0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
22 vues6 pages

TD Séance N° 2 12 Mai 2023 - Exercices

Le document traite des procédures juridiques liées aux entreprises en difficulté, en se concentrant sur un arrêt de la Cour de cassation concernant la société Prosphères et la société TBI. Il aborde également une étude de cas sur la SARL Hôtel du Beauregard, qui fait face à des difficultés financières et examine les options de redressement judiciaire et de sauvegarde. Le texte explore les critères, procédures, avantages et objectifs de ces mesures, ainsi que les actions possibles pour sortir de la crise.

Transféré par

romannyassine0
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
22 vues6 pages

TD Séance N° 2 12 Mai 2023 - Exercices

Le document traite des procédures juridiques liées aux entreprises en difficulté, en se concentrant sur un arrêt de la Cour de cassation concernant la société Prosphères et la société TBI. Il aborde également une étude de cas sur la SARL Hôtel du Beauregard, qui fait face à des difficultés financières et examine les options de redressement judiciaire et de sauvegarde. Le texte explore les critères, procédures, avantages et objectifs de ces mesures, ainsi que les actions possibles pour sortir de la crise.

Transféré par

romannyassine0
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Droit des entreprises en difficulté

SEANCE N° 2
DE

DROIT DES ENTREPRISES EN DIFFICULTE

M. Serge PRADAT

1
Droit des entreprises en difficulté

1° Jurisprudence :

ARRÊT DE LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE COMMERCIALE, FINANCIÈRE


ET ÉCONOMIQUE, DU 14 DÉCEMBRE 2022

La société Prosphères, société par actions simplifiée, dont le siège est [Adresse 1], a formé le
pourvoi n° A 21-14.206 contre l'arrêt rendu le 26 janvier 2021 par la cour d'appel de
Versailles (13e chambre), dans le litige l'opposant :
1°/ à M. [V] [G], domicilié [Adresse 2], pris en qualité de liquidateur judiciaire de la société
TBI,
2°/ au procureur général près la cour d'appel de Versailles, domicilié [Adresse 3],
défendeurs à la cassation.

La demanderesse invoque, à l'appui de son pourvoi, les deux moyens de cassation annexés au
présent arrêt.

Faits et procédure

1. Selon l'arrêt confirmatif attaqué (Versailles, 26 janvier 2021), le 21 avril 2017, le président
d'un tribunal a ouvert une procédure de conciliation à l'égard de la société TBI, la société
BTSG étant désignée en qualité de conciliateur.
2. Le 23 juin 2017, aux termes d'un contrat dénommé « convention d'assistance et de conseil
», passé entre la société Prosphères, spécialiste en management de crise, la société TBI,
représentée par sa présidente, la société C Plus, et la société C Plus, la présidence de celle-ci a
été confiée à la société Prosphères.
3. Le 31 juillet 2017, la société Prosphères a procédé à la déclaration de cessation des
paiements de la société TBI. Par un jugement du 4 août 2017, le tribunal a ouvert la
liquidation judiciaire de la société TBI, la date de cessation des paiements étant fixée au 1er
juillet 2017, et M. [G] étant désigné liquidateur. Le 13 octobre 2017, le tribunal a arrêté le
plan de cession de la société TBI. La date de cessation des paiements a été reportée ensuite au
31 décembre 2016.
4. Entre le 23 juin 2017, date de la nomination de la société Prosphères à la tête de la société
C Plus, et le 4 août 2017, date du jugement d'ouverture de la procédure collective de la société

2
Droit des entreprises en difficulté

TBI, cette dernière a versé à la société Prosphères une somme de 382 206,48 euros à titre de
rémunération des prestations fournies en exécution de la convention d'assistance et de conseil.
5. Considérant que ces paiements au profit de la société Prosphères étaient intervenus en
période suspecte, le liquidateur l'a assignée afin d'obtenir leur annulation sur le fondement de
l'article L. 632-2 du code de commerce.

Examen des moyens

Sur le premier moyen et le second moyen, pris en ses deuxième et troisième branches, ci-
après annexés

6. En application de l'article 1014, alinéa 2, du code de procédure civile, il n'y a pas lieu de
statuer par une décision spécialement motivée sur ces moyens qui ne sont manifestement pas
de nature à entraîner la cassation.

Et sur le second moyen, pris en sa première branche

Enoncé du moyen

7. La société Prosphères fait grief à l'arrêt de dire nuls les virements effectués par la société
TBI à son profit entre les 5 et 31 juillet 2017 pour un montant de 382 206,48 euros sur le
fondement de l'article L. 632-2 du code de commerce et de la condamner à payer cette somme
à M. [G], ès qualités, avec intérêts au taux légal à compter de la délivrance de l'assignation et
capitalisation des intérêts, alors « qu'en cas d'insolvabilité ultérieure d'un débiteur, le paiement
d'honoraires pour la recherche d'assistance et de conseils professionnels, lorsqu'ils sont
raisonnables et immédiatement nécessaires à la négociation d'un plan de restructuration, ne
saurait être déclaré nul ; qu'en annulant les virements effectués par la société TBI entre le 5 et
31 juillet 2017 au profit de la société Prosphères en raison de la prétendue connaissance par la
seconde de l'état de cessation des paiements de la première, cependant qu'il était constant que
ces paiements avaient été versés en exécution d'une convention d'assistance et de conseils
dont l'objet était de faire bénéficier la société TBI de l'assistance de la société Prosphères dans
le processus de cession de la société TBI et dans la négociation avec ses créanciers, la cour
d'appel a violé l'article L. 632-2 du code de commerce, interprété à la lumière de la directive

