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Chapitre 2 Termine

Le pouvoir constituant originaire est l'autorité qui permet d'élaborer ou de modifier une Constitution, se manifestant lors de la création d'un État ou d'une révolution. Il peut s'exercer de manière démocratique, par exemple via une assemblée constituante ou un référendum, ou de manière non-démocratique, comme une Constitution octroyée. La révision constitutionnelle, quant à elle, est encadrée par un pouvoir constituant dérivé qui modifie la Constitution existante sans en changer la structure fondamentale.

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Chapitre 2 Termine

Le pouvoir constituant originaire est l'autorité qui permet d'élaborer ou de modifier une Constitution, se manifestant lors de la création d'un État ou d'une révolution. Il peut s'exercer de manière démocratique, par exemple via une assemblée constituante ou un référendum, ou de manière non-démocratique, comme une Constitution octroyée. La révision constitutionnelle, quant à elle, est encadrée par un pouvoir constituant dérivé qui modifie la Constitution existante sans en changer la structure fondamentale.

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Droit constitutionnel

Première partie : THÉORIE GÉNÉRALE


I : Les manifestation de la souveraineté

Chapitre 2 : le pouvoir constituant


Le pouvoir constituant fait référence à l'autorité qui permet de
créer ou de modifier une Constitution. Ce concept se divise
principalement en deux catégories : le pouvoir constituant originaire et le
pouvoir constituant dérivé. Le premier, qui nous intéresse ici, se rapporte à
l'élaboration initiale d'une Constitution, c'est-à-dire à la création ou à la
refonte totale d'un cadre constitutionnel pour un État.

Section 1 – l’élaboration de la constitution


I- La notion de pouvoir constituant originaire

Le pouvoir constituant originaire est celui qui intervient lorsque l'on


élabore une Constitution pour la première fois, ou lors d'une refonte totale
de celle-ci. Il se manifeste dans deux principaux contextes : lors de
la création d'un État ou à l'issue d'une révolution, ou bien lorsqu'il y a
une révision totale d'une Constitution existante.

A) Le moment

1. Le cas de la création de l’Etat

Le pouvoir constituant originaire se manifeste de manière évidente lorsque


l'on assiste à la naissance d'un nouvel État. Ce moment est souvent
marqué par l'élaboration d'une première Constitution qui fixe les
bases de l'organisation des pouvoirs, des droits et des libertés.
Cela peut être le cas après une indépendance, comme on a pu le voir lors
de la décolonisation en Afrique, où de nouveaux États ont dû rédiger leur
propre Constitution.

2. Le cas de la révolution et le cas de la révision totale

Un autre moment clé pour l'exercice du pouvoir constituant originaire est


celui de la révolution. La révolution est un moment de rupture avec l'ordre
précédent, qui aboutit souvent à la destruction des institutions existantes
et à la rédaction d'une nouvelle Constitution. C'est également le cas
lorsque la révision d'une Constitution existante est si profonde qu'elle
en devient une refonte totale, nécessitant une nouvelle légitimité
politique et juridique.

B) La portée

1. Le caractère intrinsèquement illimité

Le pouvoir constituant originaire se caractérise par son absence de limite.


Contrairement au pouvoir constituant dérivé, qui est encadré par la
1
Droit constitutionnel

Constitution existante, le pouvoir constituant originaire n'est soumis à


aucune norme préalable. Il peut théoriquement réinventer totalement le
cadre constitutionnel sans avoir à respecter des règles préexistantes,
puisqu'il s'agit justement de fonder un nouvel ordre juridique.

2. Le caractère fréquemment non institué

Un autre trait de ce pouvoir est qu'il est souvent non institué, c'est-à-dire
qu'il n'est pas prévu ni encadré par les règles en vigueur au moment où il
s’exerce. Il s'agit d'un pouvoir exceptionnel qui surgit souvent dans des
moments de crises ou de transitions politiques majeures.
Contrairement aux révisions constitutionnelles ordinaires, qui suivent
une procédure, le pouvoir constituant originaire intervient dans un vide
juridique.

II- La mise en oeuvre du pouvoir constituant


originaire

L'exercice du pouvoir constituant originaire peut se faire de plusieurs


manières, selon que l'on adopte une approche démocratique ou non-
démocratique.

