 1 1
u′ (x) = − ⩽ − = 0.
x + y + z 3x x + x + x 3x
 
u est donc décroissante sur ]0, y] et pour x dans ]0, y], u(x) ⩾ u(y) = ln 2y+z 3 − 13 (2 ln y + ln z). Soit z un réel
 
strictement positif fixé. Pour y ∈]0, z], posons v(y) = ln 2y+z
3 − 13 (2 ln y + ln z). v est dérivable sur ]0, z] et pour
y ∈]0, z],

2 2 2 2
v′ (y) = − ⩽ − = 0.
2y + z 3z 3z 3z
v est donc décroissante sur ]0, z] et pour y dans ]0, z], on a v(y) ⩾ v(z) = 0. On vient de montrer que g ⩽ m. En
appliquant ce résultat à 1x , 1y et 1z , on obtient 1g ⩽ 1h et donc h ⩽ g. Enfin, m ⩽ z+z+z
3 = z et h ⩾ 1 + 31 + 1 = x.
x x x
Finalement,

x ⩽ h ⩽ g ⩽ m ⩽ z.

Ce résultat préliminaire étant établi, puisque 0 < u0 < v0 < w0 , par récurrence, les suites u, v et w sont définies
puis, pour tout naturel n, on a un ⩽ vn ⩽ wn , et de plus u0 ⩽ un ⩽ un+1 ⩽ wn+1 ⩽ wn ⩽ w0 . La suite u est
croissante et majorée par w0 et donc converge. La suite w est décroissante et minorée par u0 et donc converge.
Enfin, puisque pour tout entier naturel n, vn = 3wn+1 − un − wn , la suite v converge. Soient alors a, b et c les
limites respectives des suites u, v et w. Puisque pour tout entier naturel n, on a 0 < u0 ⩽ un ⩽ vn ⩽ wn , on a déjà
par passage à la limite 0 < u0 ⩽ a ⩽ b ⩽ c. Toujours par passage à la limite quand n tend vers +∞ :

 3
= a1 + 1b + 1c

 a  2bc = ab + ac 
√ b = 2c − a

⇔ 2
b = ac ⇔ ⇔ (a = c et b = c) ou (a = 4c et b = −2c).
b = 3 abc a2 − 5ac + 4c2 = 0
a+b+c a + b = 2c
 
c= 3

b = −2c est impossible car b et c sont strictement positifs et donc, a = b = c. Les suites u, v et w convergent
vers une limite commune.

Correction de l’exercice 13 ▲

Supposons que la suite ( n vn ) tende vers le réel positif ℓ.
1−ℓ
• Supposons que 0 ⩽ ℓ < 1. Soit ε = 2 .
√n v < ℓ + 1−ℓ = 1+ℓ ).
ε est un réel strictement positif et donc, ∃n0 ∈ N/ ∀n ∈ N, (n ⩾ n0 ⇒ n 2 2
1+ℓ n
Pour n ⩾ n0 , par croissance de la fonction t 7→ t sur R , on obtient |un | < 2 . Or, 0 < 1+ℓ
n + 1+1

2 < 2 =1
1+ℓ n

et donc 2 tend vers 0 quand n tend vers +∞. Il en résulte que un tend vers 0 quand n tend vers +∞.

• Supposons que ℓ > 1. ∃n0 ∈ N/ ∀n ∈ N, (n ⩾ n0 ⇒ n vn > ℓ − ℓ−1 1+ℓ
2 = 2 ). Mais alors, pour n ⩾ n0 ,
n n
|un | > 1+ℓ . Or, 1+ℓ 1+1 1+ℓ
 
2 2 > 2 = 1, et donc 2 tend vers +∞ quand n tend vers +∞. Il en résulte que
|un | tend vers +∞ quand n tend vers +∞.

13
√ ln n
Soit, pour α réel et n entier naturel non nul, un = nα . n un = eα n tend vers 1 quand n tend vers +∞, et ceci
pour toute valeur de α. Mais, si α < 0, un tend vers 0, si α = 0, un tend vers 1 et si α > 0, un tend vers +∞.
Donc, si ℓ = 1, on ne peut rien conclure.

Correction de l’exercice 14 ▲

1. Supposons ℓ > 0. Soit ε un réel strictement positif, élément de ]0, ℓ[. ∃n0 ∈ N/ ∀n ∈ N, (n ⩾ n0 ⇒ 0 <
un0 +1 ε n−n0
ℓ − ε2 < uun+1 n un−1 un−2
< ℓ + ε2 ). Pour n > n0 , puisque un = uun−1

n un−2 un−3 ... un0 un0 , on a un0 ℓ − 2 ⩽ un ⩽
ε n−n0

un0 ℓ + 2 , et donc

 ε −n0 /n  ε √  ε −n0 /n  ε
(un0 )1/n ℓ − ℓ− ⩽ n un ⩽ (un0 )1/n ℓ + ℓ+ .
2 2 2 2
Maintenant, le membre de gauche de cet encadrement tend vers ℓ− ε2 , et le membre de droite rend vers ℓ+
1/n ℓ − ε −n0 /n ℓ − ε >
ε
 
2 . Par suite, on peut trouver un entier naturel n1 ⩾ n0 tel que, pour n ⩾ n1 , (un0 ) 2 2
−n0 /n √
ℓ − ε, et (un0 )1/n ℓ + ε2

ℓ + ε2 < ℓ + ε. Pour n ⩾ n1 , on a alors ℓ − ε < n un < ℓ + ε. On a montré
√ √
que ∀ε > 0, ∃n1 ∈ N/ (∀n ∈ N), (n ⩾ n1 ⇒ ℓ − ε < n un < ℓ + ε). Donc, n un tend vers ℓ. On traite de
façon analogue le cas ℓ = 0.

2. Soient a et b deux réels tels que 0 < a < b. Soit u la suite définie par

∀p ∈ N, u2p = a p b p et u2p+1 = a p+1 b p .


√ √ √
(on part de 1 puis on multiplie alternativement par a ou b). Alors, 2p u2p = ab et 2p+1 u2p+1 =
p+1 p √ √ √ u
a 2p+1 b 2p+1 → ab. Donc, n un tend vers ab (et en particulier converge). On a bien sûr u2p+1 2p
=a
 
u
et u2p+2
2p+1
= b. La suite uun+1
n
admet donc deux suites extraites convergentes de limites distinctes et est
ainsi divergente. La réciproque du 1) est donc fausse.
 
2n
3. (a) Pour n entier naturel donné, posons un = .
n
un+1 (2n + 2)! n!2 (2n + 2)(2n + 1) 4n + 2
= = = .
un (2n)! (n + 1)!2 (n + 1)2 n+1
s 
un+1 2n
Ainsi, un tend vers 4 quand n tend vers +∞, et donc n tend vers 4 quand n tend vers +∞.
n
nn
(b) Pour n entier naturel donné, posons un = n! .

un+1 (n + 1)n+1 n! 1 n
 
= = 1+ .
un nn (n + 1)! n
un+1 √
Ainsi, un tend vers e quand n tend vers +∞, et donc n un = √nnn! tend vers e quand n tend vers +∞.
(3n)!
(c) Pour n entier naturel donné, posons un = n2n n!
.