3
Droit des entreprises en difficulté

(UE) 2019/1023 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019, relative aux cadres de
restructuration préventive, à la remise de dettes et aux déchéances, et aux mesures à prendre
pour augmenter l'efficacité des procédures en matière de restructuration, d'insolvabilité et de
remise de dettes. »

Réponse de la Cour

8. L'arrêt relève qu'à la date de la convention conclue entre la société Prosphères et les
sociétés C Plus et TBI, soit le 23 juin 2017, la société TBI était en procédure de conciliation,
et que les paiements litigieux sont intervenus en exécution de cette convention les 5, 25 et 31
juillet 2017, sans que la société Prosphères ait soutenu devant la cour d'appel que la société
TBI bénéficiait alors d'une procédure assimilable à un cadre de restructuration préventive au
sens de la directive (UE) 2019/1023 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019
relative aux cadres de restructuration préventive, à la remise de dettes et aux déchéances, et
aux mesures à prendre pour augmenter l'efficacité des procédures en matière de
restructuration, d'insolvabilité et de remise de dettes (la directive).

9. Le moyen, qui postule à tort que l'article L. 632-2 du code de commerce devait être
interprété à la lumière de la directive dont la transposition par l'ordonnance du 15 septembre
2021 n'a pas modifié ce texte, n'est donc pas fondé.

PAR CES MOTIFS, la Cour :

REJETTE le pourvoi.

4
Droit des entreprises en difficulté

2° Etude de Cas :

La SARL HOTEL DU BEAUREGARD, fondée en 1993 à TOUL, exerce une activité dans
l’hôtellerie et la restauration de luxe. Elle employait en 2019 30 salariés en CDI, 5 CDD et 3
apprentis et réalisait un CA de 2,8 millions d’euros.

Comme de nombreuses entreprises de ce secteur, cette société, en dépit des aides de l’état
(…), a été frappée durement par la crise sanitaire en 2020 et 2021.

Son CA a diminué de 50% en 2020 et de 30% en 2021.

Au cours de cette période, elle a pourtant bénéficié d’un PGE (qu’elle commence à
rembourser depuis mars 2022), du soutien financier de sa banque et de la confiance de ses
partenaires (fournisseurs…).

Malgré cela, la situation financière et le climat social de la société se détériorent rapidement


ce qui inquiète son dirigeant :

- Sur le plan social, la société n’arrive pas recruter du personnel qualifié (serveurs,
cuisiniers, femmes/hommes de ménage …) ce qui l’empêche de développer son CA ;
- Un ex-salarié de la société a engagé une action en contestation de son licenciement
devant le conseil de prud’hommes de NANCY et demande à ce titre 25.000 euros de
DI pour licenciement sans cause réelle et sérieuse.
- Sa facture énergétique a été multipliée par 3 (passant de 15.000 à 45.000 EUROS)
- L’entreprise doit faire face à plusieurs impayés pour une valeur de 40.000 EUROS ;
- Des problèmes de trésorerie apparaissent et la société rencontre des difficultés pour
payer l’URSSAF, ses dettes bancaires et ses fournisseurs. Plusieurs créanciers ont
d’ores et déjà engagé une procédure de recouvrement de leur créance devant le
tribunal compétent. Parmi eux, un créancier envisage de saisir prochainement le
Tribunal pour obtenir l’ouverture de la procédure collective de son débiteur.

Le dirigeant vous fai part des difficultés rencontrées ; il a entendu parler de la procédure de
sauvegarde et de redressement judiciaire et se demande s’il peut en bénéficier ?

1° Vous lui exposerez le critère distinctif entre ces deux types de procédure.

2° Vous préciserez à votre interlocuteur :

- Quelle est la procédure à suivre pour bénéficier d’un RJ (tribunal compétent,


conditions d’ouverture de la procédure …) ? Un tiers peut-il demander l’ouverture
d’un RJ à l’encontre de la SARL HOTEL DU BEAUREGARD ?
- Compte tenu des éléments exposés par le dirigeant, quels avantages pourraient
procurer cette procédure ?
- Quels en sont les objectifs ?

5
Droit des entreprises en difficulté

- Quels seront les moyens dont pourraient bénéficier la société pour sortir des difficultés
rencontrées ?

3° Admettons que la société ait été placée en RJ le 18 avril dernier et que la date de cessation
des paiements ait été fixée provisoirement au 1er janvier 2023. Le mandataire judiciaire qui a
été désigné par le tribunal a commencé, au cours de la période d’observation, a examiné les
comptes de la société. Il découvre qu’un actif important de la société (valeur 30.000 euros) a
été donné à titre gratuit par le dirigeant à sa sœur le 24 décembre dernier.

De quel moyen d’action le mandataire judiciaire dispose-t-il pour obtenir du tribunal la


réintégration du bien immobilier donnée dans le patrimoine de la société ?

4° Au cours de la période d’observation, le mandataire judiciaire fait part au dirigeant de ce


qu’il convient de réorganiser la société ; il propose de fermer l’un des deux restaurants de
l’Hôtel ce qui permettra de licencier 3 personnes et de mettre un terme au contrat d’un
apprenti dont le terme est fixé le 31 mai 2024. Quelle procédure le dirigeant doit-il respecter ?
Qui indemnisera les salariés licenciés ?

5° A l’issue de la période d’observation qui aura duré 6 mois, quelles sont les différentes
scénarios qui s’offrent à la société ?

Vous aimerez peut-être aussi