Sécurité alimentaire : accès économique et physique à tout moment à une nourriture saine, suffisante et nutritive qui
permet de mener une vie active et saine.
Famine : épuisement total ou inaccessibilité dans une population donnée de la population entière avec un risque de
décès
Insécurité alimentaire :
Causes :
- Pauvreté
- Absence de notion en valeur nutritionnelle
- Environnement social et naturel
Ménage vulnérable : maintien de l’équilibre entre le besoin à cours terme et l’existence à long terme
Il y a l’insécurité alimentaire chronique, temporaire et transitoire
1. Le ménage en situation d’insécurité alimentaire chronique – 65% des Malagasy :
L’insécurité alimentaire chronique est une forme d’insécurité structurelle et persistante de la privation alimentaire.
Elle touche des ménages qui n’ont jamais ou presque jamais accès de manière durable à une alimentation saine, suffisante
et nutritive. Ces ménages sont caractérisés pas des revenus faibles, un accès limité ou inexistant aux terres agricoles, à
l’eau, aux intrants ou aux marchés, un mauvais état de santé des membres du ménage souvent aggravé par la malnutrition
et la vulnérabilité face aux chocs comme les catastrophes naturelles.
a. Les causes :
Pauvreté structurelle : le revenu journalier du ménage est inférieur au seuil de pauvreté qui est de 1,90
dollar/jour/personne.
Accès limité aux ressources productives : le ménage n’a pas de terre ou la terre n’est pas fertile, absence de
crédit pour investir, absence de technique et de formation agricole.
Conditions environnementales : zones soumises à la sécheresse (ex : sud de Madagascar Androy),
dégradation du sol, …
b. Les signes :
Alimentation insuffisante : le ménage ne mange qu’un ou deux repas par jour
Régimes alimentaires monotones : alimentations basée principalement et uniquement sur des féculents (riz,
manioc) sans protéines ni légumes.
Ventes d’actifs pour se nourrir : le ménage se trouve dans l’obligation de vendre ses biens pour répondre à ses
besoins en alimentation
Abandon scolaire : pour réduire les dépenses et augmenter les bras disponibles, les enfants quittent l’école.
c. Des perspectives :
Diversification des activités de subsistances : le ménage peut tenter de ne pas dépendre d’une seule activité
agricole. Ex : petit élevage domestique, pêches locales ou collecte de produits forestiers.
Amélioration des pratiques agricoles : même avec des moyens limité ; un ménage peut éssayer d’utiliser le
compost local pour fertiliser le sol et augmenter le rendement et pratiquer des techniques simples de paillage
ou de conservation de l’eau.
Economie et gestion des ressources
2. Le ménage en situation d’insécurité alimentaire temporaire
L’insécurité alimentaire temporaire est la privation alimentaire limitée dans le temps généralement causée par un choc
externe soudain. Selon la PAM (Programme Alimentaire Mondial) « Elle survient lorsqu’un évènement perturbe
soudainement la capacité d’un ménage à se procurer une alimentation suffisante, même si ce ménage n’est pas
structurellement vulnérable ». En temps normal, ces ménages parviennent à subvenir à ses besoins alimentaires mais ils
sont touchés ponctuellement par un choc climatique, économique, sanitaire ou politique, mais ils peuvent redevenir
autosuffisants si des mesures d’urgences sont prises rapidement.
a. Les causes :
Catastrophes naturelles : cyclones, inondations, sécheresses entraînant des pertes de récoltes
Crises économiques : hausse brutale des prix alimentaires ou perte d’emploi
Conflits ou sécurité : déplacement forcé des ménages à cause des pillages
Chocs sanitaires : maladie ou décès d’un membre actif du ménage, épidémies (choléra, paludisme, …)
affectant la capacité de travail
b. Signes :
Baisse brusque de la consommation alimentaire : réduction du nombre de repas quotidien
Emprunts monétaires et/ou alimentaires
Dépendance à l’aide extérieure venant des ONG, Etat, PAM, …
Consommation de nourriture moins chère et moins nutritive
Stratégie de survie extrême : mendicité, travail des enfants, migration temporaire, …
c. Des perspectives :
Diversification des sources de revenus : le ménage peut chercher à combiner plusieurs activités : agriculture,
petit commerce, artisanat, pêche, …
Constitution de stocks alimentaires : dans les zones rurales, les familles doivent stocker une partie de la
récolte pour faire face aux imprévus
Adaptation agricole locale : passage à des cultures plus résistantes
3. Le ménage en situation d’insécurité alimentaire transitoire :
L’insécurité alimentaire transitoire se situe entre l’insécurité alimentaire temporaire et chronique. Elle se manifeste de
manière récurrente, souvent saisonnière (ex : en période de soudure), ou suite à des chocs modérés mais répétés. Selon le
CILSS (Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sècheresse dans le Sahel) ; « L’insécurité alimentaire transitoire
touche les ménages qui basculent périodiquement dans la précarité alimentaire, notamment en raison de cycles agricoles,
de chocs économiques intermittents ou de fragilité structurelle partielle ». Ce type de ménage parvient à subvenir à ses
besoins alimentaires pendant une partie de l’année mais devient vulnérable pendant certaines périodes : saisons sèches,
hausse de prix, …
a. Les causes
Facteurs saisonniers : pendant les périodes de soudure, les réservent s’épuisent et les prix des nourritures
augmentent. Par exemple à Antananarivo, les ménages rizicoles souffrent entre mars et mai avant les récoltes
de juin.