A) Les formules non-démocratique

1. L’octroi

Dans certaines situations historiques, la Constitution peut être


imposée par un chef d'État ou une autorité sans réelle
consultation du peuple. C'est ce qu'on appelle une Constitution
octroyée. Par exemple, au XIXe siècle, plusieurs monarchies européennes
ont octroyé des Constitutions sans véritable consentement populaire,
cherchant à concilier pouvoir absolu et concessions libérales.

2. Le « maquillage »

Un autre mode non démocratique d'élaboration constitutionnelle


consiste à prétendre que la Constitution est l'expression de la volonté
populaire, alors qu'elle est en réalité imposée par une autorité autoritaire.
On parle ici de "maquillage" car l'apparence démocratique est donnée,
mais le processus ne l'est pas vraiment.

B) Les solutions démocratiques

1. L’élection d’une assemblée constituante

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Droit constitutionnel

Une méthode démocratique d’élaboration d’une Constitution


consiste à organiser des élections pour désigner une assemblée
constituante. Celle-ci a pour mission de rédiger un projet de
Constitution qui sera ensuite soumis à l'approbation du peuple ou
promulgué directement. Ce processus permet de s'assurer que la
Constitution représente véritablement la volonté populaire. Ce fut le cas,
par exemple, en France avec la Constitution de 1791, adoptée par
l'Assemblée constituante élue lors de la Révolution française.

2. L’approbation par le Peuple

Une autre formule démocratique est de soumettre directement le projet de


Constitution à l’approbation du peuple, souvent par le biais
d’un référendum. Cette méthode permet d'associer directement le
peuple à la légitimation du texte constitutionnel. Ainsi, une fois
adopté, le texte obtient une légitimité indiscutable, car il est validé par la
majorité des citoyens. Ce fut notamment le cas lors du référendum sur la
Constitution de la Ve République en 1958 en France.

Conclusion :

 Le pouvoir constituant originaire est un pouvoir fondamental,


intrinsèquement illimité, qui permet d'élaborer une nouvelle
Constitution dans des moments de création étatique ou de rupture
politique. Il peut s'exercer de manière démocratique ou non-
démocratique, selon les modalités choisies ou imposées dans le
contexte historique et politique donné.

Section 2 – la modification des constitutions


I- La révision constitutionnelle (formelle)

Lorsque l’on parle de révision de la Constitution, on parle d’amendement


= modification écrite souvent par un ajout a la Constitution.
Le pouvoir constituant dérivé = on enrichie mais on conserve, on
change la Constitution mais on ne change pas DE Constitution.

A) L’organe : le pouvoir constituant institué

Pouvoir constituant institué : idée selon laquelle la constitution en


vigueur institue un organe, une procédure et autorise certains acteurs à
modifier a Constitution.

Dans la charte de 1814, c’est le roi lui-même qui aurait pu modifier la


Constitution. Dans l’épisode de Vichy, le pouvoir constituant institué était
l’assemblée nationale (sous la IIIème République, l’assemblée nationale
est la réunion des députés et sénateurs, ce qu’on appelle aujourd’hui le
congrès).

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Droit constitutionnel

Le dessin du pouvoir constituant institué est la traduction de la rigidité


constitutionnelle qui est une idée simple et riche.

1. La rigidité

La rigidité constitutionnelle a plusieurs sens :

1-Premièrement, c’est l’idée selon laquelle la révision de la


Constitution est un monopole, c’est à dire que le pouvoir constituant
institué a le monopole de la révision, il n’y a que comme ça que l’on peut
réviser la Constitution.
→ C’est donc la différence entre le pouvoir constituant et le pouvoir
législatif. La Constitution est protégée du pouvoir législatif.
(ex : en droit positif, la loi peut être seulement votée par les députés, en
revanche, pour réviser la Constitution de 1958, on ne peut pas se passer
du sénat).
Cette idée de rigidité c’est la différence entre les pouvoirs constituants et
les pouvoirs constitués : pouvoir constituant = réécrit la Constitution
/ pouvoir constitué = les acteurs et la rigidité (c’est l’idée selon
laquelle la constitution ne peut pas être changé par n’importe qui. Dans ce
sens, dès lors qu’il y a une procédure de révision, tout changement est
rigide)

On parle de constitution souple, on dit que la Constitution de Grande


Bretagne est souple car les textes constitutionnels peuvent être changés
comme une loi. → Dans le système britannique, le souverain est le
parlement.

