Table des matières
Chapitre 1. Espaces compacts 3
1. Définition et premières propriétés 3
2. Image continue d’un compact 5
3. Produit d’espaces compacts 6
4. Espaces métriques compacts 7
5. Espaces localement compacts 8
1
Chapitre 1
Espaces compacts
1. Définition et premières propriétés
Définition 1.1. Soit (X, T ) un espace
[ topologique. Un recouvrement ouvert de X est une famille
Ui i∈I d’ouverts de X telle que X = Ui .
i∈I
Exemples.
– Pour tout a, b ∈ R, on pose Ua,b =]a, b[. La famille (Ua,b )a,b∈R est un recouvrement ouvert de R.
– L’ensemble des boules ouvertes de Rn est un recouvrement ouvert de Rn .
– L’ensemble des boules ouvertes de Rn dont le centre est un pont de Qn et le rayon appartient à Q
est un recouvrement ouvert de Rn .
– On appelle pavé ouvert de Rn tout produit P =]a1 , a2 [× · · · ×]an , bn [ de n intervalles ouverts de R.
L’ensemble des pavés ouverts de Rn est un recouvrement ouvert de Rn .
Définition 1.2. On dit qu’un espace topologique (X, T ) est compact s’il est séparé et vérifie l’une
des propriétés équivalentes suivantes :
i) De tout recouvrement ouvert Ui i∈I de X, on peut extraire un recouvrement fini. Autrement dit si
[
Ui i∈I est un recouvrement ouvert de X, il existe un sous ensemble fini J de I tel que X = Ui .
\ i∈J
ii) Si Fi i∈I est une famille de fermés de X telle que Fi = ∅, alors il existe une partie finie J de I
T i∈I
telle que i∈J Fj = ∅.
Exercice 1.1. Montrer que les propriétés i) et ii) dans la définition 1.2 sont équivalentes.
Définition 1.3. Soit (X, T) un espace topologique. On dit qu’une partie K de X est compacte si
(K, TK ) est compact, TK étant la topologie induite par T sur K.
On dit que K est relativement compacte si son adhérence K̄ est compacte.
Proposition 1.1. Soit X un espace topologique
séparé. Une partie K de X est compact siSet seulement
si elle vérifie la propriété suivante : si Vi i∈I est une famille d’ouverts de X telle que K ⊂ i∈I Vi , alors
S
il existe une partie finie J de I telle que K ⊂ j∈J .
Exercice 1.2. Démontrer la proposition 1.1.
Exercice 1.3. Soit X un ensemble non vide. On munit X de la topologie discrète TD . Montrer que
(X, TD ) est compact si et seulement si X est un ensemble fini.
Exercice 1.4. Soit X un espace topologique séparé. Montrer que si (xn )n∈N est une suite convergente,
alors en notant ℓ sa limite, l’ensemble K = {xn , n ∈ N} ∪ {ℓ} est une partie compacte de X.
[ 1
Exercice 1.5. Montrer que ]0, 1[= ] , 1[. L’intervalle ]0, 1[ est-il compact ?
n∈N⋆
n
Théorème de Borel-Lebesque. Tout intervalle fermé borné de R est compact.
Démonstration. Soit [a, b] un intervalle fermé borné de R. Soit Ui i∈I une famille d’ouverts de R
S
telle que [a, b] ⊂ i∈I Ui . Il existe un indice i0 tel que a ∈ Ui0 . Donc le théorème est vrai si a = b.
3
4 1. ESPACES COMPACTS
[
Si a < b, posons A = {x ∈ [a, b] : il existe une partie finie J de I telle que [a, x] ⊂ Uj }.
j∈J
Le réel a appartient à A et de plus il existe α > 0 tel que a + 2α < b et ]a − 2α, a + 2α[⊂ Ui0 . Donc
[a, a + α] ⊂ Ui0 et par suite a + α ∈ A.
Posons c = sup A. Supposons c < b. Il existe un indice k tel que c ∈ Uik . Puisque Uik est un ouvert de
R, il existe un réel β > 0 tel que ]c − 2β, c + 2β[⊂ Uik .
Comme a < c < b, on peut choisir β assez petit de sorte que a < c − 2β < c + 2β < b. Par définition
de la borne supérieure,S il existe d ∈ A tel que c − β < d < c. Comme d ∈ A, il existe une partieSfinie J
de I tel que [a, d] ⊂ j∈J Uj . En posant Λ = J ∪ {ik }, on alors [a, c + β] = [a, d] ∪ [d, d + β] ⊂ i∈Λ Ui .
Comme Λ est une partie finie de I, c + β ∈ A, ce qui contredit le fait que c = sup A.
