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Chapitre 2

L'intégration économique est un processus par lequel plusieurs pays unissent leurs marchés en supprimant les barrières aux échanges, visant à stimuler la croissance et à instaurer la paix. Elle se décline en plusieurs formes, allant de la zone de libre-échange à la fédération d'États, chacune ayant des avantages comme les économies d'échelle et la diversité des produits, mais aussi des inconvénients tels que le chômage et les coûts d'ajustement. L'intégration régionale peut également réduire l'attractivité du multilatéralisme tout en étant souvent une étape vers une intégration économique plus globale.

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Chapitre 2

L'intégration économique est un processus par lequel plusieurs pays unissent leurs marchés en supprimant les barrières aux échanges, visant à stimuler la croissance et à instaurer la paix. Elle se décline en plusieurs formes, allant de la zone de libre-échange à la fédération d'États, chacune ayant des avantages comme les économies d'échelle et la diversité des produits, mais aussi des inconvénients tels que le chômage et les coûts d'ajustement. L'intégration régionale peut également réduire l'attractivité du multilatéralisme tout en étant souvent une étape vers une intégration économique plus globale.

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Source : Cours de REI du Professeur Arouna KONE/ 3e FC

CHAPITRE II : L’INTEGRATION ECONOMIQUE

I. LE CONCEPT D’INTEGRATION ECONOMIQUE


 Définition de l’intégration économique
L’intégration économique, ou régionale, désigne le processus par lequel plusieurs pays
suppriment les barrières aux échanges afin d’unifier progressivement leurs marchés et d’en tirer
des avantages communs. Pour François Perroux (1969), « intégrer rassemble des éléments pour
former un tout, ou augmente la cohérence d’un tout existant ».
Ce processus donne naissance à des espaces économiques composés de plusieurs pays unis par un
traité leur accordant des droits spécifiques. Ces regroupements, appelés unions économiques
régionales, se multiplient à partir des années 1950.
Face aux exigences de compétitivité et de négociation liées à la mondialisation, les pays se
regroupent en zones régionales. Loin de s’opposer à la mondialisation, l’intégration régionale en
est souvent une étape vers une intégration plus globale.
 Régionalisme économique versus régionalisation des échanges
L’intégration régionale, ou régionalisme économique, ne doit pas être confondue avec la
régionalisation des échanges. Le régionalisme repose sur une volonté politique de rapprochement
économique entre pays, souvent concrétisée par des accords formels. En revanche, la
régionalisation désigne une dynamique spontanée d’intensification des échanges entre pays
géographiquement proches.
Cette régionalisation des échanges résulte principalement de la réduction des coûts liés à la
proximité (transport, logistique, connaissance des marchés) et dépend de deux facteurs clés : la
distance géographique et la distance économique. Si des accords régionaux peuvent renforcer
cette tendance, la régionalisation peut aussi exister sans cadre institutionnel, portée simplement
par les avantages de la proximité.
 Les objectifs de l’intégration économique
L’intégration économique poursuit à la fois des objectifs économiques et politiques. Sur le plan
économique, elle vise à stimuler la croissance régionale, à travers l’élargissement des marchés, la
production accrue, les économies d’échelle, la baisse des prix et l’amélioration du pouvoir
d’achat. Sur le plan politique, elle cherche à instaurer une paix durable en renforçant les liens
entre les nations, grâce à des institutions communes. Si l’initiative peut être motivée au départ par
des raisons politiques ou économiques, elle tend à produire des effets croisés entre les deux
sphères, renforçant ainsi l’unité régionale.
 Les formes d’intégration économique
Selon la « Théorie de l’intégration économique » (1961) de Bella Balassa, il existe cinq degrés
d’intégration.
 La zone de libre-échange
Une zone de libre-échange regroupe des pays qui suppriment les barrières douanières entre eux,
tout en gardant chacun leur politique commerciale envers l’extérieur. Le libre-échange reste donc
interne à la zone. L’ALENA, créée en 1992 entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, en est
un exemple.

