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Mauritania

Le rapport présente un diagnostic stratégique des filières agro-industrielles en Mauritanie, mettant en avant l'importance de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche dans l'économie du pays. Malgré un potentiel agropastoral considérable, la Mauritanie dépend fortement des importations alimentaires, ce qui souligne la nécessité de partenariats pour développer les filières locales. Le document examine également les filières spécifiques comme les fruits et légumes, les céréales, l'élevage et la pêche, en identifiant les contraintes et les opportunités de développement.

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Le rapport présente un diagnostic stratégique des filières agro-industrielles en Mauritanie, mettant en avant l'importance de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche dans l'économie du pays. Malgré un potentiel agropastoral considérable, la Mauritanie dépend fortement des importations alimentaires, ce qui souligne la nécessité de partenariats pour développer les filières locales. Le document examine également les filières spécifiques comme les fruits et légumes, les céréales, l'élevage et la pêche, en identifiant les contraintes et les opportunités de développement.

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UNION EUROPEENNE – AFRIQUE DE L’OUEST

DIAGNOSTIC STRATEGIQUE DE FILIERES AGRO INDUSTRIELLES


-
RAPPORT MAURITANIE

Version provisoire

765
Juillet 2002

92-98, bd Victor Hugo, 92115 CLICHY – France


Tél: + 33 1 41 27 95 95 Fax: + 33 1 47 37 96 20
E-mail: [email protected] / Web : www.sofreco.com
UE/CEDEAO Etude du secteur agro-industriel en Afrique de l’Ouest

TABLE DES MATIERES

1. INFORMATIONS GENERALES SUR LE PAYS......................................................................... 3

1.1. CHIFFRES CLES DE L’ECONOMIE .................................................................................................. 3


1.2. CONTEXTE ECONOMIQUE DU DEVELOPPEMENT ........................................................................... 3
1.3. L’AGRICULTURE, L’ELEVAGE ET LA PECHE DANS L’ECONOMIE ................................................. 3

2. FILIERES AGRO-INDUSTRIELLES SELECTIONNEES ......................................................... 4

2.1. FILIERE FRUITS ET LEGUMES ......................................................................................................... 4


2.1.1. Généralités sur la filière ............................................................................................... 4
2.1.2. Statistiques de production, commercialisation et prix des produits............................... 5
2.1.3. Transformation locale .................................................................................................. 6
2.1.4. Potentialités et contraintes........................................................................................... 6
2.1.5. Besoins de partenariat................................................................................................. 7

2.2. FILIERE CEREALES .......................................................................................................................... 7


2.2.1. Généralités sur la filière ............................................................................................... 7
2.2.2. Statistiques de production et de commercialisation ..................................................... 8
2.2.3. Transformation locale .................................................................................................. 8
2.2.4. Potentialités et contraintes, besoins de partenariat...................................................... 9

2.3. FILIERE ELEVAGE ......................................................................................................................... 10


2.3.1 Généralités sur la filière ...............................................................................................10
2.3.2. Statistiques de production et de commercialisation ....................................................10
2.3.3. Le secteur moderne et la transformation locale ..........................................................12
2.3.4. Potentialités et contraintes..........................................................................................13
2.3.5. Besoins de partenariat................................................................................................14

2.4. FILIERE PECHE .............................................................................................................................. 15


2.4.1. Généralités sur la filière ..............................................................................................15
2.4.2. Statistiques de production et de commercialisation ....................................................15
2.4.3. Transformation locale .................................................................................................18
2.4.4. Potentialités et contraintes..........................................................................................18
2.4.5. Besoins de partenariat................................................................................................19

3. PERSONNES RENCONTREES.................................................................................................... 20

SOFRECO -2-
UE/CEDEAO Etude du secteur agro-industriel en Afrique de l’Ouest

1. Informations générales sur le pays

1.1. Chiffres clés de l’économie

Superficie 1 030 700 km²


Population (2000) 2,7 millions d’habitants
Croissance démographique (1994–2000) 2,7 % par an
P.I.B. (2000) 990 millions €
P.I.B. / habitant 367 €
Taux de change (juillet 2002) 1 € ≈ 265 Ouguiya (UM)

Contribution au P.I.B. (2000) :


! Agriculture 22,4 %
! Industries et mines 30,6 %
! Services 47,0 %

1999 2000 2001


Croissance du P.I.B. +4,1% +5,2% -
Taux d’inflation +2,1% +5,8% -

Commerce extérieur (2000) :


! Exportations FOB 366 millions €
! Importations CAF 349 millions €

Principales exportations du secteur primaire : produits halieutiques


Sources : BIRD

1.2. Contexte économique du développement

L’importance prise par le secteur privé a modifié le paysage économique mauritanien au


cours des dernières années. Ainsi le secteur agro-industriel reçoit-il un volume significatif
d’investissements nets depuis quelques années. La Mauritanie reste toutefois en marge du
commerce mondial. Ses importations sont assez diversifiées mais sa balance commerciale
reste déficitaire. Le pays importe la quasi totalité de ses produits de base (farine, blé,
sucre…). Ses exportations se concentrent autour du fer et des produits halieutiques,
transformés ou non.

D’un point de vue général, le milieu rural est peu pourvu en matière d'équipements.
L’infrastructure routière et l’électricité sont des facteurs de compétitivité indéniables mais le
rattrapage nécessiterait un investissement considérable. La stratégie gouvernementale
prend néanmoins en compte cette préoccupation et prévoit la réhabilitation et la
maintenance des routes existantes, avec une attention toute particulière accordée aux zones
de production agricole et aux régions enclavées.

1.3. L’agriculture, l’élevage et la pêche dans l’économie

Les conditions agro-écologiques désertiques à semi-désertiques de la Mauritanie limitent les


possibilités agricoles. Les cultures se concentrent essentiellement au sud, autour de la
plaine alluviale du fleuve Sénégal, communément appelée la Vallée. Les terres arables

SOFRECO -3-
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représentent plus de 500 000 ha, dont 100 à 140 000 sont irrigables. Les aménagements
hydro-agricoles n’ont concerné jusqu’à présent que 47 000 ha, dont moins de 20 000 ha sont
cultivés chaque année.

La production agricole nationale ne satisfait que partiellement la demande alimentaire,


notamment en céréales, et reste, pour l'essentiel, tributaire de la pluviométrie. De fait, la
production céréalière domestique, dominée par le riz, le sorgho et le mil, couvre à peine le
tiers des besoins tandis que les deux autres tiers (du blé surtout) sont approvisionnés depuis
l’étranger.

Malgré ces contraintes, le poids du secteur rural dans l’économie mauritanienne est
prépondérant. Le secteur agricole est celui qui contribue le plus à la création d’emploi et à la
génération de revenus. Il concerne directement plus de la moitié de la population.