2n
n2n

un+1 (3n + 3)! n! (3n + 3)(3n + 2)(3n + 1) n
= 2n+2
=
un (3n)! (n + 1) (n + 1)! (n + 1)2 (n + 1) n+1
 −2n
3(3n + 2)(3n + 1) 1
= 2
1+ .
(n + 1) n
−2n 1 1 un+1
Maintenant, 1 + 1n = e−2n ln(1+1/n) = e−2n( n +o( n )) = e−2+o(1) , et donc un tend vers 27e−2 . Par
q
suite, n12 n (3n)! 27
n! tend vers e2 .

14
Correction de l’exercice 15 ▲
D’après le théorème de la limite par encadrement :

0 ⩽ un vn ⩽ un ⩽ 1 ⇒ u converge et tend vers 1.


Il en est de même pour v en échangeant les rôles de u et v.

Correction de l’exercice 16 ▲
3
Si u2n → 0, alors |un | = |u2n | → 0 et donc un → 0. Si u2n → ℓ ̸= 0, alors (un ) = ( uun2 ) converge. (L’exercice n’a
p
n p
suite u est une suite complexe, car si u est une suite réelle, on écrit immédiatement un = 3 u3n
d’intérêt que si lap
(et non pas un = u2n )).

Correction de l’exercice 17 ▲
Les suites u et v sont définies à partir du rang 1 et strictement positives. Pour tout naturel non nul n, on a :
 n+1  n
un+1 n+2 n
= = e(n+1) ln(n+2)+n ln n−(2n+1) ln(n+1) .
un n+1 n+1
Pour x réel strictement positif, posons alors f (x) = (x + 1) ln(x + 2) + x ln x − (2x + 1) ln(x + 1). f est dérivable
sur ]0, +∞[ et pour x > 0,

x+1 2x + 1
f ′ (x) = + ln(x + 2) + 1 + ln x − − 2 ln(x + 1)
x+2 x+1
x+2−1 2x + 2 − 1
= + ln(x + 2) + 1 + ln x − − 2 ln(x + 1)
x+2 x+1
1 1
=− + + ln x + ln(x + 2) − 2 ln(x + 1).
x+2 x+1
De même, f ′ est dérivable sur ]0, +∞[ et pour x > 0,

1 1 1 1 2
f ′′ (x) = 2
− 2
+ + −
(x + 2) (x + 1) x x+2 x+1
x(x + 1) − x(x + 2) + (x + 1)2 (x + 2)2 + x(x + 1)2 (x + 2) − 2x(x + 1)(x + 2)2
2 2
=
x(x + 1)2 (x + 2)2
−2x − 3x + (x + 2x + 1)(x + 4x + 4) + (x2 + 2x)(x2 + 2x + 1) − 2(x2 + x)(x2 + 4x + 4)
2 2 2
=
x(x + 1)2 (x + 2)2
3x + 4
= > 0.
x(x + 1)2 (x + 2)2
f ′ est strictement croissante sur ]0, +∞[ et donc, pour x > 0,
 
′ ′ 1 1 t(t + 2)
f (x) < lim f (t) = lim − + + ln = 0.
t→+∞ t→+∞ t +2 t +1 (t + 1)2
Donc, f est strictement décroissante sur ]0, +∞[. Or, pour x > 0,

f (x) = (x + 1) ln(x + 2) + x ln x − (2x + 1) ln(x + 1)


   
2 1
= (x + (x + 1) − (2x + 1)) ln x + (x + 1) ln 1 + − (2x + 1) ln 1 +
x x
2 1
     
2 1 ln 1 + x ln 1 + x
= ln 1 + − ln 1 + +2 2
−2 1
.
x x x x

15
On sait que limu→0 ln(1+u)
u = 1, et donc, quand x tend vers +∞, f (x) tend vers 0 + 0 + 2 − 2 = 0. Comme f est
strictement décroissante sur ]0, +∞[, pour tout réel x > 0, on a f (x) > limt→+∞ f (t) = 0. f est donc strictement
positive sur ]0, +∞[. Ainsi, ∀n ∈ N∗ , f (n) > 0 et donc uun+1
n
= e f (n) > 1. La suite u est strictement croissante.
x
(Remarque. On pouvait aussi étudier directement la fonction x 7→ 1 + 1x sur ]0, +∞[.) On montre de manière
analogue que la suite v est strictement décroissante. Enfin, puisque un tend vers e, et que vn = 1 + 1n un


tend vers e, les suites u et v sont adjacentes. (Remarque. En conséquence, pour tout entier naturel non nul
n n+1 10 11
n, 1 + n1 < e < 1 + n1 . Par exemple, pour n = 10, on obtient 11 10 < e < 1110 et donc, 2, 59... <
e < 2, 85... et pour n = 100, on obtient 1, 01100 < e < 1, 01101 et donc 2, 70... < e < 2, 73... Ces deux suites
convergent vers e lentement).

Correction de l’exercice 18 ▲
Il est immédiat que u croit strictement et que v − u est strictement positive et tend vers 0. De plus, pour n entier
naturel donné,

1 1 1 n(n + 1) + n − (n + 1)2 −1
vn+1 − vn = + − = = < 0,
(n + 1)! (n + 1) × (n + 1)! n × n! n(n + 1) × (n + 1)! n(n + 1) × (n + 1)!

et la suite v est strictement décroissante. Les suites u et v sont donc adjacentes et convergent vers une limite
commune (à savoir e).
(Remarque. Dans ce cas, la convergence est très rapide. On a pour tout entier naturel non nul n, ∑nk=0 k!1 < e <
∑nk=0 k!1 + n×n!
1
et n = 5 fournit par exemple 2, 716... < e < 2, 718...).

Correction de l’exercice 19 ▲
Pour n entier naturel non nul donné, on a
1 √ √ 1 2 1 2
un+1 − un = √ −2 n+2+2 n+1 = √ −√ √ >√ −√ √ = 0.
n+1 n+1 n+1+ n+2 n+1 n+1+ n+1
De même,

1 √ √ 1 2 1 2
vn+1 − vn = √ −2 n+1+2 n = √ −√ √ <√ −√ √ = 0.
n+1 n+1 n+1+ n n+1 n+1+ n+1

La suite u est strictement croissante et la suite v est strictement décroissante. Enfin,


√ √ 2
vn − un = 2 n + 1 − 2 n = √ √ ,
n+ n+1
et la suite v − u converge vers 0. Les suites u et v sont ainsi adjacentes et donc convergentes, de même limite.

Correction de l’exercice 20 ▲

1 3
1. L’équation caractéristique est4z2 − 4z − 3 = 0. Ses solutions sont − 2 et 2 . Les suites cherchées sont
n n
les suites de la forme (un ) = λ − 21 + µ 23
 
où λ et µ sont deux réels (ou deux complexes si on
cherche toutes les suites complexes).
 Si u0 et u1 sont les deux premiers termes de la suite u, λ et µ sont
λ + µ = u0
les solutions du système et donc λ = 41 (3u0 − 2u1 ) et µ = 14 (u0 + 2u1 ).
− λ2 + 3µ
2 = u1

n 3 n
∀n ∈ N, un = 14 (3u0 − 2u1 ) − 21 + 14 (u0 + 2u1 )

2 .

