Note Technique Industrie
Note Technique Industrie
Aout 2017
1
Résumé exécutif
La présente note technique est rédigée aux fins de permettre une réflexion prospective sur
l’industrialisation du Burkina Faso. En effet, le pays a amorcé une nouvelle dynamique
politique (renouveau démocratique, PNDES1) favorable à la mise en place d’une
industrialisation durable. Il a aussi capitalisé sur la création d’entreprises industrielles
depuis les indépendances. La note reprend une revue sur les expériences des pays
asiatiques de l’est. Il ressort que les expériences ne sont pas copiables, même si quelques
leçons peuvent être tirées. Ces pays ont bénéficié de l’apport du Japon qui lui-même a
bénéficié de l’apport des USA dans un contexte post guerre et de guerre froide. Ils ont su
mettre en œuvre des politiques rigoureuses et bien coordonnées et organisées par les
États. Cependant, leur développement s’est fait dans un contexte de réchauffement
climatique, qu’il ne faut pas répliquer. De plus, une politique industrielle devrait prendre en
compte les nouvelles donnes mondiales à savoir, les instruments modernes
d’industrialisation (financement, organisation en cluster, SPL, etc.), le rapprochement de
maillons de chaines de valeurs dans les filières clés, les synergies entre entreprises
permettant des consommations locales et une intégration des filières. Des pays comme la
Chine ont développé des grandes multinationales capables de rivaliser avec les pays
occidentaux. De l’analyse faite dans ce texte, il apparait :
1. une nécessité de coordonner au plus haut niveau la politique d’industrialisation avec
des objectifs clairs, des moyens financiers et humains bien focalisés, des
infrastructures et un bras opérationnel et technique ;
2. pour cela, il faudrait revoir la base statistique de classification des activités
industrielles. Les activités sont en effet sous inventoriées. Il faudrait donc un
observatoire de l’industrie permettant de mesurer les performances atteintes sous
une base homogène. La Direction Générale de l’Industrie devra être dotée de
moyens financiers et humains pour mener cette mission à bien. Le fichier NÉRÉ
doit aussi permettre ce lien avec les activités industrielles de la classification ;
3. dans la politique industrielle à définir, il n’est pas absurde de se donner un objectif
en termes de part dans le PIB supérieur à 25% ou proche de 30% à la fin de la
période de planification ;
4. au niveau du contenu de la politique industrielle, une approche basée sur les
chaines de valeurs et sur une structuration durable de l’industrie seraient
appréciables. Pour cela, une analyse de la chaine de valeur de chaque filière
permettrait de faire ressortir les maillons manquants. Par exemple, la chaine de
valeur de la filière coton est peu transformée en dehors de l’égrenage et de la
filature ainsi que du tissage traditionnel. Une industrialisation ramenant quelques
maillons tels que celles liées à l’industrie pharmaceutique (coton hydrophile, bande,
compresse ou encore solutés pour malades etc.) et aux serviettes, permettrait de
densifier le tissu industriel. Enfin, l’agroalimentaire pourrait être considérée comme
primordial dans la sécurité alimentaire avec des filières bien déterminées. Les
mines d’or doivent jouer un rôle d’entrainement des autres en augmentant les
approvisionnements locaux. Certains maillons ont disparu comme c’est le cas des
1
Programme National de Développement économique et Social
2
cuirs et peaux et leurs dérivés. D’autres sont menacés et il convient de les
raviver pour mieux densifier le tissu industriel.
5. au niveau des incitations et mesures, un code des investissements industriels
incluant les énergies renouvelables pris sur le modèle minier permettrait d’être plus
attrayant. Il devrait cibler les secteurs structurants et industrialisants ainsi que les
PMI satellites (SPL) ;
6. au niveau de l’éducation et de la formation, il y a un manque d’écoles de formations
dédiées à l’agroalimentaire (secteur d’autosuffisance alimentaire), et à la
mécanique et du transport (l’IUT de BOBO étant en perte de vitesse, il faudrait lui
redonner les moyens pour une formation plus complète). Les filières de formation
de technologies du numérique dans l’industrie (Industrial IT, une des bases de la
révolution industrielle version 4.0) sont encore peu enseignées au Burkina Faso ;
7. en termes d’instruments de développement industriel, les couveuses ou pépinières
d’entreprise, les grappes ou SPL, les zones industrielles et parcs technologiques
devraient être développés avec la possibilité de zones franches. Les pôles de
Bagré, Samendéni, du Sahel et du Sourou sont bien adaptés pour ce type
d’initiatives. Autour des centres de formation, le développement de parcs
technologiques permettrait d’avoir des pôles de compétitivité tels que définis dans
le rapport sur les pôles de compétitivités régionales du CAPES ;
8. le programme de mise à niveau des industries existantes doit continuer afin de les
rendre plus compétitives. En particulier, les questions d’approvisionnement et de
chaine de valeurs devraient faire partie des questions de mise à niveau. Un
programme d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables doit aussi être mis
en place de façon à permettre une meilleure compétitivité cout ;
9. la création d’un organisme en charge de l’accompagnement technique des
industries permettrait de les rendre plus apte à la pérennité car elles seront mieux
conçues.
La CCI-BF peut jouer un rôle de locomotive d’une industrie moderne en mettant en place
des pépinières (les infrastructures, au moins). Un projet de pôle agroalimentaire avait déjà
été rédigé en 2004 par Mr Sanon Félix mais n’a pas été suffisamment soutenu. Ce projet
pourrait être remis à jour. Enfin, il convient de soutenir la formation dans les domaines qui
seront jugés primordiaux et non mentionnés dans le présent texte. Le port sec de
Ouagadougou (Ouaga inter) pourrait être transformé en pole de formation.