De son côté, le sous-secteur de la pêche est un important pourvoyeur de devises (50% des
recettes d’exportation) et représente de surcroît la principale contribution au budget de l’Etat.
Sa contribution au PIB reste en revanche modeste (2,15% pour la pêche industrielle et
0,69% pour la pêche artisanale en 1999) tandis que le secteur rural, productions végétales et
animales confondues (mais hors pêche artisanale), produisait 22,12% de la valeur ajoutée
nationale en 1999, dont les deux tiers sont générés par le seul élevage.

Le cheptel mauritanien est effectivement considérable. Les données 1996-971 rapportées à


l'ensemble des herbivores (incluant les asins et équins) conduisent à un total estimé à plus
de 3,5 millions d’unités de bétail tropical (UBT), soit 1,55 UBT/habitant. Cette même année,
la valeur ajoutée de l'élevage était estimée à 18,5 milliards d’UM courants dont 50% générés
par les élevages ovins et caprins. L’élevage procurait alors environ 56 000 emplois directs,
c'est-à-dire 7 à 8% de la population active du moment.

2. Filières agro-industrielles sélectionnées

Le potentiel agropastoral et halieutique de la Mauritanie est considérable. Paradoxalement,


le pays est fortement dépendant des importations pour nourrir sa population. Cette
contradiction est toutefois porteuse de promesses en terme de potentiel de développement,
et ce pour un nombre important de productions. Nous avons donc choisi de présenter un
éventail assez large de filières :
! la filière fruits et légumes ;
! la filière céréales (y compris les produits du blé) ;
! la filière élevage ;
! la filière pêche.
Nous insisterons toutefois davantage sur les potentialités de valorisation des productions
animales ainsi que sur celles des produits de la mer.

2.1. Filière fruits et légumes

2.1.1. Généralités sur la filière

L’introduction des fruits et légumes (autres que les dattes) dans la diète alimentaire des
Mauritaniens s’est généralisée très récemment (depuis la fin des années 1980). Le marché

1
Stratégie pour le secteur rural à l’horizon 2010 – Ministère pour le Développement Rural – janvier
1998

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pour ces produits est en pleine structuration. Il est approvisionné par une production locale
fortement saisonnière, des importations régionales et des importations depuis l’Europe.

La production des fruits et légumes frais est traditionnelle et intensive dans les oasis mais
relativement récente dans la vallée du fleuve. Elle se concentre pendant la saison froide sur
environ deux mois (décembre et janvier). Le reste de l’année, le marché est alimenté par des
importations. Les principales spéculations sont les carottes, les oignons, la pomme de terre,
les aubergines, la tomate, la laitue et le chou cabus.

Le Programme de Développement Intégré de l’Agriculture Irriguée en Mauritanie (PDIAIM)


réalise un travail de diversification et de vulgarisation des cultures maraîchères et fruitières
dans la vallée en collaboration avec des domaines et des entreprises importantes dont :

! les Grands Domaines de Mauritanie (GDM) qui exportent des fruits et légumes et
assurent une logistique maritime et aérienne ;
! la SICAP (arboriculture fruitière) ;
! la SOMAGIR (production maraîchère et fruitière – essentiellement axée sur le raisin de
table – pour le marché local et l’export).

2.1.2. Statistiques de production, commercialisation et prix des produits

La production totale de légumes atteignait 60 000 tonnes en 1999, soit près du double de la
production de 1994. Parmi les fruits, les pastèques et les dattes apparaissent comme les
deux productions majeures en terme de volume produit :

! près de 10 000 tonnes de pastèques en 1999 (contre moins de 8 000 tonnes en 1994) ;
! environ 20 000 tonnes de dattes en 1999, soit une augmentation de plus de 40% par
rapport à 1994.

La production nationale de fruits et légumes frais est extrêmement saisonnière. Elle ne


couvre que très partiellement la demande, qui est satisfaite par des importations en
provenance de la sous-région (Mali, Côte d’Ivoire, Sénégal) et d’Europe.

Importations en provenance de l’UE (en tonnes)

Légumes et tubercules Fruits


pomme oignon carotte autres TOTAL pomme orange banane autres TOTAL
de terre et poire

1999 7 739 5 625 1 025 1 301 15 690 1 382 423 161 223 2 189
2000 13 123 14 915 1 690 1 070 30 798 1 519 629 163 192 2 503
Source : Stratégie agroalimentaire de la Mauritanie, novembre 2001.

Les prix des différents produits dépendent beaucoup des marchés de destination, et
éventuellement des modalités de transport (pour les produits exportés).

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Niveaux de prix de quelques fruits et légumes,


en rapport avec leurs principaux marchés respectifs

Raisin 3 à 4 €/kg CAF Europe


Haricot vert 1,5 à 2,5 €/kg CAF Europe
Mangue (par avion) 2 à 3 €/kg CAF Europe
Mangue (par bateau) 1 à 1,5€/kg CAF Europe
Tomate cerise 1 000 à 1 400 FCFA/kg FOB Dakar
Oignon 70 à 130 UM/kg au marché de Nouakchott
Pomme de terre 60 à 150 UM/kg au marché de Nouakchott

2.1.3. Transformation locale

Les opérateurs mauritaniens ont peu investi pour la transformation et la distribution des
productions maraîchères et fruitières. Quelques initiatives sont cependant remarquables.
Ainsi, la Société de Conditionnement des Dattes (SCD), installée au nord du pays (Atar), est
équipée de chambres froides (capacité de 300 tonnes) mais l’activité annoncée est faible :
20 tonnes de dattes et 150 tonnes de carottes.

Dans la vallée, certains opérateurs explorent les potentialités et contraintes des produits de
niches (tomates cerises, produits exotiques…) destinés au marché européen. La société
SOMAGIR, filiale d’un important groupe (AON), exporte pour partie sa production fruitière et
maraîchère. Les GDM (Grands Domaines de Mauritanie), filiale de la Compagnie Fruitière de
Marseille, suscitent également beaucoup d’espérance.

2.1.4. Potentialités et contraintes

En ce qui concerne les fruits et légumes frais, l’étalement et la diversification de la production


sont limités par :

! la faible technicité des producteurs ;


! la rareté de l’eau en dehors de la vallée ;
! l’absence d’espèces et de variétés adaptées aux contraintes climatiques ;
! la quasi inexistence d’équipements de stockage.

La filière fruits et légumes focalise particulièrement l’attention des autorités car elle recèle un
important gisement de développement. La région du sud, qui dispose de terres fertiles et
d’une ressource en eau relativement abondante, est favorable à la production de cultures
variées. Les problèmes fonciers sont cependant nombreux et parfois source de conflits
graves.

Par ailleurs, les producteurs manquent d’expérience ; la connaissance, les moyens et les
capitaux font défaut autant que le savoir-faire marchand. Les dispositifs post-récolte ne sont
pas encore optimisés, pas plus d’ailleurs que les méthodes d’irrigation et les itinéraires
techniques.