1 1 1 1 n 1 n

2. Clairement u2n = 4n u0 et u2n+1 = 4n u1 et donc un = 2 2n (1 + (−1) )u0 + 2 × 2n (1 − (−1) )u1 .

16
1
∀n ∈ N, un = 2n+1
((1 + (−1)n )u0 + 2(1 − (−1)n )u1 ).

n n
3. Les solutions de l’équation homogène associée sont les suites de la forme λ − 21 + µ 32 . Une
solution particulière de l’équation proposée est une constante a telle que 4a = 4a + 3a + 12 et donc
n 
1 n
a = −4. Les solutions de l’équation proposée sont donc les suites de la forme −4 + λ − 2 + µ 32


λ + µ = 4 + u0
où λ et µ sont les solutions du système et donc λ = 14 (4 + 3u0 − 2u1 ) et µ =
− λ2 + 3µ
2 = 4 + u 1
1
4 (12 + u0 + 2u1 ).

n 3 n
∀n ∈ N, un = −4 + 14 (4 + 3u0 − 2u1 ) − 12 + 14 (12 + u0 + 2u1 )

2 .

  √ n  √ n 
4. La suite v = u1 est solution de la récurrence 2vn+2 = vn+1 −vn et donc, (vn ) est de la forme λ 1+i4 7 + µ 1−i4 7
1
et donc un =  √ n
1+i 7
 √ n .
λ 4 +µ 1−i4 7

5. Les solutions de l’équation homogène associée sont les suites de la forme (λ + µ2n ). 1 est racine simple
de l’équation caractéristique et donc il existe une solution particulière de l’équation proposée de la forme
un = an4 + bn3 + cn2 + dn. Pour n ⩾ 2, on a

un − 3un−1 + 2un−2 = (an4 + bn3 + cn2 + dn) − 3(a(n − 1)4 + b(n − 1)3 + c(n − 1)2 + d(n − 1))
+ 2(a(n − 2)4 + b(n − 2)3 + c(n − 2)2 + d(n − 2))
= a(n4 − 3(n − 1)4 + 2(n − 2)4 ) + b(n3 − 3(n − 1)3 + 2(n − 2)3 )
+ c(n2 − 3(n − 1)2 + 2(n − 2)2 ) + d(n − 3(n − 1) + 2(n − 2))
= a(−4n3 + 30n2 − 52n + 29) + b(−3n2 + 15n − 13) + c(−2n + 5) + d(−1)
= n3 (−4a) + n2 (30a − 3b) + n(−52a + 15b − 2c) + 29a − 13b + 5c − d.

u est solution ⇔ −4a = 1 et 30a − 3b = 0 et − 52a + 15b − 2c = 0 et 29a − 13b + 5c − d = 0


1 5 49
⇔ a = − , b = − , c = − , d = −36.
4 2 4
Les suites cherchées sont les suites de la forme − 14 (n3 + 10n2 + 49n + 144) + λ + µ2n .


6. Pour tout complexe z, z3 − 6z2 + 11z − 6 = (z − 1)(z − 2)(z − 3) et les suites solutions sont les suites de
la forme (α + β 2n + γ3n ).

7. Pour tout complexe z, z4 − 2z3 + 2z2 − 2z + 1 = (z2 + 1)2 − 2z(z2 + 1) = (z − 1)2 (z2 + 1). Les solutions
de l’équation homogène associée sont les suites de la forme α + β n + γin + δ (−i)n . 1 est racine double
de l’équation caractéristique et donc l’équation proposée admet une solution particulière de la forme
un = an7 + bn6 + cn5 + dn4 + en3 + f n2 . Pour tout entier naturel n, on a

17
un+4 − 2un+3 + 2un+2 − 2un+1 + un = a((n + 4)7 − 2(n + 3)7 + 2(n + 2)7 − 2(n + 1)7 + n7 )
+ b((n + 4)6 − 2(n + 3)6 + 2(n + 2)6 − 2(n + 1)6 + n6 )
+ c((n + 4)5 − 2(n + 3)5 + 2(n + 2)5 − 2(n + 1)5 + n5 )
+ d((n + 4)4 − 2(n + 3)4 + 2(n + 2)4 − 2(n + 1)4 + n4 )
+ e((n + 4)3 − 2(n + 3)3 + 2(n + 2)3 − 2(n + 1)3 + n3 )
+ f ((n + 4)2 − 2(n + 3)2 + 2(n + 2)2 − 2(n + 1)2 + n2 )
= a(84n5 + 840n4 + 4340n3 + 12600n2 + 19348n + 12264)
+ b(60n4 + 480n3 + 1860n2 + 3600n + 2764)
+ c(40n3 + 240n2 + 620n + 600) + d(24n2 + 96n + 124) + e(12n + 24) + 4 f
= n5 (84a) + n4 (840a + 60b) + n3 (4340a + 480b + 40c) + n2 (12600a + 1860b + 240c + 24d)
+ n(19348a + 3600b + 620c + 96d + 12e) + (12264a + 2764b + 600c + 124d + 24e + 4 f )
1
u est solution si et seulement si 84a = 1 et donc a = 84 , puis 840a + 60b = 0 et donc b = − 61 , puis
4340a + 480b + 40c = 0 et donc c = 17 5
24 , puis 12600a + 1860b + 240c + 24d = 0 et donc d = − 12 puis
59
19348a + 3600b + 620c + 96d + 12e = 0 et donc e = − 24 puis 12264a + 2764b + 600c + 124d + 24e +
1
4 f = 0 et donc f = 12 . La solution générale de l’équation avec second membre est donc :

1
∀n ∈ N, un = (2n7 −28n6 +119n5 −70n4 −413n3 +14n2 )+α +β n+γin +δ (−i)n , (α, β , γ, δ ) ∈ C4 .
168

Correction de l’exercice 21 ▲
Tout d’abord , on montre facilement par récurrence que, pour tout entier naturel non nul n, un existe et un ⩾ 1.
Mais alors, pour tout entier naturel non nul n, 1 ⩽ un+1 = 1 + unn ⩽ 1 + n. Par suite, pour n ⩾ 2, 1 ⩽ un ⩽ n, ce
qui reste vrai pour n = 1.

∀n ∈ N∗ , 1 ⩽ un ⩽ n.

Supposons momentanément que la suite (un − n)n⩾1 converge vers un réel ℓ. Dans ce cas :

√ √ √
  
n n 1 ℓ 1
1+ = 1+ √ = 1+ n   = 1+ n 1− √ +o √ = n + 1 − ℓ + o(1).
un n + ℓ + o(1) 1 + √ℓn + o √1n n n

D’autre part,

√ √ 1 1/2 √
 
un+1 = n + 1 + ℓ + o(1) = n 1 + + ℓ + o(1) = n + ℓ + o(1),
n

et donc ℓ − (1 − ℓ) = o(1) ou encore 2ℓ − 1 = 0. Donc, si la suite (un − n)n⩾1 converge vers un réel ℓ, alors

ℓ = 21 . Il reste à démontrer que la suite (un − n)n⩾1 converge. On note que pour tout entier naturel non nul,
√ √
  
1 2 1 1 1
un+1 − un = (−un + un + n) = (1 + 4n + 1) − un un − (1 − 4n + 1) .
un un 2 2
√ √ √
Montrons par récurrence
√ que pour n ⩾ 1, 12 (1 + 4n − 3) ⩽ un ⩽ 21 (1 + 4n + 1). Posons vn = 21 (1 + 4n − 3)
et wn = 12 (1 + 4n + 1).