3
Table des matières
Résumé exécutif .............................................................................................................................................. 2
Liste des figures ............................................................................................................................................... 4
Liste des tableaux ............................................................................................................................................ 4
I. Introduction et contexte ......................................................................................................................... 5
II. Rappels et données sur l’industrie au Burkina Faso................................................................................ 6
II.1. Définitions et contextes sur l’industrie ................................................................................................ 6
II.2 Historique des politiques de développement industrielles au Burkina Faso ....................................... 9
III. Politiques de développement industriel en Asie et en Afrique ........................................................ 12
III.1 Stratégies et politiques de développement industriel ....................................................................... 12
III.2 Politique de développement industriel en Asie ................................................................................. 12
III.3. Politique de développement industriel en Afrique. .......................................................................... 14
IV. Quelle leçons tirer et quelles perspectives pour le Burkina Faso dans le cadre de l’intégration sous
régionale ? ..................................................................................................................................................... 17
IV.1. Cadre institutionnel et règlementaire sur l’industrie au Burkina Faso ........................................... 17
IV.2 Forces et faiblesses du développement industriel au Burkina Faso ................................................. 19
IV.3 Perspectives du développement industriel au Burkina Faso ............................................................ 25
V. Conclusions............................................................................................................................................ 26
Bibliographie.................................................................................................................................................. 27
4
I. Introduction et contexte
Le Burkina Faso est un pays enclavé, sans ressources pétrolières exploitées à ce jour. Sa
population estimée à près de 18 Millions d’habitants, dont près de 40% vit encore sous le
seuil de pauvreté. Sur le plan économique, la formation de son PIB est comme suit : près
de 35% provenant de l’agriculture, 20 à 22% de l’industrie, et 43 à 45% venant des
services2. Même si les chiffres sont discordants avec ceux constatés avec les statistiques
du Burkina Faso, force est de constater que l’agriculture est la principale source de revenu
pour la majorité des Burkinabè, soit près de 80% vivant en milieu rural. Les principaux
produits agricoles sont : le coton, les céréales, les fruits et légumes, les produits de
l’élevage (bovins, ovins-caprins, volailles, porcins, équins etc.). Concernant le coton, le
pays est à ce jour le principal producteur africain avec des niveaux de production de coton
graine dépassant les 500000 tonnes par an, bien que sa transformation industrielle reste
très faible au niveau national. Avec l’évènement de l’or, le pays a connu un boom minier si
bien que l’or a détrôné le coton dans les revenus d’exportation et dans la contribution au
PIB. Ainsi, selon le dernier rapport de lTIE3, le total de revenus des industries extractives
est de plus de 203 Milliards de FCFA quand sa contribution au budget national est du
même ordre. Les industries extractives contribuent à la formation du PIB à hauteur de 9,3%
pour une contribution à l’emploi de 0,16%. L’industrie minière demande une expertise
industrielle, qu’elle a souvent trouvée auprès des expatriés et en attirant les plus qualifiés
de l’industrie manufacturière. De plus, la dynamique de l’industrie minière reste peu
profitable aux autres secteurs de l’industrie en termes de synergie, alors qu’elle pourrait
avoir un effet d’entrainement.
Au niveau du secteur manufacturier, on note une forte présence d’entreprises dans
l’agroalimentaire, dans la fabrication de matériaux pour les BTP (cimenterie,
transformation des métaux, bois, car c’est un secteur en pleine expansion au Burkina
Faso), et quelques autres entreprises industrielles (industrie du cycle, carreaux et
matériaux, plastiques et emballages, édition, etc.). La filière coton reste faiblement
industriellement transformée bien qu’étant le principal produit agricole. On dénote plus de
17 usines de première transformation (égrenage et délintage), une filature, une unité de
coton hydrophile, et plusieurs artisans transformateurs (tissages, confections etc.). Le
tissage et la teinture industriels ont disparu de la chaine de valeur. Le sous-secteur du
textile est donc dominé par l’artisanat et le secteur informel. Au total, la contribution du
secteur manufacturier au PIB reste faible (aux alentours de 8% selon les derniers chiffres
2016 de l’ONUDI et de la banque mondiale). L’industrie dans son ensemble contribue pour
22% (2016, base de donnée de la banque mondiale). Pourtant le tissu industriel s’est
densifié depuis les indépendances avec notamment la création de plusieurs unités légères
à lourdes (huileries, eaux minérales, cimenteries, métallurgie, et brasseries, etc.).
Les différentes politiques de développement (par exemple CSLP, SCADD, et maintenant
PNDES, PICAO, PIC etc.) ont eu un impact sur l’industrialisation qu’il serait bien
2
Selon les données officielles de l’ONUDI
3
ITIE : Initiative pour la transparence dans les industries extractives, rapport Moore Stephens, 2013
5
d’analyser. Différentes instruments ont été introduits, tel le code des investissements qui
a été plusieurs fois rénovés et dont les impacts doivent être bien évalués.
Ainsi convient-il de se poser les questions fondamentales suivantes :
Qu’est-ce qu’une industrie ? Qu’est-ce qu’une industrie manufacturière dans le
contexte du Burkina Faso ?
Quelles sont les performances actuelles et les principales raisons ? Quels en sont
principales contraintes du développement industriel?
Quelle politique industrielle au le 21e siècle pour le Burkina Faso ?
Quel moyen se donner dans le cadre de la nouvelle politique de développement du
gouvernement ?
Ces questions posent les bases d’un diagnostic stratégique du secteur industriel. Cette
note loin de constituer un diagnostic et une vision complète de l’industrialisation au Burkina
Faso, a pour objectif d’initier et de susciter la réflexion et l’action sur des axes stratégiques
de développement industriel selon une démarche de prospective, en prenant en compte
les défis qui se posent au Burkina Faso dans le cadre d’une mondialisation et d’une
problématique de changement climatique.
La présente note est structurée comme suit. Le premier point concerne les définitions des
notions fondamentales que sont l’industrie et la classification des activités industrielles,
ainsi qu’un rappel de l’évolution du contexte industriel mondiale. La seconde partie traite
des politiques de développement industriel en Asie et ailleurs en Afrique. Enfin dans la
dernière partie, les leçons et perspectives pour le Burkina Faso sont tirées. La note se
termine par des conclusions et recommandations, notamment pour la CCI BF.
7
Division 36 collecte et traitement des eaux, distribution d’eau
Division 37 réseau d’assainissement
collecte des déchets, activités de traitement et d’évacuation; récupération
Section E: Division 38 des matières
Assainissement Division 39 activités de remise en état et autres services de traitement des déchets
Commentaires : Un travail minutieux doit être effectué au niveau de chaque pays afin de
faire ressortir toute activité de fabrication ou de transformation y compris celles qui sont
spécifiques au pays. Ce qui permet la facilitation du travail statistique et même la
règlementation sur l’industrie. Il n’est pas rare de constater que certaines activités ne sont
pas reconnues comme industrielles. C’est le cas d’activités telles que l’aviculture
industrielle, l’égrenage de coton qui figure en 0163 (Activités consécutives à la récolte)
dans la section A agriculture. Or l’égrenage est une activité de transformation physique du
coton graine fait industrielle. D’autres telles que les réparations et installations de
machines et matériels (Division 33) ne sont pas reconnues au Burkina. De même, les BTP
font bel et bien partie de l’industrie (Section F, Division 41 à 43) à cause de la forte
transformation de matériaux pour la fabrication d’ouvrages. Les télécommunications ne
sont pas classifiées dans le registre industriel. Cependant toutes les activités y relatives
respectent les critères industriels tel que définis par l’INSEE. Enfin, dans le cadre des
activités de l’économie verte, il serait bien d’en recenser celles qui relèvent de l’industrie
(par exemple les activités de recyclages et de valorisation des déchets, Section E, division
38). L’analyse minutieuse de ces activités permet aussi de mieux focaliser les efforts de
sauvetage et d’investissement.
Afin de bien comprendre les enjeux de l’industrialisation qui se posent au Burkina Faso et
la sous-région comme dans les pays en voie de développement, il serait bien de rappeler
les phases de développement de l’activité industrielle dans le monde.
Phase de l’industrialisation dans le monde :
L’ère industrielle est liée à la découverte du charbon et de la machine à vapeur au 18e
siècle. Puis vint la mécanisation et la découverte du pétrole à la fin du 19e Siècle. Cette
découverte annonce la 2e révolution industrielle avec la révolution des transports et de
l’industrie automobile. Elle dure jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale avec d’une
part la découverte de l’énergie nucléaire et l’apparition de l’informatique dans les années
1960. La troisième révolution industrielle a donc pour moteur d’une part, l’énergie nucléaire
moins chère et produit en masse en plus du pétrole, et d’autre part le boom de
l’informatique de 1973 (mise au point du PC et de l’informatique centralisée).