2-Ensuite, il y a le moyen scientifique de classer les Constitution. On


considère que plus la révision est difficile, plus la Constitution est
rigide.
→ Lorsqu’elle est facile à atteindre, on dit que la Constitution est
souple.
→ Lorsqu’elle est difficile à atteindre, on dit que la Constitution est
rigide.
La classification des Constitution n’est pas binaire, c’est une échelle de
souplesse et de rigidité. En réalité, rigidité et souplesse ne dépendent
pas des règles écrites mais de la configuration partisane, la
manière dont les assemblées sont élues.
Si nous n’avons pas eu de révision entre 2008 et 2024, c’est que lorsque
l’on exige une majorité dans les deux chambres et que l’on exige les 3/5,
c’est un taux difficile à atteindre. Des révisions ont été faites sous la
présidence de Chirac car il a avait une majorité importante à l’assemblée
et au sénat et qu’il y avait cohabitation.
Donc, la souplesse traduit la facilité de la révision qui dépend elle-même
de la configuration partisane.
→ Macron n’a pas pu car il n’avait pas la majorité au Sénat.

3-Il y a, en réalité, un troisième sens à la rigidité : c’est l’hypothèse qu’il


existe une procédure spécifique lorsque l’on veut toucher aux
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Droit constitutionnel

bases structurelles de la Constitution. C’est ce que l’on peut appeler


la « structuralité » (= contenue de la structure de la Constitution, ex : art 1
qui donne la structuralité du système, ce mot n’existe en réalité pas). En
France, elle n’est pas spécialement protégée, mais en Algérie ou en
Espagne elle l’est (ex : referendum obligatoire). Au fond, derrière la
reconnaissance entre deux types de pouvoirs constituants, on trouve l’idée
de révision totale (lorsque on change toute la Constitution). La révision
totale n’a jamais existé en droit français → nous n’avons jamais prévu une
procédure de révision spécifique pour certains cas.

2. La forme des pouvoirs constituants institués

La forme c’est l’organe et la procédure. Dans la notion de forme, il y


a les questions temporelles, car la forme est synonyme de procédure. La
forme inclut donc la dimension temporelle.
S’il y a des moments ou la révision est interdite, c’est une idée de
procédure, de forme. Selon l’alinéa 4 de l’art 89 (« Aucune procédure de
révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu'il est porté atteinte à
l'intégrité du territoire. »), il est interdit de réviser la Constitution quand le
territoire est occupé. Sous la troisième République et encore sous la
quatrième, dans la tradition française la révision se faisait en trois
temps : approbation, adoption et initiative, c’est-à-dire, la résolution
puis l’examen du texte puis la manière dont la révision aura lieu et pour
finir on approuve.
Il y a une lacune, il n’y a pas de différence matérielle entre congrès et
referendum, il n’y a rien qui dise que le congrès est interdit si on touche
aux bases de la Constitution. On retrouve seulement qu’«il est interdit de
toucher à la république », c’est interdit au pouvoir constituant lui-même.

B) La fonction : le pouvoir constituant dérivé

→ Par définition, le pouvoir constituant dérivé est exclusif et distincts du


pouvoir constituant originaire, on est soit l’un soit l’autre.
En 1940, on tentait d’établir une nouvelle Constitution qui ne devait plus
être républicaine. La notion de dérivé signifie qu’il ne peut contenir que
des amendements constitutionnels : on modifie la Constitution tout en
la respectant et sans toucher à sa structure. Si on ne respecte pas
les prescriptions en vigueur on est dans la révision révolutionnaire. C’est
donc une opération de qualification juridique des faits.
→ Si on décide demain de supprimer les droits de dissolution par exemple,
le système ne sera plus parlementaire, on aura modifié la Constitution.
Si on enlève le premier ministre est ce qu’on change ? existence
d’interdiction posé au pouvoir de révision, il y a des choses interdites, mais
que valent ces interdictions ? quelle est leur portée ? quelle est leur

5
Droit constitutionnel

performance ? il y a des interdictions dans toutes Constitution, c’est à dire


des limites matérielles a la réforme.

1. L’existence de limites matérielles au pouvoir constituant dérivé ou


de révision

Selon l’art 89 alinéa 5 « La forme républicaine du Gouvernement ne peut


faire l'objet d'une révision ». Mais on peut se demander, que veut dire la
république ?
En 1884, la république vise la monarchie héréditaire. Seulement, depuis
1944, la république se définit autrement. En effet, en 1944, la république a
été rétablie, on a rétabli la devise de la France « liberté, égalité,
fraternité », qui était, sous le régime de Vichy « travail, famille, patrie ».
Aujourd’hui, la république n’est pas seulement l’interdiction de la
monarchie héréditaire mais toute la devise, il n’y a jamais eu
d’interprétation authentique car le juge a refusé de contrôler la révision.
La dec 2003-469 a jugé que le Conseil constitutionnel n’était pas
compétant pour réviser une décision constitutionnelle.
Lorsque rien n’est écrit, c’est souvent que le juge, par sa jurisprudence,
précise qu’il y avait des limites intangibles.