Si n = 1, v1 = 1 ⩽ u1 = 1 ⩽ 12 (1 + 5) = w1 .
Soit n ⩾ 1. Supposons que vn ⩽ un ⩽ wn . Alors,

18
2n n 2n
1+ √ ⩽ un+1 = 1 + ⩽ 1 + √ .
4n + 1 + 1 un 4n − 3 + 1
Mais, pour n ⩾ 1,

1 √ 2n √ √ √
sgn( (1 + 4n + 5)−(1 + √ )) = sgn((1 + 4n + 5)(1 + 4n − 3) − 2(2n + 1 + 4n − 3))
2 4n − 3 + 1
√ √ √
= sgn( 4n + 5(1 + 4n − 3) − (4n + 1 + 4n − 3))
√ √
= sgn((4n + 5)(1 + 4n − 3)2 − (4n + 1 + 4n − 3)2 ) (par croissance de x 7→ x2 sur [0, +∞[)
√ √
= sgn((4n + 5)(4n − 2 + 2 4n − 3) − ((4n + 1)2 + 2(4n + 1) 4n − 3 + 4n − 3))
√ √
= sgn(−8 + 8 4n − 3) = sgn( 4n − 3 − 1) = sgn((4n − 3) − 1) = sgn(n − 1) = +
2n
Donc, un+1 ⩽ 1 + 1 + √4n−3+1 ⩽ wn+1 .
D’autre part,
√ √
2n 2n + 1 + 4n + 1 ( 4n + 1 + 1)2 1 √
1+ √ = √ = √ = (1 + 4n + 1) = vn+1 ,
4n + 1 + 1 4n + 1 + 1 2( 4n + 1 + 1) 2
et donc vn+1 ⩽ un+1 ⩽ wn+1 .
On a montré par récurrence que

1 √ 1 √
∀n ∈ N∗ , (1 + 4n − 3) ⩽ un ⩽ (1 + 4n + 1),
2 2
(ce qui montre au passage que u est croissante).
Donc, pour n ⩾ 1,
r r
1 3 √ √ 1 1 √
+ n − − n ⩽ un − n ⩽ + n + − n,
2 4 2 4
ou encore, pour tout n ⩾ 1,

1 3 1 √ 1 1 1
− q √ ⩽ un − n ⩽ + q .
2 4 n− 3 + n 2 4 n + 1 + √n
4 4

Maintenant, comme les deux suites ( 12 − 43 √ 1


√ )et ( 12 + 14 √ 11 √ ) convergent toutes deux vers 12 ,
n− 34 + n n+ 4 + n

d’après le théorème de la limite par encadrements, la suite (un − n)n⩾1 converge vers 21 .

Correction de l’exercice 22 ▲

L’égalité proposée est vraie pour n = 2 car cos 2π2 = cos π4 = 22 .

q p
π 1
Soit n ⩾ 2. Supposons que cos( 2n ) = 2 2 + 2 + ... 2 (n − 1 radicaux).
π π
Alors, puisque cos( 2n+1 ) > 0 (car 2n+1 est dans ]0, π2 [),
r s r r
π √ √
q q
π 1 + cos( 2n ) 1 1 1
cos( n+1 ) = = (1 + 2 + 2 + ... 2) = 2 + 2 + ... 2, (n radicaux).
2 2 2 2 2

q p
On a montré par récurrence que, pour n ⩾ 2, cos( 2πn ) = 12 2 + 2 + ... 2 (n − 1 radicaux).
Ensuite, pour n ⩾ 2,
r

r q
π 1 π 1
sin( n ) = (1 − cos( n−1 ) = 2 − 2 + ... 2 (n − 1 radicaux)
2 2 2 2
Enfin,

19
r

q
n π π
2 2− 2 + ... 2 = 2n .2 sin n+1 ∼ 2n+1 n+1 = π.
2 2

q p
Donc, limn→+∞ 2n 2 − 2 + ... 2 = π.

Correction de l’exercice 23 ▲

1. Pour x réel positif, posons f (x) = x − ln(1 + x) et g(x) = (x + 1) ln(x + 1) − x. f et g sont dérivables sur
[0, +∞[ et pour x > 0, on a

1 x
f ′ (x) = 1 − = > 0,
x+1 x+1
et

g′ (x) = ln(x + 1) + 1 − 1 = ln(x + 1) > 0.

f et g sont donc strictement croissantes sur [0, +∞[ et en particulier, pour x > 0, f (x) > f (0) = 0 et de
même, g(x) > g(0) = 0. Finalement, f et g sont strictement positives sur ]0, +∞[ ou encore,

∀x > 0, ln(1 + x) < x < (1 + x) ln(1 + x).

2. Soit k un entier naturel non nul.


D’après 1), ln(1 + 1k ) < 1k < (1 + 1k ) ln(1 + 1k ), ce qui fournit k ln(1 + 1k ) < 1 < (k + 1)Ln(1 + 1k ), puis, par
stricte croissance de la fonction exponentielle sur R,

1 1
∀k ∈ N∗ , 0 < (1 + )k < e < (1 + )k+1 .
k k
En multipliant membre à membre ces encadrements, on obtient pour tout naturel non nul n :

n n
1 1
∏(1 + k )k < en < ∏(1 + k )k+1 .
k=1 k=1

Maintenant,

n n 
k + 1 k ∏n+1 kk−1 (n + 1)n

1 k
∏(1 + k ) = ∏ k = k=2 = .
k=1 k=1 ∏nk=1 kk n!

De même,
n
1 ∏n+1 kk (n + 1)n+1
∏(1 + k )k+1 = ∏n k=2kk+1 = n!
.
k=1 k=1

(n+1)n (n+1)n+1
On a montré que ∀n ∈ N∗ , n! < en < n! et donc

n
1 n+1
∗ n! 1 n + 1
∀n ∈ N , < < (n + 1)1/n .
e n n e n
n+1
D’après le théorème de la limite par encadrements, comme n tend vers 1 quand n tend vers l’infini de

n
n! 1
même que (n + 1)1/n = eln(n+1)/n , on a montré que n tend vers e quand n tend vers +∞.