Au début du 21e Siècle, surtout ces dernières année on parle d’une quatrième révolution
industrielle. Quels en sont les moteurs ? En effet, l’informatique et les télécommunications
sont entrées, entre temps, dans l’ère du numérique et de l’internet. La bulle informatique a
explosé en 2008 pour laisser place à des utilisations plus concrètes dans l’industrie, et les
autres activités. De plus, une nouvelle donne est apparue: celle du réchauffement
climatique et la nécessité de corriger les conséquences des révolutions précédentes sur
8
l’atmosphère. Ainsi, les énergies renouvelables qui ont mis du temps pour être à la portée
du consommateur, sont arrivées à maturité. L’énergie solaire, les piles à combustibles,
l’énergie éolienne, les biocarburants, en particulier le biogaz, sont aujourd’hui des
technologies mures et à des couts abordables. Cette révolution est dénommée par
industrie 4.0.
Il convient de se poser la question de savoir les implications pour le Burkina Faso et ses
états partenaires de l’Afrique de l’ouest surtout pour leurs politiques industrielles.
II.2 Historique des politiques de développement industrielles au Burkina Faso
Les différentes phases de l’industrialisation du Burkina Faso ont été :
La période de 1960 à 1970.
o elle est caractérisée par le plan quinquennal 1963- 1967 basée sur la
politique de l’import substitution et l’amélioration des termes de l’échange.
On assiste à la création d’entreprises telles que SIFA, SOSUHV (démarrage
en 1975).
o cette période est aussi marquée au plan politique par la première insurrection
populaire en 1966 et l’arrivée au pouvoir de l’armée. L’industrie a, à cette
époque, un apport marginal sur l’économie.
La période 1970- 1980.
o elle est caractérisée par l’adoption du premier code des investissements par
ordonnance N°70/074/PRES/PL.TP du 31 décembre 1970.
o une priorité donnée au secteur primaire et une augmentation notoire du
nombre d’unités industrielles à près de 60. La création des unités telles que
SAVANA, GMV, SAP OLYMPIC se passe à cette période.
La période de 1980-1990.
o elle est marquée par plusieurs coups d’État et donc plusieurs plans
quinquennaux.
o le plan quinquennal 1977-1981 dont l’accent est mis sur le développement
du secteur rural fixe l’objectif d’une Haute Volta semi industrialisée à l’horizon
1990. Le code des investissements subit alors plusieurs modifications. Cette
phase est affectée par la crise économique et les sécheresses.
o le plan quinquennal 1983-1987 a connu l’avènement de la révolution.
Plusieurs réformes sont apportées dont la restructuration d’entreprises et la
création de sociétés d’économies mixtes. La révolution s’est caractérisée par
la prise de conscience d’une valorisation locale des produits locaux. C’est
ainsi que le Faso Dan Fani a été promu.
o le plan quinquennal de développement populaire 1986-1990. Pendant cette
période, le rôle confié à l’industrie a été d’appuyer l’agriculture. Après la
révolution, la période d’ajustement structurel impulsée par le FMI et la
Banque mondiale, a débouchée sur la dévaluation du FCFA en 1994. En
1990, Le secteur industriel est encore considéré comme embryonnaire.
La période 1990-2000.
o elle est marquée par le plan quinquennal de Développement Populaire 1991-
1995. C’est le deuxième plan quinquennal populaire après celui de la
révolution. Il est cependant marqué par les plans d’ajustements structurels
et la dévaluation du F CFA. Les effets ont été négatifs en ce qui concerne
9
l’industrie, du fait de l’importation des matières premières. Un nouveau code
des investissements est adopté par la loi N°62/95/ADP du 14 décembre
1995.
o en 1996, une stratégie de développement industrielle (SDI) est élaborée et
mise en œuvre par la direction du développement industriel.
La période 2000-2010. Elle est marquée par la création de structure
d’accompagnement du secteur privé par la chambre de commerce et d’industrie du
Burkina Faso (MEBF, CAMCO, CGA, BRMN, etc.). Le programme de mise à niveau
(PRMN) et celui concernant la restructuration des entreprises en difficultés (PRED)
sont exécutés. Le code des investissements a été revisité plusieurs fois. Un code
minier a aussi été adopté et revisité pendant la transition démocratique de 2014-
2015. Il encourage l’achat de produits locaux et l’expertise nationale par les mines.
En 2016, avec l’avènement du changement démocratique, un nouveau plan de
développement (PNDES) a été adopté et donne une part importante à la
transformation et à l’industrie.
Plusieurs entreprises créées dans les premières heures de l’indépendance sont encore en
place soit sous leur forme initiale soit après restructuration. Il s’agit notamment de :
SN SOSUCO, SN GMB, BRAKINA, SAP, SOBUGAZ, SIFA, SOFAPIL (WINNER).
Certaines d’entre elles ont disparu. C’est le cas de SAVANA, SINAC, FASOTEX et plus
récemment TAN ALIZ (avec la filière peaux et cuirs). Enfin, de nouveaux joyaux sont
apparus tels que DAFANI, SOTRIA B, ANATRANS, Phytofla, FILSAH etc.
Au total, la DGI estime que près de 150 entreprises industrielles peuvent être
comptabilisées actuellement. Cependant comme mentionné plus haut, certaines industries
ne sont pas prises en compte.
La part de l’industrie dans la génération du PIB4 est estimée à 22% selon les données de
la base de données de la banque mondiale. Les parts de 2000 à 2016 (pour 2016, il s’agit
d’une estimation), sont données sur la figure suivante :
Figure 1 Evolution de la part de l'industrie dans le PIB burkinabè
4
Produit intérieur Brute
10
part de l'industrie dans le PIB Burkinabè en %
30
25
20
15
10
0
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
5
La localisation des industries, Bernadette-Mérenne Schoumaker, Nathan.
11
III. Politiques de développement industriel en Asie et en Afrique
III.1 Stratégies et politiques de développement industriel
On distingue principalement trois stratégies de développement industriel6.
une stratégie de développement par substitution des importations (I.S.I.). C’est la
stratégie utilisée au début des indépendances par plusieurs pays africains dont le
Burkina Faso. Elle consiste à substituer aux importations de produits, les produits
d’une transformation locale pour un marché local. Cependant avec l’étroitesse des
marchés au début des indépendances, cette stratégie a vite montré ses limites. Une
grande partie des entreprises créées à cette époque a vite disparu ;
une stratégie des industries industrialisantes (I.I.). Elle consiste à remplacer les
importations et à remonter les filières. Son avantage est la densification du tissu
industriel en rapprochant les maillons des chaines de valeurs. Certaines activités
telles que la pétrochimie, l’électricité, et la sidérurgie sont plus favorables à ce type
d’approche (exemple du Mexique). À la différence de la première stratégie (ISI),
cette dernière recherche la mise en place de pôles industriels ayant un effet
d’entrainement pour le reste de l’économie. Comme exemple de pays ayant adopté
ce type de stratégie, on peut citer l’Algérie et l’Inde. Elle nécessite des capitaux
importants et une main d’œuvre qualifiée ;
une stratégie d’industrialisation par substitution d’exportation (I.S.E.). Elle consiste
à remplacer les exportations de produits de base non transformés par des produits
transformés. Les exportations de produits primaires ont montrées leurs limites car
elles dépendent fortement des variations des cours internationaux, et de la
conjoncture internationale. Cette stratégie se distingue des autres en ce sens
qu’elle n’est pas centrée sur une autoconsommation.
