Caoum 0373-5834 1984 Num 37 145 3089
Caoum 0373-5834 1984 Num 37 145 3089
Levrat Régine. La place du coton dans la vie des paysans du Nord-Cameroun. In: Cahiers d'outre-mer. N° 145 - 37e année,
Janvier-mars 1984. pp. 33-62;
doi : https://doi.org/10.3406/caoum.1984.3089
https://www.persee.fr/doc/caoum_0373-5834_1984_num_37_145_3089
Résumé
Cet article présente une enquête réalisée auprès de paysans dans le cadre d'une recherche sur la
culture du coton au Nord-Cameroun. Cette enquête avait un double objectif : analyser l'insertion de
cette culture dans la vie paysanne, d'où un questionnaire long et limité à un petit nombre (77 réponses)
; préciser l'extrême diversité des situations, d'où le choix de villages représentatifs (9). L'article
comporte une étude cri¬ tique de l'enquête et les principaux résultats de celle-ci. Seule la partie sur la
culture du coton (surfaces, travail, revenus) a été développée, les autres thèmes (cultures vivrières,
revenus, dépenses...) étant résumés.
La place du coton dans la vie
Résumé. — Cet article présente une enquête réalisée auprès de paysans dans le cadre d'une
recherche sur la culture du coton au Nord-Cameroun. Cette enquête avait un double
objectif : analyser l'insertion de cette culture dans la vie paysanne, d'où un question¬
naire long et limité à un petit nombre (77 réponses) ; préciser l'extrême diversité des
situations, d'où le choix de villages représentatifs (9). L'article comporte une étude cri¬
tique de l'enquête et les principaux résultats de celle-ci. Seule la partie sur la culture
du coton (surfaces, travail, revenus) a été développée, les autres thèmes (cultures vivriè-
res, revenus, dépenses...) étant résumés.
Summary. — The place of cotton in the life of the Peasants of Northern Cameroun.-
This article is about an inquiry made among a group of country people concerning
research on cotton growing in the North of Cameroun. This inquiry had a double objec¬
tive : first, analyze the insertion of this crop in the lives of the peasants (for this pur¬
pose, a long questionnaire was created, but only a small number of persons -seventy-
seven-were interrogated) ; define the extreme diversity of situations (for this purpose,
nine representative villages were selected). The article contains a critical study of the
inquiry and the main results of it. Only the part about cotton growing (surfaces farmed,
work, income) has been developped, the other questions (foodstuff crops, income, expen¬
ses, etc.) being summed up.
ries.
et même
fortement
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Les
destinés
au
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faible.
nord
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Logone,
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variable
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Riziculture
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plaine
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part
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nord-ouest,
du
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les
toujours
la
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Logone
(fig.
plaine
vivres
huile¬
l'ara¬
1).
mission
le développement
La SODECOTON
de «promouvoir
de la est
zone
laune
production
cotonnière»3.
«Société de
duDéveloppement»
coton et plus généralement
; elle a pour
cultivateurs
les
contre
«planteurs»
2.
3.
1 . En
Planteur
30
Décret
%
1981
pratiquant
pour
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de
: création
ceprotocole
la
cacao
terme
C.F.D.T..
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SODECOTON.
du
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accru
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commerciale,
participation
au Nord-Cameroun
par
du Cameroun
analogie vraisemblablement
dans
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: 70avec
%,
les
LE COTON DANS LA VIE DES PAYSANS DU NORD-CAMEROUN 35
Marou
SALAK
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SOUK UNDOU
/'LIMITE NORD-SUD
BIBEltf
Garoua
BENOUE
1300 !
IGNOLE
Tchollire
DCfUKEA
ADAMAOUA
OUBORO
40 km
1. — La plaine cotonnière
Elle s'étend de 8° à 11° de latitude nord. Elle se prête bien à la cul¬
ture cotonnière qui peut être pratiquée partout sous pluie. Milieu natu-
tés SODECOTON
la
— décret
protocole
Coopératives
4. Les
de bénéfices
1974
de 1981
d'épargne
: à60titre
:sont
%70àde%
ainsi
laetprime
àCaisse
de
l'O.N.C.P.B.
répartis
développement
de
de gestion.