20
Correction de l’exercice 24 ▲
Soit x un irrationnel et ( qpnn )n∈N une suite de rationnels tendant vers x (pn entier relatif et qn entier naturel non
nul, la fraction qpnn n’étant pas nécessairement irréductible). Supposons que la suite (qn )n∈N ne tende pas vers
+∞. Donc :

∃A > 0/ (∀n0 ∈ N)(∃n ⩾ n0 / qn ⩾ A)


ou encore, il existe une suite extraite (qϕ (n))n∈N de la suite (qn )n∈N qui est bornée.
La suite (qϕ (n))n∈N est une suite d’entiers naturels qui est bornée, et donc cette suite ne prend qu’un nombre fini
de valeurs. Mais alors, on peut extraire de la suite (qϕ (n))n∈N et donc de la suite (qn )n∈N une suite (qψ(n) )n∈N
qui est constante et en particulier convergente.
p
La suite (pψ(n) )n∈N = ( qψ(n) )n∈N (qψ(n) )n∈N est aussi une suite d’entiers relatifs convergente et est donc constante
ψ(n)
à partir d’un certain rang.
Ainsi, on peut extraire de la suite (pψ(n) )n∈N et donc de la suite (pn )n∈N une suite (pσ (n) )n∈N constante. La
suite ((qσ (n) )n∈N est également constante car extraite de la suite constante (qψ(n) )n∈N et finalement, on a extrait
p
de la suite ( qpnn )n∈N une sous suite ( qσ (n) )n∈N constante.
σ (n)
p p
Mais la suite ( qpnn )n∈N tend vers x et donc la suite extraite ( qσ (n) )n∈N tend vers x. Puisque ( qσ (n) )n∈N est constante,
σ (n) σ (n)
p
on a ∀n ∈ N, qσ (n) = x et donc x est rationnel. Contradiction .
σ (n)
Donc la suite (qn )n∈N tend vers +∞. Enfin si (|pn |)n∈N ne tend pas vers +∞, on peut extraire de (pn )n∈N une
p
sous-suite bornée (pϕ (n))n∈N . Mais alors, la suite ( qϕ(n) )n∈N tend vers x = 0 contredisant l’irrationnalité de x.
ϕ(n)
Donc, la suite (|pn |)n∈N tend vers +i n f ty.

Correction de l’exercice 25 ▲
On pose u0 = 0, u1 = 0, u2 = 1, u3 = 1, u4 = 0, u5 = 1,... c’est-à-dire

0 si n n’est pas premier
∀n ∈ N, un = .
1 si n est premier
Soit k un entier naturel supérieur ou égal à 2. Pour n ⩾ 2, l’entier kn est composé et donc, pour n ⩾ 2, ukn = 0.
En particulier, la suite (ukn )n∈N converge et a pour limite 0. Maintenant, l’ensemble des nombres premiers est
infini et si pn est le n-ième nombre premier, la suite (pn )n∈N est strictement croissante. La suite (u pn )n∈N est
extraite de (un )n∈N et est constante égale à 1. En particulier, la suite (u pn )n∈N tend vers 1. Ainsi la suite (un )n∈N
admet au moins deux suites extraites convergentes de limites distinctes et donc la suite (un )n∈N diverge bien
que toutes les suites (ukn )n∈N convergent vers 0 pour k ⩾ 2.

Correction de l’exercice 26 ▲
Soit f une application de N dans lui-même, injective. Montrons que limn→+∞ f (n) = +∞.
Soient A un réel puis m = Max(0, 1 + E(A)).
Puisque f est injective, on a card( f −1 ({0, 1, ..., m}) ⩾ m+1. En particulier, f −1 ({0, 1, ..., m}) est fini (éventuellement
vide).
0 si f −1 ({0, 1, ..., m}) = 0/

Posons n0 = 1 + .
Max f −1 ({0, 1, ..., m}) sinon
Par définition de n0 , si n ⩾ n0 , n n’est pas élément de f −1 ({0, 1, ..., m}) et donc f (n) > m > A.
On a montré que ∀A ∈ R, ∃n0 ∈ N/ (∀n ∈ N), (n ⩾ n0 ⇒ f (n) > A) ou encore limn→+∞ f (n) = +∞.

Correction de l’exercice 27 ▲
Pour n naturel non nul et x réel positif, posons fn (x) = xn + x − 1.
Pour x ⩾ 0, f1 (x) = 0 ⇔ x = 21 et donc u1 = 21 .
Pour n ⩾ 2, fn est dérivable sur R+ et pour x ⩾ 0, fn′ (x) = nxn−1 + 1 > 0.

21
fn est ainsi continue et strictemnt croissante sur R+ et donc bijective de R+ sur fn (R+ ) = [ f (0), limx→+∞ fn (x)[=
[−1, +∞[, et en particulier,

∃!x ∈ [0, +∞[/ fn (x) = 0.


Soit un ce nombre. Puisque fn (0) = −1 < 0 et que fn (1) = 1 > 0, par stricte croissance de fn sur [0, +∞[, on a :

∀n ∈ N, 0 < un < 1.
La suite u est donc bornée.
Ensuite, pour n entier naturel donné et puisque 0 < un < 1 :

fn+1 (un ) = un+1


n + un − 1 < unn + un − 1 = fn (un ) = 0 = fn+1 (un+1 ),
et donc fn+1 (un ) < fn+1 (un+1 ) puis, par stricte croissance de fn+1 sur R+ , on obtient :

∀n ∈ N, un < un+1 .
La suite u est bornée et strictement croissante. Donc, la suite u converge vers un réel ℓ, élément de [0, 1].
Si 0 ⩽ ℓ < 1, il existe un rang n0 tel que pour n ⩾ n0 , on a : un ⩽ ℓ + 1−ℓ 1+ℓ
2 = 2 . Mais alors, pour n ⩾ n0 ,
n 1+ℓ n
on a 1 − un = un ⩽ ( 2 ) et quand n tend vers vers +∞, on obtient 1 − ℓ ⩽ 0 ce qui est en contradiction avec
0 ⩽ ℓ < 1. Donc, ℓ = 1.

Correction de l’exercice 28 ▲

2pπ
1. Posons a = q où p ∈ Z, q ∈ N∗ et PGCD(p, q) = 1. Pour tout entier naturel n, on a
   
2pπ 2pπ
un+q = cos (n + q) = cos n + 2pπ = cos(na) = un .
q q

La suite u est donc q-périodique et de même la suite v est q-périodique. Maintenant, une suite périodique
converge si et seulement si elle est constante (en effet, soient T une période strictement positive de u et ℓ
la limite de u. Soit k ∈ {0, ..., T − 1}. |uk − u0 | = |uk+nT − unT | → |ℓ − ℓ| = 0 quand n tend vers l’infini).
Or, si a = 2pπ ∗ p
q où p ∈ Z, q ∈ N , PGCD(p, q) = 1 et q ∈ Z, alors u1 ̸= u0 et la suite u n’est pas constante
et donc diverge, et si a ∈ 2πZ, la suite u est constante et donc converge.

2. (a) et b)) Pour tout entier naturel n,

vn+1 = sin((n + 1)a) = sin(na) cos a + cos(na) sin a = un sin a + vn cos a.

Puisque 2πa
∈/ Z, sin a ̸= 0 et donc un = vn+1 −v n cos a
sin a . Par suite, si v converge alors u converge. De même,
à partir de cos((n + 1)a) = cos(na) cos a − sin(na) sin a, on voit que si u converge alors v converge. Les
suites u et v sont donc simultanément convergentes ou divergentes.
Supposons que la suite u converge, alors la suite v converge. Soient ℓ et ℓ′ les limites respectives de u et
v. D’après ce qui précède, ℓ et ℓ′ sont solutions du système :

ℓ sin a + ℓ′ cos a = ℓ′ ℓ sin a + ℓ′ (cos a − 1) = 0


 
⇔ .
ℓ cos a − ℓ′ sin a = ℓ. ℓ(cos a − 1) − ℓ′ sin a = 0.