De notre avis, une situation hybride consistant à choisir une stratégie adaptée à chaque
produit serait plus judicieuse. En plus de ces stratégies, d’autres mesures de politique sont
souvent adoptées. Il s’agit notamment de la protection de la production locale à travers
des mesures tarifaires de porte ou non douanière, des mesures d’investissement direct
incitatrices, des investissements dans les infrastructures favorables au développement
industriel. Ces mesures se confondent avec celle de politiques de développement.
L’intégration dans un espace économique régional favorisant l’agrandissement des
marchés et des synergies fait aussi partie des stratégies supranationales.
La comparaison avec des pays jadis sous-développés ayant réussi leur envol permet aussi
de tirer profit de leur expérience et de l’adapter au niveau national.
III.2 Politique de développement industriel en Asie
Le modèle de développement industriel des pays asiatiques a souvent été cité en exemple
par plusieurs économistes. Il convient donc de se pencher sur les fondements de ce
décollage durable. Au départ, l’on parle de quatre dragons (Corée du Sud, Hong Kong,
Singapour et Taiwan). Ils ont bénéficié de ce qui appelé la dynamique de l’envol des oies
sauvages7. Le japon a joué le rôle de l’oie cheffe de file dont les besoins sectoriels ont
6
OULAICH Jamal, Les grandes stratégies de développement industriel, « Le Maroc a-t-il une stratégie industrielle en réalité? » Analyse concurrentielle
2011 /2010
7
Philippe Régnier, Histoire de l’industrialisation et succès asiatiques de développement, De Boeck Supérieur « Mondes en
développement », 2007
12
permis aux autres de se structurer et de suivre, un peu comme un courant d’entrainement.
Par la suite d’autres pays, les tigres ont suivi. Et enfin, la chine a largement bénéficié de
leurs expériences pour les surpasser.
Dans cette analyse, il ne faut pas omettre les contextes culturels (en partie dominés par la
colonisation japonaise), politique (la situation de guerre froide post-deuxième guerre
mondiale), mais aussi les coopérations internationales avec la grande Bretagne
(colonisatrice de Hong Kong), les USA déjà présent au japon avec un plan Marchal post
guerre.
Pour tous ces pays, la tendance suivante se dégage en matière de politique industrielle :
coordination nationale des investissements (notamment un investissement de l’État
dans les incubateurs d’entreprises de pointe) et règlementation des IDE,
protection des industries stratégies, absorption coordonnée des nouvelles
technologies, utilisations de sociétés publiques pour promouvoir les industries
stratégiques,
formation et éducation promotions des exportations.
Les exemples suivants peuvent être cités.
La Chine :
Après les politiques maoïstes des années 70, des choix stratégiques ont été entrepris.
Ces choix peuvent être résumés comme suit.
Protection des industries stratégiques
Promotions des sociétés transnationales pour favoriser le transfert de technologie.
L’état Chinois a gardé une majorité de façon à en contrôler les orientations.
Plusieurs entreprises de tailles internationales en sont dérivées telles que Lenovo
dans l’informatique (issu de la collaboration avec IBM), et des entreprises de
l’électronique et du photovoltaïque. Le dernier exemple est l’association de Renault
Nissan avec un constructeur chinois pour assembler en Chine le plus petite voiture
du marché, sous la surveillance de l’État chinois (annonce du 29/08/2017).
Développement de grandes entreprises par des restructurations (fusion et
acquisition) et des entreprises diversifiées.
Développement de grands pôles industriels dans l’électronique, le textile, les jouets
etc. Des villes spécialisées ont vu le jour.
La recherche scientifique et l’éducation sont souvent peu mentionnées par les
études économiques. La chine est devenue championne dans la production
scientifique et dans la formation de personnel qualifié (main d’œuvre, techniciens et
ingénieurs). Il n’est pas rare de retrouver plus de 50% de publications scientifiques
internationales d’origine asiatique en particulier chinoise et indienne.
La Malaisie :
La politique industrielle en particulier manufacturière a été largement basée au départ sur
les produits agricoles tels que le caoutchouc, l’huile de palme et l’étain (composant
métallique utilisé en électronique notamment dans la soudure d’éléments électronique).
13
Une autorité de développement industriel malaisien a été créée pour mener la politique
industrielle. Cette autorité a :
favorisé les industries de substitution à l’importation, et développer la transformation
des produits de base cités ci-dessus. Elle a notamment favorisé la création
d’industries associées à l’huile de palme. Le pays est devenu le deuxième
producteur mondial de d’huile de palme et dérivés derrière l’Indonésie. Des
industries telles que celles du biodiesel et de la biomasse y ont été largement
développées. Les devises d’exportations ont permis de réinvestir dans les autres
secteurs.
développé l’industrie de l’électronique, et de l’électricité, de la chimie et de
l’automobile.
Parmi les pays de destinations des produits malaisiens, on peut citer la chine, les USA, le
japon, Hong Kong et Singapour.
Le Vietnam :
Le Vietnam est un autre pays qui était sous-développé et qui est aujourd’hui en voie de
développement. Il pourrait servir d’exemple par sa politique de développement. En effet,
sa valeur ajoutée manufacturière (VAM) est passée de 12,5% du PIB en 1990 à près de
17,5% en 2013. Ceci est dû principalement à la focalisation sur :
l’industrie du vêtement qui est devenu le plus important secteur de l’industrie
manufacturière. Le pays occupe le 5e rang mondial après la chine, l’Italie, le
Bengladesh et Hong Kong.
La construction navale : Le pays a développé cette industrie et est derrière la Chine
dans la région.
Pour assurer un développement industriel, des accords ont été signés avec les USA et
d’autres pays et a permis une envolée des investissements directs étrangers.
III.3. Politique de développement industriel en Afrique.
Le Maghreb :
Le Maghreb a largement bénéficié de sa proximité avec l’Union européenne et la France
dans les échanges économiques et le développement industriel. Les accords UE- pays du
Maghreb, combinés à des politiques d’exportation ont favorisé le développement locale
d’une industrie basée sur l’agroalimentaire, et les industries de délocalisation (automobile,
aéronautique, textile, pétrochimie etc.). En plus de ces développements, des actions
locales de mise à niveau ont été entreprises permettant aux entreprises d’être
concurrentielles avant l’entrée en vigueur d’accords de libre-échange avec l’union
européenne. En conséquence, ces pays ont connu une forte densification de leurs
industries.
Éthiopie :
C’est l’un des pays africain à connaitre sur plusieurs années une croissance du PIB
supérieure ou égale à 8%. Ses secteurs prioritaires sont le cuir, le textile et les vêtements,
le ciment pour les infrastructures du pays, ainsi que la floriculture.
14
Le pays a su pour cela attirer les investissements étrangers comme ceux de la chine qui
est en passe devenir le premier investisseur du pays.