Stabilisation
: ; 10 de
%des
àla laprovince
Prix
SOCOPED
du Coton
du Nord
; ;2010%
%
(SOCOPED)
à la
l'Union
SODECOTON.
des
; 30Socié¬
% à
LE COTON DANS LA VIE DES PAYSANS DU NORD-CAMEROUN 37
Les «Kirdi», mot désignant les païens dans la langue fulfuldé, leur
sont communément opposés, simplification commode, mais qui ne tient
pas' compte de l'extrême complexité de la situation. Ils sont numérique¬
ment certaines
dont les plus nombreux,
sont en voie mais
d'islamisation
sont divisés
ou en
de une
christianisation.
multitude d'ethnies,
Ils cons¬
Maroua,
centrale
5. Ledu
auterme
Nord,
sens large,
Diamaré
incluant
correspondant
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double
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Kaélé.
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38 LES CAHIERS D'OUTRE-MER
Surfacesenensemencées
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de coton-graine en kg/ha
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atteint
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160
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SODECOTON
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diversité
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rapports
niveaux
n'étantà
42 LES CAHIERS D'OUTRE-MER
par les objectifs comme par les moyens mis en oeuvre ; il s'agissait sur¬
tout pour nous de multiplier et ordonner autour de quelques thèmes des
entretiens auxquels nous avons cherché à conserver une certaine spon¬
tanéité. Le but était de découvrir la diversité des situations, de saisir les
différences que les moyennes voilent, de préciser également certains points
que des études économiques ou agronomiques négligent, comme par
exemple le problème du transport du coton par les planteurs et celui des
regroupements.
Après avoir élaboré un questionnaire portant non seulement sur le
coton mais sur l'ensemble des cultures et des ressources et dépenses des
paysans, nous devions préciser les régions où réaliser notre enquête. Il
fallait également résoudre certains problèmes pratiques comme celui du
choix des interprètes et celui du mode de transport. Les lieux d'enquête
devaient être les plus représentatifs possible, donc inévitablement très
éloignés les uns des autres ; un véhicule personnel s'imposait, à moins
de disposer de longs mois. Nous avons mené cette enquête de mai à juil¬
let 1979, saison des pluies peu propice à la circulation et à l'enquête auprès
de paysans surchargés de travail ; c'était par contre la meilleure période
pour voir les planteurs à l'oeuvre dans leurs champs et pour saisir sur
le vif certains de leurs problèmes comme celui de la répartition des pre¬
mières pluies et celui du calendrier des divers travaux.
Une dizaine de lieux d'enquête, répartis sur l'ensemble de la plaine,
ont été retenus, afin d'avoir des échantillons les plus représentatifs pos¬
sible de la diversité des conditions tant géographiques (climat, sols, dis¬
tance par rapport aux grands axes et aux principales villes, peuplement)
que techniques (culture intensive ou non, culture attelée,...). Nous avons
établi notre itinéraire en commençant par les régions méridionales, plus
difficiles d'accès et aux pluies plus précoces, ce qui nous a permis d'at¬
teindre des
connu pourdifficultés
l'essentiel de
noscirculation.
objectifs, sauf dans le Diamaré où nous avons
Une fois l'interprète trouvé8, nous avons commencé par lui expli¬
quer
Nous
démarche
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sans
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8. enquêtés.
Nous
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grâce ces
à la
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collaboration
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et ont
de chacun
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«suivi».
nous avons
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les personnes
pu
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réaliser
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cemissions
travail.
LE COTON DANS LA VIE DES PAYSANS DU NORD-CAMEROUN 43
Pitoa et Bibémi sont situés dans une zone intermédiaire sur le plan
climatique (1 000 mm d'eau environ) et humain avec des densités modé¬
rées. Ces deux gros bourgs présentent des caractères très différents l'un
de l'autre bien que tous deux soient peuplés d'immigrants. Pitoa est situé
sur la route goudronnée et bénéficie de la proximité immédiate de Garoua,
capitale politique et économique du Nord-Cameroun où a été transféré
progressivement le siège de la SODECOTON. Ses habitants sont encore
tous des cultivateurs, mais quelques-uns travaillent à Garoua.