Ainsi c = b et leSparagraphe qui précède montre que b ∈ A, c’est-à-dire il existe une partie finie J de
I telle que [a, b]⊂ i∈J Ui
S
Puisque Ui i∈I est une famille quelconque d’ouverts de R telle que [a, b] ⊂ i∈I Ui , alors d’après la
proposition 1.1, [a, b] est une partie compacte de R. □
Proposition 1.2. Soit X un espace topologique séparé. Si K est une réunion finie de compacts de
X, alors K est compact.
Théorème 1.1. Soit X un espace topologique séparé. Si K est une partie non vide et compacte de
X, alors K est fermé.
Démonstration. Soit y un point de X \ K. Puisque X est séparé, pour tout x ∈ K, il existe un
x x
S
voisinage ouvert Vx de x et un voisinage ouvert Vy de y tels que Vx ∩ Vy = S ∅. Puisque K ⊂ x∈K Vx
et est compact, il existe un nombre fini d’ouverts Vx1 , . . . , Vxp tels que K ⊂ 1≤i≤p Vx1 . L’ouvert Vy =
x
Vyx1 ∩ · · · ∩ Vy p est un voisinage de y et on a Vy ∩ K ⊂ 1≤i≤p Vxp ∩ Vy = ∅. Donc y n’est pas adhérent à
S
K.
Ainsi on a K̄ = K ; donc K est fermé. □
Corollaire 1.1. Soit (E, d) un espace métrique. Tout compact K de E est fermé et borné.
Démonstration. Soit KSun compact de E. D’après S le Théorème 1.1, K est fermé.
Soit x0 ∈ K. Puisque E = r>0 B(x0 , r), alors K ⊂ r>0 B(x0 , r). Puisque S K est compact, il existe un
nombre fini de boules ouvertes B1 (x0 , r1 ), . . . , B(x0 , rs ) telles que K ⊂ 1≤i≤s B(x0 , ri ). Alors en posant
r = max(r1 , . . . , rs ), on a K ⊂ B(x0 , r), ce qui prouve que K est borné. □
Remarque 1.1. Les exemples qui suivent montrent que la réciproque du Corollaire 1.1 n’est pas vraie.
Exemple 1. La distance δ définie sur R par δ(x, y) = inf(1, |x − y|) induit la topologie usuelle sur R.
R est fermé et est borné pour la distance δ, mais n’est pas compact.
P∞
Exemple 2. Soit ℓ2 l’espace vectoriel des suites de nombres réels (xn )n∈N telles que 0 x2n < +∞.
+∞
X 1
2
On munit ℓ de la norme ∥∥ définie par ∥(xn )n∈N ∥ = x2n 2 .
0
Pour chaque k ∈ N, notons ek la suite (xkn )n∈N définie par xkn = 1 si k = n et xkn = 0 si k ̸= n. Posons
F = {ek , k ∈ N}. Pour tout k ∈ N, la suite ek appartient à ℓ2 et a pour norme 1. Donc F est borné.
Montrons que F est fermé. Soit y ∈ ℓ2 , y ∈
/ F.
Si y = 0, alors d(y, F ) = 1 et donc y ∈
/ F̄ .
2. IMAGE CONTINUE D’UN COMPACT 5
Si y ̸= 0, il existe deux entiers distincts p et q tels que yp ̸= 0 et yq ̸= 0. On a : ∥ek − y∥ ≥ c où
c = min(|yp |, |yq |). Pour tout k ∈ N, on a :
X 1
∥ek − y∥ = (yk − 1)2 + yn2 2
n̸=k
X 1
2 2
≥ yn
n̸=k
≥ min(|yp |, |yq |).
On déduit de cette inégalité que d(F, y) ≥ min(|yp |, |yq |) > 0. Donc y ∈
/ F̄ .
Finalement on a F̄ = F , d’où F est fermé.
√
Si k et p sont deux entiers distincts, on a ∥ek − ep ∥ = 2. Cette égalité implique que la topologie
induite sur F est discrète. Comme F est un ensemble infini, il n’est pas compact.
Théorème 1.2. Soit X un espace topologique compact. Tout fermé de X est un compact.
Exercice 1.6. Démontrer le théorème 1.2.
Théorème 1.3. (caractérisation des parties compactes de R)
Une partie non vide K de R est compacte si et seulement si elle est fermée et bornée.
Exercice 1.7. Démontrer le théorème 1.3 en utilisant le théorème 1.2 et le théorème de Borel-
Lebesgue.
Théorème 1.4. Si X est un espace topologique compact, tout point de X possède un système fonda-
mental de voisinages compacts.
Démonstration.