Rwanda :
Parmi les exemples cités récemment se trouve le Rwanda à qui l’on attribue le mérite
d’avoir des objectifs clairs de développement. Dans sa politique industrielle, une priorité a
été donnée à l’agroalimentaire et particulièrement à quelques produits tels que le café. Un
objectif de 26% du PIB a été donné au secteur manufacturier pour 2020. Les autres
secteurs prioritaires sont les TIC et le tourisme.
Cote d’Ivoire : La problématique des produits de base.
Le pays de l’éléphant pourtant bien parti au début des indépendances, souffre de sa trop
grande dépendance aux produits de base que sont le Café, le Cacao, l’hévéa, le palmier
à huile bien que dans ce cas une forte transformation a été amorcée. La dernière crise du
Cacao vient rappeler la nécessité de transformer les produits de base. L’économie de la
Cote d’Ivoire est fortement marquée par des investissements étrangers dans les filières
café, cacao, et hévéa. La cote d’ivoire, première économie d’Afrique francophone de
l’ouest, a aussi souffert des instabilités politiques de ces dernières années. Avec l’arrivée
au pouvoir du président démocratiquement élu, une nouvelle politique basée sur les
clusters industriels autour de pôles industriels a été élaborée récemment. Parmi ces
clusters se trouvent la pétrochimie, la chimie de base et l’industrie pharmaceutique en
plus des filières de base ; Une des forces constatées du pays est la priorité que le premier
président avait accordée à l’éducation par la construction de grandes écoles et
d’universités. La cote d’Ivoire s’est aussi dotée depuis quelques années d’une direction
de grands travaux devenue BNEDT, qui est fortement impliquée dans les constructions
d’usine dans l’énergie mais aussi dans les BTP et quelques industries.
La figure suivante résume les évolutions de la part de l’industrie dans le PIB de quelques
pays suite aux différentes politiques appliquées.
Figure 2 Evolution de la part de l'industrie dans le PIB de quelques pays
15
On constate une progression de celle du Rwanda depuis les années 2005. La part de
l’industrie dans le PIB tunisien est supérieure à 30%. Pour la chine, elle reste largement
supérieure au 40%.
Conclusions:
Il ressort de cette brève comparaison les points suivants :
L’influence des courants politiques. Après la deuxième guerre mondiale, le
communisme et le capitalisme se livrent à une concurrence très âpre. La chine, le
Vietnam, la Corée du nord étaient sous influence communiste. Après leur
libéralisation, ils ont pu capitaliser sur cette discipline dans l’application de politiques
industrielles. Ce qui a permis un certain ordre de marche. La Corée du sud, Hong
Kong, Singapour le Japon étaient sous une influence capitaliste américaine ;
l’importance d’accords internationaux avec des marchés viables pour avoir un effet
d’entrainement (vol d’oies avec une oie dominante). Le marché régional est aussi
important comme c’est le cas de l’UEMOA et de la CEDEAO.
dans les politiques industrielles nationales, il est primordial de bien choisir et se
focaliser et ses axes de développement industriels. Une trop grande diversité ne
permet pas une bonne réalisation à cause notamment de la fragilité de nos
économies, de la situation politique et des manques de moyens financiers ;
un environnement propice aux IDE permet l’apport de capitaux dans la création
d’industries industralisantes ou structurantes. De même, des financements dédiés
permettent un bon décollage ;
un aspect souvent ignoré mais visible dans tous les pays qui ont pris leur envol
industriel est la richesse du capital humain à travers la culture, l’éducation et la
recherche scientifique.
des infrastructures de base en place (routes, télécommunication, électricité etc.) et
des institutions bien dédiées au développement industriel. Dans la plupart de ces
pays, il existe des technopoles, des villes dédiées à certaines industries (cas de la
chine ou il existe des pôles industriels importants), une sorte de spécialisation de
régions. Les pépinières d’entreprises, les couveuses et autres dispositifs ont été
mis en place (exemple de Bangalore en Inde).
Une appropriation des technologies de l’information et de la communication. C’est
le cas de l’Inde avec Bengalore devenue un centre mondiale de l’informatique.
enfin, un environnement politique stable permettant la mise en œuvre des
politiques de développement sur une période permettant d’en apprécier les impacts.
Cependant, le développement fulgurant des pays asiatiques s’est fait en utilisant
massivement et très souvent des énergies fossiles comme le charbon et les
hydrocarbures. Ce qui a contribué, comme dans les pays développés, à augmenter la
pollution et les gaz à effet de serre. Le chine a régulièrement des pics de pollution dans
ses grandes villes (Pékin, Shanghai, etc.). Les pays africains, du fait des retards pris dans
leur développement industriel, ont la possibilité de rectifier leur politique en tenant compte
du réchauffement climatique. Les derniers protocoles (Kyoto, Paris) donnent une
possibilité de financement des transferts de technologies. Il faut donc former des experts
dans le domaine capables de discuter avec les organismes en charge de ce sujet afin de
canaliser les financements et aides.
16
IV. Quelle leçons tirer et quelles perspectives pour le Burkina Faso
dans le cadre de l’intégration sous régionale ?
IV.1. Cadre institutionnel et règlementaire sur l’industrie au Burkina Faso
Pour accompagner l’industrie et les entreprises, plusieurs initiatives institutionnelles ont
été menées depuis l’indépendance et plus particulièrement à partir des années 2000.
Les institutions nationales :
Il existe un ministère en charge de l’industrie du commerce et de l’artisanat. Au sein de ce
ministère, une direction générale en charge du développement industriel existe depuis
plusieurs années. En plus de ce ministère, une chambre de commerce et d’industrie existe
avant des indépendances. La CCI a été l’initiatrice d’un certain nombre d’institutions dont
la maison de l’entreprise du Burkina Faso (MEBF), le CAMCO en charge de l’arbitrage et
de la médiation dans les affaires, les CGA pour l’accompagnement des entreprises, et plus
récemment le Bureau de Restructuration et de Mise à Niveau de l’industrie (BRMN). On
note aussi la présence d’institutions telles que l’API-BF (agence de promotion des
investissements du Burkina Faso, ex CPI), l’AFP-PME pour l’accompagnement des PME,
le conseil présidentiel pour l’investissement. Il existe un patronat au Burkina Faso (CPF).
Force est de constater un manque de synergie entre toutes ces structures.
Dans le domaine technique, on note la présence de l’ABNORM chargé de la normalisation,
ABMAQ, du laboratoire national de santé publique qui contrôle la qualité sanitaire des
aliments et produits, l’IRSAT département du CNRST, chargé de la recherche sur les
technologies alimentaire au sein de l’institut national de la recherche scientifique et
technologique.
Il existe aussi une chambre des mines du Burkina Faso et une chambre des métiers.
Au point de vue des organisations professionnelles, une loi sur les faitières a été adoptée.
Ainsi pour chaque filière il existe une organisation faitière. Des groupements
professionnels existent aussi. Par exemple, Le groupement professionnel des industries
(GPI), la fédération des industries agroalimentaires du Burkina (FIAB), le groupement
professionnel des transformateurs des oléagineux du Burkina Faso (GTPOB).