LE COTON DANS LA VIE DES PAYSANS DU NORD-CAMEROUN 45
Bibémi, relié à l'axe goudronné par une bonne piste, est au coeur
d'une région d'immigration actuelle, le «Projet Nord-Est Bénoué». Les
habitants, Venus du Diamaré, y ont été attirés par une propagande offi¬
cielle leur ventant les avantages de terres plus abondantes et de cultures
plus rémunératrices. Il était intéressant d'analyser le comportement de
ces nouveaux immigrants face à la culture du coton.
Les trois derniers villages sont situés dans le secteur le plus méri¬
dional, très peu peuplé et d'accès difficile, voire impossible en saison
pluvieuse. La culture du coton y est relativement récente et y a pris un
essor remarquable ces dernières années, en particulier à Touboro où a
été créée récemment une usine d'égrenage, et qui est devenu grâce à la
culture cotonnière, un centre de commerce actif. Les deux autres villa¬
ges où nous avons mené quelques enquêtes légères sont Doukea et Fignolé.
Nombre Polygames
1 Scolarisés Nombre Animistes Musulmans Chrétiens
Villages d'enquêtés d'ethnies
représentées
SALAK 10 5 0 2 4 5 1
.
TOULOUM 10 7 3 1 9 0 1
SOUKOUNDOU 18 6 3 5 5 8 5
PIWA 2 1 0 1 2 0 0
PITOA 10 6 1 6 5 3 2
BIBEMI 10 6 1 6 5 3 2
FIGNOLE 10 2 6 1 0 1 9
DOUKEA 4 1 1 1 0 4 0
TOUBORO 3 2 2 1 1 0 2
77 36 17 31 24 22
Les diverses religions sont représentées : les animistes sont les plus
nombreux : 31, ce qui est normal vu la prépondérance des ethnies Kirdi.
Ils représentent l'immense majorité de la population à Touloum où les
Toupouri ont massivement refusé la domination foulbé et l'islamisation ;
les musulmans forment à peine un tiers de la population interrogée : 24,
ce qui est un peu inférieur à la moyenne de la population de la plaine
et s'explique par l'insuffisante représentation des Peul. Ils sont nom¬
breux à Salak et à Doukea, où la région est fortement islamisée ; ail¬
leurs, ils sont mêlés aux autres et la religion ne constitue guère, en ce
qui concerne les choix agricoles, un facteur de différenciation ; les chré¬
tiens sont assez fortement représentés : 22, en particulier à Fignolé où
la mission est ancienne et du fait peut-être du choix de l'enquêteur.
4. — Le questionnaire
nés et servent
cultivateurs
différents champs.
ontensuite
en Les
général
aux
réponses
autres
une idée
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cultures,
assez précise
habituellement
ce quideexplique
la superficie
d'être
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retenues.
de leurs
les
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9. Dansen
certains
culturesecteurs
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du Sud,
étaient
l'unité
plus depetits.
mesure est le «quart», 1/4 d'ha, car dans les débuts
48 LES CAHIERS D'OUTRE-MER
Les surfaces cultivées en coton par les planteurs sont comprises entre
4,4 cordes à Bibémi et 1,2 corde à Soukoundou. Ces chiffres sont nette¬
ment supérieurs aux estimations trouvées dans le rapport de la SODE-
COTON de la région Sud : 1,54 corde pour le secteur de Touboro, 1,28
pour celui de Tcholliré (Doukea), 0,56 pour celui de Poli (Fignolé)10.
Cela
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des
gier
en
corde
une
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pour
villages,
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les
s'explique
à plus
Soukoundou
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secteur.
les
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confirmé
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les
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sont
privilé¬
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faites
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les
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est
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cultivées
différents
10.
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villages,
difficile
selon
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surfaces
mais
les
de
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régions,
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seulement,
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de nombre
famille
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cultivées
ou
mentionné.
las'agit
enfants.