Quoi qu’il en soit, l’urbanisation et la sédentarisation des populations suscitent des


changements d’habitudes alimentaires qui dessinent la perspective de nouveaux débouchés
pour les productions fruitières et maraîchères. D’autre part, le fait que la saison de

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production végétale en Mauritanie coïncide avec la contre saison productive des pays
européens, génère certaines opportunités. Bref, le décollage de la production fruitière et
maraîchère est vraisemblable à très court terme, tiré par la demande locale et par les
opportunités sur certaines niches à l’export.

2.1.5. Besoins de partenariat

Les GDM montrent sans aucun doute l’exemple du type de partenariat que certains
voudraient multiplier pour la production maraîchère et l’arboriculture fruitière en vue de
l’exportation (produits de niche et produits de contre saison) et de l’approvisionnement du
marché national (étalement des productions, substitution des importations d’oignons et de
pommes de terre, etc.).

2.2. Filière céréales

2.2.1. Généralités sur la filière

La production rizicole est essentiellement réalisée sur les périmètres irrigués comme il est
montré au tableau suivant, lequel propose aussi la répartition de la production céréalière
mauritanienne en fonction du type de culture.

Production céréalière nette pour la campagne 2001/2002 (en tonnes)

sorgho mil maïs riz TOTAL


Dieri2 61 317 4 066 65 383

Bas-fonds 21 606 6 621 28 227

Walo3 2 611 796 3 407

Décrue contrôlée 3 750 3 750

Irrigation 683 756 58 163 59 602

TOTAL 89 967 4 066 8 173 58 163 160 369

Taux de perte 15% 15% 15% 40%

Production nette 76 472 3 456 6 947 34 898 121 773

Source : Observatoire de la sécurité alimentaire, décembre 2001.

La problématique de la sécurité alimentaire est préoccupante d’autant que les projections, à


l'horizon 2010, prévoient l'augmentation de la population à 3,5 millions d'habitants. Et il
importe de noter que l’autoconsommation ne couvre qu’une faible part des besoins, y
compris chez les agriculteurs, lesquels doivent acheter une forte proportion des produits
alimentaires et autres biens de consommation dont ils ont besoin.

2
Cultures pluviales.
3
Cultures sur des zones inondables par la crue du fleuve Sénégal.

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Le contexte mauritanien impose donc une lourde dépendance vis-à-vis des vivriers importés
et particulièrement du blé, ce qui a sans aucun doute contribué à structurer une filière blé
singulièrement plus importante en valeur relative comparativement aux pays voisins de la
sous-région.

2.2.2. Statistiques de production et de commercialisation

Production céréalière nette (en tonnes)


160000
140000
120000
100000
80000
60000
40000
20000
0
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
mil et sorgho blé et orge* maïs riz

Source : ONS.

A part la production paddy, la production céréalière nationale (sorgho, mil et maïs) est
écoulée via des circuits plus ou moins informels. Globalement, le sous-secteur des vivriers
est surtout dominé par un fort courant d’importation de blé en grains et sous forme de farines
et semoules.

Importations via le port de Nouakchott en 2000/2001 (en tonnes)


Importations Aides Importations
commerciales alimentaires totales
Blé 103 859 9 742 113 601
Farine de blé 77 958 77 958
Semoule de blé 20 087 20 087
Sous-total (éq. grain) 238 181 9 742 247 923
Riz usiné 9 504 11 966 21 470
Sorgho 975 975
Total (équivalent grain) 247 685 22 683 270 368
Source : Port autonome de Nouakchott / CSA.

2.2.3. Transformation locale

a. Le riz

La production de paddy est dirigée vers des unités industrielles (6 petites unités à Rosso,
Boghé, Kaédi et Foum Gleïta totalisant une capacité de l’ordre de 20 tonnes par heure), des
mini-rizeries (5 à 6 unités à Rosso totalisant 2 à 3 tonnes par heure) ou des décortiqueuses

SOFRECO -8-
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artisanales (50 à 60 unités à Rosso, Kaédi, Boghé et Foum Gleïta pour une capacité totale
estimée de 25 à 30 000 tonnes par an).

Les capacités installées sont relativement sous-utilisées. En outre, un faisceau de problèmes


qui découlent aussi bien d’une maîtrise technique incertaine que d’une démarche qualité
approximative (le consommateur mauritanien préfère les riz importés) contribuent encore à
démotiver les opérateurs. Le groupe MAOA aurait récemment décidé de fermer
définitivement les 3 unités qu’il contrôle à Rosso, Kaédi et Boghé, sauf à « dénicher » le
partenaire susceptible de prendre en charge l’usinage et la commercialisation des riz.

b. Le blé

Les importations de blé en grains et de produits du blé (farines et semoules)


approvisionnent :

! une minoterie de blé tendre (capacité : 200 tonnes par jour), équipée de matériels Buhler
modernes, opérationnelle depuis la fin 2001 ;
! plusieurs centaines de petits moulins artisanaux qui écrasent les céréales locales aussi
bien que les blés importés (plus de 500 selon un rapport du CILSS publié en janvier
1998) ;
! 2 unités de fabrication de pâtes alimentaires qui se partagent à peu près à parité un
marché supérieur à 20 000 tonnes par an ;
! 6 biscuiteries qui commercialisent principalement un « biscuit de mer » à faible teneur en
sucre ;
! plusieurs dizaines de boulangeries dont 193 pour la seule ville de Nouakchott4. Ces
unités ont contribué à démocratiser et à populariser le pain, lequel au demeurant est un
aliment disponible et facile à consommer.

Courant 2000 et 2001, les autorités ont en outre délivré deux agréments pour les projets
Minoteries du Sahel (investissement : environ 2 milliards d’UM) et les Grands Moulins de
Nouakchott (investissement du même ordre que le précédent). Il est peu vraisemblable que
ces projets aboutissent à court terme bien qu’Il y ait encore place pour une seconde
minoterie, dans la mesure où la capacité de GMM (60 000 tonnes d’écrasement annuel) est
moitié inférieure à la demande, évaluée entre 75 et 85 000 tonnes de farine par an soit 100 à
120 000 tonnes d’écrasement annuel en équivalent blé tendre. Il existe aussi un marché
parallèle de semoules de blé dur de l’ordre de 20 à 25 000 tonnes par an (soit 30 à
40 000 tonnes d’écrasement annuel blé dur). On doit toutefois éviter de confondre la
mouture du blé tendre et la mouture du blé dur, lesquelles ne sont vraiment pas compatibles
et nécessitent chacune une ligne spécifique. En revanche, les infrastructures de base
(logistique, silos, magasins…) et la gestion (conduite, administration, commercialisation…)
peuvent être communes.

Dans le même temps, plusieurs projets pour la réalisation d’unités pour la fabrication
d’aliments composés pour le bétail et la volaille sont en cours d’étude. On peut citer celui des
GMM (30 à 35 000 tonnes de capacité annuelle pour un aliment d’entretien), qui connaît
d’ailleurs un début de réalisation.