Sur le plan international, il existe plusieurs agences de coopérations dont la JICA (Japon,
active dans l’efficacité énergétique et les formulations de politique industrielle), la GIZ
(Allemagne), la SNV (Pays Bas), la coopération française, la coopération danoise, USAID
etc. Au niveau des nations unis, on peut citer la forte implication de l’ONUDI dans le
développement industriel et du PNUD. En plus de ces organismes plusieurs ONG sont
présents sur la place nationale et interviennent dans des domaines liés à l’industrie.
Au niveau des institutions financières, on note la présence de plusieurs banques
commerciales, d’assurance et des institutions de micro crédit. Il existe aussi plusieurs
fonds destinés à la création d’emplois, tels que le FASI (fonds d’appui au secteur informel),
le FAPE (promotion de l’emploi), FAIJ (initiative des jeunes) FBDES (développement
économique et social), FDE (électricité), Fonds de l’élevage, FIE (environnement) etc. La
multiplicité de ces fonds laisse craindre une inefficacité dans leur emploi et une trop grande
dispersion dans les efforts. Il n’existe pas de capital risque étatique, encore moins un fonds
destiné spécifiquement à l’industrie dont on sait qu’elle présente des besoins énormes
17
dans les premiers temps d’existence. Les banques telles que la BAD, la BOAD, la BIDC
ont toutes des programmes liés soit aux infrastructures soit au développement industriel,
mais sont insuffisamment exploités de notre avis.
Au point de vue règlementaire, on note l’adoption d’un code des investissements qui a été
plusieurs fois modifié et qui donne des avantages (exonérations sur la TVA, les taxes et
impôts) aux investissements impliquant la création d’emploi. Mais ce code n’est pas
spécifique à l’industrie comme c’est le cas pour les mines. En effet, le code minier a été
adopté et modifié récemment. C’est un code très incitateur qui donne plusieurs avantages
aux investisseurs. Le code modifié incite aussi à l’approvisionnement local par les mines.
Il introduit aussi une incitation à l’embauche de travailleurs locaux.
L’adoption d’une politique industrielle commune à l’Afrique de l’ouest (PICAO) est aussi un
facteur de réussite surtout si des synergies sont trouvées. La signature des APE permet
une protection de produits industriels comme l’agroalimentaire et les produits agricoles.
Cependant, cette signature s’est faite sans une mise à niveau préalable des entreprises
comme cela été le cas en Tunisie. Les effets de cet accord risquent d’être limités si rien
n’est fait. L’AGOA est aussi une opportunité à saisir.
Enfin l’énergie étant un des facteurs de production qui limite le développement industriel,
une loi sur l’énergie a été adoptée récemment et libéralisant le secteur, favorisant ainsi
l’installation de producteurs privés, en particulier sur le secteur des énergies
renouvelables. La règlementation, non encore adoptée, propose un prix d’achat par la
SONABEL de la production énergétique des privés sans tenir compte de la spécificité des
énergies renouvelables (couts d’achat cher mais cout d’exploitation plus faible).
Système éducatif et formation
Au plan de l’éducation et de la formation, le secteur a été libéralisé et des privés se sont
installés à tous les niveaux du système éducatif, souvent avec un désengagement notoire
de l’État dans certains domaines. Bien que les établissements privés aient vu leur nombre
augmenter ces dernières années, l’enseignement technique reste en marge de cette
progression. Les couts des équipements pédagogiques rendent plus difficiles, de type de
formation surtout au niveau de l’enseignement supérieur.
Pourtant plusieurs défis se présentent notamment dans les technologies automobiles,
dans l’agroalimentaire, le textile et l’habillement, domaines dans lesquels les écoles de
formations sont encore en deca des attentes. La CCI BF s’est engagée dans la formation
et a aidé à ouvrir plusieurs établissements tels que l’ISGE, le CFTRA, le CFTH. Un
inventaire sur les besoins dans l’enseignement technique pourrait aider à identifier les
besoins.
Instruments de la politique industrielle
Avec la création de pôles de croissance à Bagré, de pôles de compétitivité régionale ainsi
que des zones industrielles de Kossodo et de Bobo, ce sont des instruments du
développement industriel qui ont été mis en place. Cependant, force est de constater que
le Burkina Faso reste encore en retrait par rapport à d’autres pays sur la mise en place de
ces instruments. Une grappe huilerie vient d’être mise en place par le GTPOB. Plusieurs
projets dans ce sens ont fait l’objet d’étude mais n’ont pas été mis en œuvre. Il s’agit entre
18
autre de la grappe agroalimentaire (encore connue sous la forme de SPL8, voir rapport sur
les pôles de compétitivités régionales, CAPES) ou encore d’un pôle agroalimentaire initié
par la CCI BF en 2004. De même, la mise en place de zone franche, de pépinières
d’entreprises ou encore de couveuses, de parcs technologiques se fait attendre. Sur ce
dernier point, la présence de l’ISGE à la ZAD II aurait dû être complémentée par des
entreprises du domaine des télécommunications, de l’informatique, de l’électronique, de
l’électricité en particulier du solaire. Ce qui aurait permis d’avoir un parc technologique
comme il en existe ailleurs.
Deux nouvelles zones industrielles sont en cours de réalisation à Kossodo et à Bama à
Bobo Dioulasso. Les zones de Koubri, et de Komsilga sont de fait des zones d’activités
industrielles à cause de l’installation d’industries telles que Brafaso, SOFAB, YILMA etc.
Si rien n’est fait, ce sont des installations anarchiques qui seront constatées et qui ne
permettent pas des conditions faciles de production (mise aux normes, cout de production,
respect de l’environnement etc.).
Faiblesses Forces
Branche d'Activités Dénomination
8
Système productif local
19
Fabrication de produits alimentaires et de Concurrence de la fraude, Première activité
Division 10 boissons
activité encore sous manufacturière en termes
représentée (beaucoup de d’effectifs
secteurs à développer)
Faible interconnexion des Signature des APE9 fixant
chaines de valeur. Par exemple comme produits sensibles les
le sucre des boissons produits agricoles et
(BRAKINA, DAFANI) est agroalimentaires
commandé de l’extérieur (Chili Quelques maillons à
par exemple) développer : lait, viande,
La problématique des boissons (dolo), anacarde,
emballages reste entièrement mangue, PFNL10 , Karité,
posée. cosmétiques etc.
Division 11 fabrication de boissons
Une seule entreprise, le tabac
Division 12 Fabrication de produits à base de tabac local a été abandonné
Absence de tissage industriel, Une entreprise de filature
échec d’installation d’autres
Division 13 Fabrication de textiles entreprises de filature
Activité artisanale et
majoritairement informelle et
Division 14 Fabrication d’articles d’habillement sous représentée
Disparition de cette activité Maillon abattage d’animaux
avec l’insurrection de 2014, toujours présent
L’industrie de la chaussure a
aussi disparu du paysage
Division 15 Fabrication de cuir et d’articles de cuir économique
Production de bois et d’articles en bois et en Activités principalement Quelques entreprises de travail du
liège (sauf fabrication de meubles); bois (FTF et Fadoul par exemple)
informelle ou artisanale
Section C: Industrie Manufacturière
9
Accords de partenariat économique entre l’Union Européenne et la CEDEAO
10
Produits forestiers non ligneux
20
récupération de matières métallique et non Activités encore faibles.