Le déterminant de ce système vaut − sin2 a − (cos a − 1)2 < 0 car a ∈ / 2πZ. Ce système admet donc
l’unique solution ℓ = ℓ′ = 0 ce qui contredit l’égalité ℓ2 + ℓ′ 2 = 1. Donc, les suites u et v divergent.

22
3. (a) Soit E ′ = {na + 2kπ, n ∈ N, k ∈ Z}. Supposons que E ′ est dense dans R et montrons que {un , n ∈
N} et {vn , n ∈ N} sont dense dans [−1, 1].
Soient x un réel de [−1, 1] et b = arccos x, de sorte que b ∈ [0, π] et que x = cos b.
Soit ε > 0. Pour n entier naturel et k entier relatif donnés, on a :

na + 2kπ − b na + 2kπ + b
|un − x| = | cos(na) − cos b| = | cos(na + 2kπ) − cos b| = 2| sin( ) sin( )|
2 2
na + 2kπ − b
⩽2 (l’inégalité | sin x| ⩽ |x| valable pour tout réel x est classique)
2
= |na + 2kπ − b|

En résumé, ∀k ∈ Z, ∀n ∈ N, |un − x| ⩽ |na + 2kπ − b|. Maintenant, si E ′ est dense dans R, on peut
trouver n ∈ N et k ∈ Z| tels que |na + 2kπ − b| < ε et donc |un − x| < ε.
Finalement, {un , n ∈ N} est dense dans [−1, 1]. De même, on montre que {vn , n ∈ N} est dense
dans [−1, 1].
Il reste donc à démontrer que E ′ est dense dans R.
(b) Soit E = {na + 2kπ, n ∈ Z, k ∈ Z}. E est un sous groupe non nul de (R, +) et donc est soit de la
forme αZ avec α = inf(E∩]0, +∞[) > 0, soit dense dans R si inf(E∩]0, +∞[) = 0.
Supposons par l’absurde que inf(E∩]0, +∞[) > 0. Puisque E = αZ et que 2π est dans E, il existe
un entier naturel non nul q tel que 2π = qα, et donc tel que α = 2π
q .
2pπ
Mais alors, a étant aussi dans E, il existe un entier relatif p tel que a = pα = q ∈ 2πQ. Ceci est
exclu et donc, E est dense dans R.
(c) Soit x dans [−1, 1]. D’après ce qui précède, pour ε > 0 donné, il existe n ∈ Z tel que | cos(na) − x| <
ε et donc |u|n| −x| < ε, ce qui montre que {un , n ∈ N} est dense dans [−1, 1]. De même, {vn , n ∈ N}
est dense dans [−1, 1].

Correction de l’exercice 29 ▲
Soit x dans [−1, 1] et ε > 0.
Soit θ = arcsin x (donc θ est élément de [− π2 , π2 ] et x = sin θ ). Pour k entier naturel non nul donné, il existe un
entier nk tel que ln(nk ) ⩽ θ + 2kπ < ln(nk + 1) à savoir nk = E(eθ +2kπ ).
Mais,

1 1
0 < ln(nk + 1) − ln(nk ) = ln(1 + )<
nk nk
(d’après l’inégalité classique ln(1 + x) < x pour x > 0, obtenue par exemple par l’étude de la fonction f : x 7→
ln(1 + x) − x). Donc,

1
0 ⩽ θ + 2kπ − ln(nk ) < ln(nk + 1) − ln(nk ) < ,
nk
puis

θ + 2kπ − ln(nk ) θ + 2kπ + ln(nk )


| sin(θ ) − sin(ln(nk ))| = 2| sin( ) cos( )|
2 2
θ + 2kπ − ln(nk ) 1
⩽2 = |θ + 2kπ − ln(nk )| < .
2 nk

Soit alors ε un réel strictement positif.


1
Puisque nk = E(eθ +2kπ ) tend vers +∞ quand k tend vers +∞, on peut trouver un entier k tel que nk < ε et pour
cet entier k, on a | sin θ − sin(ln(nk ))| < ε.

23
On a montré que ∀x ∈ [−1, 1], ∀ε > 0, ∃n ∈ N∗ / |x − sin(ln n)| < ε, et donc {sin(ln n), n ∈ N∗ } est dense dans
[−1, 1].

Correction de l’exercice 30 ▲
Pour α ∈]0, π[, posons f (α) = supn∈N (| sin(nα)|). {(sin(nα), n ∈ N} est une partie non vide et majorée (par
1) de R. Donc, pour tout réel α de ]0, π[, f (α) existe dans R.
Si α est dans [ π3 , 2π
3 ],

3 π
f (α) = supn∈N (| sin(nα)|) ⩾ sin α ⩾ = f ( ).
2 3
π π
Si α est dans ]0, 3 ]. Soit n0 l’entier naturel tel que (n0 − 1)α < 3 ⩽ n0 α (n0 existe car la suite (nα)n∈N est
strictement croissante). Alors,

π π π π 2π
⩽ n0 α = (n0 − 1)α + α < + α ⩽ + = .
3 3 3 3 3
Mais alors,

3 π
f (α) = supn∈N (| sin(nα)|) ⩾ | sin(n0 α)| ⩾ = f ( ).
2 3
Si α est dans [ 2π
3 , π[, on note que

π
f (α) = supn∈N (| sin(nα)|) = supn∈N (| sin(n(π − α)|) = f (π − α) ⩾ f ( ),
3
car π − α est dans ]0, π3 ].

3
On a montré que ∀α ∈]0, π[, f (α) ⩾ f ( π3 ) = Donc, infα∈]0,π[ (supn∈N (| sin(nα)|)) existe dans R et
2 .

π 3
infα∈]0,π[ (supn∈N (| sin(nα)|)) = Minα∈]0,π[ (supn∈N (| sin(nα)|)) = f ( ) = .
3 2

Correction de l’exercice 31 ▲
La suite u n’est pas majorée. Donc, ∀M ∈ R, ∃n ∈ N/ un > M. En particulier, ∃n0 ∈ N/ un0 ⩾ 0.
Soit k = 0. Supposons avoir construit des entiers n0 , n1 ,..., nk tels que n0 < n1 < ... < nk et ∀i ∈ {0, ..., k}, uni ⩾ i.
On ne peut avoir : ∀n > nk , un < k + 1 car sinon la suite u est majorée par le nombre Max{u0 , u1 , ..., unk , k + 1}).
Par suite, ∃nk+1 > nk / unk+1 ⩾ k + 1.
On vient de construire par récurrence une suite (unk )k∈N extraite de la suite u telle que ∀k ∈ N, unk ⩾ k et en
particulier telle que limk→+∞ unk = +∞.

