Q.
Le panafricanisme est-il encore un levier efficace pour construire un
ordre international africain cohérent et autonome ?
1. Acquis historiques du panafricanisme dans les relations internationales
africaines :
Libération de l’Afrique : Le panafricanisme a été un moteur idéologique de la lutte
contre la colonisation. Il a inspiré les mouvements d’indépendance grâce à des
figures comme Dubois, Marcus Garvey, Jomo Kenyatta, Kwame Nkrumah.
Création de l’OUA (1963) puis UA (2002) : Concrétisation de l’unité africaine
prônée par le panafricanisme.
Plan de Lagos (1980) : Promotion de l’intégration économique et de
l’industrialisation pour un développement autonome.
Organisations régionales (CEDEAO, CEEAC, COMESA, etc.) : Instruments
concrets pour la coopération régionale et l’intégration panafricaine.
2. Défis contemporains du panafricanisme :
Fragmentation politique : L’Afrique est divisée entre différents blocs idéologiques et
économiques, ce qui affaiblit la solidarité continentale.
Ingérences extérieures et néo-colonialisme : Certains dirigeants africains sont encore
influencés ou maintenus au pouvoir par des puissances occidentales.
Dépendance économique : Les économies africaines restent orientées vers
l’exportation des matières premières et dépendantes de l’aide extérieure.
Faiblesse institutionnelle : L’UA manque de moyens coercitifs forts pour imposer
des décisions à ses membres (ex. : conflits armés non maîtrisés).
3. Pistes de renforcement du panafricanisme :
Renforcement des institutions panafricaines (UA, CPS, etc.) avec des moyens
juridiques, militaires et financiers plus efficaces.
Unification des politiques extérieures africaines : Adopter une position commune
dans les forums internationaux pour peser davantage.
Promotion de l’éducation panafricaine : Insérer l’histoire et les valeurs
panafricaines dans les programmes éducatifs pour forger une conscience commune.
Soutien à l'intégration économique : Accélérer la mise en œuvre de la ZLECAf
(Zone de libre-échange continentale africaine) pour renforcer l’autonomie
commerciale.
Conclusion :
Oui, le panafricanisme peut encore être un levier efficace, à condition d’être renouvelé,
institutionnalisé et soutenu par des politiques concrètes de coopération, d’autonomie
économique et de souveraineté politique.