Division 34 métallique, recyclables
Faiblesses Forces
Branche d'Activités Dénomination
Section D: Une seule entreprise de Loi de libéralisation en
Production et distribution et de cours.
distribution production
d’électricité,
de gaz, de
vapeur et production et distribution d'électricité, de
climatisation Division 35 gaz, de vapeur et d'eau chaude
Collecte et traitement des eaux, distribution Présence de l’ONEA
Division 36 d’eau
Encore faible, pas de
Division 37 Réseau d’assainissement libéralisation
Idem Une entreprise de
production de biogaz, des
projets de valorisation de
Collecte des déchets, activités de traitement la STEP et de la décharge
Division 38 et d’évacuation; récupération des matières publique
Section E: Activités de remise en état et autres services
Assainissement Division 39 de traitement des déchets
Non prise en compte dans Forte prolifération des
Division 41 Construction de bâtiments les statistiques entreprises de BTP
Division 42 Génie civil
Section F
Construction Division 43 Activités de construction spécialisées
En conclusion, les BTP devraient être pris en compte dans les statistiques car c’est une
industrie en pleine expansion au Burkina Faso. Au niveau de la production d’électricité, le
code des investissements devraient être revu pour attirer plus d’acteurs en particulier sur
les énergies renouvelables.
Les tailles des entreprises Burkinabè restent mineures sur le plan africain. Dans le dernier
classement Jeune Afrique des 500 meilleurs entreprises africaines, la SONABHY, plus
grande entreprise Burkinabè n’arrive qu’à la 146e place suivie de SOFITEX après les 200
places. Les premières places sont occupées par des entreprises Sud-Africaines suivies de
l’Algérie. Le cas chinois montre que la taille compte (‘size matters’)
Les institutions
L’analyse des forces et faiblesses des institutions devraient faire l’objet d’un document à
part entière. Cependant, nous allons simplement nous focaliser sur certains aspects de
21
l’accompagnement des entreprises industrielles. En effet, les procédures de création et
d’installation d’une entreprise industrielle aussi petite soit-elle demande tout ou partie des
étapes suivantes :
une étude plus ou moins approfondie du marché avec à la clé une spécification des
volumes, cadences, emballages et conditionnement ;
une spécification technique et une sélection des fournisseurs à même de délivrer
les équipements et les installations aux normes ;
la recherche de sites favorables et de synergies ;
une demande d’autorisation d’implantation avec une étude d’impact
environnemental ;
le design architectural et la réalisation des aménagements industriels ;
une recherche de financement et une commande des équipements ;
une gestion de projet pour les installations et des tests ;
le respect de la règlementation en termes de sécurité, qualité, environnement, etc. ;
un suivi et une veille technologique et économique dans le domaine.
Toutes ces actions ne sont pas suivies actuellement e sont laissées aux entrepreneurs qui
s’associent lorsqu’ils le peuvent des bureaux d’études. Avec l’aide de la CCI et de la MEBF,
ils peuvent avoir un financement pour les études, des voyages d’affaire mais aussi des
rencontres B2B lors de Africallia. Cette situation constitue une faiblesse majeure dans
l’environnement du conseil industriel. Le BRMN a une mission différente de celle-ci qui
consiste essentiellement à soutenir les entreprises financièrement (subventions, prêts à
taux bonifiés etc.). C’est aussi un rôle similaire pour l’AFP PME, la MEBF. La Faiblesse
réside dans le manque d’ingénieurs conseils en industrie et de structures telles que le
BNEDT en Côte d’Ivoire, ou l’autorité de développement industriel en Malaisie.
De plus il existe plusieurs structures dont les actions ne sont pas coordonnées, une sorte
de schizophrénie de structures. Or, il faudrait un processus qui gère ces actions et un
accompagnement unique et coordonné.
La deuxième faiblesse réside dans la collecte de données statistiques et le suivi des
actions. Ainsi, la contribution au PIB du secteur industriel en particulier du secteur
manufacturier est difficile à suivre. Les derniers rapports à ce jour de la DGI11 datent de
2013. Les rapports de 2014 et 2015 sont encore en traitement pour cause de manque de
moyens financiers. Il n’est donc pas possible de dire quelles ont été les conséquences de
l’insurrection populaire et du changement démocratique sur le secteur, à ce jour. L’INSD
produit ses statistiques, la CCI, et la DGI en produisent. Comme mentionné plus haut il
faut une base actualisée des secteurs d’activités tenant compte des spécificités nationales
(beurre de karité, PFNL, informel etc.).
Enfin, une faiblesse dans le développement humain. Les instituts de formations et de
recherches sont faiblement rattachés aux entreprises. Un manque de confiance aux
techniciens nationaux et une préférence des étrangers sont constatés.
Les facteurs de production
11
Direction générale de l’industrie
22
Les facteurs de production sont l’énergie (électricité, hydrocarbures, bois énergie etc.), les
ressources humaines et financières, les matières premières et consommables, et l’eau.
Concernant l’énergie, elle coute cher à nos industries comparativement aux pays munis
du nucléaire et d’autres sources. Cependant, une analyse plus fine montre que le cout
élevé se trouve à trois niveaux :
la tarification électrique du Burkina Faso coute chère par rapport à d’autres pays
voisins. La production au Burkina Faso est souvent saisonnière ou à courte durée
et il n’existe pas de tarifs saisonniers. Il n’existe pas non plus de tarifs pour les PME
qui n’utilisent pas de fortes puissances. Leur tarification se confond avec celle de
l’usage domestique ;
le deuxième niveau du cout se trouve à l’utilisation. À ce niveau, il est montré que
le cout du kWh par unité de produit dépend du niveau d’utilisation des équipements.
Ainsi si l’on achète une unité de 10tonnes à l’heure qui est utilisée à 5 tonne à
l’heure le cout du kWh est plus élevé. Or dans la plupart des cas, les unités
industrielles sont sous utilisées. C’est ce que montre le graphe suivant qui montre
une utilisation maximale de 58% sur une unité de production ;
la qualité de l’électricité avec les coupures et délestages pendant les activités de
production. Ce qui a pour effet de réduire la disponibilité des équipements et de
renchérir les couts avec l’utilisation de groupe électrogènes.
Figure 3 cout du kWh par unité en focntion du taux d'utilisation
145
140
135
130
125 Consommation
120 spécifique vs taux
d'occupation
115
110
105
100
18,00% 28,00% 38,00% 48,00% 58,00% 68,00%
Pour le carburant et l’eau, les mêmes conclusions sont applicables. Au niveau des
matières premières, les problèmes sont de plusieurs ordres :
la qualité et la quantité de la matière première produite localement. Bien que les
statistiques soient généreuses, il n’est pas rare de constater que les quantités ne
suivent pas. De même, les variétés de produits ne sont suffisamment étudiées. Or
une machine est calibrée pour une certaine variété : exemple de graine de coton à
presser (taux d’humidité, taux de lintage etc.) ;
les conditions de transport. Les matières premières importés telles que le fer ou
l’acier sous transportées dans des conditions qui les rendent inefficaces et leur font
perdre leur qualité. La rouille, les déformations et l’augmentation de la température
ou de l’humidité font partie des problèmes communément rencontrés comme le
montrent les figures suivantes. Certaines matières premières sont dangereuses.