2.2.4. Potentialités et contraintes, besoins de partenariat

En ce qui concerne la filière riz, il existe sans nul doute un important potentiel de production
mais la compétitivité de l’usinage ne semble pas assurée. A ce titre, on se réfère au groupe

4
Source : CIMDET (Centre d’Information Mauritanien pour le Développement Economique et
Technique).

SOFRECO -9-
UE/CEDEAO Etude du secteur agro-industriel en Afrique de l’Ouest

MAOA déjà cité plus avant, qui souhaite s’appuyer sur un partenaire capable de rentabiliser
l’usinage et la commercialisation du riz.

La filière blé ne doit pas être ignorée car elle offre également quelques opportunités qui
contribueraient à consolider le tissu agro-industriel local, créateur d’emplois, et plus
particulièrement la filière amont de l’élevage (aliments issus des meuneries). L’appui de
partenaires, capables de maîtriser les technologies spécifiques de cette industrie de
l’alimentation du bétail, sera déterminant.

2.3. Filière élevage

2.3.1 Généralités sur la filière

L’élevage mauritanien est de type extensif, essentiellement transhumant. Les principales


zones d’élevage se concentrent dans le sud-est du pays et à proximité du bassin du fleuve
Sénégal. La transhumance constitue une réaction adaptée à la variabilité, à la dispersion et
à la rareté des ressources naturelles (eau et pâturages), constamment affectées par les
aléas climatiques en Mauritanie. Cette pratique est cependant confrontée à une réduction
progressive de l’espace pastoral vital, sous la pression conjuguée de l’extension des
activités agricoles, de l’appropriation privative de l’espace et de la sédentarisation.

De fait, l’élevage sédentaire est de plus en plus pratiqué dans la Vallée, conséquence des
grandes sécheresses qui ont beaucoup modifié les pratiques traditionnelles de l’élevage.
L’élevage périurbain s’est développé autour des grandes villes pour répondre principalement
à la demande en lait frais. De la même manière, des unités avicoles semi-industrielles pour
les productions d’œufs et de poulets de chair ont été installées à proximité des
agglomérations tandis que l’élevage de volailles reste très traditionnel partout ailleurs dans le
pays.

En règle générale, le sous-secteur de l’élevage continue de fonctionner en dehors des


circuits formels de l’économie. Il a certes relativement bien réussi l’intégration des
techniques vétérinaires courantes mais une lourde hypothèque pèse sur la ressource
fourragère (en raison de la concentration spatiale et des conditions climatiques notamment).
La croissance passe désormais par un renouvellement des modes de gestion des
ressources et une intégration plus étroite à l’agriculture et à l’agro-industrie. C’est d’autant
plus souhaitable que l’élevage représente un énorme potentiel d’exportation.

2.3.2. Statistiques de production et de commercialisation

La Mauritanie possède l’un des plus importants cheptels d’Afrique : environ 11 millions
d’ovins et de caprins, 1,4 millions de bovin et autant de camelins. On dénombre en outre
quelques 250 000 asins et 63 000 équins. La population de volailles est quant à elle estimée
à 2,2 millions de têtes dont moins de 10% sont élevées sur la base d’une alimentation
intensive.

SOFRECO -10-
UE/CEDEAO Etude du secteur agro-industriel en Afrique de l’Ouest

Le cheptel mauritanien (en milliers de têtes)

15000

10000

5000

0
1994 1995 1996 1997 1998 1999

bovins ovins et caprins camelins

Source : Ministère du Développement rural et de l’Environnement.

Les comptes nationaux indiquent pour 1999 une production totale du secteur de l’élevage
(volailles et sous-produits compris) de l’ordre de 38,4 milliards d’UM, générant une valeur
ajoutée de 28,8 milliards d’UM (soit environ 110 millions d’euros). Les principaux produits
obtenus sont :

! pour les bovins : le lait et la viande ;


! pour les ovins et caprins : les cuirs et peaux et la viande ;
! pour les camelins : le lait ;
! pour les volailles : les œufs et dans une moindre mesure, la viande.

Estimation des productions animales en 1996


viande lait cuirs et peaux œufs
(tonnes) (tonnes) (nombre de pièces) (milliers)
Bovins 16 215 130 368 108 100
Camelins 18 046 201 522 100 260
Petits ruminants 38 745 30 996 2 583 000
Volailles 2 420 17 500
TOTAL 75 426 362 886 2 791 360 17 500
Source : DRAP, janvier 1998.

Il n'existe pas de statistiques officielles concernant les sorties de bétail sur pieds vers la
sous-région. Sur la base des potentialités théoriques, l'excédent exportable de la Mauritanie
était estimé en 1992 à environ 43 300 bovins (6 500 tonnes de viande, soit 36% de la
production de viande bovine), 327 600 petits ruminants (4 900 tonnes, soit 15% de la
production de viande ovine et caprine) et 31 600 camelins (5 700 tonnes, soit 33% de la
production de viande cameline). Ces quantités représentent un total de 17 110 tonnes
d'équivalent carcasse.

La consommation actuelle de viande blanche est estimée à 8 400 tonnes par an5, dont 58%
est approvisionnée par l’aviculture traditionnelle, 25% par l’aviculture intensive et 17% par
les importations.
5
Source : Stratégie agroalimentaire de la Mauritanie – novembre 2001.

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En ce qui concerne les cuirs et peaux, les douanes mauritaniennes faisaient état de 22 000
peaux d’ovins exportées vers l’Europe en 1996. L’Union européenne importe en effet
différents types de cuirs et peaux provenant de Mauritanie, mais les peaux brutes d’ovins
dominent en terme de volume : 252 tonnes en 1999, 189 tonnes en 2000.

La collecte des peaux brutes est essentiellement réalisée à Nouakchott où sont concentrés
les abattages contrôlés. Le potentiel de production est important. Toutefois, la qualité des
peaux est souvent contestable, en partie du fait de la conduite de l’abattage, ce qui explique
sans doute la faiblesse relative des volumes exportés.

2.3.3. Le secteur moderne et la transformation locale

a. Les viandes et les sous-produits

L’abattoir moderne de la SAN (Société des Abattoirs de Nouakchott) devrait être


opérationnel très prochainement. Pour l’heure, les abattages et la commercialisation des
viandes sont dominées par le système traditionnel d’exploitation du cheptel. Les chiffres des
abattages contrôlés indiquent un total annuel de 30 à 40 000 bovins, 100 à 110 petits
ruminants et 20 à 25 000 camelins.