2. La performance des limitations matérielles au pouvoir constituant


dérivé ou de révision

→ Que valent ces interdictions ? non pas au sens moral mais au sens de la
performance,
Y a-t-il une réelle efficacité ?
La tradition française défend l’idée selon laquelle ces interdictions, au
fond, ne valent rien. Ce ne sont que des tigres de papier (= rugit comme
un tigre mais demeure en réalité inoffensif et peut être facilement détruit),
c’est la théorie française de la double révision, en particulier tenue par
George Vedel1.
→ Comment faire ? On fait une première révision pour abroger
premièrement l’interdiction pour ensuite faire ce qu’on veut à partir du
moment où aucun juge n’est là pour contrôler, seulement cela constitue
une fraude.
La tradition allemande défend l’idée selon laquelle le juge peut contrôler le
respect de ses prescriptions, il peut considérer qu’avoir pris une loi
constitutionnelle est contraire à la loi fondamentale et donc l’annuler.
Dans beaucoup d’états, des juges ont empêché une révision
constitutionnelle.

⇢ Attention à deux choses dans ces systèmes : la doctrine prétend qu’il y


a des règles supraconstitutionnelles, si on invente une supraconstitution, il
faut inventer une supra souveraineté. La seconde chose est que, si le juge
bloque des révisions, il peut bloquer des révisions adoptées par
referendum, il peut donc annuler l’expression référendaire et se

1
professeur français de droit public. Il est, selon Guy Carcassonne et Olivier Duhamel, le «
refondateur du droit public » en France.

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Droit constitutionnel

présente comme un organe supérieur au peuple souverain lui-


même.

C’est pour cela que la France ne veut pas de cette supériorité. En


réalité, ces deux positions sont tout aussi insupportables l’une que l’autre.
En effet, l’une représente l’impuissance du droit et l’autre représente la
surpuissance du juge, dans les deux cas, on méconnait un système.

 Qualification des faits : si on fait une fraude à la Constitution, c’est


un coup d’État, si ce coup d’État est approuvé par le peuple c’est
une révolution.

II- Les « révisions » constitutionnelles informelles

Lorsque l’on parle de révisions constitutionnelles informelles cela signifie


qu’elles sont « en dehors des procédures prévues ». On met des
guillemets car si le droit constitutionnel change, le texte de la Constitution
lui n’a pas changé → on est en dehors de l’hypothèse de la réécriture.
Dans l’art 6 al 2, on parle de mandat, mandat achevé ou non, on
interprète le texte comme parlant de quinquennat mais on peut se mettre
d’accord qu’il est entier. Il s’agit ici d’interprétation faite soit par le juge
dont c’est le métier et quotidien soit par les autres acteurs institutionnels.
On dit souvent que l’on distingue le droit écrit du droit non écrit, le droit
écrit est le « vrai droit » et le droit non écrit représente seulement
des coutumes.
On place dans la partie du droit non écrit la coutume et la
jurisprudence. La coutume est une tradition non verbale, ex : l’idée
d’affaire courante n’est écrite nulle part, elle a été écrite en 1946 dans des
arrêts d’affaire d’états. Il y a donc une différence entre jurisprudence et
coutume.

Il y a donc 3 types de droit :


- Le droit écrit codifié
- La coutume et la convention
Droit non-
écrit - Le droit jurisprudentiel qui est écrit mais non codifié

On distingue ainsi deux types de règles constitutionnelles qui


posent le problème de la liberté des acteurs, donc de la souveraineté
du peuple : le problème de la jurisprudence et des coutumes et
conventions.

A) Interprétations et précisions jurisprudentielles

La création jurisprudentielle toujours de la question l’interprétation = que


veut dire le texte et qu’est ce qu’il y a dans le texte ?

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Droit constitutionnel

La doctrine parle alors de précision.