Correction de l’exercice 32 ▲
Si u converge vers un réel ℓ, alors ℓ ∈ [0, 1] puis, par passage à la limite quand n tend vers +∞, ℓ(1 − ℓ) ⩾ 14 , et
donc (ℓ − 21 )2 ⩽ 0 et finalement ℓ = 12 . Par suite, si u converge, limn→+∞ un = 12 .
De plus, puisque la suite u est à valeurs dans ]0, 1[, pour n naturel donné, on a :

1 1 1
− ( − un )2 ⩽ < un+1 (1 − un ),
un (1 − un ) =
4 2 4
et puisque 1 − un > 0, on a donc ∀n ∈ N, un < un+1 .
u est croissante et majorée. Donc u converge et limn→+∞ un = 12 (amusant).

24
Exo7

Comparaison des suites

Exercices de Jean-Louis Rouget. Retrouver aussi cette fiche sur [Link]

* très facile ** facile *** difficulté moyenne **** difficile ***** très difficile
I : Incontournable T : pour travailler et mémoriser le cours

Exercice 1 ***I
Déterminer un équivalent le plus simple possible de chacune des suites suivantes quand n tend vers +∞.

√ n
1) arccos n−1 2) arccos n1 3) ch( n) 4) 1 + n1 5) √ argch n
n n4 +n2 −1
√ −√n 1 1 π 3/5 3/5
q
(−1)n
6) (1 + n) 7) ln(cos n )(ln sin n ) 8) ( 2 ) − (arctan n) 9) 1 + √n − 1

Correction ▼ [005252]

Exercice 2 ***I
Montrer que ∑nk=0 k! ∼ n!.
Correction ▼ [005253]

Exercice 3 ***I

1. Soient u et v deux suites réelles strictement positives. Pour n ∈ N, on pose Un = ∑nk=0 uk et Vn = ∑nk=0 vk .
Montrer que si un ∼ vn et si limn→+∞ Vn = +∞, alors Un ∼ Vn .

2. Application. Trouver un équivalent de ∑nk=1 √1k et ∑nk=1 ln(k).

Correction ▼ [005254]

Exercice 4 ****
3
Soit (un ) une suite réelle de limite nulle. Montrer que si un + u2n ∼ 2n , alors un ∼ 1n . A-t-on : si un + un+1 ∼ 2n ,
alors un ∼ 1n ?
Correction ▼ [005255]

Exercice 5 ***I
π
Soit u la suite définie par u0 = 2 et, ∀n ∈ N, un+1 = sin(un ).

1. Montrer que la suite u est strictement positive, décroissante de limite nulle.


3
2. On admet que si u est une suite de limite nulle, alors, quand n tend vers +∞, sin(un ) = un − u6n + o(u3n ).
Déterminer un réel α tel que la suite vn = uαn+1 − uαn ait une limite réelle non nulle. En appliquant le
lemme de C ÉSARO à la suite (vn ), en déduire un équivalent simple de un quand n tend vers +∞.

Correction ▼ [005256]

1
Correction de l’exercice 1 ▲

n−1
1. Tout d’abord, pour n ⩾ 1, n existe et est élément de [−1, 1]. Donc, arccos n−1
n existe pour tout entier
naturel non nul n.
n−1
Quand n tend vers +∞, n tend vers 1 et donc arccos n−1
n tend vers 0. Mais alors,

r √ √
n−1 n−1 n−1 2 2n − 1 2
arccos ∼ sin(arccos )= 1−( ) = ∼√ .
n n n n n

2. arccos n1 tend vers 1 et donc arccos 1n ∼ 1.


√ √ √ √
3. ch( n) = 12 (e n + e− n ) ∼ 21 e n .
n n
4. n ln(1 + 1n ) ∼ n. n1 = 1 et donc, 1 + n1 = en ln(1+1/n) tend vers e. Par suite, 1 + n1 ∼ e.

5. argch n existe pour n ⩾ 1 et comme, pour n ⩾ 1, n4 + n2 − 1 ⩾ n4 > 0, √ argch n existe pour n ⩾ 1.


n4 +n2 −1
p
argch n = ln(n + n2 − 1) ∼ ln(n + n) = ln(2n) = ln n + ln 2 ∼ ln n.

Donc, √ argch n ∼ ln n
√ = ln n
.
n4 +n2 −1 n4 n2
√ √ √ √ √ √ √ √ √ √
6. − n ln( n + 1) = − n ln( n) − n ln(1 + √1n ) = − n ln( n) − n( √1n + o( √1n )) = − n ln( n) −
1 + o(1), et donc

√ √ √ √ √ √ 1 1
(1 + n)− n = e− n ln( n)−1+o(1) ∼ e− n ln( n)−1 = √ √n .
e n

7.
1 1 1 1 1 ln n
ln(cos )(ln sin ) ∼ (cos − 1) ln( ) ∼ (− 2 )(− ln n) = 2 .
n n n n 2n 2n

8. (arctan n)3/5 = ( π2 − arctan n1 )3/5 = ( π2 )3/5 (1 − π2 ( n1 + o( 1n )))3/5 = ( π2 )3/5 (1 − 5nπ


6
+ o( 1n )), et donc

π π 6 1 π 6
( )3/5 − (arctan n)3/5 = ( )3/5 (1 − 1 + + o( )) ∼ ( )3/5
2 2 5nπ n 2 5nπ
n n
q n
9. Tout d’abord, pour n ⩾ 1, (−1)

n
= √1n ⩽ 1, et donc 1 + (−1)

n
⩾ 0, puis 1 + (−1)
√ − 1 existe. Ensuite,
n
quand n tend vers +∞,
s
(−1)n (−1)n
1+ √ −1 ∼ √ .
n 2 n

Correction de l’exercice 2 ▲
Pour n ⩾ 2, on a

1 n 1 n−2 k!
∑ k! = 1 + + ∑ .
n! k=0 n k=0 n!
k! 1 1
Mais, pour 0 ⩽ k ⩽ n − 2, n! = n(n−1)...(k+1) ⩽ n(n−1) (le produit contenant au moins les deux premiers facteurs.
Par suite,
n−2
k! n−2
0⩽ ∑ n! ⩽ n(n − 1) .
k=0

2
On en déduit que ∑n−2 k!
k=0 n! tend vers 0 quand n tend vers +∞. Comme
1
n tend aussi vers 0 quand n tend vers +∞,
on en déduit que n!1 ∑nk=0 k! tend vers 1 et donc que
n
∑ k! ∼ n!.
k=0

Correction de l’exercice 3 ▲

1. Soit ε > 0.
Les suites u et v sont équivalentes et la suite v est strictement positive. Donc, il existe un rang n0 tel que,
pour n ⩾ n0 , |un − vn | < ε2 vn . Soit n > n0 .

Un |Un −Vn | 1 n
−1 = ⩽ ∑ |uk − vk |
Vn Vn Vn k=0
1 n0 ε n
⩽ ( ∑ |uk − vk | + ∑ vk )
Vn k=0 2 k=n0 +1

1 n0 ε 1 n0 ε
⩽ ( ∑ |uk − vk | + Vn ) = ∑ |uk − vk | +
Vn k=0 2 Vn k=0 2

Maintenant, l’expression ∑nk=0


0
|uk − vk | est constante quand n varie, et d’autre part, Vn tend vers +∞
quand n tend vers +∞. On en déduit que V1n ∑nk=0 0
|uk − vk | tend vers 0 quand n tend vers +∞. Par suite, il
1 n0
existe un rang n1 > n0 tel que, pour n ⩾ n1 , Vn ∑k=0 |uk − vk | < ε2 .
Un
Pour n ⩾ n1 , on a alors Vn − 1 < ε2 + ε2 = ε.
On a montré que

Un
∀ε > 0, ∃n1 ∈ N/ ∀n ∈ N, (n ⩾ n1 ⇒ − 1 < ε.
Vn
Un
Ainsi, la suite Vn tend vers 1 quand n tend vers +∞ et donc Un ∼ Vn .