\ Soit x0 ∈ X. On note V f (x0 ) l’ensemble des voisinages fermés de x0 . Puisque X
séparé, W = {x0 }.
W ∈V f (x0 )
◦
Soit V\un voisinage de x0 . Posons K = X\ V . L’ensemble K est un fermé de X et x0 ∈
/ K. On a
donc : W ∩ K = {x0 } ∩ K = ∅.
W ∈V f (x0 )
f
Puisque X est compact et W ∩ K est fermé T pour tout W ∈ V (x0 ) , il existe un
T nombre fini de
voisinages fermés W1 , . . . , Wℓ de x0 tels que 1≤i≤ℓ Wi ∩ K = ∅. L’ensemble V ′ = 1≤i≤ℓ Wi est un
◦
voisinage fermé de x0 et est compact d’après le Théorème 1.2. Puisque V ′ ∩ K = ∅, alors V ′ ⊂V ⊂ V . □
Théorème de Bolzano-Weierstrass. Toute partie infinie d’un espace topologique compact pos-
sède un point d’accumulation.
Démonstration. Soit X un espace topologique compact et soit A une partie infinie de X. Supposons
que A n’admette pas de point d’accumulation. S Alors pour tout x ∈ X, il existe un voisinage ouvert Ux
de x tel que
S A ∩ Ux \ {x} = ∅. Comme X = x∈X Ux , il existe un nombre fini d’ouverts Ux1 , . . . , Uxn tels
que X = 1≤i≤n Uxi . Comme A ∩ Uxi \ {xi } = ∅, chaque Uxi contient au plus un point de A. Puisque
A = A ∩ Ux1 ∪ A ∩ Ux2 ∪ · · · ∪ A ∩ Uxn , alors A est un ensemble fini, ce qui est absurde.
2. Image continue d’un compact
Théorème 2.1. Soit f : X → Y une application continue d’un espace topologique X vers un espace
séparé Y . Si K est une partie compacte de X, alors f (K) est compact.
Démonstration. Puisque Y est séparé, f (K) l’est aussi. S
Soit (Vi )i∈I une famille d’ouverts de Y telle que f (K) ⊂ i∈I Vi . L’inclusion précédente s’écrit aussi :
−1 −1
S
K ⊂ i∈I f (Vi ). Puisque f est continue, f (Vi ) est un ouvert de X S pour tout i ∈ I. Puisque K est
compact,Sil existe un nombre fini d’ouverts Vi1 , . . . , Vir tels que K ⊂ 1≤ℓ≤r f −1 (Viℓ ). On en déduit :
f (K) ⊂ 1≤ℓ≤r Viℓ . □
6 1. ESPACES COMPACTS
Corollaire 2.1. Soit f : X → Y une application continue d’un espace topologique compact X vers
un espace séparé Y . Si f est bijective, alors f est un homéomorphisme.
Corollaire 2.2. Soient X et Y deux espaces topologiques. Si X et Y sont homéomorphes, alors X
est compact si et seulement si Y est compact.
Corollaire 2.3. Soit X un espace topologique compact. Si f : X → R est une application continue,
f est alors bornée et atteint ses bornes.
Exercice 2.1. Démontrer les corollaires 2.1, 2.2 et 2.3.
Exercice 2.2. Démontrer le Corollaire 1.1 en utilisant le Corollaire 2.3.
Exercice 2.3. Soient X un ensemble, T et T′ deux topologies sur X. On suppose que (X, T) est
compact, (X, T′ ) est séparé et T ⊂ T′ . Montrer que T = T′ .
Exercice 2.4. Sur R2 , on définit une relation d’équivalence R par la condition : XRY si et seulement
si X − Y ∈ Z2 . L’espace topologique quotient de cette relation est noté T 2 et est appelé tore de dimension
2. Montrer que T 2 est compact.
Indication. En notant π : R2 → T 2 la projection, on pourra montrer que T 2 = π([0, 1]2 ).
3. Produit d’espaces compacts
Théorème de Tychonoff. Tout produit fini X1 × · · · × Xn d’espaces compacts X1 , . . . , Xn est
compact.
Démonstration. Sans perte de généralité, on va faire la démonstration pour n = 2.
Soient X et Y deux espaces non vides et compacts. Le produit X × Y est séparé.