C’est le cas du nitrate d’ammonium (explosif) et de la chaux vive (très inflammable
23
au contact de l’eau mais transportée en période de pluie). Le Burkina Faso importe
plusieurs matières premières pour son industrie. En plus de ces problèmes, on note
aussi des problèmes de ruptures de stocks dues à la durée d’approvisionnement
dans laquelle se trouve la durée de transit.
Figure en haut à gauche (nitrate d’ammonium extrêmement explosif) ; figure en haut à droite un polyol utilisé
dans la fabrication de matelas (doit être conservé à 25oC), figure en bas gauche et droite (fer à béton,
présence de rouille transporté ainsi même en période de pluies). Photos prises à Ouagadougou
La figure suivante montre les origines des matières premières consommées par les
entreprises industrielles enquêtées par la DGI entre 2008 et 2013.
Figure 5 Origines des matières premières
24
Source : DGI (rapport sur l’industrie 2008-2013).
Concernant les ressources humaines, il a été constaté que les sociétés minières ont attiré
la plupart des cadres et main d’œuvre qualifiée des autres secteurs industriels. Les niveaux
des employés surtout au niveau du secteur secondaire sont largement en deca des
attentes. On constate des niveaux inférieurs au bac sur des équipements automatisés
demandant au minimum des DUT (bac + 2). De plus, certains refusent la mise à niveau
technique par peur d’être dépassés.
Tous ces facteurs renchérissent les couts de production.
IV.3 Perspectives du développement industriel au Burkina Faso
Quelles perspectives pour le développement industriel étant données toutes ces
contraintes ? Une première conclusion globale à tirer concerne la non-intégration des
chaines de valeurs laissant la place à des importations ou des pertes de devises. Ensuite
cette non-intégration ne permet de voir les industries qui peuvent être structurantes ou
industrialisantes.
De l’analyse faite ci-dessus, il apparait :
10. Une nécessité de revoir la base statistique de classification des activités
industrielles et de se donner les moyens pour le suivi des performances
industrielles. Il faudrait donc un observatoire de l’industrie permettant de mesurer
les performances atteintes sous une base homogène. La DGI devra être dotée de
moyens financiers et humains pour mener cette mission à bien.
11. Dans la politique industrielle, il n’est pas absurde de se donner un objectif en
termes de part dans le PIB supérieur à 25% ou proche de 30% à la fin des
programmes d’industrialisation.
12. Au niveau du contenu de la politique industrielle, une approche basée sur les
chaines de valeurs et sur une structuration durable de l’industrie serait appréciable.
Pour cela, une analyse de la chaine de valeur de chaque filière permettrait de voir
les maillons manquants. Par exemple, la chaine de valeur de la filière coton est peu
transformée en dehors de l’égrenage et de la filature ainsi que du tissage
25
traditionnel. Une industrialisation ramenant quelques maillons tels que celles liées
à l’industrie pharmaceutique (coton hydrophile, bande, compresse etc.) et aux
serviettes, permettrait de densifier le tissu industriel. L’égrenage serait alors vu
comme structurant car il mène aux activités de l’industrie du textile et de celle de la
pharmacie. Pour cette dernière, il n’est pas normal que les solutés de malades
hospitalisés soient encore importés alors qu’il existe une centaine d’entreprise d’eau
minérale. Enfin, l’agroalimentaire pourrait être considérée comme primordial dans
la sécurité alimentaire avec des filières bien déterminées.
13. Au niveau des incitations et mesures, un code des investissements industriels pris
sur le modèle minier permettrait d’être plus attrayant. Il devrait cibler les secteurs
structurants et industrialisants. Les accords économiques avec l’UE et les USA
(AGOA) donnent les bases d’un effet d’entrainement.
14. Au niveau de l’éducation et de la formation, il y a un manque d’écoles de formations
dédiées à l’agroalimentaire (secteur d’autosuffisance alimentaire), et à la
mécanique et du transport (l’IUT de BOBO étant en perte de vitesse, il faudrait lui
redonner les moyens). Les filières de formation de technologies du numérique dans
l’industrie sont encore sous enseignées au Burkina Faso. En termes d’instruments
de développement industriel, les couveuses ou pépinières d’entreprise, les zones
industrielles et parcs technologiques devraient être développés avec la possibilité
de zones franches. Les pôles de Bagré, Samendéni, du Sahel et du Sourou sont
bien adaptés pour ce type d’initiatives. Autour des centres de formation, le
développement de parcs technologiques permettrait d’avoir des pôles de
compétitivité tels que définis dans le rapport sur les pôles de compétitivités
régionales.
15. Le programme de mise à niveau des industries existantes doit continuer afin de les
rendre plus compétitives. En particulier, les questions d’approvisionnement et de
chaine de valeurs devraient faire partie des questions de mise à niveau. Un
programme d’efficacité énergétique doit aussi être mis en place de façon à
permettre une meilleure compétitivité cout.
16. Former des experts pour bénéficier des retombées des accords de Paris sur le
climat, à travers les fonds pour la promotion des technologies propres.
17. La création d’un organisme en charge de l’accompagnement technique des
industries permettrait de les rendre plus apte à la pérennité car elles seront mieux
conçues.
Enfin, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso (CCI-BF) pourrait jouer un
rôle dans les points 4 à 8 ci-dessus et un rôle de propositions au niveau du gouvernement.
Concernant les pépinières la CCI BF a déjà une mini expérience avec le village artisanal
de Ouagadougou qui mériterait d’être évaluée. De même pour les grappes, les ports secs
en sont un exemple.
V. Conclusions
En conclusion, le Burkina Faso a amorcé une nouvelle dynamique politique favorable à la
mise en place d’une industrialisation durable. Il a aussi capitalisé sur la création
d’entreprises industrielles depuis les indépendances. Une politique industrielle devrait
prendre en compte les nouvelles donnes mondiales à savoir, les instruments modernes
d’industrialisation (financement, organisation en cluster, SPL, etc.), le rapprochement de
26
maillons de chaines de valeurs dans les filières clés, les synergies entre entreprises
permettant des consommations locales et une intégration des filières. Il ressort que pour
une bonne évaluation des performances industrielles, une collecte de données statistiques
basées sur un inventaire rigoureux, permettrait d’intégrer les activités non prises en
compte à ce jour. Pour cela, des moyens conséquents pour la mise en place d’un
observatoire de l’industrie doivent être mis en place avec le concours de la CCI. Une
révision du système et éducatif de façon à développer les filières industrielles avec un
appui de l’État du Burkina Faso serait aussi une contribution au développement d’activités
industrielles durables. Enfin, la prise en compte du réchauffement climatique pour le
développement d’activités vertes et sa prise en compte dans la construction de nouvelles
unités (production interne d’électricité soit solaire soit issues de biocarburant tel que le
biogaz, voir exemple de l’abattoir frigorifique de Ouagadougou).
Bibliographie
1. ITIE : Initiative pour la transparence dans les industries extractives, rapport Moore
Stephens, 2013
2. La localisation des industries, Bernadette-Mérenne Schoumaker, Nathan.
3. OULAICH Jamal, Les grandes stratégies de développement industriel, « Le Maroc
a-t-il une stratégie industrielle en réalité? » Analyse concurrentielle 2011 /2010
27