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Irs - 1

Ce document présente un cours d'initiation à la recherche scientifique, abordant les étapes clés de la recherche, la méthodologie, et les types de recherches. Il définit la recherche scientifique, les méthodes, et les techniques, tout en expliquant divers types de recherches, y compris historique, fondamentale, documentaire, descriptive, analytique, et interventionnelle. Le cours vise à fournir aux étudiants les connaissances nécessaires pour mener à bien leurs travaux de recherche dans le cadre de leurs études universitaires.

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Ce document présente un cours d'initiation à la recherche scientifique, abordant les étapes clés de la recherche, la méthodologie, et les types de recherches. Il définit la recherche scientifique, les méthodes, et les techniques, tout en expliquant divers types de recherches, y compris historique, fondamentale, documentaire, descriptive, analytique, et interventionnelle. Le cours vise à fournir aux étudiants les connaissances nécessaires pour mener à bien leurs travaux de recherche dans le cadre de leurs études universitaires.

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1

PREMIERE PARTIE : Considérations théoriques

1 INTRODUCTION

1.1 Objectif du cours


Ce cours d’Initiation à la Recherche Scientifique dispensé vise à
fournir aux étudiants, les notions générales permettant d’acquérir les
connaissances de base sur les stratégies et méthodologies nécessaires
afin de mener les recherches scientifiques dans le cadre des Travaux de
Fin des études universitaires.
L’objectif de ce cours est de présenter les différentes étapes de la
recherche scientifique ainsi que la méthodologie et terminologie de base
utilisées dans la recherche scientifique.
A partir de l’identification du problème, qui est le point de départ de la
recherche scientifique, le cours explique comment on passe à la
formulation des hypothèses, à l’élaboration du cadre conceptuel et des
objectifs, au choix des méthodes et des outils à utiliser pour la récolte
des données, au dépouillement et à l’analyse des données, à la
présentation et l’interprétation des résultats, à la conclusion et aux
recommandations, sans oublier les références bibliographiques.
La rédaction des résultats ainsi que la présentation orale des résultats
sont aussi abordées.
1.2 Définitions des quelques concepts
1.2.1 La Recherche Scientifique
Le mot «Recherche», qui fait allusion au mot « chercher », désigne une
action ou une suite d’actions entreprises pour trouver quelque chose. En
science, la recherche désigne l’ensemble des démarches méthodiques
engagées pour découvrir des faits nouveaux ou antérieurement
2

méconnus, dans le but d’acquérir des nouvelles connaissances et


d’enrichir les connaissances actuelles.

La recherche devient scientifique quand elle fait recours à une


méthodologie et une technologie appropriée reconnue stricte,
rigoureuse, répétable et toujours soumise au doute méthodique et au
contrôle,
1.2.2 Méthode
Une méthode est une suite de procédures et des techniques appliquées
suivant une règle opératoire afin d’obtenir des résultats qui peuvent
conduire à la vérification d’une hypothèse ou à comprendre un problème
dont il faut trouver une solution.
Plusieurs méthodes utilisées afin d’élucider un problème donné
constituent une démarche scientifique qui permet d’obtenir une vérité
presque irréfutable. En tenant compte de la diversité des disciplines qui
se distinguent les unes des autres par leurs méthodes propres, il est
difficile d’en définir une qui soit universelle.
Néanmoins toute les méthodes scientifiques ont des points
communs car elles visent, l’objectivité ; la rigueur, la répétitivité, la
précision.
Pour la recherche scientifique, la méthode détermine la valeur des
résultats. Une mauvaise méthode ne peut mener qu’aux résultats
médiocres.
C’est pourquoi il est très important d’accorder beaucoup d’attention
à la conception de la méthode avant de commencer les travaux de
recherche scientifique.
Fort heureusement, il existe des méthodes scientifiques standards
pour différentes sciences qu’il faut soit appliquer intégralement, soit
adapter ou les modifier suivant le sujet et l’orientation de la recherche.
3

Il est par ailleurs courant de constater que les chercheurs se


réfèrent aux méthodes antérieures qu’ils modifient et adaptent selon les
exigences et soucis de leurs préoccupations et objectifs.
1.2.3 Méthode
Une méthode est une suite de procédures et des techniques appliquées
suivant une règle opératoire afin d’obtenir des résultats qui peuvent
conduire à la vérification d’une hypothèse ou à comprendre un problème
dont il faut trouver une solution.
Plusieurs méthodes utilisées afin d’élucider un problème donné
constituent une démarche scientifique qui permet d’obtenir une vérité
presque irréfutable.
En tenant compte de la diversité des disciplines qui se distinguent
les unes des autres par leurs méthodes propres, il est difficile d’en
définir une qui soit universelle.
Néanmoins toute les méthodes scientifiques ont des points
communs car elles visent, l’objectivité ; la rigueur, la répétitivité, la
précision.
Pour la recherche scientifique, la méthode détermine la valeur des
résultats. Une mauvaise méthode ne peut mener qu’aux résultats
médiocres. C’est pourquoi il est très important d’accorder beaucoup
d’attention à la conception de la méthode avant de commencer les
travaux de recherche scientifique.
Fort heureusement, il existe des méthodes scientifiques standards
pour différentes sciences qu’il faut soit appliquer intégralement, soit
adapter ou les modifier suivant le sujet et l’orientation de la recherche.
Il est par ailleurs courant de constater que les chercheurs se
réfèrent aux méthodes antérieures qu’ils modifient et adaptent selon les
exigences et soucis de leurs préoccupations et objectifs.
4

1.2.4 Méthode
Une méthode est une suite de procédures et des techniques appliquées
suivant une règle opératoire afin d’obtenir des résultats qui peuvent
conduire à la vérification d’une hypothèse ou à comprendre un problème
dont il faut trouver une solution.
Plusieurs méthodes utilisées afin d’élucider un problème donné
constituent une démarche scientifique qui permet d’obtenir une vérité
presque irréfutable.
En tenant compte de la diversité des disciplines qui se distinguent
les unes des autres par leurs méthodes propres, il est difficile d’en
définir une qui soit universelle. Néanmoins toute les méthodes
scientifiques ont des points communs car elles visent, l’objectivité ; la
rigueur, la répétitivité, la précision.
Pour la recherche scientifique, la méthode détermine la valeur des
résultats. Une mauvaise méthode ne peut mener qu’aux résultats
médiocres. C’est pourquoi il est très important d’accorder beaucoup
d’attention à la conception de la méthode avant de commencer les
travaux de recherche scientifique.
Fort heureusement, il existe des méthodes scientifiques standards
pour différentes sciences qu’il faut soit appliquer intégralement, soit
adapter ou les modifier suivant le sujet et l’orientation de la recherche.
Il est par ailleurs courant de constater que les chercheurs se
réfèrent aux méthodes antérieures qu’ils modifient et adaptent selon les
exigences et soucis de leurs préoccupations et objectifs.

1.2.5 Les techniques


Les techniques sont des outils utilisés au sein d’une méthode dans le
but de récolter l’information ou les données. Ainsi chaque méthode
dispose de ses propres techniques. Une méthode peut être modifiée en
5

changeant ou en modifiant les techniques, ce qui est très courant dans


la recherche scientifique
2 LES TYPES DE RECHERCHES
2.1 La recherche historique
La recherche historique vise à obtenir des données sur des événements
passés, et peut analyser les antécédents historiques autour d’un
problème récent.
Cette recherche englobe les études rétrospectives et les données
bibliographiques qui donnent une idée sur ce qui a déjà été fait sur un
sujet donné avant de l’aborder dans une autre stratégie.
C’est le cas aussi des études ou programme des surveillances qui
analysent les rapports antérieurs sur un problème précis afin de prévoir
ce qui pourrait arriver dans le futur en tenant compte du passé.
2.2 La recherche fondamentale
Elle est destinée à augmenter les connaissances d’une discipline
uniquement à des fins cognitives.
La recherche fondamentale aboutit à la formulation des nouvelles
théories et des lois. Le chercheur mène la recherche dans le seul intérêt
de découvrir, sans se poser des questions sur l’intérêt public ou socio-
économique des résultats qu’il obtiendra.
Son souci primordial est d’enrichir la science par une nouvelle
découverte d’un phénomène jusque-là non décrit ni connu.
Si dans les années passées, la recherche fondamentale était au
premier plan du fait que beaucoup de faits et événements étaient encore
mystérieux, s elle est au second plan et restreinte à quelques domaines
scientifiques, car les perceptions actuelles des problèmes, ainsi que
ceux qui financent la recherche scientifique, poussent le monde
scientifique de donner une priorité à la recherche des solutions aux
problèmes actuels et futurs, qu’à faire la recherche fondamentale.
6

2.3 La recherche documentaire ou bibliographique


La recherche documentaire vise à trouver des renseignements et
des connaissances pertinents contenus dans les documents existants.
La difficulté réside dans l’identification et la détention des documents
dont on a besoin.
En fonction de l’objet de la recherche, on doit s’orienter vers les
services spécialisés dans le domaine et le sujet de sa recherche. Ces
documents peuvent être des archives, des rapports, des périodiques,
des brochures, des correspondances, des journaux, des ouvrages, des
mémoires, etc.
Par la suite, on doit inventorier, trier et récolter tous les documents
écrits et parfois oraux, qui contiennent une information utile à l’étude.
Le grand problème qui se pose souvent est celui de connaître le
lieu où on peut trouver le document dont on a besoin. Le lieu classique
est la bibliothèque dont: les Bibliothèques publics, les bibliothèques
privées, les bibliothèques individuelles, les bibliothèques
institutionnelles, et les bibliothèques des services.
Dans les bibliothèques, les ouvrages de toute sorte sont logés dans
des rayons suivant un ordre défini et bien connu, en tenant compte des
disciplines, des auteurs et des dates de publications.
Les ouvrages les plus anciens sont classés dans les archives.
Les références de chaque livre sont reprises sur une fiche que les
lecteurs peuvent consulter avant de fixer leur choix sur un livre bien
défini.
Pour accéder à la documentation, chaque bibliothèque fixe ses
conditions. Mais en général, toutes les bibliothèques publiques exigent
un abonnement qui donne l’accès aux documents.
Certaines bibliothèques autorisent le prêt des ouvrages, d’autres
pas. Actuellement les bibliothèques ne se limitent plus à garder des
7

ouvrages. Elles ont instauré le système informatisé de sorte que vous


pouvez lire et télécharger des ouvrages à la bibliothèque sans devoir les
toucher.
C’est le cas des bibliothèques virtuelles ou numériques où il n’y a
pas de livres visibles mais des ordinateurs.
2.4 La recherche descriptive
Au cours d’une recherche descriptive, le chercheur décrit
systématiquement les faits ainsi que les éléments qui composent les
événements qu’il étudie.
Une telle recherche ne se limite pas seulement à la description,
mais explique parfois ces événements en vue de relever les relations de
cause à effet, et établir des relations entre les différents faits.
Une étude descriptive en épidémiologie s’occupe de la description
des caractéristiques générales de la distribution d’une maladie, de ses
rapports avec les individus, de sa répartition géographique et
chronologique.
Les études descriptives puisent l’information des résultats de
recensement, des rapports statistiques des services de santé publique,
des examens réalisés par la médecine du travail, des rapports cliniques
établis par les hôpitaux ou les praticiens privés, des rapports nationaux
sur la consommation alimentaire et médicamenteuse, etc.
Les caractéristiques à décrire peuvent être individuelles comme
l’âge, le sexe, la race, le statut marital, ou concerner le mode de vie
telles que la consommation alimentaire ou l’usage des médicaments.
Les études descriptives peuvent être relativement rapides et facile
et fournissent les pistes importantes qui servent à formuler des
nouvelles hypothèses à vérifier par une étude analytique. Elles sont
généralement moins couteuses en argent et en temps que les études
analytiques.
8

2.5 Recherche ou étude analytique


Dans une étude analytique, le chercheur regroupe les individus dans le
but de comparer, en déterminant systématiquement si le risque de
maladie est différent ou non, chez des individus exposés ou non
exposés à un facteur donné. Une étude analytique utilise la
comparaison avec un groupe témoin approprié qui permet de vérifier les
hypothèses. Dans les études analytiques, on distingue les études
d’observation et les études d’intervention.

2.5.1 Etudes d’observation


Les études d’observation sont de deux types : les études « cas-témoin »
et les études cohorte.

2.5.1.1Les études cas-témoin


Dans les études cas-témoin, on sélectionne un groupe de patient atteint
de la maladie à étudier ainsi qu’un groupe d’individus sains et on
compare la proportion des sujets exposés dans chaque groupe.