Concernant les sous-produits, les cornes et les onglons ne sont pas vraiment exploités. Les
peaux de dromadaires ne sont pas utilisées. Une partie des cuirs et peaux est utilisée par
l'artisanat local, mais il est vraisemblable que la majeure partie est perdue. Un cuir de bovin
est actuellement négocié autour de 1 000 UM – moins de 4 € – à Nouakchott. Une seule
entreprise pratique un traitement primaire (phosphate / chaux / eau et séchage à l’air). Elle
annonce une capacité de l’ordre de 100 000 peaux par an mais son potentiel est sans doute
sous-utilisé. L’entrepreneur prévoit des projets d’investissement dans le domaine des
tanneries et dans celui de l’alimentation animale.

b. Le lait et les produits laitiers

La production laitière est principalement auto consommée. Cette filière connaît cependant un
développement remarquable ces dernières années, suite à la mise en place de laiteries
privées dans la région de Nouakchott. Les deux transformateurs mauritaniens, Tiviski et
Toplait, ont démontré leur capacité à produire du lait de bonne qualité tout en générant des
revenus et des bénéfices dans le domaine de la transformation et de la commercialisation du
lait frais pasteurisé et, depuis début 2002, du lait UHT. La société Tiviski a pour cela réalisé
plus de 3 millions d’euros d’investissements complémentaires en 2001.

Tiviski propose une gamme diversifiée de produits : lait frais pasteurisé, lait UHT, yaourts,
crème fraîche, fromage frais, fromage de chèvre, etc. Actuellement, l’entreprise traite un
volume de 13 à 14 000 litres de lait par jour (dont 2 000 litres UHT) pour une capacité totale
de 20 000 litres par jour. L’approvisionnement est assuré depuis les centres de Kaédi et
Boghé. A ce titre, l’Association des Producteurs Laitiers de Tiviski (APLT), sur laquelle
s’appuie l’entreprise, compte plus d’un millier de producteurs actifs. Ce vecteur permet de
dispenser un appui technique aux éleveurs (formation, conseil, financement...), ainsi qu’une
assistance vétérinaire (vaccination...) et zootechnique (aspects nutritionnels tels que l’achat
des aliments pour le bétail), dans le but d’augmenter à la fois la productivité du cheptel et la
qualité des produits.

Le prix d’achat du lait brut rendu centre de collecte (Boghé et Kaédi) était payé 120 UM le
litre en mai 2002, tandis que le prix du lait pasteurisé au détail était vendu 130 UM le pack
d’un demi litre dans les magasins de Nouakchott. La marge des détaillants est de l’ordre de

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15% sur le prix livré par Tiviski (facturé 226 UM le litre). Tiviski annonce 560 millions d’UM de
chiffre d’affaires en 2000 et une marge bénéficiaire de l’ordre de 9%.

c. Les produits avicoles

La filière moderne est relativement restreinte puisque 90% des 2,2 millions de volailles sont
des animaux de souche locale, élevés traditionnellement, avec une faible productivité et une
forte mortalité (maladie de Newcastle).

Les élevages industriels sont regroupés autour de Nouakchott et Rosso. Ils


s'approvisionnent à l’étranger (Sénégal, France...) en poussins d'un jour : environ
1,5 millions de poussins de souche mixte sont importés annuellement mais les volumes
fluctuent beaucoup d’une année à l’autre. Les aliments pour volailles sont fabriqués sur
place, à partir d’ingrédients importés (maïs, tourteaux de soja, CMV, vitamines...).

A noter que l'aviculture intensive en Mauritanie connaît des difficultés cycliques en rapport
avec les conditions économiques et notamment la compétitivité des viandes blanches
congelées importées (essentiellement des pilons, sous-produits des industries agro-
alimentaires européennes, écoulés à bas prix).

2.3.4. Potentialités et contraintes

Les importations en provenance de l’UE témoignent des besoins locaux qui restent à
satisfaire :

! près de 12 000 tonnes de lait et de produits laitiers importés en 2000, dont 42% de lait
non concentré, 35% de lait concentré et 12% de lait en poudre.
! plus de 2 700 tonnes de viande et d’abats de volailles importés en 2000 ;
! près de 500 tonnes d’œufs importés.

L’approvisionnement du marché local en lait pasteurisé conditionné par Tiviski et Toplait


(voire par d’autres intervenants) est riche de promesses pour l’élevage laitier. Le potentiel se
mesure d’abord à l’aune des volumes importés, à la condition que la production locale
parvienne à pérenniser une relative compétitivité. Celle-ci passe nécessairement par
l’amélioration de la production laitière en ce qui concerne la productivité (alimentation,
vaccination, sélection des races), la qualité des produits (contrôle sanitaire notamment),
mais aussi le coût de la collecte et de l’acheminement.

Il faut souligner ici l’intérêt particulier de la filière laitière cameline, qui réside entre autres
dans la résistance des animaux au climat désertique de la Mauritanie, la diversité des
produits et sous-produits obtenus et l’existence de flux commerciaux importants concernant
ces produits au sein de la sous-région.

En ce qui concerne la production carnée, la demande du marché régional devrait tirer la


production mauritanienne mais les ressources fourragères naturelles sont comptées
(6,6 millions de tonnes de matière sèche en année normale et moitié moins en année
sèche). Pour ne pas aggraver le déséquilibre par rapport à la base de ressources, la
croissance de la valeur ajoutée passe nécessairement par une amélioration de la
valorisation du cheptel et de ses produits plus que par la poursuite d’une croissance
extensive. De ce point de vue, l’évolution des habitudes de consommation, avec une
réduction des quantités de viandes rouges consommées, allége naturellement la charge
pour le cheptel, et par suite libère des disponibilités pour l’exportation.

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Quant aux sous-produits de l’élevage (cuirs, peaux…), la croissance des récupérations et


des exportations est liée à l’amélioration de la collecte et de la capacité de traitement des
produits, c'est-à-dire à l’amélioration de la conduite de l’abattage et au développement des
industries de transformation.

2.3.5. Besoins de partenariat

Le sous-secteur des cuirs et peaux et celui de l’alimentation animale offrent des opportunités
et certains promoteurs sur ces créneaux expriment de façon très explicite leur volonté de
chercher des partenaires. En ce qui concerne les cuirs et peaux, la modernisation des
abattoirs est une opportunité pour élargir le champ d’action des opérateurs tout en évoluant
vers plus de valeur ajoutée relative (traitement des peaux jusqu’au stade wet-blue en
partenariat avec un tanneur européen par exemple).

L’alimentation animale, et plus précisément l’inexistence d’une industrie pour la fabrication


des aliments composés pour le bétail et la volaille, handicape lourdement le développement
de l’industrie laitière et dans une moindre mesure l’élevage avicole. Une conjonction de
facteurs favorables tels qu’une plus grande disponibilité en matière première (sous-produits
des agro-industries, son de meunerie, etc.) et l’émergence de débouchés pérennes (cas de
l’élevage laitier notamment) autres que les demandes ponctuelles en période de soudure,
laisse augurer un environnement propice pour de prochaines réalisations.

Les GMM (Grands Moulins de Mauritanie) envisagent la réalisation d’une unité d’une
capacité de 30 à 35 000 tonnes pour la fabrication d’un aliment d’entretien (relativement
sommaire) incorporant principalement les issues de meunerie et des tourteaux importés.
C’est une plate forme intéressante mais insuffisante. D’autres promoteurs envisagent une
réalisation parallèle visant la fabrication d’aliments composés plus sophistiqués pour la
volaille et pour les niches spécifiques. Dans ce dernier cas, l’appui technique et
accessoirement commercial (approvisionnement) et financier de la part d’un professionnel
européen sera un facteur déterminant.

