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Contexte Services Innovation Referencé

Les systèmes agricoles mondiaux sont sous pression en raison du changement climatique et de la nécessité d'augmenter la production alimentaire pour une population mondiale croissante. En Afrique, l'agriculture est un pilier économique, mais souffre d'une faible productivité et d'un manque de financement pour les petits exploitants. Au Cameroun, des initiatives gouvernementales visent à moderniser le secteur agricole, mais des défis persistent, notamment dans les régions vulnérables comme l'Extrême-Nord.

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Contexte Services Innovation Referencé

Les systèmes agricoles mondiaux sont sous pression en raison du changement climatique et de la nécessité d'augmenter la production alimentaire pour une population mondiale croissante. En Afrique, l'agriculture est un pilier économique, mais souffre d'une faible productivité et d'un manque de financement pour les petits exploitants. Au Cameroun, des initiatives gouvernementales visent à moderniser le secteur agricole, mais des défis persistent, notamment dans les régions vulnérables comme l'Extrême-Nord.

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Contexte général du mémoire (FAO, 2017; IPCC, 2022).

Les systèmes agricoles mondiaux sont aujourd’hui sous forte pression. Les effets du
changement climatique, déjà visibles sur les chaînes d’approvisionnement, menacent
directement la sécurité alimentaire. D’après les projections des Nations Unies, la
population mondiale devrait atteindre près de 9,7 milliards d’habitants d’ici 2050, ce qui
nécessitera une augmentation de 60 % de la production alimentaire par rapport à 2010
(FAO, 2017). Face à cette urgence, les discussions de la COP29 en novembre 2024 ont
rappelé le rôle central des petites exploitations agricoles, qui, bien qu’occupant moins de
2 hectares, assurent à elles seules 35 % de la production alimentaire mondiale – et jusqu’à
80 % en Afrique subsaharienne. Pourtant, elles ne reçoivent actuellement que 5 milliards
USD/an d’aide à l’adaptation climatique, alors qu’un besoin estimé à 75 milliards
USD/an serait nécessaire pour garantir leur résilience (Le Monde, 2024). Par ailleurs, la
Banque mondiale évalue à 260 milliards USD/an les investissements requis pour assurer
une transition agroécologique mondiale compatible avec la neutralité carbone à l’horizon
2050 (KSAPA, 2024) (Le Monde, 2024; IPCC, 2022).

Ces constats à l’échelle globale prennent une résonance particulière en Afrique, où


l’agriculture demeure un pilier économique et social. Elle représente environ 70 % de
l’emploi et 21 % du PIB en Afrique subsaharienne. Toutefois, cette contribution est
fragilisée par une faible productivité, en partie liée à la précarité des moyens de
production et à l’absence de soutien structuré à l’innovation. Les rendements des
principales cultures vivrières restent inférieurs de 50 à 70 % à ceux observés dans les
pays développés (FAO, 2023), tandis que l’insécurité alimentaire touche près de 282
millions d’Africains, soit plus de 20 % de la population du continent. De plus, seulement
1,7 % des financements climatiques mondiaux atteignent les petits exploitants agricoles
(CPI, 2020), limitant leur accès aux services de support à l’innovation (conseils,
financements, intrants, accompagnement technique), qui sont pourtant identifiés comme
des leviers essentiels pour renforcer la résilience des exploitations familiales. Certaines
initiatives, comme le programme Fermier 2.0 au Sénégal, tentent de combler ce vide en
proposant des modèles hybrides associant plateformes digitales, institutions de
microfinance et coopératives agricoles (KSAPA, 2024; Banque mondiale, 2023).

Dans ce contexte continental tendu, le Cameroun partage de nombreuses caractéristiques


structurelles avec ses voisins africains, tout en disposant d’atouts significatifs. Surnommé
le « grenier de l’Afrique centrale », le pays bénéficie d’un potentiel agricole important,
avec plus de 7,2 millions d’hectares de terres arables, dont seulement 30 % sont
actuellement exploités (MINADER, 2023). Le secteur agricole représente 17,7 % du
produit intérieur brut (PIB) selon les données de 2022, et constitue la principale source de
subsistance pour plus de 70 % de la population, notamment en zones rurales (INS, 2022).
Conscient des défis liés à la modernisation du secteur, le gouvernement a lancé plusieurs
initiatives, notamment l’Agritech Innovation Challenge en 2025, visant à promouvoir les
technologies numériques dans le secteur agropastoral. Ce programme appuie les jeunes
entrepreneurs agricoles à hauteur de 40 millions FCFA par projet. Parallèlement, le
MINRESI, en collaboration avec l’IRAD, déploie des technologies agricoles adaptées
aux différentes zones agroécologiques du pays. Ces initiatives s’inscrivent dans la
Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30), qui vise à renforcer les chaînes de
valeur agricoles et à améliorer la résilience climatique du secteur. Toutefois, plusieurs
défis persistent, notamment l’accès inégal aux services agricoles, la faible couverture des
services de conseil, le sous-financement des petits producteurs, ainsi que la faible
coordination entre recherche et pratique paysanne (FAO, 2023; Banque africaine de
développement, 2022).

Ces insuffisances sont encore plus visibles dans certaines régions spécifiques, en
particulier dans l’Extrême-Nord Cameroun, une zone sahélienne à forte vulnérabilité
climatique, économique et sociale. Avec une population estimée à 4,2 millions
d’habitants en 2023 (INS, 2023), cette région souffre d’une pauvreté rurale élevée (74 %,
contre 37,5 % au niveau national) et d’une forte insécurité alimentaire. L’agriculture y est
majoritairement vivrière (mil, sorgho, maïs, arachide), pratiquée sur de petites surfaces et
fortement dépendante des précipitations, qui varient de 400 à 900 mm/an (FAO, 2022). À
cela s’ajoutent des aléas climatiques extrêmes (sécheresses, inondations), une forte
pression démographique, la dégradation des ressources naturelles et l’insécurité liée aux
incursions de Boko Haram. Dans ce contexte, plusieurs projets d’appui à l’innovation ont
vu le jour, dont ReSI-NoC (Renforcement des Systèmes d’Innovation au Nord-
Cameroun), porté par le CIRAD, CIFOR-ICRAF, l’IRAD et financé par l’Union
européenne. Entre 2021 et 2024, ce programme a permis d’identifier 60 niches
d’innovation, dont 8 ont été effectivement soutenues dans des domaines comme les
techniques agroécologiques, la sécurisation foncière, ou encore la valorisation durable
des ressources locales. Les ateliers tenus à Garoua en mai 2024 ont rassemblé plus de 80
acteurs (agriculteurs, chercheurs, ONG, décideurs) pour faire le point sur les acquis du
programme et proposer des pistes pour sa pérennisation (FAO, 2023; CPI, 2020).

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