2.5.1.2Les études de cohorte


Dans les études de cohorte, les sujets regroupés en un ou plusieurs
groupes sont choisis en fonction de la présence ou de l’exposition à un
facteur de risque suspecté d’être à l’origine d’une maladie. Au moment
où l’exposition est définie, tous les sujets potentiels doivent âtre
indemnes de la maladie étudiée. Les participants seront alors suivis
pendant une période de temps donnée pour observer l’apparition de la
maladie dans chaque groupe. Les études de cohorte offrent un certain
nombre d’avantages pour évaluer le rapport entre exposition et
maladie dont:
9

a) Les participants n’étant pas malades au moment où le statut


d’exposition est défini, la séquence chronologique entre exposition
et maladie est plus facile à établir
b) Les études de cohorte sont utiles pour appréhender les effets
d’exposition rares
c) Etant donné que les études de cohorte recrutent les participants
d’après leur statut d’exposition, les chercheurs peuvent faire appel
à un nombre approprié de sujets exposés et non exposés.

On distingue trois types d’études de cohorte :


1) L’étude cohorte rétrospective dans laquelle tous les événements
relatifs à l’exposition ont déjà eu lieu lorsque l’étude débute.
2) L’étude cohorte prospective dans laquelle les expositions ont ou
n’ont pas encore pris fin, mais leurs conséquences viendront dans
le futur. Dans une telle étude, les participants doivent être suivis
afin de connaître le taux d’incidence de la maladie.
3) L’étude cohorte bidirectionnelle qui recueille les données
rétrospectives et prospectives de la même cohorte.
2.6 Les études interventionnelles
2.6.1 Les essais dirigés, ou essais ou tests cliniques
Les essais dirigés ou essais cliniques sont des études épidémiologiques
qui fournissent des informations proches des données fournies par les
recherches expérimentales fondamentales. Malgré que les sujets
volontaires soient sélectionnés en fonction de leur exposition, cette
exposition est déterminée par le chercheur lui-même. Les essais
cliniques apportent des résultats dont le degré de certitude est supérieur
à ceux fournis par une étude d’observation.
Il existe deux types d’essais cliniques :
10

a) Les essais du type thérapeutique, qui sont réalisés chez des patients
atteints d’une maladie donnée afin de déterminer la possibilité pour
un produit ou un procédé d’atténuer les symptômes, de prévenir la
rechute ou de diminuer la mortalité propre à cette maladie. C’est le
cas des essais des candidats médicaments.
b) Les essais du type préventif sont réalisés sur des sujets à risque
normal ou à haut risque, afin d’évaluer le rôle d’un produit ou d’un
procédé dans la réduction du risque de survenue de la maladie chez
des sujets indemnes au départ. C’est le cas des essais des candidats
vaccins.

2.6.2 Les essais cliniques d’évaluation d’un nouveau médicament


Les essais cliniques d’évaluation d’un nouveau médicament se font en 4
phases sur des volontaires humains, après les résultats probants des
essais précliniques faits sur des animaux de laboratoire:
a) La phase I ou Etude de la tolérance
b) La phase II ou Etude de l’efficacité
c) La phase III ou l’étude comparative à un médicament de
référence
d) La phase IV ou la surveillance après la mise sur le marché
(pharmacovigilance).

2.6.3 La recherche action


Lors d’une recherche action, le chercheur ne se met pas à l’écart de ses
enquêtes mais s’y intègre dans le but d’y mener des actions concrètes.
Les résultats de la recherche action doivent déboucher sur une action
pratique et doivent constituer un projet d’intervention.
11

La plupart de fois, la recherche-action nait des aléas et faits rencontrés


au cours de la réalisation d’un programme ou d’un autre projet, pour
lequel, le besoin de réaliser une action s’impose.
Par exemple, dans le programme de lutte contre le paludisme, on
constate que les vecteurs continuent à propager la maladie, ce qui
nécessite une intervention d’instaurer l’utilisation des moustiquaires.
En conséquence, on distribue des moustiquaires (action) et on observe
l’évolution du paludisme suite à cette action (monitoring).
2.7 La recherche et méthode expérimentale
La recherche expérimentale établit les relations de causalité entre les
faits à partir des modèles expérimentaux.
Il s’agit pour le chercheur de faire varier un ou plusieurs facteurs ou
variables, et de mesurer les relations de cause à effet.
Dans des telles études dites d’intervention, les chercheurs
provoquent l’exposition à un ou plusieurs facteurs et suivent ensuite les
sujets en étude afin de déceler l’apparition ultérieure de la maladie ou du
changement souhaité.
La recherche expérimentale requiert une expertise permettant une
rigoureuse préparation de l’expérimentation afin d’éviter les nombreuses
erreurs auxquelles cette recherche expose et ainsi permettre
l’exploitation des résultats obtenus.
Elle requiert l’utilisation des matériels et appareils d’observation et
d’analyse de plus en plus sophistiqués actuellement. L’observation est la
clé de la recherche expérimentale.
12

3 LES ETAPES DE LA DEMARCHE SCIENTIFIQUE

3.1 Cycle de la recherche


La recherche scientifique est un processus cyclique qui débute par
l’identification du problème et se termine par la proposition des solutions
qui, à leur tour, peuvent déboucher aussi à d’autres pistes de recherche.
Ceci veut tout simplement dire que la recherche commence par
l’identification d’un problème et l’élaboration des hypothèses et se
termine souvent en présentant d’autres problèmes et même d’autres
hypothèses issus des résultats de la recherche initiale.

3.2 Identification du problème


Un problème est une situation d’insatisfaction négative vécue ou
rapportée et qui impose d’elle-même une solution.
Pour mieux appréhender un problème dans sa globalité il faut d’abord
l’identifier, ensuite connaître son origine et les raisons de son existence,
ensuite l’analyser dans tous ses aspects afin d’en dégager les points
forts et les points faibles.
Toute recherche a pour but de trouver une réponse à une question qui
nécessite une élucidation.
Il ne saurait y avoir de recherche là où aucun problème ne se pose. On
ne peut pas mener une étude tout simplement parce qu’elle intéresse et
croire réaliser une recherche scientifique.
Le chercheur doit identifier, préciser et définir les problèmes et doit se
poser des questions dans le but d’identifier l’origine du problème et ainsi
justifier la pertinence de ses travaux.
3.3 Les sources de problèmes
Plusieurs des questions ou des problèmes dont découleront des
recherches proviennent de la simple observation des faits. Il peut s’agir
13

d’événements de la vie quotidienne ou des faits divers rapportés par l’un


ou l’autre de grands moyens de communication (radio, télévision,
internet, spectacles etc.). Le chercheur doit cerner le problème qui
l’intéresse, doit reformuler une problématique qui semblait déboucher
sur une impasse, doit aussi identifier l’information nécessaire pour la
compréhension d’un phénomène. Cette aptitude fait appel tout à la fois
aux connaissances du chercheur, à son intelligence, à sa perspicacité
ou à son imagination créatrice et bien sûr, à son expérience. En
général, un problème naît à partir d’une insatisfaction, d’un doute, d’un
manque, d’une difficulté, d’une fréquence ou d’une idée originale.

3.4 L’analyse du problème


L’analyse du problème est une étape essentielle qui aide à définir la voie
de la méthodologie à adopter au cours de la recherche scientifique. Il
s’agit d’une des étapes les plus importantes de tout le processus de la
recherche.
On dit souvent en effet, qu’un problème bien défini est à moitié résolu.
Il faut analyser la situation existante en termes de problèmes et des
solutions possibles.
Le problème est pris dans son sens littéral, c’est-à-dire questionnement
et non dans son utilisation comme synonyme de difficulté ou conflit. Il
s’agit d’un problème réel, existant et non imaginaire. Un problème ne se
définit pas en termes de solution (Exemple: le non-respect d’asepsie et
antisepsie), mais comme des faits réels qui pose une certaine
insatisfaction.
Exemple: la mortalité infantile, la diminution de la production agricole,
les conflits interethniques, taux élevé d’infections.
Un problème de recherche scientifique doit revêtir deux caractéristiques
principales :
14

a) Il doit imposer des procédés scientifiques pour sa résolution.


b) Les solutions à ce problème doivent déboucher sur une réponse
qui contribuera de façon significative à l’avancement des
connaissances
Un problème doit être limité et cerné avec précision. Il est préférable de
faire éclater une situation-problème en plusieurs petits problèmes,
même si ceux-ci entrent en interaction, plutôt que d’étudier un problème
trop vaste. En simplifiant le sujet et en le limitant, un chercheur évite les
confusions qui peuvent découler de la complexité d’un problème.
Une première analyse de problème peut en soulever une série d’autres
en cascade et engendrer d’autres analyses.
Le chercheur doit bien définir son sujet pour traiter seulement celui qui le
préoccupe. Quand on ne sait pas exactement ce que l’on cherche, l’on
ne sait pas alors ce que l’on trouve.
L’analyse d’un problème ne peut être menée convenablement que par
des acteurs non impliqués directement dans la situation étudiée.
Le chercheur doit poser un regard neutre et sans parti pris sur les faits et
les personnes lors de ses études afin d’analyser le problème
objectivement.
3.4.1 Les étapes de l’analyse d’un problème
L’analyse d’un problème comprend trois phases :
1. La phase descriptive ;
2. La phase explicative
3. La phase des propositions de solutions
 La phase descriptive décrit les phénomènes qui permettent
l’identification du problème. A cette étape, le chercheur se limite à
la description des faits observés. Pour y arriver il doit se poser des
questions auxquelles il faut trouver des réponses. Ce sont ces
15

réponses qui permettront au chercheur de décrire le problème, de


le définir et de le préciser.
Exemples de questions : Quoi? Qui ? Quand ? Où ? Comment ? Avec
qui ? Combien de fois ? Qu’est-ce que cela évoque ? En quoi cela
diffère-t-il ? A quoi peut-on le comparer ? Quelles sont les oppositions ?
 La phase explicative débute quand le chercheur est en
possession de toutes les informations qu’il juge nécessaire et qu’il
les a sélectionnées et classées. Cette phase a pour but de situer
le problème dans le temps et dans l’espace en le comparant aux
faits antécédents.
Elle a pour but d’identifier les causes du problème. La cause est le
facteur déclenchant d’un fait qui produit un ou plusieurs effets. Un
problème a rarement une seule cause. A cette phase, le chercheur
est donc capable d’établir les relations de cause à effet entre les
phénomènes observés et ceux décrits précédemment. Cependant,
pour qu’une relation de cause à effet soit statistiquement valable, il
faut au préalable avoir écarté les faits hasardeux, les biais de toute
sorte et la confusion.
 La proposition des solutions est l’annonce des hypothèses de
travail et le fondement de l’opportunité de l’étude. A ce stade, les
solutions proposées sont au stade hypothétique et doivent être
soumises à une expérimentation afin d’être prouvées.
Trois sortes de difficultés peuvent être à l’origine de l’insolvabilité d’un
problème. Il convient donc de tenir compte de ces différents aspects
avant de prendre la décision d’étudier un problème
1) Lorsqu’il s’agit d’un problème très vague
2) Lorsqu’un problème soulève des questions trop générales qui
risquent d’entrainer des recherches dont la durée et l’ampleur les
rendent irréalisables.
16

3) L’impossibilité de récolter l’information pertinente soit pour des


raisons techniques, soit pour des raisons déontologiques et
éthiques.
3.4.2 La rédaction d’une problématique
La problématique permet au chercheur d’énoncer le problème à
étudier dans son contexte général, puis graduellement dans son
contexte restreint. Cela exige de recourir à une littérature existante afin
de se rendre compte de ce qui a déjà été fait concernant ce problème et
d’envisager une nouvelle approche. C’est dire que l’on doit exprimer
l’objet d’étude, le définir, l’expliciter.
Il faut présenter le contexte tel qu’il a évolué dans le temps et dans
l’espace et ses conséquences, en l’argumentant avec des statistiques et
des références bibliographiques.
Ensuite, le chercheur doit présenter un état des lieux de la situation
dans le milieu d’étude et faire une brève description des études
antérieures réalisées dans ce domaine pour montrer la spécificité de
l’étude.
Ensuite le chercheur doit formuler des questions sous forme
d’hypothèses autour de l’objet d’étude. Il faudra expliquer pourquoi le
problème présente une opportunité pour qu’il soit étudié.
3.5 Formulation des hypothèses
L’hypothèse est une proposition relative à l’explication des
phénomènes, admise provisoirement avant d’être soumise au contrôle
de l’expérience. C’est une suggestion ou une proposition des faits
observés.
La formulation d’une hypothèse raisonnable et vérifiable constitue la
première étape de la recherche de solution à n’importe quel problème de
santé publique. L’hypothèse prend naissance à partir d’une
problématique.
17

A partir de l’énoncé du problème, le chercheur détermine les pistes


de recherche les plus pertinentes. Il choisit celle qui parait refléter le plus
fidèlement l’aspect du problème qu’il veut étudier
Exemple : Une recherche portant sur l’évaluation de la qualité des
soins, puise sa genèse d’une insatisfaction selon laquelle les malades
se plaignent d’une mauvaise qualité des soins médicaux. L’analyse du
problème permet au chercheur d’exploiter certaines pistes de
recherche dont:
 Les facteurs qui influencent la qualité des soins médicaux;
 Les normes quantitatives et qualitatives des soins médicaux;
 Les comportements des infirmiers ;
 Le type de conception des soins, de management, d’organisation
du service hospitalier;
 Les soins spécifiques des malades et de leur famille.