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le
LE COTON DANS LA VIE DES PAYSANS DU NORD-CAMEROUN 51
% Planteurs _
'1 ©
30.
1 corde" 1/2 h •
0 -- - -- I h l -1—
1 234 567 89 cordes
Les régions où les surfaces sont les plus faibles correspondent aux
régions les plus peuplées du Nord et à Fignolé où les villageois mésesti¬
ment F agriculture. Les chiffres élevés de Bibémi et Touboro s'expliquent
par la propagande active faite en faveur du coton dans ces deux centres.
Si l'on considère les surfaces cultivées par planteur, et non plus les
moyennes villageoises, on peut constater la très forte proportion des petits
planteurs, en particulier de ceux qui cultivent une corde ou une corde
et demie (Fig. 3). Cette proportion est en fait plus forte encore. Les
«grands planteurs» sont peu nombreux, mais haussent les moyennes.
Les chiffres des surfaces moyennes cultivées (vivrier ou total coton-
vivrier) correspondent assez bien aux estimations officielles : païens de
la plaine cotonnière : 3,41 ha ; musulmans : 2,35 ha11. On peut souli¬
gner
la
faibles.
dant
tivateurs
remarques
du Bénoué
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villages
le
desverrons,
des
cepen¬
sols
sont
cul¬
de
et
cueillent eux-mêmes, aidés par leurs femmes et par leurs enfants ; ceci
leur permet de trier en même temps le coton, comme cela leur est recom¬
mandé par la SODECOTON. La récolte est très longue, de 2 à 3 mois,
selon l'importance de la production et le nombre des travailleurs. A Tou-
loum, tous les planteurs pratiquent, conformément à la coutume, la
récolte collectivement ; chacun à tour de rôle fait appel à ses voisins pour
venir travailler dans son champ, en général une journée. Il n'y a pas de
salaire, mais le coût est néanmoins élevé, car les travailleurs sont nom¬
breux, 60 à 100 personnes environ, et il faut servir à chacun soit le bil-
bil (bière de mil) qu'il faut acheter vu la quantité nécessaire, soit la nour¬
riture, ce qui signifie sacrifier plusieurs chèvres, parfois même un tau¬
reau. Le tri du coton reste à faire à la case, travail long mais que l'on
peut faire assis en famille, tout en devisant. A Fignolé, Bibémi et Sou-
koundou, la pratique du travail collectif se maintient, souvent pour d'au¬
tres travaux, mais plus modestement et moins systématiquement. La plus
grande partie de la récolte est faite en famille.
- Le transport du coton est fait presque entièrement «à la tête», dans
des paniers : c'est le cas pour 59 planteurs. Trois planteurs seulement
utilisent une charrette à boeufs, dont deux à Salak ; deux un pousse-
pousse ; deux enfin le tracteur de la mission, à Fignolé. Les planteurs
doivent porter le coton d'abord du champ à la case, où il est le plus sou¬
vent trié et toujours mis à l'abri, puis de la case au lieu du marché du
coton. Les distances parcourues représentent en moyenne 1 830 m entre
le champ et la case, et 980 m entre la case et le marché, soit près de 3 km
au total. Les écarts sont importants : à Salak, ces distances sont respec¬
tivement de 2 375 m et 2 240 m soit près de 5 km, à Pitoa de 3 200 et
1 000 m ; par contre, les planteurs de Doukea sont privilégiés avec 375
m et à peine 50 m. Qu'on prenne conscience du temps et de l'énergie
dépensés ! Cela peut contribuer à expliquer le peu d'enthousiasme de
beaucoup de cultivateurs, à Salak par exemple...
Ces travaux sont longs et pénibles, parfois coûteux. Sont-ils du moins
rémunérateurs ?
Villages parSurface
planteurCoton
(corde) par
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56 LES CAHIERS D'OUTRE-MER
cordes
Bibêmi
Doukea
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LE COTON DANS LA VIE DES PAYSANS DU NORD-CAMEROUN
cordes
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