Sujet : D’après Vauban, pourquoi « l’art de la guerre, c’est l’art de
subsister » ?
Introduction
Vauban, célèbre ingénieur militaire français du XVIIe siècle, a longuement étudié les
conflits armés et les réalités de la guerre. Pour lui, la guerre ne se résume pas
uniquement aux combats ou à la force des armes. Il affirme que « l’art de la guerre,
c’est l’art de subsister », soulignant ainsi que la capacité à survivre et à résister dans
le temps est essentielle. Pourquoi accorde-t-il autant d’importance à la notion de
subsistance ? Nous verrons que la guerre est d’abord une épreuve d’endurance, puis
qu’elle dépend fortement de la bonne organisation des ressources et enfin, que
subsister peut être une stratégie de victoire.
I. La guerre est une épreuve d’endurance
Dans une guerre, il ne suffit pas de remporter une bataille, il faut tenir sur la durée.
Les armées doivent affronter la faim, le froid, la fatigue, les maladies, et parfois des
conditions de vie très dures. Une armée affaiblie physiquement et moralement est
une armée vaincue avant même le combat. C’est pourquoi la capacité à survivre est
fondamentale. Par exemple, lors de longs sièges, les soldats devaient parfois
attendre des semaines ou des mois sans nourriture suffisante. Ceux qui tenaient le
plus longtemps finissaient souvent par triompher.
II. L’organisation et la gestion des ressources sont essentielles
Pour survivre en temps de guerre, une armée doit être bien organisée. Il ne suffit
pas d’avoir des soldats courageux ; encore faut-il leur fournir de la nourriture, des
soins, des armes, des vêtements… Cela relève de la logistique militaire. Un bon chef
de guerre est donc celui qui pense à la subsistance de ses troupes. Napoléon, lors de
sa campagne en Russie, a perdu des milliers d’hommes non pas à cause de combats,
mais à cause du froid, de la faim et du manque d’équipements. Une mauvaise
organisation peut mener à la défaite, même avec une armée puissante.
III. Subsister peut être une stratégie de victoire
Enfin, Vauban souligne que savoir résister peut suffire à vaincre. Dans certaines
guerres d’usure, comme la Première Guerre mondiale, les armées ne gagnaient pas
par des victoires éclatantes mais en épuisant progressivement l’ennemi. Une armée
capable de tenir, de s’adapter, de subsister, finit par l’emporter. La patience, la
stratégie défensive et la gestion des moyens deviennent donc des atouts plus
puissants que les seules armes.
Conclusion
En conclusion, Vauban avait bien raison de dire que « l’art de la guerre, c’est l’art de
subsister ». Une guerre ne se gagne pas seulement par la force ou la bravoure, mais
par la capacité à survivre, à s’adapter et à durer dans des conditions difficiles. C’est
cette endurance qui fait souvent la différence entre la victoire et la défaite.