Au terme de l’analyse des problèmes, des pistes plus précises sont


exploitables à partir des constats relevés qui soulèvent des questions
supplémentaires et qui nécessitent des réponses:
 Y a-t-il un lien entre l’organisation d’un service et la qualité des
soins ?
 La charge de travail est-elle le seul facteur qui influence la qualité
des soins ?
 La tension psychologique des infirmiers vis-à-vis des malades
pour la plupart gravement atteints a-t-elle une influence sur la
qualité des soins.
Au terme de cette période de maturation et après consultation d’une
bibliographie, le chercheur retient l’hypothèse qui lui semble la plus
pertinente face au problème posé. Dans notre cas d’exemple, la qualité
des soins dépend en grande partie de la politique du service hospitalier.
18

Cette hypothèse générale exige une vérification en passant par une


autre formulation des hypothèses secondaires qui sont subsidiaires ou
complémentaires. Pour ce cas précis, ces hypothèses sont les
suivantes :
 Les objectifs poursuivis par l’équipe infirmière et médicale sont-ils
toujours visés
 La conception que le personnel soignant est au service du patient;
 Le personnel soignant participe-t-il à la prise des décisions et aux
responsabilités au sein de l’hôpital.
Toutes ces hypothèses de recherche découlent de la variable « politique
du service ».
L’hypothèse présente toujours un caractère dubitatif. Même quand elle
est formulée à l’affirmative, elle appelle toujours au doute et par
conséquent, une vérification. L’objectif de la recherche est de confirmer
ou d’infirmer une hypothèse car une hypothèse a toujours un caractère
provisoire.

3.6 Objectifs et hypothèses


L’hypothèse est une réponse anticipative à la question de départ, une
solution provisoire au problème qui a motivé la recherche. Le but final du
chercheur est de vérifier ses hypothèses. Les confirmer ou les infirmiers.
Le problème qui a été au départ de la recherche est une situation
négative. Par contre, l’objectif est une situation positive poursuivie et
attendue.
C’est une situation souhaitée. Concrètement, l’objectif exprime la
situation que le chercheur souhaite atteindre à l’issue de l’étude. En
réalisant son étude, le chercheur s’assigne un objectif global et des
objectifs spécifiques.
19

3.6.1 L’objectif global


L’objectif global est une vision qui consiste à déterminer, de manière
globale, la contribution de la recherche à mener pour la résolution du
problème dans son ensemble. La situation négative observée au départ
(problème), permet de définir l’objectif global.
Exemple : Si le problème est le taux élevé des cas de paludisme dans
un milieu, l’objectif global sera défini comme une contribution à la
réduction du taux de paludisme dans le milieu. Pour un travail de
recherche, ce sont souvent les suggestions qui permettent de provoquer
des changements positifs. Contribuer grâce aux suggestions qui
aideront à la réduction du taux du paludisme.
3.6.2 Les objectifs spécifiques
Les objectifs spécifiques doivent être opérationnels et traduisent l’action
à mener. Les objectifs spécifiques se définissent en rapport avec les
hypothèses de recherche.
Si notre objectif global est la contribution à la réduction du taux de
paludisme dans un milieu, il importe d’énumérer certains faits objectifs
qui sont à la base de ce taux élevé du paludisme afin de fixer les
objectifs spécifiques.
Dans ce cas, nous pouvons noter en exemple :
 La pullulation des anophèles vecteurs
 Le non utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticides
(MII)
 L’absence des traitements rapides en milieu hospitalier
 Le manque des antipaludiques dans les milieux sanitaires ruraux
 L’automédication
 La présence sur le marché des faux antipaludiques
 L’exode rural en milieu urbain et la présence des réfugiés
 Etc.
20

A partir de ces éléments, le chercheur peut cibler les points clés pouvant
aider à réduire le taux du paludisme en rapport avec les moyens dont il
dispose et la faisabilité. Ainsi il pourra formuler ses objectifs spécifiques
de la manière suivante :
1) Sensibiliser la population pour la destruction des flaques d’eau aux
alentours des habitations
2) Distribuer les MID dans les ménages et sensibiliser pour leur
usage
3) Distribuer des antipaludiques de bonne qualité dans les milieux
hospitaliers
4) Etc.

3.7 Le cadre conceptuel


On appelle cadre conceptuel, l’ensemble des concepts, des
connaissances et des théories qui ont un rapport quelconque avec le
sujet de recherche. Ces éléments d’habitude théoriques servent de
repère et constituent un idéal à atteindre à travers les hypothèses et les
objectifs qui s’en dégagent.
L’importance d’un cadre conceptuel dans la recherche scientifique
est que:
1) le cadre conceptuel oriente et enrichit la problématique grâce au
dégagement des hypothèses. Au début de la recherche, le cadre
conceptuel a une fonction d’organisation, dans le sens où il oriente la
démarche de la pensée et la logique des différentes étapes.
2) Au cours du travail, le chercheur teste la validité de la recherche en
se référant au cadre conceptuel qu’il a bâti.
3) Dans les dernières étapes, le cadre conceptuel est indispensable
pour évaluer les résultats. Ce sont les éléments du cadre conceptuel,
21

qui sont les normes qui permettent la discussion et l’interprétation des


résultats.
La constitution du cadre conceptuel est réalisée à partir des éléments
contenus dans l’hypothèse. Chaque rubrique de l’hypothèse fait l’objet
d’une recherche bibliographique puis d’une analyse.

4 LA METHODOLOGIE DANS LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Il ne peut y avoir de recherche sans méthode. La méthode souvent sert


à mettre en forme l’enchainement des faits, des concepts, des
hypothèses. Les résultats d’une recherche valent ce que vaut la
méthode utilisée pour trouver ces résultats. En guise de rappel, la
méthode est une démarche, une procédure utilisée pour récolter
l’information ou les données nécessaires à la vérification des
hypothèses pour aboutir à la solution du problème qui fait l’objet d’étude.
Plusieurs méthodes sont utilisées dans la recherche scientifique et les
enquêtes. Ces méthodes, différent les unes des autres selon les
disciplines, l’objet de la recherche et la démarche utilisée, sont souvent
utilisées ensembles. Par exemple dans une étude expérimentale, le
chercheur utilisera des méthodes expérimentales qui nécessitent une
observation parfois systématique ou aléatoire.
Tenant compte des méthodes les plus usuelles, nous pouvons citer les
méthodes les plus utilisées dont :
1. La méthode rétrospective
2. La méthode prospective
3. La méthode d’enquête
4. La méthode d’observation
5. La méthode clinique
6. La méthode randomisée double aveugle
22

7. La méthode descriptive
8. La méthode expérimentale

4.1 Méthode rétrospective


La méthode rétrospective utilise les données et renseignements
antérieures sur un sujet précis afin d’en dégager des faits utiles ?
Ces données rétrospectives peuvent être à la base des nouvelles
hypothèses ou constituer le fondement des nouvelles décisions ou
résolutions ou recommandations.
Des telles études sont courantes en santé publique pour étudier
l’évolution des problèmes sanitaires au cours des années passées, afin
de les comparer aux circonstances actuelles.

4.2 Méthode prospective


La méthode prospective quant à elle, part des faits inconnus et à partir
des hypothèses, elle s’applique à rechercher des indices d’un élément à
la base d’un problème actuel.
Une recherche prospective est limitée dans le temps et dans les lieux.
Cependant elle peut porter sur plusieurs années comme c’est le cas
pour la pharmacovigilance qui prospecte la détection des effets néfastes
d’un nouveau médicament déjà lancé sur le marché.

4.3 La ou les méthodes d’enquête


L’enquête vise à obtenir un complément d’information sur des problèmes
spécifiques à une collectivité ou une organisation.
Les enquêtes portent souvent sur des personnes ou sur le
fonctionnement d’institutions ou des services. L’enquêteur fait usage de
divers outils pour la récolte des données sur le terrain auprès des
enquêtés.
23

La méthode d’enquête utilise souvent les techniques de la recherche


descriptive afin de décrire des situations notamment :

4.3.1 Le sondage
Le sondage est une investigation discrète et rapide qui a pour but de
recueillir les avis et les opinions d’une population très vaste à un
moment donné. Il s’agit d’une technique d’enquête ponctuelle. Les
enquêtés émettent un avis sans avoir à l’argumenter.
4.3.2 L’entretien ou interview
L’entretien ou l’interview est une technique d’enquête au cours de
laquelle le chercheur ou l’enquêteur se retrouve face à face avec
l’enquêté dans le but de recueillir ses avis sur une situation qui intéresse
le chercheur.
L’entretien peut être libre, direct ou semi-direct.
1) Au cours d’un entretien libre, le chercheur propose un thème à un
groupe qui doit s’exprimer librement suivant une procédure établie
ou pas. L’enquêteur attend et note les réactions au sein du
groupe. L’enquêteur doit faire preuve d’une grande qualité
d’écoute (cfr Discussion de groupe).
2) Lors d’un entretien direct, le chercheur se trouve face à l’enquêté
et lui pose des questions orales auxquelles l’enquêteur répond.
3) L’entretien semi-direct ou centré a pour but de recueillir auprès
d’une ou plusieurs personnes, l’information la plus complète
possible sur un sujet précis. Il s’agit d’introduire des thèmes sous
forme de questions ouvertes sur le sujet d’enquête, afin de
recueillir des avis.
24

4.3.3 Le questionnaire
Le questionnaire est une série de questions écrites et méthodiquement
agencées en vue d’obtenir une information précise.
Il a pour objet d’amener les personnes enquêtées à s’exprimer sur un
sujet sans avoir recours à une autre relation personnelle pouvant
influencer leurs avis.
C’est pourquoi le questionnaire avec réponse anonyme favorise
l’objectivité des résultats.
Le questionnaire n’est pas une liste désordonnée de questions. Dans un
questionnaire, les sujets (items) sont délimités, classés et organisés
suivant une logique de sorte que les réponses recueillies soient
exploitées complètement et sans équivoques.
On distingue le questionnaire oral du questionnaire écrit.