Soit (Ui )i∈I un recouvrement ouvert de X × Y . Soit y un[point fixé de Y . Le sous-espace X × {y} est
compact car il est homéomorphe à Y . Puisque X × {y} ⊂ Ui , il existe une partie finie Jy de I telle
[ i∈I
que X × {y} ⊂ Ui .
i∈Jy
Chacun des ouverts Ui s’écrit sous la forme Ui = j∈Λi Vji × Wji . Alors X × {y} ⊂ (i,j)∈Γy Vji × Wji ,
S S
où Γy = {(i, j) : i ∈ Jy , j ∈ Λi , y ∈ Wji }. Comme X est compact, il existe une partie finie Γ′y de Γy telle
que X = (i,j)∈Γ′y Vji . L’ensemble Wy = (i,j)∈Γ′y Wji est un voisinage ouvert de y et on a :
S T
[ [
X × {y} ⊂ Vji × Wy ⊂ Ui .
(i,j)∈Γ′y i∈Jy
Comme Y est compact, il existe un nombre fini d’ouverts Wy1 , . . . , Wyq tels que Y = Wy1 ∪ · · · ∪ Wyq .
On a alors [ [ [ [
X ×Y = Vji × Wys = Ui .
1≤s≤q (i,j)∈Γ′ys 1≤s≤q i∈Jys
Corollaire 3.1. Une partie non vide K de Rn est compacte si et seulement si elle est fermée et
bornée.
Démonstration. Comme Rn est séparé, alors d’après le Théorème 1.1, si K est un compact non
vide de Rn , alors il est fermé et borné.
Réciproquement soit K un sous-ensemble non vide fermé et borné de Rn . Il existe un réel a > 0 tel
que K ⊂ [−a, a]n . Puisque [−a, a] est compact, alors le théorème de Tychonoff entraîne que [−a, a]n est
compact. Puisque K est fermé dans le compact [−a, a]n , alors il est compact.
Exemples. – Soit a ∈ Rn . Pour tout réel r ≥ 0, la boule fermé B̄(a, r) est un compact de Rn .
– La sphère S n = {x ∈ Rn+1 : ∥x∥ = 1} est un compact de Rn+1 .
– Pour tout r > 0 et pour tout a ∈ Rn , la boule fermé B̄(a, r) = {x ∈ Rn : d(x, a) ≤ r} est compact.
– Le tore S 1 × S 1 est compact.
4. ESPACES MÉTRIQUES COMPACTS 7
Exercice 3.1. Soient X et Y deux espaces topologiques non vides. Montrer que si X ×Y est compact,
alors X et Y sont compacts.
Exercice 3.2. Donner les parties relativement compactes de Rn .
Exercice 3.3. Sur R la relation d’équivalence définie sur la sphère S 2 = {u ∈ R3 : ∥u∥ = 1} par
uRv si et seulement si u = v ou u = −v. On note P 2 R l’espace topologique quotient de cette relation.
Montrer que P 2 R est compact.
4. Espaces métriques compacts
Lemme de Lebesque. Soit (E, d) un espace métrique tel que toute suite de E possède une valeur
d’adhérence. Alors pour tout recouvrement ouvert (Ui )i∈I de E, il existe un réel ρ > 0 tel que pour tout
x ∈ E, la boule B(x, ρ) soit contenue dans l’un des ouverts Ui .
Démonstration. Soit (Ui )i∈I un recouvrement ouvert de E. Supposons que pour tout un réel ρ > 0
il existe x ∈ E tel que la B(x, ρ) ⊈ Ui pour tout i ∈ I. Pour tout n ∈ N⋆ , il existe alors xn ∈ E tel que
B(xn , n1 ) ⊈ Ui pour tout i ∈ I.
Soit y une valeur d’adhérence de la suite (xn ). Comme (Ui )i∈I est un recouvrement ouvert de X, il
existe j ∈ I et r > 0 tel que y ∈ Uj et B(y, 2r) ⊂ Uj . Soit (xnk ) une sous-suite de (xn ) qui converge vers y.
Pour k assez grand, xnk ∈ B(y, r). Alors pour tout x ∈ B(xnk , n1k ), on a d(x, y) ≤ d(x, xnk ) + d(xnk , y) <
1
nk
+ r < 2r. Ainsi B(xnk , n1k ) ⊂ Uj , ce qui est absurde. □
Lemme 4.1. Soit (E, d) un espace métrique tel que toute suite de E possède une valeur d’adhérence.
Alors pour tout r > 0, il existe un nombre fini de boules ouvertes B1 , . . . , Bp de rayon r telles que
E = B1 ∪ · · · ∪ Bp .
Démonstration. Soit un réel r > 0. Soit x0 un point fixé de E. Si E = B(x0 , r) le théorème est
démontré.
Sinon soit x1 ∈ E \ B(x0 , r). Si E = B(x0 , r) ∪ B(x1 , r), le théorème est démontré. Dans la cas
contraire, il existe un point x2 de E qui n’appartient pas à la réunion B(x0 , r) ∪ B(x1 , r).