La réalisation des hypothèses précédentes conforterait évidemment le développement de


l’industrie laitière. Il subsistera néanmoins de nombreux besoins au plan vétérinaire et zoo
sanitaire, sans oublier la collecte et le traitement du lait pour lesquels les partenaires
extérieurs sont un garant primordial. L’apparition de nouveaux opérateurs est probable. La
Société Laitière de Mauritanie (SLAM) envisage notamment d’adapter son installation et de
reprendre ses activités à partir du lait produit localement.

En ce qui concerne l’élevage avicole (œufs et viande blanche), les opérateurs mauritaniens
n’ont certes pas confirmé une compétitivité manifeste. Le débouché est cependant étroit et
l’environnement difficile. De plus, les élevages sont de petites tailles (5 000 têtes en
moyenne). Ainsi, on peut douter de la capacité des opérateurs à rassembler compétence et
moyens. Or l’on sait combien la rentabilité de cette activité s’appuie sur la parfaite maîtrise
de techniques relativement pointues.

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2.4. Filière pêche

2.4.1. Généralités sur la filière

L’intérêt pour l’exploitation des ressources halieutiques est relativement récent en


Mauritanie. La Nouvelle Politique des Pêches (NPP), adoptée en 1979, marquait
l’émergence d’un secteur des pêches structuré. Par la suite, l’action prioritaire du
gouvernement dans ce secteur était régulièrement réaffirmée, notamment à travers
l’intensification des contrôles et la prévention contre les infractions, avec la DSPCM
(Délégation à la Surveillance et au Contrôle en Mer), créée en décembre 1994.
Actuellement, le CNROP (rebaptisé IMROP – Institut Mauritanien de Recherches
Océanographiques et des Pêches – depuis avril 2002) poursuit l’effort de recherche
halieutique afin d’approfondir la connaissance de la ressource. D’une manière générale, la
politique nationale des pêches vise à améliorer la gestion de la ressource via des captures
sélectives, et entend promouvoir la qualité et une meilleure valorisation des produits.

L’UE est très présente dans le secteur des pêches en Mauritanie. Les accords de pêche ont
d’ailleurs été renouvelés récemment (septembre 2001). A ce titre, la Mauritanie recevra
86 millions d’euros de compensation pour la période 2001-2005 dont 4 millions sont destinés
à des actions ciblées de modernisation du secteur de la pêche. La Commission européenne
devrait prochainement débloquer des fonds afin d’aider à la réhabilitation du port de pêche
de Nouadhibou, dont l’accès est bloqué par des épaves.

Malgré ses manifestations d’intérêt, la contribution du secteur à l’emploi reste en deçà des
espoirs : seulement 6 300 emplois liés à la pêche industrielle d’après une enquête menée en
1996, tandis que la pêche artisanale pesait bien davantage avec 21 000 emplois (dont 9 000
emplois induits).

La ZEE de la Mauritanie est réputée poissonneuse grâce à l’activité permanente de


l’upwelling du Cap Blanc. Ce phénomène se traduit au final par une explosion
phytoplanctonique qui constitue la base d’une chaîne alimentaire importante. Cette richesse
des eaux mauritaniennes en ressources halieutiques s’explique aussi par le rôle que joue la
partie littorale du Banc d’Arguin où la faune marine trouve des conditions favorables à la
reproduction et au développement. Le potentiel de prélèvement annuel est voisin de
1,5 millions de tonnes, constitué principalement de petits pélagiques et de coquillages
(praire), qui sont actuellement très peu exploités.

2.4.2. Statistiques de production et de commercialisation

a. Captures et flottes

En 2001, les captures totales dans la ZEE mauritanienne se chiffraient à plus de


642 000 tonnes, dont 620 000 tonnes pour les flottes de pêche industrielles. Celles-ci
capturent surtout des espèces pélagiques.

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Evolution des captures dans la ZEE mauritanienne (en tonnes)


1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
pélagiques 326334 465995 516545 531782 507121 458093 544837
démersaux 112571 148732 28586 56332 22953 19320 26414
merlus 10546 10992 9453 8477 10307 11766 13361
crevettes 2246 2727 3810 5068 4550 3711 4273
langoustes 8 61 59 23 14 4 109
thons 331 3099 2789 4424 3024 1933 3188
céphalopodes 29751 25420 19622 20757 29280 30628 27899
coquillages 78 35 33 36 4 14 65
sous-total pêche
481865 657061 580897 626899 577253 525469 620146
industrielle
pêche artisanale 20978 22236 15827 18043 14527 19456 22142
total 502 843 679 297 596 724 644 942 591 780 544 925 642 288
Source : DSPCM / Direction des Etudes et de l’Aménagement des Ressources halieutiques.

La pêche industrielle pélagique est exclusivement pratiquée par des flottilles étrangères avec
des bateaux sous licence ou d’affrètement. La pêche industrielle démersale, en particulier
l’armement de fond mauritanien, est pour l’essentiel une pêche au poulpe, plus quelques
petites unités glacières qui ciblent les poissons. Les autres pêches sont des pêches
spécialisées (crevettes, crabes de fond, merlus, thons…), assurées par des navires
étrangers sous licence.

Evolution du nombre de bateaux autorisés à pêcher


et du nombre d’embarcations de la pêche artisanale

1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001


Pêche mauritanien 163 195 168 136 110 100 103
démersale étranger 60 64 40 45 49 49 55
mauritanien 1 1 1 1 0 0 0
Pêche pélagique
étranger 47 76 48 63 80 54 53
mauritanien 4 4 8 11 18 13 18
Autres pêches
étranger 103 113 131 148 112 118 115
Total flotte industrielle 378 453 396 404 369 334 344
Pirogues artisanales 2195 2332 3000 2430 2431 2790 3890
Source : Direction des Etudes et de l’Aménagement des Ressources halieutiques.

En 2001, 223 navires étrangers ont déclaré une activité de pêche dans la ZEE
mauritanienne (un peu plus de la moitié sont des navires de l’Union européenne). Ces
bateaux étrangers sont soumis aux régimes des accords de pêche respectifs (licence libre
ou affrètement). Les licences libres (dont la plupart des bateaux de l’UE) ne sont pas
soumises à l’obligation de débarquement et de transbordement en rade.

Parallèlement, la flottille artisanale a considérablement augmenté ces dernières années. La


quasi-totalité des embarcations sont équipées de moteurs hors-bord (puissance inférieure à

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200 CV). La pirogue en bois de type saint-louisienne représente encore plus de la moitié du
parc mais les embarcations en aluminium et en plastique sont de plus en plus utilisées.

L’évaluation des débarquements de la pêche maritime artisanale est assez approximative.