4.3.4 Les types de questions


Il existe deux types de questions, à savoir : les questions ouvertes et les
questions fermées.
a) Une question ouverte est celle qui permet à l’enquêté de présenter
ses avis à sa guise et dans un ordre qu’il juge lui-même utile sans
être interrompu par l’enquêteur. L’enquêteur reçoit les informations
en désordre et c’est à lui de les démêler afin d’en tirer l’essentiel.
Parfois l’enquêteur est obligé de poser des sous-questions ou
d’expliciter sa question pour mieux circonscrire les réponses. Il s’agit
du type des questions suivantes : Que pensez-vous de ? Que savez-
vous de ? D’après vous ? Qu’est qui s’est passé ? Comment vous
sentez-vous ?
b) Une question fermée est celle qui ne donne pas à l’enquêté
l’occasion de fournir une réponse autre que celle attendue et prévue
par l’enquêteur. Ce sont des questions qui peuvent être précédées
25

par une longue introduction mais aboutissent à une question sèche et


brève.
Il s’agit du type des questions suivantes : Le VIH/SIDA est une
maladie infectieuse transmise par virus lors des relations sexuelles,
ou de la transfusion sanguine non contrôlée, ou par des échanges
des aiguilles non stérilisées. Oui ou non ? Quel est votre âge ? Votre
sexe ? Le paludisme sévit plus dans quel continent ?
4.3.4.1Le questionnaire oral
Un questionnaire est composé d’une série de questions que
l’enquêteur doit poser oralement à des personnes différentes et
enregistrer lui-même les réponses. Dans ce cas, il s’agit d’un
questionnaire oral direct.
Il est indirect lorsque l’enquêteur ne remplit pas les formulaires lui-
même, mais laisse cette tâche à l’enquêté.
On se sert souvent du questionnaire oral quand une bonne partie
de l’enquête porte sur des renseignements qui doivent être recueillis
auprès de la population ou comporte des questions d’opinion ou
d’attitude à poser aux enquêtés.
Le questionnaire oral revêt des avantages et inconvénients. Le
questionnaire oral a l’avantage d’être un moyen relativement simple pour
collecter des données et l’inconvénient de présenter de nombreux
problèmes de fidélité et de validité.
Ces problèmes proviennent essentiellement des 4 facteurs :
1) Souvent les enquêtés ne réfléchissent pas suffisamment aux sujets
sur lesquels ils doivent fournir des renseignements ou des
jugements ;
2) Les enquêtés peuvent ne pas comprendre les questions de la même
façon, surtout si les questions ont été mal formulées ou comportent
des termes vagues ou équivoques ;
26

3) La présence de l’enquêteur, la formulation et la présentation des


questions risquent d’exercer une influence sur les réponses données
par les enquêtés ;
4) La technique du questionnaire peut individualiser les acquêtés alors
que dans leur contexte social, ils n’ont pas l’habitude de parler, ni de
divulguer des renseignements à un étranger sans l’aval du groupe.
Cette approche risque d’être très peu productive si elle n’est pas
doublée d’une méthode plus collective.
5) Par contre, la présence d’un autre membre du groupe à enquêter
peut influencer l’enquêté qui risque de donner une réponse plus
complaisante pour le groupe, mais qui n’exprime pas sa propre
volonté.
C’est pour cette raison que pour certaines enquête, il est conseillé
d’isoler l’enquêté afin qu’il dise clairement ce qu’il pense dans la
logique de l’anonymat des informations reçus.
Toutefois il faut faire très attention car l’isolement des femmes (quand
l’enquêteur est un homme) ainsi que l’isolement des hommes (quand
l’enquêteur est une femme) dans certains milieux et certaines
cultures peut provoquer des conflits dangereux pour l’enquêteurs et
l’enquête.

4.3.4.2Le questionnaire écrit


Le questionnaire écrit est diffusé directement par l’enquêteur, c’est à
dire, remis aux enquêtés (ou envoyé par la poste, etc.) qui doivent le
remplir.
Le questionnaire écrit est une série de questions auxquelles l’enquêté
répond par écrit en remplissant le formulaire correspondant.
Un questionnaire écrit comporte certains avantages et désavantages par
rapport à un questionnaire oral.
27

a) Il permet de toucher un grand nombre de personnes avec un


minimum de dépenses et d’effort.
b) Il ne peut être utilisé qu’auprès des personnes alphabétisées, qui
ont en plus l’habitude de remplir de tels formulaires.
c) Il doit rester relativement bref et simple, car la plupart des
destinateurs n’ont pas la patience de remplir correctement des
nombreuses pages de questions qui nécessitent beaucoup de
réflexion ou des renseignements spécialisés.
d) Le questionnaire écrit est aussi exposé aux mêmes problèmes de
fidélité et de validité que le questionnaire oral au cours d’une
enquête.
e) Il est possible de combiner un questionnaire oral et un
questionnaire écrit au cours d’une enquête.
4.3.5 Discussion de groupe
La discussion de groupe revêt de grandes qualités dans les situations
où seule une réflexion collective peut établir le diagnostic des problèmes
sociaux et assurer l’adhésion de tout le monde aux solutions proposées.
C’est le cas surtout pour les projets de développement où il faut associer
toutes les couches de la population.
L’utilisation de cette méthode exige une bonne connaissance des
habitudes du milieu social. Dans ce cas, l’enquêteur doit à l’avance
préparer un document qui décrit en détail les actes à poser, par qui, à
quel moment et comment.
Il s’agit d’un guide technique d’entretien qui précise la façon dont le
groupe doit être réuni, les personnes qui y participent, les sujets à
aborder, le rôle que l’enquêteur doit jouer, les méthodes pour
encourager la participation de chacun dans le groupe, etc.
Au cours des discussions de groupe, souvent le problème se pose
au niveau de l’enregistrement des résultats et des informations, car
28

chacun dans le groupe s’exprime de manière spontanée. Il est


pratiquement difficile d’imposer l’ordre et la discipline à un groupe au
départ organisé coutumièrement.
Tout comme dans une telle discussion, il est difficile de recueillir les
avis des groupes discriminés dans certaines sociétés, notamment les
femmes, les handicapés, les jeunes adolescents, etc.
Pour être certains de ne pas escamoter certains avis et noter
l’essentiel, il convient que :
 Deux enquêteurs assistent à cette discussion car au moment où l’un
note les avis de chacun dans le groupe, l’autre s’occupe des scènes,
de la chronologie et de coder les intervenants. Malheureusement,
dans ce cas précis, la présence des enquêteurs peut détourner
l’attention des participants et perturber les esprits.
 Au mieux, l’enquêteur peut enregistrer l’intégralité de la discussion
sur bande magnétique et même sur caméra vidéo.
Cela permet de revivre la discussion du groupe dans la discrétion et
d’épingler les points les plus intéressants pour l’enquête. Les
enquêtés doivent donner leur accord pour l’enregistrement.
 L’enquêteur peut décider de ne prendre des notes qu’après la séance
de discussion, avec le risque d’oublier certains détails utiles. Ceci est
à déconseiller.
 Il convient de doubler une discussion de groupe avec un entretien
avec certains membres du groupe qui peuvent avoir des retenus
devant ce groupe mais qui peuvent fournir des renseignements utiles
lorsqu’ils sont isolés.
C’est le cas des personnes discriminés. Cependant il faut faire très
attention car pour certaines sociétés, l’enquêteur n’a pas le droit de
parler à un adolescent ou adolescente, à une femme mariée ou pas à
29

l’écart et en privé. Cela peut même être à l’origine de l’arrêt et de la


délocalisation d’une l’enquête.

4.4 Méthode d’observation


L’observation est la constatation des faits tels qu’ils se produisent
naturellement sans que le chercheur intervienne pour le cours normal
des phénomènes. Pour la méthode d’observation, on distingue :

a. L’observation non participative


Le chercheur observateur qui doit être étranger à la situation, note les
éléments qui l’intéressent, sans influencer les observés.
Une telle situation est souvent difficile car la seule présence d’un
élément étranger suffit pour modifier le comportement habituel des
enquêtés. L’utilisation des caméras vidéo corrige ces erreurs, quoique
sa présence, lorsqu’elle est signalée peut aussi inhiber certains
comportements.

b. L’observation participative
Dans ce cas, l’observateur partage la vie et/ou les activités des
personnes observées. C’est une méthode formative qui permet de
motiver et de faire agir les personnes impliquées dans la situation.
En quelque sorte, l’enquêteur s’intègre dans le groupe à observer et
note les faits qui l’intéressent. Cette méthode est très efficace mais
exige un séjour assez long dans le milieu afin de permettre une vrai
intégration et une acceptation de la part de la population. Cette
méthode est surtout utilisée en sociologie où le chercheur est obligé
d’apprendre et de parler la langue des enquêtés.
c. L’observation continue
30

On observe pendant un temps déterminé des unités, sur un poste


d’observation ou en mouvement, une ou des personnes, en relevant
de façon systématique tout ou une partie de leurs activités.
Ces types observations nécessitent parfois des appareillages qui
peuvent enregistrer les faits observés durant une longue période
sans interruptions et interférence. C’est le cas des caméras vidéo
utilisés amplement dans beaucoup de sciences humaines, en
sciences appliquées, en sciences naturelles et en sciences
biomédicales.

d. L’observation instantanée
Cette technique a pour but de mettre en évidence certains aspects
d’une activité ou d’un travail complexe avec un maximum d’objectivité
dans une période ou temps très bref.
L’observateur enregistre à intervalles réguliers l’activité de là où des
personnes qu’il observe en la codifiant sur une grille d’observation.
Dans certains cas, l’usage d’un appareil photo est recommandé, tout
en sachant qu’il est mal supporté de la part des personnes
observées.
La photo une technique sûre et simple qui garantit une certaine
objectivité des résultats. Elle donne une idée de la nature des
activités. Cependant il faut faire très attention aux montages
photographiques dont un chercheur digne ne peut en aucun cas faire
usage.

e. Les grilles d’observation


Avec les grilles d’observation, l’enquêteur se passe de toute information
verbale de la part de la population qui fait l’objet de l’enquête.
31

Il saisit directement les phénomènes intéressants. Par exemple, pour


l’évaluation de la qualité des soins, certaines grilles d’observation
obligent l’enquêteur de compter le nombre de fois que l’infirmier
accomplit tel geste.
La grille d’observation peut être aussi utile dans l’évaluation des
performances. Sur une grille d’observation, on peut parfois se limiter à
décrire un certain nombre d’aspects ou phénomènes (approche
qualitative) ou donner une appréciation exacte parfois chiffrées des
caractéristiques (approche quantitative).
Aussi, il est possible d’utiliser à la fois l’approche qualitative et
quantitative sur une même grille d’observation. Dans ce cas, Il faut au
préalable déterminer les critères (éléments d’observation).
Un exemple d’une grille d’observation qui présente 9 règles
d’asepsie et d’antisepsie à respecter pour le service de chirurgie,
particulièrement pour la salle d’opération est donné par le tableau
suivant :

Règles à respecter Oui No


n
1. Respect du temps pour le brossage des mains
2. Aseptisation de l’équipe chirurgicale
3. Stérilisation stricte du matériel avant l’intervention
4. Réduction au maximum des entrées et des sorties du
personnel ou spectateurs au cours de l’intervention
5. Port d’une tenue spéciale pour ceux qui pénètrent dans
la salle d’opération au cours de l’intervention
6. Règlementation stricte du sens de circulation du
personnel en salle d’opération
7. Fermer toutes les portes et les fenêtres donnant accès à
32

la salle d’opération
8. Nettoyage et aseptisation de la salle d’opération après
l’intervention
9. Nettoyage et stérilisation du matériel après l’intervention.

L’enquêteur utilise cette grille chaque fois qu’il y a une intervention


chirurgicale afin de récolter les informations utiles pour sa recherche
pendant la période de son étude.

4.5 La méthode clinique


La méthode clinique est basée sur l’observation clinique
traditionnelle en médecine. Elle est pratiquée la plus part de fois au
chevet du malade et à l’hôpital, plus rarement sur terrain.
Elle poursuit un but pratique, celui d’émettre un jugement ou un
diagnostic sur les plaintes d’un patient, et faire une prescription médicale
pour une thérapie visant à guérir ou soulager le patient.
La méthode clinique utilise l’anamnèse qui est la connaissance du
passé du patient, grâce aux documents personnels du patient, aux
déclarations et plaintes du patient, aux examens et consultations du
médecin et aux résultats des examens de laboratoire.
Le clinicien doit être rigoureux, dans l’observation et l’interprétation
des faits. La méthode clinique englobe les études cas, cas-témoins,
cohorte et les essais cliniques, en tenant compte des particularités de
chacune.

4.6 La méthode randomisée double aveugle


La méthode randomisée double aveugle (double blind), est surtout
utilisée dans les études cas-témoins et consiste à enquêter sur deux
groupes d’échantillons d’une grande population dont un groupe sera
33

soumis aux variables à étudier tandis que l’autre servira de contrôle afin
de vérifier ce qui sera observé sur le groupe cible.
Dans le cas d’exemple précis des essais cliniques du stade III, le
médicament nouveau est comparé à un médicament de référence bien
connu.
Le côté double aveugle consiste au fait que d’un côté les enquêtés ne
doivent connaître quel médicament ils prennent, et de l’autre côté, le
médecin ne doit pas non plus savoir quel médicament il administre.
Ces précautions sont prises dans le but de minimiser les erreurs (biais)
qui pourraient dangereusement interférer sur l’interprétation des
résultats.

4.7 La méthode descriptive


La méthode descriptive est basée sur le principe de procéder à une
description minutieuse des faits observée. De ce fait cette méthode
découle de la méthode d’observation qui elle implique la description des
faits. Les détails ont été exposés dans la rubrique « études
descriptives ».