Supposons donnés n + 1 points x0 , x1 , . . . , xn tels que xk+1 ∈/ B(x0 , r) ∪ · · · ∪ B(xk , r) pour tout k < n
et E ̸= B(x0 , r) ∪ · · · ∪ B(xn , r). On choisit un point xn+1 qui n’appartient pas à cette réunion et on
considère la réunion B(x0 , r) ∪ · · · ∪ B(xn+1 , r). Si cette réunion est égale à E, le théorème est démontré.
Sinon on continue.
Supposons que pour tout n ∈ N, E ̸= B(x0 , r) ∪ · · · ∪ B(xn , r). Alors la suite (xn ) ne possède pas une
sous-suite convergente car d(xp , xq) ≥ r pour tous entiers p et q distincts. Ceci contredit l’hypothèse que
toute suite de E possède une valeur d’adhérence. □
Le théorème suivant donne une caractérisation des espaces métriques compactes.
Théorème 4.1. Pour qu’un espace métrique (E, d) soit compact, il faut et il suffit que toute suite
(xn )n∈N de E possède une valeur d’adhérence.
La condition est nécessaire car si E est compact, d’après le théorème de Bolzano-Weierstrass, toute
suite (xn )n∈N de E possède une valeur d’adhérence.
Montrons qu’elle est suffisante. Supposons que toute suite de E possède une valeur d’adhérence. Soit
(Ui )i∈I un recouvrement ouvert de E. D’après le lemme de Lebesgue, il existe un réel ρ > 0 telle que
toute boule ouverte de rayon ρ soit contenu dans l’un des ouverts Ui . Maintenant comme toute suite
de E possède une valeur d’adhérence, d’après le lemme 4.1, il existe un nombre fini de boules ouvertes
B1 , . . . , Bp de rayon ρ telles que E = B1 ∪ · · · ∪ Bp . Comme chaque boule Bℓ est contenue dans un ouvert
Uiℓ du recouvrement, alors E = Ui1 ∪ · · · ∪ Uip .
On a prouvé que de tout recouvrement ouvert de E, on peut extraire un recouvrement fini. Puisque
E est séparé, il est donc compact.
8 1. ESPACES COMPACTS
5. Espaces localement compacts
Définition 5.1. On dit qu’un espace topologique X est localement compact s’il est séparé et tout
point de X possède un voisinage compact.
Exemple 3. On sait que Rn est séparé. De plus pour tout a ∈ Rn et pour tout voisinage V de a, il
existe une boule ouverte B(a, r) incluse dans V ; la boule fermée B̄(a, 2r ) est alors un voisinage compact
de a contenue dans V . Donc Rn est localement compact.
Exercice 5.1. Montrer que Q, muni de la topologie induite par celle de R, n’est pas localement
compact.
Théorème 5.1. Dans un espace localement compact, tout point possède un système fondamental de
voisinage compact.
Exercice 5.2. Démontrer le Théorème 5.1 en utilisant Théorème 1.4. □
Exercice 5.3. Soient X et Y deux espaces localement compacts. On dit qu’une application continue
f : X → Y est propre si tout compact K de Y , f −1 (K) est compact.
Montrer que si f : X → Y est une application continue et propre, alors f est fermée.
Exercice 5.4. Soit (X, T) un espace localement compact. Considérons un singleton {∞} qui n’est
pas inclus dans X. On pose X̃ = X ∪ {∞} et T′ = T ∪ {U ⊂ X̃ : U = X̃ \ K, K est un compact de X}.
1) Montrer que T′ est une topologie sur X̃.
2) Montrer que (X̃, T′ ) est un espace compact.
3) Montrer que X est une partie dense de X̃.
On dit que (X̃, T′ ) est le compactifié d’Alexandroff de X.
3) Soit S 2 = {(x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = 1}. Montrer que l’application κ : S 2 → R̃2 définie par
y
x
( 1−z , 1−z ) si z ̸= 1
κ(x, y, z) =
∞ si z = 1
est un homéomorphisme.
S X est dénombrable à l’infini s’il existe une
Définition 5.2. On dit qu’un espace localement compact
famille dénombrable (Kn )n∈N de compacts telle que X = n∈N Kn .
Exercice 5.5. Montrer que Rn est dénombrable à l’infini.
Théorème de Dini. Soit (fn ) une suite de fonctions définies sur un intervalle fermé borné [a, b] de
R. On suppose que :
i) (fn ) converge simplement vers f .
ii) la suite (fn ) est monotone.
Alors (fn ) converge uniformément vers f .
Exercice 5.6. Démontrer le théorème de Dini.