Exemple explicatif : il est impossible de réviser la Constitution en cas
d’invasion. Cette interdiction de réviser dans l’art 16 c’est le conseil
Constitution qui l’a précisé en 1992, c’est lui qui l’a ajouté aux articles 7 et
89 al 4. → la doctrine dans son ensemble pensait que l’on ne pouvait pas
opérer cette révision dans les condition l’art 16 : cela reste une
interprétation.
Il y a une distinction entre l’interprétation est la précision :c’est la
question d’évidence. Lorsque c’est une évidence, c’est une précision.
Dans la décision du 16 juillet 1971, le Conseil constitutionnel a reconnu
que le Préambule de la Constitution de 1958 fait partie intégrante du bloc
de constitutionnalité, le conseil constitutionnel exerce son pouvoir de
création/ sa fonction créatrice qui est évidente. Elle n’est pas contestable
du point de vue de la création, la fonction créatrice est évidente et
contestable du point de vue philosophique.

1. La fonction créatrice du juge

Tout juge qui créé une règle constitutionnelle est un juge constitutionnel.

On ne peut pas poursuivre un président en action.

À SAVOIR : décision du 16 juillet 1971 et décision du 2 septembre 1992


du Conseil constitutionnel

Décision du 16 juillet 1971 :


Le Conseil constitutionnel a estimé que la liberté d'association constitue
un « principe fondamental reconnu par les lois de la République » (PFRLR)
et l’a reconnu comme ayant une valeur constitutionnelle, en s’appuyant
sur le Préambule de la Constitution de 1958, qui renvoie à la Déclaration
des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et au Préambule de la
Constitution de 1946. Cette reconnaissance a permis d'intégrer ce principe
dans ce que l'on appelle aujourd’hui le « bloc de constitutionnalité »,
protégeant ainsi la liberté d'association contre des atteintes législatives
futures

Décision du 2 septembre 1992 :


Dans cette décision, le Conseil a confirmé la conformité du traité à la
Constitution révisée par la loi constitutionnelle du 25 juin 1992. Cette
révision avait ajouté des articles visant à intégrer l’ordre juridique
européen dans le cadre constitutionnel français. Le Conseil a également
conclu que, malgré les transferts de souveraineté inhérents au traité,
celui-ci ne portait pas atteinte aux « conditions essentielles d’exercice de
la souveraineté » de la France, à condition que toutes les modifications
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Droit constitutionnel

soient réalisées dans le cadre d’une révision constitutionnelle préalable,


comme cela avait été le cas en juin 1992.

→ Ces deux principes ne sont pas inutiles, ce sont des principes qui
servent.
Quand le juge dit découle, il brandit une évidence qui n’est parfois que
pour lui.
Faut-il craindre le pouvoir du juge ? c’est ce que pensent bcp d’auteurs

2. La portée des décisions du juge

Si le juge a un pouvoir constituant, il est souverain.


Mais si il est souverain, le peuple l’est-il encore ? différents avis sont
proposés.

Premièrement, on observe un débat sur la portée du juge, un débat sur le


gouvernement des juges. Edouard Lambert a fait paraitre un livre/ essai
sur le gouvernement des juges. À l’époque, en France, certaines doctrines
plaidaient pour que les juges puissent faire un contrôle de
constitutionnalité. Maurice Hauriou (juriste et sociologue français) ou Léon
Duguit (juriste français spécialiste de droit public) disaient « il faudrait que
nos juges contrôlassent la constitutionnalité des lois au regardes de la
Constitution » Edouard Lambert lui, ne voulait pas et justifiait sa pensée
avec l’exemple de l’Amérique (époque du new deal).

A) Coutumes et conventions constitutionnelles

1. La notion de coutume

Le juge constitutionnel ne reconnait pas les coutumes.


PFRLR (= principe fondamental reconnu par les lois de la République), le
conseil constitutionnel a utilisé cette expression pour la décision du 16
juillet 1971 (elle figure dans le préambule de 1946). Le conseil
constitutionnel a expliqué que la coutume n’était pas recevable devant lui
sauf pour déceler un PFRLR. Le conseil constitutionnel avait fait un PFRLR
du droit à la défense (= droit à la traduction durant un jugement, droit
d’un avocat, droit de se taire,…).
Il faut que le législateur républicain se soit comporté comme s’il était régit
par un principe supérieur.
coutume = ancienneté, constance et clarté

La justice des mineurs est principe constitutionnel qui veut qu’il y ait une
justice particulière pour les mineurs, elle consacrée en 2002.
Le PFRLR répond aux mêmes exigences que la coutume : ancienneté,
constance et clarté.