4.8 Méthode expérimentale


La méthode expérimentale est basée sur la latitude donnée au
chercheur de pouvoir changer les différents variables en fonction de
l’orientation de ses recherches qu’il effectue à titre d’essais.
Les résultats issus d’une telle méthode, s’ils sont probants et s’ils
respectent les normes peuvent alors être extrapolées.
En sciences naturelles, biomédicales et pharmaceutiques, des telles
recherches peuvent se passer au laboratoire ou sur terrain, sur modèle
animal ou humain selon le besoin. Les détails ont été exposés dans la
rubrique « recherche ou méthode expérimentale».
34

5 LA RECOLTE DES DONNEES

Lors une recherche scientifique, les informations sont récoltées


auprès d’une population.
Par population il faut éviter de penser toujours à une population
humaine. Plusieurs troupeaux de gazelle dans un parc national
constituent une population tant que ces troupeaux vivent dans des
conditions comparables.
Ainsi il existe de population des plantes, des personnes vivant avec
le VIH etc. Des lots de comprimés provenant des fabriquant différents et
dont on doit analyser sont aussi des populations.
Du concept population découle la notion d’échantillon qui est
l’ensemble d’individus tirés d’une population et qui servent de support
pour la vérification de l’hypothèse.
5.1 Le pré-test ou pré enquête
Pour se rassurer de la validité de l’instrument de recherche, de la
faisabilité de l’enquête, il requiert de réaliser une enquête préliminaire
« pré-test » en vue de corriger les éventuelles erreurs.
Cette technique consiste à essayer sur un échantillon réduit, les
questionnaires ou techniques opératoires prévus pour effectuer
l’enquête.
Si l’on a des doutes sur telle ou telle variable, ou sur le rendement de
telle technique, on explore de manière limitée le problème à étudier
avant de préciser définitivement ses objectifs.
Ce travail comporte d’habitude plusieurs phases notamment :
1. D’abord, on soumet la conception à l’appréciation des collègues qui
ont de l’expérience dans le domaine de la recherche pour en faire la
critique. Sur base de leurs suggestions, on fait une première
correction;
35

2. Ensuite, on fait un premier essai à un petit groupe de personnes qui


présentent les mêmes caractères que les personnes à enquêter.
Après l’essai, on discute avec eux pour essayer de mettre le doigt sur
les parties difficiles ou floues;
3. Puis on soumet l’enquête ainsi corrigé à un essai sur le terrain ou
dans un contexte très semblable à celui qu’on veut enquêter. Après
cet essai, on discute du déroulement avec les enquêtés pour recueillir
leurs impressions ;
4. Enfin, on étudie les résultats de ce pré-test pour le remanier et
l’affiner, et passer enfin à sa reproduction.

5.2 L’échantillonnage
Il est toujours souhaitable de récolter les données auprès d’une
population dans sa totalité. Malheureusement, il n’est pas souvent
possible.
Quand une population est restreinte, elle peut être observée dans sa
totalité.
Par contre lorsque une population est importante, ou lorsque le
chercheur ne dispose pas de moyens matériels et financiers suffisants
pour mener l’étude, ou lorsque le temps est très restreint ; il est amené à
n’étudier qu’un échantillon de la population.
C’est pour cette raison que le chercheur est obligé de récolter les
données auprès de quelques éléments de la population, et qu’on appelle
«échantillon».
Echantillonner, c’est choisir un nombre limité d’individus, d’objets
ou d’événements dont l’observation permet de tirer des conclusions
(inférences) applicables à la population entière (univers) à l’intérieur de
laquelle le choix de l’échantillon a été fait.
36

Cet échantillon doit être représentatif, c’est-à-dire qu’il doit


posséder dans la mesure du possible, toutes les caractéristiques de la
population dont il est tiré.
L’échantillon tout comme la population, est constitué d’individus qui
servent de support pour la vérification des hypothèses.
Une population ou un échantillon est étudiée en fonction du ou des
caractères que l’on cherche à observer ou à mesurer sur chacun des
individus qui la compose.
Le choix de la technique d’échantillonnage est déterminé par les
facteurs suivants:
1) La taille de la population à étudier ;
2) La structure de cette population ;
3) Les objectifs de la recherche ;
4) Le degré de précision souhaité pour les résultats à obtenir;
5) Le temps et les ressources dont on dispose.

Il existe deux types fondamentaux de techniques d’échantillonnage :


1) L’échantillonnage basé sur la probabilité ;
2) L’échantillonnage non basé sur la probabilité.

5.3 Le rôle des biais dans la récolte des données


Un biais est une situation qui témoigne d’un certain manque de
droiture dans une démarche scientifique à n’importe quel niveau, depuis
la conception jusqu’à l’interprétation des résultats et aux conclusions.
Dans tous les cas, le chercheur doit toujours envisager la possibilité
qu’un biais pourrait s’introduire dans ses recherches afin de les éviter à
chaque étape. Les quelques exemples de biais ci-dessous démontrent
l’importance des biais dans la recherche.
37

5.3.1 Le biais de sélection


Le biais de sélection arrive lorsque certains individus qui ne devaient
pas être inclus dans une enquête sont sélectionnés soit par erreur de
sélection, soit en remplacement de ceux qui ont désisté ou dont on a
perdu de vue.
Le biais de sélection peut aussi être introduit lorsqu’on définit mal les
critères d’inclusion en ne délimitant pas clairement les caractéristiques
de l’échantillon.
Le biais de sélection se remarque plus tard par un taux de réponse peu
élevé ou disproportionné.
Ceci influence énormément l’évaluation des données et l’interprétation
des résultats, et par conséquent la conclusion.

5.3.2 Le biais des questionnaires


Une mauvaise question, c'est-à-dire une question floue, ambigüe et
suggestive entraine une mauvaise réponse qui en fin de compte s’écarte
de l’objectif d’une enquête scientifique, celui de connaître l’inconnu.
C’est le genre des questions dont le contenu suggère déjà une réponse
attendue. Dans un tel cas, l’enquêteur fausse la question car il ne reçoit
plus la réponse de l’enquêté mais sa propre réponse.
C’est le type des questions suivantes : N’est-il pas vrai que ? Ne
pensez-vous pas aussi que ? Lorsqu’on vole on court le risque d’être
arrêté, vous est-il arrivé de voler ? Le chercheur doit donc formuler son
questionnaire avec beaucoup d’attention en analysant soigneusement
chaque mot de la question afin d’y déceler le moindre indice d’un biais.
5.3.3 Le biais d’observation
Lorsque le chercheur observe un événement, sa présence peut
provoquer un changement qui ne serait pas survenu à son absence, de
sorte qu’il risque d’interpréter faussement les événements observés.
38

Une information fournie par un enquêté sur une situation qu’il a vécu,
sera influencée par ses connaissances intellectuelles et sa propre
capacité d’interprétation de sorte que l’information qu’il vous donnera ne
sera pas exactement la même qu’une autre personne de niveau
intellectuel différent.

5.3.4 Le biais dû aux « perdus de vue »


La principale source de biais dans les enquêtes impliquant un certain
nombre de personnes au sein d’une population, est liée à la nécessité
de suivre les individus pendant un certain temps jusqu’à la fin de
l’enquête.
Un certain nombre de sujets sera perdu de vue à la fin de l’étude.
Si leur proportion est importante, variant entre 30 et 40%, des sérieux
doutes planeront sur la validité des résultats de l’étude.
Les facteurs responsables de ces pertes de vue étant
extrêmement difficiles à cerner, la meilleure méthode pour éliminer ce
type de biais est de maintenir leur taux le plus bas possible grâce à une
bonne sélection d’individus et d’une liste de réserve dans laquelle le
chercheur peut puiser en cas de remplacement.
D’habitude, dans toute sorte d’étude impliquant la population,
seule une certaine proportion de sujets sélectionnés acceptent de
participer à l’étude, et un nombre d’entre eux n’arrive pas à la fin et se
classe parmi les perdus de vue.

5.3.5 Le biais de mémoire


Lorsque l’on mène une enquête sur des faits survenus après un
laps de temps assez long, les enquêtés ont tendance à oublier ce qui
s’était passé exactement et racontent ce qui leur viennent dans la tête
au moment de l’enquête.
39

D’autres personnes comme les accidentées ou les victimes des


violences, encore sous l’effet du choc sont incapables de se faire une
idée de la scène du drame. Les témoins, même nombreux sur les lieux
racontent le déroulement des événements chacun à sa manière.
5.4 Quelques considérations déontologiques sur les enquêtes
Tout processus d’enquête, de par sa nature, risque d’avoir un coté
oppressif et autoritaire.
Vu d’un certain angle, on « soutire » aux enquêtés des renseignements
concernant des aspects de leur vie qu’ils n’avaient peut-être pas envie
de dévoiler pour s’en servir d’une manière qu’ils peuvent ne pas
comprendre ni approuver entièrement.
Le chercheur a la responsabilité morale de placer son travail sous le
signe du respect de la personnalité et de la dignité humaine de ses
interlocuteurs. Il doit tenir compte de ces principes et de la définition des
méthodes d’approche pour l’investigation sur le terrain.
L’enquête n’est pas simplement un dispositif de collecte des données. Il
définit une démarche et un style d’interaction et de dialogue avec les
gens.
En confectionnant une enquête, il faut réfléchir aux rôles respectifs de
l’enquêteur et de ses interlocuteurs.
L’idéal serait de concevoir l’enquête non pas comme un procédé
technique à faire passer aux gens mais comme le plan d’une recherche
qu’on entreprend avec eux.
L’enquête doit être empreint d’un grand respect pour les enquêtés en
tant qu’égaux et concitoyens ainsi que d’une haute morale
professionnelle.
5.5 Quelques conseils pratiques pour les enquêtes sur terrain
1) Le statut d’étudiant comme enquêteur vous procure des nombreux
avantages pour mener une enquête. L’étudiant rasure et les gens
40

veulent vous rendre service et vous aider car vous n’êtes pas
socialement menaçant, mais plutôt un apprenti. Ils vous pardonneront
facilement certaines erreurs. Il faut donc en profiter en usant de ce
statut d’étudiant pour mener des enquêtes là où d’autres
échoueraient.
2) Lorsque vous menez une enquête, vous êtes parfois obligé de
quitter votre milieu habituel (famille, amis, etc.), vos activités et
horaires ordinaires. Pour vous adapter à cette nouvelle situation,
vous allez devoir changer de peau, c’est-à-dire changer d’activités,
changer les règles de politesse, changer les relations et les horaires
ainsi que les conditions de vie, pour aller vivre durant une période
relativement longue dans un milieu d’autre culture ou tout simplement
rural différent du vôtre.
3) Lorsque vous êtes obligé de quitter votre lieu habituel afin de mener
une enquête durant une période relativement longue au sein d’une
population, population qui peut être différente de la vôtre sur le plan
social, économique et culturel, vous devez vous mettre en situation
d’apprentissage et user de toutes sortes de moyens pour vous
faire accepter. La meilleure façon est de se transformer en membre
de cette communauté et participer à ses activités sans exagération.
Par exemple vous pouvez participer à la construction d’une classe,
jouer de la musique, bref, se rendre utile.
4) Il faut arriver à faire comprendre à vos proches (membres de
familles), que vous avez besoin d’isolement, de calme, de
concentration et que vous devez impérativement être dedans pour
bien faire le terrain. Ceci lorsque vous devez mener l’enquête loin de
votre lieu habituel et sur un sujet impliquant les attitudes de la
population.
41

5) L’enquêteur regarde et voit des choses qu’il n’aurait peut- être pas dû
voir. C’est lui qui pose parfois des questions embarrassantes, c’est lui
qui donne aux enquêtés l’impression de s’ingérer dans ce qui ne le
concerne pas et surtout dans leur vie privée. De ce fait cela peut être
à l’origine de son rejet suite aux conflits que sa présence
engendre.
6) L’enquêteur est parfois conduit, par la force des choses, à discuter
d’égal à égal avec des personnes d’âge et de statut très différent de
lui. Ces personnes ayant une vie professionnelle et sociale différente
et plus expérimentées que l’enquêteur étudiant peuvent vous
intimider. Alors vous devez respecter les convenances et éviter
des conflits dans l’intérêt de l’enquête. Il faut savoir encaisser.
7) Ne dites jamais que vous observez car on vous traiterait d’espion et
de voyeur. Tout comme il ne faut pas dire que vous enquêtez car on
vous traiterait à tort de policier. Dites plutôt que vous faites un
travail d’étudiant en présentant l’appartenance à une institution
universitaire. Jouez le plus franc jeu possible en faisant confiance à
vos enquêtés pour qu’ils vous fassent confiance à leur tour. Ne les
craignez pas, ils ne vous craindront pas.
8) Les questions matérielles de l’enquête doivent être réglées car
elles sont fondamentales. Pas de bonne enquête sans un minimum
de confort comme conditions de travail. Il faut régler le problème de
logement, de transport, de restauration, de communication et de
soins de santé. Loger chez un des habitants peut rassurer
l’enquêteur mais comporte le désavantage de vous écarter d’autres
membres de la population qui n’ont pas des bonnes relations avec
votre locataire. Aussi, votre liberté tant de travail que de loisir est
limité car centré sur le programme de votre locataire. Ainsi il est
recommandé d’avoir un logement décent personnel sur place.
42