Les données sont très fluctuantes sans aucun doute pour des raisons économiques mais
aussi en raison d’un suivi statistique inégal. La progression du secteur artisanal est
cependant régulière. Il se substitue de plus en plus à la pêche industrielle pour
l’approvisionnement des unités de congélation à terre. D’autre part, les artisans pêcheurs
ciblent préférentiellement les espèces à forte valeur ajoutée dont le poulpe (3 000 tonnes en
1995), le mulet (1 600 tonnes en 1997), la courbine (faibles prises), la sardinelle (4 000
tonnes), le requin (2 500 à 3 500 tonnes) et la langouste verte (très en retrait par rapport aux
années 1980 ; les captures des années ultérieures à 1993 ne dépassent pas quelques
dizaines de tonnes).

b. Exportations

La quasi-totalité de la production mauritanienne est exportée, le plus souvent sans


transformation. La consommation domestique est d’ailleurs faible ; elle est estimée à moins
de 16 000 tonnes par an. En 2000, les exportations totales étaient de l’ordre de
210 000 tonnes (dont près des trois quarts pour les seuls pélagiques), pour une valeur
d’environ 133 millions d’euros (dont presque la moitié pour les seuls céphalopodes). En
volume, les exportations ont augmenté de 6,2% entre 1997 et 2000.

Evolution des exportations pour les principales


espèces exportées (en tonnes)
200000

150000

100000

50000

0
1997 1998 1999 2000

céphalopodes démersaux pélagiques

Sources : ONS et DEARH / Douanes

Parmi les autres produits halieutiques exportés, on trouve :

! des crustacés : 781 tonnes exportées en 2000, pour une valeur de 3,1 millions d’euros ;
! des farines de poissons : 11 447 tonnes (4,1 millions d’euros) ;
! des huiles : 671 tonnes (180 000 €) ;
! des poissons salés séchés et des conserves : 7 441 tonnes (5,1 millions d’euros).

L’Etat contrôle les opérations d’exportation des produits de la pêche via la SMCP (Société
Mauritanienne de Commercialisation de Poisson) dont il détient encore 35% des parts. Les
produits frais (exportés par voie aérienne), les poissons salés séchés et les poissons
démersaux ayant subi une transformation échappent cependant aux prérogatives de la
SMCP, laquelle se concentre principalement sur la commercialisation des céphalopodes

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(70% des tonnages en 1998) et des poissons entiers congelés, destinés principalement aux
marchés asiatique et européen.

En 2001, les exportations de la SMCP ont dépassé 43 000 tonnes, pour une valeur totale de
plus de 103 millions de dollars US. Près de 60% des produits exportés ont subi une
congélation à terre, le restant étant congelé à bord. Les destinations sont l’Europe (66% du
volume exporté par la SMCP en 2001), le Japon (26,5%) et quelques pays du continent
africain (7,5%).

2.4.3. Transformation locale

Le Ministère des Pêches et de l’Economie Maritime, autorité compétente pour le contrôle des
obligations des producteurs, a renforcé sa vigilance pour l’exportation vers l’Europe. Le
CNROP (dorénavant IMROP) est son outil technique et le DVIS (Département Valorisation et
Inspection Sanitaire) est la structure d’exécution. Le contrôle des établissements et des
produits de la pêche est assuré par le Laboratoire d’Inspection Sanitaire.

En février 2000, sur la liste actualisée par Bruxelles, la Mauritanie comptait 51 usines
agréées dont 25 à Nouakchott et 26 à Nouadhibou. Trois navires-usines étaient également
agréés à des conditions similaires aux usines à terre. En fait, le MPEM recense et liste 62
installations à Nouadhibou et Nouakchott qui reçoivent les poissons débarqués par les
glaciers et la pêche artisanale pour leur traitement, leur congélation et leur stockage ou pour
leur conditionnement et leur expédition en produits frais. Les capacités déclarées pour les 62
entreprises listées et concernant le seul stockage installé à terre sont de 29 251 tonnes et la
capacité de congélation totale atteint 1 232 tonnes par jour. Les plus importantes
(COMACOP, MCP, SMEF) annoncent des capacités de stockage de respectivement 3 800,
3 500 et 3 000 tonnes et une capacité de congélation comprise entre 40 et 80 tonnes par
jour. Les déclarations sont probablement optimistes (et certaines entreprises sont sans doute
fermées) car la capacité opérationnelle peut être estimée à 600 tonnes par jour, et serait
utilisée à moins de 20%.

Quoi qu’il en soit, la valeur ajoutée des intervenants est généralement faible. Toutefois,
certaines entreprises tentent d’améliorer la valorisation des produits de la mer. C’est le cas
de MIP-Frigo qui bénéficie de l’appui du CDE. La société exploite une petite unité à
Nouakchott (investissement : 2 millions d’euros ; capacité de congélation déclarée de 24
tonnes par jour et capacité de stockage de 800 tonnes), pour la transformation des produits
de la pêche artisanale (poisson frais ou congelé, entier, vidé, étêté, éviscéré, fileté et
transformé, cuisiné, conditionné). Elle travaille en partenariat avec le groupe SAROS
(restauration collective) et avec le concours scientifique et technique de la société CREA
(spécialisée en ingénierie agroalimentaire). Les dirigeants envisagent de réaliser une
seconde unité plus importante à Nouadhibou.

2.4.4. Potentialités et contraintes

L’absence d’une infrastructure adéquate constitue un handicap majeur pour les artisans
pêcheurs, pour les navires de pêche industrielle et pour les usines à terre, sous-exploitées
faute d’approvisionnements suffisants.

! Nouadhibou est le seul port de pêche capable d’accueillir des unités de pêche
industrielle. La ville est cependant isolée et mal desservie du point de vue du réseau
routier et des dessertes aériennes si bien que la plupart des exportations sont
nécessairement expédiées par la voie maritime.

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! Nouakchott ne dispose pas d’un véritable port de pêche ni pour la pêche artisanale ni
pour la pêche industrielle. Le port de l’amitié (port de commerce construit au cours des
années 1980) reçoit les navires de commerce. Le wharf (ancien port), quoique utilisé
ponctuellement par les chalutiers, n’est pas adapté.

Des aménagements portuaires sont à l’étude pour faciliter les débarquements de la pêche à
Nouadhibou (évacuation des épaves) et probablement à Tanit (site à 65 km au nord de
Nouakchott). Il est également envisagé de faciliter l’accostage des pirogues et autres
embarcations de la pêche artisanale (réalisation de débarcadères et de dépôts de carburant)
pour faciliter l’exploitation des campements et désenclaver les villages côtiers.

Concernant les potentialités, les pays du nord offrent un débouché garanti pour des produits
halieutiques de valeur ajoutée de plus en plus élevée. En revanche, les exigences sanitaires
et les normes de qualité des produits seront de plus en plus contraignantes. La logistique, et
notamment l’offre de fret pour le poisson frais, constitue également une contrainte même si
l’Europe n’est finalement pas si loin (quelques heures en avion ; quelques jours en bateau).