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 L’union douanière
L’union douanière supprime les barrières douanières entre pays membres et instaure un tarif
extérieur commun, limitant ainsi les détournements de commerce. Elle concerne surtout les biens,
les services et capitaux restant souvent exclus. Sa mise en place exige un accord sur le partage
des recettes. Le MERCOSUR, créé en 1991, en est un exemple.
 Le marché commun
Le marché commun étend l’union douanière à la libre circulation du capital, du travail et des
brevets. Il nécessite une harmonisation des règles nationales, notamment pour les diplômes et
l’accès aux professions. Le marché unique européen, créé en 1993, en est un exemple.
 L’union économique
L’union économique se caractérise par l’adoption d’objectifs communs de politique économique,
impliquant une harmonisation progressive des politiques fiscales, sociales et monétaires. Selon
Bella Balassa, elle inclut une politique monétaire commune. Toutefois, certains économistes
distinguent l’union économique, centrée sur l’harmonisation, de l’union monétaire, qui suppose
une politique monétaire unique. Avant d’y parvenir, les membres doivent déjà constituer un
marché commun, assurant la libre circulation des biens et des facteurs de production. Cette
intégration réduit la souveraineté économique des États membres, limitant leur capacité à mener
des politiques budgétaires ou monétaires indépendantes.
Exemple : la création monétaire, les taux d’intérêt et de change ne relèvent plus de leur
compétence. L’UEMOA, créée en 1994, illustre ce modèle en rassemblant huit pays d’Afrique de
l’Ouest autour d’une monnaie commune, le franc CFA.
 La fédération d’Etats
La fédération d’États représente le niveau le plus avancé d’intégration économique, qualifié par
Bella Balassa d’« intégration totale ». Elle combine union économique, monétaire et pouvoir
politique fédéral. Cela implique l’unification des politiques monétaires, budgétaires, fiscales,
sociales et contracycliques, sous l’autorité d’une instance supranationale dont les décisions
s’imposent aux États membres. Il s’agit donc d’une véritable union politique intégrant pleinement
les dimensions économiques et institutionnelles.
II. AVANTAGES ET INCONVENIENTS DE L’INTEGRATION REGIONALE
 Les avantages de l’intégration économique
 Effets de taille et intégration économique
Pour expliquer la forte progression du régionalisme économique depuis les années 1960, les
économistes ont mis en avant les gains dynamiques engendrés par l’intégration économique, qui
reposent sur plusieurs facteurs :
● Les économies d’échelle
L’intégration économique permet de réaliser des économies d’échelle : plus le marché s’élargit,
plus le coût unitaire diminue. La concentration des entreprises accentue cet effet. Les
consommateurs en bénéficient par la baisse des prix, tant des produits importés que nationaux.
● La différenciation des produits
L’intégration économique accroît la diversité des produits, ce qui améliore le bien-être des
consommateurs. Selon Paul Krugman (1991), elle permet un plus large choix au sein d’une même

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gamme, comme entre un modèle automobile allemand ou français, tout en réduisant les coûts liés
à la distance.
● La réduction des rentes de monopole
L’intégration économique, en renforçant la concurrence, limite les rentes de monopole. Une
entreprise auparavant dominante sur son marché national voit sa position fragilisée par
l’ouverture du marché, ce qui pousse à baisser les prix au profit des consommateurs.
● Parmi les avantages et bénéfices associés à l’intégration régionale, on peut également citer
l’amélioration de la compétitivité et l’attraction des investissements.
 Les inconvénients de l’intégration économique
 Les coûts d’ajustement
L’intégration économique peut également avoir un impact dynamique défavorable, en raison de
l’importance des coûts d’ajustement, c’est-à-dire des coûts engendrés par l’adaptation à un
marché de plus grande taille.
 Le chômage
La suppression des industries locales qui conduit au chômage a été avancée par Balassa (1961)
comme l’une des conséquences négatives de l’intégration régionale.
Ainsi, l’augmentation de la concentration peut entraîner une hausse du chômage, au moins à
court terme.
 La réduction de l’attractivité du multilatéralisme
Selon Jagdish Bhagwati, l’intégration régionale réduit l’attractivité du multilatéralisme, pourtant
idéal pour toutes les nations selon la théorie néoclassique. Le régionalisme favorise les échanges
entre membres d’une zone, contrairement au multilatéralisme qui traite tous les pays de façon
égale grâce à des principes comme la clause de la nation la plus favorisée. Les accords régionaux,
en accordant des avantages exclusifs, contredisent ce principe. Cependant, l’OMC considère
aujourd’hui que régionalisme et multilatéralisme se complètent pour promouvoir le libre-
échange.

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