Lorsque les distances à parcourir sont énormes, un moyen de


transport motorisé est indiqué.
9) Lorsque vous vous présentez, vous devez décliner votre nom et
votre qualité, justifier votre présence, afin de désamorcer les
soupçons inhérents à votre présence dans le milieu. Vous devez offrir
une image présentable et supportable pour vous et pour vos
interlocuteurs.
Restez vous-même, ne vous déguiser pas en paysan croyant ainsi
vous faire accepter. Ayez une tenue digne, pas exubérante ni trop
négligée. N’allez pas interviewer un ouvrier en costume trois pièces
et ne vous rendez non plus au siège de l’évêché en jeans troués.
Vous devez connaître d’avance et vous adapter aux normes du
milieu. Si votre présentation ne correspond pas à celle que vos
interlocuteurs attendent, si elle les heurte ou les choque, ils seront
moins disponibles pour vous aider dans l’enquête, ils marqueront une
réticence pour collaborer.
Il est parfois impoli d’être mal habillé tout comme il est impoli d’être
trop bien habillé, tout dépend des milieux et des circonstances.
10)Faites attention en priorité à la question de ponctualité, de temps
et d’horaire. Il faut toujours être à l’avance par rapport au temps
prévu.
Ne vous faites jamais attendre. En cas de problème de temps dans
un rendez-vous où on vous attend, ayez la précaution d’annoncer ce
petit retard et surtout de vous faire pardonner dès que vous êtes sur
les lieux.
11)Votre enquête peut avoir des difficultés que vous ne maîtrisez pas
dès le départ, l’enquête se bloque ou s’enlise. Ces difficultés peuvent
ne pas provenir de votre manque de savoir-faire ou de votre
43

inexpérience sur le terrain, mais causées par d’autres raisons que


vous ne connaissez pas encore.
Ne vous découragez pas, prenez votre temps, ne faites pas du
forcing mais analysez les raisons du blocage. Ne vous culpabilisez
pas et n’incriminez pas le sort. Si malgré vos efforts les difficultés
demeurent, il faut interrompre momentanément et faire le point avec
votre directeur de recherche. Peut-être qu’il faudra changer de sujet
si la situation est complètement bloquée.
12)Les clivages, les conflits et les antagonismes dans le milieu peuvent
embarquer l’enquêteur dans ces luttes. Vous pourrez difficilement
pénétrer les autres groupes rivaux si vous vous alliez à un groupe.
Eviter de prendre part aux conflits et essayer de garder la
neutralité pour l’intérêt de l’enquête. N’affichez pas l’appartenance à
un parti politique pendant les enquêtes et évitez des débats politiques
qui peuvent dégénérer et vous faire ficher.
13)Essayer d’éviter les importuns et les personnes qui veulent se faire
voir et qui peuvent vous donner des fausses informations ou troubler
le déroulement de vos enquêtes.
14)Les enquêtés s’attendent toujours à répondre à un petit
questionnaire de manière brève et superficielle. Ils vous demanderont
le temps que votre entretien prendra pour ne pas interférer avec leurs
activités. Montrez que vous voulez discuter avec eux d’un
problème qui les intéresse et qui nécessite leur avis peu importe le
temps. Surtout montrer que vous faites un vrai travail qui leur est utile
et qui devra être sanctionné et coté, et qu’un rapport de recherche
auquel les enquêtés auront accès sera établi. Demandez au besoin
un rendez-vous avec celui que vous devez interviewer en tenant
compte de son temps et du moment où il sera disponible. Evitez de
44

prendre des rendez-vous très éloignés dans le temps et proposez


une date très proche.
15)Certaines personnes choisies dans votre enquête pourront refuser
de collaborer et d’être interviewer. Les raisons de ces refus, du reste
justifiées, peuvent être dues à la position sociale des enquêtés, à la
perception de votre enquête, à votre appartenance à tel ou tel autre
groupe social, aux faits que certains enquêtés ont quelque chose à
cacher et n’ont aucune envie de se faire découvrir, aux enquêtés qui
ne se sentent pas légitimes pour parler d’un problème d’intérêt public
devant un inconnu, etc. N’interprétez pas ce refus comme un
échec car ces refus peuvent vous lancer sur une nouvelle voie
encore plus intéressante sur le plan scientifique.
16)Choisissez toujours un lieu d’entretien tranquille, sans trop de
bruit, ni de regards extérieurs et curieux où vous pouvez parlez sans
craindre d’être entendu par des oreilles indiscrètes. Demandez à vos
enquêtés de faire l’entretien à leur domicile. Cela permet à l’enquêté
de parler plus librement et sans contrôle.
17)Lorsque vous enquêtez dans un milieu bourgeois, vous pouvez être
perçu comme un intellectuel de rang social inférieur et souvent
victime d’un certain dénigrement. Maitrisez vos émotions et soyez
très calme en ne répondant pas aux attaques mais en revenant
sur l’intérêt de votre enquête. Souvent des échanges objectifs
finissent par les rassurer et faciliter le démarrage de l’entretien.
18)Si vous faites l’entretien avec des personnes appartenant aux
classes populaires et pauvres, un certain malaise lié à la distance
culturelle et sociale va s’installer et empêcher le bon déroulement de
l’entretien. Trouvez des mots pour leur dire que vous n’êtes pas
juge ou examinateur.
45

19)Pour rassurer les enquêtés, rappelez leur que vous vous engagez à
respecter l’anonymat des noms des personnes. Prenez du temps
pour discuter un peu avec les enquêtés afin de présenter en détail
votre enquête, ses objectifs, à quoi elle va servir, évoquer vos études.
20)Lorsque vous devez enregistrer les déclarations, veuillez
demander naturellement la permission comme une simple formalité
dans le style : ça ne vous dérange pas si j’enregistre ? Vous pouvez
expliquer que c’est pour vous éviter de noter tout le temps et vous
permettre plutôt de mieux l’écouter. En cas de refus, n’abandonnez
pas si vite mais expliquez que c’est important pour votre travail. Dites
par exemple que votre professeur vous exige que l’entretien soit
enregistré compte tenu de son importance et que l’anonymat est
garanti.
21)Si l’enquêté trouve qu’il a besoin de vous dire plus que vous ne
voulez, écoutez et enregistrez toujours. Laissez-lui la voie libre,
même s’il se rappelle avoir oublié de dire quelque chose au moment
où vous coupez l’enregistrement. Rebranchez et écoutez-le.
L’essentiel consiste à ne pas couper votre interlocuteur, à ne pas
l’interrompre pour imposer votre point de vue au détriment du sien.
Pour relancer votre enquêté, appuyez-vous sur ce qu’il vient de dire
en reprenant une de ses expressions pour lui faire préciser ou
expliciter, soit en prolongeant le sens de son propos et en suscitant
son adhésion. Il vous dira par exemple : voilà ; tout à fait, c’est
exactement ça, vous m’avez compris, etc. Mettez-vous toujours en
tête que ce n’est pas vous qui êtes intéressant en entretien, c’est
l’enquêté.
22)L’interviewé peut subitement se transformer en enquêteur et
vous poser des questions ou vous demander de donner votre avis sur
une question que vous lui avez posé. Soyez très prudent de ne pas
46

lui donner la réponse à la question posée car cela biaiserait votre


enquête. S’il avait déjà répondu à la question posée, n’hésitez pas de
lui mettre en confiance en donnant humblement votre avis sans le
heurter. Un même avis que lui le confortera beaucoup plus tout en
évitant d’approuver systématiquement les propos de l’interviewé.

6 PRESENTATION, ANALYSE ET INTERPRETATION DES


RESULTATS

6.1 Le dépouillement
Par dépouillement il faut entendre le fait de trier, de catégoriser et de
classifier les données en provenance de diverses sources utilisées dans
la récolté des données.
Il ne suffit pas de réaliser une bonne enquête, il faut encore être
capable de bien exploiter les réponses, les résultats, les informations
qu’elle contient.
Lorsque la phase de récolte est terminée, le chercheur regroupe les
résultats. S’il peut permettre de prolonger les délais de quelques jours, il
ne peut attendre trop longtemps les retardataires. Il faut savoir que pour
un échantillonnage assez important, quelques données non parvenues
ne modifieront sensiblement pas les résultats et les conclusions.
Le chercheur procède à un examen critique des réponses pour les
rendre exploitables. Il détecte celles qui ne sont pas conformes, un outil
mal utilisé, un formulaire mal rempli, des contradictions, des erreurs, des
invraisemblances, des omissions, une écriture illisible. Cette opération
conduit à éliminer les réponses qui nuiraient à la qualité des résultats
sans biaiser l’enquête.
47

Les informations retenues sont classées, codées (encodage), et


dépouillées suivant le mode que le chercheur sélectionne en rapport
avec la conception de l’enquête.
En fonction de leur volume et de ses possibilités, le chercheur choisit
entre le dépouillement manuel, mécanographique ou informatique.
Actuellement l’informatique est l’outil idéal car il permet un traitement
des données plus détaillé et complet.
En pratique, pour faire le dépouillement, l’opération consiste à construire
des tableaux statistiques de dépouillement grâce au pointage.
Exemple : Tableau de dépouillement de la participation aux séances de
la consultation prénatale pendant la grossesse dans un quartier.
Variable Pointage Effectif
s s
Oui IIIII IIIII IIIII IIIII IIIII IIIII 35
IIIII
Non IIIII IIIII IIIII IIIII III 23

6.2 Analyse des données


L’analyse des données est une phase intermédiaire entre le
dépouillement et l’interprétation des résultats. Elle reste descriptive et a
pour objectif de faire le sommaire des observations qui ont été faites, de
façon qu’elles apportent des réponses claires aux questions de
recherche.
Elle permet de classer, de faire apparaitre des liens, des proximités,
des ressemblances ou des différences. Elle consiste à décomposer les
données en éléments essentiels. Elle tend à saisir les rapports des
éléments entre eux et à donner une vue d’ensemble.
L’analyse apporte une vision globale de l’ensemble des données et
en même temps, une vision sur les éléments particuliers.
48

Par exemple, dans le cas d’un étude sur les accidents qui surviennent
chez les enfants de 4 à 6 ans, où les paramètres type d’accidents,
moment d’accident, milieu social des enfants et le nombre d’enfants
dans la famille ont été pris en compte, l’analyse peut relever, après
dépouillement des données; que les accidents sur la voie publique sont
les plus nombreux que les autres, et que les accidents surviennent
surtout le jour de grève des maitresses.
Cette analyse facilitera l’interprétation des résultats plus tard.
6.3 Présentation des résultats
Les résultats d’un travail de recherche scientifique peuvent être
présentés dans un tableau ou dans une figure sous forme de courbes.
Il existe plusieurs types de tableaux, de figures et de courbes au point
que le chercheur possède un large spectre de choix que lui fournit
actuellement l’informatique.
6.3.1 Tabulation de fréquence
Dans les tableaux, on présente la fréquence accompagnée du calcul du
pourcentage dans chaque catégorie. Les tableaux sont surtout utiles
pour illustrer la façon dont une quantité globale est répartie entre ses
différentes composantes.
Tableau : Effectif des étudiants d’un auditoire d’une université de
Bukavu par sexe et par statut civil.
Nombr
Catégorie % Garçons % Filles %
e
Célibataire
80 80 60 75 20 25
s
Mariés 20 20 6 30 14 70
Total 100 66 34
Afin de mieux apprécier ces données, leur pourcentage peut être
présenté autrement sous forme d’histogramme. Ainsi vous remarquerez
49

aisément que le pourcentage des garçons célibataires est plus élevé et


que celui des filles mariées est aussi plus élevé.
80

70

60

50

40 Célibataires
Mariés
30

20

10

0
% garçons % filles

Les disques ou secteurs peuvent aussi âtre utilisés pour présenter les
mêmes données qu’un tableau. Par exemple, la représentation de
différents groupes socioprofessionnels au sein d’une activité.