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Droit constitutionnel

Le conseil constitutionnel ne reconnait pas la coutume en droit


positif français. Cependant, elle existe en droit français, on
l’appelle la tradition.
Il y a le concept de coutume et celui de convention.
L’essence de la coutume est l’ancienneté, en revanche, la logique de la
convention est la logique de la nécessité.

Attention : Si l’idée, dans un devoir, est de comparer coutume et


convention, il ne faut pas juxtaposer (on prend les points communs : droit
non écrit, et les différences : tiennent au critère, en particulier l’ancienneté
et l’utilisation par le juge), il faut les comparer en même temps.

Ces notions n’ont pas la même importance dans un système de droit écrit
comme en France et dans un système de droit non écrit comme le
système britannique. La notion de coutume et convention est plus
importante dans les système non-écrit.
La convention est initialement britannique, ce sont des auteurs l’ont
apporté en France.

La notion de coutume est claire, simple et universelle (vaut en droit


internationale et interne, droit comparé, …) : usage/ pratique ancien, clair,
répété, constant (élément matériel de la coutume = on peut le constater)
et s’ajoute un élément psychologique : idée selon laquelle il s’agit d’une
règle de droit, on la respecte car on l’a tjrs fait et qu’on la considère
comme une règle de droit, on dit « opinio juris ». En revanche, c’est la
reconnaissance de la coutume qui change, en droit constitutionnel
anglais, le droit international public repose sur la coutume qui a la même
valeur que les écrits. En droit constitutionnel, la tradition est d’exclure la
coutume, Carré de Malberg dit « il y a incompatibilité entre droit
constitutionnel et coutume ». En revanche, il est vrai que jamais les juges
ne parlent et reconnaissent une coutume constitutionnelle, ils utilisent le
mot tradition, lorsque le juge utilise ce mot la seule manière scientifique
de le dire est coutume.
ex : Gabriel Attal a remis sa démission en justifiant sa décision par la
« tradition républicaine », il n’était donc fonctionnel plus que pour les
affaires courantes qui elles aussi relèvent de la coutume.
→ lorsque Emmanuel Macron refuse la démission d’Élisabeth Borne, il brise
une convention.

2. La notion de convention

Le propre de la convention est d’être des règles politique qu’on suit


pour des raisons politiques mais qui, car elles ne seraient pas des
règles juridiques, ne seraient pas invocables devant les tribunaux.
La convention n’est pas invocable devant les tribunaux car tout le monde
la respecte de sorte qu’il n’y ait jamais de conflit et le juge est donc hors-
jeu.
Lorsque l’on ne la respecte pas, la convention disparait, elle est
morte → c’est la différence avec la coutume. Une convention on ne la
viole pas, on la brise.
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Droit constitutionnel

ex : aux usa, la règle selon laquelle un président des usa ne peut pas faire
plus de deux mandats consécutifs, règle écrite dans la Constitution
américaine, est importante car quand Roosevelt est élu en 1932 et 1936,
Roosevelt est réélu en 1940 et 1944 car il était persuadé que s’il n’était
pas réélu, il n’entrerait pas en guerre avec l’Allemagne.
S’il y avait eu une règle juridique invocable devant les tribunaux, les
adversaires de Roosevelt l’auraient utilisé, c’est donc la preuve que ce
n’est pas invocable devant les tribunaux → c’est cela une convention.
En France, le Président de la République à la possibilité de virer le premier
ministre, il y a un pouvoir de révocation du premier ministre qui ne vaut
qu’en cas de présidentialisme majoritaire.
La convention est une règle juridique qui lie ou libère les acteurs
selon les circonstances qui est parfois, totalement non écrite mais bien
plus souvent une interprétation du texte/ une lecture du texte. Là toute la
puissance de l’interprétation en droit.
Le propre du droit constitutionnel est qu’il est fait par les acteurs, les
sujets du droit sont aussi ceux qui déterminent la règle et le droit lui-
même. Il y a, en droit constitutionnel, des droits institutionnels et
politiques ou les conventions peuvent intervenir. En revanche, la partie
droit des libertés et droit fondamentaux échappe à la puissance créatrice
des acteurs, elle dépend de la manière dont le juge les protège. C’est une
manière de penser le droit constitutionnel qui est universelle.

La démocratie n’est pas seulement le suffrage universel direct et la


souveraineté du peuple, sinon la Tunisie actuelle en serait une. Or, ce n’est
pas le cas au regard du critère du pluralisme (Système qui admet
l'existence d'opinions politiques, de courants culturels différents).

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