Variabilités des revenus : activités saisonnières comme l’agriculture, la pêche ou le tourisme, si la saison est
mauvaise (pluie insuffisante, marché saturé, …), le revenu baisse brutalement.
Marchés instables : fluctuations des prix alimentaires sur les marchés locaux par exemple certains produits de
base deviennent inaccessibles
b. Les signes :
Baisse temporaire mais récurrente de la qualité et la quantité des repas
Réduction du nombre de repas à certaine période de l’année
Emprunts alimentaires
Main d’œuvre familiale mobilisée à certaine saison
Fatigue chronique et anxiété alimentaire : incertitude sur les mois à venir
Baisse des besoins non alimentaire
Recours à des sources de nourriture alternative : aliment non conventionnel : plantes sauvages comestibles,
insectes ou racines, …
c. Des perspectives :
Planification saisonnière : le ménage peut stocker de la récolte ou des revenus pendant la période favorable et
également cultiver des variétés à cycles court pour éviter le vide alimentaire
Diversification des cultures et des revenus : associer les cultures de soudures (maïs, arachides) à d’autres
productions et pratiquer des activtés complémentaires comme le petit élévage, l’artisanant ou le travail
journalier
Piliers de la sécurité alimentaire :
Disponibilité : quantité suffisante de nourriture produite localement ou importée
Accès : moyen économique ou physique pour se procurer les aliments
Utilisation : qualité nutritionnelle, higyène
Stabilité : capacité à maintenir les 3 piliers dans le temps même en période de crise
Outils de mésure de la sécurité alimentaire
Auto-évaluation : permet au ménage de diagnostiquer leur propre SA
SDAM : variété de groupe d’aliments consommée en 24h – moyenne nationale : 4,4/12
IDDS : score 0 à 8 – variété du régime d’un individu souvent un enfant
ISSS : pour évaluer la gravité de l’état d’un patient (urgence, soin intensif à partir des paramètres simples et
cliniques : âge, tension, fréquence cardiaque, …), ces données sont recueillies suivant l’admission du patient
CAUSES
- Dépendance à une agriculture traditionnelle peu productive
- Déforestation et érosion des sols
- Crises économiques et sanitaires
- Accès limité l’eau, aux intrants et aux marchés
PERSPECTIVES
- Intégrer les scores dans les programmes nutritives
- Agroécologie permettant d’augmenter les rendements tout en protégeant les resources naturelles :
Former des agriculteurs aux pratiques durables et écologiques
Distribuer des sémences améliorées locales et résistantes
Encourager la plantation d’arbres fertiliaires et anti-érosion
Appuyer les groupement de paysans dans l’organisation de copératives
- Renforcement de l’irrigation et de la gestion de l’eau
Entretenir les périmètres irriguées existants
Construire de nouveaux barrages ou bassins de retenue villageois
Promouvoir les technologies simples : goutte à goutte, canaux améliorés
- Soutien à la transformation locale et aux marchés
Mettre en place des unités de transformations artisanales : riz, manioc, fruits, …
Construire et rénover des marchés de proximité et routes rurales
Créer une plateforme numérique locale pour connecter les producteurs et acheteurs
- Nutrition et diversification alimentaire
Sensibiliser les ménages à la nutrition
Promouvoir les jardins potagers familiaux avec des légumes
Introduire l’élevage familial
CAS DU SUD
- Régions concernés :
Androy : au Sud Est – pauvreté et malnutrition - Taux de pauvreté : 80% -
Anosy : plus particulièrement à Taolagnaro, absence d’infrastructures de base et accès limité au marché
Atsimo Andrefana : sècheresses sévères
- 75% subissent des chocs : sécheresse, hausse des prix, …
- Accès : accès aux routes ko dans les régions isolés
- Disponibilité : faible production agricole à cause des sécheresses
- Utilisation : alimentation basée sur le riz et le maïs
Causes majeures
- Changement climatique : sécheresse, variabilité des pluies
- Déforestation pour le charbon qui perturbe l’écosystème et réduit les ressources naturelles disponibles
- Infrastructures : route ko et marchés loin limitant la commercialisation des produits agricoles
- Pauvreté systémique