15% 11%

Autres
17% Mécanisiens
Commercants
21%
Artisans
Employés

36%

6.3.2 Les graphiques


Les graphiques sont utilisés en général pour illustrer l’évolution de la
valeur d’une variable continue dans le temps, comme par exemple,
l’évolution d’année en année du nombre des centres de santé dans telle
50

zone. Parmi les graphiques, on distingue les courbes des fréquences,


les histogrammes.

50
50 45
40 40
35
30 30
20 25
20
10 15
0 10
a b c d 5
0
a b c d

Courbe de fréquence Histogramme des mêmes


données

Noter la différence dans la représentation de ces données. Les


fréquences semblent informer sur une évolution sans insister sur la
valeur des données. Tandis que les histogrammes tout en donnant une
indication moins accentuée de l’évolution, illustrent de manière
impressionnante la valeur des données ainsi que les particularités entre
les données.

6.4 Interprétation des résultats


L’interprétation des résultats est la partie la plus importante d’un travail
de recherche. C’est à ce niveau que le chercheur discute les résultats et
donne une réponse au problème de départ. Entre l’analyse et
l’interprétation des résultats, le chercheur doit procéder à une synthèse,
qui est un travail de reconstitution.
Chaque élément de l’analyse est examiné en regard de l’objectif initial
de la recherche. Le chercheur doit avoir une vision d’ensemble des
données recueillies sur le terrain. Celles-ci doivent être confrontées au
cadre conceptuel (théorie).
51

Le chercheur essaie de donner une cohérence, une logique à


l’ensemble des résultats obtenus. C’est seulement à partir de cette
synthèse qu’il trouve un vrai sens à ses résultats, qu’il vérifie son
hypothèse qui peut être infirmée ou confirmée.
Grâce à cette interprétation, le chercheur doit être à mesure de formuler
des propositions et dégager de nouvelles pistes de recherche.
A partir du problème identifié, le chercheur a émis des hypothèses qui
sont devenus le fil conducteur de toute sa démarche. L’objectif de sa
recherche était de confirmer ou infirmer ses hypothèses de recherche et
par là donc son hypothèse générale. A l’étape d’interprétation, chaque
hypothèse de recherche doit être discutée en utilisant la méthode
dialectique qui procède de la thèse, à l’antithèse et à la synthèse. Le
chercheur doit discuter ses résultats sur base d’arguments appuyés par
des statistiques.
Enfin, il doit relever l’écart qu’il y a entre la théorie et les résultats
récoltés sur le terrain afin de confirmer ou infirmer l’hypothèse. Il s’agit
donc de son jugement de valeur qui constitue la conclusion à son
hypothèse.

6.5 Conclusion
Dans la conclusion d’un travail scientifique, il faut donner vos
considérations personnelles en rapport avec l’apport de votre travail et
au vue de vos résultats et votre contribution scientifique. Vous devez
montrer en quoi vos résultats ont contribué à résoudre le problème que
vous avez annoncé sous forme de problématique et soutenu par vos
hypothèses. Il ne s’agit pas de répéter ni les résultats, ni la discussion et
encore moins de résumer votre travail dans ce chapitre. Après avoir
épinglé humblement votre apport, vous pouvez formuler quelques
recommandations tout en demeurant réaliste.
52

6.6 Publication des résultats


Cette phase termine le cursus de la recherche. Sans publication ni
diffusion des résultats, une recherche scientifique ne serait pas
complète, ni justifié. La publication met à la portée du public les résultats
de la recherche.
La publication d’un travail scientifique suppose que le chercheur ayant
fini de rédiger son travail, il l’a lu et relu plusieurs fois pour améliorer le
fond et la forme.
Ensuite il peut l’avoir fait lire par quelqu’un de son domaine pour qu’il y
apporte une dernière correction.
En effet, à force de rédiger son travail et de corriger plusieurs fois ses
propres fautes, il arrive un moment que le chercheur ne remarque plus
ses fautes.
C’est pourquoi il est toujours conseillé de faire corriger son travail par
quelqu’un d’autre qui pourra remarquer les fautes qui vous échappent.
Enfin, le chercheur doit soumettre son travail à une revue scientifique qui
devra le publier.
Mais avant cela, la revue soumet le travail à ses lecteurs spécialisés
dans le domaine. Ces lecteurs apportent des corrections que le
chercheur doit considérer. Dès que la revue reçoit les avis favorables
des lecteurs, celle-ci annonce au chercheur que son travail a été
accepté pour sa publication dans un des prochains numéros de la revue.
Ce n’est qu’après cette procédure que le travail est publié.
53

DEUXIEME PARTIE
7 GUIDE POUR LE TRAVAIL DE LICENCE ET MASTER

7.1 Le choix du sujet de Mémoire, Master ou de Doctorat


Le choix d’un sujet de recherche est capital, et suppose une
connaissance large de ce qui a été déjà étudié, et ce qui reste à
élucider.
C’est une très mauvaise habitude de laisser le choix du sujet de
recherche au seul étudiant, car il est supposé que ce dernier ne maîtrise
pas encore la recherche.
Il est donc difficile pour lui de connaître ce qui est déjà connu
scientifiquement et ce qui ne l’est pas.
Quoique certains étudiants puissent avoir lu ou participé à des
discussions scientifiques et soient poussés à proposer des sujets
valables, ces cas sont rares.
Par contre nous constatons des nombreux abus chez certains étudiants
qui proposent des sujets déjà finalisés dans d’autres institutions
supérieurs ou universitaires dans le but de les plagier ou de copier ce
que les autres ont déjà faits ailleurs.
Dans ce cas on s’étonne qu’en un temps record, l’étudiant présente
l’introduction de son travail au directeur pour la correction.
En moins d’une semaine, l’étudiant présente les résultats et dans un
petit mois tout est prêt pour la rédaction ?
Il est important que les sujets des Mémoires, des Master et de
doctorat soient proposés par le Directeur après que tous les sujets
soient évalués au sein du département afin de coordonner la répartition
des sujets aux différents enseignants du département ou de la Faculté
ou même d’autres Universités.
54

L’étudiant a tout intérêt à travailler sur un sujet qui intéresse son


Directeur et son Encadreur car ce dernier sera beaucoup plus attentif et
appliqué à suivre l’étudiant, d’autant plus qu’il attend exploiter les
résultats que l’étudiant obtiendra sous sa direction.

7.2 Relation entre l’Etudiant et son Directeur


L’étudiant devra savoir dès le départ, que la majorité de Professeurs
préfèrent travailler avec des étudiants laborieux et honnêtes, qui
expriment clairement leurs problèmes en rapport avec la
compréhension et le déroulement des travaux.
Il ne faut donc jamais hésiter de prendre contact avec votre Directeur
pour un rendez-vous de travail.
Les séances de travail avec votre Directeur doivent débuter dès que
vous cherchez un sujet de recherche, et s’étendre à des discussions
pour une bonne compréhension du sujet et de l’ampleur du travail.
Que l’étudiant ne soit pas impressionné ou frustré de certaines
attitudes des Directeurs qui sont très sévères et parfois cassants.
Derrières des telles rigueurs se cachent la nécessité d’initier
l’étudiant à la rigueur scientifique et aux différentes frustrations que les
chercheurs rencontrent au cours de leurs travaux.
Néanmoins le Directeur devra toujours modérer sa rigueur. A force
de travailler avec des professeurs très rigoureux, on s’en habitue et
l’étudiant intelligent en profite pour faire de son Directeur presque un
ami et un confident.
N’hésitez donc pas à bousculer votre Directeur lorsque vous
rencontrez un problème dans l’exécution de votre recherche.
Nombreux étudiants ont aussi tendance à éviter d’être dirigés par
des enseignants très exigeants et rigoureux.
55

Ils ont tort, car des tels Directeurs poussent l’étudiant à fournir
beaucoup d’efforts et du sérieux afin de produire un très bon travail.
Par contre il faut désapprouver des Directeurs complaisants qui ne
lisent pas les travaux des étudiants, qui n’exige rien et qui lors de la
défense sont près à torturer les étudiants avec des remarques qu’ils
auraient dû donner à l’étudiant tout au long des recherches.
La grave erreur que certains étudiants font est de disparaitre et de
ne réapparaitre que lorsque leur soit disant travail est fini, même relié
sans en avoir discuté avec leurs Directeurs.
Souvent le Directeur est surpris qu’on lui présente un travail portant
son nom comme Directeur alors qu’il n’a jamais dirigé ce travail.
7.3 Le déroulement de la recherche de mémoire, DEA et thèse
Après avoir été fixé sur le sujet de recherche, l’étudiant doit entamer
l’étape de documentation sur son sujet. Cette documentation consiste à
lire les ouvrages, les publications et rapports scientifiques. Que va
chercher l’étudiant dans les livres à cette étape ? L’étudiant devra
focaliser particulièrement sa recherche bibliographique sur :
1. Une aperçue générale sur son sujet qui lui permettra de
comprendre très bien le domaine de son sujet. S'il s’agit par exemple
des recherches sur les grossesses à risques ; l’étudiant devra lire
pour s’informer sur les grossesses à risque (l’origine, les facteurs à la
base, les symptômes ; les risques ; le traitement, la fréquence, etc.)
2. Les problèmes particuliers à son sujet (problématique). L’étudiant
devra chercher à lire les différents problèmes non résolus au sujet
des grossesses à risque dans le but d’orienter ses travaux vers la
recherche d’une solution sous forme de contribution.
3. La méthodologie utilisée ainsi que les résultats disponibles.
Les bons résultats d’un travail scientifique dépendent de l‘utilisation
d’une bonne méthodologie. Comme il s’agit d’une initiation, l’étudiant
56

ignore comment procéder. En lisant, il saura comment les autres


procèdent pour arriver à tel ou tel résultat.
Il a la liberté d’appliquer rigoureusement une méthode retrouvée dans
un livre s’il compte mener les mêmes recherches.
Dans ce cas, la différence résidera dans les conditions de travail qui
peuvent varier. Tout comme il peut adapter et modifier une méthode
qu’un autre chercheur a utilisée.
4. L’interprétation de ces résultats. Il n’y a pas plus compliqué que
d’interpréter ses résultats afin de savoir l’apport du travail sur la plan
scientifique.
Il existe des résultats faciles à interpréter mais d’autres exigent
l’utilisation des statistiques parfois compliquées pour le commun du
mortel.
Heureusement qu’actuellement on utilise des logiciels informatiques
qui aident à mieux interpréter les résultats.
Il est très surprenant d’apprendre que nombreux des travaux
scientifiques publiés dans des revues scientifiques sont
insuffisamment interprétés et donc mal exploités car les auteurs n’ont
pas fait recours aux statistiques.
5. La manière dont les chercheurs présentent leurs résultats
L’étudiant devra apprendre comment présenter ses résultats en se
référant à ce qu’il a remarqué dans les ouvrages et journaux
scientifiques qu’il aura lus. Aussi il peut suivre les directives
particulières concernant la façon de présenter ses résultats.
7.4 La recherche bibliographique
Le lieu conseillé et préférentiel pour la recherche bibliographique est
la bibliothèque. Il existe des bibliothèques publiques et privés
ouvertes au public ou nom.
57

Certaines bibliothèques exigent de payer les frais d’abonnement


avant d’accéder à leurs ouvrages. N’hésitez donc pas de payer ces
frais afin d’être autorisé de lire dans certaines bibliothèques. Pour les
privés, il s’agit de se convenir avec les propriétaires. D’autres
ouvrages peuvent être disponibles dans des services étatiques et
privés, ou dans des bureaux sous forme des rapports ou des
documents.
N.B. : Actuellement la majorité des livres scientifiques sont écrits en
anglais. Beaucoup de livres écrits en français sont une traduction des
livres originaux publiés en anglais. Pour un plus large spectre des
lecteurs, même des auteurs francophones préfèrent publier en
anglais. D’où l’intérêt d’apprendre à lire des articles scientifiques
écrits en anglais pour agrandir les chances de trouver l’information
beaucoup plus vite.