En ce qui concerne les produits démersaux, les mesures visant à geler voire réduire l’effort
de pêche devraient contribuer à préserver la ressource. Cela conduira sans doute à dégager
une meilleure visibilité pour l’avenir des industries à terre, ce qui est susceptible de favoriser
la diversification des investissements pour une meilleure valorisation de certains produits
(céphalopodes, poissons démersaux).

Le créneau actuellement vierge de la transformation à terre des petits pélagiques est sans
doute celui qui porte le plus de promesses. De même l’aquaculture, la pisciculture et
l’élevage des poissons recèlent sans doute aussi quelques potentialités. L’exploitation des
bivalves pour l’exportation vers l’Europe est pareillement un axe de développement
concevable si la barrière sanitaire est levée. Pour l’heure, ces secteurs restent à défricher.

2.4.5. Besoins de partenariat

Il existe sans doute encore des possibilités pour certaines pêcheries sous-exploitées pour
des navires utilisant des techniques autres que le chalut (pélagiques, crabe, praire, thon,
merlu). De même, les services de maintenance, de réparation ou de construction navale sont
un secteur où les besoins de partenariat technique et financier sont importants.

Par ailleurs, la transformation des produits de la pêche est insuffisamment diversifiée et reste
toujours en deçà des possibilités offertes, notamment pour les poissons salés et séchés, le
poulpe battu, le blanc de seiche, les filets de calmar, les conserves, le surimi, les filets de
poissons à écailles, la poutargue, les queues de langouste, etc. Outre l’apport de capitaux,
les besoins sont aussi de nature technique (maîtrise des technologies, qualité des produits)
et commerciaux (bonne connaissance des marchés européens et autres débouchés
internationaux).

Enfin, la mise aux normes sanitaires des établissements existants et des produits de la
pêche suscite sans aucun doute un besoin de partenaires à tous niveaux : pour l’apport de
capitaux complémentaires, la maîtrise de techniques de plus en plus sophistiquées et de
procédures de plus en plus contraignantes, une meilleure connaissance des débouchés et
des exigences internationales aux points de vue sanitaire et qualité des produits.

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3. Personnes rencontrées

Nom Fonction Contact


M. Hervé Portal Directeur Technique FAMO Tél. :+222 25.32.39/
+222 525.57.14
M. Francis Duprat Conseiller Commissaire à la Sécurité SOFRECO
Alimentaire (UE) Tél. :+33 1 41 27 95
95
M. Oumar Fall Directeur Général CIMDET (Centre Tél.:+222 525.87.38
d'Information Mauritanien pour le
développement Economique et Technique)
M. Hamoud Etheimine Secrétaire Général de la Fédération des Tél.:+222 525.39.74
Industries et des Mines à la CGEM Cell:+222 630.26.50
(Confédération Générales des Employeurs
de Mauritanie)
M. Ahmed Hamza Directeur Général FAMO-Mauritanie -
Trésorier CGEM (Confédération Générale
des Employeurs de Mauritanie)
M. Elhassen Ould Directeur Adjoint des financements - Tél :+222 525.67.41
Boukhreiss Coordinateur de la Cellule Européenne
M. Eric Debeck Directeur Technique GMM Grands Moulins de
Mauritanie
Tél :+222 29.42.83
M. Abdou Maham Commerce Général
M. Ba Kalidou Chef du Département de la Coordination Tél.:+222 25.30.70
Statistique
M. Haye Ould Didi Directeur MIP Frigo (transformation produit Tél : +222
de la pêche, partenaire groupe SAROS - 525.68.47
France) Cell:+222 630.50.78
M. Benoit Dehaeze Assistance périodique du CREA (Centre de Tél.:
Recherche et d'Etudes pour l'Alimentation) + 33 1.40.44.73 72
M. Kelly Oumar Sada Directeur de la Promotion de l'Investissement Tel +222 529.04.35
Privé (Guichet Unique) - Ministère des Cell.+222 641.18.62
Affaires Economiques et du Développement
M. Wague Ousmane Chef de Service Etudes et Promotion
Industrielles
Ministère de l'Industrie
M. Mohamed Salem Directeur de l'Industrie - Ministère de Tél. :+222
Ould Mamoune l'Industrie 525.72.66 poste 440
Home :
+222 525 83.28
Mme Nancy Abeid Directrice laiterie TIVISKI
Arahamane
Ahmed Ould Hamoud Directeur Général MPA (Mauritanienne de Tél. :
Pâtes Alimentaires) +222 525.98.45
M. Camara Abdoul Chef division des coopératives à la DRFV
Aziz Direction Recherche Formation et
Vulgarisation
Dr. Saleh Ould Sidi Chef Service des Industries Agro-
Mohamed Alimentaires et de la Transformation -
Direction de l'Elevage et de l'Agriculture

SOFRECO -20-
UE/CEDEAO Etude du secteur agro-industriel en Afrique de l’Ouest

Dr. Lemrabott Chef du Service Santé Animale à la Direction


Mekhalle de l'Elevage et de l'Agriculture (DEA)
M. Djimé Diagana Secrétaire Général - Ministère des Pêches et Tél.+222 525.99.70
de l'Economie Maritime +222 525.46.07
M. Baba Ould Sidina Statistiques Agricoles
Dr. Saleh Ould Sidi Statistiques de l'Elevage
Mohamed
M. Boudah Ould Sidi Statistiques de la Pêche
M. Sidi Ould Ahmed Société de Conditionnement des Dattes
(SCD - ATAR)
Med Fadel O/ Cheikh Consultant SGTC, projets Avicole, UAB et Tél.: +222
Youba Cuirs et Peaux 525.14.83
Cell.+222 641.92.31
M. Jacques Causse Conseiller Commercial - Services Tél.:+222 525.22.31
d'Expansion Economique - Ambassade de
France en Mauritanie
M. Ball Ould Directeur Général SGTC (Société Générale Tél.:+222 525.90.67
Mohamed Vall de Transit et de Consignation) Cell.+222 641.21.28
Dr. Saleh Ould Sidi Chef Service des Industries AgroAlimentaires
Mohamed et de la Transformation - Direction de
l'Elevage et de l'Agriculture
M. Mario Carvajal Attaché Pêche Délégation de la Commission Tél.:+222 525.27.24
Européenne
M. Mohamed Ould Directeur Département Agricole - Groupe Tél.:+222 525.11.83
Brahim AON (Abdallahi Ould Nouygued - Cell:+222 645.45.18
superviseur / responsable société SOMAGIR
M. Mohamed Cherif DG division agro-alimentaire groupe MAOA Tél.:+222 525.50.04
(Mohamed Abdallahi Ould Abdallahi)
M. Jc Ballouhey PDG Ballouhey International France - Interim Cell:+222 630.34.23
Bastien Ballouhey DG GMM (Grands Moulins
de Mauritanie)
M. Med Hmayen Président GBM (Générale de Banque de Tél.:+222 525.20.00
Bouamatou Mauritanie) - Président CGEM Cell:+222 632.00.48
(Confédération Générale des Employeurs de
Mauritanie)

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