2.
√ √ 2 2 1
2( n + 1 − n) = √ √ ∼ √ =√ .
n+1+ n 2 n n

De plus,

n √ √ √ √
∑ 2( k + 1 − k) = 2 n + 1 − 2 1.
k=1

Cette dernière expression tend vers +∞ quand n tend vers +∞.


√ √ √
En résumé, pour n ⩾ 1, √1n > 0, 2( n + 1 − n) > 0, de plus quand n tend vers +∞, √1
n
∼ 2( n + 1 −
√ √ √
n) et enfin, ∑nk=1 2( k + 1 − k) tend vers +∞ quand n tend vers +∞. D’après 1),

n
1 n √ √ √ √ √

∑ k ∑ ∼ 2( k + 1 − k) = 2 n + 1 − 2 1 ∼ 2 n.
k=1 k=1

1
(n + 1) ln(n + 1) − n ln n = (n + 1 − n) ln n + (n + 1) ln(1 + ) = ln n + 1 + o(1) ∼ ln n.
n
Comme ∑nk=1 ((k + 1) ln(k + 1) − k ln k) = (n + 1) ln(n + 1) tend vers +∞ et que les suites considéres sont
positives, on en déduit que

3
n n
ln(n!) = ∑ ln k ∼ ∑ ((k + 1) ln(k + 1) − k ln k) = (n + 1) ln(n + 1) ∼ n ln n.
k=1 k=1

Correction de l’exercice 4 ▲
(−1)n
Pour n ⩾ 1, posons un = ln n + 1n . On a alors

2 n 1 1 (−1)n n(ln(n + 1) − ln n)
n(un + un+1 − ) = 1 + − 2 + n(−1)n ( − )= + o(1)
n n+1 ln n ln(n + 1) ln n ln(n + 1)
(−1)n n ln(1 + 1/n) (−1)n (1 + o(1))
= + o(1) = + o(1) = o(1).
ln n ln(n + 1) ln n ln(n + 1)
Donc, n(un + un+1 − n2 ) = o(1), ou encore un + un+1 = n2 + o( 1n ), ou enfin, un + un+1 ∼ n2 . Pourtant, un est
n
équivalent à (−1) 1 n
ln n et pas du tout à n (|nun | = ln n → +∞).
Supposons maintenant que un + u2n ∼ 2n et montrons que un ∼ 1n .
3

On pose vn = un − n1 . Il s’agit maintenant de montrer que vn = o( 1n ) sous l’hypothèse vn + v2n = o( 1n ).


Soit ε > 0. Il existe n0 ∈ N tel que, pour n ⩾ n0 , n|vn + v2n | < ε4 .
Soient n ⩾ n0 et p ∈ N.

p
|vn | = |vn + v2n − v2n − v4n + ... + (−1) p (v2 p n + v2 p+1 n ) + (−1) p+1 v2 p+1 n | ⩽ ∑ |v2 n + v2
k k+1 n | + |v2 p+1 n |
k=0
1
ε p 1 ε 1 − 2 p+1
∑ 2k n 2 n 4n 1 − 1 + |v2p+1 n |
4 k=0
+ |v p+1 | =
2
ε
⩽ + |v2 p+1 n |
2n
Maintenant, la suite u tend vers 0, et il en est de même de la suite v. Par suite, pour chaque n ⩾ n0 , il est possible
ε
de choisir p tel que |v2 p+1 n | < 2n .
En résumé, si n est un entier donné supérieur ou égal à n0 , n|vn | < ε2 + ε2 = ε. On a montré que

∀ε > 0, ∃n0 ∈ N/ ∀n ∈ N, (n ⩾ n0 ⇒ |nvn | < ε.


Par suite, vn = o( n1 ) et donc un = n1 + o( 1n ), ou encore un ∼ 1n .

Correction de l’exercice 5 ▲

1. Il est immédiat que la suite u est définie et à valeurs dans [−1, π2 ].


Plus précisément, u0 ∈]0, π2 ], et si pour n ⩾ 0, un ∈]0, π2 ], alors un+1 ∈]0, 1] ⊂]0, π2 ]. On a montré par
récurrence que, ∀n ∈ N, un ∈]0, π2 ].
Montrons que pour tout réel x ∈]0, π2 ], on a sin x > x. Pour x ∈ [0, π2 ], posons f (x) = x − sin x. f est
dérivable sur [0, π2 ] et pour x ∈ [0, π2 ], f ′ (x) = 1 − cos x. Par suite, f ′ est strictement positive sur ]0, π2 ] et
donc strictement croissante sur [0, π2 ]. Mais alors, pour x ∈]0, π2 ], on a f (x) > f (0) = 0.
Soit n ∈ N. Puisque un ∈]0, π2 ], on a un+1 = sin(un ) < un . La suite u est donc strictement décroissante.
Puisque la suite u est d’autre part minorée par 0, la suite u converge vers un réel noté ℓ. Puisque pour
tout n ∈ N, 0 < un ⩽ π2 , on a 0 ⩽ ℓ ⩽ π2 . Mais alors, par continuité de la fonction x 7→ sin x sur [0, π2 ] et
donc en ℓ, on a

ℓ = lim un+1 = lim sin(un ) = sin( lim un ) = sin(ℓ).


n→+∞ n→+∞ n→+∞
π
Or, si x ∈]0, 2 ], sin x < x et en particulier sin x ̸= x. Donc, ℓ = 0.
La suite u est strictement positive, strictement décroissante, de limite nulle.

4
2. Soit α ∈ R. Puisque un tend vers 0 quand n tend vers +∞,

u3n u2 αu2 αu2+α


uαn+1 = (sin(un ))α = (un − +o(u3n ))α = uαn (1− n +o(u2n ))α = uαn (1− n +o(u2n )) = uαn − n +o(u2+α
n ).
6 6 6 6
2+α
et donc, uαn+1 − uαn = − αu6n + o(u2+α
n ). En prenant α = −2, on obtient alors

1 1 1
vn = − = + o(1).
u2n+1 u2n 3

D’après le lemme de C ÉSARO, n1 ∑n−1 1


k=0 vk tend également vers 3 . Mais,

1 n−1 1 n−1 1 1 1 1 1
∑ vk = ∑ ( 2 − 2 ) = ( 2 − 2 ).
n k=0 n k=0 uk+1 uk n un u0

Ainsi, 1n ( u12 − u12 ) = 13 + o(1) puis, u12 = n3 + u12 + o(n) = n3 + o(n). Donc, 1
u2n
∼ 3n , puis u2n ∼ 3
n et enfin,
n 0 n 0
puisque la suite u est strictement positive,
r
3
un ∼ .
n

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