Dans certaines bibliothèques ou dans des cybercafés ou alors à la


maison on peut se connecter sur le réseau internet et recueillir des
informations utiles pour un travail de recherche.
Cependant il faut garder dans la tête que l’internet contient beaucoup
d’informations qui ne sont pas du tout fiables pour la recherche
scientifique.
La meilleure procédure recommandée est de consulter des ouvrages
reconnus mais disponibles à l’internet.
Aussi vous pouvez accéder au réseau spécialisé des articles dans tel
ou tel domaine et lire ou télécharger des articles scientifiques.
Cette voie est la meilleure car elle permet d’avoir toutes les
références nécessaires.
Pour accéder à une bonne documentation sur internet, il est mieux
d’accéder à un site scientifique.
58

En exemple, les articles scientifiques en sciences de la santé peuvent


être trouvés, et parfois téléchargés sur le site « PUBMED ou
MEDLINE ».
Une fois dans ce site, vous tapez les mots-clés pour accéder aux
articles et résumés des travaux.
En recherchant les ouvrages scientifiques pour votre travail, donnez
la priorité aux ouvrages récents car souvent ils se référant aux
anciens.
Cependant quelques vieux ouvrages valent la peine d’être consultés
car ils donnent souvent certaines descriptions détaillées.

7.4.1 Comment lire les ouvrages scientifiques ?


Cette question semble étrange mais elle a pourtant sa raison d’être. Si
les étudiants des pays européens lisent des livres depuis l’école
primaire, et ont ainsi appris à trier les informations contenues dans un
ouvrage et en faire un résumé; il n’en est pas de même pour les
étudiants dans les pays africains.
Il est très surprenant de remarquer que beaucoup d’étudiants de niveau
universitaire n’ont jamais lu un livre, au point que certains ne savent pas
où commencer la lecture, ni comment lire.
Un livre scientifique ne se lit pas comme un roman policier du début
jusqu’à la fin. C’est d’ailleurs impossible pour certains livres scientifiques
qui peuvent atteindre plus de 1000 pages.
A part des articles publiés dans des journaux dont on peut l’intégrité car
ils ne sont pas si volumineux et dont la lecture ne nécessite pas
beaucoup de temps.

 Lorsque vous allez dans une bibliothèque, il faut vous munir d’un
carnet afin d’y noter les informations intéressantes.
59

Vous devez avoir une idée nette de ce que vous allez chercher
dans les livres, sinon vous perdrez beaucoup de temps. De
préférence notez dans votre carnet ce que vous allez chercher.
 Dans la bibliothèque, vous demandez au bibliothécaire s’il
possède des livres et d’autres ouvrages en rapport avec votre
sujet.
Si vous ne vous adressez pas au bibliothécaire, vous allez vous
perdre dans la bibliothèque en vous égarant dans des rayons. Que
doit-on noter en particulier lorsqu’on a le livre en main?
a. La première chose à faire est de se rassurer que le livre
contient effectivement les informations que l’on cherche. La
façon la plus rapide et sûre est de consulter immédiatement
l’index alphabétique qu’on trouve habituellement dans les
dernières pages du livre. Pour certains livres qui ne
prévoient pas d’index alphabétique, il faut alors consulter la
table des matières.
b. Une fois fixé sur un paragraphe, une page ou une section
contenant l’information, la lecture commence. En lisant, vous
remarquerez que certaines informations ne cadrent pas
vraiment avec votre sujet. Par contre dès que vous tombez
sur une information intéressante, vous prenez note.
Directement après la lecture d’un passage intéressant, vous
devez noter les références du livre ou du document dans
votre carnet.

c. Exemple : vous avez lu le livre « Immunologie » écrit par


deux auteurs : Chatenoud Lucienne et Bach Jean-François,
dans lequel d’autres auteurs ont publié des articles. A la
page 209, vous avez trouvé ce que vous cherchiez,
60

notamment « la production des anticorps contre les


bactéries ».
Après la lecture, vous devez noter ceci en bas de
l’information que vous venez d’écrire:
Bach F-F, Casanova J-L. Immunité antibactérienne. In :
Chatenoud L., Bach-François. Immunologie, 5ème éd. Paris,
2008, p. 209.
d. Au cas où vous avez lu d’autres titres publiés par d’autres
auteurs dans le même livre, vous devez noter par exemple :
Capron M., Milon G., Capron A. Immunité parasitaire. In :
Chatenoud L., Bach-François. Immunologie, 5ème éd. Paris,
2008, p. 215.
e. Dans le cas où vous avez lu un livre écrit par un ou plusieurs
auteurs, sans autres auteurs des chapitres, vous ne citerez
que les seuls auteurs du livre. Exemple :
Strayer L. Biochemistry; 3rd Ed. New York, 1988, p. 63.

f. S’il s’agit d’un article scientifique, vous noterez de la manière


suivante suivant l’ordre : le ou les noms des auteurs, le titre
de l’article, le nom de la revue dans laquelle l’article a été
publié, l’année de publication, le volume et ou le numéro de
la parution, la page du début de l’article et la page de la fin.
Exemple :
Atemnkeng M.A., Chimanuka B., Dejaegher B., Vander
Heyden Y. and Plaizier-Vercammen J. 2009, Evaluation of
Artemisia annua infusion efficacy for the treatment of malaria
in Plasmodium chabaudi chabaudi infected mice.
Experimental Parasitology, 122, 344-348.
61

g. Pour d’autres documents écrits sous forme de rapport,


fascicules, brochures, etc. Veuillez analyser le degré de
crédibilité de l’auteur et l’éditeur avant de les citer dans un
travail scientifique. Si les renseignements contenus dans un
tel document sont acceptables, et la crédibilité établie ; notez
le ou les auteurs, le titre, l’éditeur s’il est indiqué, et l’année
de parution. Si l’auteur est plutôt un service, une
organisation ou une autre personne morale, notez le nom et
le reste des références.
h. Après avoir parcouru les différents lieux en quête
d’information à lire avec un carnet bien chargé d’informations
brutes, parfois désordonnées, vous allez devoir y mettre de
l’ordre.
Aussi vous devrez mettre de l’ordre dans vos idées à ce
stade, car grâce à cette lecture, les idées que vous aviez au
départ avant la lecture ont été enrichies par la lecture qui
vous a donné une autre manière d’envisager et de
comprendre votre sujet.
Vous avez même déjà des idées sur la façon dont vous allez
commencer vos recherches. Vous avez lu certaines
méthodes que vous ne saviez pas mais que vous pensez
pouvoir utiliser.
Vous avez même lu quelque chose qui risque de vous
pousser à abandonner votre sujet et aborder un autre sujet
qui est venu à l’esprit et qui semble plus intéressant et plus
facile à travailler.
A ce stade, contactez votre Directeurs pour échanger avec
lui toutes vos idées et partager vos soucis.
62

i. Ensuite mettez-vous au travail de rédaction de l’introduction


provisoire. C’est dans cette introduction que vous allez
montrer que vous comprenez maintenant votre sujet en
donnant un aperçu général sur le sujet, en commençant par
les définitions, l’historique, l’état de la situation actuel jusqu’à
aborder les problèmes que pose votre sujet sous forme de
problématique. Après avoir développé la problématique,
votre rédaction devra déboucher sur les objectifs et
l’hypothèse que vous posez afin de vous amener à proposer
des solutions à l’issue de votre recherche.
j. L’exercice le plus difficile lorsqu’on rédige un travail, même
pour les plus expérimentés est d’écrire exactement ce que
l’on a dans la tête, de sorte que le lecteur saisisse
exactement l’idée que vous voulez lui transmettre. Parfois on
croit avoir écrit une idée mais lorsque quelqu’un d’autre lit ce
que vous avez écrit, vous êtes étonné qu’il vous demande
ce que vous avez voulu dire dans tel ou tel paragraphe.
k. Alors vous vous rendez compte que votre idée n’a pas été
correctement et exactement transmise dans votre écrit.
Par conséquent il faudra écrire en vous efforçant d’exprimer
correctement et exactement votre idée afin d’éviter d’être
mal compris et en conséquence mal coté.
C’est cela qui arrive pour certains étudiants qui croient avoir
très bien répondu à un examen alors qu’ils n’ont pas
exprimé sur le papier ce qu’ils avaient dans leurs têtes. Il faut
que votre texte soit clair, écrit en français simple sans
rechercher des mots sophistiqués qui nécessitent un
dictionnaire. Au plus le texte est fluide et facile à lire, au plus
le lecteur trouvera du plaisir à lire votre texte.
63

C’est dans l’introduction qu’il faut plus de citation d’auteurs car toutes les
idées présentées ne proviennent pas nécessairement de votre propre
tête. Cependant après avoir obtenu des résultats, on doit adapter cette
introduction aux résultats qu’on a trouvé car en fait, il s’agit de
l’introduction de votre travail et donc de vos résultats.
7.4.2 Comment citer une référence dans le texte ?
Les étudiants ont toujours des difficultés à citer les références dans le
texte. Malgré les nombreuses remarques, ils ne parviennent toujours
pas à se conformer aux directives. Il nous a donc semblé utile d’illustrer
nos conseils par des cas. Ainsi on cite les auteurs de la manière
suivante :
a. S’il s’agit d’un seul auteur on met l’auteur et l’année de publication
entre parenthèse à la suite des informations provenant de sa
publication. Exemple:
Des cas d’agranulocytose fatales ont été rapporté chez des patients
paludéens ayant reçu un traitement à l’amodiaquine (Glick L., 1957).
b. S’il s’agit de deux auteurs, on citera les deux auteurs de la façon
suivante :
(Bach F-F et Casanova J-L., 2008)
c. S’il s’agit de plus de deux auteurs, on citera le premier auteur suivi
de «et al» en italique. Exemple :
Atemnkeng M.A. et al., 2009.

N.B. : Afin d’éviter de citer une référence dans le texte et d’oublier de


mettre la même référence complète dans le chapitre des références
bibliographiques, il faut qu’au fur et à mesure, et si tôt que vous citez
un auteur dans le texte, écrire immédiatement et progressivement la
référence complète que vous avez noté lors de la lecture dans la
bibliographie. Exemple : Dans cette section nous avons cité trois
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références, alors il faut écrire dans la bibliographie trois références


dont:
 Glick L., Fatal agranulocytoses during treatment with
amodiaquine. British Medical Journal, 1957, 1, p. 932.
 Bach F-F, Casanova J-L. Immunité antibactérienne. In :
Chatenoud L., Bach-François. Immunologie, 5ème éd. Paris,
2008, p. 209.
 Atemnkeng M.A., Chimanuka B., Plaizier-Vercammen J. Quality
evaluation of chloroquine, quinine, sulfadoxine-pyrimethamine
and proguanil formulations sold on the market in East Congo
DR. Journal of Clinical and Pharmaceutical Therapy. 2007 Apr,
32 (2): 123-32.

Il est plus commode et d’usage de classer cette bibliographie suivant un


ordre alphabétique une fois que votre rédaction est terminée. Ce qui
donnera une liste des références comme la suivante :
 Atemnkeng M.A., Chimanuka B., Plaizier-Vercammen J. Quality
evaluation of chloroquine, quinine, sulfadoxine-pyrimethamine and
proguanil formulations sold on the market in East Congo DR. Journal
of Clinical and Pharmaceutical Therapy.
 Bach F-F, Casanova J-L. Immunité antibactérienne. In : Chatenoud
L., Bach-François. Immunologie, 5ème éd. Paris, 2008, p. 209.
 Glick L., Fatal agranulocytosis during treatment with amodiaquine.
British Medical Journal, 1957, 1, 932.

Dans certains ouvrages, la citation d’auteurs se fait dans le texte par


numéro au fur et à mesure qu’ils sont cités.
Ce type de citation n’est pas recommandable pour des étudiants car
elle ne permet pas d’identifier directement l’auteur pendant la lecture.
65

Le lecteur est obligé chaque fois de consulter la bibliographie à la fin


de l’ouvrage afin de connaitre le titre cité.
Dès que vous avez terminé de rédiger le texte de cette première
introduction, lisez, relisez et relisez-le encore avant de le montrer à votre
Directeur pour recueillir un avis.
Les professeurs d’Université ont horreur des textes pleins des fautes
d’orthographe et de syntaxe et dans lequel l’enchainement des idées
n’est pas clair mais plutôt sème la confusion. Vous pouvez aussi faire
lire votre texte à une autre personne car souvent celui qui écrit ne voit
pas toutes les fautes qu’il a commises. Même s’il le relit, d’autres fautes
lui échappent.
Le Directeur de votre mémoire constatera si l’essentiel est fait et vous
donnera des remarques à suivre scrupuleusement. Il est fort possible
qu’il ne corrige pas des fautes d’orthographes mais prendra soin de vous
obliger à les corriger.
Alors corrigez ces fautes.

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